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Agrodok 4

L'aviculture à petite échelle


dans les zones tropicales

N. van Eekeren
A. Maas
H.W. Saatkamp
M. Verschuur
© Fondation Agromisa, Wageningen, 2004.

Tous droits réservés. Aucune reproduction de cet ouvrage, même partielle, quelque soit le
procédé, impression, photocopie, microfilm ou autre, n'est autorisée sans la permission
écrite de l'éditeur.

Première édition en francais : 1990


Deuxième édition révisée : 1995
Troisième édition : 2002
Quatrième édition : 2004

Auteurs : N. van Eekeren, A. Maas, H.W. Saatkamp, M. Verschuur


Illustrator : Barbara Oranje
Conception : Janneke Reijnders
Traduction : Evelyne Codazzi
Imprimé par : Digigrafi, Wageningen, Pays-Bas

ISBN : 90-77073-75-2

NUGI : 835
Avant-propos
Notre série Agrodok n’aurait pas été complète sans un manuel
pratique sur l’aviculture sous les tropiques.

Nous remercions chaleureusement pour leur travail intensif et sérieux


les quatre étudiants de l’Université Agronomique de Wageningen qui
se sont proposés de rassembler les informations nécessaires et d’écrire
sur le sujet un livre clair à but pratique.

Nous tenons à remercier tout particulièrement le professeur Dr. E.H.


Ketelaars, ingénieur et spécialiste dans le domaine de l’aviculture sous
les tropiques, pour la gentillesse avec laquelle il nous a fait part de ses
commentaires et pour son travail de rédaction du manuscrit. Sa
précieuse collaboration a été indispensable pour mener à bien cet
ouvrage.

Nos remerciements vont également à Jeannette Kreuger pour ses


commentaires et son aide pour la finition de cet Agrodok.

Wageningen, mai 1990


L’éditeur

Nous tenons à remercier Joost Verwilghen et Karen Eilers qui ont


révisé le manuscrit. Le chapitre 4 a été entièrement revu. En outre, des
changements substantiels ont été apportés au chapitre 5 à la suite de
commentaires faits par la DIO, fondation pour la science vétérinaire
dans le cadre de l’aide au développement. Nous espérons que cet
Agrodok continuera à vous aider dans vos activités avicoles.

Wageningen, décembre 1995


L’éditeur

Avant-propos 3
Sommaire
1 Introduction 6

2 Les différentes races de poules 8


2.1 Les races locales 9
2.2 Choix de la race 9

3 Logement 11
3.1 Poules en liberté 11
3.2 Logement en poulailler 15
3.3 Logement et climat 15
3.4 Généralités sur la construction d’un poulailler 16
3.5 Diverses possibilités de logement 16

4 Amenagement du poulailler 21
4.1 Approvisionnement en nourriture 21
4.2 Approvisionnement en eau potable. 24
4.3 Perchoirs 25
4.4 Pondoirs 26
4.5 Caisses à claire-voie 29
4.6 Éclairage 30

5 Alimentation des volailles 31


5.1 Nutritifs essentiels 31
5.2 Méthodes d’alimentation 36
5.3 Composition de la nourriture 41

6 Soins de sánte 45
6.1 Mesures d’hygiène générale 45
6.2 Les maladies et leurs causes 46
6.3 Quelques problèmescourants et leurs causes possibles 50

7 Incubation et elevage 53
7.1 Incubation naturelle 53

4 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


7.2 Incubation artificielle 55
7.3 L’élevage des poussins 55

8 Amélioration des poules locales 58


8.1 Programmes d’échanges de coqs 58
8.2 Sélection 59

9 Produits directs et produits secondaires 60


9.1 Oeufs 60
9.2 Viande 60
9.3 Excréments 60
9.4 Abats 61

10 Administration 62
10.1 Pourcentage de ponte et durée de la période de ponte 62
10.2 Poids des oeufs 63
10.3 Consommation de nourriture 64
10.4 Pertes 64
10.5 Administration 64

Annexe 1 : Maladies infectueuses 66

Annexe 2 : Nutrition de volaille 68

Annexe 3 : Autres aliments 77

Bibliographie 80

Adresses utiles 81

Sommaire 5
1 Introduction
Cet ouvrage traite de l’aviculture à petite échelle sous les tropiques.
L’élevage de la volaille présente de nombreuses variantes dans les dif-
férentes parties du monde mais son objectif est partout le même, à sa-
voir une production maximale à des frais minimaux.

En général, on distingue deux formes d’aviculture à petite échelle:


? Le petit élevage de poules, destiné uniquement à la consommation
personnelle ou l’aviculture de subsistance’.
? L’élevage un peu plus grand, destiné à l’acquisition d’un revenu
d’appoint.

Les conditions essentielles pour la réussite de cette seconde form


d’aviculture sont:
? Des possibilités d’écoulement pour les oeufs et la viande.
? Des possibilités d’approvisionnement en nourriture bon marché.

Comme l’aviculture de subsistance a pour but de produire des oeufs et


de la viande bon marché, il est très important d’utiliser les ressources
et matériaux locaux.

Cet ouvrage s’adresse à ceux qui élèvent ou veulent élever de la vo-


laille. Nous cherchons à apporter des solutions aux problèmes qui
peuvent se poser à tout aviculteur. Nous nous limitons à l’élevage des
poules pondeuses car l’aviculture des poulets de chair pour la produc-
tion de viande est généralement une activité très spécialisée. Nous par-
lons tout de même ici de l’élevage des jeunes coqs.

Ce livre traite des points importants suivants:


? Le remplacement des poules se fait:
- par croisement interne (aviculture de subsistance);
- en rachetant régulièrement des poussins ou des poulets.
? Le logement des poules. Différentes méthodes seront exposées ici
rièvement, avec leurs avantages et leurs inconvénients.

6 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


? L’aviculture de subsistance n’offre pas toujours aux animaux une
alimentation optimale. Il existe toutefois des méthodes permettant
d’augmenter le rendement et de comprimer les frais de nourriture.
On peut acheter aussi des aliments complémentaires. De toutes fa-
çons, la composition de la nourriture doit être équilibrée.
? Comme il n’est pas toujours possible d’acheter des poussins, un
chapitre entier sera consacré à l’incubation naturelle et à l’élevage
des poussins.
? Il faut prendre grand soin de la santé des poules.
? Toute exploitation tant soit peu commerciale exige certains travaux
administratifs qui permettent de prendre les décisions adéquates et
de résoudre les problèmes de gestion.
? Une bonne gestion est un facteur essentiel pour l’obtention de bons
résultats, même dans les petites entreprises. Cet ouvrage accorde
une attention particulière à cet aspect de l’aviculture moderne.

Introduction 7
2 Les différentes races de poules
Certaines races de poules sont élevées pour leurs oeufs (poules pon-
deuses) et certaines autres pour leur viande (poulets de chair). Les
poules donnant de la bonne viande sont les grosses races à croissance
rapide et au bon développement musculaire.

Il existe différentes races de pondeuses: les races très petites (Leg-


horns Blanches) et les races plus grosses, convenant mieux à la pro-
duction de viande mais pondant tout-de-même une bonne quantité
d’oeufs. Comme les Leghorns Blanches sont de petites poules, elles
ont relativement moins besoin de nourriture. Elles donnent une très
bonne production d’oeufs blancs mais leur production de viande après
la pondaison est plus basse.

Les races plus grosses répondent au but double, à savoir une bonne
production d’oeufs et une bonne production de viande. Il s’agit géné-
ralement de poules brunes pondant des oeufs bruns, généralement un
peu plus robustes que les poules blanches. Elles conviennent très bien
à l’élevage à petite échelle sous les tropiques.

Il existe d’autres races de pondeuses, par exemple la Rhode Island


Red brune et la New Hampshire brune légèrement plus petite.

Actuellement sont utilisés dans le monde entier de nombreux produits


de croisement appelés ‘hybrides’. Dans les pays en voie de dévelop-
pement sont utilisés également des produits de croisement entre diffé-
rentes races, par exemple entre la Leghorn Blanche et la Rhode Island
Red. Les poules hybrides les plus productives sont issues de croise-
ments entre poules élevées spécialement à cet effet qui, souvent,
n’appartiennent plus à une race bien définie.

Les races grosses et moyennes sont élevées pour leur viande. Nourries
avec de la nourriture de bonne qualité en quantité suffisante, elles at-
teignent rapidement un bon poids pour la vente. L’aviculture pour la

8 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


viande est une activité très spécialisée qui exige un bon approvision-
nement en nourriture de qualité. Cependant les coqs issus des pondeu-
ses moyennes peuvent aussi être élevés pour leur viande.

2.1 Les races locales


Les poules hybrides ne peuvent servir à renouveler le nombre des vo-
latiles car elles perdraient à la longue leurs propriétés de haute produc-
tion. Pour que les poules hybrides soient bien productives, il faut ra-
cheter régulièrement des poussins. Si vous élevez vous-même vos
poussins, utilisez les poules de race locale. Elles sont généralement
moins chères, mieux adaptées aux circonstances locales et moins sen-
sibles aux maladies habituelles de la région. Par contre, leur produc-
tion est très basse.

Dans de nombreux pays en voie de développement la production des


poules de race locale tourne autour de 50 oeufs par an et celle des hy-
brides modernes peut atteindre 250 à 270 oeufs par an lorsque les cir-
constances sont bonnes. Les poules de race locale sont souvent plus
petites, leurs oeufs sont plus petits.

Comme elles se nourrissent facilement de détritus, les poules de race


locale conviennent bien à l’élevage en liberté. Il existe plusieurs fa-
çons de stimuler la production des poules de race locale, ce sur quoi
nous reviendrons plus tard.

2.2 Choix de la race


Les facteurs déterminants pour le choix d’une race de poules sont les
suivants:

Prix:
Les hybrides modernes sont très coûteux. Une très bonne production
nécessite des soins intensifs et une nourriture composée de bonne qua-
lité. Les hybrides sont beaucoup plus rentables dans la transformation
de la nourriture. Les sortes locales sont moins chères, beaucoup mieux

Les différentes races de poules 9


adaptées aux circonstances locales et, à condition d’être bien soignées,
relativement bien productives. L’aviculture à plus grande échelle est
coûteuse car elle nécessite l’achat de poules hybrides et de nourriture
composée.

Situacion commerciale:
Quand les circonstances sont très favorables, c’est-à-dire lorsqu’il est
possible d’acheter de la nourriture bien composée et d’écouler facile-
ment les oeufs et la viande, choisissez des poules hybrides de taille
moyenne. Si vous désirez surtout vendre les oeufs, achetez des poules
pondeuses (blanches) plus petites. Dans tous les autres cas, préférez
les grosses races généralement brunes. Si la production doit servir
uniquement à votre consommation familiale et à la vente éventuelle
sur le marché hebdomadaire de quelques oeufs et parfois de viande,
choisissez une race locale.

Experiénce:
L’apprenti aviculteur doit commencer par élever des poules de race
locale, peu coûteuses.

Gestion de l'enterprice:
Une bonne gestion permet d’acheter des poules hybrides plus chères.

Préferénce:
Dans de nombreux pays, on préfère les oeufs bruns.

Races disponibles:
Comme les poules hybrides ne sont pas toujours disponibles, le choix
se limite souvent aux poules de race locale.

10 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


3 Logement
L’élevage des poules peut se faire de manières très différentes mais on
distingue toutefois 2 grands courants: l’aviculture extensive et
l’aviculture intensive.

L’aviculture extensive nécessite peu d’investissement financier et peu


de travail. Le meilleur exemple est celui des poules vivant en liberté
dans la cour de la ferme. L’aviculture intensive nécessite plus de capi-
taux pour la construction et l’aménagement des poulaillers et souvent
plus de travail. Elle comprend toutes les entreprises utilisant des pou-
laillers spéciaux, ouverts ou fermés.

3.1 Poules en liberté


Traditionnellement les poules vivent en liberté autour de la maison et
vont elles-mêmes à la recherche de leur nourriture. Les oeufs, pondus
dehors ou dans des nids simples, servent surtout à renouveler le nom-
bre des volatiles. Comme les pertes sont toujours très élevées, particu-
lièrement chez les poussins, près de 3/4 des oeufs doivent parfois ser-
vir à l’incubation. La production d’oeufs et de viande pour la con-
sommation est donc très réduite.

Ce type d’aviculture exige peu de travail et permet le recyclage des


résidus de cuisine. Les frais très bas compensent la production basse.
Quelques améliorations suffisent pour rendre rentable ce type
d’élevage.

L’aviculture extensive exige que l’on dispose d’un grand parc couvert
de verdure. Les abris de nuit sont de forme très variable mais doivent
être spacieux et aérés. Ils doivent pouvoir être nettoyés facilement.
Ces abris offrent une bonne protection contre les maladies et les
prédateurs. Si le parc est assez grand, installez-y un poulailler mobile
(figure 1).

Logement 11
Le sol du poulailler de nuit doit être surélevé avec du grillage, des lat-
tes de bois ou des tiges de bambou espacées de 5 cm pouvant laisser
passer les excréments. Cela évite la réinfection par les parasites se
trouvant dans les excréments. Un tel poulailler offre de plus une bonne
protection contre les préda-
teurs.

Laissez vos pondeuses adul-


tes s’habituer aux pondoirs
depuis le début de la ponte.
Placez les pondoirs dans les
poulaillers avant le début de
la ponte et le matin retenez
les poules un peu plus long-
temps dans le poulailler. Figure 1 : Poulailler mobile en bois et
Donnez-leur un supplément en grillage.
d’eau fraîche.

Mesures à prendre pour limiter les pertes parmi les poussins et les
poulets:
? Construisez un pou-
lailler simple, ouvert
et aéré pour protéger
la poule et ses pous-
sins contre les préda-
teurs, les voleurs et
le mauvais temps. Le
poulailler doit pou-
voir se fermer car les Figure 2 : Poulailler ouvert. 1. partie fai-
courants d’air froids teen planches, 2. Chasis en bois, 3. gril-
sont néfastes aux lage, 4. sol grillage.
jeunes animaux, sur-
tout les premiers jours. Placez le poulailler dans un parc couvert de
verdure. Changez régulièrement le poulailler de place pour éviter
les infections parasitaires (vers), sur tout par temps humide. Le pou-
lailler mobile est une excellente façon de loger les poules en pleine

12 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


croissance. Le poulailler de la figure 2 et figure 3 permet abriter
20 jeunes poules.
Ce type de poulailler est pourvu de mangeoires, d’abreuvoirs et de
perchoirs. Le parc doit être assez grand pour qu’on puisse déplacer
régulièrement le poulailler.
? Surélevez le poulailler - de 1,20 m environ - dans les régions fré-
quentées par les chiens et les animaux prédateurs.
? Placez des colliers en métal autour des poteaux pour chasser les rats
et autres rongeurs (figure 4).
? Donnez assez d’eau propre et fraîche.
? Donnez plus de nourriture aux poules en pleine croissance, surtout
de la verdure pour les vitamines.
? Vaccinez les poules contre les maladies virales contagieuses les plus
courantes comme la maladie de New Castle (NCD). Renseignez-
vous auprès de votre service vétérinaire.

