DIFFRACTION
Introduction
La diffraction est un phnomne physique que l'on rencontre lorsqu'une onde qui se propage rencontre un
obstacle dont les dimensions sont de l'ordre de la longueur d'onde.
La diffraction concerne aussi bien les ondes lectromagntiques (donc les ondes lumineuses) que les ondes
mcaniques (ondes sonores, ondes la surface de l'eau ...). Dans le cadre de l'optique, le phnomne de
diffraction met en dfaut les lois de l'optique gomtrique pour laquelle la propagation de la lumire est
rectiligne dans un milieu homogne et transparent. En fait le phnomne de diffraction apparat chaque
fois que l'onde lumineuse rencontre un obstacle mais les effets ne sont manifestement observables que
lorsque les dimensions de cet obstacle sont de l'ordre de grandeur de la longueur d'onde: de cette faon la
dformation de la surface d'onde est importante et observable.
Principe d'Huyghens-Fresnel
En 1678, HUYGENS fait l'hypothse suivante : lorsqu'une source ponctuelle met une onde, tout se passe
comme si chaque point d'une surface d'onde se comportait son tour comme une source ponctuelle
secondaire mettant des ondes dans toutes les directions, les ondes secondaires interfrent entre elles de
sorte que la nouvelle surface d'onde est l'enveloppe de toutes les surfaces d'onde secondaires.
En 1820, FRESNEL interprte les ides d'HUYGENS et en donne les principes quantitatifs : l'amplitude et la
phase d'une source secondaire sont celles que produit la source primaire en ce point. FRESNEL admet que
lorsqu'une onde rencontre une ouverture diffractante, on peut remplacer la source primaire par des
sources secondaires places la surface de l'ouverture, ces sources secondaires ayant en phase et en
amplitude les valeurs trouves par les principes de FRESNEL. Les principes de FRESNEL ont t repris
ensuite par KIRCHHOFF qui les formalise partir de la thorie lectromagntique de la lumire et corrige
ainsi certaines erreurs des principes de FRESNEL. Les calculs de diffraction sont trs compliqus de manire
gnrale car ils dpendent du milieu, de la source, de l'obstacle et du point d'observation.
Ils se simplifient quand l'amplitude des sources secondaires est la mme quelle que soit la direction de
propagation : c'est le cas de la diffraction de FRESNEL FRAUNHOFER pour laquelle l'ouverture est place
dans un plan d'onde d'une onde incidente plane et que l'observation se fait l'infini (en pratique dans le
plan focal image d'un systme optique) ; c'est le cas que nous allons tudier pour des ouvertures ayant une
gomtrie simple : fentes rectilignes, trous circulaires.
Conditions
On suppose qu'une fente rectangulaire est claire par une onde plane monochromatique.
Elle arrive sous incidence normale pour que tous les points de la fente source soient des sources
secondaires en phase, de mme amplitude quelle que soit la direction d'mission afin de simplifier le
calcul.
La fente a une largeur ,une hauteur .
Soit la pulsation de l'onde incidente. Chaque point de la source fente, repr par ses
coordonnes , reoit une vibration lumineuse de la forme :
avec : dphasage par rapport la source primaire ponctuelle.
Ce point devient une source secondaire mettant de la lumire dans toutes les directions.
Soit la surface lmentaire prise autour d'un point . Cette surface est assez petite pour que tous
les points sources secondaires qui la constituent se comportent de manire quasi-identique.
Considrons maintenant l'onde diffracte dans une direction caractrise par un vecteur unitaire et
calculons la diffrence de marche entre les vibrations arrivant en un point l'infini dans la direction
(pratiquement en un point dans le plan focal image d'une lentille). D'aprs le principe de Fermat les
chemins optiques sont gaux entre un point objet et son point image conjugu dans les conditions de
stigmatisme. A chaque direction caractrise par leur vecteur unitaire correspond un seul point image .
Calcul de l'intensit en un point
La vibration mise par dans la direction et la vibration mise par , centre de la fente source arrivent
en en prsentant une diffrence de marche .
, et sont les composantes de suivant les trois axes , et de vecteurs unitaires , ,
.
D'o
et sont les angles et
Pour allger les calculs on pose :
;
;
D'o
Pour un petit lment de surface centr sur , l'amplitude de la vibration diffracte dans
la direction s'crit en notation complexe :
o :
est l'amplitude de la vibration mise en
est la surface lmentaire rectangulaire prise autour de
est la diffrence de marche entre la vibration mise par dans la direction et celle mise par le centre
de la fente dans la mme direction.
On rappelle ici qu'une source ponctuelle secondaire met dans toutes les directions avec la mme
amplitude.
