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Particule quantique sans spin en 1D

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Premire partie Les fondements

15

Chapitre 1 Une particule quantique sans spin, 1 dimension (I)


Dans ce chapitre il y a beaucoup de rappels du cours de licence, mais avec une prsentation aussi un peu plus formelle. Nous allons tudier une particule se dplaant une dimension

x.

Il s'agit d'une particule sans degr de libert interne (sans spin).

Dans les premires sections on suppose que la particule quantique est la nature (les particules environnantes). Par contre on accepte que

isole de son

environnement. Prcisment cela signie que son mouvement n'inuence pas le reste de son environnement exerce sur elle une certaine force
d'aprs la relation

dcrite par une fonction nergie potentielle

V (x),

F (x) = dV /dx.

(La force pouvant mme dpendre du temps, mais

nous la supposerons indpendante du temps dans ce chapitre). Avec ces hypothses, la thorie quantique nous permet de dcrire l'tat dynamique de la particule par une fonction d'onde. Bien sr pour tre valables en pratique, ces hypothses ncessitent des approximations. Il est important de noter que le terme  particule sera employ mais que c'est un terme trompeur, puisqu'il

faut imaginer une onde qui est un objet tendu et non

ponctuel.
Pour xer les ides, il peut s'agir d'un atome vibrant au coeur d'un matriau ou dans une molcule, soumis aux forces des atomes voisins. Il peut aussi s'agir d'un lectron libre se dplaant dans un l conducteur (en oubliant le spin).

1.1 Espace des tats : les fonctions d'ondes


1.1.1
Une

Espace vectoriel des fonctions d'ondes


fonction d'onde permet de dcrire l'tat spatial d'une particule. C'est une fonc-

tion valeurs complexes. Si l'espace est une dimension (paramtr par fonction d'onde est :

x R),

une

17

18 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

: x (x) C
L'ensemble des fonctions d'ondes not

forme un

espace vectoriel complexe car si

1 , 2 H,

alors la somme et le produit par une constante complexe appartiennent aussi

cet ensemble

: si

1 , 2 H

et

alors

:
(1.1) (1.2)

= (1 + 2 ) H = 1 H
Mais il s'agit d'un espace vectoriel au fait que une fonction valeurs de symbole

de dimension innie (voir plus loin) ; cela est li

est dtermine par les valeurs de

(x)

prises en une innit de

direntes.

Dans la

notation de Dirac on convient de reprsenter une fonction d'onde


et appel

par le

| >

ket. Ainsi on crira pour eq.(1.1)

| >= |1 > +|2 >, | >= |1 > .


Il n'y a rien de nouveau dans cette notation, sauf peut tre l'image que l'on se fait d'une fonction d'onde. L'image traditionnelle est une fonction

x (x)

reprsente par son

graphe. Dans la notation de Dirac, on imagine plutt un point de l'espace vectoriel

H,

(qui est l'extrmit d'une che). Cette image vectorielle suggre par Dirac (et les mathmaticiens) a des avantages certains, mais notre imagination ne permet pas de dpasser la dimension trois, alors que

est de dimension innie ! Voir gure (1.1).

1.1.2

Exemples importants

Voici deux exemples importants de fonctions d'ondes une dimension. On se contente de donner ici leur expression et reprsentation. Leur interprtation physique et mathmatique sera donne plus loin.
1. En mathmatiques, vriant :

un groupe est un ensemble G munit d'une loi interne note . : (G, G) G qui

est associative, c'est dire

a, b, c, a.(b.c) = (a.b).c telle qu'il y ait un lment appel identit, not 1, 1.g = g.1 = g, g G, et tel que tout lment g G ait un inverse not g 1 , c'est dire : g G, g 1 G, g.g 1 = g 1 .g = 1. Un groupe est dit commutatif si g, h G, g.h = h.g . Dans ce cas il est habituel de noter la loi interne par le signe + (g.h = g + h). Un espace vectoriel complexe E est un ensemble munit d'une loi interne note +, telle que (E, +) est un groupe commutatif, et munit d'une loi externe note . :(C, E) E qui est distributive par rapport la loi + : . (v + w) = .v + .w . On parle d' espace vectoriel rel si la loi externe est : (R, E) E .

1.1.

ESPACE DES TATS : LES FONCTIONS D'ONDES

19

Vision fonction dondes

Vision vectorielle (Dirac)

(x) |> x (x)= 1(x)+ 2(x) 1(x) 2(x) H | 1> |>=|1 >+|2 >

| 2> 1(x) (x)= 1(x) |>=|1> | 1>

Figure 1.1  Cette gure illustre l'aspect vectoriel de l'espace des fonctions d'ondes.
[Link] Les ondes planes plane d'impulsion

L'onde

pR

est :

1 px p (x) = exp i 2 |p > : notation de Dirac

(1.3) (1.4)

Remarque :
cf eq(1.26).

l'intrt du prfacteur sera montr plus loin, avec la relation de fermeture,

[Link]
Le

Paquet d'onde Gaussien

paquet d'onde Gaussien de position moyenne


et de largeur

x0 R ,

d'impulsion moyenne

p0 R

est :

20 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

Figure 1.2  Onde plane, avec p > 0, voir (1.3).


1 p0 x (x x0 )2 2 2

x0 ,p0 , (x) =

( 2 )1/4 |x0 , p0 , > :

exp i

exp

(1.5) (1.6)

notation de Dirac

Figure 1.3  Paquet d'onde Gaussien, voir (1.6).


Remarques :

la valeur du prfacteur sera justie plus loin, pour des raisons de normalisation, voir exercice 2. Lorsque la largeur d'impulsion

le paquet d'onde Gaussien tend vers une onde plane

p0

( condition de modier aussi le prfacteur).

1.1.

ESPACE DES TATS : LES FONCTIONS D'ONDES

21

1.1.3

Le produit scalaire

An de pouvoir distinguer de manire quantitative deux fonctions d'ondes direntes, on introduit le produit scalaire. Le

2 nombre complexe not < 1 |2 > dni par


< 1 |2 >=
R

produit scalaire Hermitien de deux fonctions d'ondes


:

|1 >

et

|2 >

est le

1 (x) 2 (x) dx

(1.7)

o 1 (x) est le nombre complexe conjugu de 1 (x). (Une dicult mathmatique apparait : on doit se restreindre aux fonctions pour lesquelles l'intgrale a un sens, i.e. n'est pas divergente. Cela dnira l'espace de Hilbert, voir plus loin.) deux vecteurs

< 1 |2 > pour le produit scalaire fait clairement intervenir les |1 > et |2 >, mais aussi la notation < 1 | qui corresponds au fait que l'on a prit le conjugu de la fonction 1 (x). Comme en gomtrie Euclidienne, on peut interprter le produit scalaire < 1 |2 > comme la composante du vecteur |2 > projete orthogonalement sur le vecteur |1 >. Voir la gure 1.4. Intuitivement < 1 |2 > renseigne donc si la fonction 2 (x) est plus ou moins compose de la fonction 1 (x).
La notation de Dirac

| 2>

| 1>

(< |2 >) |1 > 1 < 1| 1>

Figure 1.4  Schma du produit scalaire de deux fonctions d'ondes.


Les deux fonctions sont fonction

orthogonales si

Comme en gomtrie Euclidienne,

< 1 |2 >= 0. =< | > dnit

En terme de fonction, cela donne

la

norme au carr de la

2. Par dnition, un

=< | >=
R

|(x)|2 dx

>0
sur un espace vectoriel

produit scalaire Hermitien


(complexe conjugu).

< 1 |2 > C

doit

vrier les proprits suivantes : 1. 2. 3.

< 2 |1 >= < 1 |2 > | 0

< 1 | + >= < 1 | > + < 1 | >


avec galit si et seulement si

: linarit droite

| = 0. + | = | + | |(x)| dx
2
. Dans le cas prsent, ces

On dduit de (1) et (2) l'antilinarit gauche : trois proprits sont vries ci-dessous. 3. Comme 1,

(x)

a l'unit

Rcette quation , de  1/ longueur.

montre que

n'a pas d'unit, et donc que en dimension

22 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

et donc la norme carr

est la surface sous la courbe positive

On dit qu'un vecteur est

normalis si

= 1,

c.a.d.

|(x)|2 . < | >= 1 . Cela

signie en

terme vectoriel que le vecteur est de longueur 1. En terme de fonction cela signie que la 2 surface sous la courbe |(x)| est gale 1. 2 (Cette notion sera essentielle page 61 pour interprter |(x)| comme une densit de probabilit de prsence lors de la dtection de la particule, voir eq(1.32)). une onde plane,

Il faut remarquer qu'il y a des fonctions dont la norme est innie. Par exemple pour

p p R lesquelles la norme est nie sera not

< | >=

(1/h)dx = d'aprs (2.35). L'espace des fonctions pour H dans la suite et appel l'espace de Hilbert 5 des

fonctions d'ondes (appel aussi l'espace des fonctions de carr sommable). D'un point de vue physique cette restriction sera importante pour parler de la probabilit de prsence de la particule lors de sa dtection, et d'un point de vue mathmatique, c'est aussi important car l'espace de Hilbert aussi not :

H = L2 (R)
possde des proprits trs intressantes, notamment vis vis de la transforme de Fourier, voir [RS72, CB73], et se prte bien la thorie spectrale.

Exercice 1. Montrer que l'espace des fonctions de carr sommable est un espace vectoriel.
(il faut vrier les relations (1.1)).

Exercice 2. :
Montrer que le paquet d'onde gaussien (1.6) est normalis.

Exercice 3. Calculer le produit scalaire entre deux paquet d'ondes Gaussien


et

|x0 , p0 , >

|x0 , p0 , >,

et interprter le rsultat.

Remarques et proprits utiles :

On a pour

C, < 1 |2 >= < 2 |1 > < 1 |2 >= < 1 |2 > < 1 + 2 |3 >=< 1 |3 > + < 2 |3 >

preuve :

< 1 |2 >=

1 (x)2 (x) dx =

1 (x)2 (x) dx = < 2 |1 >.

etc...

4. En gnral pour un produit scalaire hermitien, on peut montrer les deux proprits suivantes : 1. 2.

| | | | | + +

: ingalit de Schwartz : ingalit triangulaire

Ces deux galit sont vries si et seulement si les deux vecteurs sont colinaires (i.e. 5. Une dnition prcise de cet espace est

| = |

H = L2 (R) := { C0 (R)}
o

C0 (R) := { C , R > 0, |x| > R, (x) = 0}

est l'ensemble des fonctions inniment drivables

support compact (i.e. nulle en dehords d'un intervalle) et qui sont donc de carr sommable et la fermeture ou compltion pour la norme suites de Cauchy, Voir [RS72] page 39).

{.}

signie

:=

(i.e. on considre toutes les limites possibles des

1.1.

ESPACE DES TATS : LES FONCTIONS D'ONDES

23

D'autres espace de Hilbert que l'on rencontre souvent pour dcrire une particule une dimension sont  Pour dcrire une particule conne dans le segment fonctions de carr sommable

x [0, L],

c'est l'espace des

(x),

s'annulant en dehors du segment, et not :

H = L2 ([0, L])
 Pour dcrire une particule conne sur un cercle dans un petit l conducteur circulaire, appel fonctions de carr sommable priodiques la l circulaire, et not :

S1

(par exemple un lectron

l quantique), c'est l'espace des


o est la position angulaire sur

(),

H = L2 S 1
 Il est parfois utile de considrer d'autres produits scalaires que (1.7) (et d'autres normes associes). C'est ainsi que l'on dni les [Tay96a].

espaces de Sobolev par exemple

1.1.4

Vecteur dual, espace dual

Mathmatiquement, on peut interprter le produit scalaire autrement : pour vecteur x, l'opration not

| > H

< | |

(en notation de Dirac) :

H C | > < | > | >


lui associe un nombre complexe (le Cette opration est linaire car

est une application qui un vecteur quelconque rsultat du produit scalaire avec

| >).

< |1 > + < |2 >.

On dit alors que

< |

est une

forme linaire sur

appel un vecteur dual. L'espace des vecteurs duaux (formes H , et appel espace dual. Le vecteur dual < | est aussi appel physique). not

< |1 + 2 >= H, ou aussi linaires sur H) est not


bra (dans la littrature

On vient de voir que partir d'un vecteur | > H, on peut construire un vecteur dual < | H , grce au produit scalaire. Inversement, un thorme important (le Lemme

de Riesz, voir [RS72] page 43) montre que tout vecteur dual s'obtient de cette faon. On a donc

l'isomorphisme de Riesz :

| H | H
dnit partir du produit scalaire. Il est important de noter que si alors

| >= |1 > +|2 >, < | = < 1 | + < 2 | < | >


avec un autre vecteur.

Si la notion de vecteur dual vous parait trop abstraite, il sut de retenir qu'un vecteur dual

< |

sert eectuer le produit scalaire

24 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

1.2 Oprateurs direntiels x, p, H


1.2.1
Un

Dnitions
oprateur transforme une fonction d'onde (un vecteur) en une autre fonction

d'onde (autre vecteur). C'est donc une opration dans l'espace des fonctions d'ondes Voici la dnition des trois oprateurs nition.

H.

x, p, H

d'aprs leur action sur des fonctions. On

donnera plus loin leur interprtation physique et mathmatique, ce qui justiera leur d-

^ |>= |>

|>

Figure 1.5  Schma d'un oprateur qui transforme les vecteurs.

