Open Access
Case report
Tuberculome cérébral un challenge diagnostic: à propos d’un cas et mise
au point
Cerebral tuberculoma a diagnostic challenge: case study and update
Patrice Niamien Koffi1,&, Olivier Ouambi 1, Nizar El Fatemi 1, Rachid El Maaquili1
1
Service de Neurochirurgie, CHU Ibn Sina, Rabat, Maroc
&
Auteur correspondant: Patrice Niamien Koffi, Service de Neurochirurgie, CHU Ibn Sina, Rabat, Maroc
Mots clés: Tuberculome cérébral, IRM cérébrale, spectroscopie, tuberculose du système nerveux central, Maroc
Received: 20/07/2018 - Accepted: 05/03/2019 - Published: 10/04/2019
Résumé
La tuberculose du système nerveux central est le deuxième site le plus fréquent après la méningite tuberculeuse. Elle est une cause majeure de
morbidité et de mortalité dans les pays en développement et représente 10 à 30% des lésions expansives intracrâni ennes dans ces pays contre 0,2%
dans certains pays occidentaux. Le but de cet article est de présenter un cas atypique de tuberculome cérébral dans sa présentation clinique et
radiologique (l'IRM cérébrale et de la spectroscopie), de faire une mise au point à partir de cette observation sur cette pathologie infectieuse. Il s'agit
d'une patiente de 44 ans, sans antécédent médico-chirurgical, qui a présenté depuis un an des céphalées, compliquées 08 mois après de crises
d'épilepsies partielles à généralisation secondaire et de lourdeur de l'hémicorps gauche avec des épisodes de vomissements sans trouble visuel ni
fièvre ni altération de l'état général. L'examen clinique trouvait une patiente consciente GCS= 15, pupilles égales et réactives, station debout et
marche possible sans anomalie, avec hémiparésie gauche 4/5 sans autres signes neurologiques. L'IRM cérébrale objectivait en séquence T1 non
injectée une lésion pariétale droite sus tentoriel plurilobées iso intense mal limitée, en séquence T2 elle est hétérogène avec un liseré hyper intense
et un fond hypo intense traduisant un processus charnu avec des zones de nécroses centrales et un œdème péri-lésionnel en doigt de gans en
séquence FLAIR, avec une prise de contraste annulaire intense après injection de gadolinium. L'analyse de la spectroscopie ét ait en faveur d'une
tumeur gliale. La patiente fut mise sous anticonvulsivant et a bénéficié d'un abord direct avec exérèse macroscopiquement complète. L'analyse
anatomopathologique était en faveur d'un tuberculome cérébral. Elle a été mise sous traitement antituberculeux avec arrêt des crises et récupération
du déficit après 04 semaines. A travers ce cas nous entrevoyons le polymorphisme clinique et radiologique qu'est le tuberculo me cérébral. Il est
évoqué devant un faisceau d'argument clinique, biologique et radiologique mais le diagnostic de certit ude reste essentiellement anatomopathologique.
La prise en charge ne saurait tarder car les complications sont néfastes et de mauvais pronostic lorsqu'il est détecté tardivement.
Pan African Medical Journal. 2019;32:176. doi:10.11604/pamj.2019.32.176.16623
This article is available online at: [Link]
© Patrice Niamien Koffi et al. The Pan African Medical Journal - ISSN 1937-8688. This is an Open Access article distributed under the terms of the Creative Commons
Attribution License ([Link] which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, provided the original
work is properly cited.
Pan African Medical Journal – ISSN: 1937- 8688 ([Link])
Published in partnership with the African Field Epidemiology Network (AFENET). ([Link])
Page number not for citation purposes 1
Abstract
Central nervous system (CNS) tuberculosis is the second most common presentation after tuberculous meningitis. It is a major cause of morbidity
and mortality in the developing countries, accounting for 10-30% of intracranial expansive lesions in these countries against 0.2% in some Western
countries. This study aims to report an atypical clinical and radiological manifestation (brain MRI and spectroscopy) of cerebral tuberculoma in
order to provide an update on this infectious disease. The study involved a 44-year old female patient with no particular previous history, with
headaches persisting for 1 year and complicated by partial secondarily generalized seizures and heaviness at the left hemicorpus with episodes of
vomiting without visual disorder or fever or deterioration of general condition after 8 months. Clinical examination showed conscious patient with
Glasgow Coma Scale (GCS) 15, equal and reactive pupils, walking and/or standing without fault, with 4/5 left-sided hemiparesis without other
neurological signs. Brain MRI objectified right parietal subtentorial plurilobulated isointense poorly differentiated lesion on T1 weighted sequence
without contrast agents injection and heterogeneous lesion with hyperintense edge and hypointense fundus, suggesting fleshy process with areas
of central necrosis and perilesionnal edema extending in finger-like fashion with intense annular enhancement after gadolinium injection on T2
weighted sequence. Spectroscopy showed glial tumor. The patient received anticonvulsant therapy and macroscopic complete resection.