Figure 3 : Mouvement systématique des poulaillers.

Advantages et incovénients de l'élevage libre:


Advantages:
? Le mouvement et le plein air gardent les poules en bonne santé.
? Bien quíncomplète, la nourriture pose moins de problèmes.
? Si le parc est assez grand, la réinfection parasitaire est minime.
? Exige peu de travail.
? Les poules participent efficacement au recyclage des d'tritus.
? Les frais directs sont peu élevés.

Logement 13
Inconvénients:
? Le controle des poules est difficile.
? Les poules en liberté, surtout les jeunes, forment une proie facile
pour les prédateurs.
? En quête de nourriture, les poules mangent aussi des graines de se-
mence.
? Si les poules ne sont pas habituées aux pondoirs, beaucoup d’oeufs
risquent d’être perdus.
? Les pertes sont souvent nombreuses.

Figure 4 : Exemples de chasse-rats. Le chasse-rat doit être bien


serré du poteau de facon à empêcher même le plus petit rongeur
de grimper entre lui et le poteau. A. Collier de métal, B. Boîte mé-
tallique retournée, C. Bande métallique autour du poteau.

14 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


3.2 Logement en poulailler
Aspects à prendre en considération avant de loger ses poules en pou-
lailler:
? Les frais vont inévitablement augmenter.
? Quels sont les matériaux locaux disponibles pour la construction?
? Le poulailler sera-t-il ouvert ou fermé? Un poulailler ouvert exige
un parc assez grand pour pouvoir être déplacé régulièrement.
? Achèterez-vous à chaque fois des nouvelles poules ou renouvelle-
rez-vous vous-même le nombre de vos volatiles? De ce dernier cas,
construisez plusieurs poulaillers car les poulets de différents âges
doivent être élevés séparément. Nous reviendrons plus loin sur ces
questions.

Pour construire un bon poulailler, il faut toujours tenir compte des cir-
constances climatiques locales.

3.3 Logement et climat


Même si les poules supportent généralement bien les températures
élevées, il leur arrive parfois de souffrir de chaleurs trop excessives.

Mesures à prendre:
? Construisez le poulailler dans la direction est-ouest pour que vos
poules souffrent moins des rayons directs du soleil.
? Choisissez un parc couvert de verdure.
? Plantez quelques arbres autour du poulailler pour faire de l’ombre
sur le toit.
? Faites un toit avec un rebords (au moins 90 cm) pour éviter
l’infiltration de la pluie et des rayons du soleil.
? Construisez des parois latérales de 50 cm de hauteur.
? Fermez le reste avec du grillage ou autre matériel pour permettre un
renouvellement constant de l’air du poulailler.
? Construisez le toit aussi haut que possible pour que la chaleur exté-
rieure passe moins par le toit et pour que l’air se renouvelle mieux.

Logement 15
? Isolez le toit de la chaleur externe en le couvrant de feuilles ou autre
matériel. L’inconvénient est que cela peut facilement devenir une
cachette pour rats et souris.
? Maintenez la densité de population d’un poulailler aussi basse que
possible. Une densité trop élevée cause des problèmes de chaleur et
augmente le risque d’infections parasitaires. Dans les poulaillers où
les poules marchent à même le sol, la densité ne doit pas dépasser 3
poules au m2. Par contre l’utilisation de grillage permet une densité
de population plus élevée.
? Stimulez s’il le faut l’absorption de nourriture en éclairant le pou-
lailler avant et après le coucher du soleil (lorsqu’il fait plus frais): le
niveau de production (le nombre d’oeufs pondus) se maintiendra
plus longtemps.

3.4 Généralités sur la construction d’un


poulailler
Pour construire un bon poulailler, il faut tenir compte de plusieurs fac-
teurs et non seulement du climat. Il faut que le poulailler soit facile à
nettoyer et à désinfecter: il doit avoir un sol dur.

Une condition importante pour le logement permanent dans un pou-


lailler fermé est la possibilité pour les poules de disposer en perma-
nence de nourriture et d’eau fraîche.

Si le poulailler abrite beaucoup de poules, installez sur le devant un


magasin où conserver les éventuelles réserves de nourriture et tempo-
rairement les oeufs. Pour conserver les denrées au frais (environ
20°C), le magasin aura le moins possible de fenêtres et pourra être
aéré pendant la nuit.

3.5 Diverses possibilités de logement


Il existe de très nombreuses sortes de poulaillers. On peut les classer
selon leur type:

16 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


? Poulailler ouvert
? Poulailler fermé, à litière
? Poulailler au sol entièrement ou en partie recouvert de grilles

Comme nous le verrons, chaque type a ses avantages et ses inconvé-


nients.

Poulailler ouvert
Les poules logées dans un poulailler ouvert peuvent sortir dans un ou
plusieurs parcs clôturés. Le parc est relié au poulailler dans lequel les
poules peuvent séjourner le jour comme la nuit. Il est bon de disposer
de plusieurs parcs pour pouvoir déplacer le poulailler tous les quinze
jours et laisser repousser la verdure, ce qui diminue les risques
d’infections parasitaires.

Une autre condition importante est que la terre du parc ne doit pas re-
tenir l’eau. N’oubliez pas les conditions générales vues plus haut et les
conditions liées au climat (figure 5).

Avantages et inconvénients du parc:


Avantages:
? Les poules peuvent se déplacer en plein air.
? Meilleur contrôle des poules que par totale liberté.
? Meilleure protection contre les prédateurs que par totale liberté.
? Moins de risques d’infection que dans un poulailler fermé.
? La densité de population peut être un peu plus élevée que dans un
poulailler fermé.
Inconvénients:
? Le parc peut devenir trop humide: le risque d’infections parasitaires
augmente.
? Protection médiocre contre les prédateurs.

Poulailler fermé, à litière


Les poules restent jour et nuit dans le poulailler. Le sol est couvert
d’une litière qui absorbe l’humidité des excréments.

Logement 17
La condition essentielle de la réussite de cette méthode est que la li-
tière doit rester bien sèche. Une litière humide développe trop
d’ammoniac, ce qui favorise le développement de toutes sortes de pa-
rasites.
Mesures à prendre pour maintenir la litière bien sèche:
? La litière doit être très absorbante. Le mieux est d’utiliser des co-
peaux de bois. La paille hachée convient aussi.
? Veillez à une bonne aération du poulailler.
? Evitez de mouiller la litière en renversant de l’eau. Surélevez les
abreuvoirs et recouvrez-les de grillage.
? Retournez et renouvelez la litière une fois par semaine.

Figure 5 : Poulailler à litière. Tôle ondulée, bois de sciage grillage


soudé.

Avantages et inconvénients du poulailler à litière:


Avantages:
? Contrôle total sur les poules: sur la nourriture, le ramassage des
oeufs, etc.
? Bonne protection contre les prédateurs.
Inconvénients:
? Plus coûteux que l’élevage en liberté ou que le poulailler ouvert.
? Augmente les risques d’infection.
? Problèmes sur la quantité disponible de litière.
? Problèmes éthiques quant aux conditions de vie imposées aux ani-
maux.

18 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


Poulailler à grilles
Dans de nombreux pays au climat tempéré et légèrement humide, on
recouvre de grilles la majeure partie du sol des poulaillers pour réduire
les risques de litière humide et par conséquent d’infections parasitai-
res. La densité de population peut alors passer de 3 à 5 et même à 7
poules au m2. Les grilles sont faites en bois ou en bambou. L’espace
entre les lattes doit être assez large pour laisser passer les excréments,
mais assez étroit pour permettre aux poules de ne pas se blesser les
pattes. Les lattes minces se salissent moins que les lattes larges. Utili-
sez de préférence des lattes de 1,5 cm d’épaisseur et de 4 cm de lar-
geur espacées de 2,5 cm. Souvent ces lattes sont posées par éléments
de 1,20 m sur 1,20 m. On peut aussi utiliser des grilles en fer. Les fils
sont généralement posés par éléments de 2,50 m sur 2 m. La grosseur
des mailles est généralement de 2,5 cm sur 7,5 cm. L’épaisseur du fil
doit être environ de 3 mm. Les perchoirs fixés sur les grilles ne doi-
vent pas gêner la circulation des poules.

Posez mangeoires et abreuvoirs sur les grilles pour que les excréments
puissent tomber par terre.

Ne placez les grilles que sur une partie du sol (la moitié ou le tiers), de
chaque côté ou au milieu. Un sol complètement recouvert de grilles
provoque de grosses pertes d’oeufs et des blessures sur le dessous des
pattes des poules.

Des grilles placées uniquement sur les côtés permettent de ramasser


plus facilement les excréments tombés à terre.

Avantages et inconvénients des poulaillers à grilles:


Avantages:
? Les poules entrent moins en contact avec leurs excréments, ce qui
diminue les risques d’infection parasitaire.
? La densité de population au m2 peut être augmentée.
? Les frais de litière sont bas
Inconvénients:

Logement 19
? L’investissement financier est plus important que pour le poulailler
à litière.
? Le nettoyage demande plus de travail.
? Les risques de blessures des pattes augmente.
? Des problèmes éthiques se posent quant au mode de vie imposé aux
animaux.

20 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


4 Amenagement du poulailler
Dans tous les poulaillers pour pondeuses il faut placer des mangeoires
et des abreuvoirs, des perchoirs et des pondoirs. Installez éventuelle-
ment aussi un système d’écoulement des excréments et un éclairage.

4.1 Approvisionnement en nourriture


Généralement les poules en liberté recherchent elles-mêmes leur nour-
riture. Pour améliorer la production, il est bon de placer des mangeoi-
res avec un supplément de nourriture, surtout pendant les saisons où la
nourriture est rare. Dans tous les autres systèmes, les mangeoires sont
indispensables pour éviter le gaspillage de nourriture.

Les mangeoires qu’on remplit à la main conviennent très bien aux pe-
tites bandes de pondeuses. Les figure 6 et figure 8 donnent quelques
exemples de mangeoires en bois rectangulaires.

Figure 6 : Mangeoire sur plate-form. 1. tourniquet, 2. rebord, 3.


mangeoire.

Mesures à prendre:
? Veillez à ce qu’il y ait suffisamment de mangeoires. Dans une man-
geoire rectangulaire chaque poule doit disposer d’un espace pour
manger (au moins 5 cm d’un seul côté) pour pouvoir absorber assez
de nourriture au cours de la journée. Si toutes les poules mangeaient
en même temps, il faudrait évidemment plus de place: 15 cm par
animal. Pour les mangeoires rondes l’espace pour manger peut être
plus petit (tableau 1).

Amenagement du poulailler 21
Tableau 1 : Normes générales à suivre.

Age (en semaines) Espace pour manger (en cm)


Mangeoire rectangulaire Mangeoire ronde
0-6 4 1.5
6-18 8 3
> 18 10 4

? Placez un tourniquet au-dessus des mangeoires pour empêcher les


animaux de s’asseoir dessus et de salir la nourriture.
? Ne remplissez pas les mangeoires jusqu’au bord mais donnez la
nourriture deux fois par jour pour éviter les risques de gaspillage et
stimuler l’absorption de nourriture qui baisse parfois par hautes
températures. C’est aussi pour cela qu’on évite de donner de la
nourriture pendant la période la
plus chaude de la journée.
? Dotez les mangeoires d’un re-
bord (figure 6).
? Placez les mangeoires dans
plusieurs endroits du poulailler
de façon à ce que toutes les
poules puissent les trouver sans
peine. Ne les espacez pas de
plus de 5 m.
? Dans les poulaillers à grilles,
toutes les mangeoires (du Figure 7 : Mangeoires en bam-
moins la plupart) doivent être bou. 1. suspension en fil de fer,
placées sur les grilles. 2. fil de fer, 3. planche pour évi-
? Bien que la nourriture humide ter le renversement.
soit très prisée par les poules, il
n’est pas certain qu’elle convienne bien sous les tropiques (risques
de pourrissement).

Pour les bandes un peu plus grandes, installez des mangeoires à réser-
voir pour ne pas avoir à donner de la nourriture chaque jour. La figure
8 donne une exemple d’une mangeoire rectangulaire en bois. On peut
aussi utiliser des mangeoires suspendues (figure 7 et figure 9 ).

22 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


Figure 8 : Mangeoire rectangulaire en bois.

Figure 9 : Mangeoire suspendue en métal. Une telle mangeoire


avec rigole de 40 cm de diamètre suffit pour 10 couveuses. 1.
suspension en fil de fer, 2. couvercle: feuille métallique, 3. rigole:
feuille métallique.

Amenagement du poulailler 23
4.2 Approvisionnement en eau potable.
Dans les régions tropicales, il est très important de donner aux poules
de l’eau en quantité suffisante. L’eau doit être propre et fraîche. Pour
les bandes très petites, on peut utiliser une méthode simple et bon
marché: il suffit de mettre dans l’abreuvoir une bouteille retournée
(Fig. 4.5). On peut également acheter de simples abreuvoirs ronds, en
métal ou en plastique. L’avantage d’un abreuvoir à réservoir est que
l’eau se salit moins vite.

Mesures à prendre pour l’approvisionnement en eau:


? Il doit toujours avoir de l’eau dans les abreuvoirs.
? L’eau doit être propre et fraîche.
? Lavez les abreuvoirs chaque jour.
? Dans les poulaillers à litière, placez les abreuvoirs sur les grilles
pour éviter de mouiller la litière. Autrement il faut chaque jour
changer les abreuvoirs de place. Dans tous les poulaillers d’ailleurs,
la meilleure place pour les abreuvoirs est sur les grilles.
? Dispersez les abreuvoirs sans les espacer de plus de 3-5 m.
? Laissez assez d’espace libre autour des abreuvoirs (tableau 2).

Figure 10 : Bouteille remplie d’ eau et retournée dans un récipient


ouvert. 1. lanières de cuir ou de fer-blanc pour fixation au mur.

24 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


Tableau 2 : Normes à suivre.

Âge (en semaine) Espace pour boire (en cm)


0-6 1
6-16 2
> 16 4

4.3 Perchoirs
Les poules aiment passer la nuit sur des perchoirs, à des endroits un
peu surélevés. Les plus craintives peuvent s’y réfugier aussi pendant la
journée. Laissez assez d’espace sous les perchoirs pour les excré-
ments. La litière en sera moins humide et les excréments plus faciles à
ramasser.

Les perchoirs sont faits de lattes de bois de 5 cm x 5-7 cm, espacées


d’environ 35 cm. Chaque poule a besoin d’un espace de 15 à 20 cm
selon sa grosseur. Bien que les perchoirs soient indispensables dans
chaque poulailler, leur installation diffère selon le type de poulailler.

Figure 11 : Perchoir et planche à excréments. 1. perchoir, 2. plan-


cher à excréments nettoyée quotidiennement.

