COURS MECANIQUE DES MILIEUX CONTINUS
UNIVERSITE DE FIANARANTSOA
COURS
MECANIQUE
DES MILIEUX CONTINUS
I.S.T.E
CLASSE : 3ème ANNEE TECHNO
Enseignant : Docteur RAFALIMANANA ANGELO
ANNEE UNIVERSITAIRE : 2019 - 2020
Dr RAFALIMANANA Esthor Angelo Page 1
COURS MECANIQUE DES MILIEUX CONTINUS
COURS
MECANIQUE DES MILIEUX CONTINUS
SOMMAIRE
Chapitre I: Objets de la théorie de la mécanique des Milieux Continus
1.1. Introduction
1.2. Objet de la mécanique de milieux continus
1.3. Les différents axes d’ applications de la mécanique des milieux
continus
1.4. Le contenu du cours
Chapitre II : Eléments des calculs tensoriels
2.1. Généralités
2.2. La notation indicielle
2.2.1. La convention de la sommation
2.2.2. Définition du Kronecker delta
2.2.3. Définition du symbole de permutation
2.3. Rotation des systèmes de coordonnées
2.3.1. Rotation du système de coordonnées bidimensionnel
2.3.2. Rotation du système de coordonnées tridimensionnel
2.4. Définition des champs de tenseur
2.5. Cas particulier des tenseurs
2.6. Opérations et contractions des tenseurs
2.7. Dérivées partielles en notations indicielles
2.8. Théorème de l’ Intégral
2.9. Application aux calculs tensoriels
2.10. Exemples d’ application
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Chapitre III : Analyse des tenseurs de déformations
3.1. Introduction aux déformations
3.2. Mesure des élongations
3.3. Le tenseur de déplacement
3.4. Etude des tenseurs de déformation
3.4.1. Tenseur de déformation de Lagrange
3.4.2. Tenseur de déformation d’ Euler
3.5. Interprétation physique du tenseur de Lagrange
3.6. Interprétation Physique du tenseur d’ Euler
Chapitre IV : Applications aux déformations spéciales
4.1. Déformation homogène
4.2. Simple tension
4.3. Cisaillement pur
4.4. Tenseur de rotation
4.4.1. Rappels mathématiques
4.4.2. Tenseur de rotation par rapport aux coordonnées initiales
4.4.3. Tenseur de rotation par rapport aux coordonnées finales
4.5. Interprétation géométrique des tenseurs de déformation par
rapport aux coordonnées initiales
4.5.1. Tenseur des élongations
4.5.2. Tenseur de rotation
4.6. Interprétation géométrique des tenseurs de déformation par
rapport aux coordonnées finales
4.6.1. Tenseur des élongations
4.6.2. Tenseur de rotation
4.7. Exemples d’ applications
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CHAPITRE I : OBJET DE LA MECANIQUE DES MILIEUX
CONTINUS
Etomanomboka io mena io ny cours. Question de cour le exam
1.1. Introduction
La théorie de la mécanique des milieux continus est définis comme
une branche des sciences de l’ ingénieur et des sciences physique qui
étudie l’ état d’ équilibre ou de mouvement des corps qui sont sujet à
l’ action des forces extérieures ou intérieures des corps à l’ échelle
microscopique ou macroscopique. Elle peut aussi étudier la mécanique des
systèmes de masses ponctuelles, leur mouvement, leur vitesse et leur
accélération sous l’ effet des forces, des mouvements ou des
déformations.
En effet, la mécanique des milieux continus peut être définie comme
une branche des sciences fondamentales qui concerne l’ état d’ équilibre
ou le mouvement des corps qui sont sujet à l’ action des contraintes. Elle
concerne l’ étude et l’ analyse des structures mécaniques.
1.2. Objet de la mécanique des milieux continus
La mécanique des milieux continus permet de représenter théoriquement
l’ état de contraintes et les forces internes qui s’ exercent dans un milieu à
l’ état statique comme à l’ état dynamique. Ces corps peuvent être solides
ou liquides. Le milieu continu est défini comme un domaine donné à un
instant (t) par rapport à un système cartésien (XYZ) ou (X1X2X3) où il
existe dans son voisinage un distribution de matière dont les propriétés
physiques qui est d’ abord la masse volumique ( ) est une fonction
continue et différentiable par rapport au repère de coordonnées. En
conséquence, lorsqu’ on connaît l’ état initial de ce corps, il est
recommandé de définir son état ou son mouvement à un autre instant (t1)
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et par rapport à un autre système de coordonnée (X’Y’Z’) ou (X1’ X2’ X3’ ),
d’ où les descriptions Lagrangienne et Eulérienne du corps par rapport au
système original et système final respectivement avec une conservation de
masse au cours du temps, d’ où l’ équation de continuité du milieu
continu. Les états de description de se corps se basent essentiellement sur
la théorie des tenseurs.
