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Forêt

La forêt est perçue comme un organisme complexe, un 'holobionte', intégrant une multitude d'interactions entre arbres, animaux, champignons et bactéries. Elle joue un rôle crucial dans la biodiversité, la régénération des écosystèmes et la régulation du climat, tout en démontrant une résilience face aux changements environnementaux. Les forêts, à travers leur diversité génétique et leurs alliances symbiotiques, sont essentielles pour la santé de la planète.

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Forêt

La forêt est perçue comme un organisme complexe, un 'holobionte', intégrant une multitude d'interactions entre arbres, animaux, champignons et bactéries. Elle joue un rôle crucial dans la biodiversité, la régénération des écosystèmes et la régulation du climat, tout en démontrant une résilience face aux changements environnementaux. Les forêts, à travers leur diversité génétique et leurs alliances symbiotiques, sont essentielles pour la santé de la planète.

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#botanique

La forêt est comme un organisme. Oui, un organisme, comme


vous et moi. Certains vont trouver ce mot abusif. Et en un sens,
ils n'ont pas tort : le mot n'a pas été inventé pour décrire cette
somme hétéroclite d'arbres, d'herbes, d'animaux, de
champignons et de bactéries... Mais cet abus est volontaire. Oui,
les experts en écologie regardent aujourd'hui la forêt comme un
grand tout. Plus qu'un écosystème, ils le décrivent comme un
« holobionte » - un mot inventé par les biologistes au siècle
dernier après la découverte de l'importance du microbiote, pour
nous décrire nous, humains, comme la somme de notre propre
corps et de celui de toutes les bactéries qui nous peuplent.
Fascinante extension ! Vous, moi, les forêts, nous sommes le
même type d'organisme: des entités biologiques à part entière,
tissées d'une multitude d'interactions internes.

Nous pensons que les jeux de mots sont toujours une illusion,
même s'ils donnent parfois l'impression de saisir une part de
vérité profonde et nouvelle. Ce n'est pas notre langage qui
structure le réel, c'est le réel qui doit structurer notre langage !
Oui, on comprend mieux ce qu'est une forêt en l'appelant
organisme. Oui, pour ne pas se faire abuser par le réel, il faut
parfois, avec un grand soin et un grand sérieux, abuser du
langage.

Epsiloon 30 - Déc 23
La forêt n'est donc pas juste un agrégat d'arbres. Génétique,
lidar, simulations numériques dévoilent aujourd'hui le
fonctionnement de cette entité singulière qui s'étend sur toute
la planète. Un grand tout, un holobionte... un superorganisme.

PLUS DE 300 ANS


20% des forêts sont anciennes, notamment en Amazonie, dans
le bassin du Congo et en Indonésie; les forêts plus jeunes se
trouvent en Europe et en Chine.

3 041 MILLIARDS D'ARBRES sur Terre, soit 380 fois plus que
d'humains. Dont 28 % dans les régions boréales et la toundra,
qui ne comptent pourtant que 271 espèces différentes, soit 0,4
% de la biodiversité arboricole.

64 000 ESPÈCES connues, soit 10 fois plus que d'espèces de


mammifères. Dont plus de 80 % dans les forêts tropicales, alors
qu'elles rassemblent moins de la moitié des individus.

54 MILLIONS DE KM2
41 % des terres émergées sont couvertes par de la forêt. Celle
du bassin du Congo, qui s'étend sur près de 2 millions de km2,
est le deuxième plus grand massif tropical au monde, après
l'Amazonie.

80 % DE LA BIODIVERSITÉ
4 espèces sur 5 dépendent des forêts. Celles de Papouasie-
Nouvelle-Guinée abritent plus de 150 000 espèces d'insectes,
15 000 de plantes et près de 2 000 d'autres animaux.

LOI N° 1 : MISER SUR LA DIVERSITÉ


C'est la grande force des forêts. Et c'est la lecture des génomes
complets des arbres qui a permis d'en mesurer l'ampleur. « Les
peuplements de possèdent une très grande diversité
génétique », atteste le généticien Antoine Kremer, de l'Inrae, qui
a démontré que deux chênes voisins dans une forêt
présentent en moyenne dix fois plus de différences
génétiques que deux personnes prises au hasard sur Terre. «
C'est une ressource incroyable », renchérit son collègue Ivan
Scotti, qui a confirmé cette richesse chez les hêtres, de l'Europe
à la Patagonie. Cette super diversité génétique vient également
d'être confirmée chez les arbres tropicaux par une équipe
chinoise, après douze années de suivi de près de 10 000 arbres
appartenant à quatre espèces, dont le camphrier.

Les arbres profitent ici de leur plasticité génétique.

« Leur capacité d'adaptation dépend d'un très grand nombre de


gènes, chacun ayant un effet très modéré », souligne Antoine
Kremer. Si bien qu'il n'existe pas qu'une seule et unique
combinaison génétique pour survivre. La forêt s'en donne à
cœur joie pour brasser tout cela, lors de sa régénération et de
son expansion.