Anatomopathologic analysis showed cerebral tuberculoma. She received antituberculosis drugs with seizure stoppage and deficit recovery after 4
weeks. This study highlights the clinical and radiological polymorphism of cerebral tuberculoma. This is suspected based on laboratory tests as well
as on a body of clinical and radiological evidences but definitive diagnosis is based on anatomopathologic analysis. Early management is essential
because complications can be severe and result in a poor prognosis.
Key words: Cerebral tuberculoma, brain MRI, spectroscopy, central nervous system (CNS) tuberculosis, Morocco
Introduction L'histoire de sa symptomatologie révèle dans l'anamnèse des
céphalées évoluant à bas bruits, d'intensité de plus en plus croissante,
de siège parieto occipital depuis un 1 an associée à deux crises
La tuberculose reste une cause majeure de morbidité et de mortalité
convulsives de type bravais Jackson droite à généralisation
dans les pays en développement [1-4]. La localisation extra
secondaire 08 mois après, avec quelques épisodes de vomissements
pulmonaire au niveau du système nerveux central est le deuxième
sans trouble visuel ni déficit sensitivo moteur post critique. Le tout
site le plus fréquent après la méningite tuberculeuse. Elle représente
évoluant dans un contexte de conservation de l'état général et
10 à 30% des lésions expansives intracrâniennes dans les pays en
d'apyrexie. La patiente consulte chez un médecin généraliste de
voie de développement contre 0,2% dans certains pays occidentaux
l'hôpital provincial qui institue un traitement anticonvulsivant
[1, 3, 5]. L'intérêt de cet article est de présenter un cas atypique de
(amendant ainsi les crises convulsives) et lui demande une imagerie
tuberculome cérébral dans sa présentation forme clinique et
par résonnance magnétique cérébrale (IRM cérébrale). Au vu du
radiologique (l'IRM et de la spectroscopie) et de faire une mise au
résultat du bilan, il nous l'adresse pour prise en charge.
point à partir de cette observation sur cette pathologie infectieuse.
L'examen physique a trouvé une patiente consciente, pupilles
égales et réactives avec une hémiparésie gauche discrète à 4/5. La
Patient et observation patiente était apyrétique et en bon état général. Le reste de l'examen
neurologique et somatique était sans particularité.
Nous rapportons le cas d'une patiente admise dans notre Service de
Neurochirugie d'Avicennes de Rabat au Maroc après référence de la Les explorations paracliniques
part d'un médecin généraliste d'un centre médical provincial à notre
consultation. Après notre consultation le dossier a été présenté au Le bilan biologique: la numération formule sanguine montrait un
staff hebdomadaire de neurochirurgie pour être staffé. Le dossier taux hémoglobine= 11g/dl et le taux de globule blanc à 11 000 avec
médical fut retenu et la patiente a été hospitalisée. Il s'agit d'une taux de lymphocyte et de polynucléaire neutrophile était normal ; la
dame de 44 ans, habitante de la campagne, mère de 5 enfants, sans numération formule sanguine avec taux d'hémoglobine= 13g/dl et
antécédent médico-chirugical, ni de notion de comptage tuberculeux. plaquette= 250 000. La protéine C réactive (CRP)= 17mg/ml et la
Page number not for citation purposes 2
vitesse de sédimentation (VS)= 22. L'ionogramme sanguin était Discussion
correct. La sérologie VIH (virus de l'immuno déficience humain) était
négative et le bilan inflammatoire (vitesse de sédimentation) était
Physiopathologie du tuberculome cérébral: les tuberculomes
normal. Le quantiferon et la recherche de bacille de Koch (BK) dans
cérébraux représentent une forme particulière de la tuberculose
les crachats n'avaient pas initialement été réalisés mais après le
extra-pulmonaire, plus par sa gravité potentielle que par sa fréquence
résultat de l'analyse anatomopathologie. Ces derniers étaient négatifs
[6]. La transmission du bacille tuberculeux se produit essentiellement
par voie aérienne. Une fois arrivés aux alvéoles, les Bacilles de Koch
Bilan radiologique: la radiographie pulmonaire était normale.
