Particule quantique sans spin en 1D
Particule quantique sans spin en 1D
15
x.
Dans les premires sections on suppose que la particule quantique est la nature (les particules environnantes). Par contre on accepte que
isole de son
environnement. Prcisment cela signie que son mouvement n'inuence pas le reste de son environnement exerce sur elle une certaine force
d'aprs la relation
V (x),
F (x) = dV /dx.
nous la supposerons indpendante du temps dans ce chapitre). Avec ces hypothses, la thorie quantique nous permet de dcrire l'tat dynamique de la particule par une fonction d'onde. Bien sr pour tre valables en pratique, ces hypothses ncessitent des approximations. Il est important de noter que le terme particule sera employ mais que c'est un terme trompeur, puisqu'il
ponctuel.
Pour xer les ides, il peut s'agir d'un atome vibrant au coeur d'un matriau ou dans une molcule, soumis aux forces des atomes voisins. Il peut aussi s'agir d'un lectron libre se dplaant dans un l conducteur (en oubliant le spin).
tion valeurs complexes. Si l'espace est une dimension (paramtr par fonction d'onde est :
x R),
une
17
18 CHAPITRE 1.
: x (x) C
L'ensemble des fonctions d'ondes not
forme un
1 , 2 H,
cet ensemble
: si
1 , 2 H
et
alors
:
(1.1) (1.2)
= (1 + 2 ) H = 1 H
Mais il s'agit d'un espace vectoriel au fait que une fonction valeurs de symbole
(x)
direntes.
Dans la
par le
| >
x (x)
H,
(qui est l'extrmit d'une che). Cette image vectorielle suggre par Dirac (et les mathmaticiens) a des avantages certains, mais notre imagination ne permet pas de dpasser la dimension trois, alors que
1.1.2
Exemples importants
Voici deux exemples importants de fonctions d'ondes une dimension. On se contente de donner ici leur expression et reprsentation. Leur interprtation physique et mathmatique sera donne plus loin.
1. En mathmatiques, vriant :
un groupe est un ensemble G munit d'une loi interne note . : (G, G) G qui
a, b, c, a.(b.c) = (a.b).c telle qu'il y ait un lment appel identit, not 1, 1.g = g.1 = g, g G, et tel que tout lment g G ait un inverse not g 1 , c'est dire : g G, g 1 G, g.g 1 = g 1 .g = 1. Un groupe est dit commutatif si g, h G, g.h = h.g . Dans ce cas il est habituel de noter la loi interne par le signe + (g.h = g + h). Un espace vectoriel complexe E est un ensemble munit d'une loi interne note +, telle que (E, +) est un groupe commutatif, et munit d'une loi externe note . :(C, E) E qui est distributive par rapport la loi + : . (v + w) = .v + .w . On parle d' espace vectoriel rel si la loi externe est : (R, E) E .
1.1.
19
(x) |> x (x)= 1(x)+ 2(x) 1(x) 2(x) H | 1> |>=|1 >+|2 >
Figure 1.1 Cette gure illustre l'aspect vectoriel de l'espace des fonctions d'ondes.
[Link] Les ondes planes plane d'impulsion
L'onde
pR
est :
(1.3) (1.4)
Remarque :
cf eq(1.26).
[Link]
Le
x0 R ,
d'impulsion moyenne
p0 R
est :
20 CHAPITRE 1.
x0 ,p0 , (x) =
exp i
exp
(1.5) (1.6)
notation de Dirac
la valeur du prfacteur sera justie plus loin, pour des raisons de normalisation, voir exercice 2. Lorsque la largeur d'impulsion
p0
1.1.
21
1.1.3
Le produit scalaire
An de pouvoir distinguer de manire quantitative deux fonctions d'ondes direntes, on introduit le produit scalaire. Le
|1 >
et
|2 >
est le
1 (x) 2 (x) dx
(1.7)
o 1 (x) est le nombre complexe conjugu de 1 (x). (Une dicult mathmatique apparait : on doit se restreindre aux fonctions pour lesquelles l'intgrale a un sens, i.e. n'est pas divergente. Cela dnira l'espace de Hilbert, voir plus loin.) deux vecteurs
< 1 |2 > pour le produit scalaire fait clairement intervenir les |1 > et |2 >, mais aussi la notation < 1 | qui corresponds au fait que l'on a prit le conjugu de la fonction 1 (x). Comme en gomtrie Euclidienne, on peut interprter le produit scalaire < 1 |2 > comme la composante du vecteur |2 > projete orthogonalement sur le vecteur |1 >. Voir la gure 1.4. Intuitivement < 1 |2 > renseigne donc si la fonction 2 (x) est plus ou moins compose de la fonction 1 (x).
La notation de Dirac
| 2>
| 1>
orthogonales si
la
norme au carr de la
2. Par dnition, un
=< | >=
R
|(x)|2 dx
>0
sur un espace vectoriel
< 1 |2 > C
doit
: linarit droite
| = 0. + | = | + | |(x)| dx
2
. Dans le cas prsent, ces
On dduit de (1) et (2) l'antilinarit gauche : trois proprits sont vries ci-dessous. 3. Comme 1,
(x)
a l'unit
montre que
22 CHAPITRE 1.
normalis si
= 1,
c.a.d.
signie en
terme vectoriel que le vecteur est de longueur 1. En terme de fonction cela signie que la 2 surface sous la courbe |(x)| est gale 1. 2 (Cette notion sera essentielle page 61 pour interprter |(x)| comme une densit de probabilit de prsence lors de la dtection de la particule, voir eq(1.32)). une onde plane,
Il faut remarquer qu'il y a des fonctions dont la norme est innie. Par exemple pour
< | >=
(1/h)dx = d'aprs (2.35). L'espace des fonctions pour H dans la suite et appel l'espace de Hilbert 5 des
fonctions d'ondes (appel aussi l'espace des fonctions de carr sommable). D'un point de vue physique cette restriction sera importante pour parler de la probabilit de prsence de la particule lors de sa dtection, et d'un point de vue mathmatique, c'est aussi important car l'espace de Hilbert aussi not :
H = L2 (R)
possde des proprits trs intressantes, notamment vis vis de la transforme de Fourier, voir [RS72, CB73], et se prte bien la thorie spectrale.
Exercice 1. Montrer que l'espace des fonctions de carr sommable est un espace vectoriel.
(il faut vrier les relations (1.1)).
Exercice 2. :
Montrer que le paquet d'onde gaussien (1.6) est normalis.
|x0 , p0 , >
|x0 , p0 , >,
et interprter le rsultat.
On a pour
C, < 1 |2 >= < 2 |1 > < 1 |2 >= < 1 |2 > < 1 + 2 |3 >=< 1 |3 > + < 2 |3 >
preuve :
< 1 |2 >=
1 (x)2 (x) dx =
etc...
4. En gnral pour un produit scalaire hermitien, on peut montrer les deux proprits suivantes : 1. 2.
| | | | | + +
Ces deux galit sont vries si et seulement si les deux vecteurs sont colinaires (i.e. 5. Une dnition prcise de cet espace est
| = |
H = L2 (R) := { C0 (R)}
o
support compact (i.e. nulle en dehords d'un intervalle) et qui sont donc de carr sommable et la fermeture ou compltion pour la norme suites de Cauchy, Voir [RS72] page 39).
{.}
signie
:=
1.1.
23
D'autres espace de Hilbert que l'on rencontre souvent pour dcrire une particule une dimension sont Pour dcrire une particule conne dans le segment fonctions de carr sommable
x [0, L],
(x),
H = L2 ([0, L])
Pour dcrire une particule conne sur un cercle dans un petit l conducteur circulaire, appel fonctions de carr sommable priodiques la l circulaire, et not :
S1
(),
H = L2 S 1
Il est parfois utile de considrer d'autres produits scalaires que (1.7) (et d'autres normes associes). C'est ainsi que l'on dni les [Tay96a].
1.1.4
Mathmatiquement, on peut interprter le produit scalaire autrement : pour vecteur x, l'opration not
| > H
< | |
est une application qui un vecteur quelconque rsultat du produit scalaire avec
| >).
< |
est une
appel un vecteur dual. L'espace des vecteurs duaux (formes H , et appel espace dual. Le vecteur dual < | est aussi appel physique). not
On vient de voir que partir d'un vecteur | > H, on peut construire un vecteur dual < | H , grce au produit scalaire. Inversement, un thorme important (le Lemme
de Riesz, voir [RS72] page 43) montre que tout vecteur dual s'obtient de cette faon. On a donc
l'isomorphisme de Riesz :
| H | H
dnit partir du produit scalaire. Il est important de noter que si alors
Si la notion de vecteur dual vous parait trop abstraite, il sut de retenir qu'un vecteur dual
< |
24 CHAPITRE 1.
Dnitions
oprateur transforme une fonction d'onde (un vecteur) en une autre fonction
d'onde (autre vecteur). C'est donc une opration dans l'espace des fonctions d'ondes Voici la dnition des trois oprateurs nition.
H.
x, p, H
donnera plus loin leur interprtation physique et mathmatique, ce qui justiera leur d-
^ |>= |>
|>
Oprateur de position
:
dni par
| >= x| >
(x) = x(x),
x R.
(1.8)
Oprateur d'impulsion
p: d (x), dx
| >= p| >
dni par
(x) = i
x R.
