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Handicap5-Autisme

Le document traite des troubles du spectre de l'autisme (TSA), en présentant leur prévalence, les critères diagnostiques selon différentes classifications, et les symptômes associés. Il souligne l'hétérogénéité des TSA, les facteurs étiologiques, ainsi que les troubles associés qui peuvent affecter les individus concernés. Le processus de diagnostic est également abordé, mettant en avant l'importance de l'évaluation multidisciplinaire et des outils diagnostiques adaptés.

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Handicap5-Autisme

Le document traite des troubles du spectre de l'autisme (TSA), en présentant leur prévalence, les critères diagnostiques selon différentes classifications, et les symptômes associés. Il souligne l'hétérogénéité des TSA, les facteurs étiologiques, ainsi que les troubles associés qui peuvent affecter les individus concernés. Le processus de diagnostic est également abordé, mettant en avant l'importance de l'évaluation multidisciplinaire et des outils diagnostiques adaptés.

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Les troubles du

spectre de
l'autisme
[Link]

[Link] !1
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Autisme

Groupe étiologiquement Groupe cliniquement


hétérogène hétérogène

Troubles du spectre de l'autisme

Prévalence des troubles envahissants du développement (TED) dont l'autisme = 6 à 7/1000

1960-1970 : 0,4/1000 2009 : 2/1000

• Modification des critères diagnostiques ➠ a également augmenté l'estimation de la proportion de TSA sans DI
• Amélioration du repérage par les professionnels des TSA
!2
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Troubles du spectre de l'autisme - classifications


Critères diagnostiques
Processus et évaluation diagnostiques

Classification Française des Troubles Mentaux de l'Enfant et l'Adolescent


(CFTMEA, Misès, 2000)
L'autisme infantile précoce du type Kanner fait partie des psychoses ➝ 2 traits principaux :
- Aloneness : solitude extrême
- Sameness : immuabilité, maintien de la permanence
Critères diagnostiques :
Début des troubles au
cours de la 1ière année et Recherche de
Retrait autistique majeur
tableau complet avant 3 l'immuabilité
ans

Absence de langage ou
Dysharmonies du
Stéréotypies troubles spécifiques du
développement cognitif
langage

Dans sa version révisée, le CFTMEA- R- 2012 (Misès, 2012), la catégorie dans laquelle "l'autisme infantile précoce" du
type Kanner est inclus, est dénommée "autisme et troubles psychotiques". !3
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Classification du DSM-V (American Psychiatric Association, 2013)


Parle plus largement de "troubles du spectre de l'autisme" englobant sans les différencier :
- Le trouble autistique
- Le syndrome d'Asperger
- Le trouble envahissant du développement non spécifié

Critères diagnostiques

Symptômes présents dès les étapes


Déficits persistants de la
Caractère restreint et répétitif des précoces du développement
communication et des
comportements, des intérêts ou des (même si pas toujours vus avant que
interactions sociales dans des
activités les demandes sociales n'excèdent les
contextes variés
capacités limitées de la personne)

Troubles pas mieux expliqués par un


Les symptômes ont des
déficit intellectuel ou un retard global
conséquences sur le
de développement ➝ altération de la
fonctionnement social, scolaire/
communication sociale > à ce qui
professionnel ou dans d'autres
est attendu pour le niveau de
domaines importants
développement global

!4
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme
Vidéos : [Link]

Déficits persistants de
Déficit de la réciprocité sociale ou émotionnelle
la communication et
des interactions → anomalies de l'approche sociale et incapacité à la conversation bidirectionnelle normale
sociales
→ difficultés à partager les intérêts, les émotions et les affects jusqu'à une incapacité d'initier des
interactions sociales ou d'y répondre

Déficits des comportements de communication non verbaux utilisés au cours des


interactions sociales
→ intégration défectueuse entre la communication verbale et non verbale
→ anomalies du contact visuel et du langage du corps
→ déficits dans la compréhension et l'utilisation de gestes
→ absence totale d'expressions faciales et de communication verbale (certains cas)

Déficits du développement, du maintien et de la compréhension des relations


→ difficultés à ajuster le comportement à des contextes sociaux variés
→ difficultés à partager des jeux imaginatifs
→ difficultés à se faire des amis
→ absence d'intérêt pour les pairs (certains cas)

La sévérité actuelle → importance des déficits de communication sociale et des modes comportementaux restreints ou répétitifs
!5
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme
Vidéos : [Link]

Caractère restreint ou Caractère stéréotypé ou répétitif des mouvements, de l'utilisation d'objets ou du langage
répétitif des
→ [Link]. : stéréotypies motrices simples
comportements,
intérêts ou activités → activités d'alignement des jouets ou de rotation des objets
→ écholalie et phrases idiosyncrasiques (hors contexte)

Intolérance au changement, adhésion inflexible à des routines ou à des modes


comportementaux verbaux ou non verbaux ritualisés
→ détresse extrême provoquée par des changements mineurs
→ difficultés à gérer les transitions
→ modes de pensée rigides, ritualisation des formes de salutations, etc.
Intérêts restreints et fixes, anormaux soit dans leur intensité soit dans leur but
→ attachement à des objets insolites ou préoccupations par rapport à ce type d'objets
→ intérêts excessivement circonscrits ou persévérants
Hyper ou hyporéactivité aux stimulations sensorielles ou intérêt inhabituel pour les aspects
sensoriels de l'environnement
→ p ex. indifférence apparente à la douleur ou à la température
→ réactions négatives à des sons ou à des textures spécifiques
→ action de flairer ou de toucher excessivement les objets
→ fascination visuelle pour les lumières ou les mouvements

Les symptômes ➠ un continuum d'intensité variable selon les individus !6


Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Informations Présence ou non d'un déficit intellectuel


complémentaires
importantes Présence ou non d'une altération du langage

Associé ou non à une pathologie médicale ou génétique connue ou à un facteur environnemental

Associé ou non à un trouble développemental, mental ou comportemental

Présence ou non de catatonie

Les symptômes reposent sur un continuum d'intensité variable selon les individus

Spécifications de la sévérité en 3 niveaux :


- Niveau 1 → nécessite de l'aide
- Niveau 2 → nécessite de l'aide importante
- Niveau 3 → nécessite de l'aide très importante

!7
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Niveaux de sévérité Communication sociale Comportements restreints, répétitifs

Niveau 3 • Déficits graves des compétences • Comportement inflexible


Nécessitant une aide très communicatives verbales et non verbales • Difficulté extrême à faire face au changement
importante • Limitation très sévère de la capacité d'initier • Comportements restreints ou répétitifs
des relations interférant de façon marquée avec le
• Réponses minimes aux initiatives sociales fonctionnement dans l'ensemble des domaines
d'autrui • Détresse/difficulté importante à varier l'objet de
Niveau 2 • Déficits marqués des compétences de • Manque de flexibilité du comportement
Nécessitant une aide communication verbale et non verbale • Difficulté à tolérer le changement
importante • Retentissement social en dépit des aides • Comportements restreints ou répétitifs
apportées fréquents identifiables pour un observateur non
• Capacité limitée à initier des relations averti
• Réponses réduites ou anormales aux initiatives • Détresse/difficulté importante à varier l'objet de

Niveau 1 • sociales
Sans aided'autrui
➝ altération fonctionnelle de la • l'attention
Manque deouflexibilité
de l'action
du comportement ayant
Nécessitant de l'aide communication sociale un impact significatif sur le fonctionnement
• Difficulté à initier des relations sociales dans plusieurs contextes
• Réponses atypiques ou inefficaces aux • Difficulté à passer d'une activité à une autre
initiatives sociales d'autrui • Problèmes d'organisation ou de planification
• Peut sembler avoir peu d'intérêt pour les gênant l'autonomie
Source DSM-V interactions sociales !8
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Processus et évaluation diagnostique


