0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
0 vues46 pages

Cours_poly

Ce document traite des suites numériques, définissant une suite comme une application de N dans R et explorant divers types de suites, y compris les suites arithmétiques et géométriques. Il aborde également des concepts de convergence, divergence et bornitude des suites, ainsi que des opérations sur celles-ci. Enfin, des propositions et des exemples illustrent les propriétés et comportements des suites dans différents contextes.

Transféré par

maeldemir2007
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
0 vues46 pages

Cours_poly

Ce document traite des suites numériques, définissant une suite comme une application de N dans R et explorant divers types de suites, y compris les suites arithmétiques et géométriques. Il aborde également des concepts de convergence, divergence et bornitude des suites, ainsi que des opérations sur celles-ci. Enfin, des propositions et des exemples illustrent les propriétés et comportements des suites dans différents contextes.

Transféré par

maeldemir2007
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Suites numériques

Mathématiques - Licence 1 (semestre 2)

2025 – 2026

1 / 46
Sommaire

1 Suites numériques

2 Suites et comparaisons

3 Suites récurrentes
Qu’est-ce qu’une suite ?

Définition 1
Une suite (numérique) réelle est une application de N dans R. Au lieu
de la noter
u : N −→ R
n 7−→ u(n)

on la note u = (un )n∈N où un = u(n) est un nombre réel. On dit que


(un )n∈N est la suite de terme général un .
Le nième terme de la suite est appelé le terme de rang n.
On dit qu’une suite réelle (un )n∈N est à termes positifs si, pour tout
n ∈ N, on a un ≥ 0.
On définit de même une suite à termes négatifs, à termes strictement
positifs, etc.

3 / 46
Qu’est-ce qu’une suite ?

Remarques 2
• Une suite n’est pas nécessairement définie pour tout nombre entier
n ∈ N. Il sera aisé d’adapter les énoncés qui suivent aux cas de
suites définies sur un sous-ensemble infini de N.
• Il existe des suites à valeurs dans d’autres ensembles que R (par
exemple C) mais nous n’en parlerons pas dans ce cours.

4 / 46
Exemples de suites
Exemples 3
• La suite de terme général n1 est une suite définie sur N∗ .
• La suite ((−1)n )n∈N est une suite définie sur N dont les termes de
rang pair valent 1 et ceux de rang impair valent −1.

• La suite de terme général n − 4 est une suite définie sur
l’ensemble (infini) {n ∈ N | n ≥ 4}.
Il existe d’autres façons de définir une suite :
Exemples 4
• La suite de Fibonacci (Fn )n∈N est définie par les relations : F0 = 0,
F1 = 1 et Fn+2 = Fn+1 + Fn pour tout n ∈ N.
• La suite de terme général

En = Card{(a, b, c) ∈ N3 | a + 2b + 3c = n}

est définie de façon combinatoire.


5 / 46
Exemples de suites : suites récurrentes

Soient E une partie de R et f : E → R une application telle que


f (E ) ⊂ E .
On peut définir une suite (un )n∈N par récurrence, c’est-à-dire par :
1 la donnée de son terme initial u0 = α où α ∈ E ;
2 la donnée d’une relation de récurrence : ∀n ∈ N, un+1 = f (un ).
Nous ferons une étude générale des suites récurrentes à la fin du chapitre.

6 / 46
Exemples de suites récurrentes : suites arithmétiques

Une suite récurrente définie par une fonction f : R → R avec


f (x ) = x + r est une suite arithmétique :
Définition 5
Une suite (un )n∈N est dite arithmétique s’il existe un nombre réel r tel
que
∀n ∈ N, un+1 = un + r .
Le nombre r est alors appelé la raison de la suite (un )n∈N .

Proposition 6
La suite (un )n∈N est arithmétique si, et seulement si, il existe r ∈ R tel
que, pour tout n ∈ N, on ait un = u0 + r n.

Exemple 7
La suite de terme général un = 2n + 5 est arithmétique de raison 2.

