Dpartement de Mathmatiques
Universit A. Mira de Bjaia
Annes 2012-2014
Exercices corrigs en Algbre 3
III. Diagonalisation des endomorphismes
Les exercices
Exercice 1 (Matrices circulaires):
Soient n un entier strictement positif et a 0 , a 1 , . . . , a n1 des nombres complexes. On considre A la matrice dfinie par :
a0
a 1 a 2 . . . a n1
a n1 a 0 a 1 . . . a n2
a n2 a n1 a 0 . . . a n3
A :=
.
.
..
.. . .
..
..
.
.
.
.
a1
a2 a3 . . .
a0
Montrer que A est diagonalisable.
Les solutions
Exercice 1 :
Pour toute racine n me de lunit z (cest--dire tout nombre complexe z vrifiant z n = 1), on note par
v (z) le vecteur non nul de Cn :
1
z
z2
v (z) :=
.
.
..
z n1
On vrifie aisment que lon a :
)
(
A v (z) = a 0 + a 1 z + a 2 z 2 + + a n1 z n1 v (z).
Cette relation montre que v (z) est un vecteur propre de A et que la valeur propre qui lui est associe est
(z) = a 0 + a 1 z + a 2 z 2 + + a n1 z n1 .
En considrant donc toutes les n racines n me de lunit, qui sont :
zk = e
2k
n i
(0 k n 1),
on obtient n vecteurs propres de A, qui sont :
v k = v (z k ) =
1
zk
z k2
..
.
z kn1
(0 k n 1).
B. FARHI
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Pour montrer que A est diagonalisable, il suffira de montrer que la famille de vecteurs (v k )0kn1
constitue une base de Cn et puisque cette famille est de cardinal n = dimC Cn , il suffira juste de montrer
que cette famille est libre. Ceci revient simplement montrer que det(v 0 , v 1 , . . . , v n1 ) = 0.
Pour celui qui connait le dterminant de Vandermonde, ceci est immdiat (det(v 0 , v 1 , . . . , v n1 ) est en effet un dterminant de Vandermonde, il est non nul car les z k (0 k n 1) sont deux--deux distincts).
Montrons (sans utiliser la formule de Vandermonde) que det(v 0 , v 1 , . . . , v n1 ) = 0. On procde par labsurde. Supposons que
1
1
...
1
z0
z 1 . . . z n1
2
2
z 12 . . . z n1
det(v 0 , v 1 , . . . , v n1 ) = det z 0
= 0.
.
.
.
..
..
..
|
z 0n1 z 1n1
{z
n1
z n1
Ceci entrane que les vecteurs lignes de la matrice M ci-dessus sont C-linairement dpendants. Autrement dit, il existe 0 , 1 , . . . , n1 C, non tous nuls, tel que lon ait :
0 + 1 z k + 2 z k2 + + n1 z kn1 = 0
(pour tout 0 k n 1).
Mais ceci quivaut dire que le polynme non nul :
P (z) := 0 + 1 z + 2 z 2 + + n1 z n1
sannule en tous les points z 0 , z 1 , . . . , z n1 , donc possde au moins n racines complexes. Ce qui est impossible puisque degP n 1 < n. On a donc det(v 0 , v 1 , . . . , v n1 ) = 0. La matrice A est bien diagonalisable.
IV. Trigonalisation des endomorphismes
Les exercices
Exercice 1 (Interrogation 2012-2013):
Pour tout ce qui suit, k dsigne un paramtre rel. Soit A la matrice relle dordre 3 donne par :
1 1 1
A = 0 2 1 .
0 k 1k
1) Dterminer les valeurs propres de A.
2) Dterminer (en distinguant les valeurs du paramtre rel k) les espaces propres de A tout en prcisant la dimension de chacun dentre eux.
3) Pour quelles valeurs de k, la matrice A est-elle diagonalisable ? Justifier votre rponse.
4) On prend ici k = 1. Rduire A puis exprimer A n en fonction de n (o n est un entier naturel).
Exercice 2 :
Soit A la matrice relle dordre 3 donne par :
3 0 1
A := 1 2 1 .
1 0 1
2
B. FARHI
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1) Montrer que A nest pas diagonalisable mais quelle est trigonalisable (on travaille sur R).
2) Trigonaliser A.
3) Exprimer A n en fonction de n (o n est un entier naturel).
Les solutions
Exercice 1 :
1) Le polynme caractristique de A est :
1
1
1
2
1 .
P A () := det(A I3 ) = det 0
0
k
1k
En dveloppant suivant la premire colonne, il vient que :
(
)
(
)
2
1
P A () = (1 )det
= (1 ) 2 + (k 3) + 2 k
k
1k
= (1 ) ( 1)( + k 2) = ( 1)2 ( + k 2).
Les valeurs propres de A sont les racines de son polynme caractristique P A ; ce sont donc les nombres
rels : 1 = 1 et 2 = 2 k. On a donc :
SpR (A) = {1 , 2 k} .
Remarque : Il est possible que SpR (A) soit constitu dune seule valeur propre ; cest le cas o 2 k = 1,
ce qui correspond k = 1.
2)
Dtermination de lespace propre E (1) associ la valeur propre = 1 :
Soit v = t (x, y, z) E (1). On a donc Av = v. Ce qui quivaut au systme dquations :
y z = 0
y z = 0 .
k y kz = 0
Ce systme est clairement quivalent lquation y = z. Do :
0
1
x
v = y = x 0 + y 1 .
