Cours Prof
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M (k, k + 1) = pk , M (k, k − 1) = qk ,
où k k
pk = 1 − , qk = .
m m
Cette chaîne est irréductible, apériodique, récurrente positive (ce
dernier point est une conséquence du corollaire 16.44). Il résulte donc du
théorème 16.54 que X admet une probabilité invariante unique. On se
propose de la déterminer.
On cherche d'abord une mesure invariante µ ; une telle mesure est solu-
tion du système d'équations
X
µ(y) = µ(x)M (x, y).
x∈E
1
soit
µm − µk = µm pm + µm−1 pm−1 − µk−1 pk−1 − µk pk . (16.77)
Ainsi, puisque
pk + qk = 1, pm = 0, et pm−1 =
1
m
,
on a 1
µm − µm−1 = µk qk − µk−1 pk−1
m
En remarquant que d'après (16.75)),
1
µm − µm−1 = 0,
m
et, dès que 1 ≤ k ≤ m − 1,
µk =
pk−1
qk
µk−1 . (16.78)
soit, par itération,
µk =
pk−1 pk−2 · · · p1 p0
qk qk−1 · · · q2 q1
µ0 . (16.79)
Puisque
m−k+1 m−k+2
· · · m−1 m
pk−1 pk−2 · · · p1 p0 m m m m m(m − 1) · · · (m − k + 1) m
= k k−1 2 1
= =
qk qk−1 · · · q2 q1 m m ··· m m
k! k
on a
si 1 ≤ k ≤ m − 1. (16.80)
m
µk = µ0
k
Par ailleurs, d'après (16.75) et (16.80), on a
1 1
µm − µm−1 = mµ0 = µ0 ,
m m
soit encore
m
µm µ0 .
m
Ainsi, toute mesure suivante est déterminée par
si 1 ≤ k ≤ m. (16.81)
m
µ = µk 0
k
Il existe donc une unique probabilité invariante µ, déterminée par les
égalités équivalentes
m
" m #
X m X m
µ0 + µ0 = 1 ⇐⇒ µ0 = 1.
k k
k=1 k=0
Ce qui donne
2
1
µ0 = 2m
sante pour l'existence d'une probabilité limite, c'est à dire d'une probabi-
m
k
lité µ qui soit telle que, pour tout x, y ∈ E, la suite de terme généralM (x, y) n
pour tout x, y ∈ E.
x y
pour tous x ∈ E et y ∈ C
y y y y
Inversement supposons qu'il existe une unique classe récurrente positive apé-
riodique C telle que P (T < +∞) = [Link] tous x ∈ E et y ∈ C .pour de
1
3
1
limn M n (x, y) = Ey (Ty1 )
>0
la mesure π ainsi dénie est non nulle, il résulte de la proposition 16.53 que
c'est l'unique probabilité invariante.
Nous terminons ce paragraphe en faisant l'étude d'un modèle génétique.
Exemple 16.13. (Modèle génétique.) Un caractère héréditaire chez un
individu dépend, en général, de la possession de son patrimoine génétique
de la présence de gènes de deux types G et g, appelés allèles, qui appa-
raissent par couple GG, gg, Gg et gG, ces deux derniers étant génétiquement
les mê[Link] pour la mise en évidence du caractère, seuls comptent les
couples non ordonnés GG, gg, Gg, sont appelés gé[Link] gène G est
souvent prédominât, et les génotypes Gg,GG donnent le même caractère
héréditaire appelé phé[Link] qu'un individu possède le génotype
GG,gg ou Gg , il est dit dominant, récessif ou hybride.
Un individu reçoit indépendamment de chaque parent un gène de manière
aléatoire.
Si chacun des parents est dominant(respectivement récessif), il est
lui-même dominant(respectivement récessif)
Si l'un des parents est dominant et l'autre récessif, il est lui-même
hybride
Si l'un des parents est dominant et l'autre hybride, il reçoit le gène
G du parent dominant et reçoit le gène G ou g de l'autre parent avec
la même probabilité; ainsi, il a même probabilité d'être dominant ou
hybride.
