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Administration des biens ecclésiastiques

Ce document décrit les principes généraux de l'administration des biens ecclésiastiques selon le droit canonique. Il explique les notions d'administration ordinaire et extraordinaire, et introduit le concept de patrimoine stable de l'Église.

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Administration des biens ecclésiastiques

Ce document décrit les principes généraux de l'administration des biens ecclésiastiques selon le droit canonique. Il explique les notions d'administration ordinaire et extraordinaire, et introduit le concept de patrimoine stable de l'Église.

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Chapitre III Ladministration des biens1

1) Les principes gnraux


A) Notion dadministration. Par administration au sens propre, il faut entendre, en droit
canonique, lensemble des actes orients la conservation et lamlioration du patrimoine
ecclsiastique et la perception et lemploi de ses revenus et de ses fruits 2.
Le patrimoine ecclsiastique proprement dit est constitu par les biens qui appartiennent
lglise et toutes les personnes juridiques publiques qui existent et agissent en elle.
Ladministration des biens ecclsiastiques rpond deux principes apparemment
contradictoires : dune part, le canon 1279 1 tablit que ladministration des biens
ecclsiastiques revient celui qui gouverne de faon immdiate la personne laquelle ces
biens appartiennent, ce qui est la consquence directe du principe fix au canon 1256. Dautre
part, d sans doute la nature ecclsiale des biens mentionns, leur gestion doit se soumettre
certains contrles qui garantissent le fonctionnement correct de leur administration : Pontife
romain (c. 1273) et ordinaire du lieu (c. 1277) 3.
Quels sont les principes gnraux qui prsident au bon emploi des biens temporels dans
lglise ? Nous pouvons en numrer six :
a) le principe de la confiance envers les administrateurs, qui ne sont pas propritaires des
biens quils grent ;
b) le respect des intentions des donateurs ;
c) le respect des principes de comptabilit ;
d) la reconnaissance de la ncessit de rechercher des conseils avant dengager des
transactions majeures ;
e) le respect de la loi particulire ;
e) le respect de la lgislation civile applicable sur place4.
Le Souverain Pontife donna la Commission deux principes qui devaient guider tout le
travail (de rvision du code). En premier lieu, il ne sagissait pas, comme cela avait t le cas
dans llaboration du code pio-bndictin, de faire seulement une nouvelle disposition des
lois, mais aussi et surtout de rformer les rgles pour les adapter aux nouvelles faons de
penser et aux ncessits nouvelles, mme si le droit ancien devait en fournir les bases.
Ensuite, dans ce travail de rvision, il fallait avoir constamment lesprit lensemble des
dcrets et des actes du concile Vatican II, car cest en eux que lon trouverait les traits propres
de la nouvelle lgislation, soit parce que les rgles avaient dj t dictes qui concernaient
directement les institutions nouvelles et la discipline ecclsiastique ou encore, parce que les
richesses doctrinales de ce concile, qui avaient beaucoup contribu la pastorale, devaient
trouver aussi leurs effets et leur complment ncessaire dans la lgislation canonique
(Prface du CIC). Ces lments sont particulirement prsents dans le titre II du Livre V sur
ladministration des biens temporels de lglise.
B) Acquisition et administration
Ladministration est distincte de lacquisition. Lacquisition est lacte par lequel des biens
passent dun propritaire un autre, ce qui nest pas un acte dadministration.
1

Cf. F. Grazian, La nozione di amministrazione e di alienazione nel Codice di diritto canonico, Rome, Editrice
Pontificia Universit Gregoriana, Tesi Gregoriana Serie Diritto Canonico, n 55, 2002.
2
L. Chiappetta, Amministrazione del beni ecclesiastici, Prontuario di diritto canonico et concordatario,
Rome, Edizione Dehoniane, 1994, p. 33.
3
F. Aznar Gil, La administracin de los bienes temporales de la Iglesia, op. cit., p. 173.
4
Cf. F. G. Morrisey, O.M.I., Acquiring Temporal Goods for the Churchs Mission , StCan 56 (1996), p. 590.

Ladministration est un acte qui porte sur des biens dj acquis qui peuvent tre utiliss par
des sujets, acte qui diffre galement de lalination.
De fait cependant, lacquisition peut tre considr comme un acte dadministration
extraordinaire, surtout quand elle va au-del de certaines limites. Ladministration est un acte
de gouvernement des choses en rapport avec le gouvernement des personnes. Le Livre V tout
entier a trait la fonction de gouvernement et, dans la partie spcifique des instituts religieux,
ladministration des biens temporels est comprise dans le chapitre sur le gouvernement des
instituts (c. 634-640 CIC 83).
C) Gestion administrative des biens ecclsiastiques
Il faut distinguer une notion conomique de ladministration dun patrimoine qui concerne sa
gestion en vue dobtenir les meilleurs rsultats et une notion juridique qui considre les divers
actes juridiques de lactivit conomique. Lactivit conomico-administrative de gestion
comprend donc des actes de nature conomique, financire, juridique, comptable et
juridictionnelle runis afin dobtenir une planification optimale et un profit, une productivit
et un emploi les meilleurs des biens et des rentes au service des fins tablies par la personne
juridique qui en est le titulaire 5.
D) Le contenu de lacte dadministration
Si nous nous en tenons sa nature juridique, lacte dadministration ne porte que sur les actes
qui ont pour objet lusage, la conservation des biens et la disposition de leurs fruits et revenus.
Mais la loi est pragmatique et confre aux administrateurs des facults qui dpassent la simple
administration, afin de faciliter leur gestion. Ceci a pu en conduire certains qualifier dactes
dadministration tout ce qui est de la comptence de ladministrateur, alors que les lois ont
accord celui-ci des facults pour procder, dans des cas trs limits et concrets, des
alinations ct des actes propres ladministration. tant considrs par la loi comme des
actes dadministration simple, ils chappent tout contrle et aux conditions requises par le
code pour lalination.
E) Caractristiques de ladministration
Les dispositions sur ladministration des biens se ressentent des enseignements conciliaires en
la matire. Le systme dadministration dessin par le concile et par le code prsente les
caractristiques suivantes :
a) le systme des bnfices doit tre progressivement supprim, comme nous lavons vu ;
b) lesprit vanglique de charit et de pauvret doit prvaloir, ce qui conduit ce que les
fidles contribuent aux besoins de lglise, venir en aide aux ncessiteux, tablir une
coopration et la solidarit entre les diffrentes glises particulires ;
c) le respect de lautonomie de chaque glise particulire, lintervention des confrences des
vques ayant t limite cet effet ;
d) la large place faite au principe de subsidiarit ;
e) le renvoi frquent la lgislation civile en la matire.
Ladministration des biens temporels nest pas simple. Nous sommes face divers modes que
nous tudierons dans ce chapitre et dans le suivant sur lalination des biens ecclsiastiques.
Lensemble donne un cadre quadrilob : a) actes dadministration ordinaire ; b) actes
dadministration extraordinaire ; c) actes dalination ou assimils ; d) et actes considrs
comme plus importants.

M. Lpez Alarcn, La administracin de los bienes eclesisticos , IC 24 (1984), p. 89.

F) Ladministration ordinaire6
Par actes dadministration ordinaire, il faut entendre les actes qui visent la conservation des
biens patrimoniaux et leur gestion normale. Cest le cas, par exemple :
- de la reddition de comptes
- de la vente des rcoltes dune proprit
- de la location dimmeubles dune valeur commune pour une priode ne dpassant pas neuf
ans
- des actes permettant cultiver directement une proprit
- du paiement des impts
- de lassurance contre des dangers et les calamits
- des rparations normales des immeubles, etc.
G) Ladministration extraordinaire
Nous reviendrons sur la notion dadministration extraordinaire. Donnons-en, titre indicatif,
quelques exemples :
- lacquisition, lalination et la modification des biens immobiliers
- lacquisition ou lalination de biens mobiliers dune valeur importante
- lalination de biens mobiliers constituant le patrimoine stable dune personne juridique
publique
- lalination de choses prcieuses (c. 1292 2 CIC ; c. 1036 4 CCEO)
- la renonciation un hritage ou une donation consistant en un bien immobilier ou en un
bien mobilier de valeur, surtout sil est soumis des conditions, et son acceptation
- la construction de btiments
- les rparations extraordinaires dimmeubles
- la location de biens immeubles long terme (en gnral pour une dure suprieure neuf
ans) ou de biens dune consistance notable
- contracter des dettes
- constituer des hypothques
- prendre part des procs actifs et passifs (c. 1288 CIC83 ; c. 1032).
H) Le patrimoine stable
Avant de nous engager dans ltude de ladministration et de lalination des biens temporels
de lglise, il nous faut prciser un concept qui fait son apparition dans le CIC 83, celui de
patrimoine stable , dont il a dj t question plusieurs reprises. Il est prsent aux canons
1285 et 1291 (c. 1029 et 1035 1, 1 CCEO).
En labsence de dfinition de la notion, nous pouvons extraire du canon 1291 deux lments
dterminants. Le patrimoine stable est compos de biens : a) qui ont fait lobjet dune
attribution lgitime et b) dont lalination requiert une autorisation de lautorit comptente
selon le droit.
Le ctus De bonis Ecclesi temporalibus a introduit la notion de patrimoine stable avec
l'intention de prciser, dans le contexte actuel, les biens ecclsiastiques immobiliers et
mobiliers qui peuvent tre sauvegards par leur prservation , y compris de largent (qui est
un bien mobilier). L'intention n'tait pas de rendre impossible lalination de patrimoine
stable, mais dviter lalination faite imprudemment et de manire irresponsable par les
administrateurs. Le patrimoine stable nest pas destin pour la consommation ou pour
lalination, mais pour la prservation. Lanalyse des travaux de codification font ressortir :
1) que la notion de patrimoine stable a t introduite pour clarifier les notions de biens
6

Les exemples suivants sont tirs de L. Chiappetta, Amministrazione ordinaria e straordinaria, Prontuario di
dirtito canonico et concordatario, Rome, Edizione Dehoniane, 1994, p. 36-37.

immobiliers et mobiliers, argent y compris ; 2) la ncessit quune autorit comptente


dtermine, par un acte dadministration extraordinaire, ce qui appartient au patrimoine stable ;
3) le besoin dobserver des rgles prcises en cas dalination pour un montant dpassant
celui fix par la loi ; 4) ltablissement dun inventaire des biens, qui doit tre rgulirement
mis jour7.
Lon a donn pour dfinition du patrimoine stable lensemble des biens dune personne
juridique publique qui, au moyen dune dsignation lgitime, constitue le minimum ncessaire
pour la subsistance conomique de lentit et la ralisation effective de ses finalits al
lumire de ses circonstances particulires, et qui bnficient donc dune protection spciale au
moment de leur alination 8.
Par dfinition, les biens composant le patrimoine stable jouissent dune certaine immutabilit,
ce qui ne veut pas dire quils ne puissent jamais tre alins. Mais le lgislateur entend leur
accorder une protection particulire. Tout acte les affectant relvera de ladministration
extraordinaire. Nous pouvons caractriser le patrimoine stable comme suit :
1) Chaque personne juridique doit avoir la capacit de possder un patrimoine
stable.
2) Le patrimoine stable vient l'existence par la dsignation lgitime.
3) Lautorit comptente pour dsigner le patrimoine stable lgitimement doit tre
identifie.
4) Les biens qui se rapportent au patrimoine stable doivent tre identifis
rgulirement dans les inventaires.
5) Le patrimoine stable peut tre alin.
6) Le patrimoine stable doit tre protg dans les contrats qui peuvent le menacer.
7) Le patrimoine stable peut tre converti en patrimoine non-stable.
8) Les biens qui appartiennent au patrimoine stable peuvent tre transforms de
biens immobiles biens mobiles, et vice versa.
9) Les offrandes destines par leurs donateurs faire partie du patrimoine stable
portent une condition ou une obligation modale ; par consquent, ladministrateur doit avoir
l'autorisation de l'ordinaire, avant quelles soient acceptes.
10) Les administrateurs ne peuvent pas faire des dons du patrimoine stable.
11) Le patrimoine stable nest pas soumis limpt diocsain.
En principe, toute personne juridique possde un patrimoine stable, bien quaucune obligation
ne simpose elles en ce sens. La seule condition que le code pose est lautorit ecclsiastique
ne doit accorder la personnalit juridique quaux ensembles de personnes ou de choses qui
possdent les moyens suffisants pour atteindre la fin quils se proposent (c. 114 3 CIC 83 ;
c. 921 3 CCEO).
Nous examinerons successivement les deux points suivants :
1. Les principes fondamentaux, comprenant :
a) La Pontife romain, administrateur universel
b) Les organismes de la curie romaine
c) La confrence des vques
d) La province ecclsiastique
e) Les ordinaires du lieu et les autres ordinaires
1. Les principes fondamentaux quant ladministration des biens

