Généalogie des THALY en Martinique
Généalogie des THALY en Martinique
(voir question 04-129 p. 4389 et 4416) surnommé vulgairement d'Ostaly (il signe J.P.
Dostaly), de couleur libre, né au Lamentin,
On trouve au XIXe siècle en Martinique orfèvre, fils en légitime mariage de feu Antoine
plusieurs groupes familiaux qui portent ce nom et Prosper Branchet, de couleur libre, chantre de la
sont apparentés, sans qu'il nous soit possible de paroisse du Lamentin, et d'Annette Calixte,
trouver le père original et l'origine du patronyme. propriétaire au Lamentin (signe Veuve
Les premières générations sont au Robert et au Branchet)", épouse Emilie surnommée
Gros Morne puis une branche passe au Lamentin, vulgairement Telismar (signe Thélismar), 18 ans,
une autre revient au Robert et enfin, à la fin du né et domiciliée au Robert, fille illégitime
XIXe, on en retrouve à Saint-Pierre. Le nom est d'Agathe Peréaux, de couleur libre (acte
parfois écrit THALIE mais c'est la forme en Y d'affranchissement du 4 thermidor XI n° 774),
qui finit par l'emporter. Il s'agit de familles de présente.
libres depuis la fin du XVIIIe siècle. Nous voilà envoyés vers le Lamentin où
se trouve bien le mariage, le 12/07/1803,
Marie Rose et sa fille d'Antoine Branchet, métif libre, et Annette
Calixte, qui légitiment plusieurs enfants. L'acte
Au décès de Marthe Rose Thaly, au est presque complètement noir, illisible, mais, le
Lamentin, nous apprenons qu'elle est fille de 22/05/1822 est inscrit l'acte de décès la veille
Marie Rose et née au Robert. Les deux "alliés" d'Antoine Prosper Branchet, de couleur libre, 48
qui déclarent ce décès la disent âgée de 87 ans. ans [o ca 1773], natif de cette paroisse, chantre et
Les mentions de parenté au fil des actes nous ont sacristain, époux d'Annette Branchet, fils
permis de relier tous les porteurs du patronyme légitime de Prosper et de feu Marthe Rose.
au Gros Morne et au Lamentin. Par sa fille Et notre Marie Rose ? Laissant l'acte de
Marthe Rose descendent plusieurs fratries. La décès de 1835 au Robert évoqué ci-dessus, nous
même date d'acte confirmatif de liberté, le 18 avons le choix entre deux autres actes, au
messidor XI (7 juillet 1803) est donnée pour les Lamentin :
enfants de Marthe Rose. On peut supposer que la Le 06/01/1827, Jean Pierre Dostaly
mère et sa fille ont été affranchies en même Branchet, 25 ans, orfèvre, de couleur libre (le fils
temps en 1775, date indiquée pour Marthe Rose; d'Antoine Prosper et qui se mariera au Robert en
mais où ? par qui ? pour quoi ? et d'où vient le novembre de la même année), déclare le décès de
matronyme ? Les actes d'affranchissements ne "la nommée Marie Rose, 73 ans, née et
sont pas reportés sur les registres paroissiaux et domiciliée en cette paroisse, de couleur libre,
les registres de notaires ne sont conservés que enregistrée au greffe de la sénéchaussée de Fort
depuis 1776… Royal le 04/01/1788" [o ca 1753].
Nos recherches nous ont seulement Le 03/11/1810 c'est Prosper Branchet, le
permis de trouver des actes de décès qui nous père, alors cordonnier, qui déclarait le décès la
laissent perplexes et que nous vous livrons pour veille de "Marie Rose dite La bonne, négresse
commencer la généalogie. libre, 84 ans, née au Robert, domiciliée au
Le 4 juin 1835 au Robert est inscrit le Lamentin, non mariée" [o ca 1726].
décès, la veille, sur l'habitation du sieur Branchet
Dostaly, de demoiselle Marie Rose, 68 ans, née et Alors ?
domiciliée en cette commune [o ca 1767]. Si Marie Rose née en 1726 ? en 1753 ? en 1767 ?