sont phagocytés par les macrophages. Puis véhiculés par voie
lymphatique jusqu'aux relais ganglionnaires voisins. Ils se multiplient
L'Imagerie par Résonnance Magnétique (IRM): l'IRM cérébrale
et suscitent une réponse immunitaire qui est à l'origine de la
objectivait en séquence T1 non injectée (Figure 1) une lésion pariétale
formation des tubercules puis une caséification qui correspond à une
droite sus tentoriel plurilobées iso intense mal limite, en séquence T2
nécrose solide dans les tissus où les bactéries se développent [7].
elle est hétérogène avec un liseré hyper intense et un fond hypo
Lors d'analyses post-mortem, Arnold Rich et Mc Cordock ont montré
intense traduisant un processus charnu avec des zones de nécroses
qu'un foyer, appelé foyer de Rich, se développait dans le cortex
centrales avec un œdème péri-lésionnel en doigt de gans avec une
cérébral ou dans les méninges, libérant, lors de sa caséification, des
prise de contraste annulaire intense après injection de gadolinium
bacilles tuberculeux dans l'espace sous arachnoïdien. Les
(Figure 2 et Figure 3). L’analyse spectrométrique (Figure 4) était en
tuberculomes se forment quand les foyers de Rich s'élargissent sans
faveur d'une tumeur gliale. Après analyse clinique nous avons évoqué
se rompre dans les espaces sous arachnoïdiens. En effet, les
les diagnostics suivants: 1) une tumeur gliale de haut grade; 2) une
tuberculomes sont souvent isolés, mais dans certains cas ils sont
métastase cérébrale; 3) un abcès cérébral. Vu le caractère
associés à des lésions de méningite. Les tuberculomes sont formés
périphérique de la lésion, la patiente a bénéficié d'un abord direct
de cellules épithéloïdes et de cellules géantes avec des cellules
avec exérèse tumorale macroscopiquement complète et le
lymphocytaires au centre entourant une zone de nécrose caséeuse.
prélèvement a été envoyé en anatomopathologie. En per opératoire
Le liquide de liquéfaction de la zone de nécrose est toujours clair ou
c'était une lésion grisâtre charnue peu hémorragique infiltrant le
de couleur « paille » par opposition au pus [1, 7]. Le tuberculome
parenchyme par endroit dont le résultat extemporané n'a pas été
intracrânien résulte d'une diffusion hématogène à partir d'un foyer
formel entre une lésion gliale et un tuberculome.
primitif généralement pulmonaire. Plusieurs tubercules se constituent
puis fusionnent pour former une lésion souvent lobulée. Cette
Le résultat anatomopathologique définitif est revenu en faveur d'un
étiopathogénie explique la constitution à distance de la primo-
tuberculome cérébral. Les suites opératoires ont été marquées par un
infection tuberculeuse et l'absence souvent de Bacille de Koch (BK)
arrêt des crises convulsives totalement après la chirurgie. La patiente
dans les prélèvements [1, 7].
a été mise sous traitement antibaccillaire avec récupération du déficit
hémicorps droit au bout de quatre semaines. Un contrôle
Aspects cliniques et biologiques: une étude réalisée par Faycal
scanographique a été réalisé cinq jours après le geste chirurgical en
Moufid, à propos de 125 cas de tuberculome, colligés au service de
post opératoire (Figure 5) montrant la cavité poroencephalique avec
neurochirugie du CHU IBN Sina de Rabat [1], dont la population avait
volet en regard et exérèse subtotale de la lésion. Le suivi de la
un âge moyen de 26 ans [13-65] avec une prédominance féminine
patiente 06 mois après, pendant la visite en consultation externe a
de 55% et la majorité des patients vivaient dans des conditions socio-
retrouvé une patiente consciente avec récupération totale de son
économique défavorables. Dans notre cas, la patiente avait 44 ans et
déficit et disparition des crises convulsives, le reste de l'examen
vivait en campagne. Les signes d'appel révélateur étaient un
neurologique était normal.
syndrome fébrile, une altération de l'état général dans (17%) contre
83% en bon état général comme dans notre cas parfois par un
syndrome d'hypertension intracrânienne 45%, un déficit moteur dans
36%, une épilepsie dans 21% des cas, comme chez notre patiente.