1.3. Les différents axes de la mécanique des milieux continus
En générale la théorie de la mécanique des milieux continus peut toucher
plusieurs domaines dans les sciences technique et physique spécialement
la mécanique. Cette dernière peut être divisée en trois thèmes de sciences
et technologie suivant les caractéristiques des problématiques considérés
et qui se résument en :
a) La mécanique du point matériel, où les dimensions du corps peuvent
être négligées en étudiant son mouvement ou son équilibre.
b) La mécanique des corps solides où on peut négliger les déformations
durant l’ étude du mouvement de ces corps ou durant leur équilibre.
Cette étude est habituellement subdivisée en deux parties : la statique
et la dynamique. La statique consiste en l’ étudie des conditions
d’ équilibre des corps au repos soumis à l’ action des forces. Tandis
que la dynamique étudie les lois de mouvement des corps sous
l’ action des forces extérieures.
c) La mécanique des corps déformables qui consiste en l’ étude du
comportement ou du mouvement des corps solides, liquides. La
mécanique des corps solides déformables étudie la théorie de
l’ élasticité et la plasticité de ces corps. Concernant l’ élasticité, un
corps solide soumit à des forces extérieures se déforme mais sa
constitution intérieure revient à sa position initiale quand la force est
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supprimée (résistance des matériaux). Tandis que pour la plasticité la
constitution du corps ne revient pas à sa position initiale une fois que la
force est supprimée.
Ceci est schématisé explicitement par le tableau suivant :
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D’ un point matériel (Etude des corps de dimensions infiniment petits – négligeable -
Etude du mouvement de la particule de la matière)
Mécanique Statique (Etude des corps au repos soumis à des forces)
Solide
D’ un corps Cinématique (description des mouvements des systèmes mécaniques sans masse
Dynamique v = dr )
dt
Cinétique (relation entre force, masse et mouvement)
Corps déformable :
- corps élastique (se déforme mais revient à sa position initiale quand les forces sont supprimées)
- corps plastique (ne revient pas à sa position initiale quand les forces sont supprimées)
- corps transformable (sa constitution moléculaire et sa forme change durant son déplacement)
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1.4. Le contenu du cours
Le contenu de ce cours se basant sur cette théorie tensorielle l’ analyse
des déformations et des contraintes sont étudiées par rapport à différents
repères : repère de référence initial et repère après déformation. En conséquence,
le tenseur de déformation de Lagrange (par rapport au système original) et le
tenseur d’ Euler (par rapport au système après déformation) seront déterminés
en équations différentielles tensorielles élémentaires. L’ analyse des
déplacements des fibres uniques des corps continus seront aussi déterminés et
analysés.
Par ailleurs, les tenseurs de déformations et de contraintes dans un milieu
élastique seront aussi étudiés et déterminées en se basant sur l’ expansion de
Taylor. Ces relations contraintes – déformations sont liés par des lois appelées
lois de comportement mécanique pour différents matériaux qui sont
généralement étudiées de point de vue macroscopique ou macro mécanique en
considérons le matériau autant qu’ un élément par la mécanique des milieux
continus homogènes.
En général, ce cours contient donc trois chapitres. Le premier chapitre présente
les objectifs principaux de la mécanique des milieux continus et ces applications
dans le domaine de la mécanique. Le deuxième chapitre présente les différents
éléments de calcul tensoriel utilisés dans les milieux continus où les principaux
théorèmes mathématiques utilisés dans ce cours sont démontrés. Le chapitre
trois étudie les tenseurs de déformations de Lagrange et d’ Euler en fonction des
variables initiales et finales respectivement ainsi qu’ en fonction des vecteurs de
déplacements.