Cf. J. A. Renken, The Stable Patrimony of Public Juridic Persons , J 70 (2010), p. 143.
D. Zalbidea, El control de las enajenaciones de bienes eclesisticos : El patrimonio estable, Pampelune, Eunsa,
2008, p. 109.
8

A) Le Pontife romain, administrateur universel9


a) Ladministrateur suprme. Le canon 1273 (c. 1008 1 CCEO), qui est une nouveaut du
CIC 83, tablit un principe gnral, qui aurait pu figurer dans les canons prliminaires du
Livre V, savoir que le Pontife romain, en vertu de sa primaut de gouvernement, est le
suprme administrateur et dispensateur de tous les biens ecclsiastiques . Ce canon se relie
directement au principe gnral du canon 1254 (c. 1007 CCEO) sur le droit inn de lglise
possder des biens temporels et fournit le fondement juridique et thologique des normes
relatives ladministration des biens ecclsiastiques.
1) Suprme. Le qualificatif suprme a t ajout lors des travaux de rvision du code,
parce quil appartient au Pontife romain de rgler, par des lois gnrales, ladministration
des biens ecclsiastiques et de rserver son jugement les causes plus importantes 10.
Administrateur et dispensateur sont des termes voisins, pratiquement quivalents.
Ladministrateur est celui qui est appel laide pour la grance des biens ; le dispensateur
est lintendant qui partage, distribue largent selon les besoins. Celui-l manifeste un rle actif
de premier plan, en soulignant lordre qui doit prsider son action ; celui-ci met en valeur le
service remplir, laspect diaconal de la charge 11.
2) Son rle. Le Pontife romain, en tant quadministrateur suprme : a) donne des normes ;
b) supervise les actes extraordinaires ; c) est inform, tous les cinq ans, par les vques (
loccasion de la visite ad limina) et les suprieurs gnraux (rapports quinquennaux), de la
marche de leur administration respective. En tant que dispensateur, il exerce une fonction
dunification de la grande diversit de patrimoines que suppose une abondance de titularits,
en dcidant des transferts entre certains dentre eux et, dans des circonstances extraordinaires,
en venant rectifier des appropriations indment faites, de manire publique ou a for de la
conscience (par le biais de la Pnitencerie apostolique) 12.
3) La proprit des biens. Le Pontife romain nest pas le propritaire des biens
ecclsiastiques, pas mme de ceux du Sige apostolique, ce que saint Thomas affirmait dj :
Le Souverain Pontife est le dispensateur principal des biens de lglise, mais ils ne lui
appartiennent pas comme leur propritaire et authentique possesseur.13 La notion mme de
biens ecclsiastiques ne permet pas, nous lavons vu, quune personne physique en soit le
dominus14. Lintervention du Pontife vise orienter lutilisation des biens aux fins propres de
lglise15. Quil soit dispensator ne peut tre reconduit aux schmas du droit priv. tant
donn quil nest pas le propritaire des biens ecclsiastiques, ce terme doit tre compris
partir des paramtres du droit public. Cest bien ce que le canon 1273 (c. 1008 1 CCEO)
laisse entendre quand il prcise en vertu de sa primaut de gouvernement . Le conseil
pontifical des textes lgislatifs explique en ce sens que quand le canon 1273 qualifie le
Pontife romain dadministrateur suprme des biens ecclsiastiques, il fait rfrence au pouvoir
9

Cf. F. Salerno, I beni temporali della Chiesa ed il potere primaziale del Romano Pontefice , I beni temporali
della Chiesa, Cit du Vatican, Libreria Editrice Vaticana, Studi Giuridici L, 1999, p. 103-139.
10
Comm 5 (1973), p. 97.
11
J.-C. Prisset, Les biens temporels de lglise, op. cit., p. 130.
12
L. de Echeverria, sub c. 1273, CIC, traduction de Salamanque.
13
Saint Thomas dAquin, Somme thologique II-II, q. 100, a. 1 ad 7.
14
Cf. en sens contraire, cf. Y Sugawara, Amministrazione dei beni temporali comme atto di governo , La
Funzione amministrativa nellordinamento canonico. Congresso Internazionale di Diritto Canonico, Varsavia,
14-18 settembre 2011, J. [Link] dir., Varsovie, Uniwersytet Kardynala Stefana Wyszynskiego,
2012, p. 633-644.
15
Cf. Comm 12 (1980), p. 412-413.

de juridiction du pape sur lglise et partant sur les biens des personnes juridiques publiques
destins aux fins propres de lglise, ainsi qu une fonction administrative, de type
conomique ou fonde sur le pouvoir de dominium des biens 16.
b) Le dispensateur suprme. Le Pontife romain est aussi qualifi de dispensator suprme.
Cette qualification apporterait la notion dadministrateur celle de la capacit dintervention
immdiate du pape, cest--dire la possibilit de poser des actes administratifs, soit sous
forme dactes de gouvernement soit sous celle dinterventions conomiques directes.
Le pape prside la charit. Il exerce ce rle en tablissant des lois gnrales, par une
fonction de surveillance ou de vigilance, en rassemblant des biens en vue dune rpartition
quitable entre les plus ncessiteux. Il est intressant de souligner que plus que par des dons
directs dune glise une autre qui pourraient engendrer une dpendance des glises
pauvres envers celles plus aises le passage par Rome des offrandes rend plus effective la
communion hirarchique propre lglise, avec et sous lautorit du Pontife romain (c. 331,
333, 336, 375 217) 18.
Notons que cette fonction dadministrateur suprme de tous les biens temporels de lglise ne
fait pas du pape leur propritaire19. Elle dcoule du pouvoir de gouvernement du Pontife
romain, qui lui est propre en tant quautorit suprme de lglise, pouvoir qui vise, en
lespce, garantir que les biens sont utiliss conformment leur finalit. Par suite, le
Pontife romain nest pas tenu de rpondre des consquences des actes dadministration
financire poss par les administrateurs immdiats des biens des diverses personnes
juridiques, prcisment parce quil nen est pas ladministrateur eu sens du droit priv, mais
quil ne lest quen vertu du primatus regiminis, en raison de sa situation publique dans
lglise 20.
c) Les visites ad limina. Le Pontife romain exerce sa fonction de coordination normative et
de haut contrle administratif par la surveillance des biens temporels de lglise loccasion
des visites ad limina que les vques diocsains et ceux qui leur sont quipars en droit
doivent effectuer tous les cinq ans, et au cours de laquelle ils doivent soumettre au Pontife
romain un rapport sur ltat du diocse (c. 399 121), rapport qui comporte un volet
financier. De faon semblable, pour favoriser le mieux possible la communion des instituts
(religieux) avec le Sige apostolique, chaque modrateur suprme lui enverra [] un bref
aperu sur ltat et la vie de linstitut (c. 592 122). Cette disposition sapplique aussi aux
socits de vie apostolique (c. 732), ainsi quaux associations publiques universelles et
internationales (c. 319 1 CIC 83 ; c. 582 CCEO). La vigilance sexerce encore pour
lalination de biens dune certaine valeur (c. 1292 2 CIC 83 ; c. 1036 4 CCEO) et pour
toute affaire la situation patrimoniale de la personne juridique pourrait tre amoindrie 23
(c. 1295 CIC 83 ; c. 1042 CCEO).

16

Conseil pontifical des Textes lgislatifs, Note. La fonction de lautorit ecclsiastique sur les biens
ecclsiastiques , 12 fvrier 2004, 26, n 4, Comm 36 (2004), p. 24-32.
17
Cf. c. 43, 45 et 49 CCEO.
18
J.-C. Prisset, Les biens temporels de lglise, op. cit., p. 130.
19
Cf. Comm 12 (1980), p.412-413.
20
Note La funzione delle autorit ecclesiastiche sui beni ecclesiastici, 12 fvrier 2004, Comm 36 (2004), p.
24-32, cite dans CB, p. 1273.
21
Cest au patriarche que les vques parchiaux doivent remettre ce rapport quinquennal : c. 206 1 CCEO.
22
En droit oriental, le rapport est envoy tous les cinq ans lautorit dont le monastre ou la congrgation
dpend directement. Un exemplaire est envoy au Sige apostolique dans le cas dinstituts de droit parchial ou
patriarcal (c. 419 CCEO).
23
Peut empirer , dit la norme orientale.

d) La grance des biens. Le Pontife romain intervient de faon directe dans la grance des
biens pour la rduction des charges de messes (c. 1308 1 CIC 83 ; c. 1052 1 CCEO), pour
la rduction, la modration et la commutation de certaines volonts pieuses (c. 1310 3 CIC
83 ; c. 1054 3 CCEO), dans les cas de litiges entre un diocse et une autre personne
juridique qui na pas de suprieur en dessous du Pontife romain (c. 1405 3, 3 CIC 83 ; c.
1061 CCEO).
Dans le cas o les administrateurs immdiats des biens ecclsiastiques scarteraient des
limites de leur mandat, il reviendrait au Pontife romain et lordinaire de corriger
ladministration errone, mais ils nauraient pas de responsabilit civile pour les
dommages ventuellement causs par ladministrateur. Leur responsabilit est une
responsabilit de gouvernement, non une responsabilit financire. Ceci nempche pas que le
Pontife romain, en tant que Pasteur suprme de lglise, puisse considrer opportun, pour le
bien des fidles ou pour dautres considrations caritatives, dindemniser sur les biens du
saint-sige les personnes qui auraient t lses, sans que lon puisse y voir une obligation de
justice. Cette indemnisation pourrait rentrer dans le cadre des finalits des biens
ecclsiastiques, concrtement celle duvres de charit , surtout si la personne lse peut
tre considre comme faisant partie du groupe social des plus pauvres (c. 1254 2 CIC
83)24.
Nous verrons la gestion du patrimoine du Sige apostolique au chapitre V.
B) Les organismes de la curie romaine
Le Pontife romain exerce cette fonction de suprme administrateur et dispensateur des
autres biens ecclsiastiques est exerce par le biais des diffrentes congrgations romaines,
selon ce que disposent la constitution apostolique Pastor Bonus, le Rglement gnral de la
Curie romaine et lOrdo servandus de chaque dicastre.
a) La congrgation pour le Clerg soccupe de tout ce qui regarde le saint-sige pour
ladministration des biens ecclsiastiques, et spcialement ladministration droite de ces biens,
et elle concde les approbations et reconnaissances ncessaires ; en outre, elle veille ce que
soit assures la subsistance et la prvoyance sociale des clercs (PB 98). Elle traite aussi
des honoraires des messes, ainsi que des volonts pieuses en gnral et des fondations
pieuses (PB 97, 2).
b) La commission pontificale pour les biens culturels de lglise assure la protection de ces
biens. Cette commission a remplac, en 1993, la commission pontificale pour la conservation
du patrimoine artistique et historique, dont elle conserve les comptences dfinies par PB 99103. Son prsident est aussi membre du conseil pontifical de la Culture et des consultations
sont prvues avec ce conseil pour les acadmies ayant des activits en rapport avec les biens
culturels de lglise.
c) La congrgation pour les Instituts de vie consacre et les socits de vie apostolique est
comptente en matire dadministration des biens de ces instituts et socits (PB 108 1).
d) La congrgation pour lvanglisation des peuples intervient par le biais des uvres
pontificales missionnaires, galement au moyen dune collecte efficace et dune quitable
rpartition des subsides (PB 91). La congrgation nest pas soumise lAdministration du
patrimoine du saint-sige, mais doit rendre compte de sa gestion la Prfecture des affaires
conomiques25.
e) La congrgation pour les glises orientales connat des affaires concernant les glises
orientales, tant au sujet des personnes que des choses (PB 56), mais la comptence
spcifique et exclusive des tribunaux de la curie romaine demeure intacte (PB 58 2).
24
25

Cf. J. Miambres, Il Romano Pontefice garante ultimo... , op. cit., p. 443.


