Timgad ou Thamugadi
(colonie Marciana Traiana Thamugadi en latin), surnommée la
« Pompéi de l'Afrique du Nord »1 est une cité antique située sur
le territoire de la commune éponyme de Timgad, dans la wilaya
de Batna dans la région des Aurès, au Nord-Est de l'Algérie.
Byzantins
l'intérieur de la forteresse byzantine, la piscine.
La reconquête byzantine, à partir de 533, changea à nouveau
la situation de la région. Les généraux de Justinien entreprirent
la reconquête de l'Afrique, devant vaincre d'abord les Vandales
puis les Maures révoltés, en particulier Iabdas, le chef des
Maures de l'Aurès. C'est le patrice Solomon qui est chargé de
mener une campagne contre lui, campagne qui nous est en
partie connue grâce à Procope[réf. nécessaire]. La région de Timgad,
que Procope décrit comme une ville détruite, semble avoir été
une base de cette campagneo 46. Solomon pille les récoltes de
Timgad et de Lambèse avant de défaire Iabdaso 47. Ce n'est
toutefois que lors de sa seconde campagne, en 539, que
Solomon laissa des traces claires de sa présence puisqu'il fit
construire le fort byzantin toujours visible sur le site. Ce
puissant fort faisait partie d'une opération de fortification plus
vaste visant à garantir la région contre une nouvelle attaque
des Maures, Procope de Césarée nous apprend en effet
qu'outre Timgad, quatre autres villes furent fortifiées dans la
région. Le grand nombre d'inscriptions latines tirées du forum
de la ville pour servir comme matériau de construction dans le
fort montre cependant que Timgad avait passé l'époque de sa
splendeur, et que seule la forteresse comptait désormais
vraiment. C'est sous ses murs que s'était réorganisée une vie
urbaine[réf. nécessaire]. Il faut faire la part dans le récit de Procope
des exagérations et des lieux communs, le terroir autour de
Timgad semble toujours mis en valeur à cette époqueo 48. Nous
ne possédons ensuite que fort peu de sources sur l'histoire de
la région, et la fin de la présence byzantine est difficile à
préciser[réf. nécessaire]. Il est certain qu'une vie urbaine se maintint
dans la région, et la présence d'un christianisme organisé et
dynamique est bien visible : dans la région de Batna, des
reliques furent consacrées vers 581 et en 645 la dédicace d'une
chapelle est attestée à Timgado 49. Le site ne semble pas avoir
été immédiatement délaissé ensuite, mais l'histoire de son
abandon complet ne peut actuellement pas être écrite faute de
source historique ou archéologiqueo 50. Au regard des
problématiques et des pratiques historiques et archéologiques
actuelles, on ne peut que regretter la perte d'information que les
techniques de fouilles, et les choix historiques des
archéologues coloniaux ont entrainé en négligeant cette
période lors du dégagement de la ville : « Lorsque nous entrons
aujourd'hui dans une maison, elle apparaît telle que l'architecte
des Monuments historiques voulut qu'elle fût. C'est-à-dire vidée
des couches tardives et des remaniements qui auraient pu
témoigner d'un devenir, notons pour le présent cet effacement
de toute une tranche du passé qui n'a pas été digne d'être
conservée. Ce qui occulte la longue durée et réduit le passé à
une image à laquelle on ne saurait se fier »o 50 et il est
impossible de décrire ce qu'était Timgad lors de la conquête
musulmane du Maghreb.[réf. nécessaire]