La contribution des lments de la fente donne une radiation rsultante en d'amplitude :
Posons : et alors
L'intensit en s'obtient en multipliant l'amplitude complexe par son conjugu :
Tache principale de diffraction
et tant donns, le maximum d'intensit s'obtient quand et sont nuls ce qui veut dire pratiquement
pour le faisceau "diffract" dans la direction du faisceau incident ; c'est en fait ce qui se passe quand le
phnomne de diffraction n'existe pas ; c'est bien le cas de l'optique gomtrique.
Mathmatiquement
.
D'o le maximum d'intensit vaut :
On peut alors crire :
En excluant les valeurs et , les minima d'intensit s'obtiennent quand :
ou
Pratiquement les maxima secondaires sont peu intenses : du maximum de l'intensit maximale.
Figure de diffraction
Elle se prsente sous la forme suivante pour une fente carre :
Observation de la figure de diffraction dans le plan focal de la lentille pour une fente carre
Rpartition de l'intensit dans la figure de diffraction
On peut faire les remarques suivantes :
si la fente est fine : par exemple donc .
Les minima s'obtiennent pour . Donc si est grand, les valeurs de seront trs petites et la
figure de diffraction se tasse puisque
.
Seule la largeur intervient dans la figure de diffraction qui se rduit alors une srie de point lumineux
centrs sur l'image gomtrique du point source.
Hauteur double de la largeur :
Rpartition de l'intensit dans la figure de diffraction :
Hauteur x5 par rapport la largeur :
Rpartition de l'intensit dans la figure de diffraction :
Hauteur x 10 par rapport la largeur :
Rpartition de l'intensit dans la figure de diffraction :
Largeur de la tache principale de diffraction dans le cas d'une fente fine
La tache centrale de diffraction, centre sur l'image gomtrique du point source est plus lumineuse et plus
large que les taches latrales.
Calculons sa largeur : le premier minimum nul s'obtient pour soit une largeur
Si est petit est faible donc l'angle est petit.
D'o .
La largeur angulaire de la tache de diffraction centrale est dans ce cas
Soit dans le plan focal d'une lentille convergente de distance focale :
En admettant que le profil de la tache centrale de diffraction est sensiblement triangulaire on a alors la
largeur mi-hauteur :
Ce rsultat est important car il prsente un intrt pratique.
On remarque que cette tache centrale est d'autant plus large que la largeur de la fente fine est faible.
Si augmente la largeur mi-hauteur diminue. Si diminue la largeur mi-hauteur augmente.
fente de largeur
fente de largeur
fente de largeur
fente de largeur
fente de largeur
fente de largeur
Cas o le faisceau arrive sous une incidence i quelconque et
non plus sous incidence normale sur une fente fine
Les calculs prcdents restent valables condition d'crire :
soit
Le maximum principal se trouve quand
.
C'est bien le cas de l'optique gomtrique et la figure de diffraction reste centre sur l'image gomtrique
de la source.
Diffraction par deux fentes fines identiques et parallles sous
incidence normale
Le plan des deux fentes fines est clair par une onde plane monochromatique obtenue par exemple en
plaant une source ponctuelle monochromatique au foyer principal objet d'une lentille ; cette onde arrive
sous incidence normale, donc tous les points du plan des deux fentes sont en phase puisqu'ils ont le mme
dphasage par rapport la source ponctuelle.
Considrons l'onde diffracte dans une direction caractrise par un vecteur unitaire .
Soit un point de la fente 1 et considrons la vibration mise par dans la direction . Soit le
centre de la fente 1 pris pour origine.
La diffrence de marche s'crit :
Soit la distance entre et . La vibration diffracte dans la direction issue de est dphase par
rapport celle mise en de :
et
De mme pour une vibration mise par , elle prsente une diffrence de marche par rapport celle
mise par dans la direction qui s'crit :
La vibration rsultante arrivant en , point l'infini dans la direction s'obtient en tenant compte de
toutes les vibrations mises par les deux fentes identiques et parallles :
L'intensit en s 'crit :
On reconnat dans le premier terme l'intensit diffracte par une fente rectangulaire :
Le second terme s'crit :
On reconnat le terme d'interfrences donn par deux sources cohrentes entre elles et .
Si la fente est trs fine l'intensit rsultante en s'crit :
Avec
Figure de diffraction
Elle s'observe dans le plan focal image d'une lentille convergente place aprs le plan des fentes
A la direction correspond le point tel que :
Dans la tache principale de diffraction de largeur on observe des franges d'interfrences
brillantes et sombres. Les franges brillantes correspondent :
si
Les franges d'intensit maximale sont donc repres par :
Les franges d'intensit nulle s'obtiennent quand on a :
si
L'intensit des franges d'interfrences est donc module par le profil de diffraction.
Les franges d'interfrences s'observent principalement dans la tache centrale de diffraction. C'est la figure
observe dans le dispositif des fentes d'Young.
Diffraction par N fentes fines identiques, quidistantes et
situes dans un mme plan
On cherche gnraliser le cas prcdent fentes claires sous incidence normale par un mme point
source pour le mme dispositif. Tous les points du plan des fentes sont en phase. Les fentes sont trs fines
de manire ce que seule la diffraction due la largeur soit significative.