• Phénotype comportemental complexe

Tenir compte dans le processus :• Fort indice d'héritabilité


• Premier trouble comportemental pour lequel une base génétique peut être bien établie
• Pour 25% des enfants une base génétique peut être clairement identifiée

apparaissent généralement entre 18 mois émergeant lors de la transition vers


et 2 ans l'intersubjectivité secondaire ➝ implique la
dans certains cas peuvent apparaître vers 6 communication sociale précoce et le
protolangage au sein des interactions sociales

Symptômes

Altération dans les réponses aux stimuli à


deviennent plus manifestes ors de la transition
connotation sociale déjà pendant la première
vers le jeu symbolique et le niveau langagier
année

!9
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Les anomalies

affectent s'expriment par

• le contact oculaire • un désintérêt ou une indifférence envers


• le regard vers le visage ‣ ses parents
• le maintien de l'attention conjointe ‣ des objets qu'on lui offre
• le pointage • un manque de manifestation émotionnelle par des
• la réponse à son prénom préférences
• une intégration sensorielle et perceptuelle anormale
• des mouvements du corps répétitifs et stéréotypés

Comportements fascination par leurs mains, leurs pieds, des parties d'objets
généralement
pas d'imitation spontanée des gestes
observés
émissions vocales et babillage restreints et atypiques

peu imaginatifs dans des situations ludiques

ne jouent pas de façon interactive avec les autres

perturbés lors de changement d'environnement ou de routine

troubles du sommeil et de l'alimentation


!10
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Emergence des symptômes TSA selon 3 modes

Progressif Régression dans les réactions aux En alternance


se traduisant par stimuli environnementaux

• apathie • changement de l'expression du regard • les comportements semblent tantôt


• indifférence • repli normaux, tantôt exprimant un repli
• manque de vivacité et de différentiation • isolement apparaissant souvent vers • souvent entre 6 et 18 mois
des états affectifs 18 mois
• pas de détection précoce de troubles
de la communication
• retrait au cours de la 2ème année

!11
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Processus de diagnostic

Les parents détectent certaines particularités dans le comportement ou le


développement de leur enfant
• comportement psychomoteur
• réponses sociales
• réponses émotionnelles
• réponses communicatives et langagières

Les inquiétudes exprimées par les parents doivent également être


repérées par des professionnels de première ligne de la petite enfance
qui vont dégager ou non la suspicion de TSA

Orientation vers une équipe spécialisée en TSA pour initier un processus


diagnostique ➝ recueil de données
• anamnèse
• symptômes observés par les parents
• évaluations multidisciplinaires du fonctionnement de l'enfant
!12
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Outils diagnostiques

Listes de comportements à observer


Interviews et questionnaires Listes de comportements à observer
en situation structurées avec du
parentaux en situation naturelle
matériel

Evolution de ces outils en fonction de l'évolution des critères diagnostiques précisés dans les classifications des troubles

Présentent des qualités psychométriques et de sensibilité variables

Selon le contexte et le partenariat avec les parents → sélection par le psychologue des outils les plus pertinents

Le diagnostic doit reposer sur un profil de :


• faiblesses
• forces
de l'enfant à partir de l'intégration des apports de diverses évaluations

Le diagnostic se base obligatoirement sur un consensus de l'équipe interdisciplinaire

!13
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Etiologies et troubles associés

Hétérogénéité des troubles ➝ plusieurs facteurs de risque identifiés même s'il reste encore une part d'inconnu

Tr
ou
bles
as Facteurs
so génétiques
c ié
s

TSA

Facteurs Facteurs
environnementaux cérébraux

!14
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Facteurs cérébraux
Perturbations du développement cérébral du fœtus = facteur de risque

Actuellement : études sur les patterns particuliers de connectivité cérébrale et les anomalies de synchronisation neuronale

Facteurs génétiques

• Semblent intervenir de façon importante et complexe (Miles, 2011, Sokol & Lahiri, 2011) :

• Variations génétiques de plusieurs centaines de gènes (ont les gènes transporteurs de la sérotonine)

• Anomalies chromosomiques en position 7q, 11q, 15q, 17q, 22q et 24q


‣ Le chromosome 15 isodicentrique (idic(15)) = anomalie chromosomique la plus fréquente chez les personnes atteintes
d'autisme*
‣ Anomalie pouvant être décelée par des techniques classiques d'analyse chromosomique

• Syndromes génétiques :
•Rett, X-Fragile, Prader-Willi, Angelman dans certains cas dans le Syndrome de Down

•→ chez 10 à 15% des personnes présentant un TSA il est possible d'identifier une pathologie génétique spécifique
(Gillberg et al. 1996, Rutter et al, 1994)

*[Link]
!15
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Facteurs environnementaux

Ne peuvent causer à eux seuls les TSA

Combinés à une susceptibilité génétique → augmentation du risque de développement d'un TSA

Facteurs prénataux Facteurs périnataux


• âge avancé des parents • prématurité
• grossesses multiples • complications à l'accouchement
• rubéole maternelle • hypoxie néonatale
• traitement aux hormones sexuelles de fertilité • faible poids de naissance
• perturbation du développement cérébral du
foetus

Facteurs postnataux
• exposition à des toxines environnementales
• pollution

La présence d'un TSA dans la fratrie augmente le risque de récurrence !16


Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Troubles associés

Plusieurs troubles associés affectent la santé physique et psychologique des personnes TSA :

Problèmes médicaux : épilepsie, troubles gastro-intestinaux, maladie coeliaque

Troubles alimentaires : sélectivité alimentaire, obésité

Trouble du sommeil

Déficience intellectuelle : 40% DI sévère à profonde – 30% DI légère à modérée

Troubles anxieux

Troubles de l'humeur

Dépression

Troubles du comportement

Troubles de l'attention avec ou sans hyperactivité ou impulsivité : attention limitée ou sporadique

Dysphasie ou trouble spécifique du langage

Dyspraxies

!17
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Développement (psycho-)moteur

Perturbations psychomotrices touchant précocement la motricité globale et fine


• perturbation de la fonction tonique → hypotonie de fond, attitudes dystoniques, mouvements peu harmonieux gênés par la
régulation déficiente du tonus
• insuffisance du contrôle postural
• déplacements inhabituels, démarche bizarre sur la pointe des pieds, rupture des rythmes de la marche
• coordination globale défectueuse → mouvements inhabituels, difficultés d'imitation mobilisant l'ensemble ou une partie du corps
• perturbation de la coordination manuelle de chaque main ou des deux mains ➝ troubles praxiques, désynchronisation des
• gestes
difficultés de conduites perceptivo-motrices induites par l'intégration déficiente des informations sensorielles et une adaptation
• praxique
"mises endifficile
bouche" excessives et utilisation inappropriées d'objets
• troubles de la coordination oculo-manuelle, difficultés d'organisation grapho-perceptive
• troubles de la régulation motrice → agitation extrême ou ralentissement d'activités
• stéréotypies motrices ou spécifiques à l'égard d'objets (alignement, etc.)
• perturbation de l'appréhension spatiale et temporelle, routines dans le temps et l'espace
• manque d'expressivité faciale et corporelle
• jeux symboliques et dessins stéréotypés ou bizarres
!18
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Particularité du développement sensoriel

Dès l'enfance et tout au long de la vie → particularités sur le plan sensoriel :

• Réactivité atypique aux stimuli sensoriels : hypo- ou hyper-réactivité

• Particularité de la filtration : hypo- ou hyper-sensibilité

• Troubles de la modulation sensorielle et de l'intégration des informations sensorielles

• Troubles d'association

• Recherche de stimulation sensorielle

!19
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Hyper- ou hyposensibilité aux stimulations sensorielles


• hyper-sensibilité aux bruits non pertinents et parfois non audibles par l'entourage

➝ manifestations comportementales (automutilation ou production plus fréquente de bruits chez les enfants et les ados)
➝ face à des comportements parfois inexplicables se demander s'il n'y a pas une surcharge sensorielle particulièrement
auditive

Mécanisme
l'enfant = gêné par le bruit ambiant (ou plus lointain) ➝ production d'un bruit qu'il peut maîtriser pour le couvrir et annuler
l'effet négatif du bruit parasite qui le gêne

Garder à l'esprit que l'enfant n'est pas toujours en mesure d'expliquer ce qui le gêne et ce qu'il ressent ➝ c'est au parent ou
au thérapeute de décoder la situation et à proposer un aménagement (cf le casque et la balle anti-stress).

