Plan
Chapitre 5 - La vérité
1 Les critères de la vérité
1. Définitions
La vérité est une qualité généralement attribuée à un énoncé ou à une connaissance. Ceux-
ci sont dits « vrais » lorsqu’ils sont en conformité avec la réalité qu’ils décrivent ou cohérents
avec le système logique auquel ils appartiennent.
De façon plus générale, la vérité est la connaissance juste en elle-même, voire l’objet de
cette connaissance, la réalité connue. On parle ainsi de « posséder » ou « d’atteindre » la
vérité.
2. La référence
Intuitivement, on considère que la vérité désigne l’adéquation entre une phrase ou une idée
et la réalité à laquelle elle se réfère. On parle de vérité de référence, ou d’« adéquation entre
le mot et la chose ».
C’est notamment cette notion de référence qui fonde la distinction entre « objectivité » et
« subjectivité » :
un discours parfaitement conforme à la chose qu’il décrit, sans qu’interviennent les goûts
ou les préférences du sujet particulier qui le prononce, est un discours objectif ;
le discours subjectif relève du sujet individuel : ce sont ses goûts, son caractère particulier
qui peuvent y être lus. On peut également parler de sujet au sens universel : on peut parler
d’un sujet en général (par exemple en disant que la perception d’une chose dépend du
point où se trouve le spectateur) ; cela sera donc subjectif, parce que cela parlera du sujet,
et vrai, puisque cela sera vrai dans toutes les situations.
Il faut confronter les termes de « vérité » et d’« opinion » : une opinion est une affirmation
(une « thèse ») que l’on admet sans véritable examen. Ce peut être quelque chose que l’on
admet par habitude ou par confiance ; une opinion n’a jamais été examinée, remise vraiment
en question.
Cependant, une opinion peut être vraie, même si l’on ignore comment sa vérité est acquise
et démontrable. Par exemple, tout le monde sait que « la Terre tourne autour du soleil » et
non l’inverse, ce qui est vrai. Mais très peu de gens seraient capables d’expliquer pourquoi
cela est vrai, ou comment il est possible de le démontrer en observant le ciel depuis la surface
de la Terre.
Pascal fait une distinction entre le signe et la chose. Quand on parle de la vérité comme
référence, on veut dire qu’il y a au moins deux éléments : un signe (qui peut être un symbole,
une idée, un mot, un son, etc.) et une réalité (n’importe quoi dont il est possible de parler). La
vérité se produit lorsque signe et réalité se rejoignent. Mais ce n’est pas toujours le cas : un
signe peut être peu adapté à ce qu’il désigne. Par exemple nous avons une idée du soleil, un
mot « soleil » qui possède une définition : mais ces signes peuvent être très différents du
soleil réel. Ainsi Pascal fait une différence entre la définition de nom (« Soleil : astre du
jour ») et la définition de chose (qui serait la définition recherchée par un astronome).
3. L’évidence et l’exactitude
La notion de référence est facile à saisir pour les vérités empiriques. Mais quel critère retenir
pour affirmer des vérités théoriques, qui n’ont pas de référent direct dans l’expérience ? Par
exemple, « tout triangle possède des angles dont la somme est égale à 180° » – sachant qu'on
ne fera jamais l’expérience de TOUS les triangles possibles.
Descartes propose de répondre à ce problème par la notion d’évidence : l’évidence est un
sentiment en moi qui m’assure de la vérité de ce que je pense, parce que je me sens
incapable de considérer cette pensée comme fausse. On ne peut remonter au-delà de
l’évidence, c’est un principe.
L’évidence est cependant un champ très large. Descartes réserve le statut de vérités
certaines aux idées « claires et distinctes » : ce que nous concevons « clairement et
distinctement » (comme le résultat d’une opération mathématique) est vrai.
Une douleur est évidente ou claire, mais confuse : une idée peut être claire sans être
distincte et non l’inverse.
Une idée qui n’est pas claire est obscure, une idée qui n’est pas distincte est confuse. En
revanche un théorème mathématique ou l’affirmation « je suis une chose qui pense » sont
clairs et distincts.
L’erreur est, en ce sens, avant tout un produit de l’inattention : si l’on se trompe, c’est soit que
l’on n’a pas été assez attentif à ce qui était clair et distinct, soit parce que l’on a pris quelque
chose de confus pour quelque chose de clair et distinct. Ma volonté – infinie – a pris le pas sur
mon entendement – fini – alors que je n’étais pas certain de ce dont je parlais. Ma volonté
m’a poussé à parler sans savoir : je n’ai pas su contenir ma volonté dans les limites de mon
entendement. Je suis radicalement responsable de mes erreurs.
Il faut bien distinguer l’erreur et l’illusion : même lorsque l’on a découvert les causes d’une
illusion, elle persiste (par exemple, l’illusion d’optique), tandis qu’une erreur corrigée disparaît.
