Introduction aux séries chronologiques
Introduction aux séries chronologiques
Agnes Lagnoux
lagnoux@[Link]
ISMAG
MASTER 1 - MI00141X
Table des matieres
1 Introduction 4
1.1 Serie chronologique : vocabulaire et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.1 Definition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.2 Description dune serie chronologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.3 Objectifs principaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Description schematique de letude complete dune serie chronologique . . . . . . . . . . . 8
1.2.1 Correction des donnees . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.2 Observation de la serie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.3 Modelisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.4 Analyse de la serie a partir de ses composantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.5 Diagnostic du modele . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.6 Prediction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2 Modelisation deterministe 14
2.1 Le modele additif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.2 Le modele multiplicatif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.3 Les modeles mixtes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.4 Choix du modele . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3 Analyse de la tendance 19
3.1 Rappels sur la regression lineaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.1.1 La methode des moindres carres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.1.2 Proprietes et interpretation du coefficient de correlation lineaire . . . . . . . . . . . 20
3.2 Ajustement tendanciel lineaire par moindres carres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.3 Ajustement tendanciel lineaire par points medians . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.4 Ajustements tendanciels non lineaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.5 Estimation non parametrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2
3
1 Introduction
1.1 Serie chronologique : vocabulaire et exemples
1.1.1 Definition
La theorie des series chronologiques (ou temporelles) abordee dans ce cours est appliquee de nos jours
dans des domaines aussi varies que leconometrie, la medecine ou la demographie, pour nen citer quune
petite partie. On sinteresse a levolution au cours du temps dun phenomene, dans le but de decrire, ex-
pliquer puis prevoir ce phenomene dans le futur. On dispose ainsi dobservations a des dates differentes,
cest a dire dune suite de valeurs numeriques indicees par le temps.
Exemple : On peut songer par exemple a levolution du nombre de voyageurs utilisant le train, a lac-
croissement relatif mensuel de lindice des prix ou encore a loccurence dun phenomene naturel (comme
le nombre de taches solaires).
Cette suite dobservations dune famille de variables aleatoires reelles notees (Xt )t est appelee serie
chronologique (ou temporelle). Dans la suite de ce cours, nous la noterons
(Xt )t ou (Xt , t ) ,
t0 t0 + h ... t0 + (T 1)h
...
Xt0 Xt0 +h ... Xt0 +(T 1)h
...
X1 X2 ... XT
continu (signal radio, resultat dun electrochardiogramme...). Lindice de temps est a valeurs dans
un intervalle de R et on dispose (au moins potentiellement) dune infinite dobservations issues
dun processus (Xt )t ou est un intervalle de R. Un tel processus est dit a temps continu. Les
methodes presentees dans ce cadre sont differentes de celles pour les series chronologiques a temps
discret et presentees dans la suite.
Dans ce cours, nous considererons uniquement des processus stochastiques (Xt )t a temps discret
et unidimensionnels : chaque observation Xt est un reel. On peut egalement sinteresser a des series
chronologiques multidimensionelles, cest a dire telles que Xt soit un vecteur de Rd .
la tendance (ou trend) (Zt ) represente levolution a long terme de la serie etudiee. Elle traduit le
comportement moyen de la serie.
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Figure 1 Exemples de series chronologiques(1)
5
Figure 2 Exemples de series chronologiques (2)
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la composante saisonniere (ou saisonnalite) (St ) correspond a un phenomene qui se repete a in-
tervalles de temps reguliers (periodiques). En general, cest un phenomene saisonnier dou le terme de
variations saisonnieres.
Par exemple, la serie b) de la Figure 1. presente des cycles reguliers au cours du temps et de meme
amplitude.
la composante residuelle (ou bruit ou residu) (t ) correspond a des fluctuations irregulieres, en general
de faible intensite mais de nature aleatoire. On parle aussi daleas.
Par exemple, la serie c) de la Figure 1. a un comportement assez irregulier : il y a comme une sorte de
bruit de faible amplitude qui perturbe les donnees.
Les modeles presentes dans ce cours tiennent compte de ces trois composantes (tendance, saisonnalite
et fluctuations irregulieres). Il faut cependant remarquer que lon pourrait envisager dautres composantes.
Une autre composante parfois etudiee de maniere specifique a trait au phenomene cyclique : cest sou-
vent le cas en climatologie et en economie (exemple : recession et expansion...). Il sagit dun phenomene
se repetant mais contrairement a la saisonnalite sur des durees qui ne sont pas fixes et generalement plus
longues. Sans informations specifiques, il est generalement tres difficile de dissocier tendance et cycle.
Dans le cadre de ce cours, la composante correspondant aux phenomenes accidentels sera integree aux
fluctuations irregulieres de la serie et la composante tendance regroupera a la fois la tendance et le cycle.
Cette etude permet aussi de faire un controle, par exemple pour la gestion des stocks, le controle dun
processus chimique... Plus generalement, nous pouvons deja poser quelques problemes lorsquon etudie
une serie chronologique.
Mais lun des objectifs principaux de letude dune serie chronologique est la prevision qui consiste a
prevoir les valeurs futures XT +h (h = 1, 2, 3, . . .) de la serie chronologique a partir de ses valeurs observees
jusquau temps T : X1 , X2 , . . . , XT . La prediction de la serie chronologique au temps t+h est notee XT (h)
et, en general, est differente de la valeur reelle XT +h que prend la serie au temps T + h. Pour mesurer
cette difference, on definira lerreur de prediction par la difference XT (h) XT +h en moyenne avec
(1)
lidee que plus h est grand, plus grande est lerreur. Lintervalle de precision, defini par les valeurs XT (h)
(2)
et XT (h), est susceptible de contenir la valeur inconnue XT +h . La qualite de la prediction pourra etre
mesuree en se basant sur 80% des observations, puis en simulant une prediction sur les 20% dobservations
restantes. Cette technique est aussi utile pour :
les series qui contiennent des trous
mesurer leffet dun phenomene accidentel (erreur,...)
Un autre probleme interessant est la detection de ruptures resultantes, par exemple, dun change-
ment de politique (economique). Ces ruptures peuvent etre de deux ordres : une rupture de niveau (par
exemple, le cours du PNB espagnol a ete fortement modifie en raison de le crise petroliere de 1973) ou
une rupture de pente. La prevision de ces dates de rupture est bien evidemment tres importante.
Il existe encore bien dautres objectifs immediats relatifs a letude des series chronologiques. Par exemple,
si deux series sont observees, on peut se demander quelle influence elles exercent lune sur lautre. En
7
notant Xt et Yt les deux series en question, on examine sil existe par exemple des relations du type
Yt = a1 Xt+1 + a3 Xt+3 .
Ici, deux questions se posent : tout dabord, la question de la causalite i.e. quelle variable (ici (Xt ))
va expliquer lautre (ici (Yt )), ce qui amene la deuxieme question, celle du decalage temporel : si une
influence de (Xt ) sur (Yt ) existe, avec quel delai et pendant combien de temps la variable explicative (Xt )
influence-t-elle la variable expliquee (Yt ) ?
Un dernier probleme important de la macroeconometrie est de determiner les relations persistances (de
long terme) des autres relations (de court terme).
Notons que les variables Xt ne sont le plus souvent ni independantes (on peut sattendre en effet a
ce que des observations relativement proches dans le temps soient liees) ni identiquement distribuees
(dans la plupart des cas, le phenomene evolue, se modifie au cours du temps ce qui entrane que les
variables le decrivant ne sont pas equidistribuees). Cela necessite des methodes statistiques de traitement
et de modelisation specifiques puisquen particulier dans un cadre standard (celui de la description dun
echantillon) les methodes statistiques classiques sont basees sur des hypotheses dindependance.
Schematiquement, les principales etapes de traitement dune serie chronologique sont les suivantes :
1. correction des donnees
2. observation de la serie
3. modelisation (avec un nombre fini de parametres)
4. analyse de la serie a partir de ses composantes
5. diagnostic du modele - ajustement au modele
6. prediction (= prevision)
8
Figure 3 Evolution du trafic voyageur SNCF de 1960 a 1980 (a gauche) et evolution annuelle (a droite)
Lobservation du graphique de gauche de la Figure 3 indique par exemple que le nombre de voyageurs
SNCF a augmente de maniere reguliere au cours du temps. De maniere generale, la courbe peut indi-
quer un mouvement a moyen terme de croissance ou decroissance (lineaire, quadratique...) revelant la
presence dune composante deterministe dans la serie appelee tendance (ou trend ) qui exprime donc
levolution generale a moyen ou long terme de la serie, du phenomene etudie. Par exemple, si on admet le
scenario dun rechauffement de la planete, la courbe des temperatures moyennes indique un mouvement
de croissance a moyen terme.