• L'hyper-sensibilité au bruit (y compris le langage) peut se manifester par :


• une rupture d'attention
• une démotivation pour la tâche proposée
• du bruit produit par la personne elle-même
• un trouble du comportement

• L'hypo-sensibilité au bruit existe également et peut côtoyer l'hyper-sensibilité ➝ un même bruit peut provoquer (selon les
moments et les situations) des effets différents : hyper-réaction ou absence de réaction
!20
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Face à l'envahissement sensoriel sonore + visuel



• focalisation fréquente sur un détail ➝ perte du sens global de la situation
• mise en retrait éventuel total de la situation de communication ➝ devient une source de souffrance

Les difficultés de traitement de la perception auditive + les difficultés sur le plan visuel

• complication de la communication voire obstacle total à la communication

Quid des stimulations olfactives ?



• peuvent gêner et déconnecter la personne TSA de la situation de communication

Perception différenciée

• Zibovicius et al. (2000) : difficultés de certains sujets à différencier les informations auditives d'origine humaine et non-
humaine
➝ pas étonnant que certains ne répondent pas à leur prénom
➝ il ne s'agirait pas d'un refus de l'identité mais d'une incapacité à repérer son prénom dans une chaîne parlée elle-même non
identifiée comme porteuse de sens et donc confondue avec du bruit ambiant !21
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Perception et traitement ralenti des stimuli auditifs

Lainé et al. (2008), Tardif et al. (2007), Gepner (2014) ➝ mise en évidence d'un ralentissement dans le traitement des stimulations
auditives
➝ impact sur le traitement des énoncés verbaux
➝ l'enfant TSA ne peut comprendre en temps réel les informations auditives

Trouble du traitement temporel des informations visuelles et auditives dynamiques en jeu dans :
- les mouvements du corps
- les expressions faciales émis(e)s par les personnes lors d'interactions
sociales
- les expressions vocales

peut être facilité en ralentissant la vitesse de présentation des stimuli sur ordinateur

!22
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Exemple : logiciel "Logiral" (LOGIciel de RALentissement) permet de pallier aux difficultés de traitement des informations audio-visuelles
émotionnelles rapides chez les personnes TSA (gratuit)

[Link]
[Link]

[Link]

• ralentir les images et les sons


• parler plus lentement
• décomposer les gestes

• permet notamment d'améliorer le traitement et la compréhension des émotions et des comportements d'autrui y compris leur
imitation gestuelle et vocale
• permet de pallier aux difficultés de traitement de l'information rapide ➝ cf. témoignage d'adultes autistes : "le monde va trop
vite"

Chez les personnes "neuro typiques" les mimiques faciales sont toujours très rapides et évoluent continuellement
➝ donnent des informations sur l'intention de communication
➝ donnent des informations sur la force du message
➝ complètent le message verbal

➝ traitent rapidement et sans difficulté les informations données par les mimiques faciales d'autrui
!23
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Traitement sensoriel uni-modal

Le traitement simultané d'informations provenant de différents canaux sensoriels = impossible pour beaucoup de TSA
➝ décodage des situations de communication = compromis
➝ surcharge sensorielle entraînant
• une fatigue
• des ruptures de l'attention
• un désinvestissement des situations
• des troubles du comportement

Fatigabilité
➝ baisse de l'attention
➝ traitement de l'information visuelle et auditive peu performant

Infos intéressantes à obtenir :


• qualité du sommeil même si l'info de la part des personnes TSA = difficile à obtenir

!24
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Développement et fonctionnement cognitif

Hétérogénéité importante des profils de développement sensori-moteur selon les domaines cognitifs

Faiblesses en :
- Imitation gestuelle
- Imitation vocale
- Imitation verbale

Selon Williams, Whiten et Singh (2004) :

Copie d'actions motrices Imitation de nouvelles actions


familières ou de gestes ayant motrices et règles séquentielles
un sens pour eux

→ Déficit global d'imitation de nouveaux modèles surtout des gestes non significatifs mais pas dans le cas d'imitation de modèles
familiers

→ peuvent cependant imiter lorsqu'ils bénéficient de conditions particulières lors de la tâche (support photo, images) ou d'un soutien
social "émulatif" !25
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Jeu symbolique précoce


➝ faiblesse au niveau des schèmes de relation aux objets et de la compréhension langagière (< EN et EDI appariés sur l'AD)

Par contre meilleures performances en relations spatiales que les EDI

Développement du jeu symbolique en individuel ou avec des partenaires


➝ déficits liés aux difficultés d'imagination et à la dysrégulation de l'activité

Dans le jeu symbolique avec partenaire :


- moins d'auto-conscience du faire semblant
- Moins d'investissement dans les significations symboliques attribuées au matériel de jeu
- Moins de réactivité
- Moins de plaisir

!26
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Quid du quotient intellectuel ?

Selon les individus TSA, grande variation du :


- QI global
- Niveau d'intelligence verbale
- Niveau 'intelligence non verbale

WISC ➠ performances non verbales > performances verbales

➝ grande hétérogénéité inter- et intra- individuelles

➝ les scores aux sous-tests permettent de mieux différencier les enfants de groupes sous-cliniques distincts au sein des TSA
(dont l'autisme de haut niveau) d'enfants présentant d'autres troubles

DI dans environ 70% des cas

!27
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Mémoire et fonctions exécutives

Mémoire fonctions exécutives

• MCT - Mémoire de travail • Difficultés :


‣ <EN ‣ initiation de tâches
‣ similaire E avec troubles modérés de l'apprentissage ‣ planification d'actions
‣ déficitaire dans les tâches complexes et spatiales ‣ Inhibition

• MLT – Mémoire épisodique • Manque de flexibilité se manifestant par :


• rappel libre possible ‣ résistance au changement
• reconnaissance possible face à des stimuli simples ou ‣ comportements répétitifs et stéréotypés
indicés ‣ altération des interactions sociales
• Difficultés de rappel de stimuli complexes, verbaux et
spatiaux • Dysfonctionnement exécutif non directement lié au déficit
• Mémorisation de l'info contextuelle déficitaire de langage mais plutôt à une difficulté exécutive à utiliser le
(particulièrement pour les infos sociales) langage pour s'autoréguler
• Remémorisation consciente d'événements < aux sujets
contrôles !28
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Style cognitif particulier

Style cognitif différent se manifestant par :


- une difficulté à donner du sens aux perceptions
- une difficulté à comprendre des relations logiques entre les choses
- une résistance aux changements par la recherche de sécurité dans l'activité

On observe :
- des intérêts limités
- des activités répétitives stéréotypées ou atypiques ➝ collectionner, calculer
- une hyperspécialisation sur un sujet
- une rigidité de la pensée ou manque d'initiative et de créativité

Il existe plusieurs modèles cognitifs pour expliquer les déficits des personnes TSA
- Weak Central Coherence theory – surfonctionnement perceptif
- Executive control dysfunction hypothesis
- Cognitive complexity and control theory
- Enactive Mind

➝ ces modèles contribuent également à expliquer leurs particularités en cognition sociale !29
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Weak Central Coherence theory (WCC) ou Central Coherence theory (CC) (Uta Frith, 1989)

Suggère qu'un style perceptivo-cognitif spécifique est sous-jacent à l'autisme

➠ privilégie le traitement de l'information locale en s'intéressant aux détails plutôt que le traitement global de l'information
[Link]
[Link]
ufrith-neuropsychology-of-autism-talk-given-at-
[Link]?cb=1412241281