Les derniers chiffres mesurés donnent le vertige : une seule


fleur de chêne peut produire des dizaines de milliers, voire
un million de grains de pollen, tous dotés d'un génome
distinct.

À l'échelle d'un seul hectare d'une forêt, 100 à 1 000 kg de


pollens sont ainsi propulsés dans les airs, portés par le vent ou
les insectes, jusqu'à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde,
en quête d'une fleur à féconder. « Même un jeune arbre de 30
cm de diamètre peut produire plus de 10 000 graines », a
réévalué récemment l'écologue James Clark, de l'université
Duke.

Ce serait ainsi des dizaines de milliers de graines par mètre


carré qui tomberaient chaque année au sol, toutes différentes.
Prédateurs, intempéries, malchance... Seule une infime
poignée d'entre elles réussiront à germer et à former un
arbre adulte. « Une sur un million », estime James Clark.

L'investissement hors norme des arbres dans la reproduction,


leur architecture génétique complexe et une sélection naturelle
drastique ont fait de la forêt le haut lieu du brassage
génétique. « Malgré les reculs importants lors des grandes
glaciations des forêts de chênes, de hêtres, d'épicéas, de pins et
de sapins, leur diversité génétique ne s'est pas effondrée »,
souligne Christophe Plomion, de l'Inrae. Une résilience
génétique qui a permis à la forêt tempérée de rebondir et de
repeupler tout le Vieux Continent après la dernière glaciation, il
y a environ 15 000 ans. Et qui reste aujourd'hui son meilleur
atout pour affronter les changements climatiques à venir.

LOI N° 2 : FORMER DES ALLIANCES


Apports en eau et en nutriments, régénération...

La vie des arbres - tout autant que l'avenir de leurs graines -


repose sur de multiples interdépendances, dont les scientifiques
ne sont parvenus à quantifier l'ampleur à l'échelle des
continents que très récemment. « C'est la moitié cachée »,
pointe l'écologue Cindy Prescott, de l'université de Colombie-
Britannique, à propos de la foule d'espèces microbiennes,
végétales et animales qui se terrent dans le sol des forêts. Ou
encore « la forêt entre la forêt », lance son confrère Frank
Gilliam, de l'université de West Florida, au sujet de ces herbes,
fougères, lianes et autres arbustes qui poussent sous la
canopée, et représentent jusqu'à 90 % des espèces végétales
des forêts tempérées et 70 % de celles des forêts tropicales.
« Bien qu'ils ne pèsent que 1 % de la biomasse forestière, ils
contribuent à hauteur de 20 % aux apports en azote et en
phosphore des sols », estime-t-il. Un engrais naturel pour les
arbres qui favorise leur croissance et la production de graines.
Graines dont bénéficient en retour les petits rongeurs, oiseaux
et autres mammifères.

Ces derniers prélèvent une part substantielle de la manne, et


assurent en retour sa dispersion :
« Les forêts qui dépendent moins de ces animaux pour
disperser leurs graines, notamment les forêts tempérées, ont
tendance à voir davantage fluctuer leur fructification », souligne
l'écologue James Clark, de l'université Duke, illustrant à quel
point cette alliance a façonné la dynamique de la reproduction
des arbres.

C'est vrai en particulier pour les premiers et les plus


emblématiques de ses partenaires : les champignons
mycorhiziens. « Ils peuvent étendre sous le sol un réseau
racinaire de plus de 20 mètres », rappelle Jason Hoeksema, de
l'université du Mississippi, spécialiste de cette symbiose
apparue avec les premières plantes terrestres, il y a plus de 380
millions d'années.

« Les données fossiles attestent de cette symbiose chez les


premiers arbres », ajoute Laura Martinez-Suz, des jardins
botaniques Kew Gardens, qui a récemment contribué à la plus
vaste étude menée à ce jour sur l'influence de ces partenaires
fongiques sur les forêts. « La présence de certains
champignons, comme la russule ocre, est associée à un
triplement de la croissance des arbres en Europe », avance-t-
elle. « Au-delà de leur rôle essentiel pour accéder à l'eau et
aux nutriments, ces symbioses augmentent aussi la
résistance des arbres aux pathogènes », abonde Jason
Hoeksema. Qui appelle toutefois à nuancer l'hypothèse d'une
alliance entre les arbres via ces réseaux mycorhiziens, rendue
célèbre sous le nom de « wood wide web » : « Si ces
champignons connectent bien plusieurs arbres entre eux, il n'y
a pour l'heure aucune preuve que cela joue un rôle positif ;
mais ces interactions n'ont pas encore livré tous leurs secrets. »

Dans les forêts, les alliances ne se nouent pas entre pairs, mais
entre des êtres radicalement différents.