Oprateur de position

:
dni par

| >= x| >

(x) = x(x),

x R.

(1.8)

Oprateur d'impulsion

p: d (x), dx

| >= p| >

dni par

(x) = i

x R.

(1.9)

Oprateur Hamiltonien (ou nergie)

| >= H| >
2
donc

dni par

p2 H= + V () x 2m x R.
(1.10)

(x) =

d2 (x) + V (x)(x), 2m dx2

1.2.

OPRATEURS DIFFRENTIELS

X, P , H

25

On dit que ce sont des

oprateurs direntiels car ils sont dnit partir de l'op-

ration de drivation et de multiplication par la fonction

x.

Exemples (*) :
Si Si Si

| >= | >= | >=

2 Supposons (sans se soucier des units) que (x) = exp(x ). 2 x| > alors (x) = x exp(x ). p| > alors (x) = i 2x exp (x2 ). H| >et V (x) = gx4 , alors (x) = (gx2 4 2 /(2m)) x2 exp(x2 ).

1.2.2

Oprateurs linaires

On dit que

x, p, H

sont des oprateurs linaires d'aprs la dnition suivante.

Dnition 1. Un oprateur

est un

oprateur linaire si

|1 >, |2 > H, C, alors T (|1 >) = T |1 >


et

T (|1 > +|2 >) = T |1 > +T |2 >

Proprits et remarques (*)

On convient souvent de mettre un chapeau sur le symbole d'un oprateur. Parfois, on omettra cette convention lorsque ce sera clair. L'ensemble des oprateurs linaires sur vrier. On peut aussi associer le

forme un espace vectoriel, not

L(H).

produit scalaire de Hilbert-Schmidt comme

+ T1 |T2 := Tr T1 T2 lorsqu'il est dni). Si T1 , T1 sont deux oprateurs linaires, alors T1 T2 (la composition) est aussi linaire. x, p, H sont des oprateurs linaires. L'opration qui transforme un vecteur en lui mme (c.a.d. opration qui ne fait rien)
est une opration linaire, appele l'oprateur

identit :

I : | > H | > H.
Cette proprit de linarit est trs contraignante pour la transformation

T,

car

pour connatre son action sur n'importe quel vecteur, il sut de connatre son action

sur une base. (voir page 39). 1 Remarquons que (x) = L2 (R), car | < . Mais si | = x| , on a 1+x x 2 / (x) = 1+x L (R) car | = . On dit que n'appartient pas au domaine de dnition de l'oprateur x. La notion de domaine de dnition est essentielle pour faire la thorie mathmatique correcte des oprateurs linaires non borns. (Voir [RS72] chapitre VIII).

26 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

1.2.3

Oprateurs adjoints et autoadjoints

Dans la suite, on utilise la notation :

|T >= T | > H.

Dnition 2. Si
l'oprateur

T : H H est un oprateur + linaire, not T , vriant : < |T + >=< T | >,

linaire, l'oprateur

adjoint de

est

| >, | > H.

Proprits et remarques

la relation ci-dessus dnit bien l'oprateur adjoint et de faon unique (on ignore ici les questions de domaine, voir [RS72] page 252). On a

T+
preuve :

=T

+ < |T + >=< T + | >= < |T + > = < T | > =< |T >


+

On a

T1 T2 T1 + T2 Tn
preuve :

+ + = T2 T1

+ + = T1 + T2

= T+

: pour n N

< | T1 T2

+ + + | >=< T1 T2 | >=< T2 |T1 >=< |T2 T1 >.

Notation de Dirac :

Pour un oprateur linaire, on note

< |T | >

pour signier :

< |T | >=< |T >=< T + | >

1.2.

OPRATEURS DIFFRENTIELS

X, P , H

27

Dnition 3. L'oprateur linaire


dire si

est

autoadjoint ou hermitique si

T = T+

c'est

< |T >=< T | >,

| >, | > .

Proposition 1.

x, p, H

sont des oprateurs autoadjoints.

Une consquence de cette proprit est donn plus loin. Voir (1.12) page 28. preuve (TD) : pour tout vecteur , C0 (R),

< |x+ >=< x| >=


R
Idem pour Et

x dx =
R

x dx =< | > x

V (). x d dx

< |+ > =< p| >= p =i

dx d dx =< | > p dx

d dx = i dx

o on a utilis la formule d'intgration par partie

[]+ =
et le fait que

d dx + dx

d dx dx

[]+ = 0.

Finalement,

H+ =

p2 + V (x) 2m

p2 + V (x) = H. 2m

Exercise 1. On considre les oprateurs


l'espace des fonctions une variable

Ai (i = 1, . . . , 6) ; ; ;

sont dnis comme suit sur

(x): (A4 ) (x) = x2 (x) (A5 ) (x) = sin (x) 2 (x) (A6 ) (x) = d dx2

(A1 ) (x) = ((x))2 (A2 ) (x) = d(x) dx x (A3 ) (x) = a (x ) dx


1. Lesquels sont des oprateurs linaires ?

2. Parmi les oprateurs linaires, lesquels sont autoadjoints ?

28 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

1.3 volution d'un tat quantique


1.3.1 L'quation d'volution
de Schrdinger spcie comment l'onde quantique
dans l'espace de Hilbert L'quation du vecteur

(x, t) de la particule

volue au cours du temps. En notation de Dirac, cette quation donne la loi d'volution

|(t) >

H H

d|(t) > = dt

|(t) >

(1.11)

c'est dire que en notation de fonctions d'ondes d'aprs 1.10 page 24 :

i
Remarques

2 2 (x, t) = (x, t) + V (x)(x, t) t 2m 2 x

: x, t

Remarquer que l'on utilise la drive droite pour le vecteur variables, ici

d/dt

si il y a une seule variable, ici

|(t) , et que l'on utilise la (x, t) pour la fonction (x, t).

drive partielle

/t

si il y a plusieurs

L'quation de Schrdinger donne prcisment la modication instantane de l'onde un instant prcis. Cette modication dpend de la masse de la particule et aussi des forces qu'elle subit travers la fonction potentiel que l'oprateur Hamiltonien

V (x).

Pour cette raison on dit

est le

gnrateur de l'volution temporelle.

L'quivalent de cette quation d'volution en mcanique classique est l'quation de Newton, ou plus prcisment les quations de Hamilton du mouvement.

C'est

une quation linaire, et donc si l'on connat l'volution de


alors la somme

|1 (t) >

et de

|2 (t) >,

volutions :

|(0) >= |1 (0) > +|2 (0) > volue comme la somme des |(t) >= |1 (t) > +|2 (t) > . C'est une proprit trs forte, importante
le principe de superposition. De mme le produit
comme

pour la suite qui s'appelle aussi

|2 (0) >= |(0) > volue que |(t) > et |(t) > ont
ce sujet).

|2 (t) >= |(t) >. P (H).

Pour cela on peut dire

le mme comportement. (En termes mathmatiques, Voir cours de Master 2 [Fau10a]

l'volution est dnie sur l'espace projectif

D'aprs l'quation de Schrdinger,

la fonction d'onde conserve sa norme au


(1.12)

cours du temps :

preuve :

(t) =< (t)|(t) >= const

d(< | >)/dt =< d/dt| > + < |d/dt >=< iH/ | > + < | iH/ > = (i/ ) < |H + > < |H > = 0

1.3.

VOLUTION D'UN TAT QUANTIQUE

29

car

est autoadjoint. Cela montre l'importance du fait que

H+ = H.

Exercice 4. montrer de mme que le produit scalaire est conserv

< (t)|(t) >= cste.

1.3.2

Exemples d'volutions d'ondes (images et lms)

Cette section se trouve sur la page Web :

~faure/enseignement/meca_q/animations/,
du texte reproduit ci-aprs.

[Link]
o l'on peut voir des animations, en plus

[Link]

Prsentation gnrale

Hormis quelques cas particuliers, il est impossible de rsoudre analytiquement l'quation de Schrdinger. Pour des problmes simples avec peu de degrs de libert, il est possible de la rsoudre numriquement (i.e. avec un ordinateur). Dans cette section, nous prsentons des solutions obtenues en rsolvant numriquement cette quation.

pour direntes conditions initiales (des paquets d'ondes gaussiens, ou des ondes stationnaires), pour direntes forces externes (choix du potentiel de la forme V (x) = x2 + x4 , V (x) = x2 + x4 ),

V (x) = 0,V (x) = x2 ,

et comparaison avec l'volution d'une particule (ou nuage de particules) classique soumise aux mmes forces, voluant avec l'quation de Newton. Il y aura des commentaires sur l'talement de la fonction d'onde du la et sur

dispersion,

l'eet tunnel. la mcanique quantique dans l'espace

Et des commentaires sur la ncessit de voir

des phases. Modle tudi :


La dynamique est spcie par son Hamiltonien (l'nergie de la parti-

cule), qui est de la forme :

H(x, p) = m est la masse F (x) = dV /dx).


o de la particule, et

p2 + V (x) 2m V (x) est le potentiel

qu'elle subit. (La force est

L'tat quantique initial est un paquet d'onde Gaussien de largeur

L.

L'volution de la

particule classique est obtenue en rsolvant numriquement les quations de mouvement de Newton (ou Hamilton). L'volution de la fonction d'onde quantique est obtenue en rsolvant numriquement l'quation de Schrdinger. Dans la suite les paramtres suivants sont choisis :

m=1 =1 =1 :

: :

masse

constante de Planck

Largeur du paquet d onde Gaussien

30 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

[Link]

Dnition de la reprsentation de Husimi dans l'espace de phase la re-

Nous utilisons une reprsentation d'un tat quantique dans l'espace de phase : nous donnons sa dnition qui est intuitive et naturelle : C'est la fonction :

prsentation de Husimi. Cette reprsentation sera tudie page 132. Pour le moment

Hus (x, p) = | x, p| |2
qui est obtenue en faisant le produit scalaire entre l'tat

et un paquet d'onde Gaussien

|x, p

, et faisant varier

(x, p). Le paquet d'onde |x, p

est relativement localis en position

et en impulsion et donc, intuitivement, ce produit scalaire sonde la prsence de l'tat quantique la position

(x, p) de l'espace de phase. Autrement dit, si la fonction Hus (x, p) est importante au point (x, p), c'est que le produit scalaire x, p| est important et donc que l'tat quantique | est fortement compos du paquet d'onde |x, p .
[Link] L'oscillateur harmonique

Potentiel :

L'tat classique initial est choisi en

1 V (x) = x2 2 x0 = 8, p0 = 0.
Voir gure (1.6).

Dynamique dans l'espace de conguration x(t)

Figure 1.6 
Commentaires

x(t) de la particule classique. On a reprsent la valeur E de l'nergie totale et la fonction nergie potentielle V (x).
Le point bleu de la gure de gauche montre la position Sur la gure de droite, on a reprsent le module carr de la fonction d'onde quan2 tique : |(x, t)| , qui s'interprte comme la densit de probabilit de prsence de la particule.

1.3.

VOLUTION D'UN TAT QUANTIQUE

31

Observations
1. Il y a une correspondance parfaite entre la position de la particule classique et celle du paquet d'onde quantique tout instant. 2. Le paquet d'onde garde sa forme Gaussienne concentre au cours du temps. Il n'y a pas de dispersion.

Dynamique classique dans l'espace de phase x(t), p(t)

Voir gure (1.7).

Figure 1.7 
Commentaires

La gure de gauche montre les trajectoires classiques dans l'espace de phase mais d'une distribution

(x, p).

La deuxime image montre l'volution classique (de Liouville), non plus d'un point, une fonction Gaussienne

f (x, p, t) sur l'espace de phase, qui est choisi comme tant t = 0. Le niveau de gris est reli l'intensit de la fonction

f (x, p).

Cette distribution est rpartie sur plusieurs trajectoires.

Observations
1. La priode de chaque trajectoire est

T = 2 = 6.28.

2. La distribution de Liouville reste Gaussienne au cours du temps, car les trajectoires ont toutes la mme priode

T = 2 . Cela explique pourquoi il n'y a pas de dispersion

avec l'Oscillateur Harmonique.

Dynamique quantique dans l'espace de phase x(t), p(t)

Voir gure (1.8).

32 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

Figure 1.8 
Commentaires
Il s'agit de la reprsentation de Husimi de l'tat quantique

|(t)

. La

deuxime image montre cette distribution

Hus(t) (x, p, t) en trois dimensions ; la premire

image montre cette mme distribution en niveaux de gris.

Observations
quantique

Il est remarquable d'observer que chaque instant la distribution coincide avec l'volution classique de Liouville de la mme dis-

Hus(t) (x, p, t)

tribution initiale. Cela est propre l'oscillateur Harmonique, et est encore reli au fait qu'il n'y a pas de dispersion.

Etat stationnaire

Les tats quantiques ci-dessus ne sont pas stationnaires, car leur

forme volue au cours du temps. Pour une forme du potentiel donne, il y a des fonctions d'ondes quantique particulires, appele ondes stationnaires, dont la forme reste invariante. Chaque onde stationnaire a une nergie prcise. Voici ici l'onde stationnaire numro 33, d'nergie Voir gure 1.9.

E = 32, 5.

Voici le mme tat quan-

tique, en reprsentation de Husimi dans l'espace de phase :

Observations
1. L'onde stationnaire est rpartie sur toute la rgion classique permise d'nergie

E.