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CHAPITRE II : ELEMENTS DES CALCULS TENSORIELS
2.1. Généralités :
Les lois de la mécanique des milieux continus s’ écrivent avec beaucoup
d’ aisance lorsqu’ on utilise la notation tensorielle. Ces lois se résument
essentiellement en la loi de conservation de la masse, de la quantité de
mouvement, du moment et de l’ énergie. Elles sont invariantes vis à vis du
système de référence choisi pour les exprimer. En effet le tenseur est décrit par
un groupe de fonctions numériques ordonnées par rapport à un système de
coordonnées de telle sorte qu’ il est possible de définir des relations
mathématiques entre ces fonctions et le système. Il est donc utile de donner une
introduction sur les notations des espaces vectoriels et de base utilisant la
notation indicielle qui garantit l’ invariance de leur loi lors d’ un changement
de repère. Pour cela on définira un scalaire, un vecteur et un tenseur d’ ordre n
ainsi que les symboles de substitution et de permutation.
2.2. La Notation Indicielle
2.2.1. Convention de la Sommation :
Considérons un groupe d’ éléments constitué de n composants sous la
forme : x1, x2 , x3 ,…, xn.
Ce groupe d’ élément ou ses peut être écrit utilisant la notation indicielle
comme :
xi , avec i = 1 , n ; où i est appelé comme indice libre.
Si maintenant on considère un autre groupe d’ élément sous la forme d’ une
sommation définit par une suite (S) comme suit :
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S = a1 x1 + a2 x2 + a3 x 3 + …+ an xn
Cette suite peut être écrite sous une forme plus compacte utilisant aussi la
notation indicielle et la convention de la sommation comme :
n
S=
k 1
akxk
Comme elle peut être aussi écrite d’ une façon plus courte en utilisant la
convention de la sommation appelée la « convention d’ Einstein » et qui est
défini comme suit :
S = a k x k ; k =1,n (2.1)
Où k est appelé indice répétitif.
Remarques :
- Il est à noter que les indices répétitifs sont formulés par binôme et que les
expressions ayant trois indices répétitifs telle que a i x i y i ne sont pas
permises que lorsque le signe de la sommation est utilisé, c’ est à dire :
n
i 1
a i x i yi
- Aussi il est à noter que l’ égalité n’ influx pas sur la notation indicielle
c’ est à dire :
aixi= ajxj= akxk
- La convention de la sommation peut être clairement utilisé pour exprimer
la double et la triple sommation et autres.
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Exemples :
Exemple 1 :
Si on une double sommation de la forme :
3 3
A
i 1 j 1
ij
X i Yj
1Elle peut être écrite d’ une façon simplifiée utilisant la convention de la
sommation comme suit :
A ij X i Y j , i = 1,3 et j =1,3
Explicitement l’ équation 1.5 peut être écrite sous la forme :
A11 X1 Y1 A12 X1 Y2 A13 X1 Y3 A 21 X 2 Y1 A 22 X 2 Y2 A 23 X 2 Y3 A 31 X 3 Y1 A 32 X 3 Y2 A 33 X 3 Y3
Exemple 2 :
Si on une triple sommation de la forme :
3 3 3
A
I 1 j 1 k 1
ijk
X i Yj Z k
Elle peut être écrite utilisant la notation indicielle comme :
A ijk X i Y j Z k , i,j,k = 1,3
Qui représente explicitement la sommation de 27 termes.
2.2.2. Definition du Kronecker Delta :
Le Kronecker Delta, noté par ij, est défini par :
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1 , si i j
ij i = 1,3 et j =1,3
0 , si i j
C’ est à dire : 11 = 22 = 33 = 1 et 12 = 13 = 21 = 31 = 23 = 32 = 0.
En forme matricielle le Kronecker Delta est la matrice identité définit en
fonction des indices libres i et j.
Par exemple si (i et j) varient de 1 à 3, ij est donné par la matrice de la forme :
11 12 13 1 0 0
ij = 22 23 = 0 1 0
(2.3)
21
31 32 33 0 0 1
2.2.3. Définition du Symbole de Permutation :
Le symbole de permutation noté par ijk est défini comme suit :
Conditions permutation:
1; quand ijk est de permutation (123, 231, 312)
ijk 1; quand ijk est de permutation (132, 321, 213) (2.4)
0 ; autrement
Voir le sens de permutation ci-dessous :
1
(- 1) (+ 1)
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3 2
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C’ est à dire : 123 = 231 = 312 = 1 , 132 = 321 = 213 = -1 et
111 = 112 = 113 = …. = 0
En utilisant le symbole de rotation on aura :
W = w1 i + w2 j + w3 k
En utilisant la notation indicielle l’ élément wi du produit vectoriel est donné
par :
wi = ijk ujvk
où i est un indice libre ; j,k sont des indices répétitif.