l'âge est exact, cette Marie-Rose est née dix ans Elle est mère d'une fille née vers 1755. Les âges
après Marthe Rose, fille de Marie-Rose. Elle ne donnés au décès sont très approximatifs, surtout
peut donc être sa mère. Quant au deuxième nom, pour une personne âgée (écarts de 5 à 20 ans
ou nom de branche, du propriétaire de parfois) mais nous serions tenter de supposer que
l'habitation… il rappelle le matronyme familial. c'est la dernière citée qui est "la bonne"…, qu'elle
Y aurait-il un rapport de parenté ou autre ?? était au service de la famille Branchet dont elle a
Nous nous sommes donc mis en quête du élevé les enfants et avec laquelle elle, sa fille
propriétaire de l'habitation et avons trouvé son mulâtresse et ses petits-enfants sont restés très
mariage au Robert, le 28/11/1827 : "Jean Pierre liés, qu'elle a eu une ou deux filles, à dix ans de
distance, vers 1755 (Marthe Rose, qui a d'ailleurs Rose, décédée la nuit dernière sur sa petite
le même prénom que la mère d'Antoine Prosper habitation; déclaré par Jean Baptiste Marcelin
Thaly, 40 ans, propriétaire, et Auguste Théobald,
Branchet) et 1767 (Marie Rose, restée sans
37 ans, charpentier et propriétaire, tous deux
postérité). Mais ce ne sont que des suppositions ! alliés de la défunte
1.2 Luce ou Lucette THALY libre demeurant au Lamentin, non mariée, liberté
confirmée n° 398, 18 messidor X; 1er témoin Luc
dit Cayole, mulâtre libre habitant au François, 46
1 Rose Adèle THALIE
ans; 2e témoin Antoine Georges Beaulieu, métif
o 10/03 d 17/07/1805 Lamentin, quarteronne, fille
libre, cordonnier au bourg
naturelle de Luce dite Thalie libre, enregistrée
reconnu par la delle Luce Thalie en novembre 1836,
n° 398 et 323 (! mariage)
n° 36 (mention marginale à la naissance)
b 17/07/1805 Lamentin, quarteronne, fille naturelle
+ 03 d 04/08/1867 Lamentin, 59 ans (Justin
de Luce dite Thalie, métive libre (liberté confirmée
Amédée Thaly dit Méril)
le 18 messidor XI n° 398); parrain Jean Raphaël
x 31/01/1837 Lamentin (aux TD à Justin) Rose
Dumont Hiquette (?); marraine Rose Antoinette
Médèle MARIE ADÉLAÏDE, née dans cette
Jorna épouse de François de Bouillé
commune sans aptitude civile, y demeurant, 21
x 24/07/1827 Lamentin, Maurice Gabriel
ans, révolus; acte d'affranchissement par M.
BELLEFLEUR, charpentier, de couleur libre, fils
Dupotet gouverneur le 03/12/1831; fille majeure
en légitime mariage de + Maurice Bellefleur (libre,
naturelle reconnue le 08/11/1832 devant Me
enregistré n° 128 et 394; + 30/12/1813 Lamentin)
Lucien Holozet, notaire au Gros Morne, par Marie
et de Jeanne Scholastique (libre, enregistrée
Adélaïde
mêmes numéros) qui a donné procuration la veille
o ca 1811 (56 ans en 1867)
devant Me Gallet de Saint Aurin
+ 1867/
Témoins au mariage : les oncles maternels de la
témoins au mariage : Justin Thaly, 46 ans, et Jean
future :
Baptiste Marcelin Thaly, 38 ans
Pierre Justin Thalie, 36 ans
Jean Baptiste Marcelin Thalie, 29 ans, de
couleur libres. 1.3 Pierre Justin Fanfan THALY
2 Justin Amédée THALIE puis THALY x 1832 Anne Céleste GIBOYAU
habitant du Lamentin
o 28/12/1808 d 18/09/1809 Lamentin, (Justin 1 Reine Rose Stéphanie THALY
Amédée) carteron, fils de Luce dit Thalie, métive o 03 d 25/09/1833 Lamentin
Cm Me Marchet, Lamentin o 14/09/1829 Lamentin (TD : Louis Alix dit Thalie)
x 27/05/1856 Lamentin, Charles Joseph Jules, 28 fils de la nommée Alix dite Thalie , fille de couleur
ans, commerçant domicilié à Saint Pierre, fils libre (titre de liberté le 18 messidor XI et certificat
naturel de + Marie Luce, propriétaire (+ 3/10/1844 du comité de vérification), 32 ans, propriétaire au
Saint-Pierre) Lamentin; né chez Marie Elisabeth, fille de
2 Marie Amelise THALY couleur libre, 29 ans, demeurant au lieu de la
