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Développement communautaire, Séance 05
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Séance 8 : Financement et Partenariats dans le développement communautaire
1. Financements internes (endogène)
2. Financement externes (exogène)
Partenariats communautaires
1. Création de Partenariats
2. Types de Partenariats
Analyses du financement international
1. “Objectifs du millénaire” Jeffrey Sachs
2. “L’aide fatale ?”, Dambisa Moyo
Le financement du développement désigne des fonds qui sont alloués à la réalisation d'objectifs
sociaux, environnementaux et économiques, en faveur des populations. Le financement du
développement prend principalement la forme de dons ou de prêts. Les fonds peuvent venir
d'acteurs publics, privés, (banques, entreprises) ou des ONGs.
Qu’est-ce que le financement communautaire ?
Le financement communautaire est un mécanisme participatif où une communauté
d’individus contribue financièrement pour la réalisation des projets. Contrairement aux
sources de financement traditionnelles comme les banques ou les investisseurs institutionnels,
le financement communautaire repose sur la solidarité et l’engagement local. Il repose sur
une combinaison de ressources externes (subventions, dons, prêts) et internes
(autofinancement, épargne locale), visant l'autonomisation locale. Les modes principaux
incluent les subventions publiques/privées, le financement participatif, le microcrédit et le
mécénat.
Le financement communautaire encourage les porteurs de projets à innover et à proposer des
solutions adaptées aux réalités locales. Cette approche favorise le développement de projets
qui répondent réellement aux besoins spécifiques des populations, augmentant ainsi leur
efficacité et leur durabilité. Le financement communautaire contribue à réduire les inégalités
socio-économiques et favorise une répartition plus équitable des ressources et des
opportunités de développement.
Trois grands principes du financement communautaire
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1. Participation collective : Les membres de la communauté investissent de petites
sommes pour atteindre un objectif commun.
2. Transparence : Les projets sont présentés de manière transparente, avec des
informations détaillées sur leur utilisation et leur impact.
3. Engagement local : Les projets financés répondent directement aux besoins et aux
aspirations des communautés locales.
Modes de Financement communautaire
Financement participatif : Solidarité locale, contrepartie, prêt, ou souscription de titres.
Subventions et dons : Aides financières non remboursables.
Microfinance et crédit : Prêts à taux préférentiels ou pour des microentreprises locales.
Investissement à impact : Capitaux investis par des particuliers ou entreprises pour un retour
social et financier.
Autofinancement : Mobilisation de la recette locale, cotisations des membres, ou vente de
services communautaires.
Obligations communautaires : Titres de créance locaux.
Sources de Financement
● Fonds publics : Subventions gouvernementales.
● Philanthropie et Fondations : Dons de fondations, d'organismes de bienfaisance.
● Institutions Financières de Développement : Banque mondiale, BID.
● Coopératives et Économie Sociale : coopératives et réseaux d'investissement social.
● Fonds collaboratifs : fonds combinés par plusieurs bailleurs ou organisations.
Sources Internes
- Groupes d'Épargne : Systèmes autogérés où les membres cotisent pour créer un fonds
de crédit interne. Ces groupes renforcent le capital social et la résilience économique.
- Cotisations des membres : Frais d'adhésion et contributions régulières au sein des
associations ou coopératives.
- Réinvestissement des excédents : Utilisation des bénéfices d'activités génératrices de
revenus communautaires pour financer de nouveaux projets.
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- Sociofinancement Local : Dons, Prêts sans intérêt ou investissements des membres de
la communauté.
- Fiscalité Locale : Taxes prélevées et redevances.
Sources externes
● Aide internationale publique : États, agences de coopération.
● ONG internationales et fondations privées
● Institutions multilatérales : Banque mondiale, FMI, BID.
Création de partenariats (Communauté)
La création de partenariats communautaires est une approche systématique visant à créer des
relations conjointes entre différentes parties prenantes, telles que les organisations locales, les
entreprises et les habitants, afin d'atteindre des objectifs communs. Il s'agit d'un facteur
important pour la socio-socialisation de la communauté, la collecte de ressources et la
capacité de la communauté à faire face aux problèmes de manière plus efficace.
