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Inflammation

L'inflammation est une réponse complexe de l'organisme à une agression, impliquant des réactions vasculaires, cellulaires et chimiques, qui peut être bénéfique ou délétère selon son intensité et sa durée. Le document aborde les définitions, phases, manifestations cliniques et biologiques de l'inflammation, ainsi que ses étiologies et complications. Une compréhension approfondie de ces mécanismes est essentielle pour le développement de diagnostics et de traitements appropriés.

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Inflammation

L'inflammation est une réponse complexe de l'organisme à une agression, impliquant des réactions vasculaires, cellulaires et chimiques, qui peut être bénéfique ou délétère selon son intensité et sa durée. Le document aborde les définitions, phases, manifestations cliniques et biologiques de l'inflammation, ainsi que ses étiologies et complications. Une compréhension approfondie de ces mécanismes est essentielle pour le développement de diagnostics et de traitements appropriés.

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BIOLOGIE

Item 45:INFLAMMATION

PLAN
INTRODUCTION
1. GENERALITES
1.1. Définition
1.2. Rappels
1.2.1. Métabolisme des éicosanoides
1.2.2. Acteurs de la réaction inflammatoire
2. PHASES DE L’INFLAMMATION
3. MANIFESTATIONS CLINIQUES ET BIOLOGIQUES DE
L’INFLAMMATION
4. ETIOLOGIES DE LA REACTION INFLAMMATOIRE
5. FORMES CLINICO-BIOLOGIQUES DE
L’INFLAMMATION
6. COMPLICATIONS DE L’INFLAMMATION
CONCLUSION

INTRODUCTION

L’inflammation est un ensemble de réactions vasculaires,


cellulaires et chimiques de l’organisme provoquées par diverses
causes, c’est une arme à double tranchant car d’abord bénéfique
pour l’organique dans un premier temps, puis peut etre délétère
quand elle devient trop intense, quand elle se généralise ou
quand elle perdure dans le temps. L’intéret de l’étude de
l’inflammation est principalement physiopathologique car la
compréhension du processus inflammatoire a beaucoup
contribué au développement de moyens diagnostiques et
thérapeutiques.
1. GENERALITES

1.1. DEFINITION
L’inflammation est l’ensemble des modifications vasculaires,
tissulaires et humorales chez un etre pluritissulaire secondaires à
toute atteinte de son intégrité: il s’agit de la réponse
des tissus vivants, vascularisés, à une agression.

1.2. RAPPELS
1.2.1. METABOLISMES DES EICOSANOIDES
1.2.2. ACTEURS DE L’INFLAMMATION
A. ACTEURS CELLULAIRES
Leucocytes
Rôles
Granulocytes
- P Neutrophiles Phagocytose
- P basophiles Réaction allergique
- P éosinophile Défense contre parasites
Sécrétion de substances
Système des phagocytes Phagocytose
mononucléés Modulation de la RI
Sécrétion de monokines
Lymphocytes. Défense immunitaire cellulaire et
- Lymphocytes T humorale Sécrétion de substances :
- Lymphocytes B Lymphokines, Ig
Cellules du tissu conjonctif
Cellules endothéliales Diapédèse leucocytaire
Sécrétion de substance
Chimiotactisme
Fibroblastes Cicatrisation
Mastocytes Sécrétion de médiateurs chimiques

B. MEDIATEURS DE L’INFLAMMATION

Effets Médiateur
Vasodilatation Histamine
Kinine
Prostaglandines
Augmentation perméabilité Histamine et kinines
Leucotriène C4D4E4
C3a, C5a
PAF
Chimiotactisme Leucotriène B4
Produits bactérien
C3a, C5a
Chimiokine,
Produits de dégradation de la fibrine
Fièvre TNF
Interleukine 1 et 6
Douleur Bradykinine et prostaglandine
Destruction de cellules Radicaux libres oxygéné
Enzymes des lysosomes
Monoxyde d’azote NO
Cytokines lymphocytaires

2. PHASES DE L’INFLAMMATION
2.1: PHASE VASCULO-EXSUDATIVE

A. Congestion active
Vasodilatation artériolaire puis capillaire et veinulaire dans
la zone atteinte secondaire à la libération de Prostaglandines et
de Leucotriènes. Localement, il en résulte une augmentation de
l'apport sanguin et un ralentissement du courant circulatoire.
Des mécanisme nerveux (nerfs vasomoteurs) interviennent
également dans le déclenchement de la congestion.