o ca 1835 Goudeau au Lamentin, déclarante;
+ 30/11/1847 Lamentin, 12 ans (parents domiciliés témoins :
près de l'habitation Hubert) Michel Collignon, 46 ans, négociant propriétaire,
3 Jean Baptiste Berthier THALIE et Amédée Fortier, praticien, 26 ans
o 27/03 d 29/04/1837 Lamentin + /1902
x 17/07/1850 Lamentin, Luce Eglérie dite Eglé
4 Charles Amédée Orbansan THALY
THALIE ([Link]), fille de Jean Baptiste Marcelin
maire de Saint-Joseph 1893-1904 (1)
et Céleste Augustine
o 24/03 d 27/04/1841 Lamentin; témoin son oncle
o 23/10/1823 Lamentin
par alliance Hilaire Dupuy, 36 ans
+ 1902/
+ 01/07/1918 Saint-Joseph (1)
5 Irmine Marie Félicité THALIE
o 24/12/1843 d 06/01/1844 Lamentin Cinquième génération
6 enfant sans vie (fille)
+ 13/11/1846 Lamentin; déclaré par ses oncles 1.1.1 Jean Baptiste Marcelin THALY
maternels, Jean Baptiste Hippolyte Giboyau, 32 x 1818 Céleste Augustine
ans, et Charles Henri Giboyau, 30 ans
7 Marie Saint Ange THALY (fille) 1 Alexis Décius THALY
o 02/08 d 10/09/1848 Lamentin, habitation du père docteur en médecine au Gros Morne
dite L'Union o 17/07 d 15/08/1821 Lamentin (sur les TD à
+ 19 d 20/07/1849 Lamentin, 14 mois Décius)
x 19/05/1858 Gros Morne, Hortense Marie Rose
1.4 Alix THALIE ou THALY THALY (2.3.2), fille de Jacques Nonone Dosithée
et Luce Marceline COUFFE
o 09/08 d 02/09/1837 Gros Morne
1 Louis Amilcar THALY
Témoin au mariage, Louis Amilcar Thaly, cousin o 23/10/1823 Lamentin (! au mariage; figure aux
issu de germain des époux, 29 ans, propriétaire TD, avec le prénom Luce, mais nous n'avons pas
au Robert trouvé l'acte dans le registre)
2 Jean Baptiste Augustin dit Auguste THALY + 1902/
juge à Fort de France, Gorée, Saint Louis du x 17/07/1850 Lamentin, Louis Amilcar THALY
Sénégal; président de la cour d'appel de Saint- (1.4.1), fils naturel d'Alix
Pierre et Miquelon en 1868; conseiller en Guyane o ca 1829
en 1874, conseiller honoraire en Martinique + /1902
(dossier Colonies EE 1717) 4 Marie Émilie THALY
o 28/08/1822 Lamentin (EE 1717; figure aux TD o d 06/01/1830 Lamentin
mais nous n'avons pas trouvé l'acte dans le x 17/07/1850 Lamentin, Louis Félicité Émilien
registre) DÉPROGE, juge de paix du canton du Marin, fils
a* Saint-Louis du Sénégal, NN BLANCHOT- de Jean Élie, propriétaire, et + Marie Rose
CRESPIN, dont il aurait eu un enfant naturel non Victoire BORNE
reconnu (EE 1717) o ca 1819 Fort de France
consentement de son père au mariage devant Me (mariage autorisé par le contre-amiral Bruat,
Duval Sainte Claire, Lamentin, 18/12/1858 gouverneur; témoins Jean Baptiste Alexandre
bx 09/07/1859 Gorée (Sénégal), Joséphine Émilie Reboul, 42 ans, procureur de la République, le
LABOURÉ, fille de + Jacques, propriétaire et greffier en chef et un conseiller de la cour d'appel
traitant à Gorée (+ 25/08/1858 Rivière de Salam; et un avocat)
jugement constatant le décès 02/05/1859; voir ci- 5 Marie Rose Alcina THALIE
après), et Marie POTIN o 15/01 d 25/02/1834 Lamentin
o 27 d 28/08/1837 Gorée Cm Me François Michel Anatole Duval Sainte-
3 Luce Eglérie dite Eglé THALY Claire, Lamentin
x 26/02/1862 Lamentin, Jean François LUC, fils
légitime de Sainte-Rose Luc, propriétaire
domicilié au Lamentin, et + Céleste (+ 22/09/1861 6 Georges Émile THALY
Lamentin) o 23/04 d 02/06/1835 Lamentin
o ca 1828 (33 ans au mariage) + 30/12/1856 Lamentin 20 ans
Témoins au mariage, Jacques Dosithée Thaly, 52 7 Louise Médélice THALY
ans, propriétaire au Gros Morne, oncle paternel; o 20/12/1837 Lamentin
Justin Amédée Thaly, 55 ans, propriétaire x 1872 Rivière Blanche, Tracille MAURICE (TD)
domicilié au Lamentin, cousin
8 Augustine Emma THALY
o 30/10 d 23/11/1841 Lamentin, demeure de ses
parents à Rivière Blanche
+ 1871 Rivière Blanche (TD)
