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Diagonalisation des matrices circulaires

Ce document contient des exercices corrigés en algèbre linéaire portant sur la diagonalisation et la trigonalisation d'endomorphismes. Le premier exercice concerne les matrices circulaires et montre qu'elles sont diagonalisables. Le second exercice traite de la trigonalisation d'une matrice réelle d'ordre 3.

Transféré par

Mohamed Benabdellah
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Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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Diagonalisation des matrices circulaires

Ce document contient des exercices corrigés en algèbre linéaire portant sur la diagonalisation et la trigonalisation d'endomorphismes. Le premier exercice concerne les matrices circulaires et montre qu'elles sont diagonalisables. Le second exercice traite de la trigonalisation d'une matrice réelle d'ordre 3.

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Dpartement de Mathmatiques

Universit A. Mira de Bjaia

Annes 2012-2014

Exercices corrigs en Algbre 3


III. Diagonalisation des endomorphismes
Les exercices
Exercice 1 (Matrices circulaires):
Soient n un entier strictement positif et a 0 , a 1 , . . . , a n1 des nombres complexes. On considre A la matrice dfinie par :

a0
a 1 a 2 . . . a n1
a n1 a 0 a 1 . . . a n2

a n2 a n1 a 0 . . . a n3
A :=
.
.
..
.. . .
..
..
.
.
.
.
a1
a2 a3 . . .
a0
Montrer que A est diagonalisable.

Les solutions
Exercice 1 :
Pour toute racine n me de lunit z (cest--dire tout nombre complexe z vrifiant z n = 1), on note par
v (z) le vecteur non nul de Cn :

1
z

z2
v (z) :=
.
.
..
z n1
On vrifie aisment que lon a :
)
(
A v (z) = a 0 + a 1 z + a 2 z 2 + + a n1 z n1 v (z).
Cette relation montre que v (z) est un vecteur propre de A et que la valeur propre qui lui est associe est
(z) = a 0 + a 1 z + a 2 z 2 + + a n1 z n1 .
En considrant donc toutes les n racines n me de lunit, qui sont :
zk = e

2k
n i

(0 k n 1),

on obtient n vecteurs propres de A, qui sont :

v k = v (z k ) =

1
zk
z k2
..
.
z kn1

(0 k n 1).

B. FARHI
[Link]

Pour montrer que A est diagonalisable, il suffira de montrer que la famille de vecteurs (v k )0kn1
constitue une base de Cn et puisque cette famille est de cardinal n = dimC Cn , il suffira juste de montrer
que cette famille est libre. Ceci revient simplement montrer que det(v 0 , v 1 , . . . , v n1 ) = 0.
Pour celui qui connait le dterminant de Vandermonde, ceci est immdiat (det(v 0 , v 1 , . . . , v n1 ) est en effet un dterminant de Vandermonde, il est non nul car les z k (0 k n 1) sont deux--deux distincts).
Montrons (sans utiliser la formule de Vandermonde) que det(v 0 , v 1 , . . . , v n1 ) = 0. On procde par labsurde. Supposons que

1
1
...
1
z0
z 1 . . . z n1

2
2

z 12 . . . z n1
det(v 0 , v 1 , . . . , v n1 ) = det z 0
= 0.

.
.
.
..
..
..
|

z 0n1 z 1n1
{z

n1
z n1

Ceci entrane que les vecteurs lignes de la matrice M ci-dessus sont C-linairement dpendants. Autrement dit, il existe 0 , 1 , . . . , n1 C, non tous nuls, tel que lon ait :
0 + 1 z k + 2 z k2 + + n1 z kn1 = 0

(pour tout 0 k n 1).

Mais ceci quivaut dire que le polynme non nul :


P (z) := 0 + 1 z + 2 z 2 + + n1 z n1
sannule en tous les points z 0 , z 1 , . . . , z n1 , donc possde au moins n racines complexes. Ce qui est impossible puisque degP n 1 < n. On a donc det(v 0 , v 1 , . . . , v n1 ) = 0. La matrice A est bien diagonalisable.

IV. Trigonalisation des endomorphismes


Les exercices
Exercice 1 (Interrogation 2012-2013):
Pour tout ce qui suit, k dsigne un paramtre rel. Soit A la matrice relle dordre 3 donne par :

1 1 1
A = 0 2 1 .
0 k 1k
1) Dterminer les valeurs propres de A.
2) Dterminer (en distinguant les valeurs du paramtre rel k) les espaces propres de A tout en prcisant la dimension de chacun dentre eux.
3) Pour quelles valeurs de k, la matrice A est-elle diagonalisable ? Justifier votre rponse.
4) On prend ici k = 1. Rduire A puis exprimer A n en fonction de n (o n est un entier naturel).
Exercice 2 :
Soit A la matrice relle dordre 3 donne par :

3 0 1
A := 1 2 1 .
1 0 1
2

B. FARHI
[Link]

1) Montrer que A nest pas diagonalisable mais quelle est trigonalisable (on travaille sur R).
2) Trigonaliser A.
3) Exprimer A n en fonction de n (o n est un entier naturel).