7 / 46
Somme des termes d’une suite arithmétique

Proposition 8
Soit (un )n∈N une suite arithmétique de raison r .
La somme des k premiers termes de la suite arithmétique (un )n∈N est


k−1 ( )
u0 + uk−1 k(k − 1)
Sk = un = k = u0 k + r.
2 2
n=0

8 / 46
Exemples de suites récurrentes : suites géométriques
Une suite récurrente définie par une fonction f : R → R avec f (x ) = q x
est une suite géométrique :
Définition 9
Une suite (un )n∈N est dite géométrique s’il existe un nombre réel q tel
que
∀n ∈ N, un+1 = q un .
Le nombre q est alors appelé la raison de la suite (un )n∈N .

Proposition 10
La suite (un )n∈N est géométrique si, et seulement si, il existe q ∈ R tel
que, pour tout n ∈ N, on ait un = u0 q n .
Note : par convention, 00 = 1.

Exemple 11
La suite de terme général un = (−1)n est géométrique de raison −1.
9 / 46
Somme des termes d’une suite géométrique

Proposition 12
Soit (un )n∈N une suite géométrique de raison q.
La somme des k premiers termes de la suite géométrique (un )n∈N est


u 1 − q
k

k−1
0 si q 6= 1
Sk = un = 1−q

u k
n=0 0 si q = 1

10 / 46
Convergence

Définition 13
Soit ℓ ∈ R. On dit que la suite (un )n∈N converge vers ℓ (ou qu’elle tend
vers ℓ) si

∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ N =⇒ |un − ℓ| < ε).

Le nombre réel ℓ est appelé limite de la suite.


Lorsque (un )n∈N converge vers ℓ, on peut trouver un rang à partir duquel
les valeurs de la suite sont arbitrairement proches de ℓ.
Remarque 14
Soit t ∈ R∗+ . Alors (un )n∈N converge vers ℓ si, et seulement si,

∀ε ∈ ]0, t[, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ N =⇒ |un − ℓ| < ε).

11 / 46
Convergence, divergence

Définition 15
• On dit que la suite (un )n∈N converge s’il existe ℓ ∈ R tel que la
suite (un )n∈N converge vers ℓ.
• On dit que la suite (un )n∈N diverge si elle ne converge pas.

Proposition 16
Si une suite (un )n∈N converge, alors la limite de la suite est unique.
On la note ℓ = lim un ; on peut aussi écrire un −→ ℓ.
n→+∞ n→+∞

12 / 46
Propriétés de la limite finie

Remarque 17
La suite (un )n∈N converge vers ℓ si, et seulement si, la suite (un − ℓ)n∈N
converge vers 0.

Proposition 18
La suite (un )n∈N converge vers 0 si, et seulement si, la suite de terme
général |un | converge vers 0.

Attention ! Le résultat précédent peut être faux si la limite n’est pas 0.

13 / 46
Limites non finies
Définition 19
On dit que la suite (un )n∈N tend vers +∞ (ou a pour limite +∞) et on
note lim un = +∞, si
n→+∞

∀A ∈ R, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ N =⇒ un > A).
Lorsque (un )n∈N tend vers +∞, on peut trouver un rang à partir duquel
les valeurs de la suite sont arbitrairement grandes.
Définition 20
On a une définition « analogue » pour lim un = −∞ :
n→+∞

∀B ∈ R, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ N =⇒ un < B).

Remarque 21
Dans les définitions ci-dessus, on peut se contenter de prendre A ≥ A0 et
B ≤ B0 , où A0 et B0 sont des nombres réels fixés.
14 / 46
Convergence de suites

La nature d’une suite est de l’un des trois types suivants :


• convergente, vers une limite ℓ ∈ R
(c’est le cas de la suite de terme général n1 ) ;
• divergente qui tend vers +∞ ou vers −∞
(c’est le cas de la suite de terme général n, resp. −n) ;
• divergente sans tendre vers +∞ ou −∞
(c’est le cas de la suite de terme général (−1)n ).

Exemple 22
Si r 6= 0, toute suite arithmétique de raison r est divergente
(et tend vers +∞ si r > 0 et vers −∞ si r < 0).

