Observation des systèmes non linéaires
Observation des systèmes non linéaires
linéaires
Mohamed Zerrougui
THÈSE
pour l’obtention du
par
Mohamed ZERROUGUI
Composition du jury
i
ii
Remerciements
Ces travaux de recherche ont été effectués au Centre de Recherche en Automatique de
Nancy (CRAN, UMR 7039, CNRS), dirigé par Monsieur Alain RICHARD, plus particu-
lièrement au sein du groupe thématique ACOS, sous la direction de Monsieur Mohamed
DAROUACH, Professeur à l’université de de Henri Poincaré Nancy 1 et co-dirigée par
Madame Latifa BOUTAT-BADDAS, Maître de conférences à l’Université Henri Poincaré
Nancy I.
Je suis très sensible à l’intérêt qu’ont bien voulu porter à ce travail Monsieur Mo-
hamed M’SAAD, Professeur de l’université de CEAN, Directeur adjoint du Groupe de
Recherche en Informatique, Image, Automatique et Instrumentation de Caen (GREYC
) et Monsieur Holgar VOOS, Professeur à l’Université de Luxembourg et directeur du
Laboratoire "Automatic Control Laboratory". Je tiens à les remercier pour m’avoir fait
l’honneur d’être rapporteurs de ce mémoire.
iii
Comme on ne passe pas toute sa vie au travail, merci à tous mes amis à l’exterieur
du laboratoire. Merci à Reda, Nabil, Abd el halim, Fethi (couscous), Khereddine, Ha-
zem, Fouzi, Nadia et Asma, merci pour les discussions sympathiques et l’encouragement.
Une pensée à Saoussane, à qui je souhaite bon courage dans le reste de ses études. Merci
à tous ceux et celles qui ont contribué, de près ou de loin au bon déroulement de ce travail.
Enfin, je profite de cette occasion pour exprimer ma profonde gratitude à mon père, ma
mère, ainsi que mes frères et soeurs pour leur amour, leur encouragement et leur soutien
indéfectible, de façon permanente tout au long de ces années d’études. Qu’ils trouvent ici
toute ma reconnaissance.
iv
Table des matières
Symboles et abbréviations 3
Introduction 1
Chapitre 1
Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers 5
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Présentation des systèmes singuliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
[Link] Exemple 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
[Link] Exemple 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3 Propriétés structurelles des système singuliers . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3.1 Régularité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3.2 Equivalence entre systèmes singuliers . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
[Link] La forme de Kronecker-Weierstrass . . . . . . . . . . . . . 10
[Link] La forme par décomposition en valeurs singulières . . . . 11
1.3.3 Réponse temporelle et causalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3.4 Commandabilité, R−commandabilité et Imp−commandabilité . . . 13
[Link] Commandabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
[Link] R−commandabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
[Link] Imp−commandabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.3.5 Obsevabilité, R−observabilité, Imp−Observabilité et détectabilité . 16
[Link] Observabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
[Link] R−observabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
[Link] Imp−observabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
[Link] Détectabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.4 Outils pour l’analyse des systèmes dynamiques . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.4.1 Stabilité au sens de Lyapunov . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1
Table des matières
Chapitre 2
Systèmes singuliers bilinéaires 43
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.2 Préliminaires et formulation du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.2.1 Généralités sur les systèmes bilinéaires . . . . . . . . . . . . . . . . 44
[Link] Exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
2.2.2 Systèmes avec des incertitudes vérifiant des contraintes quadra-
tiques intégrales IQC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.2.3 Systèmes auxiliaires et performances robustes . . . . . . . . . . . . 48
[Link] Performances robustes H∞ . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2.2.4 Formulation du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
2.2.5 Conditions de non biais de l’observateur . . . . . . . . . . . . . . . 52
2
2.3 Procédure de synthèse de l’observateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
2.3.1 La résolution des contraintes de Sylvester . . . . . . . . . . . . . . . 53
2.3.2 Etude de la stabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
2.3.3 Extension au filtrage H∞ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
2.4 Exemple Numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
2.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
Chapitre 3
Observation des systèmes singuliers non linéaires 69
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
3.2 Classe de systèmes singuliers non linéaires traitée . . . . . . . . . . . . . . 70
3.3 Extension au cas des systèmes à entrées inconnues . . . . . . . . . . . . . . 70
3.4 Formulation du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
3.5 Procédure de synthèse d’observateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
3.5.1 Résolution des équations de Sylvester . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
3.5.2 Etude de stabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
3.5.3 Les conditions de stabilité sous forme d’une inégalité matricielle stricte 80
3.6 L’extension au filtrage H∞ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3.6.1 Procédure de synthèse du filtre H∞ . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3.6.2 Exemple numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
3.7 Extension aux systèmes à sorties non linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . 87
3.7.1 Exemple numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
3.8 Synthèse de filtre H∞ des systèmes à temps discret . . . . . . . . . . . . . 99
3.8.1 Formulation du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
3.8.2 Procédure de synthèse d’observateur . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
3.9 Exemple numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
3.10 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
Chapitre 4
Stabilisation et commande basée observateur des systèmes singuliers non
linéaires 111
3
Table des matières
4.3 Stabilisation des systèmes singuliers non linéaires par retour d’état statique 114
4.3.1 Stabilisation dans le cas sans perturbations . . . . . . . . . . . . . . 115
4.3.2 Stabilisation H∞ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
4.3.3 Exemple numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
4.4 Stabilisation des systèmes singuliers non linéaires par commande basée ob-
servateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124
4.4.1 Synthèse d’observateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124
4.4.2 Commande basée observateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
4.4.3 Synthèse de la commande dans le cas sans perturbations . . . . . . 128
4.4.4 Synthèse de la commande H∞ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
4.4.5 Exemple numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
4.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
Annexe A
Lemme de Hadamard 141
Annexe B
143
Bibliographie 149
Résumé 155
Abstract 155
4
Symboles et abbréviations
Ensembles
IR, C l’ensemble des nombres réels (resp. complexes)
IR+ l’ensemble des nombres réels non négatifs IR+ = [0, ∞)
n n
IR , C espace réel (resp. complexe) euclidien de dimension n
n×m n×m
IR , C ensemble des matrices réelles (resp. complexes) de dimension n × m
Sous-espaces de fonctions
f (�) > 0 la fonction f (�) est définie positive
f (�) � 0 la fonction f (�) est définie non positive
f (�) < 0 la fonction f (�) est définie négative
f (�) � 0 la fonction f (�) est définie non négative
�X, Y � = X T Y est le produit scalaire des vecteurs X et Y
C k (IR; IR) ensemble des fonctions f (x) de IR dans IR qui sont continûment
dérivables k fois
Normes
��� norme euclidienne d’un vecteur ou norme spectrale d’une matrice
par rapport à (Ft )t∈[0,∞)
�x�∞ norme L∞ du signal x ∈ L∞ [0, ∞)
�x�2 norme L2 du signal x ∈ L2 [0, ∞)
�G�∞ norme H∞ du système continu G(s)
5
Symboles et abbréviations
6
Introduction
1
Introduction
de coordonnée. De plus, une approche de conception d’observateur d’ordre réduit est déve-
loppée en se basant sur la résolution des équations de Sylvester généralisée. Une extension
a été proposée par [Link] et [Link] pour une classe de systèmes singuliers non linéaires
Lipschitziens, dont l’observateur proposé a une forme de système singulier. Récemment,
une nouvelle méthode a été proposée par Darouach et al, pour une classe de systèmes
singuliers non linéaires Lipschitziens, l’observateur proposé a une forme standard.
Dans ce contexte, nous avons mené des travaux de recherche sur l’estimation de l’état
pour une classe de systèmes singuliers bilinéaires et pour une classe de systèmes singuliers
non linéaires. Pour la classe des systèmes singuliers bilinéaires nous proposons un obser-
vateur d’ordre réduit standard. L’approche est basée sur la considération des bi-linéarités
comme des incertitudes structurées bornées en normes. Cette formulation nous permet
de réécrire la dynamique de l”erreur d’observation sous forme d’inclusion différentielle li-
néaire indépendante de l’état du système, ce qui nous permet d’appliquer les différentes
techniques de convergence exponentielle et de l’atténuation du gain H∞ . La deuxième
contribution de ce mémoire concerne la synthèse d’observateur d’ordre réduit pour une
classe de systèmes singuliers non linéaire Lipschitziens. L’observateur proposé est un ob-
servateur standard. La synthèse repose sur la paramétrisation des solutions des équations
de Sylvester pour éliminer le biais entre l’erreur d’observation et l’état du système. Notre
dernière contribution concerne la stabilisation des systèmes singuliers non linéaires. Nous
avons proposé une loi de commande stabilisante par retour d’état statique et une loi de
commande basée observateur pour les systèmes singuliers non linéaires dont l’état ou une
partie de l’état n’est plus accessible.
Structure du mémoire
Les développements résumés ci-dessus constituent les quatre chapitres de ce mémoire.
Nous allons en décrire les principaux aspects
2
Chapitre 1 :
Dans ce chapitre nous présentons quelques rappels et définitions des méthodes et des
techniques utilisées dans ce mémoire, ainsi que quelques travaux qui permettent de se
positionner vis-à-vis de ce qui se fait dans le domaine de l’observation et la commande
des systèmes non linéaires.
Ce chapitre est organisé de la façon suivante. D’abord, nous commençons par une
introduction aux systèmes singuliers. Après nous nous intéressons aux propriétés structu-
relles des systèmes singuliers telles que, la régularité, l’équivalence, la réponse temporelle,
la causalité, l’observabilité et la commandabilité. Ensuite, nous présentons quelques ou-
tils utilisés dans l’analyse de la stabilité et de la robustesse des systèmes dynamiques.
La troisième partie est consacrée à un état de l’art sur l’observation et la synthèse des
observateurs pour les différents types de systèmes ; les systèmes linéaires ordinaires, les
systèmes singuliers linéaires, les systèmes non linéaires et les systèmes singuliers non li-
néaires. Enfin, nous allons présenter le principe de base de la commande par retour d’état
statique et la commande basée observateur dans la dernière partie.
Chapitre 2 :
Ce chapitre propose une méthode de synthèse d’observateur H∞ pour une classe de
systèmes singuliers bilinéaires. Ces derniers sont introduits lorsque le comportement dy-
namique d’un système ne permet pas de le modéliser par une représentation linéaire. La
dynamique et les équations des mesures des systèmes singuliers bilinéaires considérés sont
soumis à des perturbations à énergie finie non mesurées et à des entrées bornées. Les
entrées sont traitées comme des incertitudes structurées bornées en normes.
L’observateur proposé pour cette classe de systèmes est un observateur non biaisé,
i.e. la dynamique de l’erreur d’estimation est indépendante de l’état du système. Les
conditions nécessaires et suffisantes de non-biais de l’observateur sont données sous une
forme d’équations de Sylvester.
Dans la première partie de ce chapitre nous présentons la classe des systèmes singuliers
bilinéaire à laquelle nous nous s’intéressons plus particulièrement, un exemple de la litté-
rature décrivant un processus réel (un robot avec joint flexible) pouvant être modélisé par
une dynamique bilinéaire est présenté. Ensuite, nous faisons un petit rappel sur les sys-
tèmes incertains et l’étude de stabilité des systèmes soumis à des incertitudes structurées.
Après, nous allons abordé la formulation du problème de synthèse de l’observateur d’ordre
réduit que nous proposons. Ensuite, la procédure de synthèse d’observateur sera présentée
en détail, en commençant par la méthode de résolution des équations de Sylvester, par la
suite l’étude de stabilité dans le cas sans perturbations, et enfin la méthode de synthèse
de l’observateur H∞ . Les conditions d’existence et de stabilité robuste de l’observateur
sont données sous forme d’inégalités matricielles linéaires (LMI). Un exemple numérique
de simulation est donné à la fin de ce chapitre pour illustrer la méthode.
3
Introduction
Chapitre 3 :
Dans ce chapitre nous présentons une méthode de synthèse d’observateur pour une
classe de systèmes singuliers non linéaires. L’approche proposée repose sur la paramé-
trisation des solutions des équations de Sylvester pour éliminer le biais entre l’erreur
d’observation et la paire (entrée/ état).
Ce chapitre est organisé de la façon suivante. Dans un premier temps nous allons
définir la classe de systèmes considérée et quelques extensions qu’elle peut englober. En-
suite, nous commençons par la formulation du problème de construction de l’observateur
d’ordre réduit que nous proposons. Par la suite, nous présentons la procédure de synthèse
d’observateur, tout en exposant en détail la méthode de résolution des équation de Syl-
vester et l’étude de stabilité. Deux extensions seront par la suite présentées. Il s’agit du
filtrage H∞ pour le cas des systèmes qui présentent des perturbations sur l’équation de
la dynamique et les équations de mesure, la deuxième extension concerne les systèmes
à dynamique et sortie non linéaires. La dernière partie de ce chapitre est consacrée à la
synthèse d’observateur pour les systèmes singuliers non linéaires à temps discret. A la fin
de chaque section un exemple d’illustration est donné pour valider les différents résultats
théoriques.
Chapitre 4 :
Dans ce chapitre nous présentons une méthode de synthèse de commande stabilisante
par retour d’état statique et une commande basée observateur pour une classe de systèmes
singuliers non linéaires. La non-linéarité considérée est supposée continue et différentiable,
cette non-linéarité est transformée par le lemme de Hadamard en une forme bien adaptée
à la synthèse d’une loi de commande par retour statique et par l’utilisation de la stabilité
au sens de Lyapunov.
Ce chapitre est organisé de la façon suivante. Après avoir donné quelques rappels
concernant les problèmes de stabilisation des systèmes singuliers linéaires, nous allons
définir la classe de systèmes singuliers non linéaires considérée. Ensuite, la synthèse de la
commande H∞ par retour d’état statique sera étudiée. Ces résultats supposent que l’état
du système est entièrement accessible. Par la suite, cette hypothèse est levée et le cas où
l’état est inaccessible à la mesure est traité à l’aide d’une commande basée observateur.
Un exemple académique est donné afin de valider les résultats de ce chapitre.
4
Chapitre 1
Sommaire
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Présentation des systèmes singuliers . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Propriétés structurelles des système singuliers . . . . . . . . 9
1.3.1 Régularité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3.2 Equivalence entre systèmes singuliers . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.3 Réponse temporelle et causalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3.4 Commandabilité, R−commandabilité et Imp−commandabilité 13
1.3.5 Obsevabilité, R−observabilité, Imp−Observabilité et détectabilité 16
1.4 Outils pour l’analyse des systèmes dynamiques . . . . . . . . 18
1.4.1 Stabilité au sens de Lyapunov . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.4.2 Norme H∞ , gain L2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.5 Observateurs d’état . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.5.1 Observateurs d’ordre réduit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.5.2 Observateurs d’état des systèmes singuliers linéaires . . . . . . 24
1.5.3 Observateurs d’état des systèmes non linéaires . . . . . . . . . . 27
1.5.4 Observateurs d’état des systèmes singuliers non linéaires . . . . 39
1.6 Stabilisation par retour d’état statique et par commande ba-
sée observateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
1.6.1 Stabilisation par retour d’état statique . . . . . . . . . . . . . . 40
1.6.2 Stabilisation par commande basée observateur . . . . . . . . . 41
1.7 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
1.1 Introduction
Dans ce chapitre nous présentons quelques rappels et définitions des méthodes et des
techniques utilisées dans ce mémoire, ainsi que quelques travaux qui permettent de se
5
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
où x(t) ∈ IRn est le vecteur d’état regroupant les variables d’état, ẋ(t) est sa dérivée
par rapport au temps, u(t) ∈ IRm désigne le vecteur de commande et y(t) ∈ IRp est le
vecteur des sorties mesurées. Un cas particulier des systèmes de la forme (1.1) qui est
utilisé pour décrire certains types de processus est le suivant :
avec H et J des fonctions de x(t), u(t) et t. La matrice E(t) peut être singulière. Le système
(1.2) est appelé système singulier. Si maintenant H et J sont des fonctions linéaires de
l’état x(t) et u(t), on obtient le système singulier linéaire suivant :
6
1.2. Présentation des systèmes singuliers
[Link] Exemple 1
Considérons le circuit électrique représenté par la figure (1.1)
� �
e1 (t)
Le circuit est commandé par la tension v(t) = et on mesure les courants
e2 (t)
i1 (t) et i2 (t) traversant respectivement les deux résistances de valeur R1 et R2 . La charge
aux bornes du condensateur de capacité C est notée q(t) et L désigne une inductance pure.
!! "! "&
"(
""
#()%* #&)%*
&&)%* "$ "'
"% !&
di1 (t)
L1 = −(R1 + R3 + R5 )i1 (t) + R3 i3 (t) + R5 i4 (t) (1.5a)
dt
di2 (t)
L2 = −(R4 + R6 + R7 )i2 (t) + R4 i3 (t) + R7 i4 (t) (1.5b)
dt
7
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
On choisit comme variables d’état i1 (t), i2 (t) et i3 (t), i4 (t). Nous obtenons alors la
représentation sous forme d’état généralisée suivante :
L1 0 0 0 i̇1 (t) −R11 0 R13 R14 i1 (t) 0 0
0 L2 0 0 −R22 R23 R24
i̇2 (t) = 0 i2 (t)+0 0v(t) (1.6a)
0 0 0 0 R32 −R33 0
i̇3 (t) R31 i3 (t) 1 0
0 0 0 0 i̇4 (t) R41 R42 0 R44 i4 (t) 0 1
1 0 0 0 i1 (t)
0 1 0 0i2 (t)
y(t) =
0 0 1 0i (t)
(1.6b)
3
0 0 0 1 i4 (t)
[Link] Exemple 2
Soit le processus de la figure (1.2). Un disque roulant sur une surface sans glissement,
relié à un mur fixe par l’intermédiaire d’un ressort non linéaire et un amortisseur linéaire.
Le ressort a deux coefficients de raideur positifs K1 , K2 . Le coefficient d’amortissement
est donné par b qui est aussi positif. Le rayon du disque est noté r, son inertie est J et sa
masse est m.
!!""#$#%!""
#(!""
#&!""$%#'!""