Rglement gnral de la curie romaine, art. 7, note 5.

f) Les documents adresser. Quels documents faut-il prsenter au saint-sige quand un


demande dautorisation lui est adresse ? Ce peut tre notamment :
1) une explication de la juste cause (cf. c. 1293 1, 1) ;
2) une estimation crite du bien aliner (cf. c. 1293 1, 2) ;
3) lindication que les autres prcautions prvues par la loi particulire ont t observes (cf.
c. 1293 2) ;
4) lindication du consentement des organes requis26 (cf. c. 1292 1) ;
5) lindication des parties aliner (cf. c. 1292 3) ;
6) si possible, loffre dachat (cf. c. 1294 1) ;
7) lindication de lutilisation qui sera faite du prix de lalination (cf. c. 1294 2) ;
8) le cas chant, lindication que les normes civiles ont t respectes (cf. c. 1296)27.
C) La confrence des vques
La confrence des vques nest pas une sorte de troisime niveau de ladministration des
biens. Le droit universel ne lui reconnat pas de comptence administrative gnrale en la
matire, mais seulement une comptence normative et de supplance, qui nen est pas moins
importante pour autant. La confrence des vques na pas de pouvoir lgislatif en la matire,
sauf pour les aspects particuliers et en vue du bien commun quindiquent le droit commun, un
mandat particulier du Sige apostolique donn motu proprio ou sur demande de la confrence
elle-mme. Ceci se retrouve dans la fonction normative que nous allons expliciter.
Les vques ne doivent pas penser uniquement aux besoins de leur diocse, mais ils doivent
penser aussi aux autres glises particulires en tant que faisant partie de lunique glise du
Christ28.
Il sera question de cette intervention quand il y aura lieu. En guise de rsum, soulignons ici
que les principales tches assignes la confrence des vques sont de deux ordres : a) une
fonction normative lchelon supradiocsain et b) ladministration mdiate des personnes
juridiques quelle rige. Elle peut possder dautres pouvoirs en vertu du droit concordataire.
a) La fonction normative. Elle se concrtise par les tches suivantes : a) dicter les normes
en vue de la suppression progressive des bnfices ecclsiastiques, en concertation avec le
Sige apostolique et avec son approbation (c. 1272) ; b) veiller lorganisation de la
prvoyance sociale en faveur du clerg (c. 1274 2 CIC 83 ; c. 1021 2 CCEO) ; c) dicter
des normes concernant les contributions demandes aux fidles (c. 1262), lorganisation des
qutes des fins pieuses (c. 1265 2) et la location de biens ecclsiastiques (c. 1297) ;
d) dterminer les actes dadministration extraordinaire dans la gestion du patrimoine diocsain
(c. 1277 CIC 83 ; c. 263 4 CCEO) ; f) fixer les sommes minimale et maximale partir
desquelles les actes de disposition sont soumis certaines exigences de contrle renforc (c.
1292 sv CIC 83 ; c. 1035-1036 CCEO) ; g) fixer les normes pour la location des biens (c.
1297 CIC 83)29.
b) Les fonctions administratives. Ce sont des tches relevant de ladministration mdiate, et
ladministration immdiate des biens propres et des flux financiers. Pour ce qui concerne
ladministration mdiate, la confrence des vques doit assurer ladministration mdiate des
personnes juridiques quelle rige et qui sont soumises son gouvernement, associations
26

Conseil diocsain des affaires conomiques, collge des consulteurs, parties intresses ; pour les instituts
religieux et les socits de vie apostolique, les conseils appropris.
27
Cf. F. G. Morrisey, O.M.I., The Alienation of Temporal Goods in Contemporary Practice , StCan 29 (1995),
p. 298. Dans le cas des instituts religieux, sy ajoutera une lettre de lvque diocsain prcisant quil ne
soppose pas la transaction.
28
Cf. LG 23 ; PO 21/b : Cette caisse doit aussi permettre aux diocses plus riches d'aider les plus pauvres, pour
que le superflu des uns subvienne l'indigence des autres.
29
Cf. J.-P. Schouppe, Droit canonique des biens, op. cit., p. 184.

publiques de fidles y compris (c. 319 CIC 83 ; c. 582 CCEO). La confrence exerce alors les
fonctions dvolues lordinaire. Pour ce qui est de ladministration immdiate, elle concerne
non seulement les biens propres mais aussi les flux financiers constitus par les moyens
destins dautres personnes juridiques mais grs provisoirement par la confrence des
vques concerne
D) La province ecclsiastique
La province ecclsiastique est un regroupement dglises particulires voisines pour mieux
promouvoir laction pastorale commune divers diocses voisins () et pour mieux favoriser
les relations mutuelles entre les vques diocsains (c. 431 1 CIC 83).
Le concile provincial qui runit les diverses glises particulires dune mme province
ecclsiastique se runit chaque fois que cela est ncessaire (c. 440 1 CIC 83). En sont
membres non seulement les vques et les pasteurs quipars en droit aux vques diocsains,
mais aussi, avec voix purement consultative, toutes les autres catgories de fidles.
Le concile particulier, tant provincial que plnier, a pour fonction de pourvoir aux besoins
pastoraux du Peuple de Dieu, cest--dire de dcider ce quil convient de faire pour le
dveloppement de la foi, pour conduire laction pastorale commune, pour rgler les murs,
pour faire observer la discipline ecclsiastique commune, la promouvoir ou la dfendre (c.
445 CIC 83). Il na donc pas de comptence directe en matire patrimoniale. Il lui revient
toutefois de fixer les taxes pour les actes du pouvoir excutif ou pour lexcution des rescrits
du Sige apostolique, ainsi que de dterminer le montant des offrandes verses loccasion
des sacrements et des sacramentaux (c. 1264 CIC 83) et de fixer par dcret pour la province le
montant de loffrande donner pour la clbration et lapplication de la messe (c. 952 1 CIC
83).
Si le concile provincial ou le concile plnier exerce le pouvoir lgislatif, il peut lexercer aussi
dans le domaine conomico-administratif.
E) Les ordinaires du lieu et les autres ordinaires
Nous traiterons de lvque diocsain propos de la structure conomique du diocse
(chapitre VI). Examinons ici brivement les comptences des ordinaires du lieu en gnral et
des autres ordinaires.
Lordinaire du lieu peut autoriser une personne juridique, prive ou publique, effectuer une
qute (c. 1265 1 CIC 83 ; c. 1015 CCEO) ; prescrire une qute spciale dans tous les glises
et oratoires pour des projets paroissiaux (c. 1266 CIC 83 ; c. 1014 CCEO) ; recevoir les
comptes des administrateurs des personnes physiques qui lui sont soumises (c. 1287 1 CIC
83 ; c. 1031 1 CCEO ) ; tre le rfrent pour les biens en fiducie (c. 1302 3 CIC 83 ; c.
1046 3 CCEO).
Les ordinaires en gnral peuvent autoriser une qute (c. 1265 1 CIC 83 ; c. 1015 CCEO) ;
autoriser de refuser des offrandes pour une juste cause ou daccepter des biens grevs dune
charge ou dune condition (c. 1267 2 CIC 83 ; c. 1016 3 CCEO) ; veiller ladministration
des biens des personnes juridiques qui lui sont soumises (c. 1276 1 CIC 83 ; c. 1022 1
CCEO) ; intervenir en cas de ngligence de ladministrateur (c. 1279 1 CIC 83 ; c. 1023
CCEO) et nommer des administrateurs pour les personnes juridiques qui en seraient
dpourvues (c. 1279 2 CIC 83).
Leur permission est requise pour les actes dadministration extraordinaire (c. 1281 1 CIC
83 ; c. 1024 1 CCEO) ; il leur revient de recevoir le serment des administrateurs (c. 1283, 1
CIC 83 ; c. 1025, 1 CCEO)30 ; ils doivent donner leur permission pour quun procs soit
engag (c. 1288 CIC 83 ; c. 1032 CCEO). Cest eux quil revient de faire excuter les
30

Serment qui a t maintenu, malgr une certaine opposition : cf. Comm 5 (1973), p. 98 ; 12 (1980), p. 418.

pieuses volonts (c. 1301 1 CIC 83 ; c. 1045 1 CCEO) et ils doivent tre avertis de
lacceptation des biens en fiducie (c. 1302 1 CIC 83 ; c. 1046 1 CCEO), exigeant que ces
biens soient placs de faon sre (c. 1302 2 CIC 83 ; c. 1046 2 CCEO). Ils doivent donner
leur autorisation pour quune personne juridique accepte validement une fondation (c. 1304
1 CIC 83 ; c. 1048 2 CCEO) et approuver le placement des biens de cette fondation (c. 1305
CIC 83 ; c. 1049 CCEO). Ils peuvent rduire les charges de messes (c. 1308 2 CIC 83 ; c.
1052 2 CCEO) et rduire, modrer ou commuer les pieuses volonts des fidles (c. 1310 1
CIC 83 ; c. 1054 1 CCEO).
3) Les normes sur ladministration des biens
Les normes pratiques concernant ladministration des biens portent sur :
a) le rle de lordinaire
b) ladministration propre au diocse
c) ladministration des biens des personnes juridiques
d) ladministration extraordinaire
A) Les personnes juridiques dotes dadministrateurs
Mme si nous y reviendrons en dtail, il convient de commencer par voir quelles sont les
personnes juridiques pour lesquelles le code prvoit la prsence dadministrateurs. Il sagit :
a) pour les biens du diocse, de lconome que lvque diocsain doit nommer aprs avoir
entendu le collge des consulteurs et le conseil pour les affaires conomiques, ladministration
extraordinaire revenant lvque diocsain ;
b) lorganisme prvu par les statuts pour le fonds spcial prvu par le canon 1274 (c. 1021
CCEO) ;
c) un conome pour le sminaire, si le cas le demande (c. 239 CIC 83 ; c. 338 1 CCEO) ;
d) pour les biens de la paroisse, le cur en est ladministrateur aid par le conseil paroissial
pour les affaires conomiques (c. 520) ;
e) dans les instituts religieux et dans chaque province gouverne par un suprieur majeur il
doit y avoir un conome, ainsi que dans les communauts locales quand cela est possible (c.
636) ;
f) les socits de vie apostolique doivent avoir un conome (c. 741) ;
g) les associations de fidles peuvent nomme des administrateurs (c. 309, 319) ;
h) les fondations constitues en personne juridique publique sont soumises au rgime
dadministration prvu par leurs statuts (c. 1300 CIC 83 ; c. 1044 CCEO) et, dfaut, sont
administres selon les dispositions de lordinaire (c. 1279, 1301 CIC 83 ; c. 1023, 1045
CCEO).
B) Ladministration des biens proprement dite
Lon remarquera que ni le CIC 83 ni le CCEO ne reconnaissent le droit des fidles lacs
administrer les biens temporels de lglise. Une tude des conciles locaux et cumniques
primitifs montre dailleurs quaucun dentre eux ne leur reconnat ce droit31.
a) Le rle de lordinaire32
31

Cf. G. Nedungatt, S. J., Who is to Administer Church Property ? The Answer of the Ecumenical Councils ,
Folia Canonica 4 (2001), p.117-133.
32
Cf. A. Longhitano, Lamministrazione dei beni : la funzione di vigilanza del vescovo diocesano (cann. 12761277 CIC) , I beni temporali della Chiesa, Cit du Vatican, Libreria Editrice Vaticana, Studi Giuridici L, 1999,
p. 83-101 ; C. Redaelli, La responsabilit del Vescovo diocesano nei confronti dei bene ecclesiastici , QDE 4
(1991), p. 317-335.

