Guide Methodologique 2012
Guide Methodologique 2012
GUIDE MÉTHODOLOGIQUE
et réglementaires et des travaux conduits sur différentes thématiques
notamment celles portant sur l’organisation des soins en santé mentale,
les addictions, les auteurs d’infractions à caractère sexuel,
la prévention du suicide.
La première partie traite de l’organisation des structures administratives et de
gestion concourant au suivi de ces prises en charge. GUIDE MÉTHODOLOGIQUE
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PRISE EN CHARGE SANITAIRE
DES PERSONNES PLACÉES
SOUS MAIN DE JUSTICE
GUIDE MÉTHODOLOGIQUE
MINISTÈRE DE LA JUSTICE
MINISTÈRE DES AFFAIRES SOCIALES ET DE LA SANTÉ
SOMMAIRE
INTRODUCTION : LÉGISLATION ET RÉGLEMENTATION
#1 STRUCTURES INSTITUTIONNELLES
- Organisation des ministères de la Santé et de la Justice
P. 9 > 35
#3 DOCUMENTS CADRES
- Modèle de protocole cadre
P. 217 > 255
- Annexes au protocole
- Modèle de convention entre l’établissement de santé
assurant les soins somatiques et celui assurant les soins psychiatriques
- Modèle de convention relative à la protection sociale
- Repères utiles pour la prise en charge de la santé des personnes mineures
détenues
ou totale à usage collectif de la présente publication est strictement interdite - Annexes de la partie II
s a n s a u t o r i s a t i o n e x p r e s s e d e l ’ é d i t e u r. I l e s t r a p p e l é à c e t é g a r d , q u e l ’ u s a g e a b u s i f
- Annexes générales
et collectif de la photocopie met en danger l’équilibre économique des circuits du livre.
I S B N : 9 7 8 - 2 - 11 - 1 2 9 9 8 3 - 2
3
PRISE EN CHARGE SANITAIRE DES PERSONNES PLACÉES SOUS MAIN DE JUSTICE PRISE EN CHARGE SANITAIRE DES PERSONNES PLACÉES SOUS MAIN DE JUSTICE
PRÉAMBULE INTRODUCTION
Depuis vingt ans, les modalités de prise en charge de la santé des personnes détenues ont connu des évolutions LÉGISLATION ET RÉGLEMENTATION
profondes et majeures. La réforme du système de soins en milieu pénitentiaire, initiée par la loi du 18 janvier 1994
relative à la santé publique et à la protection sociale, a confié au service public hospitalier l’ensemble de ces prises LOI N° 94-43 DU 18 JANVIER 1994 RELATIVE À LA SANTÉ PUBLIQUE
en charge. ET À LA PROTECTION SOCIALE
Les personnes sous main de justice doivent avoir accès à une qualité de soins équivalente à celle de la population La loi n° 94-43 du 18 janvier 1994 relative à la santé publique et à la protection sociale a posé le principe
générale : en cela, la loi de 1994 représentait une avancée de santé publique et un progrès considérable pour les du transfert de la prise en charge sanitaire des personnes détenues au ministère de la Santé.
droits d’une population particulière. Le principe a été réaffirmé par la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009. Cette loi a notamment fixé trois principes fondamentaux :
Cependant, la prise en charge de cette population et son amélioration nécessitent non seulement la prise en compte - l’affiliation obligatoire des personnes détenues, dès leur incarcération, au régime général
de leur situation sanitaire particulière mais également la nécessité d’intégrer le contexte du monde carcéral et ses de l’assurance maladie. À ce titre, elles bénéficient, ainsi que leurs ayants droit, des prestations
contraintes. en nature de l’assurance maladie et maternité servies par le régime général ;
Ces deux cultures dont la diversité doit être reconnue se côtoient au quotidien. Les acteurs de ces services publics - la mise en place au sein de chaque établissement pénitentiaire d’une unité de consultations
se doivent de travailler ensemble dans le respect de leurs missions spécifiques mais en recherchant un objectif et de soins ambulatoires (UCSA), unité hospitalière rattachée à un établissement de santé de référence ;
commun : l’amélioration de la santé de la personne détenue. L’approche pluridisciplinaire dans le respect mutuel - le versement par le ministère de la Justice des cotisations sociales de ces personnes à l’Agence centrale
est, par là-même, une nécessité. des organismes de sécurité sociale (ACOSS).
Le présent guide relatif à La prise en charge sanitaire des personnes placées sous main de justice constitue la LOI N° 2009-879 DU 21 JUILLET 2009 PORTANT RÉFORME DE L’HÔPITAL
troisième édition de celui initialement publié fin 1994. Il tient compte des nouvelles et nombreuses dispositions ET RELATIVE AUX PATIENTS, À LA SANTÉ ET AUX TERRITOIRES (HPST)
législatives et réglementaires intervenues depuis ces dix dernières années. Cette actualisation est particulièrement
attendue par tous les professionnels de terrain. La loi portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (JO du 22 juillet 2009)
Rédigé sous forme de fiches synthétiques, le guide a vocation à répondre aux questionnements des comporte quatre titres :
professionnels sur l’ensemble des domaines qui constituent la prise en charge sanitaire et sociale des person- - Titre 1 : La modernisation des établissements de santé
nes sous main de justice. Il fournit des orientations à propos des règles spécifiques liées à l’environnement - Titre 2 : L’accès de tous à des soins de qualité
du monde carcéral et traite également des modalités de prise en charge de la santé de cette population. - Titre 3 : Prévention et santé publique
La mise en œuvre de ces recommandations repose sur l’engagement et les compétences des personnels tant - Titre 4 : Organisation territoriale du système de santé
soignants que pénitentiaires. Seule une action régulière, accomplie au plus près des personnes détenues, constitue
un gage de réussite. Les enjeux de la réforme sont majeurs :
- mieux coordonner les actions des établissements de santé pour répondre aux besoins de la population ;
Le présent guide se veut un document de référence destiné à tous les acteurs contribuant, de près comme de loin, - répartir de façon plus égalitaire l’offre de soins sur le territoire ;
à ces missions. - développer une politique de prévention et de santé publique ;
Il constitue un document complet - au demeurant perfectible -, qui doit nourrir la réflexion et l’action au quotidien - définir les missions et moyens des agences régionales de santé (ARS).
des différents acteurs de terrain.
La refonte - inscrite dans ce guide - du protocole cadre liant les établissements de santé et pénitentiaires devra Cette loi précise notamment que l’organisation de ces soins rentre bien dans les compétences des missions
amener à une révision des actuelles conventions dans l’année suivant cette publication. des agences régionales de santé (article L. 1431-1 du CSP), les objectifs et les moyens dédiés étant fixés
L’harmonisation du fonctionnement de ces structures constitue en effet une priorité. par le schéma régional d’organisation des soins (article L. 1434-9 du CSP) en articulation avec le projet
régional de santé.
Nous tenons à remercier tout particulièrement les auteurs de la troisième édition de ce guide. Nous savons pouvoir
compter sur votre compréhension et votre détermination pour atteindre ensemble les objectifs fixés.
4 5
PRISE EN CHARGE SANITAIRE DES PERSONNES PLACÉES SOUS MAIN DE JUSTICE
- la prévention de la récidive est renforcée avec le développement des mesures en milieu ouvert et des
aménagements des peines ;
- la condition juridique de la personne détenue est reconnue et le bénéfice de ses droits, notamment civiques,
sociaux, religieux, familiaux et professionnels est rappelé et limité aux seules contraintes inhérentes
LOI N° 2002-1138 DU 9 SEPTEMBRE 2002 D’ORIENTATION ET DE PROGRAMMATION à la détention ;
POUR LA JUSTICE - les principes généraux relatifs aux régimes de détention sont élevés au niveau législatif (répartition des
personnes condamnées, régime disciplinaire, isolement, règlements intérieurs, encellulement individuel,
La population pénale se caractérisant par une prévalence accrue des troubles mentaux et la proportion etc.) ;
des personnes détenues atteintes augmentant, la loi n° 2002-1138 du 9 septembre 2002 d’orientation et de - les personnels pénitentiaires bénéficient d’une meilleure reconnaissance par une valorisation de leurs
programmation pour la justice, en son article 48, a apporté d’importantes modifications au Code de la santé fonctions, un renforcement de leur autorité et de leur protection ainsi que par la création d’un code de
publique dans le but d’améliorer les conditions d’accès aux soins pour les personnes détenues atteintes de déontologie et d’une prestation de serment.
troubles mentaux.
Ce texte conforte la spécificité de la prise en charge des mineurs détenus en garantissant le respect des droits
Ces dispositions excluent la possibilité d’hospitalisation à temps complet au sein d’un établissement pénitentiaire. fondamentaux reconnus à l’enfant et en consacrant l’obligation d’activité à caractère éducatif pour les mineurs
Les hospitalisations doivent désormais être réalisées en milieu hospitalier et principalement effectuées dans qui ne sont pas soumis à l’obligation scolaire. Par voie de décret, la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ)
des unités hospitalières spécifiquement aménagées pour recevoir des personnes détenues (UHSA). assure la mise en œuvre des activités socio-éducatives.
Ces unités sont créées dans l’objectif de recevoir les personnes détenues hospitalisées avec ou sans leur Concernant la santé, la loi pénitentiaire garantit aux personnes détenues un accès à la prévention et à
consentement, pour une durée indéterminée notamment lorsqu’elles ne relèvent pas d’une prise en charge l’éducation sanitaires, une qualité et une continuité des soins dans des conditions équivalentes à celles dont
dans une unité pour malades difficiles. Le décret n° 2010-507 du 18 mai 2010 pris pour l’application de ces bénéficie l’ensemble de la population.
dispositions de la loi d’orientation et de programmation pour la justice définit les modalités de garde, d’escorte
et de transport au sein des UHSA. Elle réaffirme le droit des personnes détenues au secret médical, au secret de la consultation, et octroie
également le droit à un bilan relatif aux produits stupéfiants, d’alcool et de tabac, à une visite médicale
En l’absence d’UHSA ouverte dans le ressort territorial, l’hospitalisation des personnes détenues atteintes de précédant la libération, à un aidant si elle souffre d’un handicap et le droit de s’entretenir, hors la présence
troubles mentaux continue d’être assurée par un établissement de santé habilité. du personnel pénitentiaire, avec les personnes de confiance, les personnes majeures accompagnant les
personnes mineures ou les bénévoles intervenant auprès des malades en fin de vie.
La loi opère également, pour les personnes détenues, la fusion des régimes d’hospitalisation sous contrainte
(hospitalisation d’office et hospitalisation à la demande d’un tiers) en un régime unique fondé sur la nécessité Par ailleurs, la loi pénitentiaire prévoit de prendre en compte l’état psychologique des personnes détenues
des soins. tout au long de leur détention ainsi que des spécificités liées aux femmes et aux mineurs.
Par cette loi, le législateur a notamment voulu renforcer l’action éducative auprès des mineurs détenus, d’une
part en inscrivant l’intervention continue des éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) au
sein des quartiers mineurs, et d’autre part en créant des nouveaux établissements pénitentiaires entièrement
voués à l’accueil de ces publics (EPM).
Cette loi, texte d’envergure relatif au service public pénitentiaire, comporte plusieurs grandes orientations :
- les missions du service public pénitentiaire assurées par l’administration pénitentiaire avec le concours des
autres services de l’État, des collectivités territoriales et des associations, sont clarifiées ;
6 7
#1
STRUCTURES
INSTITUTIONNELLES
- Organisation des ministères de la Santé et de la Justice
- Instances de contrôle, d’évaluation et de coordination
institutionnelles
Structures
#1
ORGANISATION DES MINISTÈRES
DE LA SANTÉ ET DE LA JUSTICE
P. 11 > 20
#1 ORGANISATION DES MINISTÈRES DE LA SANTÉ ET DE LA JUSTICE
C. RÔLE ET MISSIONS DE LA DIRECTION DE LA SÉCURITÉ SOCIALE (DSS)
La Direction de la sécurité sociale (DSS) assure la tutelle des organismes de sécurité sociale, tant les caisses
du régime général, que celles du régime de base des professions indépendantes autres qu’agricoles, ou celles
MINISTÈRE des régimes spéciaux. Elle participe également à la surveillance des organismes de protection complémentaire
et de la mutualité.
DE LA SANTÉ Elle conçoit les politiques relatives à la sécurité sociale, et assure leur mise en œuvre. Sa mission générale est
d’assurer l’adéquation des prestations de sécurité sociale avec les besoins de la population, tout en veillant à
l’équilibre financier des ressources.
institutionnelles
À ce titre elle élabore et met en œuvre les politiques relatives à la couverture des risques vieillesse, maladie,
Structures
I - NIVEAU NATIONAL famille et accident du travail.
#1
A. RÔLE ET MISSIONS DE LA DIRECTION GÉNÉRALE DE L’OFFRE DE SOINS (DGOS) D. RÔLE ET MISSIONS DE LA DIRECTION GÉNÉRALE DE LA COHÉSION SOCIALE (DGCS)
La Direction générale de l’offre de soins (DGOS) a été créée par décret du 15 mars 2010 se substituant La Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) a été créée par décret en date du 25 janvier 2010. Elle
à la Direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins (DHOS). résulte de la fusion entre la Direction générale de l’action sociale (DGAS) et le Service des droits des femmes
La création de cette direction générale d’administration centrale s’inscrit pleinement dans la nouvelle et de l’égalité (SDFE), la Délégation interministérielle à la famille (DIF), la Délégation interministérielle à
gouvernance du système de santé, qu’illustre également la création des agences régionales de santé (ARS). l’innovation, à l’expérimentation sociale et à l’économie sociale (DIIESES). Les personnels mis à disposition de
Elle traduit la volonté affirmée d’avoir une approche globale de l’offre de soins, intégrant aussi bien la ville que l’ancien délégué interministériel aux personnes handicapées (DIPH) rejoignent également la DGCS.
l’hôpital, en complémentarité avec les autres directions d’administration centrale compétentes en matière de
politique de santé. La Direction générale de la cohésion sociale est chargée de la conception, du pilotage et de l’évaluation des
politiques publiques de solidarité, de développement social et de promotion de l’égalité favorisant la cohésion
La DGOS répond à trois objectifs forts : sociale.
- promouvoir une approche globale de l’offre de soins ; Elle conçoit, anime et coordonne la mise en œuvre des politiques de prévention, de lutte contre les exclusions,
- assurer une réponse adaptée aux besoins de prise en charge des patients et des usagers ; d’inclusion sociale et d’insertion des personnes en situation de précarité. À ce titre, elle est chargée de
- garantir l’efficience et la qualité des structures de soins. l’élaboration du plan national d’action pour l’inclusion et du document de politique transversale « Inclusion
sociale ».
B. RÔLE ET MISSIONS DE LA DIRECTION GÉNÉRALE DE LA SANTÉ (DGS)
La DGCS anime l’action des pouvoirs publics en matière de politiques de solidarité, de développement
La Direction générale de la santé prépare la politique de santé publique définie à l’article L. 1411-1 du Code social et de formation de l’égalité, en particulier sur :
de la santé publique et contribue à sa mise en œuvre, en liaison avec les autres directions et services du - la politique familiale ;
ministère chargé de la Santé et des autres départements ministériels compétents, ainsi qu’avec l’appui des - l’autonomie des personnes handicapées et personnes âgées ;
établissements ou organismes qui en dépendent. - l’égalité entre les femmes et les hommes et la promotion des droits des femmes ;
- la prévention et la lutte contre les exclusions sociales et l’insertion des personnes en situation de précarité.
Les grandes missions confiées à la DGS sont : Dans le cadre de la santé des personnes détenues, un partenariat entre l’ARS et la DGCS vise à améliorer la
- l’observation de l’état de santé des populations, la fréquence des maladies et des accidents, l’analyse de continuité de la prise en charge sanitaire et sociale des personnes en situation de grande précarité.
leurs causes, l’étude des facteurs favorables ou défavorables à la santé ;
- la surveillance de l’apparition et l’évolution des maladies liées aux milieux, à l’alimentation ou aux techniques E. RÔLE ET MISSIONS DE L’INSTITUT NATIONAL DE PRÉVENTION ET D’ÉDUCATION
de soins ; POUR LA SANTÉ (Inpes)
- l’anticipation des actions nécessaires à moyen terme pour améliorer la santé des populations et des personnes ;
- l’information du public et des professionnels de la santé sur les risques pour la santé de certains L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) est un établissement public administratif
comportements et sur les conduites à privilégier ; créé par la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. Il est placé
- l’évaluation des actions de santé publique. sous la tutelle du ministre en charge de la Santé. Il est chargé de mettre en œuvre les politiques de prévention
et d’éducation pour la santé dans le cadre plus général des orientations de la politique de santé publique
fixées par le gouvernement.
12 13
#1 ORGANISATION DES MINISTÈRES DE LA SANTÉ ET DE LA JUSTICE
de soins en régulant, en orientant et en organisant les services de santé afin de répondre aux besoins en soins
et en services médico-sociaux.
Elles doivent placer la prévention au cœur du système de santé. À ce titre, elles ont également en charge
la promotion et l’éducation à la santé dans son organisation et son financement, mais aussi la préparation
Ses missions décrites à l’article L. 1417-1 du Code de la santé publique sont : et la gestion des crises sanitaires. En associant les représentants des usagers, les élus locaux
- de mettre en œuvre, pour le compte de l’État et de ses établissements publics, les programmes de santé et les professionnels de santé, elles ont un rôle d’ancrage territorial fort et contribuent à promouvoir
publique prévus par l’article L. 1411-6 ; la démocratie sanitaire. De plus, elles renforcent le droit à la santé pour tous en rapprochant les décisions
- d’exercer une fonction d’expertise et de conseil en matière de prévention et de promotion de la santé ; des citoyens en région.
- d’assurer le développement de l’éducation pour la santé sur l’ensemble du territoire ;
institutionnelles
- de participer, à la demande du ministre chargé de la Santé, à la gestion des situations urgentes ou B. RÔLE ET MISSIONS DES DIRECTIONS RÉGIONALES DE LA JEUNESSE,
Structures
exceptionnelles ayant des conséquences sanitaires collectives, notamment en participant à la diffusion de DES SPORTS ET DE LA COHÉSION SOCIALE (DRJSCS)
#1
messages sanitaires en situation d’urgence ;
- d’établir les programmes de formation à l’éducation à la santé, selon des modalités définies par décret. Les directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) sont des services
déconcentrés régionaux. Elles sont mises à disposition en tant que de besoin des ministres chargés de la
F. RÔLE ET MISSIONS DE L’INSTITUT DE VEILLE SANITAIRE (INVS) lutte contre la précarité et l’exclusion, de l’immigration, de l’intégration et de la santé (décret n° 2009-1540 du
10 décembre).
Établissement public placé sous la tutelle du ministère chargé de la Santé, l’Institut de veille sanitaire (INVS)
réunit les missions de surveillance, de vigilance et d’alerte dans tous les domaines de la santé publique. Créé Sur son territoire, la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale « assure le
par la loi du 1er juillet 1998 relative au renforcement de la veille sanitaire et au contrôle de la sécurité sanitaire pilotage et la coordination des politiques sociales, sportives, de jeunesse, de vie associative et d’éducation
des produits destinés à l’homme, l’INVS a vu ses missions complétées et renforcées par la loi du 9 août 2004 populaire et leur mise en œuvre ».
relative à la politique de santé publique, afin de répondre aux nouveaux défis révélés par les crises sanitaires
récentes et les risques émergents. • Les politiques sociales portent, notamment, sur la prévention et la lutte contre les exclusions, la protection
des personnes vulnérables, l’accès à l’hébergement de ces dernières, l’intégration sociale des personnes
Les missions confiées à l’INVS recouvrent : handicapées, les actions sociales de la politique de la ville, la prévention et la lutte contre les discriminations,
- la surveillance et l’observation permanentes de l’état de santé de la population ; la promotion de l’égalité des chances, la formation et la certification dans le domaine des professions
- la veille et la vigilance sanitaires ; sociales, et la certification dans le domaine des professions de santé non médicales.
- l’alerte sanitaire ; • Les politiques de jeunesse, de vie associative et d’éducation populaire portent, notamment, sur l’information
- une contribution à la gestion des situations de crise sanitaire. de la jeunesse, son intégration et son engagement dans la société, le développement de son autonomie,
sa mobilité internationale.
L’INVS participe, dans le cadre de ses missions, à l’action européenne et internationale de la France,
notamment à des réseaux internationaux de santé publique dédiés à la surveillance et à l’alerte sanitaires. Elles portent, également, sur la qualité éducative des loisirs collectifs des enfants et des jeunes et la sécurité
des usagers accueillis dans les accueils collectifs de mineurs, la formation et la certification dans le domaine
de l’animation, la promotion de l’éducation populaire aux différents âges de la vie, le développement de la vie
II - NIVEAU RÉGIONAL associative, la formation et la reconnaissance des bénévoles et la promotion du volontariat.
La création des agences régionales de santé résulte de la loi du 21 juillet 2009. Elles ont été mises en place le
1er avril 2010 par décret n° 2010-336 du 31 mars 2010.
Elles découlent de la fusion des agences régionales d’hospitalisation (ARH), des pôles santé des directions
régionales des affaires sanitaires et sociales (Drass) et des directions départementales des affaires sanitaires
et sociales (Ddass) mais également de certains organismes de sécurité sociale et notamment les unions
régionales des caisses d’assurance maladie (Urcam) et les caisses régionales d’assurance maladie (CRAM)
reprenant tout ou partie de leurs attributions.
Les ARS sont chargées d’adapter la politique de santé publique aux problématiques spécifiques des régions
dans les secteurs de la médecine de ville, de l’hôpital et du médico-social. Les ARS doivent orchestrer l’offre
14 15
#1 ORGANISATION DES MINISTÈRES DE LA SANTÉ ET DE LA JUSTICE
II - NIVEAU INTERRÉGIONAL, RÉGIONAL ET DÉPARTEMENTAL
DE LA JUSTICE pénitentiaires ont compétence sur une ou plusieurs régions administratives et ont une mission d’administration,
de gestion et de contrôle des services pénitentiaires de la région.
institutionnelles
Le décret du 27 janvier 1965 « modifiant les circonscriptions des directions régionales des services
Structures
I - NIVEAU NATIONAL pénitentiaires en métropoles » divise en neuf régions pénitentiaires le territoire métropolitain. Le siège
#1
des DISP est respectivement situé à Bordeaux, Dijon, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rennes, Strasbourg et
A. RÔLE ET MISSIONS DE LA DIRECTION DE L’ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE (DAP) Toulouse. Il existe de plus une mission d’outre-mer (MOM) dont la compétence géographique s’étend sur les
départements et territoires d’outre-mer (carte jointe en annexe B).
La Direction de l’administration pénitentiaire est chargée d’une double mission : une mission de sécurité
publique en assurant le maintien en détention des personnes qui lui sont confiées par l’autorité judiciaire et Le directeur interrégional, interlocuteur unique de l’administration centrale dans la région, est chargé de
une mission de prévention de la récidive en préparant la population pénale à sa sortie et en assurant le suivi mettre en œuvre la politique nationale définie par la Direction de l’administration pénitentiaire et de l’adapter
des mesures et peines exécutées en milieu libre. Elle pourvoit aux équipements nécessaires à la prise en aux spécificités de sa région.
charge de la population pénale. Il assure les relations externes de la direction interrégionale, notamment avec les préfets pour les questions
touchant à la sécurité des établissements pénitentiaires et à leur situation territoriale et avec les procureurs
B. RÔLE ET MISSIONS DE LA DIRECTION DE LA PROTECTION JUDICIAIRE généraux pour les questions relatives à l’exécution des décisions judiciaires.
DE LA JEUNESSE (DPJJ) Il exerce l’autorité et le contrôle sur l’ensemble des activités des services et établissements de la région
pénitentiaire. À ce titre, les chefs d’établissement et les directeurs des services d’insertion et de probation lui
La Direction de la protection judiciaire de la jeunesse est chargée, dans le cadre de la compétence du ministère sont hiérarchiquement rattachés.
de la Justice, de l’ensemble des questions intéressant la justice des mineurs et de la concertation entre les
institutions intervenant à ce titre. B. RÔLE ET MISSIONS DES SERVICES PÉNITENTIAIRES D’INSERTION
Elle assure également, par les services du secteur public et par les services habilités du secteur associatif, ET DE PROBATION (SPIP)
la mise en œuvre des décisions judiciaires concernant les mineurs.
Le champ d’action de la DPJJ s’étend donc de la conception des normes et des cadres méthodologiques Organes déconcentrés de l’administration pénitentiaire au niveau départemental, ils sont placés sous l’autorité
et d’organisation, à leur mise en œuvre et à leur évaluation qualitative. de directeurs et regroupent l’ensemble des travailleurs sociaux et moyens nécessaires à l’exercice de leur
mission dans chaque département. Ils agissent en milieu ouvert ou en milieu fermé. Les SPIP participent à la
C. RÔLE ET MISSIONS DE LA DIRECTION DES AFFAIRES CRIMINELLES prévention des effets désocialisants de l’emprisonnement sur les personnes détenues, aident à préparer leur
ET DES GRÂCES (DACG) réinsertion sociale et favorisent le maintien des liens sociaux et familiaux. Ils concourent à l’individualisation
des peines privatives de liberté et à la préparation des décisions de justice à caractère pénal. Ils assurent
La Direction des affaires criminelles et des grâces élabore les projets de réforme législative et réglementaire le contrôle et le suivi des personnes placées sous main de justice qui leur sont confiées par les autorités
en matière de droit pénal et de procédure pénale. Sous l’autorité du garde des Sceaux, elle définit les politiques judiciaires.
pénales, anime et coordonne l’exercice de l’action publique. Elle est chargée de l’instruction des recours en
grâce adressés au président de la République. C. RÔLE ET MISSIONS DES SERVICES DÉCONCENTRÉS
DE LA PROTECTION JUDICIAIRE DE LA JEUNESSE : LES DIRECTIONS
INTERRÉGIONALES (DIRPJJ) ET LES DIRECTIONS TERRITORIALES (DTPJJ)
Les services déconcentrés relèvent directement de l’administration centrale de la DPJJ. Le décret n° 2010-214
du 2 mars 2010 les organise en deux niveaux hiérarchisés : interrégional et territorial.
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#1 ORGANISATION DES MINISTÈRES DE LA SANTÉ ET DE LA JUSTICE
• Les centres de détention comportent un régime principalement orienté vers la réinsertion sociale des
personnes condamnées et, le cas échéant, la préparation à la sortie des personnes condamnées. Ils
reçoivent les personnes condamnées primaires, celles dont les chances de réinsertion sont les plus élevées
et les personnes condamnées en fin de peine.
Les DIRPJJ (au nombre de neuf) ont compétence sur plusieurs régions administratives (arrêté du 17 mars 2010 • Les centres de semi-liberté et quartiers de semi-liberté ainsi que les centres pour peines aménagées
fixant le ressort territorial des directions interrégionales de la protection judiciaire de la jeunesse), en et les quartiers pour peines aménagées reçoivent les personnes condamnées faisant l’objet d’une mesure
métropole et outre-mer. de semi-liberté et celles faisant l’objet d’une mesure de placement à l’extérieur.
Les DTPJJ ont compétence sur un ou plusieurs départements.
Le niveau interrégional concentre les actions d’administration, de gestion et d’audit. Il est chargé de la déclinaison Disposant d’un greffe judiciaire unique, les établissements pénitentiaires qui comportent différentes unités
institutionnelles
des orientations nationales en objectifs stratégiques. Le niveau territorial est, quant à lui, dédié au pilotage de de détention citées ci-dessus sont désignés sous le vocable de centres pénitentiaires. Ces établissements
Structures
l’action éducative des structures de prise en charge et au déploiement des politiques institutionnelles au sein mixtes comprennent des quartiers distincts (quartier maison d’arrêt et quartier maison centrale ou centre de
#1
des politiques publiques, du dispositif de protection de l’enfance et de la justice des mineurs. détention par exemple).
Les maisons d’arrêt sont, en principe, un lieu de détention provisoire. Cependant, les personnes condamnées
à l’emprisonnement d’une durée inférieure ou égale à deux ans, celles dont le reliquat de peine est inférieur
à un an, ainsi que celles en attente d’affectation dans un établissement pour peine, peuvent, à titre exceptionnel,
y être maintenues lorsque des conditions tenant à la préparation de leur libération, leur situation familiale ou
leur personnalité le justifient.
Les maisons centrales, les centres de détention, les centres de semi-liberté et les centres pour peines
aménagées reçoivent les personnes condamnées définitives à une peine privative de liberté.
• Les maisons centrales comportent une organisation et un régime de sécurité renforcé dont les modalités
internes permettent également de préserver et de développer les possibilités de réinsertion sociale des
personnes condamnées. Y sont affectées les personnes condamnées à une longue peine, les multirécidivistes,
les personnes détenues réputées dangereuses ou celles pour lesquels le pronostic de réadaptation sociale
est peu favorable.
18 19
institutionnelles
Structures
#1
INSTANCES DE CONTRÔLE,
D’ÉVALUATION ET DE COORDINATION
P. 21 > 35
#1 INSTANCES DE CONTRÔLE, D’ÉVALUATION ET DE COORDINATION
C. RÔLE ET MISSIONS DE L’INSPECTION DES SERVICES PÉNITENTIAIRES (ISP)
Créée en 1962, l’Inspection de services pénitentiaires est régie par l’arrêté du 29 décembre 2010 modifiant
l’arrêté du 9 juillet 2008 fixant l’organisation en sous-directions de la Direction de l’administration pénitentiaire.
INSTANCES DE CONTRÔLE Placée sous l’autorité d’un magistrat, inspecteur général adjoint des services judiciaires désigné à cet effet
par arrêté du garde des Sceaux, elle est rattachée au directeur de l’administration pénitentiaire. L’Inspection
ADMINISTRATIVES des services pénitentiaires est chargée de contrôler les services de l’administration pénitentiaire et l’école
nationale d’administration pénitentiaire. À cet effet, elle procède à des visites, enquêtes et contrôles, veille
à l’observation des textes législatifs et réglementaires en vigueur, formule tous conseils et donne toutes
institutionnelles
instructions. Son programme annuel d’actions, soumis à l’approbation du garde des Sceaux, est élaboré
Structures
I - NIVEAU NATIONAL conjointement par le directeur de l’administration pénitentiaire et l’inspecteur général des services judiciaires
#1
qui veille notamment à en assurer la cohérence avec le programme de l’inspection générale. Dans le cadre du
A. RÔLE ET MISSIONS DE L’INSPECTION GÉNÉRALE DES AFFAIRES SOCIALES (Igas) pouvoir de coordination qui lui est dévolu, l’inspecteur général des services judiciaires veille à la validité et à la
cohérence des règles déontologiques appliquées par l’Inspection des services pénitentiaires.
L’Inspection générale des affaires sociales assure une mission de contrôle et d’évaluation de la mise en œuvre
des politiques publiques de la sécurité sociale et de la prévoyance sociale, de la protection sanitaire et sociale, Elle assure également une mission de conseil technique auprès du directeur de l’administration pénitentiaire
du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (loi n° 96-452 du 28 mai 1996). Ainsi, aux termes de et effectue les missions et études qu’il lui confie. Dans ce cadre, elle assure la liaison avec les services
l’article D. 348-1 du Code de procédure pénale, « l’Inspection générale des affaires sociales et les services d’inspections dépendant des autres administrations.
de l’agence régionale de santé veillent à l’observation des mesures nécessaires au maintien de la santé des
personnes détenues et de l’hygiène dans les établissements pénitentiaires ». L’Inspection des services pénitentiaires peut être requise par le garde des Sceaux ou par l’inspecteur général
des services judiciaires pour assister ce dernier dans l’exécution de ses missions.
Par ailleurs, le chef de l’Igas figure parmi les autorités administratives ou judiciaires avec lesquelles les
personnes détenues peuvent correspondre sous pli fermé (article D. 262 du Code de procédure pénale). D. RÔLE ET MISSIONS DE L’INSPECTION DES SERVICES
DE LA PROTECTION JUDICIAIRE DE LA JEUNESSE (ISPJJ)
Ces services contrôlent à l’intérieur des établissements pénitentiaires l’exécution des lois et règlements se
rapportant à la santé publique et effectuent toutes vérifications utiles à leurs missions. L’ISPJJ est rattachée au directeur de la protection judiciaire de la jeunesse. Elle « assure, par inspections et
audits, le contrôle des structures quel qu’en soit le statut relevant de la protection judiciaire de la jeunesse, en
B. RÔLE ET MISSIONS DE L’INSPECTION GÉNÉRALE DES SERVICES JUDICAIRES (IGSJ) matière administrative, pédagogique et financière. Elle peut conduire ou participer à des missions d’évaluation.
Elle assure le secrétariat de la commission de suivi des contrôles constituée au sein de la direction. Elle
Créée en 1964, l’Inspection générale des services judiciaires (IGSJ), régie par l’ordonnance n° 58-1270 du conseille les directions territoriales dans l’exercice de leur propre fonction de contrôle »1.
22 décembre 1958 modifiée portant loi organique relative au statut de la magistrature, le décret n° 2008-
689 du 9 juillet 2008 et le décret n° 2010-1668 du 29 décembre 2010 modifié, exerce, en la personne de Comme l’ISP, elle est placée, en vertu des dispositions du décret du 29 décembre 2010, sous l’autorité
l’inspecteur général, haut magistrat placé auprès du garde des Sceaux, une mission permanente d’inspection d’un inspecteur général adjoint des services judiciaires désigné par le garde des Sceaux. Elle comprend,
des juridictions de l’ordre judiciaire du 1er et du 2nd degré, et de l’ensemble des services et des organismes au 1er janvier 2011, trois inspecteurs issus du corps des directeurs.
relevant du ministère de la Justice.
Elle intervient, sauf situation d’urgence liée à un événement particulier et/ou un dysfonctionnement grave
L’Inspection générale coordonne l’activité d’inspection de l’ensemble du ministère, tant celle exercée par les chefs repéré dans un établissement ou service, dans le cadre de la programmation annuelle élaborée conjointement
de cour sur les juridictions de leur ressort que celle de l’inspection des services pénitentiaires et de l’inspection de par l’inspecteur général et le directeur de la protection judiciaire de la jeunesse.
la protection judiciaire de la jeunesse, toutes deux placées sous l’autorité d’un inspecteur général adjoint.
L’IGSJ réalise également des enquêtes thématiques, fréquemment conduites aux côtés d’autres inspections II - NIVEAU RÉGIONAL : LES AGENCES RÉGIONALES DE SANTÉ (ARS)
ou corps de contrôle, et procède à des missions d’audit de l’organisation comptable des services relevant du
ministère, en lien notamment avec la mission de certification des comptes de l’État par la Cour des comptes. Les inspecteurs et contrôleurs des agences régionales de santé contrôlent, pour tout le champ de compétence de
cette agence, l’application des dispositions du Code de la santé publique et, sauf dispositions spéciales contraires,
des autres dispositions législatives et réglementaires relatives à la santé publique (art. L. 1421-1 du CSP).
1
Article 7 de l’arrêté JUSG0816356A du 9 juillet 2008.
22 23
#1 INSTANCES DE CONTRÔLE, D’ÉVALUATION ET DE COORDINATION
INSTANCES D’ÉVALUATION
Le directeur général de l’agence régionale de santé précise aux inspecteurs et contrôleurs qu’il désigne la
ET DE COORDINATION
nature des missions susceptibles de leur être confiées (art. R. 1435-10 du CSP).
Les missions d’inspection, d’évaluation et de contrôle par les ARS, interviennent, sauf situation d’urgence liée
à un événement particulier, dans le cadre du programme annuel. I - NIVEAU NATIONAL : LE COMITÉ INTERMINISTÉRIEL
institutionnelles
Le décret n° 2011-1471 du 8 novembre 2011 relatif au comité interministériel de coordination de la santé
Structures
modifie les articles D. 348-2 et suivants du Code de procédure pénale.
#1
Celui-ci concerne les personnes placées sous main de justice ou confiées par l’autorité judiciaire au titre de
l’ordonnance du 2 février 1945 relative à l’enfance délinquante.
Sont membres du comité interministériel, les directeurs d’administration centrale du ministère de la Justice
(DAP, DPJJ, DACG) et du ministère chargé de la Santé (DGS, DGOS, DGCS, DSS).
Il se réunit au minimum deux fois par an. Il est présidé alternativement par le garde des Sceaux ou son
représentant et le ministre chargé de la Santé ou son représentant.
Il veille à la mise en œuvre des orientations fixées dans ces domaines, au sein des établissements pénitentiaires
et des services et établissements de la protection judiciaire de la jeunesse.
Il assure la concertation, à l’échelon national, entre les services des ministères compétents et concourt à
l’évaluation du dispositif de soins et de prévention. Les présidents peuvent entendre selon l’ordre du jour toute
personne qualifiée par sa compétence ou en raison de ses fonctions.
La commission régionale santé-justice, se réunissant au moins une fois par an, est chargée d’examiner :
- toute question d’ordre général se rapportant à la protection sociale, à l’amélioration de la prise en charge
sanitaire et sociale des personnes majeures et mineures placées sous main de justice ;
- tout sujet se rapportant aux prises en charge sanitaires en amont et en aval de l’incarcération en lien avec
les procédures judicaires ;
- toute question d’ordre général se rapportant à la protection et à l’amélioration de la santé des mineurs sous
protection judiciaire.
Elle veille à la mise en œuvre des orientations fixées par le comité interministériel ou le niveau national dans
les domaines de la prise en charge sanitaire et sociale de ces personnes. Elle s’assure de la coordination et de
la bonne information des services et des partenaires compétents.
24 25
#1 INSTANCES DE CONTRÔLE, D’ÉVALUATION ET DE COORDINATION
C. RÔLE ET MISSIONS DE LA COMMISSION PLURIDISCIPLINAIRE UNIQUE (CPU)
Le décret n° 2010-1635 du 23 décembre 2010 a institué auprès du chef de chaque établissement pénitentiaire,
pour une durée de cinq ans, une commission pluridisciplinaire unique.
Sont membres de droits : le directeur général de l’agence régionale de santé qui préside cette commission, le préfet
de région, le chef de cours d’appel, les procureurs généraux, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Elle est présidée par le chef d’établissement ou son représentant et comprend, en outre, le directeur des
l’interrégion de rattachement et le directeur interrégional de la protection judiciaire de la jeunesse. Selon l’ordre du services pénitentiaires d’insertion et de probation, un responsable du secteur de détention de la personne
jour, peut être associée toute personne ou toute structure qualifiée par sa compétence ou en raison de ses fonctions. détenue dont la situation est examinée, un représentant du service du travail, un représentant du service de la
formation professionnelle, un représentant du service d’enseignement.
institutionnelles
Assistent également, avec voix consultative, aux réunions de la commission, sur convocation du chef
Structures
III - NIVEAU LOCAL d’établissement établie en fonction de l’ordre du jour : le psychologue en charge du parcours d’exécution de la
#1
peine, un membre du service de protection judiciaire de la jeunesse, un représentant des équipes soignantes
A. RÔLE ET MISSIONS DU CONSEIL D’ÉVALUATION de l’unité de consultations et de soins ambulatoires ou du service médico-psychologique régional désigné par
DES ÉTABLISSEMENTS PÉNITENTIAIRES l’établissement de santé de rattachement.
La liste des membres de la commission pluridisciplinaire unique et des personnes susceptibles d’assister
Le conseil d’évaluation remplace la commission de surveillance depuis le décret n° 2010-1635 du 23 décembre à ces réunions est arrêtée par le chef d’établissement.
2010. Institué auprès de chaque établissement pénitentiaire, il est chargé d’évaluer les conditions de
fonctionnement de l’établissement et de proposer, le cas échéant, toutes mesures de nature à les améliorer. Les membres de la commission et les personnes entendues par elle sont tenus à une obligation de discrétion
Sa composition, précisée par l’article D. 234 du CPP, comprend notamment un représentant de l’agence à l’égard des informations présentant un caractère confidentiel dont ils ont connaissance dans le cadre de
régionale de santé. Il est présidé par le préfet du département dans lequel est situé l’établissement pénitentiaire. l’exercice de leurs missions.
Il appartient à ce conseil de communiquer au ministre de la Justice les observations, critiques ou suggestions La commission pluridisciplinaire unique se réunit au moins une fois par mois pour examiner les parcours
qu’il estime nécessaire. Le conseil est destinataire du rapport annuel d’activité de l’établissement établi par le d’exécution de la peine.
chef d’établissement et le directeur du service pénitentiaire d’insertion et de probation, du règlement intérieur
de l’établissement et de chacune de ses modifications, des rapports établis à l’issue des contrôles spécialisés Pour en savoir plus :
effectués par les administrations compétentes en matière, notamment, de santé, d’hygiène, de sécurité du Circulaire interministérielle n°DGS/MC1/DGOS/R4/DAP/DPJJ/2012/94 du 21 juin 2012 relative aux recom-
travail, d’enseignement et de consommation (article D. 237 du CPP). mandations nationales concernant la participation des professionnels de santé exerçant en milieu carcéral à
Le ou les directeurs des établissements sanitaires concernés ainsi que les responsables des équipes la commission pluridisciplinaire unique (CPU) prévue par l’article D.90 du Code de procédure pénale ou à la
chargées des prises en charge somatique et psychiatrique doivent être informés par le chef de l’établissement réunion de l’équipe pluridisciplinaire prévue par l’article D. 514 du même Code et au partage d’informations
pénitentiaire de la date à laquelle le conseil d’évaluation se réunit. Le conseil d’évaluation peut demander à ce opérationnelles entre professionnels de santé et ceux de l’administration pénitentiaire et de la protection
que ceux-ci soient entendus (art. D. 236 du CPP). judiciaire de la jeunesse.
Lien de téléchargement : [Link]
B. RÔLE ET MISSIONS DU COMITÉ DE COORDINATION
D. RÔLE ET MISSIONS DE LA RÉUNION DE L’ÉQUIPE PLURIDISCIPLINAIRE
Le comité de coordination est un organe de concertation établi entre le ou les établissements de santé POUR LA PRISE EN CHARGE DES MINEURS
concernés et l’établissement pénitentiaire. Sa mission porte notamment sur les conditions d’application du
protocole (article R. 6112-23,10° du CSP). Il est présidé par le directeur général de l’ARS ou son représentant. L’article. D. 514 du Code de procédure pénale prévoit qu’ « au sein de chaque établissement pénitentiaire
recevant des mineurs, une équipe pluridisciplinaire réunit des représentants des différents services
Participent à ce comité, outre les signataires du protocole ou leurs représentants, le chef de service de intervenant auprès des mineurs incarcérés afin d’assurer leur collaboration ainsi que le suivi individuel
rattachement et le médecin responsable de l’unité sanitaire, le chef de service du SMPR ou le chef de service de chaque mineur détenu. L’équipe pluridisciplinaire est présidée par le chef d’établissement ou son
et le psychiatre du secteur en charge des soins psychiatriques dans l’établissement pénitentiaire, le directeur représentant. Elle comprend au moins, outre son président, un représentant du personnel de surveillance,
du service pénitentiaire d’insertion et de probation et le directeur territorial de la PJJ. un représentant du secteur public de la protection judiciaire de la jeunesse et un représentant de l’Éducation
nationale. Elle peut associer, en tant que de besoin, un représentant des services de santé, un représentant
La composition de chaque comité est précisée dans le protocole signé entre le directeur général de l’agence du service pénitentiaire d’insertion et de probation ou tout autre intervenant dans la prise en charge des
régionale de santé, le directeur interrégional des services pénitentiaires, le(s) directeur(s) des établissements mineurs détenus. L’équipe pluridisciplinaire se réunit au moins une fois par semaine ».
de santé et le chef d’établissement pénitentiaire.
Il est convoqué au moins une fois par an à l’initiative de son président pour la présentation du rapport annuel
d’activité par l’établissement de santé. Il peut être convoqué pour régler des difficultés ponctuelles.
26 27
#1 INSTANCES DE CONTRÔLE, D’ÉVALUATION ET DE COORDINATION
Outre le président, cette commission comprend les membres suivants :
- le directeur interrégional des services pénitentiaire (DISP) ou son représentant ;
- le directeur interrégional des services de la protection judiciaire de la jeunesse ou son représentant ;
- le directeur de l’établissement de santé siège de l’UHSI ou son représentant ;
La réunion hebdomadaire de l’équipe pluridisciplinaire au sein des quartiers pour mineurs (QM) ou des - le chef de l’établissement pénitentiaire dont relèvent les personnels pénitentiaires affectés à l’UHSI ou son
établissements pour mineurs (EPM) est l’instance de coordination en matière de prise en charge des mineurs. représentant ;
À ce titre, cette réunion pluridisciplinaire constitue un temps privilégié de réflexion, de proposition concernant - le directeur du service pénitentiaire d’insertion et de probation du département d’implantation de l’UHSI ou
la prise en charge différenciée et d’élaboration du projet de sortie. son représentant ;
- des représentants des forces de l’ordre lorsqu’elles sont présentes à l’UHSI ;
institutionnelles
E. RÔLE ET MISSIONS DE LA COMMISSION SANTÉ - le responsable médical de l’UHSI ou son représentant ;
Structures
- des représentants des établissements de santé concernés (sièges d’unités sanitaires) ;
#1
Au-delà de la communication informelle établie au quotidien entre les personnels soignants et les personnels - des représentants des établissements pénitentiaires concernés.
pénitentiaires, une commission santé est mise en place dans chaque établissement pénitentiaire à l’initiative Les membres de la commission de coordination locale peuvent être accompagnés des collaborateurs de
du médecin coordonnateur en lien avec le chef de l’établissement pénitentiaire. leur choix, après accord du président. Peut également participer à cette commission toute personne invitée
Elle est composée de représentants des équipes soignantes (somatiques et psychiatriques) et des services à l’initiative du président.
pénitentiaires. Dans les établissements accueillant des mineurs, la commission santé associe également les
services éducatifs de la PJJ et de l’Éducation nationale. G. RÔLE ET MISSIONS DE LA COMMISSION DE SUIVI DES UNITÉS HOSPITALIÈRES
SPÉCIALEMENT AMÉNAGÉES (UHSA)
Elle élabore les procédures et les outils formalisés visant à la coordination et à l’information réciproque des
équipes et des services précités. Elle n’a pas compétence pour traiter des cas individuels, en revanche son Une commission de coordination locale est mise en place. Elle est présidée par le préfet du département siège
activité doit permettre l’information des différents professionnels sur leurs compétences et leurs limites de l’implantation de l’UHSA et se réunit à son initiative, au moins une fois par an.
d’intervention. Cette commission a pour objet d’examiner le fonctionnement de l’UHSA dans les interactions entre les services
Elle doit favoriser la mobilisation des services sur la prévention du suicide, et les autres actions de prévention hospitaliers, les services pénitentiaires, les services éducatifs de la PJJ et les missions dévolues au préfet.
et de promotion pour la santé. Dans ce cadre elle sera un lieu privilégié d’échanges entre les différents services ce qui permettra d’anticiper
Circulaire interministérielle n°DGS/MC1/DGOS/R4/DAP/DPJJ/2012/94 du 21 juin 2012 relative aux et de mieux répondre aux difficultés éventuelles.
recommandations nationales concernant la participation des professionnels de santé exerçant en milieu
carcéral à la commission pluridisciplinaire unique (CPU) prévue par l’article D. 90 du Code de procédure Outre le président, membre de droit, cette commission comprend les personnes suivantes :
pénale ou à la réunion de l’équipe pluridisciplinaire prévue par l’article D. 514 du même Code et au partage - le directeur général de l’ARS ou son représentant ;
d’informations opérationnelles entre professionnels de santé et ceux de l’administration pénitentiaire et de la - le directeur interrégional des services pénitentiaires ou son représentant ;
protection judiciaire de la jeunesse. - le directeur interrégional des services de la protection judiciaire de la jeunesse ou son représentant ;
- le directeur de l’établissement de santé siège de l’UHSA ou son représentant ;
Pour en savoir plus : - le chef de l’établissement pénitentiaire dont relèvent les personnels pénitentiaires affectés à l’UHSA ou son
Lien de téléchargement : [Link] représentant ;
- le directeur du service pénitentiaire d’insertion et de probation du département d’implantation de l’UHSA ou
F. RÔLE ET MISSIONS DE LA COMMISSION DE SUIVI DES UNITÉS HOSPITALIÈRES son représentant ;
SÉCURISÉES INTERRÉGIONALES (UHSI) - le responsable médical de l’UHSA ou son représentant ;
- des représentants des établissements de santé concernés (sièges d’unités sanitaires) ;
Une commission de coordination locale est mise en place. Elle est présidée par le directeur général de l’ARS - des représentants des établissements pénitentiaires concernés.
de la région d’implantation. Elle se réunit à son initiative au moins une fois par an. Cette commission a pour Les membres de la commission de coordination locale peuvent être accompagnés des collaborateurs de
mission d’examiner le fonctionnement de l’UHSI (présentation du rapport annuel d’activité). C’est un lieu leur choix, après accord du président. Peut également participer à cette commission toute personne invitée
privilégié d’échanges entre les différents partenaires santé et justice. à l’initiative du président.
28 29
#1 INSTANCES DE CONTRÔLE, D’ÉVALUATION ET DE COORDINATION
Il adresse au(x) ministre(s) concerné(s) un rapport de visite et des recommandations qu’il peut rendre
publiques, il propose au gouvernement toute modification des dispositions législatives et réglementaires
applicables et il remet chaque année un rapport d’activité, rendu public, au président de la République et au
Parlement.
AUTORITÉS ADMINISTRATIVES B. RÔLE ET MISSIONS DU DÉFENSEUR DES DROITS
INDÉPENDANTES ET DÉFENSEUR La loi organique n° 2011-333 du 29 mars 2011, dispose que le défenseur des droits, autorité constitutionnelle
institutionnelles
« De défendre les droits et libertés dans le cadre des relations avec les administrations de l’État, les collectivités
Structures
territoriales, les établissements publics et les organismes investis d’une mission de service public […] ;
#1
De lutter contre les discriminations, directes ou indirectes, prohibées par la loi ou par un engagement
international régulièrement ratifié ou approuvé par la France ainsi que de promouvoir l’égalité ;
De veiller au respect de la déontologie par les personnes exerçant des activités de sécurité sur le territoire de
I - NIVEAU INTERNATIONAL : LE COMITÉ EUROPÉEN POUR LA PRÉVENTION DE la République. »
LA TORTURE ET DES PEINES OU TRAITEMENTS INHUMAINS OU DÉGRADANTS
Le défenseur des droits peut être saisi par toute personne physique ou morale qui s’estime lésée dans ses
Le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants droits par le fonctionnement d’un service public ou d’un organisme visé ci-dessus. La saisine du défenseur
(CPT) est un organe du Conseil de l’Europe (CE) qui vise à prévenir les cas de torture et autres traitements des droits est gratuite. Une réclamation peut également être adressée à un député, à un sénateur ou à un
inhumains ou dégradants dans des lieux où des individus sont retenus contre leur gré par la force publique, représentant français au Parlement européen, qui la transmet au défenseur des droits s’il estime qu’elle
sur le territoire des États signataires de la Convention européenne pour la prévention de la torture et des appelle son intervention.
peines ou traitements inhumains ou dégradants, entrée en vigueur en 1989. Pour ce faire, le CPT visite les Il peut se saisir d’office. Dans ce cas, il ne peut intervenir qu’à la condition que cette personne ou, le cas
lieux de détention. échéant, ses ayants droit, ait été avertie et ne se soit pas opposée à son intervention.
La convention donne aux membres du CPT le droit de visiter tous les lieux de détention des pays ayant signé
la convention où ils peuvent y circuler librement. Au cours de la visite, les délégués s’entretiennent avec
les personnes privées de liberté sans témoins. Toutefois, à l’occasion de ces visites, le respect des règles
concernant le droit des personnes au secret médical doit être préservé.
Au terme de chaque visite, le CPT remet à l’État concerné un rapport confidentiel contenant les constatations
de la délégation visiteuse.
II - NIVEAU NATIONAL
Créé par la loi n° 2007- 1545 du 30 octobre 2007, le contrôleur général des lieux de privation de liberté est
une autorité administrative indépendante française chargée de « s’assurer que les droits fondamentaux des
personnes privées de liberté sont respectés et de contrôler les conditions de leur prise en charge ».
Le contrôleur général est nommé par le président de la République pour un mandat de six ans non renouvelable.
Il dispose d’un champ d’action très large, couvrant l’ensemble des lieux d’enfermement de France notamment
les établissements pénitentiaires.
Il choisit librement les établissements qu’il entend visiter. À l’occasion de ces visites, le respect des règles
concernant le droit des personnes au secret médical doit être préservé.
30 31
#1 INSTANCES DE CONTRÔLE, D’ÉVALUATION ET DE COORDINATION
- l’établissement de santé de rattachement pour les soins somatiques (dans les cas où les soins psychiatriques
sont gérés par un autre établissement) est l’interlocuteur privilégié de la direction de l’établissement
pénitentiaire, à charge pour les directeurs des établissements de santé de se concerter préalablement ;
- dans les établissements pénitentiaires sièges de SMPR, cette responsabilité est partagée entre les deux
COORDINATION établissements de santé de rattachement (lorsqu’ils diffèrent) ;
- un coordonnateur est désigné au sein de chaque unité sanitaire. Il est l’interlocuteur de l’administration
INSTITUTIONNELLE pénitentiaire. Cette désignation est proposée par l’équipe de l’unité sanitaire (somatique et psychiatrique)
et validée par les directions des établissements de santé concernés. Dans les établissements pénitentiaires
sièges de SMPR, un référent est désigné à ce niveau. La coordination entre les deux référents est un impératif.
institutionnelles
Structures
Dans le domaine de la politique de santé en milieu pénitentiaire, la coordination institutionnelle implique Le troisième niveau porte sur les instances d’évaluation et de coordination. L’objectif est la mise en place
#1
plusieurs niveaux incluant le niveau de proximité (ou niveau de l’établissement) et le niveau régional (ou niveau effective des instances présentées dans la première partie.
de « pilotage »).
Ce principe de coordination concerne les domaines des soins somatiques et psychiatriques. Cependant,
l’organisation des soins psychiatriques et la mission régionale dévolue aux SMPR, imposent pour cette discipline II - COORDINATION RÉGIONALE
de préciser leur rôle à ce niveau, notamment par rapport à celui des dispositifs de soins psychiatriques des
unités sanitaires. Le niveau régional est le niveau cohérent pour planifier l’organisation des soins et décliner les axes de la
Cette coordination concerne également les rapports avec les services de l’administration pénitentiaire et la politique définie au niveau national. C’est également à ce niveau que s’organise la coordination de l’ensemble
protection judiciaire de la jeunesse, au niveau local et au niveau interrégional. des partenaires, incluant celle concernant les professionnels de santé mais également l’ensemble
des institutions santé-justice concourant à cette politique.
32 33
#1 INSTANCES DE CONTRÔLE, D’ÉVALUATION ET DE COORDINATION
L’objectif est de disposer au niveau régional d’une structure de coordination, de concertation et d’échanges.
Une instruction adressée aux DG leur demande la mise en place de commission régionale santé-justice3.
L’article 56 de la loi pénitentiaire publié le 24 novembre 2009 (modifié par une ordonnance du 13 octobre 2010)
introduit un 5° à l’article 1434-9 du Code de la santé publique qui précise que les SROS-PRS doivent intégrer
l’offre de soins en milieu pénitentiaire et en définir les objectifs et les moyens.
L’organisation territoriale, à un niveau régional pour le ministère en charge de la Santé représenté par les 26 ARS
et interrégional pour le ministère de la Justice représenté par les 9 DISP et les DIRPJJ, milite pour une coordination
des ARS relevant d’une même direction interrégionale.
Les directions territoriales de la protection judiciaire de la jeunesse, siège de la région administrative, comprenant
un ou plusieurs départements administratifs, reçoivent délégation des directions interrégionales pour coordonner
l’inscription de la PJJ dans les politiques publiques et sont les interlocuteurs des agences régionales de santé.
De même, les missions interrégionales des UHSI et des UHSA militent pour une politique de santé coordonnée
entre ces régions.
Pour ce faire, il appartient aux directeurs généraux des ARS d’organiser cette coordination à leur niveau et
de veiller à une cohérence des dispositifs en place. L’ARS de la région d’implantation des UHSI ou des UHSA
pilotera cette coordination.
IV - COORDINATION NATIONALE
Le pilotage d’un certain nombre de sujets relevant des administrations centrales notamment pour la justice
(locaux, personnel…) nécessite un arbitrage à ce niveau.
La coordination entre la santé et la justice est organisée selon les sujets en tenant compte de la répartition
des responsabilités de chacun. Le comité interministériel santé-justice peut arbitrer en cas de désaccord.
3
Instruction aux DG d’ARS du 23/12/2010 visa CNP 2010-313.
34
#2
RÉGLEMENTATION
ET PROCÉDURES
CAHIER I DÉONTOLOGIE ET RÉGLEMENTATION P. 39 > 112
- Droit applicable au personnel de santé
- Droit applicable au personnel de santé et de justice
- Droit applicable aux personnes détenues
- Droit applicable aux prestations pharmaceutiques et aux conditions
d’hygiène hospitalière et dans les établissements pénitentiaires
CAHIER II ORGANISATION DES SOINS SOMATIQUES
ET PSYCHIATRIQUES P. 113 > 132
DROIT APPLICABLE
AU PERSONNEL DE SANTÉ
P. 41 > 74
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ
L’obtention de l’habilitation est subordonnée à l’absence d’une condamnation justifiant l’inscription au bulletin
n° 2 du casier judiciaire, pour des agissements contraires à l’honneur, à la probité ou aux bonnes mœurs.
Toute décision de refus d’habilitation est motivée et transmise à l’intéressé (article D. 386-1 du CPP).
L’habilitation est accordée, pour une période de cinq ans, renouvelable par tacite reconduction.
HABILITATION ET AUTORISATION Les personnels sanitaires sont informés par le directeur interrégional des services pénitentiaires ou par
D’ACCÈS DES PERSONNELS son représentant des conditions d’exercice en milieu pénitentiaire et des obligations résultant des diverses
dispositions du Code de procédure pénale (article D. 387 du CPP).
SANITAIRES Au moment de leur prise de fonctions, le chef de l’établissement pénitentiaire informe les personnels
sanitaires des conditions d’exercice en milieu pénitentiaire et leur remet, contre émargement, un exemplaire
du règlement intérieur (art. D. 387 du CPP), et les dispositions du Code de procédure pénale qui ont trait
à l’organisation sanitaire en milieu pénitentiaire (annexe H : art R. 57-8-1 à R. 57-8-6 et art. D. 360 à D. 399
du CPP).
Les personnels médicaux et non médicaux appelés à intervenir en milieu pénitentiaire sont désignés par
les établissements de santé signataires des protocoles. Le directeur de l’établissement de santé est seul
compétent pour se prononcer sur la qualification professionnelle de ces intervenants. II - SUSPENSION ET RETRAIT D’HABILITATION
Réglementation
et procédures
Ils sont soumis à une procédure d’habilitation ou d’autorisation d’accès qui peut comprendre une enquête A. SUSPENSION OU RETRAIT POUR MANQUEMENT GRAVE AUX RÈGLEMENTS
administrative. PÉNITENTIAIRES (ART. D. 388 DU CPP)
#2
Les personnels soignants intervenant en UHSI et en UHSA ne sont pas soumis à cette procédure1. Le centre L’habilitation peut être suspendue en cas de manquement grave aux dispositions du Code de procédure pénale
hospitalier fournit la liste des intervenants dans ces structures au responsable pénitentiaire. ou à celles du règlement intérieur de l’établissement pénitentiaire.
42 43
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ
RÈGLES DE SÉCURITÉ
B. RETRAIT EN CAS DE CONDAMNATION (ART. D. 386-1 DU CPP)
I - SÉCURITÉ AU SEIN DES ÉTABLISSEMENTS PÉNITENTIAIRES
L’habilitation est retirée de plein droit lorsque la personne a fait l’objet d’une condamnation justifiant
l’inscription au bulletin n° 2 du casier judiciaire, pour des agissements contraires à l’honneur, à la probité ou A. MISSION DE SÉCURITÉ DES PERSONNELS PÉNITENTIAIRES
aux bonnes mœurs.
a. Personnels de surveillance affectés dans les structures médicales
III - AUTORISATION D’ACCÈS (ART. D. 389 À D. 390-1 DU CPP) L’administration pénitentiaire assure la sécurité des personnes concourant aux missions de santé dans
l’enceinte de l’établissement pénitentiaire (art. D. 373 du CPP). Les décisions d’affectation ou de retrait des
L’autorisation d’accès est délivrée par le chef de l’établissement pénitentiaire : personnels pénitentiaires dans les structures sanitaires relèvent de la compétence du chef d’établissement.
- à des personnels hospitaliers intervenant à titre temporaire pour une durée inférieure à trois mois, en
remplacement d’un personnel habilité, sur proposition du directeur de l’établissement de santé ; Des personnels de surveillance sont ainsi affectés par le chef d’établissement pénitentiaire dans les structures
- à des personnels hospitaliers intervenant épisodiquement à la demande du responsable de l’unité sanitaire sanitaires afin de gérer les mouvements des personnes détenues et de veiller à la sécurité. Ces personnels
Réglementation
et procédures
(UCSA/SMPR) à hauteur de six interventions par an au plus. Dans le cas d’une intervention régulière mais sont désignés par le chef d’établissement pénitentiaire, après avis du médecin responsable de la structure
espacée dans le temps, l’intervenant doit bénéficier d’une habilitation ; médicale.
#2
- aux personnes intervenant au titre des collectivités territoriales et aux membres du réseau associatif Dans l’intérêt du service, ce dernier peut, après échange avec le chef d’établissement, solliciter le retrait par
spécialisé ; écrit d’un agent.
- aux personnels de structures spécialisées intervenant au titre de la prise en charge des soins (centres de
soins d’accompagnement et de prévention en addictologie, opticiens, podologue…) ; Les activités de soins se déroulent hors la présence du personnel pénitentiaire. Dans le cas où une personne
- aux personnels des entreprises privées assurant l’entretien des locaux des unités sanitaires, lorsque cette détenue est soumise à des mesures de surveillance spécifiques, ces dernières doivent être mises en œuvre
fonction n’est pas assurée par des agents des services hospitaliers ; dans le respect de la confidentialité de l’examen médical. Il appartient en effet à l’administration pénitentiaire
- aux personnels en stage dans les services de soins, dans le cadre de conventions signées entre l’établissement en concertation avec les équipes soignantes, de concilier, au vu du profil de l’intéressé, le respect de la
de santé de rattachement, l’organisme de formation et le stagiaire ; confidentialité des soins prodigués et les mesures de sécurité destinées à prévenir tout incident.
- aux praticiens conseil des organismes de sécurité sociale ;
- aux personnels de santé au titre de la permanence des soins : un protocole signé par le directeur général de Situation particulière
l’agence régionale de santé, le directeur interrégional des services pénitentiaires, le chef de l’établissement En cas de perturbations majeures de la vie en détention entravant le fonctionnement des structures
pénitentiaire et le directeur de l’établissement de santé concerné définit les conditions dans lesquelles est sanitaires, le chef de l’établissement pénitentiaire, en accord avec le directeur de l’établissement de santé et
assurée l’intervention des professionnels de santé appelés à intervenir en urgence dans les établissements le coordonnateur des structures sanitaires, doit veiller à ce que la prise en charge médicale des urgences et
pénitentiaires, afin de garantir aux personnes détenues un accès aux soins d’urgence dans des conditions des soins indispensables puisse être assurée.
équivalentes à celles dont bénéficie l’ensemble de la population (article 46 de la loi n° 2009-1436 du
24 novembre 2009) ; b. Contrôles de sécurité
- aux membres du CHST de l’établissement de santé de rattachement. Dans les conditions prévues aux articles
D. 277 à D. 279-1 du Code de procédure pénale, une autorisation d’accès leur sera délivrée : 1. Fouilles de locaux (article D. 269 du CPP)
- par le chef d’établissement pénitentiaire,
- par le directeur interrégional des services pénitentiaires, lorsque plusieurs établissements Les locaux des structures sanitaires peuvent être contrôlés par les personnels pénitentiaires. Le chef
pénitentiaires sont rattachés à un même établissement de santé. d’établissement pénitentiaire doit préalablement en informer le directeur de l’établissement de santé
Sauf situation motivée par l’urgence, cette autorisation n’est délivrée qu’après enquête administrative3, et le médecin responsable de la structure médicale, afin que, le cas échéant, ceux-ci puissent y assister ou
diligentée par le préfet et réception du bulletin n° 2 du casier judiciaire. s’y faire représenter.
Pour des motifs exceptionnels, l’accès à l’établissement peut être différé par le chef d’établissement.
3
Cf. note 1.
44 45
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ
b. Règles de sécurité relatives à l’accès à l’informatique et aux télécommunications
1. Principes généraux
2. Contrôle des personnes détenues (articles R. 57-7-79 à R. 57-7-82 du CPP et circulaire JUSK1140022C du • Chaque personnel hospitalier, dès lors qu’il se trouve au sein d’une enceinte pénitentiaire, doit être
14 avril 2011 relative aux moyens de contrôle des personnes détenues4) conscient que l’usage des moyens informatiques nécessite le respect de mesures de sécurité. L’utilisation
des ressources informatiques mises à sa disposition relève de sa responsabilité.
Les fouilles des personnes détenues avant l’accès aux unités sanitaires doivent être justifiées par la Les moyens informatiques des personnels hospitaliers dont les ordinateurs portables, doivent au préalable
présomption d’une infraction ou par les risques que leur comportement fait courir à la sécurité des personnes avoir été :
et au maintien du bon ordre dans l’établissement. Leur nature et leur fréquence sont strictement adaptées à - déclarés auprès du chef d’établissement pénitentiaire ;
ces nécessités et à la personnalité des personnes détenues. - autorisés par celui-ci et inventoriés par le correspondant local des systèmes d’information ou son
À titre exceptionnel, des investigations corporelles internes peuvent être sollicitées par le chef d’établissement représentant ;
auprès de l’autorité judiciaire. Elles sont réalisées par un médecin n’exerçant pas au sein de l’établissement - ils doivent en outre être identifiables par un scellé de sécurité apposé par un personnel de
pénitentiaire et requis à cet effet par l’autorité judiciaire (article 57 de la loi du 24 novembre 2009). l’administration pénitentiaire.
B. IMPÉRATIFS DE SÉCURITÉ À RESPECTER PAR LES PERSONNELS HOSPITALIERS • Aucun système de communication sans fil (Wifi, 3G, Bluetooth, etc.) ne doit être activé pendant tout le temps
de présence d’un matériel informatique à l’intérieur d’un site pénitentiaire.
Réglementation
et procédures
Les personnels hospitaliers doivent se conformer en matière de sécurité aux dispositions du Code de
procédure pénale, des circulaires et des notes de l’administration pénitentiaire portées à leur connaissance, • Le matériel informatique du personnel hospitalier doit uniquement être connecté sur le réseau hospitalier,
#2
ainsi qu’au règlement intérieur de l’établissement. lui permettant d’avoir accès aux communications externes (intranet partenaire, Internet, messagerie).
En cas de non-respect avéré de règles de sécurité pouvant mettre en danger les personnes ou la sécurité de Aucune interconnexion avec le réseau local du site pénitentiaire n’est autorisée. Cependant, le personnel
l’établissement, le chef d’établissement peut suspendre dans l’urgence l’autorisation d’accès de la personne. hospitalier disposant d’une habilitation Gide est autorisé à partir d’un poste de travail dédié à accéder aux
applications pénitentiaires relevant de cette habilitation.
a. Règles de sécurité générales
• Le personnel hospitalier ne doit en aucune façon, de son fait volontaire ou par négligence :
Le personnel hospitalier est soumis aux mesures de sécurité qui s’imposent à tous, notamment - permettre à une personne détenue d’accéder au matériel informatique et au réseau mis à sa
à la vérification d’identité à l’entrée, au contrôle du matériel, aux formalités de contrôle de leurs effets à l’entrée disposition ;
de l’établissement par les techniques d’usage (portique de détection, détecteur manuel et présentation d’un - faire usage de son matériel informatique pour le compte personnel d’une personne détenue.
certificat médical si nécessaire) de même qu’à l’attente aux divers postes de contrôle et aux grilles liée aux
mouvements à l’intérieur de la structure (établissement pénitentiaire ou unité hospitalière dont la sécurité est • L’utilisation de clefs USB est interdite en zone de détention. Seuls les supports optiques non réinscriptibles
assurée par l’administration pénitentiaire : UHSI et UHSA). (cd-rom, dvd-rom) ne contenant pas d’informations sensibles ou de données personnelles (dossier patient)
sont autorisés. En revanche, en zone administrative, l’usage de supports amovibles professionnels (clefs
Le personnel hospitalier veille, par ailleurs, à respecter des règles de sécurité simples. Ainsi, les locaux et USB, disques durs externes) est autorisé. Les personnels sanitaires intervenant en situation d’urgence
bureaux sont maintenus fermés à clé en l’absence de personnel. (centre 15, SOS médecins) en détention sont autorisés à garder leur téléphone portable.
En présence d’une personne détenue, il ne doit être laissé sur les tables que le matériel strictement nécessaire
à la consultation ou aux soins. 2. Consignes de sécurité à respecter par les professionnels de santé pour toute application informatique
Le personnel hospitalier doit signaler sans délai au personnel pénitentiaire tout incident avec une personne
détenue si cet événement compromet la sécurité des lieux ou des personnes ainsi que la perte ou la détérioration Le mot de passe de connexion engage la responsabilité de son propriétaire : comme tous les mots de passe,
d’un objet ou d’un matériel pouvant compromettre la sécurité des personnes et de l’établissement. il est personnel. Il n’est pas transmissible, ne doit jamais être communiqué, ni ne doit être écrit sur aucun
En cas d’incident nécessitant l’intervention du personnel pénitentiaire, le personnel hospitalier a à sa support, quel qu’il soit. L’utilisateur doit signaler sans délai au responsable ou au correspondant local des
disposition des moyens d’alarme (bouton ou pédale d’alarme, ou alarme portative individuelle). systèmes d’information de l’établissement de santé toute compromission de son mot de passe aux fins de
Pour des raisons de sécurité (utilisation de l’alarme en urgence, éviter les pertes ou les vols), le personnel changement de celui-ci.
hospitalier doit conserver en permanence sur lui l’alarme portative individuelle (API) qui lui est remise par
le personnel pénitentiaire.
4
Lien Internet : [Link]
46 47
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ
La planification de ces prises en charge s’organise de manière concertée entre le médecin et le responsable
pénitentiaire de l’UHSI.
Un renfort de l’escorte pénitentiaire par les forces de sécurité intérieure est demandé lorsqu’il existe un risque
d’atteinte très grave à l’ordre public. Cette mesure est systématique en cas de personne détenue inscrite au
L’utilisateur ne doit pas : registre des DPS (personnes détenues particulièrement signalées).
- quitter son poste de travail en laissant un document ou une application en accès libre, notamment S’agissant de la zone de soins de l’UHSI, le port des armes par les personnels pénitentiaires (quelle qu’en
s’agissant des ordinateurs situés en zone de détention. En cas d’absence momentanée, l’utilisateur soit la nature) n’est autorisé qu’en ce qui concerne la garde et l’escorte des personnes détenues inscrites
doit impérativement verrouiller/fermer sa session de travail ; au répertoire des détenus particulièrement signalés (DPS), sous réserve, dans ce cas, que le directeur de
- laisser un autre utilisateur travailler sur son propre compte informatique ; l’établissement de santé préalablement informé, ne s’y oppose pas5.
- faire usage, pour son propre compte ou pour le compte de tiers non autorisés, des informations
auxquelles il a accès dans le cadre de l’accomplissement de sa mission ; B. AU SEIN DES UHSA
- prendre, à d’autres fins que la réalisation de sa mission, des copies des documents et supports
d’information confiés par le ministère de la Justice ; La surveillance de l’enceinte et des locaux de l’UHSA ainsi que le contrôle des accès à cette unité et l’organi-
- utiliser les informations auxquelles il a accès d’une manière qui soit préjudiciable à l’administration. sation des parloirs familles, visiteurs et avocats sont assurés par les personnels pénitentiaires6.
Ces derniers n’ont accès aux locaux de soins et aux chambres des patients détenus que pour assurer la fouille
L’utilisateur doit : et le contrôle des équipements et aménagements spéciaux ou, à la demande du personnel hospitalier, pour
- signaler au responsable ou correspondant informatique de l’établissement de santé toute tentative intervenir si la sécurité des personnes ou des biens est compromise.
Réglementation
et procédures
d’utilisation non autorisée de son compte informatique ; Lorsque la gravité ou l’ampleur d’un incident ne permet pas que l’ordre soit rétabli par le seul personnel
- accéder aux seuls informations et traitements associés entrant dans le cadre de sa mission ; pénitentiaire présent sur le site, il revient au directeur de l’établissement de santé de prévenir le préfet et de
#2
- prendre toutes mesures permettant d’éviter l’utilisation ou le traitement détournés ou frauduleux demander l’intervention des forces de sécurité intérieure.
des informations auxquelles il a accès. Le personnel hospitalier doit signaler sans délai au responsable pénitentiaire toute absence irrégulière d’une
personne détenue ou tout incident grave.
II - SÉCURITÉ AU SEIN DES UNITÉS HOSPITALIÈRES HABILITÉES À RECEVOIR Transport et escorte d’une personne détenue pour une hospitalisation vers une UHSA ou une extraction
DES PERSONNES DÉTENUES (UHSI ET UHSA) médicale depuis une UHSA (Cf. annexe X « Tableau synoptique des gardes et escortes »).
La sécurité des biens et des personnes étant de la compétence de l’administration pénitentiaire, les règles
de sécurité s’appliquant dans les établissements pénitentiaires demeurent valables au sein des unités III - SÉCURITÉ LORS DES EXTRACTIONS MÉDICALES
hospitalières (art. D. 395 du CPP). AU SEIN DES ÉTABLISSEMENTS HOSPITALIERS
Au sein de ces unités, les personnes détenues ne doivent en aucun cas : Lors des hospitalisations et consultations en milieu hospitalier, la sécurité est assurée conformément aux
- avoir accès à l’informatique des personnels ; textes en vigueur en matière de garde et d’escorte7.
- avoir accès à Internet et tout support informatique ou autre habituellement prescrit en détention.
A. RESPECT DE LA CONFIDENTIALITÉ DES DATES DE RENDEZ-VOUS
Au sein des UHSI et des UHSA, la fouille des locaux et des chambres ainsi que le contrôle des équipements POUR LES SOIGNANTS
peuvent être réalisés par le personnel pénitentiaire. Toute fouille d’une unité de soins est décidée avec l’accord
du directeur de l’établissement de santé et est réalisée en présence de celui-ci et du médecin responsable de En aucun cas, les personnes détenues ne doivent être informées à l’avance des dates, des heures ou du lieu
l’unité ou de leurs représentants. des extractions en milieu hospitalier.
Afin de garantir la confidentialité de la date et de l’heure de la consultation à l’hôpital, le chef d’établissement
A. AU SEIN DES UHSI pénitentiaire doit mettre en place, en liaison avec l’unité sanitaire de chaque établissement pénitentiaire et le centre
hospitalier de rattachement, une procédure permettant d’inscrire le rendez-vous médical de façon anonyme.
La sécurité au sein des unités est assurée par les personnels pénitentiaires qui gèrent notamment l’ouverture 5
L’article 4 (III) du décret n° 2011-980 du 23 août 2011, relatif à l’armement des personnels pénitentiaires prévoit : « Dans les établissements de santé, le port
des portes des chambres des patients détenus ainsi que l’organisation des parloirs familles, visiteurs ou avocats. des armes n’est autorisé qu’à l’extérieur des bâtiments ou services dans lesquels les personnes détenues sont hébergées, sauf en ce qui concerne la garde
et l’escorte de personnes détenues inscrites au répertoire des DPS et sauf opposition du directeur de l’établissement de santé préalablement informé. En
Lorsque des examens prescrits nécessitent qu’ils soient réalisés au sein de plateaux techniques spécialisés, cas d’urgence, en vue de mettre fin à un incident isolé mettant en cause un nombre limité de personnes détenues, le chef de l’établissement pénitentiaire et
le directeur de l’établissement de santé peuvent, conjointement, autoriser les personnels présents à pénétrer dans les bâtiments ou les services avec des
l’accompagnement des personnes détenues est assuré par les personnels hospitaliers escortés par les armes adaptées à la situation. Le préfet en est informé. »
6
personnels pénitentiaires. Circulaire interministérielle DGOS/R4/DAP/PMJ2 ETSH 1107932C du 18 mars 2011 relative à l’ouverture et au fonctionnement des UHSA.
7
Articles D. 394 et suivants du CPP et circulaire relative à l’organisation des escortes pénitentiaires des personnes détenues faisant l’objet d’une consultation
médicale du 18 novembre 2004.
48 49
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ
C. DÉROULEMENT DE LA CONSULTATION MÉDICALE EN MILIEU HOSPITALIER
Pour chaque personne détenue devant faire l’objet d’une consultation médicale, le chef d’établissement
pénitentiaire décide par écrit du port ou non de menottes ou entraves à l’hôpital. De même, il définit par
S’agissant des consultations en milieu hospitalier, les autorités sanitaires et pénitentiaires doivent se écrit le niveau de surveillance qui doit être appliqué pendant la consultation compte tenu des risques évalués
concerter afin d’organiser le déplacement de personnes détenues à l’intérieur de l’hôpital. Elles veillent à (circulaire JUSK0440155 C du 18 novembre 2004)8.
instituer les circuits de déplacement les mieux adaptés et à réduire au maximum les temps d’attente des
personnes détenues. Le centre hospitalier veille à organiser des conditions d’accueil discrètes et adaptées Trois niveaux de surveillance sont prévus :
pour l’escorte pénitentiaire en désignant par exemple des box au sein des urgences qui seront réservés en • Niveau 1 : la consultation s’effectue hors la présence du personnel pénitentiaire avec ou sans moyen de
priorité à l’administration pénitentiaire. contrainte ;
Une parfaite circulation des informations entre le centre hospitalier et l’établissement pénitentiaire doit être • Niveau 2 : la consultation se déroule sous la surveillance constante du personnel pénitentiaire mais sans
systématiquement recherchée afin d’éviter les annulations tardives de rendez-vous et d’optimiser le temps de moyen de contrainte ;
présence des personnes détenues à l’hôpital. • Niveau 3 : la consultation se déroule sous la surveillance constante du personnel pénitentiaire avec moyen
Lorsqu’une hospitalisation est prévue, l’organisation de la relève de l’escorte pénitentiaire par les forces de contrainte.
de sécurité intérieure est utilement anticipée par la remise rapide aux agents pénitentiaires du bulletin
d’hospitalisation. De même, lorsque la personne détenue est hospitalisée pour raison somatique et qu’une Quel que soit le niveau de surveillance retenu, le chef d’escorte doit veiller à ce que les mesures de sécurité
hospitalisation avec ou sans consentement pour troubles psychiatriques est initiée à l’hôpital, le médecin mises en œuvre n’entravent pas la confidentialité de l’entretien médical.
Réglementation
et procédures
informe le chef de l’établissement pénitentiaire concerné, comme le précise la procédure spécifique pour les Le chef d’escorte doit, dans tous les cas, contrôler le local où se déroule la consultation afin de repérer et
hospitalisations en UHSA. situer les issues susceptibles de faciliter une évasion.
#2
Le formulaire type renseigné par le chef d’établissement peut être présenté au médecin qui contesterait les
B. ORGANISATION DES ESCORTES PÉNITENTIAIRES dispositions mises en œuvre par le chef d’escorte.
Le chef d’établissement pénitentiaire désigne l’agent chargé d’assumer la responsabilité de chef d’escorte. Les modalités de prise en charge médicale doivent permettre de préserver la confidentialité des soins (art.
Ce dernier est l’interlocuteur privilégié des personnels hospitaliers lors de la consultation. D. 397 du CPP), ainsi que la dignité des personnes tant en terme de surveillance que de soins proprement dit.
La composition de l’escorte est décidée par le chef d’établissement pénitentiaire. L’escorte peut être renforcée Le personnel de l’escorte est soumis au secret concernant les éléments médicaux portés à sa connaissance
par les forces de sécurité intérieure lorsque la personnalité de la personne détenue conduite en consultation lors de ces consultations.
fait apparaître des risques d’atteinte très grave à l’ordre public. Cette mesure est systématique en cas de
personne détenue inscrite au registre des DPS (personnes détenues particulièrement signalées). Concernant les femmes détenues enceintes, elles ne sont en aucun cas menottées pendant l’accouchement,
Il appartient au chef d’établissement, en considération de la dangerosité de la personne détenue pour autrui tant dans la salle de travail que pendant la période de travail elle-même. La surveillance pénitentiaire ne
ou pour elle-même, des risques d’évasion, et de son état de santé, de définir si la personne doit faire l’objet de s’exerce pas à l’intérieur de la salle d’accouchement.
moyens de contraintes et d’en préciser leur nature.