Le graphe de la serie peut encore faire apparatre une periodicite dans les valeurs observees revelant
la presence dun phenomene dit saisonnier. Les variations saisonnieres sont liees au rythme impose par
les saisons meteorologiques (production agricole, consommation de gaz, vente de bois avant lhiver. . . )
ou encore par des activites economiques et sociales (fetes, vacances, soldes,. . . ). Elles sont de nature
periodique cest a dire quil existe un entier p, appele periode, tel que St = St+p , pour tout t et cette
composante est donc entierement determinee par ses p premieres valeurs S1 , S2 , . . . , Sp . Lorsquon veut
mettre en evidence ce phenomene a laide dun graphique, on peut decouper la serie en sous-series de
longueur de periode P du saisonnier et representer ces sous-series sur un meme graphique (cf. Figure 3
a droite). Sur ce graphique, on voit bien une similarite des differentes courbes annuelles liee aux saisons
meteorologiques : on constate par exemple un pic au mois de juin...
Bien entendu, on constate sur les deux figures des fluctuations plus ou moins importantes que lon
appelle irregularites ou mouvements residuels. Ces fluctuations irregulieres sont dues a des facteurs
exceptionnels pour la plupart imprevisibles (exemple : greve, risque de guerre...), ont souvent un effet de
courte duree et de faible intensite et sont de nature aleatoire (ce qui signifie ici dans un cadre purement
descriptif quelles ne sont pas expliquees). On regroupe donc generalement ces variations dans une com-
posante aleatoire representant les effets non expliques ou encore lerreur au modele.
Nous remarquons aussi un phenomene accidentel : sur lune des courbes de la Figure 3 de droite (il sagit
de lannee 1963), on voit un pic anormalement eleve au mois davril. On peut egalement sinteresser a
limpact de mai 1968 sur le nombre de voyageurs.
Les modeles presentes dans la section suivante tiennent compte uniquement des trois premieres compo-
santes (tendance, saisonnalite et fluctuations irregulieres) ; les phenomenes accidentels etant integres au
terme de fluctuations irregulieres.
9
1.2.3 Modelisation
Un modele est une image simplifiee de la realite qui vise a traduire les mecanismes de fonctionnement
du phenomene etudie et permet de mieux les comprendre. Un modele peut etre meilleur quun autre
pour decrire la realite et bien sur, plusieurs questions se posent alors : comment mesurer cette qualite ?
comment diagnostiquer un modele ? Nous presentons dans cette section une petite liste qui sert a resumer
et classifier les differents modeles envisages dans ce cours.
Les deux modeles de ce type les plus usites sont les suivants
1. le modele additif. Cest le modele classique de decomposition dans le traitement des
modeles dajustement. La variable Xt secrit comme le somme de trois termes :
X t = Z t + St + t ,
ou Zt represente la tendance (deterministe), St la saisonnalite (deterministe aussi) et t les
composantes (erreurs au modele) aleatoires iid.
2. le modele multiplicatif. La variable Xt secrit au terme derreur pres comme le produit de
la tendance et dune composante de saisonnalite :
Xt = Zt (1 + St )(1 + t ).
Lajustement est ici multiplicatif et intervient dans les modeles (G)ARCH.
les modeles stochastiques. Ils sont du meme type que les modeles deterministes a ceci pres que
les variables de bruit t ne sont pas iid mais possedent une structure de correlation non nulle : t
est une fonction des valeurs passees ( lointaines suivant le modele) et dun terme derreur t
t = g(t1 , t2 , . . . , t ).
La classe des modeles de ce type la plus frequemment utilisee est la classes des modeles SARIMA
(et de ses sous-modeles ARIMA, ARMA,...). Comme vu plus haut, la serie chronologique est lob-
servation dun processus stochastique : la modelisation porte ici sur la forme du processus (t ).
Le cas particulier ou la relation fonctionnelle g est lineaire est tres important et tres usite. Il
mene aux modeles autoregressifs lineaires, par exemple un modele dordre 2 avec des coefficients
autoregressifs a1 , a2 est donne par
t = a1 Xt1 + a2 Xt2 + t ,
ou (t ) est un bruit blanc cest a dire une variable aleatoire de moyenne nulle non correlee.
Les deux types de modeles ci-dessus induisent des techniques de prevision bien particulieres. Schematiquement,
on sinteresse tout dabord a la tendance et a la saisonnalite eventuelle(s) que lon isole tout dabord.
Ensuite on cherche a les modeliser, les estimer. Enfin on les elimine de la serie : ces deux operations sap-
pellent la detendancialisation et la desaisonnalisation de la serie. Une fois ces composantes eliminees,
on obtient la serie aleatoire t :
- pour les modeles deterministes, cette serie sera consideree comme decorrelee et il ny a plus rien a faire.
- pour les modeles stochastiques, on obtient (du moins on lespere !) une serie stationnaire (ce qui signi-
fie que les observations successives de la serie sont identiquement distribuees mais pas necessairement
independantes) quil sagit de modeliser.
Dans le cadre de ce cours, nous netudierons que les modeles deterministes. Les modeles
stochastiques seront abordes dans lUE de Renforcement Statistique.
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500 250
450
400 200
350
300 150
250
200 100
150
100 50
50
0 0
94 95 96 97 98 99 100 94 95 96 97 98 99 100
1 0.5
0.8 0.4
0.6 0.3
0.4 0.2
0.2 0.1
0 0
0.2 0.1
0.4 0.2
0.6 0.3
0.8 0.4
1 0.5
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5 94 95 96 97 98 99 100
Figure 4 Ventes trimestrielles de cremes solaires (en ht a g), tendance (en ht a dte), facteurs saisonniers
(en bas a g) et fluctuations irregulieres (en bas a dte)
Prenons comme exemple les ventes trimestrielles de cremes solaires dun certain fabricant de 1994 a 1999.
On suppose ici les composantes du modele connues et que la serie des ventes (Xi )i=1...24 est issue dun
modele de type multiplicatif :
Xi = Zi (1 + Si )(1 + i ).
Remarque 1.1 Nous verrons dans les chapitres suivants comment determiner ces differentes compo-
santes a partir de la seule serie observee.
11
Letude des fluctuations irregulieres permet danalyser precisement ce qui sest passe chaque tri-
mestre independamment de la tendance et de la saison. On remarque ainsi un accident au premier
trimestre 1995 (augmentation des ventes de 40% due a une promotion) ainsi quau premier trimestre
1997 (chute accidentelle des ventes de 50% due a une greve).
Nous verrons dans le Chapitre 3 comment enlever cette tendance et lestimer une fois isolee.
Pour pouvoir reellement comparer les ventes dun trimestre a lautre, on doit donc supprimer leffet de
la saisonnalite et on definit la serie corrigee des variations saisonnieres (XCV S,t )t en supprimant la
composante saisonniere (St )t du modele. La serie desaisonnalisee est
pour le modele additif : XCV S,t = Zt + t .
pour le modele multiplicatif : XCV S,t = Zt (1 + t ).
Dans notre exemple, la serie corrigee des variations saisonnieres (Figure 5 a gauche) permet de mettre
en evidence la progression des ventes entre 1995 et 1996, ainsi que les accidents survenus en 1995 et 1997.
Nous verrons dans le Chapitre 5 comment eliminer cette saisonnalite afin de nous concentrer sur les
composantes aleatoires de la serie chronologique puis lestimer une fois isolee.
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300 450
400
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350
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250
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200
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50
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94 95 96 97 98 99 100 94 95 96 97 98 99 100
Figure 5 Ventes trimestrielles de cremes solaires : serie corrigee des variations saisonnieres (a gauche),
et serie lissee des predictions (a droite)
1.2.6 Prediction
Enfin, une fois ces differentes etapes realisees, nous sommes en mesure de faire de la prediction.
Dans le cadre de ce cours, nous ne traiterons pas les etapes de correction des donnees
et dajustement au modele mais seulement les etapes dobservation, modelisation, analyse
de la serie a partir de ses composantes et prediction.
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2 Modelisation deterministe
2.1 Le modele additif
Nous considerons dans cette section une serie X = (Xt )t admettant une decomposition additive
X t = Z t + St + t , t = 1 . . . T,
la tendance Zt exprime un mouvement a moyen terme de la serie. Elle est le plus souvent modelisee
par une fonction polynomiale du temps.
St+P = St , t.
