Sécurité et politique en RDC : 19-25 oct 2009
Sécurité et politique en RDC : 19-25 oct 2009
REGION
« L’Union africaine relève le défi du déplacement forcé en Afrique. » Tel est le thème retenu
pour ces assises axées sur les personnes déracinées intérieurement en Afrique. Les
participants devront identifier des moyens d'empêcher les déplacements forcés, d’améliorer la
protection des personnes déracinées de force ainsi que de répondre aux besoins spécifiques
des femmes et des enfants déplacés en Afrique.
Au regard de l’accroissement du nombre des déplacés dans ce continent, soit 11, 6 millions au
début 2009, les participants devront adopter une convention de l'Union africaine sur la
protection et l'assistance en faveur des déplacés internes. Il s’agit là d’un instrument juridique
international ayant force de loi sur les déplacés en Afrique.
Une quarantaine des chefs d'Etat et de gouvernement de tout le continent prennent part à ces
assises, qui devront se clôturer le 23 octobre. Le secrétaire général des Nations unies y est
représenté par le haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, António Guterres.
Une autre matière à traiter porte sur la redynamisation de la CEEAC. Beaucoup de membres,
en effet, ne sont pas du tout en ordre avec la Contribution communautaire d’intégration (CCI).
Les ministres vont également se pencher sur le changement climatique. Surtout que l’Afrique
centrale, la RDC en tête, regorge de la deuxième réserve forestière mondiale, poumon
important dans le changement climatique.
Une réunion préliminaire des experts de la CEEAC s’est déjà tenue samedi à Kinshasa pour
préparer cette 14e rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement de la sous-région.
Dans son discours d’ouverture des travaux, président Joseph Kabila a d’abord rappelé les
grandes objectifs prioritaires de la CEEAC, à savoir la paix et sécurité, la réalisation des
infrastructures, l’énergie et l’environnement. Il a ensuite épinglé quelques réalisations
enregistrées sous son mandat. Sur le plan sécuritaire, il a relevé entre autres, le sommet
extraordinaire de la CEEAC tenu à Kinshasa sur le Tchad et les initiatives prises pour venir en
aide au gouvernement légitime de ce pays.
Sur le plan de l’intégration économique régionale, le chef de l’Etat congolais a cité quelques
rencontres, sous son initiative, des experts et ministres des Etats membres. Il s’agit
notamment de la réunion ministérielle tenue en mars 2008 à Kinshasa. Réunion au cours de
laquelle le budget 2008 de la CEEAC a été élaboré et dont l’application par les Etats membres
est restée malheureusement faible, a reconnu le chef de l’Etat congolais. Concernant les
infrastructures et particulièrement les transports, une réunion d’évaluation s’est tenue en
février 2008 et des concertations entre experts ont eu lieu. À ce sujet, le président Kabila a
évoqué le projet pont rail-route Kinshasa-Brazzaville, et le prolongement du chemin de fer
Kinshasa-Ilebo. Une commission technique a été mise en place pour mettre en œuvre ce
projet, a encore a indiqué le président en exercice de la CEEAC.
D’autres secteurs tels que les télécommunications, avec les nouvelles technologies de la
communication et l’application technique de la fibre optique, l’énergie, la sécurité
alimentaire, l’environnement, la santé et l’éducation ne sont pas en reste. Le chef de l’Etat a
indiqué que durant son mandat à la tête de la CEEAC, des études ont été menées et des
réunions tenues, pour la mise en commun des idées, afin que la CEEAC adopte une position
commune à la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui aura lieu en
décembre prochain à Copenhague au Danemark. Il s’agit surtout pour la CEEAC de parler
d’une seule voix sur la question du réchauffement climatique et de l’émission de gaz à effets
de serre.
Joseph Kabila a indiqué que son action a été conforme aux objectifs de la communauté. Mais
l’insuffisance de moyens financiers n’a pas permis leur mis en œuvre. Il a remercié ses
collègues pour le soutien dont il a bénéficié au cours de son mandat. Il a enfin exprimé sa
reconnaissance aux partenaires qui ont accompagné certaines réalisation de la communauté
économique des Etats de l’Afrique centrale.
BURUNDI
Armée, Sécurité…
L'UNHCR, conscient des tensions au niveau du camp de Bwagirisa à la suite des transferts
depuis le 30 septembre des réfugiés de Gihinga, condamne cependant les actes de violence
perpétrés par un groupe de réfugiés contre le personnel de l'ONG CNR (Conseil Norvégien
pour les Réfugiés), le chef du bureau de l'UNHCR de Ruyigi, la police déployée dans le camp
ainsi qu'un réfugié cette semaine dans le camp de Bwagirisa en province de Ruyigi.
« Comme il est de la responsabilité de l'UNHCR de s'assurer notamment que les réfugiés sont
protégés contre toute forme de violence et vivent dans un environnement qui remplit toutes
les conditions de sécurité, il est aussi de notre devoir de nous assurer que tout le personnel
humanitaire et tous ceux qui aident à la protection et l'assistance des réfugiés travaillent en
sécurité. C'est pourquoi nous condamnons vivement tous les actes de violence de ces derniers
jours. Nous appelons par conséquent tous les réfugiés au respect de la loi burundaise », a dit
Clémentine Nkweta-Salami, Représentante de l'UNHCR au Burundi.
Vie politique…
Les quatre principaux partis d'opposition du Burundi ont exprimé mercredi leur "vive
préoccupation" face à la "dégradation" du climat politique orchestrée selon eux "par un
système corrompu et impuni".
"Les (quatre) partis politiques expriment leur vive préoccupation face à la dégradation
continue du climat politique et sécuritaire orchestré par un système corrompu et impuni", dans
un communiqué transmis à l'AFP. Le texte est signé du Front pour la démocratie au Burundi
(Frodebu), de l'Union pour le progrès national (Uprona), de l'ex-rébellion des Forces
nationales de libération (FNL) et du Mouvement pour la paix et le développement (MSD). Il a
été publié à l'occasion de la visite lundi et mardi au Burundi du secrétaire général adjoint de
l'ONU chargé du département des Affaires politiques, Lynn Pascoe.
Le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, veut "torpiller les élections de 2010" en usant notamment
de "l'intimidation et de la violence et de la persécution de citoyens (...)", affirment les quatre
partis d'opposition. Selon ce communiqué, le CNDD-FDD utilise "la restriction illégale des
activités politiques des autres formations politiques, l'instrumentalisation des services de
sécurité et de la justice, la distribution de cartes d'identité aux seuls membres du parti
présidentiel (...)".
Relations extérieures
Le Burundi est en train d'examiner le cas de quelque 300 demandeurs d'asile Hutus rwandais
qui s'opposent à leur expulsion vers le Rwanda, a annoncé mardi le ministre burundais de
l'Intérieur, Edouard Nduwimana.