LOI N° 3 : MAÎTRISER LE CYCLE DE L'EAU


Les arbres vivent suspendus à un fil », aime à rappeler
l'écophysiologiste Hervé Cochard, de l'Inrae. Ce fil, ce sont les
micrométriques colonnes d'eau s'élevant des racines à la
cime, parfois sur plusieurs dizaines de mètres, via la myriade
de vaisseaux qui parcourent le tronc, et que chaque
sécheresse menace de rompre. Cette fragilité hydraulique, les
forêts l'ont conjurée en devenant l'une des plus grandes forces
géologiques de la planète, capable de modeler le ciel et la terre.
En premier lieu, bien sûr, à l'aide de la photosynthèse qui
transforme dans les feuilles l'énergie de la lumière en sucres à
partir de l'eau et du CO2. Selon les dernières estimations, les
forêts absorberaient jusqu'à 7,6 milliards de tonnes par an
d'équivalent CO2, soit 1,5 fois plus que ce qu'émettent les
États-Unis. « Les premières forêts du dévonien, il y a plus de
350 millions d'années, ont fait chuter d'environ 5°C la
température moyenne », illustre le biogéophysicien Lukasz
Pawlik, de l'université de Silésie, à Katowice.

Ce dernier vient d'ailleurs d'apporter la preuve, jusque-là


élusive, que les racines mycorhizées sont capables de fracturer
les roches du sol pour aller chercher l'eau. Depuis des millions
d'années, les forêts jouent un rôle majeur dans la formation des
couches de terre essentielles à leur existence. L'ampleur de ces
transformations telluriques est à l'aune de leurs besoins en eau
: « En été, la quantité d'eau qui circule dans le tronc d'un
arbre adulte se chiffre en centaine de litres par jour »,
rappelle Hervé Cochard.

« Et toute cette eau qui transite par les troncs contribue, avec
l'ombre du feuillage, à refroidir l'air ambiant », souligne
l'écologue Jonathan Lenoir, de l'université de Picardie. Un effet
climatisant surtout tangible dans les forêts tempérées : « On
observe des différences parfois de plus de 10 oc entre l'orée et
le cœur d'une forêt », rappelle le chercheur, qui a contribué à
bâtir la carte européenne de ces microclimats forestiers.
En sus, l'eau qui s'évapore des feuilles favorise la formation de
nuages salutaires : « Ces nuages de basse altitude sont
particulièrement visibles les mois les plus chauds, un peu
partout dans le monde », observe Grégory Duveiller, de l'Institut
Max-Planck, qui a scruté leur présence saisonnière par satellite.
Leur formation est accélérée par l'émission de composés
volatils par les plantes : « Même en très faible quantité, ils
catalysent la création de gouttelettes d'eau », explique Markku
Kulmala, de l'université d'Helsinki. Son équipe vient de révéler
l'importance d'une molécule en particulier, le sesquiterpène, aux
effets jusque-là sous-estimés : « Sa seule présence pourrait
expliquer la formation plus intense de nuages au-dessus des
forêts tropicales », avance-t-il.

LOI N° 4 : STRUCTURER L'ESPACE


« La structure fractale des forêts est unique, rappelle
l'écologue James Clark. Et tous ses habitants en dépendent. »
Cette structuration hautement sociale doit beaucoup aux
mécanismes qui donnent leur forme aux arbres, dont chaque
ramure se montre respectueuse de ses voisines.

« Ce sont les branches périphériques de la couronne qui


déterminent la forme globale de l'arbre », souligne le
biomécanicien Bruno Moulia, de l'Inrae. Ce dernier a précisé
quasi mathématiquement les ressorts de la formation de ces
immenses corps collectifs, où s'équilibrent la perception de
l'ombre des feuillages avoisinants et la recherche de lumière.
Mais ce n'est que la moitié de l'explication : « La perception
des déformations mécaniques des branches causées par le
vent conditionne tout autant la forme des arbres », insiste sa
consœur Jana Dlouha, de l'Inrae, qui a récemment confirmé
l'importance du vent dans la croissance des forêts de hêtres.
Une morphogenèse universelle, même au sein des forêts
tropicales où, sur un seul hectare, plus de 200 espèces
différentes peuvent contribuer à la canopée.

Cet assemblage n'est pas totalement aléatoire. « Nous savons à


présent que seule une minorité d'espèces poussent au contact
de toutes les autres. La majorité d'entre elles n'en côtoient
qu'une poignée », détaille Andreas Huth, du Centre Helmholtz
pour la recherche environnementale, sur la base des dernières
analyses de ces réseaux « sociaux » tropicaux. Les raisons d'une
telle structuration sont encore mystérieuses.