Dans l’hypothèse où une personne détenue présenterait une particularité susceptible de complexifier S’il n’est pas possible d’utiliser de téléphone portable, le centre hospitalier met à disposition des agents
l’application des mesures de contraintes (présence d’un plâtre, de pansement, de port de béquille), l’unité pénitentiaires une ligne téléphonique extérieure pour que ces derniers puissent rester en contact avec
sanitaire est sollicitée au préalable par un personnel d’encadrement pénitentiaire, sur l’adaptation à l’état de l’établissement pénitentiaire.
santé de l’intéressé, des moyens de contraintes envisagés.
Dans les cas où les conditions de sécurité des personnes et des biens ne sont plus assurées (par exemple :
Cas particulier de l’extraction médicale vers une UHSA ou depuis une UHSA (Cf. Annexe X « Tableau agressivité ou violence de la personne détenue, trouble créé par la présence de proches…), le chef d’escorte
synoptique des gardes et escortes »). prend la décision de mettre fin à l’extraction et il en informe les personnels soignants. Il rend compte
immédiatement à sa hiérarchie.
Le médecin ayant programmé ou sollicité la consultation en est informé afin qu’il soit en mesure d’assurer
la continuité des soins dont la personne détenue doit pouvoir bénéficier.
8
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50 51
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ
II - CONSULTATIONS SPÉCIFIQUES ET RÉGLEMENTAIRES
EN MILIEU PÉNITENTIAIRE
Réglementation
et procédures
précise notamment les modalités d’intervention des personnels de l’unité sanitaire. L’article D. 32-1 du CPP prévoit pour les personnes en détention provisoire que le juge d’instruction transmette
le dossier d’un prévenu au juge des libertés et de la détention accompagné d’une notice. Celle-ci, outre les
#2
Si l’établissement siège de l’unité sanitaire n’a pas d’activité de psychiatrie, l’intervention d’un établissement informations sur les données pénales concernant le prévenu, comporte des éléments sur sa personnalité.
psychiatrique est déterminée par le DG de l’ARS dans les conditions définies par l’article R. 6112-15 du CSP. Le magistrat la transmet, visée et datée, au chef de l’établissement pénitentiaire s’il le juge utile.
Si l’examen d’entrée n’est pas obligatoire à l’occasion du transfert entre établissements pénitentiaires d’une
L’article 48 de la loi pénitentiaire de 2009 dispose que « ne peuvent être demandés aux médecins personne détenue, toutes mesures doivent être prises pour assurer la continuité des soins, en fonction des
et aux personnels soignants intervenant en milieu carcéral ni un acte dénué de lien avec les soins ou avec éléments transmis par l’équipe médicale précédemment en charge de cette personne.
la préservation de la santé des personnes détenues, ni une expertise médicale ».
En ce qui concerne les mineurs, le médecin de l’unité sanitaire, conformément à la circulaire interministérielle
Les consultations effectuées en milieu pénitentiaire recouvrent celles répondant à la réglementation n° DGS/DHOS/DAP/DPJJ/MC1/2008/158 du 13 mai 20089, délivre lors de l’examen d’entrée :
et notamment l’article R. 57-8-1 du CPP et celles fixées dans le protocole mentionné au premier alinéa de - les avis nécessaires à la poursuite ou non des activités physiques et sportives qui ne dépendent pas de la
l’article R. 6112-16 et listées dans R. 6112-23 du CSP. réglementation du sport de compétition ;
- un avis d’aptitude ou d’inaptitude au suivi des activités d’insertion en place dans l’établissement pénitentiaire
(circulaire DGS/DHOS/DAP/DPJJ/MC1/2008/158 du 13 mai 2008).
I - CONSULTATIONS LIÉES AU SUIVI MÉDICAL DES PERSONNES DÉTENUES
(ART. R. 6112-14 À R. 6112-27 DU CSP ET R.57-8-1 DU CPP) B. EXAMEN MÉDICAL DE SORTIE DES PERSONNES DÉTENUES CONDAMNÉES
(ART. 53 DE LA LOI PÉNITENTIAIRE)
Les médecins assurent les consultations médicales nécessaires au suivi des personnes détenues. Celles-ci
résultent de demandes formulées soit par la personne détenue elle-même, soit, le cas échéant, par L’article 53 de la loi pénitentiaire dispose qu’une visite médicale est proposée à toute personne condamnée
le personnel pénitentiaire, les services éducatifs de la PJJ ou par toute autre personne agissant dans l’intérêt dans le mois précédant sa libération.
de la personne détenue. Elles peuvent être demandées par le médecin dans le cadre des suivis médicaux. Les conditions de cette visite sont précisées dans l’annexe J « Consultation de sortie type ».
L’acheminement des demandes de consultations vers l’unité sanitaire est assuré de façon préférentielle au
moyen d’une boîte à lettre réservée à cet effet, directement accessible aux personnes détenues à l’occasion
de leurs mouvements en détention et dont seuls les personnels soignants détiennent la clef. L’acheminement
de demandes orales ou écrites (sous pli fermé) peut aussi être assuré par le personnel pénitentiaire, s’il est
sollicité, et les personnels éducatifs de la PJJ quand il s’agit de mineurs
9
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52 53
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ
La demande d’avis médical préalable à la mise au QD n’est pas prévue par la réglementation (CPP), pas
davantage que pour les mises au QD préventives avant que la sanction ne soit prononcée. Si, à l’occasion d’une
visite, le médecin estime que le placement au quartier disciplinaire est de nature à compromettre la santé de
la personne détenue, il émet un avis destiné au chef de l’établissement pénitentiaire.
C. EXAMEN MÉDICAL DES PERSONNES DÉTENUES PLACÉES DANS LES QUARTIERS
D’ISOLEMENT ET DISCIPLINAIRES OU CONFINÉES DANS UNE CELLULE ORDINAIRE À la suite de cet avis, le chef d’établissement pénitentiaire peut suspendre la sanction.
S’agissant de la situation des personnes détenues placées à l’isolement, au quartier disciplinaire ou confinées Enfin, les personnes détenues prises en charge en hospitalisation de jour au sein d’un service médico-
dans une cellule ordinaire, il n’appartient pas au médecin de se prononcer sur la décision de placement prise, qui psychologique régional ne peuvent être placées au quartier disciplinaire sans qu’un médecin de ce service ait
ne relève ni de sa compétence, ni de sa responsabilité ; l’examen médical n’est pas un préalable à ce placement. pu se prononcer sur la compatibilité de l’interruption de cette hospitalisation avec leur état de santé.
Toute personne détenue peut bénéficier de soins dispensés au sein de l’unité sanitaire si son état clinique ou Tous les avis concernant les personnes détenues placées au quartier disciplinaire sont portés au dossier médical.
le suivi de ces soins le nécessite.
c. Visites aux personnes détenues placées en confinement en cellule individuelle ordinaire (art. R. 57-8-1
a. Visites aux personnes détenues placées à l’isolement (art. R. 57-7-63 et R. 57-7-64 du CPP) et R. 57-7-31 du CPP)
La liste des personnes présentes au quartier d’isolement est communiquée quotidiennement aux équipes Conformément aux dispositions de l’article R. 57-7-31 du CPP ainsi qu’à la circulaire JUSK 1140029C en date
Réglementation
et procédures
médicales de la structure sanitaire. du 9 juin 2011 relative au régime disciplinaire des personnes détenues, la liste des personnes placées en
confinement en cellule individuelle ordinaire est communiquée quotidiennement aux équipes médicales de
#2
Le médecin se rend au quartier d’isolement au moins deux fois par semaine et y visite les personnes détenues l’unité sanitaire. Le médecin examine sur place chaque personne détenue au moins deux fois par semaine et
chaque fois qu’il l’estime nécessaire. À l’occasion de ce déplacement, il vise le registre de visite. Toute aussi souvent qu’il l’estime nécessaire. La sanction est suspendue si le médecin constate que son exécution
personne détenue peut bénéficier de soins dispensés au sein de la structure sanitaire si son état clinique ou est de nature à compromettre la santé de l’intéressée.
le suivi de ces soins le nécessite.
D. AUTRE SITUATION : PRISE EN CHARGE DES PERSONNES DÉTENUES
Il appartient au médecin, chaque fois qu’il l’estime utile au regard de l’état de santé de la personne détenue, GRÉVISTES DE LA FAIM ET/OU DE LA SOIF (ART. D. 364 DU CPP)
d’émettre un avis écrit sur l’opportunité de mettre fin à l’isolement. Par ailleurs, le médecin est informé par
l’administration pénitentiaire des éventuelles prolongations de la mesure. Dans le cadre de la procédure de Lorsque l’administration pénitentiaire est informée d’une situation d’une personne détenue en grève de la
prolongation de la mesure d’isolement l’avis du médecin est obligatoire (art. R. 57-7-64 et R. 57-7-73). faim et/ou de la soif, elle doit en informer l’unité sanitaire dans les plus brefs délais par un signalement écrit.
Il est à noter que le placement à l’isolement est exclu pour les mineurs. La prise en charge médicale de la personne en grève de la faim et/ou de la soif relève du droit commun (art.
Les visites et les avis concernant les personnes détenues à l’isolement font l’objet d’une mention au dossier L. 1111-4 du CSP et 36 du Code de déontologie médicale R. 4127-36 du CSP). Le suivi médical sera organisé
médical. en fonction de la nécessité clinique. En fonction de l’évolution clinique, le médecin demande par écrit la mise
sous surveillance spécifique. Si une personne détenue se livre à une grève de la faim prolongée, elle ne peut
b. Visites aux personnes détenues placées au quartier disciplinaire (art. R. 57-7-31 du CPP) être traitée sans son consentement, sauf lorsque son état de santé s’altère gravement et seulement sur
décision et sous surveillance médicale (art. D. 364 du CPP).
Conformément aux dispositions de l’article R. 57-7-31 ainsi qu’à la circulaire JUSK 1140029C en date du 9 juin
2011 relative au régime disciplinaire des personnes détenues10, la liste des personnes présentes au quartier Il appartient au médecin de l’unité sanitaire d’informer l’administration pénitentiaire de la nécessité
disciplinaire est communiquée quotidiennement aux équipes médicales de l’unité sanitaire. Les médecins d’hospitalisation d’une personne en grève de la faim et/ou de la soif.
visitent, sur place, chaque personne détenue au moins deux fois par semaine et aussi souvent qu’ils l’estiment
nécessaire. Cette visite peut avoir lieu en présence du personnel pénitentiaire avec l’accord ou à la demande Le chef de l’établissement doit porter toute grève de la faim et/ou de la soif à la connaissance du préfet et du
du médecin, la sécurité du personnel sanitaire devant être garantie. Si, entre ces visites, l’état de santé de procureur de la République, en même temps qu’à celle du directeur interrégional des services pénitentiaires et
la personne détenue est jugé préoccupant par le personnel pénitentiaire, celui-ci le signale à un médecin. du ministre de la Justice (art. D. 280 du CPP). Cf. Annexe I « Imprimé grève de la faim ou de la soif ».
La visite peut également être demandée par la personne détenue elle-même. Toute personne détenue peut
bénéficier de soins dispensés au sein de l’unité sanitaire si son état clinique ou le suivi de ces soins le nécessite.
Lors de chacune de ses visites, le médecin vise le registre mis en place à cet effet, mais non les fiches
individuelles de procédure disciplinaire.
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Lien Internet : [Link]
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#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ
DOCUMENTS MÉDICAUX
E. CONSULTATIONS FIXÉES DANS LE PROTOCOLE (ART. R. 6112-16
ET R. 6112-23 DU CSP) I - RÉGLEMENTATION GÉNÉRALE
Le protocole et ses annexes prévoient les modalités d’organisation de l’examen systématique des arrivants A. DOCUMENTS PRODUITS PAR UN MÉDECIN AU TITRE DE SON EXERCICE
(Cf. § 1) et des consultations relatives aux soins courants et aux soins spécialisés.
L’article 76 (article R. 4127-76 du Code de la santé publique) du Code de déontologie médicale dispose :
« L’exercice de la médecine comporte normalement l’établissement par le médecin, conformément aux
constatations médicales qu’il est en mesure de faire, des certificats, attestations et documents dont
la production est prescrite par les textes législatifs et réglementaires.
« Tout certificat, ordonnance, attestation ou document délivré par un médecin doit être rédigé lisiblement en
langue française et daté, permettre l’identification du praticien dont il émane et être signé par lui. Le médecin
peut en remettre une traduction au patient dans la langue de celui-ci. »
Réglementation
et procédures
Bien qu’employés par différents textes législatifs et réglementaires, les termes « certificats », « attestations »,
« avis » ne font l’objet d’aucune définition juridique.
#2
Ainsi, un certificat tout comme une attestation est un document écrit ayant pour objet l’établissement d’un fait,
d’une situation. S’agissant de documents médicaux, l’objet principal est la détermination de l’état de santé.
L’avis, en revanche, peut être oral ou écrit. S’agissant de la prise en charge sanitaire des personnes détenues,
l’avis écrit sera privilégié. Ces avis n’étant pas nécessairement des « avis conformes » l’administration
pénitentiaire n’est pas obligatoirement liée par eux.
Ces trois documents doivent être établis avec toute la circonspection nécessaire : ne sont fournis que les
éléments strictement nécessaires pour répondre dans le respect de la législation et de la réglementation en
vigueur.
L’établissement de ces documents est soumis aux règles de déontologie médicale en particulier celui de
l’exercice personnel, de l’indépendance professionnelle et du secret professionnel (auquel il ne peut être
dérogé qu’en vertu d’une loi).
Les originaux des documents médicaux sont remis en main propre aux patients. Une copie figure au dossier
médical.
B. RESPONSABILITÉ DU MÉDECIN
L’établissement de documents médicaux engage la responsabilité disciplinaire et/ou pénale d’un médecin. De
plus, si du fait de l’établissement d’un document est résulté un dommage, la responsabilité civile peut être
engagée aux fins d’indemnisation.
L’article 28 du Code de déontologie (article R. 4127-28 du Code de la santé publique) dispose que :
« La délivrance d’un rapport tendancieux ou d’un certificat de complaisance est interdite. »
Tout manquement à cette obligation déontologique pourra, en vertu de L. 4124-6 du CSP, faire l’objet
de sanctions disciplinaires.
56 57
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ
a. Documents relatifs à la législation des accidents du travail et des maladies professionnelles
b. Devant les juridictions pénales Le médecin délivre à la personne détenue, à sa demande, tous documents indispensables pour bénéficier
des avantages qui lui sont reconnus par la Sécurité sociale, notamment ceux prévus par la législation sur les
L’article 441-7 du Code pénal dispose : accidents du travail et les maladies professionnelles (article D. 382 du CPP).
« Indépendamment des cas prévus au présent chapitre, est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros
d’amende le fait : Accidents du travail (Définition : articles D. 412-45 du CSS)
« 1° d’établir une attestation ou un certificat faisant état de faits matériellement inexacts ; Pour les accidents ayant entraîné une incapacité de travail, le médecin établit en double exemplaire un
« 2° de falsifier une attestation ou un certificat originairement sincère ; certificat indiquant l’état de la victime et les conséquences de l’accident ou les suites éventuelles, en particulier
« 3° de faire usage d’une attestation ou d’un certificat inexact ou falsifié. la durée probable de l’incapacité de travail si les conséquences ne sont pas exactement connues. Le premier
« Les peines sont portées à trois ans d’emprisonnement et à 45 000 euros d’amende lorsque l’infraction est exemplaire est remis au chef d’établissement à qui il appartient d’en transmettre sans délai une copie à la
commise en vue de porter préjudice au Trésor public ou au patrimoine d’autrui. » caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), le double est délivré à la personne détenue.
Il en est de même pour le constat de la guérison de la blessure sans incapacité permanente ou, s’il y a
L’article 441-8 du Code pénal dispose que : incapacité permanente, de la consolidation (art. D. 412-45 du CSS). La date de la guérison ou de la consolidation
« Est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende le fait, par une personne agissant dans de la blessure est fixée par le chef d’établissement pénitentiaire d’après l’avis du médecin.
Réglementation
et procédures
l’exercice de sa profession, de solliciter ou d’agréer, directement ou indirectement, des offres, promesses, En cas de désaccord, il est fait appel à un médecin expert de la Sécurité sociale (art. D. 412-63 du CSS).
dons, présents ou avantages quelconques pour établir une attestation ou un certificat faisant état de faits Les procédures de déclaration des AT et d’indemnisation sont définies par les articles D. 412-38 à D.412-62
#2
matériellement inexacts. du CSS.
« Est puni des mêmes peines le fait de céder aux sollicitations prévues à l’alinéa précédent ou d’user de voies
de fait ou de menaces ou de proposer, directement ou indirectement, des offres, des promesses, des dons, des Si la libération de la personne détenue intervient avant la guérison ou la consolidation de la blessure,
présents ou des avantages quelconques pour obtenir d’une personne agissant dans l’exercice de sa profession il appartient au médecin de l’unité sanitaire de communiquer au médecin-conseil de la CPAM, sur sa demande,
qu’elle établisse une attestation ou un certificat faisant état de faits inexacts. tous renseignements utiles concernant les soins antérieurement donnés à la victime. L’administration
« La peine est portée à cinq ans d’emprisonnement et à 75 000 euros d’amende lorsque la personne visée pénitentiaire doit également communiquer les éléments en sa possession à la demande de la CPAM (art. D.
aux deux premiers alinéas exerce une profession médicale ou de santé et que l’attestation faisant état de faits 412-46 du CSS).
inexacts dissimule ou certifie faussement l’existence d’une maladie, d’une infirmité ou d’un état de grossesse, ou
fournit des indications mensongères sur l’origine d’une maladie ou d’une infirmité ou sur la cause d’un décès. » Maladies professionnelles
Le médecin doit établir en triple exemplaire et remettre à la personne détenue un certificat médical indiquant
la nature de la maladie, ses manifestations ainsi que les suites probables conformément aux dispositions de
II - RÉGLEMENTATION RELATIVE AUX DOCUMENTS MÉDICAUX POUVANT l’article L. 461-5 du CSS.
ÊTRE DÉLIVRÉS PAR LES MÉDECINS EXERÇANT EN MILIEU PÉNITENTIAIRE Il en va de même s’agissant du certificat médical constatant la guérison ou la consolidation de l’état du malade
ou indiquant les conséquences définitives de la maladie (art. D. 412-71 du CSS).
Les documents médicaux peuvent être délivrés soit à la demande de la personne détenue, de l’administration
pénitentiaire ou des autorités administratives, soit à l’initiative du médecin lors de son exercice professionnel. NB : En ce qui concerne les arrêts de travail pour maladie déclarés avant l’incarcération et pour lesquels
l’état de la personne détenue nécessite la prolongation, celle-ci doit être prescrite et les imprimés « Cerfa »
A. DOCUMENTS MÉDICAUX DÉLIVRÉS À LA DEMANDE DE LA PERSONNE DÉTENUE utilisés. Le fait que la personne détenue ne bénéficie pas des indemnités journalières ne dispense pas de ces
(ART. R. 57-8-1 ET D. 382 DU CPP) prolongations.
Le médecin délivre à la personne détenue, à sa demande ou à celle des détenteurs de l’autorité parentale 2. Arrêt et inaptitude au travail
lorsque la personne détenue est mineure, tous documents relatifs à son état de santé, dans les mêmes
conditions qu’en milieu libre. Ceux-ci sont remis en main propre à la personne détenue et, sous réserve de En application de l’art. R. 57-8-1 du CPP, une personne détenue qui présente une incapacité momentanée à
son accord exprès, à sa famille ou à son conseil (article D. 382 du CPP). exercer un travail en raison de son état de santé, peut se voir délivrer une attestation.
L’accord exprès doit être recueilli par écrit. Les médecins sont chargés de réaliser l’examen des personnes détenues sollicitant des attestations relatives
à une inaptitude au travail pour raison médicale.
58 59
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ
Pour les personnes condamnées déjà écrouées, le juge d’application des peines pourra les inciter aux soins.
Ne pas s’y soumettre empêchera la personne condamnée de bénéficier d’aménagements et de réductions
de peine.
En cas de suspension ou de fractionnement de la peine, de placement à l’extérieur sans surveillance ou de
Ces attestations doivent notamment leur être délivrées lorsqu’ils présentent des infections qui pourraient mesure de semi-liberté, les obligations résultant du suivi socio-judiciaire sont applicables.
donner lieu à une incapacité de travail. Dans tous ces cas la personne détenue peut être amenée à solliciter une attestation de suivi, qui lui sera
remise en main propre.
3. Certificat d’aptitude et d’inaptitude à un poste de travail
4. Certificats de coups et blessures
La délivrance d’un certificat d’aptitude et d’inaptitude liée à un poste de travail ne relève pas de la compétence
du médecin de l’unité sanitaire. Ces certificats sont de même nature qu’en droit commun.
Les annexes à l’article 76 (article R. 4127-76 du Code de la santé publique) du Code de déontologie médicale
b. Documents relatifs à d’autres situations dispose que les « certificats médicaux en matière de violences involontaires (art. 222-19 et 222-20 du Code
pénal) ou en cas de violences et voies de fait volontaires (art. 222-11, 222-13 et 222-14 du Code pénal) […]
Conformément aux dispositions de l’article R. 57-8-1 du CPP, des documents médicaux peuvent être produits doivent préciser une notion d’I.T.T. (incapacité totale de travail) dont l’évaluation de la durée va déterminer le
à la demande de la personne détenue dans des situations particulières. tribunal compétent pour en juger, et devant lequel sera déféré l’auteur des faits ».
Ils peuvent être établis sur demande de l’intéressé, ou des détenteurs de l’autorité parentale si l’intéressé est
Réglementation
et procédures
1. Activité sportive mineur, et leur sont remis en main propre.
#2
Le médecin de l’unité sanitaire réalise l’examen médical des personnes détenues sollicitant une attestation B. DOCUMENTS MÉDICAUX DÉLIVRÉS À LA DEMANDE DES AUTORITÉS PÉNITENTIAIRES
relative à la pratique d’une activité sportive (R. 57-8-1 du CPP). Il peut délivrer une attestation de non contre-
indication à la pratique d’un sport en particulier ou demander des examens complémentaires et avis en À la demande des autorités pénitentiaires, le médecin intervenant dans l’établissement pénitentiaire peut
médecine du sport (selon le type de sport ou selon les antécédents sportifs et médicaux de la personne quel délivrer des documents médicaux, dans les cas prévus par les articles R. 57-8-1 et D. 382 du CPP.
que soit le type et le niveau de sport pratiqué). Les documents émis à la demande des autorités pénitentiaires ne doivent contenir que les renseignements
strictement nécessaires, à l’exclusion de tout élément de diagnostic.
2. Changement d’affectation, modification ou aménagement du régime de détention Dans tous les cas le médecin informe la personne détenue et lui remet, à sa demande, un double de ces
documents. L’autre double est conservé dans le dossier médical du patient.
Le médecin de l’unité sanitaire réalise l’examen des personnes détenues sollicitant pour raison médicale un
changement d’affectation, une modification ou un aménagement quelconque de leur régime de détention.
Si le médecin estime que l’état de santé d’une personne détenue n’est pas compatible avec un maintien en a. Procédure d’orientation
détention ou avec le régime de détention qui lui est appliqué, il en avise par écrit le chef de l’établissement
pénitentiaire. Ce dernier en informe aussitôt, s’il y a lieu, l’autorité judiciaire compétente (art. R. 57-8-1 du CPP). Les articles D. 75 à D. 79 du CPP ne précisent pas qu’un examen médical soit nécessaire. Lors des procédures
d’orientation, l’avis du médecin de l’unité sanitaire est sollicité concernant les aménagements nécessaires en
3. Attestation de suivi répondant à l’article 763-7 du CPP modifié par la loi n° 2010-242 du 10 mars 2010 - rapport avec l’état de santé de la personne détenue : nécessité d’un transport en véhicule sanitaire, appareils
art. 1011) médicaux, nécessité d’une cellule handicapé…
Lorsqu’une personne condamnée à un suivi socio-judiciaire comprenant une injonction de soins doit subir une b. Levée des moyens de contrainte
peine privative de liberté, et conformément au troisième alinéa de l’article 717-1 du Code de procédure pénale,
elle exécute cette peine dans un établissement pénitentiaire permettant de lui assurer un suivi médical et L’article D. 283-3 du Code de procédure pénale précise qu’en cas d’utilisation de moyens de contrainte
psychologique adapté, et répondant aux critères prévus par décret en Conseil d’État. envisagée par le chef d’établissement, soit comme dernier recours pour maîtriser une personne détenue,
soit pour l’empêcher de causer des dommages ou de porter atteinte à elle-même ou à autrui, celui-ci doit
La personne condamnée est immédiatement informée par le juge de l’application des peines ou le juge des demander l’examen de la personne détenue par un médecin.
enfants s’il s’agit d’un mineur de la possibilité d’entreprendre un traitement. Si elle ne consent pas à suivre un Il est mis fin à la contrainte si le médecin constate qu’elle est incompatible avec l’état de santé de la personne détenue.
traitement, cette information est renouvelée au moins une fois tous les ans.
11
Tendant à amoindrir le risque de récidive criminelle et portant diverses dispositions de procédures pénales.
60 61
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ
Afin d’introduire la procédure, la personne condamnée transmet un certificat médical descriptif de son état
de santé établi par le médecin de l’unité sanitaire au juge d’application des peines ou au juge des enfants
s’il s’agit d’un mineur. La suspension ne peut être ordonnée que si deux expertises médicales distinctes
établissent de manière concordante que la personne condamnée est atteinte d’une pathologie engageant le
c. Prolongation d’une mesure d’isolement pronostic vital ou que son état de santé est durablement incompatible avec le maintien en détention, hors les
cas d’hospitalisation des personnes détenues en établissement de santé pour troubles mentaux.
Les décisions du directeur interrégional des services pénitentiaires de prolonger l’isolement administratif
au-delà de six mois (art. R. 57-7-68 du CPP) ou du ministre de la Justice de prolonger l’isolement Toutefois, en cas d’urgence, lorsque le pronostic vital est engagé, la suspension peut être ordonnée au vu d’un
administratif au-delà d’un an (R. 57-7-68 du CPP) sont prises sur rapport motivé du directeur interrégional certificat médical établi par le médecin de l’unité sanitaire (article 79 de la loi n° 2009-1436 du 24 novembre
des services pénitentiaires qui recueille notamment l’avis écrit du médecin intervenant à l’établissement 2009 pénitentiaire).
(art. R. 57-7-64 et 57-7-73 du CPP).
Dans tous les cas, le médecin de l’unité sanitaire avise par écrit le chef d’établissement des démarches
C. DOCUMENTS MÉDICAUX ADRESSÉS AUX AUTORITÉS PÉNITENTIAIRES entreprises.
ET JUDICIAIRES À L’INITIATIVE DU MÉDECIN DANS LE CADRE DE SON EXERCICE
PROFESSIONNEL ET DE LA RÉGLEMENTATION e. Admission en hospitalisation complète en soins psychiatriques des personnes détenues atteintes
de troubles mentaux (art. L. 3214-1 et suivants du CSP et D. 398 du CPP)
Les médecins chargés des soins somatiques ou psychiatriques peuvent adresser des documents relatifs
Réglementation
et procédures
à l’état de santé de la personne détenue, dès lors qu’ils estiment que celui-ci n’est pas compatible avec un 1. Législation
maintien en détention ou avec le régime pénitentiaire qui lui est appliqué.
#2
- Selon l’article L. 3214-1 du Code de la santé publique (CSP) modifié par la loi du 5 juillet 2011 relative aux
a. Quartier disciplinaire ou confinement dans une cellule ordinaire droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise
en charge :
Obligation est faite au médecin de visite bihebdomadaire de toute personne placée en confinement en cellule « I.-Les personnes détenues admises en soins psychiatriques en application du présent chapitre ne peuvent
individuelle ordinaire et au quartier disciplinaire. La sanction peut être suspendue si le médecin constate que l’être que sous la forme d’une hospitalisation complète.
son exécution est de nature à compromettre la santé de la personne détenue (article R. 57-7-31 du CPP). II.-L’hospitalisation en soins psychiatriques d’une personne détenue atteinte de troubles mentaux est réalisée
Le médecin établit dans ce cas un avis écrit qu’il remet aux autorités pénitentiaires. dans un établissement de santé mentionné à l’article L. 3222-1 au sein d’une unité hospitalière spécialement
aménagée ou, sur la base d’un certificat médical, au sein d’une unité pour malades difficiles mentionnée à
b. Quartier d’isolement l’article L. 3222-3 […]. »
Obligation est faite au médecin de visite bihebdomadaire de toute personne placée à l’isolement. Le médecin, - De plus, la mesure transitoire instaurée par la loi n° 2002-1138 du 9 septembre 2002 d’orientation et de
chaque fois qu’il l’estime utile au regard de l’état de santé de la personne détenue, émet un avis sur programmation pour la justice en son article 48 demeure et prévoit que : « Dans l’attente de la prise en
l’opportunité de mettre fin à l’isolement (art. R. 57-8-1 du CPP). Le médecin établit dans ce cas un avis écrit charge par les unités hospitalières spécialement aménagées mentionnées à l’article L. 3214-1 du Code de
qu’il remet aux autorités pénitentiaires. la santé publique, l’hospitalisation des personnes détenues atteintes de troubles mentaux continue d’être
assurée par un service médico-psychologique régional ou un établissement de santé […]. »
c. Extraction judiciaire et transfèrement
Dans ce cas, l’hospitalisation des personnes détenues est réalisée en établissement habilité à recevoir des
Si le médecin juge que l’état de santé de la personne n’est pas compatible avec une extraction judiciaire, patients en soins sans consentement et est régie par l’article D. 398 du Code de procédure pénale. Cet
il établit un certificat (art. 416 et art. D. 292 du CPP). article dispose qu’« au vu d’un certificat médical circonstancié et conformément à la législation en vigueur,
il revient à l’autorité préfectorale de faire procéder, dans les meilleurs délais, à leur hospitalisation d’office
d. Mesure de suspension de peine pour raison médicale dans un établissement de santé habilité au titre de l’article L. 3214-1 du Code de la santé publique ».
Dans le cadre de la procédure de suspension de peine pour raison médicale (art. 720-1-1 du CPP introduit par
la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de soins), le médecin de l’UCSA
ou éventuellement le médecin qui accueille la personne détenue dans un service hospitalier, envisage avec elle
cette possibilité dès lors qu’il estime que son état de santé est tel qu’elle pourrait bénéficier de cette mesure12.
12
Circulaire SANH0330441C DHOS/DGS/DAP/2003/440 du 24 juillet 2003 relative au rôle des médecins intervenant auprès des personnes détenues dans
le cadre de la procédure de suspension de peine pour raison médicale.
62 63
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ
2.4 Saisine du juge des libertés et de la détention (JLD)
En revanche, la saisine du JLD au bout de 15 jours et au bout de six mois (articles L. 3211-12-1 et L. 3214-2)
doit être accompagnée d’un avis conjoint des deux psychiatres :
2. Déroulement de la procédure - le psychiatre de l’établissement de santé où se déroule l’hospitalisation ;
- le psychiatre de l’établissement pénitentiaire d’origine du patient.
2.1 Certificat initial d’admission [Link]
Pour procéder à une hospitalisation sans consentement, en UHSA ou hors UHSA sous le régime régi par f. Sévices ou mauvais traitements (art. R. 4127-10 du CSP et 226-14 du CP)
l’article D. 398 du Code de procédure pénale, il revient à un médecin intervenant dans l’UCSA ou le SMPR de
l’établissement pénitentiaire d’établir un certificat médical circonstancié. Le Code de déontologie médicale dispose : « Un médecin amené à examiner une personne privée de liberté
Toutefois, l’article L. 3214-3 du CSP précise que « le certificat médical ne peut émaner d’un psychiatre exerçant ou à lui donner des soins ne peut, directement ou indirectement, serait-ce par sa seule présence, favoriser ou
dans l’établissement d’accueil ». Si l’établissement d’accueil est également l’établissement de rattachement cautionner une atteinte à l’intégrité physique ou mentale de cette personne ou à sa dignité. S’il constate que
de l’unité sanitaire en milieu pénitentiaire, le psychiatre de cette unité ne peut donc pas rédiger le certificat cette personne a subi des sévices ou des mauvais traitements, il doit, sous réserve de l’accord de l’intéressé,
médical permettant au préfet de prononcer par arrêté l’admission en soins psychiatriques sous la forme d’une en informer l’autorité judiciaire. » Le Code pénal, à l’article 226-14, 2e alinéa, désigne le procureur de la
hospitalisation complète une personne détenue (article L. 3214-3 du CSP). En revanche, et conformément à la République comme la personne à laquelle doit être fait le signalement.
décision n° 321506 du Conseil d’État prononcée le 9 juin 2010, « s’il ne peut émaner d’un psychiatre exerçant Le médecin doit informer la personne détenue des démarches entreprises et lui donner un double des
Réglementation
et procédures
dans l’établissement d’accueil, il peut être établi par un médecin non psychiatre de cet établissement ou par documents établis. Le chef d’établissement est informé avec l’accord de la personne détenue.
un médecin extérieur à l’établissement, qu’il soit ou non psychiatre ».
#2
Toutefois, s’il s’agit d’un mineur ou d’une personne qui n’est pas en mesure de se protéger en raison de son
Le médecin ayant rédigé le certificat médical initial informe le chef de l’établissement pénitentiaire concerné âge ou de son état physique ou psychique, le médecin doit, sauf circonstances particulières qu’il apprécie
de sa demande, et transmet le certificat au directeur de l’établissement de santé de rattachement de l’unité en conscience, alerter les autorités judiciaires, médicales ou administratives. Dans ce second cas l’accord
sanitaire (UCSA ou SMPR). des intéressés n’est pas nécessaire (Code de déontologie). Le Code pénal privilégie le procureur de la
République et ne fait pas référence aux autorités médicales ou administratives. Cela ne dispense pas le
Les médecins de l’unité sanitaire et de l’UHSA ou de l’établissement autorisé en psychiatrie fixent ensemble médecin, relativement à la règle déontologique, d’en avertir l’autorité administrative en la personne du chef
les modalités d’hospitalisation puis, le préfet du département où est situé l’établissement pénitentiaire, de l’établissement.
prononce l’hospitalisation au vu du certificat circonstancié (art. L. 3214-3 du CSP).
64 65
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ
• L’article R. 4235-5 du Code de la santé publique indique que : « Le secret professionnel s’impose à tout phar-
macien dans les conditions établies par la loi. Tout pharmacien doit en outre veiller à ce que ses collaborateurs
soient informés de leurs obligations en matière de secret professionnel et à ce qu’ils s’y conforment. »
SECRET PROFESSIONNEL • L’article R. 4312-4 du Code de la santé publique prévoit que : « Le secret professionnel s’impose à tout
infirmier ou infirmière et à tout étudiant infirmier dans les conditions établies par la loi. Le secret couvre
DES PERSONNELS DE SANTÉ non seulement ce qui lui a été confié, mais aussi ce qu’il a vu, lu, entendu, constaté ou compris. L’infirmier
ou l’infirmière instruit ses collaborateurs de leurs obligations en matière de secret professionnel et veille à
ce qu’ils s’y conforment. »
Le secret professionnel est l’un des fondements de la relation de soins. La relation entre la personne détenue • L’article R. 4127-303 du Code de la santé publique dispose que : « Le secret professionnel institué dans
et les personnels soignants est donc fondée sur la confiance. Cette dernière est garantie par l’indépendance du l’intérêt des patients s’impose à toute sage-femme dans les conditions établies par la loi. Le secret
médecin vis-à-vis des autorités pénitentiaires et judiciaires, dans l’exercice de ses fonctions de soins. Le secret couvre tout ce qui est venu à la connaissance de la sage-femme dans l’exercice de sa profession,
professionnel s’impose donc en milieu pénitentiaire comme en milieu libre. Sauf dérogation prévue par la loi, le c’est-à-dire non seulement ce qui lui a été confié, mais aussi ce qu’elle a vu, entendu ou compris.
secret est opposable à toute autorité, même si cette autorité est elle-même astreinte au secret professionnel. La sage-femme doit veiller à ce que les personnes qui l’assistent dans son travail soient instruites de leurs
Le secret professionnel fait partie intégrante du secret de la vie privée (article 9 du Code civil). Quant au champ obligations en matière de secret professionnel et s’y conforment. La sage-femme doit veiller à la protection
du secret professionnel, il s’étend à toutes les informations d’ordre privé venues à la connaissance du médecin contre toute indiscrétion de ses fiches cliniques et des documents qu’elle peut détenir concernant ses
Réglementation
et procédures
dans l’exercice de ses fonctions, que ces informations soient ou non d’ordre médical. patientes. Lorsqu’elle se sert de ses observations médicales pour des publications scientifiques, elle doit
faire en sorte que l’identification des patientes ne soit pas possible. »
#2
I - NATURE DU SECRET PROFESSIONNEL • Le secret professionnel s’agissant des psychologues relève des seules dispositions du Code pénal.
Le secret professionnel est une obligation fondamentale décrite dans les articles 226-13 et 226-14 du Code B. DROIT DU MALADE
pénal. Il n’existe pas de définition juridique du secret, mais sa violation est réprimée par le Code pénal.
L’article 226-13 du Code pénal dispose que « la révélation d’une information à caractère secret par une Le secret est non seulement une obligation à la charge des professionnels mais aussi un droit du malade
personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d’une fonction ou d’une mission (Cf. loi n° 2002-403 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé). L’article
temporaire, est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende ». Tous les personnels de L. 1110- 4 du Code de la santé publique prévoit que : « Toute personne prise en charge par un professionnel,
santé, quel que soit leur statut, leur profession ou leur fonction (y compris en cas de mission temporaire) sont un établissement, un réseau de santé ou tout autre organisme participant à la prévention et aux soins a droit
tenus de respecter cette prescription légale. au respect de sa vie privée et du secret des informations la concernant. »
Cependant cet article ne s’applique pas dans les cas où la loi impose ou autorise la révélation du secret. Ce droit n’est pas sans limite. En effet, ce même article précise également que : « Excepté dans les cas
Il existe des limites aux poursuites pour l’infraction prévue à l’article 226-13 du Code pénal dans des conditions de dérogation, expressément prévus par la loi, ce secret couvre l’ensemble des informations concernant
particulières (article 226-14 du Code pénal). la personne, venues à la connaissance du professionnel de santé, de tout membre du personnel de ces
établissements ou organismes et de toute autre personne en relation, de par ses activités, avec ces
A. APPLICATION AUX MÉDECINS, CHIRURGIENS-DENTISTES, PHARMACIENS, établissements ou organismes. Il s’impose à tout professionnel de santé, ainsi qu’à tous les professionnels
INFIRMIERS, SAGES-FEMMES, PSYCHOLOGUES intervenant dans le système de santé. »
• L’obligation déontologique pesant sur les médecins est codifiée à l’article R. 4127-4 du Code de la santé
publique qui indique que : « Le secret professionnel institué dans l’intérêt des patients s’impose à tout
médecin dans les conditions établies par la loi. Le secret couvre tout ce qui est venu à la connaissance du
médecin dans l’exercice de sa profession, c’est-à-dire non seulement ce qui lui a été confié, mais aussi ce
qu’il a vu, entendu ou compris. »
• L’article R. 4127-206 du Code de la santé publique prévoit que : « Le secret professionnel s’impose à
tout chirurgien-dentiste, sauf dérogations prévues par la loi. Le secret couvre tout ce qui est venu à la
connaissance du chirurgien-dentiste dans l’exercice de sa profession, c’est-à-dire non seulement ce qui lui
a été confié, mais aussi ce qu’il a vu, entendu ou compris. »
66 67
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ
DÉROGATIONS LÉGALES
DÉCLARATIONS OBLIGATOIRES
• naissance
• décès
II - RESPECT DU SECRET PROFESSIONNEL LORS DE L’EXERCICE MÉDICAL • maladies contagieuses
EN MILIEU PÉNITENTIAIRE • maladies vénériennes
• internement : soins psychiatriques sur demande d’un tiers ou dispositif d’urgence
Les personnes détenues ne doivent pas faire l’objet de discrimination (art. R. 4127- 7 du CSP). En tant que en cas de risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade
• majeurs protégés
personnes privées de liberté, elles doivent, au contraire, être l’objet d’une attention particulière, notamment • accidents du travail et maladies professionnelles
si le médecin constate des sévices ou de mauvais traitements (art. R. 4127-10 du CSP). • pension militaire d’invalidité
• pension civile et militaire de retraite
A. PORTÉE DU SECRET PROFESSIONNEL • indemnisation de personnes contaminées par le VIH par transfusion
• dopage
• risques pour la santé humaine
Si le secret couvre une information à caractère secret selon le Code pénal, le Code de la santé publique
précise que celui-ci couvre « l’ensemble des informations concernant la personne venues à la connaissance
du professionnel de santé, de tout membre du personnel de ces établissements ou organismes et de toute
PERMISSIONS DE LA LOI
autre personne en relation, de par ses activités, avec ces établissements ou organismes ». Ces dispositions
Réglementation
et procédures
se retrouvent dans les dispositions réglementant la profession médicale (Cf. Code de déontologie médicale • mauvais traitements infligés à un mineur ou à une personne incapable de se protéger
inclu dans le CSP : « Le secret couvre tout ce qui est venu à la connaissance du médecin dans l’exercice de sa • sévices permettant de présumer de violences sexuelles, physiques ou psychiques
#2
(avec accord de la personne concernée si majeure)
profession, c’est-à-dire non seulement ce qui lui a été confié, mais aussi ce qu’il a vu, entendu ou compris. » • recherches dans le domaine de la santé dans les limites fixées par les lois bioéthiques
et la loi informatique et liberté
B. DÉROGATIONS LÉGALES • évaluation d’activité dans les établissements de santé (art. L. 6113-1 à L. 6113- 8
et dans les limites fixées par la loi informatique et liberté)
• dangerosité d’un patient détenteur d’une arme à feu
La jurisprudence tant judiciaire qu’administrative précise que le secret professionnel est général et absolu.
Il ne peut être dérogé ainsi au secret professionnel que par la loi13.
Ces dérogations légales obligent15 ou autorisent16 seulement une certaine révélation (maladie contagieuse
Les dérogations au secret professionnel sont dans l’intérêt du patient ou de la santé publique : déclarations désignée par un numéro, symptômes d’un état mental dangereux, etc.). Elles n’autorisent qu’une information
de naissances et de décès (article 56 du Code civil), signalisation des cas de maltraitance au procureur de la « nécessaire, pertinente et non excessive ».
République avec l’accord de la victime (article 226-14 du Code pénal) (sauf si la victime est mineure notamment
(art. R. 4127-44 du CSP)). C. SECRET PROFESSIONNEL PARTAGÉ ENTRE SOIGNANTS
Le législateur a ainsi prévu un certain nombre de dispositions légales de dérogation à l’obligation de respecter Le secret professionnel s’impose à tous les professionnels de santé intervenant en milieu pénitentiaire.
le secret professionnel, qui font l’objet de textes précis. Le législateur a prévu la possibilité d’échanges d’informations entre professionnels de santé précisée dans
Certaines sont justifiées par la nécessité d’établir une communication maîtrisée d’informations médicales l’article L. 1110-4 alinéa 3 du Code de la santé publique : « Deux ou plusieurs professionnels de santé peuvent
notamment dans le cadre de la protection des victimes : ainsi, l’article L. 6141-5 du CSP prévoit que : « (…) toutefois, sauf opposition de la personne dûment avertie, échanger des informations relatives à une même
Dès lors qu’il existe un risque sérieux pour la sécurité des personnes au sein des établissements mentionnés personne prise en charge, afin d’assurer la continuité des soins ou de déterminer la meilleure prise en charge
au premier alinéa du présent article14, les personnels soignants intervenant au sein de ces établissements sanitaire possible. Lorsque la personne est prise en charge par une équipe de soins dans un établissement de
et ayant connaissance de ce risque sont tenus de le signaler dans les plus brefs délais au directeur de santé, les informations la concernant sont réputées confiées par le malade à l’ensemble de l’équipe. »
l’établissement en lui transmettant, dans le respect des dispositions relatives au secret médical, les En ce qui concerne les mineurs détenus, les détenteurs de l’autorité parentale sont également avertis
informations utiles à la mise en œuvre de mesures de protection (…). » du partage d’informations.
13
CE, 8 fev. 1989, Conseil national de l’ordre des médecins, req. n° 54494 54678 54679 54812 54813 : une atteinte au secret médical peut être jugée légale si
elle est la conséquence nécessaire d’une disposition législative.
14
Un ou plusieurs établissements publics de santé peuvent être spécifiquement destinés à l’accueil des personnes incarcérées ou des personnes
15
faisant l’objet d’une rétention de sûreté. Les dispositions des titres I, III et du présent titre sont adaptées par voie réglementaire aux conditions particulières Contraignent à la révélation.
16
de fonctionnement de ces établissements. Les dispositions du titre II ne leur sont pas applicables. Permettent la faculté de révéler sans l’obliger.
68 69
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ
EXPERTISE JUDICIAIRE
D. SECRET PROFESSIONNEL DANS LE CADRE DES RELATIONS
MÉDICALE
DU PERSONNEL SOIGNANT AVEC LES AUTORITÉS JUDICIAIRES ET PÉNITENTIAIRES
ET DE LA PROTECTION JUDICIAIRE DE LA JEUNESSE17
L’expertise judiciaire est une mesure d’instruction dont dispose le juge afin d’être éclairé sur un point de
Le secret professionnel doit être respecté dans le cadre des informations échangées lors des réunions de technique qui lui est étranger. Toute juridiction de jugement peut y avoir recours qu’elle appartienne à l’ordre
travail avec les services des établissements pénitentiaires et ceux de la PJJ. Le personnel pénitentiaire, judiciaire ou à l’ordre administratif. Le technicien (médecin) est saisi par la mission qui lui est adressée et doit
et plus particulièrement celui affecté aux structures médicales, est tenu d’observer une stricte discrétion. répondre aux questions qui lui sont adressées. L’expert dit le fait ; le juge dit le droit.
Il ne doit divulguer à personne des informations concernant la santé des personnes détenues. Le médecin
intervenant en milieu pénitentiaire doit veiller au comportement des personnes qui l’assistent (art. R. 4127-72
du CSP) et empêcher toute indiscrétion qui se produirait en son absence (art. R. 4127-71 et 73 du CSP). I - MÉDECIN EXPERT JUDICIAIRE
E. SECRET PROFESSIONNEL LORS DE LA MISE EN ŒUVRE Le médecin expert judiciaire est désigné par le juge tant dans le cadre d’une instance civile18 ou administrative
DES MESURES DE PROPHYLAXIE que pénale19. Il a pour mission de résoudre une question d’ordre technique (médicale en l’espèce) qui peut
Réglementation
et procédures
concerner toutes les spécialités comme l’évaluation d’un état de santé ou l’imputabilité d’un dommage
Le respect du secret professionnel ne s’oppose pas aux mesures de prophylaxie individuelles ou collectives corporel. Il ne s’agit pas d’un acte médical à visée thérapeutique pour le patient et le premier devoir de l’expert
#2
qui doivent être mises en œuvre, comme dans toute collectivité, dès lors qu’un risque infectieux a été identifié. est d’en informer la personne qu’il doit examiner.
Elles sont entreprises, lorsque les circonstances l’exigent, par le médecin responsable de l’unité sanitaire en
liaison avec le médecin de prévention de l’établissement public de santé de rattachement et avec le médecin Le médecin expert judiciaire doit être un praticien reconnu, compétent, expérimenté dans son domaine,
de prévention chargé d’assurer l’hygiène et la prévention auprès des différents personnels intervenant dans impartial et surtout indépendant des parties au procès. Son rôle est d’exprimer clairement un avis technique
l’établissement pénitentiaire. motivé sur les faits avec conscience, objectivité et impartialité. Il est soumis aux mêmes obligations que le
juge : impartialité et indépendance à l’égard des parties. Il peut ainsi être récusé pour les mêmes causes que
les juges (article 234 du Code de procédure civile).
L’expert accomplit sa mission sous le contrôle du juge, dans des délais impartis selon les moyens qui lui
apparaissent les plus appropriés pour établir ses conclusions.
Le médecin expert judiciaire doit respecter les règles de procédure, répondre aux questions de la mission,
dans un langage intelligible pour le profane non médecin.
Au-delà des règles déontologiques et des sanctions disciplinaires communes à l’ensemble des experts
judiciaires, le médecin expert est tenu au respect des règles de sa propre déontologie :
70 71
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ
B. EN MATIÈRE PÉNALE
L’expert peut être désigné aux fins d’examiner une victime, un auteur ou un prévenu. Ses opérations se
déroulent sous le contrôle du juge et sa liberté d’action est plus restreinte qu’en matière civile. L’intérêt
Article R. 4127-107 du CSP supérieur est la recherche de la vérité et le juge doit donc connaître tout ce que connaît l’expert au sein de sa
« Le médecin expert doit, avant d’entreprendre toute opération d’expertise, informer la personne qu’il doit mission. Bien sûr, ce qui est étranger à la mission reste couvert par le secret professionnel.
examiner de sa mission et du cadre juridique dans lequel son avis est demandé. »
S’agissant de documents médicaux contenus dans un dossier, l’expert ne peut y avoir un accès direct. Il doit
Article R. 4127-108 du CSP s’en ouvrir au juge lequel fait saisir le dossier qui est placé sous scellé et confié à l’expert. Parfois des juges
« Dans la rédaction de son rapport, le médecin expert ne doit révéler que les éléments de nature à apporter donnent mission à l’expert de se faire remettre un dossier. Il s’agit d’une pratique dont on mesure l’utilité : faire
la réponse aux questions posées. Hors de ces limites, il doit taire tout ce qu’il a pu connaître à l’occasion de accélérer les opérations d’expertise… Pour autant le détenteur du dossier (libéral ou établissement de santé)
cette expertise […]. » peut refuser au motif du respect du secret auquel il est tenu et le juge ne peut l’y contraindre.
Réglementation
et procédures
médicaux dont certains peuvent se trouver dans un dossier médical constitué par un médecin libéral ou par les juges ni en ce qui concerne les prérogatives et devoirs des experts.
un établissement de santé public ou privé.
#2
L’expert agit dans le cadre procédural qui le désigne et dont il respecte les règles.
L’expert judiciaire peut être « désigné » par l’intéressé ou ses ayants droit (en cas de décès et s’il ne s’y est pas
opposé de son vivant) pour accéder à son dossier médical mais cela doit rester l’exception car depuis la loi du Le médecin traitant, somaticien ou psychiatre, est tenu aux mêmes règles professionnelles et déontologiques
4 mars 2002 l’intéressé a un accès direct à son dossier. Il lui suffit d’en faire la demande et de donner à l’expert que son confrère de l’extérieur et dispose des mêmes libertés de décision à l’égard de l’expert.
les documents qui lui sont nécessaires pour mener à bien sa mission. S’il s’agit d’un mineur la demande sera
celle des détenteurs de l’autorité parentale sauf si le mineur refuse, auquel cas un médecin sera désigné pour En revanche l’expertise médicale d’une personne détenue ne doit pas être réalisée au sein des structures
y accéder. de soins en milieu pénitentiaire20 et le médecin de l’unité sanitaire étant médecin traitant ne peut pas être
désigné comme expert21.
Un médecin traitant peut toujours refuser de répondre à un médecin expert fût-il « expert judiciaire ». En effet
il n’y a aucun partage, concernant la prise en charge thérapeutique, entre le médecin traitant et le médecin Les missions confiées à l’expert ont des objets divers. Il peut s’agir d’une expertise psychiatrique ou médico-
expert. Le secret professionnel médical est « général et absolu » ; seule la loi permet ou oblige à la levée du psychologique mais l’expert peut également être interrogé sur la compatibilité d’un état de santé avec le
secret. La seule personne à laquelle le secret n’est pas opposable est le patient. maintien en détention, sur la réalité d’un dommage corporel allégué ou sur toute autre question concernant
le corps ou le psychisme d’une personne détenue.
Il n’y a aucune différence concernant le secret entre le médecin expert judiciaire et le médecin-conseil privé.
Le médecin traitant n’est tenu d’aucune obligation à leur égard. Il doit répondre aux questions de son patient ;
charge à lui de faire de ces réponses l’usage qu’il souhaite.
En matière civile le procès « appartient aux parties » et le juge ne dispose que d’un pouvoir d’injonction.
Le juge peut ordonner à un tiers de communiquer à l’expert les documents nécessaires à l’exécution de sa
mission mais il ne peut contraindre un médecin à lui transmettre des informations couvertes par le secret
lorsque la personne ou ses ayants droit s’y sont opposés (Cass. civ. 1re n° 01-02.338, 15 juin 2004). Si la partie
s’oppose à éclairer l’expert, le juge en tire ses conclusions.
L’exception concerne, depuis le 4 mars 2002, l’expert désigné par une commission de conciliation et d’indem-
nisation des dommages médicaux. La loi dispose que le secret ne lui est pas opposable.
20
Note de la DAP du 20 février 2009.
21
Article R. 4127-105 du CSP : « Nul ne peut être à la fois médecin expert et médecin traitant d’un même malade. […] ».
72 73
Réglementation
et procédures
#2
CAHIER I
DÉONTOLOGIE
ET RÉGLEMENTATION
DROIT APPLICABLE
AU PERSONNEL DE SANTÉ ET JUSTICE
P. 75 > 78
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ ET DE JUSTICE
Au-delà de ces dispositions, ce partage a pour objectif de préserver la santé et la sécurité de la personne
détenue mais également de participer à la sécurité de l’ensemble des personnes intervenant en milieu
pénitentiaire. Il s’exerce dans le respect du droit au secret médical, garanti aux personnes détenues par
l’article 45 de la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 pénitentiaire.
PARTAGE Le partage d’informations est organisé dans le cadre de procédures et outils formalisés au sein des
D’INFORMATIONS commissions telles que la CPU, la réunion hebdomadaire de l’équipe pluridisciplinaire lorsque l’établissement
accueille des personnes mineures ou la commission santé prévue par le guide méthodologique relatif
à la prise en charge sanitaire des personnes détenues.
Une circulaire a été publiée sur cette thématique le 21 juin 2012 ([Link] L’annexe K « Partage d’informations », issue des réflexions du groupe de travail interministériel précité, donne
DGS_DGOS_DAP_DPJJ_du_21_juin_2012_CPU.pdf) précisant le cadre et les limites du partage d’informations un cadre à ce partage, qui doit être décliné et organisé au niveau de chaque établissement.
opérationnelles entre les professionnels de santé exerçant en milieu pénitentiaire et ceux de l’administration
pénitentiaire et de la protection judiciaire de la jeunesse. Le cahier électronique de liaison (CEL) est mis en place par l’administration pénitentiaire. Les professionnels
de santé ne doivent en aucune façon y porter des éléments d’information couverts par le secret médical.
Le contenu s’appuie sur les recommandations issues d’un groupe de travail interministériel sur ce sujet
associant des représentants des professionnels de la santé et de la justice, mis en place à l’initiative du
Réglementation
et procédures
ministre chargé de la Santé et piloté par ses services. Le partage d’informations dans ce cadre peut paraître II - PARTICIPATION DES PROFESSIONNELS DE SANTÉ À LA COMMISSION
complexe mais il est nécessaire, dans l’intérêt de la personne détenue. PLURIDISCIPLINAIRE UNIQUE (CPU) ET À LA RÉUNION HEBDOMADAIRE
#2
DE L’ÉQUIPE PLURIDISCIPLINAIRE POUR LES MINEURS
Ce texte précise également les modalités de participation des professionnels de santé à la commission
pluridisciplinaire unique (CPU) et aux réunions de l’équipe pluridisciplinaire dans les établissements La commission pluridisciplinaire unique (CPU), dispositif pénitentiaire prévu par le décret n° 2010-1635 du
accueillant des personnes mineures, le but étant d’harmoniser celles-ci dans le respect des domaines de 23 décembre 2010 portant application de la loi pénitentiaire et modifiant le Code de procédure pénale, est
compétence et des cadres professionnels de chacun. présidée par le chef de l’établissement pénitentiaire ou son représentant. Sa consultation est obligatoire
pour l’examen des parcours d’exécution de peine (PEP) des personnes condamnées (article D. 89 du Code de
procédure pénale) et facultative pour toute autre situation la justifiant. Elle a pour objectif une connaissance
I - PARTAGE D’INFORMATIONS OPÉRATIONNELLES ENTRE PROFESSIONNELS partagée de la situation globale d’une personne détenue tout au long de son parcours de détention. Dans les
DE SANTÉ ET PROFESSIONNELS DE L’ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE établissements accueillant des personnes mineures, cet objectif est dévolu à la réunion hebdomadaire de
ET DE LA PROTECTION JUDICIAIRE DE LA JEUNESSE l’équipe pluridisciplinaire (article D. 514 du Code de procédure pénale) à laquelle participe le service de la PJJ
dans la mesure où l’accompagnement éducatif concerne également l’accès aux soins.
Les conditions du partage d’informations entre les professionnels de santé et les professionnels de
l’administration pénitentiaire sont définies à l’article L. 6141-5 du Code de la santé publique, issu de l’article 8 A. MODALITÉS DE PARTICIPATION DES ÉQUIPES SOIGNANTES
de la loi n° 2008-174 du 25 février 2008 relative à la rétention de sûreté et à la déclaration d’irresponsabilité
pénale pour cause de trouble mental dans les termes suivants : « Dès lors qu’il existe un risque sérieux pour Les professionnels de santé - représentants des unités sanitaires (UCSA/SMPR) désignés par l’établissement
la sécurité des personnes au sein des établissements mentionnés au premier alinéa du présent article - de santé de rattachement - sont invités à y participer en fonction de l’ordre du jour et apportent des éléments
établissements publics de santé spécifiquement destinés à l’accueil des personnes incarcérées ou des permettant une prise en charge plus adaptée des patients détenus grâce à une meilleure articulation entre
personnes faisant l’objet d’une rétention de sûreté -, les personnels soignants intervenant au sein de ces les professionnels, dans le respect du secret médical. Suivant le principe du partage d’informations au sein
établissements et ayant connaissance de ce risque sont tenus de le signaler dans les plus brefs délais au de ces instances, ils peuvent également être destinataires d’informations de la part des autres professionnels
directeur de l’établissement en lui transmettant, dans le respect des dispositions relatives au secret médical, présents et qui seront utiles à la prise en charge thérapeutique de leurs patients dans les conditions prévues
les informations utiles à la mise en œuvre de mesures de protection. Les mêmes obligations sont applicables par le tableau joint à la présente.
aux personnels soignants intervenant au sein des établissements pénitentiaires. »
76 77
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AU PERSONNEL DE SANTÉ ET DE JUSTICE
La participation des professionnels de santé à ces instances est organisée selon les principes suivants :
Le représentant du personnel soignant est désigné par l’établissement de santé de rattachement. Il est
souhaitable dans un souci de continuité que cette représentation soit assurée par un même personnel.
Si un médecin a été désigné, il peut déléguer cette fonction de représentant à un personnel infirmier, tenu au
secret professionnel conformément à l’article R. 4312-4 du Code de la santé publique.
À l’occasion de cette délégation, le médecin rappelle à l’infirmier ses conditions d’intervention au sein
de la commission pluridisciplinaire unique au regard du droit au respect au secret médical reconnu aux
personnes détenues.
La participation effective des professionnels de santé aux réunions de la CPU qui traitent de la prévention du
suicide est fortement recommandée.
Réglementation
et procédures
b. Communication de l’ordre du jour
#2
Il revient au chef de l’établissement pénitentiaire de veiller à ce que l’ordre du jour des réunions soit
communiqué au moins cinq jours avant leur tenue au représentant désigné par l’établissement de santé de
rattachement, lorsque la CPU examine le parcours d’exécution de la peine. Dans les autres cas, aucun délai
n’est prescrit. Il convient toutefois de respecter un délai minimum de prévenance de trois jours pour permettre
de préparer dans de bonnes conditions la réunion.
CAHIER I
DÉONTOLOGIE
ET RÉGLEMENTATION
Celui-ci comporte la liste exhaustive des personnes détenues dont la situation sera évoquée afin de permettre
à l’équipe soignante de préparer ces réunions et notamment d’informer les personnes détenues concernées
de l’échange d’informations envisagé. Si la personne détenue concernée est mineure, les titulaires de
l’autorité parentale sont informés de l’échange d’informations envisagé. Cette information préalable
DROIT APPLICABLE
de la personne détenue et l’échange prévu à son sujet doivent s’exercer dans le strict respect des dispositions AUX PERSONNES DÉTENUES
de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé.
B. CONTRACTUALISATION
L’instauration de protocoles est indispensable pour garantir dans la durée un fonctionnement efficace
et harmonisé. Ces protocoles doivent tenir compte des éventuelles spécificités concernant les personnes
mineures incarcérées.
La mise en place d’un protocole spécifique à ce sujet est prévue dans le protocole cadre (article 15), les
modalités de participation de l’équipe soignante devant être déclinées dans l’annexe XI du protocole.
78
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AUX PERSONNES DÉTENUES
B. MODALITÉS DE TRANSMISSION DES INFORMATIONS MÉDICALES
• En cas de transfert d’une personne détenue vers un autre établissement pénitentiaire, les informations
médicales nécessaires à sa prise en charge (copie du dossier médical) sont transmises au responsable
DOSSIER MÉDICAL médical de l’unité sanitaire dans des conditions matérielles garantissant leur inviolabilité (pli cacheté).
• En cas d’extraction ou transfèrement vers un établissement de santé, les informations médicales contenues
dans le dossier sont transmises au médecin destinataire dans des conditions matérielles garantissant leur
« La prise en charge des personnes détenues est intégrée au système de santé de droit commun. Les soins inviolabilité (art. D. 375 du CPP).
aux personnes détenues relèvent du droit commun en matière de santé, y compris pour l’ensemble des
procédures de gestion du dossier médical. • En cas de libération de la personne détenue, les éléments essentiels du dossier médical nécessaires à
Le dossier médical de la personne détenue doit permettre son suivi tout au long de son incarcération, quels la continuité des soins doivent être adressés au professionnel de santé désigné par la personne libérée.
que soient la durée et les lieux successifs de celle-ci. Il est identique à celui constitué pour tout patient admis « À la fin de chaque séjour hospitalier, copie des informations concernant les éléments utiles à la continuité
dans un établissement de santé public ou privé. » (Art. R. 1112-2 du CSP) des soins est remise directement au patient au moment de sa sortie ou, si le patient en fait la demande, au
praticien que lui-même ou la personne ayant l’autorité parentale aura désigné, dans un délai de huit jours
Un dossier médical patient est constitué pour chaque personne détenue dès son entrée dans un établissement maximum. » (Art. R. 1112-1 du CSP)
pénitentiaire par le service médical de l’établissement de santé correspondant (UCSA/SMPR). Son contenu,
Réglementation
et procédures
sa gestion, son transfert, son devenir et ses conditions d’accès sont régis par les règles de droit commun. • En cas de décès de la personne détenue ; tenu par le secret médical même après le décès du patient,
La communication du dossier médical constitue une obligation pour l’établissement de santé et un droit pour le médecin ne peut pas divulguer ce secret auprès d’un tiers, quel qu’il soit. Sollicité pour délivrer un
#2
le patient. certificat médical post-mortem, le médecin reste seul juge, en conscience, de son comportement, mais ne
peut délivrer ce document qu’aux ayants droit légitimes du défunt. « Le secret médical ne fait pas obstacle
Le dossier médical constitué pour chaque patient hospitalisé contient notamment les éléments suivants à ce que les informations concernant une personne décédée soient délivrées à ses ayants droit, dans la
(articles R. 1111-1 à R. 1112-9) : l’article R. 1112-2 du CSP énumère un ensemble d’informations, mesure où elles leur sont nécessaires pour leur permettre de connaître les causes de la mort, de défendre la
de documents et de sous-dossiers qui doivent nécessairement figurer dans le dossier médical. Cette liste n’est mémoire du défunt ou de faire-valoir leurs droits, sauf volonté contraire exprimée par la personne avant son
pas exhaustive mais indique les éléments devant a minima être inclus dans celui-ci. Cependant, s’agissant décès (art. L. 1110-4 du CSP). « L’ayant droit d’une personne décédée qui souhaite accéder aux informations
d’un dossier de consultation, si son support est laissé à l’appréciation de l’établissement de santé, son contenu médicales concernant cette personne, dans les conditions prévues au septième alinéa de l’article L. 1110-4,
doit être exhaustif sur l’ensemble des actes prodigués. doit préciser, lors de sa demande, le motif pour lequel elle a besoin d’avoir connaissance de ces informations.
Le refus d’une demande opposé à cet ayant droit est motivé. Ce refus ne fait pas obstacle, le cas échéant, à
la délivrance d’un certificat médical, dès lors que ce certificat ne comporte pas d’informations couvertes par
I - GESTION, TRANSFERT ET DEVENIR DU DOSSIER MÉDICAL le secret médical. » (Art. R.1111-7 du CSP)
DES PERSONNES DÉTENUES
C. ARCHIVAGE DES DOSSIERS MÉDICAUX
A. GESTION AU SEIN DE L’UNITÉ SANITAIRE
L’archivage des dossiers médicaux par les unités sanitaires des établissements pénitentiaires relève du régime
Le dossier médical de la personne détenue est placé sous la responsabilité exclusive de l’établissement de des archives publiques hospitalières. L’article R. 1112-7 du Code de la santé publique (décret n° 2006-6 du
santé. Il est conservé dans les locaux de l’unité sanitaire de l’établissement pénitentiaire où est écroué le 4 janvier 2006) réduit de façon sensible la durée de conservation des dossiers médicaux des établissements de
patient et dans des conditions garantissant le respect de la confidentialité. santé (publics et privés). L’article R. 1112-7 du CSP fixe un délai de 20 ans pour la conservation des archives
Le service médical doit bénéficier de locaux sécurisés, les dossiers n’étant accessibles qu’aux seuls soignants des dossiers médicaux. Qu’il s’agisse des dossiers « papiers » ou informatiques, ils doivent être conservés
(art. D. 375 du CPP). dans des conditions qui garantissent leur confidentialité et leur intégrité.
L’absolue confidentialité des données est garantie quel que soit le support de l’information, mais spécifiquement
dans le cadre des supports informatiques (art. L. 1110-4 § 4 al 4 du CSP).
II - ACCÈS DES PERSONNES DÉTENUES À LEUR DOSSIER MÉDICAL
Les personnes détenues bénéficient d’un droit d’accès à leur dossier médical et aux informations de santé
les concernant. Ce sont les règles de droit commun qui s’appliquent. Celles-ci sont précisées dans l’article
L. 1111-7 du Code de la santé publique modifié par la loi du 5 juillet 2011.
80 81
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AUX PERSONNES DÉTENUES
La communication de ces informations à la personne détenue par ce médecin nécessite la délivrance par
l’autorité compétente (magistrat saisi du dossier de l’information s’agissant des prévenus, chef d’établissement
s’agissant des personnes condamnées) d’un permis de visite. Le permis de visite doit préciser que le médecin
est autorisé à amener une copie des documents, la remise de ceux-ci à la personne concernée n’étant
C’est la totalité du dossier qui est transmise en copie et non en original, incluant les courriers, les comptes toutefois pas autorisée. Dans l’hypothèse où le médecin désigné souhaiterait communiquer ces informations
rendus et les documents divers concernant la prise en charge du patient. par courrier à la personne détenue, il est rappelé qu’il n’est pas fait exception dans ce cas aux dispositions
L’accès au dossier médical peut se faire directement ou par l’intermédiaire d’un médecin désigné par relatives aux contrôles des courriers (article 40 de la loi pénitentiaire n° 2009-1436 du 24 novembre 2009).
la personne détenue.
Dans la mesure où la personne détenue souhaiterait disposer d’une copie de son dossier médical en cellule,
A. RÉGLEMENTATION GÉNÉRALE celle-ci s’expose à le voir contrôler par les personnels pénitentiaires lors de fouilles.
Les dispositions relatives à la communication aux patients des informations contenues dans le dossier médical b. Les mineurs ou les majeurs protégés
et à l’information des personnes soignées s’appliquent au dossier médical de la personne détenue, dossier
régi par les dispositions des articles R. 1111-1 à R. 1111-6 et R. 1112-1 à R. 1112-9 du CSP. • Le droit d’accès au dossier médical des mineurs ou des majeurs placés sous tutelle est exercé, selon le cas,
par le titulaire de l’autorité parentale ou le tuteur de l’intéressé (Cf. §A).
Ces dispositions sont les suivantes : • Concernant le mineur, celui-ci peut demander à ce que la communication des informations médicales
- toute personne a accès à l’ensemble des informations concernant sa santé détenues par des professionnels le concernant ait lieu par l’intermédiaire d’un médecin. Ce dernier est alors choisi par le détenteur de
Réglementation
et procédures
et des établissements de santé (art. L. 1111-7, 1er §) ; l’autorité parentale. L’accès au dossier médical peut s’opérer soit par consultation sur place dans un local
- elle peut accéder à ces informations directement ou par l’intermédiaire d’un médecin qu’elle désigne à cet administratif de l’établissement pénitentiaire (sous réserve de la délivrance d’une autorisation d’accès au
#2
effet (art. L. 1111-7, 2e §) ; titulaire de l’autorité parentale et au médecin par le chef d’établissement ou à l’établissement de santé de
- la présence d’une tierce personne lors de la consultation de certaines informations peut être recommandée rattachement de l’unité sanitaire), soit par envoi d’une copie des documents concernés (articles L. 1111-7
par le médecin (art. L.1111-7, 3e §) ; et L. 1112-1 du CSP).
- la consultation des informations, dans le cadre de dispositif d’urgence en cas de risque grave d’atteinte à • Lorsqu’un mineur souhaite garder le secret sur un traitement ou une intervention dont il a fait l’objet dans
l’intégrité du malade, peut être subordonnée à la présence d’un médecin désigné par le demandeur en cas les conditions prévues à l’article L. 1111-5 du CSP, il peut demander au médecin qui a pratiqué ce traitement
de risque d’une gravité particulière (art. L. 1111-7, 4e §) ; ou cette intervention de mentionner à son dossier médical son opposition à l’information du titulaire de
- pour les mineurs, la personne pouvant exercer le droit d’accès est le ou les détenteurs de l’autorité parentale, l’autorité parentale. En cas de demande de ce dernier, le médecin doit s’efforcer d’obtenir le consentement
sous réserve de l’opposition prévue à l’article L. 1111-5. Le mineur peut demander que cet accès ait lieu en du mineur ; si le mineur persiste dans son refus de communiquer les informations médicales concernées,
présence d’un médecin (art. L. 1111-7, 5e §) ; son choix est respecté.
- les ayants droit d’une personne décédée peuvent accéder aux informations médicales dans les conditions • Le dossier médical d’une personne détenue mineure n’est plus communicable au titulaire de l’autorité
prévues à l’article L. 1110-4 (art. L. 1111-7, 7e alinéa). parentale une fois que celui-ci a atteint sa majorité.
B. PROCÉDURES SPÉCIFIQUES
III - COMMUNICATION DU DOSSIER MÉDICAL À DES MÉDECINS EXTÉRIEURS
a. Intervention d’une tierce personne
A. RÉGLEMENTATION GÉNÉRALE
Si la communication des informations médicales aux personnes détenues (article R. 1112-1 du CSP) nécessite
l’intervention d’une tierce personne (demande du médecin ou du patient), elle doit, en ce cas, disposer des La communication du dossier médical des personnes détenues à des praticiens extérieurs obéit aux mêmes
autorisations nécessaires (permis de visite) lui permettant de communiquer avec la personne détenue1. règles que celles du droit commun en la matière (article R. 4127-45 du CSP).
Si la personne détenue fait le choix de se faire accompagner ou assister par un médecin, celle-ci doit indiquer
à l’établissement le nom et les coordonnées du médecin choisi. Après s’être assuré de la qualité de médecin Lorsqu’une hospitalisation ou des examens spécifiques sont nécessaires, le médecin de l’unité sanitaire est
de la personne ainsi désignée, l’établissement de santé peut, selon son choix ou celui du demandeur, lui tenu de communiquer, avec l’accord du patient détenu et des détenteurs de l’autorité parentale si le patient
adresser ou lui remettre les documents. est mineur, les éléments du dossier médical indispensables à la continuité des soins.
De même l’accès au dossier médical d’un patient détenu (ou hospitalisé sans son consentement) par les
médecins du CPT ou par le contrôleur général des lieux de privation de liberté ne peut être autorisé qu’avec le
1
Article 49 de la loi pénitentiaire de 2009 + Circulaire JUSK11400029C du 20 février 2012 relative au maintien des liens extérieurs : « Les visites peuvent consentement de la personne concernée.
s’effectuer au parloir si ces derniers permettent la stricte confidentialité : parloirs réservés aux avocats, parloirs familiaux, parloirs classiques aux horaires
séparées des heures de visite habituelle, etc. » (lien Internet : [Link]
82 83
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AUX PERSONNES DÉTENUES
C. DÉPLOIEMENT
Son déploiement repose sur la résolution de problématiques aussi diverses que celles liées à l’interopérabilité
et la sécurité des systèmes d’information ou à l’organisation des maîtrises d’ouvrage régionales et, plus
B. EXCEPTIONS largement, à l’implication de tous les acteurs concernés.
a. Communication du dossier médical dans le cadre de missions (art. L. 1112-1 du CSP) Le DMP sera donc diffusé progressivement au niveau national, y compris en milieu carcéral où des
problématiques spécifiques comme l’accès de la personne détenue à son DMP doivent être préalablement
« Les médecins membres de l’Inspection générale des affaires sociales, les médecins inspecteurs de santé résolues.
publique, les inspecteurs de l’agence régionale de santé ayant la qualité de médecin et les médecins conseils
des organismes d’assurance maladie ont accès, dans le respect des règles de déontologie médicale, à ces
informations lorsqu’elles sont nécessaires à l’exercice de leurs missions. »
Le dossier médical peut également être saisi, sur réquisition de l’autorité judiciaire, en l’absence de l’accord
du patient. Dans ce cas, il est nécessaire que le directeur de l’établissement de santé (ou son représentant)
Réglementation
et procédures
soit présent ainsi qu’un médecin responsable de l’unité sanitaire et un représentant du conseil de l’ordre des
médecins.
#2
IV - LE DOSSIER MÉDICAL PERSONNEL
A. OBJECTIFS
La loi n° 2004-810 du 13 août 2004 a instauré le dossier médical personnel (DMP). Ces dispositions ont été
codifiées aux articles L. 161-36-2 du Code de la Sécurité sociale et L. 1111-14 et suivants du Code de la santé
publique. L’objectif de la création du DMP est de créer un service pour mettre à la disposition des bénéficiaires
de l’assurance maladie un dossier médical placé sous son contrôle. Il aura pour vocation d’améliorer la qualité
des soins en facilitant la coordination et les échanges d’informations entre professionnels de santé. Ce dossier
est en cours de déploiement.
B. PRINCIPES
L’article L. 1111-14 du CSP dispose que tout assuré social peut bénéficier d’un dossier médical personnel.
Le DMP est un service public gratuit qui permet au patient d’obtenir un dossier médical informatisé, stocké
chez un hébergeur de données agréé par le ministère en charge de la Santé. Accessible sur Internet, il est
conçu comme un ensemble de services permettant au patient et aux professionnels de santé autorisés par les
patients, de partager, sous forme électronique, partout et à tout moment, les informations de santé utiles à la
coordination des soins du patient. Le DMP peut ainsi centraliser des informations telles que les antécédents
et les allergies, les prescriptions médicamenteuses, les comptes rendus d’hospitalisation et de consultations,
ou encore les résultats d’examens complémentaires.
Le choix d’un tel dossier relève du patient qui garde à tout moment la possibilité de le fermer, de supprimer
tout ou partie des documents qu’il contient, ou de masquer certaines données de santé. Le DMP respecte les
droits des patients (principes de l’information, du consentement et de la confidentialité). Il est strictement
réservé au patient et aux professionnels de santé autorisés.
84 85
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AUX PERSONNES DÉTENUES
B. CONSENTEMENT (ARTICLE L. 1111-4 DU CSP)
Au nom du principe fondamental de l’inviolabilité du corps humain, tout acte médical ou tout traitement exercé
sur une personne doit faire l’objet d’un consentement préalable.
DROITS DES PATIENTS DÉTENUS De ce fait, l’article L. 1111-4 du Code de la santé publique indique qu’« aucun acte médical ni aucun traitement
ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré
à tout moment ».
Le consentement de la personne doit être libre, c’est-à-dire ne pas avoir été obtenu sous la contrainte, et
La prise en charge de la santé des personnes détenues est intégrée au système de santé de droit commun2. renouvelé pour tout nouvel acte médical. Il doit être transparent, c’est-à-dire que la personne doit avoir été
Les établissements de santé exerçant une mission de service public assurent cette dernière. Les personnes préalablement informée des actes qu’elle va subir, des risques fréquents ou graves normalement prévisibles
détenues relèvent du droit commun en matière de santé ce qui signifie qu’elles bénéficient de toutes les en l’état des connaissances scientifiques et de leurs conséquences éventuelles4.
dispositions en faveur des droits des patients. La qualité et la continuité des soins leurs sont garanties dans
des conditions équivalentes à celles dont bénéficie l’ensemble de la population. La mise en œuvre de ces droits Ce principe supporte deux exceptions que sont l’urgence et l’impossibilité de recueillir le consentement.
peut être freinée par les contraintes pénitentiaires et judiciaires, aussi il convient d’être particulièrement En effet, en cas d’urgence vitale, les soins sont immédiatement prodigués. Il en est de même en cas
vigilant quant à l’exercice de ces droits d’autant que les bénéficiaires sont en situation de vulnérabilité. d’impossibilité de recueillir le consentement.
Réglementation
et procédures
I - DROITS S’APPLIQUANT À TOUS
Aux termes de l’article L. 1111.4 du Code de la santé publique : « Le médecin doit respecter la volonté de la
#2
A. INFORMATION (ARTICLE L. 1111-2 DU CSP) personne après l’avoir informée des conséquences de ses choix. Si la volonté de la personne de refuser ou
d’interrompre tout traitement met sa vie en danger, le médecin doit tout mettre en œuvre pour la convaincre
Le Code de la santé publique indique que « toute personne a le droit d’être informée sur son état de santé. d’accepter les soins indispensables.
Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect La volonté du patient devant être respectée, le praticien est tenu de respecter ce choix. Il doit informer
des règles professionnelles qui lui sont applicables ». l’intéressé très précisément des conséquences de ses choix et doit tout mettre en œuvre pour le convaincre
Toute personne a le droit d’être informée sur son état de santé et le secret médical n’est pas opposable d’accepter les soins indispensables. Le malade doit réitérer sa décision après un délai raisonnable et cette
au patient. Toutefois, la volonté d’une personne de ne pas être informée du diagnostic ou du pronostic dernière doit être inscrite dans le dossier médical.
la concernant doit être respectée, sauf si son état de santé présente des risques de transmission à des tiers. Le respect de cette volonté du malade ne fait pas courir au médecin de poursuites pour non-assistance à
personne en danger. »
L’information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposées, Comme tout autre patient, les personnes détenues bénéficient de toutes les dispositions en faveur des droits
leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement des patients ; à ce titre elles ont le droit de désigner une personne de confiance, de rédiger des directives
prévisibles qu’ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles anticipées5, d’être informées, le droit au consentement et le droit de refuser les soins.
en cas de refus.
D. LA PERSONNE DE CONFIANCE (ARTICLE L. 1111.6 DU CSP)
L’information est délivrée au cours d’un entretien individuel et doit être claire, loyale et appropriée. En effet,
l’information doit être compréhensible et les risques doivent être exposés de façon mesurée sans les diminuer L’article L. 1111.6 du Code de la santé publique dispose que : « Toute personne majeure peut désigner une
ou les aggraver. personne de confiance qui peut être un parent, un proche ou le médecin traitant, et qui sera consultée au
Les informations formalisées dans un dossier médical sont accessibles (Cf. fiche « Dossier médical », cas où elle-même serait hors d’état d’exprimer sa volonté et de recevoir l’information nécessaire à cette fin.
Partie 2 ; Cahier I). Cette désignation est faite par écrit. Elle est révocable à tout moment. Si le malade le souhaite, la personne
L’accès aux informations est modulé dans le cas d’affection psychiatrique3. de confiance l’accompagne dans ses démarches et assiste aux entretiens médicaux afin de l’aider dans ses
La volonté de toute personne d’être tenue dans l’ignorance d’un diagnostic ou d’un pronostic grave doit être décisions.
respectée sauf lorsque des tiers sont exposés à des risques de transmission. Lors de toute hospitalisation dans un établissement de santé, il est proposé au malade de désigner une
personne de confiance dans les conditions prévues à l’alinéa précédent. Cette désignation est valable pour la
durée de l’hospitalisation, à moins que le malade n’en dispose autrement.
2 4
Article 46 de la loi n° 2009-1436, 24 novembre 2009 pénitentiaire, modifiée par l’ordonnance n° 2010-177, 23 février 2010. Ce qui est pris en compte par les juridictions, c’est la compréhension par le patient des modalités selon lesquelles est recueilli son consentement.
3 5
Article L. 1111-7 du Code de la santé publique. L’objet de ces dernières est de permettre à la personne de faire connaître ses souhaits quant à sa fin de vie.