Les fentes fines ont pour largeur , pour hauteur et sont quidistantes de .
Soit un point de la fente de centre et repr par sa cte .
Soit le centre de la fente 1 prise pour origine.
;
Soit la diffrence de marche entre la vibration diffracte par dans la direction et celle diffracte
par dans la mme direction.
En reprenant les notations prcdentes :
La contribution de la fente la vibration rsultante en caractris par la direction s'crit :
La contribution des fentes est donc :
C'est une somme en progression gomtrique de raison :
L'intensit en est :
Sous incidence normale, l'intensit diffracte dans la direction normale au plan du rseau (faisceau obtenu
dans le cas de l'optique gomtrique) s'crit, pour
et
Rpartition de l'intensit
Le terme est le terme classique tudi dans le cas de la diffraction par une fente fine.
Considrons le terme en posant
pour et
d'o avec non multiple de et
si alors
D'o la courbe pour par exemple.
Entre deux minima nuls les maxima secondaires sont deux fois moins larges que les maxima principaux.
La largeur la base d'un maximum principal vaut :
La largeur la base d'un maximum secondaire vaut :
Augmentation progressive du nombre de fentes et observation de la figure d'interfrence :
Cas de 2 fentes :
Cas de 3 fentes :
Cas de 4 fentes :
Cas de 5 fentes :
Cas de 10 fentes :
Cas de 15 fentes :
Plus est important, plus la largeur des maxima principaux est faible et plus l'intensit des maxima
secondaires est petite ( ce rsultat est admis afin de ne pas compliquer les calculs).
Pour on aurait des pics infiniment fins obtenus pour . Les maxima secondaires
n'existeraient plus (intensit nulle).
Rpartition de l'intensit en tenant compte de la figure de diffraction :
considrons la fonction globale :
La figure de diffraction module l'intensit des maxima principaux suivant la figure ci-contre.
En conclusion :
- plus les fentes sont fines, plus le profil de diffraction est large et l'intensit des pics principaux diminue ;
- plus le nombre total de fentes claires est important et plus les pics sont fins.
Si le rseau n'est plus clair en incidence normale, la diffrence de marche entre deux rayons issus du
centre de deux fentes conscutives s'crit :
et sont compts algbriquement. Ici est positif et est ngatif, le sens positif tant choisi
habituellement dans le sens trigonomtrique direct.
Utilisation des rseaux. Spectres.
Si la source n'est pas monochromatique on peut observer sur un cran plac dans le plan focal image de la
lentille le spectre
de diffraction l'infini
donn par le rseau.
Le maximum
d'intensit s'obtient
quand : soit , ce qui correspond des pics d'intensit fins.
est l'ordre d'observation du spectre
: la raie centrale est l'image de la source.
On remarque que les raies rouges sont plus dvies que les raies violettes.
En effet tant fix on peut crire :
augmente donc avec .
Soit la dviation d'un rayon diffract dans la direction et arrivant sous une incidence . avec
les conventions algbriques habituelles. Fixons et . On a alors un maximum d'intensit pour
Si et sont fixs alors :
Cherchons l'influence de sur la dviation :
la dviation est extrmale si donc si :
(ordre ) ce qui ne prsente pas d'intrt
On vrifie que cet extremum est un minimum de dviation :
En conclusion le minimum de dviation dpend du pas du rseau , de la longueur d'onde et de l'ordre
d'observation .
L'intrt pratique de la mesure de est important car il permet de mesurer facilement et avec une
grande prcision avec des moyens exprimentaux simples.
Pouvoir de rsolution
Fixons , et . Les maxima s'observent pour
considrons deux raies de longueur d'onde et trs voisines :
Les positions angulaires des maxima d'intensit sont obtenues pour :
et .
et sont trs voisins si
d'o
c'est la distance angulaire entre deux pics principaux ayant des longueurs d'onde trs voisines.
Nous avons vu que la largeur la base d'un pic principal tait donne par :
, et tant fixs pour une radiation monochromatique, la largeur angulaire de ce maximum d'intensit
s'crit :
le critre de rsolution choisi est le suivant :
deux raies spectrales trs voisines sont encore spares (donc dtectables) si le maximum d'intensit de
correspond au minimum d'intensit de la raie principale de pour un mme ordre . On a donc :
d'o
C'est le pouvoir de rsolution thorique correspondant au critre de rsolution de Rayleigh.
Le pouvoir de rsolution pratiquement obtenu dans l'utilisation d'un rseau est plus faible car il faudrait
tenir compte de diffrents facteurs correspondant une vision plus raliste dans l'utilisation du rseau : la
largeur relle de la source, la largeur spectrale de chaque raie non exactement monochromatique, la
nature et les dimensions du dtecteur, la qualit du rseau ....