Ppp
Ppp
DROIT DU TRAVAIL
par :
Dr. BEKONO NKOA Wilfried
Maitre-Assistant CA MES
A- Spécifiquc au Gabon
Augustin EMANE, [e droit du travail au Gabon, Code (lu travail commenté Guide pratique textes,
Editions Raponda Walker. 504 p. 2013. 978-2-35495-01 5-6. (hal-037 1 2803)
Loïc Le BLANC, L (lu ('ode du Iravall gabona,s, S-I : S N. 1978. cote : 80050480
(GA 344 01 BLA Fonds Gabon (Boite d'archives) •
Jean-Pierrc SOBOTCHOU, Recherches sur le contrat de travail. au Gabon, Thèse 3' Cycle. Université
Bordeaux l , 1978, 314 p
ALLIAUME D., JOURDAN D., CHENÉDÉ O., Contrat de travail. Du recrutement à la rupture. Delmas,
4ème éd 2001
BARTHEROTTE P, La lentalion d'une île Derrière les caméras de la léléréalilé, Ed. JacobDuvernet, 2009
PELISSJER J., AUZERO G., DOCKÈS E., du Dalloz, 26Cme éd., 201 1
PETIT F. :
L 'essenliel du droit du Iravail : les relations individuelles, Coll. Les Carrés, 2023-2024 176
L'essenliel du droit du Iravail les relations collectives, Coll Les Carrés, 2021 1 76 p RAY, J.-E.,
Droit du Travail, Droil vivanl 2025, Connaitre, mais surtoul comprendre le droit du travail d'aujourd'hui,
Coll. Droit vivant, 3.3 e éd. 764 p.
PROLEGOMENES
Le droit du travail actuel est le résultat d'un long processus entamé depuis la période précoloniale.
En effet, si avant la colonisation européenne le travail était essentiellement orienté vers la subsistance des
communautés et s'effectuait dans le cercle familial, la période coloniale a été marquée par l'introduction
de l'économie de marché dans les pays africains. En effet, le colon, unc fois installé, a eu pour objectif de
tirer le maximum de profit des matières premières et d'augmenter la production par l'emploi des noirs.
D'où la naissance du salariat (travail salarié). Dans un premier temps, il s'est agi du travail forcé sans
rémunération ou esclavage. Par la suite, il s'est agi d'un louage de service volontaire ou forcé avec ou sans
rémunération appelé indigénat Au vue des conditions pénibles voire inhumaines de travail et sous la
pression de la communauté internationalel, des réglementations vont intervenir, en vue de limiter les
abus. Ainsi, le régime de r indigénat, peu structuré au départ, a été progressivement amélioré-. De même,
le travail forcé sera progressivement supprimé3et un véritable salariat va naitre.
Cette évolution va s'accélérer avec la conférence de Brazzaville tenue du 30 janvier au 08 février
1944 qui va justifier l'adoption de plusieurs textes tels que le Décret du 07 août 1944 instituant les
syndicats professionnels et le Décret du 17 août 1944 créant un corps spécialisé d'inspection du travail.
Mais, la législation la plus importante en la matièrc est le Décret du 15 décembre 1 952 instituant le Code
de travail d'Outre-mer (CTOM). C'est la première codification d'une législation autonome à l'égard du droit
métropolitain. Ce texte a uniformisé les conditions
C'est dans cc Sillage que l'OIT va faire adopter trois conventions : La convention n o 50 du 20 Jilin 1936 réglementant le
recrutement des travailleurs . La convention n o 64 du 27 juin 1939 relative aux contrats à long terme et enfin, la convention n o 65
du 27 juin 1939 qui prévoyait des sanctions pénales pour manquements au contrat de travail
de travail entrc les salariés européens et africains à travers l'institution du principe de
nondiscrimination. le principe de la liberté du travail el le principe de la liberté syndicale
Après les indépendances. Les Etats africains vont s'atteler à adopter les codes de
travail autonomes. C’est ainsi que le 4 janvier 1962, le Gabon va adopter son premier
code du travail. Largement inspiré du code de travail de 1952, il sera remplacé par le code
du let juin 1978. Pour raire face aux réalités de l'économie en crise des années 1 990, le
Gabon votera un code plus adapté le 21 novembre 1994. I l subira cependant des
modifications par la loi du 12 octobre 2000, l'ordonnance n0018/PR]2010 du 25 février
2010 portant modification de certaines dispositions du code du travail de la république
Gabonaise ratifié par la loi 110021/2010 du 27 juillet 2010 et l'ordonnance
n0000008/PR/2018 du 26 janvier 201 8 ratifiée par la loi n0025/201 8 du 08 février 2019.
Plus récemment, le Gabon s'est doté d'un nouveau code par la loi 11 0022/202 1 portant
Code du Travail en République Gabonaise. Ce dernier texte a le mérite de prendre en
considération les enjeux majeurs du droit du travail qui sont à la fois économiques,
politiques et sociaux.
• 0!' neut a;outcr les droits socjaux résultant de la Charte Alincaine des Droits de l'Homme et des Peuples de 198 1
Elles sont au nombre de quatre : les conventions collectives et les accords collectifs
de travail, le règlement intérieur, le contrat individuel de travail et les usages de travail.
Les conventions collectives et les accords collectifs sont de manière générale, des accords ayant
pour objet de régler les rapports professionnels entre les employeurs et les travailleurs soit
d'une entreprise ou d'un groupe d'entreprises, soit d'une ou plusieurs branches d'activité. La
convention collective est un accord écrit relatif aux conditions de travail et aux garanties sociales
conclues entre, d'une part, les représentants d'une ou plusieurs organisations professionnelles
de travailleurs les plus représentatives et, d'autre part, une ou plusieurs organisations syndicales
d'employeurs et, un ou plusieurs employeurs pris individuellement. L'accord collectif quant a lui
émane d'une négociation entre les représentants des employeurs et ceux des travailleurs en vue
de régler un ou quelques points liés aux conditions de travail et d'emploi. I es prescriptions de
ces différents accords s'imposent à toutes les pallies et offrent en cas de conflits des éléments
de solution.
le règlemcnt intérieur de l'entreprise est un document ecrit émanant du chel d'entreprise
qui contient des mesures relatives à l'hygiène, à l'organisation technique du travail, à la
discipline, à la sécurité et à tout ce qui est necessmre pour la bonne marche de l'entreprise Le
règlement intérieur s'impose à la fois à l'employeur et l'employé Il précise les comportements
fautifs et les sanctions susceptibles d'être infligées. La violation de ses prescriptions peut être
sanctionnée par le chef d'entreprise ou par le juge
Le contrat individuel de travail est une source du droit du travail car il permet d'adapter
la législation du travail et les conventions collectives à la situation individuelle de chaque
employé il peut ainsi prévoir des avantages et des droits variables en fonction des employés ou
des salaires plus ou moins élevés en fonction des postes occupés ou des charges accomplies.
Ainsi, le contrat de travail doil de manière globale respecter le minimum prévu par la loi. ou faire
mieux, sans enfreindre les textes en vigueur.
Enfin, les usages de travail sont des nornes non écrites nées de la ptatique des relations
professionnelles entre les employeurs et les travailleurs. Pour qu'un usage soit effectivement
source du droit du travail. il doit d'une part, être constitué d'une pratique suffisamment
générale el permanente (élément matériel), et d’autre part, être constitué d'un élément
subjectif et avoir précisément dans l'esprit de ceux qui l'observent, une certaine force
obligatoire (élément intentionnel). Ex : cas des pourboires dans certains rcstaurants ou cafés.
Les enjeux du droit du travail sont de trois ordres à savoir : Un enjeu politique (A), un
enjeu économique (B) et surtout un enjeu social (C).
A- L'enjeu politique
Le droit du travail revêt un enjeu politique. Il vise à assurer la stabilité du régime politique
par la stabilité de l'emploi. Pour y arriver, l'Etat intervient de manière directe ou indirecte. L'
intervention directe de l'Etat se manifeste à travers l'organisation par voie réglementaire des
conditions de travail et la place privilégiée accordée aux institutions professionnelles
L'intervention indirecte quant à elle sc manifeste à travers le contrôle des syndicats
professionnels, l'arbitrage obligatoire des différends collectifs de travail ct la présidence des
négociations collectives confiée aux autorités politiques.
C'est ce qui justifie le caractère d'ordre public de la plupart des dispositions du Code du
travail énoncé par l'arlicle 11 nouveau du Code du travail. Selon ce texte, toute renonciation,
limitation ou cession par voic d'accord ou autre des droits reconnus aux travailleurs par le
présent code est nulle et de nul effet Dans la même veine, Ic législateur érige en infractions le
non-respect de nombreuses dispositions du Code du travail. Par exemple, obligation est faite à
chaque employceur de délivrer un certificat de travail à la rupture du contrat de travail. Ce
caractère d'ordre public est renforcé par l'institution Cune inspection du travail chargée de veiller
à l'application et au contrôle de la législation du travail (articles 272 nouveau et suivants du Code
du travail).
B- L'enjeu économique
C- L'enjeu social
Le droit du travail est un cadre juridique de dialogue entre les partenaires sociaux. II
permet de canaliser les contestations et les revendications. En effet, le législateur est convaincu
que le salarié ne peut utilement défendre ses droits face à l'employeur auquel il est juridiquement
subordonné que dans un cadre collectif C'est dans cette dimension collective que la loi offre au
salarié des moyens de protection contre la toute-puissance de l'employeur qui rééquilibrent la
relation de travail en faveur du salarié. L'institution de syndicats, de délégués du personnel ou de
délégués syndicaux s'inscrit dans cette logique. Dans le même ordre d'idées, l'instauration de la
procédure de licenciement individuel ou économique répond à ce souci or le régime juridique de la
démission du salarié est nettement moins contraignant Ces dispositions mettent en exergue le
caractère protecteur du droit du travail.
Dans la même veine. plusieurs principes du droit du travail tendent vers cet objectif. le
principe de faveur ainsi que le principe de la consécration des droits et libertés fondamentaux aux
travailleurs (ta liberté de pensée et d'opinion, la liberté d'expression. la liberté religieuse, la
liberté de réunion et de manifestation. droit de grève, droit syndical, droit à l'égalité, la non-
discrimination). L'étude du droit du travail nous impose d'envisager d'une part, les rapports
individuels de travail (1 PARTIE) et d'autre pan, les rapports collectifs de travail (2 emc PARTIE)
Comme pour tout contrat. la formation du contrat de travail est dominée par le principe de la liberté
contractuelle. En vertu de ce principe, tout individu a la liberté de se faire embaucher et l'employeur a la
liberté d'embaucher et de choisir le type de contrat a conclure. En effet, aucune loi ne fait obligation au chef
d'entreprise de recruter un candidat déterminé à l'emploi. Ce principe de liberté d'embauche comporte
cependant quelques exceptions car parfois, la loi autorise des discriminations et parfois, elle les prohibe.
Les discriminations autorisées par la 101 concernent les travailleurs de nationalité étrangères, Ainsi,
l'article 139 nouveau du Code du travail conditionne leur recrutement à l'autorisation d'emploi du ministre
du travail après examen de la demande par les services compétents de la Direction Générale du Travail.
La loi prévoit aussi des discriminations fondées sur l'âge du travailleur à l'article 7 nouveau du Code
du travail. C'est la raison pour laquelle, les enfants ne peuvent être employés avant l'âge de 16 ans, saur
dérogation édictée par Décret pris sur proposition conjointe du ministre chargé du travail, du ministre
chargé de la santé publique et du ministre chargé de l'éducation nationale, Compte tenu des circonstances
et des tâches qui peuvent leur être demandées( art.2 14 CT).