86 87
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AUX PERSONNES DÉTENUES
II - DROITS S’APPLIQUANT AUX MINEURS ET AUX MAJEURS SOUS TUTELLE
A. INFORMATION
Les dispositions du présent article ne s’appliquent pas lorsqu’une mesure de tutelle est ordonnée. Toutefois, « L’information porte sur les différentes investigations, traitements, ou actions de prévention qui sont proposés,
le juge des tutelles peut, dans cette hypothèse, soit confirmer la mission de la personne de confiance leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles
antérieurement désignée, soit révoquer la désignation de celle-ci. » qu’ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et les conséquences prévisibles en cas de refus.
Cette information9 est délivrée au cours d’un entretien individuel. » (Art. L. 1111-2 du CSP)
Ce droit s’applique en milieu pénitentiaire. Il est nécessaire que la personne de confiance soit titulaire d’un
permis de visite pour qu’elle puisse s’entretenir avec la personne détenue hors de la présence du personnel a. Information des représentants légaux (article L. 1111-2 du CSP)
pénitentiaire (art. 49 de la loi pénitentiaire de 2009). Dans ce cas, l’entretien entre le médecin, la personne
détenue et la personne de confiance s’effectue dans un lieu adapté et respectant la confidentialité6. « (…) Les droits des mineurs ou des majeurs sous tutelle mentionnés au présent article sont exercés, selon
les cas, par les titulaires de l’autorité parentale ou par le tuteur. Ceux-ci reçoivent l’information prévue par le
Dans les cas particuliers de la recherche biomédicale, de la recherche de caractéristiques ou d’empreintes présent article, sous réserve des dispositions de l’article L. 1111-5 (…)10. qui envisage l’hypothèse où le mineur
génétiques ou encore dans le cadre des droits des malades en fin de vie, si la personne détenue est hors ne souhaite pas révéler à ses parents son état de santé. »
d’état de s’exprimer et qu’une de ces situations est envisagée dans les conditions prévues par la loi, alors
l’autorisation sera demandée à la personne de confiance7. b. Information des mineurs et majeurs sous tutelle
Réglementation
et procédures
E. DIRECTIVES ANTICIPÉES (ARTICLES L. 1111-11 À L. 1111-13 ET R. 1111-17 « Les intéressés ont le droit de recevoir eux-mêmes une information et de participer à la prise de décision les
#2
À R. 1111-20 DU CSP) concernant, d’une manière adaptée, soit à leur degré de maturité s’agissant des mineurs, soit à leur faculté
de discernement s’agissant des majeurs sous tutelle. » (Art. L. 1111-2 alinéa 4 du CSP)
Toute personne majeure a la possibilité de rédiger, pour le cas où elle ne serait plus en état d’exprimer
elle-même sa volonté, des directives anticipées. L’objet de ces dernières est de permettre à la personne de B. CONSENTEMENT (ARTICLE L. 1111-4 DU CSP)
faire connaître ses souhaits quant à sa fin de vie. Les directives anticipées se présentent sous forme d’un
document écrit et authentifiable (elles doivent être datées et signées). Si la personne ne peut les rédiger elle- a. Consentement des représentants légaux
même, deux témoins, dont la personne de confiance, attestent qu’elles correspondent à la volonté clairement
exprimée par la personne. Il revient aux détenteurs de l’autorité parentale ou au tuteur de consentir au traitement médical, même si
le consentement de la personne mineure ou majeure sous tutelle capable d’exprimer sa volonté doit être
Elles sont révocables à tout moment. Lorsque des directives anticipées existent, le médecin doit en tenir systématiquement recherché.
compte. Elles constituent un document essentiel pour la prise de décision médicale. Elles témoignent en effet Par ailleurs, sous réserve des dispositions de l’art. L. 1111-5 du CSP, le médecin, appelé à donner des soins
de la volonté d’une personne, alors que celle-ci était encore apte à l’exprimer et en état de le faire. Toutefois, à un mineur, doit prévenir le ou les titulaires de l’autorité parentale ou son représentant légal afin d’obtenir
les directives anticipées n’ont pas de valeur contraignante pour le médecin. Celui-ci reste libre d’apprécier les leur consentement.
conditions dans lesquelles il convient d’appliquer les orientations exprimées par le patient dans ce document En cas d’urgence, même si ceux-ci ne peuvent être joints, le médecin doit donner les soins nécessaires (art.
compte tenu de la situation concrète et de l’éventuelle évolution de l’état de l’art médical. 371-1 du Code civil, art. R. 4127-42 du Code de la santé publique). De la même façon, le médecin délivre les
soins qui s’imposent lorsque la santé ou l’intégrité corporelle d’une personne mineure ou majeure sous tutelle
La personne détenue peut conserver ses directives anticipées ou les confier à toute personne de son choix8 risque d’être gravement compromise par le refus du représentant légal.
(en particulier à la personne de confiance si elle est désignée). Si les directives sont confiées à cette personne,
il est souhaitable de communiquer au médecin qui prend en charge la personne détenue, les coordonnées de b. Consentement du mineur ou du majeur sous tutelle
la personne qui détient les directives afin que cela soit mentionné dans le dossier médical.
« Le consentement du mineur ou du majeur sous tutelle doit être systématiquement recherché s’il est apte
à exprimer sa volonté et à participer à la décision. Dans le cas où le refus d’un traitement par la personne
titulaire de l’autorité parentale ou par le tuteur risque d’entraîner des conséquences graves pour la santé du
6
Circulaire JUSK1140029C du 20 février 2012, relative à l’application de la loi pénitentiaire n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 sur le maintien des liens
mineur ou du majeur sous tutelle, le médecin délivre les soins indispensables. » (Art. L. 1111-4 du CSP)
extérieurs.
7
Cette faculté est permise pour une prise en charge dans le cadre d’un réseau de santé ou de soins (article D. 6321-3 du CSP), de la recherche biomédicale
9
(article L. 1121-2 du CSP), de recherche des caractéristiques génétiques ou d’empreintes génétiques d’une personne (article L. 1131-1 du CSP), de la fin de Des recommandations de bonnes pratiques sur la délivrance de l’information sont établies par la Haute autorité de santé (HAS) et homologuées par un arrêté
vie (article L. 1110-5 du CSP). du ministre en charge de la Santé.
8 10
Une personne physique et non une personne morale, par exemple comme une association. En revanche une personne nommément désignée membre d’une Article 371-1 du Code civil, article L. 1111-5 du Code de la santé publique, article R. 4127-42 alinéa 1 du Code de la santé publique et l’article D. 362 alinéa 2
association est possible. du Code de procédure pénale.
88 89
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AUX PERSONNES DÉTENUES
Les personnes privées de liberté par une décision administrative ou judiciaire et les personnes hospitalisées
sans consentement ne peuvent être sollicitées pour se prêter à des recherches biomédicales que dans les
conditions suivantes :
- soit l’importance du bénéfice escompté pour ces personnes est de nature à justifier le risque prévisible
En effet, par dérogation11 à l’article 371-2 du Code civil, dans le cas où la personne mineure s’oppose encouru ;
expressément à la consultation du ou des titulaires de l’autorité parentale afin de garder le secret sur son - soit ces recherches se justifient au regard du bénéfice escompté pour d’autres personnes se trouvant dans la
état de santé, le médecin peut se dispenser d’obtenir le consentement du ou des titulaires de l’autorité même situation à la condition que des recherches d’une efficacité comparables ne puissent être effectuées
parentale sur les décisions médicales à prendre lorsque le traitement ou l’intervention s’impose pour sur une autre catégorie de la population. Dans cette hypothèse, les risques prévisibles et les contraintes de
sauvegarder sa santé. la recherche doivent présenter un caractère minimal.
Le médecin doit s’efforcer dans un premier temps d’obtenir le consentement du mineur à cette consultation.
En cas de persistance du refus, le médecin peut mettre en œuvre le traitement ou l’intervention, à la condition Les personnes détenues majeures faisant l’objet d’une mesure de protection légale ou hors d’état d’exprimer
que le mineur soit accompagné d’une personne majeure de son choix. leur consentement sont soumises au même régime (article L. 1121-8 du CSP).
Dans ce cas, en application des dispositions de l’article L. 1111-5 du Code de la santé publique, le mineur Une attention particulière doit être apportée à l’information des patients et au recueil de leur consentement
détenu se fait accompagner d’une personne majeure de son choix. Celle-ci doit au préalable obtenir des qui doit être « libre et éclairé » et recueilli après que leur aient été délivrées les informations obligatoires
autorités judiciaires ou administratives compétentes, selon que le mineur est prévenu ou condamné, (articles L. 1122-1 à L. 1122-2 du CSP).
l’autorisation de s’entretenir avec lui, dans le respect de la confidentialité de leurs échanges. Dans le cas où le Le consentement est donné par écrit ou, en cas d’impossibilité, attesté par un tiers. Ce dernier doit être
mineur ne connaîtrait pas de personne majeure susceptible de l’accompagner, les services du secteur public totalement indépendant de l’investigateur et du promoteur de la recherche biomédicale (article L. 1122-1-1
Réglementation
et procédures
de la protection judiciaire de la jeunesse relaient sa demande auprès de personnes physiques ou morales du CSP).
extérieures intervenant habituellement auprès de mineurs12. Lorsqu’une recherche biomédicale est effectuée sur un mineur non émancipé, l’autorisation est donnée par
#2
les titulaires de l’exercice de l’autorité parentale (article L. 1122-2 du CSP).
III - DROITS SPÉCIFIQUES En toute hypothèse, le refus de la personne détenue, qu’elle soit majeure, mineure ou sous tutelle, met fin
à la recherche biomédicale.
A. DROITS DES PERSONNES
c. Don des éléments et produits du corps humain (organes, sang et ses composantes, gamètes)
a. L’aidant (article R. 57-8-6 du Code de procédure pénale) (article L. 1211.2 du CSP)
La personne détenue se trouvant dans une situation de handicap13 telle que durablement empêchée, du fait Ce texte de loi s’applique aux personnes détenues. Le prélèvement d’éléments du corps humain et la collecte
de limitations fonctionnelles des membres supérieurs en lien avec un handicap physique, d’accomplir elle- de ses produits ne peuvent être pratiqués sans le consentement préalable du donneur.
même des gestes liés à des soins prescrits par un médecin a le droit de désigner un aidant de son choix. Ce consentement est révocable à tout moment.
La personne désignée comme aidant doit y consentir expressément. Si la personne aidant est extérieure, elle Lorsque cette personne est un mineur ou un majeur sous tutelle, l’opposition au prélèvement est exercée par
devra obtenir l’autorisation d’accès délivrée par le chef d’établissement pénitentiaire. les titulaires de l’autorité parentale ou le tuteur.
L’administration pénitentiaire peut s’opposer à la désignation d’un aidant par une décision spécialement Le don d’organe d’une personne détenue à un tiers s’effectue conformément aux règles du droit commun.
motivée notamment en raison de motifs liés à la sécurité des personnes ou au maintien de l’ordre au sein de Le don du sang est inclus dans ce type de dons.
l’établissement.
d. Régime alimentaire (article D. 361 du CPP)
b. Participation des personnes détenues aux recherches biomédicales (article L. 1121-6 du CSP
et D. 363 du CPP) Les personnes détenues malades peuvent bénéficier d’un régime alimentaire particulier sur prescription
médicale.
Les personnes détenues ne peuvent être sollicitées pour se prêter à des recherches biomédicales que s’il en
est attendu un bénéfice direct et majeur pour leur santé. e. Interprétariat
Lorsque les circonstances l’imposent, il peut être utile de recourir à l’interprétariat professionnel, en particulier
11
Article L. 1111-5 du Code de la santé publique. au regard des exigences de confidentialité.
12
Article D. 362 du Code de procédure pénale.
13
Article L. 1111-6-1 du Code de la santé publique : « (…) La personne handicapée et les personnes désignées reçoivent préalablement, de la part d’un pro- En effet, la qualité de l’information donnée et son appropriation sont essentielles pour les mesures de suivi
fessionnel de santé, une éducation et un apprentissage adaptés leur permettant d’acquérir les connaissances et la capacité nécessaires à la pratique de médical, d’éducation thérapeutique du patient, de prévention et d’éducation pour la santé.
chacun des gestes pour la personne handicapée concernée. Lorsqu’il s’agit de gestes liés à des soins infirmiers, cette éducation et cet apprentissage sont
dispensés par un médecin ou un infirmier (…). »
90 91
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AUX PERSONNES DÉTENUES
2. Gestion de la détention
L’affectation des personnes transsexuelles s’effectue au mieux des intérêts de la personne (encellulement
individuel, affectation dans un secteur de détention favorisant la prise en charge des personnes vulnérables,
Les possibilités sont : placement à l’isolement) et des impératifs de gestion des établissements pénitentiaires.
- le recours possible à des interprètes professionnels dans le cadre d’une convention pouvant être conclue Tout au long du parcours de soins, il convient de veiller à la protection de l’intégrité physique et psychique
entre l’établissement de santé de rattachement et un organisme d’interprétariat ; de la personne.
- le cas échéant, le recours possible à l’association d’interprétariat professionnel (ISM Interprétariat) dans le Dans la mesure du possible, il convient de permettre aux personnes transsexuelles l’achat en cantines
cadre de la convention conclue avec la Direction générale de la santé (DGS), pour ce qui concerne le VIH, les exceptionnelles16 de produits (cosmétiques…) ou de vêtements (sous-vêtements) marquant habituellement
hépatites et la tuberculose (prévention, dépistage ou prise en charge). l’appartenance à un autre sexe que celui de l’état civil. Parmi ces derniers, les produits ostentatoires
Numéro pouvant être appelé : 01 53 26 52 62. La personne appelant doit préciser l’identification de sa structure (maquillage, robes/jupes lorsque la personne évolue en détention hommes par exemple) sont strictement
de rattachement (établissement de santé). Le sujet doit concerner une des trois pathologies visées par la prohibés en dehors de la cellule.
convention avec la DGS. S’agissant des fouilles, les conditions doivent permettre de respecter la dignité de la personne.
B. DROITS S’APPLIQUANT À DES POPULATIONS SPÉCIFIQUES 3. Recommandations pour la prise en charge médicale
a. Personnes transsexuelles Il convient que les équipes de soins soient sensibilisées à cette problématique et que les équipes et intervenants
Réglementation
et procédures
spécialisés disponibles à l’extérieur leur soient connus, notamment dès qu’ils auront été définis et mis en
1. Contexte place à l’issue de la réflexion nationale en cours, afin de pouvoir informer les personnes concernées sur les
#2
modalités du parcours de soins (étapes du parcours de soins, prise en charge par une équipe pluridisciplinaire,
Le transsexualisme est le fait pour une personne d’avoir une identité sexuelle ressentie en conflit avec prise en charge financière…).
son sexe biologique de naissance. Cette identité peut s’exprimer dans l’apparence physique par un simple La personne concernée doit pouvoir bénéficier pendant ce parcours de soin d’un accompagnement psycho-
changement de comportement, par des mesures cosmétiques, l’utilisation d’hormones, voire un traitement logique adapté.
chirurgical de réassignation de sexe. S’agissant de personnes souvent isolées, l’intervention d’associations spécialisées pour le soutien et
Le rapport de la Haute autorité de santé estime qu’il y aurait en France de 40 000 à 60 000 personnes l’accompagnement doit être favorisée, dans le respect des contraintes inhérentes à un établissement
transsexuelles14. Il recommande d’organiser une offre structurée en réseau autour de centres de références pénitentiaire.
multidisciplinaires et un parcours de soins type. Dans le cas où cette situation concernerait un mineur, celui-ci peut mobiliser son droit relatif au refus
L’offre de soins repose actuellement sur quelques équipes pluridisciplinaires dans le secteur public hospitalier d’informer les détenteurs de l’autorité parentale (article L. 1111-5 du CSP) de son désir de changer d’identité
mais aussi en secteur libéral, sans protocole standardisé. Des réflexions sont en cours au niveau national pour sexuelle.
améliorer et structurer cette offre.
b. Étrangers malades atteints de pathologies graves
En cas d’incarcération, il ressort des difficultés de mise en œuvre des réponses aux besoins spécifiques
pour les personnes transsexuelles15 : 1. Objectif / contexte
- nécessité d’informations sur les modalités de prise en charge pendant le séjour et à long terme ;
- difficultés de mise en place d’une continuité des soins entrepris à l’extérieur et pour avoir accès à l’offre de Le droit au séjour pour raison médicale, parfois appelé « régularisation médicale » est défini par l’article
soins existante hors des établissements, en particulier pour bénéficier d’un protocole de transformation de L. 313-11 11° du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda)17.
genre auprès d’une équipe spécialisée ; Ce droit permet l’accès à une carte de séjour « vie privée et familiale » avec droit au travail à une personne
- complexité de la gestion de la détention ; étrangère « dont l’état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner [pour
- stigmatisation fréquemment ressentie. elle] des conséquences d’une exceptionnelle gravité, sous réserve de l’absence d’un traitement approprié
Ces situations requièrent une bonne articulation entre personnels de santé, personnels pénitentiaires dans le pays dont [elle] est originaire »18. La situation régulière ouvre droit à la protection sociale de droit
et la PJJ si la personne détenue est mineure. commun et non à l’aide médicale d’État (AME).
16
Cantines spécifiques soumises à autorisation expresse du chef d’établissement.
17
Droit initialement inscrit dans la loi n° 98-349 du 11 mai 1998, modifiée par la loi n° 2011-672 du 16 juin 2011 relative à l’immigration, à l’intégration et à la
nationalité. Régime spécifique d’admission au séjour des personnes de nationalité algérienne relevant d’un accord franco-algérien non modifié par la loi de
14
On inclut dans les personnes transsexuelles les personnes en cours de changement d’identité sexuelle. Situation actuelle et perspectives d’évolution de la juin 2011 : l’article 6.7° est toujours rédigé selon les termes de la loi de 1998 et fait référence au « bénéfice effectif des soins ».
18
prise en charge du transsexualisme, Haute autorité de santé, février 2010, [Link]. Le décret n° 2011-1049 du 6 septembre 2011 modifiant l’article R. 313-22 du Ceseda et l’arrêté du 9 novembre 2011 relatif aux conditions d’établissement et
15
Avis du 30 juin 2010 relatif à la prise en charge des personnes transsexuelles incarcérées. Contrôleur général des lieux de privation de libertés. de transmission des avis rendus par les agences régionales de santé constituent les dispositions réglementaires encadrant ce dispositif.
92 93
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AUX PERSONNES DÉTENUES
sanitaire de proposer cette procédure et de prendre attache avec le SPIP pour l’informer de l’existence d’une
pathologie pouvant fonder son droit à un titre de séjour (L. 313-11 11° du Ceseda), et faire obstacle à son
éloignement du territoire français (voir point 2.3).
Le SPIP est garant de la mise en œuvre de la procédure si la personne étrangère malade souhaite l’enclencher.
S’agissant des mineurs étrangers isolés détenus qui relèvent de la protection judiciaire de la jeunesse, la Dans le cadre de son évaluation, le SPIP peut prendre attache et/ou orienter la personne vers le point d’accès
circulaire DSS/2A/2011/351 du 8 septembre 2011 indique qu’ils peuvent être affiliés à la CMU (de base et au droit (PAD) ou le partenaire associatif spécialisé le plus pertinent, et ce, afin de réaliser les démarches
complémentaire). utiles et nécessaires. Le SPIP pourra fournir les éléments relatifs à la situation pénale et administrative.
Par ailleurs, la loi prévoit, pour ces mêmes raisons d’état de santé, la protection contre les mesures Une fois les divers éléments recueillis, les services sanitaires et le SPIP évaluent en collaboration l’opportunité
d’éloignement du territoire français (voir point 2.3). La possession d’un titre de séjour pour raison médicale de saisir les services compétents à la préfecture de rattachement.
fait également obstacle au prononcé par le juge pénal d’une interdiction du territoire français (art. L. 541-1 Ce processus doit être enclenché dans les délais les plus brefs afin de garantir le respect de la procédure
du Ceseda). décrite dans l’instruction récente de la DGS, c’est-à-dire qu’elle doit s’opérer pendant le temps de détention.
Une personne de nationalité étrangère malade incarcérée peut donc justifier d’une de ces procédures de droit
au séjour ou de protection contre l’éloignement du territoire. Solliciter la délivrance ou le renouvellement d’un titre de séjour depuis un établissement pénitentiaire est
indispensable pour permettre la continuité des soins à la sortie.
Chacune de ces procédures est effectuée auprès de la préfecture et nécessite l’intervention d’un médecin Cette information doit être fournie suffisamment longtemps avant l’issue de l’incarcération pour que
clinicien (voir point 2.1) qui établit sous pli confidentiel un rapport médical détaillé à l’attention du médecin de la procédure décrite dans l’instruction récente de la DGS soit mise en œuvre pendant la détention.
l’agence régionale de santé (MARS), ou à Paris du médecin chef du service médical de la préfecture de police. Il appartient à la personne de constituer un dossier et de le déposer en préfecture. Ce dossier doit comporter
Réglementation
et procédures
Ce dernier adresse alors un avis respectant le secret médical comportant la réponse à quatre questions types, conjointement le rapport médical sous pli confidentiel.
sans aucune information ni sur la pathologie, ni sur les traitements, ni sur la nature des spécialités médicales Il peut être utile de contacter des associations spécialisées dans l’accompagnement des personnes migrantes.
#2
concernées19 au préfet qui rend sa décision. Le rapport médical sera établi par un praticien hospitalier assurant les soins dans l’établissement pénitentiaire.
Une instruction récente de la DGS20 actualise les procédures relatives aux étrangers malades, l’enjeu étant En fonction de l’organisation locale retenue entre services de la préfecture et ARS, ce rapport est soit joint au
d’assurer une instruction rapide, harmonisée et équitable sur l’ensemble des territoires dans le nouveau dossier de demande de maintien sur le territoire posé auprès du service de la préfecture (sous pli médical
contexte législatif et organisationnel. confidentiel à l’attention du MARS), soit adressé directement au MARS.
Celui-ci doit identifier clairement les médecins chargés d’émettre les avis médicaux dans les services
RAPPORT MÉDICAL de l’ARS.
• Conformément à l’article R. 313-22 du Ceseda, une unique pièce médicale accompagne la demande d’admission au séjour
pour raison médicale : un rapport médical détaillé (qui peut inclure résultats d’examens complémentaires), sous pli 2.2 Coordination unité sanitaire/centre de rétention administrative
confidentiel, portant la mention « secret médical », rédigé soit par un médecin agréé soit par un praticien hospitalier,
à l’attention exclusive du médecin de l’agence régionale de santé (ARS) compétente ou, à Paris, du médecin chef du service
médical de la préfecture de police. Les centres de rétention administrative (CRA)21 peuvent être amenés à recevoir des personnes venant
• Ce rapport médical doit préciser le diagnostic des pathologies en cours, le traitement suivi et sa durée prévisible ainsi que d’établissement pénitentiaire. Une liaison entre les équipes médicales de l’établissement pénitentiaire et
les perspectives d’évolution. du centre de rétention doit être organisée afin de faciliter l’échange d’informations permettant une bonne
• Les informations relatives à l’état de santé et à la prise en charge de l’étranger doivent figurer de manière détaillée dans
prise en charge de ces personnes et, le cas échéant, permettre d’établir le rapport médical nécessaire
ce rapport médical sous pli confidentiel à l’attention de l’autorité sanitaire et n’ont pas à être portées à la connaissance des
autorités administratives. à cette procédure. Il est primordial dans le cas où deux médecins sont saisis pour un même dossier, qu’une
transmission soit réalisée afin d’éviter toute contradiction pouvant être préjudiciable à la personne.
2. Aspects spécifiques au milieu carcéral Dans la situation d’une personne placée en CRA, l’ARS compétente est celle du territoire du CRA.
En cas de transfert d’une personne détenue en rétention, si le médecin de l’ARS du lieu de détention a été saisi
2.1 Les médecins compétents et a rendu un avis, il y a tout lieu d’en informer le médecin du CRA.
Si l’avis n’est pas rendu pendant l’incarcération, le médecin du CRA saisira l’ARS compétente sur son territoire.
En pratique, si une personne étrangère malade, en situation irrégulière ou en situation de renouvellement
de son titre de séjour, est incarcérée dans un établissement pénitentiaire, il appartient au médecin de l’unité
19
Conformément à l’article 4 de l’arrêté du 9 novembre 2011 :
21
- l’état de santé de l’étranger nécessite-t-il une prise en charge médicale ? Un étranger placé en centre de rétention administrative en vue de son éloignement du territoire français peut invoquer son état de santé pour béné-
- quelle est la durée prévisible de cette prise en charge médicale ? ficier des dispositions des articles L. 511-4 10°, L. 521-3 5° ou L. 541-1 du Ceseda, ou bien, subsidiairement, l’impossibilité où il se trouve pour des
- le défaut de cette prise en charge peut-il entraîner des conséquences d’une exceptionnelle gravité sur son état de santé ? raisons médicales d’utiliser le moyen de transport prévu (en particulier l’avion). Dans ce cas, compte tenu de l’urgence, il sera examiné par un prati-
- existe-t-il, dans le pays dont l’étranger est originaire, un traitement approprié permettant d’assurer sa prise en charge ? cien hospitalier de l’établissement public de santé ayant passé convention avec le centre de rétention, selon les mêmes modalités que précédemment.
20
Instruction n° DGS/MC1/RI2/2011/417 du 10 novembre 2011 relative aux recommandations pour émettre les avis médicaux concernant les étrangers Au vu de l’avis du médecin de l’agence régionale de santé du lieu où est situé le centre de rétention, le préfet se prononce sur les possibilités d’éloignement
malades atteints de pathologies graves (lien Internet : [Link] de l’étranger.
94 95
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AUX PERSONNES DÉTENUES
AMÉNAGEMENTS
2.3 Procédures particulières en cas de mesure d’éloignement
DE PEINE
Il peut arriver qu’une personne étrangère malade incarcérée fasse l’objet d’une mesure d’éloignement. Son
état de santé pourra alors également justifier l’intervention d’un médecin pour la rédaction d’un rapport Le médecin peut être amené à délivrer, à la demande de la personne détenue, des certificats lui permettant
médical ou d’un certificat médical permettant de garantir sa protection contre l’exécution de cette mesure. d’accéder, pour raisons de santé, à diverses mesures d’aménagement de peine et à la mesure de grâce
présidentielle.
• En cas de mesure d’éloignement administrative notifiée en détention et encore susceptible d’un recours Les mesures d’aménagement sont accordées, ajournées ou refusées à l’issue du débat contradictoire
devant le tribunal administratif 22, l’étranger malade est protégé par l’article L. 511-4 10° (OQTF ou APRF) et tenu en chambre du conseil après avis du représentant de l’administration pénitentiaire, réquisitions
l’article L. 521-3 5° (arrêté d’expulsion). Le médecin sera alors sollicité pour rédiger un certificat médical du ministère public et observations de la personne condamnée ainsi que, le cas échéant, de son avocat
pédagogique à l’attention du juge administratif qui lèvera, si le patient en est d’accord, le secret médical (art. 712-6 du CPP).
(Cf. p. 386 à 388 du guide pratique destiné aux professionnels intitulé Migrants/étrangers en situation
précaire – Prise en charge médico-psychosociale, réalisé par le Comede). S’agissant des mineurs qui peuvent bénéficier de l’ensemble des aménagements de peines prévus pour les
• En cas d’arrêté d’expulsion devenu définitif ou d’interdiction judiciaire du territoire français (ITF), l’étranger majeurs, le service de la PJJ qui suit le mineur transmet au magistrat un rapport circonstancié comportant
Réglementation
et procédures
malade est protégé par l’article L. 521-3 5° (arrêté d’expulsion) et L. 541-1 (ITF) du Ceseda ; il peut former son avis (art. D. 49-61 CPP).
une demande d’abrogation (arrêté d’expulsion) ou une requête en relèvement (ITF) ; le médecin sera alors Le juge d’application des peines, ou le juge des enfants s’il s’agit d’un mineur, n’est toutefois plus tenu de
#2
sollicité pour rédiger un rapport médical détaillé sous pli confidentiel portant la mention « secret médical » statuer à la suite d’un débat contradictoire pour octroyer une telle mesure dès lors qu’il a reçu l’accord de la
à l’attention exclusive du médecin de l’agence régionale de santé (ARS) compétente ou, à Paris, du médecin personne condamnée ou de son avocat et du parquet en vertu de l’article 712-6 alinéa 2 du CPP.
chef du service médical de la préfecture de police.
En cause d’appel, la personne condamnée n’est pas entendue par la chambre de l’application des peines, sauf
Dans ces hypothèses et en cas de fin d’incarcération relativement prochaine (lorsque la décision admi- si celle-ci en décide autrement.
nistrative sur la demande d’abrogation ou l’audiencement par le parquet de la requête en relèvement risque
d’intervenir après la sortie de prison), l’étranger malade peut solliciter son assignation à résidence auprès NB : Pour les personnes condamnées mineures, les juridictions des mineurs exercent les attributions prévues
de l’administration (article L. 523-4 du Ceseda) : le médecin sera de nouveau sollicité pour rédiger un rapport pour les majeurs : le juge des enfants pour le juge de l’application des peines, la chambre spéciale des mineurs
médical détaillé sous pli confidentiel portant la mention « secret médical », à l’attention exclusive du pour la chambre de l’application des peines.
médecin de l’agence régionale de santé (ARS) compétente ou, à Paris, du médecin chef du service médical de
la préfecture de police.
I - PERMISSION DE SORTIR (ART. 723-3 ET D. 142 À D. 147 DU CPP)
Si l’état de santé de l’étranger ne lui permet pas de voyager sans risque vers son pays d’origine, le médecin
l’indiquera dans son certificat médical ou son rapport médical. Elle autorise la personne détenue à s’absenter d’un établissement pénitentiaire pour se rendre en un lieu
situé sur le territoire national pendant une période de temps déterminée qui s’impute sur la durée de la peine
en cours d’exécution.
Elle peut être accordée à la personne condamnée admis au régime de la semi-liberté, bénéficiant d’un
placement à l’extérieur ou d’un placement sous surveillance électronique.
La permission de sortir peut être accordée pour une durée d’une ou plusieurs journées. Elle peut être
accordée aux personnes détenues pour se présenter par exemple dans un centre de soins, à un employeur
éventuel, aux épreuves d’un examen, accomplir toute formalité requise par l’autorité militaire, la pratique
d’activités culturelles ou sportives organisées, la comparution devant une juridiction de l’ordre judiciaire ou
devant une juridiction ou un organisme de l’ordre administratif, l’exercice par la personne condamnée de son
droit de vote, etc.
22
Le délai de recours au tribunal administratif est de 48 heures contre les APRF (arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière), d’un mois et parfois
48 heures contre les OQTF (obligation de quitter le territoire français), et de deux mois contre les arrêtés d’expulsion.
96 97
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AUX PERSONNES DÉTENUES
b. Suspension de peine pour raison médicale (article 720-1-1 du CPP)
L’article 720-1-1 du CPP introduit par la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité
du système de santé, prévoit aussi la suspension de peine pour raison médicale.
Une expertise psychiatrique préalable est nécessaire dans le cas où l’intéressé a été condamné pour une
infraction pour laquelle le suivi socio-judiciaire est encouru. Cette expertise doit être réalisée par deux experts Sauf s’il existe un risque grave de renouvellement de l’infraction, la suspension peut être ordonnée, quelle que
lorsque la personne a été condamnée pour le meurtre, l’assassinat ou le viol d’un mineur de moins de 15 ans. soit la nature de la peine ou la durée de la peine restant à subir, et pour une durée qui n’a pas à être déterminée,
pour les personnes condamnées dont il est établi qu’elles sont atteintes d’une pathologie engageant le
NB : Il existe aussi une autorisation de sortie sous escorte (articles 148-5, 723-6 et D. 425 du CPP). pronostic vital ou que leur état de santé est durablement incompatible avec le maintien en détention, hors les
L’autorisation de sortie sous escorte (de police, de gendarmerie ou pénitentiaire) est une mesure exceptionnelle cas d’hospitalisation des personnes détenues en établissement de santé pour troubles mentaux.
accordée par les autorités judiciaires à la personne détenue qu’elle soit prévenue ou condamnée pour se Elle est possible même si la période de sûreté assortissant éventuellement la condamnation n’est pas
rendre, par exemple, aux obsèques d’un proche. encore échue.
La suspension ne peut être ordonnée que si deux expertises médicales distinctes établissent de manière
II - AMÉNAGEMENT DE PEINE ET GRÂCE PRÉSIDENTIELLE concordante que la personne condamnée se trouve atteinte d’une pathologie engageant le pronostic vital ou
que son état de santé est durablement incompatible avec le maintien en détention. Toutefois, en cas d’urgence,
A. FRACTIONNEMENT ET SUSPENSION DE PEINE (ART. 132-27 DU CPP ET ART. 720-1 lorsque le pronostic vital est engagé, la suspension peut être ordonnée au vu d’un certificat médical établi par
Réglementation
et procédures
ET 720-2 DU CPP) le médecin responsable de la structure sanitaire dans laquelle est prise en charge la personne détenue, ou
son remplaçant.
#2
Il existe deux types de suspension de peine : la suspension de peine de droit commun (article 720-1 du CPP)
et la suspension de peine pour les personnes condamnées dont l’état de santé est incompatible avec leur Selon le reliquat de peine restant à subir, cette suspension est ordonnée soit par le juge de l’application des
maintien en détention (article 720-1-1 du CPP, introduit par la loi du 4 mars 2002). Les deux régimes de peines soit par le tribunal d’application des peines.
suspension diffèrent quant aux conditions du prononcé de la mesure et quant à la durée de celle-ci. Le juge de l’application des peines ou le juge des enfants peut à tout moment ordonner une expertise médicale
à l’égard d’une personne condamnée ayant bénéficié d’une mesure de suspension de peine et ordonner qu’il
a. Fractionnement et suspension de peine pour raison médicale (art. 720-1 du CPP) soit mis fin à la suspension si les conditions de celle-ci ne sont plus remplies. Il en est de même si la personne
condamnée ne respecte pas les obligations qui lui ont été imposées.
L’exécution d’une peine peut être suspendue provisoirement ou fractionnée pour des motifs d’ordre médical,
familial, professionnel ou social. Une expertise psychiatrique préalable est normalement nécessaire dans le cas où l’intéressé a été condamné
pour une infraction pour laquelle le suivi socio-judiciaire est encouru. Cette expertise doit être réalisée par
Le fractionnement d’une peine permet à la personne condamnée d’exécuter sa peine sous forme de fractions, deux experts lorsque la personne a été condamnée pour le meurtre, l’assassinat ou le viol d’un mineur de
tandis que la suspension d’une peine permet de différer dans le temps l’exécution de sa peine. moins de 15 ans. Toutefois, en cas d’urgence, lorsque le pronostic vital est engagé au vu d’un certificat médical,
l’expertise peut, avec l’accord du procureur de la République, ne pas être ordonnée. Si la suspension de peine
Dans le cas d’une peine correctionnelle d’une durée de deux ans au plus, le fractionnement peut être ordonné a été ordonnée pour une condamnation prononcée en matière criminelle, une expertise médicale destinée à
dès l’origine par la juridiction de jugement. vérifier que les conditions de la suspension sont toujours remplies doit intervenir tous les six mois.
La suspension de peine pour raison médicale a pour effet d’interrompre l’exécution de la peine. La date de fin
À défaut, une suspension ou un fractionnement peuvent être octroyés ultérieurement par le juge de l’application de peine sera repoussée d’une durée égale à celle de la suspension (D. 149-1 du CPP).
des peines ou le juge des enfants à toute personne condamnée à une peine d’emprisonnement en matière
correctionnelle dont le reliquat de peine restant à subir est inférieur ou égal à deux ans. La circulaire DHOS/DGS/DAP n° 2003/440 du 24 juillet 2003 définit le rôle des médecins intervenant auprès des
personnes détenues dans le cadre de la mesure de suspension de peine pour raison médicale23. Elle précise
Sont donc exclues du bénéfice d’une telle mesure les personnes condamnées à une peine criminelle et les que le médecin traitant de la personne condamnée (médecin de l’UCSA ou médecin du service hospitalier)
personnes condamnées dont la période de sûreté est en cours. envisage avec la personne détenue la possibilité d’une suspension de peine pour raison médicale dès lors
qu’elle estime que son état de santé est tel qu’elle pourrait bénéficier de cette mesure.
Une expertise psychiatrique préalable est nécessaire dans le cas où l’intéressé a été condamné pour une
infraction pour laquelle le suivi socio-judiciaire est encouru. Cette expertise doit être réalisée par deux experts
lorsque la personne a été condamnée pour le meurtre, l’assassinat ou le viol d’un mineur de moins de 15 ans.
23
Lien Internet : [Link]
98 99
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AUX PERSONNES DÉTENUES
Elle peut également être prononcée à titre probatoire avant une libération conditionnelle par le tribunal
d’application des peines ou le juge d’application des peines.
Une expertise psychiatrique préalable est nécessaire dans le cas où l’intéressé a été condamné pour une
infraction pour laquelle le suivi socio-judiciaire est encouru. Cette expertise doit être réalisée par deux experts
Elle recense trois cas à prendre en compte : lorsque la personne a été condamnée pour le meurtre, l’assassinat ou le viol d’un mineur de moins de 15 ans.
- lorsque la personne détenue manifeste la volonté d’engager la procédure, le médecin informe la personne
détenue de la gravité de son état et de ses droits et lui remet un certificat médical descriptif ; Le semi-libre est astreint à rejoindre l’établissement pénitentiaire selon les modalités déterminées par le juge
- lorsque la personne détenue refuse d’engager la procédure, le médecin lui remet néanmoins un certificat de l’application des peines ou le DFSPIP, ou le juge des enfants en fonction du temps nécessaire à l’activité
médical descriptif. Un soutien psychologique et un accompagnement doivent lui être proposés. Le médecin en vue de laquelle il a été admis au régime de la semi-liberté (articles 132-25 et 132-26 du CP, art. 723
avise le chef d’établissement pénitentiaire ; et suivants du CPP).
- lorsque la personne détenue est hors d’état d’exprimer sa volonté, le médecin remet un certificat médical
descriptif, sans élément diagnostic, à la famille, aux proches ou à la personne de confiance. Il avise le chef D. PLACEMENT SOUS SURVEILLANCE ÉLECTRONIQUE (ART. 132-26-1 À 132-26-3
d’établissement pénitentiaire. DU CP, ART. 723-7 À 723- 723-13 DU CPP)
S’agissant de mineurs, le médecin traitant de la personne condamnée propose la suspension de peine avec les Le placement sous surveillance électronique fixe comporte pour la personne condamnée l’interdiction de
titulaires de l’autorité parentale (Cf. fiche « Droits des patients »). s’absenter de son domicile ou de tout autre lieu désigné par le juge de l’application des peines ou le juge des
enfants, en dehors des périodes fixées par celui-ci afin que la personne condamnée puisse suivre une activité
Réglementation
et procédures
B. PLACEMENT À L’EXTÉRIEUR (ART. 132-25 ET 132-26 DU CODE PÉNAL ; ART. 723, professionnelle, un enseignement ou une formation, participer à la vie de sa famille, rechercher de manière
723-1,723-2, 723-4, D. 118 À D. 136 DU CPP) assidue un emploi, s’impliquer durablement dans tout projet caractérisé d’insertion ou de réinsertion ou suivre
#2
un traitement médical.
Le placement à l’extérieur permet à une personne condamnée soit de travailler à l’extérieur, soit d’y suivre un
enseignement, une formation professionnelle, de rechercher de manière assidue un emploi, de s’impliquer Le placement sous surveillance électronique peut être prononcé par le juge d’application des peines ou le juge
durablement dans tout projet caractérisé d’insertion ou de réinsertion ou de suivre un traitement médical, des enfants au bénéfice des personnes condamnées dont la durée de la peine d’emprisonnement à exécuter
et ce, sous ou sans surveillance continue du personnel pénitentiaire. ou restant à exécuter est inférieure ou égale à deux ans, ou un an en cas de récidive légale. Il peut également
être prononcé, sous certaines conditions, à titre probatoire avant une libération conditionnelle par le tribunal
Le placement à l’extérieur peut être prononcé par le juge d’application des peines ou le juge des enfants au d’application des peines ou le juge d’application des peines.
bénéfice des personnes condamnées dont la durée de la peine d’emprisonnement à exécuter ou restant à
exécuter est inférieure ou égale à deux ans, ou un an en cas de récidive légale. Il peut également être prononcé Une expertise psychiatrique préalable est nécessaire dans le cas où l’intéressé a été condamné pour une
à titre probatoire, sous certaines conditions, avant une libération conditionnelle par le tribunal d’application infraction pour laquelle le suivi socio-judiciaire est encouru. Cette expertise doit être réalisée par deux experts
des peines ou le juge d’application des peines. lorsque la personne a été condamnée pour le meurtre, l’assassinat ou le viol d’un mineur de moins de 15 ans.
Une expertise psychiatrique préalable est nécessaire dans le cas où l’intéressé a été condamné pour une NB : Depuis le 1er janvier 2011, les personnes condamnées à une peine inférieure ou égale à cinq ans et
infraction pour laquelle le suivi socio-judiciaire est encouru. Cette expertise doit être réalisée par deux experts auxquelles il reste un reliquat de peine de quatre mois d’emprisonnement à effectuer peuvent, sous certaines
lorsque la personne a été condamnée pour le meurtre, l’assassinat ou le viol d’un mineur de moins de 15 ans. conditions, sur proposition du DFSPIP et après accord du procureur de la République bénéficier d’une
surveillance électronique de fin de peine (SEFIP).
C. SEMI-LIBERTÉ (ART. 132-25 ET 132-26 DU CODE PÉNAL ; ART. 723, 723-1, D. 49-1,
D. 137, D. 138 DU CPP) NB : Il ne faut pas confondre le placement sous surveillance électronique (PSE) fixe avec le placement sous
surveillance électronique mobile (PSEM) qui est une mesure non autonome de sûreté qui consiste, à la
La semi-liberté est un aménagement de la peine spécifique permettant à une personne condamnée de libération de certaines personnes condamnées dangereuses, à les soumettre au port continu d’un dispositif
rester sans surveillance continue hors d’un établissement, le temps nécessaire pour exercer une activité électronique permettant de les localiser et de déterminer à tout moment où elles se trouvent (art. R. 61-21
professionnelle, suivre un enseignement ou une formation professionnelle, assurer une participation et suivants du CPP). Le PSEM se distingue du placement sous surveillance électronique « fixe » (PSE), qui
essentielle à la vie de sa famille, rechercher de manière assidue un emploi, s’impliquer durablement dans consiste à assigner une personne en un lieu précis, à des temps déterminés.
tout projet caractérisé d’insertion ou de réinsertion ou bénéficier d’un traitement médical.
E. LIBÉRATION CONDITIONNELLE (ART. 729 À 733, D. 522 À D. 542 DU CPP)
La semi-liberté peut être prononcée par le juge d’application des peines ou le juge des enfants au bénéfice
des personnes condamnées dont la durée de la peine d’emprisonnement à exécuter ou restant à exécuter est La libération conditionnelle est une mesure d’individualisation de la peine qui permet à une personne
inférieure ou égale à deux ans, ou un an en cas de récidive légale. condamnée d’être libérée, avant le terme de sa peine, en bénéficiant de mesures d’aide et de contrôle.
100 101
#2 CAHIER I DROIT APPLICABLE AUX PERSONNES DÉTENUES
Les personnes condamnées ayant exécutées la moitié de leur peine ou les deux tiers en cas de récidive légale,
peuvent bénéficier d’une libération conditionnelle si elles manifestent des efforts sérieux de réadaptation
sociale et lorsqu’elles justifient de la nécessité de suivre un traitement médical, de l’exercice d’une activité
professionnelle, d’un enseignement ou d’une formation, de la participation essentielle à la vie de leur famille,
de leurs efforts en vue d’indemniser leurs victimes ou de leur implication dans tout autre projet sérieux
d’insertion ou de réinsertion.
La libération conditionnelle peut également être accordée pour toute personne condamnée à une peine
privative de liberté inférieure ou égale à quatre ans, ou pour laquelle la durée de la peine restant à subir est
inférieure ou égale à quatre ans, lorsque cette personne condamnée exerce l’autorité parentale sur un enfant
de moins de 10 ans ayant chez ce parent sa résidence habituelle, à condition toutefois de ne pas avoir été
condamnée pour un crime ou pour un délit commis sur un mineur ou pour une infraction commise en état de
récidive légale.
Réglementation
et procédures
Depuis la loi du 24 novembre 2009, la libération conditionnelle peut être accordée à une personne condamnée
#2
âgée de plus de 70 ans, sans condition de durée, si son insertion ou sa réinsertion est assurée, et si elle ne
présente ni « risque grave de renouvellement de l’infraction » ni si cette « libération est susceptible de causer
un trouble grave à l’ordre public ».
Quel que soit le motif de la libération conditionnelle, une expertise psychiatrique préalable est nécessaire dans
le cas où l’intéressé a été condamné pour une infraction pour laquelle le suivi socio-judiciaire est encouru.
CAHIER I
DÉONTOLOGIE
Cette expertise doit être réalisée par deux experts lorsque la personne a été condamnée pour le meurtre, ET RÉGLEMENTATION
l’assassinat ou le viol d’un mineur de moins de 15 ans.
Pour certaines personnes condamnées, outre cette expertise, sont obligatoires une évaluation pluridisciplinaire
de dangerosité ainsi que l’avis de la commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté.
DROIT APPLICABLE AUX PRESTATIONS
PHARMACEUTIQUES ET AUX CONDITIONS
Enfin, la libération conditionnelle ne peut être accordée aux personnes condamnées pour crime ou délit pour
lequel un suivi socio-judiciaire est encouru et qui refusent, pendant leur incarcération, de suivre le traitement D’HYGIÈNE HOSPITALIÈRE ET DANS
proposé par le juge de l’application des peines. LES ÉTABLISSEMENTS PÉNITENTIAIRES
F. GRÂCE PRÉSIDENTIELLE (ART. 133-7 DU CODE PÉNAL)
La grâce présidentielle n’est pas à proprement parler une mesure d’aménagement de peine. La grâce est une P. 103 > 112
décision du président de la République qui dispense une personne condamnée de l’exécution de tout ou partie
de sa peine. Elle peut être collective ou individuelle. Exceptionnelle, permettant d’avancer la date de fin d’une
peine, et par là, la durée de la période de sûreté, elle peut être le dernier recours de celui qui, gravement
malade, n’entrerait pas dans les conditions des mesures énumérées ci-dessus.
102
DROIT APPLICABLE AUX PRESTATIONS PHARMACEUTIQUES ET AUX CONDITIONS
#2 CAHIER I D’HYGIÈNE HOSPITALIÈRE ET DANS LES ÉTABLISSEMENTS PÉNITENTIAIRES
Certaines de ces dispositions sont rappelées ci-après.
PHARMACIE À USAGE INTÉRIEUR La PUI de l’établissement de santé dispose de locaux, de moyens en personnel, de moyens en équipements
et d’un système d’information leur permettant d’assurer l’ensemble des missions qui lui sont confiées
DE L’ÉTABLISSEMENT DE SANTÉ notamment les missions de gestion, d’approvisionnement, de contrôle, de détention et de dispensation des
médicaments ainsi que des dispositifs médicaux stériles (article R. 5126-8 du CSP).
ET PRISE EN CHARGE La gérance d’une PUI est assurée par un pharmacien qui est alors responsable des activités prévues
et autorisées pour cette pharmacie (article L. 5126-5 du CSP).
PÉNITENTIAIRE La conception, la superficie, l’aménagement et l’agencement des locaux de la PUI sont adaptés au milieu
pénitentiaire et doivent être individualisés et identifiés. Ainsi, les locaux sont d’accès facilité et sécurisé pour
permettre la livraison et la réception des produits et le respect des conditions de conservation doit être garanti.
Réglementation
et procédures
Les missions imparties au service public visent une prise en charge globale des personnes détenues, afin Deux possibilités sont déclinées selon que la dispensation individuelle nominative est externe, c’est-à-dire
de leur permettre d’accéder à une qualité et une continuité des soins équivalente à celle dont dispose réalisée dans la PUI de l’établissement hospitalier de rattachement, ou interne, c’est-à-dire qu’elle est
#2
l’ensemble de la population. réalisée au sein d’un site d’implantation de la PUI dans l’établissement pénitentiaire :
- dispensation individuelle nominative réalisée par une équipe pharmaceutique au sein de la PUI de
l’établissement hospitalier de rattachement puis acheminement des chariots vers l’établissement
I - PHARMACIE À USAGE INTÉRIEUR DE L’ÉTABLISSEMENT DE SANTÉ pénitentiaire ;
- dispensation individuelle nominative réalisée par une équipe pharmaceutique au sein du site d’implantation
Les soins en milieu pénitentiaire sont assurés au sein des unités sanitaires (UCSA/SMPR). de la PUI. Ce site est rattaché à la PUI de l’établissement hospitalier, et placé au sein de l’unité de soins de
rattachement. Son accès est réservé au personnel de la PUI. Les PUI ne peuvent fonctionner sur chacun
Depuis la loi du 18 janvier 1994 relative à la santé publique et à la protection sociale, les pharmacies à usage de leurs sites d’implantation, c’est-à-dire dans chaque établissement pénitentiaire, qu’en présence du
intérieur (PUI) assurent également leurs missions telles que prévues dans le Code de la santé publique (CSP) pharmacien chargé de la gérance ou de son remplaçant ou d’un pharmacien adjoint exerçant dans cette
auprès de ces unités de soins. pharmacie (article R. 5126-14 du CSP). Le site d’implantation de la PUI sera de préférence unique au sein de
l’établissement pénitentiaire.
Ainsi l’article L. 5126-9 du Code de la santé publique précise que les personnes détenues dans les
établissements pénitentiaires bénéficient des services des PUI des établissements de santé qui assurent les Dans tous les cas, une dotation adaptée pour les besoins urgents, dont l’accès est réservé à l’usage du
missions de service public (soins dispensés aux personnes détenues en milieu pénitentiaire) mentionnées à personnel soignant, est prévue. Une procédure concernant le personnel autorisé et le mode opératoire est
l’article L. 6112-1 du CSP. établie. Celle-ci doit être révisée périodiquement en tenant compte des besoins et laissée à la connaissance
du personnel concerné.
L’ensemble des dispositions relatives aux autorisations, missions, fonctionnement et gérance des Les pharmaciens qui exercent la gérance d’une PUI implantée dans un établissement pénitentiaire doivent
PUI définies dans le Code de la santé publique sont applicables aux établissements pénitentiaires avoir fait l’objet d’une habilitation personnelle dans les conditions prévues par le Code de procédure pénale
(articles R. 5126-1 à R. 5126-47 et R. 6111-10 du CSP), arrêté du 6 avril 2011 relatif au management (article R. 5126-30 du CSP).
de la qualité de la prise en charge médicamenteuse et aux médicaments dans les établissements de
santé, arrêté relatif aux bonnes pratiques de pharmacie hospitalière (22 juin 2001).
II - CIRCUIT DU MÉDICAMENT EN MILIEU PÉNITENTIAIRE
Le circuit du médicament est composé d’une série d’étapes successives, réalisées par des professionnels
différents : la prescription est un acte médical, la dispensation un acte pharmaceutique et l’administration un
acte infirmier ou médical.
104 105
DROIT APPLICABLE AUX PRESTATIONS PHARMACEUTIQUES ET AUX CONDITIONS
#2 CAHIER I D’HYGIÈNE HOSPITALIÈRE ET DANS LES ÉTABLISSEMENTS PÉNITENTIAIRES
b. Spécificités en milieu pénitentiaire
Le médecin tient compte du milieu carcéral et des risques encourus par le patient en cas de mauvaise
utilisation ou d’utilisation détournée des médicaments.
L’article R. 6111-10 du CSP (décret n° 2010-1029 du 30 août 2010 relatif à la politique du médicament S’il apparaît que des précautions particulières doivent être prises, le médecin le notifie sur l’ordonnance.
et des dispositifs médicaux stériles dans les établissements de santé) précise que la commission médicale Les prescriptions effectuées pendant la détention sont des éléments du dossier du patient, donc soumises aux
d’établissement dans les établissements publics de santé ou la conférence médicale d’établissement dans les règles de confidentialité. Les ordonnances font l’objet d’un archivage.
établissements de santé privés élabore un programme d’actions en matière de bon usage des médicaments Par ailleurs, le médecin remet à la personne détenue un double de sa prescription.
et des dispositifs médicaux stériles.
Les règles générales de prescription doivent être respectées lors des transferts de patients.
Les établissements de santé disposent d’un système de management de la qualité visant à assurer la qualité
et la sécurité de la prise en charge médicamenteuse du patient. Ce système de management de la qualité B. DISPENSATION ET ADMINISTRATION DES MÉDICAMENTS
s’inscrit dans la politique d’amélioration continue de la qualité et de la sécurité des soins et la gestion des
risques associés aux soins de l’établissement. L’informatisation du circuit du médicament est un levier a. Généralités
essentiel de sécurisation (article 3 de l’arrêté du 6 avril 2011 relatif au management de la qualité de la prise
en charge médicamenteuse). La dispensation est réalisée conformément à l’article R. 4235-48 du Code de la santé publique selon
les principes suivants :
Réglementation
et procédures
A. PRESCRIPTION DES MÉDICAMENTS
« Le pharmacien doit assurer dans son intégralité l’acte de dispensation du médicament, associant à sa
#2
a. Obligations générales délivrance :
1° l’analyse pharmaceutique de l’ordonnance médicale si elle existe ;
Les prescriptions faites aux patients détenus obéissent aux règles de droit commun de la prescription. 2° la préparation éventuelle des doses à administrer ;
3° la mise à disposition des informations et les conseils nécessaires au bon usage du médicament.
La prescription de médicament est rédigée après examen du patient détenu, sur une ordonnance et indique Il doit, par des conseils appropriés et dans le domaine de ses compétences, participer au soutien apporté au patient. »
lisiblement :
- le nom, la qualité et, le cas échéant, la qualification, le titre ou la spécialité du prescripteur telle que L’administration des médicaments est effectuée par du personnel appartenant aux catégories définies
définit à l’article R. 5121-91 du Code de la santé publique, son identifiant lorsqu’il existe, nom, adresse de réglementairement comme autorisées à administrer des médicaments.
l’établissement et coordonnées téléphoniques et électroniques auxquelles il peut être contacté, sa signature,
la date à laquelle l’ordonnance a été rédigée ; Ainsi, elle peut être réalisée par le personnel infirmier conformément à l’article R. 4311-7 du Code de
- la dénomination du médicament ou du produit prescrit, ou le principe actif du médicament désigné par sa la santé publique (CSP) ou par certains prescripteurs (article L. 4161-1 du CSP). L’administration des
dénomination commune, la posologie et le mode d’administration et, s’il s’agit d’une préparation, la formule médicaments nécessite la vérification :
détaillée ; - de l’identité du patient et des médicaments à administrer, au regard de la prescription médicale ;
- la durée de traitement ; - de la date de péremption des médicaments et leur aspect ;
- les nom et prénom, le sexe, l’âge du malade, sa taille et son poids. - du mode d’administration.
La prescription peut être rédigée, conservée et transmise de manière informatisée sous réserve qu’elle soit
identifiée et authentifiée par une signature électronique et que son édition sur papier soit possible. Les médicaments doivent rester identifiables jusqu’au moment de leur administration.
La prescription est assurée par un professionnel habilité, c’est-à-dire tous les intervenants médicaux
pratiquant au sein des structures sanitaires : médecins généralistes, spécialistes, psychiatres, chirurgiens- b. Spécificités en milieu pénitentiaire
dentistes ou sages-femmes.
1. Dispensation et administration
En règle générale, les prescriptions sont établies conformément à la liste des médicaments et dispositifs
médicaux stériles dont l’utilisation est préconisée dans l’établissement (livret thérapeutique). Cette • L’établissement public de santé dispense en milieu pénitentiaire des soins aux personnes détenues dont
liste est établie notamment dans un environnement de dialogue et de concertation entre professionnels l’état ne nécessite pas une hospitalisation. Il assure la fourniture et le transport des produits et petits
concernés. matériels à usage médical ainsi que des médicaments et des produits pharmaceutiques qui sont placés
sous la responsabilité du pharmacien gérant de la PUI de l’établissement de santé (art. R. 6112-19 du CSP).
106 107
DROIT APPLICABLE AUX PRESTATIONS PHARMACEUTIQUES ET AUX CONDITIONS
#2 CAHIER I D’HYGIÈNE HOSPITALIÈRE ET DANS LES ÉTABLISSEMENTS PÉNITENTIAIRES
Si pour des raisons d’ordre et de sécurité, le chef d’établissement pénitentiaire s’oppose à ce qu’une personne
détenue détienne des médicaments en cellule, il doit prendre une décision individuelle et motivée et en
informer immédiatement le médecin responsable de l’unité de soins de rattachement (article D. 273 du CPP).
• Une PUI peut avoir en charge la dispensation des médicaments pour une ou plusieurs unités sanitaires. Tous stocks de médicaments trouvés par l’administration pénitentiaire durant les fouilles doivent être
• La dispensation et l’administration des médicaments sont assurées de manière individualisée et quotidienne, transmis aux services médicaux, qui reçoivent, si nécessaire, la personne détenue pour la sensibiliser au
pluriquotidienne, hebdomadaire, plurihebdomadaire, mensuelle ou plurimensuelle. risque encouru par le mésusage des substances médicamenteuses.
• Les modalités de ces étapes sont établies en fonction de la nature du produit, du profil du patient (risque
suicidaire…), mais aussi de son environnement (codétenu…). D. STOCKAGE ET TRANSPORT DES MÉDICAMENTS
• De même les interruptions de traitement sont effectivement des situations à envisager (comme en milieu
libre) et relèvent de la vigilance et des échanges entre personnels de santé et pénitentiaires. Conformément au droit commun, les médicaments sont détenus dans des locaux, armoires, ou autres
• Une attention particulière doit être portée à la continuité des traitements y compris les week-ends dispositifs de rangement fermés à clef ou disposant d’un mode de fermeture assurant la même sécurité et
et jours fériés. des conditions de conservation garantissant l’intégrité du médicament (article 13 de l’arrêté du 6 avril 2011).
En milieu pénitentiaire, ces locaux correspondent aux unités sanitaires.
2. Distribution
Le cadre de santé de l’unité sanitaire ou son équivalent, fixe, en accord avec le pharmacien, les dispositions
• Selon le type d’établissement et son organisation, le patient détenu pourra prendre son traitement soit propres à garantir la sécurité de l’accès aux clefs des dispositifs de rangement lorsqu’ils existent.
Réglementation
et procédures
au sein des unités sanitaires (UCSA, SMPR), soit en détention, y compris dans les quartiers disciplinaires
et d’isolement. Les locaux de stockage, de distribution et de dispensation doivent être conformes aux bonnes pratiques de
#2
• Lorsque la distribution des médicaments s’effectue en détention, le personnel infirmier ou le préparateur pharmacie hospitalière conformément à l’arrêté du 22 juin 2001.
est accompagné d’un surveillant. Les horaires de ces distributions doivent être réfléchis avec les directions
des établissements pénitentiaires afin d’assurer le maximum de sécurité pour les personnels soignants et L’établissement pénitentiaire doit faire en sorte de permettre une identification claire des locaux qui relèvent
de permettre une distribution répondant aux bonnes pratiques, notamment une remise en main propre du de la PUI et ceux qui relèvent de l’unité sanitaire. Une séparation doit être prévue entre le local à pharmacie
pilulier, et une distribution lorsque les portes des cellules sont fermées afin d’éviter tout rassemblement et les personnes détenues.
autour du chariot. Aucun traitement ne doit être laissé dans une cellule en l’absence du patient destinataire.
• L’administration pénitentiaire doit également veiller à ce que tous les changements de cellules soient Tout transport de médicaments entre la pharmacie à usage intérieur et les unités de soins de rattachement
portés à la connaissance du personnel sanitaire organisant la dispensation et l’administration des doit se faire dans des conditions d’hygiène et de sécurité permettant notamment de respecter le maintien
médicaments. des températures pour les produits thermosensibles, de garantir la sécurité par tout système de fermeture
approprié et d’assurer un transport rapide pour les besoins urgents et les produits à faible stabilité.
3. Recommandations plus générales Le responsable du transport des médicaments entre la PUI et ces unités est identifié.
• La surveillance thérapeutique de la personne détenue (bénéfices rendus et effets indésirables) doit être E. SURVEILLANCE DANS LE CADRE DE LA PRISE EN CHARGE MÉDICAMENTEUSE
établie par le prescripteur. Le dossier du patient doit être mis à jour en conséquence.
• Une information sur le traitement est délivrée à la personne détenue sous forme adaptée et, le cas échéant, Conformément au droit commun dans le cadre d’une prise en charge médicamenteuse, les dispositions
une éducation thérapeutique est mise en œuvre, notamment dans les cas de pathologies chroniques. relatives aux déclarations incluent notamment :
• Les dispositions concernant les médicaments classés comme stupéfiants sont définies dans l’arrêté du - la pharmacovigilance (articles R. 5121-150 à R. 5121-201 du Code de la santé publique) ;
6 avril 2011 (article 14). Cet article précise notamment que les médicaments classés comme stupéfiants - la pharmacodépendance (articles R. 5132-97 à R. 5132-116 du Code de la santé publique) ;
sont détenus séparément dans une armoire ou un compartiment spécial banalisé réservé à cet usage et - le signalement des erreurs médicamenteuses au guichet erreurs médicamenteuses de l’Agence française de
lui-même fermé à clef ou disposant d’un mode de fermeture assurant la même sécurité. Des mesures sécurité sanitaire des produits de santé ;
particulières de sécurité contre toute effraction sont prévues. - la matériovigilance (articles R. 5212-1 à R. 5212-42 du Code de la santé publique) ;
- les déclarations des événements considérés comme porteurs de risques médicaux (article L. 1414-3-3
C. DÉTENTION DES MÉDICAMENTS EN CELLULE du Code de la santé publique), démarche volontaire des médecins et des équipes médicales exerçant en
établissement de santé dans le cadre de l’accréditation de la qualité de la pratique professionnelle.
Dans un souci de responsabilisation des personnes détenues au regard des soins et des traitements qui leur
sont dispensés, l’article D. 273 al 3 du CPP prévoit qu’une personne détenue peut garder à sa disposition en
cellule des médicaments, des matériels et des appareillages médicaux, selon les modalités prescrites par un
médecin intervenant dans l’établissement pénitentiaire.
108 109
DROIT APPLICABLE AUX PRESTATIONS PHARMACEUTIQUES ET AUX CONDITIONS
#2 CAHIER I D’HYGIÈNE HOSPITALIÈRE ET DANS LES ÉTABLISSEMENTS PÉNITENTIAIRES
2. Les référents d’hygiène hospitalière3
Il est nécessaire que soient désignés, parmi les personnels de chaque service, un référent médical et un
référent paramédical. Ces règles s’appliquent aux unités de soins intervenant pour les personnes détenues.
HYGIÈNE HOSPITALIÈRE B. MISSIONS ET ACTIONS
ET SÉCURITÉ SANITAIRE • De l’EOH
Réglementation
et procédures
I - MESURES D’HYGIÈNE HOSPITALIÈRE • Des référents d’hygiène hospitalière
#2
Les unités de soins implantées en milieu pénitentiaire sont des unités de consultations déportées des - relayer les informations et participer à la mise en œuvre des actions de prévention de lutte contre
établissements de santé auxquels elles sont rattachées et doivent bénéficier des mêmes dispositions que les infections associées aux soins du programme d’action annuel du CLIN ou CME ;
celles appliquées aux autres services hospitaliers. - transmettre à l’EOH les informations relatives au signalement d’infection nosocomiale et participer, le cas
échéant, à la réalisation d’enquête épidémiologique ;
A. INSTANCES - participer aux recueils de la surveillance en incidence et en prévalence.
a. Instances décisionnelles
II - MESURES D’HYGIÈNE ET DE SÉCURITÉ SANITAIRE DES ÉTABLISSEMENTS
La loi HPST a modifié les règles d’organisation. PÉNITENTIAIRES
Le CLIN n’est plus une instance obligatoire, le principal acteur est désormais la commission médicale
d’établissement (CME). Le ministère en charge de la Santé est garant de l’exécution des lois et règlements se rapportant à la santé
Le programme d’actions de lutte contre les événements indésirables associés aux soins est arrêté par publique.
le représentant légal de l’établissement après concertation avec le président de la CME.
Ce programme comprend un volet relatif aux mesures à mettre en œuvre pour lutter contre les infections A. ACTEURS
nosocomiales1.
a. Comité interministériel de coordination de la santé
b. Instances opérationnelles
Art. D. 348.3 du CPP :
1. Équipe opérationnelle d’hygiène (EOH) « Le comité interministériel est chargé d’examiner les conditions d’hygiène et de sécurité sanitaire dans les
établissements pénitentiaires. »
Chaque établissement de santé se dote d’une équipe opérationnelle d’hygiène (EOH) chargée de mettre
en œuvre et d’évaluer ce programme d’actions2. L’unité sanitaire, en tant qu’unité de soins déportée, doit
pouvoir bénéficier, comme chacun des services, des missions de l’EOH.
1
Art. R. 6111-1 du CSP, décret 2010-1408 du 12 novembre 2010.
2 3
Art R. 6111-7 et 8 du CSP, circulaire DGS/DHOS/E2 n° 645 du 29 décembre 2000. Circulaire DGS/DHOS/E2 n° 645 du 29 décembre 2000 (lien Internet : [Link]
110 111
DROIT APPLICABLE AUX PRESTATIONS PHARMACEUTIQUES ET AUX CONDITIONS
#2 CAHIER I D’HYGIÈNE HOSPITALIÈRE ET DANS LES ÉTABLISSEMENTS PÉNITENTIAIRES
b. Igas et ARS
Réglementation
et procédures
collective et individuelle dans l’établissement pénitentiaire.
À ce titre, il est habilité à visiter l’ensemble des locaux de l’établissement et à signaler aux services compétents
#2
les insuffisances en matière d’hygiène et, de manière générale, toute situation susceptible d’affecter la santé
des personnes détenues ; il donne son avis sur les moyens d’y remédier. »
112
#2 CAHIER II ORGANISATION DES SOINS SOMATIQUES ET PSYCHIATRIQUES
II - PROJET D’ÉTABLISSEMENT ET ORGANISATION DES ÉTABLISSEMENTS
EN PÔLES D’ACTIVITÉ
Chaque établissement de santé définit son projet d’établissement. L’organisation des soins en milieu péni-
MISSIONS DES ÉTABLISSEMENTS tentiaire est une composante de ce projet. La prise en compte de cette activité de soins dans les priorités de
l’établissement de santé est essentielle.
DE SANTÉ L’organisation interne des établissements de santé est fondée sur la définition de pôles d’activité dirigés par
des chefs de pôles.
Les pôles d’activité créés au sein de l’établissement de santé peuvent être composés de structures internes
Les soins aux personnes placées sous main de justice s’inscrivent dans un dispositif sanitaire prenant dont l’appellation est libre : « services », « unités fonctionnelles », « instituts » ou « départements ».
en compte l’ensemble des problèmes de santé, qu’ils soient somatiques ou psychiatriques. Une unité de soins prenant en charge des personnes détenues (UCSA, SMPR, UHSA, UHSI) est une structure
interne de l’établissement de santé de rattachement et doit donc être rattachée à un pôle d’activité.
L’ensemble des mesures concernant la gouvernance interne des établissements de santé s’applique à ces
I - SOINS AUX PERSONNES DÉTENUES : MISSION DE SERVICE PUBLIC (MSP) structures de soins comme aux autres structures de l’établissement de santé (contrat de pôle…).
Les soins dispensés aux personnes détenues en milieu pénitentiaire et en milieu hospitalier, constituent Le responsable de la structure interne est nommé par le directeur de l’établissement sur proposition du chef
Réglementation
et procédures
l’une des 14 missions de services publics (MSP) définies par la loi « Hôpital, patient, santé et territoire » de pôle après avis du président de la commission médicale d’établissement (CME).
(HPST) (12° article L. 6112-1 du Code de la santé publique). Le chef de pôle dispose d’une autorité fonctionnelle sur le personnel médical et non médical. Le responsable
#2
de la structure interne est donc placé sous l’autorité fonctionnelle du chef de pôle.
Les MSP sont attribuées par les agences régionales de santé et peuvent être confiées à tout établissement Chaque personnel hospitalier intervenant en milieu pénitentiaire est sous la responsabilité de l’établissement
de santé. Pour chaque MSP, les schémas régionaux d’organisation des soins (SROS-PRS) devront établir un de santé qui l’emploie.
inventaire des établissements assurant ces missions (art. R. 1434-4-1) et évaluer le besoin à couvrir pour
chaque mission.
III - RELATIONS ENTRE ÉTABLISSEMENT DE SANTÉ ET ÉTABLISSEMENT
Sur cette base, les établissements assurant ces missions depuis le 22 juillet 2009 et continuant de les PÉNITENTIAIRE
assurer dans les conditions définies réglementairement, feront l’objet d’une reconnaissance prioritaire
(article L. 6112-2 ainsi que l’article 4 du décret relatif aux missions de service public). Lorsque les soins psychiatriques et les soins somatiques sont sous la responsabilité de deux établissements
de santé distincts, l’établissement de santé en charge des soins somatiques est l’interlocuteur privilégié
Si le directeur général d’ARS constate, après confrontation des prescriptions du SROS et des établissements de la direction de l’établissement pénitentiaire. Il revient aux directeurs des établissements de santé de se
reconnus prioritaires, qu’une ou plusieurs missions ne sont pas assurées, il ouvrira une procédure d’appel concerter.
à candidature. Par ailleurs, un coordonnateur doit être désigné au sein de chaque unité. Il représente les dispositifs de soins
En cas d’échec de la procédure d’appel à candidature, la désignation pourra être prononcée unilatéralement somatiques et psychiatriques et est l’interlocuteur privilégié de la direction de l’administration pénitentiaire.
par le DG ARS. Dans les établissements pénitentiaires sièges de SMPR, deux coordonnateurs sont désignés, sous réserve
d’un fonctionnement entre eux harmonieux (Cf. fiche « Coordination institutionnelle », Partie 1).
Il convient de souligner que l’attribution de mission, qu’elle soit le fruit d’une reconnaissance prioritaire
ou d’un appel à candidature, pourra faire l’objet d’un renouvellement dans la limite du besoin à couvrir
([Link]
Les MSP figurent également dans le contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) de l’établissement
de santé qui les assure.
114 115
#2 CAHIER II ORGANISATION DES SOINS SOMATIQUES ET PSYCHIATRIQUES
Ces évolutions, ainsi qu’une volonté de rendre plus lisible la hiérarchisation de niveaux de soins incluant les
soins somatiques et psychiatriques ont amené les rédacteurs du guide à proposer une nouvelle dénomination
des unités de soins implantées en milieu pénitentiaire. Celles-ci regroupant les UCSA et les SMPR s’appelleront
désormais « unités sanitaires » de niveau 1 lorsque les soins psychiatriques incluront des prises en charge
ORGANISATION DU SYSTÈME ambulatoires et de niveau 2 lorsqu’une activité d’hospitalisation de jour sera autorisée.
L’organisation des soins repose sur deux dispositifs, l’un pour les soins somatiques, le second pour les soins Les unités sanitaires de niveau 1 (UCSA/SMPR) assurent les soins relevant de consultations et actes externes.
psychiatriques, chacun d’entre eux étant structuré en trois niveaux : Elles incluent un dispositif de soins somatiques (DSS) et un dispositif de soins psychiatriques (DSP).
Ces soins peuvent également être assurés (pour les soins somatiques) en milieu hospitalier lorsqu’ils
- le niveau 1 regroupe les consultations, les prestations et activités ambulatoires ; requièrent des examens spécialisés ne pouvant être réalisés au sein de ces unités.
- le niveau 2 regroupe les soins requérant une prise en charge à temps partiel (alternative à l’hospitalisation
complète) ; Un protocole détermine leurs conditions de fonctionnement et rappelle les obligations respectives du ou des
- le niveau 3 regroupe les soins requérant une hospitalisation à temps complet. établissements de santé et de l’établissement pénitentiaire.
Réglementation
et procédures
Une convention précise les modalités de fonctionnement de ces deux dispositifs de soins.
Les structures de soins prenant en charge les personnes placées sous main de justice ont été définies :
#2
- par le décret du 14 mars 1986 qui a créé les 26 services médico-psychologiques régionaux (SMPR) ; A. MISSIONS
- par le décret du 27 octobre 1994 relatif aux soins dispensés aux personnes détenues ;
- par la loi d’orientation du 9 septembre 2002 qui a créé les unités hospitalières spécialement aménagées a. Consultations et examens au sein des unités sanitaires
(UHSA).
1. Missions du dispositif de soins somatiques (DSS)
Ce dispositif de soins a connu au cours de cette dernière décennie de nombreuses évolutions notamment pour
la prise en charge des soins psychiatriques en milieu pénitentiaire. Le dispositif de soins somatiques (DSS) assure l’ensemble des consultations de médecine générale
Ces soins étaient en effet considérés comme étant souvent l’apanage quasi exclusif des SMPR au détriment et de spécialités dont les consultations dentaires et les prestations pouvant découler de celles-ci (prescription
de leur développement au sein des UCSA, elles-mêmes étant vues comme un lieu de prise en charge de prothèses…) (Cf. fiche « Consultations médicales », Partie 2 ; Cahier I).
prioritairement pour les soins somatiques. Concernant les consultations dentaires, une instruction santé bucco-dentaire1 précise les conditions
Quelles sont ces évolutions ? de l’examen bucco-dentaire à l’entrée et ses modalités de réalisation.
D’une part la législation de 2002 consacre la possibilité d’hospitalisation au sein des UHSA (avec et sans
consentement). L’hospitalisation à temps complet au sein des SMPR n’est plus possible. 2. Missions du dispositif de soins psychiatriques (DSP)
D’autre part le plan d’actions stratégiques 2010/2014 pour la politique de santé des personnes placées sous
main de justice prévoit la mise en place, pour les soins psychiatriques, de trois niveaux de soins ([Link] Le dispositif de soins psychiatriques (DSP) assure l’ensemble des activités de consultations, d’entretiens,
[Link]/IMG/pdf/Plan_actions_strategiques_detenus.pdf). Dans ce cadre il est prévu que toutes les de prises en charge de groupe et d’activités thérapeutiques.
UCSA proposent au terme de ce plan pour les prises en charge psychiatriques, des activités à temps partiel, Cette offre de soins diversifiée se met en place progressivement. Elle nécessite que soient affectés des locaux
ce qui était jusqu’à présent l’exception. Ces prises en charge ne sont plus limitées aux SMPR. dédiés à ces activités mais également un renforcement des équipes de soins. L’objectif à terme est que tous
Par ailleurs, toutes les régions devront disposer au moins d’un site pénitentiaire pouvant accueillir les patients les établissements pénitentiaires bénéficient de ces prestations.
en hospitalisation de jour au sein de ces unités sanitaires ce qui signifie que cette mission n’est plus limitée Cette prise en charge est accessible à toute personne incarcérée (majeurs et mineurs). Les professionnels de
aux seuls SMPR, même si ceux-ci assurent pour le moment l’essentiel de ces prises en charge. psychiatrie infanto-juvénile interviennent dans les établissements pénitentiaires qui accueillent des mineurs.
Les missions spécifiques des SMPR tenant compte de ces évolutions ont été redéfinies.
3. Missions communes aux deux dispositifs DSS/DSP
Certaines missions sont communes à ces deux dispositifs notamment les actions d’éducation et de prévention
pour la santé et la mise en place de la continuité des soins à la sortie.
1
Instruction santé bucco-dentaire du 29 août 2011, lien Internet : [Link]
116 117
#2 CAHIER II ORGANISATION DES SOINS SOMATIQUES ET PSYCHIATRIQUES
- des personnels non médicaux : personnels infirmiers, préparateurs en pharmacie, masseurs-kinési-
thérapeutes, manipulateurs en électroradiologie… ;
- des personnels non professionnels de santé : personnels administratifs…
• Mission concernant la prévention et l’éducation pour la santé L’équipe hospitalière chargée des soins psychiatriques peut inclure selon les besoins :
La prévention, incluant l’éducation pour la santé et la réduction des risques, fait partie intégrante des missions - des personnels médicaux : psychiatres et étudiants en médecine ;
de l’établissement de santé signataire du protocole, qu’il s’agisse de prévention primaire (environnement, - des personnels non médicaux : personnels infirmiers, ergothérapeutes, psychologues ;
conditions de vie, hygiène, éducation pour la santé, vaccinations…), secondaire (dépistages) ou tertiaire - d’autres personnels non professionnels de santé : personnels socio-éducatifs, personnels administratifs…
(soins et éducation thérapeutique du patient).
L’établissement de santé est chargé de coordonner les actions de dépistage. De plus, il est chargé d’élaborer, Les personnels affectés à ces unités sanitaires le sont sur la base du volontariat.
dans le cadre de comité de pilotage éducation/prévention de la santé, en liaison avec le service pénitentiaire Les personnels rattachés à d’autres pôles d’activité que celui de l’unité sanitaire restent sous la responsabilité
d’insertion et de probation (SPIP), la direction de l’établissement pénitentiaire et les autres partenaires, un technique de leur chef de pôle d’origine et sont placés sous la responsabilité fonctionnelle du médecin
programme annuel ou pluriannuel d’actions d’éducation pour la santé (Cf. fiche « Éducation et promotion de coordonnateur de l’unité sanitaire.
la santé », Partie 2 ; Cahier IV).
2. Spécificités à retenir
• Mission concernant la continuité des soins à la sortie
La prise en charge des personnes détenues doit intégrer la continuité des soins à l’issue de leur période Le secrétariat joue un rôle essentiel. Il est notamment chargé de gérer les consultations médicales (prises
Réglementation
et procédures
d’incarcération, faciliter leur retour vers les systèmes de droit commun et les inciter à prendre en charge de rendez-vous), les dossiers médicaux, la saisie et le traitement des données d’activité, la liaison entre les
leurs problèmes de santé. administrations sanitaires, pénitentiaires et les acteurs extérieurs.
#2
Le secrétariat doit impérativement être mutualisé entre les DSS et les DSP. Ses missions sont fixées par la ou
• Mission relative aux conditions d’hygiène et de sécurité sanitaire des établissements pénitentiaires les directions du ou des établissements de santé.
(Cf. fiche « Hygiène hospitalière et sécurité sanitaire dans les établissements de santé »).
L’encadrement des équipes soignantes par un cadre de santé est une nécessité. La quotité de temps affecté
b. Consultations et examens programmés en milieu hospitalier voire la mutualisation de cette fonction pour les DSS et les DSP sont décidées localement.
Le personnel non médical de l’unité sanitaire est placé sous la responsabilité fonctionnelle et hiérarchique de
Conformément aux dispositions de l’article R. 6112-23 du CSP, l’établissement de santé de rattachement ce cadre de santé.
organise l’accès des personnes détenues aux consultations ou examens spécialisés qui n’ont pu être réalisés
au sein de l’unité sanitaire, lorsque son plateau technique et son niveau de spécialisation le permettent. Une 3. Personnel médical
procédure conclue entre les deux établissements (santé et pénitentiaire) précise les modalités de mise en œuvre.
Il appartient à l’établissement pénitentiaire d’assurer l’extraction de la personne détenue dans les conditions L’un des médecins exerçant une activité régulière dans l’unité sanitaire est désigné comme coordonnateur
définies dans les textes correspondants2 (Cf. fiche « Règles de sécurité », Partie 2 ; Cahier I). (Cf. fiche « Coordination institutionnelle », Partie 1).
L’unité peut accueillir des étudiants en médecine dans le cadre de leur formation lorsque le pôle dont elle
B. ORGANISATION DES UNITÉS SANITAIRES (DSS ET DSP) dépend est agréé.
Ces unités disposent des mêmes moyens humains, matériels, logistiques et administratifs que toute unité Le tableau des effectifs médicaux est établi de façon à répondre aux impératifs suivants :
hospitalière. - favoriser les temps partagés entre l’unité sanitaire et une autre unité de l’établissement de santé (tout en
évitant le fractionnement des temps médicaux entre un trop grand nombre de praticiens). Cette organisation
a. Personnel soignant présente l’avantage d’offrir des profils de poste diversifiés et permet d’assurer la continuité des soins ;
- assurer une continuité de la couverture médicale notamment pour les établissements pénitentiaires
1. Constitution des équipes de soins de petite taille lors des congés voire des absences prolongées.
L’équipe hospitalière chargée des soins somatiques peut inclure selon les besoins : 4. Personnel infirmier
- des personnels médicaux : médecins généralistes, médecins spécialistes, chirurgiens-dentistes, phar-
maciens, étudiants en médecine ; Le personnel infirmier répond aux demandes de soins dans le cadre de son rôle propre. Il agit en application
d’une prescription médicale pour des actes et activités visant à restaurer la santé et notamment l’administration
2
Circulaire n° 000117 DAP du 18 novembre 2004 relative à l’organisation des escortes pénitentiaires des personnes détenues faisant l’objet d’une des médicaments, conformément aux dispositions des articles R. 4311-10 et R. 4311-15 du CSP.
consultation médicale, qui a été modifiée par la circulaire JUSK1140022C du 14 avril 2011 relative aux moyens de contrôle des personnes détenues
([Link] Les modalités de mise en œuvre des protocoles de soins d’urgence sont précisées à l’article R. 4311-14 du CSP.