(1.9)
| >= H| >
2
donc
dni par
p2 H= + V () x 2m x R.
(1.10)
(x) =
1.2.
OPRATEURS DIFFRENTIELS
X, P , H
25
x.
Exemples (*) :
Si Si Si
2 Supposons (sans se soucier des units) que (x) = exp(x ). 2 x| > alors (x) = x exp(x ). p| > alors (x) = i 2x exp (x2 ). H| >et V (x) = gx4 , alors (x) = (gx2 4 2 /(2m)) x2 exp(x2 ).
1.2.2
Oprateurs linaires
On dit que
x, p, H
Dnition 1. Un oprateur
est un
oprateur linaire si
On convient souvent de mettre un chapeau sur le symbole d'un oprateur. Parfois, on omettra cette convention lorsque ce sera clair. L'ensemble des oprateurs linaires sur vrier. On peut aussi associer le
L(H).
+ T1 |T2 := Tr T1 T2 lorsqu'il est dni). Si T1 , T1 sont deux oprateurs linaires, alors T1 T2 (la composition) est aussi linaire. x, p, H sont des oprateurs linaires. L'opration qui transforme un vecteur en lui mme (c.a.d. opration qui ne fait rien)
est une opration linaire, appele l'oprateur
identit :
I : | > H | > H.
Cette proprit de linarit est trs contraignante pour la transformation
T,
car
pour connatre son action sur n'importe quel vecteur, il sut de connatre son action
sur une base. (voir page 39). 1 Remarquons que (x) = L2 (R), car | < . Mais si | = x| , on a 1+x x 2 / (x) = 1+x L (R) car | = . On dit que n'appartient pas au domaine de dnition de l'oprateur x. La notion de domaine de dnition est essentielle pour faire la thorie mathmatique correcte des oprateurs linaires non borns. (Voir [RS72] chapitre VIII).
26 CHAPITRE 1.
1.2.3
|T >= T | > H.
Dnition 2. Si
l'oprateur
linaire, l'oprateur
adjoint de
est
| >, | > H.
Proprits et remarques
la relation ci-dessus dnit bien l'oprateur adjoint et de faon unique (on ignore ici les questions de domaine, voir [RS72] page 252). On a
T+
preuve :
=T
On a
T1 T2 T1 + T2 Tn
preuve :
+ + = T2 T1
+ + = T1 + T2
= T+
: pour n N
< | T1 T2
Notation de Dirac :
< |T | >
pour signier :
1.2.
OPRATEURS DIFFRENTIELS
X, P , H
27
est
autoadjoint ou hermitique si
T = T+
c'est
| >, | > .
Proposition 1.
x, p, H
Une consquence de cette proprit est donn plus loin. Voir (1.12) page 28. preuve (TD) : pour tout vecteur , C0 (R),
x dx =
R
x dx =< | > x
V (). x d dx
dx d dx =< | > p dx
d dx = i dx
[]+ =
et le fait que
d dx + dx
d dx dx
[]+ = 0.
Finalement,
H+ =
p2 + V (x) 2m
p2 + V (x) = H. 2m
Ai (i = 1, . . . , 6) ; ; ;
(x): (A4 ) (x) = x2 (x) (A5 ) (x) = sin (x) 2 (x) (A6 ) (x) = d dx2
28 CHAPITRE 1.
(x, t) de la particule
volue au cours du temps. En notation de Dirac, cette quation donne la loi d'volution
|(t) >
H H
d|(t) > = dt
|(t) >
(1.11)
i
Remarques
: x, t
Remarquer que l'on utilise la drive droite pour le vecteur variables, ici
d/dt
drive partielle
/t
si il y a plusieurs
L'quation de Schrdinger donne prcisment la modication instantane de l'onde un instant prcis. Cette modication dpend de la masse de la particule et aussi des forces qu'elle subit travers la fonction potentiel que l'oprateur Hamiltonien
V (x).
est le
L'quivalent de cette quation d'volution en mcanique classique est l'quation de Newton, ou plus prcisment les quations de Hamilton du mouvement.
C'est
|1 (t) >
et de
|2 (t) >,
volutions :
|(0) >= |1 (0) > +|2 (0) > volue comme la somme des |(t) >= |1 (t) > +|2 (t) > . C'est une proprit trs forte, importante
le principe de superposition. De mme le produit
comme
|2 (0) >= |(0) > volue que |(t) > et |(t) > ont
ce sujet).
cours du temps :
preuve :
d(< | >)/dt =< d/dt| > + < |d/dt >=< iH/ | > + < | iH/ > = (i/ ) < |H + > < |H > = 0
1.3.
29
car
H+ = H.
1.3.2
~faure/enseignement/meca_q/animations/,
du texte reproduit ci-aprs.
[Link]
o l'on peut voir des animations, en plus
[Link]
Prsentation gnrale
Hormis quelques cas particuliers, il est impossible de rsoudre analytiquement l'quation de Schrdinger. Pour des problmes simples avec peu de degrs de libert, il est possible de la rsoudre numriquement (i.e. avec un ordinateur). Dans cette section, nous prsentons des solutions obtenues en rsolvant numriquement cette quation.
pour direntes conditions initiales (des paquets d'ondes gaussiens, ou des ondes stationnaires), pour direntes forces externes (choix du potentiel de la forme V (x) = x2 + x4 , V (x) = x2 + x4 ),
et comparaison avec l'volution d'une particule (ou nuage de particules) classique soumise aux mmes forces, voluant avec l'quation de Newton. Il y aura des commentaires sur l'talement de la fonction d'onde du la et sur
dispersion,
L.
L'volution de la
particule classique est obtenue en rsolvant numriquement les quations de mouvement de Newton (ou Hamilton). L'volution de la fonction d'onde quantique est obtenue en rsolvant numriquement l'quation de Schrdinger. Dans la suite les paramtres suivants sont choisis :
m=1 =1 =1 :
: :
masse
constante de Planck
30 CHAPITRE 1.
[Link]
Nous utilisons une reprsentation d'un tat quantique dans l'espace de phase : nous donnons sa dnition qui est intuitive et naturelle : C'est la fonction :
prsentation de Husimi. Cette reprsentation sera tudie page 132. Pour le moment
Hus (x, p) = | x, p| |2
qui est obtenue en faisant le produit scalaire entre l'tat
|x, p
, et faisant varier
et en impulsion et donc, intuitivement, ce produit scalaire sonde la prsence de l'tat quantique la position
(x, p) de l'espace de phase. Autrement dit, si la fonction Hus (x, p) est importante au point (x, p), c'est que le produit scalaire x, p| est important et donc que l'tat quantique | est fortement compos du paquet d'onde |x, p .
[Link] L'oscillateur harmonique
Potentiel :
1 V (x) = x2 2 x0 = 8, p0 = 0.
Voir gure (1.6).
Figure 1.6
Commentaires
x(t) de la particule classique. On a reprsent la valeur E de l'nergie totale et la fonction nergie potentielle V (x).
Le point bleu de la gure de gauche montre la position Sur la gure de droite, on a reprsent le module carr de la fonction d'onde quan2 tique : |(x, t)| , qui s'interprte comme la densit de probabilit de prsence de la particule.
1.3.
31
Observations
1. Il y a une correspondance parfaite entre la position de la particule classique et celle du paquet d'onde quantique tout instant. 2. Le paquet d'onde garde sa forme Gaussienne concentre au cours du temps. Il n'y a pas de dispersion.
Figure 1.7
Commentaires
La gure de gauche montre les trajectoires classiques dans l'espace de phase mais d'une distribution
(x, p).
La deuxime image montre l'volution classique (de Liouville), non plus d'un point, une fonction Gaussienne
f (x, p, t) sur l'espace de phase, qui est choisi comme tant t = 0. Le niveau de gris est reli l'intensit de la fonction
f (x, p).
Observations
1. La priode de chaque trajectoire est
T = 2 = 6.28.
2. La distribution de Liouville reste Gaussienne au cours du temps, car les trajectoires ont toutes la mme priode
32 CHAPITRE 1.
Figure 1.8
Commentaires
Il s'agit de la reprsentation de Husimi de l'tat quantique
|(t)
. La
Observations
quantique
Il est remarquable d'observer que chaque instant la distribution coincide avec l'volution classique de Liouville de la mme dis-
Hus(t) (x, p, t)
tribution initiale. Cela est propre l'oscillateur Harmonique, et est encore reli au fait qu'il n'y a pas de dispersion.
Etat stationnaire
forme volue au cours du temps. Pour une forme du potentiel donne, il y a des fonctions d'ondes quantique particulires, appele ondes stationnaires, dont la forme reste invariante. Chaque onde stationnaire a une nergie prcise. Voici ici l'onde stationnaire numro 33, d'nergie Voir gure 1.9.
E = 32, 5.
Observations
1. L'onde stationnaire est rpartie sur toute la rgion classique permise d'nergie
E.
2. Dans l'espace de phase, l'onde stationnaire est concentre sur la trajectoire classique d'nergie 3. A
E.
|(x)|2
se comprennent partir de
la distribution dans l'espace de phase, comme rsultant d'une interfrence (superposition) entre la partie d'impulsion positive
p>0
de la forme
exp (ipx),
et la partie
p<0
de la forme
exp (ipx),
cos (px).
