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Architecture et fonctionnement d’un ERP
3.1. Vision modulaire d’un ERP
Un ERP est un ensemble dont toutes les parties fonctionnent les unes avec les autres d'où
l'ergonomie et l'unicité des informations et donc la cohérence du SI.
Un ERP est modulaire dans le sens où il est possible de n'avoir qu'une ou plusieurs applications
en même temps, ou peu à peu. Les applications modulaires telles que les ERP permettent
d'être sûr de la compatibilité des modules entre eux, ils s'imbriquent comme des blocs de Lego
et fonctionnent ensemble (pas de vérification de compatibilité à effectuer).
Voici un exemple d'architecture modulaire qui tend à représenter tous les ERP[1] :
L'architecture modulaire schématisée ci-dessus intègre plusieurs modules retouchant aux
grandes fonctions d'une entreprise que l'on peut détailler de la manière suivante: le module
finance, logistique et e-commerce.
3.1.1. modules finance/comptabilité
Le module finance se divise en quatre, voire cinq sous-modules. Il rassemble les données
pertinentes (en particulier les données comptables de l'entreprise) pour établir sur un plan
international des comptes annuels. Ce module effectue du contrôle de gestion et des
prévisions concernant les objectifs de l'entreprise.
De même, il permet de faire de la comptabilité tiers, analytique, générale, de gérer les
immobilisations (gestion des investissements), les ressources humaines, soit l'administration
du personnel, des frais de déplacement et du temps de travail ainsi que la gestion de paie et
les besoins en postes.
Ce module est complexe, car il faut avoir de bonnes connaissances en comptabilité[1].
3.1.2. Le modele logistique
Le module logistique ou encore appelé Negoce, est le module le plus convoité par les
entreprises, car il permet de gérer tout ce qui se rapporte aux ventes/achats, en particulier
la gestion des stocks qui coûtent cher aux entreprises.
Ce module gère les commandes clients et les livraisons. Il assure une liaison directe avec le
compte de résultats et le système de production. Il permet l'optimisation des processus de
workflow, la gestion précise des stocks, des contrôles qualité et factures. Suite au contrôle
qualité, il y a coordination et déclenchement des mesures correctives. Enfin, il est possible de
planifier/gérer/suivre la maintenance du matériel.
Les processus généraux à paramétrer dans le module negoce sont décrits ci-dessous :
Une commande de vente correspond à une vente, donc il y a décrémentation du stock et
inversement lors d'un retour. Entre le processus de vente et achat, il y a contremarque, c'est-
à-dire une fabrication d'un article après la vente. Enfin, entre le processus vente et
comptabilité générale et analytique, il y a les règlements clients ou encore les avoirs.
Ceci correspond donc aux processus de base à connaître afin de paramétrer un ERP.
Remarque : une entreprise peut avoir des filiales ou encore être multisites.
Les tiers impliqués dans une vente sont: les clients, l'utilisateur (personnel/ représentant), le
transporteur, les prospects et les factors/affactureurs (société qui gère la facturation).
Nous allons voir ci-dessous les notions de base au niveau gestion pour paramétrer un ERP avec
pour exemple l'ERP de SAGE ADONIX[1].
a) Etape 1 : Les profils menu
Dans les ERP, les profils menus correspondent aux menus utilisateurs. Ceux-ci varient bien sûr
en fonction des droits accordés à l'utilisateur (critère de hiérarchie ou poste occupé). Ils sont
définis avant la création d'un nouvel utilisateur. Voici le chemin d'accès pour le paramétrage
des profils menus et utilisateurs :
Lors de la création des profils menus (utilisateur, responsable, administrateur par exemple), le
paramétreur doit affecter les menus (en bleus ci-dessus) qu'il souhaite attribuer à chaque
profil. Puis, a chaque nouvel utilisateur créé (login, mot de passe), il doit attribuer le profil
menu désiré.