118 119
#2 CAHIER II ORGANISATION DES SOINS SOMATIQUES ET PSYCHIATRIQUES
Les modalités de fonctionnement et d’organisation seront arrêtées entre l’établissement pénitentiaire et
l’établissement de santé. Celui-ci peut affecter ses propres agents ou des agents d’une entreprise d’entretien
placés sous son autorité (concession de cette fonction par l’établissement public de santé) (Cf. fiche « Modalités
financières et prise en charge sanitaire », Partie 2 ; Cahier III).
Le personnel infirmier de l’unité sanitaire participe à l’amélioration de la qualité des soins, à la prise en Conformément à l’article D. 433-3 du Code de procédure pénale, aucune personne détenue ne peut être
charge de la personne détenue, à l’élaboration du projet de soins infirmiers et au rapport annuel d’activité affectée à ces missions dans les unités sanitaires.
de soins sous la responsabilité d’un cadre de santé. Il exerce son rôle soignant dans toutes ses dimensions :
préventive, éducative, curative et relationnelle. c. Système d’information
Il convient de souligner l’importance de la relation soignant/soigné qui constitue un lien privilégié, auquel la
personne détenue attache une grande importance. 1. Équipement informatique
Dans le domaine de la santé mentale, l’article R. 4311-6 du CSP liste les actes relevant du rôle propre du
personnel infirmier notamment l’entretien d’accueil du patient. Un protocole relatif aux systèmes d’information des unités sanitaires des établissements pénitentiaires
signé le 27 mai 2009 par les directeurs de la DGOS et de la DAP et son avenant, en date du 19 décembre
Par ailleurs, dans le cadre de ses missions, le personnel infirmier : 2009, fixe les règles concernant notamment :
- met en place les moyens relevant de sa compétence pour améliorer l’organisation des soins, faciliter leur - l’architecture du système (câblage, locaux techniques, sécurité du système, définition des besoins) ;
évolution et participer collectivement au développement professionnel continu ; - le système de téléphonie recommandé ;
- veille au respect des règles d’hygiène dans les pratiques de soins, à l’égard des personnes ayant accès - les règles de sécurité ;
Réglementation
et procédures
à l’unité sanitaire et dans l’entretien des locaux ; - les règles de maintenance.
- participe à la formation de tous les acteurs impliqués dans la prise en charge des personnes détenues
#2
et à l’organisation des soins dans le cadre de l’unité sanitaire ; 2. Télémédecine
- peut contribuer à l’élaboration d’un projet de soins de sortie de détention, en articulation avec les services
pénitentiaires concourant à la réinsertion des personnes détenues et les services de la PJJ ; La mise en place d’un réseau de télémédecine (visioconférence, téléradiologie, télétransmission des résultats,
- participe à l’élaboration, la coordination et la mise en œuvre du programme et/ou des actions d’éducation téléconsultation) permet aux médecins des unités sanitaires de bénéficier de la technicité du plateau
pour la santé pour les personnes détenues. technique hospitalier et de l’accès à des avis spécialisés sans avoir à recourir à des extractions médicales,
tout en garantissant la sécurité et la confidentialité des informations transmises.
5. Chirurgiens-dentistes
Il convient de souligner que le recours à ces nouvelles technologies d’informations et de communications
Les soins dentaires sont dispensés par des chirurgiens-dentistes recrutés en fonction de la quotité de temps médicales ne se substitue pas au nécessaire dialogue entre le médecin traitant et la personne détenue.
nécessaire pour faire face aux besoins. Selon l’activité et l’organisation de l’unité, l’établissement de santé de
rattachement décide s’il y a nécessité pour le chirurgien-dentiste d’être assisté. d. Prestations médico-techniques
1. Programme fonctionnel Conformément à l’article R. 5126-8 du CSP, la pharmacie à usage intérieur (PUI) de l’établissement de santé
dispose de locaux, de moyens en personnel, de moyens en équipements et d’un système d’information lui
En application des dispositions de l’article R. 6112-22 du CSP, reprises par l’article D. 370 du Code de procédure permettant d’assurer l’ensemble des missions qui lui sont confiées, notamment les missions de gestion,
pénale (CPP), l’administration pénitentiaire met à disposition de l’unité sanitaire des locaux spécialisés d’approvisionnement, de contrôle, de détention et de dispensation des médicaments ainsi que des dispositifs
destinés aux consultations et aux examens. médicaux stériles.
Un guide de programmation des locaux des unités sanitaires précise les normes à retenir. Ce guide est établi
pour les nouveaux établissements de 600 places. C’est également la référence pour toute structure devant La fiche relative aux pharmacies à usage intérieur des établissements de santé et à la prise en charge
être rénovée (Cf. document en ligne sur le site du ministère en charge de la Santé). thérapeutique en milieu pénitentiaire précise les règles relatives au circuit du médicament, à la détention des
médicaments en cellule, au stockage et au transport de ceux-ci ainsi qu’à la surveillance dans le cadre de la
2. Entretien des locaux prise en charge médicamenteuse.
L’entretien des locaux des unités sanitaires doit être assuré par les établissements de santé, moyennant Hormis ces règles, il convient de rappeler :
remboursement par l’administration pénitentiaire. - la nécessité de mettre en place un environnement de dialogue et de concertation entre les professionnels
concernés des unités de soins et de la PUI portant sur le fonctionnement de cette prestation et notamment
120 121
#2 CAHIER II ORGANISATION DES SOINS SOMATIQUES ET PSYCHIATRIQUES
Les soins de niveau 2 sont assurés :
- pour les soins somatiques, en milieu hospitalier ;
- pour les soins psychiatriques, en milieu pénitentiaire, au sein des unités sanitaires.
les spécificités rencontrées en milieu pénitentiaire pouvant nécessiter des mesures particulières (par A. SOINS SOMATIQUES DE NIVEAU 2 : HOSPITALISATION À TEMPS PARTIEL
exemple médicaments non remboursés pouvant être inscrits au livret thérapeutique) ;
- la nécessité également de mettre en place ce même environnement de dialogue et de concertation Les soins somatiques de niveau 2 se distinguent des prestations délivrées lors de consultations et incluent
avec l’administration pénitentiaire portant notamment sur les questions relatives à la transmission de les activités dispensées à temps partiel, de jour, de nuit (art. L. 6122-1 et R. 6121-4, 1°).
traitements en dehors des horaires d’ouverture de l’unité sanitaire, voire à la sortie. Compte tenu du fait que Ils se déroulent en milieu hospitalier, et peuvent concerner des activités de chirurgie ambulatoire
les médicaments ne doivent jamais transiter par le personnel pénitentiaire, un dispositif de casier réservé à (dermatologie, ophtalmologie…), des « séances » (traitements de chimiothérapie, dialyse…) voire des examens
l’unité sanitaire peut être étudié localement. complémentaires.
Ces questions doivent donner lieu à l’établissement de procédures écrites. Le patient détenu est hospitalisé dans les services correspondants à la spécialité requise avec garde statique
(Cf. fiche « PUI de l’établissement de santé et prise en charge thérapeutique en milieu pénitentiaire », des forces de l’ordre.
Partie 2 ; Cahier I)
B. SOINS PSYCHIATRIQUES DE NIVEAU 2 : HOSPITALISATION DE JOUR
2. Biologie/Radiologie
Il est convenu que chaque région dispose d’au moins une unité sanitaire de niveau 2 (plan d’actions
Réglementation
et procédures
En application de l’article R. 6112-19 du CPS, l’établissement de santé effectue ou fait effectuer les examens, stratégiques).
notamment radiologiques ou de biologie médicale nécessaires au diagnostic.
#2
En sont exclus les examens biologiques et radiologiques demandés dans le cadre d’une procédure judiciaire a. Modalités de prise en charge
(enquête ou expertise).
L’hospitalisation de jour en psychiatrie se déroule en milieu pénitentiaire et suppose un accès facilité du patient
• Les prestations relatives aux examens de biologie médicale incluent la réalisation des prélèvements, leur aux différentes activités et consultations tout au long de la journée. Le soin prime de manière temporaire sur
acheminement vers un laboratoire d’analyse de biologie médicale et leur analyse. L’établissement de santé les autres aspects de la détention.
peut confier, par voie de convention, tout ou partie de cette activité à un laboratoire d’analyse de biologie
médicale public ou privé, notamment en cas d’éloignement de l’établissement pénitentiaire. Les cellules d’hébergement dédiées aux patients pris en charge sont situées à proximité immédiate de l’unité
(Cf. fiche « Modalités financières de prise en charge sanitaire des personnes détenues », Partie 2 ; Cahier III) de soins. Elles permettent une prise en charge optimale des patients évitant de multiples mouvements dans
la journée. Leur situation au sein de l’établissement pénitentiaire doit permettre des déplacements facilités
• Les prestations relatives aux examens de radiologie peuvent être réalisées sur place ou au sein de vers le lieu de soins.
l’établissement de santé si celui-ci dispose des équipements ad hoc. L’établissement de santé peut confier,
par voie de convention, tout ou partie de cette activité à un cabinet de radiologie public (autre établissement L’activité prévisible correspond environ à une place en cellule d’hébergement pour 100 places de détention.
de santé) ou privé, notamment en cas d’éloignement de l’établissement pénitentiaire. L’objectif est que l’ensemble de la population pénale d’un secteur géographique donné puisse avoir accès
à cette offre de soins. Dans la mesure du possible, le nombre de places en hospitalisation de jour au sein
Le guide de programmation pour les locaux des unités sanitaires de niveau 1 et de niveau 2 dans le cadre d’un même établissement pénitentiaire doit être limité à 20. Si la région présente une activité prévisible
de la construction de nouveaux établissements pénitentiaires (élaboré avec l’Agence nationale d’appui à correspondant à plus de 20 places, un second site de niveau 2 doit être prévu (sous réserve des contraintes
la performance (ANAP)), prévoit une salle d’imagerie numérisée avec un panoramique dentaire dans les architecturales des établissements pénitentiaires).
établissements de 600 places. En deçà, l’appréciation de la nécessité d’un équipement d’imagerie numérisée
est laissée à l’établissement de santé en fonction des caractéristiques de l’établissement pénitentiaire et du Le principe retenu est l’individualisation des cellules. Il est possible de prévoir des cellules doubles dans
volume d’activité. la limite d’un tiers du nombre de places.
L’entretien et l’équipement de ces cellules relèvent de l’administration pénitentiaire.
Les personnes détenues placées dans ces cellules doivent pouvoir accéder aux équipements collectifs.
II - NIVEAU 2 : PRISE EN CHARGE À TEMPS PARTIEL L’annexe Q « Statut des places d’hébergement en HJ en psychiatrie » précise le statut de ces cellules.
(ALTERNATIVE À L’HOSPITALISATION COMPLÈTE)
b. Conditions d’admission en hospitalisation de jour
La prise en charge en hospitalisation à temps partiel, et plus particulièrement l’hospitalisation de jour,
permet au patient de disposer de soins et/ou d’examens polyvalents, individualisés, intensifs, prodigués dans Les admissions en hospitalisation de jour sont exclusivement décidées par le médecin. Elles sont prononcées
la journée. par le directeur de l’établissement de santé sur proposition médicale.
122 123
#2 CAHIER II ORGANISATION DES SOINS SOMATIQUES ET PSYCHIATRIQUES
- un rôle d’interface avec les autorités de tutelle sur les sujets généraux qui ne concernent pas un site
d’implantation spécifique ;
- la mise en place de formations au niveau régional, formation initiale (étudiants hospitaliers, internes, stages
d’IFSI…) et formation continue.
La décision d’affectation au sein d’une cellule d’hébergement dédiée à l’hôpital de jour est prise
par le directeur de l’établissement pénitentiaire, sur demande exclusive du médecin responsable, qui décide
de la date d’admission et de sortie. III - NIVEAU 3 : PRISE EN CHARGE HOSPITALIÈRE À TEMPS COMPLET
Sauf en cas d’urgence ou de péril imminent , les changements d’affectation au sein des cellules d’hébergement Les soins de niveau 3 sont assurés :
décidés par le directeur pénitentiaire font l’objet d’une concertation préalable avec le médecin.
• Pour les soins somatiques :
L’admission en hospitalisation de jour peut être prononcée pour toute personne détenue relevant de la zone - au sein de chambres sécurisées dans l’établissement de santé de rattachement ;
géographique de son ressort (région). - au sein des unités hospitalières sécurisées interrégionales (UHSI).
Dans le cas de personnes détenues dans un autre établissement pénitentiaire, le médecin responsable
de l’unité d’hôpital de jour examine les demandes d’admission présentées par les équipes soignantes • Pour les soins psychiatriques :
de l’établissement d’origine. Sous réserve de son avis favorable et des disponibilités au sein des cellules - au sein des unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA) ;
d’hébergement, il transmet au directeur de l’établissement pénitentiaire une demande de transfert en vue de - au sein des établissements de santé autorisés en psychiatrie dans le cadre des hospitalisations régies
Réglementation
et procédures
soins au sein de l’hôpital de jour et d’une affectation en cellule d’hébergement. Le transfert est organisé par par l’article D. 398 du Code de procédure pénale (dans l’attente de la finalisation du programme UHSA) ;
l’administration pénitentiaire dans les délais les plus brefs. - au sein des unités pour malades difficiles (UMD) lorsque les critères cliniques le justifient.
#2
c. Rôle des surveillants pénitentiaires affectés aux cellules d’hébergement A. HOSPITALISATION SOMATIQUE (MÉDECINE CHIRURGIE OBSTÉTRIQUE : MCO)
Les cellules d’hébergement sont gérées par l’administration pénitentiaire et font l’objet de la même a. Hospitalisation en chambres sécurisées (R. 6112-26 du CSP et D. 391 a. et b. du CPP)
surveillance que toute autre cellule (jour et nuit). Le jour, cette surveillance est exercée par du personnel
pénitentiaire affecté spécifiquement à la structure sanitaire de soins psychiatriques. Il s’agit d’hospitalisations d’urgence ou programmées mais de très courte durée (moins de 48 heures).
Les chambres sécurisées sont mobilisées en priorité pour l’accueil des personnes détenues et font l’objet
Dans l’exercice de leurs fonctions ces personnels de surveillance tiennent le plus grand compte de la spécificité d’aménagements spécifiques de sécurisation.
des malades détenus pris en charge, respectant le caractère médical de ce lieu de soins. La circulaire interministérielle du 13 mars 2006 (DAP/DHOS/DGPN/DGGN) relative à l’aménagement ou à la
Il est souhaitable que ces personnels de surveillance bénéficient d’une formation d’initiation aux problématiques création de chambres sécurisées dans les établissements publics de santé précise le cahier des charges
de santé mentale en sus d’une information préalable sur la mission de ce service hospitalier. devant être respecté ([Link] Une garde statique est
assurée par les forces de l’ordre (police ou gendarmerie) dans un sas attenant à la chambre.
La collaboration entre les personnels de surveillance et les professionnels sanitaires est indispensable afin Ces hospitalisations ont lieu en principe dans l’établissement de rattachement sauf si l’état de santé du patient
de garantir la complémentarité utile de leurs missions respectives dans l’intérêt tant des personnes détenues nécessite le recours à un service très spécialisé ou à un plateau technique n’existant pas.
que des personnels eux-mêmes. Les hospitalisations pour les accouchements sont réalisées dans un service adapté.
La responsabilité médicale de la prise en charge de la personne détenue incombe à un praticien de l’unité
d. Les services médico-psychologiques régionaux (SMPR) d’hospitalisation dans laquelle la chambre sécurisée est intégrée.
Les 26 établissements pénitentiaires sièges de SMPR disposent tous d’ores et déjà d’une offre de soins de 1. Hospitalisation urgente
niveau 1 (incluant les activités à temps partiel) et pour une grande partie d’entre eux d’une offre de soins de
niveau 2 (permettant l’accueil de patients de leurs zones de ressort géographique en hospitalisation de jour). La prise en charge en urgence est décrite dans la partie « Continuité des soins et prise en charge en dehors
Tous les établissements pénitentiaires sièges de SMPR doivent mettre en place cette activité de niveau 2. des heures d’ouverture de l’unité sanitaire en milieu pénitentiaire » de ce même cahier.
Au-delà du recours clinique de niveau 2 les SMPR ont une mission de coordination régionale impliquant :
- une coopération avec l’ensemble des acteurs de psychiatrie générale ou infanto-juvénile intervenant en Lorsque l’hospitalisation consécutive à une admission en urgence est appelée à se prolonger, un transfert
milieu pénitentiaire ; vers l’unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) doit être envisagé. Les conditions de ce transfert sont
- une articulation avec les DSP des unités sanitaires de leur région et les unités hospitalières spécialement subordonnées à l’accord du médecin responsable de l’UHSI, à un état de santé du patient compatible avec
aménagées (UHSA). À titre d’exemple, l’élaboration d’un projet régional d’organisation des soins le transport et à la disponibilité de places à l’UHSI.
psychiatriques aux personnes détenues, qui pourra être intégré au SROS ;
124 125
#2 CAHIER II ORGANISATION DES SOINS SOMATIQUES ET PSYCHIATRIQUES
a. Hospitalisation en unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA)
1. Principes généraux
2. Hospitalisation de très courte durée Conformément à l’article L. 3214-1 du Code de la santé publique, l’hospitalisation au sein d’une UHSA
est le principe général pour toute hospitalisation complète en psychiatrie d’une personne détenue. La loi
L’hospitalisation programmée de très courte durée est inférieure ou égale à 48 heures. Toutefois, dans certains de programmation et d’orientation de la justice de septembre 2002 a en effet instauré le principe d’unités
cas devant rester exceptionnels, si le temps d’accès entre l’établissement de santé et l’UHSI est très important spécialisées permettant l’accueil des hospitalisations psychiatriques des personnes détenues dans un
et que la durée d’hospitalisation restante estimée est courte, celle-ci peut se prolonger au delà de 48 heures. environnement sécurisé.
b. Hospitalisation en unités hospitalières sécurisées interrégionales (UHSI) Le programme de construction des UHSA inclut 17 unités pour une capacité totale de 705 places, réparties en
deux tranches, l’une de 440 places pour neuf unités et la seconde de 265 places pour les huit autres unités.
Huit unités hospitalières sécurisées interrégionales (UHSI) sont réparties sur le territoire. Celles-ci accueillent
des personnes détenues majeures et mineures. Elles sont sécurisées par l’administration pénitentiaire L’arrêté du 20 juillet 2010 fixe la liste des neuf UHSA de la première tranche du programme, leur établissement
présente au sein de l’unité de soins. Le nombre d’unités, les sites d’implantation et les secteurs géographiques de santé de rattachement ainsi que leur ressort territorial. Cet arrêté sera modifié avec l’ouverture des UHSA
de rattachement sont précisés dans l’arrêté du 24 août 2000 (Cf. annexe N « Carte UHSI »). de la seconde tranche.
L’annexe O « Carte UHSA » détaille l’implantation de ces neuf structures de soins. Une unité hospitalière
Réglementation
et procédures
Les UHSI sont des structures hospitalières qui prennent en charge l’ensemble des hospitalisations, hors spécialement aménagée couvre les besoins d’hospitalisation des établissements pénitentiaires du ressort
hospitalisations urgentes et de courte durée (exceptées celles des établissements pénitentiaires rattachés territorial correspondant3.
#2
à l’établissement de santé siège de l’UHSI), ou réclamant la proximité d’un plateau technique très spécialisé.
Une hospitalisation en UHSI ne requiert pas une hospitalisation préalable dans une chambre sécurisée. Conformément à l’article R. 3214-3 du CSP, une convention spécifique à chaque UHSA est établie. Elle détaille
Le patient peut être adressé directement vers l’UHSI. les règles d’organisation et de fonctionnement applicables au sein de l’unité.
Les UHSI sont situées dans des centres hospitaliers universitaires et bénéficient de leur plateau technique. 2. Modalités de fonctionnement
Les patients sont donc amenés, selon les examens complémentaires demandés, à consulter voire être
hospitalisés dans d’autres services de soins ou médico-techniques. Ils sont alors accompagnés de personnel L’UHSA est une unité hospitalière implantée au sein d’un établissement de santé, sécurisée par l’administration
sanitaire et d’une escorte pénitentiaire ou des forces de l’ordre. pénitentiaire. Celle-ci assure les transferts, le contrôle des entrées et des sorties. Elle n’est pas présente
au sein de l’unité de soins, sauf en cas de demande de prêt de main-forte du personnel soignant.
Lorsqu’un patient nécessite une consultation de spécialiste sans recours à un plateau technique particulier,
les praticiens spécialistes se déplacent au sein de l’UHSI. Les conditions d’accès leur sont alors facilitées. Les modalités générales de fonctionnement ont été définies conjointement par les trois ministères
Pour les mineurs, les pédiatres peuvent également se déplacer au sein de l’unité. impliqués (respectivement en charge de la Santé, de la Justice et de l’Intérieur) et sont détaillées dans
Toutefois, dès lors que leur état de santé l’exige, les patients peuvent être hospitalisés dans des services la circulaire interministérielle DGOS/R4/PMJ2/2011/105 du 18 mars 2011 relative à l’ouverture et au
spécialisés. La garde statique est assurée par les forces de l’ordre ou l’administration pénitentiaire. fonctionnement des unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA) ([Link]
circulaire_105_180311.pdf).
B. HOSPITALISATION PSYCHIATRIQUE Cette circulaire reprend les principes fondamentaux des UHSA comme la possibilité d’hospitaliser un patient détenu
avec son consentement, mais aussi la primauté du soin et la double prise en charge sanitaire et pénitentiaire.
Les hospitalisations à temps complet (avec et sans consentement) représentent le troisième niveau Ce texte précise que les UHSA peuvent accueillir, conformément aux dispositions de l’article D. 50 du Code
de soins intégrant les hospitalisations au sein des unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA), de procédure pénale (CPP), les personnes hébergées par l’établissement pénitentiaire de façon continue ou
les hospitalisations régies par l’article D. 398 du Code de procédure pénale (dans l’attente de la finalisation discontinue, ce qui inclut les personnes incarcérées, les personnes semi-libres, les bénéficiaires de permissions
du programme UHSA), et les hospitalisations au sein des unités pour malades difficiles (UMD) lorsque les de sortie et de placements extérieurs avec surveillance de l’administration pénitentiaire.
critères cliniques le justifient.
En ce qui concerne les personnes bénéficiant d’un aménagement de peine, le magistrat en charge de l’application
Conformément à l’article L. 3214-1 du CSP, les personnes mineures détenues peuvent être hospitalisées en des peines doit être informé : soit de l’hospitalisation, soit de la nécessité d’hospitaliser la personne détenue,
UHSA, ou « lorsque leur intérêt le justifie » dans tout autre établissement habilité. afin qu’il prenne toute décision concernant l’aménagement de peine. Cette décision conditionnera le lieu de
l’hospitalisation.
3
Arrêté du 20 juillet 2010 relatif au ressort territorial des unités spécialement aménagées destinées à l’accueil des personnes incarcérées souffrant de
troubles mentaux.
126 127
#2 CAHIER II ORGANISATION DES SOINS SOMATIQUES ET PSYCHIATRIQUES
b. Hospitalisation selon la disposition transitoire introduite par la loi n° 2002-1138 du 9 septembre 2002
d’orientation et de programmation pour la justice prévue en son article 48 (« HOD 398 du CPP »)
1. Modalités d’hospitalisation
3. Modalités d’hospitalisation
Dans l’attente de la finalisation des deux tranches du programme UHSA, les hospitalisations au sein des
3.1 Hospitalisation avec consentement au sein d’une UHSA établissements de santé autorisés en psychiatrie restent possibles. Dans ce cas l’hospitalisation est régie par
l’article D. 398 du CPP.
Les UHSA sont le seul lieu d’hospitalisation complète en psychiatrie des patients détenus avec leur Ces hospitalisations se déroulent sans gardes statiques ni surveillance de l’administration pénitentiaire ni des
consentement. L’ensemble des modalités organisationnelles afférentes sont réglées par la circulaire DGOS/ forces de l’ordre.
R4/PMJ2/2011/105 du 18 mars 2011 relative à l’ouverture et au fonctionnement des unités hospitalières
spécialement aménagées (UHSA). 2. Droits des personnes détenues
3.2 Hospitalisation dans le cadre de la mission de service public n° 11 de l’article L. 6112-1 du Code de la Il revient aux soignants de s’assurer « que les droits fondamentaux des personnes privées de liberté sont
santé publique (hospitalisation sans consentement) respectés et de contrôler les conditions de leur prise en charge » (loi n° 007- 1545 du 30 octobre 2007 instituant
un contrôleur général des lieux de privation de liberté).
Les hospitalisations sans consentement des personnes détenues sont régies par la loi du 5 juillet 2011. Dans
Réglementation
et procédures
l’attente de l’achèvement du programme de construction des UHSA, ces hospitalisations peuvent se dérouler Il convient en effet de rappeler que tout usage des chambres d’isolement est déterminé par des considérations
soit dans les UHSA quand il en existe sur le ressort territorial, soit dans des établissements de santé autorisés médicales, conformément aux recommandations établies par la Haute autorité de santé (Cf. Annexe L : « Droits
#2
en psychiatrie exerçant la mission de service public n° 11 de l’article L. 6112-1 du Code de la santé publique. des personnes détenues hospitalisés en psychiatrie - HOD 398 »).
Ces dispositions sont aménagées pour les personnes détenues sur les points suivants : c. Hospitalisation au sein d’une UMD
- seules sont possibles les hospitalisations décidées par le représentant de l’État. Les hospitalisations
à la demande d’un tiers n’existent donc pas ; En cas d’hospitalisation d’une personne détenue qui présente pour autrui un danger, tel que les soins,
- la seule modalité possible de prise en charge est l’hospitalisation à temps complet. Il n’y a donc pas de prise la surveillance et les mesures de sûreté nécessaires ne peuvent être assurées dans une unité classique,
en charge avec programme de soins ; le patient peut être admis dans une unité pour malades difficiles (UMD).
- l’ensemble des autres dispositions concernant notamment la période initiale d’observations et de soins
et l’examen somatique dans les 24 heures sont applicables. L’admission est prononcée par arrêté du préfet sur la base d’un certificat médical établi par un psychiatre
précisant les motifs de la demande d’hospitalisation en UMD (article R. 22-2 du Code de la santé publique)
Les médecins de l’unité sanitaire et de l’UHSA ou de l’établissement autorisé en psychiatrie assurant la mission et après accord d’un psychiatre de l’UMD.
de service public susvisée fixent ensemble les modalités d’hospitalisation avant que le préfet du département L’admission s’effectue dans l’unité la plus proche du lieu d’hospitalisation du patient, sous réserve des
où est situé l’établissement pénitentiaire prononce l’hospitalisation au vu du certificat circonstancié (art. disponibilités.
L. 3214-3 du CSP). Les différents certificats et documents à fournir dans ce cadre sont détaillés dans la fiche
« Documents médicaux », Partie 2 ; Cahier I. Les UMD ont une vocation nationale. Il n’y a pas de ressort géographique pour l’accueil en UMD, ce qui permet
une meilleure adéquation entre les besoins et les capacités d’hospitalisation.
La loi du 5 juillet 2011 crée un contrôle systématique par le juge des libertés et de la détention (JLD) au terme
de 15 jours et de six mois d’hospitalisation, impliquant l’organisation d’audiences. La commission du suivi médical mentionnée à l’article R. 3222-6 du Code de la santé publique est indépendante
et composée de médecins psychiatres extérieurs à l’UMD ; elle se réunit au moins une fois par mois dans
Ces audiences peuvent s’organiser de trois façons : l’établissement et examine tous les six mois le dossier de chaque patient hospitalisé à l’UMD. Elle peut
- le patient est transporté au tribunal de grande instance ; également s’autosaisir à tout moment de la situation d’un patient hospitalisé dans une telle unité.
- la loi prévoit la possibilité (article L. 3211-12-2) d’aménager spécialement des salles d’audience dans
les établissements de santé pour que l’audience puisse s’effectuer sur place ;
- les audiences peuvent s’effectuer par visioconférence entre l’établissement de santé et le tribunal.
Dans les deux derniers cas les audiences doivent être organisées dans le respect de critères détaillés dans
les annexes de la circulaire n° DGOS/R4/2011/312 du 29 juillet 2011 relative aux droits et à la protection des
personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge4.
4
[Link]
128 129
#2 CAHIER II ORGANISATION DES SOINS SOMATIQUES ET PSYCHIATRIQUES
Il s’agit notamment, dans les conditions prévues à l’article R. 6311-2 du CSP :
- d’assurer une écoute médicale permanente ;
- de déterminer et déclencher dans le délai le plus rapide la réponse médicale la mieux adaptée à la nature
des appels ;
IV - CONTINUITÉ DES SOINS ET PRISE EN CHARGE EN DEHORS DES HEURES - de s’assurer, le cas échéant, de la disponibilité des moyens d’hospitalisation publics ou privés adaptés à
D’OUVERTURE DE L’UNITÉ SANITAIRE EN MILIEU PÉNITENTIAIRE l’état du patient.
L’article 46 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 (n° 2009-1436) indique notamment que : La mise en relation téléphonique directe entre la personne détenue et le médecin régulateur est de nature à
« La prise en charge de la santé des personnes détenues est assurée par le service public hospitalier dans les permettre à ce dernier d’évaluer la situation sanitaire de l’intéressé. Il convient de favoriser la communication
conditions prévues par le Code de la santé publique. directe par téléphone de la personne détenue avec le médecin régulateur du centre 15 en veillant à respecter
La qualité et la continuité des soins sont garanties aux personnes détenues dans des conditions équivalentes la confidentialité de l’entretien médical tout en assurant la sécurité de la personne et de l’établissement.
à celles dont bénéficie l’ensemble de la population (…). »
Au titre de la continuité des soins, l’unité sanitaire doit organiser la réponse médicale devant être apportée aux b. Réponse médicale du médecin régulateur
personnes détenues hors de ses heures d’ouverture.
Selon ce même article 46 de la loi pénitentiaire et l’article R. 6112-16 du Code de la santé publique, un protocole Le médecin régulateur du SAMU-centre 15 décide de la réponse médicale devant être apportée à la situation.
est signé par le directeur général de l’agence régionale de santé, le directeur interrégional des services
pénitentiaires, le chef de l’établissement pénitentiaire et le directeur de l’établissement de santé concerné Les modalités pratiques de recours aux soins peuvent se traduire de différentes façons :
Réglementation
et procédures
après avis du conseil de surveillance. Il définit les conditions dans lesquelles est assurée l’intervention des - le médecin régulateur estime que le patient doit être hospitalisé. Il décide du moyen de transport le plus
professionnels de santé appelés à intervenir en dehors des horaires de l’unité sanitaire. Les personnels approprié (transport sanitaire privé, SMUR ou sapeurs-pompiers) (Cf. Transport sanitaire - fiche « Modalités
#2
pénitentiaires appliquent les directives prévues par ce même protocole (article D. 374 du Code de procédure financières de prise en charge sanitaire », Partie 2 ; Cahier III). L’extraction du patient est alors effectuée
pénale) (Cf. Modèle de protocole et annexes au protocole, Partie 3). sous escorte dans les conditions explicitées dans l’annexe X « Tableau synoptique des gardes et escortes ».
L’organisation de ces modalités d’extraction n’est pas du ressort du SAMU-centre 15 ;
Deux cas de figure sont à envisager : - le médecin régulateur estime que l’intervention d’un médecin sur place est nécessaire. Il fait alors appel au
- la prise en charge des personnes détenues au sein de l’établissement pénitentiaire en dehors des horaires dispositif retenu localement :
d’ouverture de l’unité de soins ; - recours aux médecins de ville ou associations de type « SOS médecins » dans le cadre d’une
- la continuité des soins au titre de l’hospitalisation de jour réalisée en psychiatrie. convention avec l’établissement de santé de référence et l’établissement pénitentiaire,
- astreinte de l’établissement de santé.
Il convient de préciser que pendant leurs horaires d’ouverture les unités sanitaires gèrent toutes les demandes de Dans les cas où cette organisation serait retenue, il doit être rappelé que l’instauration d’une astreinte
soins qu’elles soient somatiques ou psychiatriques. Les soignants de l’unité font appel au centre 15 si nécessaire. médicale spécifique ne se justifie pas.
Les soins au personnel pénitentiaire ne relèvent pas des missions de l’établissement de santé décrites dans le À ce titre, il importe de retenir des solutions pratiques utilisant au mieux le potentiel local et répondant à un
présent guide et sont assurés dans le cadre du dispositif prévu par l’article D. 227 du Code procédure pénale. double principe de sécurité et d’efficience.
130 131
#2 CAHIER II ORGANISATION DES SOINS SOMATIQUES ET PSYCHIATRIQUES
Conformément aux dispositions de l’article D. 6124-304 du Code de la santé publique, les structures
d’hospitalisation de jour sont tenues d’organiser la continuité des soins en dehors de leurs heures d’ouverture
y compris les dimanches et jours fériés.
Il convient, au niveau local, de mettre en place des procédures précisant les modalités de cette organisation ;
si besoin en lien avec le SAMU–centre 15 ou un autre établissement de santé assurant les urgences en
psychiatrie. Celles-ci sont communiquées au chef de l’établissement pénitentiaire.
La mutualisation des moyens est à privilégier.
Réglementation
et procédures
#2
CAHIER III
PROTECTION SOCIALE
ET MODALITÉS
FINANCIÈRES
DE PRISE EN CHARGE
P. 133 > 160
132
#2 CAHIER III PROTECTION SOCIALE ET MODALITÉS FINANCIÈRES DE PRISE EN CHARGE
A. MODALITÉS D’AFFILIATION
PROTECTION SOCIALE Le chef de l’établissement pénitentiaire transmet à la caisse, pour l’ensemble des personnes détenues3, une
fiche de renseignements établie notamment à partir des éléments d’état civil de la fiche pénale. Cette fiche
comporte les éléments relatifs à la situation administrative de la personne détenue, sa situation familiale et
sa couverture sociale avant son incarcération ainsi qu’un droit éventuel à la couverture maladie universelle
Les articles L. 381-30 à L. 381-30-6 et R. 381-97 à R. 381-100 du Code de la Sécurité sociale (CSS) définissent complémentaire (CMUc).
la protection sociale des personnes détenues et organisent leur affiliation aux assurances maladie et maternité
du régime général. Cette procédure est à mettre en œuvre dans un délai maximal de cinq jours ouvrés à compter de l’incarcération
Les modalités d’affiliation des personnes détenues au régime général sont également définies à l’article D. 366 afin d’éviter tout retard dans l’ouverture des droits aux assurances maladie et maternité pour les éventuels
du Code de procédure pénale (CPP). ayants droit des personnes détenues.
Cette partie du guide définit ainsi le champ d’application du régime général d’assurance maladie-maternité
pour les différentes catégories de personnes placées sous main de justice (incarcérées et en aménagement Cas particuliers :
de peine), les modalités d’accès au droit et aux soins des personnes concernées. Personnes détenues de nationalité étrangère
Elles doivent également préciser leur situation au regard de la législation relative au séjour des étrangers en
Réglementation
et procédures
L’article L. 381-30 du CSS prévoit l’affiliation obligatoire des personnes détenues au régime général de l’assu- France.
rance maladie à compter de la date d’incarcération. Si besoin, elles s’adresseront au service des étrangers de la préfecture du lieu de détention pour se faire
#2
Sont donc affiliées au régime général toutes les personnes détenues : délivrer un document ou un titre attestant la régularité de leur séjour et elles le feront parvenir à la caisse dans
- quelle que soit leur situation au regard de l’assurance maladie dont elles relevaient à titre personnel ou en les meilleurs délais.
qualité d’ayant droit avant leur incarcération ; Il en est de même pendant toute la durée de leur détention où elles peuvent être dans la situation de devoir
- quel que soit leur âge ; procéder au renouvellement des formalités nécessaires à la régularité de leur séjour en France.
- quelle que soit leur situation au regard de la législation relative au séjour des étrangers en France ; Dans ces différents cas, les intéressés seront bien entendu accompagnés dans leurs démarches en tant que
- quelle que soit leur situation administrative et pénale en détention : prévenus ou personnes condamnées, de besoin tenant compte des organisations des diverses structures concernées.
sans activité ou effectuant un travail pénitentiaire.
Personnes incarcérées pendant une très courte période
Le régime général ne leur ouvre droit, cependant, qu’aux prestations en nature de l’assurance maladie et Des consultations et/ou des soins sont souvent réalisés à l’occasion de l’incarcération même si celle-ci est
maternité, c’est-à-dire au remboursement des soins (consultations, médicaments, examens de laboratoire…) de très brève durée.
et prise en charge des frais liés à l’accouchement (quatre mois avant la date présumée de l’accouchement et Dans ce cas, il est important que la fiche de renseignements soit complétée le plus rapidement possible (avant
qui se termine 12 jours après celui-ci). la libération de la personne) de sorte que la caisse du département dans laquelle est situé l’établissement
pénitentiaire ait, in fine, les éléments permettant le règlement ultérieur des frais de santé qui auraient pu être
engagés.
I - OUVERTURE DU DROIT Ce règlement interviendra alors de façon rétroactive, la personne ayant été libérée depuis.
L’affiliation au régime général d’assurance maladie-maternité des personnes détenues est obligatoire et prend b. Procédure d’affiliation au régime général par la caisse
effet à la date d’incarcération1.
La caisse d’assurance maladie compétente est la caisse d’assurance maladie dans le ressort de laquelle Pour affilier la personne, la caisse dans le ressort de laquelle l’établissement pénitentiaire est implanté
est situé l’établissement pénitentiaire où est écrouée la personne détenue. Il s’agit des caisses primaires reprend tant les éléments de la fiche de renseignements que ceux fournis par la caisse cédante : droits
d’assurance maladie (CPAM) en métropole et des caisses générales de sécurité sociale (CGSS) dans les à la CMU complémentaire, bénéfice d’une pension d’invalidité, reconnaissance d’une ou plusieurs affections
départements d’outre-mer (DOM). de longue durée, etc., et informe le directeur de l’établissement pénitentiaire (via le greffe) de cette opération
En effet, sauf certaines situations d’aménagement de peine telles en particulier le placement sous surveillance dans un délai maximal de cinq jours ouvrés.
électronique, la caisse d’assurance maladie dans le ressort de laquelle est situé l’établissement pénitentiaire Le greffe transmet ensuite l’information à l’unité sanitaire (DSS, DSP).
où est écrouée la personne détenue, est considérée comme étant la caisse de résidence de l’intéressé2.
1
Articles L. 381-30-1 et R. 381-97 du CSS et D. 366 du CPP.
2
Articles R. 312-1 et R. 381-97 du CSS. 3
Cf. note 1.
134 135
#2 CAHIER III PROTECTION SOCIALE ET MODALITÉS FINANCIÈRES DE PRISE EN CHARGE
B. CHANGEMENT DE SITUATION DE LA PERSONNE DÉTENUE
Tout changement de situation de la personne détenue pouvant avoir une incidence sur son affiliation au régime
général d’assurance maladie-maternité (en particulier un changement de caisse d’affiliation) doit être signalé
La CPAM prenante prévient le service du contrôle médical afin que l’historique médical de l’assuré soit à la caisse d’assurance maladie compétente, dans le délai de cinq jours ouvrés.
communiqué au service du contrôle médical placé auprès de la caisse prenante.
Les droits au régime général de la personne détenue sont alors reportés dans la carte Vitale de l’intéressé Ainsi, l’établissement pénitentiaire met à jour la « fiche navette » dans les situations suivantes :
à l’occasion de sa mise à jour. À défaut de carte Vitale, une attestation papier sera établie dans l’attente. - placement en centre national d’évaluation (CNE) ;
- transfert d’établissement pénitentiaire en indiquant le lieu de destination ;
Les cartes Vitale et/ou attestations papier des personnes détenues sont conservées au greffe et devront être - aménagement de peine (placement à l’extérieur ou semi-liberté ou placement sous surveillance électronique)
remises à l’occasion de toute permission de sortir. en précisant, le cas échéant, s’il y a exercice d’une activité professionnelle dans les conditions de droit commun
ou suivi d’une formation professionnelle ouvrant des droits à un régime obligatoire d’assurance maladie ;
La caisse adresse à l’établissement pénitentiaire la liste nominative de l’ensemble des personnes détenues - suspension de peine ou libération conditionnelle en indiquant l’adresse de la personne ;
qu’elle a identifiées à partir des éléments qu’il lui a transmis. - libération de la personne détenue en mentionnant l’adresse indiquée par l’intéressé.
Réglementation
et procédures
Dans ce cas, la caisse procède à l’affiliation de la personne sous l’identification retenue dans le cadre de la • En cas de transfert ou de placement en CNE, lorsque la caisse d’affiliation est différente, le directeur
procédure judiciaire. La personne est alors enregistrée avec un numéro d’identification au répertoire (NIR) du nouvel établissement pénitentiaire transmet les fiches de renseignements à la nouvelle caisse d’affiliation
#2
provisoire pendant la durée de sa détention. en précisant qu’il s’agit d’un transfert.
NB : Le transfert d’établissement n’entraîne un changement de caisse d’affiliation que dans le cas où il est
La personne détenue est un ressortissant étranger en situation irrégulière définitif ou en tout état de cause d’une durée supérieure à 40 jours.
Dans ce cas, la caisse procède à l’affiliation de la personne au régime général en l’enregistrant sous un NIR
provisoire. • En cas d’aménagement de peine (placement à l’extérieur ou semi-liberté, ou placement sous surveillance
électronique), la caisse d’affiliation peut également être différente si la personne change, de ce fait, de lieu
Dans ces deux situations, aucune carte Vitale ne peut être délivrée et une attestation de droits papier est de résidence.
obligatoirement établie à l’intéressé. En outre, si à cette occasion la personne détenue vient à exercer une activité professionnelle dans les
conditions de droit commun, la caisse compétente procèdera, le cas échéant, à son affiliation en qualité
Enfin, un échange d’informations doit être réalisé régulièrement, conformément aux procédures déterminées d’actif sur la base des documents nécessaires tels que le contrat de travail. La carte Vitale sera mise à jour
dans la convention cadre définissant les relations entre les organismes d’assurance maladie et les en conséquence.
établissements pénitentiaires.
b. Modalités de suivi des dossiers en cas d’hospitalisation en établissement de santé
La personne n’est incarcérée que pour une durée maximale de quelques jours
Lorsque des consultations ou des soins sont réalisés, la caisse du ressort de l’établissement doit se mettre en L’affiliation à la caisse d’origine est maintenue tant que l’hospitalisation dans l’une de ces structures
contact avec la caisse d’affiliation de l’intéressé de façon à régler rétroactivement les frais de santé. ne dépassera pas 40 jours, en cas de changement de département.
Au-delà de ce délai, la caisse d’affiliation de la personne détenue est, le cas échéant, celle du ressort dans
c. Information de la personne sur ses droits sociaux laquelle est situé l’établissement pénitentiaire auquel est rattaché l’établissement de santé.
La caisse dans le ressort de laquelle est situé l’établissement pénitentiaire doit en être avertie ainsi que
Lorsque la durée de détention est supérieure à un mois, les caisses doivent informer les personnes nouvellement la nouvelle caisse d’affiliation, dans le délai de cinq jours ouvrés.
incarcérées sur l’ensemble de leurs droits aux assurances maladie-maternité, CMU complémentaire, aide à
l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS) par tout moyen de leur choix (journée d’information, remise de
dépliants…).
136 137
#2 CAHIER III PROTECTION SOCIALE ET MODALITÉS FINANCIÈRES DE PRISE EN CHARGE
b. Prestations en nature de l’assurance maternité
L’assurance maternité prend en charge intégralement, dès l’envoi de la déclaration de grossesse, les examens
de prévention réalisés pendant et après la grossesse définis par le Code de la santé publique11. À compter
II - CONTENU DE LA PRISE EN CHARGE du 1er jour du 6e mois et jusqu’au 12e jour après l’accouchement, elle prend en charge à 100 % de toutes
les prestations remboursées par l’assurance maladie12.
A. DROIT AUX PRESTATIONS EN NATURE DES ASSURANCES MALADIE ET MATERNITÉ
DU RÉGIME GÉNÉRAL Les prestations suivantes sont également prises en charge par l’assurance maternité13 :
- caryotype fœtal et amniocentèse ;
Les personnes détenues ont droit aux prestations en nature des assurances maladie et maternité du régime - test de dépistage du virus de l’immunodéficience humaine ;
général4. - dosage de la glycémie ;
Il s’agit donc du remboursement des soins (consultations, médicaments…) pour eux-mêmes et, le cas échéant, - séances de préparation à l’accouchement psycho-prophylactique ;
leurs ayants droit (concubin, partenaire de Pacs, « cohabitant », conjoint, enfants jusqu’à 16 ans voire 20 ans - interruption non volontaire de grossesse ;
s’ils poursuivent des études, ascendants, descendants, collatéraux et alliés sous certaines conditions)5 sous - interruption volontaire de grossesse pour un motif thérapeutique ;
réserve que l’assuré, avant sa détention, ait été en situation régulière et que ses ayants droit le soient également. - 10 séances de rééducation abdominale et périnéo-sphinctérienne.
Le ticket modérateur et le forfait journalier hospitalier sont pris en charge par l’administration pénitentiaire6. La prise en charge par l’assurance maternité est conditionnée au respect des procédures décrites ci-après.
Réglementation
et procédures
Il existe cependant des situations où le ticket modérateur n’est pas à la charge de l’administration pénitentiaire.
1. Établissement de la déclaration de grossesse
#2
a. Exonération du ticket modérateur
La grossesse doit être déclarée le plus tôt possible.
S’agissant de prestations en nature de l’assurance maladie, la participation de la personne détenue peut, Il existe deux cas de figure :
comme pour tout assuré social, être limitée ou supprimée dans certains cas. Dans ces cas limitatifs, - la maternité a été déclarée avant l’incarcération : la personne détenue a reçu son calendrier personnalisé
la participation de l’administration pénitentiaire est de ce fait limitée ou supprimée. précisant les examens médicaux et les droits ;
- la maternité est décelée en cours d’incarcération : la déclaration de grossesse doit être établie conjointement
1. Personnes reconnues atteintes d’une affection de longue durée (ALD) avant ou pendant l’incarcération par le médecin de l’unité sanitaire ou celui de l’établissement de santé de rattachement et l’assurée (qui
peut-être aidée au besoin). Celle-ci doit ensuite la faire parvenir à sa caisse d’affiliation (caisse d’assurance
Lorsque le bénéficiaire est reconnu atteint d’une des affections comportant un traitement prolongé et une maladie du lieu de détention) et, le cas échéant, à la caisse d’allocations familiales.
thérapeutique particulièrement coûteuse inscrite sur une liste établie par décret après avis de la Haute Dès lors que la caisse a connaissance de la grossesse, elle doit envoyer à la femme détenue les documents
autorité7, les actes et prestations en rapport avec cette pathologie sont intégralement pris en charge par prévus dans le cadre « du parcours maternité », à savoir le calendrier personnalisé des examens médicaux et
l’assurance maladie sur la base du protocole de soins établi par le médecin traitant de l’intéressé avant sa des droits qui doit être remis à l’intéressée.
détention ou par un médecin de l’unité sanitaire pendant sa détention et sous réserve que la personne se
soumette aux éventuels contrôles du service du contrôle médical8. 2. Après la naissance de l’enfant
2. Personnes titulaires d’une pension d’invalidité avant leur incarcération Si la mère ne s’y oppose pas, le bébé restera à ses côtés jusqu’à ses 18 mois et est son ayant droit.
Le certificat d’accouchement est réalisé par l’établissement de santé dans lequel la femme détenue a accouché,
Les personnes détenues, titulaires d’une pension d’invalidité avant leur détention, en conservent le bénéfice il sera envoyé à sa caisse par elle-même ou, le cas échéant, le père de l’enfant ou un membre de sa famille.
pendant leur incarcération9. La mère déclare son enfant à l’État civil dans les conditions de droit commun et selon les modalités mises
À ce titre, le ticket modérateur est pris en charge par le régime général d’assurance maladie10. en place dans l’établissement de santé.
L’acte de naissance de l’enfant doit impérativement être envoyé à la caisse pour que l’enfant bénéficie d’une
protection sociale.
4
Article L. 381-30-1 du CSS.
5
Articles L. 161-14 et L. 313-3 du CSS.
6
Article L. 381-30-5 du CSS.
7
Articles L. 322-3 3°, R. 322-6 et D. 322-1 du CSS ainsi qu’article L. 322-3 4° du CSS et décret n° 2011-77 du 19 janvier 2011.
8 11
Article L. 324-1 du CSS. Articles L. 2122-1 et suivants du CSP.
9
Article L. 381-30-1 2e alinéa du CSS. 12
Articles L. 331-2 et D. 331 du CSS.
10 13
Articles L. 322-3 13° et R. 322-4 du CSS. Arrêté du 23/12/2004.
138 139
#2 CAHIER III PROTECTION SOCIALE ET MODALITÉS FINANCIÈRES DE PRISE EN CHARGE
B. DROIT À L’ASSURANCE DÉCÈS DU RÉGIME GÉNÉRAL
Le décès des personnes détenues peut, sous réserve des conditions de droit commun, donner lieu au versement
du capital décès18 à certains membres de la famille.
Différentes situations peuvent se présenter, à savoir :
L’enfant reste avec sa mère après la naissance III - MODALITÉS D’ACCÈS AUX SOINS EN DÉTENTION
L’assurée doit transmettre l’acte de naissance de son enfant à la caisse dont elle dépend depuis son incarcération.
L’enfant sera rattaché sous le NIR de sa mère, ou conjointement sous le compte de son père et de sa mère sur Les soins dispensés dans un établissement pénitentiaire en application d’un protocole conclu avec un
demande des parents. établissement de santé sont pris en charge par l’assurance maladie pour la part qui la concerne19. Il en est
Dans le cas où la personne était en situation irrégulière avant sa détention, l’enfant est affilié sous son propre de même pour les soins dispensés en milieu hospitalier.
NIR au titre de l’AME et aura des droits pour un an (renouvelable) avec envoi d’une carte AME (dispensée
de photo). A. PARCOURS DE SOINS COORDONNÉ
Dans tous les cas, au terme des 18 mois passés avec sa mère, l’enfant sera soit confié à son père ou à la
famille, soit confié à l’aide sociale à l’enfance (ASE). La caisse doit en être informée. Les personnes incarcérées, n’ayant pas le choix de leur médecin, ne sont de ce fait pas soumises au parcours
Durant la période où l’enfant réside dans l’établissement pénitentiaire, le ticket modérateur relatif aux soins qui de soins coordonné pendant la période de l’incarcération.
lui sont dispensés n’incombe pas à l’administration pénitentiaire. Les divers documents d’ordre médical (prescriptions, protocoles de soins) établis par un médecin de l’unité
Réglementation
et procédures
sanitaire sont opposables dans les mêmes conditions que s’ils étaient réalisés par un médecin traitant choisi
Il est selon le cas pris en charge par : par le patient.
#2
- l’assurance maternité (examens obligatoires jusqu’au 6e anniversaire de l’enfant)14 ;
- l’assurance maladie en cas d’hospitalisation durant les 30 premiers jours du nourrisson15 ; B. LES MÉDECINS DE L’UNITÉ SANITAIRE COORDONNATEURS DES SOINS EN CAS
- l’AME si l’enfant y a été affilié16 ; DE RECONNAISSANCE D’AFFECTION DE LONGUE DURÉE
- la complémentaire santé de la mère (CMUc, complémentaire financée partiellement par l’ACS-aide
à l’acquisition d’une complémentaire santé ou couverture complémentaire dans les conditions de droit Les règles inhérentes à la reconnaissance des affections de longue durée demeurent applicables pendant
commun) ou, à défaut, l’intéressée elle-même. la durée de la détention, que la personne ait été antérieurement en situation régulière ou irrégulière.
La mère ne souhaite pas garder son enfant avec elle, sans pour autant renoncer à ses droits parentaux a. Affection de longue durée reconnue avant l’incarcération
- soit l’enfant est gardé par son père, ce dernier devra transmettre l’acte de naissance de son enfant à sa caisse
de rattachement ; Lorsque la personne a été reconnue atteinte d’une ou plusieurs affections de longue durée avant d’être
- soit l’enfant est recueilli par la famille ; la personne qui se voit attribuer la garde de l’enfant doit envoyer l’acte incarcérée, l’information doit être signalée par la fiche de renseignements et confirmée par la caisse cédante.
de naissance de ce dernier à sa caisse de rattachement (l’enfant sera enregistré comme son ayant droit) ; Le protocole de soins est transféré au service du contrôle médical placé près de la nouvelle caisse d’affiliation.
- soit l’enfant n’a ni père, ni famille, il sera placé à l’aide sociale à l’enfance qui se chargera des démarches L’information figure en outre dans la carte Vitale ou sur l’attestation papier.
de rattachement de l’enfant sans pour autant déchoir la mère de ses droits parentaux.
Le médecin de l’unité sanitaire doit se mettre en rapport avec le médecin traitant de la personne détenue ou,
La mère se voit retirer l’autorité parentale et l’enfant sera alors confié à l’aide sociale à l’enfance ou à un tiers à défaut, avec le médecin-conseil compétent afin d’avoir communication du protocole de soins de l’intéressé.
Dans ce cas de figure, la caisse doit être informée de sorte que la caisse compétente (lieu de placement de
l’enfant) puisse l’affilier soit à la CMU de base et lui attribuer la CMU complémentaire soit l’affilier en tant b. Affection de longue durée reconnue pendant l’incarcération
qu’ayant droit de la personne qui en a la charge.
Lorsque le médecin de l’unité sanitaire considère que la personne est atteinte d’une affection de longue
Accouchement sous X ou enfant confié en vue d’adoption durée, les procédures de droit commun doivent être respectées afin d’atteindre un double objectif :
Dans ce cas, l’enfant n’est pas l’ayant droit de sa mère et lorsque celle-ci souhaite garder l’anonymat, les frais - la prise en charge intégrale par l’assurance maladie des soins en rapport avec l’ALD tels que mentionnés
d’accouchement sont pris en charge par l’ASE17. dans le protocole de soins, l’administration pénitentiaire n’étant pas redevable du ticket modérateur pour ces
dépenses ;
- la continuité des soins à la libération de la personne, le protocole de soins étant transmis au médecin traitant
14
Articles R. 2132-1 du Code de la santé publique. de l’intéressé.
15
Articles L. 322-3 11° et R.322-9 du Code de la Sécurité sociale.
16 18
Articles L. 251-1 et L. 251-2 du Code de l’action sociale et des familles. Articles L. 381-30-1 2e alinéa, L. 361-1 à L. 361-4 et R. 361-1 à R. 361-5 du CSS.
17 19
Article L. 222-6 du Code de l’action sociale et des familles. Article R. 6112-16 du CSP.
140 141
#2 CAHIER III PROTECTION SOCIALE ET MODALITÉS FINANCIÈRES DE PRISE EN CHARGE
Le ticket modérateur, sauf cas d’exonération, est pris en charge par l’administration pénitentiaire qui le
rembourse ultérieurement à l’assuré ainsi que, le cas échéant, le forfait journalier.
Il est important de rappeler que le non-respect du parcours de soins est passible de sanction, la participation
Il est donc primordial que le médecin de l’unité sanitaire établisse un protocole de soins sur le formulaire de l’assuré étant majorée en cas de consultations réalisées hors parcours ou lorsque la personne n’a pas
ad hoc et l’adresse au service du contrôle médical placé près de l’organisme d’affiliation de la personne désigné de médecin traitant21.
concernée afin que le médecin-conseil se prononce.
Dans ce cas de figure, pour les personnes n’exerçant pas d’activité professionnelle dans les conditions de
L’avis du médecin-conseil est transmis au médecin de l’unité sanitaire qui en informe le bénéficiaire. droit commun, les consultations ne peuvent faire l’objet de dispense d’avance de frais. L’administration
Ce protocole de soins établi au sein de l’unité sanitaire a la même durée de validité que celle de droit pénitentiaire remboursera ultérieurement l’intéressé du ticket modérateur selon le pourcentage appliqué de
commun, soit un an. Contrairement à ce qui était en pratique il n’est pas limité à six mois. droit commun approprié lorsque le parcours de soins est respecté22. La différence restera à la charge de
l’assuré.
La personne détenue est soumise aux mêmes obligations que tout patient reconnu atteint d’une ALD
(Cf. paragraphe II-1-2-1). c. Personne en semi-liberté ou en placement à l’extérieur ou placée sous surveillance électronique
et exerçant une activité professionnelle dans les mêmes conditions que les travailleurs libres
IV - MODALITÉS D’ACCÈS AUX SOINS DE VILLE Les personnes bénéficiant d’une mesure de semi-liberté ou de placement à l’extérieur en application de
Réglementation
et procédures
l’article 723 du CPP et exerçant une activité professionnelle dans les mêmes conditions que les travailleurs
Toute personne en aménagement de peine bénéficie d’un accès aux soins dans les conditions de droit commun. libres, sont affiliées au régime d’assurance maladie et maternité dont elles relèvent au titre de cette activité23.
#2
Les médecins des structures sanitaires des établissements pénitentiaires ne sont pas impliqués dans ces À ce titre, elles peuvent bénéficier non seulement des prestations de ce régime (régime général ou autre
prises en charge. régime obligatoire) ainsi que des prestations en espèces telles que les indemnités journalières en cas d’arrêt
maladie.
A. PERSONNE EN SEMI-LIBERTÉ OU EN PLACEMENT À L’EXTÉRIEUR OU PLACÉE Il en est de même pour les personnes condamnées placées sous surveillance électronique en application de
SOUS SURVEILLANCE ÉLECTRONIQUE l’article L. 723-7 du CPP exerçant une activité professionnelle dans les conditions de droit commun.
Ces personnes bénéficient d’une prise en charge de droit commun, à l’instar de n’importe quel autre assuré
a. Application du parcours de soins coordonné et sont soumises aux mêmes obligations (parcours de soins).
Toutefois, les intéressés sont affiliés au régime général lorsqu’ils ne remplissent pas les conditions leur
La personne doit faire le choix d’un médecin traitant selon les règles établies20. Les intéressés doivent donc permettant de bénéficier des prestations de l’assurance maladie du régime dont ils relèvent au titre de leur
être informés de cette obligation avant leur aménagement de peine s’ils étaient préalablement incarcérés. activité. Ils sont alors pris en charge dans les mêmes conditions que les personnes n’exerçant pas d’activité
Un formulaire de déclaration de médecin traitant doit alors leur être remis afin qu’ils puissent réaliser cette professionnelle (tiers payant et ticket modérateur pris en charge par l’administration pénitentiaire).
déclaration et l’adresser à la caisse compétente.
Lorsque l’aménagement de peine a lieu ab initio, l’intéressé conserve le médecin traitant préalablement choisi. Cas des personnes en semi-liberté ou en placement à l’extérieur ou placées sous surveillance électronique
La personne détenue doit disposer de sa carte Vitale ou de l’attestation papier établie par la caisse à l’occasion relevant d’une hospitalisation psychiatrique
de son incarcération pour être dispensée d’avance des frais. L’art. D. 50 du CPP prévoit que les personnes hébergées par l’établissement pénitentiaire de façon continue ou
discontinue (AMP) relevant d’une hospitalisation psychiatrique soient admises au sein d’une UHSA.
b. Personne en semi-liberté ou en placement à l’extérieur ou placée sous surveillance électronique Lorsque ces personnes exercent une activité professionnelle dans les mêmes conditions que les travailleurs
qui n’exerce pas d’activité professionnelle dans les mêmes conditions que les travailleurs libres libres, le lieu d’hospitalisation (UHSA) implique de facto une réincarcération de la personne ayant notamment
pour conséquence de mettre fin au droit aux prestations en espèces. L’intéressé ne retrouvera donc ce droit
En cas de dépenses de santé en ville, les personnes bénéficiant de ces mesures judiciaires sont dispensées que s’il reprend une activité professionnelle à l’issue de cette hospitalisation.
de l’avance des frais pour les dépenses prises en charge par l’assurance maladie lorsqu’elles n’exercent pas
d’activité professionnelle dans les mêmes conditions que les travailleurs libres. Les caisses du régime général
assurent le paiement de l’intégralité des dépenses de soins auprès des professionnels de santé pour la part
obligatoire ainsi que, le cas échéant, le montant du forfait journalier.
21
Article R. 322-1-1 du Code de la Sécurité sociale.
20 22
Article L. 162-5-3 du Code de la Sécurité sociale. Article R. 322-1 1° du Code de la Sécurité sociale.
23
Article L. 381-30 du Code de la Sécurité sociale.
142 143
#2 CAHIER III PROTECTION SOCIALE ET MODALITÉS FINANCIÈRES DE PRISE EN CHARGE
Le plafond de ressources varie en fonction de la composition du foyer et est revu au 1er juillet de chaque année
(7 771 € de revenus annuels pour une personne seule au 1er juillet 2011).
Les services pénitentiaires, en lien avec les professionnels de la PJJ pour les mineurs et les caisses doivent
B. PERSONNE BÉNÉFICIANT D’UNE PERMISSION DE SORTIR se rapprocher afin d’en organiser au mieux la mise en œuvre.
Les personnes détenues en permission de sortir en application de l’article 723-3 du CPP sont à cette occasion Le droit à la CMUc débute au premier jour du mois suivant la date de la décision d’attribution. Toutefois, lorsque
dispensées de l’avance des frais pour les dépenses prises en charge par l’assurance maladie du régime la situation du demandeur l’exige et notamment lorsque la personne détenue a besoin de soins urgents,
général. La caisse du régime général assure le paiement de la part obligatoire pour l’intégralité des dépenses l’ouverture du droit se fait au premier jour du mois de la demande.
de soins (tant auprès des professionnels de santé que des établissements de santé) prises en charge par
l’assurance maladie. Le droit à la CMUc est accordé pour une période d’un an renouvelable. Il est maintenu pour la durée restant
à courir lorsqu’il a été attribué avant l’incarcération.
Le ticket modérateur, sauf cas d’exonération, est pris en charge par l’administration pénitentiaire qui
le rembourse ultérieurement à l’assuré qui en aura fait l’avance. Il en est de même pour le forfait journalier. a. Contenu de la prise en charge
La personne détenue doit cependant disposer de sa carte Vitale établie lors de son incarcération pendant Cette protection complémentaire prend en charge la participation de l’assuré aux tarifs de responsabilité des
la période de permission de sortir ou à défaut de l’attestation papier, pour être dispensée d’avance des frais. organismes de sécurité sociale (ticket modérateur) lorsqu’il n’est pas déjà pris en charge à un autre titre.
Réglementation
et procédures
Elle prend également en charge le forfait journalier hospitalier ainsi que les frais exposés en sus des tarifs
C. CAS PARTICULIER DES PERSONNES DÉTENUES EN SURVEILLANCE ÉLECTRONIQUE de responsabilité pour les soins dentaires prothétiques ou d’orthopédie dento-faciale et pour les dispositifs
#2
DE FIN DE PEINE (SEFIP) médicaux à usage individuel dont les prothèses auditives et l’optique dans des limites fixées par arrêtés25.
Les personnes concernées achèvent les quatre derniers mois de leur peine à leur domicile mais leur statut Ces dépenses sont prises en charge selon la procédure de dispense d’avance des frais pour permettre aux
juridique est identique à celui d’une personne incarcérée, il ne s’agit pas d’un aménagement de peine. professionnels et aux établissements de santé d’avoir un interlocuteur unique.
Étant autorisés à se déplacer quelques heures par jour, les intéressés ont néanmoins, à cette occasion, accès Les médecins ne peuvent appliquer de dépassement de tarifs aux bénéficiaires de la CMUc, sauf exigences
aux soins de ville dans les mêmes conditions que celles prévues pour les personnes en aménagement de peine particulières de leur part. Ce dépassement reste alors à la charge des bénéficiaires.
n’exerçant pas d’activité professionnelle dans les mêmes conditions que les travailleurs libres (Cf. paragraphe IV-1-2).
b. Déclenchement de la demande
V - COUVERTURE COMPLÉMENTAIRE Pour que les personnes détenues puissent exercer leur droit à la CMUc, les services pénitentiaires demandent
à la personne détenue, dès son incarcération, si elle en est bénéficiaire.
Les personnes détenues, qu’elles soient incarcérées ou en aménagement de peine, peuvent avoir une protection Si elle est déjà bénéficiaire de la CMUc, cette information est communiquée à la caisse du lieu de détention, en
complémentaire pendant leur détention afin de couvrir les dépenses qui ne sont prises en charge ni par précisant la caisse d’affiliation (si elle est différente du lieu de détention), l’organisme gestionnaire et la période
l’assurance maladie ni par l’administration pénitentiaire, notamment les frais d’optique et de prothèses dentaires. de validité du droit.
En cas de faibles ressources, cette complémentaire peut être gratuite ou son financement peut être Afin d’éviter une rupture dans le bénéfice de la CMUc qui est accordée pour un an, la personne détenue est
partiellement pris en charge. informée par les services pénitentiaires ou la PJJ si elle est mineure, qu’il lui appartient de renouveler sa
Toutefois, une personne détenue étrangère qui était en situation irrégulière avant sa détention, n’a droit ni demande deux mois avant l’expiration de son droit.
à cette complémentaire santé gratuite ni à l’aide à son financement.
Si la personne détenue n’est pas bénéficiaire de la CMUc, elle doit en faire la demande à partir du formulaire
A. LA PROTECTION COMPLÉMENTAIRE EN MATIÈRE DE SANTÉ (CMUc)24 qui doit être disponible auprès de l’établissement pénitentiaire.
Les personnes détenues disposant de ressources modestes doivent pouvoir faire valoir leurs droits à la CMUc
comme le reste de la population et accéder pleinement au système de santé dans les meilleures conditions
pendant leur détention et après leur libération.
24 25
Art. L. 861-1 à L. 861-10 et R. 861-1 à R. 861-18 du Code de la Sécurité sociale. Arrêtés des 10 avril, 14 août 2002 et 30 mai 2006.
144 145
#2 CAHIER III PROTECTION SOCIALE ET MODALITÉS FINANCIÈRES DE PRISE EN CHARGE
B. AIDE À L’ACQUISITION D’UNE COMPLÉMENTAIRE SANTÉ (ACS)26
c. Organisme servant la prestation L’aide à l’acquisition concerne les personnes dont les ressources dépassent le plafond fixé pour l’attribution
de la CMU complémentaire, dans la limite de 35 %.
La CMUc est attribuée pour une durée d’un an par la caisse d’affiliation du demandeur. Elle est gérée, au choix Elle ouvre droit à une déduction sur le montant de cotisation de l’organisme de protection complémentaire.
du demandeur, soit par sa caisse, soit par un organisme de protection sociale complémentaire (mutuelle,
institution de prévoyance) participant au dispositif. b. Déclenchement de la demande
d. Documents nécessaires pour justifier du droit à la CMUc Pour effectuer une demande d’aide pour une complémentaire santé, le demandeur doit remplir le formulaire
« CMU complémentaire et aide pour une complémentaire santé ». C’est le même formulaire qui permet de
La caisse doit remettre une attestation de droit à toute personne détenue venant à bénéficier de la CMUc. solliciter la CMU complémentaire. Les pièces justificatives nécessaires et la déclaration de ressources doivent
Lorsque la personne détenue avait droit à la CMUc avant la détention, la caisse du lieu de détention doit établir être jointes.
une nouvelle attestation de droit.
Lorsque le foyer CMUc est composé d’autres personnes, une attestation doit également être remise c. Contenu de la prise en charge
aux membres du foyer CMUc afin qu’ils soient en mesure de faire valoir leur droit à la CMUc auprès des
Réglementation
et procédures
professionnels de santé. 1. Contenu et durée du droit
#2
e. Circuit de la prise en charge • Une attestation-chèque (par individu composant le foyer et selon son âge) à faire valoir auprès de la
complémentaire santé actuelle ou de celle qui sera choisie.
Le circuit de la prise en charge s’établit comme suit : • La dispense de l’avance de frais sur la partie prise en charge par l’assurance maladie lors des consultations
- si la personne détenue bénéficie d’un soin au sein de l’unité sanitaire de l’établissement pénitentiaire, médicales, dans le cadre du parcours de soins coordonné pour les personnes en aménagement de peine
ce dernier prend en charge le ticket modérateur. Les dépassements de tarifs autorisés dans les limites fixées exerçant une activité de droit commun sous réserve de présenter l’attestation de dispense d’avance de frais
par arrêtés sont facturés par l’établissement hospitalier à la caisse d’affiliation de la personne détenue au professionnel de santé, accompagnée de la carte Vitale. Cette dispense d’avance de frais est valable
et pris en charge au titre de la CMUc. Aucune avance de frais ne peut être demandée à la personne détenue ; 18 mois à compter de l’émission de l’attestation-chèque.
- si cet acte est réalisé lors d’une hospitalisation ou en consultation externe hospitalière, la personne détenue
est prise en charge intégralement. Aucune avance de frais ne peut lui être demandée. L’établissement 2. Montant de la déduction
hospitalier est remboursé pour la part des dépenses relatives au ticket modérateur et au forfait journalier
hospitalier par l’administration pénitentiaire ; Le montant de l’aide pour une complémentaire santé varie selon l’âge du bénéficiaire apprécié au 1er janvier
- si l’acte est pratiqué en ville, c’est-à-dire hors de l’unité sanitaire, hors hospitalisation et hors consultation de l’année en cours et est accordé par individu.
externe hospitalière, la prise en charge incombe pour la part obligatoire au régime d’affiliation de la personne
détenue et pour la part complémentaire, à la CMUc. En cas de dépassements autorisés, la prise en charge ÂGE DU BÉNÉFICIAIRE AU 1ER JANVIER MONTANT DE L’AIDE
intervient dans les limites fixées par arrêtés. Aucune avance de frais ne peut être demandée à la personne moins de 16 ans 100 €
détenue. Ce dernier cas ne concerne que les personnes détenues bénéficiant d’un aménagement de peine.
de 16 à 49 ans 200 €
La caisse du lieu d’implantation de l’établissement pénitentiaire ou du domicile de la personne (en cas de 50 à 59 ans 350 €
d’aménagement de peine) effectue directement le règlement auprès du professionnel de santé sans que 60 ans et plus 500 €
l’établissement pénitentiaire ait à intervenir.
Chaque bénéficiaire de plus de 16 ans peut choisir individuellement l’organisme qui gérera sa complémentaire santé.
Si la personne est déjà affiliée à un organisme (mutuelle, institution de prévoyance, société d’assurance),
elle doit présenter l’original de l’attestation de droit au plus tard six mois après son obtention, pour obtenir
la réduction sur la cotisation ou prime.
Si la personne n’est affiliée à aucun organisme de protection complémentaire, elle doit en choisir un,
librement, dans le délai de six mois de validité de l’attestation et lui présenter l’original de cette dernière.
Au-delà de ces six mois, la demande d’aide à une complémentaire santé doit être renouvelée.
26
Articles L. 863-1 à L. 863-6 et R. 863-1 à R. 863-7 du Code de la Sécurité sociale.
146 147
#2 CAHIER III PROTECTION SOCIALE ET MODALITÉS FINANCIÈRES DE PRISE EN CHARGE
Le mineur en situation irrégulière bénéficie de l’aide médicale de l’État (AME) dès sa sortie de prison et ce sans
condition de résidence, même si les détenteurs de l’autorité parentale ne peuvent en bénéficier pour des délais
de résidence de trois mois non encore remplis ou de ressources au-delà du plafond.
Le contrat établi entre l’organisme complémentaire et l’intéressé doit : La personne détenue dont l’incarcération a été d’une durée inférieure ou égale à 12 mois et qui reprend
- être responsable, c’est-à-dire qu’il ne doit pas, notamment, rembourser les sommes restant à la charge de son activité professionnelle à sa libération, retrouve le droit aux prestations en espèces dont elle bénéficiait
l’assuré (exemple : participation forfaitaire d’un euro pour une consultation médicale) ; antérieurement et dans le régime dont elle relevait avant son incarcération29.
- être individuel, sachant que les contrats collectifs à adhésion obligatoire (dans le cadre d’un emploi) ne En cas de non reprise d’une activité professionnelle à l’issue de la période d’incarcération, le droit aux
permettent pas de bénéficier du dispositif. prestations en espèces est également maintenu pendant trois mois30 sous réserve que l’incarcération a été
d’une durée inférieure ou égale à 12 mois.
L’organisme de complémentaire santé n’est pas obligé d’accepter les bénéficiaires de cette aide. Rien ne l’y NB : Il est rappelé que pour l’ouverture des droits aux prestations en espèces, chaque journée pendant laquelle
oblige. Il faudra peut-être résilier le contrat afin de bénéficier de la déduction auprès d’un autre organisme. l’assuré a bénéficié d’une détention provisoire est considérée comme équivalant à six heures de travail salarié
ou six fois la valeur du Smic au 1er janvier qui précède immédiatement la période de référence pour l’ouverture
des droits aux prestations31.
VI - LA PROTECTION SOCIALE DE LA PERSONNE DÉTENUE À SA LIBÉRATION
Réglementation
et procédures
Le dispositif de maintien de droit est également applicable aux personnes bénéficiant d’une suspension
A. LE MAINTIEN DE DROIT AUX PRESTATIONS EN NATURE de peine ou d’une libération conditionnelle.
#2
DES ASSURANCES MALADIE ET MATERNITÉ
Au moment de leur libération, les personnes détenues, qui ne bénéficient pas de l’assurance maladie à un
autre titre, bénéficient, à compter du jour de leur sortie de l’établissement pénitentiaire, des prestations
en nature des assurances maladie et maternité du régime obligatoire dont elles relevaient avant leur détention ou,
à défaut, du régime général, pendant une période de 12 mois27.
La personne détenue mineure peut retrouver, à sa libération, sa qualité d’ayant droit. Elle peut cependant
bénéficier d’un maintien de droit d’un an si elle ne relève à cette date d’aucun autre régime d’assurance
maladie. Elle peut également être affiliée à la CMU de base et bénéficier de la CMU complémentaire. Si elle
vient à relever de la PJJ, il appartient au service qui la prend en charge d’examiner avec la caisse de sécurité
sociale compétente, au regard de sa situation et en lien avec les détenteurs de l’autorité parentale, le régime
de couverture sociale le plus adapté.
Le maintien de droit n’est pas applicable aux personnes de nationalité étrangère qui ne satisfont pas aux
conditions de régularité au regard de la législation sur le séjour et le travail des étrangers en France28.
Il est proposé à l’intéressé de remplir une demande d’aide médicale de l’État et de l’accompagner dans
la constitution de son dossier.
Cependant celui-ci ne pourra pas être complet tant que la personne ne sera pas en possession de son bulletin
de sortie. Ce n’est qu’à ce moment que le dossier pourra être déposé à la caisse compétente qui devra l’instruire
en priorité.
29
Articles L. 161-13-1 et R. 161-4-1 alinéa 1 du Code de la Sécurité sociale.
27 30
Articles L. 161-13 et R. 161-4 du Code de la Sécurité sociale. Articles L. 161-13-1 et R. 161-4-1 alinéa 2 du Code de la Sécurité sociale.
28 31
Article L. 381-30-1 du Code de la Sécurité sociale. Article R. 313-8-5° du Code de la Sécurité sociale.
148 149
#2 CAHIER III PROTECTION SOCIALE ET MODALITÉS FINANCIÈRES DE PRISE EN CHARGE
- des crédits alloués aux établissements de santé au titre des missions d’intérêt général (MIG) relatives
à la prise en charge sanitaire des personnes détenues (trois dotations : MIG UCSA, MIG UHSI et MIG chambres
sécurisées) qui ont vocation à financer les actes et prestations spécifiques de ces unités de soins qui
ne peuvent être tarifées et ne sont donc pas couvertes par des recettes d’activité.
MODALITÉS FINANCIÈRES Pour plus de détails sur le calibrage de ces dotations : Cf. Guide MIGAC
Réglementation
et procédures
(EPRD) du compte de résultat principal de l’établissement de santé de rattachement. À la clôture de Le ticket modérateur calculé sur la base des tarifs des consultations et actes externes, est fixé au niveau
chaque exercice, un état retraçant les dépenses et les recettes afférentes à ces soins est établi par national.
#2
l’établissement de santé.
En cas d’hospitalisation de jour
Afin de pouvoir évaluer le montant des factures qui seront présentées à l’établissement pénitentiaire au Le ticket modérateur est calculé sur la base de 20 % des tarifs journaliers de prestation (TJP).
titre du ticket modérateur et du forfait journalier, le directeur de l’établissement de santé adresse au chef Les tarifs journaliers de prestations sont fixés par les établissements de santé en accord avec l’ARS. Ceux-ci
d’établissement pénitentiaire un état des charges et produits de cette unité de soins, et/ou les parties sont actualisés par publication d’un arrêté. Le ticket modérateur, calculé sur cette base, peut donc varier d’un
reprenant l’activité et les recettes prévisionnelles et réalisées de l’EPRD relatives à l’UCSA pour l’année n. établissement à l’autre en fonction de son TJP.
- des recettes liées à l’activité issues de la facturation des actes et prestations délivrés par les établissements Pour le remboursement du TM et du FJH restant à la charge de l’administration pénitentiaire, le ou les
de santé. établissements de santé adressent au fil de l’eau une facturation établie sur des états nominatifs incluant
Pour les unités sanitaires, il s’agit des actes facturés dans le cadre des consultations et soins externes un relevé des actes et des prestations, leur valorisation, le taux de prise en charge et le montant des frais
(consultations, actes médico-techniques, actes infirmiers…). Ceux-ci doivent être inscrits à la nomenclature restant à la charge de l’administration pénitentiaire.
générale des actes professionnels (NGAP) et/ou à la classification commune des actes médicaux (CCAM).
Pour les UHSI et les chambres sécurisées, les catégories de prestations d’hospitalisation (GHS, forfaits)
facturées sont définies à l’article R. 162-32 du Code de la Sécurité sociale et précisées par l’arrêté du 32
Le calcul exact est le suivant : 20 % TJP * (nb jours - 1) + forfait du jour de sortie (FJS = 18 €).
33
La circulaire DHOS/F4/2009/319 du 19 octobre 2009 relative aux règles de facturation des soins dispensés dans les établissements de santé, dispose que
19 février 2009 modifié relatif à la classification et à la prise en charge des prestations d’hospitalisation pour le FJH ne s’applique ni aux séjours de moins de 24 heures (hospitalisation de jour, prises en charge de moins d’une journée, hospitalisation de nuit), ni aux
les activités de médecine, chirurgie, obstétrique et odontologie et pris en application de l’article L.162-22-6 séances de chimiothérapie, d’hémodialyse, de radiothérapie et assimilés, ni aux consultations externes.
34
Le FJH est égal à 18 € par jour depuis le 1er janvier 2010 en hôpital ou en clinique et à 13,50 € par jour dans le service psychiatrique d’un établissement de
du Code de la Sécurité sociale ; santé.
150 151
#2 CAHIER III PROTECTION SOCIALE ET MODALITÉS FINANCIÈRES DE PRISE EN CHARGE
D. TRANSPORTS SANITAIRES
Cette règle constitue un objectif cible. Elle peut être adaptée, les titres de recettes individuels pouvant être 1. Transport primaire : transport entre l’établissement pénitentiaire et l’établissement de santé
globalisés trimestriellement ou mensuellement.
Ces modalités et la fréquence de facturation sont définies entre les deux établissements dans le protocole les À l’exception des UHSA (décret n° 2010-507 du 18 mai 2010), les règles de droit commun s’appliquent pour
liant (Cf. Modèle de protocole et annexes au protocole, Partie 3). la prise en charge des transferts vers et depuis les établissements de santé en considérant que le point de
départ ou de retour de la personne détenue est l’établissement pénitentiaire. Le transport entre ces deux
Le paiement par l’administration pénitentiaire des sommes dues à l’établissement de santé doit intervenir dans structures est appelé transport primaire.
les deux mois qui suivent la date de l’émission du titre de recettes par l’établissement de santé.
Cette règle constitue un objectif cible et peut donc être adaptée selon les modalités définies au niveau local. Aussi, sous réserve de l’existence des conditions de prise en charge définies aux articles R. 322-10 et suivants
Cependant, le paiement de ces sommes ne doit pas être effectué plus de 12 mois après l’émission du titre de du Code de la Sécurité sociale (notamment la prescription médicale), l’assurance maladie prend en charge
recettes même pendant la période transitoire. la part obligatoire, le TM étant à la charge de l’administration pénitentiaire.
B. DÉPENSES DE SOINS PSYCHIATRIQUES La facturation est établie par le transporteur directement auprès des caisses locales d’assurance maladie
et auprès de l’établissement pénitentiaire pour la part correspondant au ticket modérateur. Le transporteur
Réglementation
et procédures
Les dépenses de soins psychiatriques assurés au sein des unités sanitaires ou en milieu hospitalier doit donc être habilité à pratiquer le tiers payant.
sont financées par l’assurance maladie par la dotation annuelle de fonctionnement (DAF) allouée à ces
#2
établissements de santé. Lorsque les conditions de prise en charge ne sont pas réunies, l’utilisation de transports (sanitaires
ou pénitentiaires) ne relève pas de l’assurance maladie et appartient alors à l’administration pénitentiaire.
