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19 Virus Rage

Le virus de la rage, une zoonose mortelle, a été identifié au XIXe siècle avec le développement d'un vaccin par Louis Pasteur. Il se propage principalement par morsure d'animaux infectés, notamment les chiens et les chauves-souris, et peut entraîner des symptômes neurologiques graves chez l'homme. Le traitement préventif inclut le lavage des plaies, la désinfection et la vaccination antirabique, tandis que la maladie est toujours mortelle une fois les symptômes cliniques apparus.

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Le virus de la rage, une zoonose mortelle, a été identifié au XIXe siècle avec le développement d'un vaccin par Louis Pasteur. Il se propage principalement par morsure d'animaux infectés, notamment les chiens et les chauves-souris, et peut entraîner des symptômes neurologiques graves chez l'homme. Le traitement préventif inclut le lavage des plaies, la désinfection et la vaccination antirabique, tandis que la maladie est toujours mortelle une fois les symptômes cliniques apparus.

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VIRUS DE LA RAGE

HISTORIQUE
• Zoonose transmise accidentellement à l’homme

• Maladie grave toujours mortelle à la phase clinique

• Disponibilité des vaccins prophylactiques

• Au XIXème siècle ➔ rage des rues = véritable fléau.

• Fin du XIXème ➔ élaboration une souche vaccinale de virulence


atténuée par Louis Pasteur.

• Juillet 1885: 1ère vaccination antirabique post-exposition administrée avec


succès jeune Joseph Meister mordu 2 jours auparavant par un chien enragé
en Alsace
CARACTERES DU VIRUS
Classification

• Ordre : Mononegavirales

• Famille : RHABDOVIRIDAE

• 18 genres dont le genre Lyssavirus

18 espèces ➔ virus de la rage


STRUCTURE

Génome
• ARN linéaire, monocaténaire, non segmenté
de polarité négative de 12 000 nucléotides

• code 5 protéines
• Glycoprotéine G
• Protéine matrice M
• Nucléoprotéine N
• Phosphoprotéine P
• Polymérase ARN dépendante L
STRUCTURE
Capside

• symétrie hélicoïdale
• Association nucléoprotéine N et l’ARN viral
pour former ribonucléoprotéine (RNP).
• Association protéines P et L RNP pour former
ribonucléocapside virale

Enveloppe
• dérive de membrane cytoplasmique
• Hérissée de spicules (glycoprotéines G)
PROPRIÉTÉS PHYSICO-CHIMIQUES

Virus enveloppé ➔ fragilité du virus de la rage; détruit par:


➔ Chaleur (15 mn à 50°C)
➔Lumière, rayons UV,
• Inactivé par les solvants des lipides (éther, alcool), savons,
ammonium quaternaire
MULTIPLICATION
Nombreux récepteurs
• Récepteur nicotinique à
l’acétylcholine sur surface des
cellules musculaires
• Molécule d’adhérence cellulaire
neuronale
• Récepteur métabotropique du
glutamate
Autres récepteurs
phospholipides, gangliosides
sialylés, l’héparane sulfate
Autres étapes
• Pénétration par endocytose
• Cycle d’un virus à l’ARN à
polarité négative
MULTIPLICATION

• Multiplication virale dans le cytoplasme.


• Transcription et réplication se déroulent
au niveau de corps d’inclusion
apparaissent au sein du cytoplasme des
cellules infectées, appelées corps de
NEGRI en histologie
➔ inclusions arrondies bien limitées dues à
l’accumulation les nucléocapsides virales
EPIDEMIOLOGIE

• Rage ➔ zoonose d’inoculation


• Pouvant affectée tous mammifères
• Réservoir principal
➔ Chiroptères (chauve-souris)
➔ Passage du virus aux mammifères