1) Sa responsabilit directe. Le canon 1276 1 (c. 1022 1 CCEO) affirme dabord la


responsabilit directe de lordinaire dans ladministration de tous les biens temporels des
personnes juridiques publique qui lui sont soumises, celles-ci agissant au nom de lglise (c.
116 1). Il en est ladministrateur mdiat, mme si nul prcepte ne lui attribue
ladministration et la dispensation suprieure de ces biens, comme le canon 1273 (c. 1008 1
CCEO) le fait pour le Pontife romain.
2) La vigilance. Lordinaire exerce dabord des tches de vigilance, qui peuvent tre assures
par des actes relevant de lexercice du pouvoir de gouvernement ordinaire, ce qui est le cas de
lautorisation crite requise pour les actes dadministration extraordinaire33, ou par des actes
ne relevant pas de ce pouvoir, comme des consultations dordre technique ou administratif,
lexamen des budgets et des bilans, ou une inspection administrative. Cette vigilance est
assure dordinaire par lconome diocsain (c . 1278) ou par le titulaire dun autre office
diocsain prpos cette tche. Mais la dsignation de lconome pour les fonctions vises
par ce canon relve du jugement dopportunit de lvque diocsain.
La vigilance de lordinaire sexerce aussi sur le fonctionnement de ladministration, soit
directement pour lvque diocsain lors de la visite pastorale (c. 396 CIC 83 ; c. 205 CCEO),
loccasion de laquelle il prendra connaissance des registres de ladministration des entits
ecclsiastiques, ou lors de lexamen annuel des comptes des associations publiques (c. 319
1 CIC 83 ; c. 582 CCEO) ; soit indirectement, pour les paroisses, par le vicaire forain (c. 555
1, 3 CIC 83 ; c. 278 1, 3 CCEO). Il exerce galement sa vigilance en examinant les
inventaires dtaills que les administrateurs doivent lui prsenter avant dentrer dans leur
charge (cf. c. 1283, 2), ainsi que le rapport annuel de leur administration (cf. c. 1284 1, 8).
Dans certains cas, il accorde une autorisation aux administrateurs pour : a) les actes qui
dpassent les limites et les modes de ladministration ordinaire (cf. c. 1281 1) ; b) les actes
dalination ou pouvant amoindrir le patrimoine de la personne juridique (cf. c. 1291-1292,
1295) ; c) certains contrats de location (cf. c. 1297) ; d) lintroduction dun procs o la
rponse une citation devant un tribunal civil au nom dune personne juridique publique (cf.
c. 1288). Lordinaire peut galement intervenir en cas de ngligence de la part de
ladministrateur de biens ecclsiastiques (cf. c. 1279 1) et quand une personne juridique na
pas dadministrateur dsign (cf. c. 1279 2).
La norme considre prvoit que lordinaire peut possder des titres lgitimes lui
attribuant des droits plus tendus dans ladministration des biens des personnes juridiques
publiques. Ces titres dcoulent des statuts ou des rglements propres.
3) La comptence en matire rglementaire. En outre, lordinaire possde une comptence
rglementaire pour organiser ladministration des biens dans le cadre de sa juridiction (c.
1276 2 CIC 83 ; c. 1022 2 CCEO) en prenant des dcrets, donnant des prceptes,
approuvant les statuts et rglements des personnes juridiques publiques, ce qui comprend les
articles relatifs ladministration de leur patrimoine. Lordinaire tiendra compte du droit et
des coutumes lgitimes existant ainsi que des circonstances concrtes, et nagira que dans le
cadre du droit universel et du droit particulier.
Les personnes juridiques prives nont rendre compte aucune autorit de la gestion de
leurs biens. Toutefois lautorit ecclsiastique comptente a le droit de veiller ce que les
biens soient employs aux fins de lassociation les possdant (c. 325 1), et doit intervenir
pour ladministration des biens donns ou confis pour des causes pies (c. 325 2 et 1301),
ainsi que pour ladministration des monastres de droit propre dans les limites tablies par les
canons 637 et 638 4.
33

C. 1277, 1281 1, 1291-1295 CIC 83 ; c. 263 4, 1024 1, 1035, 1036, 1038 CCEO.

En plus des limites gnrales auxquelles les instructions sont soumises (cf. c. 34), le second
paragraphe du canon 1276 reconnat limportance des droits acquis, des coutumes lgitimes et
des circonstances particulires, droits parmi lesquels peuvent figurer les dispositions de
conventions internationales signes par le saint-sige. Lordinaire organisera lensemble de
ladministration des biens ecclsiastiques par des instructions spciales qui en tiendront
compte. Mais ces instructions respecteront le droit universel et particulier.
Il pourrait tre utile de distinguer selon les biens dont il sagit et de parler de protection des
biens ecclsiastiques, et de rserver le terme de vigilance lintervention auprs des
personnes juridiques prives, pour garantir lintrt ecclsial gnral34.
b) Ladministration propre au diocse
Deux points sont envisager ici : lintervention de lvque diocsain et le rle de lconome
diocsain.
1) Lintervention de lvque diocsain. Le canon 1277, qui nest pas dune grande clart,
prvoit que pour les actes dadministration plus importants , lvque diocsain doit
entendre le conseil pour les affaires conomiques et le collge des consulteurs . Pour en
dterminer limportance, il sera tenu compte de ltat financier du diocse . Cette prcision
a t ajoute lors des travaux de rdaction, car, comme on la fait remarquer, il peut arriver
que des affaires de moindre envergure prennent une grande importance dans un diocse
modeste ou dont la situation conomique est instable, selon le degr de risques quelles
comportent 35. Mais le codificateur na pas souhait tre plus explicite, se limitant parler
dactes maioris momenti36.
2) Le rle des conseils. Le consentement du conseil pour les affaires conomiques et du
collge des consulteurs est requis pour les actes dadministration extraordinaire, outre les
cas prvus par le droit universel ou exprims spcialement par la charte de fondation pour les
actes relevant de ladministration extraordinaire . Si lordinaire ne respecte pas cette
procdure, les actes dadministration de grande importance poss par lordinaire seront
invalides (c. 127 2 CIC 83 ; c. 934 2, 1 CCEO). Les actes dadministration extraordinaire
seront invalides si lordinaire ne demande pas le consentement du conseil pour les affaires
conomiques et du collge des consulteurs ou sil agit contre leur consentement.
3) Des comptences spciales. La nature des actes dadministration extraordinaire nest pas
prcise. Cest la confrence des vque quil revient de prciser de quels actes il sagit.
Lvque diocsain peut fixer pour son diocse des limites infrieures celles dcides par la
confrence puisquil est charg dorganiser lensemble de ladministration des biens
ecclsiastiques (c. 1276 2 CIC 83 ; c. 1022 2 CCEO).
Un renvoi au canon 1292 aurait permis de qualifier dimportants les actes concernant les biens
dont la valeur est comprise entre les limites minimale et maximale fixes par la confrence
des vques, et dextraordinaires ceux qui dpassent ce maximum.
Outre les facults gnrales du canon 1276 (c. 1022 CCEO), que la loi, la coutume ou les
statuts peuvent largir, et la facult dautoriser des actes dadministration extraordinaire (c.
1281 1 CIC 83 ; c. 1024 1 CCEO), lvque possde une srie de comptences spciales :
a) autoriser les litiges au for civil (c. 1288 CIC 83 ; c. 1032 CCEO) ; b) recevoir la prestation
de serment des administrateurs (c. 1283, 1 CIC 83 ; c. 1025, 1 CCEO) ; c) accorder son
34

Cf. J. Miambres, I beni ecclesiastici : nozione, regime giuridico e potere episcopale , Collectif, I beni
temporali della Chiesa, Cit du Vatican, Librera Editrice Vaticana, Studi Giuridici L, 1999, p. 19.
35
M. Lpez Alarcn, sub c. 1277, CB, p. 1115.
36
Cf. Comm 16 (1984), p. 33.

consentement la destination des sommes disponibles (c. 1284 2, 6 CIC 83 ; c. 1028 2,


5) ; d) recevoir la reddition des comptes annuelle (c. 1287 1 CIC 83 ; c. 1031 1 CCEO) ;
e) accorder lautorisation et dicter les normes concernant certaines alinations (c. 638 4 et
1292 2 CIC 83 ; c. 1036 4 CCEO) ; f) dcider de rclamer par la voie judiciaire suite une
alination illgitime (c. 1296 CIC 83 ; c. 1040 CCEO) ; g) assurer lexcution de toutes les
pieuses volonts (c. 1301 CIC 83 ; c. 1045 CCEO) par lexercice de lensemble des facults
que le droit lui attribue pour sacquitter de cette tche (c. 1299-1310 CIC83 ; c. 1043-1054
CCEO)37.
De plus, lordinaire peut tre amen intervenir de faon subsidiaire dans deux circonstances
prcises : a) en cas de ngligence de la part des administrateurs immdiats, si le droit ne
prvoit pas le rglement de ce cas (c. 1279 CIC 83 ; c. 1023 CCEO) ; b) lorsque la personne
juridique publique soumise son gouvernement na pas prcis les actes dadministration
extraordinaire, lvque diocsain devant alors rgler la question et, pour ce faire, intervenir
autant quil le juge opportun dans les processus de dlibration de tous les actes de la
personne juridique (c. 1281 2 CIC 83 ; c. 1024 2 CCEO).
4) Le rle de lconome diocsain. Lvque diocsain reprsente le diocse dans toutes les
affaires juridiques du diocse (c. 393 CIC 83), mais il ne peut pas en tre ladministrateur.
Cest pourquoi il doit nommer un conome (c. 494 1 CIC 83 ; c. 262 1 CCEO), qui a pour
mission dadministrer les biens du diocse sous lautorit de lvque (c. 494 3 CIC 83 ;
c. 262 3 CCEO).
Lconome diocsain, qui possde les fonctions dfinies au canon 494 3 et 4 (c. 262 3-4
CCEO), peut se voir confier par lvque diocsain ladministration de toutes les personnes
juridiques publiques qui lui sont soumises (c. 1276 1 CIC 83) ainsi que ladministration des
biens dune personne juridique qui naurait pas dadministrateur (c. 1279 2).
Lconome jouit dun large espace dautonomie, dfini par loffice selon le droit, et, tout en
ayant des pouvoirs propres inhrents loffice (c. 131 1 CIC 83), il est en raison de cet
office soumis au suprieur comptent, et subordonn par consquent aux directives de celuici. Un suprieur qui poserait habituellement des actes dadministration ordinaire, qui sont de
la comptence de lconome, se substituerait lui et agirait donc lencontre de la norme.
Le pouvoir de lconome est un pouvoir vicaire, qui ne requiert pas lordre sacr. Cest
pourquoi lconome diocsain peut tre lac. Nous avons l un cas de participation de lacs
lexercice du pouvoir de gouvernement dans lglise prvu par le canon 129 2 (c. 979 2
CCEO).
c) Ladministration des biens des personnes juridiques
Suivant Mgr Prisset, nous diviserons la matire en trois points : les agents de
ladministration, les devoirs de tout administrateur, la cessation dans loffice et les
consquences personnelles dune dmission arbitraire.
1) Les agents de ladministration. Les agents de ladministration sont a nombre de deux :
ladministrateur et le conseil pour les affaires conomiques38.
- Ladministrateur. Quant ladministrateur, toute personne juridique publique doit en avoir
un, de droit ou par dsignation de lordinaire si le droit, la charte de fondation ou les statuts
nont pas pourvu cette fonction : Ladministration des biens ecclsiastiques revient celui
37