Conformément à l’article L. 162-26 du Code de la Sécurité sociale (CSS), seule la part des consultations
et actes externes pris en charge par l’assurance maladie est incluse dans la dotation annuelle de financement. 2. Transport secondaire : transport entre deux établissements de santé
L’établissement pénitentiaire s’acquitte donc, selon le statut du patient, du TM et du FJH.
De la même manière que pour les soins somatiques, et conformément à l’article L. 381-30-5 du CSS, Tout transport sanitaire entre deux établissements de santé est considéré comme un transport secondaire36.
l’administration pénitentiaire verse à l’établissement de santé le TM correspondant à la part des dépenses L’identification du responsable de la prise en charge dépend de la qualification de ce transport secondaire.
de soins non prise en charge par l’assurance maladie, sauf en cas d’exonération (soins en rapport avec une On distingue deux cas de figure selon la durée de l’hospitalisation :
ALD, titulaire d’une pension d’invalidité, soins pris en charge par l’assurance maternité, etc.). Celui-ci inclut
le forfait journalier hospitalier (FJH) pour tout séjour hospitalier (sauf le forfait journalier du jour de sortie) pour Les transferts provisoires
les patients non exonérés du TM (rappelons que le patient non exonéré du TM est redevable du FJH à partir Ils correspondent aux transports suite auxquels les patients séjournent moins de 48 heures dans l’établis-
du 31e jour d’hospitalisation). Pour les patients exonérés du TM, le FJH est dû (en plus du ticket modérateur sement d’accueil et s’inscrivent dans le cadre d’une prestation interétablissement.
forfaitaire (TMF) de 18 euros lorsqu’il s’agit d’une exonération pour acte coûteux).
L’établissement dans lequel est hospitalisé le patient au moment du premier transport prend en charge
C. MÉDICAMENTS le transport complet (aller/retour).
En cas d’hospitalisation, les médicaments sont inclus dans les tarifs des prestations d’hospitalisation Les transferts définitifs
(GHS, forfaits), à l’exception des médicaments figurant sur la liste en sus35. Le patient transporté séjourne plus de 48 heures dans l’établissement d’accueil ou ne retourne pas dans son
Concernant les médicaments dispensés au sein des unités sanitaires, le TM est fixé forfaitairement à 40 % établissement d’origine. Il s’agit d’une nouvelle hospitalisation, sans prestation interétablissements.
pour les médicaments non remboursés à 100 %. Lorsque des médicaments sont prescrits dans le cadre d’une
ALD, le TM n’est pas dû par l’AP. La facturation du TM à l’établissement pénitentiaire est donc globale sans L’assurance maladie assure la prise en charge de ces transports dans les mêmes conditions que les transports
identification possible de la personne détenue. primaires.
Les modalités de prise en charge par l’assurance maladie ainsi que celles liées à la facturation du ticket
modérateur à l’administration pénitentiaire seront précisées d’ici la fin 2012.
35 36
Les médicaments figurant sur cette liste font l’objet d’une consommation trop irrégulière pour être inclus dans les tarifs. Ils font l’objet d’une facturation Si la personne fait l’objet d’une hospitalisation de jour en psychiatrie dans une unité de soins psychiatriques en milieu pénitentiaire de niveau 2, le trans-
spécifique et sont pris en charge à 100 % par l’assurance maladie. port de cette unité au sein de l’établissement pénitentiaire à l’établissement de santé, lorsqu’il est réalisé dans la journée, relève du transport secondaire.
152 153
#2 CAHIER III PROTECTION SOCIALE ET MODALITÉS FINANCIÈRES DE PRISE EN CHARGE
c. Cas particulier des transports pour hospitalisation en psychiatrie
Tous les transports de retour, de l’établissement de santé vers l’établissement pénitentiaire, incombent
à ce dernier, sauf si l’état du patient nécessite une prescription médicale de transport sanitaire.
3. Transport au sein d’un même établissement
S’agissant des transports de l’établissement pénitentiaire vers l’établissement de santé, deux principes
Dans le cas du transport d’un patient entre deux unités hospitalières d’un même établissement de santé, s’appliquent :
l’organisation de celui-ci et les frais y afférents sont à sa charge. - l’organisation et le financement des transports pour les hospitalisations avec consentement incombent à
l’administration pénitentiaire.
L’annexe W « Transports sanitaires » explicite selon la nature de ces transports les règles d’organisation Ces transports ont lieu vers les UHSA (article R. 3214-21 du Code de la santé publique). Si un accompagnement
et de prise en charge financière. du personnel soignant est nécessaire, celui-ci est à la charge de l’établissement de santé (inclus dans la
dotation DAF) ;
b. Modalités de transport de patients détenus - l’organisation et le financement des transports pour les hospitalisations sans consentement incombe aux
établissements de santé.
Les modalités d’intervention et de détermination des transports sont conditionnées par les règles de prise Une prescription médicale de transport sanitaire n’est pas nécessaire dans ce cas (l’arrêté d’hospitalisation
en charge. sans consentement ne vaut pas prescription).
Ces transports ne font l’objet d’aucune facturation à l’assurance maladie. Leur financement est supporté par
Réglementation
et procédures
1. Transport à la charge de l’établissement pénitentiaire la dotation DAF de l’établissement38.
En application de l’article L. 3222-1-1 du CSP, ces transports répondent aux conditions du transport sanitaire.
#2
Lorsque le transport est à la charge de l’établissement pénitentiaire (c’est-à-dire qu’il ne fait pas l’objet d’une L’établissement de santé assure ses transports par ses propres moyens ou par un transporteur privé.
prescription médicale), le mode de transport utilisé est décidé par celui-ci.
E. DISPOSITIFS MÉDICAUX À USAGE INDIVIDUEL
2. Transport à la charge de l’assurance maladie
a. Prise en charge des dispositifs médicaux à usage individuel
Lorsque le transport est pris en charge par l’assurance maladie (conditions définies à l’article R. 322-10
et suivant du CSS), le transport utilisé est : Il s’agit des produits et des prestations inscrits sur la liste des produits et des prestations (LPP) (art. L. 165-1
- soit un transport sanitaire37 tel que défini à l’article L. 6312-1 du CSP. Il couvre tout transport réalisé pour du CSS). Ils font l’objet d’une facturation à l’assurance maladie. Ils sont pris en charge sur la base des tarifs de
des raisons de soins ou de diagnostic et effectué sur prescription médicale ou en cas d’urgence médicale. responsabilité conformément à l’article L. 165-2 du CSS (la dotation MIG n’a donc pas vocation à les financer).
Le transport du patient est alors réalisé par un véhicule sanitaire : une ambulance en cas de position couchée Selon les tarifs en vigueur, le TM est opposable à l’établissement pénitentiaire, comme pour toute autre
ou un véhicule sanitaire léger (VSL) pour un transport assis ; prestation.
- soit un taxi conventionné, lequel est autorisé à effectuer des transports assis de patient lorsqu’il a adhéré
à la convention nationale des transporteurs sanitaires privés conclue avec la CNAMTS. b. Modalités de prise en charge des dépassements concernant les dispositifs médicaux à usage individuel
3. Transport à la charge de l’établissement de santé Les dépassements par rapport aux tarifs de responsabilité sur les appareillages et prothèses ne sont pas
à financer sur l’enveloppe MIG.
Lorsque le transport est à la charge de l’établissement de santé (transfert interhospitalier provisoire), le En effet, les modalités de prise en charge des dépassements sont conditionnées par le fait que la personne
transport utilisé est un transport sanitaire organisé par ce dernier. détenue dispose ou non d’une complémentaire santé.
4. Transports médicalisés SMUR 1. Personne détenue bénéficiaire d’une complémentaire santé (financée ou non par l’ACS) ou de la CMUc
Le transport médicalisé SMUR est organisé et réalisé par l’établissement de santé autorisé conformément aux La CMUc prend en charge les dépassements non couverts par l’assurance maladie dans des limites fixées par arrêté.
articles R. 6123-1 et R. 6123-15 du CSP. L’organisme complémentaire prend en charge les dépassements non couverts par l’assurance maladie selon
les modalités de contrat ou d’adhésion.
38
À noter que pour les UHSA, la dotation DAF a été calibrée en fonction d’un budget prévisionnel, dont le titre 1 prend en compte le personnel dédié aux
37
Les transports sanitaires sont assurés par des sociétés de transports sanitaires agréées et conventionnées ou des établissements de santé avec transports et le titre 3 prend en compte les frais de transport (type péage) et les frais d’entretien du véhicule, l’amortissement du véhicule, et la consommation
des véhicules autorisés par l’ARS. de carburant.
154 155
#2 CAHIER III PROTECTION SOCIALE ET MODALITÉS FINANCIÈRES DE PRISE EN CHARGE
b. Modalités de prise en charge des dépistages des IST
Les fonds d’action sanitaire et social de l’AM et/ou de l’AP peuvent être attribués selon les circonstances en sus Toutes les prestations (consultations, prélèvements, analyses et traitements ambulatoires) concernant les
des autres prises en charge. IST effectuées au sein d’un CIDDIST lorsqu’il intervient en milieu pénitentiaire sont prises en charge à 100 %
dans le cadre des dotations allouées à ces structures (dotation globale de fonctionnement du conseil général
2. Personne détenue ne bénéficiant pas d’une complémentaire santé lorsqu’elles sont gérées par celui-ci, ou dotation ARS provenant du FIR lorsqu’elles sont habilitées par celle-ci).
L’assurance maladie peut compléter ces financements. Les actes qui y sont réalisés ne donnent donc pas lieu
Ces situations concernent les personnes ayant un niveau de ressources trop élevé pour bénéficier de la CMUc à une facturation du TM à l’établissement pénitentiaire.
ou de l’ACS mais néanmoins insuffisant pour le financement d’une complémentaire dans les conditions de droit
commun. 2. Au sein des unités sanitaires (établissements de santé)
Ces personnes peuvent demander à bénéficier d’une aide des fonds d’action sanitaire et sociale de l’AM et/ou
de l’AP. Le dépistage des IST fait l’objet d’une facturation en fonction des actes et consultations réalisés, selon les
Ces aides doivent être utilisées pour le paiement de la prestation. Cette demande doit être anticipée modalités de droit commun.
par l’établissement préalable d’un devis établi.
En revanche, les personnes en situation irrégulière ne peuvent bénéficier d’aucune aide publique (CMUc, ACS, Seul le dépistage du VIH est pris en charge à 100 % et ne fait donc pas l’objet de facturation.
Réglementation
et procédures
fonds de l’AP…).
c. Modalité de prise en charge des dépistages de la tuberculose
#2
F. MODALITÉS DE PRISE EN CHARGE DES DÉPISTAGES DU VIH ET DES AUTRES
INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (IST) PAR LES CDAG ET LES CIDDIST Les CLAT interviennent pour le dépistage et/ou enquête autour d’un cas (Cf. fiche « Prévention et réduction
des risques infectieux », Partie 2 ; Cahier IV).
a. Modalités de prise en charge des dépistages VIH, VHB et VHC
Toutes les prestations (consultations, prélèvements, analyses et traitements ambulatoires) effectuées au
1. Au sein des CDAG sein d’un CLAT sont prises en charge à 100 % dans le cadre des dotations allouées à ces structures (budgets
pouvant provenir de plusieurs sources de financement).
Toutes les prestations (consultations, prélèvements, analyses) effectuées au sein d’un CDAG sont prises en Les actes qui y sont réalisés ne donnent donc pas lieu à une facturation du TM à l’établissement pénitentiaire.
charge à 100 % par l’assurance maladie (art. L. 3121-2 du CSP).
Les actes qui y sont réalisés ne donnent donc pas lieu à une facturation du TM à l’établissement pénitentiaire. G. LE FINANCEMENT DE LA PERMANENCE DES SOINS AMBULATOIRES
Les frais de fonctionnement d’un CDAG hospitalier sont assurés par une dotation MIG. S’il s’agit de structures
extrahospitalières celles-ci sont financées par l’assurance maladie dans le cadre de l’Ondam « soins de ville ». Les modalités de fonctionnement et de prise en charge seront précisées d’ici la fin 2012.
Les frais de déplacement du personnel hospitalier mentionnés au 3° R. 6112-22 du CSP et les frais de transport
des produits et des matériels mentionnés aux 3° de l’article R. 6112-19 du CSP engagés par l’établissement de
santé sont remboursés par l’administration pénitentiaire, dans les conditions suivantes :
- le remboursement des frais de déplacement des personnels est assuré sur la base des tarifs fixés par arrêté
interministériel, prévu par le décret n° 90-437 du 28 mai 1990 fixant les conditions et les modalités de règlement
156 157
#2 CAHIER III PROTECTION SOCIALE ET MODALITÉS FINANCIÈRES DE PRISE EN CHARGE
La base de remboursement des frais d’entretien est fixée à partir du dernier coût moyen connu de la fonction
« nettoyage » publiée chaque année par la base nationale de comptabilité hospitalière (dite base d’Angers)
rapporté à la surface des locaux des unités de soins.
des frais occasionnés par les déplacements des fonctionnaires et agents relevant de la fonction publique de D. FINANCEMENT DES ACTIONS DE PRÉVENTION ET D’ÉDUCATION POUR LA SANTÉ
l’État sur le territoire métropolitain de la France. Le remboursement des frais de déplacement s’effectue sur
présentation d’un état nominatif fourni par le directeur de l’établissement de santé à l’administration pénitentiaire ; L’éducation pour la santé est inscrite réglementairement dans les missions des unités sanitaires. À ce titre, elles
- la base de remboursement des frais de transport des biens est le coût de l’unité d’œuvre de l’activité coordonnent, pilotent et participent à l’élaboration du programme d’actions avec l’ensemble des partenaires.
« transports » calculé à partir des éléments de la comptabilité analytique de l’établissement de santé. Les actions de promotion et d’éducation pour la santé sont financées par des crédits du Fonds d’intervention
Le remboursement s’effectue à partir des justificatifs présentés par l’établissement de santé portant régional des agences régionales de santé (décret du 27/02/2012), délégués aux ARS et attribués après une
sur le nombre de kilomètres parcourus (trajet le plus court) et sur le coût de l’unité d’œuvre de l’activité procédure d’appel à projets aux candidats retenus, hospitaliers ou non, ou sous forme de subventions directes.
« transport » (hors transports sanitaires). En cas d’absence de données provenant de la comptabilité
analytique de l’établissement, la base de remboursement des frais de transport des biens et les modalités D’autres sources de financement existent provenant :
de remboursement sont déterminés à partir du dernier coût moyen connu de la fonction « transport » publié - des directions interrégionales des services pénitentiaires (DISP) qui peuvent participer au financement
chaque année par la base nationale de comptabilité analytique hospitalière (dite base d’Angers). d’actions au travers d’appels à projets, voire à participer à des appels à projets communs avec les ARS ;
- des crédits de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et la toxicomanie (MILDT), au travers
B. FINANCEMENT DE L’AMÉNAGEMENT ET DE L’ÉQUIPEMENT DES LOCAUX d’appels à projets. Il s’agit de crédits départementaux gérés par les préfectures ou de crédits nationaux issus
Réglementation
et procédures
MIS À DISPOSITION DES ÉQUIPES HOSPITALIÈRES (2° ARTICLE R. 6112-22 DU CSP) du fond de concours. Ces derniers varient d’une année sur l’autre ;
- des structures nationales, dans le cadre d’appels à projets, comme l’Inpes ou le secteur associatif ;
#2
Selon l’article L. [Link]° du CSS, l’établissement pénitentiaire assure directement les charges de la construction, - des conseils généraux au travers de certaines actions menées par leurs structures (centre de planification
l’aménagement, la sécurité et l’entretien des locaux pénitentiaires spécialisés destinés aux consultations et ou d’éducation familiale par exemple) ;
aux examens. En conséquence, aucune relation financière n’est à prévoir entre l’établissement de santé et - du secteur associatif qui peut réaliser des actions sur ses propres financements.
l’établissement pénitentiaire, sauf en ce qui concerne l’entretien et l’hygiène des locaux (voir paragraphe suivant).
L’entretien et l’hygiène des locaux des unités de soins doivent être assurés par les établissements de santé,
moyennant remboursement par l’administration pénitentiaire.
158 159
Réglementation
et procédures
#2
CAHIER IV
PRISES EN CHARGE
SPÉCIFIQUES
ET PRÉVENTION
P. 161 > 215
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
I - REPÉRAGE DE LA CRISE SUICIDAIRE
PRÉVENTION, REPÉRAGE La crise suicidaire est une crise psychique dont le risque majeur est le suicide.
ET PRISE EN CHARGE DU SUICIDE « Cette crise constitue un moment d’échappement. Un état d’insuffisance de ses moyens de défense
et de vulnérabilité place la personne en situation de souffrance et de rupture d’équilibre relationnel avec
elle-même et son environnement. Cet état est réversible et temporaire.
La crise suicidaire n’est pas un cadre nosographique simple. C’est un ensemble sémiologique variable
Le maintien à un niveau élevé du taux de suicide dans la population carcérale (18 pour 10 000 personnes en fonction des sujets, des pathologies associées, des facteurs de risque et des conditions d’observation.
détenues en 2010) nécessite la mobilisation des services sanitaires, pénitentiaires et ceux de la protection Elle peut être difficile à identifier. »
judiciaire de la jeunesse (PJJ) pour la prévention de ce risque, incluant également le repérage précoce, la prise « Le repérage de la crise suicidaire s’appuie sur différentes manifestations :
en charge de la crise suicidaire et la postvention. - l’expression d’idées et d’intentions suicidaires,
- des manifestations de crise psychique,
La première semaine d’incarcération est particulièrement à risque ; en 2009 et 2010, 13 % à 15 % des suicides - dans un contexte de vulnérabilité. »2
ont eu lieu lors des dix premiers jours de l’incarcération. Le quartier disciplinaire est un lieu sensible en
Réglementation
et procédures
termes de risque de passage à l’acte suicidaire : 15 % des suicides y ont été recensés en 2009 et 12 % en 20101. B. MOYENS DE REPÉRAGE
#2
Des données complémentaires sont disponibles dans les articles suivants : Le repérage repose, entre autres, sur l’observation de toute personne détenue, connue ou perçue comme
- « Suicide en prison : la France comparée à ses voisins européens », Revue Populations et sociétés, n° 462, fragile. Celle-ci relève notamment des surveillants pénitentiaires ou des professionnels de la protection
décembre 2009, Ined. judiciaire de la jeunesse pour les mineurs, ainsi que de toute personne en contact avec la personne détenue.
- « L’augmentation du suicide en prison en France depuis 1945 », « Suicide et tentatives de suicide : état des
lieux en France », Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’INVS, n° 47-48, décembre 2011. Le repérage doit être fait tout au long de la détention. Toutefois, certains moments de la détention sont
reconnus comme étant plus à risque. Il peut s’agir de l’arrivée dans l’établissement pénitentiaire, du placement
La prévention, le repérage et la prise en charge de la crise suicidaire s’inscrivent dans le cadre : au quartier disciplinaire ou au quartier d’isolement pour les majeurs. De même, certains événements liés à
- des recommandations de la conférence de consensus clinique sur « La crise suicidaire : reconnaître l’instruction du dossier (extractions judiciaires, reconstitutions, procès…), des périodes de moindre activité
et prendre en charge » (ANAES, octobre 2000) ; (week-end), des événements familiaux difficiles, des incidents et des violences vécus en détention nécessitent
- de la circulaire conjointe Justice-Santé du 26 avril 2002 relative à la prévention du suicide dans la mise en œuvre d’un repérage individualisé du potentiel suicidaire.
les établissements pénitentiaires, qui pose la base des actions de repérage, de formation disciplinaire
et de postvention ; Le signalement de la personne concernée au service médical peut être fait à tout moment par
- du plan d’actions du garde des Sceaux du 15 juin 2009 relatif à la prévention du suicide en milieu carcéral ; les personnes en contact avec celle-ci (personnel pénitentiaire, différents intervenants…) voire au cours
- du plan d’actions stratégiques 2010-2014 « politique de santé pour les personnes placées sous main de la commission pluridisciplinaire unique (CPU)/prévention du suicide et de la réunion hebdomadaire de
de justice » ; l’équipe pluridisciplinaire relative aux mineurs détenus/prévention du suicide pour les mineurs.
- du programme national d’actions contre le suicide 2011-2014.
C. ÉVALUATION DU POTENTIEL SUICIDAIRE
L’évaluation du potentiel suicidaire peut être réalisée par le personnel sanitaire, pénitentiaire et de la protection
judicaire de la jeunesse.
Elle intègre trois dimensions : le risque, l’urgence et la dangerosité :
- le risque suicidaire recouvre la possibilité de décès à plus ou moins long terme : il comporte des facteurs
individuels (dont sanitaires), familiaux, psychosociaux, et en l’occurrence judiciaires et pénitentiaires. Il peut
être faible, moyen ou élevé ;
1 2
Sources : DAP. Conférence de consensus, « La crise suicidaire : reconnaître et prendre en charge », ANAES, octobre 2000.
162 163
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
II - PRISE EN CHARGE DES PERSONNES DÉTENUES EN CRISE SUICIDAIRE
La prise en charge d’une personne en crise suicidaire relève d’une action concertée entre les différents
partenaires pouvant être amenés à intervenir.
- l’urgence suicidaire est la probabilité de décéder par suicide à très court terme. Son évaluation nécessite
d’explorer la probabilité de décès par suicide, le niveau de souffrance de la personne concernée qui « Les premières attitudes recommandées sont les suivantes : l’entourage proche doit essayer d’établir un lien
la conduit à l’idée de suicide, la façon et le moment auxquels elle pense réaliser son acte et les moyens dont et une relation de confiance en adoptant une attitude de bienveillance, d’écoute, de dialogue et d’alliance qui
elle dispose pour passer à l’acte ; favorisera le recours aux réseaux d’aide et de soin. »3
- la dangerosité est l’évaluation de la situation au regard des modalités du passage à l’acte suicidaire : cette
évaluation porte sur la létalité du moyen envisagé et son accessibilité par la personne concernée. Lorsqu’une personne détenue est repérée en crise suicidaire, elle est signalée au service médical ou fait
l’objet, selon le degré d’urgence et en dehors des heures ouvrées, d’un appel du centre 15. Pour favoriser
a. Outils l’adhésion au soin, il est important que la personne soit informée de ce signalement.
À noter qu’un outil d’évaluation du potentiel suicidaire formalisé au travers d’une « grille d’évaluation du A. PRISE EN CHARGE PÉNITENTIAIRE
potentiel suicidaire » est renseigné par le personnel pénitentiaire à l’aide des éléments du dossier pénitentiaire
et des déclarations de la personne détenue. a. Moyens d’actions
Réglementation
et procédures
Cette grille est systématiquement remplie à l’issue de l’entretien effectué lors de l’arrivée en détention. 1. Plan individuel de protection (PIP)
Sa mise à jour est réalisée si nécessaire durant la période de la détention. Elle peut aider à la prise en charge
#2
des personnes détenues en crise suicidaire. Les personnes détenues repérées comme présentant un risque suicidaire élevé font l’objet d’une attention
particulière de la part des personnels pénitentiaires.
La grille d’évaluation du potentiel suicidaire est transmise aux membres de la CPU/prévention suicide.
Elle est intégrée dans le cahier électronique de liaison (CEL). La CPU/prévention suicide examine toute Chaque personne repérée comme présentant un potentiel suicidaire moyen ou élevé peut bénéficier d’un plan
situation pour lequel il existe un doute portant sur le potentiel suicidaire. Lorsqu’un mineur est concerné, ces individuel de protection (PIP), renseigné pendant la CPU/prévention suicide ou la réunion hebdomadaire de
actions sont mises en œuvre dans le cadre de la réunion hebdomadaire de l’équipe pluridisciplinaire/prévention l’équipe pluridisciplinaire si la personne détenue concernée est mineure.
du suicide pour les mineurs.
Ce PIP comprend des décisions prises par la commission présidée par le chef de l’établissement pénitentiaire.
Elle constitue enfin un support de dialogue et de communication lors des CPU/prévention suicide et des
réunions hebdomadaires relatives aux mineurs. L’objet est de déterminer la surveillance et les actions Il comporte des mesures de protection déclinées en actions précises. Ces mesures visent à agir sur les
de protection, d’aide et de soins dont la personne détenue ainsi repérée doit bénéficier. déterminants de la souffrance pour lesquels une action est possible. Ce sont des données opérationnelles qui
ont vocation à être diffusées à chaque service concerné. Elles peuvent aller de l’octroi d’une communication
b. Les mineurs téléphonique supplémentaire à la demande rapide de consultation par le service médical voire indiquer le
niveau de surveillance à mettre en place (surveillance adaptée, multiplication des rondes…).
Concernant les mineurs repérés en risque suicidaire, les personnels pénitentiaires et de la PJJ adaptent
les modalités de prise en charge. Le renforcement de l’intervention se traduit notamment par une présence 2. Dotation de protection d’urgence (DPU), cellule de protection d’urgence (CproU)
accrue du service de la PJJ auprès du mineur concerné en termes, notamment, d’entretiens individuels
et d’activités socio-éducatives. En cas de crise suicidaire aiguë ou de risque imminent de passage à l’acte, le chef de l’établissement
pénitentiaire peut décider de la remise d’une dotation de protection d’urgence (DPU) ou du placement dans
une cellule de protection d’urgence (CproU)4.
3
Conférence de consensus, « La crise suicidaire : reconnaître et prendre en charge », ANAES, octobre 2000.
4
Recommandation n° 12 du Plan d’actions du garde des Sceaux du 15 juin 2009 relatif à la prévention du suicide des personnes détenues.
164 165
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
B. LA PRISE EN CHARGE SANITAIRE
L’entretien avec un personnel de santé est proposé à toute personne repérée comme étant en crise suicidaire afin :
- d’évaluer le degré d’urgence et de dangerosité de la crise suicidaire ;
2.1 Dotation de protection d’urgence (DPU) - de prendre les mesures de prise en charge sanitaire nécessaires.
La DPU est constituée : En fonction de l’évaluation de la situation signalée (urgence et dangerosité), le service sanitaire prendra
- de deux couvertures indéchirables et résistantes au feu ; la décision qui lui semble la plus adaptée (surveillance simple, consultation, hospitalisation…) en privilégiant,
- de vêtements déchirables à usage unique (tenue, gants et serviette de toilette). dans la mesure du possible, l’adhésion du patient aux soins.
La dotation de protection d’urgence (DPU) doit être utilisée pour les personnes placées en cellule de protection
d’urgence. Elle peut l’être notamment pour celles affectées en cellule des quartiers arrivants, quartiers
disciplinaires ou d’isolement, dans tous les cas lorsque la personne détenue est seule en cellule. III - LA POSTVENTION OU MIEUX LIMITER LES CONSÉQUENCES
D’UN PASSAGE À L’ACTE SUICIDAIRE
La décision de remettre une DPU à une personne détenue revient au chef d’établissement pénitentiaire en
cas de risque imminent de passage à l’acte suicidaire et/ou de crise suicidaire aiguë5. Le service médical La postvention comprend toutes les actions pour la prise en charge des personnes qui ont vu la scène, assuré
ou le centre 15 en dehors des heures ouvrées doivent être informés immédiatement des signes inquiétants des secours et celles qui avaient noué une relation avec la personne qui s’est suicidée (famille, détenteurs
que présentent la personne et qui ont provoqués la mise en place de la protection d’urgence, afin que toutes de l’autorité parentale pour les mineurs, amis, codétenus, professionnels, intervenants).
Réglementation
et procédures
les mesures de prise en charge sanitaire nécessaires soient prises.
Il convient de prendre en compte également le ou les éventuels cocellulaires de la personne qui s’est suicidée,
#2
2.2 Placement dans une cellule de protection d’urgence (CproU) les codétenus l’ayant côtoyée (au travers d’activités en commun par exemple), ainsi que ceux traversant une
crise suicidaire.
Cette cellule configurée pour limiter les risques de pendaison (cellule lisse) est destinée à accueillir
momentanément les personnes détenues dont l’état apparaît incompatible, en raison d’un risque suicidaire L’objectif est en effet de limiter le phénomène d’imitation qui peut exister chez des personnes fragiles.
important ou lors d’une crise suicidaire aiguë, avec son placement ou son maintien en cellule ordinaire.
Le chef de l’établissement pénitentiaire peut proposer un entretien avec un professionnel de santé intervenant
Le placement dans une cellule de protection d’urgence (CproU) est limité à 24 heures. Une dotation de dans l’établissement.
protection d’urgence (couverture spécifique et vêtements déchirables)6 est systématiquement remise. La possibilité de rencontrer un membre de l’équipe de soins est également proposée à la famille, ou au
détenteur de l’autorité parentale lorsqu’il s’agit d’un mineur. L’information est relayée auprès du service
Le service médical ou le centre 15 en dehors des heures ouvrées, doivent être informés immédiatement des éducatif de la PJJ afin d’accompagner ces personnes dans la réalisation de cette démarche.
signes inquiétants que présente la personne et qui ont provoqués la mise en œuvre de ce placement, afin que
toutes les mesures de prise en charge sanitaire nécessaires soient prises. S’agissant des personnels, le chef d’établissement organise un premier débriefing immédiatement après
le suicide avec les professionnels ayant été impliqués dans la découverte et la gestion de l’événement.
Le DPU et la CproU étant des mesures non sanitaires relevant du chef d’établissement pénitentiaire, leur Celui-ci doit permettre de rassembler toutes les informations utiles et prendre les mesures pour le soutien
maintien ou leur prolongation ne peut faire l’objet d’une prescription médicale. des agents. Selon son degré d’implication le personnel sanitaire peut y être invité.
Un second débriefing est organisé dans le mois suivant l’événement. Il associe tous les acteurs et partenaires
En dehors du recours à ces moyens d’actions, lorsqu’une personne détenue est repérée en crise suicidaire, (sanitaire, PJJ, enseignants…). Les objectifs sont notamment, à partir des enseignements tirés, de conduire une
elle est signalée au service médical ou fait l’objet, selon le degré d’urgence et en dehors des heures ouvrées, réflexion sur l’amélioration des procédures de prévention du suicide mises en place au sein de l’établissement.
d’un appel du centre 15.
Un mémento sur les actions de postvention autour d’un cas de suicide d’une personne détenue « Que faire
b. Prise en charge des mineurs après un suicide ? » est mis à la disposition des directions interrégionales des services pénitentiaires, des
chefs d’établissements pénitentiaires et des directeurs de SPIP.
Lorsque la personne détenue en crise est un mineur, les parents et/ou les détenteurs de l’autorité parentale Ce guide insiste sur les actions nécessaires à mettre en œuvre après la survenance d’un suicide afin
sont avisés de la situation. Une information aux détenteurs de l’autorité parentale sur les mesures mises en de réduire son impact psychologique.
œuvre devra être réalisée dans les meilleurs délais (Cf. fiche « Droits des patients détenus », Partie 2 ; Cahier I).
5
Fiche n° 4 du plan d’actions du garde des Sceaux du 15 juin 2009 relatif à la prévention du suicide en milieu carcéral.
6
Fiche n° 9 du plan d’actions du garde des Sceaux du 15 juin 2009 relatif à la prévention du suicide en milieu carcéral.
166 167
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
A. MODALITÉS DU REPÉRAGE À L’ENTRÉE EN DÉTENTION ET ÉTABLISSEMENT
DU DIAGNOSTIC
Le repérage doit être effectué par les acteurs de première ligne que sont les professionnels des unités
PRÉVENTION, REPÉRAGE sanitaires, lors de la visite médicale d’entrée obligatoirement proposée et/ou dans les premiers jours suivants
l’incarcération voire tout au long du parcours de la détention.
ET PRISE EN CHARGE Cette consultation doit intégrer « un bilan de santé relatif à la consommation de produits stupéfiants,
d’alcool et de tabac » et vérifier la prise éventuelle de traitements relatifs aux addictions (Cf. annexe 1 de
DES CONDUITES ADDICTIVES l’instruction du 17 novembre 2010). À l’issue de ce repérage, une orientation est réalisée, si nécessaire, vers
les professionnels spécialisés.
Le diagnostic est posé par un professionnel de santé compétent en addictologie qui définit un projet de soins
La prévalence élevée des addictions parmi les personnes entrant en détention en France est un constat établi. adapté, si besoin spécialisé, et accessible dans le cadre de la détention.
Il convient donc d’être particulièrement attentif pour assurer les meilleures conditions de prise en charge aux
personnes concernées. B. DÉFINITION D’UN PROJET DE SOINS
Réglementation
et procédures
Le repérage des personnes dépendantes, la nécessité de soins adaptés et d’un suivi en détention ainsi que la Le projet de soins adapté intègre le suivi du sevrage, la prescription et le suivi, si nécessaire, de traitements
continuité des soins à l’entrée et à la sortie de prison sont des étapes essentielles où chaque intervenant – sanitaire, de substitution, la prise en charge d’éventuelles comorbidités somatiques et/ou psychiatriques et le suivi
#2
social et pénitentiaire – doit agir en coordination. psychologique et médico-social.
Une note interministérielle de 20017 précise un certain nombre de recommandations. Une instruction Le recours spécialisé est assuré selon les besoins du patient et les organisations locales soit :
de novembre 20108 reprécise les modalités de coordination des différents acteurs et de prise en charge. - par un médecin addictologue intervenant dans l’établissement ;
- par un professionnel d’une équipe de liaison et de soins en addictologie (ELSA) du centre hospitalier
de rattachement de l’unité sanitaire ;
I - PRISE EN CHARGE DES ADDICTIONS EN DÉTENTION - par un professionnel d’un centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA)
de proximité, identifié comme référent pour l’établissement pénitentiaire.
La prise en charge globale doit permettre le dépistage, le diagnostic et la définition d’un projet de soins dans
lequel sont coordonnés, en tant que de besoin, le suivi du sevrage, le suivi psychologique, la prescription C. MODALITÉS DE DÉLIVRANCE DES TRAITEMENTS DE SUBSTITUTION
et le suivi de traitement de substitution.
Les titulaires de l’autorité parentale des personnes détenues mineures sont avisés de cette démarche sous a. Traitement de substitution aux opiacés
réserve des dispositions de l’art. L. 1111-5 du CSP relatif au droit au secret du mineur.
Selon les données de l’enquête Prevacar réalisée en 2011 ([Link]
La prise en charge des personnes détenues ayant un problème d’addiction peut nécessiter l’intervention d’une PREVACAR_-_Volet_offre_de_soins_-_VIH_hepatites_et_traitements_de_substitution_en_milieu_carceral_
équipe pluridisciplinaire. octobre_2011.pdf), la prévalence des TSO parmi les personnes détenues est estimée à 8 % sur la base d’un
échantillon représentatif élaboré par l’Institut de veille sanitaire (INVS - Résultat extrapolable à l’ensemble de
Les principaux temps de la prise en charge sont le repérage, le diagnostic, la définition d’un projet de soins et la population incarcérée en juin 2010). Cette enquête dresse plusieurs constats9.
la préparation à la sortie.
Les personnes détenues rencontrant un problème de consommation d’un produit licite ou illicite doivent
bénéficier, durant la période d’incarcération et à la libération, d’une prise en charge adaptée afin d’améliorer
leur accès aux soins.
Cet objectif d’amélioration figure dans le Plan d’actions stratégiques 2010-2014 relatif à la politique de santé
pour les personnes placées sous main de justice (mesure 12.2 du Plan). Il vise notamment à proposer une
prise en charge conforme aux besoins de la personne et à développer les traitements de substitution à tous
7
Note interministérielle du 9 août 2001 ([Link]
Legislation_et_reglementation/Pdf/Note_interministerielle_9_aout_2001.pdf) relative à l’amélioration de la prise en charge sanitaire et sociale des les établissements. Le Plan renforce ainsi la nécessité de poursuivre ou d’initier les traitements de substitution
personnes détenues présentant une dépendance aux produits licites ou illicites. aux opiacés.
8
Instruction n° DGS/MC2/DGOS/R4/2010/390 du 17 novembre 2010 ([Link] relative à l’organi-
sation de la prise en charge des addictions en détention. 9
Prévalence du VIH et du VHC en milieu carcéral et offre de soins : PREVACAR. Communication affichée aux journées nationales d’infectiologie, 2011.
168 169
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
Dans cette perspective l’appel téléphonique et la permission de sortir doivent être privilégiés.
Pour les personnes condamnées, il est vérifié lors de la visite médicale dans le mois précédent la sortie que
les contacts sont établis (Cf. annexe J « Consultation de sortie type »).
Les traitements de substitution aux opiacés doivent être accessibles à toutes les personnes détenues
dépendantes. Les modalités de délivrance et de prise du traitement doivent permettre de répondre aux II - DISPOSITIF DE PILOTAGE ET STRUCTURE INTERVENANTE
recommandations scientifiques et aux règles de l’autorisation de mise sur le marché des différentes spécialités.
Le guide actualisé de bonnes pratiques sur les traitements de substitution en milieu carcéral élaboré en A. INTERVENTION DES CENTRES DE SOINS, D’ACCOMPAGNEMENT
2002-2003 dans le cadre de la commission nationale des traitements de substitution est disponible sur le site ET DE PRÉVENTION EN ADDICTOLOGIE (CSAPA)
du ministère en charge de la Santé.
a. Définition d’un CSAPA
b. Substituts nicotiniques
Créés par la loi du 2 janvier 200212, les centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie
Dans un contexte de prévalence élevée de la consommation de tabac, la période de l’incarcération peut (CSAPA) sont des établissements médico-sociaux qui s’adressent aux personnes ayant des problèmes
conduire à une augmentation de celle-ci en raison des phénomènes d’anxiété et de stress. de consommation de substances psychoactives (licites ou non, y compris tabac et médicaments détournés
À l’inverse, cette période d’incarcération peut être l’occasion d’un bilan de cette addiction et le moment de leur usage). Leurs missions s’étendent également aux personnes souffrant d’addictions sans substance
d’initier un traitement. (en particulier le jeu pathologique).
Réglementation
et procédures
Les CSAPA sont gérés soit par un établissement de santé, soit par une association. Ils fonctionnent
Dans ce cadre peut être proposée une aide au sevrage et notamment la mise à disposition de substituts en ambulatoire et/ou avec hébergement. Ces établissements remplacent les centres de soins spécialisés aux
#2
nicotiniques (en particulier pour les mineurs auxquels on interdit de fumer10). toxicomanes (CSST) et les centres de cure ambulatoire en alcoologie (CCAA) en les réunissant sous un statut
Les personnes détenues initiant un sevrage doivent dans la mesure du possible être affectées en cellule juridique commun.
« non-fumeurs » au sein de leur lieu de détention. Une dizaine d’établissements pénitentiaires de grande densité carcérale disposent d’un CSAPA en propre qui
dépend de l’établissement de santé de rattachement.
La circulaire du 31 janvier 200711 rappelle également que cette mesure de protection doit être prise pour
protéger, dans toute la mesure du possible, les non-fumeurs contre le tabagisme passif. b. Missions des CSAPA
10
Article D. 347 du Code de procédure pénale.
11
Circulaire DHOS/DAP du 31 janvier 2007 relative aux conditions d’application de l’interdiction de fumer dans les lieux relevant de l’administration
pénitentiaire applicable le 1er février 2007 ([Link] 12
Loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale.
170 171
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
PRISE EN CHARGE
B. DISPOSITIF DE PILOTAGE
DES AUTEURS D’INFRACTIONS
La qualité de la prise en charge implique une organisation lisible de l’ensemble des intervenants.
À CARACTÈRE SEXUEL
Le pilotage intègre :
- une fonction de pilotage. Cette fonction est assurée par une personne exerçant au sein des structures de soins
somatiques ou psychiatriques (médecin, infirmier, etc.). Cette personne est désignée par le coordonnateur de I - CONTEXTE ET FONDAMENTAUX
l’unité sanitaire (Cf. fiche « Coordination institutionnelle », Partie 1) ;
- un protocole organisationnel local. Celui-ci est élaboré sous l’impulsion de la personne assurant la fonction Le principe d’un dispositif spécifique relatif à la prise en charge sanitaire des auteurs d’infractions à caractère
de pilotage (coordination). Il est soumis au comité de coordination (Cf. fiche « Coordination institutionnelle », sexuel (AICS) a été instauré par la loi n° 98-468 du 17 juin 1998 relative à la prévention et à la répression des
Partie 1). Il fait l’objet d’une validation par le directeur général de l’ARS. infractions sexuelles ainsi qu’à la protection des mineurs, qui a créé le suivi socio-judiciaire et l’injonction
Ce protocole acte notamment de la nomination de la personne coordinatrice, du CSAPA référent et de la place de soins.
et du rôle des différents intervenants (DSS/DSP, médecin addictologue, ELSA, CSAPA) tenant compte La loi du 17 juin 1998 a ensuite été modifiée plusieurs fois jusqu’en 2010 dans le cadre des lois relatives
des spécificités locales ; à la prévention de la récidive ou à la rétention de sûreté.
Réglementation
et procédures
- un rapport annuel d’évaluation de l’activité réalisée tenant compte des indicateurs de suivi figurant dans Le champ du dispositif de l’injonction de soins, limité en 1998 aux infractions sexuelles, s’est progressivement
l’instruction du 17 novembre 2010. élargi et concerne désormais les auteurs des infractions les plus graves, et son application a été systématisée.
#2
Parallèlement, différentes lois portées par le ministère de la Justice ont inscrit dans le Code de procédure
pénale le principe de l’incitation aux soins, pendant leur détention, des AICS. En réponse à ces exigences
nouvelles, plusieurs établissements pénitentiaires ont été désignés comme spécialisés dans l’accueil des
AICS, ces établissements disposant de moyens sanitaires accrus.
La spécificité de la prise en charge sanitaire des auteurs d’infractions sexuelles tient donc à l’existence d’un
cadre juridique particulier (incitation aux soins et injonction de soins), à une offre de soins psychiatriques
et psychologiques plus développée dans certains établissements pénitentiaires spécialisés (Cf. § II.1.
ci-dessous), et la mise en place dans chaque région de centres ressources pour les intervenants auprès des
auteurs de violences sexuelles (CRIAVS) qui animent le maillage santé-justice au niveau régional et peuvent
être sollicités par les équipes soignantes de tous les établissements pénitentiaires (Cf. encadré page 175).
Pour ce qui a trait aux pratiques médicales, la Haute autorité de santé (HAS) a diffusé en juillet 2009 des
recommandations de bonnes pratiques à l’attention des praticiens relatives à la prise en charge des auteurs
d’agressions sexuelles à l’encontre de mineurs de moins de 15 ans.
[Link]
Par ailleurs, le chapitre III du guide de l’injonction de soins est consacré à la prise en charge sanitaire des
personnes soumises à une injonction de soins et rappelle que celles-ci « représentent une population qui doit
être prise en charge par le dispositif de soins psychiatriques de la même manière que tout patient » tout en
respectant les spécificités du cadre et des modalités de soins.
[Link]
172 173
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
LES CRIAVS
Les centres ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles (CRIAVS) ont
été créés en 2006 sous forme d’un dispositif interrégional, puis ont été régionalisés en 2008 (circulaire
Quelques définitions n° DHOS/F2/F3/F1/DSS/A1/2008/264 du 8 août 2008).
Le suivi socio-judiciaire En 2011, 25 CRIAVS étaient en fonctionnement dans 23 régions et assuraient dans le cadre de leurs missions un rôle
Il constitue une peine complémentaire à la peine d’emprisonnement ou de réclusion criminelle. En matière de formation et de coordination des professionnels intervenant auprès de ce public en détention et hors détention.
délictuelle, il peut être prononcé à titre de peine principale ou à titre de peine complémentaire.
Il impose au la personne condamnée l’obligation de se soumettre, sous le contrôle du juge d’application des LEURS MISSIONS SONT LES SUIVANTES :
peines (JAP), à des mesures de surveillance et d’assistance, destinées à prévenir la récidive, éventuellement • la mise en place de formations initiales et continues pour les professionnels intervenants auprès des auteurs de violences
à l’issue de la peine privative de liberté. sexuelles ;
• une mission de recherche et de réflexion sur les prises en charge et le suivi des auteurs de violences sexuelles ;
L’injonction de soins • la participation au développement de la prévention ;
• l’animation du maillage santé-justice dans l’objectif d’une collaboration étroite des champs santé, justice,
Pour être prononcée : et accompagnement social ;
- la personne doit avoir été condamnée pour une infraction pour laquelle le suivi socio-judiciaire est encouru ; • la constitution d’un espace expert dans l’objectif de fournir aux professionnels de secteur un appui de qualité
- une expertise médicale doit avoir conclu à la possibilité d’un traitement. sur les difficultés et questionnement qu’ils peuvent avoir sur leurs pratiques cliniques ;
Réglementation
• la mise en place d’un centre de documentation. Une base de données nationale recensant de la littérature francophone
et procédures
et anglophone sur le sujet des violences sexuelles, des textes de loi, des éléments relatifs à l’actualité, etc., est disponible
Dès lors que ces conditions sont remplies, l’injonction de soins peut être prononcée :
#2
sur le site Internet Théséas : [Link]
- soit au moment du prononcé de la peine dans le cadre du sursis avec mise à l’épreuve, ou du suivi
socio-judiciaire ;
- soit dans le cadre d’une mesure d’aménagement de peine sous forme de libération conditionnelle ;
- soit dans le cadre d’une mesure de sûreté (surveillance ou rétention). II - PRISE EN CHARGE EN DÉTENTION : L’INCITATION AUX SOINS
L’injonction de soins commence à la sortie de la détention ; en détention, seule une incitation aux soins A. LIEU D’ACCOMPLISSEMENT DE LA PEINE
est possible.
La personne condamnée doit exécuter sa peine dans un établissement pénitentiaire lui permettant un suivi
L’obligation de soins médical et psychologique adapté (art. 717-1 et 763-7 du CPP).
L’obligation de soins, prévue par l’article 132-45 du Code pénal, est mise en œuvre sans procédure particulière.
Mesure générale applicable avant ou après déclaration de culpabilité, l’obligation de soins est non spécifique La Direction de l’administration pénitentiaire et le ministère en charge de la Santé ont souhaité mener une
à la délinquance sexuelle, sans organisation des relations entre les autorités judiciaires et sanitaires, politique de prise en charge particulière en termes d’offre de soins, à destination des personnes condamnées
ni exigence d’une expertise médicale préalable. pour des faits de nature sexuelle.
À cet effet ont été désignés 22 établissements pénitentiaires pour peines spécialisées dans la prise en charge
Une particularité de l’obligation de soins : l’injonction thérapeutique des AICS (Cf. annexe Y).
L’obligation de soins peut également consister en une « injonction thérapeutique » telle que prévue par les Un protocole santé-justice signé le 16 décembre 201113 définit les modalités d’orientation des AICS, la prise
articles L. 3413-1 à L. 3413-4 du Code de la santé publique pour les personnes condamnées faisant usage de en charge pénitentiaire et judiciaire spécifique, la réalisation d’un protocole local et l’évaluation des mesures
stupéfiants ou ayant une consommation habituelle et excessive de boissons alcoolisées. La mise en œuvre de mises en œuvre.
l’injonction thérapeutique fait appel à l’intervention d’un médecin habilité en qualité de médecin relais qui fait
connaître à l’autorité judiciaire son avis motivé sur l’opportunité médicale de la mesure (Cf. encadré page 180). B. RÔLE DE L’ÉQUIPE SOIGNANTE
Le personnel soignant peut inviter, voire inciter la personne détenue à entreprendre, reprendre ou poursuivre
une démarche de soins à différents moments de son parcours pénitentiaire.
Les prérequis aux soins sont le consentement de la personne et la garantie de la confidentialité des échanges.
13
[Link]
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#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
C. RÔLE DE L’ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE ET DE LA PROTECTION JUDICIAIRE
DE LA JEUNESSE
L’administration pénitentiaire intervient à différents stades de la prise en charge des personnes condamnées
La demande de soins peut également être formulée spontanément par la personne détenue elle-même à une mesure judiciaire pour laquelle une injonction de soins est prononcée :
auprès de l’équipe soignante. - dans l’orientation de la personne détenue avant son affectation en établissement pour peine ;
Le JAP peut également proposer à toute personne condamnée de suivre un traitement pendant la durée - lors de l’arrivée en établissement pour peine de la personne condamnée.
de sa détention si un médecin estime que cette personne est susceptible de faire l’objet d’un tel traitement
(art. 717-1 du CPP). Le chef d’établissement pénitentiaire est chargé (art. R. 57-8-4 du CPP) de signaler au psychiatre les personnes
condamnées à un suivi socio-judiciaire. Il met à la disposition de ce praticien un résumé de la situation
Lorsque la personne détenue concernée est un mineur, une information aux détenteurs de l’autorité parentale pénale ainsi que les expertises psychologiques ou psychiatriques conservées dans le dossier individuel
sur les modalités de l’incitation aux soins est assurée en coordination avec les professionnels de la PJJ. Ces de la personne détenue.
derniers, en lien avec les détenteurs de l’autorité parentale, peuvent accompagner le mineur dans son choix
Dans l’organisation de la prise en charge thérapeutique
L’objectif poursuivi est de permettre à la personne détenue de s’engager dans le soin si ce n’est déjà fait. L’établissement pénitentiaire prévoit les dispositions logistiques nécessaires (locaux, organisation des mouve-
ments…) pour permettre la mise en place d’ateliers thérapeutiques et d’activités thérapeutiques de groupe.
b. Prise en charge soignante dans les établissements pénitentiaires non spécialisés
Réglementation
et procédures
Dans le cadre de la prise en charge effectuée par le service pénitentiaire d’insertion et de probation et/ou
La prise en charge des auteurs de violences sexuelles dans les établissements pénitentiaires non spécialisés le personnel de la PJJ
#2
ne fait pas l’objet d’une organisation de soins spécifique. Par leur méthodologie d’intervention, les SPIP participent à l’incitation aux soins par le biais d’entretiens
Dans les établissements où ce type de patients est présent, peuvent être proposées des thérapies de groupe individuels et de programmes collectifs.
spécialisées, celles-ci s’inscrivant dans la prise en charge psychiatrique générale des personnes détenues en Les programmes de prévention de la récidive (PPR), consistent en une prise en charge collective sous forme de
milieu pénitentiaire de niveau 1. groupes de parole dont l’objectif est de travailler sur le passage à l’acte et les conditions de sa non-réitération.
Le personnel soignant peut s’appuyer sur les CRIAVS et notamment sur les formations et l’expertise Les personnels de la PJJ offrent une intervention équivalente à destination des personnes détenues mineures,
qu’ils proposent. aussi bien dans le cadre d’entretiens individuels que d’activités socio-éducatives qui relèvent du champ de
la prévention et de l’éducation pour la santé. En lien avec le service de santé, les éducateurs sont soutenus
c. Délivrance d’attestations dans cette mission par les interventions de psychologues et d’infirmiers de la PJJ, afin de cibler plus
particulièrement leur action sur les AICS.
Dès lors qu’une prise en charge est indiquée et acceptée par la personne détenue, les équipes de soins
définissent la méthode de prise en charge appropriée et lui remettent les attestations de suivi du traitement D. PRISE EN CHARGE À LA LIBÉRATION (AMÉNAGEMENT OU FIN DE PEINE) :
à intervalles réguliers. Celles-ci lui permettront de justifier auprès du JAP de l’accomplissement du suivi INJONCTION DE SOINS
du traitement, conditionnant l’obtention d’aménagement de peine.
a. Préparation de la sortie
En effet, l’article 721-1 du CPP prévoit qu’une réduction supplémentaire de la peine peut être accordée aux
personnes condamnées qui manifestent des efforts sérieux de réadaptation sociale, notamment en suivant La libération de la personne détenue intervient (en dehors du cas de la délivrance d’une ordonnance de mise
une « thérapie destinée à limiter les risques de récidive ». en liberté par le juge d’instruction pour un prévenu) soit en fin de peine, soit dans le cadre d’un aménagement
de peine, dans le cadre d’une surveillance électronique de fin de peine ou en dernier lieu dans le cadre d’une
d. Continuité des soins suspension de peine pour raison médicale. Dans l’ensemble de ces situations, la sortie est préparée en
coordination par tous les acteurs du milieu pénitentiaire, notamment les personnels du SPIP, ceux de la PJJ
En cas de transfert vers un autre établissement pénitentiaire, l’équipe soignante veille à assurer la continuité pour les personnes détenues mineures et de l’unité sanitaire.
des soins. Ce projet, en lien avec les services sanitaires et sociaux extérieurs, prend en compte les situations respectives
de la famille et de la victime.
En cas de libération, les praticiens chargés de dispenser des soins en milieu pénitentiaire communiquent,
sans que leur soient opposables les dispositions de l’article 226-13 du Code pénal, les informations médicales « Lorsque la personne condamnée à un suivi socio-judiciaire comprenant une injonction de soins doit exécuter
qu’ils détiennent sur la personne condamnée au médecin coordonnateur afin qu’il les transmette au médecin à la suite d’une peine privative de liberté, le JAP peut ordonner l’expertise médicale de l’intéressé avant sa
traitant. libération, cette expertise est obligatoire si la condamnation a été prononcée plus de deux ans auparavant. »
(Art. 763-4 du CPP)
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#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
- il transmet au JAP les éléments nécessaires au contrôle de l’IS (au moins un rapport par an ou deux par an
si la personne est condamnée pour un crime mentionné à l’article 706-53-13 du CPP) ;
- il informe, en liaison avec le médecin traitant, la personne condamnée dont le suivi socio-judiciaire est
arrivé à son terme de la possibilité de poursuivre son traitement en l’absence de tout contrôle de l’autorité
Quel que soit le cadre légal de l’injonction de soins, la personne concernée est placée sous le contrôle du juge judiciaire en lui donnant tous conseils utiles (art. L. 3711-1-4° du CSP).
de l’application des peines dans le ressort duquel elle a sa résidence habituelle (art. 763-1 du CPP).
Le JAP adresse au médecin coordonnateur une copie des pièces de la procédure utiles à l’exercice
b. Les acteurs de l’injonction de soins de sa mission ; ces documents sont restitués au juge en fin de mission (art. R. 3711-10 du CSP).
1. Le juge de l’application des peines (JAP) Toute expertise médicale ordonnée par le juge de l’application des peines est communiquée en copie
au médecin coordonnateur et, le cas échéant, au médecin traitant ou au psychologue traitant (art. R. 3711-23
C’est lui qui désigne le médecin coordonnateur. Il indique ensuite à la personne condamnée le médecin et R. 3711-25 du CSP).
coordonnateur désigné. Il l’avise qu’elle devra rencontrer ce médecin dans un délai qu’il fixe et qui ne peut
être supérieur à un mois (art. R. 61 du CPP). 3. Médecin et/ou psychologue traitant
Réglementation
et procédures
2.1 Nomination - ils sont choisis par la personne condamnée ou par les détenteurs de l’autorité parentale dans l’hypothèse du
mineur détenu sous réserve de l’accord du médecin coordonnateur ;
#2
Le JAP désigne par ordonnance et sur une liste de psychiatres ou de médecins ayant suivis une formation - ils sont informés de ce choix par le médecin coordonnateur ;
appropriée établie tous les trois ans par le procureur de la République, un médecin coordonnateur (art. L. 3711-1 - ils ont 15 jours pour confirmer par écrit à celui-ci leur accord ;
du CSP). - en cas de silence gardé à l’expiration de ce délai ou en cas de réponse négative, le médecin coordonnateur
invite la personne condamnée à choisir un autre médecin traitant (art. R. 3711-14 du CSP).
La désignation du médecin coordonnateur doit intervenir, dans la mesure du possible, avant la libération
d’une personne condamnée détenue, dans le cadre de la préparation à la sortie, afin de faciliter la prise en 3.2 Missions (art. L. 3711-3 du CSP)
charge dès la libération. Mais lorsque la personne a été condamnée pour un crime mentionné à l’article 706-
53-13 du Code de procédure pénale, cette désignation doit intervenir avant la libération ou avant la fin de la - organiser et effectuer l’accompagnement psychothérapeutique, prescrire éventuellement un traitement
rétention de sûreté de l’intéressé (art. R. 3711-8 du CSP). pharmacologique ;
- informer le médecin coordonnateur, le JAP et l’agent de probation, de tout refus ou interruption de traitement ;
2.2 Missions (art. L. 3711-1 du CSP) - proposer au JAP d’ordonner une expertise médicale ;
- délivrer au patient des attestations du suivi de traitement à intervalles réguliers afin de lui permettre
- il convoque la personne soumise à l’injonction de soins pour un entretien au cours duquel il lui fait part de justifier auprès du JAP l’accomplissement de l’IS.
des modalités d’exécution de cette mesure et lui précise la nature de ses interventions ainsi que celles
du médecin traitant et/ou du psychologue traitant et des acteurs judiciaires (art. R. 3711-12 du CSP) ; Le praticien traitant peut obtenir, à sa demande et par l’intermédiaire du médecin coordonnateur, les pièces
- il invite la personne condamnée, au vu des expertises réalisées, à faire le choix d’un médecin traitant du dossier, notamment les expertises et le jugement (art. L. 3711-214 et R. 3711-22 du CSP). Il retourne ces
(art. L. 3711-1 du CSP). Dans le cas des personnes condamnées mineures, le choix du médecin est fait pièces au médecin coordonnateur, qui les transmet au JAP, lorsqu’il cesse de suivre la personne.
dans les mêmes conditions par les titulaires de l’autorité parentale ou, à défaut, par le juge des tutelles
(art. R. 3711-12 CSP et R. 3711-16). L’accord du mineur sur ce choix est recherché. Si la personnalité Les dispositions relatives au médecin traitant des articles L. 3711-1 à L. 3711-3, à l’exception de celles
de la personne condamnée le justifie, le médecin coordonnateur peut inviter celui-ci à choisir, soit en plus concernant la prescription de traitements médicamenteux (art. L. 3711-3 al. 5 du CSP) et des articles
du médecin traitant, soit à la place de ce dernier, un psychologue traitant ayant exercé pendant au moins R. 3711-12 à R. 3711-23 du CSP sont également applicables au psychologue traitant (art. R. 3711-25 du CSP).
cinq ans (art. L. 3711-4-1 du CSP) ;
- il informe le médecin traitant et/ou psychologue de sa désignation et s’assure de son consentement
(art. R. 3711-14 du CSP) ;
- il conseille le médecin et/ou psychologue traitant si celui-ci en fait la demande (art. L. 3711-1-2° du CSP) ;
- il transmet au JAP ou au travailleur social les éléments nécessaires au contrôle de l’IS (art. L. 3711-1-3°) ;
- il convoque la personne détenue, périodiquement et au moins une fois par trimestre, pour réaliser un bilan
de sa situation (art. R. 3711-21 du CSP) ; 14
Modifié par la loi du 27 mars 2012 de programmation relative à l’exécution des peines.
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#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
L’OBLIGATION DE SOINS PEUT ÊTRE PRONONCÉE :
a. Avant déclaration de culpabilité, l’obligation de soins constitue une modalité du contrôle judiciaire (art. 138 - 10° du CPP).
Extrait de l’article 138 du CPP : « Le contrôle judiciaire peut être ordonné par le juge d’instruction ou par le juge des
libertés et de la détention si la personne mise en examen encourt une peine d’emprisonnement correctionnel ou une
TABLEAU COMPARATIF ENTRE OBLIGATION ET INJONCTION DE SOINS peine plus grave. Ce contrôle astreint la personne concernée à se soumettre, selon la décision du juge d’instruction ou
du juge des libertés et de la détention, à une ou plusieurs des obligations ci-après énumérées : […] 10° Se soumettre
à des mesures d’examen, de traitement ou de soins, même sous le régime de l’hospitalisation, notamment aux fins de
désintoxication (...) »
NATURE DE LA MESURE OBLIGATION DE SOINS INJONCTION DE SOINS b. Après déclaration de culpabilité, l’obligation de soins constitue une obligation particulière prévue par l’article 132-45 du
(hors injonction thérapeutique)
Code pénal pour :
Cadre légal • Contrôle judiciaire Sauf décision contraire de la juridiction, • l’ajournement avec mise à l’épreuve ;
• Ajournement avec mise à l’épreuve dès lors que la personne est condamnée • l’emprisonnement assorti du sursis avec mise à l’épreuve ;
• Sursis avec mise à l’épreuve pour une infraction pour laquelle • l’emprisonnement assorti du sursis avec mise à l’épreuve avec obligation d’accomplir un travail d’intérêt général ;
• Mesures d’aménagement de peine le suivi socio-judiciaire est encouru • une mesure d’aménagement de peines.
et qu’une expertise médicale conclut Extrait de l’article 132-45 du CP : « La juridiction de condamnation ou le juge de l’application des peines peut imposer
à la possibilité d’un traitement. spécialement à la personne condamnée l’observation de l’une ou de plusieurs des obligations suivantes : [..] 3° Se
• Suivi socio-judiciaire soumettre à des mesures d’examen médical, de traitement ou de soins, même sous le régime de l’hospitalisation. Ces
• Surveillance judiciaire mesures peuvent consister en l’injonction thérapeutique prévue par les articles L. 3413-1 à L. 3413-4 du Code de la
• Libération conditionnelle santé publique, lorsqu’il apparaît que la personne condamnée fait usage de stupéfiants ou fait une consommation
• Sursis avec mise à l’épreuve habituelle et excessive de boissons alcooliques. »
Réglementation
et procédures
• Surveillance de sûreté
L’injonction thérapeutique codifiée aux articles L. 3413-1 à l’article L. 3423-21 du Code de la santé publique (CSP)
• Rétention de sûreté
#2
a été instituée par la loi du 31 décembre 1970 relative aux mesures sanitaires de lutte contre la toxicomanie et à la
répression du trafic et de l’usage illicite de substances vénéneuses, texte fondateur en France, du droit applicable en
Conditions préalables • L’expertise préalable n’est pas • L’expertise médicale préalable est matière d’infractions à la législation sur les stupéfiants. Ce dispositif a été réformé par la loi relative à la prévention de la
nécessaire pour l’ordonner nécessaire pour l’ordonner ou la délinquance du 5 mars 2007 qui l’a étendu aux personnes ayant commis des infractions liées à la consommation d’alcool,
ou la supprimer prononcer et la supprimer, le cas a prévu son prononcé à tout moment de la procédure pénale et a mis en place un dispositif cadré des médecins relais.
• Elle peut être ajoutée ou supprimée échéant, après débat contradictoire Ces derniers deviennent l’interface entre le patient et l’autorité judiciaire et assurent la mise en place du protocole de soins.
par ordonnance du juge de • Elle peut être ajoutée à tout moment
Les fonctions du médecin relais (article L. 3413-3 du CSP) :
l’application des peines à tout moment de la peine par le juge de l’application
• en charge de mettre en œuvre la mesure d’IT, d’en proposer les modalités et d’en contrôler le suivi effectif sur le plan sanitaire ;
de la mise en œuvre de la mesure des peines
• procède à l’examen des personnes, contrôle la mise en œuvre effective de la mesure, assure l’articulation entre le
• Le dispositif repose sur la production • Le médecin coordonnateur sert
dispositif de prise en charge et l’autorité judiciaire qui a prononcé l’injonction thérapeutique ;
d’un justificatif de suivi par l’intéressé ; d’interface entre le médecin traitant
• accompagne sa collaboration d’un avis motivé sur l’opportunité médicale de la mesure.
la concertation entre l’autorité et le juge de l’application des peines
judiciaire et le personnel de santé La désignation : après dépôt d’un dossier auprès du directeur général de l’agence régionale de santé (DGARS),
reste à l’initiative des acteurs de les médecins relais habilités à procéder au suivi des mesures d’IT, doivent être inscrits sur une liste départementale
terrain établie par ce dernier, après avis du procureur général auprès de la Cour d’appel.
La rémunération : les médecins relais perçoivent, pour chaque personne suivie par eux, une indemnité forfaitaire
(132 euros par an et par personne suivie), dans les conditions prévues par arrêté conjoint des ministres chargés
du Budget et de la Santé du 21 septembre 2009. Il devait être accompagné de la publication d’une circulaire,
Une particularité de l’obligation de soins : l’injonction thérapeutique pour les personnes ayant fait usage qui a vu sa parution geler en raison de la sortie du rapport de la mission d’évaluation de la mise en œuvre de la loi
de stupéfiants ou ayant commis des infractions liées à l’abus d’alcool. du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance.
Le déroulement de la procédure d’injonction thérapeutique :
• le DGARS communique sans délai les pièces adressées par l’autorité judiciaire (procédure, enquête de personnalité,
ordonnance, jugement de condamnation) au médecin relais lequel procède à l’examen médical initial dans le mois
suivant la réception de ces pièces ;
• le médecin relais fait connaître son avis motivé à l’autorité judiciaire. S’il estime la mesure médicalement opportune, il
informe l’intéressé ainsi que, le cas échéant, les détenteurs de l’autorité parentale des modalités d’exécution de l’injonction
thérapeutique en l’invitant à lui indiquer, au plus tard dans les dix jours, le nom du médecin soignant qu’il a choisi ;
• si le consommateur ne connaît pas de médecin susceptible de le prendre en charge, le médecin relais lui indiquera une
liste de médecins ou un centre de prise en charge et de soins spécialisés dans la toxicomanie. Le médecin, désigné par
l’intéressé, est informé par le médecin relais du cadre juridique de la mesure ;
• le médecin relais procède ensuite aux examens médicaux au troisième et sixième mois de la mesure. À l’issue de chaque
examen, il établit un rapport, adressé à l’autorité judiciaire ;
• la durée de la mesure de l’injonction thérapeutique est de six mois renouvelable trois fois, soit 24 mois au plus.
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#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
II - MALADIES À DÉCLARATION OBLIGATOIRE
La liste des maladies à déclaration obligatoire avec pour chaque maladie, la fiche de déclaration et un dossier
thématique est disponible sur le site de l’INVS :
PRÉVENTION, DÉPISTAGE [Link]
ET PRISE EN CHARGE Le tableau ci-joint précise, selon les pathologies, celles qui requièrent un signalement immédiat pour une
intervention urgente auprès de la plate-forme de veille et de gestion des urgences sanitaires de l’agence
La liste des maladies retenues ci-dessous tient compte de maladies transmissibles particulièrement
I - MALADIES À PRÉVENTION VACCINALE prévalentes en détention et/ou nécessitant des actions coordonnées avec les personnels pénitentiaires, en
vue d’intervenir sur l’environnement et/ou en lien avec le médecin de prévention pour mettre en œuvre des
Les recommandations vaccinales sont élaborées par le Comité technique des vaccinations (CTV) du Haut mesures de prévention, de dépistage ou de prophylaxie.
conseil de la santé publique (HCSP) et synthétisées dans le calendrier vaccinal.
Réglementation
et procédures
Le séjour en détention représente donc une opportunité pour proposer les vaccinations recommandées pour Dans certains cas de pathologies infectieuses au long cours, chez des personnes mineures, un projet d’accueil
les mineurs et les adultes, voire pour initier une vaccination en fonction de risques particuliers et poursuivre individualisé peut être mis en place ou poursuivi (Cf. fiche « Prévention, dépistage et prise en charge des
#2
le suivi des vaccinations obligatoires chez les mineurs. maladies non transmissibles », Partie 2 ; Cahier IV).
Seul le vaccin contre l’hépatite B (VHB) est recommandé pour les personnes détenues qui peuvent cumuler
un certain nombre de facteurs d’exposition. Si le schéma préférentiel en trois injections (0, 1, 6 mois) est A. TUBERCULOSE
recommandé, le schéma « adapté » peut être proposé lorsque l’immunité doit être rapidement acquise : trois
doses à un mois d’intervalle, la 4e un an plus tard, dans le contexte particulier du milieu carcéral. a. Éléments de contexte
A. RÉFÉRENCES ET OUTILS : LE CALENDRIER VACCINAL L’incidence de la tuberculose en milieu carcéral est plus élevée qu’en population générale, du fait d’une part
des caractéristiques de la population, cumulant divers facteurs de risque (situation de précarité, moindre
Le calendrier vaccinal est actualisé tous les ans en fonction des nouvelles recommandations du Comité accès à la prévention et aux soins avant l’incarcération, personnes originaires de pays de forte endémie,
technique des vaccinations (CTV) et du Haut conseil de santé publique (HCSP). Il est publié au premier trimestre personnes immunodéprimées) et d’autre part des conditions de vie en détention qui favorisent la transmission
de chaque année dans un numéro spécial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), accompagné de de cette bactérie par voie aérienne.
tableaux synoptiques pour les adultes, les enfants et les adolescents.
Il est disponible sur le site du ministère en charge de la Santé et sur celui de l’Institut de veille sanitaire La lutte antituberculeuse repose sur les principes suivants qui s’appliquent au milieu pénitentiaire :
(Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 22 mars 2011) : - dépistage et traitement précoce des cas de tuberculose maladie (dépistage ciblé dans les populations
[Link] à risque) ;
[Link] - isolement des cas contagieux, suivi rigoureux et adaptation de la prise en charge des cas de tuberculose
maladie ;
L’Inpes développe et diffuse des outils sur le calendrier vaccinal : [Link] - suivi de l’observance des traitements et déclaration des « issues de traitement » pour prévenir l’émergence
de souches multi-résistantes ;
B. FOURNITURE DES VACCINS - signalement immédiat des cas de tuberculose maladie et déclenchement de la recherche des sujets contacts,
pour dépistage et prise en charge ;
Les vaccins peuvent être mis à disposition de l’unité sanitaire par la pharmacie à usage intérieur. - information immédiate du chef de l’établissement pénitentiaire ;
Des partenariats peuvent être établis par des unités sanitaires avec des centres de vaccination (actions - traitements des infections tuberculeuses latentes récentes (moins de deux ans), le plus souvent
de promotion et d’information sur les vaccinations, fourniture de vaccins). diagnostiquées au cours d’une enquête autour d’un cas et, dans certaines situations particulières, quelle
qu’en soit l’ancienneté (enfants de moins de 15 ans notamment) ;
- vaccination des enfants par le BCG dans certaines indications (Cf. calendrier vaccinal).
182 183
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
Cette démarche nécessite une coordination de l’ensemble des intervenants (unités sanitaire, service
de médecine de prévention de l’établissement pénitentiaire, PJJ (si nécessaire) et l’établissement de santé).
Pour soutenir la continuité des soins à la sortie, ils peuvent délivrer des médicaments gratuitement à la sortie. La prévention, le dépistage et la prise en charge des infections par les virus des hépatites, des IST et de
15 l’infection par le VIH ont en commun un certain nombre de spécificités importantes :
Depuis 2006 , les services de l’État ont repris les compétences antérieurement dévolues aux conseils généraux. Ils doivent
soit passer une convention avec le conseil général, lorsque celui-ci est volontaire pour continuer à assurer cette mission, - des données épidémiologiques marquées par des prévalences plus élevées qu’en population générale,
soit habiliter une autre structure (le plus souvent un établissement de santé) pour cette mission de lutte antituberculeuse. précisées en 2010 par l’enquête Prévacar17 ;
Réglementation
et procédures
- la nécessité de dépistages précoces, basés sur le volontariat, éventuellement répétés, car il s’agit d’infections
virales chroniques longtemps asymptomatiques et qui justifient une prise en charge avant la survenue
#2
b. Dépistage de complications ;
- la richesse des recommandations les concernant existant en milieu libre (rapport Yeni18, plan de lutte
Personnes détenues venant de l’état de liberté contre le VIH et les IST19, plan hépatites20) et la complexité pour mettre celles-ci en œuvre dans les milieux
Le dépistage est fondé sur un examen clinique à la suite duquel le médecin de l’unité sanitaire décide s’il y a lieu de privation de libertés alors que les enjeux de santé publique y sont aussi présents voire plus importants ;
d’un examen radiologique16. Dans ce cas, le cliché doit être réalisé dans les délais les plus brefs et interprété, - des modes de transmission justifiant les politiques de réduction des risques et les mesures de prévention
au plus tard, dans les huit jours suivant l’incarcération. L’organisation du dépistage de la tuberculose incombe adaptées (Cf. fiche « Prévention et réduction des risques infectieux », Partie 2 ; Cahier IV).
au centre chargé de la lutte antituberculeuse (CLAT).
L’article D. 384-1 du CPP prévoit que « cet examen est pratiqué sur place, sauf impossibilité matérielle ». b. Dépistage du VIH et des hépatites
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#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
LES CENTRES DE DÉPISTAGE ANONYME ET GRATUIT (CDAG)
Initialement conçus pour le seul dépistage du VIH, les CDAG ont reçu, depuis la circulaire de 199824, mission de dépister
également les hépatites B et C. En cas d’existence d’une antenne de CDAG, son intervention doit se faire « en coordination
Afin de détecter les primo infections VIH chez les personnes entrantes dont la première sérologie est négative étroite avec l’unité sanitaire, notamment dans un souci de continuité des soins. Toutefois, les résultats d’un test de dépistage
rendus par le médecin du CDAG ne peuvent être transmis au médecin de l’unité sanitaire qu’avec le consentement de
au 1er test et qui auraient été exposées à un risque de contamination peu avant leur incarcération, un entrant l’intéressé ». La législation et réglementation récente25, permet la levée de l’anonymat en cas de nécessité thérapeutique et
doit pouvoir bénéficier d’une première proposition à l’arrivée en détention puis d’une seconde, six semaines dans l’intérêt du patient, et sous réserve du consentement exprès, libre et éclairé de celui-ci. Les circonstances et modalités
après la dernière exposition connue. Ce délai de six semaines est conforme aux recommandations de la HAS de la levée de l’anonymat ont été définies par arrêté du 8 juillet 2010 fixant les conditions de la levée de l’anonymat dans
de 200822 sur la réduction de la fenêtre sérologique. les CDAG et dans les CIDDIST.
Ainsi les situations dans lesquelles la nécessité thérapeutique et l’intérêt du patient sont établis lorsque son état
de santé requiert :
Pour le VIH, l’article D. 384-3 du CPP23 souligne l’importance d’un accès facilité au dépistage : « Toute - qu’il bénéficie d’une prise en charge médicale immédiate (administration ou prescription d’un traitement prophylactique ou
personne incarcérée doit pouvoir bénéficier, avec son accord, d’une information et d’un conseil personnalisé curatif, bilan initial avant orientation vers un service spécialisé, vaccination) ;
sur l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et, le cas échéant, au cours de consultations - qu’il puisse être orienté rapidement vers une prise en charge médicale (après remise d’un résultat biologique positif).
médicales, de la prescription d’un test de dépistage et de la remise du résultat. » En cas d’intervention d’une antenne de CDAG au sein de l’unité sanitaire, toutes les personnes détenues en sont informées
afin de pouvoir y recourir à tout moment.
Tout mineur a le droit de demander à bénéficier d’un dépistage du VIH sans en référer au détenteur de l’autorité
parentale (circulaire DGS/VS2-DSS/AM3-DH, n° 32 du 26 mars 1993 relative au dépistage et au traitement
Réglementation
PLACE DES TESTS RAPIDES D’ORIENTATION DIAGNOSTIQUE (TROD)
et procédures
de certaines IST, dans les centres de planification ou d’éducation familiale et article L. 1111-5 du CSP).
Le médecin met néanmoins tout en œuvre pour obtenir le consentement du mineur à l’information
#2
de ce dernier. Depuis l’arrêté du 28 mai 2010 dans des situations d’urgence (accident d’exposition) et plus encore depuis l’arrêté
du 9 novembre 2010, un test rapide d’orientation diagnostique du VIH peut également être proposé à une personne détenue
dans le cadre d’une consultation médicale à l’UCSA. Dans ce cas, une recherche négative ne signe l’absence d’infection que
2. Comment dépister ? si la personne n’a pas été exposée à un risque de transmission du VIH dans les trois mois précédent le test.
Le dépistage est dans tous les cas proposé et assuré par l’unité sanitaire. La proposition d’un TROD peut s’avérer plus souple et pertinente face à une personne en détention provisoire (prévenue)
ou dont la durée prévue d’incarcération est relativement courte, car elle permet de gérer la remise immédiate du résultat
La circulaire du 5 décembre 1996 prévoit que les tests puissent également être réalisés par une antenne de
et d’éviter les perdus de vue, ou encore face aux personnes au capital veineux endommagé… Néanmoins, la rapidité du test
consultation de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) présente au sein de l’unité sanitaire. Le dépistage doit doit s’accompagner de la capacité et des moyens de l’unité sanitaire à annoncer un résultat, quel qu’il soit, dans les 30 mn,
être accompagné d’explications relatives à la transmission et aux facteurs de risques d’exposition dans un but à l’accompagner d’un conseil préventif approprié et, le cas échéant, à orienter rapidement la personne vers le soin. Le TROD
de prévention et dans une stratégie d’éducation à la santé. Lors de cette étape, une attention particulière doit ne doit pas se substituer à une sérologie conventionnelle en cas d’exposition à un risque récent, et/ou de suspicion d’autres
infections (IST, hépatites) car le prélèvement veineux permettra de réaliser l’intégralité des tests nécessaires.
être portée aux personnes étrangères et/ou n’ayant pas une bonne maîtrise du français, afin de veiller à ce que
l’information leur soit réellement accessible. De même, il sera utile de s’assurer de la maîtrise de la lecture
par les personnes détenues, lorsque leur sont remis des documents écrits (Cf. § « Interprétariat » dans la Pour les personnes non immunisées vis-à-vis de l’hépatite B, une vaccination relative à l’hépatite B sera
fiche « Droits des patients détenus », Partie 2 ; Cahier 1). proposée compte tenu du risque élevé d’exposition26.
L’exigence de bonnes pratiques doit s’appliquer aux pathologies au long court pouvant toucher les personnes
détenues. Il existe dans le cadre de ces infections virales au long court, des exigences particulièrement fortes
de soutien, de confidentialité, de continuité et de qualité des soins dispensés : l’enjeu est à la fois individuel,
en termes de succès thérapeutique et de qualité de vie et collectif, en termes de prévention de la transmission
et des résistances virales.
24
Circulaire DGS/DH/DSS n° 98-423 du 9 juillet 1998 relative aux missions et aux objectifs des consultations de dépistage anonyme et gratuit ou de dépistage
gratuit du virus de l’immunodéficience humaine.
22 25
Haute autorité de santé. Dépistage de l’infection par le VIH. Modalités de réalisation des tests de dépistage, octobre 2008, [Link] Article 108 de la loi HPST et arrêté d’application du 8 juillet 2010 fixant les conditions de la levée de l’anonymat dans les consultations de dépistage anonyme
upload/docs/application/pdf/2008-10/recommandations_-_depistage_de_linfection_par_le_vih_en_france_-_modalites_de_realisation_des_tests_de_de- et gratuit et dans les centres d’information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles.
26
pistage_2008-10-22_11-55-8_316.pdf. Cf. le numéro de la collection « Repères pour votre pratique » sur la prévention de l’hépatite B de l’Inpes. Le renouvellement régulier de la proposition facilite
23
Décret nº 98-1099 du 8 décembre 1998, art. 96, Journal officiel du 9 décembre 1998. l’accès à la vaccination. (Cf. supra sur vaccination VHB)
186 187
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
Il est nécessaire que l’unité sanitaire se dote d’un répertoire comportant les coordonnées des équipes
médicales compétentes dans le VIH sur le territoire local ou régional. Les coordinations régionales de la lutte
contre le VIH (COREVIH) incluent les représentants des unités sanitaires dans les comités de coordination.
La liste des COREVIH est disponible sur le site [Link]
Contenu de la prise en charge
C. AUTRES INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (IST)
• VIH : le rapport Yéni 2010 est la référence en termes de recommandations de bonnes pratiques cliniques,
tant dans le domaine médical que pour la prise en charge psychologique et sociale. a. Éléments de contexte
• Hépatites virales B et C : les guides médecin et les listes des actes et prestations édités de la Haute autorité
de santé (2011) sont disponibles sur le site de la HAS27. Les données épidémiologiques françaises des années récentes, résumées dans le numéro spécial du Bulletin
épidémiologique hebdomadaire de juillet 201128 vont dans le même sens, celui d’une progression, pour toutes
Deux livrets didactiques sur l’hépatite C, l’un à l’usage des professionnels, l’autre à remettre aux patients, sont les IST.
diffusés gratuitement sur demande par l’Inpes. Ils font le point non seulement sur la prise en charge mais également
sur les conseils à dispenser aux patients : [Link] b. Dépistage
Un dépliant « Hépatite C – un dépistage positif, que faire ? » donne les informations utiles à délivrer aux
patients en cas de dépistage positif : [Link] Outre les infections par les virus VIH, VHB et VHC, il convient de proposer systématiquement le dépistage des
La rubrique « publications » du site de la Fédération nationale des pôles de référence et réseaux hépatites, IST suivant les recommandations de la HAS en fonction des prises de risque sexuel identifiées. Selon l’article
Réglementation
et procédures
[Link], permet également de télécharger ces documents de l’Inpes. D. 384-2 du CPP, la prophylaxie des maladies vénériennes est assurée dans les établissements pénitentiaires
L’AFSSAPS a diffusé une mise au point sur la conduite à tenir pour l’évaluation et le suivi psychiatrique par les services compétents prévus à cet effet (unités sanitaires).