Ce qui est sûr, c'est que chaque arbre structure l'espace


environnant par son ombre, par son microbiote racinaire, par
les animaux et insectes qu'il abrite, et influence les
conditions d'existence de ses congénères. Et, en premier lieu,
de ses propres descendants. « La concentration de prédateurs,
animaux ou champignons au pied de l'arbre peut empêcher les
jeunes pousses de s'implanter », souligne Robert Bagchi. Cet
effet Janzen-Connell, théorisé dès les années 1970, vient d'être
confirmé chez 41 espèces réparties sur 50 hectares au sein
dune forêt du Panama.
Robert Bagchi a aussi observé l'effet dans une forêt tempérée
de tilleuls, de chênes, de frênes et de pins du nord de la Chine,
lié à la prédation des champignons.

Conséquence : d'autres espèces, moins incommodées par ces


prédateurs, occupent la place laissée vacante autour de l'arbre-
mère. Mais les scientifiques suspectent des règles sociales
encore plus complexes à l'échelle des grands massifs forestiers :
« L'organisation de ces communautés échappe encore à notre
compréhension », reconnait Robert Bagchi.

LOI N° 5 : RETOURNER LES ALÉAS À SON


AVANTAGE
Feux, tempêtes, sécheresses, épidémies... Les forêts ont
toujours vécu avec. « La forêt boréale du nord du Canada est à
ce titre un exemple de résilience depuis près de 15 000 ans »,
illustre l'écologue forestier Yves Bergeron, de l'université du
Québec, à Montréal. Les stries de cendres dans les carottes
géologiques en témoignent : « Nous avons documenté de
nombreux épisodes de feux, dont certains aussi intenses que les
gigantesques incendies qui ont affecté la forêt cette année »,
pointe-t-il.

L'épinette noire, l'espèce de conifère qui y prospère, a


clairement acquis, sous la pression du feu, des mécanismes de
résistance : « Des écorces plus épaisses protègent le bois
tendre des flammes, souligne l'écologue Juli Pausas, de
l'université de Valence. Et surtout, les arbres gardent en
réserve pendant plusieurs années des cônes qui ne libèrent
leurs graines que sous l'effet de la chaleur, une fois le feu
passé. » Des stratégies clairement façonnées par l'évolution,
comme chez le pin d'Alep, qui connait les mêmes assauts
répétés sur le pourtour méditerranéen. « D'autres espèces,
comme les eucalyptus, favorisent la régénération des arbres
adultes après le feu en recréant des branches à partir de
bourgeons dormants sous l'écorce », poursuit Juli Pausas.

« Ces bourgeons, dits épicormiques, sont également mobilisés


lorsque le vent brise des branches ou après des descentes de
cime, quand le sommet des arbres dépérit sous l'effet de la
sécheresse, évoque le biomécanicien Bruno Moulia, de l'Inrae.
On aimerait comprendre comment les arbres pilotent ces
bourgeons pour se régénérer. »

Les données de séquençage complet des génomes des arbres


ont éclairé l'autre pilier biologique de la résistance des forêts
face aux pathogènes : « Les arbres ont un panel de défense bien
plus développé que les autres plantes », a constaté le généticien
Benjamin Brachi. « Au cours de l'évolution, ils ont multiplié très
nettement le nombre de gènes impliqués dans ces résistances »,
explique son confrère Christophe Plomion. En outre, certaines
formes d'alliances mycorhiziennes peuvent stimuler ces
défenses naturelles. Sans parler des autres espèces végétales
de la forêt, dont la diversité augmente la probabilité que des
prédateurs de prédateurs d'arbres se retrouvent dans le coin.
« Les forêts naturelles ont appris à faire corps avec toutes ces
perturbations », résume Juli Pausas.

Et maintenant ?
Nouer une nouvelle alliance entre les forêts et les humains,
entre ces deux grandes puissances géologiques capables,
chacune, de transformer la planète, est le grand défi des années
et des décennies à venir. Et cela repose sur une nouvelle
ingénierie forestière, inspirée au plus près par les lois
écologiques de ces superorganismes que sont les forêts, dans
toute leur complexité. Par exemple pour la reforestation : « Une
forêt, ce n'est pas que des arbres, c'est un holobionte, et on ne
fait pas migrer tout un écosystème en plantant juste des arbres
», pose Christophe Plomion, de l'Inrae. « C'est un changement
profond de paradigme pour nos générations, au regard des
pratiques passées », reconnait sa consoeur Jana Dlouha.

FIN DES ILLUSIONS


Le défi est d'autant plus grand que l'équilibre des forêts est
profondément sapé par les activités humaines, déforestation et
émissions de gaz à effet de serre en tête. « Les forêts du XXIe
siècle ne seront plus celles du XXe siècle, prévient l'écologue
forestier Juli Pausas, de l'université de Valence. Le principe
même de résilience n'a plus cours, le climat change à une telle
vitesse qu'il est illusoire de penser que les forêts vont se
régénérer à l'identique » A commencer par le cycle de l'eau : «
Les sécheresses répétées des dernières années ont
considérablement augmenté les ruptures hydrauliques au sein
des arbres », déplore Hervé Cochard, de l'Inrae. Trop
nombreuses, ces embolies finissent par tuer les arbres.