Remarque: Quel que soit l'ERP, il faut toujours le paramétrer et remplir les champs à l'aide de
la touche TABULATION, puis enregistrer.
b) Etape 2 : les donnes de base
Avant d'effectuer toute action de vente, achat ou autre, il faut implanter dans la base de
données ce que l'on appelle données de base.
Remarque: La quantité de données étant très souvent importantes, l'import/export est
recommandé (à l'aide d'un tableur). Faire dans un premier temps un export vers le tableur,
afin de voir l'aspect des données à saisir dans celui-ci. C'est un gain de temps et cela permet
d'effectuer un import valide du premier coup.
c) Etape 3 : le processus vente, la commande de vente
Pour effectuer une commande de vente, c'est-à-dire une vente, il faut avoir en données de
base : les articles, les clients et les fournisseurs. Ci-dessous est décrit le processus de
commande de vente à connaître afin d'effectuer, dans l'ordre, une commande de vente.
Une vente peut-être de plusieurs types :
• Commande issue d'un devis validé totalement ou partiellement ;
• Commande de vente normale avec certains accès, par exemple, fiche client, conditions
tarifaires, accès aux stocks, etc. ;
• Commande de vente de type marché (avec contrat).
d) Etape 4 : le processus stock
Lors d'une vente, d'un achat ou autre, il y a différents mouvements internes qui ont
une influence sur le stock :
• les entrées diverses ;
• les sorties diverses ;
• les changements d'emplacement (d'un article) ;
• les inventaires ;
• les contrôles qualité ;
• les transferts inter sites ;
• les changements de numéro de lot ou type de numérotation ;
• les déclarations de production.
Voici une description schématique qui modélise le processus stock au sein de l'ERP :
Dans un ERP, les stocks sont gérés de manière automatique. Le paramétreur doit, par ailleurs,
définir en fonction de l'entreprise le type de gestion de stock ainsi que les quantités minimales
et maximales. Pour cela, le chemin à suivre est : Paramétrages/Stocks. Il existe deux types de
gestion de stocks.
• Réapprovionnement sur seuil
Le réapprovisionnement sur seuil consiste à paramétrer un message automatique, appelé
suggestion, qui va se déclencher lorsque le seuil, fixé par le paramétreur est atteint. Cette
méthode est en fonction de la demande d'un article.
• Réapprovisionnement périodique
Cette méthode de réapprovisionnement est périodique, c'est-à-dire qu'après un temps T,
paramétré, une demande de réapprovisionnement suggérée est effectuée à travers une
commande de vente. Cette méthode est utilisée lorsque la consommation d'articles, c'est-à-
dire les sorties de stock, sont fréquentes.
e) Etape 5 : le processus d’achat et la commande d’achat
Le dernier processus à connaître afin de comprendre la logique d'un ERP et le paramétrage est
le processus achat ou commande d'achat :
Enfin, le flux à suivre pour paramétrer un ERP concernant la commande d'achat est modélisé
ci-dessous. Celle-ci est créée après un appel d'offres et une demande d'achat, elle-même étant
gérée par des règles de signatures.
Pour effectuer une commande d'achat, il faut connaître les articles, les fournisseurs, la
quantité à commander pour chaque article ainsi qu'un tarif de vente. Par conséquent, les
données de base à manipuler sont donc les fournisseurs, les articles, et les tarifs d'achat, car
ces derniers peuvent varier fonction de certains critères (période, quantité, etc.). Enfin,
concernant le formulaire de la commande d'achat, il suit le même principe de paramétrage
que pour la commande de vente :Paramétrage/Achats/Transactions achats. Le paramétreur
doit afficher ou non, donner la possibilité de modification ou non, etc. des champs.
