Suites numériques
Mathématiques - Licence 1 (semestre 2)
2025 – 2026
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Sommaire
1 Suites numériques
2 Suites et comparaisons
3 Suites récurrentes
Qu’est-ce qu’une suite ?
Définition 1
Une suite (numérique) réelle est une application de N dans R. Au lieu
de la noter
u : N −→ R
n 7−→ u(n)
on la note u = (un )n∈N où un = u(n) est un nombre réel. On dit que
(un )n∈N est la suite de terme général un .
Le nième terme de la suite est appelé le terme de rang n.
On dit qu’une suite réelle (un )n∈N est à termes positifs si, pour tout
n ∈ N, on a un ≥ 0.
On définit de même une suite à termes négatifs, à termes strictement
positifs, etc.
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Qu’est-ce qu’une suite ?
Remarques 2
• Une suite n’est pas nécessairement définie pour tout nombre entier
n ∈ N. Il sera aisé d’adapter les énoncés qui suivent aux cas de
suites définies sur un sous-ensemble infini de N.
• Il existe des suites à valeurs dans d’autres ensembles que R (par
exemple C) mais nous n’en parlerons pas dans ce cours.
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Exemples de suites
Exemples 3
• La suite de terme général n1 est une suite définie sur N∗ .
• La suite ((−1)n )n∈N est une suite définie sur N dont les termes de
rang pair valent 1 et ceux de rang impair valent −1.
√
• La suite de terme général n − 4 est une suite définie sur
l’ensemble (infini) {n ∈ N | n ≥ 4}.
Il existe d’autres façons de définir une suite :
Exemples 4
• La suite de Fibonacci (Fn )n∈N est définie par les relations : F0 = 0,
F1 = 1 et Fn+2 = Fn+1 + Fn pour tout n ∈ N.
• La suite de terme général
En = Card{(a, b, c) ∈ N3 | a + 2b + 3c = n}
est définie de façon combinatoire.
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Exemples de suites : suites récurrentes
Soient E une partie de R et f : E → R une application telle que
f (E ) ⊂ E .
On peut définir une suite (un )n∈N par récurrence, c’est-à-dire par :
1 la donnée de son terme initial u0 = α où α ∈ E ;
2 la donnée d’une relation de récurrence : ∀n ∈ N, un+1 = f (un ).
Nous ferons une étude générale des suites récurrentes à la fin du chapitre.
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Exemples de suites récurrentes : suites arithmétiques
Une suite récurrente définie par une fonction f : R → R avec
f (x ) = x + r est une suite arithmétique :
Définition 5
Une suite (un )n∈N est dite arithmétique s’il existe un nombre réel r tel
que
∀n ∈ N, un+1 = un + r .
Le nombre r est alors appelé la raison de la suite (un )n∈N .
Proposition 6
La suite (un )n∈N est arithmétique si, et seulement si, il existe r ∈ R tel
que, pour tout n ∈ N, on ait un = u0 + r n.
Exemple 7
La suite de terme général un = 2n + 5 est arithmétique de raison 2.
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Somme des termes d’une suite arithmétique
Proposition 8
Soit (un )n∈N une suite arithmétique de raison r .
La somme des k premiers termes de la suite arithmétique (un )n∈N est
∑
k−1 ( )
u0 + uk−1 k(k − 1)
Sk = un = k = u0 k + r.
2 2
n=0
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Exemples de suites récurrentes : suites géométriques
Une suite récurrente définie par une fonction f : R → R avec f (x ) = q x
est une suite géométrique :
Définition 9
Une suite (un )n∈N est dite géométrique s’il existe un nombre réel q tel
que
∀n ∈ N, un+1 = q un .
Le nombre q est alors appelé la raison de la suite (un )n∈N .
Proposition 10
La suite (un )n∈N est géométrique si, et seulement si, il existe q ∈ R tel
que, pour tout n ∈ N, on ait un = u0 q n .
Note : par convention, 00 = 1.
Exemple 11
La suite de terme général un = (−1)n est géométrique de raison −1.
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Somme des termes d’une suite géométrique
Proposition 12
Soit (un )n∈N une suite géométrique de raison q.
La somme des k premiers termes de la suite géométrique (un )n∈N est
u 1 − q
k
∑
k−1
0 si q 6= 1
Sk = un = 1−q
u k
n=0 0 si q = 1
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Convergence
Définition 13
Soit ℓ ∈ R. On dit que la suite (un )n∈N converge vers ℓ (ou qu’elle tend
vers ℓ) si
∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ N =⇒ |un − ℓ| < ε).