8
1.3. Propriétés structurelles des système singuliers
1 0 0 0 0 1 0 0 0
−K1 −K2 2
0 1 0 0 b 1
ẋ(t)= ( m − m x1 ) − m 0 m x(t)+ 0 u(t)(1.9a)
0 0 0 0 0 1 −r 0 0
b r2 1
0 0 0 0 −K1 −K2 2
(− m − m x1 ) − m 0 ( J + m
) − Jr
1 0 1 0
y(t) =
0 0 1 0 x(t)
(1.9b)
0 1 0 1
9
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
˙
Ẽ x̃(t) = Ãx̃(t) + B̃u(t) (1.10a)
y(t) = C̃ x̃(t) (1.10b)
les deux systèmes (1.3) et (1.10) sont dits équivalents s’il existe deux matrices non singu-
lières P et Q telles que
10
1.3. Propriétés structurelles des système singuliers
où x̄1 (t) ∈ Rn1 , x̄2 (t) ∈ Rn2 , n1 + n2 = n, y(t) ∈ Rr , u(t) ∈ Rm , N est nilpotente
d’indice� de�nilpotence h, c-à-d N h = 0, et QEP = diag(In1 , N ), QAP = diag(A1 , In2 ),
B1 � �
QB = , CP = C1 C2 .
B2
Le système (1.11a) est dit sous-système lent et le système (1.11b) est dit sous-système
rapide.
� � � �
A11 A12 B1 � �
où Q̄AP̄ = , Q̄B = , C P̄ = C1 C2 .
A21 A22 B2
Dans cette transformation, les matrices Q̄ et P̄ ne sont pas uniques, donc on peut
trouver plusieurs systèmes équivalents selon le choix de ces deux matrices. Le système
(1.12a) est une équation différentielle qui traduit la partie dynamique du système (1.3),
tandis que l’équation (1.12b) est une équation algébrique qui représente les connections
entre les sous-systèmes de (1.3).
Ainsi, le sous-système lent (1.11a) est une équation différentielle ordinaire. Il possède
une solution unique pour toute entrée continue par morceaux u(t) et une condition initiale
x̄(0), donnée par
� t
x̄1 (t) = e A1 t
x̄(0) + eA1 (t−τ ) B1 u(τ )dτ (1.13)
0
11
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
0 = N h−1 x̄(h−1)
2 (t) + N h−1 B2 u(h−1) (t) (1.15)
En additionnant ces équations, nous pouvons déduire la solution de x̄2 comme suit :
�h−1
x̄2 = − i=0
N i B2 u(i) (t) (1.16)
x̄2 est une combinaison linéaire des dérivés de u(t) par rapport au temps.
Les deux solutions (1.13) et (1.16) constituent la solution entière x(t) et la réponse y(t),
elles sont données par :
� � � �
I �t 0 �h−1
x(t) = P (eA1 t x̄(0) + 0 eA1 (t−τ ) B1 u(τ )dτ ) − P i=0
N i B2 u(i) (t)
0 I
� � � � (1.17)
I � t 0 �h−1 i
y(t) = CP (eA1 t x̄(0) + 0 eA1 (t−τ ) B1 u(τ )dτ ) − CP i=0
N B2 u(i) (t)
0 I
Les conditions initiales vérifiant cette contrainte sont dites admissibles. L’équation
(1.17) implique la connaissance des entrées et des états futurs pour connaître l’état à
l’instant t, d’où le problème de causalité.
est satisfaite.
Les pôles infinis sont générés par la matrice N , dans ce cas, le système (1.3) est causal
si la matrice N est nulle.
12
1.3. Propriétés structurelles des système singuliers
Remarque 1.3.1.
(1) Si la matrice E n’est pas carrée et de rang plein ligne, alors le système (1.3) est
causal.
(2) Si la matrice E n’est pas carrée et n’est pas de rang plein ligne, alors il existe deux
matrices non singulières P et Q, telles que
� � � �
A11 A12 Ir 0
QAP = , et QEP =
A21 A22 0 0
le système (1.3) est causal si et seulement si la matrice A22 est de rang plein colonne.
Avant aborder les problèmes d’observabilité et de commandabilité, d’abord nous com-
mençons par caractériser l’ensemble d’états atteignable.
Définition 1.3.4. (Etat atteignable) Un état xa est dit atteignable, s’il existe une condition
h−i
initiale x0 , une commande u(t) ∈ Cm et tf > 0 telles que x(tf ) = xa . En utilisant
l’expression de l’état donné par (1.13) et (1.16), on en déduit l’espace atteignable.
Théorème 1.3.1. [Dai89] Soit R(0) l’ensemble des états atteignables depuis une condition
initiale nulle x0 = 0, R(0) est défini par
� � � �
n1 −1
R(0) = Im B1 A1 B1 · · · A1 B1 ⊕ B2 N B2 · · · N B2 h−1
(1.19)
Il est facile de remarquer que cette définition est une généralisation naturelle du concept
de la commandabilité pour le cas standard.
13
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
� �
(1) Le sous-système lent (1.11a) est commandable si et seulement si rang sE − A B =
n, ∀s ∈ C et s fini.
[Link] R−commandabilité
Un système singulier est dit R−commandable s’il est commandable sur l’espace attei-
gnable.
14
1.3. Propriétés structurelles des système singuliers
[Link] Imp−commandabilité
Définition 1.3.7. Le système (1.3) est dit Imp-commandable si pour toute condition initiale
xt0 IRn , τ ∈ IR et xts IRn2 , il existe toujours une commande admissible u(t) ∈ Ch−1 p telle que
t t
xτ (t) = Iτ (xs , t). avec Iτ (xs , t) contenant tous les termes impulsifs possibles dans x(t) à
l’instant τ où
� �
0 �
h−1
t
Iτ (xs , t) = , et I2τ (xs , t) = δ i−1 (t − τ )N i xs .
I2τ (xs , t) i=1
Théorème 1.3.4. [Dai89] Soit le système (1.3) dans sa forme équivalente de Kronecker-
Weierstrass. Les propositions suivantes sont équivalentes :
(a) Le système (1.3) est Imp−commandable.
(b) Le sous-systèmes
� rapide (1.11b) est Imp−commandable.
�
(c) KerN ⊕ Im B2 N B2 · · · N h−1 B2 = IRn2 .
� �
(d) ImN = Im B2 N B2 · · · N B2 .. h−1
15
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
� �
A E B
(d) rang = n + r.
E 0 0
Cette définition de l’observabilité est générale et correspond à celle des systèmes stan-
dards.
16
1.3. Propriétés structurelles des système singuliers
[Link] R−observabilité
Un système singulier est dit R − observable s’il est observable sur l’espace atteignable.
Définition 1.3.9. (R-observabilité) Le système (1.3) est dit R − observable si tout état de
l’espace atteignable peut être déterminé de manière unique à partir de la sortie y(t) et de
l’entrée u(τ ) pour 0 < τ < t.
Théorème 1.3.6. Soit le système (1.3) dans sa forme équivalente de Kronecker-Weierstrass.
Les propositions suivantes sont équivalentes
(a) Le système (1.3) est R − observable.
(b) Le sous-système
� � lent (1.11a) est observable.
sE − A
(c) rang = n, ∀s ∈ C et s fini.
C
(d) La matrice Θ2 ∈ R(n+r)k×nk , avec k ≥ n1 telle que
−A E
−A E
... ...
−A E
Θ2 =
−AC
C
..
.
C
17
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
[Link] Imp−observabilité
Le système (1.3) est dit Imp-observable si les termes impulsifs de l’état xτ (t) peuvent
être déterminés de manière unique à partir de la sortie implusive yτ (t) et de ∆τ u(t), avec
∆τ u(t) représente les sauts de l’entrée.
Cette défnition n’est valable que pour xτ (τ ) et yτ (τ ) différents de zéro.
Théorème 1.3.7. Soit le système (1.3) dans sa forme équivalente de Kronecker-Weierstrass.
Les propositions suivantes sont équivalentes
(a) Le système (1.3) est Imp−observable.
(b) Le sous-systèmes rapide (1.11b) est Imp-observable.
� �T �
(c) Ker C2 C2 N · · · C2 (N )
T T T T h−1 T
ImN = 0.
� �T
(d) N Ker C2T C2T N T · · · C2T (N h−1 )T = KerN .
(d) KerN = KerC 2 = ImN = 0.
E A
(d) rang 0 E
= n + rankE.
0 C
[Link] Détectabilité
Définition 1.3.10. (Détectabilité) Un système singulier de la forme (1.3) est dit détec-
table s’il existe une matrice G ∈ IRn×m telle que le faisceau matriciel (sE − A − GC) soit
stable.
Théorème 1.3.8. Le système (1.3) est détectable si et seulement si
� �T
rang sE − A C
T T T
= n, ∀s ∈ C+ et s fini.
18
1.4. Outils pour l’analyse des systèmes dynamiques
Définition 1.4.1. (Equilibre stable) Le point x̄ est un point d’équilibre stable du système
(1.22) si
∀ε > 0, ∃ δ>0 tel que; ||x0 − x̄|| < δ =⇒ ||x(t, x0 , u) − x̄|| < ε, ∀t ≥ t0
x̄ est un équilibre attracteur veut dire que x̄ est un point vers lequel convergent les
solutions x(t) si elles démarrent suffisamment près de x̄. Lorsque δ = +∞ , on dit que x̄
est globalement attractif.
Par la suite, nous nous intéresserons à la stabilité autour de l’origine c-à-d quand
x̄ = 0.
19
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
1. ∀x ∈ V0 , V (x, t) > 0
dV (x, t) ∂V (x, t)
2. ∀x ∈ V0 , V̇ (x, t) = = ẋ(t) ≤ 0
dt ∂x
Si V̇ (x, t) < 0, V (t, x) est appelée fonction de Lyapunov au sens strict. Dans ce cas
l’origine est un point d’équilibre asymptotiquement stable.
Définition 1.4.7. (Stabilité exponentielle)
L’origine est un point d’équilibre exponentiellement stable pour le système (1.22) s’il
existe une fonction V (x, t) continue et différentiable, des constantes α, β, γ > 0, p ≥ 0 et
s’il existe un voisinage V0 tel que
20
1.4. Outils pour l’analyse des systèmes dynamiques
dans le cas où le système (1.23) n’a pas de pôle, sur l’axe imaginaire.
Définition 1.4.9. On définit l’énergie E d’un signal w(t) comme l’intégrale de sa puis-
sance : � ∞
2
E= �w(t)� dt. (1.25)
0
En d’autres termes, la norme H∞ d’une fonction de transfert représente le maximum
sur toute la bande de fréquence de la valeur singulière maximale de la réponse fréquentielle
du système considéré. Elle permet de spécifier des conditions du pire cas. Cette propriété
en fait une norme très pertinente pour traiter les problèmes de robustesse.
La norme H∞ est définie par (1.24), que le système soit stable� ou �instable,
� 1 tant
� que
le système ne possède pas de pôles sur l’axe imaginaire. En effet, � s+1 1 �
= � � = 1,
� � ∞ s−1 ∞
tandis que � 1s �∞ = ∞. Toutefois, pour une entrée bornée, le système s+1 1
possède une
sortie bornée, ce qui n’est pas vrai pour le système s−11
. Il est donc nécessaire de définir
le gain L2 .
Définition 1.4.10 (Gain L2 ). [GL95] Si le système (1.23) est asymptotiquement stable,
alors, w(t) ∈ L2 implique z(t) ∈ L2 et, pour x(0) = 0, le gain L2 du système (1.23) est
donné par
�z�2
�G�∞ = sup , �w�2 �= 0. (1.26)
w∈L2 �w�2
Le gain L2 sert à mesurer la quantité d’énergie transmise par le système. Si ce gain est
inférieur à 1, on dit que le système est contractif ou non expansif. Ainsi, la notion de gain
L2 est utile pour quantifier la façon dont le système rejette les perturbations externes.
Remarque 1.4.1 (Norme H∞ et gain L2 ). L’utilisation du théorème de Parseval permet
d’interpréter (1.26) comme un gain fréquentiel ou temporel sur les signaux (la norme L2
d’un signal temporel est la même que la norme L2 de la transformée de Fourrier de ce
même signal). Ainsi, pour un système stable, la norme H∞ de la fonction de transfert est
la norme induite L2 de l’opérateur d’entrée-sortie associé au système, c’est donc le gain
L2 du système. De plus, les équations (1.24) et (1.26) permettent de considérer �G�∞
comme une généralisation de la norme spectrale des matrices constantes.
Le lemme borné réel, qui fournit une majoration du gain L2 entre l’entrée et la sortie
d’un système, peut être utilisé pour quantifier l’atténuation des perturbations.
21
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
22
1.5. Observateurs d’état
où x(t) ∈ IRn est le vecteur d’état y(t) ∈ IRp est le vecteur de sortie et u(t) ∈ IRq est
l’entrée du système. Les matrice A, B et C sont constantes de dimensions appropriées
telles que
� � � �
A11 A12 B1
A= , B=
A21 A22 B2
� �
� � x1 (t)
C = C1 C2 , x(t) =
x2 (t)
où rangC1 = p, A11 ∈ IRp×p , C1 ∈ IRp×p , x1 ∈ IRp et B1 ∈ IRp×q .
Nous effectuons le changement de variable suivant :
� �
C1 C2
x̄(t) = x(t)
0 In−p
Le système (1.29) devient
où � � � �
Ā11 Ā12 B̄1
Ā = , B̄ =
Ā21 Ā22 B2
� �
� � x̄1 (t)
C̄ = Iq 0 , x̄(t) =
x̄2 (t)
les différentes matrices sont calculées de la façon suivante :
� �
Ā11 = C1 A11 + C2 A21 C1−1
� �
Ā12 = Ā11 C2 + C1 A12 + C2 A22
Ā21 = A21 C1−1
Ā22 = A22 − A21 C1−1 C2
B̄1 = C1 B1 + C2 B2
x̄˙ 1 (t) = Ā11 x̄1 (t) + Ā12 x̄2 (t) + B̄1 u(t) (1.32a)
x̄˙ 2 (t) = Ā21 x̄1 (t) + Ā22 x̄2 (t) + B2 u(t) (1.32b)
23
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
où la sortie y(t) correspond aux p premiers états, qu’on n’a pas besoin d’estimer. Donc,
il suffit de proposer un observateur uniquement pour estimer le vecteur x̄2 . La première
équation de (1.32) peut alors être considérée comme une mesure ȳ(t) dépendant de x̄2 , la
partie du vecteur d’état à estimer, et de l’entrée u(t) telle que
ȳ(t) = x̄˙ 1 (t) − A¯11 x1 (t) − A11 x̄1 (t) = A12 x̄2 (t) + B̄1 u(t)
ż(t) = Ā21 ȳ1 (t) + Ā22 z(t) + B2 u(t) + L(ȳ − ȳˆ) (1.33a)
ȳˆ(t) = A12 z + B̄1 u(t) (1.33b)
Ainsi, lorsque la paire (Ā22 , Ā12 ) est observable, les valeurs propres de Ā22 − LĀ12
peuvent être fixées par un choix convenable du gain L.
où x(t) ∈ IRn est le vecteur d’état, y(t) ∈ IRp est le vecteur de sortie u(t) ∈ IRp est le
vecteur d’entrée. E est une matrice singulière, A, B,et C sont des matrices de dimensions
appropriées. Nous supposons que rangE = r < n et rangC = p.
24
1.5. Observateurs d’état
Démonstration
Soit e(t) = x̂(t) − x(t) l’erreur d’observation, sa dynamique dans ce cas est donnée par
Sous l’hypothèse de détectabilité, il existe une matrice G ∈ IRn×r telle que les valeurs
propres généralisées de la paire (E, A − GC) sont à parties réelles négatives.
aE + bC = In (1.40a)
25
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
cE + dC = 0 (1.40b)
L’observateur d’ordre plein proposé est de la forme suivante
L1 = N (b + Kd)
donc � �
� � cA
N = aA + KcA − L2 C = aA + K −L2 (1.47)
C
� �
cA
De (1.47), N est Hurwitz si et seulement si la paire (aA, ) est détectable. Dans ce
C
cas, les matrices L1 , L2 , et K peuvent être déterminées par les méthodes standards de
synthèse d’observateur (méthode de placement des pôles par exemple).
26
1.5. Observateurs d’état
Définition 1.5.1. (Indistinguabilité) une paire d’états (x0 , x�0 ) est dite indistinguable si
pour toute entrée u(t) et pour tout t ≥ 0 nous avons
y(x0 , u, t) = y(x�0 , u, t)
Définition 1.5.2. (Observabilité) Le système non linéaire (1.48) est observable s’il n’ad-
met pas de paire indistinguable, c-à-d le système (1.48) est observable si ∀x0 ∈ Rn , x0 est
distinguable.
Supposons que u et y sont connus et leurs dérivés respectives peuvent être calculées,
Le concept d’observabilité peut être interprété de la manière suivante.
Pour un système mono-entrée/mono Sortie (SISO), nous définissons :
� �
y � = y ẏ ÿ · · · y (n−1)
� �
�
u = u u̇ ü · · · u (n−1)
y (i) = ψi (x, u� )
alors y � s’écrit :
y � = ω(x, u� ),
h(x, u)
� �
Mf h (x, u)
ω(x, u� ) = . (1.49)
.
.
� �
Mn−1
f h (x, u)
est la matrice d’observabilité.
x = ω −1 (y � , u� )
28
1.5. Observateurs d’état
La matrice d’observabilité pour les systèmes multi-sorties est alors définie par :
�
ω (x, u )
1
ω2 (x, u� )
ωN (x, u� ) = . .
..
ωq (x, u� )
S’il existe N tel que ωN (x, u� ) soit inversible, alors l’état x peut être déterminé à partir de
u� , y, et les dérivées de chaque yj peuvent être déterminées jusqu’à l’ordre nj . De ce fait,
le système correspondant est observable.
Dans le domaine non linéaire, il existe plusieurs façons de définir la notion d’observa-
bilité. En lien avec le concept d’indistinguabilité des états, une définition très répandue
a été établie dans [HK77]. Des résultats importants ont été établis dans [GB81] pour une
classe spéciale de systèmes affines en la commande. Pour plus de détails sur les différents
types de définitions sur l’observabilité des systèmes non linéaires, nous disposons dans la
littérature de quelques références, à savoir [HK77], [Son84] et [BG97].
[Link] Les différents types d’observateurs pour les systèmes non linéaires
Initialement les systèmes abordés ont été les systèmes linéaires, pour lesquels les ob-
servateurs de Kalman et Luenberger ont donné de bons résultats. Le filtre de Kalman est
utilisé dans le cas des systèmes stochastiques en minimisant la matrice de covariance de
l’erreur d’estimation, et l’observateur de Luenberger est utilisé pour les systèmes linéaires
déterministes.