Explicitement :
pour i = 1 , j,k varient de 1 à 3
w1 = ε1jk uj vk = ε11k u1 vk + ε12k u2 vk + ε13k u3 vk
= ε111 u1 v1 + ε112 u1 v2 + ε113 u1 v3 + ε121 u2 v1 + ε122 u2 v2 + ε123 u2 v3 + ε131 u3 v1
+ ε132 u3 v2 + ε133 u3 v3
= ε123 u2 v3 + ε132 u3 v2 = u2 v3 - u3 v2
pour i = 2 :
w2 = ε2jk uj vk = ε21k u1 vk + ε22k u2 vk + ε23k u3 vk
= ε213 u1 v3 + ε231 u3 v1 = u3 v1 - u1 v3
pour i = 3 :
w3 = ε3jk uj vk = ε31k u1 vk + ε32k u2 vk + ε33k u3 vk
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= ε312 u1 v2 + ε321 u2 v1 = u1 v2 – u2 v1
2.3. Rotation des Systèmes de Coordonnées :
2.3.1 Rotations du système de coordonnées bidimensionnel
On considère un point P (x1,x2) dans un système de coordonnées
bidimensionnel (X1,X2) ; après une rotation d’ un angle des ce système
(Fig.1), les coordonnées de ce point dans le nouveau système (X’ 1,X’ 2)
deviennent :
X’ 1 = X1cos + X2sin et X’ 2 = -X1sin + X2 cos
(2.5)
En forme matricielle l’ équation ci dessus devient :
x 1' cos sin x 1
' x
2
x sin cos 2
où la matrice de transformation des coordonnées ij est définis par :
cos sin
ij = sin cos (2.6)
En utilisant la notation indicielle la formule (2.5) s’ écrit sous la forme
suivante :
X’ i = ij Xj ; i,j =1,2 (2.7)
Où i est un indice libre et j est indice répétitif.
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XX
22
X’X’
22
P(x1,x
P(x 2)2)
1,x
X’X’
11
e2e2
e’e’
11
e’e’
22
e1e1 XX
11
Figure 1: Rotation des coordonnées en deux dimensions
2.4. Définition du champ de tenseur :
Dans un système de n’ importe quel ordre (x1 , x2 , x3 ,…, xn), un champ de
vecteur donné sous la forme :
T ijk…… (x1 , x2 , x3 ,…, xn) est dit tenseur si et seulement si il vérifie la règle de
transformation des coordonnées suivante :
T’ijk.…(x’1 , x’ 2 , x’ 3 , ….x’n) = ß im ß jn ß kl ..... T mnl……(x1 , x2 , x3 , …, xn) (2.16)
L’ ordre de ce champ de tenseur est défini en fonction du nombre de ses indices
libres.
2.5. Contraction des tenseurs :
La contraction sur les tenseurs réduit l’ ordre de ce dernier par deux.
C’ est à dire, si on a tenseur de deuxième ordre T ij où i,j = 1-3 qui a neuf
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composantes, sa contraction nous donne un autre tenseur T ii où i est un indice
répétitif variant de 1 à 3 et ayant seulement une seule composante de la forme :
Tii = T11 + T22 + T33
5) Notation matricielle :
En générale une matrice A , (Aij en notation indicielle) est un tenseur du
deuxième ordre avec : i = 1,n ; j = 1,m ; représenté comme suit :
A11 A12 A13 …… A1m
A21 A22 A23 …… A2m
A31 A32 A33 …… A3m
A = Aij = .
.
An1 An2 An3 …… Anm
- Dans le cas où n = m , la matrice est dite matrice carrée
- Si n m , la matrice est dite matrice rectangulaire
- Si n = 1 et m est quelconque, la matrice est dite vecteur ligne (tenseur
d’ ordre un) noté comme :
A = A1j = A11 A12 A13 …… A1m
- Si m = 1 et n est quelconque, la matrice est dite vecteur colonne (tenseur
d’ ordre un) noté comme :
A11
A21
A31
A = Ai1 = .
.
An1
- Matrice symétrique :
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La matrice A ( ou le tenseur Aij ) est dite symétrique si Aij = Aji ;
quand i j .
