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Introduction

L'assurance obligatoire des véhicules automoteurs en République Démocratique du Congo vise à protéger les victimes d'accidents de circulation en garantissant une réparation rapide des préjudices. Cependant, son efficacité est remise en question en raison de la perception de cette assurance comme une simple formalité administrative et des difficultés rencontrées dans les procédures d'indemnisation. L'étude examine donc l'écart entre l'objectif légal de cette assurance et sa mise en œuvre concrète sur le terrain.

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Introduction

L'assurance obligatoire des véhicules automoteurs en République Démocratique du Congo vise à protéger les victimes d'accidents de circulation en garantissant une réparation rapide des préjudices. Cependant, son efficacité est remise en question en raison de la perception de cette assurance comme une simple formalité administrative et des difficultés rencontrées dans les procédures d'indemnisation. L'étude examine donc l'écart entre l'objectif légal de cette assurance et sa mise en œuvre concrète sur le terrain.

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0.

INTRODUCTION

L’assurance obligatoire des véhicules automoteurs en République Démocratique du


Congo occupe aujourd’hui une place importante dans le système juridique de protection des
victimes des accidents de circulation. Instituée par la Loi n°73-013 du 5 janvier 1973 portant
obligation de l’assurance de responsabilité civile en matière d’utilisation des véhicules
automoteurs, elle impose à tout propriétaire d’un véhicule de souscrire une assurance couvrant
les dommages susceptibles d’être causés aux tiers 1. Cette exigence légale s’inscrit dans une
logique de prévention des risques et de garantie de réparation des préjudices résultant des
accidents de la route.

Dans un contexte marqué par l’augmentation du trafic routier, l’état parfois défectueux
des infrastructures et la multiplication des accidents, l’assurance automobile obligatoire
apparaît comme un mécanisme indispensable de protection sociale. Elle permet, en principe,
d’assurer une indemnisation rapide des victimes sans que celles-ci ne dépendent
exclusivement de la solvabilité de l’auteur du dommage. Le législateur congolais a ainsi voulu
faire de cette assurance un instrument de socialisation des risques, afin d’éviter que les
conséquences financières des accidents ne pèsent uniquement sur les victimes 2. Cette
philosophie rejoint d’ailleurs les principes généraux du droit des obligations et de la
responsabilité civile, selon lesquels tout dommage causé à autrui doit donner lieu à une
réparation3.

Cependant, malgré son importance juridique et sociale, l’effectivité de cette assurance


demeure sujette à plusieurs critiques en République Démocratique du Congo. Dans la
pratique, de nombreux conducteurs souscrivent l’assurance uniquement pour satisfaire aux
exigences des contrôles routiers ou administratifs, sans réelle conscience de sa finalité
protectrice. De plus, les victimes rencontrent souvent des difficultés liées à la lenteur des
procédures d’indemnisation, au défaut d’assurance de certains véhicules ou encore à la
mauvaise application des textes par les acteurs concernés.

1
Art. 2 de la Loi n°73-013 du 5 janvier 1973 portant obligation de l’assurance de responsabilité civile en matière
d’utilisation des véhicules automoteurs
2
Art. 1 de la Loi n°15/005 du 17 mars 2015 portant Code des Assurances
3
KALONGO MBIKAYI, Droit civil : Les obligations, Kinshasa, CRDJ, 2010, p. 243
1. PROBLEMATIQUE

L’étude portant sur l’assurance obligatoire des véhicules automoteurs en République


Démocratique du Congo soulève principalement la question de son efficacité réelle dans la
réparation des dommages causés aux victimes des accidents de circulation. Le problème
central consiste à vérifier si cette assurance joue effectivement le rôle de mécanisme de
protection et d’indemnisation voulu par le législateur, ou si elle se limite, dans la pratique, à
une simple exigence administrative imposée aux propriétaires des véhicules.