Cela revient a dire que leffet net du saisonnier sur une periode est nul ; ce qui est naturel puisquil
est repris dans la tendance generale de la serie chronologique. Il sagit la du modele le plus simple
dans lequel le saisonnier est caracterise par P coefficients c1 , . . . , cP . Lorsque P = 4, la serie est
trimestrielle ; lorsque P = 12, la serie est mensuelle...On suppose par ailleurs que leffet du saisonnier
est en moyenne nul sur une periode, ce qui signifie que
P
X
ci = 0.
i=1
les erreurs sont des variables aleatoires centrees. On considere le plus souvent un bruit blanc,
cest-a-dire une suite de v.a.r. telles que
E(t ) = 0 et E(t t ) = 2 tt .
Les v.a.r. sont alors non correlees et lorsque le bruit blanc est gaussien cest-a-dire que
t N (0, 2 ),
Remarque 2.1 Dans ce modele, lamplitude de la serie reste constante au cours du temps. Ceci
se traduit graphiquement par des fluctuations autour de la tendance Zt constantes au bruit pres.
A premiere vue, la notion de composante periodique pourrait etre suffisante. Cependant, ce nest
pas le cas pour la raison decrite ci-apres. Considerons le modele additif
X t = Z t + St + t , t Z.
Cette decomposition nest pas unique en labsence dhypotheses supplementaires. En effet, si St est
une composante periodique de periode p, alors il existe une constante c telle que
St+1 + . . . + St+p = c, t Z.
Xt = Zt + St + t , t Z,
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Figure 6 Modele additif. Amplitude constante autour de la tendance
Toutefois, il existe un lien entre la notion de periodicite et celle de somme nulle sur une periode :
Propriete 2.1 Toute composante de somme nulle sur une periode p est periodique de periode p.
Imaginons que nous etudions la serie des temperatures moyennes relevees chaque mois en un meme site
depuis janvier 2006. Que peut-on dire des composantes presentes ?
la serie (Zt )t represente la tendance generale (rechauffement ? cycle ?).
les donnees etant mensuelles, la periode est donc un an et p = 12.
des valeurs S1 = 10 et S6 = +8 signifient que le mois de janvier est plus froid de 10 par rapport
a lensemble de lannee alors que le mois de juin est plus chaud de 8.
une fluctuation irreguliere 14 = 2 signifie quil a fait 2 de moins que prevu pour un mois de
fevrier en 2007 (cest-a-dire ce que nous laissaient prevoir la tendance et leffet saisonnier pour
fevrier 2007).
Xt = Zt (1 + St )(1 + t ), t = 1 . . . T,
Lamplitude de la serie nest plus constante au cours du temps : elle varie au cours du temps proportion-
nellement a la tendance Zt au bruit pres. Dans ce modele, on considere que les amplitudes des fluctuations
dependent du niveau.
15
Figure 7 Modele multiplicatif. Amplitude proportionnelle a la tendance
Remarque 2.2 Le modele multiplicatif est generalement utilise pour des donnees de type economique.
Xt = Zt St + t , t = 1 . . . T,
PP
avec lhypothese ici que i=1 ci = P.
Afin de faire cette distinction, on peut se baser sur une methode graphique ou utiliser une methode
analytique. Nous etudions ces methodes sur un exemple concret en nous basant sur la serie chronologique
Nouvelles immatriculations de voitures particulieres, commerciales et utilitaires neuves selon le mois :
Methode du profil
16
Figure 8 Nouvelles immatriculations de voitures particulieres, commerciales et utilitaires neuves au
Luxembourg selon le mois
Pour faire la determination entre modele additif et modele multiplicatif graphiquement, on peut par
exemple superposer les saisons representees par des courbes de profil sur un meme graphique. Si ces
courbes sont paralleles, le modele est additif, autrement le modele est multiplicatif.
Sur le graphique de notre exemple Figure 8, les courbes de profil semblent paralleles pour toutes les
saisons. On peut donc supposer que le modele est additif.
Methode de la bande
On fait un graphique representant la serie chronologique (cf. Figure 8), puis on trace une droite passant
respectivement par les minima et par les maxima de chaque saison. Si ces deux droites sont paralleles,
nous sommes en presence dun modele additif. Dans le cas contraire, cest un modele multiplicatif.
Sur notre exemple, nous constatons que ces deux droites ne sont pas paralleles, ce qui laisse plutot
penser que le modele est additif.
Methode analytique
On calcule les moyennes et les ecarts-types pour chacune des periodes considerees puis la droite des
moindres carres = ax + b. Pour des rappels sur la droite des moindres carres voir le chapitre suivant.
Exemple 2.1 Verifier grace a la methode analytique sur lexemple des nouvelles immatriculations de
voitures particulieres que le modele est multiplicatif.
Important : Il faut bien tester avec les trois methodes pour decider du modele !
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Figure 9 Nouvelles immatriculations de voitures particulieres, commerciales et utilitaires neuves de
1996 a 2000 au Luxembourg
18
3 Analyse de la tendance
Dans ce chapitre, nous nous placons dans le cadre dun modele compose uniquement dune tendance et
de fluctuations irregulieres et donnons differentes methodes permettant destimer la tendance.
Nous cherchons maintenant la droite qui passe au plus pres des points du nuage. Pour cela, il faut donc
mesurer leloignement des points du nuage par rapport a une droite D dequation y = ax + b puis
minimiser un critere derreur donne. On peut envisager
P de minimiser
la somme des erreurs en valeur absolue : min ni=1 |yi axi b|.
Pn a,b
la somme des erreurs au carre : min i=1 (yi axi b)2 .
a,b
La methode des moindres carres minimisant le second critere est la plus usite et decrite a la section
suivante.
Proprietes :
1) Cette droite passe par le point moyen M (X; Y ). Puisquil suffit de deux points pour tracer une droite,
on pourra, pour tracer Y /X , placer les points B(0; b) et M (X; Y )
2) Le coefficient directeur a de Y /X , Cov(X, Y ) et r(X, Y ) (voir la definition dans le paragraphe suivant)
sont de meme signe :
Lorsquils sont positifs, on parle de correlation positive (y augmente quand x augmente).
Lorsquils sont negatifs, on parle de correlation negative (y diminue quand x augmente).
Rappels :
1) On rappelle quune equation de droite donne la relation entre labscisse (lue horizontalement) et lor-
donnee (lue verticalement) dun point de la droite. Ainsi pour une droite dequation y = ax + b, le point
de la droite dabscisse xi aura pour ordonnee axi + b.
2) Le nombre a est appele la pente de la droite ou encore coefficient directeur de la droite car il
determine la direction (la pente) de la droite. Lorsque a est positif la droite est croissante, lorsque a est
negatif la droite est decroissante.
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Le nombre b sappelle lordonnee a lorigine car cest lordonnee du point de la droite dabscisse 0
(intersection de la droite avec laxe des ordonnees).
3) Deux points (et une regle) suffisent pour tracer une droite. Pour representer une droite lorsquon
connat son equation, il suffit de placer deux points (par exemple les points de coordonnees (0; b) et
(1; a + b)) puis tracer la droite passant par ces 2 points.
Afin de confirmer quil est raisonnable dapproximer le nuage de points par une droite, on calcule le
coefficient de correlation lineaire encore appele coefficient de Bravais-Pearson :
Cov(X, Y )
r(X, Y ) = .
X Y
Proprietes :
a) Le coefficient de correlation lineaire est symetrique :
1 r(X, Y ) 1.
En particulier, pour a = c = 0, on voit que le coefficient de correlation lineaire est invariant par transla-
tions et pour b = d = 0, il est invariant au signe pres par homotheties.
On peut a nouveau utiliser ces relations pour simplifier les calculs du coefficient de correlation lineaire.
Si r(X, Y ) = 0.
Dans ce cas leloignement des points du nuage avec la droite de regression de Y en X est maximal.
On dira alors que X et Y sont lineairement independants.
Si r(X, Y ) > 0.
Dans ce cas la droite de regression de Y en X est croissante ; on parle alors de correlation lineaire
croissante entre X et Y . Lorsque r(X, Y ) est proche de 1, les points du nuage sont donc presque
alignes, on a donc une forte correlation lineaire croissante (ou positive) entre X et Y .
Dans le cas extreme r(X, Y ) = 1, les points du nuage sont alors parfaitement alignes, on peut
donc parler de correlation lineaire croissante totale : pour un individu, sa donnee suivant X
determine entierement sa donnee suivant Y .
Arbitrairement, on considerera la correlation lineaire croissante faible lorsque 0 < r(X, Y ) < 0, 3,
moyenne lorsque 0, 3 r(X, Y ) 0, 7 et forte lorsque r > 0, 7.
Si r(X, Y ) < 0.
Dans ce cas la droite de regression de Y en X est decroissante ; on parle alors de correlation lineaire
decroissante entre X et Y . Lorsque r(X, Y ) est proche de -1, les points du nuage sont donc presque
alignes, on a donc une forte correlation lineaire decroissante (ou negative) entre X et Y .