B. Œdème inflammatoire
L'œdème inflammatoire résulte du passage dans le tissu
conjonctif interstitiel ou les cavités séreuses d'un liquide appelé
exsudat constitué d'eau et de protéines plasmatiques. Il fait suite
à une augmentation de la pression hydrostatique due à la
vasodilatation et surtout d'une augmentation de la perméabilité
de la paroi des petits vaisseaux sous l'effet de médiateurs
chimiques.
Rôle et conséquences de l'œdème :
• apport local de médiateurs chimiques et de moyens de
défense (immunoglobulines, facteurs de la coagulation, fac
teurs du complément) ;
• dilution des toxines accumulées dans la lésion ;
• limitation du foyer inflammatoire par une barrière de
fibrine (provenant du fibrinogène plasmatique), ce qui
évite la diffusion de micro-organismes infectieux ;
• ralentissement du courant circulatoire par hémoconcentration,
ce qui favorise le phénomène suivant : la diapédèse leucocytaire.

C. Diapédèse leucocytaire
La diapédèse leucocytaire correspond à la migration des
leucocytes en dehors de la microcirculation et leur accu
mulation dans le foyer lésionnel. Elle intéresse d'abord les
polynucléaires (pendant les 6 à 24 premières heures), puis un
peu plus tard (en 24 à 48 heures) les monocytes et les
lymphocytes. Il s'agit d'une traversée
active des parois vasculaires qui comporte plusieurs étapes :
1. margination des leucocytes à proximité des cellules
endothéliales, favorisée par le ralentissement du courant
circulatoire ;
2. adhérence des leucocytes aux cellules endothéliales, par
la mise en jeu de molécules d'adhésion présentes sur la
membrane des leucocytes et sur l'endothélium ;
3. passage trans-endothélial des leucocytes. Les leucocytes
émettent des pseudopodes qui s'insinuent entre les jonc
tions intercellulaires des cellules endothéliales puis traversent la
membrane basale grâce à une dépolymérisation transitoire
provoquée par leurs enzymes.

2.2. PHASE CELLULAIRE


La phase cellulaire se caractérise par la formation du granulome
inflammatoire ou tissu de granulation inflammatoire.
Les cellules qui arrivent dans le foyers inflammatoire
proviennent du sang (PNN, monocytes, lymphocytes ) ou sont
recrutés localement (histiocytes mastocytes lymphocytes,
fibroblastes, cellules endothéliales). Le granulome
inflammatoire a pour but la détersion par la phagocytose.
La phagocytose est la propriété qu’à une cellule d’englober et de
digérer des corps figurés d’origine exogène (hétérophagie) ou
endogène (autophagie). Les corps englobés sont de grande taille
(macrophagie) ou de petite taille (microphagie).
Certaines cellules peuvent sécréter des substances visant à
détruire l’agent pathogène et la matrice extra-cellulaire (ex
radicaux libres, enzymes), soit à réaliser un effet chimiotactique
ou pour activer d’autres cellules. Les lymphocytes vont
contribuer à détruire les agents pathogènes soit directement pat
les lymphocytes cytotoxiques et par les cellules NK, soit par
l’intermédiaire des anticorps ou du système de complément
Concernant la destinée des cellules inflammatoire, certaines
peuvent se multiplier localement, c’est le cas des macrophages
qui renouvellent leur matériel enzymatique après la
phagocytose : on parle de phagocytose janitoriale.
D’autres comme les polynucléaires neutrophiles meurent sur
place par apoptose après la phagocytose et sont englobés par les
macrophages. Ces cellules sont dites leucocytes kamikaze.
D’autres peuvent se transformer : les Lymphocytes B se
transforment en plasmocytes, les macrophages peuvent se
transformer en cellules épithélioïdes et en cellules géantes en
cas de persistance ou de la toxicité de l’agent pathogène, Les
médiateurs tels que les MIF, les MAF et les interférons jouent
un rôle dans cette transformation. Les fibroblastes se
transforment en myofibroblastes qui ont une propriété
contractile.

2.3. PHASE DE REPARATION

A. LA DETERSION
Elle correspond à l’élimination des débris tissulaires issus de
l’agression, de l’agent pathogène et de l’exsudat. Elle succède à
la PVE et est contemporaine de la phase cellulaire.
Elle prépare obligatoirement la phase de réparation/cicatrisation.
Si elle est incomplète, elle favorise l’évolution vers la chronicité.
Il existe deux mécanismes :
Dans la détersion interne, les phagocytes éliminent les agents
pathogènes et les débris par phagocytose, les liquides sont
drainés par la lymphe et résorbés par les macrophages
Dans la détersion externe : Elle concerne les inflammations
suppurées c'est-à-dire une inflammation caractérisée par une
liquéfaction du foyer.
- Spontanément, le pus est drainé par les conduits naturels ou
après fistulisation à la peau ou dans les conduits.
- Elle peut être chirurgicale par parage souvent indispensable
lorsque les lésions sont trop importantes.