Amenagement du poulailler 25
Installez un plancher sous les perchoirs des poulaillers à litière pour
recevoir les excréments (figure 11) et permettre de les enlever facile-
ment (une fois par semaine). Placez-la à 75-80 cm de hauteur et les
perchoirs à 1 m. Fermez l’espace sous les perchoirs sur le devant du
poulailler pour empêcher les poules d’entrer en contact avec leurs ex-
créments.

Les perchoirs ne sont pas nécessaires dans les poulaillers à lattes mais
bien dans les poulailler à grillage pour obliger les poules à se disperser
régulièrement sur le treillis pendant la nuit.

4.4 Pondoirs

Dans la plupart des pou-


laillers, sauf dans les ca-
ges, chaque poule pon-
deuse a son propre nid et
les oeufs sont ramassés à
la main. Ces pondoirs in-
dividuels ont environ 30
cm de large, 35 cm de pro-
fondeur et 40 cm de hau-
teur. Ils sont faits en bois,
mais aussi en autres maté-
riaux locaux, comme le
bambou ou certaines her- Figure 12 : Pondoir. 1. fond grillagé, 2.
bes résistantes. Garnissez grillagé permettant aussi l’aération de
les pondoirs d’une épaisse ce côté, 3. entrée aussi de côté.
litière pour éviter que les
oeufs ne cassent. Installez sur le devant un rebord d’environ 10-15 cm
de hauteur pour empêcher la litière de tomber hors du nid. Les poules
déposent plus facilement leurs oeufs dans ces nids protégés qu’à
même le sol du poulailler (figure 12 et figure 13).

26 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


Il est conseillé de doter les nids
d’un toit incliné pour empêcher
les poules de s’asseoir dessus et
de les souiller. On surélève gé-
néralement les pondoirs à 1 m
environ au-dessus du sol. Il faut
installer des petites échelles ou
un perchoir devant les nids.

Les nids sont généralement re-


groupés le long d’un ou plu-
sieurs murs latéraux (figure 14
/figure 17). Dans les poulaillers
ouverts, il est bon de placer les
nids en diagonale pour éviter
les courants d’air. Figure 13 : Pondoir. 1. entrée, 2.
planches retenant la litière à
Les oeufs pondus sur le sol l’intérieur.
dans les poulaillers à litière ou
à grilles posent souvent de gros problèmes. La plupart du temps ils
sont salis et exigent beaucoup plus de travail. Lors des premières se-
maines de la ponte, le pourcentage des oeufs pondus à même le sol
peut atteindre 5 à 10% ou même davantage, mais diminue générale-
ment ensuite jusqu’à 1-2%.

Mesures à prendre:
? Installez suffisamment de pondoirs: au moins 1 pour 5 poules.
? Placez les pondoirs à temps dans les poulaillers, c’est-à-dire 2 à
4 semaines au moins avant le début de la ponte.
? Ramassez les oeufs pondus à même le sol plusieurs fois par jour au
début de la ponte pour obliger les poules à utiliser les nids.
? Evitez de déranger le matin les poules qui pondent dans les nids,
surtout au début de la ponte. Par la suite il faudra justement ramas-
ser les oeufs souvent pour éviter la casse.
? Tenez les nids à l’obscurité et à la fraîcheur.
? Garnissez les nids d’une litière épaisse et confortable.

Amenagement du poulailler 27
? Veillez à ce que les poules aient facilement accès aux nids;
n’oubliez pas d’installer une petite échelle ou un perchoir.

Les pondoirs communs destinés à plusieurs poules en même temps


(10 par exemple) sont probablement moins bien adaptés aux circons-
tances tropicales car les poules risquent alors de souffrir de la chaleur.

Figure 14 : Pondoir. Nids se fermant avec les perchoirs pendant la


nuit.

Figure 15 : Pondoir. Nids se fermant avec les perchondant la nuit.

28 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


Figure 16 : Pondoir commun ouvert sur le devant.

Figure 17 : Différents pondoirs. A: pondoir à fond incliné. B: pon-


doir commun.

4.5 Caisses à claire-voie


Pour éviter les pertes pendant le transport, les poules doivent être
transportées dans des caisses larges et aérées, faites en bois ou en au-
tres matériaux locaux.

Amenagement du poulailler 29
4.6 Éclairage
Pour améliorer la production des poules, on peut éclairer le poulailler
de deux façons:
? Éclairez le poulailler pendant les heures plus fraîches, avant le lever
et après le coucher du soleil, pour stimuler l’absorption de nourri-
ture.
? Prolongez la période de lumière pour stimuler la ponte.

Toutefois, pendant la période d’élevage jusque quelques jours avant la


ponte, la longueur du jour doit être constante sinon la maturité de
ponte risque d’être trop précoce. Commencez donc la période
d’élevage quand les jours raccourcissent naturellement. Si vous com-
mencez l’élevage à la période de l’année où les jours rallongent, main-
tenez la longueur du jour artificiellement constante et juste avant la
ponte rallongez la longueur du jour d’une heure par semaine (jusqu’à
14 heures). Quand la production maximale est dépassée, rallongez en-
core d’une heure par semaine jusqu’à 16 heures.

Si par exemple vous rallongez la longueur du jour de 12 à 14 heures


pour les pondeuses, éclairez le poulailler plus longtemps après le lever
ou avant le coucher du soleil pendant toute la période de ponte. Sinon
la production des oeufs risque de retomber rapidement.

Si vous élevez vos pondeuses pendant la période de l’année où les


jours rallongent, l’éclairage n’est pas nécessaire pour stimuler la
ponte. Elles absorberont toutefois plus de nourriture si le poulailler
reste encore quelque temps éclairé pendant les périodes plus fraîches
du jour.

Quel que soit l’éclairage utilisé, l’intensité lumineuse doit être assez
forte pour être effective. Placez dans le poulailler un nombre suffisant
de lampes à pétrole. Les mettre au milieu du poulailler et les entourer
d’un grillage ou de lattes minces. Même suspendue, la lampe doit être
protégée. Si vous avez l’électricité, éclairez le poulailler avec des am-
poules. Les ampoules de 40 Watt doivent être espacées de 3 m et cel-
les de 60 Watt de 5 m.

30 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


5 Alimentation des volailles

5.1 Nutritifs essentiels


Le régime des poules doit inclure les éléments nutritifs essentiels sui-
vants:

? eau
? sources d’énergie
? protéines (acides aminés)
? vitamines
? minéraux
? autres ingrédients

L’eau
Les volailles ont besoin d’un apport continu d’eau fraîche propre.

Le manque d’eau risque de provoquer de graves retards de croissance


et une forte baisse de la production d’oeufs. C’est le cas en particulier
dans les pays tropicaux où le manque d’eau entraîne la mort des vo-
lailles dans un très court délai.

Le corps de la poule est constitué de 60% d’eau, et les oeufs d’environ


65%. La présence d’eau propre et fraîche est d’importance primordiale
pour l’absorption des éléments nutritifs et l’élimination des matières
toxiques. Dans un environnement chaud, l’eau est essentielle aussi
pour le maintien de la température du corps. Sous ces conditions,
l’halètement est un mécanisme essentiel de perte de chaleur, et le
manque d’eau entraîne une mort rapide due à une température corpo-
relle trop élevée. Les volailles boivent beaucoup plus d’eau quand les
températures ambiantes sont élevées que quand elles sont basses.

Il n’est pas souhaitable de réduire la consommation d’eau des volail-


les, en particulier sous les tropiques où le manque d’eau risque
d’entraîner la mort dans les vingt-quatre heures. Même une réduction
de 10% de la quantité d’eau disponible peut déjà réduire le taux de

Alimentation des volailles 31


croissance et l’efficacité de la conversion alimentaire (quantité de
nourriture nécessaire par kg de croissance) des poulets de chair. L’effet
est encore plus néfaste sur les pondeuses.

De courtes périodes de manque d’eau peuvent entraîner la chute des


plumes et l’arrêt de la production d’oeufs.

Besoins en énergies
La quantité d’énergie contenue dans la nourriture des volailles est gé-
néralement exprimée en unités d’énergie métabolisable par unité de
poids, par exemple en kilojoules par gramme (kJ/g). Le besoin en
énergie des volailles est exprimé en termes d’énergie métabolisable
par jour (kJ/j). L’énergie métabolisable correspond à la part de nourri-
ture dont dispose l’animal pour la production de viande et d’oeufs et
pour le maintien de ses fonctions vitales et de sa température corpo-
relle (figure 18).

Figure 18 : Partes d'énergie entre énergie brute et énergie nette


fournies par le régime.

L’énergie contenue dans le régime provient surtout des glucides, mais


une certaine quantité provient aussi des graisses et de certains acides
aminés. Dans la plupart des cas, les volailles ont un libre accès à la
nourriture et peuvent en consommer autant qu’elles le désirent. Les

32 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


volailles consomment en général juste assez de nourriture pour satis-
faire leurs besoins nutritifs. Cet ajustement de la consommation est
basé principalement sur la quantité d’énergie contenue dans le régime.

Les volailles mangent pour satisfaire leurs besoins en énergie. Par


conséquent, une augmentation de la concentration énergétique dans le
régime entraîne une diminution de la consommation et vice versa. Ce-
la, à condition que le régime offre une quantité suffisante de tous les
autres éléments nutritifs essentiels et que des facteurs comme la quan-
tité, la structure, le goût ou l’inaccessibilité des aliments ne limitent
pas la consommation. Par conséquent, pour formuler un bon régime, il
faut déterminer le niveau des divers composants en rapport avec la
teneur en énergie des aliments.

Besoins en protéines
Les aliments qui contiennent de hauts niveaux de protéines sont coû-
teux à l’achat. Une alimentation trop riche en protéines est donc inuti-
lement coûteuse. L’excès de protéines est dégradé et utilisé comme
source d’énergie et l’excès d’azote est éliminé sous forme d’acide uri-
que. La synthèse des protéines dans les tissus corporels exige l’apport
adéquat d’une vingtaine d’acides animés différents. Dix d’entre eux ne
peuvent pas être synthétisés par la poule et doivent donc être fournis
dans le régime (tableau 3).

Ces dix acides animés sont appelés essentiels. Parmi les dix autres,
trois peuvent facilement être synthétisés par le corps. Ils sont appelés
non essentiels. Les sept qui restent sont moins faciles à classer. La
qualité des protéines ne peut être utilement décrite qu’en termes des
acides animés qu’elles apportent aux volailles. Cependant, lorsqu’on
spécifie les besoins en chaque acide animé essentiel, il est toujours
utile de préciser les besoins totaux en protéines crues, car cela assure
que le régime est suffisamment riche en précurseurs pour les acides
animés non essentiels. La plupart des tableaux des éléments nutritifs
donnent seulement les pourcentages de lysine et de méthionine. Dans
ces cas, ces pourcentages doivent être considérés comme normatifs
pour tous les acides aminés essentiels.

Alimentation des volailles 33


Tableau 3 : Classification des acides aminés.

Essentiel Non essentiel Difficile à classer


lysine alanine tyrosine*
methionine acide aspartique cystérine**
theónine glutamine glycine***
tryptophane sérine***
isoleucine proline****
leucine
valine
phénylalanine
histidine
arginine
* la tyrosine peut être formée à partir de la phénylalanine;
** la cystérine peut être formée à partir de la méthionine;
*** la glycine et la sérine sont inter-convertibles, mais leur synthèse n’est pas toujours
adecuate;
**** le taux de synthèse de la proline n’est pas toujours adéquat pour les fonctions cor-
porelles.

Besoins en vitamines
Les vitamines jouent souvent un rôle dans les systèmes enzymiques.
Alors qu’elles nécessitent de grandes quantités de protéines, d’énergie
et de certains minéraux, les poules ont besoin de vitamines en petites
quantités. Un déséquilibre vitaminé peut provoquer des troubles gra-
ves. Comme les poules en claustration (enfermées) sont entièrement
dépendantes des vitamines contenues dans leur nourriture composée,
il est important qu’elles reçoivent les quantités correctes. Toutes les
vitamines sont disponibles sous forme synthétique à un prix aborda-
ble. Dans les pays tropicaux, ces vitamines synthétiques ne sont pas
toujours disponibles et, sans elles, il est difficile de formuler un ré-
gime équilibré à base d’aliments tropicaux (l’annexe 2).

Besoins en minéraux
? Calcium et phosphore
La principale fonction du calcium (Ca) et du phosphore (P) est la pro-
duction et l’entretien de l’ossature. Le squelette prend à son compte
environ 99% du calcium et 80% du phosphore du corps. Les deux mi-
néraux agissent l’un sur l’autre, avant et après leur absorption à partir
du système digestif. De grandes quantités d’un minéral peuvent entra-
ver l’utilisation de l’autre.

34 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


Les besoins en calcium et en phosphore sont influencés par la quantité
de vitamine D présente dans le régime. En général, les besoins en cal-
cium et en phosphore s’accroissent quand le niveau de vitamine D di-
minue et vice versa. A un degré moindre, les apports de manganèse et
de zinc affectent aussi le besoin en calcium et en phosphore. Pour les
jeunes poules, la proportion Ca:P doit être entre 1:1 et 2:1. Cependant,
les pondeuses ont besoin d’une proportion Ca:P allant jusque 6:1, et
d’environ 4,0 g de calcium par jour pour la formation des coquilles.

Pour les poussins et les jeunes poules, on donne un supplément de


phosphore et de calcium sous forme de farine d’os ou de poudre d’os
cuites à la vapeur. Pour les poules pondeuses, le supplément de cal-
cium est sous forme de coquilles d’huîtres broyées données séparé-
ment ou de farine de pierre à chaux ajoutée au régime. Les principaux
critères qui permettent de déterminer les besoins en calcium et en
phosphore des poules pondeuses sont la production d’oeufs et
l’épaisseur des coquilles.

Les besoins en calcium doivent être spécifiés en termes de la quantité


de calcium par jour plutôt qu’en pourcentage dans les régimes. Cela
est particulièrement important sous les tropiques où la réduction de la
consommation due aux hautes températures ambiantes entraîne sou-
vent une trop faible consommation quotidienne de calcium.

Tableau 4 : Pourcentage des éléments dans les composés miné-


raux.

Composé Formule chimique % de l’élement dans le


composte
Farine de carbonate de calcium CaCO3 40% Ca
Carbinate de zinc ZnCO3 52% Zn
Anhydre oxyde de fer Fe2O2 70% Fe
Sulfate de manganèse MnSO4 36% Mn
Sulfate de cuivre CuSO4

Les autres minéraux essentiels sont décrits dans l’annexe 2.


Les besoins en minéraux sont définis en termes des éléments minéraux
séparés, bien que les minéraux soient toujours ajoutés aux régimes

Alimentation des volailles 35


sous forme de composés. Pour pouvoir ajouter au régime la quantité
correcte de l’élément approprié, il est utile de connaître la proportion
de cet élément dans les composés (tableau 4).

Autres ingrédients à ajouter aux régimes des volailles


Nous avons examiné jusqu’ici les teneurs en énergie, en protéines, en
minéraux et en vitamines dans les régimes des volailles. D’autres in-
grédients doivent aussi être ajoutés, notamment des coccidiostats et
des antioxydants. Les vitamines et les minéraux peuvent être ajoutés
aux régimes des poules pondeuses et des poulets de chair sous forme
de prémixes.