D'autres formes de discrimination sont fondées sur l'existence d'une clause de non concurrence (art.
52 CT). Il s'agit des hypothèses dans lesquelles certains travailleurs prennent l'engagement de ne pas
travailler pour le compte d'un concurrent de leur ex-employeur.
Enfin, l'article 60 du Code du travail prévoit une autre forme de discrimination reposant sur la
priorité d'embauche dans le cas d'un salarié licencié pour motif économiques. Le législateur prévoit aussi
une priorité d'emploi en faveur des handicapés, à condition qu'ils aient une qualification professionnelle
égale à celle des personnes valides. Sous cette condition, L’employeur doit embaucher un quota de
personnes handicapées correspondant a un quarantième de l'effectif total de rentreprise ou de
l'établissement
En dehors de ces cas, les autres formes de discrimination sont prohibées par la loi et
spécialement celles fondées sur la race, la couleur, le sexe , L ’état de grossesse la religion,
l'opinion politique, l'affiliation et/ou l'activité syndicale, l'ascendance nationale, l'origine sociale
ou l'état de santé supposé ou réel (art. 9 nouveau CT).
La conclusion du contrat de travail exige un choix du mode de collaboration, ce qui
suppose l'identification du contrat de travail et de la forme choisie (Section l). Elle peut
intervenir directement, à moins que les parties ne décident qu'elle résultera de plusieurs
opérations ou contrats préalables (Section 2).
a- La prestation de travail
b• La rémunération ou salaire
c- Le lien de subordination
Le contrat de travail est dominé par le lien de subordination. C'est le critère principal du
contrat de travail déduit des articles 19 et I er- I du Code du travail. Il signifie que le travailleur
efèctue son travail sous l'autorité, la surveillance et la direction de l'employeur, qui dispose à son
égard d'un pouvoir de sanction. Ainsi. le lien de subordination juridique se caractérise par deux
éléments essentiels : les directives et le contrôle effectif du travail et les conditions matérielles
d'exécution du travail.
Les directives et le contrôle effectif du travail signifient que le salarié travaille sous les
ordres de l'employeur. Ainsi, il a été décidé que le PDG d'une société ne peut être salarié quand il
n’exerce pas un emploi effectif et ne reçoit d'ordres de personne (CSG du 24 octobre 1984). De
même, l'absence initiatives caractérise le lien de subordination (CA de Libreville, 27 juin 2000 n O
102/999-00).
Le lien de subordination se matérialise également dans le respect des conditions matérielles
d'exécution du travail : respect des horaires de travail, port d'une tenue appropriée. respect des
conditions d'hygiène et de sécurité, souci des intérêts de l'entreprise, respect mutuel entre
travailleurs ,fourniture du matériel utilisé au salarié, etc. Selon la jurisprudence, le salarié est celui
qui est soumis aux horaires imposés par l'employeur (CA Libreville 1 ère ch. Soc. 16 janv. 2007),
travaille dans un lieu déterminé et utilise le matériel fourni par celui-ci (CSG, 13 février 1984). Ces
différents éléments matérialisent le lien de subordination et par conséquent le contrat de travail
quelle que soit la qualification que les parties ont donnée à celui-ci (Cf. CA Port-Gentil, 22 novembre
2004).
Tous ces éléments renvoient à ce qu'il convient d'appeler le lien de subordination juridique
Il importe de relever cependant que le degré de dépendance peut être fonction de la profession ou
du rang du salarié. L'ingénieur ne sera pas soumis au même degré de dépendance que le
manœuvre. En ce qui concerne le médecin par exemple et pour des raisons de déontologie. le
pouvoir de l'employeur de lui donner des ordres et d'en contrôler l'exécution sera très réduit (CA
Port-Gentil, 7 mai 2007)
A côté de ce lien, l'on peut également envisager une subordination économique qui existe
lorsque le travailleur tire son principal moyen de subsistance de son travail. Cependant, seul le lien
de subordination juridique est déterminant pour l'existence du contrat de travail.
Ces trois caractères du contrat de travail permettent de le distinguer des contrats voisins tels
que le contrat d'entreprise, le contrat de mandat, le contrat de gérance libre, le contrat de société.
le contrat de louage des choses.
l.a fòrmc du CDI est libre. Ainsi. il peut être conclu verbalement ou pat écrit.
Rentrent dans cette catégorie, les contrats de travail à durée déterminée à terme
certain (a) et le contrat journalier ou hebdomadaire (b).
C’est un contrat dont le terme n'est pas connu d'avance mais qui dépend des délais de réalisation
d'un ouvrage, d'une tâche ou d'une mission à réaliser. Il doit mentionner la nature de l’ouvrage
réaliser ou de la tâche à effectuer. L'ouvrage dont il est question Ici doit s'entendre comme un
travail imposé par l'employeur et aonl les contours sont clairement définis et qut ne laisse
aucune place à l'imprécision dans l'esprit des parties. C'est par exemple le cas des contrats
conclus entre un employeur et des ouvriers pour la réalisation d'une route ou un bâtiment
Ce type de contrat doit nécessairement être stipulé par écrit. Il prend fin lorsque les
travaux pour lesquels il a été conclu sont achevés sans que les parties ment à respecter une
forme particulière. Ici, la procédure de licenciement n'est pas applicable. toutefois, le salarié
doit être prévenu dans les délais de préavis fixés par l'article 65 du Code du travail. Pendant
l'exécution du contrat, celui-ci peut être rompu par l'employeur en cas de faute du salarié ou
par le travailleur. à son gré. Dans I tun et l'autre cas, sauf faute lourde, le délai de préavis
doit être respecté.
Ie travailleur lié à l'entreprise par ce contrat pour l'exécution d'une tache ou d'un
ouvrage a droit au même traitement et à la même rémunération que les autres salariés. II en
est de même des congés payés
Le contrat à durée déterminée peut être également conclu pour la durée d'une saison. Il
doit mentionner une durée minimale d'emploi. Il peut être renouvelé de façon successive à
chaque nouvelle saison. On entend par travail saisonnier, l'exécution de tâches normalement
appelées à se répéter chaque année, à des dates à peu près fixes, en fonction du rythme des
saisons ou des modes de vie collectifs, à certains secteurs d'activités dont il est d'usage
constant de ne pas recourir au contrat de travail à durée indéterminée en raison de la nature
de l'activité exercée et du caractère par nature temporaire de ces emplois. Ainsi, il est
approprié pour les entreprises dont l'activité connait un accroissement à une période
donnée : entreprise agricole, entreprise de fabrication de jouets. industries agroalimentaires,
entreprises de tourisme, des sociétés de transport des marchandises dont les activités sont
liées à la praticabilité des routes, ou des sociétés hôtelières dont les activités varient au gré
des saisons touristiques
Pour le calcul de l'ancienneté du travailleur, il est tenu compte de la durée des contrats
de travail à caractère saisonnier successifs cumulés au sein d'une même entreprise.
Ce type de contrat est prévu à l'article 25 nouveau du Code du travail. En effet. est
considéré comme travail journalier ou hebdomadaire l'engagement écrit contracté pour une
journée ou une semaine. Le salaire est payé à la fin de cette période. Dans la pratique, il s'agit
de contrats occasionnels conclus avec une main d'œuvre occasionnelle pour la de
travaux qui Sétalent sur une durée très courte. Ce type de contrat peut être renouvelé le
lendemain ou la semaine suivante. Ainsi, les risques encourus par le travailleur journalier ou
hebdomadaire pendant le temps où il prêté ses services à l'employeur sont ù la charge de ce
dernier si le travailleur n'a pas été assuré. Mais. au-delà de la période d'un mois, si
rengagement se poursuit par la volonté, même tacite. des parties. cette prolongation confère
au contrat le caractère de contrat durée indéterminée, nonobstant toute clause prohibant la
tacite reconduction ch. Soc.. 10 av. 2007, IP 161/06-07). Dans ce cas, le
travailleur devra obligatoirement être déclaré dans les organismes de sécurité sociale
C- Le contrat d'intérimaire et le contrat de mission
Pour raire face à impératifs limités dans le temps, une entreprise peut avoir
recours à une main d'œuvre intérimaire liée par contrat à une entreprise de mise à
disposition. Le travail intérimaire consiste pour une société appelée société d'intérim
mettre à la disposition d'une autre société dite société utilisatrice temporaire. un
travailleur remplaçant appelé intérimaire ou temporaire. ayant une qualification
déterminée par la société d'intérim. La mise à disposition du personnel représente
une forme de travail precaire donnant naissance à une relation triangulaire entre
l'entreprise de mise à disposition, le salarié mis à disposition ou salarié intérimaire et
l'entreprise utilisatrice. cette activité de mise à disposition du personnel a d'abord été
encadrée à travers l'ordonnance n o 20/2007 du 21 août 2007 portant réglementation
de l'activité de mise à disposition du personnel en République gabonaise. Aujourd'hui
elle est expressément règlementée par le code du travail qui a organisé cette activité
aux articles 29 et suivants à travers deux contrats le contrat d'intérimaire et le contrat
de mission.
Il ne peul être fait recours au contrat d'intérim que pour l'exécution d'une
tâche précise et temporaire appelée « mission notamment en cas de remplacement
d'un travailleur dont le contrat de travail est suspendu ; accroissement temporaire de
l'activité de l'entreprise ; accomplissement de travaux urgents. Ainsi. il ne peut avoir
pour objet ou pour effet de pourvoir durablement à une fonction liée à l'activité
normale et permanente de l'entreprise utilisatrice. Sont exclus du champ
d'application du contrat d'intérim les travailleurs journaliers ; les travailleurs
hebdomadaires ; les travailleurs saisonniers et Jes entreprises de sous-traitance.
Ainsi, chaque mission donne lieu à la conclusion de deux contrats .
un contrat dc mise à disposition dit " contrat d'intérim " entre
l'entreprise de travail temporaire et le client utilisateur, dit " entreprise
utilisatrice " ; c'est un contrat écrit. Il contient des clauses obligatoires
7
.
un contrat de travail, dit contrat dc mission entre le travailleur temporaire et
son employeur, l'entreprise de travail temporaire. Ce contrat doit
obligatoirement être écrit et visé auprès de l'Inspecteur du travail du ressort,
dans un délaí maximum de quinze (15) jours. Il ne peut faire l'objet de cession.
11 doit également comporter un terme fixé d'avance, qui ne peut excéder
deux ans, renouvellement compris. Il prend fin au terme de la durée de la
mission convenue entre les parties sans formalisme aucun. II emporte de
facto la résiliation du contrat d'intérim signé avec la société de travail
intérimaire
16
On peut cependant constater que le nouveau code du travail Innove en instituant une
autorité chargé du contrôle et du suivi de l’apprentissage a l’article 108 l'Agence Nationale de
formation et d'ennsetgnemenl Prolessionncls. Elle est chargé entre autre tenir a disposition des
employeurs le fichier exhaustif des jeunes éligibles au contral d'apprentissage ; de veiller
l'adéquation de l'offre d'apprentissange avec le profil du jeune de définir en accord avec les
secteurs d’activité, l’offre d’apprentissage et les besoins des entreprises de veiller au suivi de
l'exécution du contrat d’apprentissage ; de désigner un referant conseilé au jeune apprenti qui
sera chargé de faire des entretien de suivi don le rythme sera fixé en fonction de lapprentissage et
du respect par chacune des partis des obligations prévus a la présente loi.