2. Dans l'espace de phase, l'onde stationnaire est concentre sur la trajectoire classique d'nergie 3. A

E.

C'est clairement une distribution invariante lors de l'volution.

donn, les oscillations de la fonction d'onde

|(x)|2

se comprennent partir de

la distribution dans l'espace de phase, comme rsultant d'une interfrence (superposition) entre la partie d'impulsion positive

p>0

de la forme

exp (ipx),

et la partie

p<0

de la forme

exp (ipx),

donnant au total des oscillations de la forme

cos (px).

1.3.

VOLUTION D'UN TAT QUANTIQUE

33

Figure 1.9 
[Link] L'oscillateur Anharmonique Potentiel :

L'tat classique initial est en

1 V (x) = x2 + 0.02x4 2 x0 = 6,p0 = 0.


Voir gure (1.10).

Dynamique dans l'espace de conguration x(t)

Figure 1.10 
Commentaires

Le point bleu de la gure de gauche montre la position

x(t) de la particule classique. On a reprsent la valeur E de l'nergie totale et la fonction nergie potentielle V (x).
Sur la gure de droite, on a reprsent le module carr de la fonction d'onde quan2 tique : | (x, t)| , qui s'interprte comme la densit de probabilit de prsence de la

particule.

34 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

Observations
1. Pour les temps courts,

t < 6,

le paquet d'onde reste concentr, et sa position corres-

pond bien la position de la particule classique. Cependant, il y a des phnomnes d'interfrences lorsque le paquet d'onde rebondit sur les bords du potentiel (oscillations de petites longueurs d'onde). 2. Pour les temps plus longs (t

> 6),

le paquet d'onde se disperse, et s'tale sur toute

la largeur permise classiquement.

Dynamique classique dans l'espace de phase x(t), p(t)

Voir gure (1.11).

Figure 1.11 
Commentaires

La gure de gauche montre les trajectoires classiques dans l'espace de phase mais d'une distribution

(x, p).

La deuxime image montre l'volution classique (de Liouville), non plus d'un point,

f (x, p, t)

sur l'espace de phase, qui est choisi comme tant

une fonction Gaussienne t=0. Le niveau de gris est reli l'intensit de la fonction

f (x, p).

Cette distribution est rpartie sur plusieurs trajectoires.

Observations
1. Contrairement au cas de l'oscillateur harmonique, ici les trajectoires d'nergie direntes ont des priodes direntes. La priode diminue avec l'nergie. 2. Cela explique le comportement de la distribution de Liouville dans l'espace de phase : la partie extrieure de la distribution qui a une nergie plus leve, tourne plus vite que la partie intrieure, et il rsulte que la distribution s'tale, et s'enroule. On dit qu'il y a de la dispersion classique.

1.3.

VOLUTION D'UN TAT QUANTIQUE

35

Figure 1.12 
Dynamique quantique dans l'espace de phase x(t), p(t) Commentaires
l'tat quantique Voir gure (1.12).

Il s'agit de la reprsentation de Husimi (voir dnition ci-dessus) de dans l'espace de phase. La deuxime image montre cette distribution

|(t)

Hus (x, p, t)

en trois dimensions ; la premire image montre cette mme distribution en

niveaux de gris.

Observations
1. Pour les temps courts,

t < 6,

la distribution reste localise.

2. Pour les temps intermdiaires, la queue et interfrent. 3. Pour les temps longs,

6 < t < 18,

la distribution s'tale peu peu, et

s'enroule jusqu' atteindre une circonfrence. Ensuite la partie rapide (la tte) rejoint

t > 20,

la distribution est rpartie sur toute la trajectoire, et

parfois des petits paquets apparaissent, cause de phnomnes d'interfrences. 4. Il est intressant de comparer l'volution de la distribution de Husimi avec celle de Liouville. Les deux volutions sont similaires jusqu' ce que les phnomnes d'interfrences quantiques apparaissent pour

t > 20.

Etat stationnaire

Les tats quantiques ci-dessus ne sont pas stationnaires, car leur

forme volue au cours du temps. Pour une forme du potentiel donne, il y a des fonctions d'ondes quantique particulieres, appele ondes staionnaires, dont la forme reste invariante. Chaque onde stationnaire a une nergie prcise. Voici ici l'onde stationnaire numro 31, d'nergie E : Et voici le mme tat quantique, en reprsentation de Husimi dans l'espace de phase : Voir gure 1.13.

36 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

Figure 1.13 
Observations
1. L'onde stationnaire est rpartie sur toute la rgion classique permise d'nergie E. 2. Dans l'espace de phase, l'onde stationnaire est concentre sur la trajectoire classique d'nergie E. C'est clairement une distribution invariante lors de l'volution. 3. Sur les oscillations de

|(x)|2 ,

mme remarque que ci-dessus. Voir [Link].

[Link]

Le double puits de potentiel

Potentiel :

1 V (x) = x2 + 0.005 x4 2
L'tat classique initial est en

x0 = 3, p0 = 0.
Voir gure (1.14).

Dynamique dans l'espace de conguration x(t)

Figure 1.14 

1.3.

VOLUTION D'UN TAT QUANTIQUE

37

Commentaires

Le point bleu de la gure de gauche montre la position

x(t) de la particule classique.

On a reprsent la valeur E de l'nergie totale et la fonction nergie potentielle V(x). Sur les deux autres gures, on a reprsent le module carr de la fonction d'onde quan2 tique : |(x, t)| , qui s'interprte comme la probabilit de prsence de la particule. La deuxime gure montre une evolution rgulire en temps, t = 0 10. La troisime 7 gure montre une evolution en temps, t = 0 10 sur une chelle logaritmique.

Observations
1. Pour les temps courts, le paquet d'onde volue dans le puits de droite, comme dans le modle de l'oscillateur anharmonique. 2. Pour les temps plus longs (t>500), le paquet apparait dans le puits de gauche. Ce puits de gauche serait permi classiquement, mais la barrire de potentiel empche la 6 particule classique d'y aller. Pour des temps trs longs (t > 10 ), l'onde quantique est rpartie quitablement dans les deux puits, et uctue. Ce passage dans le puits de gauche interdit classiquement, s'appelle l'eet tunnel.

Dynamique classique dans l'espace de phase x(t), p(t)

Voir gure (1.15).

Figure 1.15 
Commentaires
(x,p). Cette gure montre les trajectoires classiques dans l'espace de phase

Dynamique quantique dans l'espace de phase x(t), p(t) Commentaires

Voir gure (1.16).

Il s'agit de la reprsentation de Husimi de l'tat quantique

|(t)

. L'intensit de cette

distribution Hus(x,p,t) est reprsente en niveaux de gris. La premire gure montre une evolution rgulire en temps, t=0 10. La deuxime gure montre une evolution 7 en temps, t=0 10 sur une chelle logaritmique.

38 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

Figure 1.16 
Observations Etat stationnaire
Mmes observations de l'eet tunnel que ci-dessus.

Les tats quantiques ci-dessus ne sont pas stationnaires, car leur

forme volue au cours du temps. Pour une forme du potentiel donne, il y a des fonctions d'ondes quantique particulieres, appele ondes staionnaires, dont la forme reste invariante. Chaque onde stationnaire a une nergie prcise. Voici ici l'onde stationnaire numro 7, d'nergie E : Et voici le mme tat quantique, en reprsentation de Husimi dans l'espace de phase : Voir gure 1.17.

Figure 1.17 
Observations
1. L'onde stationnaire est rpartie sur toute la rgion classique permise d'nergie E, dans les deux puits.

1.4.

BASES, ET CHANGEMENT DE BASES

39

2. La barriere de potentiel n'est pas un obstacle. Cela correspond l'eet tunnel cidessus. 3. La forme de l'onde stationnaire est symtrique, et possde donc la mme symtrie que le potentiel V(x).

1.4 Bases, et changement de bases


Pour continuer cet expos de la mcanique quantique, il nous faut maintenant dvelopper quelques aspects mathmatiques relis cet espace

des fonctions d'ondes.

1.4.1

Base orthonorme

Dnition 4. Une suite de vecteurs


(b.o.n.) de l'espace

|Vi > H, i = 1, 2 . . .forme une base (i,j = 1 i = j, i,j = 0


sinon)

orthonorme

H,

si si

< Vi |Vj >= i,j


et si tout

| > H

se dcompose sous la forme :

| >=
i=1,2...
avec

i |Vi >,

(1.13) (1.14)

i C : composantes

Si la suite de vecteurs

dimension innie.

|Vi >, i = 1, 2 . . . est innie, on dit que l'espace H est de Sinon, si i = 1, 2, . . . , N , on dit que H est de dimension nie N .

Remarques et proprits :

On verra ci-dessous que l'espace des fonctions d'ondes de dimension nie

H = L2 (R)

est de dimension

innie. Dans le chapitre suivant, on tudiera l'espace de Hilbert du spin 1/2 qui est

Les composantes produit scalaire :

N = 2. i C du

vecteur

| >

dans la base

|Vi >

sont obtenues par le (1.15)

i =< Vi | >
en eet :

< Vi | >=

j < Vi |Vj >=

j i,j = i . |i |2
i

Voir gure 1.18.

On a alors

< | >=
et donc forcment
preuve : On a

i 0,

pour

i .
j

< | >=

i i < Vi |

j |Vj > =

i,j

i j < Vi |Vj >=

i i i .

40 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

|V 2 >

(<V 2| >) |V 2 > |> (<V 1| >) |V 1 > |V 1 >

Figure 1.18  Schma de la dcomposition du vecteur | > dans la base |V1 >,|V2 >.

(*) Par rapport la la base

|Vi > choisie, on reprsente le vecteur | > par le tableau


vecteur colonne :

de composantes complexes, ou

| >

1 2 3
. . .

mais attention, si on choisit une autre base, le mme vecteur aura d'autres composantes, et sera reprsent par un autre tableau.

(*) Pour des calculs avec un ordinateur, on reprsente le vecteur grand) de composantes. La proprit

(vecteur colonne), que l'on tronque en ne gardant qu'un nombre ni garanti que la prcision peut tre susante si

| > par un tableau N (mais trs


plus haut

i 0, pour i mentionne N est assez grand.

(*) Il y a un thorme sur l'existence de b.o.n. dans un espace de Hilbert, voir [RS72] page 44.

[Link]

Exemple d'une particule sur un cercle

Pour dcrire une particule conne sur un cercle petit l conducteur circulaire, appel fonctions de carr sommable priodiques :

S1

(par exemple un lectron dans un

l quantique), l'espace de Hilbert est l'espace des

H = L2 S 1
Si le l est de circonfrence vriant :

L, et si x est la position le long du l, c'est l'espace des fonctions (x + L) = (x)

Proprit

Les fonctions

2x 1 Vk (x) = exp ik L L

kZ

(1.16)

1.4.

BASES, ET CHANGEMENT DE BASES

41

forment une b.o.n. de l'espace

H = L2 (S 1 ).
L

1 < Vk |Vl >= L 0 exp i(l k) 2x dx. L 1 [exp (//)]L = 0. Si k = l, < Vk |Vl >= 1. Ensuite le thorme des Si k = l, < Vk |Vl >= 0 i(lk)2 sries de Fourier, dit que toute fonction priodique (x) de carr sommable, peut se dcomposer
preuve (TD) : on vrie d'abord l'orthonormalit :

sous la forme :

(x) =
Pour cette raison, on dit aussi que

2x i exp ik L L

. H = L2 S 1
.

|Vk >

est la base de Fourier de

Exercice 5. Donner une autre b.o.n. possible pour

H = L2 (S 1 ) ?

1.4.2

Relation de fermeture

D'aprs eq.(1.13)et eq.(1.15) ci-dessus, on a :

| >=
i

(< Vi | >) |Vi > < Vi | >


droite du

que l'on crit de la faon suivante (en crivant le nombre complexe vecteur

|Vi >

) :

| >=
i
ainsi la somme

|Vi >< Vi | >=


i

|Vi >< Vi | | >

|Vi >< Vi | = I
i

(1.17)

laisse le vecteur la

| > inchang, et peut donc tre considre comme l'oprateur identit.

Cette expression donnant l'oprateur identit partir des vecteurs d'une base o.n. s'appelle

relation de fermeture ; elle est extrmement pratique.

Remarques (*)
La notation

Id =

notion de vecteur

|Vi >< Vi | peut dual < Vi |. En eet


i

se comprendre de faon prcise avec la un terme de la somme

correspond un oprateur qui transforme le vecteur

| >

en

Pi = |Vi >< Vi | Pi | >= |Vi ><

Vi | >= (< Vi | >) |Vi > c'est dire en sa projection orthogonale sur le vecteur de base |Vi >, voir gure 1.18. On la relation Pi2 = Pi

42 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

qui traduit en gnral que

Pi

est un

projecteur, et

Pi+ = Pi
prcisant que c'est un

I=
1.4.3

i Pi .

projecteur orthogonal. L'oprateur identit est alors

Expression d'un oprateur dans une base

Plus gnralement, pour un oprateur une base o.n.

O, on lui associe ses lments

de matrice dans

(|Vi >)

Oi,j =< Vi |O|Vj >


composantes

Oi,j , i, j = 1, 2, . . . forment une matrice de taille innie. >, alors les composantes i de | s'obtiennent partir des Si | >= O| j de | par la multiplication du vecteur par la matrice
Les coecients

i =
j

Oi,j j

En eet, l'aide de la relation de fermeture, on a :

< Vi | >=< Vi |O Id| >=< Vi |O


j

|Vj >< Vj | >=


j

< Vi |O|Vj >< Vj | >

Ainsi, tant donn une base o.n., il y a une correspondance parfaite entre les vecteurs, et les tableaux colonne d'une part, et les oprateurs et les matrices d'autre part.