Cf. J.-P. Schouppe, Droit canonique des biens, op. cit., p. 178.
Cf. V. De Paolis, Lamministrazione dei beni : soggetti cui demandata in via immediata e loro funzioni (cc.
1279-1289) , I beni temporali della Chiesa, Cit du Vatican, Libreria Editrice Vaticana, Studi Giuridici L, 1999,
p. 59-82.
38

qui dirige de faon immdiate39 la personne qui ces biens appartiennent, moins dune autre
disposition du droit particulier, des statuts ou dune coutume lgitime, et restant sauf le droit
dintervention de lordinaire en cas de ngligence de ladministrateur (c. 1279 1 CIC 83 ;
c. 1023 1 CCEO). Le paragraphe 2 du mme canon prcise que, pour ladministration des
biens dune personne juridique publique qui naurait pas dadministrateur selon le droit ou la
charte de fondation ou ses propres statuts, lOrdinaire qui elle est soumise dsignera pour
trois ans des personnes idoines ; il peut les reconduire. Mais larticulation entre les deux
paragraphes nest pas limpide. Si le suprieur de la personne juridique est ipso facto son
administrateur, lon ne voit pas comment la possibilit envisage par le paragraphe deuxime
peut se produire. Le principe gnral devrait lemporter, selon le quel le recteur de ces
personnes devrait en tre automatiquement aussi ladministrateur ou tout le moins
lordinaire devrait dsigner le suprieur lui-mme 40.
Ladministrateur peut tre distinct du reprsentant lgal. Celui-ci est le seul reprsenter la
personne juridique au regard de la loi, tant canonique que civile, et il na aucun rle jouer
quant ladministration des biens de la personne. La reprsentation lgale a le caractre de
la manifestation et de la certification de la personne juridique reprsente 41.
* Sa spcificit. Ladministration se distingue aussi de la fonction de vigilance et de contrle
sur les personnes juridiques et sur leurs biens. La vigilance ne concerne pas lactivit typique
de ladministration qui consiste disposer des biens. La vigilance suppose un certain pouvoir
sur les personnes juridiques, lais pas ncessairement sur leurs biens, dont lautorit a
seulement la tche dy veiller, non den disposer.
** Trois aspects. Lacte dadministration comporte trois aspects : a) conserver les choses
acquises ; b) les faire fructifier ; c) les utiliser au service des personnes juridiques.
Ladministrateur-n de la personne juridique est celui qui la dirige : lvque pour le diocse,
le cur pour la paroisse, le recteur de lglise bnie solennellement (c.1214-1222), le recteur
dun sanctuaire lgitimement rig (c. 1232), de prfrence lconome du sminaire diocsain
(c. 239 1), le recteur dune glise ni paroissiale ni capitulaire ni annexe la maison dun
institut religieux ou dune socit de vie apostolique (c. 652), le suprieur religieux pour
linstitut religieux, le prsident dune association publique, le prsident du chapitre des
chanoines, etc. Dans le cas des associations publiques de fidles, ladministrateur est dsign
par les statuts propres sous la haute direction ou vigilance de lautorit qui la rige (c. 319
1 CIC 83 ; c. 582 CCEO). Les actes poss par les administrateurs sont du point de vue
juridique des actes de la personne juridique elle-mme, pourvu quils aient t poss dans les
limites du mandat reu et selon les normes lgales.
*** En labsence dadministrateur. Dans le cas o la personne juridique publique na pas
dadministrateur dsign par le droit, par sa charte de fondation ou par les statuts, lordinaire
qui elle est soumise dsignera pour trois ans des personnes idoines , quil peut reconduire
dans cette charge (c. 1279 2).
Lordinaire a un droit dintervention dans ladministration si ladministrateur nglige
daccomplir sa fonction (c. 1279 1). Il sassurera que les comptes annuels lui sont remis
ponctuellement (c. 1287 1 CIC 83 ; c. 1031 CCEO).
Le clerc qui est administrateur est maintenu dans ses fonctions mme sil est suspendu de son
office par une peine lat sententi (c. 1333 3, 3).
39

Ladverbe immediate a trait au gouvernement de la personne, non son administration (V. De Paolis,
Lamministrazione dei beni... , loc. cit., , p. 68).
40
V. De Paolis, Lamministrazione dei beni... , loc. cit., p. 71.
41
V. Mosca, Il ruolo della gerachia... , loc. cit., p. 396.

- Le conseil pour les affaires conomiques. Une norme nouvelle, prise dans le souci dassurer
la prsence dun conseil dadministration des personnes juridiques42, prvoit quelles aient
leur conseil pour les affaires conomiques ou au moins deux conseillers pour aider
ladministrateur dans sa tche, et ce, selon les statuts (c. 1280).
Le texte nest pas rdig avec rigueur, puisquil impose lexistence du conseil pour les affaires
conomiques (habeat) tout en temprant cette exigence par au moins deux conseillers .
Ladministrateur ne peut pas voter avec les autres membres du conseil, selon linterprtation
authentique donne par la Commission dinterprtation des textes lgislatifs43, disposition qui
apparat quelque peu exorbitante si lon songe que ladministrateur est le mieux plac pour
connatre les tenants et les aboutissants de chaque affaire. Cela peut favoriser le choix de deux
conseillers aidant ladministrateur, ce qui fait disparatre tout collge et les rgles y relatives
quant aux dcisions prendre.
Ce canon trouve une application directe dans lexistence du conseil diocsain et du conseil
paroissial pour les affaires conomiques (c. 492-493, 537 CIC 83 ; c. 263 CCEO), ainsi que
du conseil pastoral diocsain (c. 511 CIC 83 ; ) et paroissial (c. 536 CIC83 ; ), tous conseils
pour lesquels le conseil dadministration est obligatoire.
2) Les devoirs de tout administrateur
Les canons 1281 1288 dfinissent les devoirs de tout administrateur, savoir de respecter
les limites de ladministration ordinaire, daccomplir ses fonctions au nom de lglise, de
remplir certains actes avant dentrer en fonction, daccomplir exactement ses charges, de se
limiter dans les libralits, dobserver les contrats de travail des employs, de dresser un bilan
annuel et de fournir une information sur lusage des biens, et de nagir au for civil quautoris
le faire.
a) Le respect des limites de ladministration ordinaire
* Les actes invalides. Le canon 1281 commence par tablir, dans son paragraphe premier (c.
1024 1 CCEO), le principe suivant lequel tout administrateur pose invalidement les actes
qui dpassent les limites et le mode de ladministration ordinaire , moins quau pralable
lordinaire ne lui ait donn la facult par crit 44. Les statuts pourraient tablir quil ny a
pas de limites : il y aurait pourtant toujours celles du canon 1292 sur la valeur des biens
alinables.
Lobjet de ce paragraphe est la validit des actes dadministration des biens temporels. Celleci concerne non seulement les limites, fixes par le droit universel et particulier (c. 1292 et
1277) ou par les statuts, mais aussi le mode dadministration, qui peut tre prvu par le droit
universel, ce qui est le cas lorsquil impose ladministrateur de consulter son conseil ou den
obtenir le consentement, comme pour que lvque diocsain aline des biens dont la valeur
est comprise entre un montant minimal et un montant maximal (c. 1292 1 CIC 83 ; c. 1036
1 CCEO).
42

Qui suivra les normes du c. 127, quand bien mme il na pas la personnalit juridique.
Rponse du 14 mai 1985, A.A.S. 77 (1985), p. 8771.
44
Du devoir de vigilance de lvque diocsain sur les associations prives (cf. c. 325 1) devraient tre exclus
les contrles prvus par ce c. 1281 pour poser des actes dadministration extraordinaire, sous peine de restreindre
la libert de gestion du patrimoine de ces associations prives, sans compter lincertitude qui pserait quant la
dtermination des actes dadministration extraordinaire ; tout comme les contrles organiss par les c. 12921295. Aznar Gil soutient la position contraire ( Los bienes temporales de las asociaciones de fieles en el
ordenamiento cannico , Collectif, Asociaciones cannicas de fieles, Salamanque, 1987, p. 194-203), mais il
importe de respecter le droit fondamental des associations dagir avec la plus grande libert possible,
conformment au c. 325 1 (cf. M. Lpez Alarcn, sub c. 1257, ComEx, vol. IV, p. 63).
43

Lordinaire peut donner par crit de plus amples comptences ladministrateur, qui
dpassent les limites et le mode de ladministration ordinaire. Mais il ne peut accorder aucune
drogation aux limites financires sans le consentement du conseil pour les affaires
conomiques, du collge des consulteurs et des intresss dans les cas dalination (c. 1292
1 CIC 83 ; c. 1036 1 CCEO) et pour toute affaire risquant dappauvrir la situation
patrimoniale de la personne juridique (c. 1295 CIC 83 ; c. 1042 CCEO).
La forme crite de la concession est requise pour la validit de la concession, comme le laisse
entendre lemploi de la conjonction nisi, moins que . En cas de litige, ladministrateur
pourra prouver, par un acte ayant pleine valeur probante (c. 1541 CIC 83 ; c. 1222 CCEO)
quil a respect les normes du droit et quil nest pas personnellement responsable des
dommages ventuels.
** Ladministration ordinaire. Le paragraphe 2 du canon 1281 (c. 1024 2 CCEO) spcifie
les instances du droit particulier dterminant ce quil faut entendre par administration
ordinaire, tant entendu que le droit universel est inapte le faire45 : les statuts doivent
prciser les limites et le mode de ladministration ordinaire ; sils se taisent sur ce point,
lvque diocsain dtermine les actes de cette nature, aprs avoir entendu le conseil pour les
affaires conomiques. Mais il devra tenir compte des dispositions de la confrence des
vques dterminant les actes qui relvent de ladministration ordinaire (c. 1277). Cette
norme ne soppose pas celle du canon 1277, qui dcide que la confrence des vques
dtermine les actes dadministration extraordinaire dans le cas des diocses. Ici, il sagit des
autres personnes juridiques dotes de statuts. Les critres donns par la confrence des
vques pour le diocse peuvent inspirer la rgulation statutaire.
Cette intervention de lvque diocsain est suppltive. Il aura intrt faire complter les
statuts dficients avant de les approuver.
*** La responsabilit de la personne juridique. Le paragraphe 3 et dernier du canon 1281 (c.
1024 3 CCEO) dgage la responsabilit de la personne juridique dans le cas o
ladministrateur a outrepass ses comptences. Trois cas de figure peuvent se prsenter :
- lacte pos est invalide, mais a tourn lavantage de la personne juridique : celle-ci le
valide tacitement en profitant de lavantage acquis ;
- lacte est invalide et a tourn au dsavantage de la personne juridique : celle-ci nest pas
tenue den rpondre. Afin dviter des oppositions ventuelles entre le droit canonique et le
droit civil, il pourrait tre opportun de faire figurer dans les contrats une clause rsolutoire ou
une condition de validit canonique, telle quun contrat canoniquement invalide ne puisse pas
tre civilement valide ;
- le code latin ajoute encore le cas de lacte pos validement, mais de faon illgitime, et qui
peut causer un certain tort la personne juridique : celle-ci rpond de ces actes, mais peut
introduire une action dordre judiciaire (c. 1491 CIC 83 ; c. 1149 CCEO) ou prsenter un
recours administratif (c. 1732 CIC 83 ; c. 996 CCEO) contre ladministrateur qui la lse.
La responsabilit de ladministrateur peut tre de nature pnale, dans le cas du canon 1377 (c.
1449 CCEO) dalination sans lautorisation requise, ou dans celui du canon 1389 (c. 1464
CCEO) dabus de pouvoir ou dune charge ecclsiastique. La personne lse peut exercer une
action contentieuse au cours du procs pnal pour obtenir rparation des dommages en vertu
du canon 1729 (c. 1483 CCEO). Ce droit rparation existe aussi quand la responsabilit
pnale de ladministrateur nest pas engage, car quiconque cause illgitimement un
dommage autrui () est tenu par lobligation de rparer le dommage caus (c. 128 CIC
83 ; c. 935 CCEO).
45

Cf. Comm 5 (1973), p. 98.