15 / 46
Convergence des suites géométriques

Proposition 23
Soit q ∈ R. La suite géométrique (q n )n∈N est convergente si et
seulement si |q| < 1 ou q = 1. Plus précisément,
 n

 q −−−−→ 0 si |q| < 1,

 n→+∞


q n −−−−→ 1 si q = 1,
n→+∞

 q n −−−−→ +∞


si q > 1,


n→+∞
 n
q n’a pas de limite si q ≤ −1.

Remarque 24
On pourra en déduire le comportement de toute suite géométrique.

16 / 46
Suite bornée
Définition 25
Une suite (un )n∈N est dite
• majorée s’il existe un nombre réel M tel que, pour tout n ∈ N,
on ait un ≤ M :
∃M ∈ R, ∀n ∈ N, un ≤ M ;

• minorée s’il existe un nombre réel m tel que, pour tout n ∈ N,


on ait un ≥ m :
∃m ∈ R, ∀n ∈ N, un ≥ m ;
• bornée si elle est majorée et minorée :

∃M ∈ R, ∃m ∈ R, ∀n ∈ N, m ≤ un ≤ M.

Remarque 26

(un )n∈N est bornée ⇐⇒ (|un |)n∈N est majorée


⇐⇒ ∃B ∈ R, ∀n ∈ N, |un | ≤ B.
17 / 46
Suite bornée
Proposition 27
Si une suite converge, alors elle est bornée.

Attention !
• Une suite bornée n’est pas nécessairement convergente.
• Une suite tendant vers +∞ n’est pas majorée mais une suite qui
n’est pas majorée ne tend pas nécessairement vers +∞.

Exemples 28
• La suite de terme général (−1)n est bornée et divergente.
• La suite (un )n∈N de terme général
{
n si n est pair
un =
0 si n est impair

n’est pas majorée mais ne tend pas vers +∞.


18 / 46
Opérations sur les suites

Définition 29
On note RN l’ensemble des suites u = (un )n∈N .
Pour u ∈ RN , v ∈ RN et λ ∈ R, on définit les opérations suivantes :
• l’addition u + v : ∀n ∈ N, (u + v )n = un + vn ;
• le produit externe λu : ∀n ∈ N, (λu)n = λun ;
• le produit (interne) uv : ∀n ∈ N, (u v )n = un vn .

Remarque 30
Nous reviendrons sur la structure de RN muni des opérations d’addition
et de produit externe dans le chapitre suivant.

19 / 46
Somme et limites

Étude de la limite de u + v en fonction des limites de u et v . .

u+v v
ℓ′ +∞ −∞ Sans limite
u
ℓ ℓ + ℓ′ +∞ −∞ Sans limite

+∞ +∞ +∞ FI FI

−∞ −∞ FI −∞ FI

Sans limite Sans limite FI FI FI

« FI » pour forme indéterminée. Dans de tels cas, tous les comportements


sont possibles (limites finies quelconques, limites infinies, pas de limite).

20 / 46
Produit et limites
Étude de la limite de uv en fonction des limites de u et v .

uv v
ℓ′ > 0 ℓ′ = 0 ℓ′ < 0 +∞ −∞ Sans limite
u
ℓ>0 ℓℓ′ 0 ℓℓ′ +∞ −∞ Sans limite

ℓ=0 0 0 0 FI FI FI

ℓ<0 ℓℓ′ 0 ℓℓ′ −∞ +∞ Sans limite

+∞ +∞ FI −∞ +∞ −∞ FI

−∞ −∞ FI +∞ −∞ +∞ FI

Sans limite Sans limite FI Sans limite FI FI FI

21 / 46
Inverse et limites

Proposition 31
Soit ℓ un nombre réel ou +∞ ou −∞. Soit (un )n∈N une suite.
On suppose que un −−−−→ ℓ.
n→+∞
( )
1 Si ℓ 6= 0, alors il existe N ≥ 0 tel que la suite u
1
n
est bien
n≥N
définie. ( )
• Si ℓ ∈ R et ℓ 6= 0, alors la suite u1 converge vers 1ℓ .
( )
nn≥N
• Si ℓ = +∞ ou ℓ = −∞, alors la suite u1n converge vers 0.
n≥N
2 ) N ∈ N tel que pour tout n ≥ N, on a un > 0,
Si ℓ = 0 et s’il( existe
1
alors la suite un est bien définie et tend vers +∞.
n≥N
3 ) N ∈ N tel que pour tout n ≥ N, on a un < 0,
Si ℓ = 0 et s’il( existe
alors la suite un 1
est bien définie et tend vers −∞.
n≥N