Les enfants autistes sont plus rapides et performants


que des EN pour trouver les formes individuelles
"cachées" dans la forme globale !30
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme
[Link]
394206376939525@1470997532444/[Link]

[Link]

Stephen Wiltshire, artiste autiste reproduisant NY de mémoire


après l'avoir survolé pendant quelques minutes
[Link] !31
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Problème pour voir les images globalement Mauvaises interprétations et mauvais jugements

- Focus sur les détails et non sur la globalité de l'image - Problèmes pour extraire la signification globale d'un
- Bon avec les détails mais pas en perception globale événement
- Difficulté à voir les relations invisibles entre les différentes - Difficultés avec les significations multiples
parties - Ne peut pas "lire entre les lignes"
- "Le tout = la somme des parties" ➝ chez la personne normale - Difficulté de compréhension de l'essentiel des interactions
"Le tout > la somme des parties" - Mauvaise interprétation fréquente des actes hors contexte

Weak Central
Coherence

Faible sens commun

- Difficulté de décoder le contexte, la globalité d'une situation


- Prend les choses littéralement
!32
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Executive control dysfunction hypothesis (notamment Ozonoff et al., 1991; Corbett et al., 1999)

Postule un déficit du système de contrôle exécutif chez les personnes TSA


• pauvre flexibilité du comportement
• troubles de l'inhibition
• déficits de planification, de sélection de stratégies et de changement attentionnel

➝ affecte tous les domaines du développement dont la cognition sociale

Dysfonctionnement exécutif + problèmes de mémoire ➠ impact sur


• la conscience de soi
• le développement de la connaissance de leurs propres actions
• la régulation par langage interne
• l'imitation des actions des autres
• la compréhension des intentions
• les états mentaux des autres

!33
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Cognitive Complexity and Control theory (CCC - Frye, Zelazo & Palfai, 1995)

Approche alternative hybride selon laquelle les interrelations bidirectionnelles s'activent entre les fonctions exécutives et la ToM

➝ les différences interindividuelles au niveau des fonctions exécutives sont liées aux différences interindividuelles en ToM

Enactive Mind (EM - Klin, Schuktz & Volkmar, 2003)

S'inspire des embodied cognitive sciences


➝ les expériences résultent des actions adaptatives basées sur des stimuli saillants de l'environnement
➝ but = expliquer les mécanismes sous-tendant les comportements intelligents

Chez les personnes TSA la cognition sociale est déviante et implique un déficit de saillance envers les stimuli sociaux présents en
même temps que des stimuli non sociaux
➝ leur attention sélective :
- Est plus orientée vers les stimuli physiques non sociaux provenant des choses de l'environnement que vers les stimuli
sociaux provenant des personnes
- Contribue à leur acquisition de concepts
- Réduit leur capacité à interpréter la signification des situations sociales et à s'adapter socialement
!34
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Concrètement : les stratégies cognitives observées

Pensée visuelle

Probablement le trait cognitif le plus particulier à l'autisme (Grandin, 1997)


➝ fait appel à des images mentales beaucoup plus qu'à des énoncés verbaux

le sujet s'appuie sur ce qu'il voit des situations


➝ associations visuelles ± pertinentes basées sur la perception des détails intéressants du point de vue de la personne autiste
mais pas nécessairement pertinents dans la situation
➝ lecture de la situation influencée par la sensorialité atypique du sujet autiste
➝ schémas de compréhension particuliers propres à la personne et difficile à décoder pour autrui

Pensée en détails

cf. Weak Central Coherence theory (WCC) ou Central Coherence Theory (CC) (Uta Frith, 1989)

Suggère qu'un style perceptivo-cognitif spécifique est sous-jacent à l'autisme

➝ privilégie le traitement de l'information locale en s'intéressant aux détails plutôt que le traitement global de l'information
➝ s'intéressent aux détails pertinents pour eux mais pas nécessairement pour le décodage de la situation
!35
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Style cognitif particulier important dans la compréhension des situations

➝ tant que tous les détails d'une situation sont rassemblés : !


➝ si un paramètre est modifié ou qu'un détail manque : "

Les personnes TSA mettent en rapport les éléments présents à un temps T n'ayant aucun rapport entre eux mais les rendent
dépendants l'un de l'autre ➝ la réalisation d'un événement semble ensuite étroitement liée à la présence d'un autre élément

Idem en matière de communication


➝ les éléments constitutifs d'une situation de communication peuvent ne pas être pris en compte ou mal interprétés
➝ la compréhension de la situation = altérée
➝ la réponse élaborée ne sera pas toujours adéquate

Exemple :
la consonance d'un mot peut accrocher l'oreille et faire oublier tout ce qui constitue la chaîne parlée avant et après le mot

Traitement séquentiel de l'information

Les TSA ne peuvent traiter en même temps toutes les informations d'une même situation ➝ procèdent étape par étape

➝ Semble avoir besoin d'entendre la consigne et de se la répéter pour pouvoir la mémoriser puis réfléchir à ce qu'il doit faire
et ensuite exécuter l'action
!36
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Développement communicatif et langagier

Autisme ≠ d'autres pathologies avec troubles de la communication et du langage

La communication nécessaire à une personne ordinaire n'est pas une nécessité pour la personne TSA

Déficits tant verbaux que


non-verbaux
• Interaction sociale
• Attention conjointe
• Réponse
• Régulation du comportement
• Initiation de la communication
• Maintien de la communication
Déficits

!37
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

La période prélinguistique

Déficits de la qualité de la communication et des interactions

➝ l'accordage émotionnel mère/enfant (puis autre personne) = souvent entravé par des difficultés sensorielles déjà présentes
➥ manque d'expériences précoces de communication
➥ développement atypique des aspects relationnels ➝ absence d'intérêt pour la communication

Interaction sociale Attention conjointe Régulation du comportement


- Séquences de prise de tour plus brèves - Déficits majeurs quelque soit le rôle - Contacts oculaires moins fréquents lors
- Réponses aux invitations sociales moins communicatif : réponse, initiation ou de demandes d'aide
fréquentes maintien
- Peu d'actes d'engagement - Difficulté d'utilisation du pointage gestuel
- Actes interactifs menant à une - Pointage sans regarder une autre
conséquence sociale peu fréquents personne utilisé plutôt pour montrer un
objet convoité que pour attirer l'attention
vers un objet ou une scène pour partager
une expérience

Acquisition de l'intention de
Ces difficultés prédisent des difficultés ultérieures dans :
communiquer dans le but d'agir sur
- les stratégies langagières (intentionnalité,
l'entourage et pas d'interagir
transmission de messages)
- théorie de l'esprit
!38
- simulation et attribution d'états mentaux
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Particularités des modes et moyens de communication


Pauvreté des expressions non verbales
Mimiques faciales peu adaptées ➝ peuvent être figées, exagérées, bizarres ou peu porteuses d'émotion
Evitement des contacts oculaires
Peu d'utilisation de gestes communicatifs conventionnels (dont le pointage gestuel) ou symboliques
Difficultés à combiner mimiques, postures, gestes et toucher pour entrer en relation avec autrui
Vocalisations atypiques, étranges, stéréotypées et vocalisations écholaliques
Difficultés de compréhension des moyens communicatifs non verbaux (pointage gestuel), du langage et des codes sociaux
Difficultés d'interprétation des émotions exprimées par l'expression faciale des interlocuteurs
Quasi absence de gestes de sollicitation aux jeux

En l'absence de langage la communication non verbale n'est pas utilisée pour compenser

!39
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

La communication verbale Un langage particulier

• Grande hétérogénéité développementale inter- et intra-composantes du langage

• Grande variabilité inter- et intra-individuelles des compétences langagières en compréhension et production

On constate • Altérations du langage à la fois qualitatives et quantitatives dans toutes les composantes du langage

• Dans certains cas absence de langage

± 50% de la population avec autisme n'a pas de LO

Comment comprendre la construction du langage oral chez les personnes TSA ?