Il se pourrait quun acte canoniquement invalide soit valide du point de vue civil, du fait que
la lgislation civile ne reconnat pas le droit canonique, auquel cas lon suivra les dispositions
du canon 1296 (c. 1040 CCEO).
b) Laccomplissement des fonctions au nom de lglise
Toute personne, quelle soit clerc ou lac, qui participe un titre lgitime ladministration
des biens ecclsiastiques, est tenue daccomplir ses fonctions au nom de lglise, selon le
droit (c. 1282). Cette disposition est une application de la capacit des lacs, reconnus
idoines, remplir des offices et des charges ecclsiastiques selon le droit, disposition figurant
au canon 228 1 (c. 408 2 CCEO) parmi les droits et les devoirs fondamentaux des fidles.
Ces lacs doivent se distinguer par la science, la prudence et lhonntet (c. 228 2 CIC 83 ;
c. 408 1 CCEO). Cest ainsi quil sera prcis que lconome doit tre vraiment comptent
dans le domaine conomique outre que remarquable par sa probit (c. 494 1 CIC 83 ;
c. 262 1 CCEO). Cette capacit des lacs vaut pour la fonction dadministrateur comme pour
celle de consulteur ou de membre dun organe consultatif.
Ladministrateur, comme toute personne nomme un office ecclsiastique, doit tre dans la
communion de lglise (c. 149 1), ce qui est dailleurs un devoir fondamental de tout
fidle, dans sa faon dagir (c. 209 1 CIC 83 ; c. 12 1 CCEO).
Ladministrateur agit au nom de lglise parce quil gre les biens temporels dune personne
juridique publique qui remplit sa charge prcisment au nom de lglise (c. 116 1).
Moyennant quoi, quand ladministrateur agit selon le droit, il dgage sa responsabilit et, en
cas de litige, il ne peut tre personnellement tenu responsable des rparations faire, alors que
sil a outrepass ses fonctions, la personne juridique, nous lavons vu, peut se retourner contre
lui.
Ladministrateur a tous les droits propres sa fonction, tels que laccs aux moyens matriels
et la documentation ncessaire, ainsi quune autonomie suffisante, sous le contrle de
lautorit suprieure.
Le non-respect du droit a des consquences pour ladministrateur, contre qui la personne
juridique lse peut se retourner (c. 1281 3 CIC 83 ; c. 1024 3 CCEO) et qui sera puni
dune juste peine46. Le cur pourra tre rvoque de son office pour ce motif47.
c) Les pralables lentre en fonction
Trois conditions doivent tre remplies avant lentre en fonction de ladministrateur, selon la
teneur du canon 1283 (c. 1025-1026 CCEO).
En premier lieu, il doit prter serment de remplir fidlement sa charge 48. Le serment, qui
relve de la vertu de religion (cf. c. 1200 1), doit tre prt devant lordinaire ou son
dlgu, qui peut tre lac (cf. c. 228 1 CIC 83 ; c. 408 2 CCEO). ). Un exemplaire du
serment tant conserv dans les archives diocsaines. Le CIC 83, la diffrence du CCEO (c.
1027), ne rclame pas que ladministrateur verse une caution, valable en droit civil, qui
pourrait tre utilise en cas de demande de dommages et intrts dans le cadre dune mauvaise
gestion49.
Deuximement, un inventaire, dont il est prcis quil doit tre exact et dtaill , doit tre
dress des immeubles, des meubles prcieux ou prsentant quelque intrt culturel, ainsi que
des autres biens, non prciss, avec leur description et leur estimation, inventaire qui doit tre
vrifi, puis sign par les administrateurs. Lestimation de la valeur des biens ne sera pas
46

C. 1377 et 1389 2 CIC 83 ; c. 1449 et 1464 2 CCEO.


C. 1389 1 et 1741, 5 CIC 83 ; c. 1464 1 et 1390, 5 CCEO.
48
Cf. Comm 12 (1980), p. 418.
49
Cf. Comm 12 (1980), p.418.
47

toujours facile, comme dans le cas de biens prsentant une valeur culturelle particulire.
La mention des autres biens indique que linventaire doit tre exhaustif. Pour la notion de
biens prcieux et de biens culturels , lon se reportera au chapitre II. Notons cependant
que la mention des biens culturels est une nouveaut du code de 1983.
Cet inventaire prsente lavantage de permettre de distinguer clairement les biens personnels
du titulaire de loffice de ceux qui appartiennent la personne juridique.
Enfin linventaire doit tre vers aux archives de ladministration, une copie tant dpose
dans les archives diocsaines, ce qui correspond au devoir du canon 1284 2, 9 CIC 83 ; c.
1028 2, 8 CCEO). Lon notera sur les deux exemplaires de cet inventaire tout changement
intervenant dans le patrimoine, afin den assurer la conservation effective.
Notons que les biens ecclsiastiques possdant un intrt historique, artistique ou
documentaire prsentent un intrt aussi bien pour lglise que pour ltat, et quun accord en
ce domaine devra tre cherch par la voie concordataire.
d) Exactitude dans laccomplissement des charges
Le paragraphe premier du canon 1284 (c. 1028 1 CCEO) pose le principe dune
administration des biens en bon pre de famille . Il sagit dun critre traditionnel, qui
figure dans les ordres juridiques civils.
Do lnumration au paragraphe 2 dune srie de neuf devoirs.
1. Tout dabord veiller ce que les biens ne subissent aucun dommage et au besoin les
assurer pour ce faire. Le contrat dassurance vol et incendie est bien souvent obligatoire
dailleurs. Cette incitation assurer les biens ne figurait pas dans le CIC 17.
2. Pas plus que le fait de garantir la proprit des biens par des moyens valides en droit civil.
Cela suppose que lglise affaire un tat de droit, qui reconnat la libert de conscience et
la libert de religion ainsi que le droit dassociation.
3. Ladministrateur doit ensuite respecter le droit civil pour protger les biens. Nous avons vu
que la personne juridique peut se retourner contre ladministrateur sil sen carte et que, en
corolaire, il est couvert quand il a observ les lois civiles. En cas dune alination sans les
formes canoniques mais civilement valable, cest lautorit comptente quil revient
dengager ventuellement une action (c. 1296 CIC 83 ; c. 1040 CCEO), en tenant compte de
la norme du canon1281 3.
4. Ladministrateur doit ensuite percevoir tous les revenus, les conserver et les employer
selon la volont du fondateur ou les rgles lgitimes.
5. Il doit veiller payer temps les intrts des emprunts et des hypothques et en
rembourser temps le capital.
6. Il doit employer les disponibilits aux fins de lglise et de la personne juridique
concerne. Pour ce faire, il agira en bon pre de famille (c. 1284 1) et veiller ce que les
biens quil doit grer ne prissent pas et ne subissent aucun dommage (c. 1284 2, 1),
comme cela a dj t dit. En ce sens, il doit obtenir le consentement de lordinaire , lequel
aura soin de prendre lavis de son conseil pour les affaires conomiques, selon le canon 1287
1.
7. Ladministrateur tiendra en ordre les livres des recettes et des dpenses50, condition sine
qua non dune bonne administration. Le contrle des registres relve de la vigilance de
lordinaire (c. 1276 1 CIC 83 ; c. 1022 CCEO).
8. Lobligation suivante porte sur la prsentation annuelle des comptes, cest--dire du bilan.
Celle de la prparation du budget annuel aurait pu lui tre associe. Le lgislateur a prfr lui
consacrer le paragraphe 3 de ce mme canon 1284. Cette dissociation sexplique par le fait
50

Appeles dbourss dans la traduction, terme qui nest pas franais et dnote une certaine ignorance des
notions les plus lmentaires de comptabilit.

que le bilan est obligatoire alors que le budget nest que recommand par le droit universel.
Mais le droit particulier pourrait le rendre obligatoire. La confection dun budget, prvue pour
le diocse par le canon 493 (c. 263 5 CCEO), est ainsi tendue toutes les personnes
juridiques publiques. La norme ne prcise pas que le bilan doit tre prsent lordinaire, car
cela est clairement indiqu au canon 1287 1 (c. 1031 1 CCEO). On pourrait souhaiter
que les confrences des vques, sinon imposent, du moins proposent des formulaires pour la
prparation du bilan et du budget des personnes juridiques publiques, compte tenu des
circonstances locales. En effet, ces questions requirent la collaboration dexperts en
questions conomiques et juridiques, que mme un diocse nest pas toujours mme de
trouver.51
9. Enfin ladministrateur doit conserver dans des archives du sige de leur administration les
titres de proprit de lglise ou de linstitut sur les biens et, si possible, en verser une copie
aux archives de la curie.
Cette numration dactes dadministration ordinaire nest pas exhaustive. Il faut se reporter
des critres complmentaires, tels les facteurs quantitatifs prciss aux canons 1291-1292 (c.
1035 1, 3 et 1036 CCEO), des normes de droit particulier, les statuts tant bien inspirs de
prciser les actes dadministration extraordinaire, ou encore des lments de nature
empirique52. Cependant, du fait de sa description gnrale des obligations et des fonctions de
ladministrateur, ce canon peut servir dterminer le domaine des fins et des modes de
ladministration ordinaire et, par suite, prciser ce quil faut entendre par actes
dadministration extraordinaire53.
Dans les actes dalination et assimils, ladministrateur doit tenir compte des obligations qui
dcoulent des canons 1293 et 1294 (c. 1035 CCEO), savoir : a) une cause juste ; b) la
prsentation de lestimation crite aprs expertise ; c) le respect de cette estimation pour fixer
le prix minimal de lalination ; d) la prise des prcautions ventuellement prescrites par
lautorit ; e) linvestissement avis ou lutilisation des fonds conformment la finalit de
lalination.
e) Limites la libralit de ladministrateur
Ladministrateur peut faire des dons pour des buts de pit ou de charit chrtienne , ce qui
correspond dailleurs lobligation fondamentale de toute personne de subvenir aux besoins
de l glise (c. 222 1 CIC 83 ; c. 25 1 CCEO) et aux fins propres de lglise (c. 1254 1
CIC 83 ; c. 1007 CCEO). Mais le canon 1285 (c. 1029 CCEO) subordonne ces dons trois
conditions : a) dabord quil ne sagisse que de biens mobiliers ; b) ensuite que ces biens
nappartiennent pas au patrimoine stable de linstitution, car si les dons provenaient des biens
immobiliers, le patrimoine serait amoindri, lencontre du canon 1295 (c. 1042 CCEO) ; cest
aussi un moyen de respecter la volont des donateurs ou des fondateurs (c. 1300 CIC 83 ; c.
1044 CCEO) ; c) enfin quil sagisse dun acte dadministration ordinaire. Le canon
correspondant du CCEO (c. 1029) parle de dons modestes selon une coutume lgitime et
demande une cause juste pour les faire.
Mme si les limites poses par ce canon ne comportent pas la nullit de lacte pos qui ne les
respecterait pas, mais seulement son illicit, il semble cependant difficile, compte tenu des
51

J.-C. Prisset, Les biens temporels de lglise, op. cit., p. 180.