22 / 46
Autres opérations sur les limites
Proposition 32
1 Si une suite (un )n∈N converge vers ℓ ∈ R et si f est une fonction
continue en ℓ, alors la suite (f (un ))n∈N converge vers f (ℓ).
2 Soient α et L dans R ∪ {+∞, −∞}.
Si une suite (un )n∈N tend vers α et si f est une fonction définie au
voisinage de α admettant L comme limite en α, alors la suite
(f (un ))n tend vers L.

Exemple 33
( ( ))
La suite cos n21+1 converge vers 1.
n∈N

Attention ! La proposition peut être mise en défaut si la fonction f n’est


pas continue ou n’a pas de limite. ( )
Méditer l’exemple suivant : vn = E 1 − n1 où E(x ) désigne la partie
entière du nombre réel x .
23 / 46
Sommaire

1 Suites numériques

2 Suites et comparaisons

3 Suites récurrentes
Limites réelles et suites minorées, majorées ou bornées

Proposition 34 (Passage à la limite dans les inégalités)


Soient ℓ, a, b des nombres réels. Soit (un )n∈N une suite convergeant
vers ℓ.
Si, à partir d’un certain rang, tous les termes de la suite (un )n∈N
• sont minorés par a, alors ℓ ≥ a ;
• sont majorés par b, alors ℓ ≤ b ;
• appartiennent à l’intervalle [a, b], alors ℓ ∈ [a, b].

En terme de quantificateurs, la dernière assertion s’écrit


( )
∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ N =⇒ a ≤ un ≤ b) =⇒ a ≤ ℓ ≤ b.

Attention ! Ces résultats sont faux si on remplace ≤ par <.


Voir l’exemple de la suite de terme général un = n1 > 0.

25 / 46
Encadrement

Théorème 35 (d’encadrement)
Soient (un )n∈N , (vn )n∈N et (wn )n∈N trois suites vérifiant

∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ N =⇒ un ≤ vn ≤ wn ).

Si les suites (un )n∈N et (wn )n∈N convergent vers une même limite
ℓ ∈ R, alors la suite (vn )n∈N converge et sa limite est ℓ.

Proposition 36
Soient (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites vérifiant

∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ N =⇒ un ≤ vn ).

Si la suite (un )n∈N tend vers +∞ alors la suite (vn )n∈N tend vers +∞.
Si la suite (vn )n∈N tend vers −∞ alors la suite (un )n∈N tend vers −∞.

26 / 46
Suites monotones
Définition 37
On dit que la suite (un )n∈N est
• croissante si : ∀n ∈ N, un+1 ≥ un ;
• strictement croissante si : ∀n ∈ N, un+1 > un ;
• décroissante si : ∀n ∈ N, un+1 ≤ un ;
• strictement décroissante si : ∀n ∈ N, un+1 < un ;
• monotone si elle est croissante ou décroissante ;
• croissante à partir d’un certain rang si :
∃N ∈ N, ∀n ≥ N, un+1 ≥ un .

