LA PLANIFICATION DES APPRENTISSAGES
PLAN
Introduction
I- La notion de planification
II- Pourquoi planifier
III- Les principes de la planification
IV- Les outils de planification
V- Les modèles de planification
VI- La matrice de planification
I- LA NOTION DE PLANIFICATION
La planification, en général, est une organisation des actions, des activités à conduire de manière
progressive dans un temps déterminé.
Sur le plan pédagogique, la planification consiste a concevoir une répartition des apprentissages
pour une durée déterminée. C’est ainsi que l’on parle de répartition annuelle, trimestrielle,
bimensuelle et mensuelle.
II- POURQUOI PLANIFIER
La planification des enseignements-apprentissages permet à l’enseignant d’avoir une visibilité sur
le déroulement de son travail pendant un temps déterminé. Elle lui permet de gérer sa
progression, d’en estimer le rythme afin de procéder le cas échéant à des régulations ponctuelles
ou à l’occasion de la prochaine opération de planification. C’est également un outil permettant au
visiteur (directeur, inspecteur, chercheur…) d’avoir des informations sur le travail du maître en
matière de progression, de rythme et de contenus d’apprentissage.
L'élaboration de la planification requiert un travail d’équipe pouvant allier des séances de travail
entre maîtres détenant le même niveau et des séances d’approfondissement au niveau de l’équipe
pédagogique.
Les expressions utilisées naguère «répartition mensuelle»,«répartition trimestrielle
»s’intéressaient à la séquence temporelle considérée pour telle ou telle discipline. Même si elle se
déroule dans un espace temporel précis, une planification doit surtout tenir compte de critères
pédagogiques et didactiques et nommer précisément les contenus d'apprentissage.
III- les principes de la planification
Dans l’élaboration de la planification le maître doit tenir compte de certains principes
stratégiques pouvant orienter son travail :
1. La cohérence horizontale :
Elle consiste à veiller, dans une activité, au bon enchainement des contenus à enseigner. Il y
a un ordre, une préséance à respecter dans la planification pour chaque activité.
Par exemple en conjugaison on ne peut pas aborder le passé composé avant les verbes
avoir et être au présent.
2 . La cohérence verticale :
Elle consiste à tenir compte de l’interdisciplinarité dans la logique de progression.
Par exemple la production d’un texte narratif requiert l’installation d’une banque de mots
en vocabulaire, l’étude des verbes d’action, du présent de narration, du passé simple etc. en
conjugaison, l’étude des types de phrase en grammaire, et des mots liens en orthographe.
2. La flexibilité
La planification doit tenir compte du rythme et du niveau d’acquisition de la classe. Elle doit
tenir compte aussi des ressources et des réalités du milieu (adaptabilité/contextualisation).
Il ressort de cette considération qu’il faut à chaque fois faire le bilan des acquis en vue
d’effectuer des réajustements.
Pour une activité nécessitant un temps relativement long, il est possible de regrouper deux
espaces horaires de 30 mn ; la discipline déplacée prendra la place de la deuxième séance
utilisée.
3. Le travail d’équipe
Pour une mutualisation des connaissances et pratiques, la planification par étape et par
groupe s’avère très importante. Dans certaines IEF, le travail d’équipe a permis d’avoir une
progression harmonisée et des évaluations standardisées.
4. La fidélité
il faut respecter les contenus à enseigner dans chaque compétence
de base de crainte de travestir celle-ci.
On ne peut convoquer exceptionnellement un contenu nouveau que quand il contribue à
mieux asseoir la compétence de base.
5. L’articulation entre l’emploi du temps et la planification (adéquation)
il faut respecter le temps institutionnel alloué à chaque activité pour procéder à sa
distribution hebdomadaire. Par exemple : si le temps institutionnel consacré à la
grammaire pour la 2ème étape est égal à 1 heure hebdomadaire, on ne peut prévoir pour
cette activité dans la semaine qu’un ou au plus 2 objectifs spécifiques déroulables en 30 mn
chacun.
Il faut également respecter le nombre de séances prévu pour chaque activité et les moments
consacrés au renforcement pédagogique.
IV- Les outils de planification
1. Le guide pédagogique (GP)
Destiné principalement à l’enseignant, le GP est son outil de référence pour la mise en œuvre de
la réforme. Il lui fournit des informations théoriques et pratiques sur les options de l’APC/PI
(approche par les compétences et pédagogie de l’intégration) et des indications méthodologiques
sur la gestion globale des apprentissages (conception, mise en œuvre, évaluation des
apprentissages). En somme, le guide pédagogique éclaire l’enseignant, lui indique ce qu’il faut
enseigner et lui montre comment il est possible de le faire.