V. De Paolis propose les critres suivants : La quantit, les risques de perte, lincidence que lacte peur avoir
sur la substance ou seulement sur les fruits ; les dangers auxquels on expose la stabilit du patrimoine ; la nature
de la chose qui fait lobjet de ladministration ou du service que lon prte, la modalit ou la complexit de
lopration ; la valeur de la chose ; la dure des rythmes dexcution ; lincertitude des rsultats conomiques ; la
consistance patrimoniale, conomique et financire de la personne juridique elle-mme ; etc. (I beni temporali
della Chiesa, Bologne, 1995, p. 147, cit par J.-P. Schouppe, Droit canonique des biens, op. cit., p. 158).
53
Cf. Z. Combalia, sub c. 1284, ComEx, vol. IV/1, p. 137.
52

canons 1281 (c. 1024 CCEO) et 1291 et suivants (c. 1035 et suivants CCEO), que
ladministrateur puisse raliser validement une donation qui sortirait du domaine prvu par ce
canon54.
Dans le cas dune donation abusive, on pourra appliquer le canon 1281 3 (c. 1024 3
CCEO), qui autorise lintroduction dun recours contre ladministrateur qui a ls la personne
juridique par des actes juridiques valides mais illgitimes. Toutefois cette norme risque de ne
pas pouvoir sappliquer dans les pays o la lgislation civile ne reoit pas les normes
canoniques, ce qui implique quune alination ou un acte dadministration extraordinaire soit
valide en droit civil mais invalide au for canonique. La seule solution consistera alors
demander lautorit suprme du Pontife romain de valider le contrat invalide55.
Il revient lautorit, qui na pas besoin pour cela de lavis ou du consentement du conseil
pour les affaires conomiques ou du collge des consulteurs, de dcider :
a) sil convient dintenter une action relle pour rcuprer le bien invalidement alin, ou une
action personnelle contre lauteur de lalination, avec demande de rparation des dommages
causs (cf. c. 128) ;
b) qui doit intenter laction, du suprieur ou de la personne juridique qui a t lse ;
c) contre qui elle doit tre intente, cest--dire contre ceux qui administrent la personne
juridique (administrateur, reprsentant lgal, etc.) ou contre lacqureur ;
d) sil faut recourir au for ecclsiastique, ce qui suppose que lacqureur y consente, ou au for
civil, sil existe des lments solides pour attaquer la validit du contrat ;
e) de punir directement le coupable de lalination illgitime (cf. c. 1377) ou de renoncer
toute action, compte tenu des circonstances de temps et de lieu56.
f) Les contrats de travail des employs
Lglise entend que sa doctrine sociale soit applique57. Elle demande en ce sens aux
administrateurs dobserver scrupuleusement la lgislation civile du travail et de la scurit
sociale pour le personnel quelle emploie et que ceux qui ont un contrat de travail reoivent
un juste et honnte salaire qui leur permette de pourvoir convenablement leurs besoins
et ceux des leurs (c. 1286 CIC 83 ; c. 1030 CCEO). Ceci implique naturellement que le
salaire juste puisse dpasser le minimum lgal si ce dernier ne permet pas de subvenir
convenablement aux besoins de la famille du salari58. Le droit un salaire juste et honnte
est un droit naturel de la personne. Si daventure le droit civil ne garantissait pas
suffisamment ce droit, lemployeur canonique ne pourrait pas pour autant se considrer
exempt de ce devoir naturel. Il nest cependant pas tenu dappliquer des normes civiles que
ltat napplique lui-mme pas ces employs de lglise. Lesprit de la norme est
simplement que lemployeur ecclsiastique nenfreigne pas les lois civiles qui sappliquent
clairement la situation du personnel employ.
Lalina premier de ce canon insre la clause selon les principes donns par lglise , ce
qui pose des limites la norme. Par exemple, si ltat impose une assurance maladie qui va
contribuer aussi payer lavortement, le droit canonique nimpose videmment pas aux
catholiques dy rpondre favorablement.
Cette norme ne concerne pas les fidles lacs qui rendent des services spciaux lglise en
vertu du canon 231 (c. 409 CCEO) qui prvoit leur rmunration propre. Elle ne concerne pas
davantage la rtribution des membres des instituts de vie consacre, qui se fait selon dautres
critres.
54

Cf. Z. Combalia, sub c. 1285, Ibid., p. 139.


Cf. F. Salerno, I beni temporali della Chiesa... , loc. cit., p. 159.
56
Cf. F. Salerno, I beni temporali della Chiesa... , loc. cit., p. 159-160.
57
Son importance a t rappele par le pape Benot XVI, dans lencyclique Deus caritas est, 25 dcembre 2005.
58
Cf. J. de Otaduy, El derecho a la retribucin de los laicos al servicio de la Iglesia , FI 2 (1992), p. 187-206.
55

Cette norme perd le ct paternaliste quelle avait dans le CIC 17 59, et nest plus limite aux
seuls curs ou prtres missionnaires. Elle distingue la responsabilit lgale de ladministrateur
quant au respect de la lgislation civile, de sa responsabilit morale quant au salaire. Ce
salaire ne doit pas uniquement tenir compte du travail fourni, le salaire dit honnte , mais
doit tre fonction des conditions personnelles de lemploy, cest--dire juste , car il doit
lui permettre, lui et sa famille, de vivre dcemment60. Lemploy, en contrepartie, possde
lobligation fondamentale dacqurir la formation requise ncessaire pour bien remplir sa
tche (c. 231 1 CIC 83 ; c. 409 1 CCEO).
Ladministrateur lui-mme a droit un salaire juste et honnte, conformment au droit
fondamental du canon 231 2 (c. 409 2 CCEO).
Les employs dglise sont tenus au devoir de rserve, mme si celui-ci nest pas explicit ici.
Une cohrence entre le comportement personnel et le travail au service de lglise est
attendre deux bon droit. Les juridictions civiles appeles se prononcer, lont toujours fait
en faveur de lemployeur61.
Ils ont galement le droit sassocier et sorganiser pour promouvoir leurs propres intrts
dans lglise, car la cration dassociations tant capables de poursuivre des objectifs que
les individus ne peuvent atteindre qu'en s'associant, apparat comme un moyen absolument
indispensable pour l'exercice de la libert et de la responsabilit de la personne humaine 62.
g) Bilan annuel et information sur lusage des biens
Le canon 1284 2, 8 (c. 1228 2, 7 CCEO) faisait obligation tout administrateur de
prparer les comptes annuels de sa gestion. Il est maintenant prcis qui il doit prsenter les
dits comptes.
Ladministrateur, lac ou clerc, des biens des personnes juridiques publiques soumises au
pouvoir de gouvernement de lvque diocsain est soumis au contrle de lordinaire du lieu
auquel il doit prsenter ses comptes chaque anne, et celui des fidles auprs desquels il
rendra compte uniquement de lusage des biens (c. 1287 CIC 83 ; c. 1031 CCEO). Mais, dans
ce dernier cas, la reddition de comptes ne porte pas sur les revenus des investissements, les
produits de la vente de biens, ou dautres sources de revenus, dont lorigine ne provient pas
des fidles. Il sagit l dune vritable obligation, qui sinsre dans le contexte de la
coresponsabilit des fidles la vie financire de lglise 63. Elle ne porte que sur les biens
donns par les fidles, non sur lensemble des biens ecclsiastiques grs par ladministrateur.
Il revient au droit particulier de dterminer les modalits de la reddition de comptes.
Cette reddition de comptes figure dj au nombre des devoirs de ladministrateur (c. 1284 2,
8 CIC 83 ; c. 1028 2, 7 CCEO). Cette obligation cesse si ladministrateur est lgitimement
soustrait au pouvoir de gouvernement de lvque diocsain (c. 1287 1).
Cette norme ne simpose pas aux administrateurs des personnes juridiques prives, qui sont
rgies par leurs statuts, le devoir de vigilance de lordinaire du lieu ne portant pas
ncessairement sur la reddition de comptes (c. 325).
Des normes particulires prvoient la reddition des comptes des associations publiques
lgitimement riges, qui doivent rendre compte devant lautorit qui les a riges, Sige
apostolique, confrence des vques ou vque diocsain64, des instituts de vie consacre, de
59

Cf. Comm 5 (1973), p. 99.


Les pasteurs accueilleront ces lacs avec joie et avec reconnaissance ; ils veilleront ce que leur condition
satisfasse aussi parfaitement que possible aux exigences de la justice, de l'quit et de la charit, surtout en ce qui
concerne les ressources ncessaires leur vie et celle de leur famille ; ils feront en sorte que ces lacs disposent
des moyens ncessaires de formation, de soutien et de stimulant spirituel (AA 22/b).
61
Cf. G. Dole, Les professions ecclsiastiques, fiction juridique et ralit sociologique, Paris, 1987.
62
Jean XXIII, enc. Pacem in terris, 11 avril 1968, n 24.
63
F. Aznar Gil, La administracin de los bienes temporales de la Iglesia, op. cit., p. 210.
64
C. 312 1 et 319 CIC 83 ; c. 575 1 et 582 CCEO.
60

leurs provinces et maisons, qui doivent en rendre compte lautorit comptente65, des
monastres de droit propre, qui rendent compte lordinaire du lieu (c. 637) et par les
administrateurs paroissiaux, qui le font devant le cur (c. 540 3 CIC 83 ; c. 299 3 CCEO).
Il est ainsi ncessaire dassurer la transparence dans la gestion des biens. Une telle
transparence ne pourra tre assure qu partir de lapport professionnel et comptente des
lacs qui garantit que tout est ralis dans le respect des normes canoniques et civiles, en se
montrant opportunment disponibles aux contrles et la reddition de comptes, et en portant
la plus grande attention ce que les biens soient effectivement destins aux fins spirituelles de
lglise 66.
Toute coutume contraire est rprouve et donc considre comme nulle et non avenue.
Lordinaire doit soumettre ces comptes lexamen du conseil diocsain pour les affaires
conomiques, qui il revient dapprouver les comptes des recettes et des dpenses pour le
diocse tout entier (c. 493 CIC 83 ; c. 263 5 CCEO).
Le mode de contrle des fidles est dtermin par le droit particulier. Il y a l une obligation
pour ladministrateur. Toutefois, il ne rend compte aux fidles que de la gestion des biens
quils ont donns, non de celle de lensemble des biens ecclsiastiques, bien quils puissent le
faire si les conditions locales le suggrent67. Plus que dune reddition de comptes, il sagit
dune information sur ltat et lutilisation des biens. En application du principe de
subsidiarit, la dtermination concrte de ce devoir est laisse au droit particulier.
h) Autorisation pour agir au for civil
Tout administrateur a besoin de lautorisation crite de son ordinaire propre pour engager un
procs ou pour rpondre une citation en justice au for civil (c. 1288 CIC 83 ; c. 1032
CCEO). Par procs, il faut entendre nimporte quelle procdure judiciaire contentieuse
pouvant affecter le patrimoine des personnes juridiques publiques, aussi bien de manire
contraire que de manire favorable. Ni les procdures administratives, ni les procdures de
juridiction volontaire ne prsentent un caractre contentieux ; par contre, il ne faut pas exclure
les poursuites pnales quand la responsabilit civile risque de retomber sur lesdits
patrimoines 68.
La ncessit de lautorisation pralable tient aux risques quun procs peut faire courir aux
biens ecclsiastiques. Lautorisation ne concerner que les procs engags au for civil. Les
personnes juridiques peuvent agir au for canonique par leurs reprsentants lgitimes, sans
ncessit dune autorisation de leur ordinaire propre (c. 1480 CIC 83 ; c. 1138 1 CCEO).
Dans le cas o ladministrateur agirait sans avoir reu cette autorisation, lacte pos serait
illicite, mais valide, une procdure pouvant tre engage contre lui en cas de dommages
causs au patrimoine ecclsiastique (c. 1281 3 CIC 83 ; c. 1024 3 CCEO).
Cette norme limite donc la responsabilit de ladministrateur. Elle rpond au devoir de
vigilance de lordinaire sur ladministration des biens (c. 1276 1 CIC 83 ; c. 1022 1
CCEO).
Ladministrateur veillera, le cas chant, respecter les dlais lgaux pour engager une
procdure ou pour faire appel69. Sil ngligeait dengager une procdure civile pour dfendre
le patrimoine dont il a la responsabilit, il pourrait tre tenu de verser des dommages intrts
(c. 128 CIC 83 ; c. 935 CCEO) et lautorit comptente pourrait se retourner contre lui (c.
1389 2 CIC 83 ; c. 1464 2 CCEO).
Il est hautement souhaitable dviter davoir recours aux tribunaux civils et dpuiser dabord
65