1.3.
33
Figure 1.9
[Link] L'oscillateur Anharmonique Potentiel :
Figure 1.10
Commentaires
x(t) de la particule classique. On a reprsent la valeur E de l'nergie totale et la fonction nergie potentielle V (x).
Sur la gure de droite, on a reprsent le module carr de la fonction d'onde quan2 tique : | (x, t)| , qui s'interprte comme la densit de probabilit de prsence de la
particule.
34 CHAPITRE 1.
Observations
1. Pour les temps courts,
t < 6,
pond bien la position de la particule classique. Cependant, il y a des phnomnes d'interfrences lorsque le paquet d'onde rebondit sur les bords du potentiel (oscillations de petites longueurs d'onde). 2. Pour les temps plus longs (t
> 6),
Figure 1.11
Commentaires
La gure de gauche montre les trajectoires classiques dans l'espace de phase mais d'une distribution
(x, p).
La deuxime image montre l'volution classique (de Liouville), non plus d'un point,
f (x, p, t)
une fonction Gaussienne t=0. Le niveau de gris est reli l'intensit de la fonction
f (x, p).
Observations
1. Contrairement au cas de l'oscillateur harmonique, ici les trajectoires d'nergie direntes ont des priodes direntes. La priode diminue avec l'nergie. 2. Cela explique le comportement de la distribution de Liouville dans l'espace de phase : la partie extrieure de la distribution qui a une nergie plus leve, tourne plus vite que la partie intrieure, et il rsulte que la distribution s'tale, et s'enroule. On dit qu'il y a de la dispersion classique.
1.3.
35
Figure 1.12
Dynamique quantique dans l'espace de phase x(t), p(t) Commentaires
l'tat quantique Voir gure (1.12).
Il s'agit de la reprsentation de Husimi (voir dnition ci-dessus) de dans l'espace de phase. La deuxime image montre cette distribution
|(t)
Hus (x, p, t)
niveaux de gris.
Observations
1. Pour les temps courts,
t < 6,
2. Pour les temps intermdiaires, la queue et interfrent. 3. Pour les temps longs,
s'enroule jusqu' atteindre une circonfrence. Ensuite la partie rapide (la tte) rejoint
t > 20,
parfois des petits paquets apparaissent, cause de phnomnes d'interfrences. 4. Il est intressant de comparer l'volution de la distribution de Husimi avec celle de Liouville. Les deux volutions sont similaires jusqu' ce que les phnomnes d'interfrences quantiques apparaissent pour
t > 20.
Etat stationnaire
forme volue au cours du temps. Pour une forme du potentiel donne, il y a des fonctions d'ondes quantique particulieres, appele ondes staionnaires, dont la forme reste invariante. Chaque onde stationnaire a une nergie prcise. Voici ici l'onde stationnaire numro 31, d'nergie E : Et voici le mme tat quantique, en reprsentation de Husimi dans l'espace de phase : Voir gure 1.13.
36 CHAPITRE 1.
Figure 1.13
Observations
1. L'onde stationnaire est rpartie sur toute la rgion classique permise d'nergie E. 2. Dans l'espace de phase, l'onde stationnaire est concentre sur la trajectoire classique d'nergie E. C'est clairement une distribution invariante lors de l'volution. 3. Sur les oscillations de
|(x)|2 ,
[Link]
Potentiel :
1 V (x) = x2 + 0.005 x4 2
L'tat classique initial est en
x0 = 3, p0 = 0.
Voir gure (1.14).
Figure 1.14
1.3.
37
Commentaires
On a reprsent la valeur E de l'nergie totale et la fonction nergie potentielle V(x). Sur les deux autres gures, on a reprsent le module carr de la fonction d'onde quan2 tique : |(x, t)| , qui s'interprte comme la probabilit de prsence de la particule. La deuxime gure montre une evolution rgulire en temps, t = 0 10. La troisime 7 gure montre une evolution en temps, t = 0 10 sur une chelle logaritmique.
Observations
1. Pour les temps courts, le paquet d'onde volue dans le puits de droite, comme dans le modle de l'oscillateur anharmonique. 2. Pour les temps plus longs (t>500), le paquet apparait dans le puits de gauche. Ce puits de gauche serait permi classiquement, mais la barrire de potentiel empche la 6 particule classique d'y aller. Pour des temps trs longs (t > 10 ), l'onde quantique est rpartie quitablement dans les deux puits, et uctue. Ce passage dans le puits de gauche interdit classiquement, s'appelle l'eet tunnel.
Figure 1.15
Commentaires
(x,p). Cette gure montre les trajectoires classiques dans l'espace de phase
|(t)
. L'intensit de cette
distribution Hus(x,p,t) est reprsente en niveaux de gris. La premire gure montre une evolution rgulire en temps, t=0 10. La deuxime gure montre une evolution 7 en temps, t=0 10 sur une chelle logaritmique.
38 CHAPITRE 1.
Figure 1.16
Observations Etat stationnaire
Mmes observations de l'eet tunnel que ci-dessus.
forme volue au cours du temps. Pour une forme du potentiel donne, il y a des fonctions d'ondes quantique particulieres, appele ondes staionnaires, dont la forme reste invariante. Chaque onde stationnaire a une nergie prcise. Voici ici l'onde stationnaire numro 7, d'nergie E : Et voici le mme tat quantique, en reprsentation de Husimi dans l'espace de phase : Voir gure 1.17.
Figure 1.17
Observations
1. L'onde stationnaire est rpartie sur toute la rgion classique permise d'nergie E, dans les deux puits.
1.4.
39
2. La barriere de potentiel n'est pas un obstacle. Cela correspond l'eet tunnel cidessus. 3. La forme de l'onde stationnaire est symtrique, et possde donc la mme symtrie que le potentiel V(x).
1.4.1
Base orthonorme
orthonorme
H,
si si
| > H
| >=
i=1,2...
avec
i |Vi >,
(1.13) (1.14)
i C : composantes
Si la suite de vecteurs
dimension innie.
|Vi >, i = 1, 2 . . . est innie, on dit que l'espace H est de Sinon, si i = 1, 2, . . . , N , on dit que H est de dimension nie N .
Remarques et proprits :
H = L2 (R)
est de dimension
innie. Dans le chapitre suivant, on tudiera l'espace de Hilbert du spin 1/2 qui est
N = 2. i C du
vecteur
| >
dans la base
|Vi >
i =< Vi | >
en eet :
< Vi | >=
j i,j = i . |i |2
i
On a alors
< | >=
et donc forcment
preuve : On a
i 0,
pour
i .
j
< | >=
i i < Vi |
j |Vj > =
i,j
i i i .
40 CHAPITRE 1.
|V 2 >
Figure 1.18 Schma de la dcomposition du vecteur | > dans la base |V1 >,|V2 >.
de composantes complexes, ou
| >
1 2 3
. . .
mais attention, si on choisit une autre base, le mme vecteur aura d'autres composantes, et sera reprsent par un autre tableau.
(*) Pour des calculs avec un ordinateur, on reprsente le vecteur grand) de composantes. La proprit
(vecteur colonne), que l'on tronque en ne gardant qu'un nombre ni garanti que la prcision peut tre susante si
(*) Il y a un thorme sur l'existence de b.o.n. dans un espace de Hilbert, voir [RS72] page 44.
[Link]
Pour dcrire une particule conne sur un cercle petit l conducteur circulaire, appel fonctions de carr sommable priodiques :
S1
H = L2 S 1
Si le l est de circonfrence vriant :
Proprit
Les fonctions
2x 1 Vk (x) = exp ik L L
kZ
(1.16)
1.4.
41
H = L2 (S 1 ).
L
1 < Vk |Vl >= L 0 exp i(l k) 2x dx. L 1 [exp (//)]L = 0. Si k = l, < Vk |Vl >= 1. Ensuite le thorme des Si k = l, < Vk |Vl >= 0 i(lk)2 sries de Fourier, dit que toute fonction priodique (x) de carr sommable, peut se dcomposer
preuve (TD) : on vrie d'abord l'orthonormalit :
sous la forme :
(x) =
Pour cette raison, on dit aussi que
2x i exp ik L L
. H = L2 S 1
.
|Vk >
H = L2 (S 1 ) ?
1.4.2
Relation de fermeture
| >=
i
que l'on crit de la faon suivante (en crivant le nombre complexe vecteur
|Vi >
) :
| >=
i
ainsi la somme
|Vi >< Vi | = I
i
(1.17)
laisse le vecteur la
Cette expression donnant l'oprateur identit partir des vecteurs d'une base o.n. s'appelle
Remarques (*)
La notation
Id =
notion de vecteur
| >
en
Vi | >= (< Vi | >) |Vi > c'est dire en sa projection orthogonale sur le vecteur de base |Vi >, voir gure 1.18. On la relation Pi2 = Pi
42 CHAPITRE 1.
Pi
est un
projecteur, et
Pi+ = Pi
prcisant que c'est un
I=
1.4.3
i Pi .
de matrice dans
(|Vi >)
Oi,j , i, j = 1, 2, . . . forment une matrice de taille innie. >, alors les composantes i de | s'obtiennent partir des Si | >= O| j de | par la multiplication du vecteur par la matrice
Les coecients
i =
j
Oi,j j
Ainsi, tant donn une base o.n., il y a une correspondance parfaite entre les vecteurs, et les tableaux colonne d'une part, et les oprateurs et les matrices d'autre part.
|Vi
i , tout oprateur
peut s'crire :
O=
i,j
Oi,j |Vi Vj |
avec
Oi,j = Vi |OVj
Dmonstration. On crit
loppe.