Proposition 2. Par rapport la base o.n.

|Vi

i , tout oprateur

peut s'crire :

O=
i,j

Oi,j |Vi Vj |

avec

Oi,j = Vi |OVj

Dmonstration. On crit
loppe.

O = I OI ,

on utilise la relation de fermeture (1.17) et on dve-

1.4.4
Si

Changement de base (*)

|Vi >, i = 1, 2 . . . et |Wi >, i = 1, 2 . . . sont deux bases o.n. direntes du mme espace H, et si | > H est un vecteur, ses composantes i =< Vi | > (respect. i =< Wi | >)
dans chacune des bases sont relies par :

i =< Vi |Id| >=


j

< Vi |Wj >< Wj | >=


j

< Vi |Wj > j


s'interprte comme les

On a utilis pour cela la relation de fermeture, et

Qi,j =< Vi |Wj >

lments de matrice de la matrice de changement de base, qui est une matrice unitaire.

1.5.

SPECTRE D'OPRATEURS

43

Exercice 6.

1. montrer que la matrice dans une b.o.n. de l'oprateur adjoint t + transpos-conjugue de la matrice de l'oprateur O . (On note O = O )

O+

est la

2. Montrer que la matrice dans une b.o.n. d'un oprateur unitaire est une matrice unitaire. 3. Montrer inversement qu'un oprateur unitaire base o.n., par

correspond un changement de

|Wi >= Q|Vi >,

i = 1, 2 . . ..

1.5 Spectre d'oprateurs


1.5.1 Dnition et proprits gnrales
Dans cette section nous continuons de dvelopper des aspects mathmatiques lis aux oprateurs linaires, qui seront indispensables pour la suite.

Dnition 5. pour un oprateur linaire


un

donn, on dit que la fonction

| > H

est

vecteur propre de l'oprateur

T,

et que

est sa

valeur propre associe, si :

T | >= | >
L'ensemble des vecteurs propres et valeurs propres de

T.

T forment le spectre de l'oprateur

Exercice
et

Trouver le spectre (valeur propres et vecteurs propres) des matrices

2 1 1 1

2 3 1 2

. Dessiner les axes propres dans le plan

R2 ,

et interprter la particularit des

solutions obtenues (angles entre les axes propres, et produit des valeurs propres). Aide : utiliser le rsultat en annexe sur le spectre d'une matrice

2 2.

Proposition 3. :
1.

Si T est un oprateur autoadjoint, (i.e. T + = T ), alors la valeur propre est relle. ( R). T est un oprateur autoadjoint et si T |1 >= 1 |1 >, avec 1 = 2 , alors < 1 |2 >= 0
c.a.d. que : et

2. Si

T |2 >= 2 |2 >,
(1.18)

les vecteurs propres de deux valeurs propres direntes sont orthogonaux.

44 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

Dmonstration. 1) On crit

< | >=< | >=< T | > =< |T + >=< |T >= < | >


donc

= . < 2 |T |1 >= 1 < 2 |1 >= 2 < 2 |1 >

2) On a

donc

(1 2 ) < 2 |1 >= 0

avec

(1 2 ) = 0,

donc

< 2 |1 >= 0.

Remarques

si

| > est un vecteur propre de T de valeur propre alors | >= | >, (avec C quelconque) est aussi vecteur propre avec la mme valeur propre (car T | >= (| >) = T | >= | >= | >). T En particulier en peut toujours choisir un vecteur propre | > normalis (c.a.d. de norme un : < | >= 1). Il sut de prendre : | >= 1 < | > | >

C'est le procd de

normalisation d'un vecteur.

Un oprateur peut avoir beaucoup de vecteurs propres et valeurs propres direntes ; mais ce ne sont que des vecteurs trs particuliers, car la somme de deux vecteurs propres n'est pas un vecteur propre :

T (|1 > +|2 >) = 1 |1 > +2 |2 >,

sauf si

1 = 2 .
Il apparaitra parfois (et souvent pour des raisons de symtrie), que plusieurs vecteurs propres

1 , 2 , . . . N

aient la mme valeur propre

T i = i ,
Notons

i = 1...N

H = Vect (1 , 2 , . . . N )

l'espace vectoriel engendr par ces vecteurs, cad

contenant toutes les combinaisons linaires, et dim H = N . Si H , cad si | = 1 |1 +. . . N |N avec i C, alors T | = i i T |i = i i |i = | donc est aussi vecteur propre. Autrement dit tous les vecteurs de H sont vecteurs propres de mme valeur propre . On dit que H est l'espace propre associ la valeur propre . On dit que N = dim H est la multiplicit ou la dgnrescence de la valeur propre . Si N = 1, on dit que est une valeur propre simple. Dans le cas des oprateurs autoadjoints ou unitaire, l'oprateur

P :=
i=1

|i, i, | i, |i,

(1.19)

est une expression utile du projecteur orthogonal sur l'espace propre H . (en eet, 2 + il vrie P = P , P = P et H P = ). Si les vecteurs propres sont

6.

1.5.

SPECTRE D'OPRATEURS

45

normaliss,

i, = i, |i, = 1,

l'expression se simplie :

P :=
i=1
La relation de fermeture sur

|i, i, |

s'crit

7
N

I=

P =
i=1

|i, i, | T

et si l'on suppose de plus que les vecteurs propres de l'oprateur de l'espace de Hilbert alors

forment une base

T =

P =

i=1

|i, i, |

Si on note (i )i , i = 1, 2, . . . la suite des valeurs propres, avec la possibilits de dgnrescences (cad i = j ) alors l'criture ci-dessus devient simplement :

T =
i
et on a la relation de fermeture

i |i i |

(1.20)

I=
i
Dans la base des vecteurs propres trice qui est diagonale (avec

|i i |

(1.21)

|i , l'oprateur T est reprsent par une ma 1 , 2 , . . . sur la diagonale). En eet Ti,j = i |T j =

j i |j = j i,j .
Le spectre d'un oprateur autoadjoint n'est pas toujours constitu de valeurs propres discrtes. Il peut y avoir du spectre continu comme le montre l'exemple suivant des oprateurs

x, p, H .

Dans tous les cas, on peut cependant considrer que les vecteurs propres forment

une base et crire des relations de fermeture comme (1.20) et (1.21).


Dmonstration. On a

i, |j, = i,j i, |i, 2 P =


i,j

donc d'aprs (1.19)

|i, i, |j, i, |i,

j, | = j, |j,

i=1

|i, i, | = P i, |i,

7. Pour des oprateurs non autoadjoints et plus prcisment non normaux, des relations analogues existent en dimension nie, mais il peut y avoir de grosses dicults en dimension innie.

46 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

1.5.2

Spectre de l'oprateur

x,

base de position

x serait une fonction de norme nie et non nulle (x) telle que x| >= | >. Cela donne x(x) = (x), x, soit (x ) (x) = 0, x donc (x) = 0 si x = . La fonction recherche (x) est donc nulle partout sauf peut tre au point x = . Sa norme est donc nulle. Conclusion : l'oprateur x n'admet pas de vecteur propre dans l'espace H (ni
Une fonction propre de l'oprateur de position

de valeurs propres).
Cependant on peut quand mme rsoudre partiellement ce problme, par un processus de limite de la faon suivante : Pour une valeur de

|x >

(ou

x (x ))

dnie par

x R donne, et R donn petit, considrons la fonction note x (x ) = 1/ si x [x, x + ], et x (x ) = 0 sinon. Voir gure
x(x) 1/

(1.19).

x+

|x > |x >pour 0.
On a alors

Figure 1.19  Fonction x (x ) aussi note |x >, convergeant vers la distribution de Dirac

x+

< x | >=

x (x )(x ) dx =
x

1 (x )dx (x)

x+ x

1 dx = (x),

pour

0
(1.22)

Comme la limite

C (R),

on

< x | > (x) pour 0, existe pour toute fonction dduit que lim0 x | est un vecteur dual bien dni not : x| = lim x |
0

continue

et on a donc la relation importante (qui dni

x|)

< x| >= (x),


Et par dnition de l'oprateur crire :

()(x) = x(x) x

(1.23) que l'on peut

, voir eq.(1.8), on a :

< x|| >= x < x| > x


(valable pour tout

| >),

donc :

< x| = x < x| x x|x >= x|x >

1.5.

SPECTRE D'OPRATEURS

47

La dernire quation montre ce que l'on recherchait :

|x >

est vecteur propre de l'oprateur

avec la valeur propre

x. x R,

En conclusion, le spectre de l'oprateur et les tats de

est constitu par les valeurs propres

|x >

associs. On dit que

a un

spectre continu. (car toutes les valeurs

sont permises, formant un ensemble continu). Il n'y a pas de contradiction avec la x+ remarque faite plus haut, car |x H (En eet |x / = x 12 dx = 1 pour 0).

Remarques

Du point de vue physique, si une particule est dans l'tat l'onde de la particule est trs localise au point taine largeur

|x >,

cela signie que

x.

Prcisment, l'onde a une cer-

(comme la fonction

|x >)

mais que l'on considre comme trs petite

(ngligeable) ; et bien sr on espre que la valeur prcise de la largeur

ainsi que

la forme prcise de l'onde petite chelle n'importe pas. Au lieu de la fonction

dnie plus haut, on aurait pu prendre n'importe quelle forme se concentrant pour

0,

et vriant eq.(46).

D'un point de vue mathmatique, pour donc la limite

0,

la valeur des fonctions

x (x)

diverge,

|x >

n'est pas une fonction, c'est dire

|x H. /

En physique, on

appelle nanmoins cette limite la  fonction sicle). Elle est aussi note

de Dirac (introduite par Dirac pour

les besoins de la mcanique quantique et avant lui par Heaviside la n du XIX me

(x x) (abusivement puisque ce n'est pas une fonction), (x x)(x )dx = (x)


R

et la relation fondamentale (1.23) s'crit : (1.24)

C'est le mathmaticien Laurent Schwartz en 1950 [Sch66]qui a donn un sens rigoureux cette notion, en observant que la relation eq.(1.23), montre que forme linaire qui la fonction dire que pele la

< x|

est une

| >

associe le nombre

(x).

Il est donc correct de

< x|

est un vecteur dual mentionn page 23 (Habituellement not

Dans cette thorie mathmatique, appele

thorie des distributions,

S (R)). < x| est ap-

distribution de Dirac en

x.

(Le point de vue physique et mathmatique

sont donc assez semblables, ce qui est raisonnable). La thorie des distributions est fondamentale pour l'tude des quations aux drives partielles de la physique. Voir [Tay96a].

Le fait que associs

x a un spectre continu est troitement reli au fait que les vecteurs propres ne sont pas des vecteurs de H. > 0,
on considre la fonction suivante appele

Exercise 2. Pour
largeur

Lorentzienne de

: L (x) = 1 2 + 2 x ( > 0)

L (x). Montrer que la suite de fonctions L ne converge pas vers une fonction pour 0, mais qu'elle converge au sens des distributions vers la distribution de
Tracer l'allure de

48 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

Dirac

(x). Pour cela il faut montrer d'aprs la dnition fonction (x) (qui tend assez vite vers 0 pour x ):
0
Montrer de mme:

(1.22) ou (1.24) que pour toute

lim L | = (0) ; ; (x) = lim0 (x) =


2 2 1 ex / 2 (x/) lim0 sin x2

(x) = lim0 (x) =


[Link]

1 |x|/ e 2 1 sin(x/) lim0 x

Relation de fermeture en position

En utilisant (1.23) on a :

|1 , |2 ,
donc

< 1 |2 >=

1 (x)2 (x) dx =

< 1 |x >< x|2 > dx

I=

|x >< x| dx

qui est la relation de fermeture dans la base position. Abusivement, on dira que prcis du terme, car

|x >, x R

forme une base de l'espace

dite

base de

position, pour la reprsentation en position. (Attention, ce n'est une base au sens

|x H). / | > < x| >=


dans la base

Ainsi la relation eq.(1.23) s'interprte par analogie avec eq.(1.15) en disant que :

(x)

est la composante du vecteur

De mme on a d'une part

(|x >)x . < x|x >< x | > dx et

eq.(1.24) :

(x) =

(x x)(x )dx .

Donc par identication :

< x|x >= (x x)


Exercice 7. montrer que l'on peut crire :
+

x=

qui est analogue (1.20) page 45.

x |x >< x|dx

Exercice 3. Si

est un oprateur, montrer qu'il est caractris par la connaissance de

ses lments de matrices dans la base position

A (x , x) := x |A|x
appele

noyau de Schwartz. Si

est un vecteur, montrer que

A (x ) = x |A =

x |A|x x| dx

1.5.

SPECTRE D'OPRATEURS

49

1.5.3

Spectre de l'oprateur

p,

base d'impulsion

On cherche une fonction

p (x)

vecteur propre de l'oprateur

(qui sera aussi not

|p = |p

pour simplier), et de valeur propre associe

p R.