Ne semble pas suivre les processus classiques de construction du langage

➝ ne s'appuie pas nécessairement sur le sens mais plutôt sur une succession d'expériences langagières dans lesquelles
le contexte d'apparition des mots et/ou des phrases = l'élément pris en compte

➝ la personne TSA utilise sa bonne mémoire auditive et sa lecture très sensorielle des contextes pour associer des mots,
des phrases, des contextes et des idées

➝ associations ± correctes selon les cas


!40
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Pragmatique

• Le langage n'est pas utilisé comme moyen de communication sociale pour exprimer les pensées, les ressentis, les questions

• Le langage n'est pas toujours destiné à la communication avec autrui

• L'enfant peut se parler à lui-même sous la forme d'un monologue sans attendre de réponse de l'interlocuteur

• Echolalie et stéréotypies verbales

• L'enfant peut parler comme s'il avait appris par cœur les phrases qu'il prononce

• Peut répéter mot à mot un passage assez long qu'il a entendu à la TV ou à la radio

• Répertoire restreint d'actes de langage privilégiant les requêtes en fonction des besoins immédiats et des refus

• Peu de respect des règles conversationnelles

• Difficultés dans l'alternance des tours de parole

• Difficultés à établir ou à répondre à des références communes à un interlocuteur

• Rupture du thème d'une conversation ou commentaires inappropriés

• Pas d'ajustement du style langagier à son interlocuteur

• Utilisation d'expressions toutes faites voire d'un style langagier pédant

• Difficulté de compréhension et de l'utilisation du style figuré et des termes liés aux états mentaux

!41
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Les troubles de la compréhension

Compréhension = réelle difficulté pour les personnes TSA

‣ extraire l'énoncé du bruit ambiant


‣ prendre en compte les mots constituant le message
‣ prendre en compte le contexte d'émission
‣ dégager les aspects explicites / implicites de l'échange
‣ prendre en compte les aspects non verbaux
➝ difficultés de compréhension = souvent largement sous-estimées
➝ différents paramètres sont à prendre en compte

Stratégies cognitives particulières Déficience intellectuelle

Tendance à la distractibilité Traitement spécifique de l'information auditive

Absence de polysémie Compréhension littérale

Compréhension par le filtre de l'expérience personnelle Compréhension altérée des intonations et accents des énoncés verbaux

Segmentation hasardeuse Trouble d'intégration du langage

!42
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Les troubles de la communication sociale et de la pragmatique

Communication sociale déficitaire ➝ même si un apprentissage peut se faire il reste souvent "plaqué" et
utilisé de façon artificielle
➝ stress, fatigue vont encore diminuer la qualité de la communication

Quel que soit le niveau de langage oral, la pragmatique est toujours altérée

Trouble de l'initiative, du maintien et de la relance de la conversation


Vocabulaire social pauvre et peu utilisé

Vocabulaire émotionnel pauvre et peu utilisé


Compréhension de l'intention de communication altérée

!43
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Dysfonctionnements langagiers

Déstabilisation des partenaires

Déséquilibre dans l'alternance, les tours


conversationnels et le discours

Ajustement des partenaires aux


dysfonctionnements et à la pauvreté
communicative et langagière de l'enfant

Difficulté majeure de mise en place de la


multimodalité et des compétences langagières en
expression et en réception

!44
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Développement affectif et attachement

Retard dans le développement de l'attachement différencié

Développement retardé allant de l'attachement insécure ➝ attachement secure

Le niveau développemental plus que la sévérité du TSA est prédicteur de l'attachement secure

Tous les ETSA n'ont pas un attachement désorganisé ou insécure mais manifestent des relations d'attachement de façon différente à travers :
• La recherche de proximité préférentielle
• Un comportement de retrouvailles envers leurs parents en "situation étrange"

Haltigan et al (2011) ➝ les très jeunes enfants à risque de TSA ne sont pas plus ou moins susceptibles d'avoir une insécurité ou une
désorganisation de l'attachement que les EN mais ≠ dans la façon d'exprimer la sécurité d'attachement

• sont plus réservés à l'égard de leurs parents quand ils les retrouvent
• s'approchent moins de leur mère et de façon plus différée par rapport aux EN (approche rapide et immédiate en phase de retrouvailles)

!45
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme
Ainworth et al (1978) ➝ 3 types d'attachement :
• Secure
• Anxieux-évitant (insecure)
• Anxieux-ambivalent ou résistant (insecure)

Situation étrange

[Link] !46
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Protocole expérimental pour évaluer les comportements de séparation-retrouvailles ➝ situation étrange

• Outil de recherche standardisé pour nourrissons et jeunes enfants


‣ Provoquer un stress conçu pour activer le comportement d'attachement
‣ Caregiver et enfant dans une pièce de jeu inconnue
‣ Expérimentateur enregistre les comportements spécifiques à travers une vitre sans tain
‣ 8 étapes ➠ expérimentation de la séparation et des retrouvailles avec le caregiver avec la présence d'un étranger à certaines étapes

➝ montre de quelle manière les jeunes enfants utilisent leur caregiver comme source de sécurité

[Link] [Link] !47


Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Rutgers et al (2004) : Méta-analyse quantitative – 287 enfants

16 études sur l'attachement 10 études sur la sécurité


d'ETSA d'attachement

• Dans la majorité des études ➝ comportements d'attachement malgré les déficits d'interactions sociales réciproques
• 4 études "situation étrange" ➝ 53 % d'attachement secure

Conclusions de la méta-analyse

• ETSA significativement moins attachés de façon secure à leurs parents que les EDN
• Disparition de cette tendance dans les groupes avec un haut niveau de développement mental et ayant des symptômes moins sévères de TSA

• La comorbidité TSA-DI ➝ associée à l'attachement insecure ou désorganisé

Hénault (2010) : à l'adolescence et âge adulte ➝ relations affectives de couple et sexuelles souvent problématiques et inadaptées

!48
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Développement émotionnel

expression reconnaissance

régulation TSA affecte compréhension

réponse

Cependant ➝ variabilité interindividuelle

!49
Expression et régulation émotionnelle

Vers 1 an : jeunes ETSA = expressions émotionnelles similaires aux EDN

progressivement

• expressions et comportements affectifs moins orientés vers les autres


• moins d'attention aux visages des autres
• l'expression des émotions peut se manifester de façon extrême ou incohérente en fonction des affects positifs ou négatifs

Nadel et al. (2000) Czapinski & Bryson (2003) Scambler et al. (2007)
sensibilité aux indices émotionnels émis par ➝ production ➝ en âge préscolaire
les autres comme la détresse • de mouvements faciaux exprimant plus • pauvre coordination émotionnelle
qu'une émotion • partage difficile de leurs émotions et
• de combinaisons de mouvements faciaux ressentis avec leurs partenaires d'âge
incongrus préscolaire ou scolaire
• d'expressions neutres ou idiosyncratiques • réaction inadéquate aux émotions d'autrui
• De peu d'expressions positives (sourire ou
rire)

!50
Mazefsky et al (2013) : résumé des facteurs contribuant à la dysrégulation émotionnelle dans les TSA

• Fonction ou motivation de l'émotion ➝ moins orientée vers un but et moins organisée


• Degré d'intensité des affects négatifs et positifs
• Facteurs cognitifs ➝ faibles capacités de résolution de problèmes, rigidité, prise de perspective altérée
• Traitement de l'information et perception des stimuli
• Conditions psychiatriques
• Circuits neuronaux
• Activité physiologique affectée

Dysrégulation émotionnelle = Co-régulation émotionnelle entre l'ETSA et ses partenaires (dont


la mère)
• en partie liée à des facteurs de tempérament ou de personnalité • liens significatifs entre leur (dys-)régulation émotionnelle et leurs
• contribue en partie à un faible niveau d'adaptation sociale (in)capacités
‣ en engagement prosocial avec les pairs
‣ en responsivité sociale
‣ en mobilisation de la Théorie de l'esprit
‣ en adaptation sociale

Cette régulation émotionnelle déficitaire est expliquée notamment par un déficit global de l'autorégulation ou une dysrégulation globale

!51
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

En résumé au niveau de l'expression et de la connaissance de leurs propres émotions

Palette des émotions assez pauvre chez les sujets avec autisme ➝ plusieurs causes :
• problème de compréhension des signaux du corps
• pauvreté d'expressivité liée à une pauvreté d'expériences et de capacités motrices de la face

Kasari et al (2001), Rieffe et al. (2007)

Difficultés à identifier leurs


Peu de connaissance de
émotions de façon
leurs propres émotions
différenciée

Difficultés dans Conscience Difficultés exprimer les


l'analyse de ses émotionnelle émotions de façon
propres émotions socialement adaptée
Explications peu
Difficultés à décrire leurs
personnalisées de leurs
émotions
émotions

Déclencheurs des émotions différents des sujets ordinaires source sensorielle ([Link].)