Les solutions
Exercice 1 :

1) Le polynme caractristique de A est :

1
1
1
2
1 .
P A () := det(A I3 ) = det 0
0
k
1k

En dveloppant suivant la premire colonne, il vient que :


(

)
(
)
2
1
P A () = (1 )det
= (1 ) 2 + (k 3) + 2 k
k
1k
= (1 ) ( 1)( + k 2) = ( 1)2 ( + k 2).
Les valeurs propres de A sont les racines de son polynme caractristique P A ; ce sont donc les nombres
rels : 1 = 1 et 2 = 2 k. On a donc :
SpR (A) = {1 , 2 k} .
Remarque : Il est possible que SpR (A) soit constitu dune seule valeur propre ; cest le cas o 2 k = 1,
ce qui correspond k = 1.

2)
Dtermination de lespace propre E (1) associ la valeur propre = 1 :
Soit v = t (x, y, z) E (1). On a donc Av = v. Ce qui quivaut au systme dquations :

y z = 0
y z = 0 .

k y kz = 0
Ce systme est clairement quivalent lquation y = z. Do :



0
1
x

v = y = x 0 + y 1 .
1
0
y
Il en rsulte que :



1 0
0

1
E (1) = x 0 + y 1 avec x, y R = 0 , 1 .

1
1
0
0

Lespace propre E (1) est engendr par les deux vecteurs propres linairement indpendants v1 = t (1, 0, 0)
et v2 = t (0, 1, 1). Do dim E (1) = 2.
Dtermination de lespace propre E (2 k) associ la valeur propre = 2 k :
1er cas : (lorsque 2 k = 1, cest dire lorsque k = 1)
Dans ce cas, on a E (2 k) = E (1), qui a t dj dtermin ci-dessus.
3

B. FARHI
[Link]

2nd cas : (lorsque 2 k = 1, cest dire lorsque k = 1)


Soit v = t (x, y, z) E (2 k). On a donc Av = (2 k)v. Ce qui quivaut au systme dquations :

(k 1)x + y z = 0
ky z = 0

ky z = 0

(S)

En simplifiant, on obtient :
{
(S)

(k 1)(x y) = 0
z = ky

. . . (1)
.
. . . (2)

Puisque k 1 = 0 (car on a suppos k = 1), lquation (1) quivaut x = y. Do :


{
x = y
.
(S)
z = ky
Il sensuit que :

Il en rsulte que :


y
1

y
v =
= y 1 .
ky
k

1
1

E (2 k) = y 1 avec y R = 1 .

k
k

Dans ce cas (k = 1), lespace propre E (2k) est engendr par lunique vecteur w = t (1, 1, k). Do dim E (2 k)
= 1.

3) Le polynme caractristique P A de A est bien scind sur R puisquil scrit comme produit de polynmes de premier degr de R[]. La matrice A est donc trigonalisable sur R. Pour tudier la diagonalisabilit de A (sur R), on distingue les deux cas suivants :
1er cas : (si k = 1)
Dans ce cas, on a P A () = ( 1)3 , ce qui montre que le nombre 1 est lunique valeur propre de A
et sa multiplicit algbrique est ma (1) = 3. Dautre part, on a daprs la question prcdente mg (1) =
dim E (1) = 2. On a ainsi mg (1) = ma (1), ce qui entrane que A nest pas diagonalisable.
2nd cas : (si k = 1)
Dans ce cas, la matrice A possde deux valeurs propres distinctes qui sont 1 et 2 k et qui ont pour
multiplicits algbriques ma (1) = 2 et ma (2 k) = 1. Dautre part, on a daprs la question prcdente
mg (1) = dim E (1) = 2 et mg (2k) = dim E (2k) = 1. On a bien alors mg (1) = ma (1) et mg (2k) = ma (2k).
Ceci entrane que la matrice A est diagonalisable.
Conclusion : La matrice A est diagonalisable si et seulement si k = 1.

4) On prend k = 1. On a donc :

1 1 1
A = 0 2 1 .
0 1 0

En vertu de toutes les questions prcdentes, lunique valeur propre de A est = 1 et lespace propre
E (1) qui lui est associ est engendr par les deux vecteurs propres :


0
1
v1 = 0 et v2 = 1 .
1
0
On a vu aussi que (dans ce cas k = 1) la matrice A nest pas diagonalisable (car on na pas suffisamment
de vecteurs propres pour former une base de R3 ) mais quelle est trigonalisable. Pour trigonaliser A,
4

B. FARHI
[Link]

on doit complter la famille des vecteurs propres (v1 , v2 ) pour avoir une base de R3 . Le vecteur le plus
convenable cette compltion est le vecteur de la base canonique e3 = t (0, 0, 1). On a

1 0 0

det (v1 , v2 , e3 ) = 0 1 0 = 1 1 1 = 1 = 0.
0 1 1
Ceci montre que la famille B := (v1 , v2 , e3 ) constitue bien une base de R3 .
Appelons f lendomorphisme associ A relativement la base canonique de R3 et dterminons la
matrice T associe f relativement la nouvelle base B . Puisque v1 et v2 sont des vecteurs propres de
f associs la valeur propre 1, on a :
f (v1 ) = 1v1 = 1v1 + 0v2 + 0e3
f (v2 ) = 1v2 = 0v1 + 1v2 + 0e3
f (e3 ) = v1 + v2 + e3 ,
o , et sont des rels que lon dterminera. On peut prvoir sans calcul pralable que = 1. En effet,
est une valeur propre de T , donc de A, et comme lunique valeur propre de A est = 1, on a forcment
= 1. Dterminons , (et ). En reprsentant les vecteurs dans la base canonique de R3 , on a :
f (e3 ) = v1 + v2 + e3




1
0
0

Ae3 = 0 + 1 + 0
0
1
1




1
0
0
1
0 + 1 + 0 = 1
0
1
1
0

= 1

= 1 (, , ) = (1, 1, 1).