De même, si l'un des parents est récessif et l'autre hybride, il a même
probabilité d'être récessif ou hybride.
Si les deux parents sont hybrides, il a la même probabilité de recevoir
de chaque parent le gène G ou g. Il sera donc dominant avec la pro-
babilité , récessif avec la probabilité et hybride avec la probabilité
1 1
.
1
4 4
GG Gg gg
1 1
GG 2 2 0
1 1 1
Gg 4 2 4
1 1
gg 0 2 2
4
1 1
2 2 0
Mh = 1 1 1
4 2 4
1 1
0 2 2
Le graphe associé à cette chaîne de Markov est
g1
../../Downloads/Documents scanneÌ[Link]
Qui a pour solution (a, 2a, a).Les mesures invariantes sont alors données
par (a, 2a, a), avec a ≥ 0 [Link] existe donc une seule probabilte
invariante v;elle estdeterminee par la condition a + 2a + a = 1, ce qui
0
donne v = 41 , 21 , 14 .
0
GG Gg gg
GG 1 0 0
1 1
Gg 2 2 0
gg 0 1 0
1 0 0
Mn = 21
1
2 0
0 1 0
le graphe associé a cette chaine de Markov est
g2
../../Downloads/Documents scanneÌ[Link]
5
Chaque état forme une classe de communication.L'état gg est essentiel, les
états gg et Gg sont transitoires et GG est un état absorbant.
16.8 Loi forte des grands nombres
On donne un théorème de loi forte des grands nombres pour une chaine de
Markov homogène que l'on applique ensuite, dans le cas ni, a l'estimation
de sa matrice de transition.
16.8.1 Théorème de loi forte
Théorème 16.56(Théorème de Chacon-Orstein)
Soit X un processus qui, ∀ x ∈ E, est une chaine de Markov homogène sur
la base de processus (Ω, A, (A ) , P ) de loi initiale δ et de matrice de
transition M .On suppose que X admet une unique classe récurrente positive
n n∈N x x
C (on rappelle qu'il existe alors une unique probabilité invariante π ).On sup-
pose de plus qu'existe un y ∈ C tel que, pour tout x ∈ E, P (T < +∞) = 1. 1
n
X
f (Xj )
ne s'annule [Link], pour tout x ∈ E, la suite de terme général X j=1
n
g(Xj )
est P convergente et on a
j=1
x − p.s
n
X X
f (Xj ) f (x)π(x)
j=1 x∈E
lim n = X Px − p.s
n X g(x)π(x)
g(Xj )
x∈E
j=1
Démonstration
Pour tout x ∈ E on a P (R ) = [Link] eet, une modication triviale de la
démonstration du lemme 16.36 permet d'établir que pour tout p ∈ N , on a
x y
∗
p
Px (Typ+1 < +∞) = Px (Ty1 < +∞) Px (Ty1 < +∞)
6
T1
y
X X X
µM (x) = µ(z)M (z, x) = Ey 1(Xn =z) M (z, x) =
z∈E z∈E n=1
T1
! 1
y Ty
X X X
Ey 1(Xn =z) M (z, x)
= Ey M (Xn , x)
n=1 z∈E n=1
soit, en partitionnant, 1
h i Ty −1
X
µM (x) = Ey 1(Ty1 =1) M (X1 , x) +Ey 1(Ty1 ⩾2) M (Xn , x) + M (XTy1 , x)
soit encore
n=0
Ty1 −1
X
µM (x) = Ey M (Xn , x)
n=0
T1
+∞
X h i y
X
µM (x) = Ey 1(n<Ty1 ) 1(Xn+1 =x) = Ey 1(Xn =x) = µ(x)
n=0 n=1
ce qui démontre que µ est une mesure invariante.C'est une mesure bornée,
puisque, E étant dénombrable et y étant récurrent positif, on a
T1 T1
!
y y
X X X X
µ(E) = Ey 1(Xn =x) = Ey 1(Xn =x) = Ey [Ty1 ] < +∞
x∈E n=1 n=1 x∈E
µ
π= Ey [Ty1 ]
sur {T = +∞}.
n=T y
0, p
y
R, puisque P -p.s., on a
p
x
h i
Typ+1 = Typ + τy1 θTyp (X)
1. 15.