2- La formntion professionnelle
I.e contrat formation profèssionnclle est un contrat qui a pour objet dc donner unc
professionnelle appropriée au candidat à un emploi Il permet d'adapter les connaissances
reçues dans ICS écoles ou dans les universités à la pratique de l'entreprise, En d'autres termes,
c'est un contrat qui s'adresse nu,x personnes qui, après une formation scolaire, universitaire ou
de base se trouvent dans une période de pré-emploi dans une entreprise qui peut, plus tard
conclure avec elles un contrat définitif si la formation est concluante. Ce contrat est très utilisé
dans certaines entreprises et CSI d'usage dans les métiers d'auxiliaires (Ic justice tels que les
avocats, les huissiers ct les notaires où il prend le nom de stage 8 .
On distingue la formation professionnclle initiale et ln lòrmation continue. La première
est définie ù l'article 122 nouveau du Code du travail, comme celle qui a pour but de donner
une formation générale Ihéoriquc et pratique, en vue de Itacquisition d'une qualification
professionnelle sanctionnée par un diplômc ou un certificat délivré ou reconnu par Ic ministre
chargé de la formation professionnelle. La seconde ou perfectionnement profèssionnel quant à
elle a pour objet de permettre l'adaptation permunente des travailleurs aux changements des
techniques ct des conditions de travail ct de favoriser leur promotion sociale par l'accès aux
différents niveaux de qualification, A ces deux förmutions, on peut aussi ajouter la reconversion
qui cst unc formation proressionnelle qui u pour but de permettre à un salarié de changer de
spécialité.
Le contrat de travail cst en principe subordonné aux conditions de fond que tous les
autres contrats à savoir le consentement, ln cnpneilé, l'objet et la cause, Cependant, les deux
premièrcs conditions soulèvent pnt'tois quelques dillicultés,
En effet, le consentement doit être libre et lucide. Selon la jurisprudence, si
l'employeur profite de la condition misérable du travailleur pour lui faire conclure un contrat
de travail défavorable, ce contrat de travail peut être unnulé sur la base de ln violence.
La capacité en matière de droit du travail se démurque du droit commun, Des enfants
peuvent cntrcr dans les relations de travail dès l'âge de 16 ans, Il suffit que leurs
consentements soient appuyés par celui de leurs parents.
Le contrat de travail est en principe un contrat consensuel, même s'il existe quelques
exceptions,
Le caractère consensuel du contrat de travail signifie qu'il se (orme par le seul
échange de consentement entre les parties. Il s'ensuit qu'aucune (Ormulité n'est exigée pour
sa validité (pour la validité d'un contrat de travail en l'absence de l'écrit, cf. CA Pon-Gentil,
26 Ainsi. il peut être éeri( ou verbal. Lorsqu'il est passé pnr écrit. le contrat de
trnvail est exempt de tous droits de timbre ct d'enregistrement. S'il est passé verbalement, la
preuve peut en être rapportée par tous moyens
17
Le salarié doit faire preuve de conscience professionnelle (éviter les pertes de temps.
diminution du rendement, négligence dans l'utilisation du matériel. etc.). Dans l'exécution de
son contrat, il a une obligation de loyauté qui englobe plusieurs devoirs
Le devoir de non-concurrence : il est prévu par l'article 34 du Code du travail. Ainsi. le
travailleur doit éviter même après les heures normales de travail d'exercer une activité
susceptible de concurrencer celle de son patron. On appelle encore ce devoir, le devoir
de fidélité. Ce devoir peut s'étendre parfòis à la rupture du contrat de travail.
Le devoir de conserver les secrets professionnels (secrets de fabrication ou procédés d
•exp10Jtation. informations sur les difficultés de l'entreprise
.) La violation de
cette obligation constitue une faute lourde et également une infraction pénale réprimée
par le Code pénal
Le devoir d'observer les mesures disciplinaires. Le travailleur doit respecter les directives
de l'employeur, les Instructions du règlement intérieur relatives aux rapports avec les
collègues. la hiérarchie et les mesures Œhygiène et de sécurité. L'indiscipline peut justifier
le licenciement.
Le devoir d'obéissance et de respect. C'est un corollaire du lien de subordination.
L'insolence. la désobéissance et les injures peuvent justifier le licenciement.
Le devoir d'intégrité. L'employé non intègre est celui qui est coupable du délit de
corruption. Ce délit consiste en l'acceptation soit d'une rémunération quelconque sans
l'autorisation de son emplyeur soit des dons ou promesses pour faire ou s'abstenir de faire
un acte de son service Cette infraction constitue une faute lourde justifiant le
licenciement.
Le devoir de réserve. S'il est admis que l'employé jouit d'une liberté d'expression,
celle-ci ne doit pas pour autant être utilisée de manière abusive au détriment de
l'employeur. Ainsi, l'obligation de réserve permet d'interdire au salarié les critiques
à Fégard de l'employeur. Dans tous les cas, pour justifier le licenciement dans ces
circonstances, remployeur peut invoquer la perte de confiance
B- Les droits de l'employé
Les droits de l'employé peuvent être subdivisés selon qu'ils sont reconnus à tous
les travailleurs ( l ) ou à des catégories particulières (2).
1- Les droits reconnus à tous les employés
Dans l'année, le salarié a droit aux congés, En effet, dès lors que les conditions d'octroi et
de mise en œuvre des congés payes sont remplies, le salarié peut exercer son droit sans que
l'employeur puisse s'opposer. Toutefois, c'est à l'employeur de déterminer la période des congés il
fixe l'ordre de départ des salariés en tenant compte des nécessités de service. il peut même prévoir
un fractionnement des congés en plusieurs tranches. Ainsi, pour avoir droit au congé, l'employé
doit avoir accompli dans l'entreprise une durée minimale d'un an de service effectif (art 224
nouveau CT). Le travail effectif correspond à une période de travail effectuée dans l'entreprise. Elle
intègre aussi bien la période d'apprentissage, que la période d'essai ou de préavis. La durée des
congés est de deux jours par mois de service. Sont assimilés à un mois de service effectif, les
périodes équivalentes à quatre semaines ou à 24 Jours de travail.
La durée du congé peut augmenter en raison de l'ancienneté, des charges familiales, de
l'âge du salarié. Ainsi, le congé est porté à deux jours et demi par mois de service au profit des
employés de moins de 18 ans. De même, la durée du congé des mères salariées est augmentée
d'un jour de congé supplémentaire par an pour chaque enfant charge de moins de 16 ans. La
durée du congé peut ausst être augmentée en considération de l'ancienneté du travailleur dans
l'entreprise Selon l'arrêté 1 /MTE du 21 novembre 1980 pris en application du Code de 1978
qui est très souvent repris dans les conventions collectives, le durée de congé est augmentée de 2
jours ouvrables après 5 ans de service continu dans l'entreprise et un iour par année
supplémentaire au-delà de 5 ans. Les salariés expatriés peuvent bénéficier de 4 à 5 jours par mois
de travail effectif car on intègre dans le calcul de la durée des congés payés les délais de route
(aller-retour) nécessaires pour se rendre du lieu d'emploi au lieu d'engagement.
Le calcul des congés est effectué en jours ouvrables. Les congés sont dit payés parce que
le salarié qui en jouit doit percevoir une allocation de la part de l'employeur. Cette allocation est au
moins égale à la moyenne correspondante des salaires, indemnités, primes et commissions
diverses dont le travailleur a bénéficié au cours des douze mois précédant son déparl en congé.
Elle doit être intégralement payée au travailleur avant son départ en congé.
L'action en jouissance du droit au congé se prescrit dans un délai de deux (2) ans à compter
de la date d'ouverture du droit à congé, sauf en cas de force majeure ou de faute de l'employeur.
Dans la limite de dix jours par an, des permissions exceptionnelles d'absence payées et
non déductibles du congé annuel peuvent être accordées au salarié à l'occasion d'événements
familiaux affectant son propre foyer (art. 223 al. 6). I l s'agit entre autres du mariage de l'employé
ou de son enfant, du décès de l'un de ses parents, de son conjoint ou de son enfant, de
l'accouchement de l'épouse. etc. La durée de la permission est limitée à trois jours. Cette
permission peut malgré tout être accordée pour les motifs autres que les évènements cités.
L'employé peut même dépasser les 10 jours prévus dans l'année et choisir soit de les déduire du
congé annuel, soit de ne pas être payé pendant les jours d'absence.
d- Le droit à la dignité
I a subordination de l'employé à l'employeur doit conserver un sens strictement professionnel. li ne
doit pas faire l'objet d'injures ou de mépris sur le lieu du travail ou en dehors. Toute attitude
degradanle ou humiliante de la part de l'employeur ou des autres supérieurs hiérarchiques est
Interdite droit à la dignitc s'accompagne de la necesslte de fournir un cadre decent de aval' mettant
le salarié a Vaise dans l'exécution de son travail .
Certaines categories de travailleurs benéficient des mesures particulières prévues par la loi.
Compte tenu de leur vulnérabilité. Il s'agit des femmes (a), des enfants(b) et des handicapés(c)
a- Les femmes
Les femmes sont protégées contre la discrimination. C'est la raison pour laquelle l'article
207 du Code du trax ail leur octroie les mêmes droits que les hommes. Cependant, certaines
dispositions leur accordent des droits particuliers relatifs à la protection de la maternité et aussi en
raison de leu' faiblessc physique.
Sur le premier point, aucun employeur ne peut licencier ou prendre toute autre mesure de
représailles contre une salariée au motif de sa grossesse ou de son accouchement. Ainsi, le
licenciement d'une femme enceinte, dont l'état a été constaté médicalement ou dont la grossesse est
apparente, ou tout licenciement intervenu dans les quinze mois suivant la date de l'accouchement,
est subordonné à l'autorisation préalable de l'inspecteur du travail. De même, la mère, pendant
une période de quinze mois, à compter de la date de reprise du travail, jouit d'un droit à des repos
pour l'allaitement, rémunéré comme des heures de travail, qui est de deux heures par Jour de
travail les six premiers mois et une heure par jour les six mois suivants Elle bénéficie aussi d'une
possibilité pendant la même période et durant sa grossesse, si elle produit un certificat médical
attestant qu'un changement dans la nature de son travail est nécessaire dans l'intérêt de sa santé
ou de celle de son enfant, du droit d'être transférée sans réduction de salaire à un autre travail non
préJudiciable à son état.
Pour pallier la faiblesse physique des femmes, certains travaux sont interdits aux femmes et
aux femmes enceintes. D'ailleurs, la femme ne peut être maintenue dans un emploi reconnu au-
dessus de ses forces et doit être affectée à un emploi convenable. Si cela n'est pas possible. le contrat
doit être résilié avec paiement des indemnités de rupture
b- Les enfants
Les enfants ne peuvent être employés dans aucune entreprise avant l'âge de 16 ans, sauf
dérogation. De même. tout enfant de 16 ans ne peut être employé à des travaux considérés
comme les pires formes de travail pour enfant notamment des travaux qui, par leur nature ou les
conditions dans lesquelles ils s'exercent, sont susceptibles de nuire à sa santé, à sa sécurité ou à sa
moralité. Il s'agit des travaux qui l'exposent à des sévices physiques, psychologiques ou sexuels,
qui s'effectuent avec des machines du matériel ou des outils dangereux, ou qui comportent des
manipulations ou le port des lourdes charges, qui s'effectuent sous terre. sous l'eau ou à des
hauteurs dangereuses ou dans des espaces confinés, qui s’effectuent dans un espace malsain
pouvant par exemple exposer l'enfant à des substances des agents ou des procédés dangereux ou à
des conditions de température, de bruit ou de vibrations préjudiciables à la santé
I ‘enfant ne peut être maintenu dans un emploi reconnu au-dessus de ses tòrces. D'ailleurs. un
examen peut être exigé pat l'Inspecteur du travail à cel ertël, Si tel est le cas. il doll être arteclé à un
emploi convenable Si cela n'est pas possible. le contrat doit être résilié avec paiement des indemnités
de rupture
c- Les handicapés
Les handicapés sont protégés contre toute forme de forme de discrimination. D'ailleurs la
loi exige des chefs d'entreprise de prévoir un quota d'emploi pour les personnes souffrant d'un
handicap et possédant les qualifications requises (art. 21 8 nouveau). L'employeur qui emploie des
personnes handicapées doit créer, dans la mesure du possible, sur les lieux de son entreprise, un
accès facile au travailleur et un environnement de travail propice, de façon à rendre l'exécution du
travail par la personne handicapée aussi facile que pour une personne non handicapée dans la
mesure du possible, et considérant le handicap du travailleur. En cas de licenciement pour motif
économique, l'employeur doit tout faire pour maintenir l'emploi du travailleur handicapé.
