GÉOMÉTRIE DU PLAN COMPLEXE
MARIE-CLAUDE DAVID
Voici un cours sur la géométrie du plan complexe avec des figures et des exer-
cices interactifs. Avant de l’aborder, il serait bon de maîtriser le contenu et les
exercices du cours WIMS : Nombres complexes. Pour l’étude des isométries, il est
utile de se référer au document WIMS : Isométries du plan.
Avertissement. Ce cours est une partie de l’option de géométrie enseignée de 2013
à 2015 au premier semestre de la première année de licence MPI à la Faculté des
Sciences d’Orsay de l’université Paris Sud. Il s’agissait de pallier l’absence des
transformations au Lycée.
TABLE DES MATIÈRES
1. Géométrie du plan complexe 2
1.1. Affixe d’un vecteur, angle orienté de deux vecteurs 2
1.2. Applications à l’étude de lieux 2
2. Ecriture complexe d’une transformation 3
2.1. Exemples 3
2.2. Propriétés générales 4
3. Isométries du plan complexe 4
3.1. Isométries positives 4
3.2. Isométries négatives 5
3.3. Exercices 7
4. Homothétie 7
4.1. Définition 7
4.2. Figure mobile 8
4.3. Homothétique d’un pentagone 8
4.4. Propriétés 9
4.5. Exercices 9
5. Similitudes 10
5.1. Définitions et propriétés 10
5.2. Exemples 10
6. Etude des similitudes qui ne sont pas des isométries 11
6.1. Décomposition canonique d’une similitude qui n’est pas une
isométrie 11
6.2. Point fixe d’une similitude directe qui n’est pas une isométrie 11
6.3. Point fixe d’une similitude indirecte qui n’est pas une isométrie 12
6.4. Exercices 13
7. Composition des similitudes 13
1
2 MARIE-CLAUDE DAVID
7.1. Groupe des similitudes 13
7.2. Similitudes et angles orientés 15
7.3. Composées de similitudes directes 15
7.4. Exercices de composition 16
8. Propriétés des similitudes 16
8.1. Figures semblables 16
8.2. Similitude définie par l’image de deux points donnés 16
8.3. Image d’une droite ou d’un cercle 17
1. G ÉOMÉTRIE DU PLAN COMPLEXE
Dans cette partie, on complète les propriétés géométriques des affixes vues dans
le document WIMS : Nombres complexes.
1.1. Affixe d’un vecteur, angle orienté de deux vecteurs.
Définition 1.1. Dans le plan orienté par un repère orthonormé (O,~u,~v), on consi-
dère un vecteur ~w de composantes (x, y) ; on appelle affixe du vecteur ~w le nombre
complexe ω = x + iy.
−−→ −
→
En particulier, l’affixe de M est égal à celui de OM. L’affixe du vecteur AB est
zB − zA quand A et B sont des points d’affixes respectives zA et zB .
Proposition 1.1. Soient ~w et ~w0 deux vecteurs non nuls d’affixes respectives z et z0 .
0
L’angle orienté (~w,~w0 ) a pour mesure l’argument de zz = Arg(z0 ) − Arg(z).
Pour A et B deux points distincts d’affixes respectives zA et zB et C et D deux
−
→ −→
points distincts d’affixes respectives zC et zD , l’angle orienté (AB, CD) a pour me-
−zC
sure l’argument de zzDB −zA
.
Démonstration. Par relation de Chasles, on a
0
0 0 0 z
(~w,~w ) = (~u,~w ) − (~u,~w) = Arg(z ) − Arg(z) = Arg .
z
−→ −→
La formule est démontrée et s’applique à (AB, CD) pour donner :
−
→ −→ zD − zC
(AB, CD) = Arg
zB − zA
Exercice 1.
WIMS : Angle et quotient de complexes
1.2. Applications à l’étude de lieux. Ces descriptions sont des applications di-
rectes des propriétés du module et de l’argument d’un nombre complexes.
Soient A, B et M des points d’affixes respectives a, b et m.
(1) L’ensemble des points M vérifiant |m−a| = |m−b| est la médiatrice de [AB],
ensemble des points équidistants de A et B.
GÉOMÉTRIE DU PLAN COMPLEXE 3
(2) L’ensemble des points M vérifiant |m − a| = |a − b| est le cercle centré en A
passant par B.
(3) L’ensemble des points M vérifiant |m| < 1 est le disque unité ouvert (c’est-
à-dire le disque sans le cercle unité).
(4) L’ensemble des points M vérifiant |m| ≤ 1 est le disque unité fermé (c’est-à-
dire avec le cercle unité).
(5) L’ensemble des points M vérifiant m + m̄ = 1 ne contient pas O donc on
peut poser m = reiθ ; la condition s’écrit alors 2r cos(θ) = 1. L’ensemble des
points M vérifiant m + m̄ = 1 est la droite x = 21 .