CHAPITRE III : ETUDE DES TENSEURS DE DEFORMATIONS
3.1. Introduction aux déformations :
Dans la théorie des milieux continus, la notation des tenseurs de déformation
n’ est pas une chose à comprendre et à exprimer facilement. Cette difficulté est
due à une certaine pauvreté technologique concernant simplement le mot
« Déformation » ; à qui on associe soit la modification de la forme d’ un corps
sous l’ action des sollicitations extérieures (déformation en français), soit la
variation locale de la longueur du corps. Cette dernière veut dire une
déformation par unité de longueur ou « taux de déformation » ; des fois on
l’ appelle « élongation ». Ces élongations sont généralement liées aux
contraintes de déformation qui sont définies en fonction par unité de surface.
3.2. Mesure des élongations :
En général, il existe plusieurs méthodes de mesurer les élongations dans le
domaine des déformations dans des corps uni ou tri dimensionnels. Dans le
cas des fibres élémentaires avant et après déformation ds et dS
respectivement, les différentes mesures des élongations sont :
a) Mesure de Cauchy :
ds dS
ec (3.1)
dS
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b) Mesure de Swanger :
ds dS
es (3.2)
ds
c) Mesure de Hencky :
e H log e ( ds ) (3.3)
dS
d) Mesure d’ Almensi :
e A 1 1 ( dS )2
2 ds
(3.4)
e) Mesure de Green :
e G
1
( ds 2
) 1 (3.5)
2 dS
Les équations (3.1) et (3.2) sont des mesures linéaires d’ élongations et sont
utilisées sont la théorie de l’ élasticité linéaire. L’ équation (3.3) a été prouvée
d’ être adéquate pour la théorie de la plasticité. Tandis qu’ aux équations (3.4)
et (3.5) sont utilisées dans le domaine de l’ élasticité non linéaire ou bien
l’ élasticité finie (micro élasticité). De ceci on peut conclure qu’ en élasticité les
mesures des élongations ne sont pas uniques contrairement aux mesures de
contraintes qui sont unique.
Application :
Dans le cas de déformation unidirectionnelle (une dimension) ; d’ un objet
de longueur initiale l0 soumise à une force F, après déformation cet objet aura
une longueur l. Sa déformation ou son changement de forme est donné par :
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l l l0
Tandis que l’ élongation qui est la déformation par unité de longueur de cette
objet est donnée par :
l (3.6a)
l0
ou bien : ' l (3.6b)
l
En général ' mais pour des petites élongation ' dans le cas où l l0 .
Supposons maintenant que l’ objet subit des déformations et des élongations
dans les trois directions ceci introduit l’ idée des tenseurs de déformations qui
aura des composantes dans les trois directions.
3.3. Le tenseur de déplacement
Dans un repère cartésien (x1 , x2 , x3 ) on considère une fibre d’ un corps
rigide de longueur initiale avant déformation ai (i = 1-3) à l’ instant t=t0 ; après
déformation à un certain temps t=t1 cette fibre va prendre des valeurs des
longueur xi . En notation vectorielle, ces valeurs sont représentées par : a et x
respectivement (voir figure). En conséquence, le vecteur (ou tenseur) de
déplacement ( u ) est donné en notation vectorielle par :
u x a
En notation indicielle le tenseur de déplacement se réduit à :
ui xi ai ; i=1-3 (3.6)
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où ai et xi sont dites les variables de Lagrange et d’ Euler respectivement et ui
est le vecteur de déplacement (tenseur du premier ordre) .
X2
t= t0
u
t= t1
a
x
X1
X3
Figure 3.1 : Déplacement d’ une fibre d’ un corps solide
3.4. Etude des tenseurs de déformation :
En général, la déformation d’ un corps dans trois dimensions est le
changement de sa forme ; par contre l’ élongation ou tenseur d’ élongation est
un terme spécifique pour définir ou décrire ces déformations par rapport à une
longueur bien déterminer du corps. En fait, lors de son déplacement, plusieurs
positions de ce corps qui est un média élastique vont être subites à des
translations, des rotations ou des déformations. Pour distinguer entre une
déformation et un mouvement rigide locale au corps il suffit deux considérer
fibres matérielles voisines et étudier leur mouvement respectif.