!52
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

!53
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Traitement des visages et des émotions

TSA dès 3-4 ans : reconnaissance différenciée des expressions émotionnelles faciales

mais

Données contradictoires
➝ certains rapportent des difficultés de reconnaissance des émotions et des expressions faciales émotionnelles par les jeunes ETSA

➝ difficultés possiblement liées à la manière dont les ETSA traitent visuellement les parties du visage en orientant leur regard vers la
bouche plutôt que vers les yeux

➝ le traitement visuel varie selon l'expression d'émotions positives ou négatives

Accentuation des difficultés :


• face à des tâches impliquant des mouvements dynamiques des expressions émotionnelles du visage
• lorsque les ETSA doivent intégrer et interpréter différents indices d'expressions émotionnelles (vocal, gestuel, corporel, facial)

mais

Si plus de temps pour combiner les expressions faciales et les sons vocaux émotionnels alors meilleures performances (Tardif et al., 2007)

Hypothèse explicative – Lainé et al. (2008), Tardif et al. (2007), Gepner (2014) (cf. dia 26)

Trouble du traitement temporel des informations visuelles et auditives dynamiques en jeu dans :
- les mouvements du corps
- les expressions faciales émis(e)s par les personnes lors d'interactions sociales
!54
- les expressions vocales
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Développement social et cognition sociale

Etudes sur la manière dont les ETSA perçoivent et traitent cognitivement les stimuli :
- auditifs
- visuels émis par d'autres personnes en situation sociale et lorsqu'elles
- multimodaux expriment des émotions

Spécificités au niveau de plusieurs aspects du traitement perceptif et socio-perceptif

- Particularités dans la détection des mouvements des êtres vivants animaux et humains

- Préférences pour les mouvements des objets par rapport à ceux de silhouettes humaines
(Annaz et al., 2012; Klin et al., 2009)

- Attention davantage aux objets et stimuli non sociaux qu'aux visages

- Regardent plus le corps des personnes que les visages (Riby & Hancock, 2009)

!55
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Cognition sociale et théorie de l'esprit

Traitement des visages (statiques ou non)

• Intérêt plus marqué pour la bouche, le menton, les oreilles, les cheveux
• Intérêt moins marqué pour les yeux et les indices d'expression faciale émotionnelle

- Privilégient des stratégies de traitement local et analytiques d'indices du visage ➝ peuvent mal interpréter les émotions d'autrui puisque ne
traitent pas l'ensemble de la dynamique de l'expression émotionnelle du visage

Traitement de la voix humaine :

• Pas de préférence pour elle par rapport aux autres sons


• Ne repèrent pas facilement si la voix s'adresse à eux ou à quelqu'un d'autre
• Identification difficile de l'émotion exprimée par la voix
• Faible association des indices vocaux, faciaux gestuels et posturaux des expressions émotionnelles

!56
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Déficit en Théorie de l'Esprit personnes TSA = spontanément auto-centrées

Spécificités dans

le traitement des
visages altération de la compréhension des états mentaux

la détection en cause : trouble dans la détection des mouvements biologiques et


d'intentionnalité plus particulièrement la direction du regard

l'imitation
- Peu d'intérêt spontané et peu de comportements [Link]
l'empathie empathiques face aux émotions de détresse et de videos_id=4&videos_section=1

tristesse d'autrui Réciprocité émotionnelle

la réciprocité - Empathie cependant possible envers des personnes


familières
émotionnelle

le jeu symbolique

la tromperie Ces divers déficits de la ToM "implicite" peuvent


entraver le développement de la ToM
l'humour "explicite" (Plumet, 2011)

!57
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

L'hypothèse du déficit de la ToM ou "mind-blindness" envisage


les ETSA comme s'ils étaient "socialement aveugles"

ID EDD
Désirs et buts Les yeux peuvent voir les choses
"Marie veut la pomme" "Marie voit la pomme"

En
d
om
SAM

ma
g
éc
Infère les désirs et les buts sur la base de la direction du regard

he
zl
"Je vois que Marie veut la pomme"

es
ET
SA
ToMM
Permet la palette totale des états mentaux
"Je pense que tu crois que ce sujet est intéressant"

D'après Thomassin-Havet (2007) !58


Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Tager-Flusberg (1992) Leslie (2000) et Leslie & Roth (2000) Hobson (2000)

Métacognition déficiente Les déficits de la ToM chez les ETSA =


• La compréhension des états mentaux par
les ETSA = affectée de façon variable conséquence d'une incapacité innée à :
➝ difficultés de construire des - interagir de façon émotionnelle avec les
selon l'état mental considéré
• Variabilité interindividuelle représentations mentales à propos des états autres personnes
mentaux d'autrui et de développer leur jeu du - établir un contact intersubjectif
➝ Capables : faire-semblant
➝ déficits spécifiques du processus
- d'attribuer une perception : 100%
émotionnel
- d'attribuer un désir : 80%
- d'attribuer une imagination : 60% dont :
- l'identification de stimuli émotionnels
- d'attribuer un simulacre : 40%
- d'inférer une croyance : 20% auditifs et visuels
- la désignation adéquate des émotions

!59
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Les travaux sur la ToM explicite

Au-delà de la ToM implicite ➝ déficits de la ToM explicite touchant :


• l'usage de termes mentaux
• la détection d'intentions et la dénomination des intentions d'autrui
• la compréhension des causes des émotions et de leurs conséquences dans les comportements
• la compréhension des croyances et des fausses croyances de premier et second ordres
• la compréhension des pensées des autres et de ce qu'ils s'avent ou ignorent
• l'inférence des désirs d'autrui
• les liens entre les états mentaux
• l'identification de "faux pas" dans les situations sociales
• l'appréciation des conséquences d'actes en lien avec l'intentionnalité, etc.