(6) L’ensemble des points M vérifiant m − m̄ = i ne contient pas O donc on
peut poser m = reiθ ; la condition s’écrit alors 2r sin(θ) = 1. L’ensemble des
points M vérifiant m − m̄ = i est la droite y = 12 .
m−a
(7) Les points M tel que soit égal à ±i sont les intersections du cercle
m−b
de diamètre [AB] et de la médiatrice de [AB] en effet le triangle ABM est
rectangle isocèle en M.
m−a
(8) Les points M tel que soit un imaginaire pur sont les points différents
m−b
de B du cercle de diamètre [AB] en effet le triangle ABM est rectangle en M.
Exercices 1. Déterminer le troisième sommet d’un triangle.
— WIMS : Triangle isocèle (1)
— WIMS : Triangle isocèle (2)
— WIMS : Triangle équilatéral
2. E CRITURE COMPLEXE D ’ UNE TRANSFORMATION
Un point dans le plan avec un repère orthonormé (O,~u,~v) peut être déterminé
par ses coordonnées (x, y) ou son affixe z = x + iy. Ainsi on peut définir une trans-
formation en donnant pour chaque point les coordonnées de son image ou son
affixe.
Définition 2.1. Soient deux nombres complexes a (non nul) et b. On s’intéresse
aux transformations Ra,b et Sa,b définies pour z ∈ C par :
Ra,b (z) = az + b et Sa,b (z) = az̄ + b
2.1. Exemples. Les transformations présentées ici sont définies dans le document
WIMS : Isométries du plan sauf l’homothétie (voir en 4.1).
On considère M et M 0 d’affixes respectifs z et z0 .
— La transformation R1,b est la translation de vecteur ~b d’affixe b.
−−→ −−→
En effet, de z0 = z + b, on tire : MM 0 = ~b puisque z0 − z est l’affixe de MM 0 .
— La transformation R−1,2c est la symétrie centrale de centre C d’affixe c.
0
en effet, de z0 = −z + 2c, on tire c = z+z
2 donc C est le milieu de [MM ].
0
— Pour λ réel, non nul et différent de 1, et c ∈ C, Rλ,c(1−λ) est l’homothétie de
centre C d’affixe c et de rapport λ.
En effet, pour M 0 = h(C, λ)(M), on a : z0 − c = λ(z − c).
4 MARIE-CLAUDE DAVID
— Pour θ 6= 0, l’image de M par la rotation de centre C d’affixe c et d’angle θ
est le point M 0 dont l’affixe vérifie :
z0 − c = eiθ (z − c)
— La transformation S1,0 est la réflexion d’axe y = 0 : z0 = z̄.
— Pour θ 6= 0 et a = eiθ , Sa,0 est la réflexion d’axe ∆ où ∆ est la droite passant
par O et tel que ((Ox), ∆) = θ2 .
En effet, de Sa,0 (z) = eiθ z̄, on tire : Sa,0 ◦ S1,0 = R(eiθ , 0).
Exercice 2.
WIMS : Image par une rotation
2.2. Propriétés générales.
Proposition 2.1. Soient a 6= 0 et b deux nombres complexes.
Les applications Ra,b et Sa,b multiplient les longueurs par |a|.
Les applications Ra,b conservent les angles orientés.
Les applications Sa,b transforment un angle orienté en son opposé.
Démonstration. Soient M et N d’affixes respectives zM et zN ; on note z0M et z0N les
affixes de leurs images.
Pour les applications R, on a : z0N − z0M = a(zN − zM ) d’où |z0N − z0M | = |a| × |zN −
zM |.
Pour les applications S, on a : z0N − z0M = a(z̄N − z̄M ) = a × zN − zM d’où |z0N −
z0M |
= |a| × |zN − zM |.
Dans les deux cas, la longueur M 0 N 0 est le produit de NM par |a|.
On suppose M et N distincts et on considère deux autres points distincts P et Q
d’affixes respectives zP et zQ ; on note z0P et z0Q les affixes de leurs images.
z0 −z0 z −z
Pour les applications R, on a : Arg z0P −z0Q = Arg zNP −zMQ donc les angles orientés
N M
sont conservés. 0
z −z0 z̄ −z̄ z −z
Pour les applications S, on a : Arg z0P −z0Q = Arg z̄NP −z̄MQ = −Arg zNP −zMQ donc un
N M
angle orienté est transformé en son opposé.
3. I SOMÉTRIES DU PLAN COMPLEXE
On suppose dans cette partie que a est de module 1.
D’après la proposition 2.2, les applications étudiées sont donc des isométries.
3.1. Isométries positives.
3.1.1. Etude de z0 = az + b.
Proposition 3.1. Pour |a| = 1, l’application Ra,b est une isométrie positive.
— Pour a = 1 et b = 0, R1,0 est l’identité.