Dans le cas des systèmes non linéaires, l’observation d’état est un peu plus délicate et
il n’existe pas, à l’heure actuelle, de méthode universelle pour la synthèse d’observateurs.
Les approches existantes sont soit une extension des algorithmes linéaires, soit des al-
gorithmes non linéaires spécifiques. Dans le premier cas, l’extension est basée sur une
linéarisation du modèle autour d’un point de fonctionnement. Pour le cas d’algorithmes
non linéaires spécifiques, les nombreux travaux menés sur ce sujet (voir [WCŻ87], [MH89])
ont donné naissance à de nombreux algorithmes d’observation. Nous présenterons quelques
algorithmes dans la suite de ce chapitre.
29
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
autonome de la forme
ẋ = f (x) (1.50a)
y = h(x) (1.50b)
ż = Ac z + λ(y) (1.51a)
y = Cc z (1.51b)
z = Φ(x), (1.54)
v = Ψ(y). (1.55)
où v est la transformation de la sortie y à l’aide du changement de coordonnées non
linéaire Ψ(.). Les conditions sous lesquelles une telle transformation existe ont été établies.
Cependant, trois problèmes sont liés à cette approche :
1. La classe des systèmes pour lesquels une telle transformation existe est très res-
treinte ;
2. La procédure d’obtention d’une telle transformation est très compliquée ;
3. Dans le cas des systèmes avec entrées (systèmes commandés), le système transformé
contient toutes les dérivées des entrées.
Dans [Kel87], le système
ẋ = f (x, u) (1.56a)
y = h(x, u) (1.56b)
30
1.5. Observateurs d’état
a été considéré. Dans ce cas, le système transformé sous forme canonique généralisée est
défini par :
ż = Ac z + λ(y, u� ) (1.57a)
v = Cc z (1.57b)
� �T
où u� = u u̇ ... u(n) . La transformation non linéaire utilisée est
z = Φ(x, u� ),
v = Ψ(x, u� )
et en supposant que les dérivées de l’entrée u sont disponibles, la structure de l’observateur
suggéré est :
D’autres généralisations aux systèmes à sorties multiples ont été proposées dans [XG89],
[RZ94] et [HP99]. Un algorithme simplifié permettant de calculer la transformation conve-
nable, pour le cas des systèmes autonomes, a été conçu dans [Phe91]. Des conditions né-
cessaires et suffisantes d’existence de la transformation pour les systèmes mono-sortie ont
été données dans [GMP96]. Ces résultats ont été généralisés dans [PG97] aux systèmes à
sorties multiples, et un algorithme de calcul du changement de variables a été donné.
Une des raisons pour laquelle la classe des systèmes qui peuvent être transformés sous
forme linéaire observable est restreinte est due au fait que la sortie doit être linéaire
comme dans (1.51) et (1.57b). Cette condition est relaxée dans [KK98] pour la classe des
systèmes autonomes mono-sortie. L’idée est de transformer le système(1.50), en utilisant
le changement de variables z = Φ(x), en
ż = Az + Ly (1.59a)
y = η(z) (1.59b)
ε̇ = Aε. (1.61)
La transformation Φ est choisie de façon à obtenir une matrice A avec des propriétés
souhaitables.
31
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
Le filtre de Kalman étendu est l’une des techniques d’estimation les plus populaires et les
plus largement étudiées dans le domaine d’estimation d’état des systèmes dynamiques non
linéaires. Ce filtre étendu consiste à utiliser les équations du filtre de Kalman standard au
modèle non linéaire linéarisé par la formule de Taylor au premier ordre.
Ce filtre étendu a été appliqué avec succès sur différents types de procédés non linéaires.
Malheureusement, les preuves de stabilité et de convergence établies dans le cas des sys-
tèmes linéaires, ne peuvent pas être étendues de manière générale au cas des systèmes non
linéaires. Dans un environnement déterministe, une preuve de la convergence du filtre de
Kalman étendu a été établie dans [BAD97] et [BA99] pour la classe des systèmes non
linéaires à temps discret. Cependant, cette convergence n’est que locale. L’analyse de
la convergence de cet estimateur reste, à l’heure actuelle, un problème ouvert. Les nom-
breuses recherches qui ont été menées sur ce sujet ont donné naissance à de nombreuses pu-
blications et ouvrages [Che93], [GA93], [BH97], [Bro98], [SG95], [BRD97], [BADF97], [BAD97],
[ABD98].
Avant d’introduire le filtre de Kalman étendu, nous avons besoin d’introduire l’estimateur
de Kalman standard pour les systèmes linéaires à temps variant (LTV). Nous abordons
les deux cas, systèmes à temps continu et systèmes à temps discret.
32
1.5. Observateurs d’état
xk+1 = Ak xk + Bk uk + vk (1.65a)
yk = C k xk + w k (1.65b)
où P0 = µIn > 0. x̂k+1 et x̂k+1/k sont l’estimation et la prédiction de l’état xk+1 . Les
matrices Pk+1 et Pk+1/k sont les covariances des erreurs d’estimation et de prédiction.
Qk et Rk+1 sont des matrices de covariances des bruits vk et wk respectivement.
Le filtre de Kalman étendu [Jaz70] est une extension directe du filtre de Kalman standard
en remplaçant les matrices d’état et de sortie, A, C du système linéaire (1.62) ou (1.65)
par les jacobiennes des non-linéarités du système en question.
Considérons le système non linéaire suivant :
où
∂f
F (x̂, u) = (x̂, u);
∂x
∂h
H(x̂, u) = (x̂, u).
∂x
Ce type d’estimateur a été utilisé dans [JS04]. Dans le cas des systèmes à temps discret
de la forme :
33
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
34
1.5. Observateurs d’état
ẋ = Ax + φ(x, u) (1.72a)
y = Cx (1.72b)
Ce type d’observateurs est relativement classique en observation des systèmes non li-
néaires. Son nom est dû au fait que le gain de l’observateur choisi est suffisamment grand
pour compenser la non linéarité du système.
L’observateur de type Luenberger correspondant à (1.72) est de la forme :
L’objectif est de déterminer sous quelles conditions le gain K peut garantir la stabilité de
l’erreur d’estimation ε en zéro.
La méthode de Thau [Tha73] fournit une condition suffisante de stabilité asymptotique
de l’erreur d’estimation (1.75). Le résultat de cette méthode est donné par le théorème
suivant :
λmin (Q)
γφ < (1.76)
2λmax (P )
où λmin (S) et λmax (S) désignent respectivement les valeurs propres minimale et maximale
de la matrice carrée S, les matrices P = P T > 0 et Q = QT > 0 désignent les solutions
de l’équation de Lyapunov :
35
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
Pour plus de détails sur la preuve du théorème 1.5.1, nous invitons le lecteur à consul-
ter [Tha73].
λmin (Q)
Il a été démontré dans [PT80] que le rapport 2λ max (P )
est maximal si Q = In . Le pro-
blème donc est réduit à choisir un gain K qui satisfait
1
γφ < (1.78)
2λmax (P )
où
(A − KC)T P + P (A − KC) = −In .
L’approche de Thau n’est pas une méthode de synthèse systématique. Elle permet seule-
ment de vérifier la convergence de l’observateur (1.74), a posteriori. En effet, le choix
des matrices P , Q et K qui satisfait l’inégalité (1.76) n’est pas direct. Par exemple, le
placement des valeurs propres de (A − KC) dans le demi-plan gauche n’implique pas que
la condition (1.76) soit satisfaite. Il n’existe aucune relation spécifique entre les valeurs
propres de (A − KC) et λmax (P ), ceci a été prouvé dans [RH94] par un simple exemple
numérique.
Ce type d’observateurs a été largement étudié dans la littérature par de nombreux cher-
cheurs. Une méthode constructive a été proposée par Raghavan dans [RH94], où une
solution explicite et systématique du choix du gain de l’observateur est fournie. Cette
solution est illustrée dans le théorème suivant :
Théorème 1.5.2. ([RH94]) Considérons le système (1.72) et l’observateur (1.74). S’il
existe � > 0 tel que l’équation de Riccati
� 1 �
AP + P AT + P γφ2 In − C T C P + In + �In = 0 (1.79)
�
admet une solution P symétrique définie positive, alors le gain d’observateur donnée par
1
K= P CT (1.80)
2�
stabilise asymptotiquement la dynamique de l’erreur d’estimation (1.75).
Cependant, cet algorithme n’est pas efficace pour toutes les paires (A, C) observables
et malheureusement ne donne pas d’informations sur les conditions que doit vérifier la
matrice (A − KC) afin d’assurer la stabilité de l’erreur d’estimation. Nous avons vu que
le placement des valeurs propres de (A − KC) dans le demi-plan gauche est certainement
insuffisant.
Dans [Zak90], l’auteur a suggéré une procédure de conception liée directement à la matrice
(A − KC). Dans cette procédure, le choix du gain K tel que
assure l’inégalité (1.78). Les valeurs singulières de (A−KC) jouent, en effet, un rôle sur la
convergence de l’observateur. Malheureusement, ce résultat est en général incorrect. Ceci
36
1.5. Observateurs d’état
Des conditions de convergence de l’observateur (1.84) ont été établies dans [AK99]
et [AK01a] . Ce résultat concerne les systèmes pour lesquels la fonction non linéaire
γ satisfait les hypothèses suivantes :
37
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
où
v = Hx et w = H x̂ + K(y − C x̂).
Ces conditions de convergence sont illustrées dans le théorème suivant :
Théorème 1.5.4. L’erreur d’estimation (1.87) est exponentiellement stable à l’origine
s’il existe une matrice P = P T > 0, une constante ν > 0 et une matrice diagonale Λ > 0
telles que l’inégalité
� �
(A − LC)T P + P (A − LC) + νIn P G + (H − KC)T Λ
≤0 (1.88)
GT P + Λ(H − KC) 0
soit faisable.
Cette technique a été étendue dans [FA02] et [FA03] au cas des systèmes monotones
multi-variables. Des conditions de convergence analogues ont étés obtenues. De nouvelles
conditions suffisantes de synthèse des gains K et L ont été proposées dans [AK01b] pour
une classe de systèmes dont la non linéarité est une fonction scalaire à variable scalaire. Ce
résultat est plus général que le précédent, puisqu’il prend en compte les bornes du terme
γ(v)−γ(w)
v−w
quand elles existent, c’est à dire quand la non-linéarité satisfait la condition
γ(v) − γ(w)
0≤ ≤ b, ∀ v �= w ∈ R. (1.89)
v−w
Dans ce cas, en exploitant la condition (1.89), les auteurs ont établi le théorème suivant :
Théorème 1.5.5. L’observateur d’état (1.84) converge exponentiellement s’il existe une
matrice P = P T > 0, une constante ν > 0 et une matrice diagonale Λ > 0 telles que
l’inégalité
� �
(A − LC)T P + P (A − LC) + νIn P G + (H − KC)T
≤0 (1.90)
GT P + (H − KC) − 2b
soit faisable.
38
1.5. Observateurs d’état
Cette dernière inégalité est moins restrictive que (1.88). En effet, dans (1.88) il est né-
cessaire d’avoir P G + (H − KC)T Λ = 0 à cause de la présence d’un zéro sur la diagonale.
Ceci rend l’inégalité (1.88) contraignante. Cependant, dans (1.90), le zéro sur la diagonale
est remplacé par − 2b , ce qui n’impose pas à P G + (H − KC)T d’être nul. Notons qu’en
particulier, pour b = +∞, nous retrouvons l’inégalité (1.88).
Le seul inconvénient de cette technique se trouve dans le fait qu’elle est applicable aux
systèmes dont la jacobienne de chaque composante de la fonction non linéaire est une
matrice carrée.
avec x(t) ∈ IRn le vecteur d’état, u(t) ∈ IRq l’entrée, et y ∈ IRp la sortie, la matrice
E ∈ IRn×n est carrée avec 0 < rankE < n les matrices A, B, C sont constantes et de
dimensions appropriées, avec rangC = p. La fonction Φ satisfait la condition Lipschitz
suivante
˙
E x̂(t) = Ax̂(t) + BΦ(t, x̂, u) − L(y − C x̂) (1.92a)
39
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
Théorème 1.5.6. Il existe un observateur d’ordre plein de la forme (1.92) pour le système
(1.91) s’il existe deux matrices P ∈ IRnn et Q ∈ IRpn telles que les inégalités suivantes :
ET P = P T E ≥ 0
� �
AT P + P T A + C T Q + Q T C + F T F P T B
<0 (1.94)
BT P −I
Pour trouver la condition (1.94), les auteurs ont introduit la fonction de Lyapunov
suivante :
V = e(t)E T P e(t) avec E T P = P T E ≥ 0
En dérivant cette fonction le long de la solution de (1.91) et en utilisant la propriété de
Lipschitz, on retrouve la condition (1.94).
40
1.6. Stabilisation par retour d’état statique et par commande basée observateur
avec la condition initiale x(0) = x0 , x(t) ∈ IRn est le vecteur d’état, u(t) ∈ IRm le vec-
teur des commandes et y(t) ∈ IRp le vecteur des mesures. A, B, C des matrices constantes
de dimensions appropriées.
Démonstration :
En augmentant l’équation de la dynamique de (1.95) par la dynamique de l’erreur
(1.97) nous obtenons le système suisvant
� � � �� �
x A + BK BK x
= (1.99)
ė(t) 0 A + LC e(t)
Par l’application du principe de séparation, les dynamiques du système
� commandé en �
A + BK BK
boucle fermé (1.98)-(1.98), c-à-d les valeurs propres de la matrice
0 A + LC
sont à partie réelle négative. Ces valeurs propres sont constituées de la réunion de celles
de la commande par retour d’état statique et de celles de l’observateur, c-à-d les valeurs
propres de A + BK et A + LC.
41
Chapitre 1. Présentation de l’état de l’art sur les systèmes singuliers
1.7 Conclusion
Ce chapitre a été consacré à quelques rappels et informations nécessaires sur les sys-
tèmes singuliers. Aussi, nous avons mis le point sur quelques concepts relatifs à la stabilité
des systèmes dynamiques (stabilité au sens de Lyapunov), le filtrage H∞ . Ensuite, nous
avons présenté quelques rappels et définitions sur l’observabilité et le principe d’estima-
tion d’état dans le cas des systèmes singuliers linéaires ainsi que les systèmes non linéaires.
D’autres part, nous avons présenté des méthodes de synthèse d’observateur développées
dans la littérature, pour le cas des systèmes singuliers linéaires, les systèmes non linéaires,
et les systèmes singuliers non linéaires. Le dernier point abordé dans ce chapitre concerne
l’application du principe de séparation pour la synthèse de commande basée observateur
dans le cas des systèmes linéaires standards.
42
Chapitre 2
Sommaire
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.2 Préliminaires et formulation du problème . . . . . . . . . . . . 44
2.2.1 Généralités sur les systèmes bilinéaires . . . . . . . . . . . . . . 44
2.2.2 Systèmes avec des incertitudes vérifiant des contraintes quadra-
tiques intégrales IQC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.2.3 Systèmes auxiliaires et performances robustes . . . . . . . . . . 48
2.2.4 Formulation du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
2.2.5 Conditions de non biais de l’observateur . . . . . . . . . . . . . 52
2.3 Procédure de synthèse de l’observateur . . . . . . . . . . . . . 53
2.3.1 La résolution des contraintes de Sylvester . . . . . . . . . . . . 53
2.3.2 Etude de la stabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
2.3.3 Extension au filtrage H∞ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
2.4 Exemple Numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
2.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
2.1 Introduction
Ce chapitre propose une méthode de synthèse d’observateur H∞ pour une classe de
systèmes singuliers bilinéaires. Ces derniers sont introduits lorsque le comportement dy-
namique d’un système ne permet pas de le modéliser par une représentation linéaire. La
dynamique et les équations des mesures des systèmes singuliers bilinéaires considérés sont
soumis à des perturbations à énergie finie non mesurées et à des entrées bornées. Les
entrées sont traitées comme des incertitudes structurées bornées en normes.
L’observateur proposé pour cette classe de systèmes est un observateur non biaisé,
c-à-d la dynamique de l’erreur d’estimation est indépendante de l’état du système. Les
conditions nécessaires et suffisantes de non biais de l’observateur sont données sous une
forme d’équations de Sylvester.
43
Chapitre 2. Systèmes singuliers bilinéaires
Dans la première partie de ce chapitre nous présentons la classe des systèmes singu-
liers bilinéaires à laquelle nous nous intéressons plus particulièrement, un exemple de la
littérature décrivant un processus réel (un robot avec joint flexible) pouvant être modélisé
par un modèle bilinéaire sera présenté afin de mettre en exergue cette classe. Ensuite,
nous faisons un rappel sur les systèmes incertains et l’étude de stabilité des systèmes
soumis à des incertitudes structurées. Après, nous abordons la formulation du problème
de synthèse de l’observateur d’ordre réduit que nous proposons. Ensuite, la procédure
de synthèse d’observateur sera présentée en détail, en commençant par la méthode de
résolution des équations de Sylvester, par la suite l’étude de stabilité dans le cas sans
perturbations, et enfin la méthode de synthèse de l’observateur H∞ seront présentées. Les
conditions d’existence et de stabilité robuste de l’observateur sont données sous forme
d’inégalité matricielle linéaire (LMI). Un exemple numérique de simulation est donné à la
fin de ce chapitre pour illustrer la méthode.
44
2.2. Préliminaires et formulation du problème
[Link] Exemple
Soit le processus des figures (2.1) et (2.2). Il s’agit d’un robot à joint flexible muni d’un
moteur à courant continu (DC), permettant de fournir un couple à un axe de transmission
qui le transmet au pendule constituant la partie mobile principale du robot. Cette trans-
mission n’est pas rigide, mais elle est modélisée par un ressort de torsion de constante de
raideur k. La dynamique rapide peut être modélisée par des équations bilinéaires statiques.
Le modèle détaillé sous forme de système singulier bilinéaire est donné dans la littérature
[N97], [ZW07], [ZW06], on choisit comme variable d’état les grandeurs suivantes :
45
Chapitre 2. Systèmes singuliers bilinéaires
%
#$%&'(
)*
!! !"