1
0
y
Il en rsulte que :
1 0
0
1
E (1) = x 0 + y 1 avec x, y R = 0 , 1 .
1
1
0
0
Lespace propre E (1) est engendr par les deux vecteurs propres linairement indpendants v1 = t (1, 0, 0)
et v2 = t (0, 1, 1). Do dim E (1) = 2.
Dtermination de lespace propre E (2 k) associ la valeur propre = 2 k :
1er cas : (lorsque 2 k = 1, cest dire lorsque k = 1)
Dans ce cas, on a E (2 k) = E (1), qui a t dj dtermin ci-dessus.
3
B. FARHI
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2nd cas : (lorsque 2 k = 1, cest dire lorsque k = 1)
Soit v = t (x, y, z) E (2 k). On a donc Av = (2 k)v. Ce qui quivaut au systme dquations :
(k 1)x + y z = 0
ky z = 0
ky z = 0
(S)
En simplifiant, on obtient :
{
(S)
(k 1)(x y) = 0
z = ky
. . . (1)
.
. . . (2)
Puisque k 1 = 0 (car on a suppos k = 1), lquation (1) quivaut x = y. Do :
{
x = y
.
(S)
z = ky
Il sensuit que :
Il en rsulte que :
y
1
y
v =
= y 1 .
ky
k
1
1
E (2 k) = y 1 avec y R = 1 .
k
k
Dans ce cas (k = 1), lespace propre E (2k) est engendr par lunique vecteur w = t (1, 1, k). Do dim E (2 k)
= 1.
3) Le polynme caractristique P A de A est bien scind sur R puisquil scrit comme produit de polynmes de premier degr de R[]. La matrice A est donc trigonalisable sur R. Pour tudier la diagonalisabilit de A (sur R), on distingue les deux cas suivants :
1er cas : (si k = 1)
Dans ce cas, on a P A () = ( 1)3 , ce qui montre que le nombre 1 est lunique valeur propre de A
et sa multiplicit algbrique est ma (1) = 3. Dautre part, on a daprs la question prcdente mg (1) =
dim E (1) = 2. On a ainsi mg (1) = ma (1), ce qui entrane que A nest pas diagonalisable.
2nd cas : (si k = 1)
Dans ce cas, la matrice A possde deux valeurs propres distinctes qui sont 1 et 2 k et qui ont pour
multiplicits algbriques ma (1) = 2 et ma (2 k) = 1. Dautre part, on a daprs la question prcdente
mg (1) = dim E (1) = 2 et mg (2k) = dim E (2k) = 1. On a bien alors mg (1) = ma (1) et mg (2k) = ma (2k).
Ceci entrane que la matrice A est diagonalisable.
Conclusion : La matrice A est diagonalisable si et seulement si k = 1.
4) On prend k = 1. On a donc :
1 1 1
A = 0 2 1 .
0 1 0
En vertu de toutes les questions prcdentes, lunique valeur propre de A est = 1 et lespace propre
E (1) qui lui est associ est engendr par les deux vecteurs propres :
0
1
v1 = 0 et v2 = 1 .
1
0
On a vu aussi que (dans ce cas k = 1) la matrice A nest pas diagonalisable (car on na pas suffisamment
de vecteurs propres pour former une base de R3 ) mais quelle est trigonalisable. Pour trigonaliser A,
4
B. FARHI
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on doit complter la famille des vecteurs propres (v1 , v2 ) pour avoir une base de R3 . Le vecteur le plus
convenable cette compltion est le vecteur de la base canonique e3 = t (0, 0, 1). On a
1 0 0
det (v1 , v2 , e3 ) = 0 1 0 = 1 1 1 = 1 = 0.
0 1 1
Ceci montre que la famille B := (v1 , v2 , e3 ) constitue bien une base de R3 .
Appelons f lendomorphisme associ A relativement la base canonique de R3 et dterminons la
matrice T associe f relativement la nouvelle base B . Puisque v1 et v2 sont des vecteurs propres de
f associs la valeur propre 1, on a :
f (v1 ) = 1v1 = 1v1 + 0v2 + 0e3
f (v2 ) = 1v2 = 0v1 + 1v2 + 0e3
f (e3 ) = v1 + v2 + e3 ,
o , et sont des rels que lon dterminera. On peut prvoir sans calcul pralable que = 1. En effet,
est une valeur propre de T , donc de A, et comme lunique valeur propre de A est = 1, on a forcment
= 1. Dterminons , (et ). En reprsentant les vecteurs dans la base canonique de R3 , on a :
f (e3 ) = v1 + v2 + e3
1
0
0
Ae3 = 0 + 1 + 0
0
1
1
1
0
0
1
0 + 1 + 0 = 1
0
1
1
0
= 1
= 1 (, , ) = (1, 1, 1).
+ = 0
Remarquer que lon a retrouv la valeur prtendue pour , savoir = 1.
La matrice associe f relativement la nouvelle base B est donc :
1 0 1
T = 0 1 1 .
0 0 1
Soit P la matrice de passage de la base canonique de R3 vers B . On a :
1 0 0
P = 0 1 0 .
0 1 1
Enfin, lquivalence des deux matrices A et T sinterprte par la formule :
T = P 1 AP.