— Pour a = 1, R1,b est la translation de vecteur ~b d’affixe b.
— Pour a 6= 1, on pose a = eiθ avec θ 6= 0. Alors Ra,b est la rotation de centre
b
C d’affixe c = 1−a et d’angle θ.
GÉOMÉTRIE DU PLAN COMPLEXE 5
Pour chaque translation ou rotation, on peut trouver un couple de nombres com-
plexes (a, b) telle que son expression complexe soit Ra,b et ce couple est unique.
Démonstration. Pour l’essentiel, ces résultats ont été vus dans les exemples en 2.1.
L’équation aux points fixes c = ac + b donne la valeur de c. Si on soustrait cette
relation à z0 = az + b, on obtient z0 − c = a(z − c), donc Ra,b est la rotation de centre
C et d’angle Arg(a).
3.1.2. Exemple. Soit f l’application du plan complexe définie par :
1 √ √
f (z) = (1 − i 3) z + 2(1 + i 3)
2
Comme f (z) est de la forme az+b avec a = e−iπ/3 de module 1, f est une isométrie
positive qui n’est pas une translation donc c’est une rotation.
Son centre est le point C d’affixe c vérifiant l’équation au point fixe :
1 √ √
c = (1 − i 3) c + 2(1 + i 3)
2
donc C a pour affixe 4. √
L’angle de f est l’argument de a = 21 (1 − i 3) soit − π3 .
Pour conclure, f est la rotation ρ(C, − π3 ) où C le point d’affixe 4.
Remarque 1. Pour résoudre l’équation au point fixe, il est recommandé de savoir
calculer un quotient de nombres complexes. On trouvera la méthode à cette page
WIMS : Quotient de nombres complexes
3.2. Isométries négatives.
3.2.1. Etude de z0 = az̄ + b.
Proposition 3.2. Pour |a| = 1, l’application Sa,b est une isométrie négative.
— Pour ab̄ + b = 0, l’application Sa,b est une réflexion d’axe passant par le
point C d’affixe b2 et faisant l’angle Arg(a)/2 avec l’axe des abscisses. L’axe
est aussi la médiatrice de [OB] où B = Sa,b (O) est le point d’affixe b.
— Pour ab̄ + b 6= 0, l’application Sa,b est une symétrie glissée composée de la
translation de vecteur d~ d’affixe d = (ab̄ + b)/2 et de la réflexion Sa,b0 avec
b0 = (b − ab̄)/2. Son axe est la droite passant par C d’affixe 2b et dirigée par
~ Il fait un angle de Arg(a)/2 avec l’axe des abscisses.
d.
Pour chaque réflexion ou symétrie glissée, on peut trouver un couple de nombres
complexes (a, b) telle que son expression complexe soit Sa,b et ce couple est unique.
Démonstration. Dans cette démonstration, on utilise de manière essentielle, la clas-
sification des isométries (WIMS : Isométries du plan).
L’isométrie Sa,b est négative donc est une réflexion ou une symétrie glissée.
Considérons le point B d’affixe b, image de O par Sa,b et le milieu C (d’affixe
c = 2b ) de [OB]. Le point C appartient donc à l’axe de Sa,b . Alors Sa,b est une
réflexion si et seulement si C est fixe par Sa,b .
b b b b
Sa,b = ⇐⇒ = a + b ⇐⇒ ab̄ + b = 0
2 2 2 2
6 MARIE-CLAUDE DAVID
Donc C est fixe par Sa,b si et seulement si ab̄ + b = 0.
— Pour ab̄ + b = 0, l’isométrie Sa,b est une réflexion d’axe ∆ passant par C.
Si a vaut 1, l’isométrie S1,b est une réflexion d’axe parallèle à l’axe des
abscisses. En effet, S1,b ◦ S1,0 est la translation de vecteur b donc les axes de
Sa,b et S1,0 sont parallèles.
Si a est différent de 1, Sa,b est la composée Ra,b ◦ S1,0 donc la rotation Ra,b
(qui est une rotation d’angle Arg(a)) est la composée Sa,b ◦ S1,0 . Donc l’axe
de Sa,0 fait un angle (Arga)/2 avec l’axe des abscisses, axe de S1,0 .
Pour toute valeur de a, on a donc ((Ox), ∆) = Arg(a)/2.
On peut aussi remarquer que, comme Sa,b est la réflexion qui échange O
et B, son axe est la médiatrice de [OB].
−→
— Pour ab̄ + b 6= 0, calculons d~ = CC0 pour C0 , image de C par Sa,b .
" #
b b ab̄ + b
d= a +b − =
2 2 2
~ L’iso-
Sur son axe, la symétrie glissée agit comme la translation de vecteur d.
métrie Sa,b est donc la symétrie glissée composée de la translation de vecteur
d~ et de la réflexion Sa,b0 avec b0 = (−ab̄ + b)/2.