"Dans un premier temps, nous avions décidé que ces Rwandais devaient retourner chez eux
car (...) nos services étaient arrivés à la conclusion qu'ils n'étaient pas des réfugiés", a déclaré
M. Nduwimana au cours d'une conférence de presse. "Mais comme il y a eu certaines
résistances, nous avons dû encore réexaminer la question et nos services sont désormais sur
place pour voir si réellement il y a des gens qui peuvent être considérés comme des réfugiés",
a-t-il annoncé. "Aujourd'hui, il y a 300 rwandais environ dans le nord du Burundi (car) même
certains parmi ceux qui étaient rentrés (au Rwanda) sont revenus au Burundi, ce qui nous a
poussé à revoir la méthodologie employée jusqu'ici", a avoué Edouard Nduwimana, faisant
allusion à leur expulsion vers le Rwanda.
Vendredi, le Haut commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR) s'était dit "contre le
refoulement de demandeurs d'asile", après la décision des autorités burundaises d'expulser
vers le Rwanda voisin plus de 400 Hutus rwandais ayant fui leur pays depuis près de deux
mois.
Affirmant fuir des violences politiques, ces Rwandais ont trouvé refuge dans la province
burundaise de Kirundo et ont d'abord été considérés par les autorités locales comme des
"immigrants illégaux".
Les autorités rwandaises assurent de leur côté qu'ils fuient la justice gacaca (tribunaux
populaires mis en place pour juger les exécutants présumés du génocide de 1994 au Rwanda).
Dans un premier temps, le gouvernement burundais avait assuré s'être basé sur un rapport du
HCR qui ne reconnaissait pas le statut de réfugiés à ces Rwandais pour les expulser, ce que
l'organisation internationale a démenti.
"La Belgique a proposé deux millions d'euros pour soutenir le processus électoral", a confié
M. Nkurunziza, actuellement en visite officielle en Belgique, lors d'une conférence de presse
à Bruxelles.
Reçu jeudi par le Roi et le Premier ministre, Herman Van Rompuy, le président burundais a
rencontré vendredi matin le ministre-président wallon, Rudy Demotte, avant de rencontrer des
hommes d'affaires à Bruxelles, puis prendre la direction de Bruges.
RDC
Sécurité, Armée…
Les éléments des Forces armées congolaises (FARDC) du 321e bataillon commando de la
force de réaction rapide qui étaient en formation à Kindu sont opérationnels depuis samedi.
Arrivés au terme de cette formation, ils ont reçu leurs brevets et divers prix au cours d’une
cérémonie qui s’est déroulée le même jour au camp Lwama, et présidée par le chef d’état-
major des forces terrestres, le général Gabriel Amisi.
La formation de ces éléments a été assurée par des instructeurs belges. C’est le colonel
Lawrence, l’un de ces instructeurs, qui a procédé officiellement à la remise du bataillon formé
aux FARDC. Il a affirmé qu’ils ont donné aux militaires congolais une formation de qualité
qui portait sur trois volets : physique, technique et moral.
Le chef d’état-major des forces terrestres des FARDC était entouré, à cette cérémonie, des
officiers chargés des opérations, de la logistique et du génie militaire, notamment. Il a
demandé aux lauréats d’obéir à leur commandant, et à celui-ci de commander ses troupes
suivant les lois du pays et le règlement militaire. Parmi les participants, un capitaine retraité,
89 ans, un des premiers adjudants congolais de la Force publique en 1959, a aussi appelé les
militaires du 321e bataillon à protéger les personnes et leurs biens.
Au mois de novembre prochain, la Monuc, Mission de l’Onu en RDC, aura accompli dix ans
de présence au Congo démocratique. Elle a commencé comme une petite mission
d’observation pour devenir la plus grande mission des Nations Unies dans le monde.
Vendredi dernier, à New York, devant le Conseil de sécurité, Alan Doss a fait le bilan de cette
mission, positif, d'après lui. Mais certains objectifs fondamentaux restent à atteindre.
Le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en RDC estime qu’en dix ans, la
Monuc a accompli un travail remarquable. Elle a, notamment, supervisé le cessez-le-feu et le
retrait des troupes étrangères, stabilisé la situation sécuritaire, accompagné le Dialogue entre
Congolais et la transition d’immobilisation des groupes armés en Ituri et ailleurs, facilité les
premières élections libres et transparentes depuis 40 ans, et aidé le gouvernement à gérer la
crise dans les Kivus et à mener les opérations contre les groupes armés. « Nous sommes fiers
d’avoir accompagné le pays à travers ce processus de paix », s’est félicité Alan Doss, relevant
ensuite « que certains objectifs fondamentaux de l’accord inclusif et global de Sun City qui
fondent la présence de la Monuc en RDC sont encore à atteindre. »
Combien d’éléments composent la Police nationale congolaise et qui sont-ils ? C’est à cette
question que tente de répondre l’opération d’identification pour la maîtrise des effectifs de la
PNC sur l’ensemble du territoire congolais qui a démarré lundi par Kinshasa. Selon le général
Patrick Sabiti, chargé de la sensibilisation et du recensement biométrique dans ce corps, cette
opération est une étape dans le processus de la réforme de la Police nationale.
La campagne lancée lundi dans la capitale consiste à collecter des données pour disposer
d'une base qualitative et quantitative des ressources humaines de ce corps d’Etat afin d’une
gestion prévisionnelle de ses effectifs, ses emplois et ses compétences. Elle va durer six mois
à Kinshasa avant de s’étendre au reste des provinces du pays.
Selon le général Sabiti, cette opération est une première étape de la réforme de la police
nationale congolaise (PNC). Et cela, dans tous les domaines : les infrastructures, la logistique,
les ressources humaines et même dans le domaine [Link] ce dernier aspect, le général
Sabiti indique qu’un projet de loi sur la PNC est déjà déposé au Parlement. « Avant
d’entreprendre tous les autres domaines de cette réforme, il était question de commencer
d’abord par l’identification des effectifs, explique le général Patrick Sabiti. « Il faut chercher à
connaître, qui sont les policiers, combien sont-ils, et quels sont leurs problèmes ? », a-t-il
souligné.
En plus d’une gestion efficiente des ressources humaines et logistiques en amont, cette
opération aura des retombées positives sur les policiers eux-mêmes. À court terme, chacun
des éléments de la PNC disposera d’un dossier administratif fidèlement reconstitué, d’une
nouvelle carte de service infalsifiable ainsi que d’un nouveau numéro matricule. Ce qui
permettra la classification des uns et des autres dans des fonctions correspondant à leurs
compétences respectives.
À moyen terme, l’opération devra déboucher, selon le ministère de l’Intérieur et Sécurité, sur
l’amélioration des conditions sociales du policier congolais. Celui-ci pourra ainsi bénéficier
d’un salaire décent qui valorise sa profession ainsi que des droits et avantages attachés à cette
fonction, et jouir d’un statut autonome assurant lui assurant une gestion saine de sa carrière.