#2
avant, pendant et après le traitement de l’hépatite C en avril 2008 : [Link]
Recommandations/Evaluation-et-prise-en-charge-des-troubles-psychiatriques-chez-les-patients-adultes- Le rythme de répétition du dépistage est adapté selon les situations à risque. Il va du dépistage unique en cas
infectes-par-le-virus-de-l-hepatite-C-et-traites-par-peg-interferon-alfa-et-ribavirine-Mise-au-point/ de prise ponctuelle de risques, au dépistage régulier, au minimum une fois par an, en cas de prise de risque
(language)/fre-FR. récurrente.
d. Continuité des soins à la sortie Des recommandations de la HAS précisent la fréquence et les populations concernées pour le dépistage de la
syphilis29, des chlamydiae trachomatis30 et du gonocoque31.
À ce moment critique du parcours de la personne, c’est toujours l’exigence de continuité des soins qui
caractérise le suivi des traitements de ces infections virales. La continuité optimale du traitement est la Chez la femme il convient de prévoir la réalisation du frottis cervico-vaginal (Cf. fiche « Prévention, dépistage
garantie de l’absence de sélection de résistances virales et de perte de chance, tant pour la personne que et prise en charge des maladies non transmissibles », Partie 2 ; Cahier IV).
pour la collectivité.
Un document de l’Inpes et du ministère en charge de la Santé, destiné aux médecins, rappelle les indications
Si le traitement du VIH ou des hépatites est en cours : des différents dépistages d’IST32.
- une ordonnance et la remise d’une avance de traitement de quelques jours (à adapter au contexte de
chaque personne) sont indispensables pour éviter tout risque de rupture de traitement ; c. Suivi des cas
- le lien avec le lieu de suivi d’origine ou le service correspondant de l’unité sanitaire selon le domicile
du patient, doit être formellement établi en s’adressant si besoin au COREVIH (en cas d’infection par Les recommandations de référence sont accessibles sur le site de la Société française de dermatologie33.
le VIH) ou au pôle de référence (hépatites) de proximité et en remettant à la personne détenue libérée
les coordonnées et la date d’un rendez-vous de consultation dans un délai rapproché et cohérent avec
la provision de médicaments remis ; 28
[Link]
- il est également indispensable d’indiquer à la personne détenue les autres ressources locales pouvant lui n-26-27-28-2011
29
Évaluation a priori du dépistage de la syphilis en France (mai 2007).
être nécessaires : centres de soins, médecins, associations, etc. [Link] ?xtmc=syphilis&xtcr=2
30
Place des techniques de biologie moléculaire dans l’identification des infections uro-génitales basses à Chlamydia trachomatis (février 2003).
Évaluation du dépistage des infections uro-génitales basses à Chlamydia trachomatis en France (février 2003). Diagnostic biologique de l’infection à Chlamydia
trachomatis : avis sur les actes (juillet 2010).
[Link] ?xtmc=chlamydia&xtcr=3
Rapport ANAES de 2003 qui définit les populations à dépister :
[Link]
31
Dépistage et prise en charge de l’infection à Neisseria gonorrhoeae : état des lieux et propositions (décembre 2010).
27
Des recommandations récentes chez les patients présentant une cirrhose non compliquée ou compliquée ont été publiées par la HAS en 2008 dans l’objectif [Link] ?xtmc=gonocoque&xtcr=1
32
de diminuer la mortalité associée à la cirrhose non compliquée (classe A du score de Child-Pugh) par une surveillance précoce et une prévention primaire [Link]
33
des complications, quelle que soit la cause de l’hépatopathie, [Link]. [Link]
188 189
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
Les bactéries responsables les plus fréquemment incriminées ou suspectées sont les staphylocoques (toxine)
et les salmonelles.
Le signalement et la surveillance des TIAC à travers la déclaration obligatoire (DO) contribuent à la mise en
D. MALADIES INFECTIEUSES NÉCESSITANT DES ACTIONS PARTICULIÈRES place et l’évaluation de mesures visant à prévenir ces événements et contribue ainsi à la sécurité alimentaire.
Cette surveillance a notamment pour but d’identifier précocement l’aliment en cause pour le retirer
a. Légionellose de la distribution et de corriger les erreurs de préparation en restauration collective.
Réglementation
et procédures
2. Prise en charge d. Rougeole
#2
Le document de référence est notamment « Le risque lié aux légionelloses : guide d’investigation et d’aide 1. Éléments de contexte
à la gestion » qui a été établi en 2005 par le ministère en charge de la Santé après avis du Conseil supérieur
d’hygiène publique de France34. La rougeole, infection due à un virus, est la plus contagieuse des maladies infectieuses.
L’épidémie touche aussi bien les lieux de vie en collectivité qu’en milieu communautaire. La maladie n’est
Si le diagnostic de légionellose est confirmé, outre le traitement du cas index, une enquête d’investigation doit plus « qu’une simple maladie de l’enfant » : en 2010, le nombre de cas parmi les enfants de moins de un an
être menée par l’ARS pour : a triplé, et celui parmi les jeunes adultes a plus que quintuplé. La vaccination est le seul moyen de prévention
- rechercher d’autres cas associés à même source ; efficace contre la maladie35.
- identifier la ou les sources de contamination potentielle(s).
2. Prise en charge
Des mesures de contrôle et de prévention sont à mettre en place, en collaboration avec la direction
de l’établissement pénitentiaire pour éviter l’apparition de nouveaux cas (en particulier vérification La rougeole est une maladie à déclaration obligatoire depuis 2005. La prise en charge d’un cas de rougeole
de la maintenance des réseaux d’eau). vivant en collectivité nécessite que soient mises en place rapidement des mesures visant à réduire la diffusion
de la maladie.
b. Toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) L’ensemble des recommandations à mettre en œuvre autour d’un cas de rougeole est décrit notamment
dans la circulaire n° DGS/RI1/2009/334 du 4 novembre 2009 relative à la transmission obligatoire de données
Les toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) se définissent par l’apparition d’au moins deux cas similaires d’une individuelles à l’autorité sanitaire en cas de rougeole et la mise en œuvre de mesures préventives autour d’un
symptomatologie en général gastro-intestinale, dont on peut rapporter la cause à une même origine alimentaire. cas ou de cas groupés disponible sur le site Internet [Link]
La transmission se fait par ingestion d’un aliment ou d’un liquide souillé par un germe et/ou sa toxine mais Pour les jeunes nés après 1980, le schéma vaccinal recommandé est de deux doses au total de vaccin trivalent.
peut être suivie d’une transmission de personne à personne. La source commune alimentaire est le plus
souvent ponctuelle mais elle peut aussi être prolongée lorsque l’aliment contaminé est servi de façon répétée
dans le temps.
En cas de survenue de TIAC, l’application des mesures usuelles d’hygiène doit être impérativement
renforcée. Ces mesures sont parfois à adapter en fonction de la source et du mode de contamination afin d’en
interrompre la chaîne de transmission.
34 35
[Link] [Link]/beh/2011/10_11/beh_10_11_2011.pdf
190 191
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
PRÉVENTION, DÉPISTAGE
III - MALADIES TRANSMISSIBLES SANS DÉCLARATION OBLIGATOIRE
ET PRISE EN CHARGE DES
A. GALE MALADIES NON TRANSMISSIBLES
La gale est une affection bénigne mais à forte contagiosité pouvant être à l’origine d’épidémies longues,
difficiles à maîtriser, génératrices de coûts et de surcharges de travail non négligeables. Les maladies non infectieuses regroupent les maladies cardio-vasculaires, l’asthme, le diabète, les maladies
La prise en charge des épisodes collectifs nécessite des mesures énergiques et rigoureuses, qui doivent broncho-pulmonaires chroniques, l’insuffisance rénale chronique (IRC), les cancers.
être mises en place rapidement pour enrayer efficacement l’épidémie. Ces mesures concernent, outre Cette fiche ne concerne pas les pathologies psychiatriques.
le traitement des personnes atteintes, celui des personnes codétenues, de la totalité du linge personnel
et de la literie à l’aide de produits et protocoles adaptés. La prévalence des maladies non infectieuses en milieu carcéral est mal connue à ce jour.
Les plus fréquemment observées sont les maladies cardio-vasculaires, respiratoires, l’asthme et le diabète36 37.
Guide très détaillé avec fiches techniques sur le site de l’INVS, Épidémie de gale communautaire, Guide Un certain nombre de déterminants liés aux caractéristiques socio-démographiques de cette population
d’investigation et d’aide à la gestion, 2008. [Link] et/ou aux conditions de vie en détention (consommation de tabac, alimentation, manque d’exercice, défaut
Réglementation
et procédures
d’hygiène) sont des facteurs favorisants.
B. ECTOPARASITOSES (POUX ET PUNAISES DE LIT) Par ailleurs, le vieillissement de la population carcérale génère des besoins dans ce domaine majoré par les
#2
mêmes facteurs de risque que ceux cités précédemment.
a. Poux Ce vieillissement peut également être associé à l’apparition progressive de déficiences et d’incapacités
(Cf. fiche « Prise en charge des personnes âgées et des personnes handicapées », Partie 2 ; Cahier IV).
L’avis du Conseil supérieur d’hygiène publique de France relatif à la conduite à tenir devant un sujet atteint
de pédiculose du cuir chevelu (27 juin 2003) est en cours d’actualisation par le HCSP.
[Link] I - PRÉVENTION DES MALADIES NON TRANSMISSIBLES
Les punaises de lits (Cimex lectularius) ne sont pas vecteurs d’agents pathogènes, mais leurs morsures Les mesures de prévention de ces pathologies sont de portée générale (programme national nutrition santé38,
nocturnes peuvent être à l’origine de réactions dermatologiques et constituent une nuisance parfois addictions (tabac, etc.…), santé bucco-dentaire).
importante. Cette nuisance peut entraîner des troubles du sommeil, une stigmatisation ou des sentiments Une attention particulière doit être portée :
de dévalorisation chez ces populations déjà fragilisées. - au dépistage, tout particulièrement après 50 ans, des déficiences sensorielles qui peuvent avoir un impact
important sur l’autonomie et la qualité de vie des personnes ;
Ce phénomène est en recrudescence à travers le monde ainsi qu’en France. De manière générale, - à la mise à jour des vaccinations en s’assurant, au-delà du point réalisé au moment de la visite d’entrée, que
l’extermination de ces insectes est délicate du fait de la nécessité de mettre en œuvre des mesures à la les personnes âgées ou les personnes à risque (Cf. calendrier vaccinal) puissent bénéficier des vaccinations
fois intégrées (traitement de l’ensemble des zones infestées ciblant des endroits très confinés durant une antigrippales, antipneumocoques…
période temps restreinte) et spécifiques (différentes de la lutte contre les blattes). Une stratégie de contrôle
(d’éradication) inappropriée peut non seulement être inefficace mais aussi contribuer à la prolifération
de l’infestation et engendrer ses propres effets inappropriés.
Une coordination des services de l’ARS et de l’administration pénitentiaire est impérative pour déterminer
les mesures correctives à mettre en œuvre.
36
Mouquet, Marie-Claude, « La santé des personnes entrées en prison en 2003 », Études et résultats, n° 386, mars 2005.
Http://[Link]/drees/etude-resultat/er-pdf/[Link]
37
Marsala V., Pautrat C., Évaluation du dispositif d’hospitalisation en soins somatiques des personnes détenues, Igas, IGSJ, juin 2011.
38
[Link]
192 193
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
- le cancer du col de l’utérus. Il repose sur un frottis cervico-vaginal tous les trois ans chez les femmes âgées
de 25 à 69 ans42. Des consultations de spécialiste (gynécologue) peuvent être organisées au sein de l’unité
sanitaire ;
- le cancer du sein. Une mammographie est recommandée tous les deux ans pour les femmes de 50 à 74 ans.
Une attention particulière peut être portée, après 50 ans, au repérage des facteurs de fragilité39 : faiblesse L’accès à la mammographie est à organiser par l’hôpital de rattachement43.
musculaire, asthénie, activité physique réduite, lenteur de la marche et perte de poids involontaire au cours
de la dernière année. Le dépistage du cancer de la prostate ne relève pas d’un dépistage organisé. L’incidence du cancer de la
La présence de douleurs chroniques, facteur le plus fréquemment repéré au regard de l’altération de la qualité prostate augmente avec l’âge mais près de la moitié des cancers seraient non évolutifs. Un dépistage individuel
de vie n’est pas toujours signalée par la personne, or, elle doit être repérée systématiquement. peut être pratiqué pour les hommes à risque familial [parents du premier degré (père ou frères) atteints d’un
cancer de la prostate à un jeune âge], ou un diagnostic précoce pour les hommes présentant des symptômes.
Ces recommandations sont à prendre en compte lors de toute consultation médicale des patients pouvant Il repose sur l’examen clinique (toucher rectal) et le test sanguin PSA (antigène prostatique spécifique).
répondre à ces critères.
Les personnes détenues doivent avoir accès aux mêmes programmes de dépistage organisés des cancers que Dans le cadre de son programme de travail sur les ALD, la HAS publie et actualise régulièrement des
les personnes en milieu libre40, en particulier l’accès aux dépistages organisés des cancers du sein et cancers recommandations pour les médecins :
Réglementation
et procédures
colorectaux pour les personnes de 50 à 74 ans. [Link]
Toutefois, cette organisation doit être adaptée aux multiples contraintes du contexte carcéral. Elle repose
#2
sur une coordination entre l’équipe de l’unité sanitaire et la structure de gestion du dépistage des cancers du Il convient de développer en milieu pénitentiaire l’éducation thérapeutique du patient pour les pathologies
département. qui s’y prêtent (Cf. fiche « Éducation et promotion de la santé en milieu pénitentiaire », Partie 2 ; Cahier IV).
Dans les cas où un mineur, en amont de son incarcération, fait l’objet, au sein d’un service PJJ, d’une prise
STRUCTURE DE GESTION DU DÉPISTAGE DES CANCERS en charge thérapeutique pour une pathologie ayant donné lieu à un projet d’accueil individualisé (PAI)44,
ce document peut être transmis à l’unité sanitaire par les professionnels de la PJJ sur accord du mineur et
Dans chaque département, une structure de gestion du dépistage des cancers est en charge : des détenteurs de l’autorité parentale.
• des relations avec les professionnels concourant au dépistage ; Le cas échéant, le projet peut être mis en place pendant l’incarcération.
• de la sensibilisation et de l’information des professionnels et de la population ;
• de la gestion des fichiers centralisés des personnes dépistées ;
• des relations avec les personnes dépistées ; En fonction de la situation de la personne et de la fréquence des soins, l’accès aux différents dispositifs
• du recueil des données et de la transmission des résultats aux personnes concernées ; de permissions de sortir, d’aménagements de peine voire de suspension de peine pour raison médicale
• de la gestion optimale des moyens financiers au travers de l’utilisation du budget type ;
doit être facilité.
• de l’évaluation interne et de l’assurance qualité du programme ;
• du retour d’information vers les professionnels de santé, comportant la transmission périodique de statistiques
individuelles et globales permettant à chaque médecin d’évaluer sa pratique ; Insuffisance rénale chronique (IRC)
• de la conservation des données. La prise en charge des insuffisants rénaux chroniques et notamment de ceux relevant d’un centre dialyse doit
être organisée avec les établissements de santé de rattachement voire le centre hospitalier le plus proche
disposant de ces équipements.
La montée en charge des dépistages doit s’accompagner en parallèle d’actions de soutien et d’accompagnement Il convient dans ces cas peu nombreux de prévoir un lieu de détention à proximité d’un centre hospitalier
des personnes ayant des résultats positifs par les personnels soignants. équipé.
194 195
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
L’ARS dispose de trois mois pour étudier le dossier. Au-delà de ce délai, l’autorisation est réputée acquise pour
une durée de quatre ans.
Lors de l’examen d’une demande d’autorisation, la conformité au cahier des charges figurant en annexe 1
III - ÉDUCATION THÉRAPEUTIQUE DU PATIENT de l’arrêté du 2 août 2010 relatif au cahier des charges des programmes d’éducation thérapeutique du
patient et à la composition du dossier de demande d’autorisation est examinée, ainsi que son respect des
L’éducation thérapeutique du patient peut être développée en milieu pénitentiaire pour les pathologies obligations portant sur les incompatibilités et interdictions pour l’élaboration des programmes et leur mise
qui s’y prêtent. en œuvre (articles L. 1161-1 et L. 1161-4) et obligations relatives à la coordination du programme définies
à l’article R. 1161-3.
A. DÉFINITION
Pour toute question, contacter l’agence régionale de santé de votre région, dont vous trouverez les coordonnées
D’après la définition de l’organisation mondiale de la santé (OMS)45 : « L’éducation thérapeutique du sur le site : [Link]
patient est un processus continu, intégré dans les soins et centré sur le patient. Il comprend des activités
organisées de sensibilisation, d’information, d’apprentissage et d’accompagnement psycho-social concernant
la maladie, le traitement prescrit, les soins, l’hospitalisation et les autres institutions de soins concernées, et
les comportements de santé et de maladie du patient. Il vise à aider le patient et ses proches à comprendre
la maladie et le traitement, coopérer avec les soignants, vivre le plus sainement possible et maintenir ou
Réglementation
et procédures
améliorer la qualité de vie. L’éducation devrait rendre le patient capable d’acquérir et maintenir les ressources
nécessaires pour gérer de manière optimale sa vie avec la maladie. »
#2
B. CADRE
L’éducation thérapeutique du patient (ETP) est désormais inscrite dans la loi (art. L. 1161-1, L.1161-2 et
L. 1161-4 du Code de la santé publique).
Les programmes sont autorisés par les ARS, sur la base d’un cahier des charges.
L’ensemble des textes réglementaires et une foire aux questions sont disponibles sur le site du ministère en
charge de la Santé :
[Link]
[Link]
patient,[Link].
Les associations de patients ont développé des savoir-faire dans ces domaines. Leur intervention pour le
soutien et l’accompagnement des personnes doit être facilitée.
En ce qui concerne les mineurs, ces contacts doivent être établis en lien avec les professionnels de la PJJ dans
le cadre du travail éducatif engagé avec le mineur.
C. EN PRATIQUE
Les programmes d’éducation thérapeutique du patient doivent être autorisés par les ARS. Ils doivent donc
faire l’objet d’une demande d’autorisation.
Pour cela, le dossier de demande d’autorisation doit être transmis par pli recommandé avec demande d’avis
de réception au directeur général de l’ARS. Si le programme trouve à s’appliquer dans plusieurs régions,
le promoteur déposera son dossier auprès de l’agence régionale de santé de son choix, à charge pour l’agence
instruisant le dossier d’en informer les autres.
45
Glossaire de la promotion de la santé, Organisation mondiale de la santé, 1998.
196 197
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
accompagnement spécifique (entretien prénatal précoce et sept séances de préparation à la naissance)50
et d’un suivi prénatal médical obligatoire adapté au niveau du risque maternel et/ou fœtal51. Ces modalités
de prise en charge sont assurées par une équipe de gynécologie-obstétrique (médecin ou sage-femme) en
collaboration avec les médecins de l’unité sanitaire.
PRISE EN CHARGE L’entretien prénatal précoce, réalisé le plus tôt possible au cours de la grossesse, permet en particulier de
repérer certaines situations de vulnérabilité qui peuvent relever d’une orientation spécialisée dès le début de
L’accouchement doit se dérouler dans une maternité de niveau adapté aux éventuels risques diagnostiqués,
soit pour la mère, soit pour le fœtus (avec service de néonatalogie ou de réanimation néonatale, attenant
Lors de la révélation d’une grossesse pendant la détention, il convient d’accompagner la femme46 dans son à un service de réanimation adulte).
choix (poursuite de la grossesse ou recours à une interruption volontaire de grossesse). L’encadrement sécuritaire est assuré par le personnel AP conformément à la note DAP du 18 novembre 2004
Les prises en charge de la femme et de l’enfant relèvent du droit commun. relative à l’organisation des escortes pénitentiaires des personnes détenues faisant l’objet d’une consultation
L’accueil des femmes enceintes en fin de grossesse et des mères avec leur nourrisson se fait dans des médicale.
Réglementation
et procédures
établissements adaptés47. On compte 60 places de nurserie réparties dans 20 établissements en métropole,
et trois établissements avec nurserie dans les DOM48. Le suivi de la mère est assuré par l’équipe soignante de l’unité sanitaire en lien avec le service de gynécologie
#2
obstétrique.
La femme doit être accompagnée dans son choix de recourir ou non à l’allaitement54. Des séances de
ÉQUIPEMENTS IMMOBILIERS ET MOBILIERS DES ÉTABLISSEMENTS « ADAPTÉS » rééducation (pelvienne et abdominale) peuvent leur être proposées.
Une consultation postnatale est à organiser (au plus tard huit semaines après l’accouchement) avec la prise
Tous les établissements concernés doivent s’efforcer d’améliorer leurs équipements et de les rendre conformes aux en compte de la contraception post-partum.
conditions minimales d’accueil suivantes :
• eau chaude dans les cellules ;
• aménagement de la cellule pour permettre une séparation de l’espace de la mère et de celui de l’enfant (la télévision devant C. LES INTERRUPTIONS VOLONTAIRES DE GROSSESSE
se trouver hors de l’espace de l’enfant) ;
• localisation des cellules permettant l’ouverture des portes pendant la journée ; Elles sont réalisées conformément aux dispositions législatives et réglementaires de droit commun et aux
• superficie de la cellule individuelle au moins égale à 15 m2 ;
recommandations de bonnes pratiques émises par la Haute autorité de santé (HAS)55.
• existence d’une salle d’activités permettant la confection des repas ;
• accès à une cour extérieure en dehors de la présence des autres personnes détenues. Une interruption volontaire de grossesse (IVG) peut être demandée pour toute femme estimant que sa
Ces établissements doivent également disposer de l’équipement nécessaire à l’accueil d’un enfant : lit, baignoire, grossesse la place dans une situation de détresse. Dans le cas d’une personne mineure, le détenteur de
chauffe-biberon, etc. l’autorité parentale est informé sauf si la jeune femme mineure veut garder le secret56. Elle se fait alors
accompagner dans sa démarche par un adulte de son choix.
A. PRÉ-PARTUM La prise en charge sanitaire de ces enfants ne relève pas de la compétence de l’équipe soignante de l’unité
sanitaire sauf en cas d’urgence où elle peut-être amenée à intervenir dans l’attente de l’intervention sollicitée.
Le médecin de l’unité sanitaire doit veiller à ce que toute grossesse soit déclarée avant la fin de la 14e semaine L’enfant n’étant pas détenu, la mère choisit librement le médecin qui suit son enfant. Celui-ci doit bénéficier
d’aménorrhée, ou, au-delà, dès que celle-ci est constatée (Cf. fiche « Protection sociale », Partie 2 ; Cahier III). d’une autorisation d’accès à l’établissement. La mère doit pouvoir assister à la consultation.
Cette déclaration permet à la femme de bénéficier du suivi médical prévu par la loi (Cf. fiche « Protection sociale »).
Les femmes enceintes bénéficient pendant leur grossesse d’une information49 adaptée à leur situation, d’un 50
« Préparation à la naissance et à la parentalité », HAS, novembre 2005.
51
« Grossesses à risque : orientation des femmes enceintes entre les maternités en vue de l’accouchement », HAS, mai 2007.
52
« Stratégies thérapeutiques d’aide au sevrage tabagique. Efficacité, efficience et prise en charge financière », HAS, janvier 2007.
46 53
Dans cette fiche, le terme « femme » sera employé indépendamment pour une personne majeure comme une personne mineure. La durée moyenne de séjour est de 4,4 jours et pour un accouchement par voie basse de 4 jours. Enquête nationale périnatale, DGS/DREES/INSERM, 2010.
47 54
Circulaire NOR : JUSE 9940062C du 16 août 1999 relative aux conditions d’accueil des enfants laissés auprès de leur mère incarcérée. « Favoriser l’allaitement maternel : processus - évaluation », HAS, juin 2006.
48 55
DAP/EMS1, mars 2012. Recommandations 2001, actualisées en 2011.
49 56
« Comment mieux informer les femmes enceintes ? », HAS, avril 2005. Article L. 2212-7 du CSP.
198 199
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
PRISE EN CHARGE
Indépendamment de la liberté de choix par la mère du médecin de son enfant, chaque établissement
DES PERSONNES ÂGÉES
pénitentiaire concerné organise un dispositif de soins qui prévoit :
- l’intervention régulière d’un ou de plusieurs médecins de ville dont les prestations sont proposées aux mères ;
ET DES PERSONNES HANDICAPÉES
- le recours au centre 15, pour les urgences pédiatriques, qui centralise les appels et y répond de façon
adaptée ;
- l’intervention du service de protection maternelle et infantile (PMI), pour le suivi médical, dans le cadre d’une I - SITUATION ACTUELLE DE LA POPULATION PÉNALE
convention du conseil général avec l’établissement pénitentiaire ;
- l’intervention du secteur de psychiatrie infanto-juvénile au titre des missions générales des secteurs. A. VIEILLISSEMENT
Une convention entre l’établissement pénitentiaire, le SPIP, la PJJ (si la mère est mineure) et le conseil Au 1er janvier 2012, sur 64 787 personnes détenues, celles de plus de 60 ans représentaient 3,7 % soit 2 264
général ou l’établissement de santé ayant un service de psychiatrie infanto-juvénile précise les modalités de personnes.
leurs interventions. Le nombre de personnes écrouées de plus de 60 ans a été pratiquement multiplié par trois durant la décennie
Un carnet de santé est délivré pour tout enfant lors de la déclaration de naissance57. En pratique ce carnet de précédente. Il est stable en proportion depuis 2002.
Réglementation
et procédures
santé est remis à la mère à la maternité. Ce vieillissement génère de nouveaux besoins de prise en charge dans le domaine des pathologies chroniques
et peut également être associé à l’apparition progressive de déficiences et d’incapacités, avec perte
#2
Dans le contexte carcéral, une attention particulière doit être apportée au lien mère/enfant et aux conditions d’autonomie fonctionnelle59.
de la séparation58. La perte d’autonomie tend à être accélérée par l’enfermement qui prive le patient de toutes les stimulations
La coordination est assurée par la PMI, en lien avec l’unité sanitaire, le service de psychiatrie infanto-juvénile, que le monde extérieur est susceptible de lui apporter.
le SPIP, le service de l’aide sociale à l’enfance (ASE), la PJJ pour les mères mineures et le juge pour enfants
si nécessaire. B. HANDICAP
Concernant le handicap, la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la
citoyenneté des personnes handicapées définit le handicap comme : « toute limitation d’activité ou restriction
de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération
substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives
ou psychiques, d’un polyhandicap ou trouble de santé invalidant. »
Le handicap recouvre :
- le handicap physique, qui peut limiter les déplacements, l’accès aux activités et peut entraîner la nécessité
d’une prise en charge spécifique (ex. aide à la tierce personne) ;
- les handicaps sensoriels ;
- le handicap psychique, qui peut poser des difficultés relationnelles et comportementales nécessitant
également une prise en charge particulière.
Les situations de handicap sont majorées par les contraintes architecturales, le manque de stimulation et par
l’aggravation de pathologies chroniques évolutives.
57 59
Article L. 2132-1 du CSP. Sannier, O., « Évaluation des détenus âgés d’un centre pénitentiaire de l’Oise basée sur le système de mesure de l’autonomie fonctionnelle (SMAF) »,
58
« Préparation à la naissance et à la parentalité », HAS, novembre 2005. La revue de gériatrie, Tome 35, n° 9, 2010.
200 201
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
L’attribution de l’APA relève du conseil général dont dépend la personne détenue, ou le conseil général du
domicile de secours (dernière adresse connue) sauf dans le cas où la personne détenue a élu domicile auprès
de l’établissement pénitentiaire.
II - MESURES POUVANT ÊTRE MISES EN ŒUVRE L’APA sert à financer tout ou partie des prestations figurant dans le plan d’aide personnalisé de la personne âgée.
Réglementation
et procédures
C. PRÉPARATION À LA SORTIE
Les établissements pénitentiaires, en lien avec les unités sanitaires, peuvent faire appel à des organismes
#2
agréés ou des dispositifs ad hoc (Cf. Annexe Z). La prise en charge de ces personnes à leur sortie de détention (libération, aménagement ou suspension
Les personnes détenues peuvent demander l’obtention des prestations correspondantes (APA, PCH), de peines) nécessite de prévoir des structures d’accueil adaptées à leur état physique ou mental
permettant l’intervention de services agréés (Cf. Annexe R). et de les mobiliser pour les prendre en charge.
L’action sociale et médico-sociale dans le champ du handicap repose sur les principes d’égal accès de tous
aux droits fondamentaux et sur l’accès au droit commun.
La maison départementale des personnes handicapées (MDPH) est le pivot pour toute information,
accompagnement, décision (AAH, reconnaissance qualité travailleur handicapé, cartes, orientation, médiation,
suivi) concernant la personne handicapée.
Toute demande à la MDPH est faite au moyen d’un formulaire Cerfa ([Link]/IMG/pdf/ModeleA_8pages_
[Link]) accompagné d’un certificat médical de moins de trois mois.
Pour les mineurs, ces démarches requièrent l’avis du mineur et celui du détenteur de l’autorité parentale.
Le service éducatif de la PJJ assure le relais auprès de ces derniers dans cette situation.
L’APA (allocation personnalisée d’autonomie) s’adresse à toute personne âgée de 60 ans et plus, résidant en
France, qui se trouve dans l’incapacité d’assumer les conséquences du manque ou de la perte d’autonomie
liés à son état physique ou mental.
Les personnes détenues remplissant les critères d’obtention peuvent bénéficier de l’APA. Cette demande
est formulée par le SPIP en lien avec l’équipe soignante.
60
Arrêté du 4 octobre 2010 relatif à l’accessibilité des personnes handicapées dans les établissements pénitentiaires lors de leur construction.
202 203
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
A. MISE À DISPOSITION DE PRÉSERVATIFS ET DE LUBRIFIANTS À BASE D’EAU
L’administration pénitentiaire met à la disposition des personnes détenues des préservatifs et des
lubrifiants aux normes CE. En complément, ces outils peuvent également être fournis par des associations
PRÉVENTION ET RÉDUCTION ou les établissements de santé. Les préservatifs masculins, les préservatifs féminins et des lubrifiants doivent
être mis à la disposition des personnes en nombre suffisant dans l’établissement et lors des sorties.
DES RISQUES INFECTIEUX Les points d’accès doivent être choisis et diversifiés de manière à garantir une confidentialité maximale
(unités sanitaires, locaux associatifs, parloirs familiaux, unités de vie familiales…).
Le développement d’espaces de parole et d’écoute relatifs à la sexualité, en direction des personnes détenues
En milieu carcéral, les prévalences du VIH et du VHC (virus de l’hépatite C) sont significativement plus élevées et des personnels est souhaitable pour faire évoluer les comportements et les représentations et proposer
qu’en milieu libre. une réelle et nécessaire appropriation par les intéressés des enjeux et des objectifs de la prévention.
D’après l’enquête Prévacar 2010 (DGS/INVS), la prévalence du VIH est de 2 % (IC = 0,95-4,23) versus 0,35 % en
population générale. B. MISE À DISPOSITION ET DISTRIBUTION D’EAU DE JAVEL
Pour le VHC, la prévalence est de 4,8 % (IC : 3,53-6,50) versus 0,84 % (IC = 0,65-1,10) en population générale.
70 % des contaminations par le VHC sont liées à l’usage de drogues. L’emploi de l’eau de Javel pour la désinfection des objets en contact avec le sang peut, dans le strict respect
du protocole d’utilisation, réduire les risques de transmission des infections bactériennes et virales, mais ne
Réglementation
et procédures
Chez les personnes en traitement de substitution par les opiacés (TSO), les prévalences virales sont les élimine pas63.
particulièrement élevées, tant pour le VIH : 3,6 % (IC = 1,1-11,8) que pour le VHC : 26,3 % (IC = 16,8-38,7). L’eau de Javel à 12° est délivrée gratuitement par l’administration pénitentiaire à tous les arrivants.
#2
Sa distribution est renouvelée en cellule tous les quinze jours. Elle est également cantinable.
Les risques de transmission existent pendant l’incarcération du fait de différentes pratiques ou activités : Les services sanitaires peuvent sensibiliser les personnels pénitentiaires et de la PJJ au protocole qui
pratiques sexuelles ou de consommation, modifications corporelles, coiffure. accompagne sa conservation et son utilisation.
L’eau de Javel doit être remise dans un flacon de 20 cl de plastique opaque sous titrage de 12°. Elle est
Au regard des constats récents61, les mesures de prévention et de réduction des risques ne sont pas optimisées distribuée aux personnes détenues pour l’hygiène de leur cellule mais a vocation à être aussi utilisée pour
et sont à améliorer, qu’il s’agisse de transmission par voie sexuelle ou par voie sanguine. désinfecter tout matériel d’usage courant en contact avec le sang.
Le message de prévention accolé au flacon stipule : « Ce produit peut-être utilisé pour désinfecter tout objet
ayant pu être en contact avec du sang (ciseaux, rasoirs, aiguilles). Pour que la désinfection soit efficace contre
I - OUTILS DE RÉDUCTION DES RISQUES les risques de transmission des virus du sida et des hépatites, renseignez-vous auprès des services médicaux
sur le mode d’emploi à respecter. »
La circulaire DGS/DH n° 96/239 du 3 avril 1996 et les recommandations du rapport de la mission santé-
justice62 (2000) sur la réduction des risques de transmission du VIH et des hépatites virales en milieu carcéral Information des personnes détenues
sont toujours en vigueur. La personne détenue devra être informée des consignes suivantes afin de pouvoir veiller :
- au respect de la durée d’ouverture du flacon qui doit être inférieure à trois semaines en cas d’utilisation pour
Ces recommandations intègrent différents outils de réduction des risques. décontaminer du matériel souillé ;
- à la conservation du flacon à l’abri de la lumière (flacon opaque) ;
L’éducation pour la santé et l’éducation thérapeutique du patient, les traitements de substitution aux opiacés - à l’interdiction de diluer ou de mélanger l’eau de Javel avec un produit acide ou ammoniaqué.
et la vaccination contre le VHB sont abordés dans les fiches ad hoc. L’administration, les personnels pénitentiaires et de la PJJ devront aider les personnes détenues à maîtriser
Ces recommandations n’intègrent pas à ce jour la mise à disposition de matériel stérile pour le piercing, les règles de base de l’utilisation de l’eau de Javel à des fins de désinfection.
le tatouage et la consommation de drogues (notamment seringues, eau stérile, filtres, pailles).
L’unité sanitaire coordinatrice des actions de prévention et d’éducation pour la santé doit s’assurer de la
compréhension des brochures et des affiches explicatives concernant l’utilisation de l’eau de Javel et accompagner
par des actions et des messages de prévention le protocole de désinfection du matériel souillé par le sang.
61
ANRS Pride, MICHEL L, JAUFFRET-ROUSTIDE, M, BLANCHE J, et al. « Limited access to HIV prevention in French prisons » (ANRS-PRIDE) : « Implications
for public health and drug policy », BMC Public Health, vol. 11, n° 400, p. 29, 2011
62
Stankoff S. et Dhérot J., Rapport de la mission santé-justice sur la réduction des risques de transmission du VIH et des hépatites virales en milieu carcéral,
Direction générale de la santé, Direction de l’administration pénitentiaire, décembre 2000.
63
[Link]/rapports-publics/014000683/[Link] - 66k. « Réduction des risques infectieux chez les usagers de drogues », Expertise collective de l’Inserm, 2010.
204 205
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
C. PROTOCOLE DE COIFFURE
Réglementation
et procédures
Pour le matériel d’injection : (Cf. encadré ci-dessous) piercings).
#2
Il convient de dispenser par le personnel de santé aux personnes détenues des informations relatives aux
PROTOCOLE DE DÉSINFECTION DES SERINGUES USAGÉES risques infectieux et complications liés à la pratique du tatouage et du piercing.
Lorsque la seringue est conservée après utilisation : La détention d’une machine à tatouer ou d’un piercing est prohibée66.
• laver abondamment la seringue avec de l’eau courante dès que possible après l’injection afin de la débarrasser des traces
de sang ;
• remplir et vider complètement deux fois la seringue. E. LES ACCIDENTS D’EXPOSITION AU RISQUE VIRAL ET LES PROPHYLAXIES
POSTEXPOSITION
Avant chaque utilisation de seringue usagée :
• laver abondamment la seringue avec de l’eau courante. Remplir et vider complètement deux fois la seringue ; a. Procédure à mettre en place
• remplir complètement la seringue d’eau de Javel, laisser agir au moins 30 secondes, vider la seringue et recommencer
l’opération au moins une seconde fois, afin d’avoir un temps de contact avec l’eau de Javel d’au moins une minute ;
utiliser de l’eau de Javel à 12° ; En pratique, il est indispensable que le médecin de l’unité sanitaire organise en lien avec le COREVIH, la
• rincer complètement la seringue avec de l’eau courante au moins deux fois. prise en charge des accidents d’exposition à un risque viral (ARV) pour les personnes détenues, en prenant
notamment les dispositions pour répondre aux questions suivantes :
L’usage de seringue non prescrit par le personnel médical est interdit en détention.
- quel kit de traitement ARV des accidents d’exposition au VIH est disponible dans les UCSA ?
- quelle procédure est prévue pour la prévention des hépatites virales B et C (proposition éventuelle de séro-
vaccination contre l’hépatite B) ?
- quelle est la structure qui prendra en charge les accidentés en dehors des heures ouvrables ?
- quelle est la personne ressource extérieure avec qui l’unité sanitaire prendra contact si nécessaire ?
Les accidents d’exposition au risque viral doivent être pris en charge le plus rapidement possible. Ils peuvent
concerner les personnes détenues voire les personnels.
Les recommandations de prise en charge se basent sur la circulaire DGS/RI2/DGOS/DGT/DSS,
du 13 mars 2008 et le rapport d’experts dirigé par le Pr. Yéni67.
64
Ce protocole est décrit en détail dans deux notes de la DAP du 5 novembre 1997 et de la DGS du 21 novembre 1997 disponibles aux adresses suivantes :
66
[Link] Article D. 318 du Code de procédure pénale.
67
[Link] [Link]
65
Cf. annexe 5 de la note DAP. Patrick_Yeni.pdf
206 207
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
Si la personne détenue était suivie dans un CAARUD avant son incarcération, il est possible et souhaitable de
maintenir ce suivi au cours de la détention. Afin de favoriser la continuité de la prise en charge des personnes,
une attention particulière doit être portée par l’unité sanitaire à l’orientation des personnes détenues vers un
CAARUD lorsque cela est nécessaire à la fin de l’incarcération.
En dehors des heures d’ouverture des unités sanitaires, c’est le dispositif ad hoc qui s’applique impliquant
notamment le recours systématique au centre 15 qui assure ensuite la régulation médicale et la réponse
médicale appropriée.
L’exposition au risque viral (par voie sanguine ou sexuelle), pour les personnes détenues, est généralement
associée à des pratiques interdites en détention et exige, de ce fait, confidentialité et neutralité. Les personnels
pénitentiaires étant les premiers interlocuteurs des personnes détenues dans ce dispositif, il importe qu’ils
soient sensibilisés à cette problématique.
Dans certaines circonstances (rapports sexuels non consentis, conflit, plainte, etc.), le médecin de l’unité
sanitaire peut demander si la personne accidentée souhaite un transfert dans un autre établissement.
Ces situations, très difficiles à vivre pour la personne, nécessitent un soutien psychologique qui doit être
systématiquement proposé.
Réglementation
et procédures
Les accidents survenus chez le personnel pénitentiaire sont pris en charge dans le cadre des accidents
#2
de service.
Créés par le décret n° 2005-1606 du 19 décembre 2005, les centres d’accueil et d’accompagnement
à la réduction des risques pour usagers de drogues (CAARUD) s’adressent aux personnes exposées à des
risques du fait de leur consommation de substances psychoactives.
Les CAARUD prennent souvent en charge les usagers les plus précarisés et présentant le risque de séro-
conversion le plus élevé. Ils peuvent intervenir en milieu pénitentiaire pour :
- développer des actions de réduction des risques ;
- aider les consommateurs à accéder aux soins (notamment à la substitution aux opiacés) et au dépistage des
infections virales.
208 209
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
En application des textes législatifs et réglementaires, l’établissement de santé ayant en charge le dispositif
de soins somatiques a la responsabilité de la coordination de ces actions et de l’élaboration du programme
annuel ou pluriannuel. Celui-ci est élaboré en lien avec l’établissement de santé en charge du dispositif
de soins psychiatriques (si celui-ci diffère), l’établissement pénitentiaire et le SPIP. Pour mener à bien
ÉDUCATION ET PROMOTION ces actions, un comité de pilotage est mis en place.
PÉNITENTIAIRE - donner aux personnes détenues les moyens de faire des choix favorables à leur santé au travers de la
transmission d’informations et de l’acquisition de compétences. Cela concerne le mode de vie, les
comportements et les facteurs de risque mais aussi l’environnement des personnes et la capacité à recourir
aux ressources existantes dans le domaine de la prévention et de la santé, du social, de l’éducation, etc. ;
La promotion de la santé est définie comme « le processus qui confère aux populations les moyens - assurer l’adéquation des actions de promotion et d’éducation pour la santé à la population carcérale présente
d’assurer un plus grand contrôle sur leur propre santé, et d’améliorer celle-ci » dans la charte d’Ottawa, dans l’établissement pénitentiaire, à ses besoins en la matière ainsi qu’aux politiques de santé publiques
texte fondateur publié par l’OMS en 198668. Ceci, au travers de l’élaboration de politiques pour la santé, de la nationales et régionales ;
création d’environnements favorables à la santé, du renforcement de l’action communautaire, de l’acquisition - intégrer les actions de promotion de la santé et d’éducation pour la santé dans un plan cohérent et coordonné ;
Réglementation
et procédures
d’aptitudes individuelles et de la réorientation des services de santé. - coordonner les actions notamment au regard de la multiplicité des intervenants et des financeurs.
#2
L’éducation pour la santé s’inscrit dans le champ de la promotion de la santé. Il s’agit non seulement de
transmettre des connaissances mais aussi de permettre leur appropriation ainsi que l’acquisition, par les III - ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT
personnes, des compétences nécessaires à la réalisation de choix qui concourent à maintenir ou améliorer
leur santé. L’éducation pour la santé est basée sur la participation des personnes et s’appuie sur leurs A. LE COMITÉ DE PILOTAGE
demandes et leurs représentations69.
a. Missions
L’éducation pour la santé et la promotion de la santé prennent en compte l’environnement physique, social,
culturel des personnes et font appel à des techniques pédagogiques. Elles sont basées sur une approche Le comité de pilotage a pour mission d’élaborer, ou de valider, le programme annuel ou pluri-annuel
pluridisciplinaire et intersectorielle et ne se limitent pas aux professionnels de la santé. d’éducation pour la santé. Pour cela, il :
- définit des priorités dans l’établissement notamment au regard des besoins des personnes détenues dans
l’établissement et des politiques de santé régionales et nationales ;
I - CONTEXTE - valide les propositions d’actions et le choix des intervenants ;
- échange l’information sur les actions menées et/ou financées ;
L’éducation pour la santé est inscrite réglementairement dans les missions des unités de consultations - suit la mise en œuvre et la cohérence des actions ;
et de soins ambulatoires (UCSA) depuis leur création en 1994. - analyse les évaluations des actions mises en œuvre et propose des adaptations ou changements nécessaires,
le cas échéant.
La démarche de promotion de la santé et d’éducation pour la santé s’intègre dans une approche « globale »
qui inclut l’environnement des personnes détenues, les conditions de vie dans l’établissement pénitentiaire et Il se réunit au minimum une fois par an.
associe l’ensemble des intervenants (approche globale de la prison, « whole prison approach » de l’OMS70), en
cohérence avec les principes de la charte d’Ottawa. Elle prend en compte les besoins de santé y compris ceux b. Composition
relatifs aux conditions de vie (déterminants de santé). Ces derniers aspects sont traités en commission santé
de l’établissement pénitentiaire. Il est présidé par le directeur d’établissement de santé ou son représentant (article R. 6112-20 du Code de la santé
publique). Le médecin coordonnateur de l’unité sanitaire et/ou le cadre de santé coordonne le comité de pilotage.
210 211
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
IV - ACTIONS D’ÉDUCATION POUR LA SANTÉ
Il s’agit, en règle générale, d’actions collectives s’adressant à des petits groupes de personnes.
- directeur du/des établissement(s) de santé en charge de l’unité sanitaire ; A. CONTENU DES ACTIONS
- personnels des services pénitentiaires ;
- chef de l’établissement pénitentiaire ; - actions ponctuelles telles que l’organisation d’événements à l’occasion de journées nationales ou
- personnels du SPIP ; mondiales (VIH, tuberculose, tabac), semaine internationale de la santé mentale, semaine de la vaccination,
- représentants de la PJJ dans les établissements accueillant des mineurs ; par exemple ;
- autres partenaires jugés utiles en fonction des situations locales (personnels de l’Éducation nationale, - groupes de parole, d’ateliers d’expression se réunissant sur plusieurs sessions ou ponctuellement ;
CSAPA, IREPS/CODES, CLAT, CDAG71, associations, etc.). - séances d’information suivies d’échanges ;
- construction de supports d’information donnant l’occasion d’un échange.
L’ARS et la DISP peuvent être invitées.
Les actions sont adaptées au public auquel elles s’adressent (âge, sexe, maîtrise de la langue).
B. PROGRAMME D’ÉDUCATION POUR LA SANTÉ
B. INFORMATION SUR LES ACTIONS DU PROGRAMME
Le programme d’éducation pour la santé est l’ensemble des actions identifiées et retenues après évaluation
Réglementation
et procédures
des besoins. Son objectif est de toucher un public large, certaines actions pouvant néanmoins cibler des Auprès des personnes détenues :
besoins spécifiques. - au travers de supports de communication (livret d’accueil, affiches, dépliants, canaux vidéos internes) ;
#2
- et/ou lors des consultations.
Il s’inscrit dans les plans régionaux de santé (PRS) élaborés par les ARS, dont les schémas régionaux de Auprès de l’ensemble des personnels et intervenants en milieu pénitentiaire du déroulement de l’action.
prévention (SRP)72 font partie, et prend en compte les plans et programmes nationaux de santé publique (dont
certains mentionnent explicitement le milieu pénitentiaire). C. CHOIX DES INTERVENANTS
Il est adressé par la direction de l’établissement de santé à l’ARS. Celle-ci, sous réserve de la validation du Ils peuvent être internes (personnels de soins de l’unité sanitaire, SPIP) mais également externes. Il revient
programme, peut attribuer des financements. dans ce cas au comité de pilotage de valider ces choix.
Elle tient compte des objectifs fixés. Différents paramètres peuvent être analysés : adéquation aux besoins,
ÉVALUATION DES BESOINS adhésion des participants, analyse de l’impact de l’action, évaluation des partenariats…
Elle se fait à partir de plusieurs types de données, en particulier : Des enquêtes peuvent être conduites auprès des personnes détenues, afin d’évaluer leur satisfaction
• données d’ordre épidémiologique sur l’état de santé des personnes détenues dans l’établissement ou régional ; et l’acquisition des connaissances mais également auprès des intervenants.
• demande exprimée par les personnes détenues (expression spontanée au personnel soignant ou à tout intervenant
dans l’établissement pénitentiaire, questionnaires, focus groupes, groupes de paroles, etc.) ;
• interrogation des acteurs soignants et non soignants (SPIP, éducateurs, intervenants associatifs, etc.).
V. PRINCIPAUX INTERVENANTS
Cette démarche et les résultats seront présentés dans le cadre du comité de pilotage.
A. PROFESSIONNELS DE SANTÉ DONT LA MISSION INTÈGRE LA PRÉVENTION
ET L’ÉDUCATION POUR LA SANTÉ
L’établissement de santé a par ailleurs toute latitude pour engager ou impulser des actions complémentaires
et/ou novatrices en collaboration avec les partenaires de son choix, leur accès à l’intérieur de l’établissement - de l’unité sanitaire (DSS, DSP). Leurs missions intégrant la coordination de ces actions ;
pénitentiaire nécessitant l’accord des services pénitentiaires. - des centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) dont la mission allie accueil,
information, réduction des risques et prise en charge sociale et éducative. Ils interviennent fréquemment en
milieu pénitentiaire (instruction DSG/MC2/DGOS/R4/2010/390 du 17 novembre 2010 relative à l’organisation
71
CSAPA : centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie, IREPS/CODES : instances régionales d’éducation pour la santé/comi- de la prise en charge des addictions en détention).
tés départementaux d’éducation pour la santé, CLAT : centre de lutte antituberculeuse, CIDDIST : centre d’information de dépistage et de diagnostic
des infections sexuellement transmissibles, CDAG : centre de dépistage anonyme et gratuit VIH et hépatites.
72
Articles L. 1434-5 et L. 1434-6 du Code de la santé publique, voir références.
212 213
#2 CAHIER IV PRISES EN CHARGE SPÉCIFIQUES ET PRÉVENTION
Les actions de promotion et d’éducation pour la santé sont financées par des crédits du Fonds d’intervention
régional des agences régionales de santé (décret du 27/02/2012, délégués aux ARS et attribués après une
procédure d’appel à projets aux candidats retenus, hospitaliers ou non), ou sous forme de subventions directes.
Réglementation
et procédures
œuvrant dans le domaine de l’éducation ou du soutien aux personnes détenues et à leurs proches. Ces L’ARS informe des appels à projets les directions des établissements de santé concernés ainsi que la DISP.
associations peuvent intervenir dans le cadre de conventions cadres nationales ou locales ou, en l’absence Les directions des établissements de santé négocient avec l’ARS le financement des actions du programme
#2
de convention, avec l’autorisation d’accès de la direction de l’établissement pénitentiaire ; (celui-ci ayant été validé préalablement).
- des intervenants non associatifs : praticiens libéraux, troupes de théâtre… Le COPIL est informé des crédits attribués à certaines actions (ces crédits sont fléchés).
VI. FINANCEMENT
PROGRAMME
A. MODALITÉS DE FINANCEMENT ÉLABORÉ
OPÉRATEUR OPÉRATEUR OPÉRATEUR
PAR LE COPIL
L’éducation pour la santé est inscrite réglementairement dans les missions des unités sanitaires. À ce
Y X Z
titre, elles coordonnent, pilotent et participent à l’élaboration du programme d’actions avec l’ensemble des
partenaires. De manière régulière, elles réalisent également elles-mêmes des actions (source : état des lieux
Inpes, 2012).
UNITÉ
Crédits de santé publique au travers d’appels à projets ou de conventions
SANITAIRE Crédits justice (cofinancements le plus souvent)
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[Link] COPIL Programme présenté pour validation et demande de financement
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#3
DOCUMENTS
CADRES
- Modèle de protocole cadre
- Annexes au protocole
- Modèle de convention entre l’établissement de santé
assurant les soins somatiques et celui assurant
les soins psychiatriques
- Modèle de convention relative à la protection sociale
- Repères utiles pour la prise en charge de la santé
des personnes mineures détenues
Documents
cadres
#3
MODÈLE DE PROTOCOLE CADRE
En référence à l’article R. 6112-19, le ou les établissements publics de santé dispensent en milieu pénitentiaire
et, le cas échéant, en milieu hospitalier des soins aux personnes détenues dont l’état ne nécessite pas une
ENTRE L’ÉTABLISSEMENT PÉNITENTIAIRE ET LE OU LES ÉTABLISSEMENTS DE SANTÉ hospitalisation.
CHARGÉS DE LA PRISE EN CHARGE SANITAIRE DES PERSONNES DÉTENUES Il(s) effectue(nt) ou fait(font) effectuer les examens, notamment radiologiques ou de laboratoire nécessaires au
diagnostic.
Il(s) pourvoit(ent) à l’équipement médical et non médical des locaux spécialisés de l’établissement pénitentiaire
Le directeur général de l’agence régionale de santé .............................................................................................................. destinés aux consultations, aux soins et aux examens, et en assure la maintenance.
Le ou les directeurs du ou des établissements de santé ....................................................................................................... L’établissement de santé chargé des soins somatiques assure la fourniture et le transport des produits
Le directeur interrégional des services pénitentiaires ........................................................................................................... et petits matériels à usage médical ainsi que des médicaments et des produits pharmaceutiques qui sont
Le chef de l’établissement pénitentiaire ..................................................................................................................................... placés sous la responsabilité du pharmacien gérant la pharmacie à usage intérieur conformément au
deuxième alinéa de l’article L. 5126-9. Il assure l’élimination des déchets hospitaliers.
Article 1er L’annexe II du présent protocole prévoit les modalités d’organisation de ces transports.
Le ou les établissements de santé assurent les missions sanitaires prévues par les articles R. 6112-14 Article 4
et suivants du CSP.
Lorsque l’établissement public de santé ne comporte pas de service de psychiatrie le DG de l’ARS désigne En référence à l’article R. 6112-20, l’établissement public de santé chargé des soins somatiques coordonne
l’établissement public de santé ou l’établissement de santé privé admis à assurer cette mission (L. 6112-1 les actions de prévention et d’éducation pour la santé. À ce titre, en lien avec l’établissement pénitentiaire,
du CSP). il veille à ce que les conditions soient réunies, au sein de l’établissement pénitentiaire, pour assurer les
Les modalités d’intervention du ou des établissements de santé sont fixées par un protocole. missions relevant des actions de santé recentralisées (loi n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés
et responsabilités locales). Il coordonne ces actions avec les services correspondant, habilités par l’ARS ou
Lorsque l’établissement de santé assurant les soins psychiatriques diffère de celui assurant les soins conventionnés avec l’État (lorsque le conseil général continue d’exercer cette activité).
somatiques, une convention précise les modalités de leur coordination et des missions et moyens devant être Ainsi les modalités d’intervention d’une consultation de dépistage anonyme et gratuit du virus de
mutualisés. l’immunodéficience humaine (CDAG) sont fixées par convention entre l’établissement de santé et la structure
Pour les établissements de santé ayant une autorisation de prise en charge en hospitalisation de jour sanitaire, notamment lorsque celle-ci est gérée par un conseil général.
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cadres
psychiatrique, sont précisées les modalités de mise en œuvre de celle-ci. De même une convention prévoyant les modalités d’intervention des centres de lutte antituberculeuse (CLAT),
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notamment les actions de dépistage pour les personnes venant de l’état de liberté est signée à cet effet dans
Article 2 les mêmes conditions que précédemment.
En référence à l’article R. 6112-14 du CSP, le ou les établissements de santé sont chargés de dispenser au Article 5
sein de l’établissement pénitentiaire les soins somatiques et psychiatriques aux personnes détenues. Dans
ce cadre, il lui ou leur reviennent d’assurer l’ensemble des prestations ambulatoires, voire hospitalières En référence à l’instruction du 17 novembre 2010 relative à l’organisation de la prise en charge des addictions en
relevant de la médecine générale et de la psychiatrie, les soins dentaires, des consultations spécialisées, de détention, la personne désignée en charge de la fonction du pilotage de l’organisation correspondante élabore
participer à l’accueil et au traitement des urgences et de concourir aux actions de prévention et d’éducation un « protocole organisationnel » ad hoc dont les principaux attendus sont précisés dans l’annexe III du présent
pour la santé. protocole.
Les consultations spécialisées qui ne peuvent être organisées en milieu pénitentiaire sont assurées au sein
de l’établissement de santé. En cas d’impossibilité, celui-ci prend toutes dispositions pour que celles-ci soient Article 6
réalisées dans un autre établissement de santé.
Les interventions mentionnées aux articles 3, 4 et 5 sont assurées par une équipe hospitalière (somatique
L’établissement pénitentiaire prend toutes mesures utiles pour assurer la sécurité des personnes et des biens à et psychiatrique) placée sous la coordination d’un praticien. L’activité de ses membres s’exerce dans le cadre
l’occasion de ces consultations conformément aux dispositions de l’article D. 373 du Code de procédure pénale. des règles professionnelles qui leur sont applicables.
Le ou les établissements de santé mettent en place une unité sanitaire dont les modalités d’organisation Les membres de l’équipe hospitalière (somatique et psychiatrique) intervenant en milieu pénitentiaire sont
et de fonctionnement, définies en accord avec le chef de l’établissement pénitentiaire, sont décrites en annexe I soumis à une procédure d’habilitation conformément à l’article D. 386 du CPP.
du présent protocole. Les personnels hospitaliers sont informés des règles de fonctionnement en vigueur dans l’établissement
auxquelles ils doivent se conformer.
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#3 MODÈLE DE PROTOCOLE CADRE
Article 8
Article 7 bis En référence à l’article R. 6112-22 du CSP, la construction, l’aménagement, la sécurité et l’entretien
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des locaux spécialisés de l’établissement pénitentiaire mentionné au 2° de l’article R. 6112-19 sont pris
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Les modalités de mise en place et de fonctionnement des activités de soins psychiatriques de niveau 1 en charge par l’État (justice). L’établissement pénitentiaire s’engage à ce que les locaux destinés à recevoir
intégrant des activités de consultations, d’entretiens mais également des activités thérapeutiques de groupe l’unité de consultations et de soins ambulatoires soient mis en conformité avec les missions de l’établissement
sont précisées en annexe V bis du présent protocole. de santé selon les modalités et le calendrier indiqués en annexe VIII du présent protocole.
Les modalités de l’entretien des locaux de l’unité sanitaire sont définies en annexe VIII bis du présent protocole.
Article 7 ter
Article 12
Pour les établissements de santé ayant une autorisation de prise en charge en hospitalisation de jour
psychiatrique au sein de l’établissement pénitentiaire, les modalités de mise en œuvre de celle-ci précisant En référence à l’article R. 6112-19 du CSP, l’établissement de santé pourvoit à l’équipement médical
le nombre de places de jour, le nombre de cellules d’hébergement dédiées affectées, les conditions de et non médical des locaux spécialisés de l’établissement pénitentiaire destinés aux consultations, aux soins
fonctionnement et les responsabilités des équipes soignantes et pénitentiaires sont fixées en annexe V ter du et aux examens, et en assure la maintenance.
présent protocole. À ce titre, ces locaux spécialisés dévolus à l’activité de soins sont dotés des mêmes fonctionnalités
logistiques, techniques et informatiques que les services hospitaliers du ou des établissements de santé
Article 7 quater de rattachement, notamment pour les équipements biomédicaux et les systèmes d’information.
Concernant les systèmes d’information, le ou les établissements de santé doivent se conformer au protocole
22 établissements pénitentiaires sont spécialisés dans la prise en charge d’auteurs d’infractions à caractère spécifique signé par les directeurs de la DAP et de la DGOS en mai 2009.
sexuel (AICS). Un protocole santé-justice signé le 16 décembre 2011 fixe les modalités d’intervention des Les équipements nécessaires sont listés en annexe IX du présent protocole.
unités sanitaires et des personnels pénitentiaires.
Ces modalités sont précisées en annexe V quater du présent protocole.
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#3 MODÈLE DE PROTOCOLE CADRE
Article 14
Le ou les établissements de santé établissent un rapport annuel d’activité incluant un bilan des activités
recensées (somatiques et psychiatriques), un bilan de l’activité pharmaceutique, un bilan de la prise en charge
Article 13 des addictions et une présentation des actions de prévention et d’éducation pour la santé réalisées. Ce rapport
identifie les activités de soins somatiques et psychiatriques.
En référence à l’article L. 381-30-5 II du CSS, l’État (justice/administration pénitentiaire) verse à Il est transmis aux signataires du protocole, aux membres du comité de coordination au moins 15 jours avant
l’établissement de santé la part des dépenses de soins non prises en charge par l’assurance maladie la tenue de la réunion ainsi qu’au conseil d’évaluation de l’établissement pénitentiaire.
dans la limite des tarifs servant de base au calcul des prestations.
Pour le remboursement de la part des dépenses de soins assurés en milieu pénitentiaire restant à Article 15
la charge de l’administration pénitentiaire, le ou les établissements de santé adressent au fil de l’eau
une facturation établie sur des états nominatifs incluant un relevé des actes, leur valorisation, le taux Conformément aux articles D. 90 et suivants et D. 514 du CPP, le chef d’établissement pénitentiaire met en
de prise en charge et le montant des frais restant à la charge de l’administration pénitentiaire. place une commission pluridisciplinaire unique (CPU) et la réunion hebdomadaire pluridisciplinaire relative
Cette règle constituant un objectif cible, celle-ci peut être adaptée, les titres de recettes individuels aux mineurs incarcérés.
pouvant être globalisés mensuellement ou trimestriellement. Celle-ci est précisée dans l’annexe X Les personnels soignants, selon l’ordre du jour, sont amenés à y participer. Les conditions de ces participations
relative à cet article. sont précisées dans les textes correspondants.
L’annexe XI du présent protocole précise les modalités de fonctionnement de la CPU (périodicité), de la réunion
L’établissement de santé en charge des prestations pharmaceutiques, des dispositifs individuels hebdomadaire pluridisciplinaire et des commissions auxquelles le personnel soignant est convié.
et des prothèses, adresse un relevé global mensuel des sommes dues par l’administration pénitentiaire.
Article 16
Les patients relevant d’une affection de longue durée sont identifiés sans mention de la nature de
celle-ci. Pour application de 10° de l’article R. 6112-23 du Code de la santé publique est constitué un comité de
Le paiement par l’administration pénitentiaire des sommes dues à l’établissement de santé doit coordination. La composition et les modalités de fonctionnement de ce comité sont précisées en annexe XII
intervenir dans les deux mois suivant la date de l’émission du titre de recettes par l’EPS. Cette règle du présent protocole.
constitue un objectif cible pouvant être adaptée selon les modalités définies au niveau local.
Article 17
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Article 13 bis
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Le présent protocole est applicable à compter du ……..
En référence à l’article R. 6112-22 du CSP, sont prises en charge : Il est conclu pour une période de trois ans et, le cas échéant, réactualisé par avenant.
- Sur des crédits État (santé crédits alloués aux ARS) Les annexes sont actualisées en tant que de besoin après accord de l’ensemble des signataires et sont revues
Les dépenses afférentes aux actions de prévention et d’éducation pour la santé mentionnées au 1° systématiquement tous les trois ans.
de l’article L. 381-30-6 du Code de la Sécurité sociale.
- Sur des crédits État (justice/administration pénitentiaire)
- les frais de transport à l’établissement pénitentiaire des praticiens et agents hospitaliers qui
ne sont pas affectés exclusivement dans cet établissement. Lorsque ces praticiens et agents Fait à, le
perçoivent des indemnités de déplacement, celles-ci sont remboursées à l’établissement de
santé sur la base des dispositions relatives au remboursement des frais de voyage et de séjour
applicables aux fonctionnaires de l’État ;
- les frais de transport des produits et petits matériels à usage médical et des produits Le directeur général de l’agence régionale Le directeur interrégional des
pharmaceutiques ; services pénitentiaires
- les dépenses relatives aux moyens humains assurant l’hygiène des locaux.
Le mandatement par l’administration pénitentiaire des sommes ainsi définies ainsi que des frais de Le ou les directeurs du ou des établissements de santé
transport mentionnés doit intervenir au plus tard dans le mois suivant l’émission du titre de recettes.
L’annexe X précise les prises en charge médicales et frais de transports donnant lieu à remboursement Le chef de l’établissement pénitentiaire
par l’administration pénitentiaire et les modalités de facturation et de paiement de celles-ci.
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ANNEXES AU PROTOCOLE
Sont précisés :
- les délais à respecter ;
Annexe I (article 2 du protocole) : Organisation et fonctionnement de l’unité de soins - les conditions de ces consultations (au sein de l’unité de soins, en cellule).
Sont précisés : Annexe V bis (article 7 bis du protocole) : Organisation des activités thérapeutiques de groupe
- les horaires d’ouverture de l’unité de soins ;
- les horaires de présence des personnels infirmiers ; Sont précisées les modalités d’organisation intégrant :
- les horaires de consultations des médecins généralistes et des chirurgiens-dentistes ; - le projet d’activités de soins ;
- les horaires de présence des psychiatres ; - un calendrier prévisionnel de montée en charge du dispositif sanitaire ;
- les modalités d’organisation des consultations spécialisées (périodicité) et leur nature ; - l’organisation matérielle de la prise en charge (quels locaux, planning d’utilisation) ;
- les horaires de présence des surveillants pénitentiaires ; - les accompagnements par des surveillants pénitentiaires en tant que de besoin.
- le nombre maximum de patients attendus par créneau horaire ;
- les moyens mis en œuvre par l’administration pénitentiaire pour assurer une gestion optimum des Annexe V ter (article 7 ter du protocole) : Hospitalisation de jour psychiatrique
consultations (règles de non-cohabitation ou de non-croisement des différentes populations de personnes
détenues, surbooking, etc.) ; Sont précisés :
- les modalités d’organisation des prescriptions et dispensation des produits pharmaceutiques ; - le nombre de places d’HJ autorisées ;
- les modalités de distribution des produits pharmaceutiques (horaires) et modalités d’accompagnement par - le nombre de cellules d’hébergement dédiées ;
un personnel de surveillance et la périodicité du passage des pharmaciens. - les conditions d’admission ;
- les horaires de prise en charge sanitaire ;
Annexe II (article 3 du protocole) : Relations « logistiques » et modalités de toutes les livraisons de - le nombre de surveillants pénitentiaires affectés à cette unité ;
l’établissement de santé sur le site pénitentiaire (stérilisation, pharmacie, prélèvements biologiques, - les conditions de fonctionnement de cet HJ (organisation des activités, ouverture des cellules, accès de
linge, petits matériels, équipements, fournitures diverses, courrier…) soignants, etc.).
Sont précisés : Annexe V quater (article 7 quater du protocole) : Prise en charge des AICS
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- le planning des livraisons (jours, horaires) ;
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- les modalités de contrôle, d’enlèvement et de dépose ; Sont précisées les modalités d’organisation intégrant :
- les modalités d’enlèvement des déchets ménagers et des DASRI générées par l’activité hospitalière. - le projet d’organisation des soins ;
- un calendrier prévisionnel de montée en charge du dispositif sanitaire de spécialisation ;
Annexe III (article 5 du protocole) : Modalités de prise en charge des addictions - l’organisation matérielle de la prise en charge ;
- les éventuels accompagnements par des surveillants nécessaires.
Sont précisés :
- les modalités de coordination entre les professionnels impliqués (somaticiens, psychiatres, addictologues, Annexe VI (article 8 du protocole) : Sécurité du personnel
SPIP, PJJ…) ;
- le nom et le statut du CSAPA référent désigné et son rôle ; Sont précisés :
- les modalités de réalisation du bilan addictologique pour chaque entrant. - le nombre de surveillants pénitentiaires affectés à l’ordre et la sécurité des unités de soins ;
- leurs horaires de présence ;
Annexe IV (article 6 du protocole) : Composition de l’équipe soignante en nombre d’ETP budgétés - le nombre d’API mises à disposition des personnels de santé présents dans l’unité de soins ;
- les modalités de sécurisation des locaux (alarme coup de poing, portique…) ;
Sont listés : - les modalités d’information et de formation des personnels santé par la direction de l’établissement
- les effectifs médicaux ; pénitentiaire aux divers systèmes de sécurité intégrant la sécurité incendie.
- les effectifs non médicaux.
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#3 ANNEXES AU PROTOCOLE
Annexe XII (article 16 du protocole) : Comité de coordination
À préciser : locaux conformes ou non (référence : Guide santé-justice de programmation pour la construction
de nouveaux établissements pénitentiaires).
Si les locaux sont non conformes, il est utile de joindre un état du projet envisagé, lorsque des travaux s’avèrent
nécessaires indiquant :
- description de l’opération et plan de l’état futur ;
- liste des locaux et des surfaces correspondantes ;
- coût de l’opération ;
- calendrier de réalisation de l’opération.
Annexe VIII bis (article 11 du protocole) : Entretien des locaux de l’unité de soins
Préciser les modalités d’entretien de ces locaux selon le Cahier III (fiche « Modalités financières »).
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Annexe IX (article 12 du protocole) : Les équipements
Annexe X (article 13 et 13 bis du protocole) : Modalités de facturation des sommes dues par l’AP
Sont précisées par nature de prestations les modalités de facturation des sommes dues par l’AP.
Sont précisées :
- la périodicité des réunions ;
- les commissions requérant la présence de personnel soignant.
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MODÈLE DE CONVENTION ENTRE
L’ÉTABLISSEMENT DE SANTÉ ASSURANT
LES SOINS SOMATIQUES ET CELUI ASSURANT
LES SOINS PSYCHIATRIQUES
Les deux établissements de santé définissent les informations devant être échangées entre eux et organisent
l’interopérabilité de leur système d’information.
Le directeur général de l’agence régionale de santé………………….………………… L’annexe III liste ces informations, leur nature, l’objectif de ce partage, le suivi et l’évaluation.
Le directeur du CH (ou EPSM) de.... (nom de l’établissement de santé chargé des prestations psychiatriques)......
Le directeur du CH de… (nom de l’établissement de santé assurant les soins somatiques)... Article 5
…………………………………
Les deux établissements de santé mettent en place un dossier patient informatisé précisant les modalités
d’accès des deux équipes médicales.
Article 1 Un dossier de soins infirmiers et paramédicaux (kinésithérapeute, diététicien..) et un dossier social complètent
le dossier patient.
En référence aux dispositions de l’article R. 6112-14 du CSP, les CH de (nom de l’établissement de santé Les conditions d’accès des différentes catégories de personnels au dossier des patients sont protocolisées
chargé des prestations somatiques) …. et de (nom de l’établissement de santé chargé des prestations entre les médecins, dentistes, psychiatres des deux établissements de santé.
psychiatriques)… sont chargés d’assurer les prestations somatiques et psychiatriques.
Un protocole signé avec la structure pénitentiaire détermine leurs modalités d’intervention au sein de cette Article 6
structure.
Les deux établissements de santé déterminent les modalités de leur coordination précisant :
L’objet de cette convention conclue entre deux établissements de santé, lorsque les soins psychiatriques et - les modalités de désignation du médecin, ou psychiatre, chargé d’assurer la coordination institutionnelle des
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somatiques sont assurés par deux centres hospitaliers différents, est de préciser notamment : équipes et des activités, et la fonction de référent vis-à-vis des autorités pénitentiaires, des directions des
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- les nécessaires articulations entre les projets médicaux ; établissements de santé et des autorités de tutelle, ainsi que la durée de son mandat ;
- les projets médicaux et fonctionnels communs ; - les modalités d’encadrement des personnels infirmiers et paramédicaux;
- les structures communes ; - la responsabilité des rapports d’activité à transmettre par le directeur de l’établissement chargé des soins
- la mutualisation des moyens ; somatiques aux autorités de tutelle et à l’administration pénitentiaire, après validation des données par les
- l’interopérabilité des systèmes d’information ; deux directions des deux EPS ;
- les modalités de coordination et de concertation des deux ETS et des deux équipes de soins travaillant - les structures et modalités de concertation entre les deux EPS et des deux équipes de soins intervenant au
dans une même unité. sein du même site pénitentiaire.
Article 2
Les deux établissements de santé s’engagent à se concerter avant la finalisation de leur projet médical
et à définir les dossiers communs pouvant faire l’objet d’un projet partagé. Fait à, le
La liste de ces dossiers et les modalités de leur gestion sont précisées en annexe I.
Le directeur général de l’agence régionale de santé
Article 3
Les deux établissements de santé listent les missions voire tâches communes devant faire l’objet d’une Le directeur du CH de …… Le directeur du CH (ou de l’EPSM) de ……
mutualisation de structures et de moyens.
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MODÈLE DE CONVENTION RELATIVE
À LA PROTECTION SOCIALE
Objet
Entre : La présente convention a pour objet la mise en œuvre des procédures définies par le chapitre « Protection
sociale » du guide relatif à La prise en charge sanitaire des personnes placées sous main de justice,
- L’établissement pénitentiaire XXXXXX, représenté par … et/ou le service pénitentiaire d’insertion et de par l’ensemble des parties, afin d’améliorer et harmoniser les conditions d’accès aux droits, aux soins et à la
probation de XXXXXX, représenté par … et/ou la direction interrégionale des services pénitentiaires de prévention des personnes placées sous écrou ainsi que les conditions de leur accompagnement social, par
XXXXXX, représentée par … et désignés ci-après « les services pénitentiaires » les moyens suivants :
- l’optimisation des procédures d’affiliation au régime général d’assurance maladie ;
- La caisse primaire d’assurance maladie ou la caisse générale de sécurité sociale de XXXXXX, représentée - la proposition systématique d’étudier les droits à la couverture maladie universelle complémentaire (CMUc)
par … et désignée ci-après « la caisse » et à l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS) ;
- l’information des personnes placées sous écrou sur les actions de prévention et de dépistage ;
- L’établissement de santé de rattachement de XXXXXX, représenté par …et désigné ci-après « établissement de - l’information des personnes détenues sur leurs droits sociaux après leur libération.
santé »
Article 2
Également dénommés ci-après « les parties »,
Désignation de correspondants par les parties contractantes
Vu le chapitre « Protection sociale » du guide méthodologique relatif à La prise en charge sanitaire des
personnes placées sous main de justice. Les services pénitentiaires s’engagent à désigner au moins un correspondant, d’une part auprès de la caisse
dans la circonscription de laquelle ils sont situés et d’autre part, auprès des établissements de santé qui leur
sont rattachés.
Préambule
La caisse s’engage à désigner au moins un correspondant, d’une part auprès des services pénitentiaires
Les personnes détenues, souvent en situation de précarité au moment de leur placement en détention, situés dans sa circonscription et d’autre part, auprès des établissements de santé qui leur sont
nécessitent un accompagnement spécifique pour accéder effectivement aux droits sociaux ainsi qu’aux soins. rattachés.
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#3
Afin de garantir une meilleure prise en charge de ces personnes, tant pendant qu’à l’issue de leur détention, et Chaque établissement de santé s’engage à désigner au moins un correspondant, d’une part auprès des
dans le respect des cadres légaux et réglementaires afférents au sujet, tels notamment les articles L. 381-30 services pénitentiaires auxquels il est rattaché et d’autre part, auprès de la caisse dans la circonscription de
à L. 381-30-6 du Code de la Sécurité sociale et D. 366 du Code de procédure pénale, quatre axes prioritaires laquelle ces derniers sont situés.
sont ainsi définis :
1. Améliorer l’accès aux droits Chaque partie s’engage à informer les autres en temps réel de toute modification concernant le ou les
2. Améliorer l’accès aux soins correspondants ainsi désignés.
3. Améliorer l’accès à la prévention
4. Améliorer l’accompagnement médico-social Article 3
Ces axes concernent les personnes majeures et mineures, placées sous écrou. Il peut s’agir de personnes Dispositions relatives à l’affiliation des personnes placées sous écrou
détenues, de personnes exécutant la fin de leur peine sous le régime de la surveillance électronique de fin de et à la gestion de leurs droits
peine (SEFIP) ou de personnes bénéficiant d’une mesure d’aménagement de peine sous la forme d’une semi-
liberté, d’un placement à l’extérieur ou d’un placement sous surveillance électronique. Affiliation
La mise en œuvre de ces actions nécessitant de renforcer et de développer le partenariat ainsi que la coor- Les parties conviennent d’utiliser une fiche relative à la situation administrative de la personne placée sous
dination entre les services pénitentiaires, les établissements de santé et les caisses primaires d’assurance écrou, à sa situation familiale ainsi qu’à sa couverture sociale avant son incarcération, conforme au modèle
maladie (CPAM) en France métropolitaine ou les caisses générales de sécurité sociale (CGSS) dans les annexé au guide relatif à La prise en charge sanitaire des personnes placées sous main de justice.
départements d’outre-mer, c’est à cette fin que les parties conviennent de ce qui suit :
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#3 MODÈLE DE CONVENTION RELATIVE À LA PROTECTION SOCIALE
Le médecin de l’établissement de santé de rattachement doit se mettre en rapport avec le médecin-conseil
compétent.
Lorsque l’ALD est reconnue alors que la personne se trouve sous écrou, l’ensemble des parties s’engage à
procéder selon les dispositions de droit commun, dans le respect des procédures décrites par le chapitre
Les services pénitentiaires s’engagent à la remettre à la personne lors de l’entretien qui a lieu à l’occasion « Protection sociale » sus-mentionné.
de son placement sous écrou, afin qu’elle la complète avec l’assistance des services pénitentiaires, en tant
que de besoin et la signe. Cas de transfert des personnes détenues
Les services pénitentiaires s’engagent à transmettre la fiche ainsi renseignée à la caisse compétente dans le Ils doivent impérativement être gérés selon les procédures fixées par les dispositions du guide y afférentes.
délai prévu par le chapitre « Protection sociale » du guide relatif à La prise en charge sanitaire des personnes
placées sous main de justice et actuellement fixé à un maximum de cinq jours ouvrés. L’établissement pénitentiaire s’engage à signaler à la caisse, par le moyen de son choix, les transferts hors
circonscription, départ ou accueil d’une personne détenue.
À réception de ce document, la caisse compétente doit affilier la personne placée sous écrou selon les La caisse s’engage à assurer un double rôle. En tant que caisse prenante, elle doit vérifier que l’affiliation
modalités définies par le chapitre « Protection sociale » sus-mentionné et s’engage à en informer les services de la personne détenue sur la caisse précédente est effective et échéancer le dossier pour la durée fixée
pénitentiaires dans le délai prévu, actuellement fixé à un maximum de cinq jours ouvrés. par le guide, c’est-à-dire 40 jours, soit J+40.
Passé ce délai, la caisse contacte l’établissement pénitentiaire afin de connaître la situation de l’assuré.
S’agissant des personnes détenues, l’établissement pénitentiaire doit transmettre ces informations à Si la personne n’est plus dans sa circonscription, la caisse doit classer le dossier. Dans le cas contraire,
l’établissement de santé de rattachement, via l’unité sanitaire pénitentiaire, dans le délai maximal de cinq la caisse doit prendre le dossier pour affilier la personne selon les modalités habituelles.
jours ouvrés. En tant que caisse cédante, elle prend en compte l’information du transfert et collabore en tant que de besoin
avec la caisse prenante.
Gestion des droits
Continuité des droits pour les personnes détenues
Les parties s’engagent à assurer le suivi des droits sociaux de la personne ainsi affiliée pendant toute la
durée de son placement sous écrou, conformément aux procédures définies par le chapitre « Protection Chaque mois, la caisse vérifie les fins de droits du mois et demande aux services pénitentiaires les
sociale » du guide relatif à La prise en charge sanitaire des personnes placées sous main de justice et selon informations sur la situation des personnes détenues. Lorsque la personne est toujours détenue, les droits
les modalités suivantes : la caisse doit se mettre en rapport avec la précédente caisse d’affiliation de la doivent être reconduits pour un an. Si la personne a été libérée les droits doivent être mis à jour en fonction
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personne placée sous écrou (également dénommée « caisse cédante ») afin de compléter, le cas échéant,
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de sa situation pénale (libération pure et simple ou libération avec maintien d’un écrou dans le cadre d’une
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les informations communiquées par l’intéressé sur ses droits préexistants (couverture maladie universelle SEFIP ou d’un aménagement de peine).
complémentaire, aide à l’acquisition d’une complémentaire santé, reconnaissance d’une affection de longue
durée, etc.) et de les mettre à jour. Article 4
Droits à la CMUc et à l’ACS Mesures destinées à développer l’information des personnes placées sous écrou
Pendant toute la période où la personne placée sous écrou est hébergée dans un établissement pénitentiaire La caisse s’engage à procéder régulièrement et par tous les moyens qu’elle juge opportuns (journée
situé dans son ressort, la caisse doit procéder au renouvellement des droits à la CMUc ou à l’ACS pour d’information, remise de dépliants…), à l’information, sur l’ensemble de leurs droits ainsi que, le cas
l’intéressé et ses éventuels ayants droit dans les conditions définies au chapitre « Protection sociale » précité. échéant, ceux de leur famille, sur les assurances maladie et maternité, à la CMU complémentaire (CMUc),
l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS) et à l’aide médicale de l’État (AME), des personnes
De la même façon, la caisse doit également procéder à l’étude des droits à ces dispositifs pour toute personne placées sous écrou et plus particulièrement les publics suivants :
n’en bénéficiant pas avant son placement sous écrou et qui en fait la demande. - les personnes nouvellement placées sous écrou ;
Les services pénitentiaires s’engagent à faciliter la mise en œuvre de ces démarches. - les personnes devant prochainement bénéficier d’une SEFIP ou d’un aménagement de peine ;
- les personnes devant être prochainement libérées.
Suivi des ALD
Les services pénitentiaires s’engagent à permettre et faciliter ces séquences d’information.
La caisse doit s’assurer auprès de la caisse cédante, de l’éventuelle existence d’un protocole de soins La caisse s’engage également à informer, en tant que de besoin et par les moyens de son choix, les
au bénéfice de la personne nouvellement placée sous écrou. Si celle-ci a été reconnue atteinte d’une ou autres parties contractantes des modifications réglementaires pouvant avoir des conséquences sur les
plusieurs affections de longue durée avant son placement sous écrou, la caisse doit prendre les mesures droits et conditions d’accès aux soins des personnes placées sous écrou ainsi que, le cas échéant, de
nécessaires au transfert du protocole de soins au service du contrôle médical placé près d’elle. leur famille.
240 241
#3 MODÈLE DE CONVENTION RELATIVE À LA PROTECTION SOCIALE
Article 6
L’ensemble des parties conviennent de faire en sorte que les personnes placées sous écrou et hébergées Le comité de pilotage local est chargé du suivi et de l’évaluation des dispositions de la présente convention.
bénéficient des campagnes nationales de dépistage et de prévention ainsi que des parcours attentionnés Lorsqu’il existe un comité de coordination régionale, il est chargé du suivi et de la coordination des conventions
les concernant, dans les mêmes conditions que les autres assurés du régime général. existantes dans son ressort.