En effet, on a :
0 −ab̄ + b ab̄ + b
z = az̄ + b = az̄ + +
2 2
De plus b0 vérifie : ab̄0 + b0 = 0. Donc Sa,b0 est bien une réflexion et bien sûr,
~
son axe passe par C et est dirigé par d.
On peut remarquer que, l’axe de Sa,b étant par définition celui de Sa,b0 , il
fait donc un angle de Arg(a)/2 avec l’axe des abscisses.
Remarque 2. L’expression complexe de Sa,b ◦ Sa,b est z0 = z + ab̄ + b. On constate
que Sa,b est une involution (donc une réflexion) si et seulement si ab̄ + b est nul.
~ Ceci est cohérent avec l’étude
Sinon Sa,b ◦ Sa,b est la translation de vecteur 2d.
précédente.
3.2.2. Exemple. Soit gb l’application du plan complexe définie par
√
2
gb (z) = (1 + i) z̄ + b.
2
Comme gb (z) est de la forme az̄ + b avec a = eiπ/4 de module 1, gb est un antidé-
placement, c’est-à-dire une réflexion ou une symétrie glissée.
Dans les deux cas, le point C d’affixe c = b2 est un point de l’axe ∆ de cet antidé-
placement ; en effet C est le milieu de [Ogb (O)].
• Si b est nul, le point C est confondu avec O qui est fixe et g0 est une réflexion,
son axe ∆ est la droite passant par O et faisant un angle de π8 avec l’axe des abscisses
(voir en 2.1).
GÉOMÉTRIE DU PLAN COMPLEXE 7
• Si b n’est pas nul, posons b = keiβ et notons B le point d’affixe b.
Soit c0 = gb (c) = k( 12 eiπ/4 e−iβ + eiβ ). Le point C est fixe si et seulement si on a
c0 = c. Or on a :
2(c0 − c) = k(eiπ/4 e−iβ + eiβ ) = keiβ (eiπ/4 e−2iβ + 1)
Dans le cas où b n’est pas nul, C est fixe si et seulement si β vérifie 2β = π4 − π [2π]
c’est-à-dire β = π8 − π2 [π].
Soit ∆0 la droite passant par O et faisant un angle de − 3π 8 avec l’axe des abs-
cisses. On a donc montré que C est fixe si et seulement si B appartient à la droite
∆0 . On remarque que, dans ce cas, C appartient aussi à ∆0 .
• En résumé si B appartient à ∆0 , gb admet un point fixe C, c’est la réflexion d’axe
∆ passant par O et faisant un angle de π8 avec l’axe des abscisses. Evidemment ∆
est la médiatrice de [OB] et donc perpendiculaire à ∆0 .
• Quand B n’appartient pas à ∆0 , C n’est pas fixe et gb n’a alors aucun point fixe,
c’est une symétrie glissée d’axe ∆ passant par O et faisant un angle de π8 avec l’axe
−→
des abscisses. Le vecteur de la translation est CC0 , il dirige l’axe et son affixe est
d = 21 k(eiπ/4 e−iβ + eiβ ). On peut écrire
1 π π
π
d = keiπ/8 ei( 8 −β) + ei(β− 8 ) = keiπ/8 cos −β
2 8
π
Dans cette expression, on voit clairement que l’argument de d est 8
3.3. Exercices.
(1) Dans cet exercice, il s’agit de déterminer le type d’une isométrie donnée en
écriture complexe et ses éléments caractéristiques.
WIMS : Isométries en complexes
(2) Dans celui-ci, on s’intéresse aux points fixes de la transformation.
WIMS : Points fixes d’une isométrie
4. H OMOTHÉTIE
Nous commençons l’étude des transformations qui conservent les rapports des
longueurs par celle de la plus simple d’entre elles, l’homothétie.
4.1. Définition.
Définition 4.1. Soient C un point du plan P et λ un réel non nul différent de 1. On
appelle homothétie de centre C et de rapport λ, et on note h(C, λ), l’application du
−−→
plan affine P dans lui-même qui à un point M associe le point M 0 tel que CM 0 =
−→
λ.CM.
Si c est l’affixe de C, l’écriture complexe de h(C, λ) est z0 = λ(z − c) + c.
8 MARIE-CLAUDE DAVID
Exemple 1. La symétrie centrale de centre C est l’homothétie de centre C de rap-
port −1 : σC = h(C, −1). On a déjà vu son expression complexe en 2.1.
4.2. Figure mobile. Sur la figure mobile (merci à Chantal Causse), l’image du F
bleu par l’homothétie de centre I et de rapport k (qui peut varier grâce au curseur)
est le F vert. Vous pouvez déplacer tous les objets rouges.