Une atteinte ophtalmologique a été observée chez 34 patients sous
forme de baisse de l'acuité visuelle dans 15 cas [1]. Dans notre cas
Page number not for citation purposes 3
la patiente était consciente, en bon état général apyrétique avait L'aspect typique évocateur d'un tuberculome n'est retrouvé que dans
présenté des crises épileptiques partielles genre bravais jacksonien 34% des cas. Alors que dans la majorité des cas le tuberculome prend
avec des céphalées sans trouble visuel. La symptomatologie est non un aspect non spécifique pouvant évoquer une pathologie tumorale
spécifique dépendant de la localisation, de la taille et du nombre des ou inflammatoire [10]. Une tuberculose pseudo-tumorale aurait pu
lésions. Les signes généraux (fièvre ou fébricule, asthénie, être évoquée vu le contexte et l'aspect radiologique selon
amaigrissement) dans les semaines précédant les signes Boukobza et al. En effet selon leur étude portant sur la tuberculose
neurologiques sont inconstants [1, 2]. Son mauvais pronostic impose du système nerveux central, aspects IRM et évolutions sur 12 cas [8]
la mise en œuvre de tous les moyens permettant d'avoir un diagnostic a révélé la présence de tuberculome cérébral dans 67% soit 8 patients
précoce afin de débuter rapidement un traitement spécifique. Les sur 12. Concernant la localisation intra cérébrale du tuberculome
lésions cérébroméningées les plus fréquentes sont la leptoméningite (TIC), il peut siéger n'importe où dans le cerveau. Classiquement, la
et les tuberculomes [3]. Le tuberculome reste plus fréquent chez les localisation avait plutôt tendance à être sous-tentorielle chez l'enfant,
patients immunodéprimés [8]. Les autres manifestations cliniques sus tentorielle chez l'adulte. Dans 15 à 20% des cas, il y avait
sont: 1) la méningite tuberculeuse à type de méningite fébrile avec plusieurs tuberculomes [1,11]. Pour Faycal Moufid et al., la lésion
des signes de focalisations neurologiques [4]. Le diagnostic est posé était unique dans 90% des cas de siège sus-tentoriel (60%) et (40%)
sur les résultats de la ponction lombaire après avoir éliminé une en sous tentoriel [1].Chez notre patiente il s'agit d'un tuberculome de
hypertension intracrânienne. Ces résultats sont une hypoglycorachie, siège cérébral pariétal postérieur mature groupés en foyer avec des
une hyperprotéinorachie, et la lymphocytose. Par ailleurs d'autres lésions coalescentes donnant un aspect de lésions multilobées en iso
examens peuvent aider au diagnostic, il s'agit de l'examen direct de signal T1 avec un centre en hyposignal en séquence T2. On note un
la culture du Liquide Céphalo- Rachidien (LCR), de la réaction de rehaussement après injection de gadolinium. Selon Faycal, le
polymérisation en chaine (PCR) avec recherche d'antigène. tuberculome cérébral a l'IRM peut se présenter soit avec un signal
2) L'hydrocéphalie est une autre ces manifestations fréquente et due iso-intense à hypo-intense par rapport au parenchyme cérébral en
à une obstruction d'origine inflammatoire des citernes de la base, séquence pondérée T1 et hypo-intense en séquence pondérée T2
parfois par une compression des voies d'écoulement du LCR par des [1, 2]. Le tuberculome est entouré d'une zone irrégulière
tuberculomes [9]. Les autres complications peuvent être des lésions d'hypersignal en séquence T2 correspondant à un œdème. Après
de miliaires multiples au niveau cérébral, des abcès solitaires ou injection de gadolinium, on observe une prise de contraste intense
nombreux à type de miliaires tuberculeuses, une pachyméningite, un périphérique et circulaire. Le tuberculome intracrânien est le plus
infarcissement ischémique et parfois une thrombophlébite cérébrale souvent unique et les formes multiples restent rares [1]. L'aspect des
[9]. Boukobza et al. ont retrouvé sur une série de 12 cas, la présence tuberculomes cérébraux à l'IRM dépend du stade évolutif et de la
de tuberculose extra cérébrale concomitante dans 7 cas sur 12 soit présence ou non de nécrose caséeuse [12]. Les lésions revêtent
(58%) et le Bacille de Koch (BK) a été retrouvé dans les crachats. Ces différents aspects radiologiques. L'aspect typique évocateur d'un