Calcul de A n :
La formule T = P 1 AP quivaut A = P T P 1 . Par une simple rcurrence, on montre que lon a pour
tout n N :
A n = P T n P 1
()
Cest cette relation () qui nous permettra dexprimer A n en fonction de n (n N). Soit n N, fix.
. Ce vecteur est le plus convenable car il facilite le calcul du dterminant det(v1 , v2 , e3 ).
B. FARHI
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1. Calcul de T n : On peut dcomposer la matrice T en :
0 0 1
T = I3 + N , avec N := 0 0 1 .
0 0 0
La matrice N est nilpotente et on a prcisment N 2 = (0). Par ailleurs, on a clairement I3 N = N I3 (= N ),
ce qui nous autorise appliquer la formule du binme pour calculer (I3 + N )n . On a daprs la formule
du binme :
Tn
1 0 0
0 0 1
2 n2 2
n n
= (I3 + N )n = In3 + C n1 In1
3 N + C n I3 N + + C n N = I3 + nN = 0 1 0 + n 0 0 1 .
|
{z
}
0 0 1
0 0 0
=(0)
Do :
Tn
1 0 n
= 0 1 n
0 0 1
(I )
x1
y1
1
2. Calcul de P : Pour X = x 2 , Y = y 2 R3 , on a :
x3
y3
x1 = y 1
x2 = y 2
P X = Y
x2 + x3 = y 3
x1 = y 1
x = y2
2
x 3 = y 2 + y 3
Do lon tire :
1 0 0
X = 0 1 0 Y .
0 1 1
P 1
1 0 0
= 0 1 0
0 1 1
(I I )
Il ne reste qu substituer (I ) et (I I ) dans () pour obtenir lexpression de A n en fonction de n. On a :
A n = P T n P 1
1 0 0 1 0 n 1 0 0
= 0 1 0 0 1 n 0 1 0 .
0 1 1 0 0 1
0 1 1
Les calculs donnent :
An
1
n
n
= 0 1 + n n .
0
n
1n
Exercice 2 :
1) Le polynme caractristique de A est :
3
0
1
2 1 .
P A () = det (A I3 ) = det 1
1
0
1
Il est plus facile de calculer ce dterminant en dveloppant suivant sa deuxime ligne. En faisant ceci,
on obtient :
(
)
3 1
P A () = (2 )det
= (2 ) ((3 )(1 ) + 1) = (2 )(2 4 + 4) = ( 2)3 .
1
1
. Le thorme de Cayley-Hamilton le confirme immdiatement.
B. FARHI
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Comme P A est visiblement scind (sur R), alors A est trigonalisable.
Les valeurs propres de A sont les racines de son polynme caractristique. On a donc une seule valeur
propre triple, qui est = 2. Dterminons maintenant lespace propre E (2) associ cette valeur propre
= 2.
Dtermination de E (2) : Soit V = t (x, y, z) E (2). On a donc AV = 2V. Ce qui quivaut au systme dquations :
= 2x
3x z
x + 2y z = 2y .
x +z
= 2z
{
x
1
0
x, y R
Ce systme quivaut
. Do : V = y = x 0 + y 1. Ceci montre que E (2) = V1 , V2 , avec
z=x
x
1
0
1
0
V1 = 0 et V2 = 1. On montre facilement que ces deux vecteurs V1 et V2 sont linairement ind1
0
pendants, ce qui entrane que dim E (2) = 2 ; autrement dit mg (2) = 2. Puisque mg (2) = 2 = 3 = ma (2), la
matrice A nest pas diagonalisable.
2) Pour trigonaliser A, on doit complter la famille des deux vecteurs propres (V1 , V2 ) de A pour avoir
une base de R3 . Comme on le sait, il est toujours possible de faire cette compltion avec des vecteurs de
la base canonique de R3 . Dans notre cas, le vecteur de la base canonique de R3 le plus convenable est
0
e3 = 0. On a :
1
1 0 0
det (V1 , V2 , e3 ) = 0 1 0 = 1 1 1 = 1 = 0.
1 0 1
Ceci montre que la famille B = (V1 , V2 , e3 ) constitue une base de R3 . Soit f lendomorphisme associ
A relativement la base canonique de R3 . Dterminons la matrice T associe f relativement la
nouvelle base B . Puisque V1 et V2 sont des vecteurs propres de f associs la valeur propre 2, on a :
f (V1 ) = 2V1 = 2V1 + 0V2 + 0e3
f (V2 ) = 2V2 = 0V1 + 2V2 + 0e3
f (e3 ) = V1 + V2 + e3
(o , et sont des rels dterminer). On peut prvoir sans aucun calcul pralable que = 2. En effet,
est une valeur propre de T (cest--dire une valeur propre de f ) et puisque 2 est lunique valeur propre
de f , on a forcment = 2. Cherchons maintenant et . Lgalit vectorielle f (e3 ) = V1 + V2 + e3
quivaut au systme dquations :
= 1
= 1 .
+ = 1
Ceci donne = = 1 et = 2 (on a retrouv la
relativement la nouvelle base B est donc :
2
T = 0
0
valeur prtendue pour ). La matrice associe f
0 1
2 1 .
0 2
La matrice de passage de la base canonique de R3 vers la base B est :
1 0 0
P = 0 1 0 .
1 0 1
. Ce vecteur est le plus convenable car il facilite le calcul du dterminant det(V1 , V2 , e3 ).