Sur le pian collectif. c'est au chef d•entreprise que revient par exemple la décision de procédel à la
compression d’effectifs ou au licenciement pour motif économique ou même au congé technique
C'est la latitude donnée au chef d'entreprise Œédicter les règles fixant les conditions de travail
et de vie au sein de l'entreprise. Ce pouvoir se manifeste principalement à travers le règlement
intérieur et aussi à travers des circulaires et des notes de service.
Les circulaires et les notes de service sont des mesures écrites non prévues par le règlement
intérieur et qui sont prises par le chef d'entreprise pour préconiser la conduite à tenir. Contrairement
au règlement intérieur qui énonce des prescriptions durables, les notes de service et les circulaires
répondent à des besoins passagers, urgents ou visent des mesures de détail.
Le règlement intérieur quant à lui est la manifestation la plus visible du pouvoir réglementaire
du chef d'entreprise. C'est le document par lequel le chef d'entreprise précise les règles assurant le bon
fonctionnement de l'entreprise et susceptibles de sanction en cas d'inobservation. D'après l'article 145
nouveau du Code de travail, le contenu du règlement intérieur est limité exclusivement aux règles
relatives à l'organisation technique du travail, à la discipline, aux prescriptions concernant la sécurité et
la santé au travail et aux modalités de paiement des salaires. Les modalités de communication, de
dépôt et d'affichage du règlement intérieur ainsi que le nombre de travailleurs de l'entreprise au-dessus
duquel l'existence de ce règlement est obligatoire, seront fixés par arrêté du Ministre en charge du
Travail.
L'élaboration du règlement intérieur relève de la compétence chef d'entreprise S'il n'est pas
tenu d'associer les travailleurs à la rédaction du règlement intérieur, le chef d'entreprise doit tout de
même communiquer le projet du règlement intérieur pour avis, au comité permanent de concertation
économique et sociale, aux délégués du personnel et pour visa, à l'inspection du travail. Le rôle de
l'inspecteur se limite simplement au contrôle de la légalité du règlement intérieur. Il peut par exemple
exiger le retrait ou la modification des clauses contraires aux lois et règlements en vigueur et à la
convention collective applicable à l'entrcprise. Une fois le règlement définitivement adopté, toute
violation des dispositions de celui-ci enclenche automatiquement l'exercice du pouvoir disciplinaire du
chef d'entreprise.
3- Le pouvoir disciplinaire du chcfd'cntreprisc
L’employeur doit respecter les horaires de travail La durée du travail est le temps
pendant lequel le travailleur exerce son activité au service de l'employeur. Selon l'article 195
nouveau du Code du travail, la duree hebdomadaire de travail est de 4011 par semaine. La
répartition journaliere de la semaine de quarante (40) heures peut être fixée librement en
fonction des secteurs d'activites
Le travail de nuit quant à lui est compris entre 21 heures et 6 heures. Un salarié ne peut
travailler la nuit plus de 8 heures consécutives Il est Interdit aux enfants de moins de 18 ans
Mais, selon l'article 3 du Décret n 0 728/PR/MTEl-P du 29 juin 1998 fixant la
répafiltion de la durée hebdomadaire du travail tel que confirmé par l'article 3 du Décret n 0
0933/PR/MTLPS du 30 décembre 2009 fixant la répartition journalière de la journée
hebdomadaire de travail en république Gabonaise, cette repailition ne s'applique pas aux
établissements à feux continus et à ceux dont les Implications sociales nécessitent une
répanition différente notamment aux commerces de détail, transport, activités et opérations
connexes de manutention portuaire, hôtellerie, restauration, débits de boissons,
gardiennage, securité, ramassage d'ordures, établissements hospitaliers, cliniques, cabinets
médicaux, gens de maison, professions libérales, professions de presse A ces entreprises. Il
faut ajouter, en application de l'article 4 du Décret du 30 décembre 2009, les orgamsmes ou
sociétés travaillant en 2 ou 3/8 et les organismes ou sociétés nécessitant des gardes ou des
permanences.
Dans toutes les entreprises agricoles et assimilées, les heures de travail sont basées sur 2
400 heures pour l'année
Cependant, il est possible de prolonger le temps de travail au-delà de la durée
normale de travail. Cette possibilité est expressément prévue par le Décret n o
726/PR/MTEFP du 29 juin 1998 relatif aux dérogations à la durée légale du travail et par
l'article 196 alinéa 3 nouveau du code du travail. Cette prorogation donne lieu au paiement
dcs heures supplémentaires Le salarié effectue des heures supplémentaires lorsqu'il travaille
au-delà de la durée légale du travail. Les conventions collectives déterminent selon les
contraintes de chaque secteur d'activité, les dérogations relatives à la durée légale de travail
ainsi que Ics modalités liées à la rémunération des heures supplémentaires.
Enfin, le travail fourni doit l'être en respect des exigences de lieu, des conditions
d'hygiène el de sécurité satisfaisantes. Les articles 234 et suivants nouveaux du Code du travail
mettent à la Charge de rempliè eut une série d'obligations destinées à garantir des conditions
d'hygiène ct de sécurité etlèctives des travailleurs sur le lieu de travail
Dans tous les cas, remployé doit être traité avec dignité .
i- La détermination du salaire
Le salaire doit être fixé et comporter un certain nombre d'éléments importants.
La fixation du salaire
Dc façon genérale, le salaire comporte deux parties le salaire de base et les accessoires
Le salaire de basc
C'est la rémunération stable que l'employeur se doit de verser au travailleur en contrepartie
du travail fourni. L'unité quantitative est le temps. Ainsi le salaire est calculé en fonction du temps
pendant lequel le travailleul a mis son activité au service de remployeur. Il est stipulé à l’heure, au
jour, à la semaine, ou au mois.
En principe, sauf convention collective contraire, il est interdit à l'employeur de rémunérer à
la tâche, à la pièce ou au rendement. Mais, lorsque la situation économique et financière de
l'entreprise, dûment constatée par un audit externe assisté d'un expert judiciaire l'exige, le mode de
rémunération à la tâche ou à la pièce donnera lieu, sous le contrôle de l'inspecteur du travail du
ressort. à l'établissement d'un accord librement passé entre les parties contractantes. Cette situation
ne saurait excéder SIX mois renouvelables une fois. Dans cette hypothèse, le salaire est calculé en
fonction de la tâche accomplie ou des pièces produites par le travailleur. Mais. cette rémunération
doit être calculee de telle sorte qu'elle procure aux travailleurs de capacité moyenne et travaillant
normalement un salaire au moins égal à celui du travailleur rémunéré au temps et effectuant un
travail analogue (art. 174 nouveau CT).
Dès que la prestation de travail est fourme, le paiement du salaire devient un devoir impérieux
pour l'employeur. Pour être valable, Il doit êtrc effectué entre les mains du travailleur ou d'un
mandataire muni d'une procuration. La paie est faite pendant Ics heures de travail, sur le lieu de travail
ou au bureau de l'employeur lorsqu'il est voisin du lieu de travail. En espèce, par chèque ou par
virement bancaire ou tout autre moyen de paiement électronique En dehors des prestations en nature,
le salaire doit être payé en monnaie ayant cours legal, le paiement en nature étant interdit. De même, sont
proscr 'tes les pratiques consistant pour l'employeur à remettre au travailleur des bons ou jetons
échangeables par les marchandises livrées dans dcs économats de l'entreprise
Il doit être payé à des intervalles réguliers ne pouvant excéder quinze jours pour les travailleurs
à salaire horaire ou Joumalier et un mois pour les travailleurs à salaire mensuel. Toutefois. le travailleur
Journalier rémunéré au salaire horaire ou journalier, engagé pour une occupation de courte durée
n'excédant pas une semaine, sera payé chaque jour ou à la fin de la semaine. Les paiements mensuels
doivent être effectués au plus tard cinq jours après la fin du mois de travail qui donne droit au salaire
(Art 182 al. 3 nouveau CT). Pour tout travail à la pièce ou au rendement dont l'exécution doit durer plus
d'une quinzaine, les dates de paiement peuvent être fixées de gré à gré, mais le travailleur doit recevoir
chaque quinzaine des acomptes correspondant au moins à 50 0/0 du salaire et être intégralement payé
dans la quinzaine qui suit la livraison de l'ouvrage.
Le paiement du salaire doit être constaté par une pièce dressée ou certifiée, d'une part, par
l'employeur ou son représentant et, d'autre par le travailleur ou s'il est illettré, par deux témoins.
L'employeur est tcnu de délivrer au travailleur un document appelé bulletin de paye. Il est interdit
d'effectuer la paic dans un débit de boissons ou dans un magasin de vente, sauf pour les travailleurs
qui y sont normalement occupés. En cas de rupture du contrat, le salaire et les indemnités doivent être
payés dès la cessation de service.
Le super privilège du salarié est prévu à l’article 187 nouveau du code du travail. Ce texte dispose que :
<<en cas de règlement judiciaire ou de liquidation des biens, les salaires sont payés conformément aux
dispositions de l’acte uniforme OHADA relatif aux procedures collectives d’apurement du passif.>> Ainsi.
Lorsqu’une sociéte est en liquidation Judiciaire parce qu'étant en état de cessation des paiements, les
salariés doivent être payés prioritairement avant tous les autres types de créances sur la masse d
éléments d'actif I assembles.
L'employeur est tenu de déclarer à la CNS,S les risques qui atteignent ICS travailleurs.
S'il est admis que Ic salarié est 'cnu de signaler immcdlatement à l'employeur l'accident dont
il a été du fait ou à du travail, l'employeur de son côté doit, saut cas de force
mtlieure, déclarer à la CNSS. dans les 48 heures, raccident survenu au salarié. Dès lors, les
sotns et l'indemnisation du salarié sont a la charge de la ('NSS L'employeur qui ne déclare
pas l'accident dans le delai prescrit sera condamné à indemniser le salarié ( TPI libreville 18
novembre 1998 et CA libreville 7 mars 2000)
Il doit également constituer un dossier pout permettre au salarié de béneficler des prestations
prevues .On distingue plusieurs types de prestations Ics prcstations familiales qui couvrent les allocations
prénatales de maternité, les frais d'accouchement, prime de naissance, prime de rentree et cventuellement
le salaire de la femme salariée pendant le congé de maternite les allocations de travail ct maladie
professionnelle (frais médicaux, frais pharmaceutiques, hospitalisation. Indemnité journalière servie au
travailleur en fonction de son salaire. etc.) . l'assurance pension sieillcxsc invalidité et décès et l'assurance
maladie gérée par la Caisse nationale d•assurance maladie el de garantie sociale (CNAMGS)
L'exécution normale d'un contrat du travail peut être perturbée à cause, soit d'une
suspension (Paragraphe l), soit de la modification d'un de ses éléments (Paragraphe 2)
Elles sont énumérées à l’article 54 nouveau du code du travail. Elles peuvent etre du fait de l’employeur
(1) n ou du travailleur (2).