patients étaient de statut sérologique négatif au virus tuberculome n'est retrouvé que dans 34% des cas. Alors que dans la
d'immunodéficience humain (VIH) [8]. Dans notre cas la recherche majorité des cas le tuberculome prend un aspect non spécifique
du VIH et du BK étaient négatives. La vitesse de sédimentation (VS) pouvant évoquer une pathologie tumorale ou inflammatoire [10]. Cet
était élevée dans 80% des cas dans l'étude de Faycal Moufid et aspect radiologique n'est ni constant ni spécifique pouvant évoquer
collaborateurs [1], dans notre cas la VS était normale. Le grand de nombreuses autres pathologies inflammatoires (cysticercoses et
polymorphisme clinique et le manque de spécificité des signes abcès à pyogènes) ou néoplasiques (métastases, gliomes ou
radiologiques rendent le diagnostic difficile et sont fréquemment lymphomes) [12]. Au stade précoce, le tuberculome présente un
responsables d'un retard de traitement. Radiologiquement on a aspect d' hypersignal discret en séquence T1 et hypo intense en
évoqué le diagnostic de lésion tumoral vue son caractère à l'IRM séquence T2 avec rehaussement nodulaire [10, 12]. Les
confirmer par la spectroscopie qui toute fois est non spécifique. tuberculomes non caséifiés paraissent en hyposignal en séquence T1
et hypersignal en séquence T2 par rapport au parenchyme cérébral
Aspect IRM et spectrocopie: l'aspect des tuberculomes cerebraux et se rehaussent de façon intense et homogène apres injection de
à l'IRM dépend du stade évolutif et de la présence ou non de nécrose produit de contraste en séquence T1. Les tuberculomes caséifiés à
caséeuse [10]. Les lésions revêtent différents aspects radiologiques. centre solide paraissent en hypo ou iso signal en séquence aussi bien
Page number not for citation purposes 4
en T1 qu'en T2 et s'associent souvent à un œdème peri-lésionnel. Les Conclusion
tuberculomes caséifiés à centre nécrotique paraissent en hyposignal
en séquence T1 et en hyper signal en séquence T2 et se rehaussent
A travers ce cas nous entrevoyons le polymorphisme clinique et
en périphérie après injection de produit de contraste [12, 13]. L'étude
radiologique qu'est le tuberculome cérébral. Il est évoqué devant
spectroscopique de la lésion chez notre patiente avait montré un pic
un faisceau d'argument clinique, radiologique et biologique mais le
de choline avec rapport choline/NAA >2, ainsi qu'un pic de lactate. La
diagnostic de certitude reste essentiellement anatomopathologique
sémiologie de l'IRM et de la spectroscopie a plaidé en faveur d'une
[2, 15]. La prise en charge ne serait tarder car les complications
origine tumorale en premier c'est-à-dire, un gliome de haut grade et
sont néfastes [1, 3, 11, 16, 17] et de mauvais pronostic vu
secondairement une lésion métastatique.
tardivement. Pour plusieurs auteurs une intradermo-réaction
importante à la tuberculine (supérieure à 15mm) traduit une
Traitement: le traitement chirurgical dépend à la fois de la forme
infection tuberculeuse active même en zone endémique et doit
clinique et de la localisation cérébrale. Les indications chirurgicales
conduire à la mise en route de la chimiothérapie antituberculeuse.
sont nombreuses allant d'un abord direct avec décompression
La prise en charge neurochirurgicale visant à une exérèse tumorale
cérébrale pour une lésion corticale et comprimante hémisphérique ou
suivie du traitement anti bacillaire reste la meilleure option si la
de la fosse cérébrale postérieure. Une biopsie en condition
lésion est superficielle. La biopsie stéréotaxique autre technique
stéréotaxique sera réalisée pour des formes profondes peu
neurochirurgicale à viser diagnostic et thérapeutique trouve son
accessibles chirurgicalement (de la base du crane ou du tronc
indication dans les formes profondes et les formes multiples.
cérébrale) et les formes multifocales ou abcédée avec aspiration sous
cadre stéréotaxique après repérage scanographique [1]. Une
dérivation ventriculo péritonéale est parfois indiquée en cas de
dilatation tétra ou tri ventriculaire en cas d’hypertension Conflits d’intérêts
intracranienne et des signes de résorption transependymaire avec ou
sans obstruction des voies d'écoulement du liquide cerebro spinal Les auteurs ne déclarent aucun conflit d'intérêts.