B. FARHI
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Et on a la relation :
T = P 1 AP.
3) La relation T = P 1 AP quivaut A = P T P 1 . Il sensuit par une simple rcurrence que lon a pour
tout n N :
A n = P T n P 1
()
Comme T est triangulaire et ne possde quune seule valeur propre, il est possible dexprimer T n en
fonction de n en utilisant la formule du binme. On obtiendra ensuite, en se servant de (), lexpression
de A n en fonction de n.
Calculons dabord T n (n N) : On a :
0 0 1
T = 2I3 + N avec N := 0 0 1 .
0 0 0
La matrice N est nilpotente et on a prcisment N 2 = (0), ce qui entrane que N k = (0) (k 2). Comme
on a bien (2I3 )N = N (2I3 ), la formule du binme sapplique et lon obtient pour tout n N :
T
( )
( )
( )
n
n
n n
n1
n2 2
= (2I3 + N ) = (2I3 ) +
(2I3 )
N+
(2I3 )
N ++
N
1
2
n
|
{z
}
n
=(0)
1 0 0
0 0 1
2
0 n2n1
= 2n I3 + n2n1 N = 2n 0 1 0 + n2n1 0 0 1 = 0 2n n2n1 ,
0 0 1
0 0 0
0 0
2n
soit
Tn
2n 0 n2n1
= 0 2n n2n1
0 0
2n
()
Pour conclure, nous devons calculer aussi P 1 .
Calculons P 1 . On a :
P 1
1 0 1
1 0 0
1 t
1
0 1 0 = 0 1 0 ,
=
P =
detP
1
0 0 1
1 0 1
t
soit
P 1
1 0 0
= 0 1 0
1 0 1
( )
En substituant () et ( ) dans (), on obtient finalement pour tout n N :
n1
2 (2 + n) 0
n2n1
1 0 0
1 0 0 2n 0 n2n1
2n
n2n1 ,
= 0 1 0 0 2n n2n1 0 1 0 = n2n1
n2n1
0 2n1 (2 n)
0 0
2n
1 0 1
1 0 1
A n = P T n P 1
soit
An
2 + n 0 n
2 n .
= 2n1 n
n
0 2n
B. FARHI
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V. Application de la thorie de la rduction des endomorphismes la
rsolution des systmes dquations diffrentielles linaires
Les exercices
Exercice 1 :
Rsoudre le systme dquations diffrentielles suivant :
x = 7x + 8y + 4z
y = 3x + 4y + z
z = 6x + 6y + 5z
(S 1 )
o x, y et z dsignent des fonctions relles en la variable relle t .
Exercice 2 :
Rsoudre le systme dquations diffrentielles suivant :
x = x y z
y = 2x + 2y + 3z
z = 2x y 2z
(S 2 )
o x, y et z dsignent des fonctions relles en la variable relle t .
Les solutions
Exercice 1 :
Introduisons u : R R3 la fonction dfinie par :
x(t )
u(t ) = y(t )
z(t )
(t R).
Le systme dquations diffrentiel (S 1 ) scrit donc :
u (t ) = A u(t ),
avec
7 8 4
A := 3 4 1 .
6 6 5
Pour rsoudre le systme (S 1 ), nous allons rduire la matrice A.
Le polynme caractristique de A est :
7
8
4
4
1 .
P A () := det(A I3 ) = det 3
6
6
5
B. FARHI
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En procdant par la mthode de Sarus, on obtient :
{
P A () = (7 )(4 )(5 ) + 8(1)(6) + 4(3)(6) 4(4 )(6) + 1(6)(7 ) + 8(3)(5 )
= 3 + 22 + 2
= 2 ( 2) + ( 2)
= ( 2)(2 + 1)
= ( 1)( + 1)( 2).
Les valeurs propres de A sont les racines de son polynme caractristique P A ; ce sont donc les nombres
rels 1 = 1, 2 = 1 et 3 = 2. Par ailleurs, nous remarquons que P A est scind et a toutes ses racines
simples, ce qui montre que A est diagonalisable. Procdons la diagonalisation de A.
Dtermination de lespace propre E (1) associ la valeur propre = 1 :
Soit V = t (a, b, c) E (1). On a donc AV = V . Cest--dire :
7a + 8b + 4c = a
3a + 4b + c = b .
6a + 6b + 5c = c
Aprs simplification, on trouve que ce systme quivaut :
{
a = b
.
c = 0
a
1
Do V = a = a 1. On a par consquent :
0
0
1
E (1) = V1 , avec V1 := 1 .
0
Dtermination de lespace propre E (1) associ la valeur propre = 1 :
Soit V = t (a, b, c) E (1). On a donc AV = V . Cest--dire :
7a + 8b + 4c = a
3a + 4b + c = b .
6a + 6b + 5c = c
Aprs simplification, on trouve que ce systme quivaut :
{
a = 2b
.
c = b
2
2b
Do V = b = b 1. On a par consquent :
1
b
2
E (1) = V2 , avec V2 := 1 .
1
10
B. FARHI
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Dtermination de lespace propre E (2) associ la valeur propre = 2 :
Soit V = t (a, b, c) E (2). On a donc AV = 2V . Cest--dire :
7a + 8b + 4c = 2a
3a + 4b + c = 2b .