1- La suspension du fait de l'employeur
Elle peut resulter des causes ci-après
La mise à pied
La mise à Pied entraîne la suspension du contrat de travail. EIle peul être disciplinaire ou
conservatoire la mise à pied disciplinaire doit respecter les conditions prévues par la loi (notification par
écrit au salarié axcc Indication des motifs, duree maximale de 8 jours ouvrables, communication à
l’inspecteur du travail dans les 4811). La mise à pied conservatoire intervient quant à elle pour les
travailleurs dont le licenciement est conditionné par l'autorisation préalable de I ‘ inspecteur du travail.
Il s'agit des femmes enceintes ou dont l'accouchement date de moins de 15 mois et les délégués du
personnel
Le congé technique
On entend par congé technique, toute suspension du contrat de travail, décidée par l'employeur
ou son préposé après avis de l'inspecteur du travail, pour des raisons techniques et conjoncturelles. En
d'autres termes, c'est une interruption collective du travail, totale ou partielle, du personnel d une
entreprise ou d’un établissement résultant soit des causes accidentelles ou de force majeure, soit d'une
conjoncture économique défavorable. Il suspend le contrat de travail. Pendant cette période, l'employé
a droit à une indemnité verSée par l'employeur.
La grossesse et la maternité
Toute remme enceinte a droit à un congé de maternité de 14 sematnes consécutives. dont 6
avant et 8 semaines après la date présumée de l'accouchement (art 1 71) Si l'accouchement a lieu
après la dale prévue, le congé prénatal sera prolongé jusqu'à la date d'accouchement sans que le
congé postnatal soit réduit. Le délai de 14 semaines peut être prorogé de 3 semaines en cas de
maladie dûment constatée qui résulterait soit de la grossesse ou des couches. En cas de naissances
multiples, le congé postnatal est prolongée de deux semaines. Pendant cette période, l'employeur
ne peul rompre le contrat de la salariée ou obliger la femme à travailler sous peine de rupture
abusive (CS 14 Av. 1980, n o29)
L'exercice des fonctions administrative, politique ou syndicale permanente
Le contrat peul être suspendu en cas d'élection à une fonction politique (PR. député,
sénateur, etc.) ou de nomination à un poste administratif. De même, le contrat peut être
suspendu lorsque l'employé est appelé à exercer une fonction syndicale permanente. Mais, la
suspension est subordonnée à un accord préalable des parties car dans le cas contraire, on peut
conclure à une démission.
Le nouveau code du travail a été sensible à la situation des pères puisqu'il octroie désomais
un congé de paternité de 3 jours consecutifs pour le travailleur justifiant d'un certificat de naissance
Mais pour pouvoir Jouir de ce congé, le travailleur doit informer son employeur un mois au moins
avant la date présumée de l'accouchement
Le congé sabbatique
Il s'agit d'une innovation du nouveau code du travail à l'article 54 alinea 14 qui permet aux
parties de convenir librement d'octrover un congé sabbatique à un employé. Selon l'article 226
nouveau du code du travail, le congé sabbatique est une modalité de suspension du contrat de
travail pendant une periode donnee à l'initiative du travailleur. Son bénéfice est subordonné à
l'accord de l'employeur Il ne donne pas droit à remunération. Mais la durée maximale de ce congé
ne saurait excéder 2 ans
La suspension exerce une influence sur le régime de la rémunération (I) et celui de quelques
obligations accessoires (2).
Ia modificatlon du contral peut être due soit à un 'hangement d'employeur (A) soit un
changement des termes du contral à l'initlative d'une des parties (B)
Elle est gouvernée pal un principe posé par I ‘artilcle 95 nouveau du Code de travail. ce texte pose
le Principe selon lequel s'il survient une modification dans la situation juridique de l'employeur notamment
par succession, vente, fusion, transformation de fonds, mise en société, tous les contrats en cours au jour de
la modification subsistent entre le nouvel employeur et le personnel de l'entreprise (CSG 1 5 octobre
1984)
En cas de liquidation de la sociéte entrainant un transfert d'actifs ou en cas de reprise. l'employeur
a la possibilité, après discussion avec les représentants du personnel, de procéder à la résiliat ion des
contrats de travail dans le cadre de la procédure de licenciement pour motif économique ou dans le cadre
d'un plan social La cessation de l'entreprise, sauf le cas de force majeure, ne dispense pas l'employeur de
respecter cette règle. d'autant plus que la faillite et la liquidation judiciatre ne sont pas considérées comme
des cas de force majeure
Ainsi, si l'employeur tient à licencier le personnel, Il sera tenu de toutes les formes et toutes les
indemnités de rupture des contrats de travail à durée Indéterminée.
Le contrat de travail peut être modifié. Lorsque ces modifications ont élé prévues par le
contrat de travail ou la convention collective, le salarié doit s'y soumettre Une distinction doit
cependant être faite entre modifications substantielles et modifications non substantielles. Selon la
jurisprudence, la modification est substantielle soit lorsqu'elle est importante dans sa nature par
rapport à ce qui a été convenu entre les parties (lieu de trälvall, conditions de travail), soit
lorsqu'elle repose sur une condition essentielle pour le salarié, soit encore lorsque les conditions
d'exécution du contrat Initialement établi ont connu un changement important. S'il est admis que
le salarié doit se soumettre aux modifications non substanticlles 21 il reste que les modifications
substantielles obéissent à un régime diflërent selon qu'elles émanent de l'employeur( l ) ou du
salarié(2).
1- La modification du contrat proposée par l'employeur
En cas de refus, le contrat de travail doit être maintenu car toute rupture de contrat qui
s•en suit est imputable à l'employeur Si la modification proposée n'est pas justifiée par l'intérêt de
l'entreprise, le licenciement qui s'en suit est abusif.
Iorsque la proposition de modification substantielle émane du salarié et qu elle est refusée par
l'employeur, le contrat ne peut être rompu qu'à la suite d'unc detnisyon dil salarie.
44
Elles concernent d'une part, les causes de la résiliation (Paragraphe l ) et d’autre part. les
obligations des parties à la rupture (Paragraphe 2).
Le consentement mutuel
Encore appelé déparl négocié, la rupture du contrat de travail par consentement mutuel
se traduit par un accord des parties. Selon l'article 77 nouveau du Code du travail, la rupture
amiable est la manifestation de la volonté commune de l'employeur et du travailleur de rompre
la relation contractuelle de travail qui les lie. Cet accord doit être constaté par écrit. Ainsi, pour
encourager les départs volontaires, les employeurs proposent parfois des mesures
particulièrement attrayantes telles que le versement d'une indemnité correspondant à plusieurs
années de salaire ou une offre de moyens facilitant la reconversion. On parle de pnme de bonne
séparation Aucune autre indemnité ne sera due. Si l'employeur ne respecte pas ses
engagements, le salarié pourra agir pour licenciement abusif.
Quand le consentement des parties n'est pas vicié, le départ négocié n'est soumis à
aucune procédure. Par exemple, aucun préavis n'est dû. Il en est autrement que si la rupture
négociée intervient dans le cadre d’un plan social, dans un contexte de difficultés économiques.
Enfin, l'accord conclu engage irrévocablement les parties. Aucune partie ne peut donc remettre
en cause Pacte. D'ailleurs, une copie de l'accord de la rupture amiable est adressée à l'inspecteur
du travail du ressort
B- Le décès du salarié
la faute lourde est une notion fondamentale en droit du travail. Elle peut cntrainer la
resiliation du contrat à dutee detertmnee ou du contrat a durée Indéterminée
Malheureusement le legislateut ne définit pas. Au contraire. Il précise à l'article 60 nouveau
CT qu elle est laisseé l’appreciation de la juridictton compctente La jurisprudence quant à cllc
n'a pas encore pu degager des éléments précis permettant de I’Identifier .EIle a toujours
pense que la faute lourde une faute extrêmement grave et qui d' apres les usages de travail
rend intolerable le maintien du lien contractue!
Dans la catégone des fautes Intentionnelles constituent des fautes lourdes le fart de
latre tonctlonner les Installations electctqucs sans que le compteur ne tourne alimentant
ainsi en electricité une vingtaine de personnes (C SG NI 30 janv 1984) le détournement de
deux camions de graviet au préjudice de remploycur '( cSG. 9 novembre 1981) Dune manière
générale les actes de vois commis par le salarié l'execuuon de la prestation de travatl sans
temr comptc des directnes de remployeur (CA libreville 30 Juin 1998).
Fn ce qui concerne les lautes lourdes de ncgllgcnce la neghgencc sans surv eillance
du ayant entrainé d’Importants prejudices a I ‘employeur la mauvaise gestion du
directeur général d'une société ayant consiste entre autre au non -recouvrement des créances
de la comme conséquence les difficultés tinanuercs pour I’entreprtsc . absence
injustifiéc et prolonuee (CSG 5 déc 1983)
Lorsquc la faute lourde est constatee. Elle doit être immédiatement sanctionne par
l'cmploycur. A défaut, elle perd son caractèrc el dégénère cn faute grave. Ia faute lourde a la
particularite dc permettre le licenciement sans qu'il soit obligatoire de respecter le preavis ni
de verser I’indemnité de licencgemcnt en tout état de cause, lorsquc le contrat est
régulièrement rompu Ie travaillcur part dc l'entreprise Mais, les parties seront astreintes à
quelques obligattons spécifique.
rupture
Ia principal obligation obligation Imposée par l'article 96 nouveau du Code de travail est la
délivrance du certiticat du travail ce document doit être donné par l’employeur quel que le motit
de la rupture du contrat sous peine de sanction, c 'est un écrit contenant exclusivement les dates
d’entree et de dépar du travailleur de rentrcpnse. La nature ct les dates des emplois
successivement occupes et la catcgotte protesstonnclle Il cst interdit a l’employeur d’y porter
d'autres mentions notamment te montif de la rupture du contrat de travail l'aptitude
professionnelle ou la manière de servir du travailleur. En cas de refus ou d’inscription susceptible
de portel préjudece au travailleur, l'employeur est passible des sanctions d' amende de 300000 a
600 000 f et d'un emprisonnement d'un mois ( l) à 6 mois ou de l'une de ces deux peines
seulement. le certificat est portable et non quérable en d'autres termes, l’employeur doit le
delivrer dès ta rupture sans que le travaileur n'ait a le reclamer.