O = I OI ,
1.4.4
Si
|Vi >, i = 1, 2 . . . et |Wi >, i = 1, 2 . . . sont deux bases o.n. direntes du mme espace H, et si | > H est un vecteur, ses composantes i =< Vi | > (respect. i =< Wi | >)
dans chacune des bases sont relies par :
lments de matrice de la matrice de changement de base, qui est une matrice unitaire.
1.5.
SPECTRE D'OPRATEURS
43
Exercice 6.
1. montrer que la matrice dans une b.o.n. de l'oprateur adjoint t + transpos-conjugue de la matrice de l'oprateur O . (On note O = O )
O+
est la
2. Montrer que la matrice dans une b.o.n. d'un oprateur unitaire est une matrice unitaire. 3. Montrer inversement qu'un oprateur unitaire base o.n., par
correspond un changement de
i = 1, 2 . . ..
| > H
est
T,
et que
est sa
T | >= | >
L'ensemble des vecteurs propres et valeurs propres de
T.
Exercice
et
2 1 1 1
2 3 1 2
R2 ,
solutions obtenues (angles entre les axes propres, et produit des valeurs propres). Aide : utiliser le rsultat en annexe sur le spectre d'une matrice
2 2.
Proposition 3. :
1.
Si T est un oprateur autoadjoint, (i.e. T + = T ), alors la valeur propre est relle. ( R). T est un oprateur autoadjoint et si T |1 >= 1 |1 >, avec 1 = 2 , alors < 1 |2 >= 0
c.a.d. que : et
2. Si
T |2 >= 2 |2 >,
(1.18)
44 CHAPITRE 1.
Dmonstration. 1) On crit
2) On a
donc
(1 2 ) < 2 |1 >= 0
avec
(1 2 ) = 0,
donc
< 2 |1 >= 0.
Remarques
si
| > est un vecteur propre de T de valeur propre alors | >= | >, (avec C quelconque) est aussi vecteur propre avec la mme valeur propre (car T | >= (| >) = T | >= | >= | >). T En particulier en peut toujours choisir un vecteur propre | > normalis (c.a.d. de norme un : < | >= 1). Il sut de prendre : | >= 1 < | > | >
C'est le procd de
Un oprateur peut avoir beaucoup de vecteurs propres et valeurs propres direntes ; mais ce ne sont que des vecteurs trs particuliers, car la somme de deux vecteurs propres n'est pas un vecteur propre :
sauf si
1 = 2 .
Il apparaitra parfois (et souvent pour des raisons de symtrie), que plusieurs vecteurs propres
1 , 2 , . . . N
T i = i ,
Notons
i = 1...N
H = Vect (1 , 2 , . . . N )
contenant toutes les combinaisons linaires, et dim H = N . Si H , cad si | = 1 |1 +. . . N |N avec i C, alors T | = i i T |i = i i |i = | donc est aussi vecteur propre. Autrement dit tous les vecteurs de H sont vecteurs propres de mme valeur propre . On dit que H est l'espace propre associ la valeur propre . On dit que N = dim H est la multiplicit ou la dgnrescence de la valeur propre . Si N = 1, on dit que est une valeur propre simple. Dans le cas des oprateurs autoadjoints ou unitaire, l'oprateur
P :=
i=1
|i, i, | i, |i,
(1.19)
est une expression utile du projecteur orthogonal sur l'espace propre H . (en eet, 2 + il vrie P = P , P = P et H P = ). Si les vecteurs propres sont
6.
1.5.
SPECTRE D'OPRATEURS
45
normaliss,
i, = i, |i, = 1,
l'expression se simplie :
P :=
i=1
La relation de fermeture sur
|i, i, |
s'crit
7
N
I=
P =
i=1
|i, i, | T
et si l'on suppose de plus que les vecteurs propres de l'oprateur de l'espace de Hilbert alors
T =
P =
i=1
|i, i, |
Si on note (i )i , i = 1, 2, . . . la suite des valeurs propres, avec la possibilits de dgnrescences (cad i = j ) alors l'criture ci-dessus devient simplement :
T =
i
et on a la relation de fermeture
i |i i |
(1.20)
I=
i
Dans la base des vecteurs propres trice qui est diagonale (avec
|i i |
(1.21)
j i |j = j i,j .
Le spectre d'un oprateur autoadjoint n'est pas toujours constitu de valeurs propres discrtes. Il peut y avoir du spectre continu comme le montre l'exemple suivant des oprateurs
x, p, H .
Dans tous les cas, on peut cependant considrer que les vecteurs propres forment
j, | = j, |j,
i=1
|i, i, | = P i, |i,
7. Pour des oprateurs non autoadjoints et plus prcisment non normaux, des relations analogues existent en dimension nie, mais il peut y avoir de grosses dicults en dimension innie.
46 CHAPITRE 1.
1.5.2
Spectre de l'oprateur
x,
base de position
x serait une fonction de norme nie et non nulle (x) telle que x| >= | >. Cela donne x(x) = (x), x, soit (x ) (x) = 0, x donc (x) = 0 si x = . La fonction recherche (x) est donc nulle partout sauf peut tre au point x = . Sa norme est donc nulle. Conclusion : l'oprateur x n'admet pas de vecteur propre dans l'espace H (ni
Une fonction propre de l'oprateur de position
de valeurs propres).
Cependant on peut quand mme rsoudre partiellement ce problme, par un processus de limite de la faon suivante : Pour une valeur de
|x >
(ou
x (x ))
dnie par
x R donne, et R donn petit, considrons la fonction note x (x ) = 1/ si x [x, x + ], et x (x ) = 0 sinon. Voir gure
x(x) 1/
(1.19).
x+
|x > |x >pour 0.
On a alors
Figure 1.19 Fonction x (x ) aussi note |x >, convergeant vers la distribution de Dirac
x+
< x | >=
x (x )(x ) dx =
x
1 (x )dx (x)
x+ x
1 dx = (x),
pour
0
(1.22)
Comme la limite
C (R),
on
< x | > (x) pour 0, existe pour toute fonction dduit que lim0 x | est un vecteur dual bien dni not : x| = lim x |
0
continue
x|)
()(x) = x(x) x
, voir eq.(1.8), on a :
| >),
donc :
1.5.
SPECTRE D'OPRATEURS
47
|x >
x. x R,
|x >
a un
sont permises, formant un ensemble continu). Il n'y a pas de contradiction avec la x+ remarque faite plus haut, car |x H (En eet |x / = x 12 dx = 1 pour 0).
Remarques
Du point de vue physique, si une particule est dans l'tat l'onde de la particule est trs localise au point taine largeur
|x >,
x.
(comme la fonction
|x >)
ainsi que
dnie plus haut, on aurait pu prendre n'importe quelle forme se concentrant pour
0,
et vriant eq.(46).
0,
x (x)
diverge,
|x >
|x H. /
En physique, on
appelle nanmoins cette limite la fonction sicle). Elle est aussi note
C'est le mathmaticien Laurent Schwartz en 1950 [Sch66]qui a donn un sens rigoureux cette notion, en observant que la relation eq.(1.23), montre que forme linaire qui la fonction dire que pele la
< x|
est une
| >
associe le nombre
(x).
< x|
distribution de Dirac en
x.
sont donc assez semblables, ce qui est raisonnable). La thorie des distributions est fondamentale pour l'tude des quations aux drives partielles de la physique. Voir [Tay96a].
x a un spectre continu est troitement reli au fait que les vecteurs propres ne sont pas des vecteurs de H. > 0,
on considre la fonction suivante appele
Exercise 2. Pour
largeur
Lorentzienne de
: L (x) = 1 2 + 2 x ( > 0)
L (x). Montrer que la suite de fonctions L ne converge pas vers une fonction pour 0, mais qu'elle converge au sens des distributions vers la distribution de
Tracer l'allure de
48 CHAPITRE 1.
Dirac
(x). Pour cela il faut montrer d'aprs la dnition fonction (x) (qui tend assez vite vers 0 pour x ):
0
Montrer de mme:
En utilisant (1.23) on a :
|1 , |2 ,
donc
< 1 |2 >=
1 (x)2 (x) dx =
I=
|x >< x| dx
qui est la relation de fermeture dans la base position. Abusivement, on dira que prcis du terme, car
|x >, x R
dite
base de
Ainsi la relation eq.(1.23) s'interprte par analogie avec eq.(1.15) en disant que :
(x)
eq.(1.24) :
(x) =
(x x)(x )dx .
x=
x |x >< x|dx
Exercice 3. Si
A (x , x) := x |A|x
appele
noyau de Schwartz. Si
A (x ) = x |A =
x |A|x x| dx
1.5.