6a + 6b + 5c = 2c
Aprs simplification, on trouve que ce systme quivaut :
{
a = 0
.
c = 2b
0
0
Do V = b = b 1 . On a par consquent :
2
2b
0
E (2) = V3 , avec V3 := 1 .
2
La famille B = (V1 ,V2 ,V3 ), constitue de vecteurs
passage de la base canonique de R3 vers B est :
P = 1
0
propres de A, est une base de R3 et la matrice de
2 0
1 1 .
1 2
En appelant f lendomorphisme de R3 associ A relativement la base canonique de R3 , la matrice
associe f relativement B est la matrice diagonale :
1 0 0
D = 0 1 0
0 0 2
et on a daprs la formule de changement de base :
D = P 1 AP.
Revenons maintenant notre systme dquations diffrentielles. Nous simplifions (S 1 ) en introduisant
la nouvelle fonction vectorielle :
v : R R3
t
x (t )
.
7 v(t ) = y (t ) := P 1 u(t )
z (t )
On a donc u(t ) = P v(t ), ce qui entrane u (t ) = P v (t ). Par suite, on a :
(S 1 ) u (t ) = Au(t )
P v (t ) = AP v(t )
v (t ) = P 1 AP v(t )
v (t ) = Dv(t )
x (t ) = x (t )
y (t ) = y (t )
z (t ) = z (t )
t
x (t ) = c 1 e
y (t ) = c 2 e t
z (t ) = c 3 e 2t
11
(avec c 1 , c 2 , c 3 R)
B. FARHI
[Link]
c1 e t
c 1 e t + 2c 2 e t
x(t )
x (t )
1 2 0
y(t ) = u(t ) = P v(t ) = P y (t ) = 1 1 1 c 2 e t = c 1 e t + c 2 e t + c 3 e 2t ,
z(t )
z (t )
0 1 2 c 3 e 2t
c 2 e t 2c 3 e 2t
avec c 1 , c 2 , c 3 R.
Conclusion : Les solutions du systme dquations diffrentielles (S 1 ) sont :
t
t
x(t ) = c 1 e + 2c 2 e
y(t ) = c 1 e t + c 2 e t + c 3 e 2t
(avec c 1 , c 2 , c 3 R) .
t
2t
z(t ) = c 2 e 2c 3 e
VI. Application de la thorie de la rduction des endomorphismes aux
problmes sur les suites rcurrentes
Les exercices
Exercice 1 :
Soient (x n )nN et (y n )nN les deux suites relles dfinies par : x 0 = 1, y 0 = 3 et pour tout n N :
{
x n+1 = x n 3y n
.
y n+1 = x n + 5y n
1) Calculer quelques termes des suites (x n )n et (y n )n .
2) Exprimer x n et y n en fonction de n.
Exercice 2 :
Soit (u n )nN la suite rcurrente relle dfinie par : u 0 = 0, u 1 = 9, u 2 = 3 et pour tout n N :
u n+3 = 2u n+2 + u n+1 2u n .
1) Calculer quelques termes de la suite (u n )n .
2) Exprimer u n en fonction de n.
Exercice 3 :
Soit (x n )nN la suite relle dfinie par : x 0 = 3, x 1 = 1, x 2 = 8 et pour tout n N :
x n+3 = 3x n+1 2x n .
Calculer quelques termes de la suite (x n )n puis exprimer x n (n N) en fonction de n.
Exercice 4 :
Trouver toutes les suites relles satisfaisant la relation de rcurrence :
u n+2 = 8u n+1 15u n 16
(n N).
+ Linariser dabord le problme.
Exercice 5 (La suite de Fibonacci):
La suite de Fibonacci (F n )nN tant dfinie par : F 0 = 0, F 1 = 1 et pour tout n N :
F n+2 = F n + F n+1 .
12
B. FARHI
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1) Calculer quelques termes de la suite de Fibonacci.
F n+1
.
n+ F n
2) Exprimer F n en fonction de n puis dterminer la limite lim
Exercice 6 :
Soient (x n )nN et (y n )nN les deux suites relles dfinies par : x 0 = 1900, y 0 = 2025 et pour tout n N :
5x n + 2y n 16
x n+1 =
7
.
y n+1 = x n + 2y n + 8
3
Exprimer x n et y n (n N) en fonction de n et en dduire la limite lim (x n , y n ).
n+
+ Linariser dabord le problme.
Les solutions
Exercice 1 :
1) Les calculs donnent : x 1 = 8, y 1 = 16 puis x 2 = 56, y 2 = 72, . . .etc.
( )
xn
2) On pose Vn :=
(n N). On a pour tout n N : Vn+1 = AVn (n N), o A dsigne la matrice
yn
(
)
1 3
A :=
. Do lon tire : Vn = A n V0 (n N).
1 5
Le problme est amen calculer la puissance n me de A (n N). Rduisons alors A. Le polynme caractristique de A est :
P A () = 2 6 + 8 = ( 2)( 4).
Comme P A est scind et racines simples alors A est diagonalisable. Les calculs donnent :
( )
( )
3
1
E (2) =
et E (4) =
.
1
1
On a donc : A = P DP 1 , avec :
(
)
(
)
3 1
2 0
P :=
et D :=
.
1
1
0 4
(
)(
)(
)
3 1 2n 0 12 21
n
n 1
Do A = P D P =
3 . Ce qui donne :
1
1
1
0 4n
2
2
(
An =
Do :
3 n
2 12 4n
2
12 2n + 12 4n
3 n
2 32 4n
2
12 2n + 32 4n
)
.