Le nombre réel ℓ est appelé limite de la suite.
Lorsque (un )n∈N converge vers ℓ, on peut trouver un rang à partir duquel
les valeurs de la suite sont arbitrairement proches de ℓ.
Remarque 14
Soit t ∈ R∗+ . Alors (un )n∈N converge vers ℓ si, et seulement si,
∀ε ∈ ]0, t[, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ N =⇒ |un − ℓ| < ε).
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Convergence, divergence
Définition 15
• On dit que la suite (un )n∈N converge s’il existe ℓ ∈ R tel que la
suite (un )n∈N converge vers ℓ.
• On dit que la suite (un )n∈N diverge si elle ne converge pas.
Proposition 16
Si une suite (un )n∈N converge, alors la limite de la suite est unique.
On la note ℓ = lim un ; on peut aussi écrire un −→ ℓ.
n→+∞ n→+∞
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Propriétés de la limite finie
Remarque 17
La suite (un )n∈N converge vers ℓ si, et seulement si, la suite (un − ℓ)n∈N
converge vers 0.
Proposition 18
La suite (un )n∈N converge vers 0 si, et seulement si, la suite de terme
général |un | converge vers 0.
Attention ! Le résultat précédent peut être faux si la limite n’est pas 0.
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Limites non finies
Définition 19
On dit que la suite (un )n∈N tend vers +∞ (ou a pour limite +∞) et on
note lim un = +∞, si
n→+∞
∀A ∈ R, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ N =⇒ un > A).
Lorsque (un )n∈N tend vers +∞, on peut trouver un rang à partir duquel
les valeurs de la suite sont arbitrairement grandes.
Définition 20
On a une définition « analogue » pour lim un = −∞ :
n→+∞
∀B ∈ R, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ N =⇒ un < B).
Remarque 21
Dans les définitions ci-dessus, on peut se contenter de prendre A ≥ A0 et
B ≤ B0 , où A0 et B0 sont des nombres réels fixés.
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Convergence de suites
La nature d’une suite est de l’un des trois types suivants :
• convergente, vers une limite ℓ ∈ R
(c’est le cas de la suite de terme général n1 ) ;
• divergente qui tend vers +∞ ou vers −∞
(c’est le cas de la suite de terme général n, resp. −n) ;
• divergente sans tendre vers +∞ ou −∞
(c’est le cas de la suite de terme général (−1)n ).
Exemple 22
Si r 6= 0, toute suite arithmétique de raison r est divergente
(et tend vers +∞ si r > 0 et vers −∞ si r < 0).
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Convergence des suites géométriques
Proposition 23
Soit q ∈ R. La suite géométrique (q n )n∈N est convergente si et
seulement si |q| < 1 ou q = 1. Plus précisément,
n
q −−−−→ 0 si |q| < 1,
n→+∞
q n −−−−→ 1 si q = 1,
n→+∞
q n −−−−→ +∞
si q > 1,
n→+∞
n
q n’a pas de limite si q ≤ −1.
Remarque 24
On pourra en déduire le comportement de toute suite géométrique.
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Suite bornée
Définition 25
Une suite (un )n∈N est dite
• majorée s’il existe un nombre réel M tel que, pour tout n ∈ N,
on ait un ≤ M :
∃M ∈ R, ∀n ∈ N, un ≤ M ;
• minorée s’il existe un nombre réel m tel que, pour tout n ∈ N,
on ait un ≥ m :
∃m ∈ R, ∀n ∈ N, un ≥ m ;
• bornée si elle est majorée et minorée :
∃M ∈ R, ∃m ∈ R, ∀n ∈ N, m ≤ un ≤ M.
Remarque 26
(un )n∈N est bornée ⇐⇒ (|un |)n∈N est majorée
⇐⇒ ∃B ∈ R, ∀n ∈ N, |un | ≤ B.
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Suite bornée
Proposition 27
Si une suite converge, alors elle est bornée.
Attention !
• Une suite bornée n’est pas nécessairement convergente.
• Une suite tendant vers +∞ n’est pas majorée mais une suite qui
n’est pas majorée ne tend pas nécessairement vers +∞.
Exemples 28
• La suite de terme général (−1)n est bornée et divergente.
• La suite (un )n∈N de terme général
{
n si n est pair
un =
0 si n est impair
n’est pas majorée mais ne tend pas vers +∞.
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Opérations sur les suites
Définition 29
On note RN l’ensemble des suites u = (un )n∈N .