Autrement dit, la réflexion cherche à mettre en évidence l’écart qui peut exister entre
la finalité juridique de l’assurance obligatoire et sa mise en œuvre concrète sur le terrain. En
principe, cette assurance a été instituée pour garantir aux victimes une réparation rapide et
équitable des préjudices subis, même lorsque l’auteur de l’accident ne dispose pas des moyens
financiers nécessaires4. Elle poursuit ainsi un objectif de sécurité juridique et de solidarité
sociale en assurant la prise en charge des conséquences des accidents de la route.

Cependant, la réalité pratique en République Démocratique du Congo révèle plusieurs


difficultés susceptibles de compromettre cette mission protectrice. Les retards dans les
procédures d’indemnisation, le défaut d’assurance de nombreux véhicules, la mauvaise
application des textes ainsi que certaines insuffisances du système assurantiel congolais
conduisent à s’interroger sur l’effectivité de cette garantie. Dans bien des cas, l’assurance
automobile obligatoire est davantage perçue comme un document exigé lors des contrôles
routiers que comme un véritable instrument de protection des victimes.

Après tout ce qui a été dit ci-haut, il nous a été demandé de poser une question
principale qui servira de fil conducteur à notre recherche. Ainsi, la question suivante mérite
d’être soulevée : l’assurance obligatoire des véhicules automoteurs en République
Démocratique du Congo constitue-t-elle un mécanisme réellement efficace de réparation du
préjudice subi par les victimes des accidents de circulation, ou demeure-t-elle essentiellement
une formalité administrative sans véritable impact pratique ?

2. HYPOTHESE

4
Art. 2 de la Loi n°73-013 du 5 janvier 1973 portant obligation de l’assurance de responsabilité civile en matière
d’utilisation des véhicules automoteurs
L’hypothèse se définit comme une réponse anticipative et provisoire apportée à une
question de recherche. Elle constitue une orientation intellectuelle permettant au chercheur de
conduire son analyse en vue de confirmer ou d’infirmer les suppositions formulées au départ 5.
En matière juridique, l’hypothèse sert essentiellement à proposer une solution probable au
problème étudié, laquelle sera confrontée par la suite aux réalités pratiques, aux textes légaux
ainsi qu’aux opinions doctrinales.

Dans le cadre de cette étude portant sur l’assurance obligatoire des véhicules
automoteurs en République Démocratique du Congo, l’hypothèse retenue repose sur l’idée
que cette assurance a été instituée comme un véritable mécanisme de protection des victimes
des accidents de circulation et de réparation des préjudices qui en résultent. En effet, en
imposant à tout propriétaire de véhicule la souscription d’une assurance de responsabilité
civile, le législateur congolais a voulu garantir une indemnisation des victimes
indépendamment de la situation financière de l’auteur de l’accident 6.

Ce système vise ainsi à assurer une certaine sécurité juridique et sociale aux usagers
de la route, en évitant que les conséquences matérielles ou corporelles des accidents ne
demeurent entièrement à la charge des victimes.

Toutefois, cette finalité protectrice semble rencontrer plusieurs limites dans la


pratique. En réalité, l’assurance obligatoire des véhicules automoteurs est souvent perçue
comme une simple formalité administrative destinée à satisfaire aux exigences des contrôles
routiers et des services de circulation. Les difficultés liées à l’indemnisation des victimes, les
lenteurs procédurales, l’absence d’assurance de nombreux véhicules ainsi que certaines
défaillances observées dans le fonctionnement du secteur des assurances réduisent
considérablement l’efficacité concrète de ce mécanisme. Dans plusieurs situations, les
victimes éprouvent encore des difficultés à obtenir une réparation rapide et intégrale de leurs
préjudices.

Dès lors, l’hypothèse principale de cette recherche est que l’assurance obligatoire des
véhicules automoteurs en République Démocratique du Congo constitue, sur le plan juridique,
un instrument pertinent de réparation du préjudice, mais que son efficacité pratique demeure

5
N’KOLO M., Méthodologie de la recherche juridique, Kinshasa, Presses Universitaires du Congo, 2018, p. 74
6
Art. 8 de la Loi n°73-013 du 5 janvier 1973 portant obligation de l’assurance de responsabilité civile en matière
d’utilisation des véhicules automoteurs
limitée en raison des insuffisances institutionnelles, administratives et sociales qui affectent
son application effective.