Un coccidiostat devrait être introduit au niveau prophylactique dans


tous les régimes des poulets de chair. Suivez rigoureusement les ins-
tructions du fabricant et arrêtez complètement son utilisation vers la
fin de la période d’engraissement. Comme la coccidiose peut se décla-
rer dans des basses-cours traitées avec un coccidiostat au niveau pro-
phylactique, il est conseillé de disposer d’un coccidiostat concentré
pour traiter l’eau au niveau curatif.

Les préparations alimentaires que l’on trouve dans le commerce doi-


vent contenir un antioxydant servant d’agent de conservation.

5.2 Méthodes d’alimentation


? Poules en liberté
L’aviculteur exerce peu d’influence sur la composition de la nourriture
des poules qui vivent en liberté. Les poules se chargent elles-mêmes
de composer leur nourriture avec justesse, du moins tant que sont pré-
sentes les substances nutritives nécessaires. Mais ce n’est pas toujours
le cas, et certainement pas pendant toute l’année.

Pendant les périodes où le grain est abondant, par exemple pendant les
récoltes, les poules consomment en général suffisamment d’énergie.
Toutefois, pendant ces périodes elles consomment en général relati-
vement trop peu de protéines pour atteindre leur niveau maximal de

36 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


croissance et de ponte. Il faut donc qu’elles puissent absorber des pro-
téines supplémentaires, surtout d’origine animale (vers, escargots,
etc.). Sinon, donnez-leur un complément riche en protéines (tourteaux
de soja, farine de poisson, etc.).

Pendant les périodes de sécheresse, le manque de vitamines se fait


rapidement sentir. L’introduction de cendres et de verdure séchée dans
le régime des poules permet de remédier en partie au manque de miné-
raux et de vitamines.

? Poules en claustration
C’est l’aviculteur lui-même qui pourvoit aux besoins alimentaires des
poules enfermées. Les poules qui ont la possibilité de sortir un peu
satisfont en partie leurs besoins en minéraux et en vitamines, du moins
si le parc est couvert de verdure. Changez de parc régulièrement, par
exemple tous les 15 jours, pour réduire les risques d’infections par les
parasites.

On trouve sur le marché différentes sortes de nourriture pour les diffé-


rentes tranches d’âge. Il existe deux sortes de nourriture pour la pé-
riode d’élevage (entre 0 et 18 semaines, les poussins se transforment
en jeunes poules prêtes à pondre) et plusieurs sortes pour les pondeu-
ses, bien que l’on puisse facilement ici se satisfaire d’une seule sorte.

Les poulets de chair sont nourris à la nourriture d’élevage. Ne donnez


jamais de nourriture d’élevage aux poules pondeuses! La différence
essentielle entre ces deux sortes de nourriture tient à leur teneur en
protéines et surtout en calcium (chaux). Pour les pondeuses, la teneur
en calcium doit être beaucoup plus élevée (formation des coquilles).
Pour plus de sécurité, donnez toujours à vos poules un supplément de
calcium sous forme de chaux.

Les poules en claustration doivent recevoir un peu de gravier (sup-


plémentaire). Ce gravier est nécessaire pour le broyage et la digestion
de la nourriture.

Alimentation des volailles 37


Il est fortement conseillé de contrôler dans la mesure du possible la
quantité de nourriture consommée par les poules. Tout changement
dans la quantité normale indique un changement dans la production et
dans l’état de santé.

Il est très important d’avoir un bon fournisseur de nourriture pour vo-


laille! La nourriture ne se conserve pas longtemps sans perdre sa
qualité. Une nourriture conservée trop longtemps perd en particulier
ses vitamines. Il est donc conseillé d’acheter régulièrement de la
nourriture fraîche. Si vous désirez tout de même conserver de la
nourriture pendant quelque temps, mettez-la dans un endroit sec, si
possible au frais et hors de portée des rats, des cafards, etc. Ne
conservez jamais de nourriture pendant plus d’une semaine.

Consommation spontanée
L’appétit, ou consommation spontanée, est la quantité de nourriture
que consomme une volaille ayant un accès illimité à la nourriture. Il
est important de connaître l’appétit de vos poules, car une consomma-
tion plus faible que normale peut indiquer des carences nutritionnelles
et la production sera moins élevée que prévu. De plus, une baisse de la
consommation alimentaire peut indiquer des erreurs de gestion ou un
début de maladie. Si la consommation dépasse le niveau prévu, il y a
gaspillage de nourriture et risque d’engraissement de certaines sortes
de poules.

Les principaux facteurs qui influencent la consommation alimentaire


sont les suivants:

? Poids du corps
Les volailles lourdes consomment plus de nourriture que les volailles
légères. Les pondeuses légères contrôlent leur consommation alimen-
taire de façon très précise. Elles l’ajustent à une fluctuation considéra-
ble des niveaux d’énergie dans les régimes et maintiennent leur con-
sommation quotidienne d’énergie à un niveau constant. D’autre part,
les volailles lourdes consomment d’autant plus d’énergie quand le ré-
gime est très énergétique et elles engraissent.

38 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


? Niveau d’accroissement du poids vif
Les volailles qui se développent plus vite que la moyenne consom-
ment en général plus de nourriture que la moyenne. Une croissance
plus rapide signifie une meilleure conversion alimentaire car une pro-
portion plus grande de nourriture est mise au service de la production.
A un certain poids, les jeunes poulets de chair consomment plus de
nourriture que les pondeuses.

? Production d’oeufs
La consommation d’énergie alimentaire des poules pondeuses est liée
à leur taux de production d’oeufs. Un accroissement de la production
d’oeufs va de pair avec une augmentation de la consommation alimen-
taire. Par exemple, la ponte supplémentaire d’un oeuf de 65 grammes
indique une consommation supplémentaire de 130 grammes de nourri-
ture.

? Qualité de la nourriture
Le facteur majeur qui affecte la consommation alimentaire est la
concentration énergétique dans le régime. Une augmentation de
l’énergie dans le régime entraîne une baisse de la consommation ali-
mentaire. La concentration dans le régime des éléments nutritifs autres
que l’énergie n’influence pas l’appétit tant que le niveau ne sort pas de
la marge acceptable pour une santé et une production normales.

La consommation de nourriture en granulés peut être jusqu’à 8% plus


élevée que la consommation de la même nourriture présentée sous
forme de farine. Cela tient d’une part au fait que les granulés sont par-
tiellement cuits et d’autre part au fait qu’ils sont mieux adaptés à la
consommation. Cette forte consommation de granulés permet
d’accélérer le taux de croissance des jeunes poules mais peut entraîner
chez les adultes une tendance à l’engraissement et à l’obésité.

? Environnement
L’intensité lumineuse et la longueur du jour ont une certaine influence
sur la consommation spontanée. Chez les pondeuses, l’influence est
indirecte en raison de l’effet de la longueur du jour sur la production

Alimentation des volailles 39


d’oeufs. Des jours plus longs stimulent la production d’oeufs, ce qui
entraîne une augmentation de la consommation. Chez les poussins, la
lumière a un effet plus direct sur la consommation alimentaire car elle
régule les modes de comportement et prolonge l’activité alimentaire.
On obtient une consommation alimentaire et un taux de croissance
maximales en élevant les poussins sous une lumière continue. Chez
les poulets de chair, un excès de lumière risque d’augmenter l’activité
et donc de réduire l’efficacité de l’utilisation alimentaire.

Restriction de la consommation d’énergie


La restriction de la consommation d’énergie n’a pas le même effet sur
les poules pondeuses que sur les poulets de chair.

? Jeunes poules pondeuses


Il est rare que l’on restreigne la consommation alimentaire des jeunes
poules élevées pour la production d’oeufs. Il est rare aussi que l’on
restreigne la consommation pendant la période de ponte. C’est une
procédure plutôt risquante car une restriction relativement petite peut
provoquer une baisse dramatique de la production d’oeufs.

? Jeunes poulets de chair


Les poules de races plus lourdes n’ont généralement pas un accès illi-
mité à la nourriture pendant leur période de croissance. On restreint
leur nourriture pour réduire l’accroissement de poids vif et en particu-
lier pour limiter la quantité de graisse corporelle au début de la pro-
duction d’oeufs. Le niveau de restriction dépend de la race en ques-
tion, mais il est beaucoup plus strict que celui appliqué aux poules
pondeuses.

Il existe différentes méthodes de restriction alimentaire, notamment le


nourrissement un-jour-sur-deux, les régimes pauvres en protéines, les
régimes riches en fibres et les régimes pauvres en lysine.

Le meilleur système est probablement le nourrissement un-jour-sur-


deux. Ce système permet aux poules qui doivent être rationnées à 70%
de leur consommation spontanée de recevoir 140% de leur consomma-

40 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


tion quotidienne tous les deux jours. Cette technique permet à chaque
poule, y compris à celles situées en bas de l’ordre hiérarchique,
d’obtenir sa part de nourriture. Si les poules sont rationnées chaque
jour à 70% de leur consommation, celles situées en haut de l’ordre
hiérarchique satisfont à 100% leurs besoins alimentaires, alors que les
celles situées plus bas dans la hiérarchie n’atteignent pas les 50%.
Pour les poulets de chair de races modernes, les niveaux de restriction
appliqués sont beaucoup plus stricts (moins de 50% de l’appétit), en
particulier pendant la période d’élevage.

Le meilleur conseil que l’on puisse donner à tout paysan qui élève des
poulets de chair de races modernes est de suivre les recommandations
de son fournisseur de poussins.

5.3 Composition de la nourriture


Evidemment, l’aviculteur ne peut pas savoir de quoi est composée la
nourriture qu’il achète. Il doit veiller cependant à ce qu’elle contienne
les éléments dont ont besoin ses poules. Un résumé des besoins nutri-
tifs est donné en annexe 2 -3.

La nourriture représente environ 60% du coût de production des pou-


lets de table ou des oeufs pour la consommation humaine. Des éco-
nomies réalisées au niveau de l’alimentation peuvent largement amé-
liorer les gains financiers à la production. Il faut donc donner aux pou-
les la nourriture la mieux adaptée, la moins chère et dans les propor-
tions correctes. Il faut également savoir quels sont les aliments dispo-
nibles et comment ils doivent être inclus dans les régimes. Les ali-
ments utilisés dans les régimes sont classés en cinq grandes catégo-
ries:

? les céréales
? autres aliments énergétiques
? protéines animales
? protéines végétales
? compléments minéraux

Alimentation des volailles 41


On peut calculer les régimes des volailles à l’aide du carré de Pearson.
On donne ci-dessous un exemple de calcul d’un régime pour une
poule pondeuse à base de quatre sources protéiques différentes
(tableau 5).

Tableau 5 : Calcul d'un régime pour une poule pondeuse

Sources % de protéine
maïs 8
sorgho 10
farine de soja 44
farine de poisson 65

Les différents aliments sont classés en deux groupes. Si l’on veut utili-
ser des quantités différentes de chaque ingrédient, on peut peser les
moyennes. Supposez qu’il soit plus facile d’obtenir du maïs que du
sorgho, et qu’il soit moins coûteux d’utiliser de la farine de soja que
de la farine de poisson. Vous pouvez prendre deux parts de maïs (8%)
et une part de sorgho (10%), et trois parts de soja (44%) et une part de
farine de poisson (65%).

? Céréales - moyenne pesée


maïs 2 x 8% = 16%
sorgho 1 x 10% = 10%
Moyenne pesée pour céréales protéine 26% / 3 = 8.7%
? Aliment protéique - moyenne pesée
farine de soja 3 x 44% = 132%
farine de poisson 1 x 65% = 65%
Moyenne pesée pour aliment protéines protéique 197% / 4 = 49.3%

On place ces moyennes pesées sur la partie gauche du carré de Pear-


son (tableau 6):

On place le niveau de protéines requis dans le régime complet au cen-


tre du carré et le pourcentage de la teneur en protéine de chaque ali-
ment sur les deux coins de la partie gauche du carré.

42 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


Pour calculer la proportion de chaque élément requis, on soustrait le
petit nombre du plus grand en suivant la diagonale du carré, comme
indiqué plus bas.

Pour un régime contenant


16,5% de protéines, la pro-
portion de chaque ingrédient
est donnée sur la partie
droite du carré.

Par conséquent, pour obtenir


un régime contenant 16,5%
de protéines, il faut mélanger
32,8 parts de céréales et 7,8 Figure 19 : Carré de Pearson
parts d’aliments protéiques.

Exprimé en pourcentages, le régime se compose comme suit:


32,8
× 100% = 81% de céréales
32,8 + 7,8

7,8
× 100% = 19% d'aliments protéiques
32,8 + 7,8

Les céréales consistent en maïs et en sorgho:

81%
= 27% de sorgho et 54% de mais
3

Il en est de même pour les aliments protéiques:

19%
= 5% de farine de poisson et 14% de sorgho
4

Finalement, il faut contrôler si ce régime satisfait aussi les autres be-


soins nutritifs (tableau 6):

Alimentation des volailles 43


Tableau 6 : Calcul d'un autre régime pour une poule pondeuse.

source énergie kj/g protéines % fibre crues %


maïs 7.9 4.3 1.1
sorgho 3.9 2.7 0.5
farine de soja 1.6 6.3 0.9
farine de poisson 0.8 3.1 0.0
total 14.00 16.40 2.50

La teneur en énergie de 14 kJ/g dépasse le minimum de 12, le niveau


protéique est bon et le taux de fibres crues ne dépasse pas les 7%.

Il suffit d’ajouter un peu de pierre à chaux et de farine d’os pour ré-


pondre aux besoins de calcium et de phosphore dans une proportion
de 6:1, avec 4,0 g de calcium par jour. Voir l’annexe 2: Besoins nutri-
tifs.

44 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


6 Soins de sánte
Dans les petits élevages, les volailles de tous âges sont souvent mé-
langées. Les maladies contagieuses sont alors difficiles à maîtriser car
elles peuvent être facilement transmises des vieilles poules aux jeunes
poules. Il est conseillé aux entreprises plus commerciales de rompre le
cycle de l’infection en remplaçant toutes les poules après chaque cycle
de production.

6.1 Mesures d’hygiène générale


Il est très important de réduire les risques d’infection par contacts avec
des porteurs de germes pathogènes venant de l’extérieur. La contagion
se répand par contact d’un animal à l’autre, par l’homme et aussi par
l’intermédiaire d’objets infectés (caisses, voitures, etc.).

Les oiseaux, les animaux nuisibles, les insectes et toutes sortes de pa-
rasites transmettent également des maladies. N’oubliez pas que l’eau
souillée et même la nourriture peuvent contenir des germes pathogè-
nes.