Pour u ∈ RN , v ∈ RN et λ ∈ R, on définit les opérations suivantes :
• l’addition u + v : ∀n ∈ N, (u + v )n = un + vn ;
• le produit externe λu : ∀n ∈ N, (λu)n = λun ;
• le produit (interne) uv : ∀n ∈ N, (u v )n = un vn .
Remarque 30
Nous reviendrons sur la structure de RN muni des opérations d’addition
et de produit externe dans le chapitre suivant.
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Somme et limites
Étude de la limite de u + v en fonction des limites de u et v . .
u+v v
ℓ′ +∞ −∞ Sans limite
u
ℓ ℓ + ℓ′ +∞ −∞ Sans limite
+∞ +∞ +∞ FI FI
−∞ −∞ FI −∞ FI
Sans limite Sans limite FI FI FI
« FI » pour forme indéterminée. Dans de tels cas, tous les comportements
sont possibles (limites finies quelconques, limites infinies, pas de limite).
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Produit et limites
Étude de la limite de uv en fonction des limites de u et v .
uv v
ℓ′ > 0 ℓ′ = 0 ℓ′ < 0 +∞ −∞ Sans limite
u
ℓ>0 ℓℓ′ 0 ℓℓ′ +∞ −∞ Sans limite
ℓ=0 0 0 0 FI FI FI
ℓ<0 ℓℓ′ 0 ℓℓ′ −∞ +∞ Sans limite
+∞ +∞ FI −∞ +∞ −∞ FI
−∞ −∞ FI +∞ −∞ +∞ FI
Sans limite Sans limite FI Sans limite FI FI FI
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Inverse et limites
Proposition 31
Soit ℓ un nombre réel ou +∞ ou −∞. Soit (un )n∈N une suite.
On suppose que un −−−−→ ℓ.
n→+∞
( )
1 Si ℓ 6= 0, alors il existe N ≥ 0 tel que la suite u
1
n
est bien
n≥N
définie. ( )
• Si ℓ ∈ R et ℓ 6= 0, alors la suite u1 converge vers 1ℓ .
( )
nn≥N
• Si ℓ = +∞ ou ℓ = −∞, alors la suite u1n converge vers 0.
n≥N
2 ) N ∈ N tel que pour tout n ≥ N, on a un > 0,
Si ℓ = 0 et s’il( existe
1
alors la suite un est bien définie et tend vers +∞.
n≥N
3 ) N ∈ N tel que pour tout n ≥ N, on a un < 0,
Si ℓ = 0 et s’il( existe
alors la suite un 1
est bien définie et tend vers −∞.
n≥N
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Autres opérations sur les limites
Proposition 32
1 Si une suite (un )n∈N converge vers ℓ ∈ R et si f est une fonction
continue en ℓ, alors la suite (f (un ))n∈N converge vers f (ℓ).
2 Soient α et L dans R ∪ {+∞, −∞}.
Si une suite (un )n∈N tend vers α et si f est une fonction définie au
voisinage de α admettant L comme limite en α, alors la suite
(f (un ))n tend vers L.
Exemple 33
( ( ))
La suite cos n21+1 converge vers 1.
n∈N
Attention ! La proposition peut être mise en défaut si la fonction f n’est
pas continue ou n’a pas de limite. ( )
Méditer l’exemple suivant : vn = E 1 − n1 où E(x ) désigne la partie
entière du nombre réel x .
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Sommaire
1 Suites numériques
2 Suites et comparaisons
3 Suites récurrentes
Limites réelles et suites minorées, majorées ou bornées
Proposition 34 (Passage à la limite dans les inégalités)
Soient ℓ, a, b des nombres réels. Soit (un )n∈N une suite convergeant
vers ℓ.
Si, à partir d’un certain rang, tous les termes de la suite (un )n∈N
• sont minorés par a, alors ℓ ≥ a ;
• sont majorés par b, alors ℓ ≤ b ;
• appartiennent à l’intervalle [a, b], alors ℓ ∈ [a, b].
En terme de quantificateurs, la dernière assertion s’écrit
( )
∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ N =⇒ a ≤ un ≤ b) =⇒ a ≤ ℓ ≤ b.
Attention ! Ces résultats sont faux si on remplace ≤ par <.
Voir l’exemple de la suite de terme général un = n1 > 0.
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Encadrement
Théorème 35 (d’encadrement)
Soient (un )n∈N , (vn )n∈N et (wn )n∈N trois suites vérifiant
∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ N =⇒ un ≤ vn ≤ wn ).