En gros, des enquêteurs sont déployés sur l’ensemble du territoire congolais, jusqu’au niveau
des commissariats. Chaque équipe est constituée d’un superviseur, d’enquê6teurs et
d’opérateurs biométriques. Chaque policier se présente devant cette équipe muni des
documents administratifs sous la direction du commandant de son unité. Et les enquêteurs se
chargent de la retranscription des données personnelles du policier sur les fiches de
renseignements individuels et de contrôler les documents apportés par le policier. Les
opérateurs biométriques quant à eux se chargent de la prise d’empreintes digitales et de la
photo d’identité. Et en dernier ressort, le superviseur se charge de la transmission du dossier à
Kinshasa pour analyse et traitement.
Le colonel Floribert Bofate Lihamba, commandant second de la Garde républicaine (GR), ex-
GSSP, a été mis aux arrêts à Lubumbashi le 12 octobre dernier avant son transfert le 14
octobre à Kinshasa. Selon des sources officielles citées par l’AFP, cet officier est accusé de
mauvaise gestion des finances au sein cette unité des FARDC.
D’autres officiers de la Garde Républicaine seraient aussi impliqués dans cette affaire de
mauvaise gestion des finances. Mais depuis que le colonel Bofate se trouve dans la capitale
congolaise, il n’aurait pas encore été présenté devant la justice.
Selon un communiqué de l’ONG de la défense des droits de l’homme la Voix des Sans Voix,
avant son transfert à Kinshasa, cet officier aurait plutôt été placé en résidence surveillée à
Lubumbashi. Le communiqué de l’ONG rendu public dimanche 18 octobre indique en plus
que le colonel Bofate serait poursuivi pour conspiration contre le régime en place.
Information non confirmée par des sources officielles du pays.
Entre-temps, sa résidence à Kinshasa aurait été fouillée par des éléments de la Garde
républicaine et une vingtaine d’appareils de communication ainsi que 3 ordinateurs auraient
été saisis à l’issue de cette fouille.
Le colonel Floribert Bofate est officier de la Garde républicaine depuis l’époque de Mzee
Kabila. Et c’est depuis près des six que son siège a été placé à Lubumbashi, au Katanga.
Le Représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations Unies en RDC s’en va. Son
mandat arrive à sa fin. « Je pars avec optimisme», a-t-il déclaré vendredi lors de ses adieux au
personnel de la Monuc à Goma. D’après Ross Mountain, le progrès est en train de se dessiner
et le Congo redresse progressivement la situation et ce, en dépit de différents troubles.
Après cinq années passées à la mission onusienne, le numéro deux de la Monuc a tenu à faire
ses adieux aux staffs nationaux et internationaux de la Monuc et aux autorités provinciales.
Ross Mountain dresse le bilan de sa mission en ces termes : « Le Congo est en train de se
redresser, en dépit de tout problème. Si on regarde en arrière, d’où l’on est venu, je crois que
c’est impressionnant le progrès qui se fait. Je suis maintenant en train de partir. C’est
important de voir le progrès que le pays a réalisé ». Ce progrès, renchérit-il, se fait avec
l’appui des Nations Unies et de la communauté internationale, même s’il est du peuple
congolais.
Ross Mountain rappelle qu’une des plus grandes opérations humanitaires a été montée à l’Est
de la RDC, avec pas mal de réussite. Toutefois, il reconnaît qu’il y a encore beaucoup de
déplacés qui ont besoin d’être soutenus tout comme il y a beaucoup de gens qui rentrent chez
eux. Pour reprendre une vie normale. Enfin, M. Mountain se dit fier du travail abattu par des
ONG partenaires et des agences humanitaires.
- Kivu
Des coups de feu ont retenti dans la nuit de samedi et se sont poursuivis jusque dimanche
matin à Chivanga, dans le parc national de Kahuzi-Biega, en territoire de Kabare, au Sud-
Kivu. Des sources contactées ont rapporté qu’il s’agissait des soldats FARDC déployés dans
le cadre des opérations Kimia 2 qui manifestaient leur mécontentement pour une partie de la
solde qu’ils n’auraient pas perçue.
Avant sa reprise par les FARDC, la localité de Ntoto était devenue l’un des bastions des
combattants FDLR au Nord Kivu. Le bilan complet des affrontements de samedi n’est pas
connu, selon le porte-parole adjoint des opérations Kimia II au Nord Kivu, le Capitaine César
Alimasi. « Nos forces armées ont repris la localité de Ntoto. Il y a également Kinyumba et
tous ces secteurs de Nyabiondo qui ont été repris aux éléments réfractaires au brassage du
groupe armé APCLS. Plusieurs combattants FDLR ont été tués, d’autres capturés. D’autres
encore se sont volatilisés dans la nature. Nous allons vous donner le bilan en termes chiffrés
d’ici mardi parce qu’il faut comptabiliser tous les morts. Nous allons aussi vous donner le
bilan coté FARDC. Mais déjà, vous devez savoir que nous n’avons pas connu des pertes en
vies humaines, il y a seulement quelques blessés. Le commandant des opérations Kimia II au
Nord Kivu, Bobo Kakudji, appelle le chef de groupement de Waloa-Uroba de regagner son
fief. Nous demandons aussi à la population de Waloa-Uroba de regagner son territoire », a-t-il
déclaré.
Devant cette présence très renforcée des militaires FARDC ces derniers temps, les habitants
craignaient pour leur sécurité en cas d’une offensive militaire dans leur zone. À l’approche
des combats de samedi, beaucoup d’entre eux avaient déjà déserté cette zone. Des attaques
ont été simultanément menées par les éléments FDLR dans quatre villages de ce groupement
Waloa Uroba, dans la nuit du 15 au septembre. Le bilan, établi par les FARDC, faisait état de
4 combattants tués. Le commandant des opérations Kimia II au Nord Kivu avait indiqué
qu’après leur forfait, les assaillants s’étaient retirés dans la forêt de Ntoto, à une centaine de
kilomètres de Kando. Avec le démantèlement de ce bastion des FDLR, les populations
espèrent pouvoir retourner à leurs activités quotidiennes.
La société du Sud Kivu a écrit au président Joseph Kabila en rapport avec la dégradation de la
situation sécuritaire de la province. Dans un mémorandum daté du 13 octobre, elle estime,
après analyses et observations des faits, que le contexte sociopolitique et sécuritaire demeure
nuageux et ne présage aucun avenir rassurant à court terme pour l’amélioration de la situation
sécuritaire et du bien-être de la population.
Faisant l’inventaire des cas d’insécurité enregistrés, rien que depuis le début du mois
d’octobre, la société civile du Sud-Kivu dresse un tableau sombre. Elle attribue tous ces
méfaits, entre autres, à l’échec du processus de désarmement et d’intégration des groupes
armés, l’ambiguïté sur les objectifs réels des opérations Kimia II, la problématique de la
configuration des unités impliquées dans ces opérations et leurs effets collatéraux.