1 René THALY
o ca 1861 : 13 ans en 1874 (EE 1717)
2 Léon Félix THALY
o 01 d 04/10/1862 Gorée (Sénégal); père président du tribunal, domicilié rue Bambara
+ 23/12/1863 Gorée, 15 mois
3 Lucie Augusta THALY
o 31/10 d 04/11/1864 Gorée; père juge impérial président du tribunal de Gorée
4 Léon Charles Henry THALY
o 10 d 13/10/1866 Gorée; père président du tribunal, domicilié rue Saint Charles
5 Jules Aristide THALY
o 22 d 24/02/1868 Gorée
boursier du Sénégal à Bordeaux de 1878 à 1888, parti en novembre 1878 sur le navire à vapeur Tamen de la Maison
Maurel et Prom (EE1717); avait dû rester dans la famille de sa mère à Gorée après le départ de ses parents pour
Saint-Pierre et Miquelon (trop jeune ?) car il ne figure pas sur l'état des passagers entre Saint-Pierre et Miquelon et la
Martinique en 1874
x 30/09/1908 Kourou (Guyane) Marie Alice Anna MICHINEAU
5 Marie Louise Eugénie THALY
o 03 d 06/07/1870 Saint-Pierre de Terre-Neuve; père président du conseil d'appel des îles Saint-Pierre et Miquelon
6 Emma THALY
o ca 1872 (Saint-Pierre et Miquelon ?) : 2 ans en 1874
3 autres enfants nés en Guyane ?
Nous supposons qu'il s'agit des parents des enfants suivants, que nous trouvons par les dossiers des secours aux
sinistrés de 1902 (C/8c/54, cf. GHC p. 4389). Le père est mort l'année de la naissance de la dernière fille.
NDLR
Rappel :
"!" = cité dans tel acte
d = déclaration (date de l'acte)
TD = tables décennales (index alphabétique des actes par dizaines d'années)
Cm = contrat de mariage
Registres disponibles à Paris sur microfilm jusqu'en 1870 seulement.
(1) Madras, dictionnaire encyclopédique et pratique de la Martinique, Editions Exbrayat, 1996
(2) dossier de la Légion d'honneur
Jacques Labouré, propriétaire traitant, époux de Mme Marie Potin, domicilié à Gorée où il est né le 5 juillet
1812, fils de + Jacques Labouré, commerçant, et + Marie Aubrion, propriétaire, est décédé à la rivière de Salam,
le 25 avril, à bord de la goélette La Fourmi du port de Gorée, sans que le patron de ladite goélette
qui est illettré ait pu dresser l'acte de décès.
On interroge donc
- le nommé Antoine Seck, patron au cabotage, commandant la goélette La Fourmi, 50 ans;
- le nommé Gabriel Gomes, matelot à bord du même navire, 30 ans,
- le nommé Moussa Aly N'Diaye, matelot à bord du même navire, 40 ans.
Ils témoignent que, le lundi 25 avril, le sieur Jacques Labouré qui était très malade depuis quelques jours
à Coquegnie, village situé à Salam, ayant demandé passage à bord de La Fourmi, fut transporté à bord, déposé
sur un matelas dans la chambre et, quelques instants après, vers 8h du matin, il mourut. L'inhumation eut lieu le
même jour à 4h de relevée à Camatane vis à vis Coquegnie, sur les bords de la rivière de Salam.
On aura remarqué à la lecture de la généalogie, que la branche la plus notable est celle qui descend de
Reine, la fille aînée de Marthe Rose, par ses deux fils, Jean Baptiste Marcelin, adjoint au maire de Saint-Joseph
pour Rivière Blanche, et Jacques Dosithée Nonone Thaly, maire du Gros Morne, chevalier de la Légion
d'honneur. Nous le constatons sans en connaître l'explication. Il y a très probablement eu un père naturel pour
payer des études en France mais il faudrait une longue enquête dans les registres de notaires pour approcher la
solution.
Quatre personnes de cette famille sont chevaliers de la Légion d'honneur, un père, Jacques Dosithée
Nonone (1.1.3), un des fils de Reine et maire du Gros Morne, et trois de ses fils, l'aîné, médecin de la marine, et
les deux derniers, l'un conseiller à la cour d'appel de la Martinique (c'est son père qui aura la joie de le recevoir
dans l'ordre de la Légion d'honneur en 1888), et l'autre médecin aide major de la marine.