Même si des controverses théoriques existent entre conception structurale modulaire du déficit ou les conceptions basées sur des
dysfonctionnements ou des spécificités de divers processus impliqués dans la ToM ou les conceptions basées sur un déficit cognitif ou exécutif

➝ consensus sur le constat d'un moindre fonctionnement en comparaison de l'EN

!60
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Développement social

Les perturbations sociales du jeune ETSA s'expriment généralement par :

des pleurs incontrôlables ou l'indifférence aux contacts des autres


des réactions excessives
l'absence de larmes et l'évitement des contacts physiques

l'absence de comportements
la manifestation peu claire d'une
d'anticipation (tendre les bras quand un moindre intérêt à l'égard des pairs
différenciation entre personnes
un parent arrive et s'apprête à le par rapport aux adultes
familières et non familières
prendre)

un retrait social ou un isolement


contrastant avec un intérêt démesuré
pour les objets

On remarque néanmoins que les ETSA sont sensibles à l'attention sociale


!61
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Variabilité interindividuelle repérable dans la façon dont les ETSA vivent les relations sociales

Wing (1988) : 3 types relationnels d'ETSA

égocentriques, répétitifs et bizarres


réservés et indifférents aux autres passifs et ne résistant pas au
ne considérant pas les besoins et les
évitant tout contact contact des autres
avis des autres

Respect des règles et des conventions sociales (ex: politesse) :


• peuvent parfois les appliquer de manière maladroite et ne pas les respecter dans certains contextes
• peuvent également s'y conformer de manière rigide et excessive

➝ paradoxe adaptatif (Plumet, 2014) explicable par :


• leur souci extrême de conformité
• le manque de compréhension du sens des règles sociales
• le refus d'appliquer des conventions qui leur semblent irrationnelles
• leur manque de flexibilité nuisant à l'ajustement des règles selon le contexte

Les ETSA souffrent de solitude, ont un réseau social restreint, des relations amicales pauvres en qualité et peu réciproques

Ils sont perçus par leurs parents comme ayant de faibles compétences d'adaptation socio-émotionnelles

!62
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Le concept de soi

Reconnaissance de soi dans le miroir et réaction à leur propre reflet Perception de soi

- 53 à 80% se reconnaissent mais plus lentement que les EN ➝ ceux - Moindre satisfaction de leur image de soi (entre 3 et 6 ans) que les EN
qui ne se reconnaissent pas ou plus tardivement = niveaux cognitifs mais difficile à évaluer en raison des difficultés langagières
les plus faibles généralement observées
- Peu de comportements de timidité ou de gêne ou de sourire (par
rapport aux EN)

Vermeulen (2001, 2009)


- les adolescents et adultes TSA ont conscience de leur "particularité"
- grande variabilité interindividuelle sur la qualité de l'image de soi

Construction d'une image de soi positive Construction d'une image de soi négative

l'autisme = atout ➝ valorisation de leur objectivité, de leur honnêteté et l'autisme = handicap ➝ estiment ne savoir rien faire, conscients de leurs
de leur sensibilité limitations par comparaison sociale et par le regard social des autres

= "stratégie de compensation" ou "technique de camouflage" leur ➝ plus à risque de dépression (surtout à l'âge adulte) : les activités
permettant d'accepter leur handicap indépendantes ne sont pas à leur portée (vivre seul, avoir une vie
amoureuse, conduire une voiture, etc.) !63
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Autorégulation, autodétermination et dysrégulation

Déficit des fonctions exécutives ➝ altération de l'autorégulation ➝ dysrégulation

Modèle de Whitman (2004)

Langage
Processus sensoriel Communication

Eveil
Activation Processus cognitifs Autorégulation
Emotion

Processus moteurs Insertion sociale

!64
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Styles d'autorégulation

Sur-contrôlant Sous-contrôlant

- Obsessionnels - Pas de développement de stratégies complexes d'autorégulation (ex


- Circonspects planification)
- Autoprotecteurs - Besoin de plus de soutien social
- Socialement en retrait - Impulsifs
- Indisposés par l'ambiguïté - Facilement distraits et perturbés par des événements inattendus
- Préfèrent un environnement structuré et réactif aux nouvelles - Recherche une gratification immédiate
situations

Les personnes
diffèrent dans leurs symptômes
mais
partagent un déficit majeur en autorégulation
se manifestant par
un manque d'efficacité et des comportements peu conventionnels

!65
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Modèle psychopathologie d'Adrien (2005)

Se base sur les constats :


- de dysfonctionnement de la modulation de l'activité cérébrale
- d'un développement cérébral atypique

La dysrégulation :
- affecte la microgenèse ou le fonctionnement lors d'activités
- altère la macrogenèse du développement dans divers domaines
- induit une hétérogénéité développementale

➝ plusieurs études empiriques soutiennent la pertinence de ce modèle

La dysrégulation a des conséquences sur les tâches cognitives de :

Permanence de l'objet • stratégies de niveaux variables


• séquences atypiques de recherche d'objets

Jeux symboliques • qualité du jeu de faire semblant


• limitation des actions et des séquences de comportements

Attention conjointe • discordances visuo-motrices


• persévération, lenteur et variabilité dans les réponses de l'enfant

!66
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Modèle intégratif de la régulation du fonctionnement et du développement psychologique des TSA de


Nader-Grosbois (2011)

• Intègre les conceptions de Whitman et Adrien


• S'inspire des études empiriques de régulation, de dysrégulation de régulation émotionnelle et de corégulation
• 3 niveaux ayant des connexions dynamiques et rétroactives agissant en "spirale" au cours du temps et du développement

Habiletés ou incapacités fonctionnelles,


Microfonctionnement sociales, cognitives, langagières, Macrofonctionnement ou développement
émotionnelles, etc.

correspond à mobilisées correspond à

• un fonctionnement microgénétique opérant • dans la vie quotidienne de façon combinée • l'approche macrogénétique en niveaux ou
dans des contextes spécifiques de résolution pour répondre aux attentes de stades de développement
de problèmes l'environnement et pour s'adapter aux
situations • profils et trajectoires de développement dans
• la régulation d'activités divers domaines
• des stratégies autorégulatrices de résolution • peuvent être liées entre elles de façons
de problèmes soutenues par les fonctions variables sous forme d'homologies locales • fournit de l'information sur la synchronie ou
exécutives l'hétérochronie développementale ou
l'homogénéité (ou hétérogénéité) des profils
• des dysrégulations développementaux
• un dysfonctionnement neuropsychologique

!67
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme
Caractéristiques individuelles
AC et AM - type et degré de sévérité de déficience, DI – Troubles autistiques –
Anomalies cérébrales – Facteurs endogènes de risques et de protection

Niveau microgénétique Niveau macrogénétique


Microfonctionnement développemental
Niveau fonctionnel
Fonctions neuropsychologiques, exécutives
Dysfonctionnement exécutif Profil développemental
Niveau de développement cognitif,
Habiletés fonctionnelles
+ communicatif, social, psychomoteur
• Sociales, cognitives, psychomotrices,
Stratégies autorégulatrices
• Identification d'objectifs
+ émotionnelles, communicatives
• Comportements variant en fonction des
• Exploration, moyens, planification
situations, des contextes et des personnes
• Attention autorégulée
interagissant avec l'ETSA
- • Auto-motivation
• Homologies locales entre capacités Déficits
• Attention conjointe
en autorégulation
• Régulation comportementale
• Autoévaluation - + + • Homogénéité, synchronie
Déficits en autorégulation • Hétérogénéité
Régulation émotionnelle • Hétérochronies
• Forces
• Dysréguation - • Faiblesses
• Rupture
• Persévération Troubles externalisés (agressivité)
• Lenteur Troubles internalisés (retrait)
• Variabilités +
• Désynchronisation

Caractéristiques des parents


Style parental, pratiques éducatives – Corégulation, hétérorégulation envers l'E – Responsivité, ouverture et compétences émotionnelles – réactions aux
émotions et aux comportements de l'E – Dynamique familiale, fratrie – Niveau socio-écono et éducationnel – Facteurs exogènes de risques et de protection !68
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

+ les ETSA mobilisent leurs fonctions neuropsy de façon + les ETSA montrent un dysfonctionnement neuropsy
optimale exécutif ou une dysrégulation
+ ils s'autorégulent − ils s'autorégulent
+ ils ajustent leurs comportements fonctionnels en vie − ils emploient des habiletés fonctionnelles efficaces
quotidienne − ils progressent dans plusieurs domaines de développement
+ ils progressent dans leur développement de façon + leurs profils développementaux sont hétérogènes
harmonieuse

!69
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Documentation

Exemples d'outils diagnostiques

!70
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Outils de dépistage et de diagnostics (1)


ADI-R – Autism Diagnostic Interview-Revised (Lord, Rutter, & le Couteur, 1994)
- Entretien semi-structuré pour les parents
- Repérage des premières manifestations des symptômes et leur évolution dans la petite enfance

ADOS – Autism Diagnostic Observation Schedule (Lord et al, 2000) [Link]


- Echelle d'observation à partir d'activités standardisées avec du matériel pour évaluer le comportement stéréotypé, les interactions sociales, la
communication, etc.
- 4 modules selon le niveau de langage – applicable de l'âge préscolaire à l'âge adulte
- Module 1 ➠ enfants non verbaux ou se situant à un niveau de langage avec l’usage d’énoncés de moins de trois mots.
- Module 2 ➠ enfants de niveau de langage avec l’usage régulier et spontané de phrases de trois mots, jusqu’à des phrases dépassant le
contexte immédiat
- Module 3 ➠ enfants ou adolescents utilisant un langage fluide et propose une partie d’observation en jeu interactif et des questions pour
recueillir des informations sur la communication sociale.
- Module 4 ➠ adolescents et aux adultes dont le langage est plus élaboré et il propose des questions et de la conversation
- Peut aussi être utilisée pour estimer les progrès en fonction de l’intervention.