Franchissement de barrière d’espèce


pour s’adapter aux carnivores
terrestres.
EPIDEMIOLOGIE

• Maladie endémique rare dans les pays développés


• Nombre mondial de décès par an = 59 000
➔ pays à ressources limitées +++: Afrique et Asie
➔ Perte économique estimées à 8 milliards de dollars
• Togo : 52 cas de rage rapportés au Togo en 2022
• Chien ➔ réservoir et principal vecteur de rage humaine
(transmission accidentelle)
• Autres carnivores : mangouste (Afrique) renard, coyote, raton-
laveur….
EPIDEMIOLOGIE

• Absence dans pays africain : système de dépistage, surveillance et déclaration des


cas avec difficultés d’accès des populations à la prophylaxie post-exposition

• 1970: utilisation en Europe de vaccins antirabiques (appâts)


➔ diminution drastique des cas

Voie de contamination

• Transmission: 99,8% par animal en phase d’excrétion salivaire, par morsure ,


• Autre voies : griffure ou léchage d’une peau excoriée ou d’une muqueuse (oculaire ou buccale)
Inhalation d’aérosols?, transplantation

• Risque de rage élevé si morsure : face, tête ou région richement innervée


PHYSIOPATHOLOGIE
• Inoculation par morsure
• Infecte des neurones périphériques
innervant la zone d’inoculation
• Différentes étapes de la dissémination du
virus dans l’organisme :
- Progression de l’infection de proche en
proche par passage transsynaptique
- Migration du virus vers SNC
➔ voie rétrograde centripète
- Multiplication dans le SNC
- Dissémination du virus dans l’organisme
par voie antérograde centrifuge pour se
retrouver dans les terminaisons
- Ainsi le virus se retrouve dans tous les
organes : foie, cœur, pancréas, gros
intestin, estomac, glandes salivaires,
salive, liquide lacrymal..
CLINIQUE
Chez l’homme Incubation Début banal
Phase prodromique
Méningo-encéphalite ➔phase de migration • Syndrome pseudo-grippal
➔ Toujours mortelle du virus vers le SNC • Troubles digestifs
• Prurit ou douleur
lorsqu’elle est • Durée 1-2 mois
neuropathique au site
déclarée • Inférieure à 1 an
d’inoculation qui s’étend à
dans 99% des cas
tout le membre
• Parfois plus d’un an
exceptionnellement
CLINIQUE
Chez l’homme ➔Méningo-encéphalite
Phase d’état
➔ Phase neurologique aiguë spastique (2/3 des cas) au début
• Hydrophobie: Spasmes pharyngés lors de la déglutition puis lors de l’évocation d’un
liquide
• Aérophobie : spasme déclenché par un souffle d’air ou à l’inspiration

➔ Phase paralytique à la fin


paralysie flasque ascendante avec hypo ou aréflexie
Troubles sphinctériens (diagnostic différentiel avec syndrome de Guillain-Barré).

• Autres signes : hallucination, excitation convulsion, , aboiement comme un chien


Evolution : aggravation des troubles neurologique, coma, Décès par défaillance cardio-
vasculaire (trouble du rythme, troubles de conduction ..)
La contagiosité débute 15 jours avant le
CLINIQUE début des signes et se poursuit
jusqu’à la mort de l’animal

Chez l’animal
• Encéphalite aiguë rapide mortelle en 2 à 5 jours
• Deux types de rages
➔Rage spastique : chien, chat
• aboiement particulier bitonal
• difficulté à la déglutition
• agressivité
• agitation
• Parfois un isolement chez un animal habituellement sociable,
hypersalivation
➔ Rage paralytique : ovins et bovins
DIAGNOSTIC

Prélèvements

• Malade vivant
• Salive : à répéter car excrétion intermittente du virus

• Biopsie cutanée d’une zone richement vascularisée


• LCS (liquide céphalo-spinale) et sérum (sensibilité faible)

• Cadavre : prélèvement cérébral


• biopsie du cortex cérébral, d’hippocampe ou du bulbe rachidien
DIAGNOSTIC
Techniques diagnostiques