(LCS) et si l'aspect biochimique du LCS le permet. En plus du
traitement chirurgical pour les formes kystiques, compressives et
responsables de déficit ou avec hydrocéphalie le traitement médical
est toujours nécessaire. La tuberculose est une maladie à déclaration
Contributions des auteurs
obligatoire et le traitement médical bien codifié. Les méningites
tuberculeuses de même que les tuberculomes cérébraux seront Tous les auteurs ont contribué à la conduite de ce travail et à la
traitées selon (2SRHZ/7RH), c'est-à-dire: une phase initiale de 2 mois rédaction du manuscrit. Tous les auteurs ont lu et approuvé la version
associant: streptomycine, rifampicine, isoniazide, pyrazinamide. Une finale du manuscrit.
phase de continuation de 7 mois associant: rifampicine et isoniazide.
La durée totale du traitement est en général de 9 à 12 mois, avec
toujours deux phases: une phase d'attaque associant les 4 anti- Figures
bacillaires cités précédemment et d'une durée de 2 mois, suivie d'une
phase dite d'entretien allant de 7 à 10 mois et pendant laquelle seuls
Figure 1: coupe sagittale en séquence t1 non injecte de l’IRM
l'isoniazide et la rifampicine sont maintenus [14]. Diagnostiqué et pris
cérébrale montrant une lésion pariétale droite sus tentoriel pluri lobes
en charge précocement comme dans notre cas le pronostic est bon
iso intense mal limitée
mais peut être défavorable en cas d'immunodépression au VIH ou
Figure 2: IRM coupe coronale en séquence T2 montrant un
chez un patient diabétique mal équilibré ou ayant insuffisance rénale
processus lésionnel pariétal droit hétérogène avec œdème péri
ou associée à un milieu de vie défavorable avec précarité du mode
lésionnel en doigt de gants avec un centre hypo intense témoignant
de vie.
d’une nécrose centrale
Figure 3: IRM coupe coronale en séquence T1 injectée montrant le
processus lésionnel pariétal droit périphérique groupé en amas avec
Page number not for citation purposes 5
prise de contraste intense périphérique avec des zones centrales hypo 8. Boukobza M, Tamer I, Guichard JP, Brunereau L, Polivka M,
intenses, zones de nécrose et un œdème réactionnel hypo intense Leibinger F et al. Tuberculose du système nerveux central:
sus et péri lésionnel responsable d’un important effet de masse sur le aspects IRM et évolution à propos de 12 cas. J Neuroradiol.
parenchyme controlatéral gauche et sur la ligne médiane ainsi que 1999; 26(3):[Link]
sur la corne occipitale du ventricule gauche
Figure 4: analyse spectrométrique, montre une prépondérance de la 9. Semlali S, El Kharras A, Mahi M, Hsaini Y, Benameur M , Aziz N et
choline et N acetyl aspartate au niveau du voxel al. Les aspects en imagerie de la tuberculose du système
Figure 5: TDM de contrôle post opératoire montre la cavité nerveux central. J Radiol. 2008; 89(2):209-
poroencephalique avec volet en regard 220. PubMed | Google Scholar
10. Cordoliani Y, Vignaud J, Cosnard G. Infections cérébrales: dans
Références Imagerie par résonance magnétique cranio-encéphalique.
Éditions Vigot. 1991;349-409.