+ = 0

Remarquer que lon a retrouv la valeur prtendue pour , savoir = 1.


La matrice associe f relativement la nouvelle base B est donc :

1 0 1
T = 0 1 1 .
0 0 1
Soit P la matrice de passage de la base canonique de R3 vers B . On a :

1 0 0
P = 0 1 0 .
0 1 1
Enfin, lquivalence des deux matrices A et T sinterprte par la formule :
T = P 1 AP.
Calcul de A n :
La formule T = P 1 AP quivaut A = P T P 1 . Par une simple rcurrence, on montre que lon a pour
tout n N :
A n = P T n P 1
()
Cest cette relation () qui nous permettra dexprimer A n en fonction de n (n N). Soit n N, fix.
. Ce vecteur est le plus convenable car il facilite le calcul du dterminant det(v1 , v2 , e3 ).

B. FARHI
[Link]

1. Calcul de T n : On peut dcomposer la matrice T en :

0 0 1
T = I3 + N , avec N := 0 0 1 .
0 0 0
La matrice N est nilpotente et on a prcisment N 2 = (0). Par ailleurs, on a clairement I3 N = N I3 (= N ),
ce qui nous autorise appliquer la formule du binme pour calculer (I3 + N )n . On a daprs la formule
du binme :
Tn

1 0 0
0 0 1
2 n2 2
n n

= (I3 + N )n = In3 + C n1 In1


3 N + C n I3 N + + C n N = I3 + nN = 0 1 0 + n 0 0 1 .
|
{z
}
0 0 1
0 0 0
=(0)

Do :
Tn

1 0 n
= 0 1 n
0 0 1

(I )


x1
y1
1

2. Calcul de P : Pour X = x 2 , Y = y 2 R3 , on a :
x3
y3

x1 = y 1
x2 = y 2
P X = Y

x2 + x3 = y 3

x1 = y 1
x = y2

2
x 3 = y 2 + y 3

Do lon tire :

1 0 0
X = 0 1 0 Y .
0 1 1

P 1

1 0 0
= 0 1 0
0 1 1

(I I )

Il ne reste qu substituer (I ) et (I I ) dans () pour obtenir lexpression de A n en fonction de n. On a :


A n = P T n P 1

1 0 0 1 0 n 1 0 0
= 0 1 0 0 1 n 0 1 0 .
0 1 1 0 0 1
0 1 1

Les calculs donnent :


An

1
n
n
= 0 1 + n n .
0
n
1n

Exercice 2 :

1) Le polynme caractristique de A est :

3
0
1
2 1 .
P A () = det (A I3 ) = det 1
1
0
1
Il est plus facile de calculer ce dterminant en dveloppant suivant sa deuxime ligne. En faisant ceci,
on obtient :
(
)
3 1
P A () = (2 )det
= (2 ) ((3 )(1 ) + 1) = (2 )(2 4 + 4) = ( 2)3 .
1
1
. Le thorme de Cayley-Hamilton le confirme immdiatement.

B. FARHI
[Link]

Comme P A est visiblement scind (sur R), alors A est trigonalisable.


Les valeurs propres de A sont les racines de son polynme caractristique. On a donc une seule valeur
propre triple, qui est = 2. Dterminons maintenant lespace propre E (2) associ cette valeur propre
= 2.
Dtermination de E (2) : Soit V = t (x, y, z) E (2). On a donc AV = 2V. Ce qui quivaut au systme dquations :

= 2x
3x z
x + 2y z = 2y .

x +z
= 2z



{
x
1
0
x, y R
Ce systme quivaut
. Do : V = y = x 0 + y 1. Ceci montre que E (2) = V1 , V2 , avec
z=x
x
1
0


1
0
V1 = 0 et V2 = 1. On montre facilement que ces deux vecteurs V1 et V2 sont linairement ind1
0
pendants, ce qui entrane que dim E (2) = 2 ; autrement dit mg (2) = 2. Puisque mg (2) = 2 = 3 = ma (2), la
matrice A nest pas diagonalisable.

2) Pour trigonaliser A, on doit complter la famille des deux vecteurs propres (V1 , V2 ) de A pour avoir
une base de R3 . Comme on le sait, il est toujours possible de faire cette compltion avec des vecteurs de
la base canonique de R3 . Dans notre cas, le vecteur de la base canonique de R3 le plus convenable est

0
e3 = 0. On a :
1

1 0 0

det (V1 , V2 , e3 ) = 0 1 0 = 1 1 1 = 1 = 0.
1 0 1
Ceci montre que la famille B = (V1 , V2 , e3 ) constitue une base de R3 . Soit f lendomorphisme associ
A relativement la base canonique de R3 . Dterminons la matrice T associe f relativement la
nouvelle base B . Puisque V1 et V2 sont des vecteurs propres de f associs la valeur propre 2, on a :
f (V1 ) = 2V1 = 2V1 + 0V2 + 0e3
f (V2 ) = 2V2 = 0V1 + 2V2 + 0e3
f (e3 ) = V1 + V2 + e3
(o , et sont des rels dterminer). On peut prvoir sans aucun calcul pralable que = 2. En effet,
est une valeur propre de T (cest--dire une valeur propre de f ) et puisque 2 est lunique valeur propre
de f , on a forcment = 2. Cherchons maintenant et . Lgalit vectorielle f (e3 ) = V1 + V2 + e3
quivaut au systme dquations :

= 1

= 1 .