C'est dire tels que :

p|p >= p|p >


avec

p (x) = x|p = x|p

. D'aprs (1.9), cela donne

i dp (x)/dx = pp (x) (x) = C. exp (ipx/ ). La constante C est arbitraire (cf remarque page 44). On choisit C = 1/ 2 de faon a pouvoir crire simplement la relation de fermeture ci-dessous,
soit eq.(1.26). Le spectre de associ not relation (1.23)) :

p est donc constitu par les valeurs propres p R avec vecteur propre |p > donn par la fonction appele onde plane (on utilise dornavant la p (x) =< x|p >= 1 exp 2 ipx

innie (car

On remarque que le spectre de p est continu, et que les fonctions p ont une norme 1 < p|p >= R (2 ) dx = ). Tout comme les tats |x , les fonctions propres p 2 ne sont donc pas des vecteurs de l'espace de Hilbert H = L (R).

[Link]

Transforme de Fourier, et relation de fermeture en impulsion

Utilisons

(|p >, p R)

comme une base de

(Comme expliqu plus haut, il est abusif

d'appeler cela une base, ). Les composantes d'un vecteur

| >

dans cette base sont donc

< p| >,

et on a

< p| >=

1 < p|x >< x| > dx = 2 < p| >


sont la fonction (avec le coecient

px ei (x) dx = (p)

(1.25)

montrant que les composantes de la fonction d'onde dit aussi que la base

transforme de Fourier

(p)

(x)

en plus qui est juste un facteur d'chelle,

par rapport la dnition mathmatique de la transform de Fourier, voir Annexe). On

|p >

est

la base de Fourier, et que

(p)

est la

reprsentation en

impulsion.
La relation de Fourier inverse (voir Annexe) :

(x) =
s'crit en notation de Dirac :

1 2

px ei (p) dp

< x| >=

< x|p >< p| > dp

et montre donc que l'on a la relation de fermeture dans la base d'impulsion :

50 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

I=

|p >< p| dp

(1.26)

Remarques :

Sans le choix

C = 1/ 2

de la constante ci-dessus, cette relation de fermeture

aurait eu un facteur supplmentaire.

[Link]

Applications de la relation de fermeture

d'une part

< | >=
d'autre part :

< |x >< x| > dx =

|(x)|2 dx

< | >=
2
donc

< |p >< p| > dp =

(p) dp
de Parceval.

< | >= (p) dp = |(x)|2 dx qui est la relation On a p|p = p|p avec p R, donc pour tout H < p|| >= p < p| > p

(1.27)

donc :

p (p) = p (p)
ainsi l'oprateur

agit comme une drivation dans la base de position (voir dnition

(1.9)), et comme une multiplication dans la base d'impulsion.

Exercice 8. Calculer et reprsenter la fonction d'onde du paquet d'onde Gaussien en

reprsentation impulsion :x0 ,p0 , (p)


Exercice :

=< p|x0 , p0 , >.

montrer que l'on peut crire

p |p = (p p) ,
Solution : d'aprs (1.26) on a

p=

p (|p p|) dp.


montrant que

p | =

p |p p| dp

p |p = (p p)
On a

d'aprs la dnition (1.24) de la distribution de Dirac (ici en variable

p).

p|

p (|p p|) dp | = p=

p p |p p| dp =

p (p p) p| dp = p p | = p || p

d'aprs (1.27). Donc

p (|p p|) dp.

1.5.

SPECTRE D'OPRATEURS

51

Exercice

crire l'quation d'volution de Schrdinger en reprsentation d'impulsion,

pour la fonction

(p, t).

1.5.4

Spectre de l'oprateur

H,

base des tats stationnaires

L'expression exacte de l'oprateur Supposons qu'une onde

x H = 2m + V () dpend du potentiel V (x) considr. |E > H (non nulle) vrie l'quation appele quation de

p2

Schrdinger stationnaire :

H|E >= E |E >

(1.28)

La valeur propre

ER

est appele

nergie de

|E >

(car

comme le Hamiltonien

a la dimension d'une nergie). Sauf dans des cas particuliers (dus des symtries), il est impossible de trouver analyti-

quement l'expression des fonctions propres

E (x) et des valeurs propres E . On doit utiliser

des mthodes d'approximation dcrites dans le chapitre 8. Ces cas particuliers une dimension sont par exemple :

V (x) = 0 : potentiel nul, c.a.d. pas de force extrieure, donc particule libre. V (x) = 1 kx2 : potentiel quadratique, c.a.d. force F (x) = dV /dx = kx linaire 2
(dite

Harmonique).

Plus gnralement

V (x) = ax2 + bx + c par morceaux. Le cas de potentiels constants

par morceaux est trs tudi en licence.

[Link]
Si

Interprtation physique : onde stationnaire

t = 0, | (0) = |E

vrie (1.28) alors au cours du temps, l'onde

|(t) >

volue

d'aprs (1.11) comme :

d|(t) > = dt
dont la solution est explicitement :

E |(t) >= i |(t) >

|(t) >= exp i


c'est dire

Et

|(0) >

(1.29)

(x, t) = exp i

Et

(x, 0). |(x, t)|


est constant au cours du

Autrement dit, l'enveloppe de l'onde ne change pas (i.e que

temps), seule sa phase complexe change vitesse constante (dpendant de

E ). On dit alors

|(t) >

est une

onde stationnaire ou un tat stationnaire. Remarques :

52 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

c'est l'analogue des ondes stationnaires sur une corde vibrante qui pulsent d'aprs 2 2 2 l'quation d'volution des ondes t c x = 0. Il est important de savoir que les ondes stationnaires (vecteurs propres de H ) sont des solutions particulires. En gnrale pour une condition initiale quelconque stationnaires sont nanmoins importantes pour trois raisons au moins : 1. Au niveau mathmatique, les vecteurs propres de total

(x, 0)

l'onde volue, se dforme et n'est pas stationnaire. Voir exemples ci-dessous. Les ondes

forment une base de l'espace

2. A temprature (presque) nulle, un systme non isol se met dans son tat de plus basse nergie, qui est l'onde stationnaire de plus basse nergie. A temprature plus leve, on montre en physique statistique (loi de Boltzmann) que le systme est dans une rpartition statistique d'ondes stationnaires de direntes nergies. L'tat stationnaire de plus basse nergie s'appelle l'tat

fondamental.

3. Dans les expriences de spectroscopies (Exprience assez standard pour sonder la matire par le rayonnement), on impose une force stationnaire au systme (par exemple une onde monochromatique laser sur une molcule), la faisant transiter vers un tat d'nergie spcique.

(*) Pour l'oprateur de Schrdinger direntielle est une quation relle.

p2 H = 2m + V (x), les vecteurs propres peuvent tre choisis comme tant des fonctions (x) relles (et non complexes), car l'quation

Exercice : montrer.

[Link]
Si

Exemple d'une particule libre sur l'axe


pour tous

x
alors les fonctions propres sont donc

V (x) = 0

les ondes planes cintique.

x R, c'est dire H = 2m , p2 |E >= |p >, car H|E >= 2m |p > et

p2

E =

p2 2m

est l'nergie

Remarques

Le spectre est continu car toutes les valeurs de au fait que toute nergie

E 0

sont permises. Cela est reli

E 0,

la particule peut partir l'inni. Voir plus loin un a deux fonctions propres direntes associes : dit que la valeur propre

critre plus prcis, gure 1.20.

Pour une valeur donne de

|p >, | p >,
une

avec

p=

E , il y 2mE . On

est

dgnre, avec

multiplicit deux.

(*)La relation de fermeture dans la base d'nergie s'crit pour la particule libre

I=
R

dp|p >< p|
se dplaant vers la droite, et

Physiquement

|p > correspond une onde d'nergie E

|p>

vers la gauche.

1.5.

SPECTRE D'OPRATEURS

53

[Link]

Exemple d'une particule libre sur un cercle

2 1 L'espace des fonctions priodiques est H = L (S ) dj dcrit page 40. Pour une parti2x 1 , voir eq.(1.16), cule libre H = p /(2m). Pour une fonction de base Vk (x) = exp ik 2 L L on a : k2 dVk (x) = Vk (x) = pk < x|Vk > < x||Vk >= i p

dx

donc les valeurs propres de l'impulsion sont discrtes

pk =
et aussi pour l'nergie

k2 , L
avec :

kZ

H|Vk >= Ek |Vk > Ek =

p2 k , 2m

k Z. k = 0), mais cette fois ci le

Le spectre d'nergie est nouveau de multiplicit deux (sauf si sur un cercle. La relation de fermeture en nergie s'crit :

spectre d'nergie est discret. On verra que cela est li au fait que la particule est conne

I=
kZ

|Vk >< Vk |

[Link]

Remarques
En gnral (V

Spectre discret ou continu ?

(x) quelconque) le spectre de H

peut avoir

une partie discrte (i.e des valeurs propres associe des fonctions d'ondes normalises) et une partie continue. C'est le cas dans l'exemple important d'un puits de potentiel, voir gure 1.20. Cela sera justi plus loin.

trajectoire "ouverte" V(x) trajectoire confine

spectre continu spectre discret

Figure

1.20  Schma d'un Spectre discret et continu en relation avec la nature des

trajectoires classiques conne ou ouvertes (partant l'inni). Il y a des exemples moins intuitifs, par exemple celui d'un potentiel mais born (0

V (x)

alatoire,

< V (x) < V

), dcrivant un lectron dans un conducteur contenant des

54 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

impurets par exemple. On montre alors que le spectre est constitu de valeurs propres ( spectre ponctuel) discret pour toute valeur d'nergie (mme au dessus du potentiel

E > V)
de

et que toutes les fonctions d'ondes d'nergie sont localises (norme nie), alors

qu'une particule classique d'nergie

E>V

peut s'chapper l'inni. C'est le phnomne

localisation forte de Anderson.

Relation de fermeture (*)

A partir de l'ensemble des vecteurs propres de

H,

on peut

crire la relation de fermeture. Supposons que chaque vecteur propre est indic par i. Alors

I=
i

|i >< i | i

Dans cette notation un peu vague, il faut comprendre que l'indice si le spectre est continu, et alors s'crit :

peut tre continu

est une intgrale. Dans ce cas la relation de fermeture

I=
o

dn|En En | =

dn dE

dE|En En | =

|En En | (E) dE

(E) =

dn est la densit d'tat. dE , et que deux indices i dirents peuvent correspondre une mme nergie
On a de mme

E = Ei = Ei

si il y a dgnrescence.

H=
i

Ei |i >< i |

Exercice :
partir de

Utilisation pour l'volution d'un tat quelconque (TD) : Exprimer o

|(t) >

< i |(0) >

|i

sont les vecteurs propres de

H.

Cas d'une particule libre.

1.6 Spectre d'oprateur et rsultat d'une mesure


1.6.1
[Link]

Opration idale de mesure d'un systme quantique


Limite de validit de l'quation de Schrdinger

Jusqu' prsent nous avons suppos que la particule (i.e. l'onde quantique) se dplaant selon l'axe

tait parfaitement isole du reste de la nature, dans le sens o son

mouvement n'inuenait pas l'environnement. Donnons ds prsent une dnition d'un systme quantique isol :

1.6.

SPECTRE D'OPRATEUR ET RSULTAT D'UNE MESURE

55

Dnition 6. Dans une description quantique de deux systmes en interaction, par


exemple un systme 1 coupl un systme 2 (par ex. l'environnement), on dit que le

systme 1 est isol du systme 2 (par ex. de l'environnement) si l'volution

de l'tat quantique de l'environnement systme 1 (ici

env (t)

est indpendant de l'tat quantique du

|1 (0)

ou

|1 (0)

) pendant le processus tudi :

|1 (0) |env (0) |1 (t) |env (t) ,

|1 (0) |env (0) |1 (t) |env (t)

(en crivant

|1 |env = |1 |env

on utilise ici implicitement le produit tensoriel

qui sera introduit plus tard). Pour comprendre le sens de cette dnition, remarquer que si le systme 1 est prpar dans l'tat de superposition volution sera dcrite par :

1 (0) = 1 (0) + 1 (0)

alors son

|1 (0) |env (0) = |1 (0) |env (0) + |1 (0) |env (0) |1 (t) |env (t) + |1 (t) |env (t) = (|1 (t) + |1 (t) ) |env (t) = |1 (t) |env (t)
cet tat

|1 (t) = |1 (t) + |1 (t)

reste donc dans une superposition (cela peut se

manifester exprimentalement par des gures d'interfrences etc.). Sans l'hypothse que le systme soit isol, on n'aurait pas pu obtenir cette conclusion. Naturellement il n'est pas toujours vrai qu'un systme soit isol :

Si la particule inuence seulement quelques autres particules autour d'elle, il faut considrer cet ensemble de particules comme un systme quantique dans sa globalit, (caractriser l'espace de Hilbert correspondant) et l'quation d'volution de Schrdinger s'applique l'ensemble du systme quantique. Ce cas sera dcrit dans les chapitres suivants. Par exemple il peut s'agir d'un atome inuenant les quelques atomes voisins dans une petite molcule. Il faut alors traiter la molcule entire par la mcanique quantique.

Dans d'autres cas la particule inuence un nombre incalculable de particules autour d'elle. Nous allons considrer le cas simpli, lorsqu'un exprimentateur observe la particule an de connatre son tat dynamique comme sa position, sa vitesse ou son nergie : forcment la particule en question inuence les appareils de mesure de l'exprimentateur. Et qu'on le veuille ou non ces appareils inuenceront (un tant soit peu) leur environnement, ne serait-ce que les molcules d'air, ou les photons autour d'eux.