BRIACC – Behavior's Rating Instrument for Autistic and Atypical Children (Ruttenberg, 1966)
- Observation des comportements de l'enfant en situation naturelle
- 8 échelles : relation à l'adulte – communication – autonomie – expression par la voix et le langage – perception – compréhension des sons et du
langage – socialisation – motricité – développement biopsychologique

E2 (Rimland, 1972)
- Questionnaire de 80 items rempli par des professionnels
- Domaines : interactions sociales – affectivité – langage – motricité – comportements à l'égard des objets – intelligence – caractéristiques
familiales – données biologiques

!71
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Outils de dépistage et de diagnostics (2)

BOS - Behavior Observation Scale for Autism (Freeman & Ritvo, 1980)
- Observation des comportements de l'enfant en situation structurée de jeu avec jouets adaptés à son âge
- 67 items ➠ fréquence d'apparition des comportements)

ERC-A – Echelle d'Evaluation Résumée du Comportement Autistique (Barthélémy, 1986)


- Observation sur base de 20 items relatifs au retrait autistique – trouble de la communication verbale et non verbale – réactions bizarres à
l’environnement – motricité perturbée – réactions affectives inadéquate – troubles des fonctions instinctives – troubles de l’attention.
- Enants de 2 ans et plus
[Link]

ECA-N – Echelle d'Evaluation du comportement Autistique-Nourrisson (Lelord & Bathélémy, 1986)


- Observation sur base de 33 items à coter de 0 à 4 en termes de fréquence, concernant : le contact – la communication – la socialisation –
l’imitation – l’émotion – l’utilisation des objets – l’activité motrice et le tonus – la tolérance aux frustrations – les réactions sensorielles et
corporelles – l’attention – la stabilité – le sommeil – l’alimentation.
- Utilisable pour des enfants de 12 à 36 mois

EFC-R – Childhood Autism Rating Scale (Schopler, Reichler & Rennner, 1993)
- Observation en situation de jeu structuré sur 15 domaines de comportement : relations sociales – imitation – réponses émotionnelles – utilisation
du corps – utilisation des objets – adaptation aux changements – réponses visuelles – réponses auditives – goût – odorat et toucher (réponses
et modes d’exploration) – peur et anxiété – communication verbale – communication non verbale – niveau d’activité – niveau et homogénéité du
fonctionnement intellectuel – impression générale.
- Permet de différencier différents degrés de sévérité de TSA : léger, modéré et sévère

CHAT – Checklist for Autism in Toddlers (Baron-Cohen, Allen & Gillberg, 1992)
- Questionnaire parental
- Observation en situations ludiques
- 2x9 items relatifs à l'attention conjointe et aux comportements de jeux de faire semblant
- Utilisable à partie de 18 mois !72
Chapitre 5 - Troubles du spectre de l'autisme

Outils de dépistage et de diagnostics (3)


Q-CHAT – Quantitative Checklist for Autism in Toddlers (Allison et al., 2008)
- Version améliorée du CHAT à remplir par les parents pour le dépistage entre 18 et 24 mois

M-CHAT – Modified Checklist for Autism in Toddlers (Robins, Fein, Barton, & Geen, 2001)
- Liste pour l'observation par les parents pour le dépistage
- Entre 18 et 30 mois

PDDST-II – Pervasive Developmental Disorders Screening Test-II (Siegel, 2008)


- Test de dépistage en 3 stades pour détecter les signes précoces du TSA à partir de 12 mois

STAT – Screening Tool Autism in Two-Year-olds (Stone, Coonrod, & Ousley, 2000)
- Instrument destiné aux professionnels de la santé
- Applicable entre 24 et 26 mois

!73
Quelques principes d'intervention

Programmes "globaux" ou ciblant des domaines de compétence particuliers ➠ respect de principes de base pour assurer une
intervention efficace auprès des personnes TSA de tout âge (Rogé, 2010)
Evaluation fonctionnelle et développementale comme guide de l'intervention
Intervention et éducation précoce intensives et proposées dans la durée
Individualisation du programme d'intervention
Intégration de la famille dans le programme
Intervention orientée vers des compétences telles que l'attention, l'imitation, l'interaction sociale, la communication, les compétences
sociales, le jeu
Structuration de l'intervention dans ses différentes modalités, création de repères (espace, temps, consignes, matériel) et prédictibilité
Décomposition et progression des objectifs et des apprentissages en référence aux compétences et aux habiletés en émergence et à la
trajectoire développementale de la personne ainsi les ressources du milieu
Orientation des activités sur base des intérêts et des motivations
Explication des consignes et adaptation des supports
Soutien à la généralisation des acquis pour qu'ils soient transposés dans divers environnements
Planification des transitions et soutien lors de changements
Évaluation et ajustement du programme d'intervention en fonction de l'évolution des besoins, compétences et des difficultés de la
personne

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Les différents programmes d'intervention peuvent être classés selon :
- l'âge et la période de vie de la personne
- Le dispositif et le cadre (domicile, école, centres.)
- Les domaines ciblés

Fondements Modèles, types d'intervention Programmes d'intervention


Interventions psychoéducative Interventions comportementales intensives précoces ou
développementales
Applied Behavior Analysis (ABA) ➠ programmes :
• TEACCH (Schopler et al, 1980)
• ESDM (Roger & Dawson, 2010)
Comportementale et développementale
Intervention globale • PRT (Koegel & Koegel, 2006)
• Incident Teaching (Hart & Risley, 1975)

Programmes IDDEES : Intervention – Développement –


Domicile – Ecole – Entreprise – Supervision (Gattegno, 2011)
• Entraînement de l'intégration auditive
• Intégration sensorielle
Sensori-motrices • Psychomotricité
• Hippothérapie
• Musicothérapie
Interventions ciblées par domaines • Communication sociale précoce dont l'attention conjointe
(Kasari et al., 2008, 2012)
• Communication fonctionnelle
Communication • Communication Augmentée Alternative
➠ PECS, Makaton
• Langues des signes
• Stratégies visuelles et instruction à indices visuels

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Fondements Modèles, types d'intervention Programmes d'intervention
Imitation Entraînement par imitation réciproque
Interventions ciblées par domaines • Comic Strip conversations (Gray, 1994)
Habiletés sociales interactives • Méthode Floortime (Greenspan & Wieder, 1997, 2005)
• SCERTS( Prizant et al, 2003)
• Teaching Children with Autism to Mind-Read : A Practical
Théorie de l'esprit et cognition sociale
Guide (Howlin, Baron-Cohen & Hadwin, 1999, 2011)
• Programme centré sur la famille comme soutien du
Famille
comportement positif (PBS)
Langage
• Programme More than words (Sussman, 1999)

• Holding therapy
Interventions cliniques Thérapies
• Thérapies psychanalytiques …
• Traitement des troubles épileptiques, des troubles gastro-
Interventions médicales fondées
Médication intestinaux et des comportements "défis", de déficits
biologiquement
attentionnels
Médecine alternative et complémentaire

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