3.1.3. RH
Le module RH d'un ERP centralise la gestion des ressources humaines, de l'embauche à la
sortie, en intégrant des outils pour la conformité, l'analyse et l'automatisation. Il agit comme
un référentiel unique pour les données employés, favorisant l'interopérabilité avec les autres
modules (ex. : finance pour la paie). Voici les principaux composants :
• Core HR (Gestion de base des RH) : Répertoire central des employés incluant profils
détaillés (données personnelles, organigrammes, historique des
promotions/transfers/terminaisons). Il supporte l'auto-service pour employés et
managers, avec workflows d'approbation intégrés. Par exemple, gestion des emplois
multiples ou des travailleurs contingents.
• Gestion de la Paie et des Avantages : Calcul automatique de la paie, déductions
fiscales, administration des bénéfices (assurances, congés). Intégration avec la finance
pour des rapports en temps réel et conformité réglementaire.
• Recrutement et Onboarding : Suivi des candidatures (ATS - Applicant Tracking System),
entretiens, et processus d'intégration (formation initiale, documents contractuels).
Automatisation des notifications et workflows pour accélérer l'embauche.
• Gestion des Talents et Performance : Évaluations annuelles, plans de développement,
formation (e-learning intégré). Outils d'analyse pour identifier les talents et prévoir les
besoins en compétences.
• Gestion des Temps et Absences : Suivi des heures travaillées, demandes de congés, et
reporting sur la productivité. Intégration avec la production pour aligner les plannings
RH sur les besoins opérationnels.
Ces fonctionnalités réduisent les tâches administratives de 30-50 % et améliorent la prise de
décision via des analytics (ex. : turnover, diversité) [2].
3.1.4. production/ supply chain
Ce module orchestre la chaîne de valeur, de l'approvisionnement à la distribution, en
optimisant les flux pour minimiser les coûts et les délais. Il s'intègre avec les modules achats,
ventes et inventaire pour une visibilité en temps réel, souvent enrichi par l'IA pour la prévision.
Les principaux éléments incluent :
• Planification de la Production (MRP - Material Requirements Planning) : Prévision de
la demande, ordonnancement des tâches, et simulation "what-if" pour ajuster les
ressources. Gestion des nomenclatures (BOM - Bill of Materials) et optimisation des
rendements.
• Gestion de la Supply Chain (SCM) : Suivi des fournisseurs, prévisions basées sur des
données historiques et IA, coordination logistique (transport, entrepôts). Inclut la
gestion des retours (reverse logistics) et la traçabilité end-to-end pour la conformité.
• Gestion des Achats et Approvisionnements : Automatisation des commandes
fournisseurs, évaluation des performances (délais, coûts), et négociation contractuelle.
Intégration avec l'inventaire pour éviter les ruptures de stock.
• Contrôle de la Production et Qualité : Supervision du shop floor (atelier), traçabilité
des lots, et contrôles qualité (inspections automatisées). Outils pour la maintenance
prédictive et la réduction des déchets.
• Gestion des Stocks et Logistique : Suivi en temps réel des inventaires (RFID/IoT),
optimisation des entrepôts, et planification des livraisons. Améliore la satisfaction
client via des délais réduits de 20-40 %.
Ce module excelle dans les environnements manufacturiers, en synchronisant production et
supply chain pour une agilité accrue face aux disruptions (ex. : fluctuations des matières
premières).
Ces détails renforcent l'interopérabilité de l'ERP, avec une saisie unique des données (ex. : un
employé RH impacte la planification production). Pour votre exposé, vous pouvez illustrer avec
des diagrammes de flux.
3.1.5. Customer relationship managment
Ce module permet de faire du e-commerce. C'est un logiciel de Gestion Relation Client
(GRC) plus communément appelé Customer Relationship Management (CRM). Il permet
d'effectuer les statistiques voulues (sous forme de requêtes) sur tous types de données (en
particulier clients, vendeurs, production, fournisseurs…). Un requêteur est disponible et il
n'est pas utile que l'utilisateur connaisse le SQL. Mais sachant le nombre très important de
tables, celui-ci doit donc impérativement savoir « lire » un Modèle Conceptuel de Données
(MCD) que les éditeurs mettent à disposition. Ensuite ses résultats sont analysés en fonction
des besoins de l'entreprise. En particulier pour ce module, un outil de reporting est associé.