L'inquiétude de cette société civile vient s'ajouter à celle de l'assemblée provinciale. Celle-ci a
interpellé à ce sujet, le 15 octobre, le ministre provincial de l'intérieur du Sud-Kivu, Georges
Shanyungu. Ce dernier a reconnu l’insécurité dans la ville de Bukavu et l’attribue aux bandits,
démobilisés et autres fumeurs de chanvre. « S’agissant du bilan des opérations Kimia II à
l’heure actuelle, nous nous abstenons de donner un bilan quelconque. Le gouvernement
provincial n’en est pas le commanditaire », s’est défendu M. Shanyungu. Ce qui a motivé la
décision de l'assemblée provinciale du Sud-Kivu d'envoyer une délégation des 7 députés à
Kinshasa pour y rencontrer les autorités nationales sur cette question d'insécurité.
L'ONU a lancé mardi un cri d'alarme face à la "folie" des viols commis par les belligérants en
RDC, dénonçant son utilisation comme "arme de guerre" dans le conflit.
"Encore une fois, nous dénonçons les violations des droits de l'homme par les parties
belligérantes au Congo, il semble que cette folie du viol continue", a expliqué lors d'un point
de presse la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU
(OCHA), Elisabeth Byrs.
Face à la recrudescence des violences, les Nations Unies ont appelé à arrêter l'utilisation du
viol comme une "arme de guerre", a ajouté Mme Byrs. "Nous demandons que les coupables
soient traduits en justice. Le 5 octobre, à Bunyakiri (Sud-Kivu, est de la RDC), cinq femmes
ont été violées par, on pense, des membres de l'armée nationale, et une femme a été tuée", a-t-
elle encore raconté.
Au moins 5.387 cas de viols de femmes ont été rapportés dans la province du Sud-Kivu au
cours des seuls six premiers mois de l'année, dont environ 90 % ont été supposément commis
par des groupes armés ou des forces régulières, selon l'ONU.
La Structure militaire d’intégration (SMI) procède au contrôle biométrique des éléments issus
des groupes armés au centre de Luberizi, dans le territoire d’Uvira. Commencée samedi sous
supervision et l'appui de l'Eusec, l'opération va durer une semaine.
1.735 éléments ex-combattants Mai-Mai que compte actuellement le centre de Luberizi, sont
concernés par cette identification biométrique. Depuis samedi, au moins deux cents éléments
sont identifiés chaque jour, a déclaré le colonel Claude François, chef de la délégation Eusec à
Luberizi. Et les éléments identifiés sont automatiquement considérés comme militaires des
Forces armées de la RDC (FARDC) après une formation d’au moins trois mois dans ce
centre, a affirmé pour sa part le colonel Mondonga, commandant du centre de Luberizi. Selon
un autre officier FARDC, la plupart des ex-combattants identifiés jusque-là portent des galons
d'officiers supérieurs. Il ne sera donc pas facile, d'après cet officier, pour la SMI (Structure
militaire d'intégration) de confirmer ou de rejeter ces galons.
De plus en plus d’attaques contre les humanitaires sont signalées ces dernières semaines au
Nord Kivu, rendant encore plus difficile la distribution de l’aide nécessaire pour la survie des
nécessiteux. Cette situation a été dénoncée mardi dans un communiqué du Bureau de
coordination des affaires humanitaires des Nations unies, Ocha.
« En diminuant notre accès aux endroits touchés, ceux qui en sont responsables contribuent à
la souffrance des millions de personnes vulnérables. Malheureusement, ils ne sont presque
jamais traduits en justice », a déclaré John Holmes, secrétaire général adjoint aux affaires
humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence.
Les attaques contre les humanitaires, tels que meurtres, enlèvements, ainsi que les vols de
véhicules et d’autres biens, ont augmenté drastiquement au Nord Kivu, indique le même
communiqué. De janvier 2009 à nos jours, un total de 108 attaques contre les humanitaires a
été enregistré dans la province, contre 105 attaques durant toute l’année 2008. La tendance a
augmenté ces dernières semaines, avec sept incidents signalés la semaine passée dans les
territoires de Lubero, Masisi, Rutshuru et Walikale, selon le même communiqué. La plupart
des attaques ont lieu sur les routes, loin des zones de combat, d’où la difficulté pour les
humanitaires de les éviter.
Sur les 105 attaques contre les humanitaires signalées en 2008, moins de dix ont fait l’objet
d’enquêtes formelles de la police. Moins d’attaques encore ont abouti à des actions
judiciaires, précise le communiqué.
La province de Nord Kivu héberge actuellement près de 980 000 personnes déplacées
internes, plus que n’importe quelle autre province de la RDC. Malgré l’insécurité persistante
qui a conduit à la mort de sept humanitaires de janvier 2008 à ce jour, les agences des Nations
unies et plus de 70 organisations non gouvernementales opèrent dans cette province. Elles
distribuent de l’aide estimée à plus de 250 million$ US sur la base de besoins humanitaires.
On estime que les acteurs humanitaires opérant dans la province sont capables, à ce jour,
d’aider au moins 70% des bénéficiaires ciblés, souligne le communiqué d’Ocha.
Yakutumba, le chef de l’ex-groupe Mai-Mai portant son nom et ses hommes ont
effectivement et officiellement intégré l’armée nationale congolaise, les FARDC. Cette
intégration a eu lieu ce mercredi à Baraka, Sud-Kivu, où se trouve son fief.
La nouvelle a été annoncée par le porte-parole des opérations Kimia 2, le capitaine Olivier
Muhima, et confirmée par Joseph Assanda, le porte-parole de cet ex-groupe armé. Le colonel
Delphin Kahimbi, commandant des opérations Kimia 2 au Sud-Kivu s'est rendu sur les lieux
pour la circonstance. Par cette intégration au sein des FARDC, le groupe Yakutumba
s’engage de ce fait dans les opérations militaires contre les FDLR.
Toutefois, d'après lui, l’intégration de ce mercredi au sein des FARDC concerne une centaine
d’éléments qui sont avec lui à Baraka. Ceux-ci vont rejoindre le camp de regroupement dès ce
mercredi, cela en plus d’une brigade déjà intégrée les jours passés au camp de regroupement
de Wamaza dans le Maniema. Quant à lui-même, il a déclaré pouvoir attendre encore que tous
ses éléments se trouvant dans des milieux plus éloignés, comme Kilembwe, le Nord Katanga
et Kabambare dans le Maniema, soient tous intégrés. Et c’est alors qu’il clôturera le processus
avec son état-major.
Cette cérémonie a marqué la clôture officielle de ces opérations qui avaient été lancées depuis
le 14 avril 2009. Bilan : 531 armes et 19 314 cartouches provenant de Kalehe, de Kabare,
d'Uvira, de Baraka, de Luberizi et de Fizi. Parmi les armes remises aux FARDC, 156 ont été
trouvées entre les mains des populations civiles dans la plaine de la Ruzizi par une patrouille
de la brigade militaire de la Monuc Sud Kivu.