8
ce qui prouve que les Z , p ∈ N , ont même loi sous P que Z sous P , et
∗
Montrons que Z est P -intégrable (il en est alors de même de tous les
p x
Z ). On a
1 x
p
Ty2 −1 Ty2 −1
X AT 1 X
Ex (|Z1 |) = Ex f (Xn ) = Ex Ex y f (Xn ) .
n=Ty1 n=Ty1
Il en résulte que
Ty1 −1
X Z
Ex (|Z1 |) ≤ Ey |f (Xn )| = |f | dµ < +∞.
n=0
Px lim ν(n) = +∞ = Px (Ry ) = 1
n→+∞
9
que π est proportionnelle à µ. On en déduit le théorème dans le cas général
où f est de signe quelconque, en décomposant f en ses parties positive et
négative.
En particulier, on obtient la formulation traditionnelle de l'énoncé de la
loi forte des grands nombres pour les chaînes de Markov homogènes.
Corollaire 16.57 (Loi forte des grands nombres). Sous les hypo-
thèses du théorème de Chacon-Ornstein 16.56, on a pour toute fonction f
π -intégrable,
n Z
1X p.s.
f (Xj ) −−−→ f dπ.
n n→∞
j=1
Il sut d'appliquer le théorème de Chacon-Ornstein en
prenant pour g la fonction constante égale à 1.
Démonstration.
□
Sous les mêmes hypothèses, en prenant pour f l'indicatrice
d'un singleton, on obtient que, pour tous x, y ∈ E,
Remarque.
n
1X p.s.
1{Xj =y} −−−→ π(y).
n n→∞
j=1
Le quotient 1 Pn
1 représente le temps moyen passé par une
trajectoire dans l'état y entre les instants 1 et n. Ce résultat donne un procédé
n j=1 {Xj =y}
et = 1
n−1
X n−1
X
Nni = 1{Xk =xi } 1 n
Ni,j , {Xl =xi } {Xl+1 =xj }
k=0 l=0
10
et on étudie, pour tout x ∈ E, la convergence P -p.s. de la suite de terme
général Mc .
x
n
i,j
Proposition 16.58.
Avec les notations et hypothèses précédentes, pour i, j ∈ {1, 2, . . . , L} et pour
tout x ∈ E, px −p.s.
cn −
M i,j −−−→ M (xi , xj ).
n→∞
Démonstration. D'après la remarque précédente, on a déjà, pour i ∈
{1, 2, . . . , L} ,
(16.84)
N n
i Px -p.s
−−−−→ π(x ). i
n n→∞
L
" #
X X
= 1A (x, xi )M (x, xi ) π(x).
x∈E i=1
On a bien sûr,
Z " L #
X X
f d(π ⊗ M ) = f (x, xi )M (x, xi ) π(x).
x∈E i=1
Ceci permet encore de démontrer que les Z , p ∈ N , ont même loi sous ∗
11
Reste à calculer E (Z ). Par une démarche analogue à celle de la démons-
tration du théorème 16.57, la propriété de Markov forte permet de montrer
x 1
que l'on a
Ty1 −1
X
Ex (Z1 ) = Ex f (Xn , Xn+1 ) .
n=0
+∞
X h i X+∞ h i
Ex (Z1 ) = Ey 1{n<Ty1 } EyAn f (Xn , Xn+1 ) = Ey 1{n<Ty1 } EXn f (Xn , Xn+1 ) .
n=0 n=0
ou encore
Ty1 −1
!
X L
X
Ex (Z1 ) = Ey f (Xn , xi ) M (Xn , xi ) .
n=0 i=1
L
" # Z
X X
Ex (Z1 ) = µ(x) f (x, xi ) M (x, xi ) = Ey (Ty1 ) f d(π ⊗ M ).
x∈E i=1
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Exercice 16.1. Gestion de stock. Un vendeur d'appareils photos a
remarqué que le nombre A d'acheteurs d'un appareil d'un certain type, pen-
dant la semaine t, était indépendant du nombre d'acheteurs de cet appareil
t
13