"$ "#
Figure 2.2: Schéma d’un robot avec joint flexible
Ceci nous donne, sous forme matricielle, le système singulier bilinéaire suivant :
1 0 0 0 0 ẋ1 (t) 1 0 0 0 0 x1 (t) 0
k
0 1 0 0 0 k K
ẋ2 (t) − Jm Jm Jm 0 0 x2 (t) 0
k
0 0 1 0 0 ẋ3 (t) = 0 0 0 1 0 x3 (t) + 0 x3 (t)u(t)
0 0 0 1 0 k k x (t) mghk
ẋ4 (t) Jl Jl
γ 0 0 4 Jl
46
2.2. Préliminaires et formulation du problème
�
s
&!!" %!!"
!""
Figure 2.3: Système incertain avec IQC
donc la fonction de transfert du système (2.4) est donnée par
� � � �
E1 � � E E
3 2
Σ(s) = (sIn − A)−1 H1 D1 +
C H2 D2
¯
où ∆(t) ∈ Υ représente les incertitudes, tel que Υ est l’ensemble des matrices bloc diago-
nales défini par
� s
�
�
¯
Υ= ∆(t)=bdiag(∆ 1 (t),∆2 (t),· · ·, ∆s (t)); ∆i (t) ∈ IR
ki ×k ¯ T ¯ ≤ I , ∀t ≥ 0, k̄ =
, ∆ (t)∆ ki (2.5)
k̄
i=1
En définissant
H1i = H1 bdiag(0, · · · , Iki , · · · , 0),
H2i = H2 bdiag(0, · · · , Iki , · · · , 0),
E1i = bdiag(0, · · · , Iki , · · · , 0)E1 ,
E2i = bdiag(0, · · · , Iki , · · · , 0)E2 .
47
Chapitre 2. Systèmes singuliers bilinéaires
¯
avec ∆(t) ∈ Υ représentant les incertitudes, Υ est l’ensemble définie par (2.5)
La fonction de transfert dans ce cas est donnée par
� � � � � �
Σpq (s) ∗ E1 � � E E
3 2
Σ(s) = = (sIn − A)−1 H1 D1 +
∗ ∗ C H 2 D2
Théorème 2.2.1. [FBL95],[LF97] Le système (2.6) est exponentiellement stable avec une
atténuation H∞ s’il existe une matrice symétrique S et des scalaires µ et γ tels que le
système suivant :
� �
� � p(t)
(2.7a)
1
ẋ(t) = Ax(t) + + H1 S − 2 γ −1 D1
w(t)
� � � 1 � � 1 1 1
�� �
q(t) µ− 2 E 1 S 2 E3 S − 2 γ −1 S 2 E2 p(t)
= x(t) + 1
(2.7b)
y(t) C H2 S − 2 γ −1 D2 w(t)
48
2.2. Préliminaires et formulation du problème
avec
S = Bdiag(µ1 Ik1 , · · · , µm Ik ) > 0
avec x(t) ∈ IRn le vecteur d’état, y(t) ∈ IRp la sortie, q(t) ∈ IRp1 la sortie fictive, p(t) ∈ IRm1
et w(t) ∈ IRm2 les vecteurs des perturbations, avec
¯
p(t) = ∆(t)q(t) ¯ T (t)∆(t)
et ∆ ¯ ≤ I m1
¯
où ∆(t) ∈ IRm1 ×p1 est la matrice des incertitudes paramétriques qui affecte le système,
¯
telle que (Im − ∆(t)D qp ) est non singulière.
49
Chapitre 2. Systèmes singuliers bilinéaires
XA + AT X + CqT SCq + CyT Cy XBp + CqT SDqp + CyT Dyp
BpT X + Dqp
T T
SCq + Dyp Cy T
−S + Dqp T
SDqp + Dyp Dyp
BwT X + Dqw
T T
SCq + Dyw Cy T
Dqw T
SDqp + Dyw Dyp
(2.10)
XBw + CqT SDqw + CyT Dyw
T
Dqp T
SDqw + Dyp Dyw <0
T
Dqw SDqw − γ 2 Im2 + Dyw
T
Dyw
1
ẋ(t) = Ax(t) + Bp S − 2 p(t) + γ −1 Bw w(t) (2.11a)
1 1 1 1
q(t) = S 2 Cq x(t) + S 2 Dqp S − 2 p(t) + γ −1 S 2 Dqw w(t) (2.11b)
1
y(t) = Cy x(t) + Dyp S − 2 p(t) + γ −1 Dyw w(t) (2.11c)
1 1 1
XA + AT X + CqT SCq + CyT Cy XBp S − 2 + CqT S 2 Dqp S − 2 + CyT Dyp S − 2
S − 21 B T X + S − 21 DT S 2 Cq + S − 12 DT Cy −S + S − 21 DT S 2 Dqp S − 12 + S − 21 DT Dyp S − 12
p qp yp qp yp
−1 T −1 T 2 −1 T T 2 − 12 T 1
γ Bw X + γ Dqw S Cq + γ Dyw Cy γ Dqw S Dqp S + γ Dyw Dyp S − 2
−1 −1
γ −1 XBw + γ −1 CqT S 2 Dqw + γ −1 CyT Dyw
Dyw
1 1
<0
T
γ −1 S − 2 Dqp S 2 Dqw + γ −1 S − 2 Dyp
T
T
γ −2 Dqw S 2 Dqw − γ 2 Im2 + γ −2 DywT
Dyw
(2.12)
Par la suite, nous considérons chaque entrée ui (t) comme "une incertitude structurée"
(voir [BEFB94]). Notons que la définition du "domaine incertain" Υ dans la relation
(2.5) peut engendrer un certain conservatisme, parcequ’en général, nous avons | ui,min |�=|
50
2.2. Préliminaires et formulation du problème
ui,max | avec | ui,min |�= 1 et | ui,max |�= 1. Pour diminuer ce conservatisme nous pouvons
réécrire ui (t) comme suit :
avec α0 = 1 et σ0 = 0.
La nouvelle variable incertaine sera δi (t) ∈ Γ̄ ⊂ IRm où le polytope Γ̄ est défini par
Soit Φ ∈ IR r×n1 une matrice de rang plein ligne ([DBB08]), avec ΦE = 0, donc de
(2.13) nous obtenons
�
m
� � � �
�
m
�
m
� �
�
m
51
Chapitre 2. Systèmes singuliers bilinéaires
� �
�
m
i) N0 T E − T A0 + J 0 C = 0
ii) N i T E − T Ai + J i C = 0 pour 1 ≤ i ≤ m
iii) H = TB
� �TE (2.17)
iv) P Q G0
ΦA0 = In
C
� �
� � ΦA
i
v) Q Gi =0 pour 1 ≤ i ≤ m
C
Sous les conditions (2.17), la dynamique de ε(t) et l’erreur e(t) dans (2.16) sont indé-
pendantes de u(t) et de x(t).
Dans ce cas nous obtenons :
� �
�
m
�m
ϕ1 (t) = J0 D2 − T D1 + ( u (t)Ji ) D2
i=1 i
�m
ϕ2 (t) = QΦD1 + G0 D2 + ( i=1 ui (t)Gi ) D2
52
2.3. Procédure de synthèse de l’observateur
T̃ Ē
� �ΦĀ
i) N0 −Ψ J N̄
C̄ = T̃ Ā (2.19)
Θ
� � T̃ Ē
ii) P Q G ¯ (2.20)
ΦĀ = In
C̄
Où
� � � �
N̄ = N1 N2 · · · Nm , Ā = A0 Ā1 ,
� � � �
G = G0 Ḡ , Ḡ = G1 · · · Gm ,
� � � �
J¯ = J1 J2 · · · Jm , J = J0 J , ¯
� � � �
Ē = E 0 · · · 0 , I¯n = In 0 ,
0 T̃ E 0 ··· 0
� � .. ..
C 0 0 0 T̃ E . .
C̄ = et Θ = . .. .. .. .
0 C̄1 .. . . . 0
0 0 ··· 0 T̃ E
Avec
C
··· 0 0
� � 0 C . . . ...
Ā1 = A1 · · · Am et C̄1 = . . .
.. .. ... 0
0 ··· 0 C
53
Chapitre 2. Systèmes singuliers bilinéaires
54
2.3. Procédure de synthèse de l’observateur
Ce qui donne
+
Ē � �
I
T̃ = R1
ΦĀ
0
C̄
et
+
Ē � �
0
K1 = R1
ΦĀ
I
C̄
Donc, sous l’Hypothèse 2.3.1 la solution générale de (2.19) est donnée par
� � � �
N0 −Ψ J N̄ = T̃ ĀΩ+ +
2 − Z 1 I − Ω 2 Ω2 (2.25)
55
Chapitre 2. Systèmes singuliers bilinéaires
0 0
0
+ 0
ΛJ = T̃ ĀΩ+
2 , Λ = T̃ ĀΩ 2
N̄ 0
I
0 I
I 0
0
+ I
∆N0 = (I − Ω2 Ω+ )
2 , ∆ Ψ = (I − Ω 2 Ω 2 )
0
0
0 0
0 0
0
+ 0
∆J = (I − Ω2 Ω+ )
2 , ∆ = (I − Ω 2 Ω 2 )
N̄ 0
I
0 I
avec
� � � �
ΛG = ΛG 0 ΛḠ , ∆G = ∆G0 ∆Ḡ
�et � � �
ΛJ = ΛJ0 ΛJ¯ , ∆J = ∆J0 ∆J¯
A partir de ces valeurs nous pouvons en déduire ϕ1 (t)et ϕ2 (t) comme suit
où
m
�
Λϕ1 (t) = ΛJ0 D2 − T D1 + ui (t)ΛJi D2 ,
i=1
m
�
∆ϕ1 (t) = ∆J0 D2 + ui (t)∆Ji D2 ,
i=1
n
�
Λϕ2 (t) = ΛQ ΦD1 + ΛG0 D2 + uiΛGi D2 ,
i=1
m
�
∆ϕ2 (t) = ∆Q ΦD1 + ∆G0 D2 + ui (t)∆Gi D2 .
i=1
56
2.3. Procédure de synthèse de l’observateur
e (t) = P ε(t).
Lemme 2.3.1. Pour w (t) = 0, la dynamique de l’erreur (2.18) est asymptotiquement stable, s’il
existe une matrice X > 0, telle que
� � �T �
N0 + N̄ ᾱ + N̄ σ̄∆ε (δ) H̄ε X+
� � <0 (2.27)
X N0 + N̄ ᾱ + N̄ σ̄∆ε (δ) H̄ε
où
� �T
ᾱε = α1 Iq ... αm Iq ,
� �T
ᾱw = α1 Ip ... αm Ip ,
� �
σ̄ε = bdiag σ1 Iq ... σm Iq ,
� �
D̄2 = bdiag σ1 D2 ... σm D2 ,
� �
∆ε(t) (δ) = bdiag( δ1 Iq ... δm Iq ),
� �
∆w (δ) = bdiag( δ1 Inw ... δm Inw ),
� �T
H̄ε = Iq ... Iq
� �T
H̄w = Inw ... Inw
Démonstration :
Pour w(t) = 0, l’équation (2.18) devient :
� m
�
�
ε̇(t) = N0 + ui (t)Ni ε(t) (2.28a)
i=1
e(t) = P ε(t) (2.28b)
57
Chapitre 2. Systèmes singuliers bilinéaires
Soit la fonction de Lyapunov candidate V (t) = εT (t)Xε(t), sa dérivée V̇ (t) le long de la solution
de (2.30) est donnée par
� �T � �
V̇ (t) = N0 + N̄ ᾱε + N̄ σ̄ε∆ε (δ) H̄ε X + X N0 + N̄ ᾱε + N̄ σ̄ε ∆ε (δ) H̄ε
si (2.27) est satisfaite, V̇ (t) < 0, et la stabilité de ε(t) est garantie, ce qui démontre le lemme
2.3.1.
�m
e(t) = P ε(t) + (QΦD1 + G0 D2 )w(t) + i=1 (αi + σi δi (t)) Gi D2 w(t)
d’où
� � � �
ε̇(t) = N0 + N̄ ᾱε + N̄ σ̄ε ∆ε (δ) H̄ε ε(t) + J0 D2 + J¯ᾱw D2 − T̃ D1 − ΨΦD1 w(t)
+ J¯D̄2 ∆w (δ) H̄w w(t)
e(t) = P ε(t) + (QΦD1 + G0 D2 + Ḡᾱw D2 )w(t) + ḠD̄2 ∆w (δ) H̄w w(t)
Nous obtenons
� �
ε̇(t) = [(ΛN0 + ΛN̄ ᾱε ) − Z1 (∆N0 + ∆N̄ ᾱε )]ε(t) + (ΛN̄ σ̄ε − Z1 ∆N̄ σ̄ε )∆ε (δ) H̄ε ε(t)
� �
+ ΛJ0 D2 − T̃ D1 + ΛΨ ΦD1 + ΛJ¯ᾱw D2 w(t) − Z1 (∆J0 D2 + ∆Ψ ΦD1 + ∆J¯ᾱw D2 ) w(t)
� �
+ (ΛJ¯D̄2 − Z1 ∆J¯D̄2 )∆w (δ) H̄w w(t)
Donc
58
2.3. Procédure de synthèse de l’observateur
� − Z1 C)∆
ε̇(t) = (A − Z1 C)ε(t) + ((A � ε (δ)H̄ε )ε(t)
� − Z1 G)∆
+ (B − Z1 G)w(t) + ((B � w (δ)H¯w )w(t)
� − Z2 H)∆
e(t) = (ΛP − Z2 ∆P )ε(t) + ((F � w (δ)H̄w )w(t) + (F − Z2 H)w(t)
où
A = ΛN0 + ΛN̄ ᾱε ,
� = Λ σ̄ε , C
C = ∆N0 + ∆N̄ ᾱε , A � = ∆ σ̄ε ,
N̄ N̄
B = ΛJ0 D2 − T̃ D1 + ΛJ¯ᾱw D2 + ΛΨ ΦD1 ,
G = ∆J D2 + ∆Ψ ΦD1 + ∆ ¯ᾱw D2 , B � = Λ ¯D̄2 , G
� = ∆ ¯ D̄2 ,
0 J J J
� = Λ D̄2 ,
F = ΛG0 D2 + ΛḠ ᾱw D2 + ΛQ ΦD1 , F Ḡ
H = ∆G0 D2 + ∆Q ΦD1 + ∆Ḡ ᾱw D2 , H� = ∆ D̄2
Ḡ
59
Chapitre 2. Systèmes singuliers bilinéaires
avec
Démonstration :
Tout d’abord , définissons les matrices suivantes :
Ae = A − Z1 C, Be = B − Z1 G (2.34a)
� �
H1 = � − Z1 C
A � B � − Z1 G � , C e = Λp − Z 2 ∆ p (2.34b)
� � � � � �
H̄ε 0 0 0
E1 = , E2 = , E3 = . (2.34c)
0 H̄w 0 0
� �
De = F − Z2 H, H2 = 0 F � − Z2 H� (2.34d)
� � e(t)
pε
p = , ê(t) = p ε
(2.34e)
pw
qw
et � � � �� �
Ce D e H2 w
ê(t) = ε (t) +
E1 E2 E3 p
Nous pouvons introduire le système auxiliaire suivant :
� �
� � w
γ −1 B
−1
ε̇(t) = Ae ε (t) + e H1 S 2 (2.35a)
p
� � � �� �
γ −1 De
−1
Ce H2 S 2 w
ê(t) = 1 ε (t) + 1 1 (2.35b)
γ −1 S 2 E2 S 2 E3 S
−1
S 2 E1 2 p
� �
Sε 0
où S = .
0 Sw
En utilisant le lemme borné réel (voir [BEFB94], [LF97], [FdX91]), le système (2.35) est
asymptotiquement stable pour w (t) = 0 et vérifie �e (t)�2 < γ �w (t)�2 pour w(t) �= 0 s’il existe
60
2.4. Exemple Numérique
deux matrices symétriques et définies positives X, S, et un scalaire γ tels que l’inégalité suivante
soit satisfaite :
ATe X + XAe + CeT Ce + E1T SE1 γ −1 XBe + γ −1 CeT De + γ −1 E1T SE2
γ −1 B T X + γ −1 DT Ce + γ −1 E T SE1 γ −2 DeT De + γ −2 E2T SE2 (2.36)
e e 2
S 2 H1T + S 2 H2T Ce + S −1 E3T SE1 S 2 γ−1H2T De + γ−1S 2 E3T E2
−1 −1 −1 −1
+ CeT H2 S + E1T SE3 S
−1 −1 −1
XH1 S 2 2 2
γ −1 DeT H2 S −1 + γ −1 S
−1
2 E2 SE3 S
−1
2 <0 (2.37)
2
γ −1 H2T H2 S 2 E3T SE3 S 2
−1 −1 −1 −1
+S 2 +S 2
0 1 2 1
B=
1 0
, D1 = 1 , D2 = 1 ,
−1 −1 1 1
61
Chapitre 2. Systèmes singuliers bilinéaires
1 1 1 � �
3sin(2πt)
C=
1 0 1 , u(t) = sin(2πt)
0 0 1
Pour cette exemple, l’Hypothèse 2.3.1 est vérifiée.
Les résultats de simulation sont présentés dans les figures (2.4)- (2.11). Les figures (2.4) et
(2.5), présentent les perturbations w1 (t) et w2 (t). Les figures (2.6), (2.7) et (2.8) présentent les
états x1 (t), x2 (t), x3 (t) et leurs estimés x̂1 (t), x̂3 (t). Les figure (2.9), (2.10), et (2.11)
x̂2 (t),
1
présentent les erreurs d’estimation. Avec x(0) = 2
et ζ(0) = −5, comme conditions initiales.
1
62
2.5. Conclusion
perturbation
4
w1
3
1
Perturbation
−1
−2
−3
−4
−5
−6
0 10 20 30 40 50
Temps
2.5 Conclusion
Dans ce chapitre nous avons proposé une méthode de synthèse d’un observateur H∞ pour
une classe de systèmes singuliers bilinéaires. Cette approche unifie la synthèse des observateurs
d’ordre réduit, d’ordre plein et d’ordre minimal. La méthode que nous avons proposé est basée
sur la résolution des équations de Sylvester sous contraintes. Les paramètres de l’observateur
sont obtenus via la résolution des inégalités matricielles linéaires LMI. Un exemple numérique
est donné afin de valider nos résultats.