Dans le cas extreme r(X, Y ) = -1, les points du nuage sont alors parfaitement alignes, on peut
donc parler de correlation lineaire decroissante totale : pour un individu, sa donnee suivant
X determine entierement sa donnee suivant Y .
20
Arbitrairement, on considerera la correlation lineaire decroissante faible lorsque 0, 3 < r(X, Y ) <
0, moyenne lorsque 0, 7 r(X, Y ) 0, 3 et forte lorsque r < 0, 7.
Voici quelques exemples de nuages de points avec la valeur du coefficient de Bravais-Pearson qui per-
mettent de mieux comprendre ce que traduit la valeur de r(X, Y ) au niveau de nuage de points :
5
1.0 8
4
.8
6 3
.6
2
4
.4
1
2
.2 0
Observ Observ
X X X
r=-0,43 r=-0,89
Y 6
Y
40
5
30
4
20
3
10 2
1
0
0
-10
Observ -1 Observ
X X
En pratique, il faut commencer par tracer le nuage de points puis calculer r(X, Y ) et ce
nest que si la correlation lineaire est assez forte que lon cherchera la droite de regression
de Y en X.
Zt = at + b.
Cov(t, Xt )
a = et b = X at,
Var(t)
1 PT PT
en posant t = T t=1 t, X = T1 t=1 Xt et
( PT PT
Cov(t, Xt ) = T1 t=1 (t t)(Xt X) = 1
Y t=1 tXt tX
PT
Var(t) = T1 t=1 (t t)2
Remarquons que
Le point moyen de coordonnees (t, X) appartient a la droite des moindres carres.
21
Le coefficient de correlation lineaire est defini par
Cov(t, Xt )
r= p .
Var(t)Var(Xt )
La correlation lineaire entre la date t et la variable Xt est dautant plus importante que |r| est
proche de 1.
Pour choisir les deux points, on constitue deux sous-series dobservations en general deffectifs egaux (a
1 pres). Puis on prend les points medians de chaque sous-serie. On peut egalement prendre les points
moyens ou choisir a la main des points judicieux.
Xt 32 38 48 52 61 73 80 84 95
Effectuer un ajustement lineaire par la methode des moindre carres puis par celle des points medians.
Representer les resultats graphiquement.
Exemple 3.2 Dans le cas de lexemple de la Figure 2 (a), on peut aussi mener des calculs analogues a
ceux effectues precedemment et approcher la tendance par
a = 6.499 103
2
Zt = at + bt + c avec b = 2.335 107
c = 2.098 1010
22
3.5 Estimation non parametrique
Dans certaines situations, il nest pas facile de trouver le degre du polynome dajustement pour Zt ou
de changement de variable adequat. Par exemple, dans la Figure 2 (b), il nest pas possible dutiliser la
methode des moindres carres car le polynome utilise au depart nest ni lineaire, ni quadratique. On pour-
rait utiliser un polynome avec un degre eleve mais le nombre de parametres a estimer serait important et
rendrait les calculs fastideux. Par ailleurs, on ne sait pas non plus determiner lallure de cette fonction.
Dans cette situation, on a recours a la theorie non parametrique de lestimation de la tendance qui
ne suppose rien sur celle-ci a priori et on approxime la tendance par la moyenne mobile arithmetique
dordre 2m + 1,
Xt = M2m+1 (t).
Voir le Chapitre 4 pour la definition des moyennes mobiles et leurs proprietes.
Remarque 3.1 Compte tenu des proprietes des moyennes mobiles vues au Chapitre 4, les hypotheses
prealables a lemploi de cet algorithme sont
une saisonnalite a coefficients constants dont la periode est egale a lordre de la moyenne mobile
(periode impaire) ou a lordre de la moyenne mobile moins 1 (periode paire).
une erreur de faible variance.
Remarque 3.2 Par cette technique, quon utilise une moyenne mobile arithmetique, on ne dispose pas
destimation de la tendance pour les m premieres et m dernieres valeurs observees. Afin davoir des
estimees de la tendance pour toutes les dates observees, on peut, si les points (Xt )t=m+1,...T m paraissent
alignes par exemple, faire un ajustement lineaire comme explique precedemment. On fait ensuite une
interpolation lineaire afin de calculer des estimees de la tendance pour les points t = 1, . . . , m et t =
T m + 1, . . . , T .
23
4 Les moyennes mobiles
Dans le chapitre precedent, nous vons vu comment ajuster la tendance dans un modele compose sim-
plement dune tendance et de variations irregulieres. Dans le present chapitre, nous nous interessons a
un ensemble doutils, les moyennes mobiles ou filtres lineaires, transformations de series chronologiques.
Le but sera de lisser une serie temporelle, en gardant la tendance et en supprimant la saisonnalite pour
ensuite proceder a lestimation de ces deux composantes. Nous presentons dans les Sections 4.1 et 4.2
les moyennes mobiles et leurs proprietes. Dans le prochain chapitre, la mise en oeuvre de la methode
en pratique et lestimation des composantes deterministes seront detaillees dans le cadre des modeles
deterministes.
2. Il est clair que la definition ci-dessus na de sens que pour des instants t tels que
m1 + 1 t T m2 .
3. On note aussi Mm1 +m2 +1 Xt = Mm1 +m2 +1 (Xt ) = Xt . La seconde notation masque le fait la
moyenne mobile est un operateur et non une application. La derniere notation est plus compacte
mais son inconvenient est que lordre napparat plus.
Une moyenne mobile en t etant une combinaison lineaire finie des valeurs de la serie corres-
pondant a des dates entourant t, elle realise donc un lissage de la serie, une moyennisation.
Notation :
On peut reecrire la moyenne mobile en termes doperateurs. On definit pour cela loperateur B, appele
operateur retard, qui a tout processus (Xt )tZ associe le processus (Yt )tZ defini par
t Z, Yt = BXt = Xt1
Si on compose B avec lui-meme on obtient B 2 = B B tel que
t Z, B 2 Xt = Xt2
On peut iterer cette application et definir par recurrence
B k Xt = Xtk , k N.
Par convention, B 0 est loperateur identite I.
24
Loperateur F est appele operateur avance.
Remarque 4.2 On notera que m1 est donc le plus petit exposant de F et m2 le plus grand dans la
definition de la moyenne mobile. De maniere equivalente, m1 est donc le plus grand exposant de B et
m2 le plus petit.
Vocabulaire :
Le polynome P intervenant dans cette derniere expression de Mm1 +m2 +1 et defini par
m2
X
P (x) = i xm1 +i = m1 + m1 +1 x + . . . + m2 xm1 +m2
i=m1
est appele polynome caracteristique de la moyenne mobile Mm1 +m2 +1 . On remarque que P peut
aussi secrire sous la forme suivante
mX
1 +m2
P (x) = jm1 xj
j=0
25
Rappelons que par definition k est impair, k = 2m+1. Generalisons cette procedure a tout k. Lorsque k est
impair, k = 2m+1, la serie moyenne mobile est calculee aux memes instants que les observations initiales.
En revanche, lorsque k est pair, k = 2m, la moyenne mobile est calculee entre les dates dobservations. Si
lon veut comparer la serie transformee a la serie initiale, on a besoin davoir les valeurs pour les memes
dates dobservations. Pour pallier cet inconvenient, on prendra plutot comme transformation
1 1 1 1 1
Xtm + Xtm+1 + . . . + Xt+m1 + Xt+m = Mk1 Xt + Mk2 Xt ,
k 2 2 2 2
Exercice Calculer les series des moyennes mobiles dordre 2, 3 et 4 de la serie initiale Xt suivante
t 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16
Xt 30 15 5 30 36 18 9 36 45 15 10 60 48 16 8 72
Exercice Les moyennes mobiles symetriques verifient les proprietes suivantes a demontrer :
1. Si M1 et M2 sont deux moyennes mobiles centrees, alors il en est de meme de M1 M2 .
2. Une moyenne mobile centree M = B m P (F ) est symetrique si et seulement si P (B) = B 2m P (F ).
3. Si M1 et M2 sont deux moyennes mobiles symetriques, alors il en est de meme de M1 M2 .
Plus precisement,
m1 + . . . + m2 = 1.
26
2. Une moyenne mobile symetrique conservant les constantes conserve les polynomes de degre 1.
On vient de voir quune moyenne mobile arithmetique dordre 2m + 1 conserve les polynomes de degre
1. Quelles sont les autres series invariantes par cette moyenne ?
Exercice Par exemple, verifier quune moyenne mobile arithmetique ne conserve pas les polynomes de
degre 2.