L'établissement de partenariats est un élément essentiel du développement communautaire,
car il utilise le pouvoir de multiples parties prenantes pour résoudre des problèmes sociaux
complexes. Par exemple, en travaillant avec des entreprises locales, les organisations à but
non lucratif obtiennent des fonds et des bénévoles, tandis que les entreprises améliorent
l'image de leur communauté et la présence de leurs employés. De telles collaborations
permettent de formuler des solutions plus efficaces aux problèmes de la communauté.
L'établissement de liens communautaires productifs passe par une série d'étapes
systématiques
- Recherche de partenaires appropriés,
- Définition d'objectifs communs,
- Création d'un climat de confiance grâce à la transparence et à l'établissement de liens,
- Rédaction de contrats et travail d'équipe active.
La collaboration à long terme nécessite le déploiement systématique des mécanismes
d'engagement, y compris l'interaction continue, la communication de routine et le recalibrage
des objectifs stratégiques et tactiques. Cela est possible grâce à des réunions permanentes, des
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événements conjoints et la diffusion d'histoires de réussite qui résument le partenariat sans
lequel l'héritage n'est pas possible.
La mise en place d'un partenariat communautaire se heurte généralement à trois grandes
difficultés, notamment des priorités contradictoires, des obstacles à la communication et un
manque de ressources. Pour faire face à ces difficultés, les partenaires doivent mettre en place
des protocoles de communication clairs, interagir de manière active, s'ouvrir aux autres et
impliquer les parties prenantes de manière désintéressée. Par exemple, la collaboration entre
un gouvernement local et une association de résidents peut impliquer des séances de
médiation afin d'aligner les objectifs et de régler les différends.
Types de Partenariat
- Partenariat Public-Communautaire : Alliance entre des institutions publiques (ex:
municipalité) et des organisations de la société civile pour co-concevoir des services.
- Partenariat de Coopération Économique : Association d'acteurs économiques et
d'intérêt général pour créer des solutions durables (clauses sociales dans des contrats).
- Partenariat d'Innovation Sociétale : Expérimentation de nouvelles réponses à des
besoins sociaux non satisfaits.
- Mécénat : Apport de soutien financier, matériel ou de compétences par une entreprise
à un projet communautaire, sans contrepartie directe.
- Partenariat Public-public : entre deux institutions publiques (mairies, ministères).
Principes fondamentaux de Partenariat
Pour qu'un partenariat de développement fonctionne, il doit reposer sur cinq piliers
- Intérêt mutuel : Chaque partie doit y trouver un bénéfice.
- Égalité : Respect de la dignité et de l'expertise de chaque partenaire.
- Autonomie : Chaque organisation conserve son identité propre.
- Coopération : Volonté réelle de travailler ensemble.
- Évaluation : Analyse conjointe des résultats obtenus.
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Analyses du financement international
- “Objectifs du millénaire” Jeffrey Sachs
- “L’aide fatale ?”, Dambisa Moyo
➢ Jeffrey Sachs, Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)
Les Nations Unies ont lancé un cadre global visant à éradiquer la pauvreté mondiale, à travers
la formulation des 15 Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), à atteindre à
l’horizon 2015. Transformer en Objectifs de Développement Durable à l’horizon 2030. Il
s'articule autour de 17 objectifs mondiaux pour le développement durable. Ces objectifs ont
été adoptés par 189 pays et définissent les priorités du développement mondial.
Les 8 OMD :
1. Éradiquer l’extrême pauvreté et la faim
2. Assurer l’éducation primaire pour tous
3. Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes
4. Réduire la mortalité infantile
5. Améliorer la santé maternelle
6. Combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies
7. Assurer un environnement durable
8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
Jeffrey Sachs, Économiste américain, ancien conseiller spécial du Secrétaire général des
Nations Unies sur les OMD, un architecte clé de ce programme international. plaide un
développement orienté par la science, la planification à long terme et le soutien massif des
pays riches et croit en la capacité des investissements publics ciblés pour rompre le "piège de
la pauvreté". Il a milité pour une augmentation de l’aide internationale, en fixant un objectif
de 0,7 % du PIB des pays développés pour le financement du développement. Il persuade que
la pauvreté extrême peut être soluble si la volonté politique et les ressources sont mobilisées.