Mesures à prendre:
? Logez vos poules dans un poulailler au lieu de les laisser courir de-
hors.
? Installez votre entreprise aussi loin possible des autres entreprises
(au moins à 100 m).
? Ne laissez pas s’approcher les visiteurs qui pourraient contaminer
les poules.
? Nettoyez régulièrement les mangeoires et les abreuvoirs.
? Après la vente des poules qui ne pondent plus, videz les poulaillers,
retirez la litière et sortez tout le matériel. Laissez détremper la saleté
dans l’eau et nettoyez bien le matériel.
? Nettoyez le poulailler avec beaucoup d’eau et laissez-le bien sécher.
? Passez les poulaillers vides au désinfectant.

Soins de sánte 45
? Faites la chasse aux animaux nuisibles (rats et souris) et aux mou-
ches.
? Retirez immédiatement les poules mortes.
? Remettez régulièrement de la litière fraîche.

Toutes ces mesures sont très importantes si une maladie s’est déclarée
dans les parages.

Si vous achetez de nouvelles poules, ne les mélangez pas immédiate-


ment avec les autres. Si vous constatez alors des symptômes
d’infections, le risque de contagion sera moindre que si vous aviez mis
les nouveaux venus directement avec les autres.

6.2 Les maladies et leurs causes


Les maladies peuvent avoir plusieurs causes. Les plus importantes
sont:
? les maladies infectieuses
? les parasites
? les maladies de carence (par manque de certaines substances nutri-
tives)
? autres anomalies.

Les maladies infectieuses


Les maladies infectieuses peuvent être causées par des bactéries, des
virus, des moisissures et des parasites. Les maladies les plus importan-
tes sont indiquées dans l’annexe 1.

L’une des maladies parasitaires les plus redoutables est la coccidiose.


Elle se manifeste surtout chez les jeunes poules.

Symptômes:
? diarrhées ensanglantées
? amaigrissement.

46 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


Mesures de prévention:
? Hygiène:
- Nettoyez soigneusement le poulailler, surtout le sol, avant d’y
mettre les poules.
- Veillez à ce que les poules entrent le moins possible en contact
avec leurs excréments.
- Nettoyez régulièrement les mangeoires et les abreuvoirs.
- Veillez à ce que la litière ne soit pas mouillée par endroits.
? Vaccination
? Usage prophylactique des agents anti-coccidies.

Les parasites
Il existe un grand nombre de parasites extérieurs (ectoparasites)
comme les puces, les poux, les mites. Les tiques sont nombreuses sous
les tropiques.

Les puces se rencontrent surtout dans les pondoirs. Elles se nourris-


sent du sang des poules, ce qui fait baisser la production. Nettoyez les
nids plusieurs fois par an et traitez-les au coaltar.

Les poux séjournent sur la peau des poules, spécialement autour de


l’anus et sous les ailes. Ils provoquent des démangeaisons, ce qui fait
baisser la production. Désinfectez les poules avec un insecticide. Ré-
pétez un peu plus tard l’opération contre les larves.

Les mites sont les ectoparasites les plus gênants. Elles se cachent dans
les fentes et les fissures du poulailler et des perchoirs et ne sortent de
leur cachette que la nuit. Elles sucent le sang des volailles, ce qui af-
faiblit la production.

Les mites suceuses de sang, comme Lopinyssus et surtout Dermanys-


sus, peuvent provoquer une baisse de la production d’oeufs et
l’anémie. De plus, Dermanyssus transmet le protozoaire Borrelia qui
provoque une maladie dont les symptômes sont la fièvre, la dépres-
sion, la cyanose de la tête et l’anémie. Un certain nombre
d’antibiotiques, notamment la pénicilline, sont très efficaces contre

Soins de sánte 47
Borrelia. Liponysus et les espèces qui pénètrent dans la peau, comme
les cnemidocoptes, ne quittent jamais leur hôte. Pour lutter contre les
mites, il faut bien nettoyer les boiseries, en particulier les perchoirs.

Les tiques sont souvent porteuses de germes, notamment les spirochè-


tes, qui peuvent rendre malades les poules. Les tiques passent la plu-
part de leur temps loin de leur hôte, cachées dans les fentes et les cre-
vasses des boiseries. Elles sucent le sang de leur hôte pendant de cour-
tes périodes nocturnes. Non seulement elle provoquent l’anémie,
l’anorexie, une perte de poids et une baisse de la production d’oeufs,
mais elles transmettent aussi Borrelia.

Une bonne hygiène est la base de la lutte contre les ectoparasites. Si


vous utilisez des produits chimiques, assurez-vous toujours qu’ils
soient indiqués pour les volailles et appliquez-les de la manière pres-
crite. Certains produits chimiques sont applicables soit à l’environne-
ment, soit aux volailles, soit aux deux.

Les maladies de carence


? Carence en énergie
La quantité minimale d’énergie nécessaire est généralement de 2400
kcal par kg. A des niveaux d’énergie plus bas l’animal ne peut pas
prendre plus de nourriture et un manque d’énergie se manifeste. Les
conséquences sont une croissance lente, des oeufs petits et un recul de
la production.

? Carence en protéines
Si la nourriture est trop pauvre en protéines, la croissance des jeunes
poules est retardée et les pondeuses pondent des oeufs plus petits. Le
nombre des oeufs diminue.

? Carence en sels minéraux


Ces carences sont très spécifiques. Le manque de calcium rend les
coquilles fragiles.

48 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


? Carences en vitamines
Les carences en certaines vitamines sont très courantes. Elles sont très
spécifiques, c’est-à-dire qu’elles se limitent à un manque d’une seule
vitamine et sont ainsi relativement faciles à diagnostiquer. D’autres
carences présentent des symptômes plus généraux comme une crois-
sance lente, une production faible ou la mort.

L’annexe 1 donne une vue d’ensemble des maladies de carence les


plus courantes. Evidemment ces maladies et anomalies peuvent être
évitées en donnant aux poules une nourriture de bonne qualité.
L’excès de certains éléments nutritifs peut également provoquer des
anomalies. C’est le cas notamment des sels minéraux. Un excès de
NaCl (sel de cuisine) dans la nourriture ou dans l’eau a des effets né-
fastes. Un excès entraîne une augmentation de la consommation d’eau
et par conséquent des problèmes de diarrhées. D’autre part, si l’eau
potable est restreinte, des symptômes de toxicité risquent de se mani-
fester.

Autres anomalies
? Ponte difficile (hernie de l’oviducte)
Les difficultés de ponte sont causées par la production d’un oeuf trop
gros. Ce problème est le plus courant chez les jeunes pondeuses.
Comme ce phénomène conduit souvent au piquage de l’anus, suivi de
cannibalisme et d’autres comportements anormaux, il est préférable de
tuer la poule immédiatement.

? Hydropisie du ventre
Est due à des infections ou à un manque d’oxygène dans les régions
de haute altitude.

? Cannibalisme
Il est difficile de déterminer la cause exacte du cannibalisme. Un es-
pace trop exigu pour le nourrissement et l’abreuvement, une forte den-
sité de population, une chaleur excessive pendant l’incubation, une
lumière excessive dans les parcs et les cages, l’ennui et le piquage de
l’anus peuvent être des facteurs qui y prédisposent. De telles condi-

Soins de sánte 49
tions de logement doivent être améliorées. La nourriture en granulés
entraîne souvent un accès de cannibalisme. Les animaux blessés peu-
vent être soignés avec de l’huile.

6.3 Quelques problèmescourants et leurs


causes possibles
Les causes de certaines anomalies ne sont pas toujours évidentes. Les
indications suivantes peuvent toutefois être utiles:

Grosses pertes chez les poussins


De grosses pertes lors des premiers jours ou semaines de l’élevage
peuvent être causées par:
? Un manque de nourriture ou un manque d’eau.
? Des maladies, surtout infectieuses.

Vous éviterez bien des difficultés en soignant bien vos poussins nou-
veau-nés.

Taux élevé de mortalité chez les pondeuses


Les causes possibles sont:
? Troubles nutritionnels, par exemple insuffisance de chlorure de so-
dium.
? Syndrôme du foie graisseux; les facteurs qui y contribuent com-
pren- nent une nourriture riche en glucides et pauvre en graisses
donnée à volonté, une température élevée, le manque d’exercice et
le stress.
? Infections comme la colibacillose.

Troubles de la respiration
Les troubles de la respiration se manifestent sous différentes formes:
la poule a les yeux humides, éternue, baille, bave ou crache.

Causes possibles:

50 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


? Une mauvaise aération provocant un amoncellement d’ammoniac
(odeur caractéristique). Veillez à ce qu’assez d’air frais entre dans le
poulailler.
? Des maladies comme NCD (diarrhées, troubles nerveux), IB (ano-
malies de la coquille d’oeuf), ILT (laringo-trachéite infectieuse),
CRD (éternuements répétés et yeux humides), diphtérie et autres.

Surveillez les symptômes spécifiques des maladies. S’ils se manifes-


tent souvent, faites vacciner vos poules régulièrement.

Problèmes digestifs
Les problèmes digestifs provoquent une croissance ralentie accompa-
gnée de diarrhées. Les plumes du ventre sont salies et la litière est
humide.

Causes possibles:
? Une mauvaise nourriture, trop riche par exemple en sel de cuisine
(NaCl).
? Des maladies comme coccidiose, salmonellose, NCD (excréments
verdâtres), maladie de Gumboro, etc.

Troubles du mouvement
Les symptômes sont des paralysies, des claudications, des cou-tors,
l’impossibilité de marcher et de se nourrir.

Causes possibles:
? Un manque d’une certaine substance nutritive. Le manque de vita-
mines D provoque le rachitisme (malformations) chez les jeunes
poules. Le manque de calcium et le manque de vitamine D provo-
quent le rachitisme chez les poules adultes. Le manque de manga-
nèse cause chez les poules plus agêes certaines anomalies des pattes
(pattes tordues).
? Des maladies comme NCD (coutors), maladie de Marek (troubles
nerveux et paralysies), synovite (infection des gaines tendineuses
provoquant une inflammation des articulations des pattes), encépha-
lomyélite aviaire (AE), etc.

Soins de sánte 51
Production trop basse et anomalies des oeufs
Une production trop basse peut tenir à différentes causes:
? Troubles de la nutrition. Un manque en énergie dans la nourriture,
trop peu de protéines ou bien des protéines de mauvaise qualité, des
carences en sels minéraux et en vitamines. Demandez à un avi-
culteur voisin qui utilise la même nourriture s’il remarque les mê-
mes symptômes. Les troubles de la nutrition peuvent aussi être cau-
sés par des maladies (pouvant aussi sévir chez le voisin), comme
NCD, IB (anomalies visibles de la coquille), EDS (Egg Drop Syn-
drome: décoloration de la coquille brune), variole, diphtérie, CRD
(éternuements répétés et yeux humides), toutes sortes de parasites.
? Climat anormal, par exemple un refroidissement trop fort.

Comment éviter les problèmes de santé:


La meilleure prévention des maladies est une bonne hygiène et la dé-
sinfection. Soyez prudent quand vous désirez ajouter de nouveaux
poulets à votre basse-cour. Le mieux est d’utiliser le système all-in all-
out. Selon votre situation (ferme à petite ou grande échelle, pays, sen-
sibilité à certaines maladies dans le passé), vous devez soit vacciner
contre certaines maladies, soit utiliser des agents anti-coccidies. Si les
problèmes sont très graves, envisagez de tuer toutes vos poules et de
monter une nouvelle basse-cour après avoir soigneusement nettoyé et
désinfecté les poulaillers, au lieu d’essayer de les soigner.

52 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


7 Incubation et elevage
Dans les entreprises de subsistance, l’incubation des oeufs se fait la
plupart du temps à l’aide de poules couveuses.

Dans les entreprises plus commerciales, l’incubation artificielle se fait


à l’aide de petites machines appelées couveuses.

Pour un nombre important de poules, il est avantageux de pouvoir


faire sortir en même temps un grand nombre de poussins. Cela n’est
pas facile à réaliser naturellement car les poules couveuses n’ont pas
toutes envie de couver en même temps. Vous pouvez alors envisager
l’achat d’une petite couveuse. L’achat peut se faire en commun avec
d’autres aviculteurs.

7.1 Incubation naturelle


La poule prête à couver est capable de couver 8 à 10 oeufs et donnera
environ 6 à 7 poussins (en moyenne 70% des oeufs). Les pertes parmi
les poussins peuvent être très élevées. L’expérience acquise ainsi que
la mesure dans laquelle le pourcentage de pertes peut être réduit sont
des facteurs déterminants pour le nombre de poules nécessaires à
l’incubation.

Mesures à prendre pour la sélection des oeufs à couver:


? Les oeufs à couver doivent avoir été fécondés. C’est chose facile si
vous avez un coq. Sinon, mettez-en un avec les poules 2 semaines
avant l’incubation. Il faut environ un coq pour 10 poules.
? Utilisez des oeufs propres et non fêlés, ni trop petits, ni trop gros.
Les meilleurs résultats s’obtiennent avec des oeufs moyens de bon-
nes pondeuses.
? Ramassez les oeufs plusieurs fois par jour, par exemple 3 fois, et
faites-les refroidir rapidement.
? Conservez les oeufs pendant quelques jours, mais pas plus d’une
semaine. Les oeufs se conservent pendant une semaine à une tempé-

Incubation et elevage 53
rature inférieure à 15 °C. Des températures plus élevées obligent à
réduire la durée de la conservation. A 20 °C les oeufs se conservent
seulement pendant 3 jours. Écrivez au crayon sur l’oeuf la date de
sa ponte pour pouvoir fixer avec précision la durée de conservation.

Les couveuses doivent être saines et pas trop petites. Si une couveuse
cherche à couver pendant 2 jours, elle peut être utilisée pour
l’incubation.

Caractéristiques d’une poule qui cherche à couver:


? Elle émet un son particulier.
? Sa crête est ridée.
? Elle ne veut pas quitter son nid.
? Elle tente de rassembler dans son nid le plus d’oeufs possible.

Avant de commencer l’incubation, il est bon de traiter la poule à


l’insecticide contre les mouches et les poux. Si les insectes résistent,
répétez l’opération 10 jours plus tard. Mettez ensuite la poule dans un
couvoir bien nettoyé.

Comme au début la poule couve irrégulièrement, commencez par lui


donner des oeufs quelconques que vous remplacerez ensuite par les
oeufs sélectionnés lorsqu’elle s’assiera régulièrement dessus. Les
grosses poules peuvent couver jusqu’à 14 oeufs. Donnez seulement 8
oeufs à couver aux poules de race locale plus petites.

Utilisez un couvoir propre et désinfecté. Le couvoir doit être d’environ


35 cm sur 35 cm et haut de 40 cm. Le nid est fait de paille, de foin ou
de feuilles sèches et a environ 25 cm de diamètre. Placez le couvoir
dans un endroit sombre et frais ou bien recouvrez le partiellement.
L’endroit ne doit pas être accessible aux autres poules, aux chiens, aux
rats, aux serpents, etc. Il est bon de relier le couvoir à un petit parc.
Placez près de la poule qui couve de la nourriture de bonne qualité et
de l’eau propre et fraîche.