Exercice On peut trouver des series invariantes par M1 M2 a partir de celles invariantes par M1 et M2 :
1. Si Xt est une serie invariante par M1 et M2 , alors Xt est invariante par M1 M2 .
2. Quen est-il de la reciproque ?
Remarque 4.3 Comme une moyenne mobile est un operateur lineaire sur lespace vectoriel des suites
indexees par Z, chercher les series invariantes par une moyenne mobile, cest-a-dire les series qui verifient
Xt = Xt ,
revient donc a chercher les vecteurs propres associes a la valeur propre 1 de loperateur moyenne mobile
considere.
Pour trouver les series invariantes par une moyenne mobile, on considere le polynome
P (x) xm1 = m1 + m1 +1 x + . . . + m2 xm1 +m2 xm1
dont on cherche les racines. Dans le cas centre, on considere simplement
P (x) xm = m + m+1 x + . . . + m x2m xm
Propriete 4.2 La moyenne mobile dordre m1 + m2 + 1 conserve les polynomes de degre inferieur ou
egal a p si et seulement si 1 est racine dordre p + 1 du polynome P (x) xm1 .
Preuve Etudions le polynome Q(x) := P (x) xm1 . Tout dabord, nous avons pour tout k
Pm2
P (x)
= Pi=m 1
i xm1 +i
m2
= Pi=m1 i (m1 + i)xm1 +i1
P (x)
m2 m1 +i2
P (x) = i=m1 i (m1 + i)(m1 + i 1)x
.
..
(k) Pm2 m1 +ik
P (x) = i=m1 i (m1 + i)(m1 + i 1) . . . (m1 + i k + 1)x
et immediatement
P m2
Q(1) = i 1
Pi=m
m2 1 P m2 P m2
Q (1) = Pi=m i (m1 + i) m1 = i=m i i + m 1 i=m1 i 1
m2 1 1
Q (1) = Pmi=m1 i (m1 + i)(m1 + P i 1) m1 (m1 1) P m2
2 m2
= 2
i=m1 i i + (2m 1 1) i=m1 i i + m1 (m1 1) i=m1 i 1
..
.
P m2
Q(k) (1) = (m + i) . . . (m1 + i k + 1) m1 (m1 1) . . . (m1 k + 1)
Pi=m
k P1m2i 1 l Pm2
= l=1 i=m1 i i + . . . + m1 . . . (m1 k + 1) i=m1 i 1
27
Soit maintenant la serie Xt = tk , pour k p. Sa transformee par la moyenne mobile centree dordre
2m + 1 est donnee par
m2
X m2
X k
X
Xt = i (t + i)k = i Ckl tkl il
i=m1 i=m1 l=0
k
X m2
X
= Ckl tkl i il = Ck0 tk = tk
l=0 i=m1
si on suppose que 1 est racine dordre p + 1 de P (x) xm1 . Et on en deduit que la moyenne mobile
dordre m1 + m2 + 1 conserve bien les polynomes de degre inferieur ou egal a p. On verifie aisement que
la reciproque est vraie.
Propriete 4.3 La moyenne mobile dordre m1 + m2 + 1 conserve les fonctions de la forme at ssi a est
racine du polynome P (x) xm1 .
Plus precisement, cherchons les series chronologiques qui sont arretees par le filtre moyenne mobile centree
dordre 2m + 1. Ce sont les series St telles que leur transformee St par la moyenne mobile verifie St = 0.
On cherche donc a determiner le noyau dune moyenne mobile arithmetique dordre 2m + 1 ou encore
les vecteurs propres associes a la valeur propre nulle.
Pour trouver les series arretees par une moyenne mobile, on considere le polynome
Propriete 4.4 La moyenne mobile dordre m1 + m2 + 1 arrete les fonctions de la forme at ssi a est
racine du polynome P (x).
Exercice On peut trouver des series arretees par M1 M2 a partir de celles arretees par M1 et M2 :
1. Si Xt est une serie arretee par M1 ou M2 , alors Xt est arretee par M1 M2 .
2. Quen est-il de la reciproque ?
La proposition ci-dessous montre que lensemble des series absorbees par M : Ker(M ) est un sous-espace
vectoriel.
28
Proposition 4.1 Soit une moyenne mobile M definie par
m2
X
M= i B i .
i=m1
Alors
Ker(M ) = Vect (tk rjt , t Z; k = 0 . . . lj 1, j = 1 . . . m ,
ou r1 , . . . , rm sont les racines dordres de multiplicte respectives l1 , . . . , lm de lequation suivante
m2
X
t Z, i Xt+i = 0.
i=m1
Preuve En utilisant le polynome caracterisque, il est immediat de voir que toute suite (Xt ) absorbee par
la moyenne mobile M est solution de lequation de recurrence ci-dessous
m2
X
t Z, i Xt+i = 0.
i=m1
Il sagit dune equation de recurrence lineaire a coefficients constants dordre m1 +m2 . Lensemble des so-
lutions de cette equation forme un espace vectoriel de dimension m1 +m2 dont une base est (tk rjt , t Z)
ou r1 , . . . , rm sont les racines dordres de multiplicte respectives l1 , . . . , lm de lequation ci-dessus.
Exercice Rechercher les series arretees par le filtre moyenne mobile arithmetique.
Propriete 4.5 Une moyenne mobile absorbe les composantes saisonnieres de periode p si et seulement
si son polynome caracteristique P est divisible par 1 + x + . . . + xp1 .
Plus precisement,
Propriete 4.6 Les moyennes mobiles arithmetiques dordre 2m + 1 sont les moyennes
Pm mobiles minimi-
sant la variance dun bruit blanc parmi les moyennes mobiles centrees telles que i=m i = 1.
29
Ainsi les moyennes arithmetiques dordre 2m + 1 transforment un bruit blanc en un processus centre
2
(inchange) et de variance 2m+1 reduite. Notons cependant que les variables t sont a present correlees
alors que les t ne letaient pas. On a en effet
(h) = Cov(t , t+h ) = E t t+h
m m
!
X X
= E i t+i i t+h+i
i=m i=m
m
X Xm
= i j E (t+i t+h+j )
i=m j=m
2 Pm
i=hm i ih pour h 2m
=
0 pour h > 2m
2 2m+1h
(2m+1)2 pour h 2m
=
0 pour h > 2m
On voit ainsi que la covariance entre t et t+h ne depend que de 2 (variance du bruit blanc et de h et
non de t et quelle sannule des que h > 2m. Nous verrons plus loin la notion qui generalise les processus
verifiant cette propriete dindependance en t de la covariance. En divisant (h) par Var(t ) = (0), on
obtient la correlation lineaire entre t et t+h :
2m+1h
(h) 2m+1 pour h 2m
(h) = =
(0) 0 pour h > 2m
En pratique, on doit donc trouver le meilleur compromis pour le choix de lordre de lissage optimal.
Remarque 4.4 Dans la pratique, il est frequent que la saisonnalite sexprime par une fonction periodique
de periode paire P = 2m. Cest la cas par exemple, des donnees mensuelles (P = 12), trimestrielles
(P = 4). Dans ce cas, pour eliminer la saisonnalite, nous utiliserons comme definit precedemment la
moyenne mobile
1 1 1
Xtm + Xtm+1 + . . . + Xt+m1 + Xt+m .
2m 2 2
En reprenant des calculs analogues a ceux effectues precedemment dans cette section, on peut montrer
que les moyennes mobiles ainsi definies
30
laissent invariants les polynomes de degre 1 ;
arretent fonctions periodiques de periode 2m dont la somme des coefficients est nulle ;
reduisent la variance dun bruit blanc par un facteur 2m1/2
4m2 .
Remarque 4.5 1) Les moyennes mobiles permettent de lisser directement la serie sans hypothese a
priori sur le modele sous-jacent. La methode est donc valable quel que soit le modele de decomposition.
Pour cette raison, on peut classer ce type de lissage dans les methodes non-parametriques (par opposition
aux methodes parametriques abordees plus loin). Cest un outil simple a mettre en oeuvre qui met en
evidence lallure de la tendance en supprimant la composante saisonniere et en attenuant le bruit.
2) Dans tout ce qui precede, on peut remplacer la moyenne par la mediane et on obtient alors un lissage
par mediane mobile. Ce procede a alors lavantage detre moins sensible aux valeurs aberrantes.
31
5 Decomposition dune serie chronologique
Nous disposons maintenant des outils de base permettant la decomposition dune serie chronologique. Il
est clair quafin de pouvoir estimer la tendance, cest-a-dire le mouvement du phenomene observe sur un
grand intervalle de temps, il faut disposer dune serie statistique sur une longue periode. Disposant de ces
donnees, comme nous lavons dit precedemment, le premier travail consiste a effectuer une representation
graphique adequate permettant davoir une vue globale du phenomene en question. Afin deliminer ou
damortir les mouvements cycliques, saisonniers et accidentels, on utilise donc la technique des moyennes
mobiles et on procede ainsi en quelque sorte au lissage de la courbe.