63
Chapitre 2. Systèmes singuliers bilinéaires
perturbation
w2
0.3
0.2
0.1
w2
−0.1
−0.2
0 5 10 15 20
Time
2
x1
xo1
0
−2
x1, xo1
−4
−6
−8
−10
−12
0 10 20 30 40 50
Temps
64
2.5. Conclusion
2
x2
xo2
0
−2
x2, xo2
−4
−6
−8
−10
0 10 20 30 40 50
Temps
6
x3
5 xo3
3
x3, xo3
−1
−2
0 10 20 30 40 50
Temps
65
Chapitre 2. Systèmes singuliers bilinéaires
12
e1
10
8
Erreur e1
−2
0 10 20 30 40 50
Temps
12
e2
10
8
Erreur e2
−2
0 10 20 30 40 50
Temps
66
2.5. Conclusion
1
e3
0
−1
−2
Erreur e3
−3
−4
−5
−6
−7
0 10 20 30 40 50
Temps
67
Chapitre 2. Systèmes singuliers bilinéaires
68
Chapitre 3
Sommaire
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
3.2 Classe de systèmes singuliers non linéaires traitée . . . . . . 70
3.3 Extension au cas des systèmes à entrées inconnues . . . . . . 70
3.4 Formulation du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
3.5 Procédure de synthèse d’observateur . . . . . . . . . . . . . . 75
3.5.1 Résolution des équations de Sylvester . . . . . . . . . . . . . . 75
3.5.2 Etude de stabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
3.5.3 Les conditions de stabilité sous forme d’une inégalité matricielle
stricte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
3.6 L’extension au filtrage H∞ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3.6.1 Procédure de synthèse du filtre H∞ . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3.6.2 Exemple numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
3.7 Extension aux systèmes à sorties non linéaires . . . . . . . . . 87
3.7.1 Exemple numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
3.8 Synthèse de filtre H∞ des systèmes à temps discret . . . . . . 99
3.8.1 Formulation du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
3.8.2 Procédure de synthèse d’observateur . . . . . . . . . . . . . . . 100
3.9 Exemple numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
3.10 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
3.1 Introduction
Dans ce chapitre nous présentons une méthode de synthèse d’observateur pour une classe de
systèmes singuliers non linéaires. L’approche proposée repose sur la paramétrisation des solutions
des équations de Sylvester pour éliminer la dépendance l’état des entrées et de la partie linéaire
de l’état.
69
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
Ce chapitre est organisé de la façon suivante. Dans un premier temps nous allons définir
la classe de systèmes considérée et quelques extensions qu’elle peut englober. Ensuite, nous
présentons la formulation du problème de construction de l’observateur d’ordre réduit. Par la
suite, nous présentons la procédure de synthèse d’observateur, tout en exposant en détail la
méthode de résolution des équation de Sylvester et l’étude de stabilité. Deux extensions seront
par la suite présentées. Il s’agit du filtrage H∞ pour le cas des systèmes qui présentent des
perturbations sur l’équation d’état et les équations de mesure, la deuxième extension concerne
les systèmes à dynamique et sortie non linéaires. La dernière partie de ce chapitre est consacrée
à la synthèse d’observateur pour les systèmes singuliers non linéaires à temps discret. A la fin de
chaque section un exemple d’illustration est donné pour valider les différents résultats théoriques.
avec le semi état initial x(0) = x0 , x(t) ∈ IR n est le semi vecteur d’état, u(t) ∈ IR m est
la commande, et y(t) ∈ IR p est la sortie du système. La matrice E ∈ IR n1 ×n et pour n1 = n,
elle est singulière. Les matrices A ∈ IR n1 ×n , B ∈ IR n1 ×m , C ∈ IR p×n et D ∈ IR n1 ×nf sont des
matrices de dimension appropriée. La non-linéarité, f (t, FL x, u) satisfait la propriété de Lipschitz
par rapport à x :
�f (t, FL x1 , u) − f (t, FL x2 , u)� ≤ λ(�FL (x1 − x2 )�),
où λ représente la constante de Lipschitz, la matrice FL est réelle de dimension appropriée.
avec
ϕ(t, FL x(t), u(t)) = Df (t, FL x, u) + Dd d(t)
et d(t) ∈ IR p×nd représente le vecteur des entrées inconnues, avec rangDd = nd . Le système
(3.2) peut être transformé en une forme équivalente à (3.1). Considérons l’annulateur ΠDd de
Dd , l’équation (3.2) peut être écrite comme suit :
ΠDd E ẋ(t) = ΠDd Ax(t) + ΠDd Bu(t) + ΠDd Df (FL x, u) + ΠDd D1 w(t) (3.3a)
Dd† E ẋ(t + 1) = Dd Ax(t) + Dd† Bu(t) + Dd† Df (FL x, u) + d(t) + Dd† D1 w (3.3b)
y(t) = Cx(t) + D2 w(t) (3.3c)
70
3.3. Extension au cas des systèmes à entrées inconnues
Dd Dd† Dd = Dd .
De même le modèle (3.1) peut être utilisé pour le problème d’estimation simultanée de l’état
et des entrées inconnues. Considérons le système à entrées inconnues suivant :
Soit � � � �
Σ−1
nd 0 Ind 0
U Gd V = .
0 I 0 0
Posons
� � � � � �
Σ−1
nd 0 d1 (t) y1 (t)
U1 = U, = V −1 d (t) , = U1 y (t) = ȳ (t)
0 I d2 (t) y2 (t)
d’où
U1 y (t) = U1 Cx(t) + U1 Gd V V −1 d(t) + U1 D2 w(t)
nous obtenons alors
et
ou encore
soit
E ẋ(t) = Ax(t) + Bu(t) + Fd1 (y1 (t) − C1 x(t) − D21 w(t)) + Fd2 d2 (t)
+Df (t, x, u) + D1 w(t)
71
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
Donc le système (3.4) peut être réécrit en augmentant le semi-vecteur d’état x(t) par le
vecteur des entrées inconnues d(t), sous la forme suivante :
ĒẊ (t) = ĀX (t) + Bu(t) + Fd1 y1 (t) + Df (FL X , u) + D̄1 w (3.5a)
ȳ(t) = C̄X (t) + D̄2 w(t)
où
� � � �
x(t) � � � � C 1 Ind
X (t) = �t , Ē = E −Fd2 , Ā = A − Fd1 C1 0 , C̄ = ,
0 d2 (τ )dτ C2 0
� �
D21 � �
D̄1 = D1 − Fd1 D21 , D̄2 = , et F̄L = FL 0 .
D22
72
3.4. Formulation du problème
La relation entre cette hypothèse avec l’observabilité impulsionnelle est donnée par le lemme
suivant :
Démonstration :
La démonstration de ce
� lemme
� peut être obtenue de la manière suivante :
E ⊥
Tout d’abord, la matrice est de rang plein colonne, où E + est ’inverse généralisée de E
EE +
qui vérifie EE + E = E, donc
E A E⊥ 0 E A
rang
0 C = rang EE
+ 0 0 C
(3.8)
0 E 0 I 0 E
0 E⊥A
E EE + A
= rang (3.9)
0 C
0 E
0 E⊥A
� �
E EE + A I −E + A
= rang (3.10)
0 C
0 I
0 E
E
= rang E ⊥ A + rangE (3.11)
C
73
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
ε̇(t) = ζ̇ − T E ẋ
= N ζ(t)+Jy(t)+Hu(t)+T Df (t, FL x
�, u)−T Ax(t)−T Bu(t)−T Df (t, FL x, u)
= N (ζ(t) − T Ex(t)) + (N T E − T A + JC)x(t) + (H − T B)u(t)
+T D[f (t, FL x
�, u) − f (t, FL x, u)]
(3.13a)
soit
où ∆f = f (t, FL x
�(t), u) − f (t, FL x(t), u).
N T E − T A + JC = 0 (3.16a)
H = TB (3.16b)
� � TE
P Q F ⊥
E A = I (3.16c)
C
74
3.5. Procédure de synthèse d’observateur
T̃ = T + ΨE ⊥ (3.18)
donc
T = T̃ − ΨE ⊥ (3.19)
En remplaçant (3.19) dans l’équation (3.16a) nous obtenons
N (T̃ − ΨE ⊥ )E − (T̃ − ΨE ⊥ )A + JC = 0
ce qui donne
N T̃ E + ΨE ⊥ A + JC = T̃ A
Sous forme matricielle nous obtenons
� � T̃ E
� �
N Ψ J E ⊥ A = T̃ A (3.20)
C
Définition 3.5.1. On définit l’inverse généralisée d’une matrice M , toute matrice notée M + qui
vérifie
M M +M = M
Cette inverse généralisée n’est pas unique. Soit M + une solution de M XM = M, alors la solution
générale de l’équation M XM = M est donnée par
X = M + + (I − M + M )U + V (I − M M + )
où U et V sont des matrices arbitraires de dimension appropriée.
AX = B (3.22)
avec A ∈ IRm×n une matrice constante, B ∈ IRm vecteur constant de dimension m , X ∈ IRn le
vecteur à déterminer.
– L’équation (3.22) a une solution, si et seulement si tous les éléments de B sont des com-
binaisons linéaires de A
75
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
X = A+ B + (I − A+A)Z
X = BA+ + Y (I − AA+ )
où Y est une matrice arbitraire de dimension appropriée.
76
3.5. Procédure de synthèse d’observateur
†
� � E
T̃ K = R ⊥
E A (3.25)
C
† †
E � � E � �
I 0
T̃ = R ⊥
E A 0 et K = R
E ⊥ A
I
C C
Toujours, sous l’hypothèse 3.4.1, la solution générale de (3.20) est donnée par :
� � � �
N Ψ J = T̃ AΩ† − Z I − ΩΩ† (3.26)
T̃ E
où Ω = ⊥
E A et Z est une matrice arbitraire de dimension appropriée.
C
Toujours, sous l’hypothèse 3.4.1, (3.21) admet la solution suivante :
� �
P Q F = I n Ω† (3.27)
77
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
Nous obtenons
N = ΛN − Z∆N , Ψ = ΛΨ − Z∆Ψ
J = ΛJ − Z∆J , P = ΛP , Q = ΛQ , F = ΛF
ϕ1 = Λϕ1 − Z∆ϕ1 , ϕ2 = Λϕ2 , T D = ΛT D − Z∆T D
˙
Eξ(t) = Aξ(t) + B∆f (3.28)
avec � � � � � � � �
ε I 0 N 0 TD
ξ= ,E = ,A = , et B =
e 0 0 P −I −QE ⊥ D
Dans la suite de ce chapitre nous utiliserons le lemme suivant :
Lemme 3.5.2. Soit u et v deux vecteurs de dimension appropriée. Pour tout scalaire µ > 0
l’inégalité suivante est vérifiée :
1 T
uT v + v T u � µuT u + v v (3.29)
µ
Le lemme suivant donne les conditions suffisantes de stabilité de (3.28).
Lemme 3.5.3. Le système (3.28) est asymptotiquement stable s’il existe une matrice Y , et un
scalaire µ > 0 tels que
ET Y = Y T E � 0 (3.30)
et � �
AT Y + Y T A + µρ Y T B
<0 (3.31)
BT Y −µI
� �
0 0
où ρ = .
0 λ2 FLT FL
Démonstration :
Considérons la fonction de Lyapunov suivante :
avec ET Y = Y T E � 0
78
3.5. Procédure de synthèse d’observateur
1 T T T
∆f T BT Y ξ + ξ T Y T B∆f � ξ Y BB Y ξ + µ∆f T ∆f (3.32)
µ
∆f T ∆f � λ2 eT FLT FL e
et comme � �
e= 0 I ξ
nous obtenons � �
T T 0 0
∆f ∆f � ξ ξ
0 λ2 FLT FL
ce qui nous permet d’avoir
1 T T
V̇ (t) � ξ T (AT Y + Y T A + Y BB Y + µρ)ξ
µ
� �
0 0
avec ρ = .
0 λ2 FLT FL
Donc V̇ (t) < 0 si
1 T T
(AT Y + Y T A + Y BB Y + µρ) < 0
µ
et en appliquant le complément de Schur à cette inégalité nous obtenons
� �
AT Y + Y T A + µρ Y T B
<0
BT Y −µI
Ce qui complète la démonstration du théorème.
Remarque 3.5.1. Dans ce lemme, on peut voir que les conditions de stabilité (3.30) et (3.31)
sont des LMIs non-strictes, car elles contiennent des contraintes égalités, cela peut entraîner des
problèmes numériques lors de la résolution de ces équations. Par conséquent, des conditions sous
forme de LMIs strictes sont plus souhaitables du point de vue numérique.
79
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
Théorème 3.5.1. Le système (3.28 ) est asymptotiquement stable s’il existe une matrice définie
positive X1 et des matrices X2 , Q1 , et Q2 , et un scalaire µ positif tels que la LMI suivante :
N T X1 + X1T N + X2 P + P T X2T + P T Q1 + QT1 P −X2 − QT1 + P T Q2
∗ −Q2 − QT2 + µλ2 FL FL
∗ ∗
X1 T D − QT1 QE ⊥ D − X2 QE ⊥ D
−QT2 QE ⊥ D <0 (3.33)
−µI
est satisfaite.
Démonstration :
Soit Y = XE + E⊥T�Q̄, où E⊥T �est la matrice orthogonale de ET qui satisfait E⊥T ET = 0 et
X1 X2 � �
E⊥T E⊥ > 0. Soit X = et Q̄ = Q1 Q2 . Il est facile de vérifier que
X2T X3
ET Y = Y T E�0
En remplaçant les matrices E, A, B et D par leurs valeurs dans (3.34), nous obtenons la LMI
(3.33), ce qui prouve le lemme 3.5.1.
N T X1 + X1T N + X2 P + P T X2T + P T Q1 + QT1 P −X2 − QT1 + P T Q2 X1T T D
−X2T − Q1 + QT2 P −Q2 − QT2 + µλ21 FLT FL 0 <0
(T D)T X1 0 −µI
(3.35)
80
3.6. L’extension au filtrage H∞
� �
I PT 0
En pré-multipliant le membre gauche de (3.35) par et en le post-multipliant
0 0 I
I 0
par
P 0
nous obtenons
0 I
� �
N T X1 + X1T N + µλ1 FLT FL X1T T D
<0 (3.36)
(T D)T X1 −µI
Remarque 3.6.1. Il n’y’a aucune perte de généralité dans l’introduction de la même perturbation
w(t) dans la dynamique du système et dans sa sortie. En effet, si on prend deux vecteurs différents
pour les perturbations w1 (t) pour la dynamique, et w2 (t) pour la sortie, et des matrices de
dimension appropriée Dw1 et Dw2 respectivement, on peut toujours
� �se ramener à la représentation
� � � � w1 (t)
(3.3) en posant D1 = Dw1 0 , D2 = 0 Dw2 et w(t) = .
w2 (t)
81
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
ε̇(t) = ζ̇ − T E ẋ
= N ε + (N T E − T A + JC)x + (H − T B)u(t) + T D∆f + (JD2 − T D1 )w(t)
et on a aussi
� � TE
�(t) = P ε + P
x Q F ⊥ ⊥ ⊥
E A x − QE D∆f + (QE D1 + F D2 )w(t)
C
Si les contraintes (3.16), (3.16b) et (3.16c) sont vérifiées la dynamique de l’erreur ε(t) et
l’expression de e(t) deviennent :
avec
ϕ1 = JD2 − T D1
ϕ2 = QE ⊥ D1 + F D2
Toujours, de la même façon que dans les sections précédentes, on peut réécrire le système
(3.39)-(3.39) sous forme d’un système singulier non linéaire en présence de perturbation
˙
Eξ(t) = Aξ(t) + B∆f + Dw (3.40a)
avec
� � � � � � � � � �
ε I 0 N 0 TD ϕ1
ξ= ,E = ,A = ,B = et D = .
e 0 0 P −I −QE ⊥ D ϕ2
Théorème 3.6.1. Le système donné par (3.40) est asymptotiquement stable pour w (t) = 0 et
�e (t)�L2 < γ �w (t)�L2 pour w(t) �= 0 s’il existe une matrice définie positive X1 , des matrices
X2 , Q1 , Q2 et des scalaires µ, γ tels que la LMI suivante soit satisfaite
N T X1 + X1 N + X2 P + P T X2T + P T Q1 + QT1 P −X2 − QT1 + P T Q2
∗ −Q2 − QT2 + I + µλ2 FLT FL
∗ ∗
∗ ∗
82
3.6. L’extension au filtrage H∞
� � � �
X1 T D − QT1 QE ⊥ D X1T ϕ1 + X2T ϕ2
−X2 QE ⊥ D +QT1 ϕ2
−QT2 QE ⊥ D QT2 ϕ2 <0 (3.41)
−µI 0
∗ −γ 2 I
Démonstration :
Pour la même fonction de Lyapunov de la section précédente :
V (t) = ξ T ET Y ξ = ξ T Y T Eξ
avec ET Y = Y T E
nous obtenons sa dérivée V̇ (t) le long de la solution de (3.40)
1 T T T
V̇ (t) � ξ T (AT Y + Y T A)ξ + µλ2 ξ T ρξ + ξ Y BB Y ξ + wT DT Y ξ + ξ T Y T Dw (3.42)
µ
83
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
ce qui donne
�e (t)�22 < γ 2 �w (t)�22 .
Y = XE + E⊥T Q̄
� �
� � X1 X2
avec Q̄ = Q1 Q2 et X = donc la relation
X2T X3
ET Y = Y T E�0 (3.44)
Finalement, en remplaçant les matrices E, A, B et D par leurs valeurs respectives nous obte-
nons (3.41), ce qui démontre le théorème 3.6.1 .
Théorème 3.6.2. Sous l’hypothèse 3.4.1, il existe un observateur de la forme (3.12a-3.12b) tel
que l’erreur e (t) donnée par (3.39) est asymptotiquement stable pour w (t) = 0 et �e (t)�L2 <
γ �w (t)�L2 pour w (t) �= 0, s’il existe une matrice symétrique définie positive X1 et des matrices
X2 , Q1 , Q2 , ΩX1 et des scalaires µ et γ tels que la LMI suivante :
84
3.6. L’extension au filtrage H∞
(1, 1) (1, 2) (1, 3) (1, 4)
(2, 1) (2, 2) (2, 3) (2, 4)
<0 (3.46)
(1, 3)T (2, 3)T −µI 0
(1, 4)T (2, 4)T 0 −γ 2 I
Démonstration :
Soit ΩX1 = Z T X1 , en substituant N, P, Q, ϕ1 , et ϕ2 par leurs valeurs respectives dans (3.41)
nous obtenons la LMI (3.46).
85
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
� � R
0 1 0
Soit R = , qui vérifie la condition rang ⊥
E A = 3.