)
62n 54n
.
Vn = A V0 =
2n+1 + 54n
n
Do lon tire : n N :
x n = 6 2n 5 4n
y n = 2n+1 + 5 4n
Exercice 2 :
13
B. FARHI
[Link]
1) Les calculs donnent : u 3 = 15, u 4 = 15, u 5 = 39, . . .etc.
u n+2
2) On pose pour tout n N : Vn := u n+1 . Pour tout n N, on a :
un
u n+3
2u n+2 + u n+1 2u n
u n+2
= A u n+1 ,
u n+2
Vn+1 = u n+2 =
u n+1
u n+1
un
avec
2 1 2
A := 1 0 0 .
0 1 0
Par rcurrence sur n N, on obtient :
u2
3
n
Vn = A V0 (n N) ; V0 = u 1 = 9 .
u0
0
On est donc amen calculer A n (n N). Rduisons donc A :
Les calculs donnent :
P A () = 3 + 22 + 2 = ( 1)( + 1)( 2).
Comme P A est scind et que toutes ses racines sont simples alors A est diagonalisable. Dterminons les
espaces propres de A. Les calculs donnent :
1
1
4
E (1) = 1 , E (1) = 1 et E (2) = 2 .
1
1
1
On a donc A = P DP 1 , avec :
1 1 4
1 0 0
P := 1 1 2 et D := 0 1 0 .
1 1 1
0 0 2
Do A n = P D n P 1 (n N). Les calculs donnent :
1 1
2 + 6 (1)n + 43 2n 21 12 (1)n 1 + 13 (1)n 34 2n
1 1
n
2 n 1
1
1
2 n
n
n
n
+
(1)
1
(1)
2
A = 2 6 (1) + 3 2
.
2
2
3
3
1
1
1 n 1
1
1
1 n
n
n
n
2 + 6 (1) + 3 2
1 + 3 (1) 3 2
2 2 (1)
Do :
u n+2
3 4(1)n + 2n+2
Vn = A n V0 = 3 + 4(1)n + 2n+1 = u n+1 . Do :
un
3 4(1)n + 2n
u n = 3 + 4(1)n+1 + 2n
(n N).
Exercice 3 :
Mme ide.
14
B. FARHI
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Exercice 4 :
Linariser puis mme ide.
Exercice 5 :
1) Les calculs donnent : F 2 = 1, F 3 = 2, F 4 = 3, F 5 = 5, F 6 = 8, F 7 = 13, F 8 = 21, . . .etc.
2) Posons pour tout n N :
)
( )
F n+1
1
Vn =
. En particulier V0 =
.
Fn
0
Pour tout n N, on a :
)
1 1
.
Vn+1 = AVn , avec A :=
1 0
(
Par rcurrence, on obtient :
Vn = A n V0
(n N).
On est donc amen calculer A (n N). Rduisons A :
Le polynme caractristique de A est :
P A () = 2 1.
Le polynme P A possde deux racines relles distinctes, qui sont :
p
p
1+ 5
1 5
1 =
et 2 =
.
2
2
Comme P A est scind et que toutes ses racines sont simples alors la matrice A est diagonalisable. Dterminons les espaces propres de A. Les calculs donnent :
( p )
( p )
E (1 ) =
Il sensuit que lon a : A = P DP 1 , avec :
( p
P=
1+ 5
2
1+ 5
2
et E (2 ) =
1
p )
1 5
2
1 5
2
( 1+p5
et D =
1
)
p
1 5
2
Par suite, on a : A n = P D n P 1 (n N). Les calculs donnent : n N :
( p )n+1
( p )n
( p )n
( p )n+1
p1 1+ 5
p1 1 5
p1 1+ 5
p1 1 5
2
2
5( 2 )
5( 2 )
(5 p )n1
A n = 5 ( p )n
p n
p n1 . Do :
1+
1
1+
5
5
5
1
1
1 1 5
p1
p
p
p
2
2
2
2
5
p
p )n+1
( )
1 1+ 5
1 1 5
p
p
1
2 )
5( p
Vn = A n V0 = A n
= 5 ( 2 p )n
n
1 1 5
0
p1 1+ 5
p
)n+1
F n+1
(n N), on en dduit par identification que lon
Fn
a:
(
(
p )n
p )n
1 1+ 5
1 1 5
Fn = p
p
(n N).
2
2
5
5
(
p )n
p
1 5
1 5
Maintenant, puisque | 2 | < 1, on a lim
= 0. Do :
n+
2
(
p )n
1 1+ 5
F n + p
.
2
5
Comme par ailleurs, on a par dfinition : Vn =
15
B. FARHI
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Do lon dduit que :
p
F n+1 1 + 5
lim
=
.
n+ F n
2
Exercice 6 :
Linariser puis mme ide.
VI. Polynme annulateur - Polynme minimal - Thorme de
Cayley-Hamilton
Les exercices
Exercice 1 :
Dterminer le polynme minimal des matrices suivantes :
3 2 8
i) A := 1 0 4 ;
0 0 1
0 0 2
ii) B := 1 0 5 ;
0 0 1
0
iii) C :=
0
0
1
1
0
0
0
1
1
0
0
.