Dans ce dernier cas, on sort du cadre de la thorie quantique dcrite prcdemment :

l'quation d'volution de Schrdinger ne s'applique plus ,

car la particule n'est plus

isole au sens que l'on a convenu. Ce qui se passe alors est dcrit par une autre loi appele

postulat de la mesure nonc ci-dessous. Ce postulat a t dcouvert seulement parce

56 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

qu'il correspond parfaitement aux faits exprimentaux. (On doit dire dcouvert et non pas invent).

[Link]

Exemple d'exprience : mesure de la position d'une particule passant par les double fentes de Young.

An de se xer les ides sur un exemple concret, nous dcrivons ici une exprience qui mesure la position d'un atome. La particule est issue d'une source et passe par un dispositif de double fentes de Young (qui a pour but de crer des interfrence de l'onde quantique). L'onde quantique arrive ensuite sur une range de dtecteurs. Voir la gure 1.21. Une telle exprience a t ralise, par exemple avec des atomes (non), des lectrons, et mme des molcules Supposons que la source soit capable de description orthodoxe de cette exprience :

C60 .

lancer individuellement des atomes, tou-

jours dans le mme tat : un paquet d'onde rpartit sur plusieurs directions. Voici la (A) Au sortir de la source, ce paquet d'onde volue librement (1) ; puis il passe travers
les deux fentes d'Young (2) (une partie est rchie), et ensuite les deux parties de l'onde transmises interfrent entre elles, crant une onde (3) au niveau des dtecteurs 2 qui possde des ondulations d'intensit | (x)| . Durant toute cette priode, l'onde a subit l'inuence des fentes d'Young, mais elle n'a pas inuenc (de faon signicative) son environnement. Par consquent, il est correct de dcrire la particule par l'quation de Schrdinger et par une fonction d'onde

(x, t).

(B) En arrivant au dtecteurs, la particule interagit avec eux. Il n'est plus correct de
continuer dcrire la particule individuellement par l'quation de Schrdinger. De faon surprenante, un seul dtecteur situ la position valeur de

x1

dtecte la particule. La

x1

slectionne est le fruit du hasard le plus total (Il n'y a aucun moyen de

le prdire). On suppose qu'aprs la dtection, la particule n'est pas dtruite, et est nouveau libre. Elle est alors dcrite par une fonction d'onde qui est un paquet d'onde localis en

x1

(la valeur observe). On dit qu'il

y a rduction du paquet d'onde.

(C) La dtection d'un seul atome donne une valeur

x1

de position qui est compltement

alatoire (imprvisible). Mais si l'on rpte la mme exprience un grand nombre de fois avec le mme tat initial, on dtectera des atomes aux positions successives

x1 , x2 , x3 , . . . , xN ,

avec le module carr de la fonction d'onde signie prcisment, que la courbe 2

et l'on s'apercevra que l'histogramme des valeurs de xi concide | (x)|2 l'approche des dtecteurs. Cela

Nombre de rponses du dtecteur(x) (renorpour

malise) converge vers

| (x)|

N .

Ainsi, aprs l'envoi de

atomes,

les dtecteurs touchs seront rpartis comme sur la gure (1.22). La seule prdiction que peut faire la mcanique quantique est donc d'ordre statistique : 2 pour N , l'histogramme converge vers | (x)| prdit par la thorie. (Bien que la thorie quantique dcrive la fonction d'onde pas observable).

(x, t)

individuelle d'un atome, celle-ci n'est

1.6.

SPECTRE D'OPRATEUR ET RSULTAT D'UNE MESURE

57

(Doubles fentes de Young)

Source datomes individuels

(1) (2) (interfrences) (3) Srie de dtecteurs (A) Avant la dtection: Propagation de londe quantique dun atome, dcrite par lquation de Schrodinger.
(Doubles fentes de Young) x

Source datomes individuels

Dtection de la particule en x

Srie de dtecteurs (B) aprs la dtection: Un dtecteur apercoit la particule la position x (Hasard total !) La particule est ensuite localise en x.

Figure 1.21  Mesure de la position d'un atome (A) et (B)

58 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

Dtecteur (x i)

Dtecteur (x i)

Dtecteur (x i)

Hasard total

|(x)|2

0 1 2 ... N=1 atome lanc

Nombre de rponses

0 1 2 ... N=14 atome lancs

Nombre de rponses

0 1 2 ... N=31 atome lancs

Nombre de rponses

Figure 1.22  (C) Rponses des dtecteurs aprs l'envoi de N atomes. La seule prdiction
de la mcanique quantique est pour

: l'histogramme converge vers

| (x)|2 .

[Link]

Postulat de la mesure

L'exprience que nous venons de dcrire montre une application du postulat de la mesure dans le cas d'une mesure de la position de la particule. En fait, ce postulat est valide pour toutes les mesures physiques possibles. Voici sa gnralisation. Supposons que avant la mesure, la particule soit isole de l'environnement, et dcrite par l'tat quantique

| > H. A
auto-adjoint not

L'exprimentateur dcide de mesurer la position, ou l'impulsion ou l'nergie de la particule, ou toute autre grandeur qui est de mme associe un oprateur

A. (A = x

ou

p ou

,...). On appelle cet oprateur

On note le spectre de

l'observable.

par

A|a >= Aa |a >


o

est un indice discret ou continu et

(Aa )a

(nombre rel) sont les valeurs propres.

D'aprs le postulat

(Aa )a sont aussi les dirents rsultats possibles de la grandeur mesure. Attention, il peut y avoir des dgnrescences, c'est dire des valeurs propres identiques. Aa = Aa
avec des indices A une valeur propre

a=a. A R donne, PA =

on associe

le projecteur spectral :

a tq Aa =A
o la somme porte sur les indices propre associ, voir (1.19) page 44.

|a a | a |a
projecteur orthogonal sur l'espace

tel que

Aa = A.

1.6.

SPECTRE D'OPRATEUR ET RSULTAT D'UNE MESURE

59

Alors juste aprs la mesure, la valeur observe sera l'une ou l'autre des valeurs propres

Aa

selon un hasard total. Si

Aa

est une valeur propre simple alors la valeur

Aa

est observe avec la probabilit

Proba (A)

|< a | >|2 < | > a |a

(1.30)

et dans ce cas, juste aprs la mesure, la particule se trouve dans l'tat

| = |a
Plus gnralement, si la valeur propre avec la probabilit

a | . a |a

A est dgnre alors la valeur A est observe PA


2
(1.31)

Proba (A)

et juste aprs la mesure, la particule se trouve dans l'tat

| = PA | .
Remarque : si l'indice

a est continu alors P (A) = Pa est une lit, c'est dire que P (A)dA est la probabilit de dtecter A

densit de probabiavec

A [A, A + dA].

Remarques

Noter que dans le cas quivalents car

N = 1

(valeur propre donc

Aa
2

Pa =

1 a |a

|a a |

Pa

simple), les deux noncs sont 2 | a | 2 |a aa|a = | a |a| .

Cela signie prcisment que juste aprs la mesure, un des vnement suivant arrive : soit l'exprimentateur observe la valeur

A1

et alors la particule est passe dans l'tat

|1 >, soit il observe A2


avec la probabilit

et la particule est en

vnement se produit, seulement on sait que c'est

|2 >, etc... on ne sait pas lequel de ces A1 avec la probabilit P1 , ou A2

P2 ,...Que

signie prcisment la notion de probabilit ? Comme

expliqu ci-dessus, cela n'a de sens que si l'on rpte la mme opration de mesure dans des conditions strictement identiques un grand nombre disons par exemple

de fois. Aprs chaque

mesure, on aura un rsultat qui rsulte du hasard ; on aura une srie de rsultats

A1 , A3 , A4 , A1 , A2 , A1 , . . . . Alors la proportion de A1 par rapport au total est P1 , la proportion de A2 est P2 , etc... (autrement dit, appelons NAi le nombre de fois que le rsultat Ai apparat. alors (NAi /N ) Pi pour N ) <|> 1 On a a Pa = <|> a < |a >< a | >= <|> = 1, donc Pa = 1
a

60 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

ce qui est ncessaire pour parler de probabilit. De plus la valeur des probabilit est la mme pour deux vecteurs proportionnels : eet

| >

et

| >= | >,

avec

C.

En

Pa =

|< a | >|2 ||2 |< a | >|2 = Pa = < | > ||2 < | > | >
et

Par consquent on dit que normaliss, alors

| >= | >correspondent

au mme

tat phy-

sique, puisqu'ils ont les mme proprits observables. Si les tats

| >

et

|a

sont

< | >= 1, a |a = 1,

et l'expression (1.30) est lgrement

simplie, mais ce n'est pas du tout ncessaire.

En rsum, tant que le systme est isol, la mcanique quantique est dterministe : elle est capable de prvoir l'volution de la fonction d'onde grce l'quation de Schrdinger. Mais lorsque qu'une mesure se produit, elle n'est plus capable de prvoir exactement ce qu'il va se produire. Elle permet seulement de connatre les probabilits des direntes possibilits (ce qui est dj trs fort, puisque partir de ces probabilits et avec la thorie de la physique statistique, on obtient les lois de la thermodynamique et de la mcanique classique). Il y a donc une part de hasard inhrent la thorie quantique, lors de la mesure.

Ce processus de mesure ne ncessite pas la prsence d'un exprimentateur. Il se produit ds que la particule quantique inuence son environnement, et peut donc se produire aussi bien dans une pice vide, que sur une le dserte, que sur mars ou ailleurs. Ce phnomne est en fait incessant et omniprsent, c'est le contraire qui est plutt exceptionnel : un systme peut tre considrer comme tant approximativement isol que pendant un certain intervalle de temps appel le

temps de

dcohrence

decoh. .

Il est intressant d'appliquer l'quation de Schrdinger ce

systme, seulement si son tat quantique a le temps de changer de faon signicative pendant cet intervalle. Voir le site Web

[Link]

Ou le cours

en PDF de C. Cohen-T :[Cla88] ou de Serge Haroche [Har02]. Exemple de valeurs de decoh ([DEC+ 96], p.57) :

decoh
Eet des molcules d'air 3 3 Eet du vide de labo (10 part/cm ) @@ Eet des photons fossiles 300K.

Grosse molcule 6 taille a=10 cm

Poussire 3 taille a = 10 cm

1018 s. 105 s. 106 s.

1024 s. 1011 s.

Il faut comparer ces temps aux temps lectroniques (priode d'un lectron dans un atome) e /eV 1015 s, ou aux temps molculaires (priode de vibration d'un 3 atome) vib /10 eV 1010 s. Les eets de cohrence quantique n'existent pas si les temps de dcohrence sont plus courts que ces temps caractristiques.

Dans la description vectorielle de la mcanique quantique que nous avons adopte jusqu' prsent, nous avons montr que toutes les bases ortho-normes de

sont

quivalentes dans le sens o elles permettent de reprsenter les mmes tats quantiques et la mme quation d'volution. Ce ne sont que des reprsentations direntes. Par contre le mcanisme de la mesure qui rsulte de l'interaction du systme quan-

1.6.

SPECTRE D'OPRATEUR ET RSULTAT D'UNE MESURE

61

tique avec son environnement privilgie une certaine base, qui est

la base de posi-

tion en gnral, ou la base d'nergie dans les expriences de spectroscopie. Exemple : mesure de la position
Voyons comment l'nonc gnral du postulat de

la mesure donne l'exemple de la mesure de position d'une particule trait plus haut. Supposons que l'tat de la particule soit un paquet d'onde eectue une mesure de la position observe est la position

| >,

et que l'observateur

x. L'observable est donc l'oprateur A = x. La grandeur

x qui est une grandeur continue. On cherche l'expression de la loi de probabilit : P (x)dx qui est la probabilit de dtecter la particule dans l'intervalle [x, x + dx[. la fonction P (x) s'appelle densit de probabilit. La base de l'observable est la base de position |x >, et d'aprs (1.30), on a : 1 |< x| >|2 = |(x)|2 P (x) = < | > < | >
Dans le cas d'un paquet d'onde normalis (1.32) , cela donne

| >= |x0 , p0 , >eq.(1.6) 1

P (x) = |x0 ,p0 , (x)|2 =

( 2 )1/2

exp (x x0 )2 / 2

qui est une Gaussienne reprsente sur la gure 1.3. Si aprs une mesure, l'observateur dtecte la particule dans l'intervalle alors la particule se trouve dans l'tat spatialement ; on dit qu'il y a

|x >(plus

prcisment

1.19). L'onde de la particule subit un brusque changement

|x > avec | > |x >,

|x, x + dx[, = dx, voir g.


et se concentre

rduction du paquet d'onde.

Mesure de l'impulsion

De la mme faon si l'observable est l'oprateur de position

A = p, on obtient [p, p + dp[ est


.

que la probabilit d'observer une impulsion comprise dans l'intervalle

P (p)dp =

2 1 (p) dp < | >

Dans le cas du paquet d'onde normalis eq.(1.6) , cela donne

P (p) = x0 ,p0 , (p)

(p p0 )2 = exp ( /)2

qui est une Gaussienne. Aprs la mesure, la fonction d'onde de la particule est une certaine onde plane

|p >.

1.6.2
[Link]

Sur la dicult d'interprter la mcanique quantique


Faut il interprter ? La description orthodoxe sut t-elle ?