0 0 1
C
Pour γ = 9.762, et λ = 1, µ = 1.
2
−4.183 0.5
� �
−0.331 −0.11 3.919 −2.628
ΩX 1 = 102
−0.567 0.276 , X1 = −2.628 5.139
−0.045 0.627
� � −2.798 −11.094
1.536 −35.286 −5.232
X2 = , Q1 =
11.263 2.965
,
8.021 −4.039 −8.142
5.102 6.803
3.498 2.245 0.649
Q2 = 2.245 28.836 0.565
0.6498 0.565 2.113
� �
−1.387 −0.151 −0.209 0.051
Z = 102
−0.351 −0.151 −0.132 0.128
0 −0.352 0.235 0.764 0.235
x
�(t) = 1
0 ζ(t) − 0 u(t) + 0 y(t) − 0 sin(�
x2 (t))
0 0.705 0.529 −0.529 0.529
(3.47)
86
3.7. Extension aux systèmes à sorties non linéaires
perturbation
0.1
w1
0
−0.1
−0.2
w1
−0.3
−0.4
−0.5
0 5 10 15 20
Temps
Les figures
� (3.1),
� (3.2) représentent les deux composantes du vecteur de la perturbation
w1 (t)
w(t) = , les figures (3.3), (3.4) et (3.5) représentent les états x1 , x2 , x3 et leurs
w2 (t)
estimés x̂1 , x̂2 , et x̂3 respectivement. Les dernières figures (3.6), (3.7) et (3.8) représentent
les erreurs d’estimation e1 (t), e2 (t), e3 (t)
87
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
perturbation
w2
0.3
0.2
0.1
w2
−0.1
−0.2
0 5 10 15 20
Time
5
x1
4 xo1
3
1
x1 et xo1
−1
−2
−3
−4
−5
0 5 10 15 20
Temps
88
3.7. Extension aux systèmes à sorties non linéaires
2.5
x2
2 xo2
1.5
1
x2 et xo2
0.5
−0.5
−1
−1.5
−2
0 5 10 15 20
Temps
4
x3
3 xo3
1
x3 et xo3
−1
−2
−3
−4
0 5 10 15 20
Temps
89
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
2
e1
1.5
0.5
e1
−0.5
−1
−1.5
0 5 10 15 20
Temps
1
e2
0.5
e2
−0.5
0 5 10 15 20
Temps
90
3.7. Extension aux systèmes à sorties non linéaires
1
e3
0.8
0.6
0.4
0.2
e3
−0.2
−0.4
−0.6
−0.8
−1
0 5 10 15 20
Temps
˙
�(t) = N �(t) + T D∆f − J∆g + ϕ1 w(t) (3.50a)
e(t) = P �(t) − QE ⊥ D∆f − F ∆g + ϕ2 w(t) (3.50b)
où ∆f = f (t, FL x
�(t), u) − f (t, FL x(t), u) et ∆g = g(t, GL x�(t), u) − g(t, GL x(t), u).
� �
ε(t)
En utilisant le vecteur augmenté ξ(t) = , nous obtenons pour la variable ξ(t)
e(t)
le système singulier non linéaire de la forme (3.28) suivante :
˙
Eξ(t) = Aξ(t) + B∆F (3.51a)
91
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
avec
� � � � � � � � � �
I 0 N 0 TD −J ∆f ϕ1
E= ,A = ,B = , ∆F = , etD =
0 0 P −I −QE ⊥ D −F ∆g ϕ2
Le théorème suivant donne les condition d’existence de l’observateur sous forme d’in-
égalité matricielle linéaire (LM I).
Théorème 3.7.1. Sous l’hypothèse 3.4.1, il existe un observateur de la forme (3.49) tel
que l’erreur e (t) donnée par (3.50a)-(3.50b) est asymptotiquement stable pour w (t) = 0 et
�e (t)�L2 < γ �w (t)�L2 pour w (t) �= 0, s’il existe une matrice symétrique définie positive
X1 et des matrices X2 , Q1 , Q2 , ΩX1 et des scalaires µ et γ tels que la LMI suivante :
(1, 1) (1, 2) (1, 3) (1, 4) (1, 5)
(2, 1) (2, 2) −QT2 ΛQ E ⊥ D −QT2 ΛF QT2 Λϕ2
(1, 3)T (−QT2 ΛQ E ⊥ D)T −µI 0 0 <0 (3.52)
(1, 4)T T
(−Q2 ΛF ) T
0 −µI 0
(1, 5)T (QT2 Λϕ2 )T 0 0 −γ 2 I
Démonstration :
Les inégalités (3.43) et (3.44) donnent les conditions de stabilité pour le système (3.51).
En remplaçant les matrices E, A, B et D par leurs valeurs dans (3.43) et en appliquant le
changement de variable
Y = XE + E⊥T Q̄
92
3.7. Extension aux systèmes à sorties non linéaires
−6.532 −1.453
� �
−0.211 −1.806 0.230 −0.325
ΩX 1 = 103
0.349 −2.902 , X1 = −0.325 0.553
0.666 −0.192
93
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
� �
−0.000024 −0.000100
0.000015 −3.702
0.00057
X2 = 10 4
, Q1 = 10 −3.702232 −0.000004 ,
4
(3.54)
� � � � � �
0 −16.08 −9.723 −9.723
ζ̇(t) = ζ(t) + y(t) + u(t)
0.667 −10.656 −7.104 −6.437
� � � �
−9.723 −9.723
+ f (t, FL x
�, u) − g(t, GL x
�, u)
−6.437 −7.104
0 −0.353 0.235 0.765
�(t) =
x 1 0 ζ(t) − 0 u(t) + 0 y(t)
0 0.706 0.529 −0.529
0.235 0.765
− 0 f (t, FL x
�, u) − 0 g(t, GL x
�, u)
0.529 −0.529
Les résultats de simulation sont présentés dans les figures (3.9)-(3.16). Les figures (3.9)
et (3.10) présentent les perturbations w1 (t) et w2 (t). Les figures (3.11), (3.12) et (3.13)
présentent les états x1 (t), x2 (t), x3 (t) et leurs estimés x̂1 (t), x̂2 (t), x̂3 (t). Les figure (3.14),
(3.15) et (3.16) présentent les erreurs d’estimation. Ces résultats montrent l’efficacité de
la méthode proposée.
94
3.7. Extension aux systèmes à sorties non linéaires
perturbation
0.1
w1
0
−0.1
−0.2
w1
−0.3
−0.4
−0.5
0 5 10 15 20
Temps
perturbation
w2
0.3
0.2
0.1
w2
−0.1
−0.2
0 5 10 15 20
Time
95
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
5
x1
4 xo1
3
1
x1 et xo1
−1
−2
−3
−4
−5
0 5 10 15 20
Temps
2.5
x2
2 xo2
1.5
1
x2 et xo2
0.5
−0.5
−1
−1.5
−2
0 5 10 15 20
Temps
96
3.7. Extension aux systèmes à sorties non linéaires
4
x3
3 xo3
1
x3 et xo3
−1
−2
−3
−4
0 5 10 15 20
Temps
2
e1
1.5
0.5
e1
−0.5
−1
−1.5
0 5 10 15 20
Temps
97
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
1
e2
0.5
e2
−0.5
0 5 10 15 20
Temps
1
e3
0.8
0.6
0.4
0.2
e3
−0.2
−0.4
−0.6
−0.8
−1
0 5 10 15 20
Temps
98
3.8. Synthèse de filtre H∞ des systèmes à temps discret
avec l’état initial x(0) = x0 , x(t) ∈ IR n est le semi vecteur d’état, u(t) ∈ IR m est
la commande, w(t) ∈ IR nw est le vecteur de perturbation, et y(t) ∈ IR p est la sortie du
système. La matrice E ∈ IR n1 ×n , et pour n1 = n, E est singulière. Les matrices A ∈ IR n1 ×n ,
B ∈ IR n1 ×m , C ∈ IR p×n et D ∈ IR n1 ×nf , la non-linéarité, f (t, FL x, u) satisfait la propriété
de Lipschitz par rapport à x :
99
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
�e�l2
(b) Pour w(t) �= 0, on résout min supω∈l2 −{0} .
�ω�l2
Soit ε(t) = ζ(t) − T Ex(t) l’écart entre ζ(t) et T Ex(t), la dynamique de ε(t) est donnée
par :
avec ∆f = f (t, FL x
�(t), u) − f (t, FL x(t), u)
En substituant (3.56) dans (3.57b) nous obtenons :
� � TE
�(t) = P ε + P Q F
x ⊥ ⊥
D x + (QED D1 + F D2 )w
E A (3.59a)
C
Dans ce cas, sous les contraintes (3.16a), (3.16b) et (3.16c), l’erreur d’estimation de-
vient :
où ∆f = f (t, FL x
�(t), u) − f (t, FL x(t), u) et ϕ1 = JD2 − T D1 , ϕ2 = QED⊥ D1 + F D2
Lemme 3.8.1. Le système donné par (3.60) est asymptotiquement stable pour w (t) = 0
et �e (t)�L2 < γ �w (t)�L2 pour w(t) �= 0 s’il existe une matrice symétrique définie positive
X, des matrices G, T , N , P , ϕ1 et ϕ2 telles que la LMI suivante est vérifiée :
−X + P T ρP 0 P T ρϕ2 NTG
0 −I 0 (T D) T
G
<0 (3.61)
ϕT2 ρP 0 −γ 2 I + ϕT2 ρϕ2 ϕT1 G
GT N GT (T D) GT ϕ1 X − G − GT
avec ρ = I + λ2 FLT FL .
100
3.8. Synthèse de filtre H∞ des systèmes à temps discret
Démonstration :
Supposons que (3.61) soit satisfaite, donc en pré-multipliant à gauche par :
I 0 0 NT
0 I 0 (T D)T
0 0 I ϕT1
et en post-multipliant par :
I 0 0
0 I 0
0 0 I
N (T D) ϕ1
nous obtenons
−X + P T ρP + N T XN N T X(T D) P T ρϕ2 + N T Xϕ1
Σ̄ =
T
(T D) XN
T
−I + (T D) X(T D) N T Xϕ1 <0
ϕT2 ρP + ϕT1 XN ϕT1 X(T D) −γ 2 I + ϕT2 ρϕ2 + ϕT1 Xϕ1
(3.62)
Σ11 = N T XN − X + λ2 P T FLT FL P,
Σ22 = −I + (T D)T X(T D),
Σ33 = λ2 ϕT2 FLT FL ϕ2 + ϕT1 Xϕ1 ,
Σ31 = ϕT1 XN + λ2 ϕT2 FLT FL P
101
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
De même, soit
T T
P P 0 P ϕ2
T
δ̄ = η (t) 0 0 0 η(t)
T T 2
ϕ2 P 0 ϕ2 ϕ2 − γ I
Donc nous avons
δ + δ̄ = η T (t)Σ̄η(t)
Si (3.62) est satisfaite, nous obtenons
η T (t)Σ̄η(t) < 0
ce qui donne
∆V < −δ̄ ou ∆V < −(eT (t)e(t) − γ 2 wT w(t)),
ce qui implique
�
∞
�
∞
T
V (∞) − V (0) < − e (t)e(t) + γ 2 wT (t)w(t))
t=0 t=0
Sous la condition initial nulle, nous obtenons �e�l2 < γ�w�l2 , ce qui démontre le lemme.
Des résultats du lemme précédent, on peut donner le théorème suivant :
Théorème 3.8.1. Sous l’hypothèse 2.3.1, il existe un observateur de la forme tel que
l’erreur d’observation e (t) donnée par (3.60) est asymptotiquement stable pour w (t) = 0
et �e (t)�l2 < γ �w (t)�l2 pour w(t) �= 0 s’il existe une matrice symétrique définie positive
X et des matrices ΩY1 et Ȳ2 telles que la LMI suivante est satisfaite
T T
−X 0 0 (4, 1) (5, 1)
0 −I 0 (4, 2)
T
0
T T
0 0 −γ I2
(4, 3) (5, 3) < 0 (3.63)
(4, 1) (4, 2) (4, 3) X − G − G� 0
(5, 1) 0 (5, 3) 0 −ρ
avec
(4, 1) = G T Λ N − ΩY1 ∆ N ,
(4, 2) = G T Λ T D − ΩY 1 ∆ T D ,
(4, 3) = G T Λ ϕ1 − ΩY 1 ∆ ϕ1
(5, 1) = ρΛP − Ȳ2 ∆P ,
(5, 3) = ρΛϕ2 − Ȳ2 ∆ϕ2 ,
Y1 = GT −1 ΩY1 et Y2 = ρ−1 Ȳ2 .
102
3.9. Exemple numérique
Démonstration :
Du lemme 3.8.1 l’erreur e (t) donnée par (3.60) est asymptotiquement stable pour
w (t) = 0 et �e (t)�l2 < γ �w (t)�l2 s’il existe une matrice symétrique définie positive X,
des matrices G, T , N , P , ϕ1 et ϕ2 telles que la LMI (3.62) est satisfaite. En appliquant
le complément de Schur à (3.62) nous obtenons
−X 0 0 NTG PTρ
0 −I 0 (T D)T G 0
0 0 −γ 2 I ϕT1 G ϕT2 ρ <0 (3.64)
GT N GT (T D) GT ϕ −X 0
1
ρP 0 ρϕ2 0 −ρ
1 0 0 0.1 −1 0 1 0 −1 0
E = 0 1 0 , A = 0 0.1 0 , B = 0 1 , D1 = 0 1
,
0 0 0 0 1 0.1 0 0 0 0
0 0 � � � �
Fd =
1
, D =
1
, C = 0 0 1 , and D2 = 0 1 .
0 0
La non linéarité f (x, u, t) = 0.5 sin(x2 (t)). Ici, le problème est d’estimer simultanément
l’état x(t) et l’entrée inconnue d(t). Dans ce cas, nous obtenons le système augmenté de
la forme (3.55) avec :
� �
x(t) � � � �
X̄ (t) = , Ē = E −Fd , Ā = A 0 ,
d(t − 1)
� � � �
0 1 0 � �
C̄ = , D̄1 = D1 , D̄2 = , and F̄L = I 0 .
C 0 D2
� �
Pour ce système, la matrice Φ = 0 0 1
103
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
1 0 0 0
Maintenant, nous allons synthétiser un observateur d’ordre q = 3, soit R = 0 1 0 0 ,
0 0 0 1
� �
R
donc nous avons rang = 4.
C̄
Pour γ 2 = 2.235, nous obtenons les résultats suivantes
0 −0.030 0.030 −0.896 −0.756 −0.615
ΩY1 = 102 0 0.030 −0.030 1.717 1.505 1.210
0 −0.054 0.053 −1.748 −1.466 −1.196
1.109 0.030 −0.030 1.214 0.027 −0.027
X = 0.030 1.197 0.263 et G = 0.027 1.297 0.165
−0.030 0.263 1.202 −0.027 0.165 1.300
0.1 0.00027 −0.00027 0.00018 0.10001 1 0
ζ̇(t) =
0 0.00327 −0.00324
ζ(t) + 0.00217 −0.00313
y(t) + 0 0.33554 u(t)
0−0.00324 0.00321 −0.00215 0.00310 0 −0.33222
0
+ x2 (t))
0.3355 sin(�
−0.3322
1 0.02467
−0.02442 0 0 0.01639 0.00163
0 0.00123 −0.00122 0 0 0.00081 −0.09991
�(t) =
x ζ(t) − u(t) + y(t)
0 −0.01232 0.01220 0 0 −0.00819 0.99918
0 0 0 0 0 1 0
(3.65)
Les résultats de simulation sont présentés dans les figures (3.17)-(3.26). Les figures
(3.17) et (3.18) présentent les perturbations w1 (t) et w2 (t). Les figures (3.19), (3.20) et
(3.21) présentent les états x1 (t), x2 (t), x3 (t) et leurs estimés x̂1 (t), x̂2 (t), x̂3 (t). La figure
(3.22) présente l’entrée inconnue d(t) et son estimé d(t). ˆ Les figure (3.23), (3.24), (3.25)
et (3.26) présetent les erreurs d’estimation. On peut constater à partir de ces résultats la
bonne estimation des états et de l’entrée inconnue.
104
3.9. Exemple numérique
4
w1
3
0
w1
−1
−2
−3
−4
−5
−6
0 10 20 30 40 50
Temps
perturbation
6
w2
4
0
w2
−2
−4
−6
−8
0 10 20 30 40 50
Temps
105
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
15
x1
xo1
10
5
x1 et xo1
−5
−10
−15
0 10 20 30 40 50
Temps
10
x2
8 xo2
6
2
x2 et xo2
−2
−4
−6
−8
−10
0 10 20 30 40 50
Temps
106
3.9. Exemple numérique
100
x3
80 xo3
60
40
20
x3 et xo3
−20
−40
−60
−80
−100
0 10 20 30 40 50
Temps
6
d
do
4
2
d et do
−2
−4
−6
0 10 20 30 40 50
Temps
ˆ
Figure 3.22: L’entrée inconnue d(t) et son estimé d(t)
107
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
10
e1
8
4
e1
−2
−4
0 10 20 30 40 50
Temps
0.6
e2
0.4
0.2
0
e2
−0.2
−0.4
−0.6
−0.8
0 10 20 30 40 50
Temps
108
3.9. Exemple numérique
8
e3
6
2
e3
−2
−4
−6
0 10 20 30 40 50
Temps
1
ed
0.8
0.6
0.4
0.2
ed
−0.2
−0.4
−0.6
−0.8
−1
0 10 20 30 40 50
Temps
ˆ
Figure 3.26: L’erreur ed (t) = d(t) − d(t)
109
Chapitre 3. Observation des systèmes singuliers non linéaires
3.10 Conclusion
Dans ce chapitre, une nouvelle méthode de synthèse d’observateur H∞ pour des sys-
tèmes singuliers non linéaires Lipschitziens a été développée. Les résultats obtenus unifient
la synthèse d’observateur d’ordre plein, d’ordre réduit et d’ordre minimal. Les conditions
suffisantes d’existence de l’observateur sont données sous forme d’inégalités matricielles
linéaires LMIs.
Les cas des systèmes singuliers non linéaires continus et discrets ont été étudiés. Plu-
sieurs simulations ont été effectuées et montrent l’intérêt de notre approche qui unifie les
résultats existants pour les systèmes standards et les systèmes singuliers. Nos résultats
peuvent être utilisés dans le domaine du diagnostic à base de modèle fondé sur les obser-
vateurs à entrées inconnues.