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En fait et pour déterminer ces types déformation dans tout le corps on
considère une fibre de ce corps Xpuis
2 on essaye d’ analyser cette fibre tout en
considérant un élément différentiel infiniment petit à son voisinage. Cependant
cette fibre peut être considérer à l’ instant initial t=t0 où seulement les variables
de Lagrange sont utilisées (c’ est à dire le tenseur de déformation de Lagrange) ;
dxi
ou bien après déformation à l’ instant x t=t1
t=t1 où les variables
i
d’ Euler seront
dai
t=t0
utilisées (c’ est à dire le tenseur de déformation d’ Euler). Figure 3.2
xi + dxi
ai
ai + dai X1
X3
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Figure 3.2 : Déformation au voisinage des fibres avant et après déformation
Avant le mouvement de la fibre (à l’ instant t=t0), on considère une particule
matérielle ( dai ), de norme ( ds0 ) au voisinage d’ une fibre de longueur initiale
ai :
La norme au carré de la particule élémentaire dai est donnée par la loi suivante :
i= 1, 3
ds02 = dai dai = da12 + da22 + da32 (3.7)
Après le mouvement de la fibre et à l’ instant t=t1 , la particule matérielle
prendra la valeur ( dxi ) de norme ( ds ) au voisinage de la longueur finale xi :
ds0 ds
dxi
dai
xi
ai xi + dxi
ai + dai
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de même et après mouvement, la norme au carré de la particule élémentaire ds
est donnée par :
i=1, 3
ds2 = dxi dxi = dx12 + dx22 + dx32 (3.8)
Où i est un indice répétitif. Les éléments différentiels dai et dxi sont des
éléments infiniment petit au voisinage des longueurs des fibres initiale et finale
ai et xi respectivement.
Il est à noter que la quantité ( ds2 - ds02 ) est un terme qui mesure le changement
de la distance entre les deux positions des fibres (finale et initiale). Dans le cas
où la quantité ds2 - ds02 = 0 cela veut dire q’ aucune déformation n’ est
produite entre les fibres mais seulement un mouvement des fibres s’ est exercé.
Dans le cas où cette quantité est différente de zéro (ds 2 - ds02 0 ) c’ est à dire
qu’ il y a déformation des fibres dans le corps et par conséquent deux études
seront possible : la première par rapport aux variables de Lagrange et la
deuxième par rapport aux variables d’ Euler.
3.4.1. Le Tenseur de Déformation de Lagrange :
Dans ce premier cas, on essaye d’ exprimer les distances élémentaires en
fonction des variables de Lagrange ai . Pour ce, en utilisant la règle de la chaîne
on aura :
ds2 ds02 2 Eij dai da j (3.11)
c’ est à dire que si on connaît le Lagrangian Eij la déformation ( ds2 - ds02 ) peut
être déterminer à n’ importe quel fibre ( dai ) du corps.
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3.4.2. Le Tenseur de déformation d’ Euler :
Maintenant, on essaye d’ exprimer les distances élémentaires en fonction des
variables d’ Euler xi , et de la même façon on aura :
ds2 ds02 2 eij dxi dx j (3.16)
et si on connaît l’ Eulérian eij la déformation ( ds2 - ds02 ) peut être déterminer à
n’ importe quel fibre ( dxi ) du corps dans trois dimensions.
3.5. Interprétation physique du Tenseur de Lagrange E ij :
Le tenseur de Lagrange Eij est un tenseur d’ ordre deux ayant deux
indices libres i et j variant de 1 jusqu’ à 3 ; c’ est un tenseur ayant neuf
composants représentés comme suit :
E11 E12 E13
Eij E 21 E 22 E 23
(3.19)
E31 E32 E33
Pour analyser physiquement ce tenseur il suffit donc d’ analyser chacun de
termes séparément suivant les axes X1 , X2 , X3
3.5.1. Interprétation physique de l’ élément E11 :
Afin de faciliter le problème on considère à l’ instant t=t0 une fibre
élémentaire initiale (dai ) dans la direction X1 d’ un corps tridimensionnel ; où
dai est donnée par : dai = (ds0 , 0 , 0). Après déformation, la fibre dxi aura la
valeur ds dans le repère tri dimensionnel.
