VIRUS DE LA RAGE
HISTORIQUE
• Zoonose transmise accidentellement à l’homme
• Maladie grave toujours mortelle à la phase clinique
• Disponibilité des vaccins prophylactiques
• Au XIXème siècle ➔ rage des rues = véritable fléau.
• Fin du XIXème ➔ élaboration une souche vaccinale de virulence
atténuée par Louis Pasteur.
• Juillet 1885: 1ère vaccination antirabique post-exposition administrée avec
succès jeune Joseph Meister mordu 2 jours auparavant par un chien enragé
en Alsace
CARACTERES DU VIRUS
Classification
• Ordre : Mononegavirales
• Famille : RHABDOVIRIDAE
• 18 genres dont le genre Lyssavirus
18 espèces ➔ virus de la rage
STRUCTURE
Génome
• ARN linéaire, monocaténaire, non segmenté
de polarité négative de 12 000 nucléotides
• code 5 protéines
• Glycoprotéine G
• Protéine matrice M
• Nucléoprotéine N
• Phosphoprotéine P
• Polymérase ARN dépendante L
STRUCTURE
Capside
• symétrie hélicoïdale
• Association nucléoprotéine N et l’ARN viral
pour former ribonucléoprotéine (RNP).
• Association protéines P et L RNP pour former
ribonucléocapside virale
Enveloppe
• dérive de membrane cytoplasmique
• Hérissée de spicules (glycoprotéines G)
PROPRIÉTÉS PHYSICO-CHIMIQUES
Virus enveloppé ➔ fragilité du virus de la rage; détruit par:
➔ Chaleur (15 mn à 50°C)
➔Lumière, rayons UV,
• Inactivé par les solvants des lipides (éther, alcool), savons,
ammonium quaternaire
MULTIPLICATION
Nombreux récepteurs
• Récepteur nicotinique à
l’acétylcholine sur surface des
cellules musculaires
• Molécule d’adhérence cellulaire
neuronale
• Récepteur métabotropique du
glutamate
Autres récepteurs
phospholipides, gangliosides
sialylés, l’héparane sulfate
Autres étapes
• Pénétration par endocytose
• Cycle d’un virus à l’ARN à
polarité négative
MULTIPLICATION
• Multiplication virale dans le cytoplasme.
• Transcription et réplication se déroulent
au niveau de corps d’inclusion
apparaissent au sein du cytoplasme des
cellules infectées, appelées corps de
NEGRI en histologie
➔ inclusions arrondies bien limitées dues à
l’accumulation les nucléocapsides virales
EPIDEMIOLOGIE
• Rage ➔ zoonose d’inoculation
• Pouvant affectée tous mammifères
• Réservoir principal
➔ Chiroptères (chauve-souris)
➔ Passage du virus aux mammifères
Franchissement de barrière d’espèce
pour s’adapter aux carnivores
terrestres.
EPIDEMIOLOGIE
• Maladie endémique rare dans les pays développés
• Nombre mondial de décès par an = 59 000
➔ pays à ressources limitées +++: Afrique et Asie
➔ Perte économique estimées à 8 milliards de dollars
• Togo : 52 cas de rage rapportés au Togo en 2022
• Chien ➔ réservoir et principal vecteur de rage humaine
(transmission accidentelle)
• Autres carnivores : mangouste (Afrique) renard, coyote, raton-
laveur….
EPIDEMIOLOGIE
• Absence dans pays africain : système de dépistage, surveillance et déclaration des
cas avec difficultés d’accès des populations à la prophylaxie post-exposition
• 1970: utilisation en Europe de vaccins antirabiques (appâts)
➔ diminution drastique des cas
Voie de contamination
• Transmission: 99,8% par animal en phase d’excrétion salivaire, par morsure ,
• Autre voies : griffure ou léchage d’une peau excoriée ou d’une muqueuse (oculaire ou buccale)
Inhalation d’aérosols?, transplantation
• Risque de rage élevé si morsure : face, tête ou région richement innervée
PHYSIOPATHOLOGIE
• Inoculation par morsure
• Infecte des neurones périphériques
innervant la zone d’inoculation
• Différentes étapes de la dissémination du
virus dans l’organisme :
- Progression de l’infection de proche en
proche par passage transsynaptique
- Migration du virus vers SNC
➔ voie rétrograde centripète
- Multiplication dans le SNC
- Dissémination du virus dans l’organisme
par voie antérograde centrifuge pour se
retrouver dans les terminaisons
- Ainsi le virus se retrouve dans tous les
organes : foie, cœur, pancréas, gros
intestin, estomac, glandes salivaires,
salive, liquide lacrymal..
CLINIQUE
Chez l’homme Incubation Début banal
Phase prodromique
Méningo-encéphalite ➔phase de migration • Syndrome pseudo-grippal
➔ Toujours mortelle du virus vers le SNC • Troubles digestifs
• Prurit ou douleur
lorsqu’elle est • Durée 1-2 mois
neuropathique au site
déclarée • Inférieure à 1 an
d’inoculation qui s’étend à
dans 99% des cas
tout le membre
• Parfois plus d’un an
exceptionnellement
CLINIQUE
Chez l’homme ➔Méningo-encéphalite
Phase d’état
➔ Phase neurologique aiguë spastique (2/3 des cas) au début
• Hydrophobie: Spasmes pharyngés lors de la déglutition puis lors de l’évocation d’un
liquide
• Aérophobie : spasme déclenché par un souffle d’air ou à l’inspiration
➔ Phase paralytique à la fin
paralysie flasque ascendante avec hypo ou aréflexie
Troubles sphinctériens (diagnostic différentiel avec syndrome de Guillain-Barré).