Attention !
• Une suite peut n’être ni croissante, ni décroissante.
• La négation de l’assertion « la suite est croissante »
• est « il existe un nombre entier n pour lequel un+1 < un »
• n’est pas « la suite est décroissante ».
27 / 46
Suites monotones

Remarques 38
• Si (un )n∈N est une suite à termes strictement positifs à partir d’un
certain rang N, alors :
u
• (un )n≥N est croissante ⇐⇒ ∀n ∈ N, n ≥ N, n+1 ≥ 1 ;
un
• (un )n≥N est strictement croissante ⇐⇒ ∀n ∈ N, n ≥ N,
un+1
> 1;
un
u
• (un )n≥N est décroissante ⇐⇒ ∀n ∈ N, n ≥ N, n+1 ≤ 1 ;
un
• (un )n≥N est strictement décroissante ⇐⇒ ∀n ∈ N, n ≥ N,
un+1
< 1.
un
• Si (un )n∈N est une suite à termes strictement négatifs, alors la suite
de terme général vn = −un est à termes strictement positifs et
(un )n∈N est (strictement) croissante si, et seulement si, (vn )n∈N est
(strictement) décroissante, et inversement.

28 / 46
Monotonie et convergence

Théorème 39 (convergence monotone)


• Toute suite croissante et majorée est convergente.
• Toute suite décroissante et minorée est convergente.

Proposition 40
• Toute suite croissante et non majorée tend vers +∞.
• Toute suite décroissante et non minorée tend vers −∞.

Exemple 41
3
La suite u, définie par récurrence par u0 = 2 et un+1 = 4 − pour tout
un
n ∈ N, est croissante et majorée, donc elle converge (on pourra
commencer par vérifier que 2 ≤ un ≤ 3 pour tout n ∈ N).

29 / 46
Suites adjacentes
Définition 42
Deux suites (un )n∈N et (vn )n∈N sont dites adjacentes si les trois
conditions suivantes sont satisfaites :
1 l’une des deux suites est croissante ;
2 l’autre est décroissante ;
3 la suite (un − vn )n∈N converge vers 0.

Théorème 43
Si deux suites sont adjacentes alors elles convergent et ont même limite.

Exemple 44
On considère les suites (un )n∈N et (vn )n∈N définies par
√ un + vn
u0 ∈ R∗+ ; v0 ∈ R∗+ ; ∀n ∈ N, un+1 = un vn et vn+1 = .
2
Les suites (un )n≥1 et (vn )n≥1 sont adjacentes. Leur limite commune est
appelée moyenne arithmético-géométrique de u0 et v0 .
30 / 46
Négligeabilité
Par analogie avec la comparaison des fonctions, on introduit la notion :
Définition-Proposition 45
Soient u = (un )n∈N et v = (vn )n∈N deux suites. On dit que (un )n∈N est
négligeable devant (vn )n∈N et on note un = o(vn ) s’il existe N ∈ N et
une suite δ = (δn )n≥N qui converge vers 0 tels que, pour tout n ≥ N, on
ait un = vn δn .
Si v ne s’annule pas à partir d’un certain rang N, alors
( )
un
un = o(vn ) ⇐⇒ converge vers 0.
vn n≥N

Remarques 46
• Contrairement aux fonctions, la notion de négligeabilité pour les
suites est nécessairement en +∞, c’est pourquoi il est inutile de le
préciser.
• Écrire un = o(1) est équivalent à dire que (un )n∈N converge vers 0.
• Mêmes règles de calculs que pour les fonctions...
31 / 46
Négligeabilité

Exemples 47


n = o(n2 ) ; sin(n) = o( n) ; e −n = o(1).

Théorème 48
Soient α, β dans R ; soit q ∈ R.
• Si α < β alors nα = o(nβ ) ;
• Si α > 0 et β > 0 alors (ln n)α = o(nβ ) ;
• Si α > 0 et β > 0 alors nα = o(e β n ) ;
• Si α > 0 et q > 1 alors nα = o(q n ) ;
• On a aussi (résultats plus subtils) :
• si q > 1 alors q n = o(n!) ;
• n! = o(nn ).