Enfin, ce module permet, suite aux résultats, d'effectuer du e-mailing, des offres marketing
[3].
3.2. Explication du fonctionnement :
3.2.1. Saisie unique de l’information
3.2.2. Interopérabilité
3.2.3. Workflow entre services
3.3. Avantages de l’architecture centralisée
L'architecture centralisée d’un ERP (Enterprise Resource Planning) repose sur une base de
données unique et unifiée, qui intègre tous les modules et processus de l’entreprise en un seul
système. Contrairement à une approche décentralisée, où les données sont dispersées sur
plusieurs plateformes, cette structure offre une cohérence absolue et une visibilité en temps
réel. Elle transforme l’ERP en un pilier stratégique, en automatisant les flux et en favorisant la
collaboration interservices. Voici les principaux avantages, étayés par des analyses récentes,
qui en font un choix privilégié pour les entreprises en quête d’efficacité et de compétitivité.
• Centralisation et Standardisation des Données : Toutes les informations (finances, RH,
supply chain, etc.) sont stockées dans une source unique, éliminant les doublons et les
incohérences. Cela garantit une "source unique de vérité" (single source of truth),
facilitant les analyses et les rapports. Par exemple, les données clients ou fournisseurs
sont accessibles instantanément, réduisant les erreurs de saisie de 30 à 50 % et
améliorant la fiabilité globale.
• Amélioration de la Productivité et de l’Efficacité Opérationnelle : L’automatisation des
tâches répétitives (rapprochement de comptes, workflows d’approbation) libère du
temps pour des activités à valeur ajoutée. Les processus sont rationalisés, avec une
réduction des coûts IT jusqu’à 20-30 % en remplaçant les systèmes silos par une
plateforme unique. Cela accélère les cycles, comme la gestion des commandes, et
booste la productivité globale de l’entreprise.
• Visibilité et Prise de Décision Accrues : Les dirigeants bénéficient d’une vue à 360° en
temps réel sur l’ensemble des opérations, via des tableaux de bord et KPI intégrés.
Cette transparence aide à anticiper les risques (ex. : ruptures de stock) et à optimiser
les ressources, favorisant une agilité accrue face aux disruptions du marché.
• Collaboration et Interopérabilité Renforcées : Les services (ventes, finance,
production) partagent les mêmes données en temps réel, fluidifiant les échanges et
réduisant les silos. Par exemple, une mise à jour RH impacte automatiquement la
planification supply chain, améliorant la coordination et la satisfaction client.
• Conformité, Sécurité et Scalabilité : La centralisation facilite la conformité
réglementaire (RGPD, normes comptables) grâce à des audits automatisés et une
traçabilité complète. Elle renforce la sécurité des données via des contrôles centralisés,
tout en offrant une scalabilité modulaire : l’ERP s’adapte à la croissance sans refonte
totale, avec des coûts d’expansion maîtrisés.
En somme, l’architecture centralisée d’un ERP n’est pas seulement un outil technique ; elle
confère un avantage concurrentiel durable en alignant les opérations sur une stratégie unifiée.
Adoptée par des leaders comme Oracle ou SAP, elle génère souvent un ROI en moins de 18
mois, avec des gains en efficacité mesurables. Pour les PME comme les grandes structures, elle
représente un investissement stratégique pour une croissance résiliente [4].
[1] Les ERP et leur architecture modulaire
[2] TechTarget, “The ERP HR module: Key features explained,” SearchERP, Dec. 2023. [Online].
Available: [Link]
explained
[3] SAP, “The value of ERP in supply chain management,” SAP Resources, 2025. [Online].
Available: [Link]
[4] Oracle, “Quels sont les avantages d'un système ERP,” Oracle ERP, 2025. [Online]. Available:
[Link]