Ou les fragilisent à un point tel que toute nouvelle agression


leur portera un coup fatal. Le dernier inventaire forestier réalisé
par l'IGN fait ainsi état d'une hausse de 80 % de la mortalité
des arbres depuis dix ans dans les forêts françaises. « Une
hausse de la mortalité qui est visible à l'échelle de toute la
forêt en Europe », constate Jean-Pierre Wigneron, de l'Inrae.

Dès 2022, cinq chercheurs estimaient, sur la base


d'observations par satellite, que la capacité des forêts à faire
face aux aléas naturels était en train de décliner presque
partout dans le monde. « La survenue de plus en plus
fréquente et rapprochée des feux, des tempêtes, des
sécheresses ou des attaques d'insectes et de pathogènes
déstabilise fortement les forêts, précise Yves Bergeron, de
l'université du Québec. Certaines parties de la forêt boréale
canadienne préfigurent déjà le résultat d'incendies trop
fréquents, une lande de lichens et d'arbustes y a durablement
remplacé la forêt. » Tout l'enjeu actuel réside dans la
compréhension la plus fine possible des limites de tous ces
processus qui ont contribué jusqu'ici à la prospérité et à la
résilience des forêts. Et en retour, à la nôtre. « La difficulté ici,
c'est que les forêts sont prises dans un double enjeu, souligne
Antoine Kremer, de l'Inrae. On leur demande de contribuer à
séquestrer du carbone et, en même temps, on voudrait qu'elles
résistent au changement climatique. » À quoi s'ajoutent nos
propres besoins en bois et autres ressources forestières. « À la
différence de l'Europe, l'exploitation de la forêt tropicale en
Afrique risque d'augmenter dans les prochaines décennies avec
la croissance démographique », anticipe l'écologue Bruno
Hérault, du Cirad.
La nouvelle ingénierie forestière doit considérer la forêt comme un tout

Les forêts tropicales semblent toute fois encore capables de


tolérer l'exploitation humaine quand celle-ci reste modérée : «
Des parcelles qui ont été défrichées pour l'agriculture paysanne,
puis abandonnées, peuvent se reboiser naturellement en une
centaine d'années », atteste le chercheur sur la base d'une
étude menée en Amazonie et en Afrique de l'Ouest. La hausse
de la température et la baisse des précipitations annoncées
entre les tropiques d'ici à 2100 -environ 10% de précipitations
en moins pour l'Amazonie pourraient ne pas remettre en cause
cette résilience: «Le changement climatique les menace
beaucoup moins que la surexploitation par les humains», gage
Andreas Huth, qui scrute l'impact des coupes massives en
Amazonie. «Une trop grande fragmentation compromet ses
chances de se régénérer, prévient l'écologue Robert Bagchi, de
l'université du Connecticut, car cela affecte les populations
d'animaux et les communautés de champignons essentielles à
sa régénération. »

Paradoxalement, si les forêts tropicales sont peut-être celles qui


pourraient le mieux résister au changement climatique, leur
capacité à stocker du carbone est, elle, largement remise en
question : «La première évaluation mondiale de la biomasse
forestière entre 2010 et 2019, que nous venons d'établir, est
formelle : le bilan carbone de ces forêts est quasi nul, voire
légèrement négatif », affirme Pierre Wigneron.

Les forêts tempérées et boréales seraient désormais les


principaux puits de carbone forestiers de la planète. Or, ce
sont sûrement elles les plus menacées de dépérissement -
même si la forêt boréale de l'Alaska semble gagner 4 km tous
les dix ans sur la toundra arctique, à mesure que la température
augmente. « Les stratégies de conservation ne peuvent convenir
qu'à petites échelles, prévient Robert Bagchi, pour le reste, c'est
une véritable gestion écologique des forêts dont nous avons
besoin. »

Les meilleures stratégies restent pourtant difficiles à cerner : «


Pour les populations d'arbres disposant encore d'une large
diversité génétique, comme le chêne ou le hêtre, il faut faciliter
la régénération naturelle et l'évolution génétique des forêts,
voire la stimuler en réalisant des renouvellements plus
fréquents », propose Antoine Kremer.

ÎLOTS D'AVENIR
Fait rassurant, en France, 80% des forêts publiques se
régénèrent naturellement ; le chiffre grimpe même à 90%
dans le monde. « Avant d'envisager d'implanter des espèces
exotiques, tâchons de ne pas hypothéquer la possibilité des
forêts actuelles à s'adapter », abonde son confrère Christophe
Plomion.

« Si on va vers le scénario le plus pessimiste du GIEC d'ici la fin


du siècle, il faudrait que les chênes sessiles et pubescents se
transforment en chênes verts. Impossible à cette échelle de
temps », prévient toutefois Hervé Cochard.