B- Les obligations du travailleur
Iorsque le contrat de travail, a régulièrement pris fin, remployeur retrouve sa liberté et peut
se mettre au service d'une autre entreprise ou s'établir a son propre compte Mais dans certains cas,
cette libellé est restreinte par la clause de non concurrence Conçue dans l'intérêt des entreprises, elle
a poul objectif d’évlier qu un employé ne déstabilise I’entreprise dans laquelle il exerçait notamment
en révélant les procédés de fabrication ou en détournant la clientèle de son ancien employeur Aux
termes de l'article 34 (2) du Code du travail, la clause de non-concurrence n'est valable que SI la
rupture du contrat est le fatt du travailleur ou due à une faute lourde de sa part el à la condition d'être
limitée dans le temps (12 mots) et dans l'espace (un rayon de 5 Km autour du lieu du travail). De
même, l'interdiction ne peut porter que sur les activités de nature à porter concurrence de manière
déloyale à l'employeur Lorsque la clause de non-concurrence est valable au regard de la loi. sa
violation peut entratncr la condamnation du travailleur à une astretntc ou à des dommages - interêts
Des règles spéciales en matière de rupture des contrats de travail ont été prévues par le
législateur ct doivent être distinguées selon qu'elles concernent certains contrats spéciaux (Paragraphe
l ) ou qu'elles sont relatives à des formes particulières de rupture (Paragraphe 2)
Paragraphe 1 : Les règles spéciales à certains types de contrat de travail
Ce sont les CDD (A). ICS CDI (B) et tes contrats pour l'exécution d'un ouvrage(C)
A- Les règles spéciales au CDD
[Link] CDD prennent normalement fin à l'arrivée du terme prévu au contrat. Un tel contrat ne
peut cesser avent terme par la volonté d'une seule des parties que dans les cas prévus au contrat, ou
dans celui de la faute lourde laissée à l'appréciation des juridictions compétentes. La particularité ici est
que les parties ne sont pas tenues au respect du délai de préavis
Le CDI peut cesser par la volonté unilatérale du salarié (a). I l peut également cesser par la 1
volonté de eur- c'est le licenciement (b).
i- La démission
Aux termes de l'article 76 nouveau du Code du travail, la démission est la manifestation par
1
le travailleur de sa volonté de mettre fin au contrat de travail. Le salarié qui décide de démissionner
doit la notifier à l'employeur par un écrit(CA 22 Février 2000), afin qu'il puisse servir de preuve. Le 1
juge déduit de l'absence de lettre de démission l'absence de démission. En effet, la démission ne se
présume pas l'employeur ne peut considérer une absence, même prolongée, comme un acte de
démission(CA Libreville. 18 avril 2000). Toute démission qui ne peut être fondée sur une lettre de
1
démission est requalifiée en licenciement (CSG, 15 novembre 1983 et 13 avril 1984).L'employeur est
tenu d'en accuser réception dans les 48 heures qui suivent la notification. 1
Si la décision est motivée par le non-respect des obligations de l'employeur (refus de payer le
salaire ou autres avantages convenus), elle pourra alors être considérée comme un licenciement
abusif (art. 76 al.3). En effet, certains employeurs, au lieu de licencier, choisissent parfois de pousser
1
1
l'employé à la démission en rendant les conditions de travail insupportables. Il appartient dans ce cas
au salarié concerné, d'établir auprès des tribunaux l'abus commis par l'employeur.
ii- La retraite 1
Le départ à la retraite est la cessation par le travailleur atteint par la limite d'âge de toute activité
salariée. On doit cependant distinguer les deux hypothèses prévues à l'article 78 du Code
La retraite normale dont la limite d'âge est fixée à 60 ans.
1
1
La retraite exceptionnelle peut être décidée en raison du caractère particulier de certains
secteurs d'activité. Dans ces cas, l'âge du départ à la retraite peut être ramené à 55 ans au
moins ou être porté à 65 ans au plus.
La mise en retraite doit être expressément prononcée par l'employeur, mais l'initiative
appartient concurremment à l'employeur et au travailleur. Le départ à la retraite ouvre droit, au 1
profit du travailleur, à une pension de vieillesse ou à une allocation de vieillesse. Pour bénéficier
d'une pension vieillesse, le salarié doit
1
Avoir été immatriculé à la CNSS depuis au moins 20 ans ,
Avoir accomplis au moins 120 mois d'assurance au cours des 20 dernières
années précédant la date d'admissibilité à la pension Avoir cessé toute
activité salariée.
b- Le licenciement
Ce rapport dott être adresse par l'employeur à I inspecteur du travail ainsi que la
demande d'autonsation de licenciement Ce dernier dispose d'un délat de 30 Jours ouvrables.
à compter de la date de reception de la demande, pour faire connaitre sa décrsion I •
autorisation est acquise de pletn droit s'il garde le silence à rexptration du delai En cas
d'accord ou lorsque le délat est expire remployeur notifie les licenctcments en tenant
compte, d'abord des aptitudes professionnellex ensuite de I ant tenneté dans l'entreprise et
enfin des charges familiales des travailleurs
Les suites de la procédure
Le travailleur licencié bénéficie pendant un an d’une priorite d'embauche encore
appelè droit à l'embauche prioritaire dans la même entreprise en cas de réouverture ou de
création d'emplois de leurs spécialités En tout état de cause. l'inobservation des modalités
prescrites par la loi peut entrainer des sanctions. Ainsi, les abus dans le cadre d'un
licenciement pour motif économique seront passibles d'une amende de 300 000 à 600 000F
et d'un emprisonnement d'un mois ( l ) à six mois (6) ou de l'une de ces deux peines
seulement.
Le délai de préavis peut être défini comme la période pendant laquelle le contrat de
travail continue de produire ses effets bien que l'une des purties ait notifié à t'autre sa
décision de rompre . Le but de ce délar est de pennettre l'employé de chercher un autre emploi
et à l'employeur de pouraoir n son remplacement. la durée du préavis CSI déterminée cn
tonetion du temps de ptésence
du salarié dans l'entreprise I.'artcle 83 nouveau du Code du Travai ll afixe comme Suit
:
Ces délais sont les numma obligatoires. toutefois, la convention collective ou les contrats
individuels de travail peuvent prevoir des dispositions plus favorables en tenant compte de la
benéficient d'un preaxns mimmum de trois mois, quelle que soit leur qualification professionnelle
Le préavis commence le lendemain du Jour de la notification du licenciement, de la
démission ou du départ à la retraite Pendant la durée du préavis, l'employeur et le travailleur sont
tenus de respectel de toutes les obligations reciproques qui leur incombent. Ie travailleur dispose
cependant d'une Journee de liberté par semaine Prise a son choix globalement ou heure après
heure payée a plein salaire Après le délai, le contrat prend fin sans aucune formalité spéciale oute
rupture du CDI. sans préavis ou sans que le délai de préavis soit intégralement observe, emporte
obligation pour la partie responsable, de verser à l'autre une indemnité compensatrice (CSG. 31
janvier 1972, CSG 13 juin 1983) Le montant de cette indemnité correspond à la rémunération et aux
avantages de toute nature dont auralt bénéficié le travailleur durant le délai de préavis Si pendant
le préavis. le travailleur qui a effectué au moins la moitié de son préavis trouve un autre emploi, il
peut quitter son employeur sans lui être redevable d'une indemnité, sous réserve de le prévenir de
son départ définitif 48 heures auparavant
Le contrat de travail pour l'execution d'un ouvrage ou d'une tâche dételerminée prend fin
lorsque les travaux pour lesquels Il a conclu sont achevés Il peut êlre rompu en couts d'execution
du
contrat soit par l'employeur en cas de faute du salarié soit par le travailleur a son gre. Dans tous les cas et
sauf fautc lourde le delai de preavi doit etre respecté.
A- La rupture abusivc
On entend par rupture abusive toute rupture du contrat du travail inspirée par des motifs
blâmables ou contrevenant aux dispositions légales ou conventionnelles particulières å certains
licenciements. La sanction de cette rupture (2) suppose l'existence de l'une des hypothèses prevues(
I ).
1- Les hypothèses de rupture abusive
D'après l'article 91 nouveau du Code du travail sont notamment considérés comme effectués
abusivement les licenciements effectués sans fondement ( pour le cas d'unc absence de faute, voir
CA Libreville ch Soc 3 fev 2009. 11 078/08-09, pour des motif' tenant à la Vie privé du salarié cf. CS 10
mai 1982 no 39 pour la variation des motifs du Iicenctement, voir CA Libreville ch Soc. 5 dec. 2007. n a
36/05-06,). de même que ceux motivés par les opimons du travailleur, son activité syndicale son état
de grossesse, son appartenance ou sa non-appanenance à un syndicat déterrmné, ou
consécutivement à unc réclamation d'un droit dû ou reconnu Sont également abusifs les
licenciements individuels ou collectifs décidés cn violation des procédures d'autorisation de
l'inspecteur du travail instituées par le Code du travail(pour Je cas d'un licenciement pour motif
économique, TPI Port-Gentil 29 mar 2008), les licenciements intervenus contre la décision de
l'Inspecteur du travail, le refus cic réintégration du travailleur à l'expiration dc la suspension du
contrat prévue aux articles 51 et 209 du Code du travail(CA Libreville I etc ch, Soc 18 déc 2007), les
licenciements Intervenus du fait par te travailleur d'avoir déposé une plainte ou participé à des
procédures engagées contre un employeur en raison de violations alléguées de la législation, ou
présenté un recours devant les autorités administrativcs compétentes.
Aux termes de l'article 91 alinéa 3 du Code du travail, toute rupture abusive du contnt peut
donner lieu à des dommages ct intérêts (CA Port-Gentil, ch. Soc 22 juil. 2008), le caractère abusif dc la
rupture est laissé à l'appréciation des juridictions compétentes L'indemnité est évaluée par les juges
souverainement en fonction de tous les éléments qui peuvent Justifier l'existence et déterminer
l'étendue du préjudice causé (TPI Libreville, ch. Soc, N O 10/2008-2009, CA Libreville. 6 mars 2007N O l
19/04-05)
Lorsque la responsabilité incombe au travailleur Ie préjudice subi par l'employeur s'apprécie en
raison de l'inexécution du contrat D'ailleurs, son nouvel employeur peut être tenu solidairement du
dommage s'il est intervenu dans le debauchage, s'il a embauché un travailleur qu'il savait déjà lié par un
contrat de travail, s’il a continué a occuper un travailleur après avoir appris que celui-ci était encors lié a
un autre employeur par un contrat de travail.
Les délégués du personnel ont unc délicate mission qui consiste à présenter les
réclamations individuelles ou collectives de leurs pairs å leurs patrons. En raison des
risques auxquels ils sont exposés, des mesures de protection spéciale ont été prévues à
leur profit et singulièrement en matière dc licenciement. La procédure spéciale de
licenciement conceme tout délégué du personnel « titulane ou suppléant » (an 330
nouveau al. ICT), les délégués effectivement élus mais aussi aux candidats aux fonctions
de délégués du personnel pendant la période comprise entre la date de remise des listes
au chef d'établissement et celle du scrutin et même aux anciens délégués du personnel
pendant une durée de 6 mois à compter de l'expiration de leur mandat. Quelle que soit la
faute commise par un délégué, son licenciement ne peut intervenir que dans le respect
d'une condition préalable (a), dont l'inobservation peul entrainer des sanctions(b).
A- Le ministère du travail
Le ministère du travail est le principal organisme administratif en matière sociale.
En effet, Il a pour mission d'assurer l'exécution des lois et règlements et d'appliquer la
politique générale du gouvernement en matière de travail, d'emploi et de sécurité sociale Il
est également chargé de toutes les questions intéressant l'Organisation Internationale du
Travail et les autres organismes du trvail inter-Etats .
B- L'inspection du travail
Elle fait intervenir cn matière sociale trois acteurs principaux savoir inspecteur du travail
(I), les contrôleurs et les médecins du
travail(2).
l- L'inspecteur du travail
Le droit de visite dans les cntrcprises. Selon l'article 278 nouveau du Code du
travail I’inspecteur du travail a Ie droit de pénétrer librement et sans avertissement
préalable, à toute heure de jour et de nuit. dans les établissements ou sont occupées les
personnes jouissant de la protection légale en matière de travail et de sécurité sociale; de
pénétrer de jour dans tous les locaux qu'ils peuvent avoir un motif raisonnable de
supposer être assujettis au contrôle de l'Inspection De même, Il peul procéder à tous les
examens, contrôles ou enquêtes Jugés nécessaires pour s'assurer que les dispositions
légales en matiete de travail et de sécurité sociale sont effectivement observées
Le droit de communication. Ce droit lui permet d'accéder à tous les documents dont
la tenue cst exigée par la loi ou par une disposition relutive au travail,
Le droit d'enquête. Ce droit lui permet d'interroger l'employeur et le personnel de
l'entreprise pour avoir des Informations complémentaires
Le droit de poursuite. Les inspecteurs peuvent constater sur procès-verbal faisant foi
jusqu'à preuve du contraire les infractions à la législation du travail. D'ailleurs, ils sont
habilités à fixer le montant des amendes au bénéfice du trésor public, poursuivre
directement en justice les auteurs de ces infractions, d'exercer les voies de recours légales
et avoir droit à la parole à l'audience devant la juridiction compétente
publique
Aux termes de l'arttcle 272 nouveau du Code du travail. l'inspecteur du travail est chargé
de plusieurs missions
La mission de contrôle. Dans le cadre de cette mission, il est tenu d'un double
contrôle : un contrôle juridique du respect de la règlementation et un contrôle
technique portant sur les conditions de travail (rémunération, durée de travail...),
d'hygiène et de sécurité dans l'entreprise, les relations individuelles de travail
(contrats de travail, licenciement, etc.), les relations collectives (mise en place des
institutions représentatives du personnel, entraves à ces institutions. etc.) en
principe, ce contrôle couvre l'ensemble de la législation sociale et concerne tous les
établissements.