SPECTRE D'OPRATEURS
49
1.5.3
Spectre de l'oprateur
p,
base d'impulsion
p (x)
|p = |p
p R.
i dp (x)/dx = pp (x) (x) = C. exp (ipx/ ). La constante C est arbitraire (cf remarque page 44). On choisit C = 1/ 2 de faon a pouvoir crire simplement la relation de fermeture ci-dessous,
soit eq.(1.26). Le spectre de associ not relation (1.23)) :
p est donc constitu par les valeurs propres p R avec vecteur propre |p > donn par la fonction appele onde plane (on utilise dornavant la p (x) =< x|p >= 1 exp 2 ipx
innie (car
On remarque que le spectre de p est continu, et que les fonctions p ont une norme 1 < p|p >= R (2 ) dx = ). Tout comme les tats |x , les fonctions propres p 2 ne sont donc pas des vecteurs de l'espace de Hilbert H = L (R).
[Link]
Utilisons
(|p >, p R)
| >
< p| >,
et on a
< p| >=
px ei (x) dx = (p)
(1.25)
montrant que les composantes de la fonction d'onde dit aussi que la base
transforme de Fourier
(p)
(x)
|p >
est
(p)
est la
reprsentation en
impulsion.
La relation de Fourier inverse (voir Annexe) :
(x) =
s'crit en notation de Dirac :
1 2
px ei (p) dp
< x| >=
50 CHAPITRE 1.
I=
|p >< p| dp
(1.26)
Remarques :
Sans le choix
C = 1/ 2
[Link]
d'une part
< | >=
d'autre part :
|(x)|2 dx
< | >=
2
donc
(p) dp
de Parceval.
< | >= (p) dp = |(x)|2 dx qui est la relation On a p|p = p|p avec p R, donc pour tout H < p|| >= p < p| > p
(1.27)
donc :
p (p) = p (p)
ainsi l'oprateur
p |p = (p p) ,
Solution : d'aprs (1.26) on a
p=
p | =
p |p p| dp
p |p = (p p)
On a
p).
p|
p (|p p|) dp | = p=
p p |p p| dp =
p (p p) p| dp = p p | = p || p
1.5.
SPECTRE D'OPRATEURS
51
Exercice
pour la fonction
(p, t).
1.5.4
Spectre de l'oprateur
H,
x H = 2m + V () dpend du potentiel V (x) considr. |E > H (non nulle) vrie l'quation appele quation de
p2
Schrdinger stationnaire :
(1.28)
La valeur propre
ER
est appele
nergie de
|E >
(car
comme le Hamiltonien
a la dimension d'une nergie). Sauf dans des cas particuliers (dus des symtries), il est impossible de trouver analyti-
des mthodes d'approximation dcrites dans le chapitre 8. Ces cas particuliers une dimension sont par exemple :
V (x) = 0 : potentiel nul, c.a.d. pas de force extrieure, donc particule libre. V (x) = 1 kx2 : potentiel quadratique, c.a.d. force F (x) = dV /dx = kx linaire 2
(dite
Harmonique).
Plus gnralement
[Link]
Si
t = 0, | (0) = |E
|(t) >
volue
d|(t) > = dt
dont la solution est explicitement :
Et
|(0) >
(1.29)
(x, t) = exp i
Et
E ). On dit alors
|(t) >
est une
52 CHAPITRE 1.
c'est l'analogue des ondes stationnaires sur une corde vibrante qui pulsent d'aprs 2 2 2 l'quation d'volution des ondes t c x = 0. Il est important de savoir que les ondes stationnaires (vecteurs propres de H ) sont des solutions particulires. En gnrale pour une condition initiale quelconque stationnaires sont nanmoins importantes pour trois raisons au moins : 1. Au niveau mathmatique, les vecteurs propres de total
(x, 0)
l'onde volue, se dforme et n'est pas stationnaire. Voir exemples ci-dessous. Les ondes
2. A temprature (presque) nulle, un systme non isol se met dans son tat de plus basse nergie, qui est l'onde stationnaire de plus basse nergie. A temprature plus leve, on montre en physique statistique (loi de Boltzmann) que le systme est dans une rpartition statistique d'ondes stationnaires de direntes nergies. L'tat stationnaire de plus basse nergie s'appelle l'tat
fondamental.
3. Dans les expriences de spectroscopies (Exprience assez standard pour sonder la matire par le rayonnement), on impose une force stationnaire au systme (par exemple une onde monochromatique laser sur une molcule), la faisant transiter vers un tat d'nergie spcique.
p2 H = 2m + V (x), les vecteurs propres peuvent tre choisis comme tant des fonctions (x) relles (et non complexes), car l'quation
Exercice : montrer.
[Link]
Si
x
alors les fonctions propres sont donc
V (x) = 0
p2
E =
p2 2m
est l'nergie
Remarques
Le spectre est continu car toutes les valeurs de au fait que toute nergie
E 0
E 0,
la particule peut partir l'inni. Voir plus loin un a deux fonctions propres direntes associes : dit que la valeur propre
|p >, | p >,
une
avec
p=
E , il y 2mE . On
est
dgnre, avec
multiplicit deux.
(*)La relation de fermeture dans la base d'nergie s'crit pour la particule libre
I=
R
dp|p >< p|
se dplaant vers la droite, et
Physiquement
|p>
vers la gauche.
1.5.
SPECTRE D'OPRATEURS
53
[Link]
2 1 L'espace des fonctions priodiques est H = L (S ) dj dcrit page 40. Pour une parti2x 1 , voir eq.(1.16), cule libre H = p /(2m). Pour une fonction de base Vk (x) = exp ik 2 L L on a : k2 dVk (x) = Vk (x) = pk < x|Vk > < x||Vk >= i p
dx
pk =
et aussi pour l'nergie
k2 , L
avec :
kZ
p2 k , 2m
Le spectre d'nergie est nouveau de multiplicit deux (sauf si sur un cercle. La relation de fermeture en nergie s'crit :
spectre d'nergie est discret. On verra que cela est li au fait que la particule est conne
I=
kZ
|Vk >< Vk |
[Link]
Remarques
En gnral (V
peut avoir
une partie discrte (i.e des valeurs propres associe des fonctions d'ondes normalises) et une partie continue. C'est le cas dans l'exemple important d'un puits de potentiel, voir gure 1.20. Cela sera justi plus loin.
Figure
1.20 Schma d'un Spectre discret et continu en relation avec la nature des
trajectoires classiques conne ou ouvertes (partant l'inni). Il y a des exemples moins intuitifs, par exemple celui d'un potentiel mais born (0
V (x)
alatoire,
54 CHAPITRE 1.
impurets par exemple. On montre alors que le spectre est constitu de valeurs propres ( spectre ponctuel) discret pour toute valeur d'nergie (mme au dessus du potentiel
E > V)
de
et que toutes les fonctions d'ondes d'nergie sont localises (norme nie), alors
E>V
H,
on peut
crire la relation de fermeture. Supposons que chaque vecteur propre est indic par i. Alors
I=
i
|i >< i | i
Dans cette notation un peu vague, il faut comprendre que l'indice si le spectre est continu, et alors s'crit :
I=
o
dn|En En | =
dn dE
dE|En En | =
|En En | (E) dE
(E) =
dn est la densit d'tat. dE , et que deux indices i dirents peuvent correspondre une mme nergie
On a de mme
E = Ei = Ei
si il y a dgnrescence.
H=
i
Ei |i >< i |
Exercice :
partir de
|(t) >
|i
H.
Jusqu' prsent nous avons suppos que la particule (i.e. l'onde quantique) se dplaant selon l'axe
mouvement n'inuenait pas l'environnement. Donnons ds prsent une dnition d'un systme quantique isol :
1.6.
55
env (t)
|1 (0)
ou
|1 (0)
(en crivant
|1 |env = |1 |env
qui sera introduit plus tard). Pour comprendre le sens de cette dnition, remarquer que si le systme 1 est prpar dans l'tat de superposition volution sera dcrite par :
alors son
|1 (0) |env (0) = |1 (0) |env (0) + |1 (0) |env (0) |1 (t) |env (t) + |1 (t) |env (t) = (|1 (t) + |1 (t) ) |env (t) = |1 (t) |env (t)
cet tat
manifester exprimentalement par des gures d'interfrences etc.). Sans l'hypothse que le systme soit isol, on n'aurait pas pu obtenir cette conclusion. Naturellement il n'est pas toujours vrai qu'un systme soit isol :
Si la particule inuence seulement quelques autres particules autour d'elle, il faut considrer cet ensemble de particules comme un systme quantique dans sa globalit, (caractriser l'espace de Hilbert correspondant) et l'quation d'volution de Schrdinger s'applique l'ensemble du systme quantique. Ce cas sera dcrit dans les chapitres suivants. Par exemple il peut s'agir d'un atome inuenant les quelques atomes voisins dans une petite molcule. Il faut alors traiter la molcule entire par la mcanique quantique.
Dans d'autres cas la particule inuence un nombre incalculable de particules autour d'elle. Nous allons considrer le cas simpli, lorsqu'un exprimentateur observe la particule an de connatre son tat dynamique comme sa position, sa vitesse ou son nergie : forcment la particule en question inuence les appareils de mesure de l'exprimentateur. Et qu'on le veuille ou non ces appareils inuenceront (un tant soit peu) leur environnement, ne serait-ce que les molcules d'air, ou les photons autour d'eux.
isole au sens que l'on a convenu. Ce qui se passe alors est dcrit par une autre loi appele
56 CHAPITRE 1.
qu'il correspond parfaitement aux faits exprimentaux. (On doit dire dcouvert et non pas invent).