« Je ne vois pas comment les forêts tempérées pourront


résister sans l'aide de la migration assistée », estime Pierre
Wigneron, saluant les « ilots d'avenir » mis en place par l'ONF
depuis 2017 afin d'identifier les espèces les mieux à même de
peupler les futures forêts françaises.

PAS LE CHOIX
Dans tous les cas, les dépérissements en cours et le
rajeunissement des forêts, soit par régénération naturelle, soit
par plantation, risque de resserrer la pyramide des âges des
arbres.
« On a observé que des forêts présentant plus de diversité en
âge, et donc offrant une plus grande diversité structurale,
ont une meilleure capacité à tamponner les températures
extrêmes », rappelle Jonathan Lenoir, de l'université de
Picardie. C'est aussi ce qu'a observé l'écologue italien Giovanni
Piovesan dans les forêts de chênes, de hêtres et de sapins
blancs des Alpes méditerranéennes : « Ces forêts anciennes
n'o'nt pour l'heure pas souffert des vagues de chaleur »,
indique-t-il.
Ce dernier plaide aussi pour ne pas condamner trop vite les
vieux arbres face au réchauffement climatique : « Ce sont des
arbres extrêmement résilients, qui jouent un rôle important
pour la biodiversité. » Si bien qu'un rajeunissement trop massif
des forêts pourrait les fragiliser. On le voit, même en
connaissant mieux les variables du problème, l'équation à
résoudre reste complexe.

« ll faudra aussi changer notre rapport aux incendies de forêt en


Europe, prévient Juli Pausas, accepter et encadrer davantage de
feux préventifs si on veut éviter de graves incendies. »

« Plus la gestion humaine des forêts, et en particulier les


coupes, se rapprochera des perturbations naturelles qu'elles ont
l'habitude d'affronter, plus les forêts feront face », conclut
l'écologue Robert Gilliam, de l'université West Florida.

Pas le choix : les humains doivent non seulement comprendre


les subtilités de la vie de ce superorganisme avec lequel ils
cohabitent, mais surtout apprendre les subtilités de cette
nouvelle alliance.
Le mystère de leurs pulsations
Epsiloon 8 fev 22
Aucun arbre n'y échappe. C'est un pouls secret, un rythme
productif qui, d'une année sur l'autre, bat son tempo à l'échelle
de forêts, de continents entiers... Et la science commence tout
juste à en prendre la mesure.

Jalene LaMontagne se rappelle son voyage, en 2019, dans le


nord-est des États-Unis. « C'était incroyable, nous étions en
voiture et je n'arrêtais pas de dire : regarde tous ces cônes ! »
L'écologue de l'université DePaul, à Chicago, contemplait un
spectacle étonnant : sur plusieurs milliers de kilomètres carrés
de forêt, les conifères s'étaient mis à produire de grandes
quantités de fruits. Tous en même temps. Comme s'ils s'étaient
massivement donné le mot. « Durant une année faste, on peut
assister à des productions de graines gigantesques »,
s'émerveille de son côté son confrère Nicolas Delpierre qui,
depuis l'université Paris-Saclay, scrute ces « fructifications de
masse » chez les chênes et les hêtres de quarante-huit forêts
françaises, dont la production de graines a été minutieusement
relevée pendant quatorze ans par l'Office national des forêts. Et
Mario Pesendorfer, de l'Université des ressources naturelles et
des sciences de la vie, à Vienne, de s'interroger : « Chaque arbre
semble alors faire partie d'un super-organisme... » Au Moyen
Age, les paysans savaient qu'il ne fallait pas louper ces
automnes exceptionnels durant lesquels l'abondance de glands
ou de faines était telle que les cochons pouvaient s'en repaitre
ad libitum. « La vie moderne nous a fait oublier ce
comportement des forêts », constate Mario Pesendorfer. Il a
fallu attendre le tournant du XXIe siècle pour que la science
renoue avec ce lien perdu. « Les données se sont
considérablement enrichies ces dix dernières années », se
réjouit Jalene LaMontagne. Être à l'écoute de ces variations
forestières requiert, il est vrai, des efforts considérables : « Au
cours des vingt-cinq dernières années, j'ai dû faire l'équivalent
de plusieurs tours du mondejuste pour quantifier la production
de glands des chênes de Californie », plaisante un pionnier du
domaine, l'écologue Walter Koenig, aujourdhui professeur
émérite à Berkeley. Sans parler des longues heures laborieuses
passées en forêt à recenser à la jumelle le nombre de cônes au
sommet de chaque pin, ou à compter un par un, à la main, les
glands tombés dans des pièges judicieusement installés sous
des chênes d'âges différents. « Surtout qu 'un tel effort doit se
déployer au moins sur dix années pour qu 'on puisse en tirer
quelque chose », insiste Samuel Venner, de l'université de Lyon.