0
1
Pour chacune de ces matrices, dire si elle est diagonalisable ou non.
Exercice 2 :
En utilisant le thorme de Cayley-Hamilton, exprimer A n en fonction de n (n N) dans les cas suivants :
(
)
4 2
i) A =
;
1 1
(
)
3 1
ii) A =
;
1 1
3 1 1
iii) A = 2 0 1.
1 1 2
Exercice 3 :
1) Montrer que la matrice :
2 9 3
A := 2 7 2
1 3 0
est diagonalisable.
2) En dduire le polynme minimal de A.
16
B. FARHI
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3) En utilisant le polynme minimal de A, calculer A 1 .
Exercice 4 :
Soit n 2 un entier et J la matrice dordre n donne par :
1 ... 1
.
.
J := .. . . . .. .
1 ... 1
Calculer J 2 et en dduire que J est diagonalisable.
Exercice 5 :
(
)
(
)
1 1
(0) 21 J
Soient J :=
et M := 1
.
1 1
2 J (0)
1) Calculer M 2 et M 3 et en dduire que M est diagonalisable.
2) Dterminer le polynme minimal puis le polynme caractristique de M .
Exercice 6 :
Soit n 2 un entier.
On note par Rn [X ] le R-espace vectoriel des polynmes en X , coefficients rels, de degrs n.
On considre f lendomorphisme de Rn [X ] qui associe tout polynme P Rn [X ] le reste de la division
euclidienne de P sur (X 2 + 4X + 5).
Montrer que f est diagonalisable.
+ Utiliser le polynme minimal.
Exercice 7 :
Soient n 2 un entier, E un C-espace vectoriel de dimension n et f un endomorphisme de E . On suppose que f 2 est diagonalisable.
1) Si det f = 0, montrer que f est lui mme diagonalisable.
+ Utiliser le polynme minimal.
2) Si det f = 0 et Ker f = Ker f 2 , montrer que f est lui mme diagonalisable.
+ Utiliser le polynme minimal.
3) Application : Montrer que la matrice :
0
A :=
0
4
0
0
3
0
0
2
0
0
0
0
est diagonalisable.
Exercice 8 :
Soit A M2 (C) une matrice de trace non nulle.
Montrer que toute matrice M M2 (C) qui commute avec A 2 commute aussi avec A.
+ Utiliser le thorme de Cayley-Hamilton.
17
B. FARHI
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Exercice 9 :
Soient n 2 un entier et A Mn (C) une matrice nilpotente.
Montrer que A n = (0).
Exercice 10 (La dcomposition spectrale):
Soit E un C-espace vectoriel de dimension finie, note n (n 2).
On appelle projecteur de E tout endomorphisme de E , vrifiant 2 = , avec = (0) et = IdE .
1) Montrer que tout endomorphisme diagonalisable de E , de valeurs propres 1 , 2 , . . . , p (deux-deux distinctes) se dcompose en :
f = 1 1 + 2 2 + + p p
()
o 1 , 2 , . . . , p sont des projecteurs de E satisfaisant :
{
i j = (0) (pour i = j )
(1)
1 + 2 + + p = IdE
(2)
Lquation () sappelle la dcomposition
spectrale de f .
2) Soit f un endomorphisme de E possdant une dcomposition spectrale, cest--dire une dcomposition de la forme :
f = 1 1 + 2 2 + + p p ,
avec 1 , 2 , . . . , p des nombres complexes deux--deux distincts et 1 , 2 , . . . , p des projecteurs
de E satisfaisant les identits (1) et (2).
i) Montrer que 1 , 2 , . . . , p sont forcment des valeurs propres de f .
ii) Montrer que pour tout n N, on a :
f n = n1 1 + n2 2 + + np p .
iii) En dduire que pour tout polynme P C[X ], on a :
P ( f ) = P (1 )1 + P (2 )2 + + P (p )p .
iv) En dduire que f est diagonalisable. Conclure.
3) Application : Dterminer les valeurs propres puis la dcomposition spectrale de la matrice :
2 1 2
A := 1 2 2 .
0 0 2
En dduire lexpression de A n en fonction de n (n N).
Exercice 11 :
Soient n 2 un entier et A Mn (R).
1) Montrer la proposition suivante :
> 0, t R : |t | < (In t A) inversible.
18
B. FARHI
[Link]
2) Fixons nous un > 0 satisfaisant cette proposition. Montrer que pour tout t R tel que |t | < , la
tr(A k )
srie
t k est convergente et que lon a :
k
k=1
det(In t A) = e
tr(A k )
tk
k
k=1
Les solutions
Exercice 1 :
i) On a :
3 2 8
A = 1 0 4 .
0 0 1
Les calculs donnent :
P A () = (1 )(2 3 + 2) = (1 )2 (2 ).
Comme le polynme minimal M A de A est unitaire, divise P A et sannule en toute valeur propre
de A alors il est de la forme : M A () = ( 1) ( 2), avec N et 1 2. On a donc :
Soit M A () = ( 1)( 2) ;
ou bien M A () = ( 1)2 ( 2).
Les calculs donnent :
(A I3 )(A 2I3 ) = (0).
Do :
M A () = ( 1)( 2) .
Puisque M A est scind (sur R) et a toutes ses racines simples alors A est diagonalisable.
ii) On a :
0 0 2
B = 1 0 5 .
0 0 1
Les calculs donnent :
P B () = 2 (1 ).