[Link]
Exemple d'exprience : mesure de la position d'une particule passant par les double fentes de Young.
An de se xer les ides sur un exemple concret, nous dcrivons ici une exprience qui mesure la position d'un atome. La particule est issue d'une source et passe par un dispositif de double fentes de Young (qui a pour but de crer des interfrence de l'onde quantique). L'onde quantique arrive ensuite sur une range de dtecteurs. Voir la gure 1.21. Une telle exprience a t ralise, par exemple avec des atomes (non), des lectrons, et mme des molcules Supposons que la source soit capable de description orthodoxe de cette exprience :
C60 .
jours dans le mme tat : un paquet d'onde rpartit sur plusieurs directions. Voici la (A) Au sortir de la source, ce paquet d'onde volue librement (1) ; puis il passe travers
les deux fentes d'Young (2) (une partie est rchie), et ensuite les deux parties de l'onde transmises interfrent entre elles, crant une onde (3) au niveau des dtecteurs 2 qui possde des ondulations d'intensit | (x)| . Durant toute cette priode, l'onde a subit l'inuence des fentes d'Young, mais elle n'a pas inuenc (de faon signicative) son environnement. Par consquent, il est correct de dcrire la particule par l'quation de Schrdinger et par une fonction d'onde
(x, t).
(B) En arrivant au dtecteurs, la particule interagit avec eux. Il n'est plus correct de
continuer dcrire la particule individuellement par l'quation de Schrdinger. De faon surprenante, un seul dtecteur situ la position valeur de
x1
dtecte la particule. La
x1
slectionne est le fruit du hasard le plus total (Il n'y a aucun moyen de
le prdire). On suppose qu'aprs la dtection, la particule n'est pas dtruite, et est nouveau libre. Elle est alors dcrite par une fonction d'onde qui est un paquet d'onde localis en
x1
x1
alatoire (imprvisible). Mais si l'on rpte la mme exprience un grand nombre de fois avec le mme tat initial, on dtectera des atomes aux positions successives
x1 , x2 , x3 , . . . , xN ,
et l'on s'apercevra que l'histogramme des valeurs de xi concide | (x)|2 l'approche des dtecteurs. Cela
| (x)|
N .
atomes,
les dtecteurs touchs seront rpartis comme sur la gure (1.22). La seule prdiction que peut faire la mcanique quantique est donc d'ordre statistique : 2 pour N , l'histogramme converge vers | (x)| prdit par la thorie. (Bien que la thorie quantique dcrive la fonction d'onde pas observable).
(x, t)
1.6.
57
(1) (2) (interfrences) (3) Srie de dtecteurs (A) Avant la dtection: Propagation de londe quantique dun atome, dcrite par lquation de Schrodinger.
(Doubles fentes de Young) x
Dtection de la particule en x
Srie de dtecteurs (B) aprs la dtection: Un dtecteur apercoit la particule la position x (Hasard total !) La particule est ensuite localise en x.
58 CHAPITRE 1.
Dtecteur (x i)
Dtecteur (x i)
Dtecteur (x i)
Hasard total
|(x)|2
Nombre de rponses
Nombre de rponses
Nombre de rponses
Figure 1.22 (C) Rponses des dtecteurs aprs l'envoi de N atomes. La seule prdiction
de la mcanique quantique est pour
| (x)|2 .
[Link]
Postulat de la mesure
L'exprience que nous venons de dcrire montre une application du postulat de la mesure dans le cas d'une mesure de la position de la particule. En fait, ce postulat est valide pour toutes les mesures physiques possibles. Voici sa gnralisation. Supposons que avant la mesure, la particule soit isole de l'environnement, et dcrite par l'tat quantique
| > H. A
auto-adjoint not
L'exprimentateur dcide de mesurer la position, ou l'impulsion ou l'nergie de la particule, ou toute autre grandeur qui est de mme associe un oprateur
A. (A = x
ou
p ou
On note le spectre de
l'observable.
par
(Aa )a
D'aprs le postulat
(Aa )a sont aussi les dirents rsultats possibles de la grandeur mesure. Attention, il peut y avoir des dgnrescences, c'est dire des valeurs propres identiques. Aa = Aa
avec des indices A une valeur propre
a=a. A R donne, PA =
on associe
le projecteur spectral :
a tq Aa =A
o la somme porte sur les indices propre associ, voir (1.19) page 44.
|a a | a |a
projecteur orthogonal sur l'espace
tel que
Aa = A.
1.6.
59
Alors juste aprs la mesure, la valeur observe sera l'une ou l'autre des valeurs propres
Aa
Aa
Aa
Proba (A)
(1.30)
| = |a
Plus gnralement, si la valeur propre avec la probabilit
a | . a |a
Proba (A)
| = PA | .
Remarque : si l'indice
a est continu alors P (A) = Pa est une lit, c'est dire que P (A)dA est la probabilit de dtecter A
densit de probabiavec
A [A, A + dA].
Remarques
N = 1
Aa
2
Pa =
1 a |a
|a a |
Pa
Cela signie prcisment que juste aprs la mesure, un des vnement suivant arrive : soit l'exprimentateur observe la valeur
A1
et la particule est en
P2 ,...Que
expliqu ci-dessus, cela n'a de sens que si l'on rpte la mme opration de mesure dans des conditions strictement identiques un grand nombre disons par exemple
mesure, on aura un rsultat qui rsulte du hasard ; on aura une srie de rsultats
A1 , A3 , A4 , A1 , A2 , A1 , . . . . Alors la proportion de A1 par rapport au total est P1 , la proportion de A2 est P2 , etc... (autrement dit, appelons NAi le nombre de fois que le rsultat Ai apparat. alors (NAi /N ) Pi pour N ) <|> 1 On a a Pa = <|> a < |a >< a | >= <|> = 1, donc Pa = 1
a
60 CHAPITRE 1.
ce qui est ncessaire pour parler de probabilit. De plus la valeur des probabilit est la mme pour deux vecteurs proportionnels : eet
| >
et
| >= | >,
avec
C.
En
Pa =
|< a | >|2 ||2 |< a | >|2 = Pa = < | > ||2 < | > | >
et
| >= | >correspondent
au mme
tat phy-
| >
et
|a
sont
< | >= 1, a |a = 1,
En rsum, tant que le systme est isol, la mcanique quantique est dterministe : elle est capable de prvoir l'volution de la fonction d'onde grce l'quation de Schrdinger. Mais lorsque qu'une mesure se produit, elle n'est plus capable de prvoir exactement ce qu'il va se produire. Elle permet seulement de connatre les probabilits des direntes possibilits (ce qui est dj trs fort, puisque partir de ces probabilits et avec la thorie de la physique statistique, on obtient les lois de la thermodynamique et de la mcanique classique). Il y a donc une part de hasard inhrent la thorie quantique, lors de la mesure.
Ce processus de mesure ne ncessite pas la prsence d'un exprimentateur. Il se produit ds que la particule quantique inuence son environnement, et peut donc se produire aussi bien dans une pice vide, que sur une le dserte, que sur mars ou ailleurs. Ce phnomne est en fait incessant et omniprsent, c'est le contraire qui est plutt exceptionnel : un systme peut tre considrer comme tant approximativement isol que pendant un certain intervalle de temps appel le
temps de
dcohrence
decoh. .
systme, seulement si son tat quantique a le temps de changer de faon signicative pendant cet intervalle. Voir le site Web
[Link]
Ou le cours
en PDF de C. Cohen-T :[Cla88] ou de Serge Haroche [Har02]. Exemple de valeurs de decoh ([DEC+ 96], p.57) :
decoh
Eet des molcules d'air 3 3 Eet du vide de labo (10 part/cm ) @@ Eet des photons fossiles 300K.
Poussire 3 taille a = 10 cm
1024 s. 1011 s.
Il faut comparer ces temps aux temps lectroniques (priode d'un lectron dans un atome) e /eV 1015 s, ou aux temps molculaires (priode de vibration d'un 3 atome) vib /10 eV 1010 s. Les eets de cohrence quantique n'existent pas si les temps de dcohrence sont plus courts que ces temps caractristiques.
Dans la description vectorielle de la mcanique quantique que nous avons adopte jusqu' prsent, nous avons montr que toutes les bases ortho-normes de
sont
quivalentes dans le sens o elles permettent de reprsenter les mmes tats quantiques et la mme quation d'volution. Ce ne sont que des reprsentations direntes. Par contre le mcanisme de la mesure qui rsulte de l'interaction du systme quan-
1.6.
61
tique avec son environnement privilgie une certaine base, qui est
la base de posi-
tion en gnral, ou la base d'nergie dans les expriences de spectroscopie. Exemple : mesure de la position
Voyons comment l'nonc gnral du postulat de
la mesure donne l'exemple de la mesure de position d'une particule trait plus haut. Supposons que l'tat de la particule soit un paquet d'onde eectue une mesure de la position observe est la position
| >,
et que l'observateur
x qui est une grandeur continue. On cherche l'expression de la loi de probabilit : P (x)dx qui est la probabilit de dtecter la particule dans l'intervalle [x, x + dx[. la fonction P (x) s'appelle densit de probabilit. La base de l'observable est la base de position |x >, et d'aprs (1.30), on a : 1 |< x| >|2 = |(x)|2 P (x) = < | > < | >
Dans le cas d'un paquet d'onde normalis (1.32) , cela donne
( 2 )1/2
exp (x x0 )2 / 2
qui est une Gaussienne reprsente sur la gure 1.3. Si aprs une mesure, l'observateur dtecte la particule dans l'intervalle alors la particule se trouve dans l'tat spatialement ; on dit qu'il y a
|x >(plus
prcisment
Mesure de l'impulsion
P (p)dp =
(p p0 )2 = exp ( /)2
qui est une Gaussienne. Aprs la mesure, la fonction d'onde de la particule est une certaine onde plane
|p >.