Si les suites (un )n∈N et (wn )n∈N convergent vers une même limite
ℓ ∈ R, alors la suite (vn )n∈N converge et sa limite est ℓ.
Proposition 36
Soient (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites vérifiant
∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ N =⇒ un ≤ vn ).
Si la suite (un )n∈N tend vers +∞ alors la suite (vn )n∈N tend vers +∞.
Si la suite (vn )n∈N tend vers −∞ alors la suite (un )n∈N tend vers −∞.
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Suites monotones
Définition 37
On dit que la suite (un )n∈N est
• croissante si : ∀n ∈ N, un+1 ≥ un ;
• strictement croissante si : ∀n ∈ N, un+1 > un ;
• décroissante si : ∀n ∈ N, un+1 ≤ un ;
• strictement décroissante si : ∀n ∈ N, un+1 < un ;
• monotone si elle est croissante ou décroissante ;
• croissante à partir d’un certain rang si :
∃N ∈ N, ∀n ≥ N, un+1 ≥ un .
Attention !
• Une suite peut n’être ni croissante, ni décroissante.
• La négation de l’assertion « la suite est croissante »
• est « il existe un nombre entier n pour lequel un+1 < un »
• n’est pas « la suite est décroissante ».
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Suites monotones
Remarques 38
• Si (un )n∈N est une suite à termes strictement positifs à partir d’un
certain rang N, alors :
u
• (un )n≥N est croissante ⇐⇒ ∀n ∈ N, n ≥ N, n+1 ≥ 1 ;
un
• (un )n≥N est strictement croissante ⇐⇒ ∀n ∈ N, n ≥ N,
un+1
> 1;
un
u
• (un )n≥N est décroissante ⇐⇒ ∀n ∈ N, n ≥ N, n+1 ≤ 1 ;
un
• (un )n≥N est strictement décroissante ⇐⇒ ∀n ∈ N, n ≥ N,
un+1
< 1.
un
• Si (un )n∈N est une suite à termes strictement négatifs, alors la suite
de terme général vn = −un est à termes strictement positifs et
(un )n∈N est (strictement) croissante si, et seulement si, (vn )n∈N est
(strictement) décroissante, et inversement.
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Monotonie et convergence
Théorème 39 (convergence monotone)
• Toute suite croissante et majorée est convergente.
• Toute suite décroissante et minorée est convergente.
Proposition 40
• Toute suite croissante et non majorée tend vers +∞.
• Toute suite décroissante et non minorée tend vers −∞.
Exemple 41
3
La suite u, définie par récurrence par u0 = 2 et un+1 = 4 − pour tout
un
n ∈ N, est croissante et majorée, donc elle converge (on pourra
commencer par vérifier que 2 ≤ un ≤ 3 pour tout n ∈ N).
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Suites adjacentes
Définition 42
Deux suites (un )n∈N et (vn )n∈N sont dites adjacentes si les trois
conditions suivantes sont satisfaites :
1 l’une des deux suites est croissante ;
2 l’autre est décroissante ;
3 la suite (un − vn )n∈N converge vers 0.
Théorème 43
Si deux suites sont adjacentes alors elles convergent et ont même limite.
Exemple 44
On considère les suites (un )n∈N et (vn )n∈N définies par
√ un + vn
u0 ∈ R∗+ ; v0 ∈ R∗+ ; ∀n ∈ N, un+1 = un vn et vn+1 = .
2
Les suites (un )n≥1 et (vn )n≥1 sont adjacentes. Leur limite commune est
appelée moyenne arithmético-géométrique de u0 et v0 .
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Négligeabilité
Par analogie avec la comparaison des fonctions, on introduit la notion :
Définition-Proposition 45
Soient u = (un )n∈N et v = (vn )n∈N deux suites. On dit que (un )n∈N est
négligeable devant (vn )n∈N et on note un = o(vn ) s’il existe N ∈ N et
une suite δ = (δn )n≥N qui converge vers 0 tels que, pour tout n ≥ N, on
ait un = vn δn .
Si v ne s’annule pas à partir d’un certain rang N, alors
( )
un
un = o(vn ) ⇐⇒ converge vers 0.
vn n≥N
Remarques 46
• Contrairement aux fonctions, la notion de négligeabilité pour les
suites est nécessairement en +∞, c’est pourquoi il est inutile de le
préciser.
• Écrire un = o(1) est équivalent à dire que (un )n∈N converge vers 0.