32 / 46
Équivalence
Définition-Proposition 49
Soient u = (un )n∈N et v = (vn )n∈N deux suites. On dit que u et v sont
équivalentes et on note un ∼ vn s’il existe N ∈ N et une suite
ρ = (ρn )n≥N qui converge vers 1 tels que, pour tout n ≥ N, on ait
un = vn ρn .
Si v ne s’annule pas à partir d’un certain rang N, alors
( )
un
un ∼ vn ⇐⇒ converge vers 1.
vn n≥N

Remarques 50
• L’égalité lim (un − vn ) = 0 n’implique pas un ∼ vn .
n→+∞
• La relation un ∼ vn n’implique pas que (un − vn )n converge vers 0.
• Si (un )n∈N non nulle converge vers 0, il ne faut pas écrire un ∼ 0.
• Écrire un ∼ vn est équivalent à écrire un = vn + o(vn ).
• Mêmes règles de calculs que pour les fonctions...
33 / 46
Équivalence

Pour montrer que un ∼ vn , on peut procéder d’une des façons suivantes :


• soit on montre que un = vn ρn avec (ρn )n qui converge vers 1 ;
• soit, lorsque ((vn ))
n ne s’annule pas à partir d’un certain rang N, on
un
montre que converge vers 1 ;
vn n≥N
• soit on montre que un = vn + o(vn ), c’est-à-dire que un = vn (1 + δn )
avec (δn )n qui converge vers 0.

Les équivalents permettent d’obtenir de nombreuses limites grâce au


théorème suivant :
Théorème 51
Soit ℓ un nombre réel ou ℓ = +∞ ou ℓ = −∞.
Si un ∼ vn et si (vn )n∈N a une limite ℓ, alors (un )n∈N a une limite et elle
est égale à ℓ.

34 / 46
Équivalence

Proposition 52
Soit α ∈ R ∪ {+∞; −∞}. Soient f et g deux fonctions définies au
voisinage de α et soit (un )n∈N une suite qui tend vers α.
On suppose qu’il existe un rang N ∈ N tel que, pour tout n ∈ N avec n ≥ N, on ait un ̸= α.
• Si f ∼
α g, alors f (un ) ∼ g(un ).
• Si f =
α o(g), alors f (un ) = o(g(un )).

Exemples 53
( )
1 1 1 1
1 On a ln 1 + 3 − 3 ∼− 3 2
∼ − 6.
n +1 n +1 2(n + 1) 2n
( 3 ) ( 3 )
2
) − 3 = o n + 2n − 3 donc
On (a sin n + 2n
sin n3 + 2n − 3 = o(n3 ).

35 / 46
Équivalence

Exemple 54
Soit a ∈ R. Soit N ∈ N∗ avec N ≥ a. On considère la suite u = (un )n≥N
définie par :
( a )n ( ( a ))
∀n ≥ N, un = 1 + = exp n ln 1 + .
n n
( a)
• Si a 6= 0, alors on a n ln 1 + ∼ a ; on en déduit que
( ( a ))
n
n ln 1 + converge vers a puis, comme exp est continue
n n≥N
en a, que u converge vers exp(a).
• Si a = 0, alors un = 1 pour tout n ≥ 1 donc u converge vers 1 = e 0 .

36 / 46
Sommaire

1 Suites numériques

2 Suites et comparaisons

3 Suites récurrentes
Suites récurrentes

Nous allons étudier plus généralement les suites définies par récurrence.
Soit E une partie de R.
Définition-Proposition 55
Soit f une application de E dans R telle que f (E ) ⊂ E . Soit u0 ∈ E .
On définit une suite (un )n∈N en posant

∀n ∈ N, un+1 = f (un ).

De plus, pour tout n ∈ N, on a un ∈ E .

38 / 46
Suites récurrentes

Attention ! Dans le cas où f est monotone, la suite récurrente u


associée à f n’est pas nécessairement monotone.

Exemple 56
• Les suites géométriques non constantes de raison −1 ne sont pas
monotones, alors qu’elles sont définies à l’aide de la fonction
décroissante f : R → R, f (x ) = −x .
• Les suites arithmétiques de raison −1 sont décroissantes, alors
qu’elles sont définies à l’aide de la fonction croissante f : R → R,
f (x ) = x − 1.

39 / 46
Suites récurrentes

Proposition 57
Soient a, b dans R avec a < b. Soit f : [a, b] −→ [a, b] une fonction et
soit (un )n∈N une suite définie par
{
u0 ∈ [a, b] et
∀n ∈ N, un+1 = f (un ).