Lien pour une figure mobile : [Link]
4.3. Homothétique d’un pentagone. Le polygone hachuré en vert est l’image du
grand pentagone orange par l’homothétie de centre F et de rapport k donné par le
curseur. On remarque qu’il est régulier et que ses côtés sont parallèles à ceux du
grand.
La figure mobile est disponible dans le document WIMS : Géométrie du plan
complexe à cette WIMS : page.
GÉOMÉTRIE DU PLAN COMPLEXE 9
4.4. Propriétés.
Proposition 4.1. Soient λ un réel non nul différent de 1, A, B et C des points du
plan.
(1) Une homothétie admet son centre comme unique point fixe.
(2) L’application h(C, λ) multiplie les longueurs par |λ|. De ce fait, elle conserve
les rapports de longueur.
(3) L’inverse de h(C, λ) est h(C, λ−1 ).
(4) Une homothétie transforme une droite D en une droite D 0 parallèle D .
(5) Une homothétie conserve les milieux. Si h est une homothétie, l’image par h
du milieu de [AB] est le milieu de [h(A)h(B)].
(6) Les droites invariantes par h(C, λ) sont celles passant par son centre C.
Pour la démonstration de ces propriétés, on renvoie à celles des propriétés de
la symétries centrale (voir WIMS : propriétés des symétries centrales et WIMS :
droites invariantes dans le cours Isométries de plan.)
4.5. Exercices.
— Exercice de calcul
WIMS : Image par homothétie ou translation
10 MARIE-CLAUDE DAVID
— Exercices graphiques
WIMS : Image de points par une homothétie
WIMS : Image d’un triangle par une homothétie (1)
WIMS : Image d’un triangle par une homothétie (2)
5. S IMILITUDES
On étudie maintenant les transformations Ra,b et Sa,b dans le cas où a n’est plus
nécessairement de module 1.
5.1. Définitions et propriétés.
Définition 5.1. Dans le plan muni d’un repère orthonormé direct, on appelle si-
militude la composée d’une isométrie et d’une homothétie. La similitude est dite
directe si l’isométrie est positive, indirecte si l’isométrie est négative.
Une similitude est donc de la forme Ra,b si elle est directe ou Sa,b si elle est
indirecte.
Réciproquement, l’application Ra,b (resp. Sa,b ) est une similitude directe (resp.
indirecte). En effet, quand on la compose par l’homothétie R(|a|−1 , 0) de centre O
et de rapport |a|−1 , on obtient une isométrie positive (resp. négative).
a b
|a|−1 (az + b) = z+
|a| |a|
Proposition 5.1. Les similitudes directes du plan complexe sont les transforma-
tions Ra,b (avec a 6= 0 et b des nombres complexes). Les similitudes indirectes du
plan complexe sont les transformations Sa,b (avec a 6= 0 et b des nombres com-
plexes).
Définition 5.2. On appelle rapport de la similitude la valeur absolue du rapport
de l’homothétie, il vaut |a| dans l’écriture complexe.
5.2. Exemples. Voici quelques exemples de similitudes et une remarque impor-
tante sur la décomposition d’une similitude.
Exemples 1.
— Les isométries sont des similitudes de rapport 1.
— L’homothétie h(O, −2) est une similitude de rapport 2, elle est la composée
de h(O, 2) et la symétrie centrale σO .
Remarque 3. Si a n’est pas réel, Ra,b est la composée de la rotation Ra0 ,b0 avec
a0 = a/|a| et b0 = b/|a| et de l’homothétie de centre O et de rapport |a|.
a b
Ra,b (z) = az + b = |a| z+ = [h(O, |a|) ◦ Ra0 ,b0 ](z)
|a| |a|
Mais cette composition n’est pas commutative. En effet on a :
a b b
[Ra0 ,b0 ◦ h(O, |a|)](z) = (|a|z) + = az +
|a| |a| |a|
GÉOMÉTRIE DU PLAN COMPLEXE 11
6. E TUDE DES SIMILITUDES QUI NE SONT PAS DES ISOMÉTRIES
Dans cette partie, on étudie les similitudes qui ne sont pas des isométries, c’est-
à-dire leur rapport est différent de 1.
6.1. Décomposition canonique d’une similitude qui n’est pas une isométrie.
On va maintenant montrer qu’on peut écrire une similitude qui n’est pas une iso-
métrie comme composée commutative d’une homothétie et d’une isométrie à point
fixe.
Proposition 6.1. Soit s une similitude qui n’est pas une isométrie ( |a| 6= 1 dans
son écriture complexe). Alors s admet un unique point fixe, noté C d’affixe c, appelé
centre de la similitude.
Alors, si λ est le rapport de s, on peut écrire s = h(C, λ) ◦ φ = φ ◦ h(C, λ) où φ
est une isométrie admettant C comme point fixe. Cette écriture est appelée décom-
position canonique de s.
Démonstration. L’existence et l’unicité du point fixe sont démontrées en 6.2 et
en 6.3. Supposons que s fixe le point C d’affixe c.