Article 5 Article 7
Mesures destinées à favoriser la coordination et le partenariat entre les parties Durée de la convention
Les parties s’engagent à mettre en place un comité de pilotage local dont la composition est la suivante : La présente convention doit être conclue dans l’année suivant la publication du guide méthodologique relatif
- le directeur général de la caisse ou son représentant ; à La prise en charge sanitaire des personnes placées sous main de justice.
- le ou les correspondants désignés par la caisse ; Dans l’hypothèse où une convention avait été précédemment conclue par tout ou partie des signataires de
- le directeur de l’établissement pénitentiaire ou son représentant ; la présente convention, cette dernière annule et remplace la convention jusque-là en vigueur.
- le directeur fonctionnel du service pénitentiaire d’insertion et de probation ou son représentant ; La présente convention est conclue pour une durée de trois ans renouvelable par avenant adopté dans le mois
- le ou les correspondants désignés par les services pénitentiaires ; précédant sa date anniversaire.
- le directeur de l’établissement de santé de rattachement ou son représentant ;
- le ou les correspondants désignés par l’établissement de santé de rattachement ;
- pour les questions concernant les mineurs, le directeur territorial de la protection judiciaire de la jeunesse
ou son représentant.
Documents
cadres
Lorsque la Direction interrégionale des services pénitentiaires est signataire de la présente convention
#3
ou lorsque l’ensemble des parties le prévoit lors de la conclusion de la présente convention, un comité de
coordination régionale est constitué.
242 243
Documents
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#3
REPÈRES UTILES POUR LA PRISE EN CHARGE
DE LA SANTÉ DES PERSONNES MINEURES
DÉTENUES
Quelle que soit la mesure judiciaire prise à l’égard d’un mineur, y compris en cas de condamnation à une
peine d’emprisonnement, les responsables légaux continuent d’exercer leur autorité parentale. Les textes
I - INTRODUCTION qui régissent l’exercice de l’autorité parentale sont mentionnés dans la fiche « Droits des patients détenus »,
Partie II ; Cahier I.
La prise en charge sanitaire des mineurs incarcérés relève, comme pour les majeurs, du droit commun1.
La circulaire interministérielle DGS/DHOS/DAP/DPJJ/MC1/2008/158 du 13 mai 2008 relative à la prise en Cependant, dans l’hypothèse d’un grave manquement, la juridiction peut déchoir le ou les parents de leur
charge sanitaire des mineurs incarcérés précise cependant certaines caractéristiques liées à ce public. autorité parentale, laquelle sera confiée à un tiers digne de confiance ou à un tuteur spécialement désigné.
Par voie de conséquence, l’expression « détenteurs (ou titulaires) de l’autorité parentale » concerne aussi bien
Ces caractéristiques se déclinent en trois grands axes : les parents que le tiers désigné par le juge.
- l’exercice de l’autorité parentale ;
- l’accompagnement éducatif ;
- la spécificité de la prise en charge sanitaire du mineur détenu.
Dans le cadre de la prise en charge de la santé d’une personne mineure, les détenteurs de l’autorité parentale ont le droit
d’être tenus informés de la santé de leur enfant.
ELLES REPOSENT SUR LES PRINCIPES SUIVANTS : Cette information3 est délivrée au cours d’un entretien individuel avec les détenteurs de l’autorité parentale
et/ou avec la personne mineure.
- l’état de minorité qui fonde l’incapacité d’une personne mineure à exercer seul ses droits et obligations issus de la loi ;
- le devoir de protection et d’éducation des personnes mineures ;
- l’intérêt supérieur de l’enfant2.
Conformément aux dispositions de l’article L. 1111-2 du CSP : « Cette information porte sur l’état de santé de
la personne mineure et son évolution, les différentes investigations, traitements, ou actions de prévention qui
La détention d’une personne mineure tient compte de ces principes et y répond par : lui sont proposés, leur utilité, les urgences éventuelles, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves
- l’encellulement individuel ; normalement prévisibles qu’elles comportent ainsi que sur les solutions possibles et les conséquences
- le travail sur le maintien ou le rétablissement des liens familiaux ; prévisibles en cas de refus. »
- le respect de la pluridisciplinarité ;
- l’accès des personnes mineures à l’enseignement, à la santé et aux activités socio-éducatives ;
Documents
cadres
- la possibilité de maintenir un jeune majeur dans un lieu de détention pour personnes mineures si son intérêt
#3
Le consentement des détenteurs de l’autorité parentale est systématiquement recherché pour toute décision médicale
le justifie (durant une période de six mois maximum).
et chirurgicale relative à la santé du mineur à l’exception du cas d’urgence sans possibilité de les joindre ou lorsque
leur refus risque de compromettre gravement la santé du mineur (L. 1111-5).
Dans ce contexte, la prise en charge sanitaire des personnes mineures détenues nécessite qu’une vigilance soit
exercée par l’ensemble des professionnels intervenant en établissement pénitentiaire (éducatif, pénitentiaire,
judiciaire et médical) en lien avec la personne mineure et les détenteurs de l’autorité parentale. Le consentement des détenteurs de l’autorité parentale concerne notamment :
Ainsi, outre l’avis de la personne mineure, pour toutes questions concernant sa santé, le médecin doit veiller - la vaccination (Cf. fiche « Prévention, dépistage et prise en charge des maladies transmissibles », Partie 2 ;
à prendre ces caractéristiques en considération aux fins de mieux cerner les besoins du jeune détenu, Cahier IV) ;
d’informer qui de droit et d’engager utilement une décision de soins. - la transmission aux professionnels médicaux de documents comprenant des informations relatives à la
santé de la personne mineure utiles lors de l’examen médical d’accueil :
Ce document a pour objet de lister ces principales caractéristiques pour une meilleure lisibilité et leur a. le carnet de santé,
appropriation par les professionnels de santé et de justice (PJJ, administration pénitentiaire). Son objectif est b. le recueil information santé (RIS) et éventuellement le projet d’accueil individualisé (PAI) (Cf. fiche
également de clarifier chacune de ces caractéristiques et d’en dégager des repères utiles à la prise en charge « Maladies non transmissibles », Partie 2 ; Cahier IV) établis à la PJJ lors d’une mesure judiciaire
sanitaire des personnes mineures détenues. Il s’inscrit en complément des fiches du guide méthodologique confiée à la PJJ et préalable à la détention,
auxquelles il renvoie en en précisant la référence. Il vient également en complément de la circulaire c. tout document médical (dossier, résultats d’examens…) relatif au suivi de santé de la personne
interministérielle DGS/DHOS/DAP/DPJJ/MC1/2008/158 du 13 mai 2008 relative à la prise en charge sanitaire mineure ;
des personnes mineures incarcérées.
1 3
Loi n° 94-43 du 18 janvier 1994 relative à la santé publique et à la protection sociale. Des recommandations de bonnes pratiques sur la délivrance de l’information sont établies par la Haute autorité de santé (HAS) et homologuées
2
Convention internationale de l’enfant, article 3, alinéa 1, résolution 44/25 du 20 novembre 1989, ONU. par un arrêté du ministre en charge de la Santé.
246 247
REPÈRES UTILES POUR LA PRISE EN CHARGE DE LA SANTÉ
#3 DES PERSONNES MINEURES DÉTENUES
III - ACCOMPAGNEMENT ÉDUCATIF
Les missions dévolues à la protection judiciaire de la jeunesse et l’organisation de ses services sont traitées
dans la première partie du guide, aux chapitres « Organisation du ministère en charge de la Justice » et
- la discussion autour du « cas » de la personne mineure dans le cadre de la commission pluridisciplinaire « Instances de contrôle et de coordination ».
ad hoc (Cf. fiche « Partage d’informations », Partie 2 ; Cahier I) et le partage d’informations avec les
professionnels médicaux extérieurs sollicités. A. PROFESSIONNELS ÉDUCATIFS
Les détenteurs de l’autorité parentale peuvent solliciter les professionnels médicaux pour :
- demander une consultation dans l’intérêt de la personne mineure (Cf. fiche « Consultations médicales »,
• Les personnes mineures incarcérées doivent systématiquement bénéficier d’une prise en charge éducative par la PJJ.
Partie 2 ; Cahier I) ;
Cette exigence résulte tant des règles de droit national qu’international. Le responsable de l’unité éducative,
- demander un certificat ou tout autre justificatif médical utile aux démarches relatives à la personne mineure garant de cette prise en charge éducative, est le premier interlocuteur institutionnel.
(Cf. fiche « Documents médicaux », Partie 2 ; Cahier I). • Dans ce cadre, les éducateurs PJJ peuvent aider les professionnels sanitaires à emporter l’adhésion des personnes
mineures à la prévention et aux soins, dans le respect du secret médical et en lien avec les détenteurs de l’autorité
parentale.
QUELQUES SITUATIONS MÉDICALES FONT DÉROGATION À L’AUTORITÉ PARENTALE
Il s’agit de :
• l’accès à l’IVG (article L. 2212-7 du CSP) (fiche « Prise en charge des femmes enceintes et des enfants », Partie 2 ;
Cahier IV) ; À l’interface de la personne mineure et de son environnement, de l’appareil judiciaire et de tous les intervenants
• l’accès à la contraception et à la contraception d’urgence (L. 5134-1 du CSP) ; en détention, les professionnels éducatifs de la PJJ ont à charge d’amener la personne mineure à construire
• le dépistage anonyme et gratuit du VIH-VHC et d’autres IST (chlamidiose, gonoccocie, vaginite aigue) un projet éducatif et d’orientation individuelle. Ils conduisent des actions d’investigation, d’éducation,
(circulaire DGS/VS2-DSS/AM3-DH n° 32 du 26 mars 1993) (fiche « Maladies transmissibles », Partie 2 ; Cahier IV) ;
d’insertion et de protection et apportent aux magistrats les éléments d’information leur permettant d’adapter
• le contexte de la maternité : autorité parentale sur le bébé (article 371-1 du Code civil) (fiche « Prise en charge
des femmes enceintes et des enfants », Partie 2 ; Cahier IV). leur décision à l’évolution de la situation de la personne mineure.
Documents
cadres
détention. Elles peuvent également continuer à être couvertes par la complémentaire santé à laquelle les Si l’état de la personne mineure nécessite une hospitalisation en cours de détention, la continuité de la prise
#3
détenteurs de l’autorité parentale sont affiliés. en charge éducative reste assurée.
À leur sortie de détention, les mineurs incarcérés qui étaient ayants droit d’un assuré peuvent retrouver
ce statut. Pour ces professionnels, la santé constitue une opportunité de rencontre et de relation avec la personne
mineure. C’est un des leviers utiles à l’action éducative. La prise en compte, par la personne mineure, de ses
besoins de santé et son adhésion aux réponses à y apporter concourent à la construction de son projet individuel.
Dans le cadre de la prise en charge de la santé au sein des établissements et services de la PJJ dont les unités
présentes en détention, les professionnels disposent d’un guide relatif aux dispositions en santé à la PJJ qui
rassemble plusieurs fiches techniques les aidant à organiser la prise en charge de la santé.
Ils ont également à leur disposition deux outils de suivi en santé visant à recueillir, dans le respect du secret
médical, les besoins en santé des personnes mineures et à établir les réponses à y apporter en termes
d’objectifs. Sur accord de la personne mineure et des détenteurs de l’autorité parentale, ces outils peuvent
faire l’objet d’un partage d’informations avec les professionnels médicaux.
- Le recueil d’information santé ou RIS qui permet dès l’accueil d’aborder les besoins en santé du jeune,
de recueillir ceux exprimés par les détenteurs de l’autorité parentale et d’inscrire ceux repérés par les
professionnels éducatifs et d’en déduire des objectifs d’intervention personnalisée en santé dans la prise
248 249
REPÈRES UTILES POUR LA PRISE EN CHARGE DE LA SANTÉ
#3 DES PERSONNES MINEURES DÉTENUES
Les détenteurs de l’autorité parentale dans le cadre :
- du transfert d’informations hors secret médical aux parents dans des conditions qui respectent la sécurité des
établissements pénitentiaires notamment en cas de transfert du mineur vers un établissement hospitalier ;
- du recueil d’éléments concourant à la bonne prise en charge de la santé de la personne mineure (couverture
en charge éducative4. Le RIS comporte également des renseignements concernant la couverture sociale, les sociale, RIS, PAI, carnet de santé) ;
coordonnées du ou des médecins assurant le suivi de la personne mineure, les coordonnées des parents… - le cas échéant, du suivi médical (rappel des RDV) ;
- de la préparation à la sortie.
- Le projet d’accueil individualisé ou PAI. Il résulte d’une concertation entre les différents acteurs de la vie
de la personne mineure et organise les modalités de sa vie quotidienne dans l’institution dans le respect des Les professionnels de la PJJ extérieurs à l’établissement pénitentiaire (professionnels éducatifs, infirmiers,
compétences de chacun et en fonction de ses besoins5 (affection de longue durée : pathologie, handicap…). psychologues…) dans le cadre :
- de la transmission du RIS et du PAI avec accord de la personne mineure et des détenteurs de l’autorité
b. Continuité du suivi judiciaire parentale (Cf. fiches « Maladies transmissibles » et « Maladies non transmissibles », Partie 2 ; Cahier IV)
relatif à une mesure antérieure à la détention ;
Le suivi judiciaire des personnes mineures est caractérisé par sa continuité : dans la plupart des cas un suivi - de la préparation de la sortie de la personne mineure en lien avec les détenteurs de l’autorité parentale ;
éducatif préexiste à la détention et se poursuit pendant et après l’incarcération. Il concerne tous les domaines - le cas échéant, du suivi médical à prévoir.
de la vie de la personne mineure y compris celui de l’accès aux soins. Cette continuité des interventions
nécessite une coordination et une articulation entre les différents intervenants des divers lieux où peut se Dans le cadre de leur mission, les professionnels de la PJJ contribuent aux actions d’éducation à la santé en tant
trouver un mineur notamment lors d’une hospitalisation. que membres du Copil animé par l’USCA (Cf. fiche « Éducation et promotion de la santé » Partie 2 ; Cahier IV).
Enfin, lorsqu’un mineur qui a atteint l’âge de 18 ans est affecté dans un quartier adulte afin de poursuivre
sa peine en détention, les professionnels de la PJJ assurent une transition avec les services pénitentiaires
Les éducateurs de la PJJ constituent les personnes ressources auprès desquelles l’équipe médicale peut trouver (surveillants et CIP). À ce titre, ils peuvent être conviés à la CPU afin d’assurer ce relais.
des appuis en termes :
• d’adhésion des personnes mineures à leur prise en charge sanitaire ; B. INFIRMIERS DE LA PJJ
• de relais avec leurs familles et les détenteurs de l’autorité parentale ;
• de connaissance de leurs parcours antérieurs notamment thérapeutiques (mise en relation avec les équipes) ;
• de connaissance du comportement de l’adolescent. Positionnés en direction territoriale (c’est-à-dire sur un ou plusieurs départements), les infirmiers de la PJJ
Documents
cadres
ont un rôle de conseiller technique auprès du directeur territorial pour l’organisation de la prise en charge de
#3
la santé des personnes mineures sous protection judiciaire sur leur territoire.
c. Rôle de la PJJ dans la prise en charge sanitaire du mineur détenu Ils accompagnent les professionnels éducatifs sur les questions relatives à la santé au sein des services
et établissements. Celles-ci font notamment référence au recueil des besoins en santé, à la mise en
Les professionnels de la PJJ assurent en tant que de besoin, en complémentarité avec l’administration place d’un réseau de partenaires intervenant dans le champ sanitaire, à l’accès aux soins, à l’organisation
pénitentiaire, dans le respect du secret médical, le relais entre les professionnels médicaux et : de la distribution des médicaments, à la mise en place d’un bilan de santé, aux actions de prévention et
d’éducation pour la santé, etc.
La personne mineure dans le cadre :
- de la démarche d’accompagnement relative à l’accès aux soins dont la couverture sociale et aux actions de Ils peuvent également intervenir auprès d’une personne mineure dont la situation médicale nécessite la mise
prévention et d’éducation à la santé (fiche « Éducation et promotion de la santé », Partie 2 ; Cahier IV) ; en place d’une prise en charge particulière : mise en place d’un projet d’accueil individualisé (PAI), rencontre
- du recueil d’informations utiles à la mise en œuvre ou au suivi d’une démarche de santé (fiche « Prévention, avec les professionnels de santé et accompagnement dans sa démarche de soin.
repérage et prise en charge du suicide », Partie 2 ; Cahier IV) ; Ils agissent toujours en coordination avec la personne mineure, les professionnels PJJ en ayant la charge (respon-
- du soutien de la personne mineure dans la désignation d’une personne majeure l’accompagnant dans sables d’unité, éducateurs, psychologues, professeurs techniques…) et les détenteurs de l’autorité parentale.
sa démarche de santé lorsque celui-ci mobilise son droit au secret (fiche « Droits des patients détenus »,
Partie 2 ; Cahier I). Dans le cadre de la détention, ces professionnels de santé peuvent partager une information couverte par
le secret médical et utile à la prise en charge sanitaire du jeune avec les personnels médicaux de l’unité
sanitaire, dès lors que la personne mineure et les détenteurs de l’autorité parentale ont donné leur accord.
Dans le respect du secret médical, ils peuvent être relais auprès des professionnels PJJ dans la transmission
d’informations en santé utiles à la prise en charge éducative.
4
Extrait du Guide des dispositions en santé à la PJJ, 2008.
Les infirmiers de la PJJ peuvent également être associés à la mise en place d’actions de prévention ou de
5
Ibid. toute démarche de santé impliquant une coordination entre les différents acteurs de la détention.
250 251
REPÈRES UTILES POUR LA PRISE EN CHARGE DE LA SANTÉ
#3 DES PERSONNES MINEURES DÉTENUES
B. FAIRE NAÎTRE LA DEMANDE DE SOINS
Pour permettre à l’adolescent de faire émerger la demande de soins et l’adhésion aux soins, il est utile
de recourir à des sollicitations adaptées. Entre autres, les groupes thérapeutiques ou ateliers
C. PSYCHOLOGUES DE LA PJJ prévention santé de type « bas seuils » pourront être développés dans l’objectif de créer du lien avec
le patient mineur.
Intervenant au sein des services et établissements de la PJJ, les psychologues veillent à garantir la prise en Le cas échéant, le personnel éducatif de la PJJ pourra inciter et accompagner le mineur à rencontrer
compte de la vie psychique afin de promouvoir l’autonomie. Ils contribuent à l’action des éducateurs visant les professionnels de santé lorsque celui-ci semble nécessiter des soins pour lesquels il n’a pas fait
à l’élaboration du projet pédagogique de la personne mineure, ainsi qu’à sa mise en œuvre. Ils apportent une demande spontanément. Dans ces cas il convient que le mineur soit informé par les éducateurs des
une aide à la décision au magistrat. démarches entreprises et des informations relayées auprès des professionnels de santé.
Ils peuvent organiser une prise en charge thérapeutique en ayant recours aux dispositifs de droit commun
et si besoin, assurent, dans ce contexte, le lien entre l’équipe éducative, les détenteurs de l’autorité parentale
et les professionnels du champ de la santé mentale. CONSENTEMENT DE LA PERSONNE DÉTENUE
Dans le cadre de la détention, ils peuvent être sollicités par les professionnels médicaux de l’unité sanitaire,
Lorsque la personne est mineure, dès lors qu’elle est en mesure d’exprimer sa volonté, son consentement doit être
sur la connaissance spécifique des personnes mineures qu’ils ont accompagnées. recherché, même s’il revient aux détenteurs de l’autorité parentale de consentir à tout traitement (L. 1111-5 du CSP).
Documents
cadres
des chapitres du guide méthodologique suivants :
#3
IV. PRISE EN CHARGE SANITAIRE DES PERSONNES MINEURES DÉTENUES
Partie 2 - Cahier I : Éthique, droit et contrôle
A. MINORITÉ C. Droit applicable aux personnes détenues
II- Transgenre
Le soin à l’adolescence nécessite de tenir compte de l’état de minorité du sujet et de proposer une démarche
adaptée à la faculté de compréhension, d’adhésion et d’adaptation de la personne mineure liée notamment à Partie 3 - Cahier IV : Prises en charge spécifiques et prévention
son degré de maturité. L’écoute du jeune patient y tient une place importante. Cette démarche doit s’adresser III- Maladies non infectieuses
au sujet dans sa globalité (sa personne et son environnement) en ayant soin d’y associer les détenteurs de IV- Maladies infectieuses
l’autorité parentale dans leur rôle de décideurs. V- Addiction
La médecine de l’enfant et de l’adolescent est spécifique quand à la sémiologie et aux réponses thérapeutiques. VI- Suicide
Ainsi, en milieu pénitentiaire, le recours à des spécialistes formés tels notamment, les pédiatres et les pédo- VII- Handicap
psychiatres, doit être possible. VIII- Grossesse et enfant/IVG
De même, en cas d’hospitalisation, le recours à des lieux ou des conditions d’hospitalisation permettant aux IX- Auteurs d’infractions à caractère sexuel
adolescents d’être auprès d’autres adolescents et séparés d’adultes6 et de bénéficier d’une prise en charge X- Éducation thérapeutique
adaptée à leur âge, doit également être possible notamment concernant la prise en charge hospitalière XI- Éducation et promotion de la santé
psychiatrique. En services de médecine, chirurgie et obstétrique, les mineurs de plus de 15 ans et trois mois
sont pris en charge dans des services adultes. Néanmoins, il apparaît utile d’apporter des précisions sur certaines d’entre elles.
L’accompagnement éducatif et la scolarité se poursuivent durant l’hospitalisation.
6
Charte européenne des enfants hospitalisés, Parlement européen, JO des communautés européennes, N° C148/37, mardi 13 mai 1986.
252 253
REPÈRES UTILES POUR LA PRISE EN CHARGE DE LA SANTÉ
#3 DES PERSONNES MINEURES DÉTENUES
Aussi l’entretien prénatal précoce, réalisé le plus tôt possible au cours de la grossesse, permet de repérer
certaines situations de vulnérabilité qui peuvent relever d’une orientation spécialisée (contexte psychologique,
consommation de tabac…) et de déterminer le niveau de risque de la grossesse.
La prise en charge des mineures enceintes doit être globale et s’attacher aux volets médical, obstétrical,
L’examen médical à l’accueil d’hygiène de vie et psychosocial. De ce fait, cela requiert une équipe formée à l’accueil d’adolescentes et de
prévoir une fréquence de visites supérieure à celle recommandée9 dans le cadre d’une grossesse « à bas
L’examen médical d’accueil (Cf. fiche « Consultations médicales », Partie 2 ; Cahier I) permet de faire le bilan de risque » (déroulement « normal » de grossesse)10.
l’état de santé de la personne mineure et des besoins spécifiques notamment en termes de souffrance psychique,
consommations de produits psychoactifs, troubles somatiques, suivi gynécologique pour les mineures… Lorsque le bébé naît, c’est la jeune mère mineure qui a autorité parentale sur son enfant.
Une proposition de dépistage des infections sexuellement transmissibles doit être effectuée et renouvelée Aussi, de la même façon qu’une attention particulière est portée à la grossesse, l’accompagnement des
en tant que de besoin au cours de l’incarcération. L’accord parental n’est pas nécessaire pour effectuer ces jeunes mères (soins maternels et soins du nouveau-né…) doit être renforcé11. Une coordination entre les
dépistages (Cf. fiche « Maladies transmissibles », Partie 2 ; Cahier IV). professionnels de la PJJ et le conseil général/PMI sera organisée pour aider la jeune maman à prendre en
En cas de refus de l’examen médical d’entrée par le mineur, il est nécessaire de proposer à nouveau cette charge son nourrisson (Cf. fiche « Prise en charge des femmes enceintes et des enfants », Partie 2 ; Cahier IV).
consultation.
Cet examen s’inscrit dans le parcours en santé de la personne mineure et, à ce titre, intègre les données L’IVG
antérieures. Celles-ci comprennent notamment les éléments contenus dans le RIS et éventuellement un
PAI, lorsque, précédemment à son incarcération, la personne mineure était suivie par la PJJ. Ces éléments Toute personne mineure est en droit de décider de recourir à une IVG avec ou sans l’accord des titulaires de
peuvent être transmis par les professionnels de la PJJ aux professionnels sanitaires sur autorisation de l’autorité parentale (Cf. fiche « Droits des patients » Partie 2 ; Cahier I).
la personne mineure et des détenteurs de l’autorité parentale. La prise en charge se différencie par le caractère obligatoire de certains entretiens (Cf. fiche « Prise en charge
Enfin il constitue une opportunité pour délivrer un certificat de non contre-indication à la pratique sportive des femmes enceintes et des enfants », Partie 2 ; Cahier IV).
et aux activités d’insertion proposées par l’établissement pénitentiaire d’accueil (Cf. fiche « Documents À noter qu’en matière de choix de méthode d’IVG pour les mineures, le rapport Igas12 d’octobre 2009 préconise
médicaux », Partie 2 ; Cahier I). de mesurer certains risques de traumatisme psychologique liés à la méthode médicamenteuse, notamment
« la visualisation des structures embryo-fœtales ».
La vaccination
Les médicaments
L’âge de 13 ans est, en France, l’âge minimum auquel un mineur peut être incarcéré. Cet âge coïncidant avec
Documents
le planning des vaccinations obligatoires (diphtérie, tétanos, poliomyélite)7, il est mentionné dans le guide
cadres
Une attention particulière doit être portée par l’ensemble des professionnels aux mineurs autorisés à
#3
la possibilité de poursuivre les rappels de vaccination sur accord des détenteurs de l’autorité parentale conserver leur traitement médicamenteux en cellule, hors temps médical notamment au regard de leur
et du jeune. fragilité psychique (Cf. fiche « Pharmacie à usage intérieur », Partie 2 ; Cahier I).
De même, d’autres vaccinations recommandées peuvent être poursuivies (ROR) ou proposées (hépatite B,
méningite C, HPV) (Cf. fiche « Maladies transmissibles », Partie 2 ; Cahier IV). La prévention du suicide
La grossesse et la maternité Dans le cadre de la prévention du risque suicidaire des mineurs détenus (Cf. fiche « Prévention du suicide »,
Partie 2 ; Cahier IV) une attention particulière est portée au recueil d’informations utiles à l’évaluation du
Toute personne mineure est en droit de décider de mener une grossesse à terme avec ou sans l’accord des risque dès l’accueil du mineur.
titulaires de l’autorité parentale. Dans ce dernier cas, elle se fait accompagner dans sa démarche par une Les professionnels de la PJJ contribuent à ce recueil en lien avec les détenteurs de l’autorité parentale et
personne adulte de son choix (Cf. fiche « Droits des patients », Partie 2 ; Cahier I). les services PJJ, voire ASE, l’ayant accueilli avant sa détention. Comme tous les acteurs intervenant auprès
Dans le cadre du suivi de la grossesse (Cf. fiche « Prise en charge des femmes enceintes et des enfants », du mineur détenu, ils exercent une vigilance, participent au repérage et au signalement des signes pouvant
Partie 2 ; Cahier IV), une attention particulière est à porter aux mineures enceintes. En effet, dans la présager un passage à l’acte ainsi qu’à la surveillance induite par la prise en charge des mineurs en crise
classification des niveaux de risque des grossesses8, les recommandations de la Haute autorité de santé suicidaire. Ils proposent aux mineurs des activités éducatives afin de limiter les temps de désœuvrement.
positionnent le fait d’être primipare mineure (âge inférieur à 18 ans) comme facteur de risque (niveau A1)
nécessitant l’avis d’un gynécologue-obstétricien et/ou d’un autre spécialiste afin d’adapter le suivi de la
grossesse. Cette recommandation est d’autant plus importante que les mineures détenues accumulent très
souvent d’autres facteurs de risque.
9
P. Alvin et D. Marcelli, Médecine de l’adolescent, collection Pour le praticien, Éditions Masson, 2e édition, 2005, pages 362-363.
10
Ibid.
11
Ibid.
7
Art. L. 3111-2 et 3 et R. 31111-2 du CSP. 12
C. Aubin et D. Jourdain-Ménninger, « Évaluation des politiques de prévention des grossesses non désirées et de prise en charge des interruptions
8
Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque identifiées, HAS, mai 2007. volontaires de grossesse suite à la loi du 4 juillet 2001 », rapport Igas, octobre 2009, p. 26-28.
254 255
#4
ANNEXES
- Annexes de la partie I
- Annexes de la partie II
- Annexes générales
ANNEXES DE LA PARTIE I
P. 259 > 272
Annexes
#4
#4 ANNEXES
ANNEXE B
ANNEXE A L’ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE
Villepinte
Nanterre
CHRISTIANE TAUBIRA Paris
Paris-laSanté
-la Santé Gagny
Pantin
Paris-la Pitié
GARDE DES SCEAUX - MINISTRE DE LA JUSTICE Dunkerque
Lille
Saint-Omer Villejuif Créteil
Boulogne-sur-Mer
Lille-Sequedin
Lille-Annoeullin Fresnes
Longuenesse
Béthune Quiévrechain
Valenciennes
Arras Douai Maubeuge
Cambrai Avesnes-sur-Helpe - Maubeuge
Abbeville Bapaume
Centre-Est - Dijon
Péronne Saint-Quentin
Cherbourg Dieppe Amiens Charleville-
Cabinet Rouen Beauvais Compiègne Laon
Mézières
Montmédy
Montmédy Thionville
Le Havre
Soissons Verdun Metz Sarreguemines
Liancourt Briey
Rennes Coutances Caen Val-de-Reuil Osny-Pontoise Creil
Reims Saint-Mihiel Oermingen
Lisieux Porcheville Saverne
Pontoise Meaux Bar-le-Duc
Porte-Parole Saint-Malo
Bernay
Évreux Poissy
Versailles
Paris
Château-Thierry
Châlons-en-
Champagne Écrouves
Maxéville Souffelweyersheim
Schiltigheim
Avranches Argentan Meaux-Chauconin
Fleury-Mérogis Sud Francilien Nancy-Maxéville Strasbourg
Bois-d’Arcy Toul
Guingamp Alençon Melun
Morlaix Villenauxe-la-Grande
Haut fonctionnaire Brest
Troyes
Saint-Dié
Colmar
Saint-Brieuc Chartres Corbeil Fontainebleau Chaumont
de défense Rennes-
Rennes
Châteaudun
Épinal
Vezin Laval Clairvaux Ensisheim
et de sécurité Sens
Quimper Lure
Le Mans-Les Croisettes Belfort Mulhouse
Lorient-Ploemeur Orléans Montargis Auxerre
Haut fonctionnaire Vannes
Blois
Dijon Vesoul
au développement Lorient Angers Joux-la-Ville
Montbéliard
Limite de direction interrégionale
durable Saint-Nazaire
Orvault
des services pénitentiaires Tours Nevers
Besançon
Bourges
Limite départementale administrative Nantes Dole Est - Strasbourg
Chalon-sur-Saône
Secrétariat Direction Direction Direction Direction de Direction de Inspection Maison d’arrêt (MA)
Châteauroux Lons-le-Saunier
La Roche-sur-Yon
Général des Services des Affaires des Affaires l’Administration la Protection Générale Bressuire
Saint-Maur
Centre de détention (CD) Poitiers-Vivonne Moulins-Yzeure Varennes-le-Grand
(SG) Judiciaires Civiles et du Criminelles Pénitentiaire Judiciaire de la des Services Moulins
Les Sables-d'Olonne Niort Mâcon
(DSJ) Sceau et des Grâces (DAP) Jeunesse Judiciares Maison centrale (MC) Montluçon
Bourg-en-Bresse Annemasse
Cusset
Secrétaire (DACS) (DACG) (DPJJ) (IGSI) Centre de semi-liberté (CSL)
Fontenay-le-Comte
Roanne Bonneville
général Directrice Directeur Saint-Martin-de-Ré
La Rochelle Guéret Riom Villefranche-sur-Saône
Centre pour peines aménagées (CPA) Rhône
Annecy
André GARIAZZO Véronique Directeur Directrice Henri MASSE Directeur Inspecteur Lyon-Corbas
Albertville Lyon
Secrétaire MALBEC Laurent VALLEE Jean-Louis Général Centre pénitentiaire (ici un quartier MA et un quartier SL) Rochefort
Limoges Lyon Bourgoin-Jallieu
Angoulême Clermont-Ferrand Vienne Chambéry
Saintes
adjoint DAUMAS François FELTZ Établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) Uzerche
Saint-Étienne
St-Quentin-
Fallavier Aiton
Mathieu Établissement public de santé national (EPSN) Tulle
Grenoble
HERONDART Bédenac Périgueux
Unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) Brive-la- Aurillac Le Puy-en-Velay
Neuvic Gaillarde Grenoble-Varces
Unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) Bergerac
Valence
Libourne
Bordeaux Mauzac
Siège de service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) Privas Gap
Agence de maitrise École École École Nationale Antenne ou résidence administrative de SPIP Cahors Mende
Bordeaux-Gradignan
Bordeaux-Gradignan Rodez
Nationale de la École Nationale Nationale de de la Protection Eysses
d’ouvrage des travaux des Greffes l’Administration Judiciare de la École nationale d’administration pénitentiaire (ÉNAP) Alès
Service Central du minstére de la Justice Majistrature Agen Carpentras Digne
Annexes
(ENG) Pénitentiaire Jeunesse Service de l’emploi pénitentiaire (SEP) Nice
de Prévention (APIJ)
(enm) Montauban Albi Nîmes Avignon-Le Pontet
Grasse
(ENAP) (ENPJJ) Mont-de-Marsan Avignon
#4
de la Corruption (SCPC) Bordeaux Saint-Sulpice-la-Pointe Draguignan
Montpellier
Président Directeur Président Directeur Dax Auch Tarascon
Toulouse Castres Béziers Salon-de-Provence
Président du Conseil du Conseil Stéphane du Conseil Jean-Pierre GUADELOUPE GUYANE Lavaur Arles Aix-Luynes
Toulouse-Seysses Villeneuve-lès-
d’Administration HARDOUIN d’Administration VALENTIN Baie-Mahault Cayenne Bayonne Pau Maguelone Marseille
Chef de Service d’Administration : Narbonne Toulon
Vincent (Dijon) Philippe LEMAIRE (Roubaix) Service du Remire-
Tarbes Muret
Carcassonne
François BADIE Jean-Raphaël ALVENTOSA LAMANDA
Pointe-à-Pitre Montjoly Saint-Gaudens Toulon-La Farlède
Directeur général : Contrôle Toulouse
Directeur Budgétaire
Basse-Terre Lannemezan
Ducos Borgo
Établissement René SEVE Saint-Pierre
260 261
#4 ANNEXES
François Lamy
DGT
Ministre délégué,
chargé de la ville
des territoires et
DGCS
Ministre délégué, chargé
de l’économie sociale et
Pierre Moscovici
Jérôme Cahuzac
ORGANIGRAMME DU MINISTÈRE EN CHARGE DE LA SANTÉ
Benoît Hamon
solidaire et de la
consommation
des finances
DARES
du budget
DSS
SIGNIFICATION DES SIGLES UTILISÉS DANS LE SCHÉMA
Najat Vallaud-
DREES
Belkacem
DGOS
et des services
DRH : Direction des ressources humaines
DAGEMO : Direction de l’administration générale et de la modernisation
des femmes
des services DS : Direction des sports
DAJ : Délégation aux affaires juridiques DSS : Direction de la sécurité sociale
DARES : Direction de l’animation de la recherche, des études DSSIS : Délégation à la stratégie des systèmes d’information de santé
et des statistiques
SG CIV
MILDT
IGAS : Inspection générale des affaires sociales
DGS
DGCS : Direction générale de la cohésion sociale
Valérie Fourneyron
et de la vie associative
IGJS : Inspection générale de la jeunesse et des sports
l’éducation populaire
Ministre des sports,
DGS : Direction générale de la santé
MILDT : Mission interministérielle de la lutte contre la drogue
de la jeunesse, de
DGEFP : Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle et la toxicomanie
DGT : Direction générale du travail SG MAS : Secrétariat général des ministères des affaires sociales
DGOS : Direction générale de l’offre de soins SG CIV : Secrétariat général du comité interministériel des villes
DJEPVA
DGEFP
IGJS
DICOM : Délégation à l’information et à la communication
professionnelle et de
Ministre du travail,
Michel Sapin
du dialogue social
Ministre délégué,
professionnelle et
BCOMJS
l’apprentissage
Annexes
IGAS
de l’emploi, de
DS
la formation
#4
DAGEMO
DAFIIS
DRH
Marie-Arlette Carlotti
DAJ
des personnes handicapées
Ministre déléguée, chargée
DAEI
Marisol Touraine
Michèle Delaunay
âgées et de l’autonomie
chargée des personnes
DICOM
sociales et de la santé
Ministre des affaires
et de la lutte contre
Ministre déléguée,
DSSIS
SGMAS*
de la famille
l’exclusion
262 263
#4 ANNEXES
ANNEXE D
INSTANCES DE CONTRÔLE ADMINISTRATIVES
NATURE
INSTANCES RÉFÉRENCES AUTORITÉS DE RATTACHEMENT MISSIONS SAISINE
DU RAPPORT
NIVEAU NATIONAL
Inspection générale Décret n° 67-390 portant création de l’Inspection géné- L’Igas est rattachée aux ministres en charge Mission de contrôle et d’évaluation de la mise Pour deux-tiers de ses missions, l’Igas intervient Rapport proposant
des affaires sociales rale des affaires sociales du 11 mai 1967 - loi n° 96-452 des Affaires sociales. en œuvre des politiques publiques de la sécurité à la demande des ministres en charge de la sécurité sociale, une analyse
(IGAS) du 28 mai 1996 portant diverses mesures d’ordre sociale et de la prévoyance sociale, de la protection des relations sociales, de la santé, de l’action sociale, de la situation,
sanitaire, social et statutaire sanitaire et sociale, du travail, de l’emploi de la famille, du travail, de l’emploi et de la formation la formulation
et de la formation professionnelle. professionnelle. Elle peut également recevoir des missions d’un diagnostic,
du Premier ministre ou du Président de la République. des préconisations
Un tiers des missions sont inscrites par l’IGAS d’actions à mener.
à son programme de travail approuvé par les ministres.
Inspection générale Ordonnance n° 58-1270 du 22 décembre 1958 modifiée L’IGSJ est placée sous l’autorité du garde des Sceaux, Mission permanente d’inspection des juridictions Parallèlement à sa mission permanente d’inspection, Rapport proposant
des services judiciaires portant loi organique relative au statut de la magistrature ministre de la Justice. de l’ordre judiciaire, la Cour de cassation exceptée, l’IGSJ est chargée par le garde des Sceaux d’enquêtes des préconisations
(IGSJ) - décret n° 2008-689 du 9 juillet 2008 et de l’ensemble des services et des organismes administratives à caractère pré-disciplinaire, portant d’actions
- décret n° 65-2 du 5 janvier 1965 modifié relevant du ministère. sur le comportement professionnel ou personnel à mener et des
- décret n° 1993-21 du 7 janvier 1993 modifié de magistrats ou fonctionnaires auxquels est reproché recommandations.
- décret n° 2010-1668 du 29 décembre 2010 un manquement à la déontologie.
Le garde des Sceaux peut également lui confier des missions
thématiques - évaluer une activité déterminée, préparer une
réforme, en mesurer l’impact - ou des missions ponctuelles.
Inspection des services Arrêté du 29 décembre 2010 modifiant l’arrêté du 9 juillet L’ISP est placée sous l’autorité d’un inspecteur Mission de contrôle des services de l’administration Son programme annuel d’actions est élaboré conjointement Rapport
pénitentiaires 2008 fixant l’organisation en sous-directions général adjoint des services judiciaires désigné pénitentiaire et l’École nationale d’administration par le directeur de l’administration pénitentiaire et l’inspecteur général présentant
(ISP) de la direction de l’administration pénitentiaire à cet effet par arrêté du garde des Sceaux, pénitentiaire. des services judiciaires, qui veille notamment à en assurer des avis et des
ministre de la Justice. la cohérence avec le programme d’inspection de l’inspection générale. propositions.
Il est soumis à l’approbation du garde des Sceaux.
L’ISP assure également une mission de conseil technique auprès
du directeur de l’administration pénitentiaire. Dans ce cadre,
elle effectue les missions et études qu’il lui confie.
L’ISP peut être requise par le garde des Sceaux, ministre de la Justice,
ou par l’IGSJ pour assister ce dernier dans l’exécution de ses missions.
Annexes
Inspection des services Arrêté du 29 décembre 2010 modifiant l’arrêté du 9 juillet L’ISPJJ est placée sous l’autorité d’un inspecteur Mission de contrôle des structures, Son programme annuel d’actions est élaboré conjointement Rapport
#4
de la protection 2008 fixant l’organisation en sous-directions général adjoint des services judiciaires désigné quel qu’en soit le statut, relevant de la protection par le directeur de la protection judiciaire de la jeunesse présentant
judiciaire et de de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse à cet effet par arrêté du garde des Sceaux, judiciaire de la jeunesse, en matière administrative, et l’inspecteur général des services judiciaires, qui veille des avis et des
la jeunesse ministre de la Justice. pédagogique et financière. notamment à en assurer la cohérence avec le programme propositions.
d’inspection de l’inspection générale. Il est soumis
(ISPJJ) à l’approbation du garde des Sceaux. L’ISPJJ peut être requise
par le garde des Sceaux, ministre de la Justice,
ou par l’inspecteur général des services judiciaires
pour assister ce dernier dans l’exécution de ses missions.
NIVEAU RÉGIONAL
Inspections et contrôles art. L. 1435-7 du Code de la santé publique Les inspecteurs et contrôleurs des agences Les pharmaciens inspecteurs de santé publique, les médecins L’organisation de l’ARS est laissée Rapport
par les agences régionales de santé sont désignés par le directeur inspecteurs de santé publique, les inspecteurs de l’action à l’appréciation des DG d’ARS. présentant
régionales de santé général de l’agence régionale de santé qui précise sanitaire et sociale, les ingénieurs du génie sanitaire, les Les missions d’inspection, d’évaluation et de contrôle des avis et des
(ARS) la nature des missions susceptibles de leur ingénieurs d’études sanitaires et les techniciens sanitaires interviennent, sauf situation d’urgence liée à un événement propositions.
être confiées. contrôlent, dans le cadre de leurs compétences respectives, particulier, dans le cadre de la programmation annuelle,
l’application des dispositions du Code de la santé publique et, pour tout le champ de compétence de l’ARS.
sauf dispositions spéciales contraires, des autres dispositions
législatives et réglementaires relatives à la santé publique.
264 265
#4 ANNEXES
ANNEXE E
AUTORITÉS ADMINISTRATIVES INDÉPENDANTES
NIVEAU INTERNATIONAL
Comité européen Convention éuropéenne pour Mission de prévention de la torture et des autres traitements inhumains Le CPT se saisit de sa propre initiative. Rapport détaillé à l’Etat
pour la prévention la prévention de la torture et ou dégradants dans des lieux où des individus sont retenus contre leur gré Ses délégations effectuent des visites périodiques (généralement tous les quatre ans), concerné contenant
de la torture des peines ou traitements par la force publique. Le CPT n’est pas une commission d’enquête, mais peuvent également faire des visites « ad hoc » lorsque cela s’avère nécessaire. des constatations,
et des peines inhumains ou dégrandants, mais un mécanisme non judiciaire, à caractère préventif, pour protéger des recommandations,
1989. les personnes privées de liberté contre la torture et toute autre forme des commentaires et demandes
ou traitements de mauvais traitement. d’information.
inhumains ou
dégradants
(CPT)
NIVEAU NATIONAL
Loi n° 2007- 1545 S’assurer que les droits Le contrôleur général peut être saisi directement par : Rapport de visite adressé au(x) ministre(s) avec des recommandations. Rapport de visite adressé
du 30 octobre 2007 fondamentaux des - toutes personnes physiques : les personnes privées de liberté elles-mêmes, Le CGLPL propose au gouvernement toute modification des dispositions légilsatives au(x) ministre(s) avec
personnes privées de liberté leurs parents, leur famille, leur avocat, un témoin, les personnels et réglementaires applicables. des recommandations.
sont respectés et contrôler et toutes personnes intervenant dans ces établissements ; Le CGLPL propose au
les conditions de leur prise - les associations, ou toutes autres personnes morales ayant pour objet gouvernement toute
en charge. le respect des droits fondamentaux ; modification des dispositions
- le Gouvernement, les parlementaires (députés et sénateurs) légilsatives et réglementaires
ainsi que d’autres autorités administratives indépendantes. applicables.
Le contrôleur général peut également se saisir de sa propre initiative.
Défenseur des droits Loi constitutionnelle du Les attributions du Défenseur des droits reprennent celles du Médiateur Le Défenseur des droits peut être saisi par toute personne s’estimant lésée par le fonctionnement Le Défenseur des droits
23 juillet 2008 (cf. art. 71-1 de la République, du Défenseur des enfants, celles de la Commission nationale d’une administration ou d’un service public . Il peut également s’intéresser aux agissements dispose de « larges pouvoirs
Annexes
de la Constitution). de déontologie de la sécurité (CNDS) ainsi que de la Haute autorité de lutte des personnes privées en matière de protection de l’enfance et de déontologie de la sécurité d’investigation », il peut être
#4
contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) : veiller au respect des droits Il peut être saisi de toutes les discriminations, directes ou indirectes, prohibées par la loi entendu par toute juridiction,
La loi ordinaire n° 2011-334 et des libertés par les administrations de l’État, les collectivités territoriales, ou par un engagement international régulièrement ratifié ou approuvé par la France. saisir le Conseil d’Etat d’une
du 29 mars 2011 complétant les établissements publics, ainsi que par tout organisme investi d’une mission demande d’avis sur des textes
la loi organique n°2011-333 de service public, ou à l’égard duquel la loi organique lui attribue pour trancher entre des
du 29 mars 2011 a notam- des compétences. interprétations divergentes,
ment pour objet de définir proposer une transaction et,
les sanctions applicables si ses recommandations restent
en cas de non-respect sans effet, prononcer
des pouvoirs d’investigation une injonction.
du Défenseur des droits.
266 267
#4 ANNEXES
ANNEXE F
INSTANCES D’ÉVALUATION ET DE COORDINATION
NATURE
COMMISSION RÉFÉRENCES MISSIONS MEMBRES
DE LA DÉCISION
NIVEAU NATIONAL
Le comité Décret n° 98-1099 Chargé d’examiner toute question d’ordre général se rapportant à la protection Présidé conjointement par le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Le comité rend
interministériel du 08/11/2011 de la santé des personnes détenues. Veille à la mise en œuvre des orientations fixées et par le ministre chargé de la Santé. Il est composé des administrations des deux ministères des avis.
dans le domaine de la prévention. ainsi que des représentants des instances locales décisionnelles et de fonctionnement.
art. D. 348-2 du CPP Assure la concertation, à l’échelon national, Création pour 5 ans renouvelables. Se réunit au moins une fois par an.
entre les services des ministères compétents.
NIVEAU RÉGIONAL
La commission Instruction aux ARS validée La commission régionale santé - justice est chargée d’examiner Sont membres de droit : le directeur général de l’agence régionale de santé, président
régionale par le CNP le 23 dec 2010 toute question d’ordre général se rapportant à la protection de cette commission, le préfet de région, le premier président de la cour d’appel, les procureurs
santé-justice sociale, à l’amélioration de la prise en charge sanitaire et sociale des personnes généraux, le directeur interrégional des services pénitentiaires de l’interrégion de rattachement,
Note DAP 9 janvier 2009 majeures et mineures placées sous main de justice, tous sujets se rapportant le directeur interrégional de la protection judiciaire de la jeunesse.
aux prises en charge sanitaires en amont et en aval de l’incarcération en lien Selon l’ordre du jour peuvent être associée toute personne ou toute structure qualifiée
avec les procédures judiciaires, toute question d’ordre général se rapportant par sa compétence ou en raison de ses fonctions.
à la protection et à l’amélioration de la santé des mineurs sous protection judiciaire.
Elle veille à la mise en œuvre des orientations fixées par le comité interministériel
ou le niveau national dans les domaines de la prise en charge sanitaire et sociale
de ces personnes. Elle s’assure de la coordination et de la bonne information
des services et des partenaires compétents. Elle se réunit au moins une fois par an.
NIVEAU LOCAL
Annexes
#4
Le conseil - Institué par une Le conseil d’évaluation remplace la commission de surveillance Sa composition comprend notamment un représentant de l’agence régionale de santé. Le conseil ne peut pas faire acte
d’évaluation ordonnance royale de 1819 depuis le décret n° 2010-1635 du 23 décembre 2010. Institué auprès Il est présidé par le préfet du département dans lequel est situé l’établissement pénitentiaire. d’autorité, il ne dispose d’aucun
- Loi pénitentiaire de chaque établissement pénitentiaire, il est chargé d’évaluer les conditions pouvoir d’autorité.
du 24 novembre 2009 art. 5 de fonctionnement de l’établissement et de proposer, le cas échéant, Il peut transmettre
- Décret n° 2010-1635 toutes mesures de nature à les améliorer. ses observations, critiques
du 23 dec 2010 Il appartient à ce conseil de communiquer au ministre de la Justice ou suggestions au ministre
- art. D. 234 à D.238 du CPP les observations, critiques ou suggestions qu’il croit devoir formuler. de la Justice.
- Circulaire DAP 11400027C
du 23 janvier 2012 relative
au conseil d’évaluation
Le comité de Circulaire n° 45 Organe de concertation entre le ou les établissements de santé concernés Composition précisée dans un protocole signé entre le directeur de l’ARS, les directeurs Remet un rapport annuel
coordination du 8 décembre 1994 et l’établissement pénitentiaire. des établissements de santé et le directeur de l’établissement pénitentiaire concerné. d’activité (sans pouvoir
art. R. 6112-20 10° du CSP Convoqué au moins une fois par an mais se réunit autant que besoin. de contrainte).
268 269
#4 ANNEXES
ANNEXE F SUITE
NATURE
COMMISSION RÉFÉRENCES MISSIONS MEMBRES
DE LA DÉCISION
La commission Circulaire du 10 janvier 2005 Une commission santé est mise en place dans chaque établissement pénitentiaire Elle est composée de représentants des équipes hospitalières tant somatiques que psychiatriques
santé à l’initiative du médecin coordinateur en lien avec le directeur de l’établissement et des services pénitentiaires. Dans les établissements accueillant des mineurs,
pénitentiaire. Elle élabore les procédures et les outils formalisés visant la commission santé associe également les services éducatifs de la PJJ
à la coordination et à l’information réciproque des équipes et des services précités. et également de l’Éducation nationale.
Elle n’a pas compétence pour traiter des cas individuels, en revanche
son activité doit permettre l’information des différents professionnels
sur leurs compétences et leurs limites d’intervention. Elle doit favoriser
la mobilisation des services sur la prévention du suicide.
La commission Circulaire DAP La commission pluridisciplinaire unique se réunit au moins une fois par mois pour Elle est présidée par le chef d’établissement ou son représentant et comprend en outre le directeur Rend des avis.
pluridisciplinaire du 14 janvier 2009 examiner les parcours d’exécution de la peine, et plus généralement toute question des services pénitentiaires d’insertion et de probation, un responsable du secteur
unique (CPU) Décret n° 2010-1635 à caractère pluridisciplinaire. La CPU est instituée auprès du chef de chaque de détention de la personne détenue dont la situation est examinée, un représentant du service du travail,
du 23 dec 2010 établissement pénitentiaire, pour une durée de cinq ans. un représentant du service de la formation professionnelle, un représentant du service d’enseignement.
art. D. 90 et 91 du CPP Assistent également, avec voix consultative, aux réunions de la commission, sur convocation
Circulaire santé-justice du chef d’établissement établie en fonction de l’ordre du jour : le psychologue en charge du parcours
du 21 juin 2012 d’exécution de la peine, un membre du service éducatif de la protection judiciaire de la jeunesse,
un représentant des équipes soignantes de l’unité de consultations et de soins ambulatoires
ou du service médico-psychologique régional désigné par l’établissement de santé de rattachement.
La réunion art. D. 514 du Code de Dans les établissements pénitentiaires recevant des mineurs, cette instance assure L’équipe pluridisciplinaire est présidée par le chef d’établissement ou son représentant.
hebdomadaire procédure pénal (décret la collaboration des représentants des différents services réunis au sein d’une équipe Elle comprend au moins, outre son président, un représentant du personnel de surveillance,
de l’équipe 2007-749 du 9 mai 2007) pluridisciplinaire ainsi que le suivi individuel de chaque mineur détenu. un représentant du secteur public de la PJJ et un représentant de l’éducation nationale.
pluridisciplinaire Elle peut associer, en tant que de besoin, un représentant des services de santé, un représentant
du SPIP ou tout autre intervenant dans la prise en charge des mineurs détenus.
Cette équipe se réunit au moins une fois par semaine.
Le suivi Arrêté du 24 août 2000 Commission de coordination locale. A pour objectif de traiter des problèmes qui Commission présidée par le directeur du CHU.
des UHSI auraient pu survenir soit lors de l’admission des patients détenus, soit pendant Se réunit sur initiative du président au moins une fois par an.
le séjour à l’UHSI, soit pendant les transports, soit à l’occasion de toutes autres
situations. Elle doit également rapprocher les différents services afin de faire face
aux difficultés imprévues.
Annexes
Le suivi Circulaire interministérielle Commission de coordination locale. A pour objectif d’examiner le fonctionnement de Commission présidée par le préfet du département concerné.
#4
des UHSA DGOS/R4/PMJ2/2011/105 l’UHSA dans les interactions entre les services hospitaliers, les services pénitentiaires Se réunit à l’initiative du président au moins une fois par an.
du 18 mars 2011 et les missions dévolues au préfet. Lieu privilégié d’échanges entre les différents services
ce qui permettra d’anticiper et de mieux répondre aux difficultés éventuelles.
270 271
ANNEXES DE LA PARTIE II
Droit applicable au personnel de santé
Annexes
P. 273 > 282
#4
#4 ANNEXES
5. L’intéressé(e) nécessite t-il (elle) une prise en charge spécifique, notamment psychiatrique ?
OUI NON
ANNEXE G 6. L’orientation de l’intéressé(e) nécessite t-elle la proximité d’un plateau technique adapté à son état ?
OUI NON
PROCÉDURE D’ORIENTATION
Si oui lequel ?
Si oui lequel ?
■ VSL
■ Ambulance
Si oui lequel ?
■ Autre oxygène
Annexes
#4
■ Appareil à pression positive nocturne
■ Autre
Si oui préciser
274 275
#4 ANNEXES
ANNEXE H
DOCUMENTS MÉDICAUX
Annexes
DOCUMENTS MÉDICAUX (CERTIFICAT, ATTESTATION OU AVIS) À L’INITIATIVE DU MÉDECIN SUITE À DES SITUATIONS SPÉCIFIQUES QUI LUI SONT SIGNALÉES (CPP)
#4
Suspension d’une mesure de placement art. R. 57-7-31 et R. 57-8-1 du CPP Avis
Visite du médecin au moins 2 fois par semaine
au quartier disciplinaire et aussi souvent qu’il l’estime nécessaire.
Levée d’une mesure d’isolement Visite du médecin au moins 2 fois par semaine
art. R. 57-7-63 et art. R. 57-8-1 du CPP Avis
et aussi souvent qu’il l’estime nécessaire.
Contre-indication à une extraction
judiciaire art. D. 292 du CPP Certificat
276 277
#4 ANNEXES
CADRE RÉSERVÉ À L’ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE
DISP
____________________________ Remarques particulières :
COMPTE-RENDU
DE GRÈVE DE LA FAIM ET/OU DE LA SOIF1
Nom de l’établissement
____________________________
Annexes
#4
Mesures particulières sollicitées auprès de l’administration pénitentiaire :
278 279
#4 ANNEXES
délivrer les informations et prendre les contacts nécessaires pour assurer les conditions de relais (équipe
soignante, association de patients).
Si la personne relève d’une affection longue durée, le protocole ALD doit être établi et transmis (Cf. fiche
ad hoc « Protection sociale »).
ANNEXE J La continuité de la prise en charge sanitaire nécessite de rassembler les conditions pour mettre en œuvre
l’accès, le maintien et la continuité des soins incluant la protection sociale, en coordination avec le SPIP,
le service PJJ pour les mineurs, et les services sociaux compétents.
CONSULTATION DE SORTIE TYPE Avant la sortie, le service pénitentiaire d’insertion et de probation, le greffe de l’établissement et les services
éducatifs de la PJJ, en lien avec les détenteurs de l’autorité parentale pour les mineurs contribuent, avec
Une visite médicale est proposée à toute personne condamnée dans le mois précédant sa libération2. les services de la CPAM, à établir ou à rassembler l’ensemble des documents administratifs nécessaires
à la personne détenue pour bénéficier, après sa sortie, d’un suivi médical et social. La mobilisation de divers
« La prise en charge médicale des personnes détenues prend tout son sens si elle s’inscrit dans la durée, services nécessite leur coordination.
c’est-à-dire au-delà du séjour en prison. » Il s’agit en particulier de l’accès aux droits et l’ouverture des droits des personnes détenues et de leurs ayants
droit (Cf. les fiches ad hoc) ou le retour à la qualité d’ayant droit pour les mineurs pouvant en bénéficier :
Les risques encourus pour la santé individuelle et collective peuvent être prévenus en évitant les ruptures - attestation de carte Vitale, CMUc, AAH, ACS, minima sociaux ;
de prise en charge et de traitements. - pour les personnes en situation irrégulière, la continuité suppose d’initier la demande d’AME
et la procédure de titre de séjour pour soins le cas échéant avant la sortie.
Organisation des consultations
Pour que la personne puisse poursuivre ses soins avec efficacité, une attention particulière est à porter
L’organisation de ces consultations ne peut se faire sans une bonne coordination entre les professionnels sur les conditions d’hébergement ou de logement.
de santé, de l’administration pénitentiaire et de la PJJ.
Il est recommandé que les modalités de cette coordination soient formalisées dans une procédure. Prévention
En effet, l’administration pénitentiaire doit informer l’unité sanitaire et les professionnels de la PJJ, de façon
anticipée, des dates de libération. La consultation de sortie participe de la démarche de prévention en matière de santé.
Celle-ci peut se faire au travers de diverses propositions et de la délivrance de conseils adaptés incluant
Afin de motiver les patients et d’éviter les refus de consultations, les patients détenus et les détenteurs notamment :
de l’autorité parentale pour les mineurs détenus, doivent être informés du motif de cette consultation. - pour les personnes non suivies régulièrement par le service de santé, un examen médical
La consultation médicale de sortie obligatoirement proposée, à l’instar de la consultation médicale d’entrée, et un bilan de santé à la sortie ;
est assurée par le médecin généraliste de l’unité sanitaire. Elle peut être complétée en tant que de besoin - une nouvelle proposition de dépistages pour les personnes n’en ayant pas bénéficié récemment
d’une consultation de psychiatrie ou d’addictologie. (VIH, VHB, VHC, syphilis…) ;
- en fonction de l’âge, information et incitation à réaliser les dépistages du cancer colo-rectal,
Grands principes de cette consultation de la prostate et du sein ;
Annexes
- pour les personnes présentant une conduite addictive, le projet de sortie avec les intervenants
#4
Continuité des soins spécialisés (le CSAPA référent, le cas échéant) ;
- une mise à jour des vaccinations et la remise en main propre du carnet de vaccination ;
La consultation de sortie permet, pour les personnes suivies médicalement, d’assurer la continuité des soins - une évaluation de l’état bucco-dentaire. Si des soins doivent être poursuivis, le patient peut être
dans les meilleures conditions, et, pour les personnes non suivies régulièrement par les services de santé, orienté vers les professionnels ou dispositifs les plus aptes à le prendre en charge3 ;
de bénéficier d’orientation et de conseils en cas de besoin. - une orientation vers des ressources associatives peut être proposée si besoin.
Le cas échéant les éléments nécessaires permettant la poursuite des soins à la sortie (ordonnances,
comptes-rendus d’examens, courriers médicaux, carnets de vaccination…) sont fournis au patient.
Si la personne a bénéficié d’une démarche d’éducation thérapeutique du patient, il est recommandé de
2 3
art. 53 de la loi pénitentiaire n° 2009-1436 du 24 novembre 2009. Http://[Link]
280 281
ANNEXES DE LA PARTIE II
Droit applicable au personnel
de santé et de justice
Annexes
#4
P. 283 > 292
#4 ANNEXES
ANNEXE K
PARTAGE D’INFORMATIONS
Ces informations sont à transmettre le plus rapidement possible pour assurer au mieux la continuité des soins de certains patients
Toute personne doit avoir accès à l’ensemble des informations concernant sa santé
connu par les professionnels de santé (art. L.1111-7 du CSP). Cela implique que le médecin connaisse l’identité
d’une personne pour composer son dossier.
Parallèlement, toute personne qui souhaite accéder à son dossier doit être identifiée par le médecin (art. R. 1111-1 du CSP).
À L’EXTÉRIEUR : Le médecin doit donc connaître l’identité de la personne qu’il examine. Les consultations ne sont pas anonymes,
sauf si la loi le permet (tests de dépistage du VIH dans le cadre d’un CDAG, consultations pour les personnes toxicomanes…).
Enfin, pour répondre aux impératifs de sécurité liés aux mouvements des personnes détenues,
la connaissance de leur identité est nécessaire.
Les éléments d’état civil X X
L’adresse habituelle de résidence et des détenteurs X X Pour le patient détenu mineur, cette information est essentielle pour la communication du service médical
de l’autorité parentale pour les mineurs avec les détenteurs de l’autorité parentale.
Le numéro de Sécurité sociale s’il est connu X X En application de l’art. D. 366 du Code de procédure pénale, les personnes détenues sont affiliées, dès leur incarcération, au régime général
ou le mode d’affiliation (CMU, ayant droit) de la sécurité sociale. Une copie de l’attestation des justificatifs est à fournir.
Les événements survenus pendant la garde à vue X X Un examen médical de la personne gardée à vue est pratiqué systématiquement pour les mineurs ou en cas de prolongation
(tentative de suicide…) ou le défèrement, d’une garde à vue en matière de criminalité organisée, ou, en application de l’article 63-3, à la demande de la personne gardée à vue,
ou lors du parcours PJJ antérieur pour les mineurs de sa famille ou du procureur de la République ou de l’OPJ. Le médecin peut être amené à établir un certificat par lequel il se prononce
(continuité de la prise en charge judiciaire) sur l’aptitude au maintien en garde à vue. Ce certificat est versé au dossier. Si une prise en charge médicale est nécessaire,
afin d’assurer la continuité des soins, les dispositions de l’alinéa 3 de l’article L. 1110-4 du Code de la santé publique s’appliquent
Annexes
(secret partagé entre médecin sauf opposition de la personne). Le certificat est donc communicable si cela est nécessaire au médecin
#4
de l’établissement pénitentiaire dans le cadre de la continuité des soins. Une copie de la fiche de l’administration pénitentiaire qui fait état
des observations lors de l’arrivée au quartier arrivant peut éventuellement être transmise. Sur accord des mineurs et des détenteurs
de l’autorité parentale, les outils PJJ (Recueil d’information santé : RIS et Projet d’accueil individualisé : PAI) relatifs à une prise en charge
de la santé antérieure à la détention, peuvent être transmis aux professionnels médicaux par les professionnels de la PJJ.
À L’INTÉRIEUR :
Le statut pénal du patient détenu X X La connaissance du dossier pénal n’est généralement pas nécessaire pour les soins somatiques sauf dans certains cas pour préparer
(condamné ou prévenu) la sortie de l’établissement pénitentiaire. En ce qui concerne les mineurs, ce caractère non nécessaire doit être nuancé.
Leur prise en charge résulte de modalités spécifiques du fait de la continuité de l’intervention judiciaire et des services de la protection judiciaire
de la jeunesse avant l’incarcération, pendant et après, de la présence de locaux et personnels dédiés, du maintien de l’autorité parentale.
Elle doit tenir compte également de leur immaturité et du développement de leur personnalité.
284 285
#4 ANNEXES
ANNEXE K SUITE
Les dates d’extraction et les mutations ou transferts Les médecins sont tenus, du fait de leurs obligations déontologiques, d’assurer la continuité des soins (art. R. 4127-47 du CSP).
d’un établissement à l’autre Pour leur permettre de remplir cette obligation, il convient de les informer des transferts ou extractions des personnes détenues.
X X
Dans la mesure du possible, cette information doit être la plus précoce afin de préparer la transmission et l’organisation
des traitements médicaux ou prescriptions, l’envoi du dossier médical et la prise de contact avec l’UCSA d’arrivée si besoin.
Les modifications ou anomalies de comportement Les surveillants sont tenus de consigner les observations concernant leur mission,
et d’habitudes en détention : repli sur soi, non sortie cette transmission ne pose pas d’obstacle a priori.
X X
persistante en promenade, cessation inexpliquée
d’activités, non alimentation
Les mauvaises nouvelles reçues ou prévisibles Ces informations sont nécessaires pour la prévention de la crise suicidaire.
X X
(de nature familiale, judiciaire…)
La nature de la structure d’accueil (sanitaire, Ces informations (coordonnées de la structure ou du référent de celle-ci) sont utiles pour organiser la continuité des soins.
médico-sociale, d’hébergement) envisagée X X
(sans énoncer le diagnostic)
La date de libération prévue ou prévisible Cette transmission est indispensable pour l’organisation de soins, elle est prévue par les RPE.
X X Elle est fondamentale pour la continuité des soins.
Il convient d’être particulièrement vigilant lors d’aménagement hors débat contradictoire ou CAP.
Les soins pénalement obligés : injonction de soins Si la personne fait l’objet d’une injonction de soins à la sortie, cette donnée est utile aux soignants :
X X 1/ notion de la réalisation d’une expertise, indication d’une attention particulière
2/ utilité pour la préparation à la sortie
INFORMATIONS POUVANT ÊTRE COMMUNIQUÉES PAR LES PROFESSIONNELS DE SANTÉ AUX PROFESSIONNELS DE L’ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE ET DE LA PROTECTION JUDICIAIRE DE LA JEUNESSE
Annexes
#4
La réalisation des visites médicales Il s’agit d’une information importante pouvant remettre en cause un futur aménagement de peine et/ou permettant la proposition
réglementaires X X d’un travail sur les certificats d’aptitude au travail. Il faut distinguer différents types de visite médicale en fonction de leur caractère
réglementaire ou non et de la nécessité d’un émargement pour certaines (voir chapitre « Consultations médicales »).
Les certificats médicaux, légaux et réglementaires L’article D. 382, alinéa 4 du CPP modifié par décret n° 98-1099 du 8 décembre 1998 - art. 90 JORF 9 décembre 1998 indique que le médecin
à l’exclusion des certificats destinés aux patients informe le chef d’établissement des risques sur l’état de santé de la personne détenue.
et remis en main propre Les médecins intervenant dans les structures visées aux articles D. 368, D. 371 et D. 372 délivrent à la personne détenue, à sa demande
ou sur celle des détenteurs de l’autorité parentale lorsque la personne détenue est mineure, des certificats ou attestations relatifs à son état
de santé et, sous réserve de son accord exprès, à sa famille ou à son conseil.
Ils lui fournissent les attestations ou documents indispensables pour bénéficier des avantages qui lui sont reconnus
par la Sécurité sociale, et notamment de ceux prévus par la législation sur les accidents du travail et les maladies professionnelles.
Ils délivrent aux autorités pénitentiaires des attestations écrites contenant les renseignements strictement nécessaires à l’orientation
de la personne détenue ainsi qu’aux modifications ou aux aménagements du régime pénitentiaire que pourrait justifier son état de santé.
Énoncé (sans précision du diagnostic) du risque Se référer à l’article L. 6141-5 du CSP (l’alinéa 3 précise que les personnels soignants informent le directeur de l’établissement pénitentiaire
sérieux pour la personne détenue ou pour autrui X X de risques sérieux pour la sécurité des personnes détenues ou non. C’est une obligation légale d’information
qui s‘exerce dans le respect du secret médical).
286 287
#4 ANNEXES
ANNEXE K SUITE
INFORMATIONS NÉCESSAIRES AUX PROFESSIONNELS PÉNITENTIAIRES ET PROFESSIONNELS DE LA PJJ POUR EFFECTUER LEURS MISSIONS
Annexes
#4
* Risque suicidaire hors phase aiguë nécessitant Hospitalisation en fonction de l’évaluation médicale du risque suicidaire.
une hospitalisation en urgence en vue de mettre X X
en œuvre un suivi spécifique
* Risque de dangerosité (au sens psychiatrique Il s’agit d’un cas de dérogation facultative au secret médical. La copie de l’expertise est nécessaire.
X X
du terme) en vue de prévenir des agressions
Matériels médicaux nécessaires à la vie quotidienne Le certificat est remis au patient. La rédaction d’une convention est utile pour un accompagnement spécifique
en cas de pathologies chroniques (oxygène, stylos X X de la personne le temps de l’incarcération.
injecteurs, défibrillateurs implantables)
Existence d’un suivi psychiatrique dans le cadre Le certificat de suivi est remis au patient. La relation médecin/JAP est décrite (art. 720-1 du CPP).
des demandes d’aménagements de peine Les coordonnées du référent psychiatrique et/ou du CMP sont à transmettre.
X X
(LC, placement extérieur, PSE, PSEM)
288 289
#4 ANNEXES
ANNEXE K SUITE
INFORMATIONS POUVANT ÊTRE COMMUNIQUÉES PAR LES PROFESSIONNELS PÉNITENTIAIRES ET CEUX DE LA PJJ AUX PROFESSIONNELS DE SANTÉ
La date de libération ou de transfert C’est notamment le cas quand elle est connue pour les personnes condamnées.
X X
Dans tous les cas, cette information est capitale pour la continuité de soins.
Les relations familiales et l’environnement social X X
Le comportement en détention, la participation
X X
ou non à des activités
L’hygiène de la personne détenue et celle de la cellule X X
Tout élément pouvant faire craindre un comportement Cette information est utile dans une logique de protection des soignants lors des consultations.
X X
violent de la part de la personne détenue
Annexes
#4
* Pas de transmission systématique, mais échange selon les cas.
290 291
ANNEXES DE LA PARTIE II
Droit applicable aux personnes détenues
Annexes
P. 293 > 304
#4
#4 ANNEXES
L’article L. 3211-3 du Code de la santé publique
Cet article prévoit que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles des personnes hospitalisées sans
consentement doivent être limitées à celles nécessitées par leur état de santé et à la mise en œuvre de leur
traitement. En toutes circonstances, la dignité de la personne hospitalisée doit être respectée et sa réinsertion
ANNEXE L recherchée.
A - CONDITIONS D’HOSPITALISATION b - Les aménagements rendus nécessaires par la qualité de personne détenue
Le patient détenu doit être hospitalisé dans les mêmes conditions que tout autre patient. Les droits des La prise en charge de la personne détenue pendant son hospitalisation relève de la responsabilité de
personnes détenues hospitalisées sont régis par les dispositions des articles L. 1112-1 à L. 1112-6 du Code l’établissement de santé. En tout état de cause, l’alignement sur le fonctionnement général doit toujours être
de la santé publique concernant les personnes accueillies dans les établissements de santé. recherché. Toutefois, lors de l’hospitalisation d’une personne détenue, certains aspects de la vie quotidienne
au sein des unités peuvent nécessiter des aménagements. En fonction des dispositions préexistantes dans
La circulaire DHOS du 22 janvier 2009 relative au plan d’amélioration de la sécurité des établissements ayant chaque établissement, les éléments suivants peuvent être intégrés au règlement intérieur :
une autorisation en psychiatrie, a rappelé la nécessité d’améliorer la sécurité des enceintes hospitalières et
de disposer d’une unité ou d’un espace fermé ou susceptible d’être fermé pour les établissements accueillant Le courrier : droits reconnus aux personnes hospitalisées sans consentement, l’envoi et la réception de
des personnes hospitalisées sans leur consentement. courrier sont soumis à des contrôles pour les personnes hospitalisées sous le régime de l’article D. 398.
Ces unités ou espaces doivent être utilisés dans toute la mesure du possible pour l’hospitalisation des personnes En détention, les personnes incarcérées ne sont pas autorisées à recevoir des colis ou paquets et leur
Annexes
détenues. courrier est susceptible d’être contrôlé. À l’exception des courriers adressés aux autorités avec lesquelles
#4
En revanche, l’utilisation des chambres d’isolement relève d’une nécessité médicale : elle est soumise à une toute personne hospitalisée sans consentement peut communiquer directement, le courrier des personnes
prescription médicale conformément aux recommandations établies par la Haute autorité de santé. détenues peut être contrôlé par l’administration pénitentiaire. Tout courrier adressé à ou par la personne
détenue hospitalisée doit donc être réorienté, pour vérification, vers l’établissement pénitentiaire où le patient
B - DROITS DES PERSONNES DÉTENUES HOSPITALISÉES détenu est écroué.
POUR RAISONS PSYCHIATRIQUES
Les colis : l’envoi ou la remise de colis est possible selon les modalités déterminées par l’arrêté du 27 octobre
a - Les droits des personnes atteintes de troubles mentaux hospitalisées sans leur consentement 2011 sur la réception ou l’envoi d’objets au sein des établissements pénitentiaires.
Il peut être remis :
S’agissant plus particulièrement des personnes détenues hospitalisées pour des raisons psychiatriques, - des effets vestimentaires (dont chaussures et linge de toilette) ;
leurs droits sont énoncés à l’article L. 3214-2 du CSP qui précise que sont notamment applicables à ces - des CD et DVD en vente dans le commerce et dont le support visuel permet de déterminer la provenance ;
personnes, sous réserve des restrictions rendues nécessaires par leur qualité de personne détenue ou, pour - des revues, ouvrages d’apprentissage et livres (note DAP du 30 novembre 2011 sur la réception et la détention
celles hospitalisées sans leur consentement, par leur état de santé : de livres brochés par les personnes détenues) ;
294 295
#4 ANNEXES
ANNEXE M
- le petit appareillage médical ;
- les documents relatifs à la vie familiale. TABLEAU DE PRÉSENTATION DES AMÉNAGEMENTS DE PEINE
Ces principes peuvent être retenus également en établissement de santé. Principe Suivi de la mesure
Conditions juridiques d’octroi
de la mesure et sanctions éventuelles
Le téléphone : l’accès au téléphone est possible dans les établissements pénitentiaires, mais ce droit s’y La libération • C’est un aménagement • Les conditions relatives à la situation • Le suivi de la mesure est assuré par
conditionnelle de peine qui correspond de la personne condamnée : la personne le JAP, le JE, le service pénitentiaire
exerce sous le contrôle de l’administration pénitentiaire, qui procède à des écoutes téléphoniques. Dans les doit être définitivement condamnée et
à la mise en liberté d’insertion et de probation (SPIP)
établissements de santé, l’accès au téléphone est possible sur prescription médicale. Lors de l’admission de d’une personne détenue justifier « d’efforts sérieux de réadapta-tion ou la PJJ.
personnes détenues, l’établissement pénitentiaire transmettra, pour chacune d’entre elles, les coordonnées avant la date d’expiration sociale » : activité professionnelle, formation, • Les obligations imposées peuvent
normale de sa peine, participation essentielle à la vie de famille, être l’indemnisation des victimes,
des personnes pouvant être contactées par celle-ci (fiche de liaison). L’identité de l’interlocuteur doit être assortie suivi d’un traitement médical, implication le suivi de soins, l’exercice d’une
vérifiée par un personnel de santé. de mesures d’aide dans un autre projet sérieux d’insertion activité professionnelle, etc.
et de contrôle. (recherche d’emploi, création d’entreprise, • Le respect des obligations
• La personne admise au etc.). d’un placement sous surveillance
Les visites : lors de l’incarcération, le nombre de visites autorisées pour chaque personne détenue dépend de bénéfice d’une libération • Les conditions relatives à la durée électronique mobile (suivi GPS avec
son statut (personne condamnée ou prévenu) et des permis de visites délivrés aux personnes en ayant fait la conditionnelle n’est plus de la peine accomplie : la personne doit avoir zones interdites) peut également
sous écrou. exécuté au moins la moitié de sa peine en être imposé dans le cadre d’une
demande, conformément aux dispositions de l’article D. 403 du CPP. • Autorités compétentes détention (2/3 de la peine pour libération conditionnelle.
Lors de l’hospitalisation, l’établissement pénitentiaire informe l’établissement de santé des personnes pour accorder les récidivistes). • En cas de non-respect de ces
la mesure : le JAP - Exception pour les personnes condamnées obligations, d’inconduite notoire,
bénéficiant de ces permis de visites. Dans la mesure où ces visites se déroulent sans surveillance à l’hôpital (ou le TAP pour âgées de plus de 70 ans : sauf exécution de nouvelle condamnation,
(à la différence de ce qui se pratique en prison), l’autorité préfectorale ou l’autorité judiciaire peut restreindre les peines les plus d’une période de sûreté, la mesure peut la mesure peut être révoquée
la liste des visiteurs pendant la durée de l’hospitalisation. Ce cadre n’est pas exclusif de décisions (limitant les importantes) ou le JE. être accordée quelle que soit la durée totalement ou partiellement
d’incarcération effec-tuée, si la réinsertion par le JAP ou le JE et la personne
visites) qui peuvent être prises pour raisons médicales sur l’organisation des visites pour un patient, compte de la personne condamnée est assurée pourra alors être réincarcérée pour
tenu de son état de santé et de sa prise en charge. et s’il n’existe pas de risque grave la durée de la peine restant à subir
de renouvellement de l’infraction ou une partie de celle-ci.
ou de trouble à l’ordre public.
Les achats : en détention, les personnes incarcérées ont la possibilité de cantiner, c’est-à-dire d’acheter des - Exception pour les personnes condamnées
exerçant l’autorité parentale sur un enfant
produits à partir de leur compte nominatif, tenu par l’administration pénitentiaire. Il n’y a pas de circulation de de moins de dix ans vivant chez eux : si la
liquidités en détention. Des dérogations sont prévues pour les séjours hospitaliers par l’article D. 395 alinéa 2 peine ou le reliquat de peine à subir n’est pas
du Code de procédure pénale : « Par dérogation aux dispositions de l’article D. 318, la personne détenue supérieur à quatre ans, aucune condition de
durée d’incarcération préalable n’est posée.
admise à l’hôpital peut être autorisée par le chef d’établissement [pénitentiaire] à détenir une somme d’argent Cette mesure n’est toutefois pas possible
provenant de la part disponible de son compte nominatif pour effectuer, à l’intérieur de l’établissement de lorsque la personne condamnée exécute
une peine prononcée pour un crime ou pour
santé, des dépenses courantes. » un délit commis sur un mineur ou pour une
Sous réserve des dispositions mises en œuvre sur cette question au sein de l’établissement de santé, infraction commise en état de récidive légale.
• Les conditions spécifiques à certaines
Annexes
les personnes détenues hospitalisées pourront donc être en possession d’une petite somme d’argent selon
personnes condamnées :
#4
des conditions à définir localement entre les services concernés de l’établissement pénitentiaire et de - Les personnes condamnées pour
l’établissement de santé. une infraction pour laquelle le suivi
socio-judiciaire est encouru ne peuvent pas
prétendre à cette mesure si elles refusent
La promenade : en prison, toute personne détenue doit pouvoir bénéficier chaque jour d’une promenade d’au au cours de leur incarcération (ou dans
moins une heure à l’air libre. Dans la mesure où l’état de santé de la personne le permet, il est donc possible le cadre d’un projet de sortie) de suivre
un traitement médical, préconisé par un
d’autoriser les personnes détenues hospitalisées qui le souhaitent à bénéficier de promenade, sous réserve médecin et lui ayant été proposé par le JAP.
que les conditions de sécurité soient remplies (présence soignante et lieux clos). Elles ne peuvent bénéficier de cette mesure
qu’après expertise psychiatrique, cette
expertise doit être réalisée par deux experts
lorsque la personne a été condamnée pour
296 297
#4 ANNEXES
Principe Suivi de la mesure
Conditions juridiques d’octroi
de la mesure et sanctions éventuelles
La personne réintègre le suivi socio-judiciaire est encouru. Cette • S’il ne réintègre pas l’établissement
l’établissement expertise doit être réalisée par deux experts pénitentiaire à l’horaire imposé,
Principe Suivi de la mesure pénitentiaire aux horaires lorsque la personne a été condamnée pour il est considéré en état d’évasion
Conditions juridiques d’octroi imposés par le juge. le meurtre, l’assassinat ou le viol d’un mineur
de la mesure et sanctions éventuelles
• La mesure s’effectue de moins de quinze ans.
le meurtre, l’assassinat ou le viol d’un mineur toujours dans un • Conditions relatives à la peine : la personne
de moins de quinze ans. établissement doit exécuter (ou avoir à exécuter) une peine
- Les personnes condamnées spécialement prévu d’emprisonnement inférieure ou égale à deux
à la réclusion criminelle à perpétuité, (centre de semi-liberté ans, ou dont le reliquat est inférieur ou égal
à une peine de réclusion criminelle égale ou quartier spécifique à deux ans (un an pour les personnes
ou supérieure à quinze ans pour de l’établissement condamnées récidivistes).
une infraction pour laquelle le suivi pénitentiaire). • Cas particulier : cette mesure peut également
socio-judiciaire est encouru, ou à une • Autorités compétentes être accordée comme mesure probatoire à une
peine d’emprisonnement ou de réclusion pour prononcer libération conditionnelle ; dans ce cas, elle peut
criminelle égale ou supérieure à dix ans la mesure : être prononcée un an avant la date prévue pour
pour une infraction mentionnée à l’article - le tribunal la libération conditionnelle, qui ne sera accordée
706-53-13 du Code de procédure pénale ne correctionnel au que si la semi-liberté a été respectée.
peuvent bénéficier de cette mesure qu’après moment de la Pour les personnes condamnées à la réclusion
évaluation pluridisciplinaire de dangerosité, condamnation ; criminelle à perpétuité, à une peine de réclusion
expertise médicale et avis de la commission - le JAP ou le TAP pour criminelle égale ou supérieure à quinze ans pour
pluridisciplinaire des mesures de sûreté. les peines les plus une infraction pour laquelle le suivi socio-judiciaire
• Les mesures probatoires à la libération importantes après est encouru, ou à une peine d’emprisonnement
conditionnelle : avant d’accorder la condamnation. ou de réclusion criminelle égale ou supérieure
une libération conditionnelle, le JAP à dix ans pour une infraction mentionnée à l’article
peut prévoir l’exécution par la personne 706-53-13 du CPP, une libération conditionnelle
condamnée, à titre probatoire, d’une mesure peut être assortie d’une semi-liberté probatoire
de semi-liberté, de placement à l’extérieur ou d’une durée d’un an à trois ans.
de placement sous surveillance électronique.