Points forts selon Sachs
- Mobilisation multisectorielle (santé, éducation, agriculture)
- Participation des communautés aux diagnostics et actions
- Introduction d’innovations à la technologie.
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Réflexion critique de Sachs
- Les OMD ont permis de mobiliser l’attention mondiale sur la pauvreté et les
inégalités mais ne résoudent pas les problèmes.
- Les pays ont commencé à collecter plus rigoureusement les données sociales, ce qui a
amélioré la planification.
- Certains projets sont devenus trop dépendants de l’aide extérieure.
- Faiblesse dans les prises en compte des dynamiques culturelles locales.
- Résultats parfois non durables après le retrait des bailleurs.
- Objectifs trop globalisés, pas toujours adaptés aux réalités communautaires locales.
- Manque de participation populaire réelle dans la conception des politiques.
- Accent mis sur les résultats chiffrés, au détriment de la transformation des systèmes
sociaux.
proposition de Jeffrey Sachs pour l’application des à l’échelle locale
● Traduire les objectifs globaux en priorités locales définies avec les communautés.
● Impliquer activement les groupes de base (femmes, jeunes, agriculteurs).
● S’assurer que les investissements extérieurs renforcent l’autonomie locale.
● Mesurer les progrès non seulement en chiffres, mais aussi en dynamiques sociales
durables.
Jeffrey a marqué l’histoire du développement international en rendant visible l’idée que la
pauvreté peut être vaincue. Toutefois, la réussite du développement doit passer par
l’appropriation communautaire, une gouvernance locale forte et une économie sociale et
solidaire enracinée dans les réalités locales.
➢ Dambisa Moyo, Financement et Partenariats en Développement Communautaire
Dambisa Moyo, économiste zambienne, diplômée d’Oxford et Harvard, a travaillé à la
Banque mondiale et chez Goldman Sachs. Dans Dead Aid (L’aide fatale, 2009), critique
l’aide extérieure, particulièrement en Afrique. Elle posa cette question, sont-ils réellement au
service des communautés ou participent-ils à une nouvelle forme de dépendance ? l’Afrique
reste le continent le plus pauvre malgré des milliards injectés.
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Pour elle, L’aide étrangères a échoué et engendre
- Dépendance structurelle : les États africains planifient leurs budgets sur l’aide, non
sur les recettes locales.
- Corruption : une partie importante de l’aide est détournée par les élites politiques.
- Démobilisation citoyenne : les citoyens ne réclament pas des comptes à leurs
dirigeants car ces derniers ne dépendent pas de leurs taxes mais des dons étrangers.
- L’aide décourage l’innovation locale et la recherche de solutions adaptées.
Alternatives proposées par Dambisa Moyo
● Favoriser l’investissement privé productif.
● Utiliser les marchés financiers : les obligations, emprunts maîtrisés, levée de fonds.
● Stimuler l’entrepreneuriat local : soutenir les PMEs, les coopératives locales et
l’innovation.
● Renforcer la fiscalité locale : mobiliser leurs propres recettes locales.
● Refuser les projets parachutés et valoriser les ressources endogènes.
● Renforcer les mécanismes de redevabilité locale.
● Construire des projets viables sans financement externe et négocier des partenariats à
égalité de voix.
● les bailleurs doivent :
- Travailler avec, pas à la place des communautés.
- Cesser de penser le développement comme une charité, mais plutôt comme
une collaboration équitable.
- Intégrer des mécanismes de sortie dès le départ (ne pas éterniser la dépendance
à l’aide).
Dambisa Moyo invite à repenser le financement international du développement en sortant de
la logique de dépendance et en construisant des modèles d’autonomisation économique, avec
des partenariats équilibrés ancrés dans les réalités locales et portés par une gouvernance
responsable.