• Mêmes règles de calculs que pour les fonctions...
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Négligeabilité
Exemples 47
√
n = o(n2 ) ; sin(n) = o( n) ; e −n = o(1).
Théorème 48
Soient α, β dans R ; soit q ∈ R.
• Si α < β alors nα = o(nβ ) ;
• Si α > 0 et β > 0 alors (ln n)α = o(nβ ) ;
• Si α > 0 et β > 0 alors nα = o(e β n ) ;
• Si α > 0 et q > 1 alors nα = o(q n ) ;
• On a aussi (résultats plus subtils) :
• si q > 1 alors q n = o(n!) ;
• n! = o(nn ).
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Équivalence
Définition-Proposition 49
Soient u = (un )n∈N et v = (vn )n∈N deux suites. On dit que u et v sont
équivalentes et on note un ∼ vn s’il existe N ∈ N et une suite
ρ = (ρn )n≥N qui converge vers 1 tels que, pour tout n ≥ N, on ait
un = vn ρn .
Si v ne s’annule pas à partir d’un certain rang N, alors
( )
un
un ∼ vn ⇐⇒ converge vers 1.
vn n≥N
Remarques 50
• L’égalité lim (un − vn ) = 0 n’implique pas un ∼ vn .
n→+∞
• La relation un ∼ vn n’implique pas que (un − vn )n converge vers 0.
• Si (un )n∈N non nulle converge vers 0, il ne faut pas écrire un ∼ 0.
• Écrire un ∼ vn est équivalent à écrire un = vn + o(vn ).
• Mêmes règles de calculs que pour les fonctions...
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Équivalence
Pour montrer que un ∼ vn , on peut procéder d’une des façons suivantes :
• soit on montre que un = vn ρn avec (ρn )n qui converge vers 1 ;
• soit, lorsque ((vn ))
n ne s’annule pas à partir d’un certain rang N, on
un
montre que converge vers 1 ;
vn n≥N
• soit on montre que un = vn + o(vn ), c’est-à-dire que un = vn (1 + δn )
avec (δn )n qui converge vers 0.
Les équivalents permettent d’obtenir de nombreuses limites grâce au
théorème suivant :
Théorème 51
Soit ℓ un nombre réel ou ℓ = +∞ ou ℓ = −∞.
Si un ∼ vn et si (vn )n∈N a une limite ℓ, alors (un )n∈N a une limite et elle
est égale à ℓ.
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Équivalence
Proposition 52
Soit α ∈ R ∪ {+∞; −∞}. Soient f et g deux fonctions définies au
voisinage de α et soit (un )n∈N une suite qui tend vers α.
On suppose qu’il existe un rang N ∈ N tel que, pour tout n ∈ N avec n ≥ N, on ait un ̸= α.
• Si f ∼
α g, alors f (un ) ∼ g(un ).
• Si f =
α o(g), alors f (un ) = o(g(un )).
Exemples 53
( )
1 1 1 1
1 On a ln 1 + 3 − 3 ∼− 3 2
∼ − 6.
n +1 n +1 2(n + 1) 2n
( 3 ) ( 3 )
2
) − 3 = o n + 2n − 3 donc
On (a sin n + 2n
sin n3 + 2n − 3 = o(n3 ).
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Équivalence
Exemple 54
Soit a ∈ R. Soit N ∈ N∗ avec N ≥ a. On considère la suite u = (un )n≥N
définie par :
( a )n ( ( a ))
∀n ≥ N, un = 1 + = exp n ln 1 + .
n n
( a)
• Si a 6= 0, alors on a n ln 1 + ∼ a ; on en déduit que
( ( a ))
n
n ln 1 + converge vers a puis, comme exp est continue
n n≥N
en a, que u converge vers exp(a).
• Si a = 0, alors un = 1 pour tout n ≥ 1 donc u converge vers 1 = e 0 .
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Sommaire
1 Suites numériques
2 Suites et comparaisons
3 Suites récurrentes
Suites récurrentes
Nous allons étudier plus généralement les suites définies par récurrence.
Soit E une partie de R.
Définition-Proposition 55
Soit f une application de E dans R telle que f (E ) ⊂ E . Soit u0 ∈ E .
On définit une suite (un )n∈N en posant
∀n ∈ N, un+1 = f (un ).
De plus, pour tout n ∈ N, on a un ∈ E .
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Suites récurrentes
Attention ! Dans le cas où f est monotone, la suite récurrente u
associée à f n’est pas nécessairement monotone.