+ = 1
Ceci donne = = 1 et = 2 (on a retrouv la
relativement la nouvelle base B est donc :

2
T = 0
0

valeur prtendue pour ). La matrice associe f

0 1
2 1 .
0 2

La matrice de passage de la base canonique de R3 vers la base B est :

1 0 0
P = 0 1 0 .
1 0 1
. Ce vecteur est le plus convenable car il facilite le calcul du dterminant det(V1 , V2 , e3 ).

B. FARHI
[Link]

Et on a la relation :

T = P 1 AP.

3) La relation T = P 1 AP quivaut A = P T P 1 . Il sensuit par une simple rcurrence que lon a pour
tout n N :

A n = P T n P 1

()

Comme T est triangulaire et ne possde quune seule valeur propre, il est possible dexprimer T n en
fonction de n en utilisant la formule du binme. On obtiendra ensuite, en se servant de (), lexpression
de A n en fonction de n.
Calculons dabord T n (n N) : On a :

0 0 1
T = 2I3 + N avec N := 0 0 1 .
0 0 0
La matrice N est nilpotente et on a prcisment N 2 = (0), ce qui entrane que N k = (0) (k 2). Comme
on a bien (2I3 )N = N (2I3 ), la formule du binme sapplique et lon obtient pour tout n N :
T

( )
( )
( )
n
n
n n
n1
n2 2
= (2I3 + N ) = (2I3 ) +
(2I3 )
N+
(2I3 )
N ++
N
1
2
n
|
{z
}
n

=(0)

1 0 0
0 0 1
2
0 n2n1
= 2n I3 + n2n1 N = 2n 0 1 0 + n2n1 0 0 1 = 0 2n n2n1 ,
0 0 1
0 0 0
0 0
2n
soit

Tn

2n 0 n2n1
= 0 2n n2n1
0 0
2n

()

Pour conclure, nous devons calculer aussi P 1 .


Calculons P 1 . On a :
P 1

1 0 1
1 0 0
1 t
1
0 1 0 = 0 1 0 ,
=
P =
detP
1
0 0 1
1 0 1
t

soit

P 1

1 0 0
= 0 1 0
1 0 1

( )

En substituant () et ( ) dans (), on obtient finalement pour tout n N :

n1

2 (2 + n) 0
n2n1
1 0 0
1 0 0 2n 0 n2n1
2n
n2n1 ,
= 0 1 0 0 2n n2n1 0 1 0 = n2n1
n2n1
0 2n1 (2 n)
0 0
2n
1 0 1
1 0 1

A n = P T n P 1
soit

An

2 + n 0 n
2 n .
= 2n1 n
n
0 2n

B. FARHI
[Link]

V. Application de la thorie de la rduction des endomorphismes la


rsolution des systmes dquations diffrentielles linaires
Les exercices
Exercice 1 :
Rsoudre le systme dquations diffrentielles suivant :

x = 7x + 8y + 4z
y = 3x + 4y + z

z = 6x + 6y + 5z

(S 1 )

o x, y et z dsignent des fonctions relles en la variable relle t .


Exercice 2 :
Rsoudre le systme dquations diffrentielles suivant :

x = x y z
y = 2x + 2y + 3z

z = 2x y 2z

(S 2 )

o x, y et z dsignent des fonctions relles en la variable relle t .

Les solutions
Exercice 1 :
Introduisons u : R R3 la fonction dfinie par :

x(t )
u(t ) = y(t )
z(t )

(t R).

Le systme dquations diffrentiel (S 1 ) scrit donc :


u (t ) = A u(t ),
avec

7 8 4
A := 3 4 1 .
6 6 5

Pour rsoudre le systme (S 1 ), nous allons rduire la matrice A.


Le polynme caractristique de A est :

7
8
4
4
1 .
P A () := det(A I3 ) = det 3
6
6
5

B. FARHI
[Link]

En procdant par la mthode de Sarus, on obtient :


{

P A () = (7 )(4 )(5 ) + 8(1)(6) + 4(3)(6) 4(4 )(6) + 1(6)(7 ) + 8(3)(5 )


= 3 + 22 + 2
= 2 ( 2) + ( 2)
= ( 2)(2 + 1)
= ( 1)( + 1)( 2).
Les valeurs propres de A sont les racines de son polynme caractristique P A ; ce sont donc les nombres
rels 1 = 1, 2 = 1 et 3 = 2. Par ailleurs, nous remarquons que P A est scind et a toutes ses racines
simples, ce qui montre que A est diagonalisable. Procdons la diagonalisation de A.
Dtermination de lespace propre E (1) associ la valeur propre = 1 :
Soit V = t (a, b, c) E (1). On a donc AV = V . Cest--dire :

7a + 8b + 4c = a
3a + 4b + c = b .

6a + 6b + 5c = c
Aprs simplification, on trouve que ce systme quivaut :
{

a = b
.
c = 0



a
1

Do V = a = a 1. On a par consquent :
0
0

1

E (1) = V1 , avec V1 := 1 .
0
Dtermination de lespace propre E (1) associ la valeur propre = 1 :
Soit V = t (a, b, c) E (1). On a donc AV = V . Cest--dire :

7a + 8b + 4c = a
3a + 4b + c = b .