Dapres ce que nous venons de voir, la methode des moyennes mobiles arithmetiques peut etre utilisee
pour tout type de modele. Cependant, dapres ses proprietes, elle est particulierement adaptee pour le
modele deterministe additif lorsque
la tendance est sensiblement lineaire,
la composante saisonniere est periodique,
le bruit est de variance faible.
Dans le cas de polynome de degre superieur a 1, on peut aussi utiliser des moyennes mobiles autres
quarithmetiques laissant invariants les polynomes de degre superieur a 1.
Certains auteurs preconisent egalement dutliser la methode des moyennes mobiles comme technique
de lissage de la serie quelle que soit la forme de la tendance. On peut cependant utiliser dautres tech-
niques plus adaptees pour lisser la serie (telle la methode de loess).
La decomposition et letude de la serie statistique (Xt ) en vue de la prediction se font selon les etapes
suivantes
1. application dune moyenne mobile dordre judicieusement choisi.
2. estimation de la saisonnalite.
3. estimation de la tendance.
4. iteration eventuelle de la procedure.
5. prevision des valeurs futures.
6. analyse des residus.
X12(j1)+i Zj Si .
On obtient donc la composante aleatoire de la serie que nous analyserons dans les prochains chapitres. La
methode que nous venons dappliquer se generalise a des periodes non necessairement egales a 12 mais
presuppose quand meme un modele additif pour lequel la tendance varie faiblement.
32
Figure 10 Residus de lexemple 2 (d) apres elimination de la tendance
33
Nous allons illustrer cette decomposition par un exemple que nous etudierons pas a pas tout au long de
ce chapitre.
Exemple 5.2 Etudions par exemple les ventes dun produit P sur trois annees. Les resultats sont
consignes dans le tableau suivant
Ainsi
pour 2005, X3 = 1064.5, X4 = 1122.4
pour 2006, X5 = 1196.6, X6 = 1287.1, X7 = 1374.3, X8 = 1459.5
pour 2007, X9 = 1579, X10
= 1723.5
On peut affiner la methode en retranchant ensuite a chaque coefficient estime la moyenne des coefficients
afin que la condition de nullite de la moyenne des coefficients sur la periode soit respectee.
Plus precisement, supposons que les observations sont periodiques de periode P = 2m paire et realisees
sur N periodes. A lissue du premier filtrage, on dispose de la serie
St = Xt Xt , t = m + 1, . . . , P N m.
Cette serie est appelee serie corrigee de la tendance. Disposons ces valeurs dans un tableau
34
inter- periode 1 ... m ... j ... P-m+1 ... P
periodes
Cette operation consiste a appliquer a la serie (St )t=m+1,...,P N m a laquelle on ajoute P observations
nulles pour t = 1, . . . , m et t = P N m + 1, . . . , P N , une moyenne mobile dordre P (N 1) + 1 et de
coefficients
N 1
1 z }| {
1, 0, . . . , 0, 1, 0, . . . , 0, 1, 0, . . . , 0, 1 .
N 1 | {z } | {z }
P 1 P 1
Les estimateurs des P coefficients saisonniers sont ensuite
P
1 X
cj = cj cj ,
P
j =1
de facon a bien verifier la contrainte dune somme nulle sur une periode.
35
5.3 Estimation de la tendance
Une fois les coefficients saisonniers estimes a letape precedente, on retranche lestimation du saisonnier
a la serie Xt . La serie ainsi obtenue est appelee serie corrigee des valeurs saisonnieres :
XCV S,t = Xt St , t = 1, . . . , T
avec St = cj , t j[P ].
Remarque 5.1 Notons que si lon avait soustrait St a Xt au lieu de St , nous aurions simplement obtenu
Xt St = Xt , t = m + 1, . . . , T m,
au lieu de XCV S,t . Mais ce resultat aurait ete moins precis puisque nous naurions eu des valeurs t
seulement de m + 1 a T .
On procede ensuite a lestimation du terme representant la tendance par une methode de regression
comme vu au Chapitre 3 : on modelise le plus souvent la tendance par un polynome Q(t) (en general un
polynome de degre 1 pour etre coherent avec le choix fait lors de la premiere etape). Puis on ajuste au
sens des moindre carres un polynome Q(t) a la serie corrigee des valeurs saisonnieres XCV S,t .
Remarque 5.2 On peut aussi utiliser pour ce faire la methode des points medians.
Remarque 5.3 On peut aussi faire une translation des temps et etudier plutot t = [1 : 12]. On trouve
alors
Cov(t , XCV S,t ) 1127.9
a = 94.564
Var(t ) 13
b = XCV S,t at 771.33
La qualite de la regression est la meme. Et on retrouve les memes predictions a arrondis pres.
36
5.5 Prevision des valeurs futures
Afin de prevoir les valeurs futures de la serie, on utilise lestimation de la tendance et celle de la composante
saisonniere. Plus precisement, si on souhaite prevoir une valeur de la serie a linstant T + h, ou h 1,
cest-a-dire a lhorizon h, on utilise les estimations de la tendance et de la saisonnalite et on pose
XT (h) = QT +h + cj , T + h j[P ].
Pour juger de la qualite de nos estimations, on peut aussi faire des previsions aux horizons -1 et 0 et les
comparer aux vraies valeurs :
a lhorizon -1, on prevoit
bT (1) = Q
X b 11 + c3 = a (2007 + 2/4) + b + c3 2138 a comparer a X11 = 2319.
bT (0) = Q
X b 12 + c4 = a (2007 + 3/4) + b + c4 1966 a comparer a X12 = 2047.
Remarque 5.4 Cette methode de prevision a un inconvenient majeur qui est celui dune prevision ne
tenant pas compte des valeurs les plus recentes de la serie : celles-ci ont ete eliminees par applica-
tion de moyennes mobiles. Pour cette raison, on utilise plus souvent la methode comme methode de
desaisonnalisation que comme methode de prevision.
Dans le cas du modele multiplicatif du type Xt = Zt (1 + St )(1 + t ), les differences sont les
suivantes :
a letape 2, on pose
Xt
St = 1.
Xt
Puis on estime les coefficients saisonniers et on obtient les estimations cj , j = 1, . . . , P de la meme
maniere que pour le modele additif. On pose ensuite
cj
cj = P PP , j = 1, . . . , P
j=1 cj
a letape 3, on pose
Xt
XCV S,t = , t = m + 1, . . . , T m.
1 + St
Dans le cas du modele mixte du type Xt = Zt St + t , lalgorithme est identique a celui decrit
ci-dessus avec quelques adaptations selon le cas. Par exemple, pour un modele multiplicatif du type
Xt = Zt St + t , les differences sont les suivantes :
37
a letape 2, on pose
Xt
St = .
Xt
Puis on estime les coefficients saisonniers et on obtient les estimations cj , j = 1, . . . , P de la meme
maniere que pour le modele additif. On pose ensuite
cj
cj = P PP , j = 1, . . . , P
j=1 cj
P
X
cj = P.
j=1
a letape 3, on pose
Xt
XCV S,t = , t = m + 1, . . . , T m.
St
t = Xt St Qt = XCV S,t Qt .
Si le modele est bon, il ne doit rester dans les residus aucune trace du saisonnier. Pour le verifier, on
trace le correlogramme des residus cest-a-dire le graphe dun estimateur de la fonction dautocorrelation.
Pour la definition, les proprietes et un estimateur de la fonction dautocorrelation, le lecteur est renvoye
au cours du second semestre.
Comme nous le verrons plus loin, le correlogramme nest trace en theorie que dans le cas ou la serie est
stationnaire, ce qui implique en particulier quil ny a dans cette serie ni tendance ni saisonnalite. En pra-
tique, on sen sert (dans le cas de lanalyse des residus) pour verifier justement labsence de saisonnalite
dans les residus.
Si cest le cas et si le modele est bon, le correlogramme ne doit presenter que des valeurs
faibles, indiquant une faible correlation entre les erreurs.
Si au contraire, le correlogramme presente des pics regulierement espaces, cela indique que
le saisonnier na pas ete completement elimine et cest donc le signe que le modele propose
a echoue. On peut alors reiterer la procedure ci-dessus ou proposer un autre modele.
Dans le cas ou le correlogramme (ou le periodogramme cf. Remarque 5.5) des residus nindique pas la
presence dun mouvement saisonnier, on trace le graphe des residus (t, t ) qui sert a reperer deventuelles
observations exceptionnelles, un mouvement tendanciel...
Dans le cas de lhypothese derreurs gaussiennes, on verifie celle-ci en tracant lhistogramme des residus,
un qq-plot ou encore en effectuant un test de normalite... (cf. TP)
Remarque 5.5 Rappelons que dans le cas ou lerreur du modele est un bruit blanc, lutilisation dune
moyenne mobile a introduit des correlations dans le processus transforme.