MÊME LES ABRICOTIERS ! Ces patientes thésaurisations


entamées, pour les plus anciennes, en Angleterre et en
Californie il y a plus de quarante ans, permettent enfin
d'apprécier cette pulsation dans toute son ampleur. « La mise
en commun des suivis sur toute l'Europe, du Portugal à
l'Angleterre, a révélé l'étendue de la synchronisation des hêtres
les années fastes », précise Mario Pesendorfer. Lors des années
exceptionnelles de 1990, 1992 et 1995, notamment, les hêtres
des forêts d'Europe ont fleuri puis produit leurs graines
simultanément sur plus de 1,3 million de km2 - soit une surface
d'environ deux fois et demie la France. « L'étendue
géographique de ce phénomène est sûrement l'une de ses
propriétés les plus impressionnantes », s'esbaudit Davide
Ascoli, de l'université de Turin. Son universalité aussi est
fascinante. De l'Amérique à l'Europe, en passant par les
tropiques, partout dans le monde, les arbres des forêts
s'épanouissent à l'unisson, une période d'abondance collective
succédant sans crier gare à des années de vaches maigres. Ce
comportement, qui s'observe surtout chez les arbres pollinisés
par le vent, comme le chêne, le hêtre ou les conifères, existait
déjà chez des plantes à graines très anciennes, comme les
cycadales, vieilles de plus de 300 millions d'années. « Il est
apparu indépendamment chez différentes espèces réparties au
sein de trente- sept familles de plantes », comptabilise
l'écologue Michal Bogdziewicz, de l'université de Poznan, en
Pologne, coauteur de la synthèse phylogénétique à ce jour la
plus complète sur le sujet. Cette fructification massive apparait
si primordiale, si viscérale, qu'elle continue même de régler les
arbres que nous avons pourtant depuis longtemps domestiqués
pour leurs fruits et disciplinés pour leurs rendements. En se
basant sur les données mondiales des récoltes de fruits entre
1961 et 2018, compilées par l'Organisation des Nations unies
pour ralimentation et l'agriculture, la botaniste Elizabeth Crone
et son équipe de l'université Tufts, aux États-Unis, viennent de
démontrer que les pistachiers, les abricotiers ou encore les
oliviers sont encore très sensibles à cette pulsation - les
arboriculteurs appellent cela « l'alternance ». À CHACUN SON
RYTHME... Comment des milliers et des milliers darbres
peuvent-ils faire coïncider ainsi leur floraison et leur
fructification à grande échelle ? Pourquoi ce comportement
collectif varie-t-il au fil des ans ? Et quel est le ressort secret de
cette pulsation erratique ? Sagit-il tout simplement d'une
réponse aux grandes oscillations climatiques ? Les hêtres s'y
montrent particulièrement sensibles... « En provoquant
l'enchaînement d'un printemps et d'un été chauds et secs après
un hiver relativement doux, l'oscillation nord-atlantique crée
une période optimale à la fois pour la floraison et la
fructification des hêtres en Europe », explique Davide Ascoli. «
Nous pensons que ces espèces de plantes pourraient disposer
d'une mémoire épigénétique sensible à l'écart de température
entre deux étés consécutifs », avance l'écologue néo-zélandais
Dave Kelly, de l'université de Canterbury, figure emblématique
du domaine. Plus cet écart serait important, plus la probabilité
d'une fructification de masse serait élevée. « Cet écart de
température prédit aussi relativement bien la survenue d'une
année faste chez les épinettes blanches, un conifère commun
des forêts d'Amérique du Nord », complète Jalene LaMontagne.

Sauf que les variations de fructification des chênes, que ce soit


en Europe ou aux États-Unis, ne montrent aucun signe
d'influence du climat ni de la température estivale. Vents
solaires, gestion des ressources, stratégie évolutive... Plusieurs
autres causes possibles ont été avancées par les scientifiques.
Aucune ne permet d'expliquer le phénomène dans toute son
ampleur et sa diversité. Car toutes les espèces ne suivent pas le
même e. DES TEMPOS À CONTRETEMPS S'il faut
généralement attendre deux à trois ans avant que les feuillages
des hêtres ne bruissent à nouveau généreusement de faines, il
peut se passer quatre ans, sept ans parfois plus avant qu'une
chênaie ne dispense de nouveau abondamment ses glands. «
Les chênes ont une fructification beaucoup plus aléatoire que
les hêtres et très difficile à prédire », atteste Nicolas Delpierre.
« l/ est rare qu'ils se synchronisent sur de grandes distances »,
ajoute Walter Koenig. Chez eux, le phénomène s'étend plutôt à
l'échelle d'une région que dun continent. Quant aux conifères
américains, Jalene LaMontagne vient de démontrer que leur
exceptionnelle synchronisation pulse à contretemps entre l'est
et l'ouest du continent nord-américain. De quoi perdre la tête !
« La seule certitude, concède la chercheuse, c'est qu'une année
creuse ou moyenne suit toujours une année faste. » « En
France, 2021 n'est pas une grande année pour les chênes »,
illustre d'ailleurs Samuel Venner. Les animaux mangeurs de
glands en souffrent sûrement cet hiver : écureuils, mulots, loirs,
geais et autres passereaux, sangliers et cervidés, sans oublier la
foule immense d'insectes des forêts, balanins et tordeuses
éclatantes en tête... Tous le savent bien : une telle manne
permet de passer Ihiver sans trembler et d'aimer sans retenue
au printemps. « Cette pulsation a façonné la vie et le
comportement des animaux depuis des millions d'années »,
atteste Mario Pesendorfer. La science commence enfin à
prendre la mesure de ces fructifications massives, variables et
erratiques. Mais le pouls des forêts reste en grande partie
mystérieux. Et personne ne sait encore si 2022 sera une année
faste pour les chênes...