3. INTERET DU SUJET

Le sujet consacré à l’assurance obligatoire des véhicules automoteurs en République


Démocratique du Congo présente un intérêt particulier en raison des enjeux juridiques,
sociaux et pratiques qu’il soulève. À travers cette étude, il devient possible d’apprécier non
seulement la portée réelle de cette assurance dans la protection des victimes des accidents de
circulation, mais également l’efficacité du système juridique congolais en matière de
réparation des préjudices.

Sur le plan scientifique, cette recherche permet d’approfondir l’analyse du régime


juridique applicable à l’assurance obligatoire des véhicules automoteurs en République
Démocratique du Congo. Elle offre l’occasion d’examiner les fondements légaux de cette
obligation ainsi que les mécanismes mis en place par le législateur afin de garantir
l’indemnisation des victimes des accidents de circulation. L’étude contribue également à
enrichir les réflexions doctrinales relatives au droit des assurances et à la responsabilité civile,
en mettant en évidence les difficultés qui apparaissent dans l’application concrète des textes
légaux. Dans un contexte marqué par la réforme du secteur des assurances et la libéralisation
du marché, cette recherche revêt un intérêt scientifique indéniable, car elle permet de mesurer
l’adéquation entre les objectifs poursuivis par le législateur et les réalités observées dans la
pratique.

L’intérêt pratique de cette étude apparaît tout aussi important. En principe, l’assurance
obligatoire des véhicules automoteurs vise à garantir une réparation rapide et efficace des
dommages subis par les victimes des accidents de la route. Toutefois, dans la réalité
congolaise, plusieurs difficultés limitent l’effectivité de cette mission protectrice. De
nombreux véhicules circulent sans assurance valide, certaines victimes éprouvent des
difficultés à obtenir une indemnisation, tandis que les procédures administratives et judiciaires
demeurent souvent longues et complexes. L’analyse de cette problématique permettra ainsi de
mettre en lumière les insuffisances du système actuel et d’identifier les réformes susceptibles
d’améliorer le fonctionnement du mécanisme d’indemnisation. Cette étude peut également
servir de référence aux praticiens du droit, aux assureurs, aux magistrats ainsi qu’aux pouvoirs
publics dans la recherche de solutions adaptées aux réalités congolaises.
Sur le plan social, ce sujet présente une importance majeure dans la mesure où les
accidents de circulation constituent aujourd’hui une source importante de dommages humains
et matériels en République Démocratique du Congo. Les victimes et leurs familles subissent
fréquemment des conséquences économiques et sociales particulièrement lourdes à la suite
des accidents. Dans ce contexte, l’assurance obligatoire apparaît comme un instrument de
solidarité sociale destiné à protéger les usagers de la route contre les risques liés à la
circulation automobile⁴. Étudier son efficacité revient donc à s’interroger sur la capacité du
système assurantiel congolais à garantir une véritable justice réparatrice et à assurer une
protection effective des victimes.

Cette recherche présente un intérêt pédagogique et citoyen dans la mesure où elle


contribue à sensibiliser la population sur l’importance réelle de l’assurance automobile
obligatoire. Elle permet de dépasser la perception selon laquelle cette assurance ne
constituerait qu’une simple formalité administrative imposée lors des contrôles routiers, pour
mettre en évidence son rôle essentiel dans la protection des droits des victimes et dans la
promotion de la sécurité routière en République Démocratique du Congo.

4. METHODOLOGIE DE RECHERCHE

La présente étude se repose sur une démarche méthodologique adaptée à la nature


essentiellement juridique et sociale du sujet. La méthodologie peut être définie comme
l’ensemble des méthodes, techniques et procédés scientifiques utilisés par le chercheur afin
d’analyser une problématique de manière rationnelle et d’aboutir à des conclusions objectives
et cohérentes7. Dans le cadre de cette recherche, l’objectif est non seulement d’examiner le
cadre légal de l’assurance obligatoire des véhicules automoteurs, mais également d’apprécier
son efficacité réelle dans la réparation des préjudices subis par les victimes des accidents de
circulation.