38
2400
2200
2000
1800
1600
1400
1200
1000
800
600
2005.0 2005.5 2006.0 2006.5 2007.0 2007.5 2008.0
Figure 13 Representation graphique des ventes trimestrielles dun produit P de lexemple 5.2
39
Figure 15 Histogramme des residus de lexemple 5.2
40
Remarque 5.6 Pour mettre en evidence une eventuelle periodicite dans les residus, on peut egalement
tracer le periodogramme, qui est le graphe de la projection du vecteur X =t (X1 , . . . , XT ) sur le sous-
espace vectoriel de RT engendre par les deux vecteurs
cos( 1) sin( 1)
.. ..
C= . et S = . ,
cos( T ) sin( T )
ou est la frequence. On cherche ainsi a ajuster a la serie Xt le teme terme dune serie trigonometrique,
dite de Fourier, appelee une harmonique, et secrivant
T 2
Q() = (a + b2 ),
2
ou
T T
2X 2X
a2 = Xt cos(t) et b2 = Xt sin(t).
T t=1 T t=1
Le periodogramme est donc le graphe de la fonction (, Q()). On cherche alors la valeur qui maximise
Q() (cest-a-dire qui minimise la norme de lerreur de projection). Si le periodogramme presente un pic
en , on lit cette valeur sur son graphe et on retient une periode T = 2 ou plus exactement la valeur
entiere la plus proche de cette expression.
1. Representer graphiquement cette serie chronologique (avec periodes successives puis avec periodes su-
perposees). Commenter.
2. Calculer la serie des moyennes mobiles, lisser la courbe.
3. Calculer les quatre coefficients saisonniers (pour le modele additif ).
4. Calculer lequation de la droite de tendance et tracer cette droite sur le graphique precedent.
5. Utiliser le modele construit pour prevoir la consommation en electricite de cette entreprise en 2000.
6. Etudier les residus.
41
Ainsi
pour 1997, X3 = 4.475, X4 = 4.7
pour 1998, X5 = 4.8875, X6 = 5.15, X7 = 5.5375, X8 = 5.9375
pour 1999, X9 = 6.175, X10
= 6.2625
Estimation de la saisonnalite
A lissue du premier filtrage, on dispose de la serie
St = Xt Xt , t = 3, . . . , 10.
On obtient alors
pour 1997, S3 = 0.775, S4 = 0.4
pour 1998, S5 = 0.6125, S6 = 0.25, S7 = 1.1375, S8 = 0.5625
pour 1999, S9 = 1.025, S10 = 0.1375
Lestimation du coefficient saisonnier cj est donc
1
c1 =
2 (S5 + S9 ) 0.8188
1
c2 = 2 (S6 + S10 ) 0.0562
1
c = 2 (S3 + S7 ) 0.9562
3 1
c4 = 2 (S4 + S8 ) 0.4812
Les estimateurs des 4 coefficients saisonniers sont ensuite
P4
c1 = c1 41 j =1 cj 0.7469
P
c2 = c2 41 4j =1 cj 0.1281
1
P4
c3 = c3 4 Pj =1 cj
1.0281
4
c4 = c4 41 j =1 cj 0.4094
de facon a bien verifier la contrainte dune somme nulle sur une periode.
Enfin on obtient
pour 1997, S3 = c3 = 326.48, S4 = c4 = 59.92
pour 1998, S5 = c1 = 97.45, S6 = c2 = 288.95, S7 = c3 = 326.48, S8 = c4 = 59.92
pour 1999, S9 = c1 = 97.45, S10 = c2 = 288.95
Remarque 5.7 On peut aussi faire une translation des temps et etudier plutot t = [1 : 12]. On trouve
alors
Cov(t , XCV S,t ) 1127.9
a = = 94.564
Var(t ) 13
b = XCV S,t at 771.33
La qualite de la regression est la meme. Et on retrouve les memes predictions a arrondis pres.
42
Prevision des valeurs futures
Utilisons les estimees de la tendance et de la composante saisonniere. Ainsi a lhorizon 1, on prevoit
bT (1) = Q
X b 13 + c1 = a (1999) + b + c1 7.9501.
A lhorizon 2, 3 et 4, on prevoit
bT (2) = 7.354, X
X bT (3) = 6.7329, X
bT (4) = 8.4493
Pour juger de la qualite de nos estimations, on peut aussi faire des previsions aux horizons -1 et 0 et les
comparer aux vraies valeurs :
a lhorizon -1, on prevoit
bT (1) = Q
X b 11 + c3 = a (2007 + 2/4) + b + c3 5.6174 a comparer a X11 = 4.8.
Analyse des residus epsilon=0.6432 -0.0357 0.0604 0.0065 -0.0848 -0.1012 0.0074 0.1286 0.0872 -0.1042
-1.8455 -0.1244 Dans les Figures 17, 18 et 19 sont representes le correlogramme, lhistogramme et le
QQ-plot des residus pour lexemple 5.2.
**************************************************************************
43
Figure 17 Correlogramme des residus de lexemple 5.2
44
5.9 Petit resume de la procedure et des notations
La decomposition et letude de la serie statistique (Xt ) en vue de la prediction se font selon les etapes
suivantes
St = Xt Xt .
XCV S,t = Xt St .
XT (h) = QT +h + ST +h .
45
6 Prevision par lissage exponentiel
Introduites par Holt en 1958 ainsi que par Winters en 1960 et popularisees par le livre de Brown en (1963),
les methodes de lissage constituent lensemble des techniques empiriques de prevision qui accordent plus
ou moins dimportance aux valeurs du passe dune serie temporelle. Les trois modeles ci-dessous seront
traites dans ce chapitre :
t Z, Xt = Zt + t ;
t Z, Xt = Zt + St + t .
t Z, Xt = Zt St + t .
avec Zt une serie constante ou lineaire. La composante stochastique ne sera pas necessairement un bruit
blanc.
Les techniques seront bien evidemment differentes selon que nous serons en presence de saisonnalite
ou non.
Etant donne un reel tel que 0 < < 1, comme la tendance est constante, on cherche une prevision
XT (h) sous la forme de la constante qui sajuste le mieux au sens des moindres carres ponderes au
voisinage de T , cest-a-dire la solution du probleme de minimisation
T
X 1
min j (XT j a)2 .
a
j=0
Remarque 6.1 Notons que dans lexpression a minimiser linfluence des observations decroit lorsquon
seloigne de la date T . Les dernieres observations sont prises en compte ce qui constitue un avantage
majeur par rapport a la methode de prevision vue au chapitre precedent.
Definition 6.1 La prevision de la serie a lhorizon h, XT (h), fournie par la methode de lissage expo-
nentiel simple est donnee par
T
X 1
XT (h) = (1 ) j XT j
j=0
Exercice Verifier que la solution du probleme de minimisation est bien donnee par
T 1
1 X j
aT = XT j .
1 T j=0
Remarque 6.2 1. Dans le cas ou est independant de h, on notera simplement XT au lieu de XT (h).
Les previsions sont dans ce cas identiques pour tout h.
2. Cette methode de prevision prend en compte tout le passe dune serie temporelle, mais en accordant
de moins en moins dimportance aux observations les plus eloignees de linstant T (puisque j
decrot avec j).
46
3. La valeur de la constante de lissage permet de nuancer la remarque precedente.
Si est proche de 0, la prevision est souple, cest-a-dire fortement influencee par les observa-
tions les plus recentes ( j devenant negligeable pour les grandes valeurs de j). Dans le cas extreme
ou = 0, la prevision est alors egale a la derniere valeur observee.
En revanche, si est proche de 1, linfluence des observations passees est dautant plus importante
et remonte loin dans le passe. On dit dans ce cas que la prevision est rigide en ce sens quelle
est peu sensible aux fluctuations exceptionnelles (aussi appelees fluctuations conjoncturelles). Dans
lautre cas extreme ou = 1, alors toutes les previsions sont identiques (et donc a la valeur choisie
pour linitialisation).
En pratique, on prend ]0, 1[ afin dexclure ces deux cas extremes degeneres.
Cette derniere egalite est appelee formule de mise a jour et permet de calculer directement (a partir
de la prevision XT 1 a la date T 1) une nouvelle prevision XT lorsquune nouvelle observation XT est
effectuee.
Remarque 6.3 1. Cette equation permet donc de mettre a jour les previsions a lhorizon h a partir
de la derniere prevision de maniere extremement simple. Linitialisation de la recurrence est en
general faite en prenant X1 (h) = X1 . Un autre choix possible consiste a prendre la moyenne. Si
T est assez grand, ce choix a en fait peu dimportance, comme le montre les quelques simulations
de la Figure 21. Le choix de linitialisation importe peu en realite puisque cette initialisation est
rapidement oubliee. Cet oubli est dautant plus rapide que la constante de lissage est proche de 1.