Les dossiers nous donnent des informations sur la carrière et le décès que nous avons intégrées à la
généalogie. Mais, en ce qui concerne l'état civil, le nom, la naissance, ils apportent une preuve supplémentaire
des difficultés de la recherche généalogique pour les libres.
Ainsi le père, Jacques Dosithée NONONE THALY (c'est le double nom inscrit sur le dossier) écrit le 20
août 1882 qu'il envoie les pièces demandées mais explique : "il n'a pas été possible de découvrir mon acte de
naissance aux registres de 1807, année à laquelle je suis né, par suite de perte de feuillets résultant de l'usure et
d'incendie; je vous adresse pour en tenir lieu une expédition de mon acte de mariage." Et il ajoute : "Je vous
ferai remarquer que bien que dans cet acte le nom patronymique soit écrit Thalie, j'ai cependant toujours signé
Thaly."
Or, en 1882, il était maire du Gros Morne. Il aurait dû faire comme nous et bien chercher : il aurait
trouvé l'acte deux mois après la naissance, au nom de "Dosithée"…
Même problème pour le fils aîné. Pour clore le dossier en 1909, la Grande Chancellerie remarque que
l'acte de naissance ne figure pas dans le dossier et le réclame à la mairie du Gros Morne. Son dossier portait
qu'il était né le 28 août 1834. La mairie répond d'abord qu'il n'y a aucun Thaly né à cette date puis envoie enfin
l'acte, qui était dans les tables, comme nous l'avions trouvé nous-mêmes après recherche, au nom de Flamet
Jacques Henry et le 24 mai : il est né le 28 avril et non août (ambiguïté de l'écriture manuscrite).
Nous avons brièvement indiqué en page 4389 (04-129) que les dossiers de secours aux sinistrés de la
Montagne Pelée faisaient apparaître trois groupes familiaux. Nous voyons maintenant qu'il s'agissait bien de
trois branches d'une même famille mais plus d'un siècle s'étant écoulé depuis la souche commune et ces
personnes étant dans des communes différentes, les liens s'étaient probablement distendus.
Le docteur RÉMY-NÉRIS, époux de Luce Augustine Isaure THALY (1.1.3.3b.2), était médecin à Saint-Pierre,
chargé depuis plusieurs années du service médical du lycée du pensionnat colonial de jeunes filles et du service
local de la maison d'arrêt et de l'hospice civil. La veille ou l'avant-veille de la catastrophe, il passa à la banque
retirer 30.000 francs et quitta la ville avec sa famille. Après l'éruption il partit pour France et demeurait à Paris,
hôtel du Sénat, 7 rue de Tournon (adresse de plusieurs Martiniquais dans leurs dossiers de demande de secours).
Outre sa femme, âgée de 28 ans, et ses trois fils, boursiers à Janson de Sailly, il a à sa charge sa belle-sœur
Ultima Thaly et une vieille bonne, Eliza LATIMA.
Ultima THALY (1.1.3.3b.4) demande un passage gratuit pour l'Inde afin d'y rejoindre son frère aîné, Trévise,
magistrat colonial ([Link].3b.1).
Marius Auguste THALY ([Link]), agriculteur à Saint-Joseph, 32 ans, rédige une demande de secours
pour sa mère, Marie Luce Églé THALY ([Link]), domiciliée au Gros Morne, âgée de 70 ans et veuve, dont il
est le dernier enfant et seul fils.
Les THALY en Martinique
Il explique qu'elle était aidée par sa fille aînée, Marie Louise Herminie THALY ([Link]), modiste au Mouillage,
morte dans la Catastrophe à 45 ans.
Enfin trois orphelins de mère (décédée à Saint-Pierre en 1888 peu après la naissance de Solange, seule
fille) et de père, en cours d'études en France, ont perdu à Saint-Pierre tous les biens (importants, plusieurs gros
dossiers) hérités de leurs parents. Leur père, Hilaire, docteur en médecine, médecin de marine ([Link]) établi à
Saint-Pierre, y était mort une dizaine d'années avant la Catastrophe. L'aîné, Daniel, faisait des études de
médecine et le cadet, Fernand, des études de droit, tous deux à Toulouse.
Son frère Fernand, qui avait fait des études de droit à Toulouse puis à Paris, avocat inscrit au barreau de
Paris, n'exerça pas et vécut modestement dans cette ville. Il ne fut édité qu'après sa mort à Paris en 1947, deux
ans avant son aîné (1).