110
Chapitre 4
4.1 Introduction
Dans ce chapitre nous présentons une méthode de synthèse de commande stabilisante
par retour d’état statique et une commande basée observateur pour une classe de systèmes
singuliers non linéaires. La non-linéarité considérée est supposée continue et différentiable,
cette non-linéarité est transformée par le lemme de Hadamard en une forme bien adaptée
à la synthèse d’une loi de commande par retour d’état statique et par l’utilisation de la
stabilité au sens de Lyapunov.
Ce chapitre est organisé de la façon suivante. Après avoir donné quelques rappels
concernant les problèmes de stabilisation des systèmes singuliers linéaires, nous allons
définir la classe de systèmes singuliers non linéaires considérée. Ensuite, la synthèse de la
commande H∞ par retour d’état statique sera étudiée. Ces résultats supposent que l’état
du système est entièrement accessible. Par la suite, cette hypothèse est levée et le cas où
l’état est inaccessible à la mesure est traité à l’aide d’une commande basée observateur.
Des exemples académiques sont donnés afin de valider les résultats de ce chapitre.
111
Chapitre 4. Stabilisation et commande basée observateur des systèmes singuliers non linéaires
Où x(t) ∈Rn est le semi vecteur d’état, w(t) ∈ Rnw est le vecteur de perturbations et
y(t) ∈ Rp est la sortie du système. La matrice E ∈ Rn×n est singulière. A ∈ Rn×n ,
D1 ∈ Rn×nw et C ∈ Rp×n .
Dans ce chapitre nous utilisons le critère de performance H∞ suivante :
�∞ � �
T 2
Jyw = y (t) y (t) − γ − wT (t)w(t) dt (4.2)
0
avec γ > 0.
Pour les systèmes singuliers, l’étude de l’admissibilité est plus judicieuse que l’étude
de stabilité. En effet, la notion de stabilité connue dans le cas des systèmes standards est
insuffisante. Par conséquent, il est nécessaire de rappeler les propriétés de régularité et
d’impulsion pour le système singulier autonome (4.1) dans le cas où w(t) = 0. Nous avons
les définitions suivantes :
Définition 4.2.1.
1. Le système (4.1) (ou la paire (E, A)) est régulier s’il existe un scalaire s ∈ C tel que,
det(sE − A) est différent de zéro.
2. Le système (4.1) (ou la paire (E, A)) est impulsionel s’il existe un scalaire s ∈ C tel que,
deg(det(sE − A)) = rankE.
3. Le système (4.1) (ou la paire (E, A)) est stable si toutes les valeurs propres de (E, A),
c-à-d les racines de det(sE − A) = 0 sont à partie réelle négative.
4. Le système (4.1) (ou la paire (E, A)) est admissible s’il est régulier, impulsionel et stable.
Lemme 4.2.1. Soient U et V deux vecteurs de dimensions appropriées, alors, pour tout
réel µ > 0 l’inégalité suivante est satisfaite :
1 T
U T V + V T U � µU T U + V V (4.3)
µ
Théorème 4.2.1. Le système (4.1) est admissible pour w (t) = 0 et satisfait le critère
H∞ (Jyw < γ) pour un γ > 0, pour w (t) �= 0 si et seulement s’il existe une matrice définie
positive X̄ et une matrice Q telles que la LMI suivante est satisfaite.
� �
T T⊥ T
Σ̄11 D1 E X̄ + D QE
1 C
D T 2
−γ I 0 < 0(4.4)
�
1
�T
C E X̄ + D1T QE T ⊥ 0 −I
avec
Σ̄11=E X̄AT + QE T ⊥ AT + AX̄E T + AE T ⊥T QT
112
4.2. Préliminaires et formulation du problème
Démonstration :
Appliquant le résultat de [Mas97] au système singulier (4.1), l’admissibilité et la per-
formance H∞ sont satisfaites si et seulement s’il existe une matrice Y telle que
ET Y = Y T E ≥ 0 (4.5)
et
AT Y + Y T A + C T C + γ 2 Y T D1 D1T Y < 0 (4.6)
En appliquant le complément de Schur à (4.6), nous obtenons la LMI suivante
� �
AT Y + Y T A + C T C Y T D1
<0 (4.7)
D1T Y −γ 2 I
Maintenant, nous montrerons que la matrice Y est non singulière. Pour cela, supposons
que la condition (4.7) est vérifiée et que la matrice Y est singulière. Et soit v un vecteur
non nul tel que Y v = 0. De (4.5) nous avons
AT Y + Y T A < 0. (4.8)
Ȳ E T = E Ȳ T ≥ 0 (4.9)
� � � �
Ȳ −1 0 Ȳ −T 0
et en pré-multipliant (4.7) par et en post-mutipliant par ,
0 I 0 I
nous obtenons � �
Ȳ AT + AȲ T + Ȳ C T C Ȳ T D1
<0
D1T Y −γ 2 I
113
Chapitre 4. Stabilisation et commande basée observateur des systèmes singuliers non linéaires
avec l’état initial x(0) = x0 , x(t) ∈ Rn est le semi vecteur d’état, u(t) ∈ Rm est la
commande, w(t) ∈ Rnw est le vecteur des perturbations, et y(t) ∈ Rp est la sortie. La
matrice E ∈Rn × n est singulière. Les matrices A ∈Rn×n , B ∈Rn×m , C ∈ Rp×n , D ∈Rn×nf ,
D1 ∈Rn×nw , D2 ∈Rp×nw et FL ∈Rnf ×n .
∂f (t, s, u)
� �≤K avec K ∈ IR + (4.12)
∂s
et f (t, 0, u) = 0
Remarque 4.2.1. D’après le lemme 2.2 [Kha], si f est de classe C 1 satisfaisant (4.12) alors
f (t, s, u) est localement Lipschitz.
Sous l’Hypothèse 4.2.1 il existe deux matrices Mf ∈ Rnf ×nF et Nf ∈ RmF ×nf telles que
∂f (t, s, u)
= Mf F (t, s, u)Nf , (4.13)
∂s
avec
F T (t, s, u)F (t, s, u) ≤ I (4.14)
D’après le lemme d’Hadamard [Nes02], si f (t, s, u) vérifie (4.12), nous obtenons :
�1 ∂f (t,s,u)
f (t, FL x, u) = 0 ∂s
| s=λFL x FL x (dλ)
(4.15)
�1
= 0
Mf F (s)Nf FL x (t) (dλ)
Dans ce qui suit, nous allons donner une méthode de synthèse d’une loi de commande
robuste par retour d’état statique pour le système (4.11).
114
4.3. Stabilisation des systèmes singuliers non linéaires par retour d’état statique
est admissible pour w (t) = 0 et satisfait la performance H∞ (Jyw < γ) pour un γ > 0,
pour w (t) �= 0.
En substituant la commande u(t) = −Lx(t) dans (4.11), nous obtenons
avec � 1
A (x) = (A − BL) + D Mf F (λFL x, t)Nf FL d(λ)
0
Théorème 4.3.1. Le système (4.17) est asymptotiquement stable pour w(t) = 0 s’il existe
une matrice définie positive X̄, des matrices X et Q et un scalaire positif µ tels que la
LMI suivante est satisfaite :
� � � �
Σ11 E X̄ + QE T ⊥ E X̄ + QE T ⊥ FLT NfT
∗ −I 0 <0 (4.18)
∗ 0 −µI
avec
Démonstration :
Considérons la fonction de Lyapunov suivante :
115
Chapitre 4. Stabilisation et commande basée observateur des systèmes singuliers non linéaires
Alors si
avec Ȳ = Y −T .
Dans ce cas, la condition
ET Y = Y T E � 0
est équivalente à
Ȳ E T = E Ȳ T � 0
En substituant A(x) dans (4.20) nous obtenons
Ȳ AT + AȲ T − Ȳ LT B T − BLȲ T +
�1
Ȳ F T
N T
F (λF x, t)M T
D T
(dλ) + <0 (4.21)
0
�1
L f L f
D 0 Mf F (λFL x, t)Nf FL d(λ)Ȳ T
�1
Posons U = MfT DT et V = 0 F (λx, t)Nf FL d(λ)Ȳ T , alors, en utilisant (4.3) et le fait
que
�F (λFL x, t)� ≤ I
nous avons � �1 �
T T T T
Ȳ 0 FL Nf F (λFL x, t)Mf D (dλ) +
�1
D 0 Mf F (λFL x, t)Nf FL d(λ)Ȳ T
(4.22)
<
µDMf MfT DT + µ−1 Ȳ FLT NfT Nf FL Ȳ T
de (4.21) et (4.22) nous obtenons
Ȳ AT + AȲ T − Ȳ LT B T − BLȲ T +
�1
Ȳ T T T T
0 FL Nf F (λFL x, t)Mf D (dλ) +
�1
D 0 Mf F (λFL x, t)Nf FL d(λ)Ȳ T
<
� �
Ȳ AT + AȲ T − Ȳ LT B T − BLȲ T +
µDMf MfT DT + µ−1 Ȳ FLT NfT Nf FL Ȳ T +
116
4.3. Stabilisation des systèmes singuliers non linéaires par retour d’état statique
Maintenant, si � �
Ȳ AT + AȲ T − Ȳ LT B T − BLȲ T +
<0 (4.23)
µDMf MfT DT + µ−1 Ȳ FLT NfT Nf FL Ȳ T
alors (4.21) est vérifiée.
Posons, X = Ȳ LT , et en appliquant le complément de Schur à (4.23), nous obtenons :
� �
Ȳ AT + AȲ T − XB T − BX T +
Ȳ
µDM M T D T + µ−1 Ȳ F T N T N F Ȳ T <0 (4.24)
f f L f f L
Ȳ T −I
Ȳ = E X̄ + QE T ⊥ (4.25)
4.3.2 Stabilisation H∞
Le théorème suivant donne les conditions suffisantes pour que le système (4.11) soit stable
pour w(t) = 0 et �x (t)�L2 < γ �w (t)�L2 , pour w(t) �= 0.
Théorème 4.3.2. Le système (4.17) est asymptotiquement stable pour w(t) = 0 et �x (t)�L2 <
γ �w (t)�L2 , pour w(t) �= 0 s’il existe une matrice définie positive X̄, des matrices X, Q et un
scalaire positif µ tels que la LMI suivante est satisfaite
� �
Σ11 D1 E X̄ + QE T ⊥ E X̄ + QE T ⊥ FLT NfT
∗ −γ 2 I 0 0
<0 (4.26)
∗ 0 −I 0
∗ 0 0 −µI
avec
117
Chapitre 4. Stabilisation et commande basée observateur des systèmes singuliers non linéaires
Démonstration :
Considérons la fonction de Lyapunov suivante :
ET Y = Y T E � 0
118
4.3. Stabilisation des systèmes singuliers non linéaires par retour d’état statique
� �
Y −T 0
En prée-multipliant le premier membre de (4.27) par et en le post-
0 I
� �
Y −1 0
mutipliant par nous obtenons
0 I
� �
Ȳ AT (x) + A (x) Ȳ T + Ȳ Ȳ T D1
<0 (4.28)
D1T −γ 2 I
avec Ȳ = Y −T .
Dans ce cas, la condition
ET Y = Y T E � 0
est devient
Ȳ E T = E Ȳ T � 0
Ȳ AT + AȲ T − Ȳ LT B T − BLȲ T +
�1
Ȳ 0 FLT NfT F (λFL x, t)MfT DT (dλ) +
�1 <0 (4.30)
D 0 Mf F (λFL x, t)Nf FL d(λ)Ȳ T
+Ȳ Ȳ T + γ 2 D1 D1T
�1
Posons U = MfT DT et V = 0
F (λx, t)Nf FL d(λ)Ȳ T , alors, en utilisant (4.3) et (4.14)
nous avons
� �1 �
Ȳ 0
FLT NfT F (λFL x, t)MfT DT (dλ) +
�1
D 0 Mf F (λFL x, t)Nf FL d(λ)Ȳ T
(4.31)
<
µDMf MfT DT + µ−1 Ȳ FLT NfT Nf FL Ȳ T
119
Chapitre 4. Stabilisation et commande basée observateur des systèmes singuliers non linéaires
Maintenant, si
Ȳ AT + AȲ T − Ȳ LT B T − BLȲ T +
µDMf MfT DT +
<0 (4.33)
µ−1 Ȳ FLT NfT Nf FL Ȳ T +
Ȳ Ȳ T + γ 2 D1 D1T
En posant
Ȳ = E X̄ + QE T ⊥ (4.35)
l’inégalité suivante
Ȳ E T = E Ȳ T ≥ 0
est toujours vérifiée, et en remplaçant (4.35) dans (4.34) nous obtenons
Σ11 + Σ̄ D1 E X̄ + QE T ⊥
D1T −γ 2 I 0 <0
� �T
E X̄ + QE T ⊥ 0 −I
avec
Σ̄ = µ−1 (E X̄ + QE T ⊥ )FLT NfT Nf FL (E X̄ + QE T ⊥ )T
En appliquant le complément de Schur à cette inégalité nous obtenons (4.26). Cela
complète la démonstration du théorème.
120
4.3. Stabilisation des systèmes singuliers non linéaires par retour d’état statique
et � �
ET ⊥ = 1 0 0
1 0 0 � �
Pour Nf = Mf =
0 1 0 , on a F = 0 0 cos x3
0 0 1
La résolution de la LMI (4.26), donne les résultats suivants :
0.036 0.389 0.348 0.036
γ 2 = 2.0607, Ȳ =
−0.039 0.348 0.462 , Q = −0.039 ,
0.004 0 0 0.0037
0.072 1.289 0 0
X = 0.768 etX̄ = 0 0.389 0.348 .
0.484 0 0.348 0.462
Le retour d’état statique stabilisant pour ce système est donné par :
� �
u (t) = −102 1.316 −0.722 0.674 x (t) .
La figure (4.1) représente la perturbation à énergie finie que nous avons appliquée,
les figures (4.2), (4.3) et (4.4) représentent les différents états du système, et la dernière
figure (4.5) représente l’entrée.
121
Chapitre 4. Stabilisation et commande basée observateur des systèmes singuliers non linéaires
0.1
−0.1
Noise w1
−0.2
−0.3
−0.4
−0.5
−0.6
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Time
0.1
x1
−0.1
State x1
−0.2
−0.3
−0.4
−0.5
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Time
122
4.3. Stabilisation des systèmes singuliers non linéaires par retour d’état statique
0.7
x2
0.6
0.5
0.4
State x2
0.3
0.2
0.1
−0.1
−0.2
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Time
1.2
x3
1
0.8
0.6
State x3
0.4
0.2
−0.2
0 5 10 15 20
Time
123
Chapitre 4. Stabilisation et commande basée observateur des systèmes singuliers non linéaires
0.2
u(t)
0
−0.2
−0.4
−0.6
u(t)
−0.8
−1
−1.2
−1.4
−1.6
0 5 10 15 20
Time
124
4.4. Stabilisation des systèmes singuliers non linéaires par commande basée observateur
et f (t, FL x
�, u) vérifie l’hypothèse (4.2.1), et en posant ε (t) = ζ(t) − T Ex (t) l’écart entre
ζ(t) et T Ex (t), nous obtenons la dynamique suivante
avec
∆f = f (t, FL x
�(t), u) − f (t, FL x(t), u)
Maintenant, si les conditions (3.16a), (3.16b) et (3.16c) du chapitre 3 sont vérifiées,
c-à-d ;
N T E − T A + JC = 0 (4.38a)
H = TB (4.38b)
� � T E
P Q F E ⊥
D A = In (4.38c)
C
l’erreur (4.37) est indépendante de u(t) et x(t), dans ce cas nous obtenons
Avec
ϕ1 = JD2 − T D1
ϕ2 = QED⊥ D1 + F D2
Considérons Mf ∈ IR nf ×nF et Nf ∈ IR mF ×nf deux matrices réelles telles que
∂f (t, s, u)
= Mf F (s)Nf
∂s
avec
F T (s)F (s) ≤ I (4.40)
En utilisant le théorème d’Hadamard nous obtenons
� 1 �
∂f (t, s, u)) ��
f (t, FL x, u) = � FL x (dλ)
0 ∂s s=λFL x
125
Chapitre 4. Stabilisation et commande basée observateur des systèmes singuliers non linéaires
� 1
= Mf F (s)Nf FL x (t) (dλ) (4.41a)
0
� 0 �
∂f (t, η, u)) ��
f (t, FL x̂, u) − f (t, FL x, u) = � FL (x̂ − x) (dλ)
1 ∂η η=FL x̂−λFL (x̂−x)
� 0
= Mf F (η)Nf FL e (t) (dλ) , (4.41b)
1
avec
s = λFL x et η = FL x̂ − λFL (x̂ − x)
En remplaçant dans (4.39) nous obtenons
� 0
ε̇(t) = N ε(t) + T D Mf F (η)Nf FL e (t) (dλ) + ϕ1 w(t) (4.42a)
1
e(t) = P ε(t) + ϕ2 w(t) (4.42b)
126
4.4. Stabilisation des systèmes singuliers non linéaires par commande basée observateur
� 1
f (t, FL x, u) = Mf F (s)Nf FL x (t) (dλ)
0
� 0
f (t, FL x̂, u) − f (t, FL x, u) = Mf F (η)Nf FL P ε (t) (dλ)
1
� 0
+ Mf F (η)Nf FL ϕ2 w(t) (t) (dλ)
1
E 0 0 ẋ(t) A11 (x) 0 −BL x(t)
0 I 0 ε̇(t) = 0 A(x)22 0 ε(t) (4.46)
0 0 0 ė(t) 0 P −I e(t)
D1
�0
+ ϕ1 + T D 1 Mf F (η)Nf FL ϕ2 (dλ)
w(t)
ϕ2
avec
� 1
A11 (x) = (A − BL) + D Mf F (s)Nf FL (dλ)
0
� 0
A22 (x) = N + T D Mf F (η)Nf FL P (dλ)
1
Le système (4.46) peut être réécrit sous la forme d’un système singulier :
127
Chapitre 4. Stabilisation et commande basée observateur des systèmes singuliers non linéaires
Théorème 4.4.1. Le système (4.48) est asymptotiquement stable pour w(t) = 0 s’il existe
des matrices définies positives X̄, X1 et Y2 , des matrices Q, Y3 et Q1 , et des scalaires
positifs µ, µ1 et µ2 tels que les deux LMIs suivantes soient satisfaites :
� � � �
Σ̄11 E X̄ + QE T ⊥ E X̄ + QE T ⊥ FLT NfT
∗ −I 0 <0 (4.49)
∗ 0 −µI
� �T � �T
Σ11 0 − X1 E + E ⊥T Q1 BL X1 E + E ⊥T Q1 DMf 0 0
� �
Y2T ΛT D Mf −
0 Σ22 ΛTP Y3 0 ΛTP FLT NfT
ΩY 2 ∆ T D Mf
∗ ∗ −Y3 − Y3T 0 0 0 <0
∗ ∗ 0 − µ11 I 0 0
0 ∗ ∗ 0 − µ12 I 0
0 ∗ 0 0 0 −µ2 I
(4.50)
avec
et ΩY2 = Y2T Z1
� �−T
La matrice de gain L est donnée par L = X T E X̄ + QE T ⊥ .