Des officiels civils et militaires congolais du Sud-Kivu ainsi que ceux de la Monuc étaient
présents à la cérémonie. La DDR Monuc s'est dit satisfaite de l'opération. Son responsable,
Charles Fotso a exprimé sa joie : « Le désengagement et le désarmement ont été à un certain
moment de notre mandat le maître mot de notre opération au Congo. Et quand nous faisons ce
bilan, je pense qu’il y a lieu de s’en féliciter. A côté de ces armes que nous avons récupérées
aux ex-combattants Mai-Mai, il y a une autre catégorie d'armes récupérées auprès de groupes
armés étrangers qui opèrent sur le sol congolais. Cette dernière catégorie fera l’objet d’une
destruction, quelle qu’ en soit la nature. [...] Il convient de dire que la paix et la quiétude de la
population semblent le maître mot de toutes nos opérations. »
Il faut préciser que les opérations de désengagement et d'intégration des groupes armés ont
pris fin depuis le mois de juillet dernier. Au moment de la clôture officielle de ces opérations,
plus de 3 000 combattants sont passés par le processus d’intégration dans différents centres de
regroupement, à Kalehe, Luberizi, Baraka et Fizi.
- Province Orientale
Plus de cinq villages compris entre 13 et 48 kilomètres sur la route d'Opienge sont désertés de
leurs habitants depuis le mois de juin dernier. Le mouvement se poursuit, et selon des
témoignages, les habitants de la contrée craignent les tracasseries militaires.
Contacté, les commandant du 908è bataillon de Bafwasende, le colonel Alain Ilunga confirme
les faits. Il promet de convoquer le commandant des opérations d’Opienge pour mettre fin à
cette situation qui n’honore pas la dignité des FARDC, a-t-il indiqué.
Vie politique…
(RDC_15) Radio Okapi – 19/10
Le district du Bas-Uelé avait deux postes. Ses deux anciens ministres ont été remplacés. Le
district du Haut-Uelé a perdu un poste sur les trois qu’il comptait. L'un des anciens ministres
est resté en fonction, deux autres ministres ont quitté le gouvernement.
Le district de la Tshopo qui comptait deux postes s’est vu ajouter un nouveau poste. Un
ministre est conservé, deux sont sortants et deux nouveaux ont rejoint le gouvernement.
Parmi les nouvelles figures entrantes, Le député Faustin Lokinda se voit confier la charge du
ministère de l’Agriculture et du développement rural.
En termes de genre, une seule femme reste sur les deux que comptait le gouvernement
provincial. Dr Angèle Uvon Akumu est maintenue à la tête du ministère de la santé publique,
affaires sociales et solidarité humanitaire.
La commission électorale indépendante (CEI) a rendu public, lundi, la liste provisoire des
candidats à l’élection du gouverneur de l’Equateur.
Sur les cinq candidatures déclarées recevables, quatre sont des candidats indépendants : Jean
Claude Bahende (vice gouverneur sortant), Gabriel Bolenge Bopondo, Michel Bongongo
Ikoli Ndombo et José Ngbanda Mananga. Un seul candidat est issu d’un parti politique : le
député MLC Jean Lucien Busa. À partir de mardi, un délai de trois jours est accordé pour le
recours en contestation de cette liste devant la cour d’appel de Mbandaka. Et la liste définitive
sera publiée le 29 octobre, a indiqué le rapporteur de la CEI, Dieudonné Mirimo.
Julien Paluku, Gouverneur du Nord Kivu, a remanié son gouvernement. Ce remaniement est
intervenu lundi soir, mais l’arrêté du gouverneur est rendu public ce mardi matin sur la radio
officielle à Goma. Pour l’essentiel de l’arrêté, Julien Paluku nomme trois nouveaux ministres
provinciaux dont deux femmes.
Une commission d’enquête va être mise en place à l’Assemblée nationale pour voir clair dans
l’exécution des projets et programmes financés avec l’apport des partenaires extérieurs,
notamment dans le cadre du DSCRP (Document stratégique pour la croissance et la réduction
de la pauvreté).
À ce sujet, une question orale a été adressée mercredi au ministre du Plan, Olivier Kamitatu
sur la multiplicité et le piétinement du programme de la reconstruction nationale. Pour
l’initiateur de cette question orale à l’Assemblée nationale, le député Jean Bamanisa, les
résultats de l’application de tous ces programmes ne sont pas visibles.
Il sied de rappeler ici qu'en juin dernier, le gouvernement congolais avait organisé un forum
de haut niveau avec plusieurs donateurs sur l’efficacité de l’aide. L’objectif de ce forum était
d’améliorer l’apport des partenaires dans les projets de développement en RDC. Il s’était
avéré, selon le gouvernement congolais, que 80 % de ces apports se concentraient sur
l’humanitaire alors que le pays se trouvait dans une phase de reconstruction.
De leur côté, les donateurs avaient souhaité que les autorités congolaises améliorent la
coordination de l’aide extérieure, en allégeant notamment les procédures administratives dans
les ministères. Les partenaires de la RDC estimaient aussi que les dirigeants congolais
devaient s’investir de plus en plus dans la bonne gouvernance et la transparence pour éviter la
dissipation de l’aide au développement dans un pays encore fragile.
Par ailleurs, faisant le bilan des cinq du PNMLS dans la lutte contre le VIH/Sida, un membre
de la coordination de ce programme avait déploré que beaucoup de partenaires opérationnels
affectaient à autre chose des fonds alloués à cette lutte.
Mercredi, une motion de défiance contre Joseph Bangakya a été déposée au bureau de
l’assemblée provinciale. Cette motion de défiance était consécutive à sa réplique au terme de
l’interpellation d’un député provincial. Ce dernier lui reprochait d'avoir détourné des deniers
publics dans une affaire d’achat d’engins de génie civil au profit du gouvernement provincial.
Lire les explications de l’intéressé sous :
[Link]
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r=qst
Le concours de recrutement des magistrats civils et militaires en RDC qui a démarré samedi
dernier se clôture ce lundi. Sur les 13 000 candidats qui y prennent part sur l'ensemble du
pays, seulement 1 000 seront embauchés par palier de 500 pour 2010 et 500 autres pour 2011.
Tout en saluant l'initiative et la prise en charge de ce concours par le gouvernement, des ONG
de défense des droits l'homme expriment leur crainte de voir ce concours être vicié par la
corruption et les pressions politiques au détriment des candidats plus méritants.