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t= t1
t= t0
X2
dxi
dai
X1
X3
Figure 3.3 : déformation d’ une fibre dans la direction X1
En conséquence, on peut définir physiquement la déformation par unité de
longueur initiale (E1) dans la direction X1 (élongation) comme suit :
ds ds0
E1 ds (1 E1 ) ds0 (3.20)
ds0
Donc la formule de Lagrange se réduit à :
ds2 – ds02 = 2 E11 ds02 (3.21)
En général la valeur numérique du tenseur Eij sont très inférieur à l’ unité en
valeur absolue ; puis élevée à une puissance supérieure à l’ unité (au carré par
exemple) ce qui les affaiblies d’ avantage et deviennent négligeable devant
l’ unité:
E11 E1 (3.25)
Ce qui peut être interpréter physiquement que la valeur E11 du tenseur de
Lagrange est la déformation par unité de longueur initiale dans la direction X 1
(E1).
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3.5.2. Interprétation physique de E22 :
Dans ce cas on va prendre la fibre initiale dans la direction X2 où :
dai = (0, ds0 , 0)
comme représenté sur la figure 3.4:
t= t1
X2 t= t0
dai
dxi
X1
X3
Figure 3.4 : déformation d’ une fibre dans la direction X2
De la même façon on définir la valeur physique de la déformation par
unité de longueur initiale (E2) dans la direction X2 comme suit :
ds ds0
E2 ds (1 E2 ) ds0 (3.26)
ds0
où ici ds0 représente la norme de (dai ) dans la direction X2 ; et de la formule de
Lagrange (3.11) on peut avoir :
ds2 – ds02 = 2 E22 ds02
et en utilisant la formule du binôme on peut avoir :
E22 E2
C’ est à dire que E22 peut être interpréter physiquement comme la déformation
par unité de longueur initiale dans la direction X2 (E2).
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3.5.3. Interprétation physique de E33 :
Dans ce cas on va prendre la fibre initiale dans la direction X3 où dai = (0,0,ds0)
comme représenté sur la figure 3.5 :
X2
dxi
X1
X3 dai
Figure 3.5 : déformation d’ une fibre dans la direction X3
Et de la même façon on définit la valeur physique de la déformation par
unité de longueur initiale (E3) dans la direction X3 comme suit :
ds ds0
E3 ds (1 E3 ) ds0 (3.28)
ds0
où ici ds0 représente la norme de (dai ) dans la direction X3 ; et de la formule de
Lagrange (3.11) on peut avoir :
ds2 – ds02 = 2 E33 ds02
et en utilisant la formule du binôme on peut avoir :
E33 E3
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C’ est à dire que la valeur E33 du tenseur de Lagrange peut être interpréter
physiquement comme la déformation par unité de longueur initiale (E3) dans la
direction X3.
3.6. Interprétation physique du Tenseur de déformation d’ Euler eij :
Le tenseur d’ Euler (eij ) est aussi un tenseur d’ ordre deux ayant deux
indices libres i et j variant de 1 jusqu’ à 3. Il a neuf composants représentés
comme suit :
e11 e12 e13
eij e21 e22 e23
e31 e32 e33
Pour interpréter physiquement ce tenseur il suffit donc d’ analyser chacun de
termes séparément suivant les trois axes et suivant les trois plans séparément.
Contrairement au tenseur de Lagrange, le but de cette analyse est de supposer
qu’ on connaît l’ état final du corps après sa déformation et on veut connaître
son état original à l’ instant initial ; et ce pour trouver la forme et l’ originalité
du corps avant sa déformation.
3.6.1. Interprétation physique de l’ élément e11 :
Dans ce cas on suppose qu’ on connaît l’ état final de la fibre élémentaire
après déformation à l’ instant t=t1 ; et on veut connaître son état initial à
l’ instant t=t0 . Pour cela on considère que c’ est la fibre dxi qui est connue et
donnée suivant la direction Xi c’ est à dire : dxi = (ds, 0 , 0) et que dai est
inconnue et on veut trouver son état (voir figure 3.9) ; et par l’ occasion on
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définit la déformation par unité de longueur final (e1) contrairement à (E1)
comme suit :
ds ds0
e1 ds0 (1 e1 ) ds
ds
ds
ds0 ?
t=t1
t=t0
X1
X3
Avant déformation Après déformation
Figure 3.9: Déformation de deux fibres dans le plan x1-x2
Utilisant la formule qu’ on a développée auparavant :
ds2 ds02 2 eij dxi dx j
Qui explicitement se réduit à :
ds2 ds02 2 e11 dx1 dx1 2 e11 ds2
Pour des faibles déformations très inférieures à l’ unité on peut en déduire que :
e11 e1
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Autrement dit, le tenseur d’ Euler dans la direction x1 est à peu prés égal à
déformation par unité de longueur finale.
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