6a + 6b + 5c = c
Aprs simplification, on trouve que ce systme quivaut :
{

a = 2b
.
c = b



2
2b

Do V = b = b 1. On a par consquent :
1
b

2

E (1) = V2 , avec V2 := 1 .
1

10

B. FARHI
[Link]

Dtermination de lespace propre E (2) associ la valeur propre = 2 :


Soit V = t (a, b, c) E (2). On a donc AV = 2V . Cest--dire :

7a + 8b + 4c = 2a
3a + 4b + c = 2b .

6a + 6b + 5c = 2c
Aprs simplification, on trouve que ce systme quivaut :
{
a = 0
.
c = 2b

0
0
Do V = b = b 1 . On a par consquent :
2
2b

0
E (2) = V3 , avec V3 := 1 .
2
La famille B = (V1 ,V2 ,V3 ), constitue de vecteurs
passage de la base canonique de R3 vers B est :

P = 1
0

propres de A, est une base de R3 et la matrice de

2 0
1 1 .
1 2

En appelant f lendomorphisme de R3 associ A relativement la base canonique de R3 , la matrice


associe f relativement B est la matrice diagonale :

1 0 0
D = 0 1 0
0 0 2
et on a daprs la formule de changement de base :
D = P 1 AP.
Revenons maintenant notre systme dquations diffrentielles. Nous simplifions (S 1 ) en introduisant
la nouvelle fonction vectorielle :
v : R R3
t

x (t )
.
7 v(t ) = y (t ) := P 1 u(t )

z (t )

On a donc u(t ) = P v(t ), ce qui entrane u (t ) = P v (t ). Par suite, on a :


(S 1 ) u (t ) = Au(t )
P v (t ) = AP v(t )
v (t ) = P 1 AP v(t )
v (t ) = Dv(t )

x (t ) = x (t )
y (t ) = y (t )


z (t ) = z (t )

t
x (t ) = c 1 e
y (t ) = c 2 e t


z (t ) = c 3 e 2t

11

(avec c 1 , c 2 , c 3 R)

B. FARHI
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c1 e t
c 1 e t + 2c 2 e t
x(t )
x (t )
1 2 0
y(t ) = u(t ) = P v(t ) = P y (t ) = 1 1 1 c 2 e t = c 1 e t + c 2 e t + c 3 e 2t ,
z(t )
z (t )
0 1 2 c 3 e 2t
c 2 e t 2c 3 e 2t

avec c 1 , c 2 , c 3 R.
Conclusion : Les solutions du systme dquations diffrentielles (S 1 ) sont :

t
t

x(t ) = c 1 e + 2c 2 e
y(t ) = c 1 e t + c 2 e t + c 3 e 2t
(avec c 1 , c 2 , c 3 R) .

t
2t
z(t ) = c 2 e 2c 3 e

VI. Application de la thorie de la rduction des endomorphismes aux


problmes sur les suites rcurrentes
Les exercices
Exercice 1 :
Soient (x n )nN et (y n )nN les deux suites relles dfinies par : x 0 = 1, y 0 = 3 et pour tout n N :
{
x n+1 = x n 3y n
.
y n+1 = x n + 5y n
1) Calculer quelques termes des suites (x n )n et (y n )n .
2) Exprimer x n et y n en fonction de n.
Exercice 2 :
Soit (u n )nN la suite rcurrente relle dfinie par : u 0 = 0, u 1 = 9, u 2 = 3 et pour tout n N :
u n+3 = 2u n+2 + u n+1 2u n .
1) Calculer quelques termes de la suite (u n )n .
2) Exprimer u n en fonction de n.
Exercice 3 :
Soit (x n )nN la suite relle dfinie par : x 0 = 3, x 1 = 1, x 2 = 8 et pour tout n N :
x n+3 = 3x n+1 2x n .
Calculer quelques termes de la suite (x n )n puis exprimer x n (n N) en fonction de n.
Exercice 4 :
Trouver toutes les suites relles satisfaisant la relation de rcurrence :
u n+2 = 8u n+1 15u n 16

(n N).

+ Linariser dabord le problme.


Exercice 5 (La suite de Fibonacci):
La suite de Fibonacci (F n )nN tant dfinie par : F 0 = 0, F 1 = 1 et pour tout n N :
F n+2 = F n + F n+1 .
12

B. FARHI
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1) Calculer quelques termes de la suite de Fibonacci.


F n+1
.
n+ F n

2) Exprimer F n en fonction de n puis dterminer la limite lim


Exercice 6 :

Soient (x n )nN et (y n )nN les deux suites relles dfinies par : x 0 = 1900, y 0 = 2025 et pour tout n N :

5x n + 2y n 16

x n+1 =
7
.

y n+1 = x n + 2y n + 8
3
Exprimer x n et y n (n N) en fonction de n et en dduire la limite lim (x n , y n ).
n+

+ Linariser dabord le problme.

Les solutions
Exercice 1 :
1) Les calculs donnent : x 1 = 8, y 1 = 16 puis x 2 = 56, y 2 = 72, . . .etc.
( )
xn
2) On pose Vn :=
(n N). On a pour tout n N : Vn+1 = AVn (n N), o A dsigne la matrice
yn
(
)
1 3
A :=
. Do lon tire : Vn = A n V0 (n N).
1 5
Le problme est amen calculer la puissance n me de A (n N). Rduisons alors A. Le polynme caractristique de A est :
P A () = 2 6 + 8 = ( 2)( 4).
Comme P A est scind et racines simples alors A est diagonalisable. Les calculs donnent :
( )
( )
3
1
E (2) =
et E (4) =
.
1
1
On a donc : A = P DP 1 , avec :

(
)
(
)
3 1
2 0
P :=
et D :=
.
1
1
0 4
(
)(
)(
)
3 1 2n 0 12 21
n
n 1
Do A = P D P =
3 . Ce qui donne :
1
1
1
0 4n
2
2
(
An =
Do :

3 n
2 12 4n
2
12 2n + 12 4n

3 n
2 32 4n
2
12 2n + 32 4n

)
.