Si la similitude est directe, pour commencer, alors on a c = ac+b et donc z0 −c =
a(z − c). Prenons C comme origine ; dans ce nouveau repère, l’affixe Z d’un point
vaut z − c. On a donc
0 a a
Z = aZ = |a| Z = (|a|Z)
|a| |a|
La similitude Ra,b est donc la composée commutative de h(C, |a|) et d’une isomé-
a
trie (le complexe |a| est de module 1) qui fixe la nouvelle origine C, c’est-à-dire
une rotation de centre C.
Si s est indirecte, on fait le même calcul sans problème avec des conjugués aux
bons endroits et on écrit donc s comme composée de l’homothétie h(C, |a|) et d’une
isométrie négative qui fixe C, donc une réflexion.
6.2. Point fixe d’une similitude directe qui n’est pas une isométrie. Soit s est
une similitude directe Ra,b qui n’est pas une isométrie (|a| 6= 1). Le point C est fixe
par s si et seulement si c vérifie c = ac + b ; cette équation aux points fixes a une
unique solution : c = b/(1 − a) puisque a ne peut être égal à 1.
Proposition 6.2. Dans le cas |a| 6= 1, la similitude directe Ra,b admet pour centre
b
son unique point fixe C d’affixe 1−a et vérifie
Ra,b = h(C, |a|) ◦ ρ(C, Arg(a)) = ρ(C, Arg(a)) ◦ h(C, |a|) .
On note s(C, θ, λ) la similitude composée de h(C, λ) et de ρ(C, θ). Son expression
complexe est : z0 = λeiθ (z − c) + c
Figure : Image d’un carré par une similitude directe. La figure mobile est dis-
ponible dans le document WIMS : Géométrie du plan complexe à cette WIMS :
page. Le carré√AODE est l’image de ABCD par la similitude de centre A d’angle π4
2
et de rapport 2 .
12 MARIE-CLAUDE DAVID
6.3. Point fixe d’une similitude indirecte qui n’est pas une isométrie. Consi-
dérons maintenant le cas d’une similitude indirecte Sa,b qui n’est pas une isométrie
(|a| 6= 1) et recherchons les éventuels points fixes de Sa,b .
Si c est un point fixe de Sa,b , alors c est un point fixe de Sa,b ◦ Sa,b . La réciproque
est fausse, il suffit de considérer une réflexion : son carré est l’identité, donc admet
tout point comme point fixe.
Déterminons donc les éventuels points fixes de Sa,b ◦ Sa,b :
Sa,b ◦ Sa,b (c) = c ⇔ (1 − |a|2 )c = ab̄ + b
Comme on a supposé |a| = 6 1, l’application Sa,b ◦ Sa,b a un unique point fixe C
ab̄+b
d’affixe c = 1−|a|2 .
Vérifions que C est point fixe de Sa,b .
ab̄+b ab̄+b
Sa,b 1−|a| 2 = a 1−|a| 2 +b
1
= 1−|a|2 a(āb + b̄) + (1 − |a|2 )b
1
= 1−|a| 2 (ab̄ + b)
On a bien Sa,b (c) = c.
Proposition 6.3. Dans le cas |a| 6= 1, la similitude indirecte Sa,b admet comme
ab̄+b
centre son unique point fixe c d’affixe 1−|a| 2 . Elle est la composée de l’homothétie
h(C, |a|) et de la réflexion d’axe ∆ passant par C et faisant un angle α = (Arga)/2
GÉOMÉTRIE DU PLAN COMPLEXE 13
(modulo π) avec l’axe des abscisses.
Sa,b = h(C, |a|) ◦ σ∆ = σ∆ ◦ h(C, |a|)
On note Sa,b = s(C, ∆, |a|) = h(C, |a|) ◦ σ∆ . Posons θ = ((Ox), ∆) = Arga/2.
L’expression complexe de s(C, ∆, |a|) est : z0 = |a|e2iθ (z̄ − c̄) + c.
Figure : Image d’un triangle par une similitude indirecte. La figure mobile est
disponible dans le document WIMS : Géométrie du plan complexe à cette WIMS
: page. Le triangle PEQ est l’image de AEF par la similitude de centre E d’axe
(EF) et de rapport 0, 6.
6.4. Exercices. Certains exercices admettent pour le centre ou le vecteur des ex-
pressions non simplifiées.
(1) WIMS : Ecriture complexe d’une similitude directe
(2) WIMS : Centre et rapport d’une similitude directe
(3) WIMS : Type d’une similitude directe
(4) WIMS : Similitude directe définie géométriquement dans un polygone
(5) WIMS : Type d’une similitude et éléments caractéristiques
7. C OMPOSITION DES SIMILITUDES
7.1. Groupe des similitudes. Nous savons déjà que toute isométrie est inversible.
Inversons maintenant une similitude qui n’est pas une isométrie.