54 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


7.2 Incubation artificielle
On trouve dans le commerce de petites couveuses pouvant couver en
même temps un grand nombre d’oeufs. Vous pouvez construire vous-
même une telle machine avec des moyens relativement simples.
L’Agrodok no. 34: ‘Incubation des oeufs par les poules et en cou-
veuse’ décrit la construction d’une couveuse pour 50 oeufs.

Conditions essentielles de l’incubation artificielle:

? Possibilité de régler la température à environ 38 °C (100 F). Une


source de chaleur simple suffit. La température doit rester cons-
tante.
? L’humidité relative de l’air doit être assez élevée: environ 55 à 60%.
A la fin de la période d’incubation, à partir du 18ième jour, le degré
d’humidité doit atteindre 75%. A cet effet, placez des abreuvoirs
dans la couveuse. Renouvelez l’eau constamment.
? Renouvelez l’air assez souvent.
? Retournez régulièrement les oeufs (au moins 3 fois par jour). Tour-
nez-les à chaque fois de 90 °C.

Si toutes ces conditions sont remplies, l’incubation artificielle donne


des résultats aussi bons que l’incubation naturelle sous les poules,
mais on calcule généralement un pourcentage un peu plus bas, par
exemple 65-70% au lieu de 75-80%. Choisissez la période
d’incubation de façon que les poussins sortent à la saison sèche.

7.3 L’élevage des poussins


Les poussins éclosent après 21 jours d’incubation. La poule couveuse
s’occupe alors immédiatement de ses poussins. Pendant les premières
semaines il est bon d’enfermer la poule et ses poussins dans un pou-
lailler séparé. Le tout premier besoin des poussins est l’absorption
d’eau fraîche. L’eau ne doit jamais manquer. Le besoin de nourriture
se fait sentir un jour plus tard.

Incubation et elevage 55
Si vous ne pouvez pas acheter de nourriture toute prête, composez-la
vous-même. Donnez les premiers jours du maïs ou du millet cassé,
mélangé avec des oeufs cuits pour les protéines. Ajoutez des détritus
de cuisine et de la verdure (feuilles, herbes, etc.). Les vitamines pro-
viennent surtout de la verdure.

Si les oeufs ont été couvés artificiellement, vous devez vous-même


veiller à un environnement adapté aux poussins. Mettez les poussins
dans un endroit très propre et surveillez la température ambiante.

Températures approximatives pendant les premières semaines: voir


tableau 7.

Tableau 7 : Schema de chauffage

Âge (semaines) Température de environnement


0-1 35-32
1-2 32-29
après 2 semaines, les faire sortir dehors
2-3 29-26
3-4 26-23
4-5 23-30

On voit qu’à partir de l’âge de 4 semaines un chauffage supplémen-


taire n’est plus nécessaire, ou bien uniquement la nuit.

La source de chaleur peut être une lampe à huile ou à pétrole ou en-


core une ampoule électrique. Ces sources de chaleur peuvent être utili-
sées de plusieurs façons. Les poussins sont mis dans une caisse à éle-
vage avec une lampe à pétrole entourée d’un grillage protecteur. Le
côté supérieur de la caisse recouvert de grillage les protège contre les
animaux nuisibles, les chiens et les chats. Le comportement des pous-
sins renseigne très bien sur la température ambiante. S’il fait trop fro-
id, ils se rassemblent les uns contre les autres et s’il fait trop chaud, il
s’écartent le plus possible de la source de chaleur. Si la température est
bonne ils se dispersent régulièrement sur la surface disponible. Re-
couvrez le fond grillagé des caisses avec un journal que vous change-
rez chaque jour jusqu’à ce que les poussins parviennent à marcher sur

56 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


le grillage (environ une semaine). Comme les poussins ne marchent
pas dans leurs excréments, le risque d’infections parasitaires est réduit
au maximum.

Les poussins doivent avoir assez de lumière les premiers jours pour
trouver la nourriture et l’eau. L’intensité lumineuse est moins impor-
tante par la suite. L’excés de lumière peut conduire au becquetage les
plumes.

Voir Agrodok no. 34 pour des renseignements plus détaillées.

Les premières poules commencent à pondre vers l’âge de 4 à 5 mois


selon leur prédisposition génétique et leur environnement. La maturité
de ponte des hybrides modernes est de plus en plus précoce, à 20 se-
maines ou même avant.

Comme on l’a vu dans le chapitre 3, vous pouvez stimuler la maturité


de ponte en augmentant la longueur de la journée pendant la période
d’élevage. Il est pourtant déconseillé de stimuler les jeunes poules à
pondre trop tôt. Ne donnez pas d’éclairage supplémentaire pendant
cette période. Si vous tenez tout de même à augmenter l’absorption de
nourriture, éclairez de façon à maintenir constante la longueur du jour
pendant l’élevage.

Si vous ne disposez pas d’éclairage artificiel, élevez vos poussins


quand les jours sont courts pour que les poules puissent pondre quand
les jours rallongent. Cela stimule la ponte.

Incubation et elevage 57
8 Amélioration des poules locales
Souvent les poules locales n’appartiennent plus à une race bien défi-
nie. Cela tient évidemment aux nombreux croisements antérieurs.
Sous les tropiques les poules ne sont pas très grosses et pondent de
petits oeufs. Fruits d’une longue histoire d’adaptation, elles supportent
mieux les hautes températures et sont beaucoup mieux adaptées aux
circonstances difficiles. Toutefois, leur production est basse, environ
50 oeufs par an. Dans de nombreuses petites entreprises la majeure
partie des oeufs sert à renouveler le nombre des volatiles.

Il existe 2 façons d’améliorer la production de poules de race locale:


? En remplaçant les coqs de race locale par des coqs de race amélio-
rée.
? En vendant les poules improductives.
Ces mesures doivent aller de pair avec des mesures d’amélioration des
circonstances d’élevage.

8.1 Programmes d’échanges de coqs


Dans différents pays sont appliqués avec succès ce qu’on appelle les
‘programmes d’échanges de coqs’. Tous les coqs de race locale sont
alors remplacés par des coqs de race étrangère (par exemple Rhode
Island Red) ou par des coqs de race hybride. On élève des coqs de race
pure dans les villages qui organisent des programmes de croisement
en vue de revendre les poussins aux petites entreprises avicoles envi-
ronnantes. Si l’entreprise est bien gérée, la première génération de
poules qui suit l’échange des coqs donne une meilleure production.
L’échange de coqs doit être répété de temps en temps, par exemple
tous les cinq ans. Entre temps, remplacez vos coqs par ceux d’un voi-
sin pour éviter les croisements consanguins.

58 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


8.2 Sélection
Sélectionner pendant la période de production signifie retirer les pou-
les malades et les pondeuses improductives. Cette sélection augmente
l’efficacité de la production en réduisant les frais de nourriture. La
sélection se fait également auparavant, c’est-à-dire pendant la période
d’élevage. Appliquez une sélection globale quelques semaines avant la
ponte: retirez les poules trop petites, trop lentes et à la crête pâle. Au
lieu de les tuer, vous pouvez les garder dans un endroit séparé jusqu’à
ce qu’elles se rétablissent. Appliquez une sélection régulière pendant
toute la production. Les bonnes pondeuses se reconnaissent aux carac-
téristiques suivantes (tableau 8):

Tableau 8 : Différences entre des poules productives et improduc-


tives.

Caractéristiques Poule productive Poule improductive


aspect général vif lent
poids bon faible
crête et caroncules douces et rouges vif dures et pâles
pigmentation (races jaunes) en voie dedisparition restant long temps
cloaque grand, doux humide racorni sec
distance on pubis grande (± 5 cm) petite (± 2 cm)
distance bréchet on pubis grande (± 8 cm) petite (± 4 cm)
peau douce, pendante épaisse, graisse sous-
cutanée

Une poule lente, à la crête et aux caroncules pâles et dures se remar-


que facilement. Examinez-la de près. Sélectionnez aussi les poules très
grosses à la mine saine et mesurez la distance entre les os pubis. Si
cette distance est inférieure à 2-3 cm, la poule ne peut pas pondre.

Si une poule cherche à couver à un moment qui ne vous convient pas,


calmez son besoin en la plaçant dans un poulailler séparé au sol grilla-
gé et en la nourrissant bien. Elle se remettra à pondre dans les jours
qui suivent.

Amélioration des poules locales 59


9 Produits directs et produits
secondaires

9.1 Oeufs
Les oeufs ont une grande valeur nutritive. Le blanc comme le jaune
sont riches en protéines de haute valeur (plus de 10% de leur poids).
Le jaune contient environ 33% de graisse. Les oeufs contiennent aussi
de nombreuses vitamines A et D et quelques vitamines B. Si vous dé-
sirez vendre des oeufs, conservez-les dans un endroit adéquat.
Conservez seulement les oeufs frais et propres, à la coquille non fêlée.

L’endroit doit être propre et, surtout si les oeufs doivent être conservés
plus d’une semaine, aussi frais que possible. Choisissez un endroit
sombre. Les oeufs fécondés doivent absolument être conservés au
frais car les températures élevées (à partir de 25 °C) stimulent le déve-
loppement embryonnaire.

9.2 Viande
Généralement les poules qui ne pondent plus sont utilisées pour la
consommation personnelle. En cas de vente, il est préférable de ven-
dre les poulets vivants. La viande de volaille est une nourriture riche et
saine. Son taux moyen en protéines est 20% et elle contient relative-
ment peu de graisse (+- 7%), surtout sous-cutanée. Généralement on
préfère la viande des poules de race locale, même si le vrai goût de
poulet tient probablement plus à l’âge élevé de la poule qu’à sa race.

9.3 Excréments
Comme les excréments de volaille sont très riches en carbone et en
sels minéraux - surtout en calcium, phosphore et potassium -, ils cons-
tituent un bon engrais (tableau 9).

60 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


Les excréments ramassés depuis longtemps perdent une partie de leur
valeur d’engrais.
Conservez les excréments aussi secs que possible pour réduire au
maximum les pertes en minéraux et les problèmes de mouches. Reti-
rez-les régulièrement pour limiter encore les pertes.
Les excréments de poule sont également utilisés dans les viviers. Une
partie est directement mangée par les poissons, mais la majeure partie
se transforme en matériel végétal qui, à son tour, sera mangé par les
poissons.
Dans de nombreux pays les excréments de poule séchés combinés par
exemple avec du grain ou de la mêlasse sont utilisés pour nourrir les
bovins et les chèvres. Les excréments ne doivent pas être trop vieux et
doivent être rapidement séchés pour conserver leur valeur nutritive.
Grâce à une installation de biogaz les excréments peuvent être trans-
formés en gaz et utilisés en engrais dans les terres ou les viviers.

Tableau 9 : Composition moyenne des excréments de poule.

Excréments frais Fumier


Matière sèche (%) 20-22 50
Carbone (%) 1-1.5 1-2
Phosphore (% P2O5) 1-2 2
Potassium (% K2O) 0.7 1
Calcium (% CaO) 2.2 3

9.4 Abats
Après avoir été moulus et sèchés, les abats constituent un excellent
aliment complémentaire. Il faut les stériliser pour éviter les risques de
transmission de maladies.
Ajoutons que les cadavres des poules mortes pendant la période de
production doivent être éliminés le plus rapidement possible (enterrez-
les ou brûlez-les).

Produits directs et produits secondaires 61


10 Administration
Si votre entreprise s’agrandit, vous devez noter les données de produc-
tion les plus importantes et tenir une administration. De cette façon,
vous percevrez mieux les points faibles de votre entreprise et vous
pourrez les corriger.

Pour cela il faut avoir une idée des données les plus importantes d’une
entreprise de poules pondeuses.

10.1 Pourcentage de ponte et durée de la


période de ponte
Dans les pays où l’élevage des pondeuses est bien développé, les pou-
les pondent à un âge de 20 semaines environ. La production moyenne
d’une bande atteint rapidement son maximum après 8 semaines. La
plupart des poules pondent alors presque chaque jour un oeuf, le total
des oeufs ramassés chaque jour correspondant presque au nombre de
poules. Cela s’exprime par ce qu’on appelle le ‘pourcentage de ponte’.
Ainsi la production maximale à un âge de 8 semaines s’exprime par
exemple par un pourcentage de ponte de 90%.

Caractéristiques d’une bande de poules bien productives:


? La production atteint rapidement son maximum.
? La production maximale est élevée.
? La production maximale élevée se maintient quelque temps pour
baisser ensuite très lentement. Calculée sur toute la période, la
moyenne des pourcentage de ponte peut être élevée.

La période de ponte dure au total de 12 à 14 mois pour une aviculture


développée, selon le taux de production, le prix des oeufs et le prix
des poules qui ont fini de pondre. Il faut ensuite vendre les poules. Ces
données doivent résulter dans une ‘courbe de production’.

62 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


Au lieu de vous débarrasser des poules à la fin de la période de ponte
vous pouvez leur allouer une période de repos, les laisser muer et leur
faire traverser ensuite une deuxième et même une troisième période de
ponte. Sous les tropiques les poules muent naturellement après une
année de ponte, surtout pendant la saison aux jours courts. Vous pou-
vez stimuler la mue à l’aide d’un éclairage supplémentaire.

Vous pouvez aussi forcer une mue artificielle. Pendant la première


période de ponte, laissez vos poules pondre pendant seulement 8-9
mois et faites-les muer en leur donnant moins de nourriture. La pro-
duction reprendra après la mue et la qualité des coquilles sera meil-
leure.

L’application de la mue offre des avantages:


? si le prix d’achat des nouvelles poules est élevé;
? si le prix des oeuf est bas à ce moment-là;
? si le prix de vente des vieilles poules est bas;
? si la meilleure qualité des coquilles résulte dans un prix de vente
plus élevé.

Il est probable que sous les tropiques le prix des poules qui ont fini de
pondre soit souvent élevé. Comme la mue est une entreprise difficile
et risquante, il est conseillé de ne garder les pondeuses que pour une
seule période de ponte.

10.2 Poids des oeufs


Comme les oeufs s’achètent souvent au kilo, le poids des oeufs est une
donnée importante. Les premiers oeufs du début de la période de
ponte sont petits. Leur poids augmente ensuite jusqu’à la fin de la
ponte. Le poids des oeufs dépend en partie de la race de la pondeuse.
Il dépend aussi de la nourriture et de l’environnement, notamment de
la température. Pesez les oeufs de temps en temps.

Administration 63
10.3 Consommation de nourriture
Les frais de nourriture forment généralement les frais les plus élevés
dans l’élevage des poules pondeuses. Il faut donc avoir une idée juste
de la consommation de nourriture et surtout de la quantité de nourri-
ture nécessaire par oeuf ou par kilo d’oeufs ou de viande. C’est ce qui
s’appelle la ‘conversion en nourriture’.

Dans une entreprise commerciale où les poules reçoivent de la nourri-


ture composée, il faut donner 100 à 120 g par jour par poule. Cela va-
rie selon la race de poule (petite ou moyenne), la qualité de la nourri-
ture et la température environnante. Si vous donnez à vos poules de la
nourriture que vous avez vous-même composée, la onsommation sera
souvent plus élevée à cause notamment des fibres crues (son).