Exemple 56
• Les suites géométriques non constantes de raison −1 ne sont pas
monotones, alors qu’elles sont définies à l’aide de la fonction
décroissante f : R → R, f (x ) = −x .
• Les suites arithmétiques de raison −1 sont décroissantes, alors
qu’elles sont définies à l’aide de la fonction croissante f : R → R,
f (x ) = x − 1.
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Suites récurrentes
Proposition 57
Soient a, b dans R avec a < b. Soit f : [a, b] −→ [a, b] une fonction et
soit (un )n∈N une suite définie par
{
u0 ∈ [a, b] et
∀n ∈ N, un+1 = f (un ).
Soit g : [a, b] → R l’application définie par g(x ) = f (x ) − x .
1 Si g est positive sur [a, b], alors la suite (un )n∈N est croissante.
2 Si g est négative sur [a, b], alors la suite (un )n∈N est décroissante.
Remarque 58
Si g n’est pas de signe constant, l’étude des variations de (un )n∈N est
plus délicate.
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Suites récurrentes
Définition-Proposition 59
Soit f : E → R une application.
• On dit que α ∈ E est un point fixe de f si f (α) = α.
• Soit g : E → R l’application définie par g(x ) = f (x ) − x . Soit
α ∈ E . Alors : α est un point fixe de f si, et seulement si, g(α) = 0.
Proposition 60
Soient a, b dans R avec a < b. Soit f : [a, b] −→ [a, b] une fonction et
soit (un )n∈N une suite définie par
{
u0 ∈ [a, b] et
∀n ∈ N, un+1 = f (un ).
Si f est continue et si la suite (un )n∈N converge vers ℓ ∈ R alors
ℓ ∈ [a, b] et ℓ est un point fixe de f .
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Suites récurrentes
Résumé
1 Lorsque f ([a, b]) ⊂ [a, b] et u0 ∈ [a, b], alors on définit une suite en
posant : ∀n ∈ N, un+1 = f (un ).
2 Souvent, pour justifier qu’une suite récurrente converge, on montre
qu’elle est croissante et majorée ou qu’elle est décroissante et
minorée.
3 On étudie le signe de la fonction g : [a, b] → R définie par
g(x ) = f (x ) − x .
4 Si la suite (un )n∈N converge, vers ℓ, alors ℓ ∈ [a, b].
Si de plus f est continue, alors f (ℓ) = ℓ (c-à-d g(ℓ) = 0).
5 On en déduit alors les valeurs possibles pour ℓ, que l’on peut affiner
à l’aide des variations de la suite.
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Suites récurrentes : autre exemple
Exemple 61
Étude de la nature de la suite définie par récurrence par
] π[
u0 ∈ 0, et, pour tout n ∈ N, un+1 = sin(un ).
2
Exemple 62
Étude de la nature de la suite définie par récurrence par
√
u0 = 1 et, pour tout n ∈ N, un+1 = 1 + un .
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Suites récurrentes : suites arithmético-géométriques
Définition 63
Soient a, b et u0 dans R. La suite récurrente (un )n∈N définie par
un+1 = aun + b pour tout n ∈ N
est appelée suite arithmético-géométrique.
C’est une suite définie par récurrence à l’aide de la fonction f : R → R
définie par f (x ) = ax + b.
Remarque 64
Si a = 1 alors la suite est arithmétique de raison b.
Si b = 0 alors la suite est géométrique de raison a.
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Suites récurrentes : suites arithmético-géométriques
Proposition 65
Soit f : R → R la fonction définie par f (x ) = ax + b.
Supposons que a 6= 1 et notons ℓ l’unique point fixe de f .
Soit u = (un )n∈N la suite définie par récurrence par
{
u0 ∈ R
∀n ∈ N, un+1 = f (un ) = aun + b.
Alors :
1 pour tout n ∈ N, un − ℓ = an (u0 − ℓ) ;
2 u converge si, et seulement si, u0 = ℓ ou |a| < 1 ;
3 si u converge, alors lim un = ℓ.
n→+∞
Remarque 66
La suite (vn )n∈N de terme général vn = un − ℓ est géométrique de
raison a.
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Exemple de suite arithmético-géométrique
Exemple 67
On considère la suite définie par :
u0 = 100 et, pour tout n ∈ N, un+1 = 0, 95 un + 15.
Pour tout n ∈ N, exprimer explicitement un en fonction de u0 et n.
Montrer que (un )n∈N converge et déterminer sa limite.
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