1.6.2
[Link]
Le postulat de la mesure prsent plus haut est indispensable pour donner une ralit la thorie quantique, pour la confronter aux rsultats d'expriences.
Par rapport
62 CHAPITRE 1.
la confrontation avec l'exprience, la thorie quantique, avec le postulat de la mesure est parfaitement satisfaisant : il n'y a pas de mesure qu'il les contredisent, et
tous les phnomnes observables semblent entrer dans le cadre de cette thorie (bien que de nombreux phnomnes physiques, soient en pratique hors de porte d'explications simples et directes partir des premiers principes : citons les phnomnes complexes comme la turbulence (mto) ou l'auto-organisation de la matire). Cependant d'un point de vue thorique ou plus conceptuel, une lacune demeure : si la thorie quantique dcrit tous les phnomnes physiques, elle devrait aussi dcrire les phnomnes macroscopiques, les appareils de mesure, et donc l'interaction entre une particule quantique et un appareil de mesure. Autrement dit, le postulat de la mesure ne devrait pas entre tre un, il devrait pouvoir s'expliquer dans le cadre de la thorie quantique applique plus largement la particule et son environnement.
[Link]
(lire l'article Zureck [Zur91]) Disons tout de suite, que cela n'est pas fait, aucune exprience ne permet de montrer que la thorie quantique (comme le principe de superposition d'tats) s'applique des objets macroscopiques. Tout au plus des expriences rcentes montrent des phnomnes d'interfrences avec des systmes contenant quelques dizaines de particules, donc encore microscopique (expriences d'Aroche et al. entre photons et atomes) . La raison de cette limite n'est pas que le principe de superposition cesse de s'appliquer au-del de quelques particules, cela on ne le sait pas. La dicult vient du fait que pour tester le principe de superposition, il faut faire des expriences de type interfrences, et pour cela isoler susamment le systme quantique de son environnement ; c'est cet isolement qui est quasiment impossible obtenir en pratique ; c'est le phnomne de dcohrence quantique. La question suivante reste donc ouverte : la thorie quantique s'applique t-elle aux assembles d'objets (objets macroscopiques) ou se limite t-elle peu de particules ? Sinon quelle exprience faire pour dtecter cette limite ? Quelle nouvelle thorie permettrait de dpasser cette limite ? Remarquons que comme le prouve l'histoire des sciences, en gnral, une nouvelle thorie physique ne se trouve que partir de rsultats exprimentaux pralables.
8. Une remarque est ncessaire ici : les phnomnes physiques comme la super-uidit, la supraconductivit ou la condensation de Bose-Einstein font intervenir au moins des milliers de particules et se dcrivent par un tat collectif. La thorie quantique permet de bien dcrire cet tat collectif, en terme d'tat cohrent. Pour cela on dit souvent que la matire est dans un tat quantique macroscopique. Notons cependant, que l'on n'observe pas la matire dans une superposition cohrente de tels tats (ou alors dans une superposition de deux ou trois de ces tats, voir expriences sur les jonctions Josephsons quantiques). En fait d'un point de vue thorique, ces tats collectifs de la matire pour les atomes, sont des tats classiques semblables l'tat du champ classique lectromagntique pour les photons.
1.6.
63
[Link]
Essayons cependant d'appliquer naturellement les ides de la mcanique quantique au del de son domaine de validit prouv, c'est dire d'appliquer le principe de superposition aux objets macroscopiques comme les dtecteurs, et tout l'environnement. Voici ce que cela donnerait dans l'exemple de la mesure de position d'une particule, gure (1.21) ci-dessus. Il y a des dtecteurs chaque position (discrte) est not :
. Par contre si le dtecteur interagit avec la particule, il s'allume et passe |Dx . Autrement dit, l'interaction de l'onde quantique de la particule avec les dtecteurs, est dnie par la rgle d'volution suivante. (En notant |x dans l'tat quantique not un tat de la particule la position
|Dx
x)
|x |Dx : |x |Dx :
si si
|x |Dx Evolution
x=x x=x
qui est
x : | =
l'interaction particule-dtecteurs est dcrite par (faire schma avec deux dtecteurs@@) :
| |D
=
x
Evolution
|x
, le dtecteur correspondant
Dx
allum et
les autres teints. C'est bien la ralit physique observe dans une exprience. C'est tat quantique dcrit donc la particule et son environnement. On dit que c'est une description du monde classique. (Dans la description ci-dessus, on pourrait rajouter d'autres objets de l'environnement sans dicult, de la mme faon que l'on a trait les dtecteurs). Mais contrairement l'explication orthodoxe (postulat de la mesure) et au bon sens de ce que l'on voit, l'tat nal dcrit ici est une superposition de tels tats de type mondes classiques. Autrement dit tous ces tats coexisteraient simultanment. Voici donc ce que donnerait une application (abusive et nave) de la mcanique quantique tous les objets
64 CHAPITRE 1.
macroscopiques de notre environnement : l'existence de mondes multiples qui coexistent et s'ignorent mutuellement. Cette interprtation de la mcanique quantique a t remarque ds le dbut par les physiciens (qui imaginaient le chat de Schrdinger... ), et a port le nom de
Notons cependant que cette description des choses ne donne aucune explication quand l'origine des probabilits : d'o provient la loi (1.30) ? Il ne s'agit donc pas d'une interprtation complte de la mcanique quantique. Nous en avons parl, premirement car cette dmarche thorique qui est de dcrire l'environnement par ses tats quantiques est couramment utilise, notamment dans les thories de la dcohrence qui elles ont des consquences observables. Deuximement, c'est aussi pour montrer que le phnomne de la mesure quantique, et donc du sens de la mcanique quantique elle mme, est un problme dicile. Il n'y a mme pas de question claire. C'est un sujet trs dicile, qui proccupe les physiciens depuis le dbut de la mcanique quantique, sans qu'aucun n'ait pu apporter une rponse satisfaisante ce jour. Il faut savoir que de nombreuses tentatives d'interprtations existent, voir par exemple le livre de [Link] [Omn00].
1.6.3
donn
Dans cette section nous tudions les relations possibles entre un oprateur autoadjoint
| > H.
Cette tude a un sens physique immdiat dans le cadre du processus de mesure de l'observable
A sur l'tat | > comme expliqu plus haut, et permettra de donner les formules
Mais cette tude a aussi un sens si le systme reste isol de son environnement. L'interprtation de l'tude dans ce cas est d'analyser l'tat de
| >
A.
Comme ci-dessus, on note le spectre de
par
et
a |a = 1.
A,
un vecteur
a |a >,
avec
a =< a | >
1.6.
65
Aa
Pa
pour dirents
constitue un histogramme, et il est conventionnel de dnir des grandeurs caractristiques pour un tel histogramme (voir gure 1.23) :
(Aa , Pa )a
est
A :=
a
Pa A a
variance de l'histogramme
(Aa , Pa )a
est :
(A)2 := =
(A A )2 Pa (Aa A )2
a
(1.33) (1.34)
A s'appelle l'cart type ou encore l'incertitude sur la valeur de A. Graphiquement, l'cart type A (et la variance) caractrise la largeur de l'histogramme. Cette dnition de largeur est naturelle car elle montre comment les valeurs Aa s'cartent du barycentre A .
On a pris la valeur moyenne des carts au carr (au lieu des distances) pour des raisons de commodit.
pa
p2 p1 A1 A2 ... <A> A
Figure
A1 , A2 , . . .
P1 , P2 , . . ..
Valeur moyenne
et cart type
de l'histogramme.
66 CHAPITRE 1.
A = (A)2 =
(1.35)
A2 A
Ces critures en terme de vecteur et d'oprateur, sont intressantes car ne dpendent pas explicitement de la base.
Dmonstration. On crit
< a |a
a
A
a
Aa a a
a
/ < | >=
Et
(A A )2 = A2 2A A + A
.
= A2 2 A A + A
= A
Remarque (*)
vables de position
ou
x = p =
x = p =
1 2 1 2
1.6.
67
Remarque : on a
xp =
indpendant de
(1.36)
x = x0
largeur.
x = / 2
est sa
p = p0
sa largeur.
p = ( /) / 2
est
|(p )|
p0
2 x p
Surface ~ h
|( x )| x0
x
et
(p)
2
pour le paquet d'onde. La
montre que la paquet d'onde occupe une surface 2 de phase. Cela est formul plus rigoureusement plus loin.
xp =
dans l'espace
1 d A (t) = dt i
A, H
A t
Dduire la conservation de l'nergie moyenne (et d'une manire plus directe). p2 Dduire le thorme d'Erhenfest pour H = + V () : x 2m
d x dt d p dt
1 p m dV = () x dx =
68 CHAPITRE 1.
qui sont des relations trs analogues aux quations de Hamilton classiques (dans ces derd p nires la deuxime relation serait plutt = dV ( x ) ; cette dirence apparament dt dx minime est en fait cruciale et se manifeste dans les dirences entre volution quantique du paquet d'onde et l'volution classique d'une distribution de Liouville observes numriquement au dbut du chapitre).