Soit g : [a, b] → R l’application définie par g(x ) = f (x ) − x .


1 Si g est positive sur [a, b], alors la suite (un )n∈N est croissante.
2 Si g est négative sur [a, b], alors la suite (un )n∈N est décroissante.

Remarque 58
Si g n’est pas de signe constant, l’étude des variations de (un )n∈N est
plus délicate.

40 / 46
Suites récurrentes
Définition-Proposition 59
Soit f : E → R une application.
• On dit que α ∈ E est un point fixe de f si f (α) = α.
• Soit g : E → R l’application définie par g(x ) = f (x ) − x . Soit
α ∈ E . Alors : α est un point fixe de f si, et seulement si, g(α) = 0.

Proposition 60
Soient a, b dans R avec a < b. Soit f : [a, b] −→ [a, b] une fonction et
soit (un )n∈N une suite définie par
{
u0 ∈ [a, b] et
∀n ∈ N, un+1 = f (un ).

Si f est continue et si la suite (un )n∈N converge vers ℓ ∈ R alors


ℓ ∈ [a, b] et ℓ est un point fixe de f .
41 / 46
Suites récurrentes

Résumé
1 Lorsque f ([a, b]) ⊂ [a, b] et u0 ∈ [a, b], alors on définit une suite en
posant : ∀n ∈ N, un+1 = f (un ).
2 Souvent, pour justifier qu’une suite récurrente converge, on montre
qu’elle est croissante et majorée ou qu’elle est décroissante et
minorée.
3 On étudie le signe de la fonction g : [a, b] → R définie par
g(x ) = f (x ) − x .
4 Si la suite (un )n∈N converge, vers ℓ, alors ℓ ∈ [a, b].
Si de plus f est continue, alors f (ℓ) = ℓ (c-à-d g(ℓ) = 0).
5 On en déduit alors les valeurs possibles pour ℓ, que l’on peut affiner
à l’aide des variations de la suite.

42 / 46
Suites récurrentes : autre exemple

Exemple 61
Étude de la nature de la suite définie par récurrence par
] π[
u0 ∈ 0, et, pour tout n ∈ N, un+1 = sin(un ).
2

Exemple 62
Étude de la nature de la suite définie par récurrence par

u0 = 1 et, pour tout n ∈ N, un+1 = 1 + un .

43 / 46
Suites récurrentes : suites arithmético-géométriques

Définition 63
Soient a, b et u0 dans R. La suite récurrente (un )n∈N définie par

un+1 = aun + b pour tout n ∈ N

est appelée suite arithmético-géométrique.


C’est une suite définie par récurrence à l’aide de la fonction f : R → R
définie par f (x ) = ax + b.

Remarque 64
Si a = 1 alors la suite est arithmétique de raison b.
Si b = 0 alors la suite est géométrique de raison a.

44 / 46
Suites récurrentes : suites arithmético-géométriques
Proposition 65
Soit f : R → R la fonction définie par f (x ) = ax + b.
Supposons que a 6= 1 et notons ℓ l’unique point fixe de f .
Soit u = (un )n∈N la suite définie par récurrence par
{
u0 ∈ R
∀n ∈ N, un+1 = f (un ) = aun + b.

Alors :
1 pour tout n ∈ N, un − ℓ = an (u0 − ℓ) ;
2 u converge si, et seulement si, u0 = ℓ ou |a| < 1 ;
3 si u converge, alors lim un = ℓ.
n→+∞

Remarque 66
La suite (vn )n∈N de terme général vn = un − ℓ est géométrique de
raison a.
45 / 46
Exemple de suite arithmético-géométrique

Exemple 67
On considère la suite définie par :

u0 = 100 et, pour tout n ∈ N, un+1 = 0, 95 un + 15.

Pour tout n ∈ N, exprimer explicitement un en fonction de u0 et n.


Montrer que (un )n∈N converge et déterminer sa limite.

46 / 46

Vous aimerez peut-être aussi