10.4 Pertes
Pendant la période de ponte un certain nombre de poules meurent ré-
gulièrement. Dans les élevages plus développés, la moyenne des per-
tes est environ de 6 à 8% c’est-à-dire un peu plus de 0,5% par mois. Si
vous avez des pertes plus élevées, recherchez la cause sans tarder.

10.5 Administration
Il existe de nombreuses manières de tenir à jour les données de
l’entreprise. Une administration financiaire est particulièrement utile
pour les entreprises de quelque ampleur. Il est important de calculer le
prix de revient des oeufs produits pour se rendre compte si par exem-
ple leur prix de vente n’est pas trop bas. Faites bien la distinction entre
frais généraux et frais directs. Il existe plusieurs modèles
d’administration simple dont voici un exemple.

Prix de revient des oeufs: principes à fixer


1 Frais d’investissement en bâtiments et installation:
Amortissement bâtiments: 5%, installation: 10%
Entretien bâtiments: 2%, installation: 3%
Rente: tarif valable divisé par 2 (amortissement de 100% à 0%!)

64 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


2 Frais d’achat des poussins et des jeunes poules.
3 Frais de nourriture.
4 Production.

Calcul du prix de revient

A. Frais directs
Achat de jeunes poules …..
Frais de nourriture …..
Frais d’éclairage …..
Eau …..
Soins de santé (medicaments, désinfection, vaccines) …..
Litière …..
Rente Volailles …..
[rente % * ½ (poussins et nourriture)] …..
Divers …..
Sous-total
B. Frais générauc calculé
Frais de logement …..
Frais de travail …..
Sous-total
Moins:
C. Rapports secondaires
Fumier vendu …..
Poules vendues …..
Total frais nets

Remarques:
Vous n’êtes pas obligés d’inclure les frais de travail. En soustrayant le
total des frais nets (frais de travail exclus) du revenu de la vente des
oeufs vous obtenez la somme gagnée par le travail (revenu de travail).

Une bonne administration doit être tenue quotidiennement. Cela prend


du temps mais c’est la seule façon de réussir une entreprise à long
terme.

Administration 65
Annexe 1 : Maladies infectueuses
Tableau 10 : Maladies infectueuses

Nom Cause Symptômes Prévention Traitement


Maladie de New Virus Troubles respi- Vaccination Aucun
Castle ratoires, trou-
bles nerveux,
diarrhées ver-
tes, arrêt de la
ponte
Bronchite infec- Virus Troubles respi- Vaccination Aucun
tieuse ratoires, arrêt de
la ponte, mal-
formation des
oeufs
Vérole de la Virus Lésions sur Vaccination Aucun
volaille (aviaire) crête, caroncu-
les et tête,
membranes
jaunes dans
cavité buccale
Maladie respira- Mycoplasme Troubles respi- Hygiène, moni- Antibiotiques
toire chronique (MG) ratoires torage, utilisa-
tion d’animaux
sains
Encephalomyé- Virus Paralysies, Vaccination Aucun
lite avaire tremblements
nerveux
Choléra Bactéri pasteu- Articulations et Hygiène Antibiotiques,
relle multiocide caroncules gon- sulfamides
flées, tête noirâ-
tre
Typhoïde Bactéri salmo- Mort Hygiène, moni- Sulfamides,
nelle torage antibiotiques
Bursite infec- Virus Diarrhées Vaccination Aucun
tieuse (maladie
de Gumboro)
Coccidiose Protozoaire Diarrhées Vaccination, Sulfamides
(Eimeria) litière sèche,
coccidiostats
Infections para- Diverses sortes Diarrhées Hygiène Divers vermifu-
sitaires de vers ges
Coryza infec- Bactérie Hae- Mucus nasal, Vaccination Sulfathiazol et
tieux mophilus galli- caroncules et antibiotiques
narum face gonflées (streptomycine,
tetracyclines)
Typhose Pullo- Bactérie Salmo- Diarrhée blan- Programmes Elimination

66 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


Nom Cause Symptômes Prévention Traitement
rose nella pullorum châtre, respira- d’éradication recommandée
tion difficile,
augmentation
du nombre des
poussins morts-
nés et morts
peu après
l’éclosion
Grippe aviaire Virus Troubles respi- Programmes Aucun
ratoires, tête d’éradication ou
gonflée, arrêt de vaccination
la ponte, forte
mortalité
Colibacillose Bactérie Esceri- Apathie, trou- Bonne santé Antibiotiques:
chia coli souvent bles respiratoi- des poussins furazolidone et
secondaire à res avec hoquet chlortétracycline
une infection caractéristique
virale

Annexe 1 : Maladies infectueuses 67


Annexe 2 : Nutrition de volaille
Tableau 11 : Quelques exemples de rations chiffrées

Couveuses 1 2 3 4
Numéro de diète % % % %

Son de riz 57 15 20.5 10


Riz cassé 8 20 19 -
Maïs jaune moulu 7 29.5 20 25
Son de blé - - - 15
Blé moulu - - - 15
Blé - - - 15
Orge moulu - - - -
Orge - - - 10
Millet - - - -
Tourteau de soja moulu 4 5 - -
Tourteau d’arachides moulu 5 5 - -
Haricot - - - 5
Tourteau de sésame moulu - - 22 5
Farine de graines de coton décorti- - - - 10
quées
Farine de noix de coco ou de copra 5 5 - -
- Les diètes sont constituées de différentes sortes d'ingrédients. Si vous disposez surtout
de mais moulu vous pouvez choisir par example les diètes 2 ou 3. Les ingrédients les plus
volumineux sont soulignés.
- Le fourrage vert (barseem Trèfle d'Alexandre) est donné au milieu du repas pour la diète
4.

68 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


Tableau 12 : Quelques exemples de rations chiffrées

Poussins 1 2 3
Numéro de diète (0-8 semaines) (8-12 semaines)
Son de riz 26 10 10
Riz cassé 16 - -
Maïs jaune 16 20 20
Blé moulu - 20 15
Blé - 10 10
Orge - 10 20
Tourteau d’arachide 5.4 - -
Tourteau de sésame 10.5 10 5
Farine de graines de coton décorti- - 5 10
quées
Haricot - 10 5
Farine de poisson 10.5 2 2
Farine de sang 2 - -
Petits morceaux de viande - 3 3
Lait 5.5 - -
Pois chiches 5.5 - -
Huile de foie de morue 0.5 1 1
Farine d’os - 1 1
Sel - 0.5 0.5
Pierre à chaux - 0.5 0.5
Mélange de minéraux 2 - -

Annexe 2 : Nutrition de volaille 69


Tableau 13 : Vitamines, fonctions et sources

Vitamine Fonction Source


A appétit, digestion, prévention de la herbe verte, farine de luzerne,
xérophthalmie, entretien des muqueu- farine de poisson, gluten de
ses céréales, céréales jaunes
B1 thiamine appétit, digestion, santé nerveuse, herbe verte, farine de luzerne
prévention de la polynévrite sous-produits du blé et du lait
B2 riboflavine croissance, éclosion, prévention de verdure, sous-produits du lait,
paralysie d’orteils recourbés drèches de brasserie solubles
B12 cyanoco- croissance, éclosion farine de poisson, restes de
balamine viande, litière épaisse, produits
fermentés
D3 assimilation minérale, production huiles de poisson, graisse ani-
d’oeufs, éclosion, prévention du rachi- male, levure
tisme, épaisseur des coquilles
Biotine éclosion, prévention de la dermatite foie, levure, verdure, mélasse
Niacine nicoti- croissance, plumage foie, levure, lait
namide
Acide panto- croissance, éclosion, prévention de la verdure, sous-produits du lait,
thénique dermatite restes de viande
Choline croissance et développement des os, verdure, grains entiers
production d’oeufs, prévention de la
pérose, prévient la dégénération
graisseuse du foie
K coagulation du sang, action anti- verdure
hémorragique
E santé des organes reproducteurs verdure, grains entiers

Tableau 14 : Autres minéraux essentiels

Mineral Fonction Source


Manganèse formation des os, solidité farine de pierre à chaux,
des coquilles, fécondité des sulfate de manganèse,
oeufs oxyde de manganèse
Fer, cuivre, cobalt formation de l’hémoglobine complément
Iodine prévention de la léthargie sel iodé
Sel (chlorure de sodium) utilisation des protéines, sel ordinaire (0,5% dans le
prévention de l’hypertension, régime)
production d’oeufs
Zinc croissance, développement carbonate de zinc, mangeoi-
res gavanisées

70 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


Tableau 15 : Resumé des besoins nutrifs des volailles

Composant Minimum Maximum


Lysine % 1.0 -
Méthionine % 0.4 -
Fibres crues % - 6.0
Energie métabolisable ( kJ/g) 11.0 -
Protéines crues % (jusqu’à 4 18.0 -
semaines)
Calcium (Ca) % 0.7 1.3
Manganèse (Mn) (mg/kg) 50.0 -
Chlorure de sodium (NaCl) % 0.4 0.4
Phosphore (P) % 0.4 1.1
Zinc (Zn) (mg/kg) 40.0 -
Choline (mg/kg) 1300.0 -
Niacine (mg/kg) 28.0 -
Acide pantothénique (mg/kg) 10.0 -
Riboflavine (mg/kg) 4.0 -
Vitamine A1 (UI*/kg) 1320.0 -
Vitamine D3 (UI/kg) 400.0 -
* Unité internationale
Exprimés en concentrations alimentaires (dans des produits séchés à l'air)

Tableau 16 : Besoins nutritifs des poules pondeuses

Composant Minimum Maximum


Lysine % 0.80 -
Méthionine % 0.35 -
Fibres crues % - 7.0
Energie métabolisable (kj/g) 12.00 -
Protéines crues % 16.50 -
Poules canards 19.00 -
Calcium (Ca) % 3.00 3.5
Manganèse (Mn) (mg/kg) 30.00 -
Chlorure de sodium (NaCl) % 0.50 0.5
Phosphore (P) % 0.50 1.0
Zinc (Zn) (mg/kg) 60.00 -
Choline (mg/kg) 1100.00 -
Niacine (mg/kg) 8.00 -
Acide pantothénique (mg/kg) 1.50 -
Riboflavine (mg/kg) 2.50 -
Vitamine A1 (UI*/kg) 2700.00 -
Vitamine D3 (UI/kg) 600.00 -
* Unite internationale
Exprimes en concentrations alimentaires ( dans des séchés à l'air)

Annexe 2 : Nutrition de volaille 71


Tableau 17 : Teneur nutritive des graines de céréales

Corn et Maïs Maïs (jaune) Munga Sorgho


cob (blanc)
Lysine** % 0.20 0.24 0.27 0.20 0.22
Méthionine** % 0.12 0.14 0.16 0.27 0.18
Fibres crues % 6.00 2.00 2.00 2.00 2.00
Energie métabolisable (kJ/g) - 14.69 14.57 13.92 14.48
Protéines crues % (N x 6,25) 7.60 8.00 9.0 10.50 10.00
Calcium (Ca) % - - - 0.05 0.05
Manganèse (Mn) (mg/kg) 13.00 5.00 5.00 5.00 13.00
Chlorure de sodium (NaCl)% 0.07 0.08 0.08 0.05 0.13
Phosphore (P) % 0.35 0.40 0.40 0.40 0.30
Zinc (Zn) (mg/kg) 20.00 23.00 23.00 20.00 15.00
Choline (mg/kg) 360.00 440.00 440.00 440.00 700.00
Niacine (mg/kg) 14.00 16.00 16.00 16.00 32.00
Acide pantothénique (mg/kg) 3.00 3.30 3.30 3.30 9.00
Riboflavine (mg/kg) 0.60 0.66 0.66 0.50 1.00
Vitamine A (UI*/kg) - - 400.00 - -
Vitamine D3 (UI/kg) - - - - -
* Unité internationale
** La quantité d’acides aminés varie selon la quantité totale de protéines.
NB Les valeurs obtenues par les méthodes d’analyse chimique doivent avoir priorité sur
les chiffres moyens donnés au tableau ci-dessus.
Utilisées dans les régimes pour volailles dans les régions tropicales et subtropicales (dans
des produits séchès à l'air)

72 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


Mé- Maïs Son de Germes Sucre Son de Son de
lasse concassé maïs de maïs blé blé avec
de cane farine
Lysine** % - 0.30 0.30 0.35 - 0.60 0.75
Méthionine ** % - 0.08 0.08 0.14 - 0.30 0.20

Fibres crues % - 6.00 13.00 5.00 - 12.00 10.00


Energie métabolisable (kJ/g) 10.16 7.20 6.38 14.69 17.52 7.02 12.85
Protéines crues % (N x 6.25) 3.00 9.00 7.00 10.00 - 14.00 16.00
Calcium (Ca) % 0.70 0.05 0.03 0.04 - 0.10 0.10
Manganèse (Mn) (mg/kg) 42.00 7.00 7.00 13.00 - 120.00 110.00
Chlorure de sodium (NaCl) % - - - 0.25 - 0.12 0.05
Phosphore(P) % 0.10 0.50 0.50 0.50 - 1.10 1.10
Zinc (Zn) (mg/kg) - 23.00 23.00 20.00 - 130.00 130.00
Choline (mg/kg) 850.00 440.00 440.00 1500.00 - 1000.00 1000.00
Niacine (mg/kg) 33.00 50.00 40.00 40.00 - 200.00 90.00
Acide pantothénique(mg/kg) 38.00 7.00 5.00 4.00 - 29.00 16.00
Riboflavine (mg/kg) 3.30 2.00 1.50 3.00 - 3.00 1.60
Vitamine A (UI*/kg) - - - - - 1000.00 1000.00
Vitamine D3 (UI/kg) - - - - - - -
* Unité internationale

Annexe 2 : Nutrition de volaille


** La quantité d’acides aminés varie selon la quantité totale de protéines.
NB Les valeurs obtenues par les méthodes d’analyse chimique doivent avoir priorité sur les chiffres moyens donnés au ta-
bleau ci-dessus.
Utilisées dans les régimes pour volailles dans les régions tropicales et subtropicales (dans des produits séchés à l'air)
Tableau 18 : Teneur nutritive d'autres sources énergétiques

73
Farine de sang Farine de Farine de Lait écrémé Farine de ba-

74
poisson viande os- (séché) leine
seuse
Lysine** % 7.00 5.00 3.00 2.50 4.00
Méthionine** % 0.90 1.80 0.50 0.80 1.00
Fibres crues % 1.00 1.00 1.00 - 1.00
Energie métabolisable (kJ/g) 11.77 12.60 10.11 11.12 12.09
Protéines crues % (N x 6.25) 80.00 65.00 48.00 33.00 80.00
Calcium (Ca) % 0.28 5.00 12.50 1.30 2.00
Manganèse (Mn) (mg/kg) 5.00 40.00 12.00 2.00 290.00
Chlorure de sodium (NaCl) % 1.50 2.50 1.75 1.65 0.50
Phosphore (P) % 0.22 2.70 5.50 1.00 0.50
Zinc (Zn) (mg/kg) - 68.00 100.00 - -
Choline (mg/kg) 750.00 3000.00 1500.00 1100.00 2200.00
Niacine (mg/kg) 30.00 60.00 40.00 11.00 66.00
Acide pantothénique (mg/kg) 1.10 8.00 3.00 3.00 3.00
Riboflavine (mg/kg) 1.50 6.00 3.50 20.00 2.20
Vitamine A (UI*/kg) - - - 260.00 -
Vitamine D3 (UI/kg) - - - - -
* Unité internationale
** La quantité d’acides aminés varie selon la quantité totale de protéines.
NB Les valeurs obtenues par les méthodes d’analyse chimique doivent avoir priorité sur les chiffres moyens donnés au
tableau ci-dessus.
Utilisés dans les régimes pour volailles dans les régions tropicales et subtropicales (dans des produits séchés à láir).