L'Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO) est parmi ces
organisations qui apprécient la prise en charge de ce concours par le gouvernement. Mais en
même temps, elle craint que l’absence d’autres partenaires dans l’organisation de ce
recrutement ne puisse favoriser des cas de corruption et autre favoritisme. Jean-Claude
Katende responsable de cette organisation s’est exprimé en ces termes : « C’est une bonne
chose que le gouvernement puisse démontrer qu’il peut se passer de l’assistance des bailleurs
internationaux pour faire en sorte que le travail soit fait avec les moyens locaux. C’est
quelque chose qu’il faut encourager par ce que la magistrature fait partie de la souveraineté
d’un Etat. La deuxième chose c’est une inquiétude, on sait comment la sélection, le
recrutement des mandataires de l’Etat s’était passé. Aujourd’hui, par manque d’implication de
la société civile mais aussi par manque d’une certaine assistance des bailleurs, nous craignons
que les gens qui méritent ne puissent pas avoir la chance d’être retenus suite à la situation de
corruption et certaines recommandations. »
Emmanuel Umpula directeur exécutif de l’organisation Action contre l’impunité pour les
droits de l’homme (ACIDH), une autre ONG locale, exprime la même appréhension: : « En
collaboration avec nos partenaires, nous avons mené une enquête en 2006 sur le
fonctionnement de la justice en RDC. Parmi les causes du dysfonctionnement de la justice
figure le manque de magistrats à certain endroit dans notre pays. Ainsi nous pensons que
comme le, gouvernement vient d’organiser ce test pour répondre à ce besoin-là, on a souhaité
que ce test se passe dans une transparence de sorte que les magistrats qui seront retenus soient
à la hauteur de leur travail. »
Face à ces inquiétudes, le ministre de la Justice, Bambi Luzolo rassure et affirme que le
gouvernement veille à la transparence de ce concours, tout en mettant en garde les
récipiendaires contre la tricherie et la corruption au risque de se retrouver en prison dans le
cadre de la tolérance zéro. Le ministre de la Justice a aussi relevé que la volonté du
gouvernement est de promouvoir une magistrature indépendante. " Un magistrat ne peut pas
être indépendant s’il le devient par un concours qu’il a réussi par corruption, par le
favoritisme, par la fraude ou par les recommandations politiques essentiellement. Le
gouvernement a pris des mesures afin que le concours se déroule normalement et le
gouvernement veuille sur ça. Mille jeunes congolais seront embauchés dans le cadre de la
magistrature pour redresser le pays, car les dégâts causés par les antivaleurs sont énormes", a-
t-il souligné.
De son côté, l’Intersyndicale des magistrats du Congo pense que le nombre de magistrats
actuellement recrutés n’est pas suffisant vu l’étendue du pays. Il souhaite voir le
gouvernement disposer des moyens nécessaires pour la formation de plusieurs magistrats au
fur et à mesure. Le Conseil supérieur de la magistrature estime qu’il faut 2 500 magistrats.
D'après cette institution, les 1 000 magistrats qui seront embauchés à l'issue de ce concours ne
représenteront qu'environ 40 % des besoins.
Le président de l’ONG « Paix sur terre », Firmin Yangambi, et ses coaccusés ont été présentés
aux juges de la cour militaire de la Gombe, ce mercredi à Kinshasa. Ils sont poursuivis pour
détention illégale d’armes de guerre et de tentative de mouvement insurrectionnel. L’audience
a été remise à mercredi 28 octobre à la demande du ministère public. Les avocats des
prévenus ont exigé la liberté provisoire de leurs clients.
Quatre prévenus ont comparu devant la cour militaire de la Gombe. Il s'agit de Firmin
Yangambi, le colonel Elia Lokundu, Jean Olangi et Eric Kikunda. Dans leurs plaidoiries, les
avocats de ces 4 prévenus ont évoqué plusieurs préalables à l’audience. Il s’agit notamment
de la saisine de la cour militaire ou la décision de renvoi. Selon la défense, la requête faite par
l'auditorat supérieur militaire pour transférer les prévenus devant cette juridiction est entachée
d'irrégularité. Il s’agit d’un vice de procédure judiciaire. Une autre irrégularité relevée par la
défense est liée à la détention de Firmin Yangambi et ses coaccusés. A ce sujet, la défense a
dénoncé la non-assistance judiciaire des prévenus et les tortures qu’ils ont subies. Certains
d’entre eux ont même été mordus dans les locaux des services spéciaux de la police à
Kinshasa, ont révélé les avocats de la défense. Toujours d’après la défense, les procès-
verbaux d’audition établis pour les prévenus sont nuls parce qu’ils ne sont pas datés.
Confusions et obscurités parsèment le dossier, ont martelé les avocats.
« Comment expliquer que Firmin Yangambi, déjà entendu par l’officier du ministère public à
Kisangani, doit être encore entendu par un officier de police judiciaire à Kinshasa ? Où sont
passés les objets personnels des prévenus tels que téléphones cellulaires, montres et bijoux de
valeur qu’ils portaient sur eux au moment de leur arrestation? », autant des questions
soulevées par la défense. Par voie de conséquence, elle a demandé à la cour de se déclarer non
saisie de la cause et d’accorder, par le fait même, la liberté provisoire aux prévenus.
Le ministère public a demandé le report de l’audience au 28 octobre, pour s’imprégner des
préalables soulevés par la défense.
Cette version de faits est contestée par certains activistes de droits de l’homme qui évoquent
plutôt son enlèvement et son transfert à Kinshasa. C’est le cas du groupe Lotus, une ONG de
défense des droits de l’homme. Dans un communiqué publié le 2 octobre à Kisangani, le
groupe Lotus soutient que Firmin Yangambi a été interpellé à Kisangani le 27 septembre et
non pas le 23 septembre comme l’a avancé le ministre Mende.
Le même document indique que Firmin Yangambi, accompagné de son frère Blaise ont été
interpellés par des policiers à bord de deux jeeps, au niveau de la 7ème avenue, rond-point
Comboni, quartier plateau Boyoma, commune Makiso à Kisangani. Ils ont été conduits à la
direction provinciale de l’Agence nationale de renseignement où ils ont été gardés jusqu’à
l’annonce de l’arrestation et du transfert de Me Firmin Yangambi à Kinshasa par le ministre
de la Communication et des Medias, rapporte la même source. Blaise Yangambi, le frère de
l’accusé, a été libéré le 30 septembre à Kisangani, selon le communiqué du groupe Lotus. Le
même jour, les éléments de la justice militaire ont effectué une perquisition au domicile de
Firmin Yangambi. Aucune arme, aucun effet militaire n’ont été trouvés, précise le
communiqué.
Toutefois, jeudi à 15 heures (heure de Kinshasa), Emile Ngoy, et son collaborateur ont été
libérés sous caution. Cependant, les juges du tribunal de grande instance de la Gombe qui ont
ordonné cette mise en liberté provisoire restent en prison
Les avocats de la famille Ngezayo ont cité des personnes impliquées dans ce dossier, lors
d’un point de presse tenu jeudi Kinshasa. L’avocat belge Bernard Maingain a notamment fait
entendre les propos d'un témoin direct qui a assisté à la planification de cet assassinat.
« Je voudrais faire l’état de l’avancement du dossier, montrer qu’à partir de maintenant nous
avons un certain nombre de témoins qui de façon constante et concordante révèlent les
conditions dans lesquelles cet assassinat a eu lieu » a déclaré l’avocat Maingain. Il a demandé
des enquêtes pouvant permettre de mener ce procès jusqu’à son terme. Et d’ajouter : « C’est
dans ces conditions que nous avons aussi à faire entendre le témoin Alex, nous l’avons appelé
"Alex" pour des raisons de sécurité, témoin direct qui a raconté le récit des conditions
d’organisation et de préparation de cet assassinat. » Selon lui, ce témoin a notamment exposé
dans quelles conditions des personnes sur place « liées à un homme d’affaires qui gère un
hôtel qui s’appelle M. Musangania avec son beau-frère un certain Mundos, ont commandité
l’ensemble cette opération. Il a été jusqu’à citer M. Paluku qui est le gouverneur de la
province du Nord Kivu.»