)
62n 54n
.
Vn = A V0 =
2n+1 + 54n
n

Do lon tire : n N :
x n = 6 2n 5 4n
y n = 2n+1 + 5 4n

Exercice 2 :
13

B. FARHI
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1) Les calculs donnent : u 3 = 15, u 4 = 15, u 5 = 39, . . .etc.

u n+2
2) On pose pour tout n N : Vn := u n+1 . Pour tout n N, on a :
un

u n+3
2u n+2 + u n+1 2u n
u n+2
= A u n+1 ,
u n+2
Vn+1 = u n+2 =
u n+1
u n+1
un
avec

2 1 2
A := 1 0 0 .
0 1 0

Par rcurrence sur n N, on obtient :



u2
3
n

Vn = A V0 (n N) ; V0 = u 1 = 9 .
u0
0

On est donc amen calculer A n (n N). Rduisons donc A :


Les calculs donnent :
P A () = 3 + 22 + 2 = ( 1)( + 1)( 2).
Comme P A est scind et que toutes ses racines sont simples alors A est diagonalisable. Dterminons les
espaces propres de A. Les calculs donnent :
1
1
4
E (1) = 1 , E (1) = 1 et E (2) = 2 .
1
1
1
On a donc A = P DP 1 , avec :

1 1 4
1 0 0
P := 1 1 2 et D := 0 1 0 .
1 1 1
0 0 2
Do A n = P D n P 1 (n N). Les calculs donnent :

1 1
2 + 6 (1)n + 43 2n 21 12 (1)n 1 + 13 (1)n 34 2n

1 1
n
2 n 1
1
1
2 n
n
n
n

+
(1)
1

(1)

2
A = 2 6 (1) + 3 2
.
2
2
3
3

1
1
1 n 1
1
1
1 n
n
n
n
2 + 6 (1) + 3 2
1 + 3 (1) 3 2
2 2 (1)
Do :


u n+2
3 4(1)n + 2n+2
Vn = A n V0 = 3 + 4(1)n + 2n+1 = u n+1 . Do :
un
3 4(1)n + 2n

u n = 3 + 4(1)n+1 + 2n

(n N).

Exercice 3 :
Mme ide.

14

B. FARHI
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Exercice 4 :
Linariser puis mme ide.
Exercice 5 :
1) Les calculs donnent : F 2 = 1, F 3 = 2, F 4 = 3, F 5 = 5, F 6 = 8, F 7 = 13, F 8 = 21, . . .etc.
2) Posons pour tout n N :

)
( )
F n+1
1
Vn =
. En particulier V0 =
.
Fn
0

Pour tout n N, on a :

)
1 1
.
Vn+1 = AVn , avec A :=
1 0
(

Par rcurrence, on obtient :


Vn = A n V0

(n N).

On est donc amen calculer A (n N). Rduisons A :


Le polynme caractristique de A est :
P A () = 2 1.
Le polynme P A possde deux racines relles distinctes, qui sont :
p
p
1+ 5
1 5
1 =
et 2 =
.
2
2
Comme P A est scind et que toutes ses racines sont simples alors la matrice A est diagonalisable. Dterminons les espaces propres de A. Les calculs donnent :
( p )
( p )
E (1 ) =
Il sensuit que lon a : A = P DP 1 , avec :
( p
P=

1+ 5
2

1+ 5
2

et E (2 ) =

1
p )
1 5
2

1 5
2

( 1+p5
et D =

1
)

p
1 5
2

Par suite, on a : A n = P D n P 1 (n N). Les calculs donnent : n N :


( p )n+1
( p )n
( p )n
( p )n+1
p1 1+ 5
p1 1 5
p1 1+ 5
p1 1 5

2
2
5( 2 )
5( 2 )
(5 p )n1
A n = 5 ( p )n
p n
p n1 . Do :
1+
1
1+
5
5
5
1
1
1 1 5
p1
p
p
p

2
2
2
2
5

p
p )n+1
( )
1 1+ 5
1 1 5
p
p

1
2 )
5( p

Vn = A n V0 = A n
= 5 ( 2 p )n
n
1 1 5
0
p1 1+ 5
p

)n+1

F n+1
(n N), on en dduit par identification que lon
Fn
a:
(
(
p )n
p )n
1 1+ 5
1 1 5
Fn = p
p
(n N).
2
2
5
5
(
p )n
p
1 5
1 5
Maintenant, puisque | 2 | < 1, on a lim
= 0. Do :
n+
2
(
p )n
1 1+ 5
F n + p
.
2
5
Comme par ailleurs, on a par dfinition : Vn =

15

B. FARHI
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Do lon dduit que :

p
F n+1 1 + 5
lim
=
.
n+ F n
2

Exercice 6 :
Linariser puis mme ide.