Pour mener à bien cette étude, la méthode exégétique a été privilégiée comme
approche principale. Cette méthode consiste à analyser et interpréter les textes juridiques afin
d’en dégager le sens, la portée ainsi que l’intention du législateur 8. Son utilisation se justifie
pleinement dans la mesure où le sujet porte essentiellement sur l’interprétation des règles
relatives à l’assurance obligatoire et à la responsabilité civile en droit congolais. À travers

7
GRAWITZ, Madeleine, Méthodes des sciences sociales, 11ᵉ éd., Paris, Dalloz, 2001, p. 352
8
PINTO, Roger et GRAWITZ, Madeleine, Méthodes des sciences sociales, Paris, Dalloz, 1971, p. 489
cette méthode, il sera procédé à l’analyse des dispositions de la Loi n°73-013 du 5 janvier
1973 portant obligation de l’assurance de responsabilité civile en matière d’utilisation des
véhicules automoteurs, du Code des Assurances de 2015 ainsi que des textes réglementaires
relatifs au fonctionnement du secteur des assurances. Cette démarche permettra de
comprendre les mécanismes juridiques mis en place pour garantir l’indemnisation des
victimes des accidents de circulation.

En complément, la méthode analytique sera utilisée afin d’évaluer l’effectivité de ces


dispositions dans la pratique. Cette approche permettra d’examiner les difficultés concrètes
rencontrées dans l’application des textes, notamment la lenteur des procédures
d’indemnisation, l’absence d’assurance de certains véhicules, le défaut d’information des
victimes ou encore les insuffisances du contrôle exercé sur les compagnies d’assurances.
L’analyse portera ainsi sur le décalage existant entre les objectifs théoriques poursuivis par le
législateur et la réalité observée sur le terrain.

S’agissant des techniques de recherche, la technique documentaire constituera l’outil


principal de collecte des données. Elle consistera à consulter les textes légaux, les ouvrages
doctrinaux, les articles scientifiques, les décisions de justice, les rapports administratifs ainsi
que les documents relatifs au droit des assurances et à la responsabilité civile 9. Cette
documentation permettra d’appuyer scientifiquement les analyses développées dans le cadre
de cette étude et d’apporter une compréhension approfondie des enjeux juridiques et sociaux
liés à l’assurance obligatoire des véhicules automoteurs en République Démocratique du
Congo.

En exergue cette méthodologie permettra d’apprécier de manière critique si


l’assurance obligatoire des véhicules automoteurs constitue véritablement un mécanisme
efficace de réparation du préjudice ou si elle demeure, dans la pratique congolaise, une simple
formalité administrative dont l’impact reste limité dans la protection effective des victimes.

5. DELIMITATION

Toute recherche scientifique exige une délimitation précise afin de circonscrire le champ
d’étude et d’éviter toute confusion susceptible d’éloigner le chercheur de l’objet principal de

9
AKTOUF, Omar, Méthodologie des sciences sociales et approche qualitative des organisations, Montréal, Les
Presses de l’Université du Québec, 1987, p. 27
son travail. À cet effet, notre étude sera délimitée à deux niveaux : sur le plan spatial et sur le
plan temporel.

Sur le plan spatial, l’étude est exclusivement centrée sur la République Démocratique
du Congo, plus précisément dans la ville de Kinshasa.

Sur le plan temporel, cette étude couvre principalement la période allant de la


promulgation de la Loi n°73-013 du 5 janvier 1973 portant obligation de l’assurance de
responsabilité civile en matière d’utilisation des véhicules automoteurs jusqu’aux réformes
introduites par le Code des Assurances de 2015 et les textes réglementaires récents relatifs à
l’organisation du secteur des assurances

6. PLAN DETAILLE

Hormis l’introduction et la conclusion, notre travail est structuré en deux chapitres ; le


premier chapitre porte sur le champ d’application de l’assurance de responsabilité civile en
matière des véhicules automoteurs, le deuxième chapitre traite de l’assurance des véhicules
automoteurs comme instrument de réparation du préjudice.

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