14 MARIE-CLAUDE DAVID
7.1.1. Inverse d’une similitude qui n’est pas une isométrie. Soient λ un réel positif
différent de 0 et 1, θ un réel, C un point du plan, ∆ une droite passant par C.
Nous avons vu les inverses des isométries dans le document WIMS : Isométries
du plan et celui d’une homothétie en 4.4. Comme la décomposition canonique est
commutative, nous en déduisons :
Proposition 7.1.
(1) L’inverse de s(C, θ, λ) = h(C, λ) ◦ ρ(C, θ) est s(C, −θ, λ−1 ) = h(C, λ−1 ) ◦
ρ(C, −θ)
(2) L’inverse de s(C, ∆, λ) = h(C, λ) ◦ σ∆ est s(C, ∆, λ−1 ) = h(C, λ−1 ) ◦ σ∆ .
Nous étudions maintenant la composée de deux similitudes.
7.1.2. Composées de similitudes. Nous caractérisons les similitudes comme les
applications du plan qui conservent les rapports de longueur.
Proposition 7.2. Les similitudes sont les applications qui conservent le rapport
des longueurs.
Démonstration. Nous avons défini une similitude comme la composée d’une ho-
mothétie et d’une isométrie. Il en résulte facilement qu’une similitude conserve le
rapport des longueurs. En effet, soit s une similitude de rapport λ et deux points M,
N (resp. P et Q) distincts alors des égalités s(M)s(N) = λMN et s(P)s(Q) = λPQ,
s(M)s(N) MN
on déduit = .
s(P)s(Q) PQ
Réciproquement, soit une application ψ du plan qui conserve le rapport des lon-
gueurs. Alors pour deux points quelconques M et N (resp. P et Q) distincts, on peut
ψ(M)ψ(N) MN
écrire = . On en déduit l’égalité de rapports :
ψ(P)ψ(Q) PQ
ψ(M)ψ(N) ψ(P)ψ(Q)
= .
MN PQ
ψ(M)ψ(N)
Notons λ la valeur commune des rapports . On a donc montré que ψ
MN
multiplie les longueurs par λ ; on en déduit que h(O, λ−1 ) ◦ ψ est une isométrie
donc ψ est une similitude.
De cette caractérisation des similitudes, nous déduisons que la composée de
deux similitudes est une similitude. Plus précisément, comme une similitude mul-
tiplie les longueurs par son rapport, le rapport de la composée de deux similitudes
est une similitude de rapport le produit des rapports.
7.1.3. Groupe des similitudes. Pour la définition d’un groupe et des exemples,
consultez le document WIMS : Isométries du plan. Des deux paragraphes précé-
dents on déduit :
Proposition 7.3. L’ensemble des similitudes du plan complexe est un groupe pour
la loi de composition.
GÉOMÉTRIE DU PLAN COMPLEXE 15
7.2. Similitudes et angles orientés.
Proposition 7.4. Une homothétie conserve les angles orientés.
Démonstration. Soit un réel λ différent de 0 et 1 et C un point du plan. On consi-
dère trois points distincts M, P et Q et leurs images M 0 , P0 et Q0 par h(C, λ). La
relation de Chasles et la définition de h(C, λ) permettent d’écrire :
−−0→0 −→0 −−→0 − → −→ −→
M P = CP − CM = λ(CP − CM) = λMP
−−→ −−→ −→ −−→
On en déduit que l’angle orienté (M 0 P0 , M 0 Q0 ) est égal à l’angle (MP, MQ), on peut
donc affirmer qu’une homothétie conserve les angles orientés.
On en déduit la proposition suivante.
Proposition 7.5.
(1) Une similitude directe conserve les angles orientés.
(2) Une similitude indirecte conserve les angles géométriques et transforme un
angle orienté en son opposé.
En considérant l’action des similitudes sur les angles orientés, on montre la pro-
position suivante.
Proposition 7.6.
(1) La composée de deux similitudes directes (ou de deux similitudes indirectes)
est une similitude directe.
(2) La composée d’une similitude directe et d’une similitude indirecte est une
similitude indirecte.
Corollaire 7.7. L’ensemble des similitudes directes du plan complexe est un groupe
pour la loi de composition.
Nous allons préciser les éléments caractéristiques de la composée de deux simi-
litudes directes.
7.3. Composées de similitudes directes. Soient deux réels λ et λ0 différents de 0
et 1, deux angles θ et θ0 et deux points C et C0 .
La composée ψ = s(C0 , θ0 , λ0 ) ◦ s(C, θ, λ) a pour écriture complexe :
0
z0 = λ0 eiθ (λeiθ (z − c) + c − c0 ) + c0
0 0
Nous nous intéressons principalement au coefficient de z : a = λ0 eiθ λeiθ = λ0 λei(θ+θ )
qui indique que le rapport de φ est λ0 λ (nous le savions déjà) et son angle la somme
de angles θ et θ0 .