2. La premiere egalite fait apparatre XT (h) comme le barycentre entre XT 1 (h), la valeur predite a
lhorizon h a partir des T 1 premieres observations et XT la derniere observation.
3. La seconde egalite fait elle intervenir (XT XT 1 (h)) la derniere erreur de prevision.
Un probleme important en pratique est celui du choix de la constante de lissage qui est en general
tres subjectif et varie selon le contexte de letude et/ou le type de prevision souhaite. En pratique, si on
souhaite faire une prevision rigide, on choisira [0.7; 0.99] et si au contraire on souhaite une prevision
souple, on choisira [0.01; 0.3]. Une autre solution, dictee par les donnees, consiste a choisir comme
la solution du probleme des moindres carres ordinaires suivant
T
X h 2 2 2 2
Xt+h Xt (h) = X1+h X1 (h) + X2+h X2 (h) + . . . + XT XT h (h) ,
t=1
cest-a-dire de minimiser la somme des carres des erreurs de prevision aux dates 1, . . . , T h.
On peut aussi ne considerer que les ecarts obtenus sur la deuxieme moitie de la serie, afin de ne pas tenir
compte de linitialisation. On cherche alors le qui minimise
T
X h 2
Xt+h Xt (h) .
t=[(T h)/2]
La Figure 21 illustre linfluence de linitialisation de lequation de mise a jour ; cette influence depend
aussi de la constante de lissage (a droite avec = 0.8 et a gauche avec = 0.2). Sur les deux sous-figures,
la serie initiale apparat en cercles noirs. La courbe rouge correspond au lissage en prenant X1 (h) = X1
et la courbe bleue correspond au lissage en prenant X1 (h) = X. On sapercoit que quelle que soit la
47
Figure 19 QQ-plot des residus de lexemple 5.2
Figure 20 Influence de la constante de lissage pour le lissage exponentiel simple : serie temporelle
initiale (trait noir), series lissees avec = 0.8 (trait pointille rouge) et avec = 0.2 (trait pointille bleu).
48
Figure 21 Influence de linitialisation pour le lissage exponentiel simple : serie temporelle initiale (cercle
noir), series lissees avec initialisation en X1 ou X avec = 0.8 (a droite) et avec = 0.2 (a gauche).
valeur de la initiale, la prevision est la meme au bout dun certain temps. En revanche, ce temps au bout
duquel les previsions concident est dautant plus petit que est proche de 1. Ces remarques permettent
de nuancer certains choix automatiques. Par exemple, R effectue par defaut un lissage exponentiel simple
avec une constante de lissage egale a 0.8. Il peut etre pertinent de choisir une autre valeur dautant plus
que la serie est courte.
La solution de ce probleme sobtient en annulant les derivees partielles de la fonction ci-dessus par rapport
a a et b. En notant la serie lissee
t1
X
S1 (t) = (1 ) j Xtj
j=0
Definition 6.2 La prevision de la serie a lhorizon h, XT (h), fournie par la methode de lissage expo-
nentiel double est donnee par
XT (h) = aT h + bT
ou est la constante de lissage et le couple (aT , bT ) est donne par
(
aT = 1
(S1 (T ) S2 (T ))
bT = 2S1 (T ) S2 (T )
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Figure 22 Influence de la constante de lissage pour le lissage exponentiel double : serie temporelle
initiale (trait noir), series lissees avec = 0.8 (trait pointille rouge) et avec = 0.2 (trait pointille bleu).
Pour utiliser ces formules de mise a jour, il faut avoir des valeurs initiales pour les suites at et bt . On
prend en general a2 = X2 X1 et b2 = X2 . Notons enfin que pour selectionner la constante de lissage,
on peut utiliser un critere similaire a celui introduit a la section precedente.
Remarque 6.5 On peut generaliser cette technique de lissage pour traiter des series sans saisonnalite
presentant une tendance polynomiale de degre superieur a 2. Les resultats font intervenir, dans ce cas,
les operateurs de lissage dordre p Sp (t), p N, iterees dordre p de S1 (t).
Un methode un peu differente a ete introduite par Holt et Winters. Il existe une version non saisonniere
de cette methode, cest-a-dire adaptee aux series sans saisonnalite pouvant etre ajustees par une droite au
50
voisinage de T (comme pour le lissage exponentiel double). La difference entre la methode de Holt-Winters
et le lissage exponentiel double porte sur les formules de mise a jour.
Ainsi ecrits, aT et bT apparaissent comme des barycentres. Holt et Winters ont alors propose une version
de ces formules de mise a jour ou les ponderations ne dependent pas que dun seul parametre mais de
deux parametres :
aT = (1 ) XT (1) XT 1 (1) + aT 1 ,
et
bT = (1 )XT + XT 1 (1) + XT 1 (2) ,
ou || < 1 et || < 1. Linitialisation peut se faire comme dans le cas du lissage exponentiel double.
Lavantage de cette approche est davoir une plus grande flexibilite mais la contrepartie est de devoir
regler deux parametres. Si et sont proches de 1 tous les deux, la prevision est lisse (fort poids du
passe). La prevision par cette methode est donnee par
XT (h) = aT h + bT .
Etudions graphiquement leffet induit par les constantes de lissage pour les memes quatre cas-tests que
ceux vus pour le lissage exponentiel double. La Figure 23 illustre le comportement du lissage de Holt-
Winters en prenant comme precedemment les constantes de lissage egale a 0.8 ou 0.2. Sur les quatre
sous-figures, la courbe noire represente toujours la serie initiale, la courbe en pointille rouge la serie lissee
avec = 0.8 et = 0.8, la courbe en pointille magenta la serie lissee avec = 0.8 et = 0.2, la courbe en
pointille vert la serie lissee avec = 0.2 et = 0.8 et la courbe en pointille bleu la serie lissee avec = 0.2
et = 0.2. Quatre cas sont presentes (de gauche a droite et de haut en bas) : tendance lineaire, tendance
quadratique, tendance lineaire avec une valeur aberrante au milieu et tendance lineaire par morceaux
(modele avec rupture).
Le choix des constantes de lissage est encore plus subjectif et peut etre regle automatiquement en utilisant
un critere des moindres carres comme propose precedemment.
a(t T ) + b + St ,
ou , et sont des constantes de lissage appartenant a ]0, 1[. La premiere formule de mise a jour
sinterprete comme une moyenne ponderee de la difference des niveaux estimes aux instants T et T 1
51
Figure 23 Influence des constantes de lissage pour la methode de Holt-Winters sans saisonnalite : serie
temporelle initiale (trait noir) et quatre series lissees (traits pointilles).
Remarque 6.6 1. Le choix des constantes de lissage dans la pratique peut seffectuer de la meme
maniere que precedemment, cest-a-dire en minimisant la somme des carres des erreurs de prevision.
2. On doit calculer les valeurs initiales pour utiliser les formules de mise a jour ci-dessus.
Exemple 6.1 Soit (Xt ) une serie chronologique observee jusqua linstant T , de tendance lineaire et de
composante saisonniere de periode 4. On souhaite appliquer la methode de Holt-Winters et approcher la
serie, au voisinage de T , par le modele
a(t T ) + b + St + t .
Nous allons voir dans cet exemple comment initialiser les formules de mise a jour.
1. Appliquer une moyenne mobile adaptee a la serie afin de supprimer la saisonnalite. On obtient ainsi
une estimation de la tendance lineaire.
2. Appliquer un operateur adapte a la serie transformee afin de recuperer le coefficeient a. Lestimer.
En deduire une estimation du b.
3. En deduire une estimation du saisonnier.
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6.2.3 La methode saisonniere multiplicative
On considere une serie chronologique dont on a observe les T premiers instants X1 , . . . , XT et on suppose
que cette serie peut etre approchee, au voisinage de T , par le modele
(a(t T ) + b)St ,
ou , et sont des constantes de lissage appartenant a ]0, 1[. Les formules de mise a jour sinterpretent
comme dans le cas de la methode saisonniere additive.
On en deduit une prevision a lhorizon h
a T h + b T ST +hP , si 1 h P
XT (h) = aT h + bT ST +h2P , si P + 1 h 2P
...
Remarque 6.7 Pour determiner les valeurs initiales afin dutiliser les formules de mise a jour, dans le
cas dune periode 4, on determine b3 , a4 et b4 comme a la section precedente. De meme les coefficients
saisonniers initiaux sont obtenus comme precedemment mais en divisant les observations par la tendance
lineaire.
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