Le postulat de la mesure prsent plus haut est indispensable pour donner une ralit la thorie quantique, pour la confronter aux rsultats d'expriences.

Par rapport

62 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

la confrontation avec l'exprience, la thorie quantique, avec le postulat de la mesure est parfaitement satisfaisant : il n'y a pas de mesure qu'il les contredisent, et
tous les phnomnes observables semblent entrer dans le cadre de cette thorie (bien que de nombreux phnomnes physiques, soient en pratique hors de porte d'explications simples et directes partir des premiers principes : citons les phnomnes complexes comme la turbulence (mto) ou l'auto-organisation de la matire). Cependant d'un point de vue thorique ou plus conceptuel, une lacune demeure : si la thorie quantique dcrit tous les phnomnes physiques, elle devrait aussi dcrire les phnomnes macroscopiques, les appareils de mesure, et donc l'interaction entre une particule quantique et un appareil de mesure. Autrement dit, le postulat de la mesure ne devrait pas entre tre un, il devrait pouvoir s'expliquer dans le cadre de la thorie quantique applique plus largement la particule et son environnement.

[Link]

O est la Limite classique-quantique ?

(lire l'article Zureck [Zur91]) Disons tout de suite, que cela n'est pas fait, aucune exprience ne permet de montrer que la thorie quantique (comme le principe de superposition d'tats) s'applique des objets macroscopiques. Tout au plus des expriences rcentes montrent des phnomnes d'interfrences avec des systmes contenant quelques dizaines de particules, donc encore microscopique (expriences d'Aroche et al. entre photons et atomes) . La raison de cette limite n'est pas que le principe de superposition cesse de s'appliquer au-del de quelques particules, cela on ne le sait pas. La dicult vient du fait que pour tester le principe de superposition, il faut faire des expriences de type interfrences, et pour cela isoler susamment le systme quantique de son environnement ; c'est cet isolement qui est quasiment impossible obtenir en pratique ; c'est le phnomne de dcohrence quantique. La question suivante reste donc ouverte : la thorie quantique s'applique t-elle aux assembles d'objets (objets macroscopiques) ou se limite t-elle peu de particules ? Sinon quelle exprience faire pour dtecter cette limite ? Quelle nouvelle thorie permettrait de dpasser cette limite ? Remarquons que comme le prouve l'histoire des sciences, en gnral, une nouvelle thorie physique ne se trouve que partir de rsultats exprimentaux pralables.

8. Une remarque est ncessaire ici : les phnomnes physiques comme la super-uidit, la supraconductivit ou la condensation de Bose-Einstein font intervenir au moins des milliers de particules et se dcrivent par un tat collectif. La thorie quantique permet de bien dcrire cet tat collectif, en terme d'tat cohrent. Pour cela on dit souvent que la matire est dans un tat quantique macroscopique. Notons cependant, que l'on n'observe pas la matire dans une superposition cohrente de tels tats (ou alors dans une superposition de deux ou trois de ces tats, voir expriences sur les jonctions Josephsons quantiques). En fait d'un point de vue thorique, ces tats collectifs de la matire pour les atomes, sont des tats classiques semblables l'tat du champ classique lectromagntique pour les photons.

1.6.

SPECTRE D'OPRATEUR ET RSULTAT D'UNE MESURE

63

[Link]

Une interprtation alternative : appliquons le principe de superposition aux objets macroscopiques

Essayons cependant d'appliquer naturellement les ides de la mcanique quantique au del de son domaine de validit prouv, c'est dire d'appliquer le principe de superposition aux objets macroscopiques comme les dtecteurs, et tout l'environnement. Voici ce que cela donnerait dans l'exemple de la mesure de position d'une particule, gure (1.21) ci-dessus. Il y a des dtecteurs chaque position (discrte) est not :

x. L'tat du dtecteur situ en x teint

. Par contre si le dtecteur interagit avec la particule, il s'allume et passe |Dx . Autrement dit, l'interaction de l'onde quantique de la particule avec les dtecteurs, est dnie par la rgle d'volution suivante. (En notant |x dans l'tat quantique not un tat de la particule la position

|Dx

x)
|x |Dx : |x |Dx :
si si

|x |Dx Evolution

x=x x=x

L'tat quantique de l'ensemble des dtecteurs est dcrit par la notation

|D = (|Dx1 |Dx2 . . . |DxN )


(on verra au chapitre suivant qu'il s'agit d'un produit tensoriel). Avant d'interagir avec les dtecteurs, la particule est dans l'tat quantique localiss en

qui est

rpartit dans l'espace, et se dcompose donc (principe de superposition) en paquet d'ondes

x (x) |x . En arrivant sur les dtecteurs, toujours en appliquant le principe de superposition,

x : | =

l'interaction particule-dtecteurs est dcrite par (faire schma avec deux dtecteurs@@) :

| |D

=
x

(x)|x (|Dx1 |Dx2 . . . |DxN )


(x)|x (|Dx1 |Dx2 . . . |Dx . . . |DxN ) x

Evolution

Ainsi le rsultat de la mesure serait une superposition d'tat de la forme

|x (|Dx1 |Dx2 . . . |Dx . . . |DxN )


. Un tel tat dcrit la particule localise en

|x

, le dtecteur correspondant

Dx

allum et

les autres teints. C'est bien la ralit physique observe dans une exprience. C'est tat quantique dcrit donc la particule et son environnement. On dit que c'est une description du monde classique. (Dans la description ci-dessus, on pourrait rajouter d'autres objets de l'environnement sans dicult, de la mme faon que l'on a trait les dtecteurs). Mais contrairement l'explication orthodoxe (postulat de la mesure) et au bon sens de ce que l'on voit, l'tat nal dcrit ici est une superposition de tels tats de type mondes classiques. Autrement dit tous ces tats coexisteraient simultanment. Voici donc ce que donnerait une application (abusive et nave) de la mcanique quantique tous les objets

64 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

macroscopiques de notre environnement : l'existence de mondes multiples qui coexistent et s'ignorent mutuellement. Cette interprtation de la mcanique quantique a t remarque ds le dbut par les physiciens (qui imaginaient le chat de Schrdinger... ), et a port le nom de

Many world interpretation aprs la thse de H. Everett en 1957.

Notons cependant que cette description des choses ne donne aucune explication quand l'origine des probabilits : d'o provient la loi (1.30) ? Il ne s'agit donc pas d'une interprtation complte de la mcanique quantique. Nous en avons parl, premirement car cette dmarche thorique qui est de dcrire l'environnement par ses tats quantiques est couramment utilise, notamment dans les thories de la dcohrence qui elles ont des consquences observables. Deuximement, c'est aussi pour montrer que le phnomne de la mesure quantique, et donc du sens de la mcanique quantique elle mme, est un problme dicile. Il n'y a mme pas de question claire. C'est un sujet trs dicile, qui proccupe les physiciens depuis le dbut de la mcanique quantique, sans qu'aucun n'ait pu apporter une rponse satisfaisante ce jour. Il faut savoir que de nombreuses tentatives d'interprtations existent, voir par exemple le livre de [Link] [Omn00].

1.6.3
donn

Valeurs moyenne et variance de l'observable

Dans cette section nous tudions les relations possibles entre un oprateur autoadjoint

et un tat quantique donn

| > H.

Cette tude a un sens physique immdiat dans le cadre du processus de mesure de l'observable

A sur l'tat | > comme expliqu plus haut, et permettra de donner les formules

statistiques (moyenne et variance) de la grandeur observe.

Mais cette tude a aussi un sens si le systme reste isol de son environnement. L'interprtation de l'tude dans ce cas est d'analyser l'tat de

| >

par rapport la base propre

A.
Comme ci-dessus, on note le spectre de

par

A|a >= Aa |a >


o

a est un indice discret ou continu | > H quelconque se dcompose : | >=


a
et l'on pose comme ci-dessus :

et

a |a = 1.

Dans la base propre de

A,

un vecteur

a |a >,

avec

a =< a | >

|< a | >|2 Pa = < | >


qui s'interprte comme la probabilit d'observer la valeur voir section prcdente. (Dans le cadre d'un systme isol, qui ne s'interprte pas comme une probabilit).

Aa dans le cadre d'une mesure, Pa est juste un coecient positif

1.6.

SPECTRE D'OPRATEUR ET RSULTAT D'UNE MESURE

65

La liste des valeurs possibles

Aa

avec leur probabilit respective

Pa

pour dirents

constitue un histogramme, et il est conventionnel de dnir des grandeurs caractristiques pour un tel histogramme (voir gure 1.23) :

Dnition 7. La valeur moyenne de l'histogramme

(Aa , Pa )a

est

A :=
a

Pa A a

Graphiquement, la valeur moyenne caractrise le barycentre de l'histogramme. La

variance de l'histogramme

(Aa , Pa )a

est :

(A)2 := =

(A A )2 Pa (Aa A )2
a

(1.33) (1.34)

A s'appelle l'cart type ou encore l'incertitude sur la valeur de A. Graphiquement, l'cart type A (et la variance) caractrise la largeur de l'histogramme. Cette dnition de largeur est naturelle car elle montre comment les valeurs Aa s'cartent du barycentre A .
On a pris la valeur moyenne des carts au carr (au lieu des distances) pour des raisons de commodit.

pa

p2 p1 A1 A2 ... <A> A

Figure

1.23  Histogramme de valeurs

A1 , A2 , . . .

avec les poids respectifs

P1 , P2 , . . ..

Valeur moyenne

et cart type

de l'histogramme.

66 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

Proposition 4. on a les relations trs utiles :

A = (A)2 =

< |A| > < | >


2

(1.35)

A2 A

< |A2 | > = < | >

< |A| > < | >

Ces critures en terme de vecteur et d'oprateur, sont intressantes car ne dpendent pas explicitement de la base.

Dmonstration. On crit

< |A| > = < | > =

< a |a
a

A
a

a |a > / < | > P a Aa


a

Aa a a
a

/ < | >=

Et

(A A )2 = A2 2A A + A
.

= A2 2 A A + A

= A

Remarque (*)

moment d'ordre Exercice

plus gnralement, pour un histogramme ou distribution, on dnit le 2 n par Mn = An . Ici, A = M1 , et V ar(A) = M2 M1 .

Pour le paquet d'onde

vables de position

ou

| >= |x0 , p0 , > d'impulsion p, montrer que : xP (x)dx = pP (p)dp =

dni en (1.6) page 20, et les obser-

x = p =

x |x0 ,p0 , (x)|2 dx = x0 p x0 ,p0 , (p) dp = p0


2

x = p =

1 2 1 2

1.6.

SPECTRE D'OPRATEUR ET RSULTAT D'UNE MESURE

67

Remarque : on a

xp =
indpendant de

2 |x0 ,p0 , (x)|2 . x0 ,p0 , (p)


2
. Et Et

(1.36)

x = x0
largeur.

est donc la moyenne de la distribution

x = / 2

est sa

p = p0
sa largeur.

est donc la moyenne de la distribution

p = ( /) / 2

est

Ce rsultat est schmatis sur la gure 1.24.

|(p )|
p0

2 x p

Surface ~ h

|( x )| x0

x
et

Figure 1.24  Distribution de probabilit |(x)|2


relation

(p)

2
pour le paquet d'onde. La

montre que la paquet d'onde occupe une surface 2 de phase. Cela est formul plus rigoureusement plus loin.

xp =

dans l'espace

Exercice 4. Calculer l'nergie moyenne


d'onde

| >= |x0 , p0 , >

et la largeur en nergie E pour un paquet libre ( cad avec le Hamiltonien H = p /(2m)). 2

Exercice 5. (voir Cohen T. p.240)


Montrer que

1 d A (t) = dt i

A, H

A t

Dduire la conservation de l'nergie moyenne (et d'une manire plus directe). p2 Dduire le thorme d'Erhenfest pour H = + V () : x 2m

d x dt d p dt

1 p m dV = () x dx =

68 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

qui sont des relations trs analogues aux quations de Hamilton classiques (dans ces derd p nires la deuxime relation serait plutt = dV ( x ) ; cette dirence apparament dt dx minime est en fait cruciale et se manifeste dans les dirences entre volution quantique du paquet d'onde et l'volution classique d'une distribution de Liouville observes numriquement au dbut du chapitre).

1.6.4

Relation d'incertitude et relations de commutation

Supposons maintenant la donne d'un tat quantique toadjoints

| >

et de deux oprateurs au-

et

B.

Dnition 8. Le commutateur de deux oprateurs

et

est l'oprateur :

A, B = AB B A

Proposition 5. Dans le cas des oprateurs

et

p,

on a
(1.37)

[, p] = i I x

(p) (x) = i x d et x dx d(x) d (x) (x) = i dx = i i x dx . Donc ([, p] ) (x) = i (x) = i I (x). Cela p x tant vrai pour toute fonction , on dduit [, p] = i I . x
Dmonstration. considrons une fonction

(x)

quelconque. On

Proposition 6. La relation suivante montre plus gnralement que pour deux oprateurs
autoadjoints

A, B ,

l'incertitude dans l'tat

| >

sont contraintes par la relation de com-

mutation : (ref : Ballentine [L.E90] p.166)

A B

1 2

A, B

| > H

(1.38)

Remarque : attention que bien que ce ne soit pas explicite, les expressions dpendent de l'tat

et

H.

1.7.