C. 636 CIC 83 ; c. 447, 516, 558 2 CCEO.


L. Mist, Chiesa e beni temporali... , loc. cit, note , p. 302.
67
Cf. Comm 12 (1980), p. 421.
68
M. Lopez Alarcon, sub c. 1288, CB, p. 1126.
69
Cf. c. 1465, 1635, 1637 3 CIC 83 ; c. 1124, 1316, 1318 3 CCEO.
66

les moyens dviter les procs des canons 1713-1716 : transaction, rconciliation, arbitrage70.
Le respect des normes des canons 1281-1288 sur les devoirs de tout administrateur est intim
au cur pour ladministration des biens de la paroisse (c. 532). Il sapplique aussi lvque
diocsain et son conseil pour les affaires conomiques partir du moment o le canon 493
fait un renvoi explicite aux normes du Livre V, renvoi qui figure aussi pour ladministration
des biens temporels des instituts religieux (c. 635 1 CIC 8371), de ceux des instituts sculiers
(c. 718) et des socits de vie apostoliques (c. 741 1).
3) La cessation dans loffice et les consquences personnelles dune dmission arbitraire. La
tche de ladministrateur prend fin en gnral par lcoulement du dlai de son mandat. Elle
peut intervenir aussi par perte de loffice, par exemple parce que ladministrateur a atteint la
limite dge, ou par rvocation ou par toute autre privation administrative ou pnale.
La dernire norme sur ladministration des biens prcise que les administrateurs ne peuvent
pas abandonner leur fonction selon leur bon vouloir, ou leur caprice : ils sont tenus, en effet,
par un contrat bilatral, au moins tacite . Certains dentre eux ont t nomms pour une
priode de trois ans (c. 1279 2). Sils dmissionnent arbitrairement, et si cette dmission
cause un dommage lglise, ils sont tenus restitution (c. 1289 CIC 83 ; c. 1033
CCEO),ou rparer les dommages causs (c. 128 CIC 83 ; c. 935 CCEO), pouvant mme tre
punis dune juste peine (c. 1389 2 CIC 83 ; c. 1464 2 CCEO).
Bien que la charge dadministrateur ne soit pas un office ecclsiastique au sens du canon 145
(c. 936 CCEO), il nen reste pas moins quelle rpond la dfinition de loffice, compte tenu
des fins propres des biens quils administrent, fins qui sont dordre spirituel (c. 1254 2 CIC
83 ; c. 1007 2 CCEO).
Au terme de sa charge ladministrateur doit accomplir certaines tches dans lesprit dun bon
pre de famille : rendre les comptes, transmettre les registres, livres et autres documents son
successeur, signer linventaire du patrimoine, etc.
4) Ladministration extraordinaire
La norme du canon 1281 dfinit indirectement lacte dadministration extraordinaire comme
tant celui qui dpasse les limites (fines) et les modes de ladministration ordinaire . La
diffrence entre administration ordinaire et administration extraordinaire sopre partir de
deux lments : dune part, les limites imposes par les fins de ladministration ordinaire
et, dautre part, le fait que le lgislateur fasse rentrer dans ladministration extraordinaire les
oprations qui, compte tenu de leurs poids financier, deviennent importantes au point dtre
considrs comme extraordinaires72.
Les actes dalination entrent dans la catgorie de ladministration extraordinaire des biens,
qui font lobjet dune protection renforce de la part de lautorit comptente. Toutefois cette
protection ne doit pas atteindre tous les actes dadministration extraordinaire, mais
uniquement ceux qui pourraient amoindrir la situation patrimoniale de la personne juridique
(c. 1295 CIC 83 ; c. 1042 CCEO). Il ne faut pas exclure quun acte dadministration
extraordinaire enrichisse le patrimoine stable de la personne juridique, par exemple sil
consiste accepter une libralit non greve dune charge. De tels actes nont aucune raison
70

Le CCEO dveloppe en dtail la transaction (c. 1164-1167) et le compromis par arbitres (c. 1168-1184).
Cf. c. 425, 558 2, 567 2 CCEO.
72
Cf. V. De Paolis, Lamministrazione dei beni... , loc. cit., p. 80. La jurisprudence rotale considre que
relve de ladministration extraordinaire tout acte potentiellement apte modifier la consistance patrimoniale
de la personne juridique (Cf. F. Salerno, I beni temporali della Chiesa ed il potere primaziale del Romano
Pontefice , Ibid., p. 150, qui cite R. R. dec. d. 26 junii 1937 c. Jullien, Ponente, vol. 29, p. 450 ; R. R. dec.
27.2.1930 c. Mannucci, pon., vol. 22, p. 121 ; R. R. dec. 30.5.1936 c. Jullien, pon., vol. 38, p. 351).
71

dtre soumis un contrle renforc.


Pour les biens du diocse et des autres personnes juridiques publiques administres par
lvque diocsain, cest la confrence des vques qui dterminent les actes relevant de
ladministration extraordinaire (c. 1277). La confrence des vques de France a qualifi
dactes extraordinaires ceux qui affectent trs lourdement le patrimoine stable dun diocse
ou dune personne juridique soumise lautorit de lvque diocsain, ou encore des actes
qui peuvent, par leurs consquences, affecter lquilibre financier du diocse ou dune
personne juridique soumise lautorit de lvque diocsain 73. Elle prcise ensuite ce quil
faut entendre par actes dadministration qui affectent trs lourdement le patrimoine
stable dun diocse et, titre dexemples, ce quil faut entendre par actes qui peuvent, par
leurs consquences, affecter lquilibre financier dun diocse .
Pour les biens des autres personnes juridiques soumises au gouvernement de lvque
diocsain mais non administres par lui, cette dtermination revient aux statuts (c. 1281 CIC
83 ; c. 1024 CCEO).
5) Ladministration des biens des associations. Ladministration des biens des associations
dglise soulve un certain nombre de questions en France, du fait que le droit civil ignore le
droit canonique. Les associations ecclsiales doivent donc tre conformes lun et lautre
droit. Quelles sont les caractristiques du droit civil des associations ? Trois aspects peuvent
tre mentionns : a) dabord le statut constitutionnel de la libert dassociation figurant dans
la Constitution de la Rpublique74 ; b) le caractre priv de ces associations, le droit civil
ignorant les associations publiques75 ; c) le systme de direction des associations est
dmocratique, et est assur par lassemble gnrale, alors que le droit canonique renvoie aux
statuts pour organiser le mode de gouvernement des associations (c. 321). Les associations
diocsaines constituent une exception ce principe gnral.
En ralit, tout se passe en France comme si lide dune personnalit juridique canonique
tait quasiment tombe en dsutude face au modle civil libral de la loi centenaire du 1er
juillet 1901 76. Cela peut sans soute simplifier la gestion du patrimoine de ces associations,
mais deux cueils sont viter. Le premier dcoule de la gestion dmocratique des
associations : Quelle garantie y a-t-il que ses instance se conforment toujours aux
dispositions du droit canonique, en particulier lautorit suprme du Pontife romain quant aux
biens, et la vigilance de lautorit ecclsiastique comptente ? Le professeur chapp, qui
formule cette question, relve quen France le patrimoine immobilier des coles catholiques
est entre les mains dassociations, constitues la hte au lendemain de la sparation et de la
spoliation77 de 1905, qui nont aucun statut canonique, alors mme que leur objet (et la
justification de leur existence) est bien denseigner la doctrine chrtienne au nom de lglise,
ce qui, canoniquement, leur imprime le caractre public et fait ds lors de leurs biens des
biens ecclsiastiques .
Le second cueil est quun recours au seul droit civil risque dtre rducteur, de crer un
dficit ecclsial , en gommant la particularit des associations dglise qui rpondent des
finalits prcises que la loi de 1901 ne prend pas en compte78.
6) Une remarque finale. Compte tenu des scandales rcents impliquant malversation
financire, et conscient quun coupable de malversation financire ne peut tre renvoy de son
73

Cf. Bulletin officiel de la confrence des vques de France, n 50, 1er janvier 2002, CB 1900-1902.
Prambule de la Constitution de 1946, laquelle renvoie le prambule de la Constitution de 1958.
75
Il reconnat lutilit publique de certaines associations.
76
O. chapp, Les biens des associations dglise , AC 47 (2005), p. 51-62 (cit. p. 58).
77
Lon peut sinterroger sur la pertinence de ce terme.
78
Cf. O. chapp, loc. cit., p. 58-59.
74

office quadministrativement, lautorit ecclsiastique comptente peut souhaiter considrer


lopportunit de ltablissement dune loi pnale sur la malversation financire qui
permettrait, dans les cas graves, aussi le renvoi doffice pnalement (et non seulement
administrativement) pour des actes de malversation financire. Les lgislateurs chargs de la
vigilance sur ladministration des biens ecclsiastiques (c. 1276, 1) peuvent le trouver utile,
dans les limites strictes de ces canons, dtablir par la loi particulire des peines pnales pour
les actions lies la malversation financire, y compris la privation de loffice 79.
Le Code permet l'vque diocsain dcarter librement un vicaire gnral ou un vicaire
piscopal (c. 477, 1). Le vicaire judiciaire, le vicaire judiciaire adjoint, et les autres juges,
qui sont nomms pour un temps dtermin, peuvent tre carts de ses fonctions pour une
cause lgitime et grave (c. 1422). Le chancelier, le vice-chancelier, les notaires, et des autres
peuvent tre rvoqus doffice pour des causes graves (c. 193, 1 ; cf. c. 193, 2, 194,
195). Lconome diocsain peut tre rvoqu pour une cause grave estime telle par
lvque aprs quil ait entendu le collge des consulteurs et le conseil pour les affaires
conomiques (c. 494, 2) ; cest clair que la malversation financire effectue par
lconome, qui administre les biens diocsains sous l'autorit de l'vque diocsain (cf. c. 494,
3), est une raison la plus vidente de rvocation. Un cur, qui est ladministrateur des biens
ecclsiastiques de la paroisse (cf. c. 532), peut tre rvoqu doffice administrativement pour
plusieurs raisons qui se rapportent la malversation financire : une manire dagir qui cause
un grave dtriment ou un trouble grave dans la communion ecclsiale; la perte de la bonne
estime chez les paroissiens probes et srieux ou laversion envers le cur, dont on prvoit
quelle ne cessera pas rapidement ; une grave ngligence ou la violation de ses devoirs de cur
persistant aprs une monition ; et une mauvaise administration des biens temporels entranant
un grave dommage pour lglise, chaque fois quaucun autre remde ne peut tre apport ce
mal (c. 1741). Les vicaires forains, les recteurs d'glises, les aumniers et les vicaires
paroissiaux peuvent tre rvoqus pour une juste cause (c. 554, 3, 563, 572, 552) 80.

79
80

J. A. Renken, Questions rcentes , loc. cit.


Cf. Ibid.

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