Les contrôleurs du travail sont, tout comme les inspecteurs du travail, des fonctionnaires
dont le statut et les conditions de service leur assurent la stabilité dans leur emploi et les rendent
indépendants de tout changement de gouvernement et de toute Influence Indue. D'ailleurs, ils
prêtent le même serment que les Inspecteurs du travail et dans les mêmes conditions.
Ils sont chargés de de l'application des mesures générales de sécurité et de santé au travail
Dans cette optique, ils sont habilités à signaler les infractions par des rapports écrits au vu desquels
l'inspecteur du travail pourra dresser un procès-verbal Ils peuvent également saisir le juge des
référés pour voir ordonner toutes mesures propres à faire cesser le risque, telles la fermeture
temporaire d'un
atelier ou chantier, la mise hors service, l'immobilisaton, la saisie des matériels, machines,
Dispositifs, Produits
b- Les médecins inspecteurs du travail
Aux termes de rarticle 282 du code du travail, des médecins inspecteurs du travail peuvent
être placés auprès des inspecteurs du travail Ils sont égalemcnt chargés de l'application des
mesures générales de sécurité et de santé au travail.
Elle a pour mission d'étudier les questions relatives au travail et å la main-d'œuvre, aux
relations professionnelles, à l'emploi, a l’orientation, à la formation et au perfectionnement
professionnels et aux mouvements de main-d’œuvre : d'examiner toute difficulté néc à
l'occasion de la négociation des conventions, d'émettre des avts et de formuler des
proposltions et des résolutions sur la réglementation Intervenir en ces matières.
La commission comprend un nombre égal de représentants des employeurs et des
employés, à raison de 15 membres titulmres et autant de membres suppléants par organisme.
Ces membres sont désignés par arrêté du ministre du travail sur proposition des organismes
professionnels représentatifs des employeurs et des employés.
La commission est présidée par le ministre du travail ou son représentant. Elle ne
délibère valablement que si la moitié au moins de ses membres est présente ou si sa
composition est paritaire. Les réunions de 18 commission sont convoquées par le président. Les
avis sont adoptés à la majorité des membres présents.
C- La commission nationale d'étude des salaires
Elle est chargée de donner un avis mouvé à la commission gouvernementale des salaires
sur la fixation du SMIG. EIle peut demander aux administrations intéressées toutes enquêtes ct la
communication de toutes documentations utiles å l'accomplissement de sa mission. Elle doit aussi
donner à la demande du ministre chargé du travails un avis sur toute difficulté née à l'occasion de
la négociarion des conventions. Elle peut également être consultée sur toute question relative à la
détermination et à l'application de la politique nationale des revenus Elle se doit également
d'étudier la composition d'un budget type servant à la détemtination du SMIG et de suivre
l'évolution du coût de la vie en liaison avec la direction nationale des statistiques et des études
économiques
La commission est présidée par le Ministre du travail Elle est composée à parité entre les
représentants des employeurs et les représentants des employés. La commissjon se réunit au
moins une tous les 3 ans sur convocation de son président ou de la maJorité de ses membres.
SECTION 2 : LFS ORGANISMES PROFESSIONNELS
Ces oreganismes sont tres Importants car Ils défendent les intérêts
communs de la professton il s’agit principalement des syndicats (Paragraphe
l ) et des délégués du personnel (Paragraphc 2) Ie législateur a cependant
prévus d’autres organismes qu’il Importe d'étudier (Paragraphe 3)
1
Aux termes de l'article 302 nouveau du Code du travail, les syndicats
sont des groupcmcnts de personnes exerçant la même profession, des métiers
Similaires ou des professtons connexes ayant pour objet exclusf, l'étude et la
defense des droits ainsi que des intérêts materiels et moraux, tant collectifs
qu'individuels de leurs membres Toutefois dans les faits, un syndicat peut
designer des groupcments des personnes n'exerçant aucune profession
(syndicat des étudiants. des propriétaires d'immeubles, etc ) Au sens du Code
du travail, seules les personnes qui exercent une profession peuvent
constituer un syndicat aussi bien de travailleurs que d'employeurs Un syndicat
professionnel regroupe les membres d'une branche d’activtté ou des branches
d'activités connexes ou simitaires . Ainsi. plusieurs syndicats fonctionnent
normalement (B) sur la base de la liberté syndicale (A)
A- La liberté syndicale
Une copie du dossier de declaration est adressée par la direction provinciale dil travail du ressort
au gouvemorat et auprès du procureur de la république du ressort avec un avis mouve Les
ministères en charge du travail et en charge de l'intérieur sont tenus de vérifier la rcgularité de
cette déclaration compris le dossier qui l'accompagne et d'informer de leurs conclusions, dans un
délai de deux mois, les autorités susvisées ainst quc le syndicat intéressé A défaut d'une réponse
des ministères en charge du travail et en charge de l'intérieur dans les deux mois malértallses par
un arrêté conjoint, la déclaration de constitution et le dossier y relatifs sont réputés conformes aux
lots et règlements en vigueur. Elle emporte acquisition automatique de la personnalité juridique
par le syndicat qui peut dès lors commencer ses activites
Cette liberté de création emporte aussi liberté de constitution des unions, des fédérations
ou des confédérations syndicales. Ainsi, les syndicats professionnels peuvent librement se
concerter, se constituer en unions de quelque forme que ce soit mais à condition de respecter la
même procédure que celle de la constitution d'un syndicat (an. 287 nouveau).
Cependant, le principe de la liberté syndicale, notamment la liberté de création, souffre de
quelques restrictions que la doctrine qualifie d'atteintes à cette liberté Ainsi, la liberté de création
d'un syndicat est quelque peu entravée non seulement par l'exigence de la déclaration du syndicat,
mais aussi par la condition selon laquelle, les membres chargés de la direction d'un syndicat
doivent jouir de leurs droits Civils, être de bonne moralité et ne pas avoir encouru de
condamnation comportant la perte des droits civiques ni de condamnation à une peine criminelle.
Les membres de nationalité étrangère d'un syndicat doivent avoir résidé 1 8 mois consécutifs au
Gabon et avoir exercé pendant cette période une activité professionnelle définie.
b- La liberté d'organisation
Les syndicats peuvent regrouper les travailleurs appartenant à la même branche
d'activité ou à des branches d'activités connexes ou similaires. sc constituer en union syndicale
regroupant des syndicats professionnels, en fédération, confédérations syndicales constituées à
l'échelon national.
Ils ont le droit d'élaborer leurs statuts administratifs, d'élire librement leurs représentants
et d'organiser leur gestion, à condition de se conformer à la législation et à la règlementation en
vigueur. Ainsi. L’etat n'exerce aucun contrôle sur leur structure, sur le choix des dirigeants, sur le
droit d'adhésion et sur leur financement Sur ce dernier point, il faut préciser que les ressources des
syndicats proviennent principalement des cotisations de leurs membres. Accessoirement, elles
peuvent provenir des dons et legs ; des revenus de leurs activités et des subventions éventuelles de
l'Etat
La liberté d'adhésion à un syndicat est consacrée à l'articlc 303 nouveau du Code du traxail.
Ainsi, chaque travailleur ou employeur peut adhérer au syndicat de son choix mais à la seule
condition que ce syndicat relève de son secteur d'activité. De même, les mineurs non émancipés.
Âgés de plus de seize ans, Peuvent adhérer aux syndicnts. Sauf opposition de leur père, mère ou
tuteur.
Cette liberte suppose egalement que le salarier peut se retirer a tout moment du
svndycat. La protection de la liberte syndicale contre l’employeut recouvre deux
aspects
- I’interdiction faite a l’employeur de prendre les mesures Inspirées pat le
fait que le travailleur fait partie de tel ou tel svndical ou au contraire, refuse d'en
faire partie (an 304 al I nouveau) En conséquence, l'employeur ne saurait tenir
compte de l'appartenance ou de l’activité syndicale de ses préposés lors de leur
embauche et de leur licenciement
- L'interdiction faite à l’employeur de brandir le refus d'employer comme
un contre moyen de pression afin de dissuader une affiliation ou une activité
syndicale
B- L'activité syndicale
-Etre travailleur de l'entreprise (même les salariés en préavis peuvent être électeur)
Etre une personne diferente du chef d'entreprise ou de l’emploveur
Avoir travaillé au moins 6 mois dans l'entreprise
Pour être éligible au poste de delégué du personnel au sein d'une entreprise, il faut :
Etre un travailleur de l'entreprise quel que soit le sexe
Avoir travaillé dans l'entreprise au moins 12 mois
Ne pas être chef d'cntrcprtse ou employeur
Les délégués du personnel sont élus pour une durée de trois ans
renouvelables sans aucune limitation, au scrutin de liste secret. Les listes sont
établies par les syndicats ou à défaut par les travailleurs eux-mêmes. Mais, ils sont
révocables, sur proposition du syndicat auquel ils appaniennent. par les collèges qui
les ont élus, Chaque délégué a un suppléant élu dans les mêmes conditions qui le
remplace en cas d'absence motivée, de décès, de démission, de révocation, de
changement de catégorie professionnelle, de résiliation du contral de travail ou en
cas de perte des conditions requises pour l'éligibilité. Pour avor droit à un délégué
du personnel dans une entreprise, il faut que celle-ci emploie habituellement plus
de 10 salariés. Le nombre de délégués est fonction du nombre de salarié selon le
tableau suivant
Fffectif de l'établissement Nombre de délégués à élire
Dans les grandes entrept Ises, il est impossible pour les travailleurs pris
individuellement d'entretenir des relations directes avec l'employeur. Le délégué du
personnel est dans ce cas le mandataire de remployé auprès de l'employeur.
Toutefois, la 101 n'interdit pas aux travailleurs de présenter eux-mêmes la
revendication à l'employeur. Aussi, lu mission du délégué du personnel est double la
mission de réclamation ( l ) et la mission de collaboration (2)
Ces sont les représentants des syndicats professionnels au sein des entreprises. Ils sont
choisis au sein des entreprises par les fédérations et les confédérations syndicales des travailleurs
les plus représentatives qui en informent par écrit le chef d'entreprise ou son représentant et
l'inspecteur du travail du ressort. La durée du mandat des délégués syndicaux est de trois (3) ans
renouvelable. Il est interdit de cumuler les fonctions de délégué syndical et délégué du personnel.
La désignation des délégués syndicaux peut intervenir lorsqu'une entreprise a atteint pendant au
moins 12 mois un effectif d'au moins 50 personnes.
Le nombre des délégués syndicaux est déterminé en fonction des effectifs de l'entreprise
dans les tranches ci-après .