UNE OSCILLATION CLIMATIQUE ? La canopée des forêts


humides d'Asie du Sud-Est produit beaucoup plus de graines de
Diptérocarpacées les années où El Nifio, couplé à l'oscillation
australe de la pression atmosphérique, provoque des hivers plus
froids et plus secs. « Une influence visible sur les soixante
dernières années », assure Davide Ascoli, de l'université de
Turin. D'autres suivis forestiers suggèrent que cette pulsation
climatique récurrente et irrégulière pourrait agir jiJSClU'aUX
Caraïbes, en passant par l'Australie et l'Afrique. Tandis qu'en
Europe, hêtres et épicéas sembleraient suivre en partie le
rythme de la grande oscillation nord-atlantique... « Les arbres
évoluent depuis des millions d'années avec ces oscillations,
poursuit le chercheur. Il paraît assez nature/ qu 'ils aient appris
à les suivre. » UNE INFLUENCE COSMIQUE ? Une forêt
tropicale pourrait-elle vibrer au rythme du ? C'est ce que
suggère le suivi sur dix-neuf ans de 89 espèces d'arbres de la
forêt de Luquillo, à Porto Rico : la variation des quantités de
graines coïncide mieux chez eux avec 'irruption de vents solaires
qu'avec El Nifio. Observation d'autant PIUS étonnante que ces
vents n'induisent dans leur cas atJCUn changement climatique
perceptible, ce qui impliquerait une sensibilité aux perturbations
de la magnétosphère... UNE GESTION DES RESSOURCES ? Et
si tout simplement les arbres attendaient d'avoir constitué
assez de réserves de carbone, d'azote et de minéraux pour
investir dans leur reproduction ? Cela expliquerait que leur
fructification ne soit pas totalement corrélée aux conditions
climatiques. Ainsi que les variations entre espèces. « Le
Japonais Y. Isagi a été le premier à suggérer que ces
fructifications massives pourraient être rythmées par une
stratégie d'allocation des ressources », rappelle Samuel Venner,
de l'université de Lyon. Il est vrai que produire en grande
quantité fleurs, pollens et graines requiert énormément
d'énergie : les faînes du hêtre captent à elles seules jusqu'à 50
% du carbone qu'il a produit dans l'année. UNE STRATÉGIE
ÉVOLUTIVE ? « L'hypothèse privilégiée à cejour est celle de la
satiation des prédateurs », énonce l'écologue Samuel Venner.
Très nutritives, les graines sont de fait convoitées par une foule
d'animaux : larves, rongeurs, grands mammifères, oiseaux... Le
comportement erratique des arbres pourrait alors être Une
stratégie leur permettant de provoquer des périodes de «
famine », afin de réduire le nombre de bouches susceptibles de
dévorer leur descendance 'année faste venue.

ET LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ? « Le phénomène de


fructification massive a diminué chez les hêtres des forêts
anglaises ces dernières décennies », rappelle An drew Hacket-
Pain, de l'université de Liverpool. Mais à l'inverse, Une
projection basée sur plus de trente ans d'observation de la forêt
de Châteauvillain-Arc-en-Barrois, en Haute-Marne, suggère que
les chênes pourraient y connaître « une très bonne année tous
les deux ans à partir de 2080 », annonce Laura TOUZ0t, qui a
conduit cette étude avec Samuel Venner. AU bénéfice de la
population de sangliers qui pourrait augmenter d'environ 20 %
par an ! « La diminution ou I 'augmentation des pics
d'abondance aura de profondes conséquences sur la vie des
forêts, gage Andrew Hacket-Pain. Mais nous manquons encore
de données. » NOS SOURCES Les principales publications lues
pour cet article : M. Pesendorfer et al„ « The ecology and
evolution of synchronized reproduction in long- lived plants »,
Phil. Trans. R. Soc. B(2û21) et les 13 autres articles de cette
édition spéciale ; A. Hacket-Pain, Current BiologyC2021).
Toutes les citations sont extraites d'interviews réalisées par
Epsiloon.

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