RSUM DU CHAPITRE 1

69

Dmonstration. On considre un tat

H, = 1,

et pour simplier, on suppose que

|A

= 0,

et

= 0

(pour cela il sut de retrancher la moyenne). Alors . On a

A =

|A2 = i A, B =i =i

A|A = A

|AB |B A A|B A|B

=i = 2

A|B B|A A|B

alors, utilisant l'ingalit de Schwartz

9
A|B A B = AB

1 2

A, B

A|B

Remarques :

Dans le cas o

A, B = 0,

on verra (page 221) que les deux oprateurs

des vecteurs propres en commun. Si

| >

est un tel vecteur, alors

A et B ont A = 0, B = 0.

Dans ce cas les deux termes de l'ingalit sont nuls.

Dans le cas des oprateurs

q , p,

d'aprs (1.37), l'ingalit (1.38) devient l'ingalit

de Heisenberg ou relation d'incertitude bien connue :

qp

1 2

(1.39)

Remarquer que dans le cas du paquet d'onde Gaussien montr eq.(1.36), que cette ingalit est une galit.

| >= |x0 , p0 , >,

on a

1.7 Rsum du chapitre 1


Ce rsum sert au premier cours de Master 1, car on suppose ce premier chapitre comme tant connu, dj tudi en L3.

1.7.1
Une

Fonction d'onde
particule se dplace une dimension selon

x R,

soumise une force

F (x) =
o

dV dx V (x, t).
v
. De mme pour deux

V (x)

est l'nergie potentielle, qui peut dpendre du temps :

9. Pour deux vecteurs vecteurs

u, v Rn l'ingalit , H, | | | .

de Schwartz

est

|u.v| u

70 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

Remarque importante :

La particule est soumise aux inuences extrieures (par la force suppose que en retour,

F (x))

mais on

elle n'inuence pas son environnement. Cela est le cas

par exemple, d'une particule lgre (un lectron) et de son environnement qui serait des atomes lourds. Sinon, il est ncessaire de dcrire aussi l'environnement dans le systme tudi.

L'tat de la particule l'instant

t est dcrit par une fonction

appele

fonction d'onde

: x R (x) C
note parfois | et appel ket (notation de Dirac). En mathmatiques, l'espace des fonc tions C (R) est un espace vectoriel (on peut considrer la somme 1 + 2 et le produit externe

avec

C).

Exemple particuliers mais importants :

Une

onde plane d'impulsion

pR

est

px 1 exp i p (x) = 2
aussi note

|p

, avec la constante de Planck

h ,h 2

= 6.626 1034 J.s.

Un

paquet d'onde Gaussien de position moyenne


et de largeur

x0 R,

d'impulsion moyenne

p0 R

> 0,

est :

x0 ,p0 , (x) =

1 ( 2 )1/4

exp i

p0 x

exp

(x x0 )2 2 2

1.7.

RSUM DU CHAPITRE 1

71

Remarque : un paquet d'onde est localis comme une particule. On parle aussi d'tat

quasi-classique.

Aspects mathmatiques (Analyse fonctionnelle) :

Le

produit scalaire entre deux fonctions d'ondes

(x)

et

(x)

est

| =
R
La

(x) (x) dx

norme de

est

=
Par exemple

|
la forme linaire :

x0 ,p0 , = 1

et

Avec la notation de Dirac, on

p = (norme innie). note | ou |. , appele bra, | : L2 (R) C | |


.

On appelle

le

vecteur dual mtrique de

L'espace

de Hilbert des fonctions de carr sommable est (la fermeture)


L2 (R) := { C0 (R) ,

< }

H := L2 (R) l'espace de Hilbert des tats quantiques. Si L2 (R), 1 = 0, alors = vrie = 1. On dit qu'elle est normalise. On note (x) = x| et x| (ou son dual |x ) s'appelle l'tat de position x. Mathmatiquement x| x est la distribution de Dirac en x. On crit : x (y) = x|y = (y x). Les deux critures suivantes sont quivalentes (la deuxime utilise
On note aussi la notation de Dirac) :

(x) =

x (y) (y) dy

x| =

x|y y| dy

72 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

Le sens physique du produit scalaire devriendra clair lorsque nous rappelerons le postulat de la mesure. Rappelons dj l'ingalit

de Cauchy-Schwartz qui est la relation gnrale

| | | = (cos )
o


On a donc

0, 2

est l'angle entre les tats

et

0 cos =
Signication physique de l'angle : | Si | | 0 alors et 2 | | | 1 alors et Si 0 On a alors

| | | 1

dcrivent dcrivent

deux tats physiques dirents. deux tats physiques semblables.

est une constante (

= ei

est une phase si les tats

sont normaliss). Exercice : exemples de fonctions semblables ou bien direntes construites partir de superpositions de paquets d'ondes. @@

1.7.2

Evolution d'un tat quantique

t (x)

L'onde quantique volue d'aprs

l'quation de Schrdinger :

d(t) = dt
avec

(t)

p2 H= + V () oprateur Hamiltonien x 2m p = i oprateur impulsion x x oprateur position


donc

(nergie)

2 2 p2 = 2m et () (x) = x (x), (V () ) (x) = V (x) (x). L'quation de x x 2m x2 Schrdinger s'crit donc de faon plus explicite comme une quation linaire aux dri-

ves partielles (E.D.P.) :


2 2 i (x, t) = (x, t) + V (x)(x, t) t 2m 2 x

: x, t

1.7.

RSUM DU CHAPITRE 1

73

Remarques :

le fait que l'quation de Schrdinger est linaire s'appelle le

principe de superposi-

tion. La consquence est que si


et

1 (x, t) , 2 (x, t) sont solutions alors (1 + 2 ) (x, t)

.1 (x, t)

sont aussi solutions. La manifestation physique sont les phnomnes

d'interfrences.

Un rsultat fondamental (qui a un statut mathmatique) est qu'un paquet d'onde Gaussien

x0 ,p0 ,

voluant d'aprs l'quation de Schrdinger est proche tout instant

t d'un paquet d'onde x(t),p(t),(t) avec x (t) , p (t) rgit par les quations de mouvement
de Hamilton de la mcanique classique :

H dx = , dt p
Plus prcisment, cela est vrai pour Une

dp H = dt x
petit par rapport aux

t x et dans la limite de

units physique du problme. Pour les temps plus longs le paquet d'onde se disperse.

onde stationnaire est un tat particulier, c'est un vecteur propre de

H = E,
qui s'appelle l'quation L'volution de

ER

nergie

de Schrdinger stationnaire.

est donc :

d (x, t) = dt
donnant

H =

E (x, t)

(x, t) = eiEt/ (0, t)


phase
Par consquent le module naire). L'ensemble des valeurs propres

| (x, t)| = | (x, 0)|

ne bouge pas (d'o le nom d'onde stations'appelle les

Ee , e = 1, . . .

niveaux d'nergie. Les

tats d'nergie, vecteurs propres ou ondes stationnaires associes sont notes

e .

(*) Voir videos d'volutions d'ondes quantiques sur la page web [Faub]. Bien que les vecteurs propres (ondes stationnaires) soient des tats trs particuliers, ils ont une importance en physique car :  l'tat stationnaire de plus basse nergie

e=1 , appel tat

fondamental, apparait

basse temprature cause des phnomnes de relaxation thermique.  Dans les expriences de spectroscopie, on excite un atome ou une molcule avec un rayonnement monochromatique, le faisant transiter par eet de rsonance vers un tat stationnaire

d'nergie plus leve.

[Link]

Rappel d'algbre linaire. Spectre d'oprateurs.

+ Considrons un oprateur linaire A : H H. L'oprateur adjoint A est dni par + + |A = A| . On dit que A est autoadjoint si A = A. Par exemple les oprateurs x, p , H
sont auto-adjoints.

74 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

Supposons de l'oprateur

A autoadjoint. : A

On considre les vecteurs propres

et valeurs propres

Aa

Aa = Aa a
o

a = 1, 2, . . .

sont des indices. On note

EA :=

H, A = A > 1.

l'espace

propre

associ une valeur propre

A.

Attention, on peut avoir des valeurs propres rptes

A=

Aa = Aa ,

appeles

dgnrescences. Dans ce cas dim (EA )

On suppose que les vecteurs propres a forment une base de l'espace des tats. On a a |a = a ,a c'est dire que les espaces propres sont orthogonaux entre eux. A une valeur propre A on associe le projecteur spectral PA : H EA . Son expression est :

PA =
a [Link]
On a les relations

|a a | a |a =A APA

A=
A
et Id appeles

=
A

PA

relation de fermeture.

Dans le cas simple o la valeur propre normalis,

est non dgnre et le vecteur propre est

a = 1,

alors on a l'expression plus simple :

PA = |a a |

1.7.

RSUM DU CHAPITRE 1

75

Par exemples  pour l'oprateur Hamiltonien (nergie) on a

H=
e=1
et Id

Ee |e e |

=
e

|e e |

 L'oprateur de position a un spectre continu car ses valeurs propres sont

x R. Pour appliquer les relations prsentes ici, il faut considrer un intervalle [x, x + dx] x+dx et le projecteur spectral associ s'crit P|x,x+dx] = |x x |dx . Pour l'oprax
teur position on a alors

x=
R
et Id

x|x x|dx

|x x|dx

 De mme, pour l'oprateur impulsion, on a

p=
R
et Id

p|p p|dp

|p p|dp

1.7.3

Mesure d'un tat quantique

Si la particule interagit et inuence son environnement, alors l'quation de Schrndinger ci-dessus n'est pas valable. On dit que cet environnement est un  dtecteur si il mesure une grandeur physique particulire

appele

observable (ex : position

de la particule, impulsion

p,

nergie propres

H, a

etc..). Voici comment dcrire la mesure dans un cas idal. et ses valeurs

 Un oprateur autoadjoint

A est associ l'observable A. On considre ses vecteurs propres Aa dnies par : Aa = Aa a

a = 1, 2, . . .

sont des indices. (Dans le cas d'une mesure de position, penser

par exemple que

a = 1, 2 . . .

numrote des dtecteurs aligns sur l'axe

x,

et que

Aa = xa R

est la position du dtecteur

a.)

76 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

Postulat de la mesure :

Si la particule est dans un tat initial savoir quelle valeur est obtenue, c'est le

(x)et

intragit avec le dtecteur alors le

rsultat de la mesure sera une des valeurs propres

A1 , A2 , . . ..

Il est impossible de

hasard quantique .

Mais si on rpte un grand nombre de fois la mme exprience (cad avec le mme tat initial

10 la probabilit

(x),

mme dtecteur, mme observable) alors la valeur :

apparait avec

PA
Proba (A) On vrie

11

|PA |

que

A Proba (A)

= 1. A
est non dgnre et les tats sont nor-

Remarques :  dans le cas simple o la valeur propre maliss,

a = 1, = 1

alors on a l'expression simple :

Proba (A)

= | a a | = | a | |2
PA

 Si les rsultats exprimentaux aprs N mesures sont a1 , a2 , . . . , aN , la moyenne 1 exprimentale est a N := N (a1 + a2 + . . . + aN ). Pour N la thorie quantique prdit qu'elle converge vers une valeur prcise

a
qui est la

N N

moyenne statistique donne par (on utilise la relation de fermeture) :

A :=
A

AProba (A) =
A

|A |PA = | |

Juste aprs la mesure, si la particule n'a pas t dtruite, elle est alors dans l'tat

= PA
qui est donc un vecteur propre de

A : A = A .

Ce phnomne s'appelle aussi la

rduction du paquet d'onde ou le collapse de la fonction d'onde.


Par exemple si on mesure la position de la particule, l'observable est l'oprateur position

et (supposant l'tat initial normalis

= 1)
x+dx

Proba (x

[x, x + dx]) = |P[x,x+dx] =


x

| x | | dx = | x| |2 dx = | (x)|2 dx
dx0

On dit que

| (x)|2
2

est la

densit de probabilit en position.

10. la dernire galit vient de ce que donc :

PA =

est un projecteur orthogonal vriant

2 PA = PA

et

PA = PA

PA 2

PA |PA |

|PA PA |

|PA . | A Proba (A)

11. Preuve : avec la relation de fermeture,

|PA |

A PA |

| |

=1

1.8.

CONSEILS DE LECTURE

77

Remarque 1. Une particule quantique qui se dplace dans un milieu vide non parfait est
localise sans cesse par le phnomne de rduction. Cela lui donne l'aspect d'une particule qui se dplace classique localise.

1.8 Conseils de Lecture



Cohen-Tannoudji [CBF], chapitres I,II,III Cours de Feynmann [Fey63], chapitres 1,2,3,8,20.

Pour approfondir :

Pour approfondir les problmes de dcohrence et de mesure quantique :


 Cours de C. Cohen Tanoudji du collge de France, ( tlcharger sur le web !) :[Cla88] +  Trs bon cours de Joos dans : [DEC 96]  Cours de S. Haroche du collge de france [Har02].

Pour approfondir les aspects mathmatiques,


 Mathmatiques gnrales : [YCB82]  Livre de mathmatiques sur l'analyse fonctionnelle : Reed & Simon [RS72].  Pour plus de prcisions sur la thorie mathmatique des oprateurs linaires non borns :[RS72] chapitre VIII.  Sur la thorie des distributions : [Tay96a],[Sch66], ou [CB73].  Mathmatiques pour la mcanique quantique : [SI00].

78 CHAPITRE 1.

UNE PARTICULE QUANTIQUE SANS SPIN, 1 DIMENSION (I)

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