- de 50 à 100 : deux (2) délégués
- de 101 à 150 : trois délégués
- de 1 51 à 200 : quatre délégués
- de 201 à 250 : cinq délégués
- de 251 et plus : six (6) délégués
Selon l'article 337 nouveau du Code du travail, les délégués syndicaux ont pour missions :
de participer au dialogue social au sein de l'entreprise ; d'assurer la communication entre
l'entreprise et leurs syndicats ; d'afficher et de veiller à la régularité des tableaux d'affichages des
informations syndicales d'assister les organisations syndicales dans la négociation des accords
collectifs d'entreprise ou d'établissements et de tout autre accord relatif aux conditions collectives
de travail et aux garanties sociales ; de veiller au respect de la procédure applicable en matière de
déclenchement de conflit collectif de travail ; de donner leurs avis sur les conditions des
licenciements économiques envisagés par l'employeur.
Les délégués syndicaux bénéficient des heures de délégation qui sont considérées comme
temps de travail effectif pour l'accomplissement de leurs fonctions et rémunérées comme tel. Elles
ne peuvent excéder quinze (15) heures par mois.
Ils bénéficient également du même régime de protection contre le licenciement tel que
prévu pour les délégués du personnel (CA Libreville 18 avril 2000).
le mandat des membres du comité est de deux ans renouvelables les membres du comite sont
tenus au secret professionnel pour toutes les Informations de nature confidentielle dont Ils auront
connaissance à l'occasion de leurs fonctions
Il a des fonctions très importantes. Il intervient dans rentreprise à titre consultatif dans le
dommne social, professionnel et économique.
Sur Ie plan professionnel, il étudie, propose et donne son avis sur toute mesure
relative à l'organisation générale du travail, à la productivité, à la rentabilité, à l'amélioration
de la qualité de la production, à l'utilisation des Installations, à l'introduction des innovations
et des machines nouvelles à l'utilisation rationnelle et efficiente des ressources humaines de
l'entreprise, à la discipline et à la condition des travailleurs, à l'exception des questions
relatives aux salaires De même, il participe, en liaison avec le ministère compétent, à
l'élaboration des programmes de formation professionnelle et de perfectionnement du
personnel ainsi qu'à toute mesuœ propre à renforcer la responsabilité des travailleurs dans les
tâches dont ils ont la charge
Sur le plan social, il contrôle ou assure ta gestion de toutes les œuvres sociales établies
dans l'entreprise au bénéfice des salariés ou de leurs familles et propose la création ou la
suppression de toute œuvre sociale de l'entreprise
Pour mener à bien ses missions sur le plan économique, le comité doit être Informé
des questions intéressant la gestion, la situation financière et la marche générale de
l'entreprise A cet effet, le chef de I’entreprise doit faire au moins une rots l'an un exposé
d'ensemble sur la situation et l'activité de l'entreprise, ainsi que sur ses projets pour l'exercice
suivant. I l doit également mettre à la disposition du comité un local un local convenable, le
matériel et, éventuellement. le personnel indispensable pour ses réunions
CHAPITRE 2 : LES JURIDICTIONS DU TRAVAIL
Les juridictions de travail doivent être apprehendées sous le double aspect de leur
organisation (Section l) et la procédure de règlement des conflits de travail (Section 2)
L'exécution des prestations du travail peut donner lieu à des conflits entre les
partenaires sociaux. La procédure de règlement qui déroge au droit commun varie
selon que l'on a affaire à un conflit individuel (Paragraphe l ) ou à un conflit collectif
(Paragraphe 2).
Paragraphe I : Le règlement du conflit individuel
Le conflit individuel est celui qui nait à l'occasion du contrat de travail entre
employeur et travailleurs. Peu importe que les obligations incombant aux parties
résultent du contrat, de la loi, d'une convention collective, d'une convention
internationale ratifiée ou du règlement intérieur. Le seul critère prépondérant est
l'existence d'une relation de travail entre les parties. Le règlement de ce différent
implique au préalablc une tentative de conciliation devant l'inspecteur du travail (A)
avant toute saisine du tribunal (B). Mais il peut également faire l'objet d'autres modes
de règlement (C).
B- La phrase de jugement
Elle est amorcée après la tentative de conciliation ou à défaut par saisine directe.
Elle est régie par des normes qui dérogent au droit commun Elle s'ouvre par l'Introduction
de l'action devant le tribunal du travail ( I) continue par l'audience (2) et peut donner lieu à
d'éventuelles voies de recours
(3).
l- L'introduction de l'action devant les juridictions du travail
L'action en justice est introduite par déclaration ou écrite faite soit au greffe du
tribunal du travail par le demandeur, soit par l'inspection du travail qui transmet la requête
au tribunal du travail et une copie du procès-verbal de non-conciliation. Elle peut
également être introduite par le demandeur lorsque dans un délai de 3 mois après le
procès-verbal de non conciliation, l'inspecteur du travail n'a pas transmis le dossier au
tribunal.
Dès lors qu 'elle est introduite, c'est le Président du tribunal qui assure désormais la
direction de la procédure. Dans les deux jours francs à dater de la réception de la demande.
Il cite les parties à comparaitre dans un délai qui ne peut excéder une semaine majoré, s'il y
a lieu, des délais de distance
Les parties sont tenues de se rendre aux jour et heure fixés devant le tribunal de
travail de travail Elles peuvent se faire assister ou représenter soit par un avocat selon le
droit commun, soit par un employeur ou un travailleur exerçant dans la même branche
d'activité, soit par un représentant des organisations syndicales auxquelles elles sont
affiliées, soit enfin par un directeur ou un employé de rentreprise ou de l'établissement en
ce qui concerne l'employeur.
Si au jour fixé pal la convocation, le demandeur ne comparait pas et ne Justifie pas
d'un cas de force majeure, la cause est rayée du rôle et ne peut être reprise qu'une seule fois
selon les formes prescrites pour la demande primitive à peine de déchéance. En revanche, si
le détendeur ne comparait pas ne justifie pas d'un cas de Ibrcc majeure ou s'il n'a pas présenté
ses moyens SOUS forme de mémoire, défaut est donne contre lui, et le tribunal statue sur
Ie mérite dc la demande.
2- L'nudjcnce
2- La phase de médiation
3- La phase d'arbitrage
a- L'instance compétcnte
En droit Gabonais, en dehors dc cas où la convention ou l'accord collectif ne prévoil
pas une procédure contractuelle d'arbitrage, l'arbitrage est institutionnel et diligente par un
conseil d'arbitrage composé d'un magistrat de l'ordre Judiciaire désigné par le Mimstre de la
Justice, Garde des Sceaux. Président d un représentant du Ministre en charge du Travail.
membre de droit ; deux membres titulaires et deux membres suppléants choisis par les
syndicats les plus représentatifs d'employeurs ; deux membres titulaires ct deux membres
suppléants choisis par les svndlcals les plus représentatifs des travailleurs. Le secrétariat du
conseil d'arbitrage est assuré par le greffier du tribunal du travail du lieu où se règle le
conflit Les membres du conseil d'arbitragc sont tenus au secret professionnel
Le conseil d'arbitrage a l'obligation de ne statuer que sur les points qui n'ont pas pu
être réglés par la conciliation, ainsi qu'il résulte du procès-verbal de non-conciliation, ou par
la médiation, ainsi qu'il ressort de la recommandation Cependant, Il peut statuer sur des
points nouveaux résultant des évenements postérieurs à ces procès-verbaux mats qui sont
la conséquence du conflit en cours Il doit statuer dans les 5 Jours ouvrables qui suivent la
convocation par le Ministre en charge du Travail
Le conseil d'arbitrage peut procéder à toute enquêtc auprès des entreprises et des
syndicats et requerir des parties tout document ou renseignement lui permettant de mieux
connaitre la situation Il peut d'ailleurs recourir aux offices d'experts et de toutes les
personnes qualifiées susceptibles de l'éclairer dans la prise de su décision
La sentence arbitrale doit être motivee et notifiée sans délai aux parties par le
Ministre du travail ou son représentant Elle acquiert forcc exécutoire dans les quatre jours
de la notification sauf appel ou opposition devant la Cour d'Appel saisie à cet effet par l'une
des parties.
c- Les voies dc recours contre les sentences arbitrales
La sentence arbitrale peut faire l'objet d'un appel ou d'une opposition devant la Cour
d'appel du ressort. I'arrêt rendu par cette dernière peut faire l'obJet d'un recours en
cnssatlon devant la chambre judiciaire de la Cour suprême qui statue dans les huit jours de
sa saisine .En cas d'annulation de tout ou partie de l'arrêt de la Cour d'appel. I’affaire est
renvoyée devant la même Cour d'appel autrement composéce .En cas de nouveau pourvoi,
la chambre judidiciaire évoque et statue définitivement.
65
l- La grève
Aux termes de l'article 379 du Codc du travail, la grève est l'arrêt concerté du travail par
un groupe de salariés en vue de soutemr des revendications professionnelles déjà déterminées
auxquelles l'employeu' n'a pas donné satisfaction Elle unc modalité de défense des droits et des
interêts professionnels, économiques et sociaux. En d'autrcs termes, c'est est le refus collectif el
concerté par tout ou partie des travailleurs de respecter les règles normales de travall en vue
d'amener t'employcur à satisfaire leurs réclamations ou revendications Elle ne rompt pas le
contrat de travail qui est seulement suspendu.
Toute grève doit être précédée d'un préavis déposé par le syndicat Ie plus représentatif
du groupe des travailleurs en conflit ou, en l'absence de syndicat, par les représentants du groupe
des travailleurs en conflit Ce préavis, qui fixe le lieu, la date, l'heure et la durée de la grève, doit
préciser les motifs du recours la grève et parvenir au chef d'entreprtse au moins dix jours
ouvrables le déclenchement de la grève. Pendant la durée du préavis, les parties concernées
doivent tout mettre en œuvre pour rechercher le compromts. Dans certaines entrepnses 2, un
service minimum obligatoire est requis en raison de leur utilité sociale ou de leur spécificité Il doit
obligatoirement être de 40% de l'activité reparti sur la journée en dehors des heures de pause. Les
heures ou les journées de travail perdues pour cause de grève nc donnent pas lieu ù la
rémunération, sauf si la grève résulte du nonpaiement terme du salaire.
L'effet fondamental attaché à lu grève réside dans la suspension du contrat dc travail Ainsi.
sauf en cas de faute lourde, le contrat de travail ne peut être résilié en raison de la participation
d’un salarié a la grève. La Jurisprudence est constante sur cc point qualifie d'abusif, le
licenciement d’un salarié qui a participé à la grève ou qui y a joué un rôle Scule la faute lourde
peut justifier la rupture du contrat de travail d'un salarié gréviste. Mais certaines grèves sont
considérées comme illicites et peuvent être sanctionnées C'est le cas des grèves à caractère
purement politique: des grèves déclenchées sans respecter le préavis exigé par la loi, des grèves
avec violence, voies de fait, menaces, manœuvres dans Ie but de porter atteinte a l'exercice de
l'industrie et à la liberté du travail, des grèves en violation du service minimum; des grèves
intervenues en cours de négociation collective et de toute autre grève dont le but n'est pas de
défendre les droits et les intérêts professionnels, économiques et sociaux. En dehors de ces cas,
aucun salarié ne peut être sanctionné à cause de sa participation à la grève ou du rôle qu'il y a
joué
2- Le lock-out
Aux termes de l'article 387 nouveau du Code de travail, le lock-out est la fermeture
volontaire de l'entreprise ou de l'établissement pal l'employeur pour la défense de ses intérêts.
Iorsqu'il est ainsi envisagé, il est licite. II ne doit jamais être préventil ou défensif a l'encontre des
travailleurs qui menacent de faire grève sinon il sera considéré comme étant illicite Dans ce
dermer cas, les journees de travail perdues par les salariés devront être rémunées au tarif'
normal. De plus, le caractère illicite du lock-out donne au travailleur la possibilité de rompre le
contrat de travail et rend l’employeur responsable de cette rupture.