1. Faycal Moufid, Noureddine Oulali, Nizare El Fatemi, Rachid Gana,
11. Idris MN, Sokrab TE, Arbab MA, Ahmed AE, El Rasoul H, Ali S et
Rachid Maaqili, Fouad Bellakhdar. Tuberculome cerebrale à
al. Tuberculoma of the brain: a series of 16 cases treated with
propos de 125 cas. Pan Afr Med J. 2012; 12: 56. Google
anti-tuberculosis drugs. Int J Tuberc Lung Dis. 2017; 11(1):91-
Scholar
95. PubMed |Google Scholar
2. Artico M, De Caro GM, Carloia S, Salvati M, D'Ambrosio M, Delfini
12. Gueddari FZ, Bouyacoub F, Dafiri R, Khamlichi A, Imani F.
R. Advances in diagnosis, treatment and prognosis of
Imagerie par résonance magnétique de tuberculose cérébro-
intracerebral tuberculomas in the last 50 years. Neurochirurgie.
méningée. Medecine du Maghreb.1998;74(12):9-15. Google
1999; 45(2): [Link] | Google Scholar
Scholar
3. Tiaray M, Ranaivomanana VF, Ravahatra K, Rakotomizao J,
13. Jinkins JR, Gupta R, Chang KH, Rodriguez-Carbajal J. MR
Rajaoarifetra J, Josoa M, Rakotoson JL. Difficulté diagnostique
imaging of central nervous system tuberculosis. Radiol Clin North
d'un tuberculome intracrânien dans un pays à faible revenu. Rev
Am. 1995 Jul; 33(4):771-86. PubMed | Google Scholar
méd Madag. 2015; 5(1): 531-533. Google Scholar
14. Boulahri T, Taous A, Berri MA, Traib A. Atteinte cérebro-
4. Papvoine E et al. Histoire de la méningite tuberculeuse. EMC
méningée multiple révélant une tuberculose multifocale chez un
(Paris) Neurol. 2014; 17160: B10.
immunocompétent. Pan African Medical Journal. 2016;25:
231. Google Scholar
5. Sakuma R, Jin K, Nagai M, Kinpara T, Shiga Y, Fujihara K,
Itoyama Y. A case of multiple intracranial tuberculoma
15. El Sonbaty MR, Abdul Ghaffar NUAM, Marafie AA. Multiple
diagnosed by open brain biopsy. Rinsho Shinkeigaku. 1997;
intracranial tuberculoma mimicking brain metastases. Tuberc
37(10):895-9. PubMed |Google Scholar
Lung Dis. 1995;76(3):271-272. PubMed | Google Scholar
6. Ech-cherif El kettani N, Jerguigue H, Karouache A, El quessar A,
16. Naim-Ur-Rahman. Intracranial tuberculomas diagnosis and
El hassani MR, Chakir N, Boukhrissi N, Jiddane M. No 5 imagerie
management. Acta Neurochir. 1987; 88(3-4):109-15. PubMed
des tuberculomes encephaliques. Journal de radiologie. 2004
September; 85(9):15-17.
17. Traub M, Colchester ACT, Kingsley DPE, Swash M. Tuberculosis
of the central nervous system. Q J Med. 1984 winter;
7. Rich AR, McCordock HA. The pathogenesis of tuberculous
53(209):81-100. PubMed | Google Scholar
meningitis. Bull Johns Hopkins Hosp. 1933;52:5-37.
Page number not for citation purposes 6
Figure 1: coupe sagittale en séquence t1 non injecte de l’IRM cérébrale montrant une lésion pariétale droite sus tentoriel pluri lobes iso intense
mal limitée
Page number not for citation purposes 7
Figure 2: IRM coupe coronale en séquence T2 montrant un processus lésionnel pariétal droit hétérogène avec œdème péri
lésionnel en doigt de gants avec un centre hypo intense témoignant d’une nécrose centrale
Page number not for citation purposes 8
Figure 3: IRM coupe coronale en séquence T1 injectée montrant le processus lésionnel pariétal droit périphérique
groupé en amas avec prise de contraste intense périphérique avec des zones centrales hypo intenses, zones de
nécrose et un œdème réactionnel hypo intense sus et péri lésionnel responsable d’un important effet de masse sur le
parenchyme controlatéral gauche et sur la ligne médiane ainsi que sur la corne occipitale du ventricule gauche
Page number not for citation purposes 9
Figure 4: analyse spectrométrique, montre une prépondérance de la choline et N acetyl aspartate au niveau du voxel
Page number not for citation purposes 10
Figure 5: TDM de contrôle post opératoire montre la cavité poroencephalique avec volet en
regard
Page number not for citation purposes 11