Nous pouvons maintenant énoncer la proposition suivante :
Proposition 7.8. Soient deux réels λ et λ0 différents de 0 et 1, deux angles θ et θ0 et
deux points C et C0 .
— Si θ + θ0 n’est pas nul alors la composée s(C0 , θ0 , λ0 ) ◦ s(C, θ, λ) est la simili-
tude s(Ω, θ + θ0 , λλ0 ) dont on aura à déterminer le centre Ω.
16 MARIE-CLAUDE DAVID
— Si θ + θ0 n’est pas nul et que λ0 λ vaille 1, la similitude composée est une
rotation d’angle θ + θ0 .
— Si θ + θ0 est nul et λ0 λ différent de 1, la composée s(C0 , θ0 , λ0 ) ◦ s(C, θ, λ) est
une homothétie de rapport λ0 λ dont on aura à déterminer le centre.
— Si θ + θ0 est nul et λ0 λ égal à 1, la composée s(C0 , θ0 , λ0 ) ◦ s(C, θ, λ) est une
translation.
Corollaire 7.9. L’ensemble des homothéties et des translations est un groupe pour
la loi de composition.
Démonstration. On savait déjà que les translations forment un groupe ; la propo-
sition précédente permet d’affirmer que la composée d’une translation et d’une
homothétie est une homothétie et que la composée de deux homothéties est une
homothétie ou une translation.
7.4. Exercices de composition. Voici quelques exercices pour s’entraîner à com-
poser des similitudes en écriture complexes.
(1) WIMS : Composée translation et symétrie centrale
(2) WIMS : Composée d’homothétie et translation
(3) WIMS : Composée d’une translation et d’une rotation
(4) WIMS : Composée de deux rotations
8. P ROPRIÉTÉS DES SIMILITUDES
8.1. Figures semblables. Les isométries conservent forme et taille d’une figure.
Les similitudes qui ne sont pas des isométries conservent la forme des figures mais
seul le rapport des longueurs est conservé.
Définition 8.1. On dit que deux figures sont semblables si l’une est la transformée
de l’autre par une similitude.
Exercices 2.
WIMS : Figures semblables
WIMS : Ensemble de figures semblables
8.2. Similitude définie par l’image de deux points donnés.
Proposition 8.1. Soient P et Q (resp. P0 et Q0 ) deux points distincts. Il existe une
unique similitude directe (resp. indirecte) s telle que l’on ait
s(P) = P0 et s(Q) = Q0 .
Démonstration. Notons p, p0 , q et q0 les affixes respectives de P, P0 , Q et Q’.
Recherche de la similitude directe. On sait qu’une similitude directe a pour expres-
sion complexe s(z) = az + b. On cherche donc deux nombres complexes a et b tels
que 0
p = ap + b
q0 = aq + b
GÉOMÉTRIE DU PLAN COMPLEXE 17
Pour trouver a, on retranche la deuxième équation à la première. Pour trouver b,
on multiplie la première (respectivement seconde) équation par q (resp. p) et on
retranche la deuxième équation à la première. Comme P et Q sont distincts (p 6= q),
on obtient :
p0 − q0 p0 q − q0 p
a= et b =
p−q q− p
Comme P0 et Q0 sont distincts (p0 6= q0 ), le complexe a n’est pas nul.
P0 Q0
L’expression de a signifie que le rapport de la similitude est |a| = et que
PQ
−→ −−→
son angle est Arg(a) = (PQ, P0 Q0 ).
Recherche de la similitude indirecte. On sait qu’une similitude indirecte a pour
expression complexe s(z) = az̄ + b. On cherche donc deux nombres complexes a
et b tels que
0
p = ap + b
q0 = aq + b
La seule solution est alors
p0 − q0 p0 q̄ − q0 p̄
a= et b = .
p−q q̄ − p̄
P0 Q0
A nouveau, le rapport est |a| = .
PQ
Exercice 3.
WIMS : Ecriture complexe d’une similitude donnée par l’image de deux points
8.3. Image d’une droite ou d’un cercle. Soient P et Q deux points distincts d’af-
fixes respectives p et q, λ et r deux réels strictement positifs.
En utilisant les propriétés des homothéties, des isométries et de la décomposi-
tion canonique, on montre que l’image de (PQ) par une similitude s est la droite
(s(P)s(Q)).
L’image du cercle C (P, r) de centre P et de rayon r par une similitude s de
rapport λ est le cercle C (s(P), λr) en effet on a, pour tout point M du plan, d’affixe
m:
M ∈ C (P, r) ⇐⇒ |m − p| = r ⇐⇒ |s(m) − s(p)| = λr ⇐⇒ s(M) ∈ C (s(P), λr) .