L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


Tableau 19 : Teneur nutritive des aliments protéiques animaux
Graines de coton Arachides Farine de Haricots Hari- Tour-
luzerne de soja cots de neso
1* 2 1 2 toutes
matières
grasses)
Lysine*** % 1.60 1.40 1.80 2.20 1.00 2.90 2.40 1.50
Méthionine*** % 0.52 0.43 0.15 0.43 0.15 0.60 0.51 0.80
Fibres crues % 14.00 18.00 5.00 5.00 30.00 6.00 4.00 12.00
Energie métabolisable 9.68 9.32 10.67 10.75 2.90 11.17 14.50 11.79
(kJ/g)
Protéines crues % (N x 40.00 36.00 48.00 52.00 16.00 44.00 37.00 40.00
6.25)
Calcium (Ca) % 0.20 0.20 0.16 0.16 1.40 0.25 0.22 0.41
Manganèse (Mn) 20.00 20.00 18.00 18.00 50.00 30.00 26.00 23.00
(mg/kg)
Chlorure de sodium 0.50 0.50 0.12 0.12 0.50 0.34 0.29 -
(NaCl) %
Phosphore (P) % 1.20 1.20 0.80 0.80 0.30 0.60 0.52 0.95
Zinc (Zn) (mg/kg) - - - - 35.00 28.00 24.00 -
Choline (mg/kg) 2300.00 2000.00 2000.00 2000.00 800.00 2000.00 1730.00 280.00
Niacine (mg/kg) 40.00 40.00 200.00 200.00 25.00 20.00 17.00 250.00
Acide pantothénique 10.00 10.00 30.00 30.00 14.00 12.00 23.00 38.00

Annexe 2 : Nutrition de volaille


(mg/kg)
Riboflavine (mg/kg) 5.00 5.00 5.00 5.00 13.00 26.00 22.00 3.00
Vitamine A (UI**/kg) 300.00 300.00 330.00 330.00 20000.00 340.00 290.00 -
Vitamine D3 (UI/kg) - - - - - - - -
* 1) tourteau; 2) farine;** Unité internationale
*** La quantité d’acides aminés varie selon la quantité totale de protéines
NB Les valeurs obtenues par les méthodes d’analyse chimique doivent avoir priorité sur les chiffres moyens donnés au tableau ci-
dessus.
Tableau 20 : Teneur nutritive des aliments protéiques végétaux

Utilisés dans les régimes pour volailles dans les régions tropicales et subtropicales (dans des produits séchés à l'air)

75
Farine d’os Phosphate Farine de Phosphate Phosphate

76
de di- pierre à de mono- de mono-
calcium chaux calcium sodium
Fibres crues % 2.00 - - - -
Energie métabolisable (kJ/g) 5.20 - - - -
Protéines crues % (N x 6.25) 25.00 - - - -
Calcium (Ca) % 22.00 22 37.00 16 -
Manganèse (Mn) (mg/kg) 30.00 700 1000.00 - -
Chlorure de sodium (NaCl) % 0.80 - 0.10 - -
Phosphore (P) % 9.00 18 0.04 20 22
Zinc (Zn) (mg/kg) 425.00 - - - -
Niacine (mg/kg) 4.00 - - - -
Acide pantothénique (mg/kg) 2.00 - - - -
Riboflavine (mg/kg) 0.90 - - - -
NB Les valeurs obtenues par les méthodes d’analyse chimique doivent avoir priorité sur les chiffres moyens don-
nés au tableau ci-dessus.

L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


régions tropicales et subtropicales (matériaux séchés à l’air)
néraux de complément dans l’alimentation des volailles dans les
Tableau 21 : Contenu nutritif des substances utilisées comme mi-
Annexe 3 : Autres aliments
Autres céréales
? Mil à chandelle (Pennisetum typhoides): Ses grains sont très petits.
Il ressemble au maïs quant à sa composition et sa valeur nutritive,
mais sa valeur protéique est beaucoup plus élevée. Sa valeur nutri-
tive est similaire à celle de l’orge. Comme l’orge, il stimule la pro-
duction de graisse blanche. Pendant la saison sèche, cette céréale est
très sensible à l’infection par le fungus Clavisceps purpurea qui
produit des toxines dangereuses tant pour les volailles que pour les
humains.
? Éleusine (Eleusine coracana): Cette céréale présente l’avantage que
ses grains ne s’abîment pas si la plante est laissée sur pied après les
pluies. Il a un faible pourcentage en protéines, mais son pourcen-
tage en fibres est légèrement plus élevé que celui du mil jonc. Il
peut être utilisé dans le régime des jeunes poules et des poules pon-
deuses.
? Blé (Triticum aestivum): Le blé est surtout utilisé pour la consom-
mation humaine, en particulier pour la fabrication du pain. Sa te-
neur en énergie est légèrement plus basse que celle du maïs. Le blé
dur a une teneur protéique moyenne de 13-15%, alors que le blé
doux a une teneur beaucoup plus basse (environ 10%).
? Orge (Hordeum vulgare): Son niveau de protéines de 10% et sa te-
neur en fibres de 5% font de cette céréale un ingrédient qui n’est
pas adapté au régime des pondeuses et des poulets de chair très pro-
ductifs, surtout sous des conditions climatiques chaudes. Il peut être
utile dans le régime des poulets de chair dont on désire diminuer la
consommation alimentaire.
? Riz (Oryza sativa): Le riz battu a une épaisse enveloppe fibreuse
contenant juqu’à 20% de silice et sous cette forme il n’est pas
consommable par les poules. L’enveloppe extérieure s’enlève faci-
lement et laisse un produit beaucoup plus agréable au goût, le riz
complet. Riche en amidon et pauvre en huile, c’est un ingrédient
précieux dans l’alimentation des volailles.

Annexe 3 : Autres aliments 77


Sous-produits des céréales
? Son de riz: C’est un sous-produit dérivé du battage du riz. Il est ri-
che en fibres et en huile. L’huile peut créer des problèmes de rancis-
sement dans la nourriture durant du stockage. Il faut éviter de
l’inclure dans le régime des volailles à des niveaux supérieurs à
20% de la ration totale.
? Son de maïs: Ce sous-produit consiste dans l’enveloppe extérieure
des grains de maïs. Il contient 15% de fibres et est pauvre en éner-
gie métabolisable. Il ne convient pas au régime des volailles très
productives (poulets de chair et pondeuses).
? Drèches de brasserie: Il s’agit normalement d’un sous-produit de
l’orge, mais le sorgho donne des drèches de composition très simi-
laire. Sa teneur en protéines avoisinne les 20% et sa teneur en fibres
14%. A cause de cette haute teneur en fibres, cet ingrédient a une
valeur limitée pour l’alimentation des poules.
? Levure sèche de bière: Ce produit s’obtient par le séchage des restes
de levure de brasserie. Il ne contient pratiquement ni fibres ni huile,
mais sa cendre est très riche en phosphate. Il contient aussi 40-45%
d’une très haute valeur biologique. Il est très riche en vitamine B et
en riboflavine, mais pauvre en vitamine B12.

Autres aliments énergétiques


? Manioc, tapioca, yucca: Il est déconseillé de donner du manioc frais
aux volailles à cause de sa faible teneur en matière sèche et de la
présence de glucosides cyanogénétiques. Les tubercules intactes de
manioc contiennent un peu de cyanide libre mais chaque coupure
ou talure libère du cyanide libre. En mettant au soleil les tubercules
coupées en fines lamelles et en les faisant sécher jusqu’à un taux
d’humidité inférieur à 14% (de 65%), on réduit la teneur en cyanide
du manioc à un niveau acceptable. Ce manioc séché peut alors être
moulu et donné aux volailles. Le principal problème est sa faible
teneur en protéines. De plus, ses proportions en acides aminés sont
très différentes de celles requises par les volailles. En Afrique de
l’est, certaines sortes de manioc ne contiennent pratiquement pas de
protéines. Pour éviter que ce manque de protéines ne provoque de
graves carences nutritionnelles chez les volailles, il faut ajouter au

78 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


régime alimentaire des quantités adéquates d’aliments riches en
protéines.
? Mélasse: La mélasse est le résidu laissé une fois que le sucre brut a
été extrait du jus clarifié de la canne à sucre. Elle contient des su-
cres, et 10-12% de substance minérale soluble. Elle ne convient pas
à l’alimentation des volailles car elle provoque des diarrhées. De
plus, elle colle aux plumes.

Graines à huile et leurs sous-produits


? Graines de tournesol: Les graines contiennent environ 25% d’huile,
ce qui limite leur utilisation dans l’alimentation des volailles. Cette
teneur en huile rend compte de sa valeur exceptionnellement élevée
en énergie métabolisable.
? Farine de lin: Les protéines de la farine de lin ne complètent pas
efficacement celles du maïs ou d’autres céréales dans l’alimentation
des poules. La farine de lin ne peut donc pas être utilisée comme
principal composant des rations. Elle a une bonne teneur en de cal-
cium, en moyenne 0,37%, et elle est riche en phosphore avec une
moyenne de 0,86%.

Aliments protéiques animaux


? Farine de plumes: Les gros producteurs de poulets de chair peuvent
utiliser les plumes de leurs volailles pour en faire de la farine de
plumes. Le mieux est de traiter les plumes à la vapeur et de moudre
le produit. La farine de plumes est riche en protéines, leucine et cys-
tine, mais pauvre en lysine, tryptophane et méthionine. Faites atten-
tion aux risques d’infection des volailles, en particulier par la bacté-
rie Salmonella.
? Autres protéines animales: Une autre source de protéines animales
pouvant être utilisée pour l’alimentation des volailles est la farine
de sang. Comme tous les autres produits protéiques animaux, la fa-
rine de sang doit être soigneusement stérilisée avant d’être mélan-
gée à la nourriture afin d’éviter tout risque d’infection des animaux
et des oeufs.

Annexe 3 : Autres aliments 79


Bibliographie
Agrodok No. 34, Hatching eggs by hens or in an incubator (1990),
Agromisa, Wageningen, Pays Bas (available in English, French and
Spanish).
Banerjee, G.C., A textbook of animal husbandry, Oxford and IBH
Publishers, New Delhi, Bombay, Calcutta, Inde.
CAB International, Manual on poultry production in the tropics
(1987), Wallingford, Oxon, United Kingdom.
French, K.M., Practical Poultry Raising (1984), Peace Corps,
TransCentury Corporation, Washington D.C.
Jordan, F.T.W., Poultry diseases (1990), third edition, Baillière Tin-
dall, London, Philadelphia, Toronto, Sydney, Tokyo.
McArdle, A.A., Poultry management and production, Angus and
Robertson (Publishers) Pty. Ltd., Sydney, London, Melbourne, Bris-
bane, Singapore, 1961, 1966, 1972 (pp. 750).
Oluyemi, J.A. and Roberts, F.A., Poultry production in warm wet
climates, The MacMillan Press Ltd., London, Basingstoke, Delhi,
Dublin, Hong Kong, Johannesburg, Lagos, Melbourne, New York,
Singapore and Tokyo, 1979.
Portsmouth, J., Practical poultry keeping, Spur Publications, (pp.
207)
Price, C.J. and Reed, J.E., Poultry husbandry II, FAO, Rome, 1971.
Singh, H. and Moore, E.N., Livestock and poultry production, Pren-
tice Hall of India, New Delhi, 1978.
Williamson [Link], W.J.A. (Eds.), Poultry Chapter 13: An Intro-
duction to Animal Husbandry in the Tropics, (1978), London,
Longman (pp. 595-652).

80 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


Adresses utiles

PTC+ est un institut de formation international qui se concentre sur


tous les maillons de la chaîne de production au sujet des produits de
base végétaux et animaux, les technologies agricoles et alimentaires et
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Les programmes de formation sont axés sur la pratique et font alterner
des classes théoriques et des classes pratiques.
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grammes de coopération avec des institutions nationales et internatio-
nales à l’étranger.
Pour de plus amples renseignements, vous pouvez visiter notre site
Internet [Link] et/ou écrire à :
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Tél.: +31 318 645700
Fax: +31 318 595869
e-mail: info@[Link]

Adresses utiles 81
World’s Poultry Science Association (WPSA).
Working together to feed the World

Objectives of the World’s Poultry Science Association


(WPSA).
? Gather knowledge on all aspects of poultry science and the poultry
industry and to bring this knowledge to the poultry industry, poultry
scientists and other people with interests in poultry.
? Bring together worldwide those concerned with all aspects of poul-
try science, poultry production and the many diverse ancillary en-
terprises that are associated with the industry.
? Dedicate itself to the spread of knowledge so that education and
training are ranked high amongst the interests of WPSA members.
? Promote good poultry husbandry.

What does membership of the WPSA provide?


1 World’s Poultry Science Journal: The World’s Poultry Science Jour-
nal has a high international reputation for its content that covers all
aspects of poultry science. The Journal is available to subscribers on
the Internet, for further information and subscriptions contact:
[Link]/wpsj

2 World’s Poultry Congresses: exchange of knowledge and expe-


rience. Participants will obtain wider insight into the many aspects

82 L'aviculture à petite échelle dans les zones tropicales


of the poultry industry not only in the field of science and research
but also in the supply and processing industry.

3 Congresses and Symposia of Federations: major conferences orga-


nized on behalf of the European and Asia Pacific Federations of
branches of the WPSA. The working groups of the European Fede-
ration also organize in alternate years, symposia, conferences or
workshops where scientists can discuss poultry problems with peo-
ple from the industry.

4 Branch Meetings: National WPSA branches hold regular meetings,


produce newsletters, organize tours and are involved in supporting
their national industries.

5 Other WPSA activities: The Netherlands branch of WPSA has esta-


blished up a trust fund to finance scholarships. A WPSA Speakers
Bureau has been set up to help foster local and regional conferences
in the poultry sciences. The Association will consider applications
for small scale funding support for specific aspects of conferences,
which involve a group of branches or countries in a region. Exam-
ples include helping to provide a key expert speaker. Travel assis-
tance can be provided to help young WPSA members and students
participate in regional and global WPSA Conferences.

Address for further information


World’s Poultry Science Association Secretariat:
Dr Ir P.C.M. Simons,
PO Box 31, 7360 AA Beekbergen, The Netherlands
E-mail: [Link]@[Link]

Adresses utiles 83

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