• Autres signes : hallucination, excitation convulsion, , aboiement comme un chien
Evolution : aggravation des troubles neurologique, coma, Décès par défaillance cardio-
vasculaire (trouble du rythme, troubles de conduction ..)
La contagiosité débute 15 jours avant le
CLINIQUE début des signes et se poursuit
jusqu’à la mort de l’animal
Chez l’animal
• Encéphalite aiguë rapide mortelle en 2 à 5 jours
• Deux types de rages
➔Rage spastique : chien, chat
• aboiement particulier bitonal
• difficulté à la déglutition
• agressivité
• agitation
• Parfois un isolement chez un animal habituellement sociable,
hypersalivation
➔ Rage paralytique : ovins et bovins
DIAGNOSTIC
Prélèvements
• Malade vivant
• Salive : à répéter car excrétion intermittente du virus
• Biopsie cutanée d’une zone richement vascularisée
• LCS (liquide céphalo-spinale) et sérum (sensibilité faible)
• Cadavre : prélèvement cérébral
• biopsie du cortex cérébral, d’hippocampe ou du bulbe rachidien
DIAGNOSTIC
Techniques diagnostiques
1. Détection des antigènes rabiques
• IFD sur prélèvements cérébraux à l’aide des anticorps anti-
nucléocapsides couplés à la fluorescéine. Lecture des frottis sur
microscope à fluorescence
• Immunohistochimie à l’aide des anticorps anti-nucléocapsides
couplés à la biotine ; détection réalisée l’apparition d’une coloration
due à l’action d’une enzyme (peroxydase) sur son substrat chromogène
• Immunochromatographie : simple, et rapide
DIAGNOSTIC
Techniques diagnostiques
2. Isolement du virus
• Laboratoire de niveau de sécurité P3
• Prélèvement : broyats cérébraux, parfois salive
• Culture sur cellules, neuroblastome murin
• Méthode rapide et sensible. Résultat en 24 h.
• Révélation par IFD
• Indication : confirmation de la rage humaine ou animale post mortem
DIAGNOSTIC
Techniques diagnostiques
3. Biologie moléculaire par RT-PCR
• Adapté à tout type de prélèvement
• A tout type de patient vivant ou décédé
• Avantages : permet de faire le séquençage et analyse phylogénétique
• Inconvénient : diversité génétique avec des problème d’amorces
• Indication : confirmation de la rage humaine ou animale post mortem
DIAGNOSTIC
Techniques diagnostiques
4. Détection des anticorps rabiques
• Prélèvement : sérum ou LCS
• Technique de séroneutralisation virale en culture cellulaire fondée sur la
réduction des foyers de fluorescence ou
• Technique ELISA en dosant les IgG
La rage déclarée est mortelle
TRAITEMENT La rage est une maladie à déclaration obligatoire
Traitement et prophylaxie
Conduite à tenir en cas d’exposition
➢ Laver la blessure : viral fragile, lavage abondante de la plaie à l’eau
savonneuse pendant 15 mn, rinçage
➢ Désinfection avec antiseptique
➢ Parage de la plaie sans suture
➢ Antibiothérapie (Pasteurella)
➢ Prophylaxie antitétanique
Eventuellement une sérothérapie à l’aide d’immunoglobulines purifiées
Mettre l’animal sous surveillance chez un vétérinaire
La rage déclarée est mortelle
TRAITEMENT La rage est une maladie à déclaration obligatoire
Traitement et prophylaxie : Vaccination Antirabique
• Indication
L’animal sous surveillance meurt
Diagnostic de la rage chez l’animal
Chien errant
• Vaccination antirabique : vaccins inactivés produits sur culture cellulaire ou
tissu
• Vaccin produit sur cellule VERO : vaccin rabique Pasteur
• Vaccin produit sur fibroblastes d’embryon (rabipur)
• Pas de contre-indication
• Voie IM
• Schémas
Schéma ZAGREB : 4 doses ; 2 doses à J0, 1 dose à J7 et 1 dose J21
Schéma ESSEN : 5 doses : 1 dose J0, J3, J7, J14 et J28
La rage déclarée est mortelle
TRAITEMENT La rage est une maladie à déclaration obligatoire
Immunothérapie
➢ Immunoglobulines polyclonales spécifiques et purifiées.
➢ Indication : prophylaxie post exposition
➢ Administration en une seule dose 20-40 UI/kg; infiltration à l’intérieur et
autour des plaies/ muqueuses touchées
➢Elle doit se faire très tôt au plus tard dans les 7 jours
➔ 5 injections J0, 3, 7, 14, 28, ou J0, J3, J7, J28, J90
➢IM profonde
TRAITEMENT
Prophylaxie chez personne pré-exposées
➢ Personnel de laboratoire manipulant Lyssavirus ou du matériel contaminé,
éleveurs, vétérinaires, chiroptérologues, personnel des zoo. 2 doses J0 et J7.
➔ Cette vaccination ne dispense pas d’une vaccination complète en cas
d’exposition avérée. Utiliser un schéma réduit
➢ Vaccination animaux sauvages par des appâts
➢ Elimination des animaux domestique errants
➢Vaccination des animaux domestiques.