1. Détection des antigènes rabiques


• IFD sur prélèvements cérébraux à l’aide des anticorps anti-
nucléocapsides couplés à la fluorescéine. Lecture des frottis sur
microscope à fluorescence
• Immunohistochimie à l’aide des anticorps anti-nucléocapsides
couplés à la biotine ; détection réalisée l’apparition d’une coloration
due à l’action d’une enzyme (peroxydase) sur son substrat chromogène

• Immunochromatographie : simple, et rapide


DIAGNOSTIC
Techniques diagnostiques

2. Isolement du virus
• Laboratoire de niveau de sécurité P3

• Prélèvement : broyats cérébraux, parfois salive


• Culture sur cellules, neuroblastome murin

• Méthode rapide et sensible. Résultat en 24 h.

• Révélation par IFD


• Indication : confirmation de la rage humaine ou animale post mortem
DIAGNOSTIC
Techniques diagnostiques

3. Biologie moléculaire par RT-PCR


• Adapté à tout type de prélèvement
• A tout type de patient vivant ou décédé

• Avantages : permet de faire le séquençage et analyse phylogénétique

• Inconvénient : diversité génétique avec des problème d’amorces

• Indication : confirmation de la rage humaine ou animale post mortem


DIAGNOSTIC
Techniques diagnostiques

4. Détection des anticorps rabiques


• Prélèvement : sérum ou LCS
• Technique de séroneutralisation virale en culture cellulaire fondée sur la
réduction des foyers de fluorescence ou

• Technique ELISA en dosant les IgG


La rage déclarée est mortelle
TRAITEMENT La rage est une maladie à déclaration obligatoire

Traitement et prophylaxie

Conduite à tenir en cas d’exposition


➢ Laver la blessure : viral fragile, lavage abondante de la plaie à l’eau
savonneuse pendant 15 mn, rinçage
➢ Désinfection avec antiseptique
➢ Parage de la plaie sans suture
➢ Antibiothérapie (Pasteurella)
➢ Prophylaxie antitétanique
Eventuellement une sérothérapie à l’aide d’immunoglobulines purifiées
Mettre l’animal sous surveillance chez un vétérinaire
La rage déclarée est mortelle
TRAITEMENT La rage est une maladie à déclaration obligatoire

Traitement et prophylaxie : Vaccination Antirabique

• Indication
L’animal sous surveillance meurt
Diagnostic de la rage chez l’animal
Chien errant

• Vaccination antirabique : vaccins inactivés produits sur culture cellulaire ou


tissu
• Vaccin produit sur cellule VERO : vaccin rabique Pasteur
• Vaccin produit sur fibroblastes d’embryon (rabipur)
• Pas de contre-indication
• Voie IM
• Schémas
Schéma ZAGREB : 4 doses ; 2 doses à J0, 1 dose à J7 et 1 dose J21
Schéma ESSEN : 5 doses : 1 dose J0, J3, J7, J14 et J28
La rage déclarée est mortelle
TRAITEMENT La rage est une maladie à déclaration obligatoire

Immunothérapie
➢ Immunoglobulines polyclonales spécifiques et purifiées.

➢ Indication : prophylaxie post exposition

➢ Administration en une seule dose 20-40 UI/kg; infiltration à l’intérieur et


autour des plaies/ muqueuses touchées

➢Elle doit se faire très tôt au plus tard dans les 7 jours

➔ 5 injections J0, 3, 7, 14, 28, ou J0, J3, J7, J28, J90

➢IM profonde
TRAITEMENT

Prophylaxie chez personne pré-exposées

➢ Personnel de laboratoire manipulant Lyssavirus ou du matériel contaminé,


éleveurs, vétérinaires, chiroptérologues, personnel des zoo. 2 doses J0 et J7.
➔ Cette vaccination ne dispense pas d’une vaccination complète en cas
d’exposition avérée. Utiliser un schéma réduit
➢ Vaccination animaux sauvages par des appâts

➢ Elimination des animaux domestique errants

➢Vaccination des animaux domestiques.

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