Comme le polynme minimal MB de B est unitaire, divise P B et sannule en chacune des valeurs
propres de B alors on a :
Soit MB () = ( 1) ;
ou bien MB () = 2 ( 1).
Puisque les calculs donnent :
0 0 0
B (B I3 ) = 1 0 2 = (0),
0 0 0
alors le polynme ( 1) ne peut tre le polynme minimal de B puisquil nannule pas B . Do :
MB () = 2 ( 1) .
On constate que MB na pas que des racines simples (0 est une racine double de MB ), donc B nest
pas diagonalisable.
19
B. FARHI
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iii) On a :
0
C :=
0
0
1
1
0
0
0
1
1
0
0
.
0
1
On a immdiatement :
PC () = (1 )4 .
Le polynme minimal de C est donc lun des polynmes suivants :
Soit MC () = 1 ;
ou bien MC () = ( 1)2 ;
ou bien MC () = ( 1)3 ;
ou bien MC () = ( 1)4 .
Pour dtecter le polynme minimal de C , on doit donc calculer les puissances successives de la
matrice (C I4 ). La plus petite puissance (1 4) pour laquelle on ait (C I4 ) = (0) entranera
MC () = ( 1) . Les calculs donnent :
C I4 = (0)
(C I4 )2 = (0)
(C I4 )3 = (0).
Do :
MC () = ( 1)3 .
On constate que MC possde 1 comme racine triple, donc C nest pas diagonalisable.
Exercice 2 :
(
)
4 2
i) Pour A =
, on a :
1 1
P A () = 2 tr(A) + det(A) = 2 5 + 6 = ( 1)( 5).
On voit que les racines de P A sont 1 et 5. Etant donn n N, la division euclidienne de n sur P A ()
scrit :
n = Q n ()P A () + R n (),
avec Q n et R n des polynmes coefficients rels et degR n < degP A = 2. On a donc degR n 1 ; ce qui
revient dire que R n () scrit : R n () = a n + b n , avec (a n )n et (b n )n des suites relles. On a donc pour
tout n N :
n = Q n ()P A () + a n + b n
()
Pour dterminer les expressions de a n et b n (n N) en fonction de n, nous allons substituer dans () la
variable par les racines de P A , qui sont 1 et 5.
En prenant dans () = 1, on obtient :
an + bn = 1
(1)
5a n + b n = 5n
(2)
En prenant dans () = 5, on obtient :
La rsolution du systme des deux quations (1) et (2) donne :
an =
5n 1
4
5 5n
bn =
4
20
(n N).
B. FARHI
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En substituant ceci dans (), on obtient pour tout n N :
n = Q n ()P A () +
5n 1
5 5n
+
.
4
4
En appliquant maintenant les deux polynmes de cette dernire identit la matrice A, on obtient pour
tout n N :
5 5n
5n 1
A n = Q n (A)P A (A) +
A+
I2 .
4
4
Mais puisque P A (A) = (0) (daprs le thorme de Cayley-Hamilton), on conclut :
A
(
)
(
)
5n 1
5 5n
5n 1 4 2
5 5n 1 0
=
A+
I2 =
+
,
1 1
0 1
4
4
4
4
soit
An
)
3 1
, on a :
ii) Pour A =
1 1
(
3 5n + 1
4
=
5n 1
4
1 5n
2
(n N).
P A () = 2 tr(A) + det(A) = 2 4 + 4 = ( 2)2 .
On voit que lunique racine de P A est = 2, qui est une racine double.
Etant donn n N, la division euclidienne du polynme n sur le polynme caractristique P A de A
scrit :
n = Q n ()P A () + R n (),
avec Q n et R n des polynmes rels et degR n < degP A = 2. On a donc degR n 1 ; ce qui quivaut dire que
R n () scrit sous la forme R n () = a n + b n , avec (a n )n et (b n )n des suites relles que lon dterminera
plus loin. On a maintenant :
n = Q n ()P A () + a n + b n
()
Pour dterminer les expressions de a n et b n en fonction de n, nous allons substituer dans la relation
(), ainsi que dans la relation qui sobtient partir de () par drivation, la variable par la racine
double = 2 de P A .
En prenant dans () = 2, on obtient :
2a n + b n = 2n
(3)
En drivant (membre membre) (), on obtient :
nn1 = Q n ()P A () + Q n ()P A () + a n ,
puis en substituant dans cette dernire par 2, on obtient (puisque P A (2) = P A (2) = 0) :
a n = n2n1
(4)
La rsolution du systme des deux quations (3) et (4) donne :
a n = n2n1
b n = 2n (1 n)
(n N).
En substituant ceci dans (), on obtient pour tout n N :
n = Q n ()P A () + n2n1 + 2n (1 n).
21
B. FARHI
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En appliquant maintenant les deux polynmes de cette dernire identit la matrice A, on obtient pour
tout n N :
A n = Q n (A)P A (A) + n2n1 A + 2n (1 n)I2 .
Mais puisque P A (A) = (0) (daprs le thorme de Cayley-Hamilton), on conclut :
(
A
= n2
n1
A + 2 (1 n)I2 = n2
soit
(
A
= 2
n1
n1
2+n
n
n 2 n
22
)
(
)
3 1
1 0
n
+ 2 (1 n)
,
1 1
0 1
)
(n N).
B. FARHI
[Link]