Les personnes condamnées à la réclusion Le placement Le PSE, mesure d’amé- • Conditions relatives à la situation • Le suivi de la mesure (contrôle
criminelle à perpétuité, à une peine sous nagement de peine : de la personne : du respect des horaires
de réclusion criminelle égale ou supérieure surveillance • C’est un aménagement - la personne doit être définitivement d’assignation et des autres
à quinze ans pour une infraction pour laquelle de peine sous écrou condamnée et justifier d’un projet sérieux obligations) est assuré par le SPIP
électronique
le suivi socio-judiciaire est encouru, ou à une (la personne n’est pas d’insertion (activité professionnelle, formation, ou la PJJ, sous le contrôle du JAP
peine d’emprisonnement ou de réclusion incarcérée mais son recherche d’emploi, partici-pation essentielle ou du JE.
criminelle égale ou supérieure à dix ans pour régime reste juridiquement à sa vie de famille, nécessité de subir un • La personne sous surveillance
une infraction mentionnée à l’article 706-53-13 celui des personnes traitement médical…) ; électronique doit respecter toutes
du CPP ne peuvent bénéficier d’une libération détenues). - la personne doit disposer d’un domicile fixe les conditions fixées par le JAP
conditionnelle qu’après l’exécution, à titre • La personne porte à la ou d’un hébergement stable (chez un proche, ou le JE : horaires d’assignation
probatoire, d’une mesure de semi-liberté cheville, ou au poignet, un dans un foyer, etc.) pendant la durée à domicile, horaires de sortie
ou de placement sous surveillance électronique « bracelet électronique » du placement sous surveillance électronique ; autorisés, suivi des activités,
pendant une période d’un an à trois ans, comportant un émetteur - cette mesure peut être accordée à une indemnisation des victimes,
à moins que la libération conditionnelle qui transmet des signaux personne condamnée détenue (projet de sortie interdiction de fréquenter des
ne soit assortie d’un placement sous fréquents à un récepteur, de détention), ou à une personne condamnée personnes, etc.
surveillance électronique mobile. lequel est placé dans le non incarcérée mais qui doit exécuter une peine • En cas de non-respect des
lieu d’assignation. Elle d’emprisonnement ferme (à laquelle elle a été obligations, de refus par la
La semi-liberté • C’est un aménagement • Le suivi de la mesure est assuré par s’engage à rester sur condamnée par le tribunal sans être incarcérée) ; personne condamnée d’une
Annexes
• Conditions relatives à la situation
de peine sous écrou le SPIP, sous le contrôle du JAP. modification nécessaire des
#4
de la personne : son lieu d’assignation - une expertise psychiatrique préalable est
(la personne n’est pas - la personne doit être définitivement condamnée • La personne en semi-liberté doit (domicile propre ou lieu nécessaire dans le cas où l’intéressé a été conditions d’exécution, d’inconduite
incarcérée mais son régime et justifier d’un projet sérieux d’insertion (activité respecter toutes les conditions d’hébergement) à certaines condamné pour une infraction pour laquelle notoire, de nouvelle condamnation,
reste juridiquement celui professionnelle, formation, recherche d’emploi, fixées par le JAP en fonction de heures fixées par le juge. le suivi socio-judiciaire est encouru. Cette la personne condamnée peut être
des personnes détenues). participation essentielle à sa vie de famille, sa situation : horaires de sortie Si elle sort de chez elle en expertise doit être réalisée par deux experts incarcérée sur décision du JAP
• La personne condamnée nécessité de subir un traitement médical…) ; autorisés, suivi des activités, dehors des heures fixées, lorsque la personne a été condamnée pour ou le JE pour la durée de la peine
bénéficie d’un régime - cette mesure peut être accordée indemnisation des victimes, un surveillant pénitentiaire le meurtre, l’assassinat ou le viol d’un mineur restant à subir.
particulier de détention à une personne condamnée détenue (projet interdiction de fréquenter des est aussitôt averti par une de moins de quinze ans. • Si elle n’est pas présente au lieu
l’autorisant à quitter de sortie de détention), ou à une personne personnes, etc. alarme à distance. • Conditions relatives à la peine : la personne d’assignation à l’horaire imposé,
l’établissement condamnée non incarcérée mais qui doit exécuter • En cas de non-respect des • Autorités compétentes peut exécuter (ou avoir à exécuter) une peine la personne condamnée est
pénitentiaire pendant une peine d’emprisonnement ferme (à laquelle obligations, d’inconduite notoire, pour prononcer d’emprisonnement inférieure ou égale considérée en état d’évasion.
des horaires déterminés elle a été condamnée par le tribunal sans être de nouvelle condamnation, la la mesure : à deux ans, ou dont le reliquat est inférieur
afin d’exercer une activité incarcérée) ; personne condamnée peut être - le tribunal correctionnel ou égal à deux ans (un an pour les personnes
tendant à sa réinsertion. - une expertise psychiatrique préalable est incarcérée sur décision du JAP pour au moment de la condamnées récidivistes).
nécessaire dans le cas où l’intéressé a été la durée de la peine restant à subir. condamnation ;
condamné pour une infraction pour laquelle
298 299
#4 ANNEXES
Principe Suivi de la mesure
Conditions juridiques d’octroi
de la mesure et sanctions éventuelles
Le placement • Le placement à l’extérieur • Conditions relatives à la situation • Si elle n’est pas présente au lieu
à l’extérieur est un aménagement de de la personne : d’assignation à l’horaire imposé,
Principe Suivi de la mesure peine sous écrou (le régime - la personne doit être définitivement condamnée la personne condamnée est
Conditions juridiques d’octroi de la personne reste et doit justifier d’un projet sérieux d’insertion considérée en état d’évasion.
de la mesure et sanctions éventuelles juridiquement celui des • Le suivi de la mesure est assuré par
(activité professionnelle, formation, recherche
- le JAP (ou le TAP pour • Condition de faisabilité technique : une enquête personnes détenues). d’emploi, participation essentielle à sa vie le SPIP, sous le contrôle du JAP.
les peines les plus de faisabilité technique peut être réalisée par le • La personne condamnée de famille, nécessité de subir un traitement • La personne placée à l’extérieur
importantes) ou le JE SPIP préalablement à la mesure. bénéficie d’un régime médical...) ; doit respecter toutes les conditions
après la condamnation • Cas particulier : cette mesure peut également particulier de détention, - cette mesure peut être accordée à une personne fixées par le JAP en fonction de
être accordée comme mesure probatoire à l’autorisant à quitter condamnée détenue (projet sa situation : horaires et suivi des
une libération conditionnelle ; dans ce cas, l’établissement de sortie de détention), ou à une personne activités, indemnisation des victimes,
elle peut intervenir un an avant la date prévue pénitentiaire afin d’exercer condamnée non incarcérée mais qui doit exécuter interdiction de fréquenter des
pour la libération conditionnelle, qui ne sera une activité tendant à sa une peine d’emprisonnement ferme (à laquelle personnes, obligation éventuelle de
accordée que si le placement sous surveillance réinsertion. L’activité elle a été condamnée par le tribunal sans être regagner l’établissement pénitentiaire
électronique a été respecté. terminée, la personne incarcérée) ; le soir ou le week-end, etc.
Pour les personnes condamnées à la réclusion placée doit, selon la - une expertise psychiatrique préalable est • En cas de non-respect des
criminelle à perpétuité, à une peine de réclusion décision du juge, soit nécessaire dans le cas où l’intéressé a été obligations, la personne condamnée
criminelle égale ou supérieure à quinze ans pour réintégrer l’établissement condamné pour une infraction pour laquelle le peut être incarcérée sur décision
une infraction pour laquelle le suivi socio-judiciaire pénitentiaire, soit se rendre suivi socio-judiciaire est encouru. Cette expertise du JAP pour la durée de la peine
est encouru, ou à une peine d’emprisonnement ou dans les locaux d’une doit être réalisée par deux experts lorsque la restant à subir.
de réclusion criminelle égale ou supérieure à dix ans association qui l’encadre personne a été condamnée pour le meurtre, • Si elle ne réintègre pas
pour une infraction mentionnée à l’article 706-53- et l’héberge, ou dans tout l’assassinat ou le viol d’un mineur de moins de l’établissement pénitentiaire ou le lieu
13 du CPP, une libération conditionnelle peut être autre lieu fixé par le juge. quinze ans. d’assignation à l’horaire imposé, elle
assortie d’une mesure de placement sous surveillance • Autorités compétentes • Conditions relatives à la peine : la personne est considérée en état d’évasion.
électronique probatoire d’une durée d’un an à trois ans. pour prononcer doit exécuter (ou avoir à exécuter) une peine
la mesure : d’emprisonnement inférieure ou égale à deux
La surveillance • C’est une modalité • Conditions relatives à la situation de la personne : • Le suivi de la mesure (contrôle du
- le tribunal correctionnel ans, ou dont le reliquat de peine est inférieur
électronique d’exécution de la fin de la la personne doit être définitivement condamnée respect des horaires d’assignation
peut prononcer le ou égal à deux (un an pour les personnes
de fin peine d’emprisonnement : et elle doit consentir à la mesure. Sa situation doit et des autres obligations) est assuré
bénéfice d’un placement à condamnées récidivistes).
de peine la personne n’est pas être compatible avec sa personnalité, il ne doit par le SPIP, sous le contrôle du
l’extérieur au moment de • Cas particulier : cette mesure peut également
incarcérée mais est sous pas exister de risque de récidive ou d’impossibilité procureur de la République.
la condamnation ; être accordée comme mesure probatoire à une
écrou, son régime reste matérielle de mettre en œuvre le placement sous • La personne sous surveillance
- sinon, le JAP est libération conditionnelle ; dans ce cas, elle peut
juridiquement celui des surveillance électronique. Aucun critère relatif électronique doit respecter
compétent pour accorder intervenir un an avant la date prévue pour la
personnes détenues. à un projet d’insertion n’est exigé. Une expertise toutes les conditions fixées par
cette mesure (ou le TAP libération conditionnelle, qui ne sera accordée
• La personne porte un psychiatrique préalable est nécessaire dans le cas le procureur : horaires restreints
pour les peines les plus que si le placement à l’extérieur a été respecté.
dispositif identique où l’intéressé a été condamné pour une infraction d’assignation à domicile, horaires
importantes).
au PSE prononcé en pour laquelle le suivi socio-judiciaire est encouru. de sortie autorisés, suivi des
aménagement de peine. Cette expertise doit être réalisée par deux experts activités, indemnisation des Le C’est une possibilité Dans le cas d’une peine correctionnelle d’une La personne condamnée bénéficiant
Elle s’engage à rester sur lorsque la personne a été condamnée pour victimes, interdiction de fréquenter pour la personne durée de deux ans au plus, le fractionnement peut d’un fractionnement de peine sera
fractionnement
son lieu d’assignation le meurtre, l’assassinat ou le viol d’un mineur des personnes, etc. condamnée d’exécuter être ordonné dès l’origine par la juridiction de suivie par le juge de l’application
(domicile propre ou de moins de quinze ans. • En cas de manquement à sa peine sous forme de jugement. des peines et le service pénitentiaire
lieu d’hébergement) à • Conditions relatives à la peine : la personne l’obligation de bonne conduite, de fractions pour des motifs À défaut, le fractionnement peut être octroyé d’insertion et de probation.
certaines heures fixées doit exécuter une peine d’emprisonnement dont refus par la personne condamnée d’ordre médical, familial, ultérieurement par le juge de l’application des
par le procureur de la la durée totale est inférieure ou égale à cinq d’une modification nécessaire professionnel ou social. peines ou le juge des enfants à toute personne
République, ses horaires ans, et il doit lui rester moins de quatre mois à des conditions d’exécution ou (art. 720-1 du CPP). condamnée à une peine d’emprisonnement en
de sortie étant plus exécuter ou, pour les peines inférieures ou égales d’inobservation par la personne matière correctionnelle dont le reliquat de peine
Annexes
restreints que dans le à six mois, les deux tiers de la peine à exécuter. condamnée des règles disciplinaires
#4
restant à subir est inférieur ou égal à deux ans.
cadre d’un aménagement • Conditions de faisabilité technique : une enquête auxquelles elle est soumise ou des Sont donc exclues du bénéfice d’une telle mesure
de peine. de faisabilité technique peut être réalisée par le mesures énoncées dans la décision les personnes condamnées à une peine criminelle
• Autorité compétente pour SPIP préalablement à la mesure. de placement sous SEFIP, le et les personnes condamnées dont la période de
prononcer la mesure : • Automaticité de l’examen de la situation DFSPIP ou en cas d’urgence, le chef sûreté est en cours.
elle est proposée par le des personnes condamnées : la surveillance d’établissement peuvent retirer la
DFSPIP au procureur de la électronique de fin de peine ne fait l’objet d’aucune mesure et ordonner la réintégration La suspension L’exécution d’une peine La suspension peut être octroyée par le juge de La personne condamnée bénéficiant
République, qui donne son demande de la part de la personne concernée. de la personne condamnée. de peine de peut être suspendue l’application des peines ou le juge des enfants à toute d’une suspension de peine sera suivie
accord. Le SPIP examine automatiquement la situation • En cas de nouvelle condamnation droit commun provisoirement pour des personne condamnée à une peine d’emprisonnement par le juge de l’application des peines
des personnes condamnées concernées. et dans les cas prévus à l’alinéa motifs d’ordre médical, en matière correctionnelle dont le reliquat de peine et le service pénitentiaire d’insertion
précédent, le procureur de familial, professionnel ou restant à subir est inférieur ou égal à deux ans. et de probation.
la République peut également, social. Sont donc exclus du bénéfice d’une telle mesure
par décision motivée, retirer les personnes condamnées à une peine criminelle
le placement sous surveillance Elle s’entend comme une et les personnes condamnées dont la période de
électronique de fin de peine possibilité de différer dans sûreté est en cours.
et ordonner la réintégration le temps l’exécution de sa Une expertise psychiatrique préalable est
de la personne condamnée. peine. (art. 720-1 du CPP). nécessaire dans le cas où l’intéressé a été
300 301
#4 ANNEXES
La suspension Sauf s’il existe un risque La suspension peut être ordonnée, quelle que soit Si la suspension de peine a été
de peine pour grave de renouvellement la nature de la peine ou la durée de la peine restant ordonnée pour une condamnation
raison médicale de l’infraction, la à subir, et pour une durée qui n’a pas prononcée en matière criminelle,
suspension peut être à être déterminée. Elle est possible même une expertise médicale destinée
ordonnée pour les si la période de sûreté assortissant éventuellement à vérifier que les conditions de la
personnes condamnées la condamnation n’est pas encore échue. suspension sont toujours remplies
dont il est établi qu’elles Elle n’est pas possible lors des cas d’hospitalisation doit intervenir tous les six mois.
sont atteintes d’une des personnes détenues en établis-sement de santé Le juge de l’application des peines
pathologie engageant pour troubles mentaux. ou le juge des enfants peut à tout
le pronostic vital ou que La suspension ne peut être ordonnée que si deux moment ordonner une expertise
leur état de santé est expertises médicales distinctes établissent médicale à l’égard d’une personne
durablement incompatible de manière concordante que la personne condamnée ayant bénéficiée d’une
avec le maintien en condamnée se trouve atteint d’une pathologie mesure de suspension de peine
détention (art. 720-1-1 engageant le pronostic vital ou que son état en application du présent article
du CPP). de santé est durablement incompatible avec et ordonner qu’il soit mis fin à la
le maintien en détention. Toutefois, en cas suspension si les conditions de
d’urgence, lorsque le pronostic vital est engagé, celle-ci ne sont plus remplies.
la suspension peut être ordonnée au vu Il en est de même si la personne
d’un certificat médical établi par le médecin condamnée ne respecte pas les
responsable de la structure sanitaire dans obligations qui lui ont été imposées.
laquelle est prise en charge la personne détenue
ou son remplaçant.
Selon le reliquat de peine restant à subir,
cette suspension est ordonnée soit par le juge
de l’application des peines (ou le juge des enfants),
soit par le tribunal de l’application des peines.
Une expertise psychiatrique préalable est
nécessaire dans le cas où l’intéressé a été
condamné pour une infraction pour laquelle le suivi
socio-judiciaire est encouru. Cette expertise doit
être réalisée par deux experts lorsque la personne
a été condamnée pour le meurtre, l’assassinat
ou le viol d’un mineur de moins de quinze ans.
Toutefois, en cas d’urgence, lorsque le pronostic
vital est engagé au vu d’un certificat médical,
l’expertise peut, avec l’accord du procureur
de la République, ne pas être ordonnée.
La suspension de peine pour raison médicale
a pour effet d’interrompre l’exécution de la peine.
La date de fin de peine sera repoussée d’une durée
égale à celle de la suspension (D. 149-1 du CPP).
302
ANNEXES DE LA PARTIE II
Cahier II
Annexes
P. 305 > 312
#4
#4 ANNEXES
ANNEXE O
ANNEXE N CARTE UHSA
CARTE UHSI
Lille (60)
Localisation et ressort territorial des 8 Unités hospitalières sécurisées interrégionales (UHSI)
Lilles (21)
Rennes (40)
Orléans (40)
Paris (45)
Nancy (17)
Rennes (19)
Lyon (60)
Bordeaux (40)
Lyon (23)
Toulouse (40)
Annexes
#4
Marseille (60)
Bordeaux (16)
Source : Ministère des Affaires sociales et de la Santé/DGOS mai 2012 Source : Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé/DGOS 2012
306 307
#4 ANNEXES
À l’issue de cette mise à niveau, chaque région devra être en mesure de répondre aux besoins de soins
en hospitalisation de jour des personnes incarcérées, que ce soit au sein de l’établissement siège du SMPR
ou dans un autre établissement identifié.
ANNEXE P
DÉFINITION ET ORGANISATION DES CELLULES D’HÉBERGEMENT DÉDIÉES
AUX PATIENTS ADMIS EN HOSPITALISATION DE JOUR PSYCHIATRIQUE
La prise en charge en hôpital de jour nécessite l’hébergement dans des cellules dédiées. À ce jour,
cette possibilité n’est offerte que dans certains services médico-psychologiques régionaux (SMPR).
L’objectif est de rationaliser l’accès comme le fonctionnement de cette prise en charge en proposant :
- des critères pour l’implantation des cellules d’hébergement ;
- un protocole fixant les conditions de fonctionnement des cellules d’hébergement.
La révision proposée s’inscrit dans le cadre d’un renforcement général des soins psychiatriques.
Taux d’équipement
Les données disponibles (rapports de secteurs Drees et données DGOS au 1er février 2009) font apparaître
aujourd’hui, au niveau national, les taux d’équipement suivants :
- une place en cellule d’hébergement pour 100 places de détention ;
- 0,8 place en cellule d’hébergement pour 100 personnes détenues.
Ce calcul a été réalisé à partir des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire offrant des possibilités
d’hospitalisation de jour avec accueil effectif en cellules d’hébergement (SMPR).
Ces taux d’équipement sont retenus comme une norme minimale : soit une place en cellule d’hébergement
pour 100 places de détention. Chaque région doit disposer d’au moins une unité sanitaire de niveau 2,
le nombre de places par unité ne pouvant excéder une vingtaine de prises en charge.
Annexes
Cet objectif s’impose prioritairement aux secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire (SMPR) qui se situent
#4
en dessous de cette moyenne mais n’impliquera pas de diminution pour les autres.
Les secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire (SMPR) ne disposant pas de cet équipement minimal
doivent étudier en lien avec les ARS et les DISP concernées la possibilité de disposer de cet équipement.
Les possibilités d’installation au sein d’autres établissements pénitentiaires du secteur seront étudiées
en particulier dans le cas :
- de secteurs géographiques très étendus nécessitant un renforcement du maillage de l’offre de soins ;
- de la présence d’établissements pénitentiaires de grande capacité (700 places et plus) géographiquement
éloignés de l’établissement disposant de places d’hébergement.
La nécessité d’installation de cette offre sera étudiée lors de chaque ouverture d’établissement pénitentiaire
susceptible de modifier l’équilibre entre l’offre et la demande.
308 309
#4 ANNEXES
Sauf en cas d’urgence ou de péril imminent, les changements d’affectation au sein des cellules d’hébergement
décidés par le chef d’établissement pénitentiaire font l’objet d’une concertation préalable avec le médecin.
ANNEXE Q La prise en charge en hospitalisation de jour doit être accessible à l’ensemble des personnes détenues de la
zone géographique correspondante. Le médecin responsable de l’unité d’hôpital de jour examine les demandes
d’admission présentées par les équipes des unités sanitaires de son ressort. Sous réserve de son avis favorable
et des disponibilités au sein des cellules d’hébergement, il transmet au directeur de l’établissement pénitentiaire
une demande de transfert en vue de soins au sein de l’hôpital de jour et d’une affectation en cellule d’hébergement.
STATUT DES PLACES D’HÉBERGEMENT AU SEIN DES UNITÉS SANITAIRES L’admission en hospitalisation de jour est prononcée par le directeur de l’établissement de santé.
DE NIVEAU 2 Le transfert est organisé par l’administration pénitentiaire dans les délais les plus brefs.
Protocole relatif aux cellules d’hébergement dédiées à la prise en charge en hospitalisation de jour
en psychiatrie
Dans chaque établissement pénitentiaire disposant d’une unité sanitaire de niveau 2 identifié, des cellules spécifiques
sont dédiées à un hébergement adapté à l’état de santé des personnes prises en charge en hospitalisation de jour.
La situation de ces cellules au sein de l’établissement doit permettre des déplacements facilités vers le lieu
de soins. Elles font l’objet de la même surveillance par l’établissement pénitentiaire que les autres cellules.
Cette surveillance est exercée le jour par du personnel pénitentiaire affecté spécifiquement à cette mission.
Des formations d’adaptation à la fonction organisées localement sont proposées à ces personnels.
Les cellules doivent être individuelles dans leur majorité. Quelques cellules peuvent compter deux places au
maximum, dans la limite d’un tiers du nombre de places.
Annexes
Leur entretien relève de l’administration pénitentiaire et ne diffère pas de celui des autres cellules de
#4
l’établissement. Leur équipement est conforme aux réglementations en vigueur.
310 311
ANNEXES DE LA PARTIE II
Cahier III : Protection sociale
Annexes
P. 313 > 322
#4
#4 ANNEXES
ANNEXE R
PRESTATIONS SOCIALES DISPONIBLES POUR LES PERSONNES DÉTENUES
Organisme
Prestations sociales Textes réglementaires Organisme payeur Public visé Caractéristiques applicables aux personnes détenues
instructeur
Aide à domicile : art. L. 113-1 et art. L. 231-1 du CASF Conseil général Conseil général Personnes âgées de 65 ans (ou plus de 60 ans Le droit commun s’applique aux personnes détenues.
- allocation simple et allocation en cas d’inaptitude au travail)
représentative de services (sous réserve de conditions de ressources).
ménagers
- prestations d’aide ménagère
AAH Droit commun : art. L. 821-1 du CSS et suivant MDPH CAF (Caisse allocations L’AAH est une prestation non contributive destinée Les personnes qui séjournent en établissement pénitentiaire et remplissant
Allocation aux adultes familiales) ou la MSA à assurer un minimum de ressources les conditions de taux d’incapacité et d’âge ne perçoivent plus, après une période
Personnes détenues : art. L. 821-6 et R. 821-8 (Mutualité sociale agricole) aux personnes handicapées. de 60 jours, que 30 % du montant mensuel de leur allocation.
handicapés du CSS et décret n° 2005-724 du 29 juin 2005
ACS Loi du 13 août 2004 relative à l’assurance maladie CPAM Assurance maladie L’ACS est une aide financière pour les personnes Le droit commun s’applique aux personnes détenues.
Aide au paiement en difficulté qui souhaitent souscrire ou continuer
d’une complémentaire santé à bénéficier d’une complémentaire santé.
Cette aide est réservée aux personnes
dont les ressources n’excèdent pas plus de 20 %
le plafond d’attribution de la CMUc. Le montant varie
en fonction de l’âge. Les personnes qui ont droit
à cette aide peuvent bénéficier de la dispense
d’avance des frais pour la part des dépenses
prises en charge par l’assurance maladie.
ACTP Anciens art. L. 245-1 à 11 du CASF Néant (Plus de Conseil général Personnes âgées handicapées à domicile Le droit commun s’applique aux personnes détenues.
Allocation compensatrice nouvelle qui en bénéficiaient avant la mise en œuvre
pour tierce personne attribution) de la loi du 11 février 2005 relative à la PCH
et ayant sollicité son renouvellement.
Annexes
#4
APA Loi du 20 juillet 2001 relative à la prise en charge Conseil général Conseil général Toute personne âgée d’au moins 60 ans résidant Le droit commun s’applique aux personnes détenues
Allocation personnalisée de la perte d’autonomie des personnes âgées en France et qui se trouve dans l’incapacité comme si elles étaient à leur domicile.
d’autonomie et art. L. 232-1 du CASF et suivants d’assumer les conséquences du manque
ou de la perte d’autonomie liés à son état physique
ou mental a droit à une allocation personnalisée
d’autonomie permettant une prise en charge
adaptée à ses besoins. Le montant varie en fonction
du degré d’autonomie et des ressources.
Aide sociale à l’hébergement art. L. 113-1 et art. L. 231-4 du CASF Conseil général Conseil général Personnes hébergées : Le droit commun s’applique aux personnes détenues à la libération.
- dans un établissement public ou privé
du secteur médico-social ou sanitaire ;
- chez des particuliers (en accueil familial).
314 315
#4 ANNEXES
ANNEXE R SUITE
Organisme
Prestations sociales Textes réglementaires Organisme payeur Public visé Caractéristiques applicables aux personnes détenues
instructeur
CMUc Loi n° 99-641 du 27 juillet 1999 portant création CPAM Assurance maladie ou Personne dont les ressources sont inférieures Les personnes détenues disposant de ressources modestes
Couverture maladie universelle d’une couverture maladie universelle organisme payeur choisi à un plafond revu au 1er juillet de chaque année. doivent faire valoir leurs droits à la CMUc.
complémentaire et art. L. 380-1 du CSS et suivant par la personne Le droit à la CMUC débute au premier jour du mois suivant la date
de la décision d’attribution sauf situation d’urgence.
Champ de la prise en charge pour les personnes détenues :
- prise en charge des frais exposés en sus des tarifs de responsabilité
pour les soins dentaires prothétiques ou orthopédie dento-faciale,
les prothèses auditives et les dispositifs médicaux à usage unique dont l’optique
dans les limites fixées par arrêté ;
- prise en charge du TM lors des soins de ville si la personne détenue exerce une activité
professionnelle suffisante dans les conditions de droit commun lors d’AMP;
- en bénéficier pour le reliquat de la période annuelle de droit à la sortie.
PCH art. L. 245-1 du CASF et décret n° 2005-1591 MDPH Conseil général Cette prestation est un nouveau droit accordé Le droit commun s’applique aux personnes détenues.
Prestation compensatrice du 19 décembre 2005 pour toute personne handicapée âgée de 20 à 59 ans.
du handicap C’est une aide financière destinée à financer
les besoins liés à la perte d’autonomie
des personnes handicapées.
RSA Droit commun : Conseil général CAF (Caisse allocations Le revenu de solidarité active a pour objet d’assurer Si une personne détenue bénéficiait du RSA avant son incarcération,
Revenu de solidarité active loi du 1er décembre 2008 familiales) ou la MSA à ses bénéficiaires des moyens convenables le versement est maintenu les 60 premiers jours de détention puis
généralisant le RSA et réformant les politiques (Mutualité sociale agricole) d’existence, d’inciter à l’exercice d’une activité est ensuite suspendu. Le versement à taux normal reprendra à compter
d’insertion et art. L. 262-1 du CASF et suivant professionnelle et de lutter contre la pauvreté du 1er jour du mois au cours duquel l’incarcération prend fin.
de certains travailleurs, qu’ils soient salariés
Personnes détenues : décret n° 2009-404 ou non salariés.
du 15 avril 2009 relatif et RSA
et art. L. 262-19 et art. R. 262-45 du CASF
Annexes
#4
316 317
#4 ANNEXES
Proposition CPAM du lieu Prestations en nature
de nouvelle rédaction de leur résidence et en espèces du régime
des art. L. 381-30 d'assurance maladie
et art. L. 381-30-5 dont il relève au titre
du CSS de cette activité ou
Prestations en nature du
régime général de l'assurance
à l'extérieur
et art. 132-26 du CPP des art. L381-30 ; CPAM du lieu maladie.
art. L. 381-30-5 de résidence, ou sinon Actuellement, la personne
et art. R. 381-97 du CSS CPAM dont dépend détenue est dispensée
PROTECTION SOCIALE DES PERSONNES EN AMÉNAGEMENTS DE PEINE, l'établissement d'avance des frais sauf
pénitentiaire d'écrou pour le TM et le FJH qui
PERMISSION DE SORTIE OU SEFIP seront remboursés par
l'établissement pénitentiaire.
Textes de Modalités de prise Caisse compétente Régime applicable art. L. 381-30 al.2 CPAM du lieu Prestations en nature
référence en charge des soins du CSS de résidence et en espèces du régime
d'assurance maladie
Libération art. 729, 729-3, art. L. 161-13 CPAM du lieu de Prestations du régime
dont il relève au titre
conditionnelle art. D. 525 du CPP et art. R. 161-4 du CSS résidence ou, sur antérieur à l'incarcération
de cette activité ou à défaut
demande de la personne ou, à défaut, prestations
prestation en nature
libérée, CPAM du lieu en nature du régime général
du régime général.
de détention pendant la de l'assurance maladie.
période fixée à l'article Actuellement, la personne
art. R. 161-4 du CSS détenue est dispensée Fractionnement art. 720-1 du CPP art. L. 161-13 CPAM du lieu Régime antérieur
d'avance des frais sauf de peine et art. R. 161-4 du CSS de résidence ou à défaut régime général de
pour le TM et le FJH l'assurance maladie.
qui seront remboursés
par l'établissement Suspension art. 720-1-1 du CPP art. L. 161-13 CPAM du lieu Régime antérieur
pénitentiaire. de peine pour Loi du 4 mars 2002 et art. R. 161-4 du CSS de résidence ou à défaut régime général
raison médicale de l'assurance maladie.
Droit commun des CPAM du lieu Prestations en nature
travailleurs salariés de résidence et en espèces du régime
d'assurance maladie dont il Permission art. 723-3 et art. D.142 Proposition CPAM dont dépend Prestations en nature
relève au titre de cette activité de sortie à art. D. 147 du CPP de nouvelle rédaction l’établissement du régime général
ou à défaut prestation en des art. L. 381-30-5 pénitentiaire de l’assurance maladie.
nature du régime général. et art. R. 381-97 du CSS Actuellement, la personne
détenue est dispensée
Semi-liberté art. 132-25 et 132-26 Proposition CPAM dont dépend Prestations en nature d’avance des frais sauf
du Code pénal ; de nouvelle rédaction l’établissement du régime général de pour le TM et le FJH qui
art. 723, 723-1, des art. L. 381-30 pénitentiaire d’écrou l’Assurance maladie. seront remboursés par
art. D. 49-1, art. D. 137, et art. L. 381-30-5. Actuellement, la personne l’établissement pénitentiaire.
art. D. 138 du CPP art. R. 381-97 du CSS détenue est dispensée
d’avance des frais sauf SEFIP art. 723-28, Proposition A la diligence de la Prestations en nature
pour le TM et le FJH qui art. D. 147-30-19 de nouvelle rédaction personne placée CPAM du régime général
seront remboursés par à art. D. 147-30-61 des art. L. 381-30-5 du lieu de résidence, de l’assurance maladie.
l’établissement pénitentiaire. du CPP et art. R. 381-97 du CSS ou sinon, CPAM dont Actuellement, la personne
dépend l’établissement détenue est dispensée
art. L. 381-30 al. 2 CPAM du lieu Prestations en nature et pénitentiaire d’écrou d’avance des frais sauf
Annexes
du CSS de résidence en espèces du régime pour le TM et le FJH qui
#4
d'assurance maladie dont il seront remboursés par
relève au titre de cette activité l’établissement pénitentiaire.
ou à défaut prestation en
nature du régime général.
Personne détenue ne travaillant pas à l’extérieur
PSE (placement art. 132-26-2 Proposition PSE ab initio : Prestations en nature
sous surveillance et suivants du CP ; de nouvelle rédaction CPAM du lieu du régime général Personne détenue exerçant une activité
électronique) art. 723-7 à 723-13 de l'art. L. 381-30 de résidence de l’Assurance maladie. professionnelle à l’extérieur
du CPP et art. L. 381-30-5 Actuellement, la personne
du CSS détenue est dispensée
d’avance des frais sauf
pour le TM et le FJH
qui seront remboursés
par l’établissement
pénitentiaire.
PSE après détention : à la diligence de la personne placée, CPAM du lieu de résidence,
ou sinon CPAM dont dépend l’établissement pénitentiaire d’écrou.
318 319
#4 ANNEXES
ANNEXE U
ANNEXE T ACCIDENT DU TRAVAIL ET MALADIE PROFESSIONNELLE EN DÉTENTION
Le versement des prestations en cas d’accident de travail (AT) ou de maladie professionnelle (MP)
concernant les personnes placées sous main de justice
TRAVAIL DE DÉTENTION
Annexes
d’un travail pénal : absence de prestation en cas arrêt maladie, (art. D. 412-62 du CSS).
#4
accident du travail ou chômage après licenciement.
Possibilité de saisir le conseil Absence La rente d’incapacité : en cas d’incapacité permanente > 10 %
des Prud’hommes ou l’inspection
du travail
- seule prestation en espèce versée en détention pour un AT survenu avant ou pendant la détention
Médecine du travail Absence (art. D. 412-66 du CSS) ;
Droit de travail à son propre compte OUI (art. 718 du CPP) - versée par la CPAM à l’AP pendant la détention qui crédite le pécule de libération ou directement au conjoint
ou à ses ayants droit (art. 412-66 du CSS).
320 321
ANNEXES DE LA PARTIE II
Cahier III : Modalités financières
Annexes
P. 323 > 330
#4
#4 ANNEXES
ANNEXE W
ANNEXE V TRANSPORTS SANITAIRES
Entreprise de
transport sanitaire agréée
Véhicule Fourgon
ou taxi conventionné.
sanitaire pénitentiiaire
L’AP met en œuvre la prestation
(choix du transporteur
et commande)
Prise en charge
financière
Annexes
Prise en charge
#4
financière
AP : administration pénitentiaire
ETSR : établissement de santé de référence
UCSA : unité de consultation et de soin ambulatoire
UHSI : unité hospitalière sécurisée interrégionale
324 325
#4 ANNEXES
MODALITÉS DE TRANSPORT DES PATIENTS DÉTENUS
AU DÉPART D’UN ÉTABLISSEMENT DE SANTÉ
ÉTABLISSEMENT PÉNITENTIAIRE
> ÉTABLISSEMENT DE SANTÉ
> Un autre service > Un autre
(unité de soins) de > Un établissement
établissement de santé
l’établissement de santé pénitentiaire
pour hospitalisation
Appel au 15
Véhicule sanitaire
Prise en charge Prise en charge du CH
financière financière Fourgon
Véhicule
Véhicule sanitaire ou taxi
sanitaire ou taxi
Ou entreprise détentrice pénitentiaire conventionné
conventionné
du marché public
Facturation
Annexes
Prise en charge assurance maladie
#4
enveloppe MIG SMUR (65 %)
de l’ETS TM à AP (35 %) Prise en charge Prise en charge Prise en charge Prise en charge
financière financière financière financière
AP : administration pénitentiaire
ETSR : établissement de santé de référence AP : administration pénitentiaire
UCSA : unité de consultation et de soin ambulatoire ETSR : établissement de santé de référence
UHSI : unité hospitalière interrégionale sécurisée UHSI : unité hospitalière interrégionale sécurisée
SMUR : service médicalisé urgence et réanimation
326 327
#4 ANNEXES
ANNEXE X
ESCORTE ET GARDE DE PERSONNES DÉTENUES LORS D’EXTRACTIONS
MÉDICALES OU D’HOSPITALISATIONS
Hospitalisation
*En fonction du profil de dangerosité de la personne détenue, une demande de renfort par les forces de l’ordre peut être demandée auprès de l’autorité
préfectorale.
(**) Pour l’UHSI de Paris, les hospitalisations hors UHSI mais au sein de l’hôpital de rattachement La Pitié Salpêtrière sont, par exception locale,
de la compétence des personnels pénitentiaires.
328
ANNEXES DE LA PARTIE II
Cahier IV
Annexes
P. 331 > 336
#4
#4 ANNEXES
ANNEXE Z
ANNEXE Y ÉTABLISSEMENTS D’ACCUEIL DISPONIBLES
POUR LES PERSONNES DÉTENUES HANDICAPÉES
Établissements Textes Missions de l’établissement Autorisation Financement Orientation
CARTE DES ÉTABLISSEMENTS PÉNITENTIAIRES POUR PEINES SPÉCIALISÉES et services de référence
pour personnes
DANS LA PRISE EN CHARGE DES AICS handicapées
B 2 Services de prise en charge et accompagnement
Au 1er novembre 2011, 3 401 écroués pour ICS sur un ensemble de 10 647 écroués
dans les établissements spécialisés SAVS C : L. 312-1-I -7 ° Les services d’accompagnement à la PCG CG - Prix Décision
A : L. 313-1 ss vie sociale (SAVS) prennent en charge de Journée CDAPH
RT : D. 312 -162 des adultes handicapés (y compris les
à 165 du CASF TH) nécessitant :
Lille Bapaume (CD) - une assistance ou un
230 AICS / 573 Écroués
Val-de-Reuil (CD) accompagnement pour tout ou partie
Taux d’occupation 95,3%
224 AICS / 735 Écroués
Taux d’occupation 96,1%
Liancourt (CD)
des actes essentiels de l’existence ;
Caen (CD) 152 AICS / 791 Écroués - un accompagnement social en
252 AICS / 416 Écroués Taux d’occupation 110,0%
Taux d’occupation 84,7%
milieu ouvert et un apprentissage à
Paris Strasbourg l’autonomie. Il s’agit de contribuer
Argentan (CD) Toul (CD) à la réalisation du projet de vie
Melun (CD)
145 AICS / 628 Écroués 210 AICS / 421 Écroués
172 AICS / 290 Écroués
Taux d’occupation 98,1% Taux d’occupation 94,2%
Taux d’occupation 98,1% des personnes et leurs liens
Rennes sociaux, scolaires, universitaires ou
Nantes (CD) professionnels.
162 AICS / 842 Écroués
Joux-la-Ville (CD) Ensisheim (CD)
Taux d’occupation 119,8% Dijon 219 AICS / 586 Écroués 59 AICS / 191 Écroués SAMSAH C : L. 312-1-I -7 ° Les services d’accompagnement ARS + PCG CG (Tarif Décision
Poitiers Vivonne (CD) Taux d’occupation 97,3% Taux d’occupation 95,5%
134 AICS / 535 Écroués
A : L. 313-1 ss médico-social pour adultes journalier) CDAPH
Taux d’occupation 91,6% RT : D. 312 - 166 à handicapés prennent en charge des
169 du CASF personnes dont l’état nécessite, en + AM (Forfait
Roanne (CD)
Saint-Martin-de-Ré (CD) Bordeaux 154 AICS / 535 Écroués + D. 344-5-1 plus des interventions mentionnées soins)
95 AICS / 373 Écroués
Bédenac (CD)
Taux d’occupation 92,1% à D. 344 - 5 -16 pour les SAVS :
Taux d’occupation 81,1% Riom (CD)
75 AICS / 160 Écroués
71 AICS / 151 Écroués pour handicap - des soins réguliers et coordonnés ;
Taux d’occupation 92,5%
Taux d’occupation 92,1% Saint-Quentin-Fallavier (CD) lourd et complexe - un accompagnement médical et
79 AICS / 529 Écroués
Lyon Taux d’occupation 123,0%
paramédical en milieu ouvert.
Mauzac (CD)
233 AICS / 340 Écroués
Taux d’occupation 94,4% Toulouse
SSIAD (PH) L. 312-1-I- 7° Les services de soins infirmiers ARS AM - 100 % Prescription
Marseille et D. 312-1 à 312-5 à domicile assurent des prestations médicale puis
du CASF de soins infirmiers (soins de base décision du
Annexes
Muret (CD) ou techniques et relationnels) auprès gestionnaire
#4
217 AICS / 606 Écroués Salon-de-Provence (CD)
Taux d’occupation 98% 182 AICS / 642 Écroués de personnes adultes handicapées
Taux d’occupation 96,0%
< 60 ans présentant un handicap ou
atteintes de pathologies chroniques.
Perpignan (CD) Le SSIAD intervient à domicile ou dans
Réunion 85 AICS / 662 Écroués
Taux d’occupation 123,0% Casabianda-Aleria (CD) des établissements non médicalisés.
Le Port (la Réunion) (CD) 147 AICS / 150 Écroués
104 AICS / 459 Écroués Taux d’occupation 92,8%
Taux d’occupation 89% SAAD (PH) C : L. 312-1-I- 7° Les services d’aide et PCG Usager ou Décision du
CASF et L. 7231-1 d’accompagnement à domicile PCH gestionnaire
du Code du Travail interviennent auprès de personnes + évaluation
RT : D. 312-6 handicapées avec des prestations MDPH si PCH
du CASF de services ménagers ou d’aide pour
les activités de la vie quotidienne,
Ministère de la Justice / CAP / PMJ / Cellule Informatique concourant ainsi au soutien à domicile,
à la préservation de l’autonomie
et d’activités sociales.
332 333
#4 ANNEXES
334
ANNEXES GÉNÉRALES
Annexes
#4
#4 ANNEXES
Centre pour peine aménagée (CPA)
Établissement pénitentiaire qui reçoit des personnes volontaires placées sous écrou et faisant l’objet d’une
mesure de semi-liberté ou d’un placement à l’extérieur ainsi que des personnes détenues dont le reliquat de
peine est inférieur à deux ans, afin de leur permettre de concrétiser un projet de réinsertion.
Annexes
Établissement pénitentiaire pour les personnes condamnées les plus difficiles. Leur régime de détention est peine (où l’écrou subsiste). La personne libérée n’est en effet plus sous écrou, à la différence des personnes
#4
essentiellement axé sur la sécurité. en aménagement de peine.
Cas particulier de la liberté conditionnelle où la personne est libre et n’est plus sous écrou mais est toujours
Centre de semi-liberté (CSL) soumise à des mesures de contrôle et n’a pas fini d’exécuter sa peine.
Établissement pénitentiaire qui reçoit des personnes condamnées admises au régime de la semi-liberté.
Régime de semi-liberté : modalité d’exécution d’une peine. Elle autorise une personne condamnée à exercer, PERMISSIONS DE SORTIE ET AMÉNAGEMENTS DE PEINE
en dehors d’un établissement pénitentiaire, une activité professionnelle, à suivre un enseignement ou à
bénéficier d’un traitement médical. À l’issue de ces activités quotidiennes, la personne condamnée rejoint le Permissions de sortie et autorisations de sortie sous escorte
centre de semi-liberté.
Personne en permission de sortie
La permission de sortie est l’autorisation donnée à une personne condamnée incarcérée de s’absenter de
l’établissement pénitentiaire pendant une période déterminée pour se rendre en un lieu situé sur le territoire
national (art. 723-3 et D. 142 du CPP).
338 339
#4 ANNEXES
NB : Il convient de ne pas confondre le PSE avec le placement sous surveillance électronique mobile (PSEM)
qui constitue une mesure non autonome de sûreté qui consiste, à la libération de certaines personnes
condamnées dangereuses, à les soumettre au port continu d’un dispositif électronique permettant de les
localiser et de déterminer à tout moment où se trouvent les intéressés (art. R. 61-21 et suivants du CPP).
Autorisation de sortie sous escorte Le PSEM se distingue du placement sous surveillance électronique « fixe » (PSE), qui consiste à assigner
L’autorisation de sortie sous escorte (de police, de gendarmerie ou pénitentiaire) est une mesure exceptionnelle une personne en un lieu précis, à des temps déterminés.
accordée à la personne détenue qu’elle soit prévenue ou condamnée pour se rendre par exemple aux obsèques
d’un proche (art. 148-5, 723-6 et D. 425 du CPP). Libération conditionnelle
La libération conditionnelle est une mesure d’individualisation de la peine qui permet à une personne
Aménagements de peine condamnée d’être libérée, avant le terme de sa peine, en bénéficiant de mesures d’aide et de contrôle.
Les personnes condamnées peuvent bénéficier d’une libération conditionnelle si elles manifestent des efforts
Fractionnement ou suspension de la peine sérieux de réadaptation sociale et lorsqu’elles justifient de l’exercice d’une activité professionnelle, d’un
L’exécution d’une peine peut être suspendue provisoirement ou fractionnée pour motif grave d’ordre médical, enseignement ou d’une formation, de la participation essentielle à la vie de leur famille, de la nécessité de
familial, professionnel ou social (art. 132-27 du CP et 720-1 du CPP). suivre un traitement médical, de leurs efforts en vue d’indemniser leurs victimes ou de leur implication dans
Le fractionnement d’une peine s’entend en une possibilité pour la personne condamnée d’exécuter sa peine sous tout autre projet sérieux d’insertion ou de réinsertion (art. 729 du CPP).
forme de fractions, la suspension d’une peine comme une possibilité de différer dans le temps l’exécution de sa peine.
Annexes
La personne semi-libre est astreinte à rejoindre l’établissement pénitentiaire selon les modalités déterminées
#4
par le juge de l’application des peines en fonction du temps nécessaire à l’activité en vue de laquelle il a été Placement sous
admis au régime de la semi-liberté (articles 132-25 et 132-26 du CP, art. 723 et suivants du CPP). surveillance OUI NON NON
électronique
Placement sous surveillance électronique (PSE) Semi-liberté OUI NON OUI NON
Le placement sous surveillance électronique fixe comporte pour la personne condamnée l’interdiction de 4
Placement à l’extérieur OUI NON OUI NON
s’absenter de son domicile ou de tout autre lieu désigné par le juge de l’application des peines en dehors des
périodes fixées par celui-ci afin que la personne condamnée puisse suivre une activité professionnelle, un Libération conditionnelle NON NON NON OUI
enseignement ou une formation, la vie de sa famille, ou un traitement médical (art. 132-26-2 et suivants du
CP et art. 723-7 du CPP).
La personne condamnée porte à la cheville un « bracelet » qui, couplé à un récepteur placé au lieu
d’assignation, permet à l’administration pénitentiaire de s’assurer à distance de sa présence en ce lieu aux
heures déterminées par le juge. 4
Hébergé soit en établissement pénitentiaire soit à l’extérieur selon la décision du juge.
340 341
#4 ANNEXES
• Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté
des personnes handicapées
• Loi n° 2005-1549 du 12 décembre 2005 relative au traitement de la récidive des infractions pénales
ANNEXE 2 • Loi n° 2007-308 du 5 mars 2007 rénovant la protection juridique des majeurs incapables
• Loi n° 2007-1545 du 30 octobre 2007 instituant le contrôleur général des lieux de privation de liberté
TEXTES LÉGISLATIFS ET RÉGLEMENTAIRES • Loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé
et aux territoires
LOIS
• Loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 pénitentiaire
• Loi n° 85-1461 du 31 décembre 1985 relative à la sectorisation psychiatrique
• Ordonnance n° 2010-177 du 23 février 2010 de coordination avec la loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant
• Loi n° 90-527 du 27 juin 1990 relative aux droits et à la protection des personnes hospitalisées en raison réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires
de troubles mentaux et à leurs conditions d’hospitalisation
• Loi n° 2010-242 du 10 mars 2010 tendant à amoindrir les risques de récidives criminelles et portant diverses
• Loi n° 94-43 du 18 janvier 1994 relative à la santé publique et à la protection sociale dispositions de procédure pénale
• Loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 d’orientation et de programmation relative à la sécurité • Loi organique n° 2011-333 du 29 mars 2011 relative au défenseur des droits
• Loi n° 96-452 du 28 mai 1996 portant diverses mesures d’ordre sanitaire, social et statutaire • Loi n° 2011-334 du 29 mars 2011 relative au défenseur des droits
• Loi n° 98-349 du 11 mai 1998 relative à l’entrée et au séjour des étrangers en France et au droit d’asile • Loi n° 2011-672 du 16 juin 2011 relative à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité
• Loi n° 98-468 du 17 juin 1998 relative à la prévention et la répression des infractions sexuelles ainsi • Loi n° 2011-803 du 5 juillet 2011 relative aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins
qu’à la protection des mineurs psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge
• Loi n° 98-535 du 1er juillet 1998 relative au renforcement de la veille sanitaire et au contrôle de la sécurité • Loi n° 2011-1906 du 21 décembre 2011 de financement de la Sécurité sociale pour 2012
sanitaire des produits destinés à l’homme
• Loi n° 2012-409 du 27 mars 2012 de programmation relative à l’exécution des peines
• Loi n° 2001-1062 du 15 novembre 2001 relative à la sécurité quotidienne
DÉCRETS
Annexes
• Loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale
#4
• Décret n° 65-73 du 27 janvier 1965 modifiant les circonscriptions des Directions régionales des services
• Loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé pénitentiaires en métropole
• Loi n° 2002-1138 du 9 septembre 2002 d’orientation et de programmation pour la justice • Décret n° 79-534 du 3 juillet 1979 modifiant diverses dispositions du Code de procédure pénale (troisième
partie : décrets) en matière d’exécution de la détention
• Loi n° 2003-239 du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure
• Décret n° 86-602 du 14 mars 1986 relatif à la lutte contre les maladies mentales et à l’organisation
• Loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique de la sectorisation psychiatrique
• Loi n° 2004-810 du 13 août 2004 relative à l’assurance maladie • Décret n° 87-604 du 31 juillet 1987 relatif à l’habilitation des personnes auxquelles peuvent être confiées
certaines fonctions dans les établissements pénitentiaires
342 343
#4 ANNEXES
• Décret n° 2008-689 du 9 juillet 2008 relatif à l’organisation du ministère de la Justice
• Décret n° 2009-1540 du 10 décembre 2009 relatif à l’organisation et aux missions des Directions régionales
de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale
• Décret n° 90-437 du 28 mai 1990 fixant les conditions et les modalités de règlement des frais occasionnés
par les déplacements des personnels civils sur le territoire métropolitain de la France lorsqu’ils sont à la • Décret n° 2010-95 du 25 janvier 2010 relatif à l’administration centrale des ministères chargés des Affaires
charge des budgets de l’État, des établissements publics nationaux à caractère administratif et de certains sociales et portant création d’une Direction générale de la cohésion sociale
organismes subventionnés
• Décret n° 2010-214 du 2 mars 2010 relatif au ressort territorial, à l’organisation et aux attributions
• Décret n° 94-929 du 27 octobre 1994 relatif aux soins dispensés aux personnes détenues par les des services déconcentrés de la protection judiciaire de la jeunesse
établissements de santé assurant le service public hospitalier
• Décret n° 2010-336 du 31 mars 2010 portant création des agences régionales de santé
• Décret n° 98-1099 du 8 décembre 1998 relatif à l’organisation et au fonctionnement des établissements
pénitentiaires • Décret n° 2010-344 du 31 mars 2010 tirant les conséquences, au niveau réglementaire, de l’intervention
de la loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé
• Décret n° 2002-424 du 28 mars 2002 fixant la liste des enquêtes administratives pouvant donner lieu et aux territoires
à la consultation de traitements autorisés de données personnelles
• Décret n° 2010-271 du 15 mars 2010 portant organisation de la Direction générale de l’offre de soins
• Décret n° 2002-619 du 26 avril 2002 dispositions relatives à la suspension de peine
• Décret n° 2010-507 du 18 mai 2010 relatif aux modalités de garde, d’escorte et de transport des personnes
• Décret n° 2005-1606 du 19 décembre 2005 relatif aux missions des centres d’accueil et d’accompagnement détenues hospitalisées en raison de troubles mentaux
à la réduction des risques pour usagers de drogues et modifiant le Code de la santé publique (dispositions
réglementaires) • Décret n° 2010-1029 du 30 août 2010 relatif à la politique du médicament et des dispositifs médicaux stériles
dans les établissements de santé
• Décret n° 2006-6 du 4 janvier 2006 relatif à l’hébergement de données de santé à caractère personnel
et modifiant le Code de la santé publique (dispositions réglementaires) • Décret n° 2010-1408 du 12 novembre 2010 relatif à la lutte contre les événements indésirables associés aux
soins dans les établissements de santé
• Décret n° 2006-338 du 21 mars 2006 modifiant le Code de procédure pénale (troisième partie : décrets)
et relatif à l’isolement des personnes détenues • Décret n° 2010-1635 du 23 décembre 2010 portant application de la loi pénitentiaire et modifiant le Code
de procédure pénale
• Décret n° 2006-672 du 8 juin 2006 relatif à la création, à la composition et au fonctionnement de commissions
administratives à caractère consultatif • Décret n° 2010-1634 du 23 décembre 2010 portant application de la loi pénitentiaire et modifiant le Code
de procédure pénale
• Décret n° 2007-877 du 14 mai 2007 relatif aux missions des centres de soins, d’accompagnement
Annexes
et de prévention en addictologie • Décret n° 2010-1668 du 29 décembre 2010 relatif aux attributions et à l’organisation des missions
#4
de l’inspecteur général des services judiciaires
• Décret n° 2007-931 du 15 mai 2007 relatif aux statuts d’emplois de directeur interrégional et de directeur
fonctionnel des services pénitentiaires • Décret n° 2011-77 du 19 janvier 2011 portant actualisation de la liste et des critères médicaux utilisés
pour la définition des affections ouvrant droit à la suppression de la participation de l’assuré
• Décret n° 2007-1428 du 3 octobre 2007 relatif aux pharmacies à usage intérieur et modifiant le Code
de la santé publique (dispositions réglementaires) • Décret n° 2011-980 du 23 août 2011 relatif à l’armement des personnels pénitentiaires
• Décret n° 2007-1627 du 16 novembre 2007 modifiant le Code de procédure pénale et renforçant le recours • Décret n° 2011-1049 du 6 septembre 2011 pris pour l’application de la loi n° 2011-672 du 16 juin 2011 relative
aux aménagements de peines et la lutte contre la récidive à l’immigration, l’intégration et la nationalité et relatif aux titres de séjour
• Décret n° 2008-87 du 24 janvier 2008 relatif au fonctionnement et au financement des centres de soins, • Décret n° 2011-1471 du 8 novembre 2011 relatif au Comité interministériel de coordination de la santé
d’accompagnement et de prévention en addictologie
344 345
#4 ANNEXES
• Arrêté du 4 octobre 2010 relatif à l’accessibilité des personnes handicapées dans les établissements
pénitentiaires lors de leur construction
• Arrêté du 9 novembre 2010 fixant les conditions de réalisation des tests rapides d’orientation diagnostique
de l’infection à virus de l’immunodéficience humaine (VIH 1 et 2)
• Décret n° 2011-2022 du 28 décembre 2011 relatif à la convocation des personnes sous suivi socio-judiciaire
et à l’appel des décisions du tribunal correctionnel pour mineurs • Arrêté du 29 novembre 2010 relatif à l’organisation de la Direction de l’administration pénitentiaire
• Décret n° 2012-271 du 27 février 2012 relatif au Fonds d’intervention régional des agences régionales • Arrêté du 29 décembre 2010 modifiant l’arrêté du 9 juillet 2008 fixant l’organisation en sous-directions
de santé de la Direction de l’administration pénitentiaire
ARRÊTÉS • Arrêté du 6 avril 2011 relatif au management de la qualité de la prise en charge médicamenteuse
et aux médicaments dans les établissements de santé
• Arrêté du 31 mars 1999 relatif à la prescription, à la dispensation et à l’administration des médicaments
• Arrêté du 27 octobre 2011 sur la réception ou l’envoi d’objets au sein des établissements pénitentiaires
• Arrêté du 24 août 2000 relatif à la création des unités hospitalières sécurisées interrégionales destinées
à l’accueil des personnes incarcérées • Arrêté du 9 novembre 2011 relatif aux conditions d’établissement et de transmission des avis rendus
par les agences régionales de santé
• Arrêté du 22 juin 2001 relatif aux bonnes pratiques de pharmacie hospitalière
CIRCULAIRES, INSTRUCTIONS ET NOTES
• Arrêté du 10 avril 2002 modifiant l’arrêté du 31 décembre 1999 pris pour l’application des art. L. 162-9
et art. L. 861-3 du Code de la Sécurité sociale et relatif aux soins dentaires prothétiques ou d’orthopédie • Circulaire DGS/VS2-DSS/AM3-DH n° 32 du 26 mars 1993 relative au dépistage et au traitement de certaines
dento-faciale pris en charge par la protection complémentaire en matière de santé IST, dans les centres de planification ou d’éducation familiale
• Arrêté du 29 septembre 2006 relatif aux programmes de dépistage des cancers • Circulaire 8 décembre 1994 relative à la prise en charge sanitaire des personnes détenues et à leur protection
sociale NOR : SPSH9403796C
• Arrêté du 9 juillet 2008 fixant l’organisation en sous-directions de la Direction de la protection judiciaire de
la jeunesse • Circulaire DGS/DH n° 96/239 du 3 avril 1996 relatives aux orientations dans le domaine de la prise
en charge des toxicomanes
• Arrêté du 17 mars 2010 fixant le ressort territorial des Directions interrégionales de la protection judiciaire
de la jeunesse • Circulaire DGS/DH/DAP n° 739 du 5 décembre 1996 relative à la lutte contre l’infection par le virus
de l’immunodéficience humaine (VIH) en milieu pénitentiaire
• Arrêté du 28 mai 2010 fixant les conditions de réalisation du diagnostic biologique de l’infection à virus
de l’immunodéficience humaine (VIH 1 et 2) et les conditions de réalisation du test rapide d’orientation • Note Dap du 22 janvier 1997 n° 064 relative à la lutte contre le VIH en milieu pénitentiaire
Annexes
diagnostique dans les situations d’urgence
#4
• Note Dap du 5 novembre 1997 n° 2020 relative à la distribution systématique d’eau de Javel aux personnes
• Arrêté d’application du 8 juillet 2010 fixant les conditions de la levée de l’anonymat dans les consultations de détenues
dépistage anonyme et gratuit et dans les centres d’information, de dépistage et de diagnostic des infections
sexuellement transmissibles • Circulaire DGS/DH/DSS n° 98-423 du 9 juillet 1998 relative aux missions et aux objectifs des consultations de
dépistage anonyme et gratuit ou de dépistage gratuit du virus de l’immunodéficience humaine
• Arrêté du 20 juillet 2010 relatif au ressort territorial des unités spécialement aménagées destinées à l’accueil
des personnes incarcérées souffrant de troubles mentaux • Circulaire NOR : JUSE 9940062C du 16 août 1999 relative aux conditions d’accueil des enfants laissés auprès
de leur mère incarcérée
• Arrêté du 2 août 2010 relatif au cahier des charges des programmes d’éducation thérapeutique du patient et
à la composition du dossier de demande d’autorisation • Circulaire DHOS/02 – DGS/SD6B n° 2000-460 du 8 septembre 2000 relative à l’organisation des soins
hospitaliers pour les personnes ayant des conduites addictives
346 347
#4 ANNEXES
• Circulaire DGS/RI2/DGOS/DGT/DSS/2008/91 du 13 mars 2008 relative aux recommandations de prise en
charge des personnes exposées à un risque de transmission du virus de l’immunodéficience humaine (VIH)
• Circulaire DGS/DGAS/DHOS/DPJJ n° 230/02 du 3 mai 2002 relative à la prise en charge concertée • Note DAP n° 509 du 15 septembre 2009
des troubles psychiques des enfants et adolescents en grande difficulté
• Circulaire DHOS/F4/2009/319 du 19 octobre 2009 relative aux règles de facturation des soins dispensés dans
• Circulaire DHOS/DGS/DAP du 24 juillet 2003 relative au rôle des médecins intervenant auprès des personnes les établissements de santé
détenues dans le cadre de la suspension de peine pour raison médicale
• Circulaire DGS/RI1/2009/334 du 4 novembre 2009 relative à la transmission obligatoire de données
• Circulaire du 10 février 2004 relative à la garde des femmes enceintes dans les hôpitaux individuelles à l’autorité sanitaire en cas de rougeole et la mise en œuvre de mesures préventives autour
d’un cas ou de cas groupés
• Circulaire du 18 novembre 2004 DAP relative à l’organisation des escortes pénitentiaires des personnes
détenues lors d’une consultation médicale NOR : JUSK 0440155C • Protocole relatif aux systèmes d’information des unités sanitaires des établissements pénitentiaires signé
le 27 mai 2009, et son avenant en date du 19 décembre 2009
• Circulaire n° 27 DHOS/DGS/DSS/DGAS/DAP du 10 janvier 2005 relative à l’actualisation du guide
méthodologique relatif à la prise en charge sanitaire des personnes détenues et à leur protection sociale • Instruction DGS/MC2/DGOS/R4/2010/390 du 17 novembre 2010 relative à l’organisation de la prise en charge
des addictions en détention
• Circulaire DGS/SD6D/DHOS/O2/2006/09 du 10 janvier 2006 relative à l’inspection sanitaire des établissements
pénitentiaires • Instruction DGS/RI1/2011/33 du 27 janvier 2011 relative à la prophylaxie des infections invasives
à méningocoque
• Circulaire interministérielle du 13 mars 2006 DAP/DHOS/DGPN/DGGN relative à l’aménagement ou
à la création de chambres sécurisées dans les établissements publics de santé • Circulaire DAP/DPJJ relative au régime de détention des mineurs (à paraître)
• Circulaire DHOS/DAP du 31 janvier 2007 relative aux conditions d’application de l’interdiction de fumer • Circulaire interministérielle DGOS/R4/DAP/PMJ2 ETSH 1107932C du 18 mars 2011 relative à l’ouverture
Annexes
dans les lieux relevant de l’administration pénitentiaire applicable le 1er février 2007 et au fonctionnement des UHSA
#4
• Circulaire DGS/MC1/DHOS/O2/DAP/DAGE/RI/2007/272 du 26 juin 2007 relative à la lutte contre la tuberculose • Circulaire JUSK 1140022C du 14 avril 2011 relative aux moyens de contrôle des personnes détenues
en milieu pénitentiaire
• Circulaire JUSK 1140024C du 9 juin 2011 relative au régime disciplinaire des personnes détenues
• Circulaire du 20 novembre 2007 renforçant le recours aux aménagements de peines et la lutte contre
la récidive sur ses dispositions relatives à l’expertise préalable aux aménagements de peine • Circulaire DGOS/R4/2011/312 du 29 juillet 2011 relative aux droits et à la protection des personnes faisant
l’objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge
• Circulaire DGS/MC2/2008/79 du 28 février 2008 relative à la mise en place des centres de soins,
d’accompagnement et de prévention en addictologie et à la mise en place des schémas régionaux • Note DAP/EMS1 de mars 2012
médico-sociaux d’addictologie
• Circulaire DAP/DACG/DPJJ JUSK 1140021C du 2 août 2011 relative à l’échange d’informations entre
les services relevant du ministère de la Justice visant la prévention du suicide en milieu carcéral
348 349
#4 ANNEXES
• Note Dap du 30 novembre 2011 sur la réception ou l’envoi d’objets au sein des établissements pénitentiaires
• Protocole santé-justice du 16 décembre 2011 définissant les modalités d’orientation des AICS, la prise
en charge pénitentiaire et judiciaire spécifique, la réalisation d’un protocole local et l’évaluation des mesures
mises en œuvre
• Circulaire JUSK 1140029C du 20 février 2012 sur le maintien des liens extérieurs
350
#4 ANNEXES
IGAS
• « L’organisation des soins aux détenus », rapport d’évaluation de l’Igas, juin 2001
• Aubin C. et Jourdain-Ménninger D., Évaluation des politiques de prévention des grossesses non
désirées et de prise en charge des interruptions volontaires de grossesse suite à la loi du 4 juillet 2001 ,
AUTRES
• Santé en prison, dix ans après la loi : quelle évolution dans la prise en charge des personnes détenues ?,
Colloque, décembre 2004
AVIS, RAPPORTS ET AUTRES DOCUMENTS • Rapport 2010, sous la direction du professeur Patrick Yeni, avec le soutien du ministère en charge de la
Santé et des Sports sur la prise en charge médicale des personnes infectées par le VIH, 19 juillet 2010
AVIS
DOCUMENTS
HAS
• Comment mieux informer les femmes enceintes ? avril 2005 PLANS/PROGRAMMES
• Préparation à la naissance et à la parentalité, novembre 2005 • Plan d’actions du garde des Sceaux du 15 juin 2009 relatif à la prévention du suicide en milieu carcéral
• Favoriser l’allaitement maternel : processus - évaluation, juin 2006 • Plan d’actions stratégiques 2010-2014 relatif à la politique de santé pour les personnes placées sous main
• Stratégies thérapeutiques d’aide au sevrage tabagique. Efficacité, efficience et prise en charge financière, de justice
janvier 2007 • Programme national d’actions contre le suicide 2011-2014
• Grossesses à risque : orientation des femmes enceintes entre les maternités en vue de l’accouchement,
mai 2007 GUIDES
• Guide méthodologique relatif à la prise en charge des personnes détenues, septembre 2004
CONTRÔLEUR GÉNÉRAL DES LIEUX DE PRIVATION
• Avis du 30 juin 2010 relatif à la prise en charge des personnes transsexuelles incarcérées RECOMMANDATIONS
• Étude sur l’accès aux soins des personnes détenues, recommandations de la Commission nationale
RAPPORTS, DOCUMENTS, OUVRAGES ET ARTICLES consultative des droits de l’Homme, janvier 2006
• Des recommandations de la conférence de consensus clinique sur « la crise suicidaire : reconnaître
RAPPORTS et prendre en charge », ANAES, octobre 2000
Annexes
et psychiatrique des personnes majeures placées sous main de justice, juillet 2009 mars 2005
#4
• Alvin P. et Marcelli D., « Médecine de l’adolescent », coll. Pour le praticien, Éditions Masson,
CONTRÔLEUR GÉNÉRAL DES LIEUX DE PRIVATION DE LIBERTÉ 2e édition, 2005, pages 362-363
• Rapport annuel d’activité 2009 du contrôleur général des lieux de privation de liberté • Bourdillon F. (sous la direction de), Agences régionales de santé : promotion, prévention et programmes
de santé, Saint-Denis, Inpes, coll. Varia, 2009, 192 p. fiche 1 page 48
COUR DES COMPTES • Sannier O., « Évaluation des détenus âgés d’un centre pénitentiaire de l’Oise basée sur le système
• Le service public pénitentiaire, prévenir la récidive, gérer la vie carcérale, 20 juillet 2010 de mesure de l’autonomie fonctionnelle (SMAF) », La revue de gériatrie, tome 35, n° 9, 2010
• « Réduction des risques infectieux chez les usagers de drogues », Expertise collective de l’Inserm, 2010
DAP • « Suicide en prison : la France comparée à ses voisins européens », Populations et sociétés, n° 462,
• Stankoff S. et Dhérot J., Rapport de la mission santé-justice sur la réduction des risques de transmission décembre 2009, Ined
du VIH et des hépatites virales en milieu carcéral, Direction générale de la santé, Direction de • Marsala V., Pautrat C., Évaluation du dispositif d’hospitalisation en soins somatiques des personnes
l’administration pénitentiaire, décembre 2000 détenues, Igas, IGSJ, juin 2011
352 353
#4 ANNEXES
• Recommandation de bonnes pratiques de la HAS, prise en charge des auteurs d’agression sexuelle
à l’encontre de mineurs de moins de 15 ans, juillet 2009 :
[Link]
• Dépistage de l’infection par le VIH- Modalités de réalisation des tests de dépistage, octobre 2008 :
• « L’augmentation du suicide en prison en France depuis 1945 » et « Suicide et tentatives de suicide : [Link]
état des lieux en France », Numéro thématique du Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’INVS, depistage_de_linfection_par_le_vih_en_france__modalites_de_realisation_des_tests_de_
n° 47-48, décembre 2011 depistage_2008-10-22_11-55-8_316.pdf
• ANRS Pri2de. Michel L., Jauffret-Roustide M., Blanche J., et al. Limited access to HIV prevention in French • État des lieux et recommandations pour le dépistage du cancer du col de l’utérus en France, HAS,
prisons (ANRS-PRI2DE) : implications for public health and drug policy. BMC Public Health, 2011, vol. 11, juillet 2010 :
n° 400, 29 p [Link]
depistage_cancer_du_col_de_luterus.pdf
LIENS • Site de la HAS, laquelle publie ici et actualise régulièrement des guides sur les ALD pour les
professionnels de santé :
AFSSAPS [Link]
• L’AFSSAPS a diffusé une mise au point sur la conduite à tenir pour l’évaluation et le suivi psychiatrique
avant, pendant et après le traitement de l’hépatite C en avril 2008 : INPES
[Link] • Relatifs à l’actualité
psychiatriques-chez-les-patients-adultes-infectes-par-le-virus-de-l-hepatite-C-et-traites-par-peg- [Link]
interferon-alfa-et-ribavirine-Mise-au-point/(language)/fre-FR • Site de l’Inpes :
[Link]
ANAP • « Prévention de l’hépatite B pour les personnes les plus exposées» , Inpes, mai 2005 :
• [Link] [Link]
• Deux livrets didactiques sur l’hépatite C, l’un à l’usage des professionnels, l’autre à remettre aux patients,
ARS sont diffusés gratuitement sur demande par l’Inpes. Ils font le point non seulement sur la prise en charge
• Site des agences régionales de santé : mais également sur les conseils à dispenser aux patients :
[Link] [Link]
• Un dépliant « Hépatite C – un dépistage positif, que faire ?» donne les informations utiles à délivrer aux
ASIP SANTE patients en cas de dépistage positif (source Inpes) :
• [Link] [Link]
DAP INVS
• Note de la DAP du 5 novembre 1997 sur la distribution systématique d’eau de Javel aux personnes • Le calendrier des vaccinations et les recommandations vaccinales 2011 selon l’avis du Haut conseil
détenues : de la santé publique :
[Link] [Link]
Annexes
• La liste des maladies à déclaration obligatoire avec pour chaque maladie, la fiche de déclaration
#4
DGS et un dossier thématique est disponible sur le site de INVS :
• Note de la DGS du 21 novembre 1997 sur les modalités d’utilisation et de diffusion de l’eau de Javel comme [Link]
outil de réduction des risques infectieux chez les usagers de drogues par voie intraveineuse : • Le tableau ci-joint précise selon les pathologies celles qui requièrent un signalement immédiat pour une
[Link] intervention urgente auprès de la plate-forme de veille et de gestion des urgences sanitaires de l’agence
régionale de santé (Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 20 septembre 2011) :
FNES [Link]
• Site de la Fédération nationale d’éducation pour la santé : numeros-et-archives/Archives/2011/BEH-n-33-34-2011
[Link]
[Link]
HAS • La réforme de la loi relative aux soins psychiatriques du 24 février 2012 :
• Site de la HAS : [Link]
[Link]
354 355
#4 ANNEXES
356
#4 ANNEXES
• CE : Conseil d’État
• CEL : Cahier électronique de liaison
• Ceseda : Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile
• CD : Centre de détention
Annexes
• ASIP santé : Agence des systèmes d’information partagés de santé • CRCI : Commission régionale de conciliation et d’indemnisation
#4
• Ass. : Assemblée • CRIAVS : Centres ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles
• AT : Accident du travail • CRRA : Centre de réception et de régulation des appels
• ATIH : Agence technique de l’information sur l’hospitalisation • CSAPA : Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie
• ATU : Accueil temporaire d’urgence • CSHPF : Conseil supérieur d’hygiène publique de France
• BCG : Bacille de Calmette et Guérin • CSL : Centre de semi-liberté
• BEH : Bulletin épidémiologique hebdomadaire • CSP : Code de la santé publique
• CAARUD : Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues • CSS : Code de la Sécurité sociale
• CAF : Caisse d’allocations familiales • CSST : Centres de soins spécialisés aux toxicomanes
• Cass : Cour de cassation • CTV : Comité technique des vaccinations
• CCAA : Centres de cure ambulatoire en alcoologie • DAP : Direction de l’administration pénitentiaire
• CCAM : Classification commune des actes médicaux • DACG : Direction des affaires criminelles et des grâces
• CE : Conseil de l’Europe • DACS : Direction des affaires civiles et du Sceau
358 359
#4 ANNEXES
• FNES : Fédération nationale d’éducation pour la santé
• GDS : Garde des Sceaux
• GHS : Groupe homogène de séjour
• HAS : Haute autorité de santé
• DAF : Dotation annuelle de fonctionnement • HCSP : Haut conseil de santé publique
• DDASS : Direction départementale des affaires sanitaires et sociales • HdJ : Hospitalisation de jour
• DIF : Délégation interministérielle à la famille • HO : Hospitalisation d’office
• DIIESES : Délégation interministérielle à l’innovation, à l’expérimentation sociale et à l’économie sociale • HPST : Hôpital patient santé territoire
• DIPH : Délégué interministériel aux personnes handicapées • IC : Indice de confiance
• DIRPJJ : Direction interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse • IFSI : Institut de formation en soins infirmiers
• DISP : Direction interrégionale des services pénitentiaires • IGAS : Inspection générale des affaires sociales
• DG : Directeur général • IGSJ : Inspection générale des services judiciaires
• DGAS : Direction générale de l’action sociale • IIM : Infection invasive à méningocoque
• DGCS : Direction générale de la cohésion sociale • INPES : Institut national de prévention et éducation pour la santé
• DGGN : Direction générale de la gendarmerie nationale • INSERM : Institut national de la santé et de la recherche médicale
• DGOS : Direction générale de l’offre de soins • INVS : Institut national de veille sanitaire
• DGPN : Direction générale de la police nationale • IRC : Insuffisance rénale chronique
• DGS : Direction générale de la santé • IREPS : Institut régional d’éducation et de promotion de la santé
• DHOS : Direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins • IS : Injonction de soins
• DMP : Dossier médical personnel • ISP : Inspection des services pénitentiaires
• DO : Déclaration obligatoire • ISPJJ : Inspection des services de la protection judiciaire de la jeunesse
• DOM : Département d’outre-mer • IST : Infections sexuellement transmissibles
• DPJJ : Direction de la protection judiciaire de la jeunesse • ITF : Interdiction du territoire français
• DPS : Détenu particulièrement signalé • ITT : Interruption temporaire de travail
• DPU : Dotation de protection d’urgence • IVG : Interruption volontaire de grossesse
• DRASS : Direction régionale des affaires sanitaires et sociales • JAP : Juge d’application des peines
• DREES : Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques • JE : Juge des enfants
• DRJSCS : Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale. • JLD : Juge des libertés et de la détention
• DSJ : Direction des services judiciaires • JO : Journal officiel
• DSP : Dispositif de soins psychiatriques • LC : Libération conditionnelle
• DSPMP : Dispositifs de soins psychiatriques en milieu pénitentiaire • LOPJ : Loi d’orientation et de programmation pour la justice
• DSS : Direction de la Sécurité sociale • LPP : Liste des produits et des prestations
• DSS : Dispositif de soins somatiques • MA : Maison d’arrêt
• DTPJJ : Direction territoriale de la protection judiciaire de la jeunesse • MARS : Médecin de l’agence régionale de santé
Annexes
• ELSA : Équipe de liaison et de soins en addictologie • MAS : Maison d’accueil spécialisée
#4
• EOH : Équipe opérationnelle d’hygiène • MC : Maison centrale
• EP : Établissement pénitentiaire • MCO : Médecine, chirurgie, obstétrique
• EPM : Établissement pour mineurs • MDPH : Maison départementale des personnes handicapées
• EPRD : État prévisionnel des recettes et des dépenses • MIGAC : Mission d’intérêt général et aide à la contractualisation
• EPSM : Établissement public de santé mentale • MILDT : Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie
• EPSNF : Établissement public de santé national de Fresnes • MOM : Mission d’outre-mer
• ERIS : Équipe régionale d’intervention et de sécurité • MP : Maladie professionnelle
• ETP : Éducation thérapeutique du patient • MSP : Mission de service public
• ETP : Équivalent temps plein • NGAP : Nomenclature générale des actes professionnels
• FAM : Foyers d’accueil médicalisé • NIR : Numéro d’identification au répertoire
• FFM : Forfait frais matériel • OMS : Organisation mondiale de la santé
• FJH : Forfait journalier hospitalier • OQOS : Objectif quantifié de l’offre de soins
360 361
#4 ANNEXES
• TIAC : Toxi-infections alimentaires communes
• TM : Ticket modérateur
• TSO : Traitements de substitution aux opiacés
• UCSA : Unité de consultation et de soins ambulatoires
• OQTF : Obligation de quitter le territoire français • UHSA : Unité hospitalière spécialement aménagée
• PACS : Pacte civil de solidarité • UHSI : Unité hospitalière sécurisée interrégionale
• PAD : Point d’accès au droit • UMD : Unité pour malades difficiles
• PAI : Projet d’accueil individualisé • URCAM : Union régionale des caisses d’assurance maladie
• PCH : Prestation de compensation du handicap • VHB : Virus de l’hépatite B
• PE : Placement à l’extérieur • VHC : Virus de l’hépatite C
• PEP : Parcours d’exécution des peines • VIH : Virus de l’immunodéficience humaine
• PIP : Plan individuel de protection
• PJJ : Protection judiciaire de la jeunesse
• PMI : Protection maternelle et infantile
• PPR : Programme de prévention de la récidive
• PPSMJ : Personne placée sous main de justice
• PRS : Plan régional de santé
• PS : Permission de sortie
• PSA : Antigène spécifique de la prostate
• PSE : Placement sous surveillance électronique
• PSEM : Placement sous surveillance électronique mobile
• PSRS : Plan stratégique régional de santé
• PUI : Pharmacie à usage intérieur
• QD : Quartier disciplinaire
• QM : Quartier mineur
• Rec : Recueil
• RIS : Recueil information santé
• RQTH : Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé
• RSA : Revenu de solidarité active
• SAAD : Service d’aide et d’accompagnement à domicile
• SAMSAH : Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés
• SAMU : Service d’aide médicale urgente
• SAVS : Service d’accompagnement à la vie sociale
• SEFIP : Surveillance électronique de fin de peine
Annexes
• SDFE : Service des droits des femmes et de l’égalité
#4
• SL : Semi-liberté
• SMPR : Service médico-psychologique régional
• SMIC : Salaire minimum interprofessionnel de croissance
• SMUR : Service mobile d’urgence et de réanimation
• SPASAD : Service polyvalent d’aide et de soins à domicile
• SPIP : Service pénitentiaire d’insertion et de probation
• SSIAD : Service de soins infirmiers à domicile
• SSJ : Suivi socio-judiciaire
• SROS : Schéma régional d’organisation des soins
• SROMS : Schéma régional d’organisation médico-social
• SRP : Schéma régionaux de prévention
• TAP : Tribunal d’application des peines
362 363
#4 ANNEXES
REMERCIEMENTS
Un comité de pilotage a été mis en place en janvier 2010. Il s’est réuni mensuellement jusqu’en mars 2012.
Le pilotage et l’animation de ces travaux ont été assurés par la direction de projet « politique de santé des
personnes détenues» du ministère en charge de la Santé.
Nous tenons à remercier tous les membres de ce comité ainsi que toutes les personnes ayant participé aux
travaux, à la rédaction et à la relecture de ce guide.
Nous remercions plus particulièrement trois internes de santé publique (Aurélie Fourcade, Gregory Emery,
Paul Loubet) qui chacun, au cours de leur stage, ont largement contribué à l’aboutissement de ce document.
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