Pour sa part, le gouverneur Julien Paluku trouve très graves ces affirmations faites à partir de
Kinshasa. Il rappelle que c'est lui qui a institué une commission pour faire toute la lumière sur
l'assassinat d'Albert Prigogine. Au moment où cette commission, selon lui, cherche tous les
éléments nécessaires pour donner la lumière à ce sujet, « les avocats (de Prigogine) tombent
sur certains éléments. Nous pensons qu’il est bon que l’on puisse les verser au niveau de la
commission qui a été instituée. D’ailleurs, je voudrais révéler à l’opinion que nous sommes
tombé sur un militaire à Goma qui est en train d’être forcé par la famille de Ngezayo pour
qu’il puisse citer les noms des autorités. Nous demandons humblement à la famille Ngezayo,
si elle est tombée sur des éléments probants, de les verser au niveau de la commission qui
avait été instituée pour qu’on puisse instruire librement le dossier et qu’il puisse arriver à
bonne fin.»
L'électricité a été coupée dans la salle du Grand Hôtel Kinshasa où devait se tenir le point de
presse de la famille Ngezayo, signale-t-on. Le personnel de cet hôtel a même demandé aux
journalistes de quitter la salle sans autre forme d'explication.
Économie, Finances…
Columbia Law School professor Peter Rosenblum played a part in the Congo mining review,
but decided to resign from it.
The diamond industry's Kimberley Process is failing due to a lack of accountability and
follow-up, paving the way for an illegal trade that could see a return of conflict stones to
world markets, campaigners said.
The report, published by Partnership Africa Canada (PAC) this week, highlights, among other
examples, the case of Democratic Republic of Congo, the world's second largest producer of
diamonds by volume. From 1998 to 2003, dozens of armed groups, rebel movements, and
armies from neighbouring countries fought over the vast central African nation, in a conflict
fuelled by the pillage of natural resources, including timber, gold, and diamonds.
"The case of Congo is absolutely emblematic of the problems plaguing the Kimberley
Process," said Elly Harrowell, a campaigner with conflict resource watchdog group Global
Witness. "This has been going on for some time, and no action has been taken," she said.
Deputy Mines Minister Victor Kasongo said Congo remains in compliance with the
Kimberley Process. "If the issue is a big issue, all the members pressure other members. If the
system in place shows shortcomings, the peer countries must raise those issues," he said at the
weekend.
In Congo, where armed groups continue to finance themselves through more profitable tin
and gold trading, campaigners say that could potentially change, and the Kimberley Process is
ill-prepared to cope. "Diamonds could very quickly again be at the centre of a very major
problem," Ian Smillie, co-author of an annual review of the industry, said. "It's not impossible
to self-correct, and, until they feel enough heat, they won't do anything. But leaving it to
continue like this is a mockery.
A court in Congo rejected on Wednesday a request by First Quantum Minerals to drop legal
action against the government and state agencies over the cancellation of one of its copper
and cobalt mining projects.
Democratic Republic of Congo cancelled the Canadian miner's $500 million Kingamyambo
Musonoi Tailings (KMT) project in August as part of a government review of 61 mining
deals. On Aug. 26 and Sept. 3, KMT and Congo Minerals Development (CMD), a wholly
owned subsidiary of First Quantum, filed three suits against Congo, state miner Gecamines
and the mining regulatory agency, CAMI. However, on Wednesday, lawyers for KMT and
CMD told a court in the capital Kinshasa that the companies no longer wished to pursue the
case but were being forced by the defendants to continue.
"They've insisted that KMT and CMD summon Congo, CAMI, and Gecamines. Why? In
whose interest? It's no longer in our interest. So why do they keep pushing this?" said Patrick
Moninga, a lawyer for the plaintiff company. Under Congolese law, both the plaintiff and
defendant must agree to drop a civil case. "When you come before the court, you come to
defend your request, not to run away from it," Nghenda Lukombe, a lawyer for Gecamines
and CAMI, told the court. "It's in our interest that the trial continues. We haven't come before
the court to play. We're here to defend ourselves, and we want to defend ourselves," he said.
Many analysts expect First Quantum to bring the case before international arbitration in order
to defend its investment, while Congo would prefer to have the matter decided in its own
court system.
"First Quantum are less inclined to pursue their chances in a Congolese court and will prefer
to go to international arbitration. But it remains to be seen what impact these Congolese court
wrangles will have on that prospect," said Gregory Mthembu-Salter, central Africa specialist
with the Economist Intelligence Unit.
Relations extérieures
A burgeoning humanitarian crisis among the tens of thousands of people expelled by the
Democratic Republic of Congo (DRC) to neighbouring Angola is beginning to unfold.
"The fears of a humanitarian emergency and the needs of the people have been confirmed,"
said the UN Refugee Agency (UNHCR) representative, Bohdan Nahajlo, after an assessment
visit to the affected region in northern Angola. The most urgent needs of the expelled are
shelter, food, medicine and sanitation facilities.
Tit-for-tat expulsions since August 2009 by the governments of Angola and DRC have led to
more than 32,000 Angolans being repatriated to Angola, and about 18,800 Congolese
nationals being deported from Angola. Following talks on 13 October in the DRC capital,
Kinshasa, both countries agreed to "immediately stop the expulsions of citizens of their
respective states".
Les villages Kata Kangu et Mbata Yema, dans le territoire de Tshela situé à plus de 200
Kilomètres à l’ouest de Matadi sont vidés de leurs habitants depuis le samedi 17 octobre
dernier. Ces villageois ont fui l’incursion des militaires de l’armée angolaise dans leur
contrée, selon un responsable de l’Union des associations paysannes pour le développement
endogène et communautaire, UNAPADEC.
« Morgan Tsvangirai est venu voir Joseph Kabila en tant que président de la SADC pour
l'informer de la situation qui prévaut au Zimbabwe et solliciter son implication pour une
solution adéquate », a affirmé l'Ambassadeur itinérant de Joseph Kabila, Séraphin Ngwej. Le
président congolais, selon Ngwej, à propos « de se rendre dans les tous prochains jours à
Harare, avec son homologue mozambicain », Armando Guebuza, qui préside l'organe de
sécurité de la SADC, sans préciser le jour. « Ils vont évaluer la situation sur place et trouver
des voies et moyens pour (juguler) la crise zimbabwéenne », a-t-il renchéri.