B. Réparation et Cicatrisation
C’est le remplacement progressif du foyer soit par un tissu
identique au précédent, on parle de restitution intégrale ou
régénération parfaite, soit par un tissu fibreux et on parle de
cicatrice.
Dans la réparation parfaite, la lésion est minime, la charpente
conjonctive est conservée et les cellules parenchymateuses sont
capables de se multiplier.
Dans la cicatrisation, on distingue des étapes.
- Formation du bourgeon charnu : la réparation passe par la
constitution d’un nouveau tissu conjonctif appelé bourgeon
charnu qui prend progressivement la place du granulome
inflammatoire.
Il comprend un tissu conjonctif jeune lâche, riche en
fibroblastes et vaisseaux sanguins et en matrice extra
cellulaire.
L’évolution va se faire vers une production de fibres de
collagène qui sera remplacé ensuite par du collagène I, une
diminution progressive des leucocytes et des vaisseaux sanguins
qui se hiérarchisent, une contraction suivie d’une réduction de la
taille du bourgeon charnu, la réapparition des nerfs.
A la fin, le foyer inflammatoire est un tissu fibreux pauvre
en cellules et riche en fibres.
Conditions locales :
- Il faut une bonne détersion
- Une bonne coaptation des plaies
- La capacité des cellules parenchymateuses à régénérer
- Une bonne vascularisation locale
- L’intégrité de la charpente conjonctive
Conditions générales
- Une bonne oxygénation
- La vitaminothérapie C favorise la cicatrisation
- Maladies métaboliques
- La corticothérapie prolongée

3. MANIFESTATIONS CLINIQUES ET BIOLOGIQUES


DE LA REACTION INFLAMMATOIRE

3.1. MANIFESTATIONS CLINIQUES


A. Signes locaux (liés aux médiateurs vasoactifs)
Ce sont les signes capitaux de la réaction inflammatoire, il s’agit
de: rougeur, chaleur, gonflement et douleur.

B. Signes généraux
Ils sont liés aux cytokines de l’inflammation.

 Fièvre
 Anorexie et amaigrissement
L'anorexie est liée à l'effet anorexigène du TNF sur le cortex
cérébral. L'amaigrissement pro
vient en partie de l'anorexie et surtout du catabolisme
musculaire sous l'effet de l'IL-1. La RI
induit en effet une consommation accrue d'énergie secondaire à
la fièvre et à l'augmentation
des synthèses protéiques.
 Asthénie et somnolence
L'asthénie est secondaire à l'anorexie, au catabolisme musculaire
mais aussi, comme la somnolence, à des effets directs de l'IL-1
et du TNF sur le cortex cérébral.
3.2. Manifestations biologiques
•NFS :
–Anémie inflammatoire arégénérative (normocytaire puis
microcytaire) et thrombocytose réactionnelle.
–Hyperleucocytose à polynucléaires neutrophiles (mais
leucopénie
possible).
–Monocytose et éosinopénie (en faveur d’une cause
bactérienne).
•Dosage des protéines inflammatoires :

• Protéines positives (leur concentration augmente en cas


d’inflammation) : CRP, procalcitonine, oromuscoïde,
haptoglobine, fibrinogène, SAA…
• Protéines négatives de l’inflammation (catabolisées) :
albumine et transferrine
• Protéines de cinétique rapide (< 1 jour) : procalcitonine, CRP,
SAA
• Protéines de cinétique moyenne (1 à 5 jours) : haptoglobine,
oromuscoïde, C3
• Protéines de cinétique lente (> 5 jours) : albumine, transferrine,
brinogène
• L’association de marqueurs de cinétique différente permet de
mieux évaluer un syndrome
inflammatoire
• La procalcitonine est la protéine la plus spéci que d’une cause
infectieuse
(bactérienne, parasitaire…)

•VS (vitesse de sédimentation) : augmentation peu spécifique.