1.6.4
| >
et
B.
et
est l'oprateur :
A, B = AB B A
et
p,
on a
(1.37)
[, p] = i I x
(p) (x) = i x d et x dx d(x) d (x) (x) = i dx = i i x dx . Donc ([, p] ) (x) = i (x) = i I (x). Cela p x tant vrai pour toute fonction , on dduit [, p] = i I . x
Dmonstration. considrons une fonction
(x)
quelconque. On
Proposition 6. La relation suivante montre plus gnralement que pour deux oprateurs
autoadjoints
A, B ,
| >
A B
1 2
A, B
| > H
(1.38)
Remarque : attention que bien que ce ne soit pas explicite, les expressions dpendent de l'tat
et
H.
1.7.
RSUM DU CHAPITRE 1
69
H, = 1,
|A
= 0,
et
= 0
A =
|A2 = i A, B =i =i
A|A = A
=i = 2
9
A|B A B = AB
1 2
A, B
A|B
Remarques :
Dans le cas o
A, B = 0,
| >
A et B ont A = 0, B = 0.
q , p,
qp
1 2
(1.39)
Remarquer que dans le cas du paquet d'onde Gaussien montr eq.(1.36), que cette ingalit est une galit.
on a
1.7.1
Une
Fonction d'onde
particule se dplace une dimension selon
x R,
F (x) =
o
dV dx V (x, t).
v
. De mme pour deux
V (x)
u, v Rn l'ingalit , H, | | | .
de Schwartz
est
|u.v| u
70 CHAPITRE 1.
Remarque importante :
La particule est soumise aux inuences extrieures (par la force suppose que en retour,
F (x))
mais on
par exemple, d'une particule lgre (un lectron) et de son environnement qui serait des atomes lourds. Sinon, il est ncessaire de dcrire aussi l'environnement dans le systme tudi.
appele
fonction d'onde
: x R (x) C
note parfois | et appel ket (notation de Dirac). En mathmatiques, l'espace des fonc tions C (R) est un espace vectoriel (on peut considrer la somme 1 + 2 et le produit externe
avec
C).
Une
pR
est
px 1 exp i p (x) = 2
aussi note
|p
h ,h 2
Un
x0 R,
d'impulsion moyenne
p0 R
> 0,
est :
x0 ,p0 , (x) =
1 ( 2 )1/4
exp i
p0 x
exp
(x x0 )2 2 2
1.7.
RSUM DU CHAPITRE 1
71
Remarque : un paquet d'onde est localis comme une particule. On parle aussi d'tat
quasi-classique.
Le
(x)
et
(x)
est
| =
R
La
(x) (x) dx
norme de
est
=
Par exemple
|
la forme linaire :
x0 ,p0 , = 1
et
On appelle
le
L'espace
< }
H := L2 (R) l'espace de Hilbert des tats quantiques. Si L2 (R), 1 = 0, alors = vrie = 1. On dit qu'elle est normalise. On note (x) = x| et x| (ou son dual |x ) s'appelle l'tat de position x. Mathmatiquement x| x est la distribution de Dirac en x. On crit : x (y) = x|y = (y x). Les deux critures suivantes sont quivalentes (la deuxime utilise
On note aussi la notation de Dirac) :
(x) =
x (y) (y) dy
x| =
x|y y| dy
72 CHAPITRE 1.
Le sens physique du produit scalaire devriendra clair lorsque nous rappelerons le postulat de la mesure. Rappelons dj l'ingalit
| | | = (cos )
o
On a donc
0, 2
et
0 cos =
Signication physique de l'angle : | Si | | 0 alors et 2 | | | 1 alors et Si 0 On a alors
| | | 1
dcrivent dcrivent
= ei
sont normaliss). Exercice : exemples de fonctions semblables ou bien direntes construites partir de superpositions de paquets d'ondes. @@
1.7.2
t (x)
l'quation de Schrdinger :
d(t) = dt
avec
(t)
(nergie)
2 2 p2 = 2m et () (x) = x (x), (V () ) (x) = V (x) (x). L'quation de x x 2m x2 Schrdinger s'crit donc de faon plus explicite comme une quation linaire aux dri-
: x, t
1.7.
RSUM DU CHAPITRE 1
73
Remarques :
principe de superposi-
.1 (x, t)
d'interfrences.
Un rsultat fondamental (qui a un statut mathmatique) est qu'un paquet d'onde Gaussien
x0 ,p0 ,
t d'un paquet d'onde x(t),p(t),(t) avec x (t) , p (t) rgit par les quations de mouvement
de Hamilton de la mcanique classique :
H dx = , dt p
Plus prcisment, cela est vrai pour Une
dp H = dt x
petit par rapport aux
t x et dans la limite de
units physique du problme. Pour les temps plus longs le paquet d'onde se disperse.
H = E,
qui s'appelle l'quation L'volution de
ER
nergie
de Schrdinger stationnaire.
est donc :
d (x, t) = dt
donnant
H =
E (x, t)
Ee , e = 1, . . .
e .
(*) Voir videos d'volutions d'ondes quantiques sur la page web [Faub]. Bien que les vecteurs propres (ondes stationnaires) soient des tats trs particuliers, ils ont une importance en physique car : l'tat stationnaire de plus basse nergie
fondamental, apparait
basse temprature cause des phnomnes de relaxation thermique. Dans les expriences de spectroscopie, on excite un atome ou une molcule avec un rayonnement monochromatique, le faisant transiter par eet de rsonance vers un tat stationnaire
[Link]
+ Considrons un oprateur linaire A : H H. L'oprateur adjoint A est dni par + + |A = A| . On dit que A est autoadjoint si A = A. Par exemple les oprateurs x, p , H
sont auto-adjoints.
74 CHAPITRE 1.
Supposons de l'oprateur
A autoadjoint. : A
et valeurs propres
Aa
Aa = Aa a
o
a = 1, 2, . . .
EA :=
H, A = A > 1.
l'espace
propre
A.
A=
Aa = Aa ,
appeles
On suppose que les vecteurs propres a forment une base de l'espace des tats. On a a |a = a ,a c'est dire que les espaces propres sont orthogonaux entre eux. A une valeur propre A on associe le projecteur spectral PA : H EA . Son expression est :
PA =
a [Link]
On a les relations
|a a | a |a =A APA
A=
A
et Id appeles
=
A
PA
relation de fermeture.
a = 1,
PA = |a a |
1.7.
RSUM DU CHAPITRE 1
75
H=
e=1
et Id
Ee |e e |
=
e
|e e |
x R. Pour appliquer les relations prsentes ici, il faut considrer un intervalle [x, x + dx] x+dx et le projecteur spectral associ s'crit P|x,x+dx] = |x x |dx . Pour l'oprax
teur position on a alors
x=
R
et Id
x|x x|dx
|x x|dx
p=
R
et Id
p|p p|dp
|p p|dp
1.7.3
Si la particule interagit et inuence son environnement, alors l'quation de Schrndinger ci-dessus n'est pas valable. On dit que cet environnement est un dtecteur si il mesure une grandeur physique particulire
appele
de la particule, impulsion
p,
nergie propres
H, a
etc..). Voici comment dcrire la mesure dans un cas idal. et ses valeurs
Un oprateur autoadjoint
a = 1, 2, . . .
a = 1, 2 . . .
x,
et que
Aa = xa R
a.)
76 CHAPITRE 1.
Postulat de la mesure :
Si la particule est dans un tat initial savoir quelle valeur est obtenue, c'est le
(x)et
A1 , A2 , . . ..
Il est impossible de
hasard quantique .
Mais si on rpte un grand nombre de fois la mme exprience (cad avec le mme tat initial
10 la probabilit
(x),
apparait avec
PA
Proba (A) On vrie
11
|PA |
que
A Proba (A)
= 1. A
est non dgnre et les tats sont nor-
a = 1, = 1
Proba (A)
= | a a | = | a | |2
PA
Si les rsultats exprimentaux aprs N mesures sont a1 , a2 , . . . , aN , la moyenne 1 exprimentale est a N := N (a1 + a2 + . . . + aN ). Pour N la thorie quantique prdit qu'elle converge vers une valeur prcise
a
qui est la
N N
A :=
A
AProba (A) =
A
|A |PA = | |
Juste aprs la mesure, si la particule n'a pas t dtruite, elle est alors dans l'tat
= PA
qui est donc un vecteur propre de
A : A = A .
= 1)
x+dx
Proba (x
| x | | dx = | x| |2 dx = | (x)|2 dx
dx0
On dit que
| (x)|2
2
est la
PA =
2 PA = PA
et
PA = PA
PA 2
PA |PA |
|PA PA |
|PA |
A PA |
| |
=1
1.8.
CONSEILS DE LECTURE
77
Remarque 1. Une particule quantique qui se dplace dans un milieu vide non parfait est
localise sans cesse par le phnomne de rduction. Cela lui donne l'aspect d'une particule qui se dplace classique localise.
Pour approfondir :
78 CHAPITRE 1.