M. Tsvangirai a entamé une tournée en Afrique australe après avoir boycotté le gouvernement
d'union nationale pour de nombreuses discordes et gelé les relations avec le camp du
président Mugabe qu'il juge « indigne de confiance. » Mercredi, il a rencontré le président
sud-africain, Jacob Zuma, qui a exprimé son inquiétude de voir le Zimbabwe «retomber dans
l'instabilité.» Morgan Tsvangirai devrait poursuivre sa tournée en Angola, selon l’AFP.
Des hauts responsables du gouvernement congolais ont affirmé n’avoir pas reçu de rapport
sur une quelconque incursion des soldats angolais dans la province du Bas Congo, promettant
toutefois de vérifier cette information. « Il y a tellement des rumeurs qui circulent dans ce
pays. Nous devons d’abord vérifier les faits sur terrain », a notamment avancé l’un de ces
hauts responsables qui a souhaité ne pas être cités.
Pour rappel, les villages Kata Kangu et Mbata Yema, dans le territoire de Tshela situé à plus
de 200 Kilomètres à l’ouest de Matadi sont vidés de leurs habitants depuis le samedi 17
octobre dernier. Ces villageois ont fui l’incursion des militaires de l’armée angolaise dans leur
contrée, selon des témoignages recueillis sur place. Ces militaires ont affirmé aux villageois
qu’ils étaient à la recherche des maquisards du Front de libération de l'enclave de Cabinda,
FLEC, un mouvement rebelle angolais.
RWANDA
Un prêtre rwandais d'origine hutu, accusé d'avoir participé en 1994 au génocide perpétré dans
son pays contre les Tutsis, a été arrêté mardi en Toscane, dans le centre de l'Italie, en vertu
d'un mandat d'arrêt international, a indiqué l'agence Ansa.
Don Emmanuel Uwayezu, 47 ans, ordonné prêtre en 1989 et vivant en Italie depuis plus de 15
ans, était l'adjoint du prêtre de Ponzano, dans la municipalité de Empoli, à une vingtaine de
kilomètres de Florence, selon la même source. Il a été arrêté par les carabiniers de Florence en
exécution d'un mandat d'arrêt émis par la justice rwandaise et transmis à Interpol, précise
Ansa.
Le prêtre catholique est accusé par l'ONG African Rights, basée à Londres, d'être impliqué
dans le massacre le 7 mai 1994 "de plus de 80 jeunes élèves, âgés de 12 à 20 ans" qui
étudiaient au groupe scolaire Marie merci de Kibeho dont il était le directeur.
Selon l'ONG, "un grand nombre de miliciens brandissant machettes et poignards ont encerclé
les étudiants, dont la plupart se trouvaient dans le réfectoire". "Le Père Uwayezu était là. Les
gendarmes qu'il avait postés là" pour assurer la sécurité des élèves "ont tiré en l'air au lieu de
disperser les attaquants. Le massacre a aussitôt commencé. Excepté une poignée de
survivants, la plupart des étudiants du collège périrent, tués par les fusils et les grenades des
gendarmes ou par les lances, les haches et machettes des miliciens", a accusé l'ONG.
Le prêtre s'est défendu affirmant "être le premier à vouloir l'ouverture d'un procès sur cette
affaire afin d'établir la réalité des faits", selon Ansa. "Je n'ai pris part à aucun génocide. Au
contraire, l'évêque et moi avons tenté, sans succès, de sauver les jeunes massacrés par les
miliciens", a-t-il dit, selon la même source.
Un autre prêtre catholique, qui exerçait sous un faux nom dans une paroisse de Florence,
l'abbé Athanase Seromba, a été condamné à la prison à vie par le Tribunal pénal international
pour le Rwanda (TPIR).
(RWA_2) – 24/10
Un médecin rwandais exerçant à l'hôpital de Maubeuge, mais résidant en Belgique et visé par
un avis de recherche d'Interpol pour son implication présumée dans le génocide des Tutsis en
1994, s'est dit victime d'une "cabale du pouvoir rwandais", dans un entretien samedi avec
l'AFP.
Eugène Rwamucyo, 50 ans, est notamment accusé d'avoir participé à des réunions de
responsables génocidaires à Butare (sud du Rwanda) en 1994, dont l'une sous l'égide du
Premier ministre de l'époque, Jean Kambanda, condamné à la perpétuité par le Tribunal pénal
international pour le Rwanda (TPIR). "C'est une cabale du pouvoir rwandais et du FPR (Front
patriotique rwandais au pouvoir, ndlr) qui est à mes trousses depuis quinze ans", a-t-il dit
samedi dans le cabinet de son avocat lillois, Me Emmanuel Riglaire.
Les accusations pesant à son encontre seraient dues à un "faux document" attribué au Haut
commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme. "On veut faire croire que tous les
Hutus de l'époque ne pensaient qu'à tuer du Tutsi, du moment qu'ils avaient quelque
responsabilité", a-t-il plaidé. Le médecin est également accusé d'avoir pris part, en tant que
responsable du service de la médecine du travail du centre universitaire de santé publique de
Butare, à une réunion en mai 1994 à la faculté de médecine de la ville au cours de laquelle il
aurait appelé les Hutus à "travailler pour gagner la guerre". "Travailler ne veut pas dire tuer.
Je continue à crier que je n'ai pas du tout participé aux réunions de génocidaires ni de
criminels, ou ceux qu'il (le pouvoir rwandais) voudrait définir comme tels", a-t-il martelé.
Eugène Rwamucyo, entendu par un procureur du TPIR en 1995 à Abidjan, s'est dit disposé à
répondre aux magistrats dans le cadre de l'information judiciaire ouverte par le parquet de
Paris contre lui en février 2008. "Le magistrat instructeur n'a jamais jugé utile de me
convoquer. Il n'y a rien contre moi", a-t-il insisté.
Le médecin réside en Belgique avec son épouse et ses enfants de nationalité belge. La
Belgique lui a accordé un permis de séjour de cinq ans au nom du regroupement familial,
l'Office des étrangers estimant qu'"il n'y a là rien d'illégal". Les soupçons pesant sur lui ont été
rendus publics mi-octobre par une infirmière de l'hôpital de Maubeuge qui avait tapé son nom
sur internet après la formulation par le médecin "de remarques déplacées sur son
embonpoint". L'hôpital l'a suspendu depuis.
M. Rwamucyo a obtenu un permis de séjour en janvier 2006 avec l'appui du député UMP du
Nord Thierry Lazzaro, qui a reconnu des "interventions en haut lieu". Selon le site internet
[Link], l'affaire serait remontée jusqu'à Claude Guéant, alors directeur du cabinet de
Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur. "Il y a un fantasme autour de ces prétendus
soutiens. Nous ignorons tout des requêtes engagées par M. Lazzaro", a affirmé Me Riglaire.
Relations extérieures
Au cours de sa visite de trois jours à Kigali, Mme Migiro s'est entretenue avec le président
Paul Kagame et la ministre des Affaires étrangères, Rosemary Museminali, évoquant
notamment la présence des Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) en RDC.
Le chef de la diplomatie rwandaise a enfin assuré que "le Rwanda est toujours disposé à
travailler avec le gouvernement de la RDC".