•Électrophorèse des protéines sériques (EPS) : augmentation des
α1 et α2 globulines, hypoalbuminémie.
•L’hypergammaglobulinémie n’est pas un témoin de syndrome
inflammatoire.
•Exploration du complément (en 2e intention) : augmentation
du C3 et C4, diminution du CH50.
4. ETIOLOGIES

Type de facteurs Facteurs exogènes


causes physiques: traumatisme, chaleur, froid,
radiations ionisantes...
causes chimiques : caustiques, toxiques,
histamine…
corps étrangers
causes biochimiques : allergènes ou toutes
substances antigéniques
agents infectieux, ou leurs toxines : bactéries, virus,
parasites, champignons

Facteurs endogènes
Causes trophiques : troubles de la vascularisation,
de l'innervation
Lésions dégénératives
Perturbations métaboliques (urée, goutte...)
Conflit immunitaire (auto-immunité, déficit
immunitaire, dysimmunité),
complexes antigène-anticorps .
Toutes lésions « non-inflammatoires » y compris
les cancers, l’athérome…

5. VARIETES DE L’INFLAMMATION
5.1. Formes évolutives
A. Inflammation aigue
Réponse immédiate à un agent agresseur, de courte durée
(quelques jours ou quelques semaines), d’installation souvent
brutale et caractérisée par des phénomènes vasculo-exsudatifs
intenses. Elle guérit spontanément ou avec un traitement mais
peuvent laisser des séquelles si la destruction tissulaire est
importante. Il peut s’agir de:
Type d’inflammation Caractéristique
aiguë
Inflammation Réactions allergiques au niveau des
congestive et muqueuses nasales,
oedémateuse Œdème aigue du poumon au cours des
infections virales
Inflammation Purpura d’une septicémie à méningocoque
hémorragique Poussée de rectocolite hémorragique
Inflammation fibrineuse Elle est rencontrée en cas d’œdème riche en
fibrine qui donne les fausses membranes qui
peuvent se fibrose et donner des brides et
fibrose mutilante
Inflammation Vascularite, endocardites…
thrombosante
Inflammation suppurée Elle est due aux bactéries pyogènes elle donne
du pus : abcès, empyème phlegmons.

B. Inflammation chronique
L’infiltrat est dominé par les lymphocytes, plasmocytes et les
macrophages.
Par contre, dans la réaction inflammatoire à corps étrangers, on
trouve une couronne d’histiocytes, de fibroblastes et de cellules
géantes autour du corps étranger.
Dans d’autres inflammations chroniques, on trouve des
granulomes, formation arrondie composée d’histicytes, de
cellules géantes, et dont le centre peut etre nécrosé (tuberculose)
ou non (sarcoidose).

5.2. Syndrome inflammatoire dissocié

 Diminution de l’haptoglobine alors que les


autres protéines positives de l’inflammation (CRP, oromuscoïde)
restent élevées: Hémolyse intravasculaire
 Syndrome inflammatoire à CRP normale avec baisse du C3
et du C4 : Lupus
systémique (une élévation de la CRP doit faire évoquer une
sérite ou une infection surajoutée )
 Augmentation paradoxale de la transferrine (qui
est une protéine négative de l’inflammation) alors que
l’albumine reste
basse: Carence martiale

 Fibrinogène effondré malgré le syndrome


inflammatoire:CIVD

 Syndrome inflammatoire associé à une baisse du


complément peut
faire évoquer : lupus, endocardite, glomérulonéphrite

 VS élevée sans syndrome inflammatoire


Hypergammaglobulinémie polyclonale

Gammapathie monoclonale (myélome)


Hémodilution (grossesse)

Anémie, hémolyse

 Syndrome inflammatoire à VS normale


Polyglobulie
Hémoconcentration
Cryoglobulinémie
Hypofibrinogénémie

6. COMPLICATIONS DE L’INFLAMMATION
Une inflammation chronique non régulée (syndrome
inflammatoire prolongé) peut avoir des conséquences délétères :
–Altération de l’état général avec état de cachexie
(amaigrissement,
anorexie, sarcopénie)
–Dénutrition (hypoalbuminémie prolongée)
–Ostéoporose
–Athérosclérose et risque cardiovasculaire augmenté
–Augmentation du risque thrombo-embolique veineux
–Amylose AA (devenue rare) avec atteinte principalement
rénale.

CONCLUSION
Le processus inflammatoire est un enchainement de
phénomènes qui se déroulent dans l’organisme et dont la finalité
est la défense de l’organisme. Elle met en jeu différents acteurs.
De son efficacité dépend l’issue de l’agression. Sa
compréhension a permis de développer des traitements efficaces.

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