Démonstration :
Pour la synthèse de la commande basée observateur proposée, on doit déterminer le
gain de la commande L. Comme dans l’équation (4.45) la synthèse de l’observateur et celle
de la commande sont couplées. On propose de faire cette synthèse en 2 étapes, d’abord sup-
poser préalablement que (4.36) est un observateur asymptotique pour le système (4.11).
Cela implique que
128
4.4. Stabilisation des systèmes singuliers non linéaires par commande basée observateur
ce dernier est asymptotiquement stable si la LMI (4.49) est satisfaite (voir le théorème
4.3.1). La résolution de l’inégalité (4.49) nous donne le gain de la commande L.
La deuxième étape de la synthèse consiste à trouver les condition de stabilité du
système global (4.48).
Considérons la fonction de Lyapunov suivante :
Si
A(x)T Y + Y T A(x) < 0 (4.52)
Alors, V̇ (z) < 0,
Y1 0 0
En remplaçant Y =
0 Y2 0 dans (4.52) nous obtenons
0 0 Y3
A11 (x)T Y1 + Y1T A11 (x) 0 −Y1T BL
0 A22 (x)T Y2 + Y2T A22 (x) P T Y3 <0 (4.53)
T
− (BL) Y1 Y3T P −Y3 − Y3T
129
Chapitre 4. Stabilisation et commande basée observateur des systèmes singuliers non linéaires
T T
N Y2 + Y N + 2
�1
Ā22 (x) = 0 P FL Nf F T (η)MfT (T D)T (dλ) Y2 +
T L T
T
�1
Y2 T D 0 Mf F (η)Nf FL P (dλ)
Posons � 1
T T
U1 = M D Y1 , V1 =
f F (s)Nf FL (dλ)
0
et � 1
T T
U2 = M (T D) Y2 , V2 =
f F (η)Nf FL P (dλ)
0
T
Â11 (x) = AT Y1 + Y1T A − (BL) Y1 − Y1T BL
+µ1 Y1T DMf MfT DT Y1 + µ−1 T T
1 F L N f Nf F L
T
Â22 (x) = N T Y2 + Y2T N + µ2 Y2T (T D) Mf MfT (T D) Y2
T T T
+µ−12 P F L Nf Nf F L P
(2, 2) = N T Y2 + Y2T N
Soit Y3 une matrice carrée quelconque, Y2 une matrice définie positive et Y1 = X1 E +
E Q1 , alors l’inégalité suivante :
⊥T
ET Y1 = Y1T E � 0
est satisfaite, en substituant Y1 , N et P par leurs valeurs dans (4.54) nous obtenons la
LMI (4.50) avec ΩY2 = Y2T Z1 , ce qui complète la démonstration du théorème.
130
4.4. Stabilisation des systèmes singuliers non linéaires par commande basée observateur
Théorème 4.4.2. Le système (4.48)est asymptotiquement stable pour w(t) = 0 et �x (t)�L2 <
γ �w (t)�L2 , pour w(t) �= 0 s’ils existe des matrices définies positives X̄, X1 et Y2 , des
matrices X, Q, Y3 et Q1 et des scalaires positifs µ, µ1 , µ2 et µ3 tels que les LMIs suivantes
soient satisfaites :
� �
Σ̄11 D1 E X̄ + QE T ⊥ E X̄ + QE T ⊥ FLT NfT
∗ −γ 2 I 0 0
<0 (4.55)
∗ 0 −I 0
∗ 0 0 −µI
T T
Σ11 0 − (X1 E + E ⊥T Q1 ) BL (X1 E + E ⊥T Q1 ) 0
0 Σ22 T
Λ Y3 0 Y2T
P
∗ ∗ −Y3 − Y3T + I 0 0
∗ 0 0 −µ3 I 0
∗ ∗ 0 0 − µ11 I
0 ∗ ∗ 0 0
0 ∗ 0 0 0
∗ ∗ ∗ 0 0
0 0 0 0 0
T T
0 0 (X1 E + E ⊥T Q1 ) D1 (X1 E + E ⊥T Q1 ) DMf
0 Y2T ΛT D Mf ΛTP FLT NfT Y2T Λϕ1 − ΩY2 ∆ϕ1
Y3T 0 Y3T Λϕ2 0
0 0 0 0
0 0 0 0 <0
− I 1
0 0 0
µ2
0 −µ2 0 0
0 0 −γ 2 I Nf FL Λϕ2
0 0 ∗ −I
(4.56)
avec
131
Chapitre 4. Stabilisation et commande basée observateur des systèmes singuliers non linéaires
� �T T T
− X1 E + E ⊥T Q1 BL + µ−1 1 F L Nf Nf F L + I
et ΩY2 = Y2T Z1
� �−T
La matrice de gain L est donnée par L = X T E X̄ + QE T ⊥ .
Démonstration :
De la même façon, on suppose préalablement que (4.36) est un observateur asympto-
tique pour le système (4.11). Alors, e(t) tend vers 0 et le système (4.44a) devient :
ce dernier est asymptotiquement stable si la LMI (4.55) est satisfaite (voir le théorème
4.3.2). La résolution de l’inégalité (4.55) nous donne le gain de la commande L.
Pour trouver les condition de stabilité du système global (4.48), d’abord, posons
D(x) = D1 + D1 (x), alors le système (4.48) devient :
ET Y = Y T E � 0
T
V̇ (z) = (A(x)z (t) + D1 w (t)) Y z(t) + z T (t)Y T (A(x)z (t) + D1 w (t) + D2 (x)w (t))
� �
= z T (t) A(x)T Y + Y T A(x) z(t) + wT (t) DT1 Y z(t) + z T (t)Y T D(x)1 w (t)
+wT (t) D2 (x)T Y z(t) + z T (t)Y T D2 (x)w (t)
Posons U3 = D2 (x)w (t), V3 = Y z (t) , alors, en utilisant (4.3) et (4.40), nons aurons
1 T
wT (t) D2 (x)T Y z(t) + z T (t)Y T D2 w (t) ≤ µ3 wT (t) DT2 D2 (x)w (t) + z (t)Y T Y z (t)
µ3
132
4.4. Stabilisation des systèmes singuliers non linéaires par commande basée observateur
1 T
≤ µ3 wT (t) ϕT2 FLT NfT Nf FL ϕw (t) + z (t)Y T Y z (t)
µ3
alors
� �
1 T
T T T
V̇ (z) ≤ z (t) A(x) Y + Y A+ Y Y z(t) + wT (t) DT1 Y z(t) + z T (t)Y T D1 w (t)
µ3
T T T T
+µ3 w (t) ϕ2 FL Nf Nf FL ϕw (t)
est satisfaite, si
� �
A(x)T Y + Y T A(x) + I+ µ13 Y T Y Y T D1
<0 (4.59)
DT1 Y −γ 2 I+ϕT2 FLT NfT Nf FL ϕ
133
Chapitre 4. Stabilisation et commande basée observateur des systèmes singuliers non linéaires
(2, 2) = N T Y2 + Y2T N + I
Soit Y3 une matrice quelconque, Y2 une matrice définie positive et Y1 = X1 E + E ⊥T Q1 ,
alors l’inégalité suivante :
ET Y = Y T E ≥ 0
est satisfaite, ainsi en substituant N et P par leurs valeurs dans (4.61) nous obtenons la
LMI (4.56) avec ΩY2 = Y2T Z1 , ce qui complète la démonstration du théorème.
134
4.4. Stabilisation des systèmes singuliers non linéaires par commande basée observateur
En remplaçant L par sa valeur dans la LMI (4.56), la résolution de cette dernière nous a
permis de trouver l’observateur suivant :
� � � � � �
0 −6.861 −4.574 −4.574
ζ̇(t) = 104 ζ(t) + 104 y(t) + 104 u(t)
0 −0.704 −0.469 −0.469
� �
1
+ x2 (t))
sin(�
0.667
(4.62)
0 −0.353 0.235 0.765
�(t) =
x 1 0 ζ(t) − 0 u(t) + 0 y(t)
0 0.706 0.529 −0.529
La figure (4.6) représente la perturbation à énergie finie que nous avons appliquée,
les figures (4.7), (4.8) et (4.9) représentent les différents états du système, et la dernière
figure (4.10) représente l’entrée.
135
Chapitre 4. Stabilisation et commande basée observateur des systèmes singuliers non linéaires
0.1
−0.1
Noise w1
−0.2
−0.3
−0.4
−0.5
−0.6
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Time
1
x1
0.8 xo1
0.6
0.4
0.2
x1 et xo1
−0.2
−0.4
−0.6
−0.8
−1
0 5 10 15 20 25 30
Temps
136
4.4. Stabilisation des systèmes singuliers non linéaires par commande basée observateur
1
x2
0.8 xo2
0.6
0.4
0.2
x2 et xo2
−0.2
−0.4
−0.6
−0.8
−1
0 5 10 15 20 25 30
Temps
1
x3
0.8 xo3
0.6
0.4
0.2
x3 et xo3
−0.2
−0.4
−0.6
−0.8
−1
0 5 10 15 20 25 30
Temps
137
Chapitre 4. Stabilisation et commande basée observateur des systèmes singuliers non linéaires
2
u
1.5
1
La commade u
0.5
−0.5
−1
0 5 10 15 20 25 30
Temps
4.5 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons abordé le problème de la stabilisation d’une classe de
systèmes singuliers non linéaires. La stabilisation par retour d’état statique est étudiée
dans la première partie. Les conditions d’existence d’une commande stabilisante sont
données, l’état du système est supposé entièrement accessible. Cette contrainte est levée
dans la deuxième partie de ce chapitre où, nous avons proposé une commande basée
observateurs , les conditions d’existence de cette dommande sont données sous forme
d’inégalités matricielles linéaires strictes (LMIs). Des exemples numériques sont donnés
afin de valider les résultats théoriques.
138
Conclusion générale
Dans cette thèse, nous avons proposé plusieurs méthodes de synthèse d’observateurs
d’état qui permettent d’étendre les résultats existants dans la littérature sur l’observation
des systèmes standards au cas des systèmes singuliers bilinéaires et au cas des systèmes
singuliers non linéaires.
Dans la première partie de ce mémoire, nous avons proposé une méthode de synthèse d’ob-
servateur pour une classe de systèmes bilinéaires. Les systèmes considérés sont supposés
soumis à des entrées bornées, afin de diminuer le conservatisme. Nous avons considéré
ces entrées comme des incertitudes structurées. L’observateur proposé est un observateur
d’ordre réduit standard (non singulier). La dynamique de l’erreur d’estimation est indé-
pendante de l’état du système à observer. les conditions nécessaires et suffisantes pour
le non biais sont données sous forme d’équations de Sylvester. La paramétrisation des
solutions de ces dernières est donnée en détail. Les condition d’existence et de stabilité
sont données sous forme d’inégalité matricielle linéaire.
La deuxième partie de ce mémoire est dédiée à la synthèse d’observateur et au filtrage
H∞ pour une classe systèmes singuliers non linéaires Lipschitzien. La dynamique de l’er-
reur d’estimation est indépendante de la partie linéaire de l’état et de l’entrée du système
observé. Cette dynamique est réécrite sous forme d’un système singulier non linéaire pour
lequel nous avons étudié la stabilité. Les conditions d’existence et de stabilité sont don-
nées sous forme d’inégalité matricielle linéaire stricte. Cette approche est étendue par la
suite au cas des systèmes singuliers non linéaires présentant des perturbations inconnues
à énergie finie. Pour ces systèmes, nous avons proposé un filtre H∞ robuste. Une autre
extension est traitée, il s’agit des systèmes non linéaires singuliers à dynamique et à sor-
tie non linéaires. Un filtre H∞ robuste a été également proposé pour cette classe. Des
exemples numériques ont été donnés pour les différents filtre développés afin de montrer
l’efficacité de la méthode proposée.
La dernière partie de ce travail traite le problème de stabilisation et de stabilisation
robuste d’une classe de systèmes singuliers non linéaires. La non-linéarité est supposée
continue et différentiable. La méthode repose sur l’utilisation du théorème de Hadamard
pour transformer les fonctions non linéaires afin d’obtenir une forme adaptée à la synthèse
d’une commande par retour d’état statique ou d’une commande basée observateur. Dans
un premier temps nous avons supposé que l’état du système est accessible. Les conditions
d’existence et de stabilité sont données sous forme d’inégalité matricielle linéaire. Ensuite,
cette contrainte est levée, et nous avons construit une commande basée observateur. Les
résultat obtenus sont étendus aux cas des systèmes présentant des perturbations à énergie
finie.
139
Conclusion générale
Les travaux sur l’observation et la commande des systèmes singuliers non linéaires
sont récents. Les résultats obtenus dans cette thèse peuvent être étendus à des classes de
systèmes plus généraux, en particulier en utilisant des nouvelles formes normales d’obser-
vabilité, qui s’appliquent au cas non linéaires non Lipschitziens. Notre approche peut être
utilisée dans le domaine du diagnostic et de détection de défauts pour les systèmes non
linéaires standards à entrées inconnues. Nos résultats peuvent aussi s’étendre au cas des
systèmes non linéaires incertains.
140
Annexe A
Lemme de Hadamard
Lemme A.0.1. Soit f : Rn → R une fonction réelle lisse définie sur un ouvert U ∈ IRn
à valeur dans IRn dont le jacobien est inversible en un point a ∈ U . de plus la fonction
est C 1 -difféomorphisme d’un voisinage de a sur un voisinage de f (a). Donc f (x) peut être
exprimée pour tout x ∈ U sous forme
�
n
�
�
n
∂f
h (x) = (a + t (x − a)) (xi − ai )
i=1
∂xi
nous avons
� 1
�
h (1) − h (0) = f (x) − f (a) = h (t) dt
0
� 1� n
∂f
= (a + t (x − a)) (xi − ai ) dt
0 i=1 ∂xi
i=1
�
n � 1
∂f
= (xi − ai ) (a + t (x − a)) dt
i=1 0 ∂xi
�n
= (xi − ai ) gi (x) dt
i=1
�1
où gi (x) = ∂f
0 ∂xi
(a + t (x − a)) dt.
141
Annexe A. Lemme de Hadamard
142
Annexe B
Cette annexe regroupe des rappels sur quelques notions mathématiques utilisées dans
ce mémoire.
Une matrice symétrique S ∈ Rn×n est dite :
1. définie positive S>0 ssi xT Sx > 0 pour tout x ∈ Rn , x �= 0.
2. semi-définie positive S≥0 ssi xT Sx ≥ 0 pour tout x ∈ Rn , x �= 0.
3. définie négative S<0 ssi xT Sx < 0 pour tout x ∈ Rn , x �= 0.
4. semi-définie négative S≤0 ssi xT Sx ≤ 0 pour tout x ∈ Rn , x �= 0.
On peut aussi déduire que pour toute matrice A il existe deux matrices régulières Ū et V̄
telles que
� �
I q 0
A = Ū T V̄
0 0
143
Annexe B.
(1) � �
Q R
<0 (B.1)
RT S
(2)
S < 0 et Q − RS −1 RT < 0 (B.2)
◦
144
B.3. Lemme Borné Réel
145
Annexe B.
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Résumé
Les travaux présentés dans cette thèse ont été effectués au Centre de Recherche en Au-
tomatique de Nancy (CRAN). Ils portent sur l’observation et la commande des systèmes
singuliers non linéaires.
Dans un premier temps nous nous sommes intéressés à la synthèse d’observateur et
au filtrage H∞ des systèmes singuliers bilinéaires. Dans un deuxième temps, nous avons
étudié la synthèse d’observateur pour les systèmes singuliers non linéaires Lipschitziens.
La dernière partie de ce travail concerne la stabilisation et la commande basée observateurs
des systèmes singuliers non linéaires. L’objectif de ce travail a été de proposer des résultats
facilement implémentables et de couvrir une large classe de systèmes non linéaires. La
contribution principale de ce mémoire a été de proposer des observateurs H∞ pour les
systèmes singuliers non linéaires, en utilisant le non biais de l’erreur d’estimation. Les
paramètres de ces observateurs sont obtenus par la résolution des inégalités matricielles
linéaires (LMIs). Le deuxième apport concerne la synthèse de commande stabilisante
et l’utilisation d’un des observateurs proposés dans cette thèse pour la synthèse d’une
commande basée observateur pour les systèmes singuliers non linéaires. Cette dernière
est réalisée grâce à la réécriture des fonctions non linéaires sous des formes adéquates à
l’application de la commande des systèmes.
Mots-clés: Systèmes singuliers non linéaires, observateurs non linéaires, stabilité au sens
de Lyapunov, synthèse H∞ , inégalités matricielles linéaires (LMI), commande basée ob-
servateur
Abstract
This thesis work is realized in the Research Center in Automatic Control of Nancy
(CRAN). It concerns the observation and control of nonlinear singular systems.
Firstly, we were interested in the observer design and Hinfinity filtering for singular
bilinear systems. In a second step, we studied the observers design for Lipschitz nonlinear
singular systems. The last part of this work relates to the stabilization and observer
based controller for a classe of singular nonlinear systems. The objective is to develop a
simple and straightforward results which covers a large class of nonlinear systems. The
main contribution of this thesis is in the Hinfinity observers design for nonlinear singular
systems. It is based on the parametrization of the solution of the constrained generalized
Sylvester equation. The second contribution relates to the design of stabilizing control and
using the proposed observer to design an observer based controller for nonlinear singular
systems. Solutions of these problems are obtained by using Linear Matrix Inequalities
(LMI) Formulation.
Keywords: Singular systems, non linear observers, stability analysis, H∞ synthesis, Lin-
ear matrix inequalities, observer based control