VI. Polynme annulateur - Polynme minimal - Thorme de


Cayley-Hamilton
Les exercices
Exercice 1 :
Dterminer le polynme minimal des matrices suivantes :

3 2 8
i) A := 1 0 4 ;
0 0 1

0 0 2
ii) B := 1 0 5 ;
0 0 1

0
iii) C :=
0
0

1
1
0
0

0
1
1
0

0
.
0
1

Pour chacune de ces matrices, dire si elle est diagonalisable ou non.


Exercice 2 :
En utilisant le thorme de Cayley-Hamilton, exprimer A n en fonction de n (n N) dans les cas suivants :
(
)
4 2
i) A =
;
1 1
(

)
3 1
ii) A =
;
1 1

3 1 1
iii) A = 2 0 1.
1 1 2
Exercice 3 :
1) Montrer que la matrice :

2 9 3
A := 2 7 2
1 3 0

est diagonalisable.
2) En dduire le polynme minimal de A.
16

B. FARHI
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3) En utilisant le polynme minimal de A, calculer A 1 .


Exercice 4 :
Soit n 2 un entier et J la matrice dordre n donne par :

1 ... 1
.
.
J := .. . . . .. .
1 ... 1
Calculer J 2 et en dduire que J est diagonalisable.
Exercice 5 :
(
)
(
)
1 1
(0) 21 J
Soient J :=
et M := 1
.
1 1
2 J (0)
1) Calculer M 2 et M 3 et en dduire que M est diagonalisable.
2) Dterminer le polynme minimal puis le polynme caractristique de M .
Exercice 6 :
Soit n 2 un entier.
On note par Rn [X ] le R-espace vectoriel des polynmes en X , coefficients rels, de degrs n.
On considre f lendomorphisme de Rn [X ] qui associe tout polynme P Rn [X ] le reste de la division
euclidienne de P sur (X 2 + 4X + 5).
Montrer que f est diagonalisable.
+ Utiliser le polynme minimal.
Exercice 7 :
Soient n 2 un entier, E un C-espace vectoriel de dimension n et f un endomorphisme de E . On suppose que f 2 est diagonalisable.
1) Si det f = 0, montrer que f est lui mme diagonalisable.
+ Utiliser le polynme minimal.
2) Si det f = 0 et Ker f = Ker f 2 , montrer que f est lui mme diagonalisable.
+ Utiliser le polynme minimal.
3) Application : Montrer que la matrice :

0
A :=
0
4

0
0
3
0

0
2
0
0

0
0

est diagonalisable.
Exercice 8 :
Soit A M2 (C) une matrice de trace non nulle.
Montrer que toute matrice M M2 (C) qui commute avec A 2 commute aussi avec A.

+ Utiliser le thorme de Cayley-Hamilton.


17

B. FARHI
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Exercice 9 :
Soient n 2 un entier et A Mn (C) une matrice nilpotente.
Montrer que A n = (0).
Exercice 10 (La dcomposition spectrale):
Soit E un C-espace vectoriel de dimension finie, note n (n 2).
On appelle projecteur de E tout endomorphisme de E , vrifiant 2 = , avec = (0) et = IdE .
1) Montrer que tout endomorphisme diagonalisable de E , de valeurs propres 1 , 2 , . . . , p (deux-deux distinctes) se dcompose en :
f = 1 1 + 2 2 + + p p

()

o 1 , 2 , . . . , p sont des projecteurs de E satisfaisant :


{

i j = (0) (pour i = j )

(1)

1 + 2 + + p = IdE

(2)

Lquation () sappelle la dcomposition


spectrale de f .
2) Soit f un endomorphisme de E possdant une dcomposition spectrale, cest--dire une dcomposition de la forme :
f = 1 1 + 2 2 + + p p ,
avec 1 , 2 , . . . , p des nombres complexes deux--deux distincts et 1 , 2 , . . . , p des projecteurs
de E satisfaisant les identits (1) et (2).
i) Montrer que 1 , 2 , . . . , p sont forcment des valeurs propres de f .
ii) Montrer que pour tout n N, on a :
f n = n1 1 + n2 2 + + np p .
iii) En dduire que pour tout polynme P C[X ], on a :
P ( f ) = P (1 )1 + P (2 )2 + + P (p )p .
iv) En dduire que f est diagonalisable. Conclure.
3) Application : Dterminer les valeurs propres puis la dcomposition spectrale de la matrice :

2 1 2
A := 1 2 2 .
0 0 2
En dduire lexpression de A n en fonction de n (n N).
Exercice 11 :
Soient n 2 un entier et A Mn (R).
1) Montrer la proposition suivante :
> 0, t R : |t | < (In t A) inversible.
18

B. FARHI
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2) Fixons nous un > 0 satisfaisant cette proposition. Montrer que pour tout t R tel que |t | < , la
tr(A k )

srie
t k est convergente et que lon a :
k
k=1

det(In t A) = e

tr(A k )

tk
k
k=1

Les solutions
Exercice 1 :
i) On a :

3 2 8
A = 1 0 4 .
0 0 1

Les calculs donnent :


P A () = (1 )(2 3 + 2) = (1 )2 (2 ).
Comme le polynme minimal M A de A est unitaire, divise P A et sannule en toute valeur propre
de A alors il est de la forme : M A () = ( 1) ( 2), avec N et 1 2. On a donc :
Soit M A () = ( 1)( 2) ;
ou bien M A () = ( 1)2 ( 2).
Les calculs donnent :
(A I3 )(A 2I3 ) = (0).
Do :

M A () = ( 1)( 2) .
Puisque M A est scind (sur R) et a toutes ses racines simples alors A est diagonalisable.
ii) On a :