2. Emploi du temps
Il permet de connaitre le temps et le nombre de séances institutionnels alloués à chaque activité
dans la semaine.
Il précise aussi les activités prévues chaque jour et la préséance c’est-à-dire l’ordre de mise en
œuvre des leçons.
Remarques
Dans certains espaces, il est mentionné seulement « communication écrite »,
ce qui peut créer quelques confusions avec le sous domaine lui-même. Il faut comprendre qu’en
plus des leçons de grammaire, conjugaison, vocabulaire, orthographe systématisées dans l’emploi
du temps, le maître a besoin de moments pour faire par exemples « étude des caractéristiques du
texte », « élaboration de fiches de critères de réussite », « élaboration de référentiels », «
différents jets de production »…Devant l’impossibilité de faire figurer tous ces éléments dans
l’emploi du temps, on a utilisé simplement la mention « communication écrite », donnant plus de
liberté au maître.
Les disciplines outils (grammaire, conjugaison, vocabulaire, orthographe) ne trouvent de la
matière qu’après l’étude des caractéristiques du texte.
Pour la communication orale, les séances de « présentation/acquisition », « Consolidation/
fixation », « exploitation/transfert » gardent toute leur place dans l’emploi du temps. Il faut juste
savoir que, pour un objectif spécifique donné, les 3 moments ne se feront pas nécessairement le
même jour.
3. Calendrier grégorien
Il permet à l’enseignant de connaitre les jours fériés et d’en tenir compte dans la planification.
4. Décret de découpage de l’année
Il découpe l’année scolaire en trimestres, fixe les congés de noël et de pâques, les grandes
vacances et la date de rentrée pour les directeurs d’école, les enseignants et les élèves.
V. Modèles de planification
Le choix des compétences de base (CB) et des ressources à programmer ne doit pas relever
du hasard. Il doit se faire autant que possible en fonction du programme, d’un projet ou
d’un thème fédérateur des apprentissages.
Deux approches de planification sont ici présentées.
5-1-La planification en partant directement du livret (LC) ou du guide pédagogique
(GP)
La compétence est l’élément structurant du programme. Elle est prescrite. La planification
proposée dans le guide pédagogique consiste à répartir les ressources (objectifs et
contenus) par activité et par CB en partant directement du Livret ou du GP. Une telle
approche permet à terme une programmation équilibrée des CB et des activités mais a
comme limite le manque d’intégration globale.
5- 2- La planification à partir d’un projet ou d’un thème
Pour une planification au service de l’intégration, les projets constituent une bonne entrée.
Il est en effet possible d’avoir des situations, dans le cadre d’un projet ou d’un thème, qui
prennent en charge plusieurs CB relevant d’activités différentes.
Les activités liées à la préparation et à l’organisation de la Semaine de l’Ecole de Base
peuvent par exemple, être le creuset de plusieurs apprentissages (expression écrite, arts
scéniques, arts plastiques, histoire, vivre dans son milieu, activités numériques…).
La planification à partir d’un projet ou d’un thème a l’avantage d’assurer plus de cohérence
entre les domaines dans la progression. Elle présente cependant des limites réelles au
déroulement de tous les aspects du programme et au respect de l’emploi du temps. En effet,
elle peut entraîner l’enseignant à créer un déséquilibre dans le choix et la programmation
des CB et des activités.
Les deux approches doivent donc coexister dans des rapports de complémentarité.
Le conseil à donner à l’enseignant, quel que soit le modèle de planification adopté, est de
veiller autant que possible à une articulation cohérente entre les apprentissages qu’ils
proviennent ou non de CB ou d’activités différentes.
ERREURS A EVITER
L’enseignant doit éviter :
De copier purement et simplement les programmes officiels
De répartir en suivant la progression de livres et de manuels même officiels
De reconduire d’anciennes répartitions
De prévoir des contenus hors programmes.
VI- Cadre (matrice) de planification des apprentissages
Il s’appuie sur le schéma intégrateur
Schéma intégrateur
Domaine-sous domaine-activité-compétence de base-palier-OA-OS+Contenus
Remarques :
L’intégration est mentionnée à telle ou telle semaine, lorsque les apprentissages ponctuels
du palier sont épuisés. Il reste entendu qu’il est possible de faire de l’intégration après
plusieurs OS ou OA même si le palier n’est pas achevé.
Les paliers ne se terminent pas en même temps ; de ce point de vue il n’est pas envisageable
de prévoir une « semaine de l’intégration » pour toutes les activités. L’intégration se faisant
dans le créneau horaire imparti à une activité donnée, les apprentissages se poursuivent
dans les autres activités.
En Langue et communication on intègre dans le sous domaine (sauf en lecture au
CI/CP). Pour tous les autres domaines on intègre dans les activités.