0 0 2
B = 1 0 5 .
0 0 1

Les calculs donnent :


P B () = 2 (1 ).
Comme le polynme minimal MB de B est unitaire, divise P B et sannule en chacune des valeurs
propres de B alors on a :
Soit MB () = ( 1) ;
ou bien MB () = 2 ( 1).
Puisque les calculs donnent :

0 0 0
B (B I3 ) = 1 0 2 = (0),
0 0 0

alors le polynme ( 1) ne peut tre le polynme minimal de B puisquil nannule pas B . Do :

MB () = 2 ( 1) .
On constate que MB na pas que des racines simples (0 est une racine double de MB ), donc B nest
pas diagonalisable.
19

B. FARHI
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iii) On a :

0
C :=
0
0

1
1
0
0

0
1
1
0

0
.
0
1

On a immdiatement :
PC () = (1 )4 .
Le polynme minimal de C est donc lun des polynmes suivants :
Soit MC () = 1 ;
ou bien MC () = ( 1)2 ;
ou bien MC () = ( 1)3 ;
ou bien MC () = ( 1)4 .
Pour dtecter le polynme minimal de C , on doit donc calculer les puissances successives de la
matrice (C I4 ). La plus petite puissance (1 4) pour laquelle on ait (C I4 ) = (0) entranera
MC () = ( 1) . Les calculs donnent :
C I4 = (0)
(C I4 )2 = (0)
(C I4 )3 = (0).
Do :

MC () = ( 1)3 .
On constate que MC possde 1 comme racine triple, donc C nest pas diagonalisable.

Exercice 2 :
(
)
4 2
i) Pour A =
, on a :
1 1
P A () = 2 tr(A) + det(A) = 2 5 + 6 = ( 1)( 5).
On voit que les racines de P A sont 1 et 5. Etant donn n N, la division euclidienne de n sur P A ()
scrit :
n = Q n ()P A () + R n (),
avec Q n et R n des polynmes coefficients rels et degR n < degP A = 2. On a donc degR n 1 ; ce qui
revient dire que R n () scrit : R n () = a n + b n , avec (a n )n et (b n )n des suites relles. On a donc pour
tout n N :
n = Q n ()P A () + a n + b n
()
Pour dterminer les expressions de a n et b n (n N) en fonction de n, nous allons substituer dans () la
variable par les racines de P A , qui sont 1 et 5.
En prenant dans () = 1, on obtient :
an + bn = 1

(1)

5a n + b n = 5n

(2)

En prenant dans () = 5, on obtient :

La rsolution du systme des deux quations (1) et (2) donne :


an =

5n 1
4

5 5n
bn =
4
20

(n N).

B. FARHI
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En substituant ceci dans (), on obtient pour tout n N :


n = Q n ()P A () +

5n 1
5 5n
+
.
4
4

En appliquant maintenant les deux polynmes de cette dernire identit la matrice A, on obtient pour
tout n N :
5 5n
5n 1
A n = Q n (A)P A (A) +
A+
I2 .
4
4
Mais puisque P A (A) = (0) (daprs le thorme de Cayley-Hamilton), on conclut :
A

(
)
(
)
5n 1
5 5n
5n 1 4 2
5 5n 1 0
=
A+
I2 =
+
,
1 1
0 1
4
4
4
4

soit

An
)
3 1
, on a :
ii) Pour A =
1 1
(

3 5n + 1

4
=
5n 1
4

1 5n
2

(n N).

P A () = 2 tr(A) + det(A) = 2 4 + 4 = ( 2)2 .


On voit que lunique racine de P A est = 2, qui est une racine double.
Etant donn n N, la division euclidienne du polynme n sur le polynme caractristique P A de A
scrit :
n = Q n ()P A () + R n (),
avec Q n et R n des polynmes rels et degR n < degP A = 2. On a donc degR n 1 ; ce qui quivaut dire que
R n () scrit sous la forme R n () = a n + b n , avec (a n )n et (b n )n des suites relles que lon dterminera
plus loin. On a maintenant :
n = Q n ()P A () + a n + b n
()
Pour dterminer les expressions de a n et b n en fonction de n, nous allons substituer dans la relation
(), ainsi que dans la relation qui sobtient partir de () par drivation, la variable par la racine
double = 2 de P A .
En prenant dans () = 2, on obtient :
2a n + b n = 2n

(3)

En drivant (membre membre) (), on obtient :


nn1 = Q n ()P A () + Q n ()P A () + a n ,
puis en substituant dans cette dernire par 2, on obtient (puisque P A (2) = P A (2) = 0) :
a n = n2n1

(4)

La rsolution du systme des deux quations (3) et (4) donne :


a n = n2n1
b n = 2n (1 n)

(n N).

En substituant ceci dans (), on obtient pour tout n N :


n = Q n ()P A () + n2n1 + 2n (1 n).
21

B. FARHI
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En appliquant maintenant les deux polynmes de cette dernire identit la matrice A, on obtient pour
tout n N :
A n = Q n (A)P A (A) + n2n1 A + 2n (1 n)I2 .
Mais puisque P A (A) = (0) (daprs le thorme de Cayley-Hamilton), on conclut :
(
A

= n2

n1

A + 2 (1 n)I2 = n2

soit

(
A

= 2

n1

n1

2+n
n
n 2 n

22

)
(
)
3 1
1 0
n
+ 2 (1 n)
,
1 1
0 1

)
(n N).

B. FARHI
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