4. La confiance et le mensonge
Il faut bien distinguer les plans : le vrai peut s’opposer au faux sur le plan de la
connaissance et au mensonge sur le plan moral. Le premier mensonge réussi de l’enfant
prouve qu’il fait la différence entre ce qu’on dit et ce qui est, qu’il ne prend pas le langage
pour les choses.
Enfin, la vérité joue un rôle majeur dans les rapports humains. La simple possibilité de mentir
prouve que nous attendons d’autrui une forme de sincérité. La sincérité ou véracité désigne
l’intention de dire la vérité, l’absence de volonté mensongère. Kant disait : si je mens,
j’affirme que tout un chacun doit dire la vérité sinon je ne peux être cru. Je fais comme si
j’étais la seule personne autorisée à ne pas dire la vérité, c’est une attitude incohérente
moralement et logiquement.
Rompre la confiance des hommes envers le discours est l’une des pires fautes que l’on
puisse commettre. John Stuart Mill affirme que celui qui rompt la confiance en la parole
humaine est l’un des pires ennemis d’un peuple civilisé.
Kant considère le mensonge comme un interdit moral catégorique, sans exception possible.
Il n’y a pas de « pieux mensonge », de mensonge pour faire le bien ou éviter le mal, même
dans les cas extrêmes.
Inversement, les morales conséquentialistes considèrent que les conséquences de la vérité
ou du mensonge sont à prendre en compte. Ainsi le devoir de vérité serait circonstancié et
non catégorique.
2 Le sens de la vérité
1. La vérité se détermine par elle-même
Spinoza, dans son Éthique, conteste la notion générale de vérité comme adéquation du mot
(ou de l’idée) et de la chose – qui était la définition de la vérité par la référence : en effet,
comment peut-on prétendre vérifier une telle adéquation, sinon par une autre idée ?
L’adéquation conduit à une régression à l’infini puisqu’une idée doit être vérifiée par une
autre, qui doit l’être à son tour, etc.
En ce sens, il n’y a pas d’idée fausse, seulement des idées incomplètes. Lorsque je dis que
la lune est de la même taille que le soleil, c’est juste qu’il manque quelque chose à ma
connaissance de la lune : mon idée de la lune est incomplète. Mais elle n’est pas « fausse » : il
est vrai que quand je perçois la lune, je la vois de la même taille que le soleil. C’est
simplement que j’interprète mal cette perception ( je crois qu’elle est complète, fidèle, alors
qu’elle est incomplète)
La vérité est ainsi une exigence fondamentale de l’esprit, qui se doit d’être attentif à lui-
même, à ses propres idées, pour atteindre le vrai et ainsi comprendre la nécessité des choses,
ce qui est sa vocation principale.
2. Un idéal moral et humain (l’allégorie de la caverne chez Platon)
La connaissance de la vérité n’est pas un souci purement intellectuel. Pour de nombreux
penseurs, c’est la vocation de l’homme, sa nature et même une condition de son bonheur.
Platon utilise ainsi la fameuse « allégorie de la caverne » pour décrire l’effet de l’éducation à
la vérité sur un esprit qui, à l’origine, y sera récalcitrant.
L’allégorie évoque des hommes qui, tous, sont enfermés dans une caverne depuis leur
naissance, persuadés que les ombres qu’ils voient sur les murs était la vérité. Lorsqu’on
arrache l’un de ceux-ci à sa condition, il résiste dans un premier temps. Lorsqu’il découvre
enfin la vérité (symbolisée par le soleil et sa lumière à l’extérieur de la caverne), il en tire une
telle jouissance qu’il refusera initialement de descendre retrouver ses anciens compagnons.
Mais le destin de celui qui découvre la vérité est de retourner vivre parmi les hommes, et de
vouloir les entraîner à découvrir aussi la lumière.
Pour Platon, savoir la vérité c’est remonter depuis les êtres sensibles (vous, moi, tel chien,
tel arbre, etc.) jusqu’aux idées parfaites dont chaque chose que nous percevons n’est qu’une
image imparfaite (l’humain en soi, l’arbre en soi, le chien en soi, etc.). Le savoir se distingue
donc de l’opinion, qui est juste une habitude de penser d’après les apparences du sensible,
sans remonter jusqu’aux idées.
3. Un outil de domination (Nietzsche)
La vérité n’est pas seulement une qualité du discours, c’est aussi un pouvoir.
Alors que la réalité n’est pas monolithique, immuable ou universelle, on peut se demander si
proclamer une vérité fixe et universelle n’est pas un moyen de s’assurer une domination
durable sur les esprits plus faibles. Nietzsche affirme que l’homme possède un « instinct de
vérité » qui aboutit paradoxalement à l’illusion de disposer d’un jugement fixé sur les choses.
Notre langage, en effet, est essentiellement constitué d’images, de métaphores, de signes
imparfaits : il « n’est » pas la vérité, c’est là que réside l’illusion. Mais l’homme a le devoir de
dire le vrai par le langage : pour Nietzsche, cela revient à lui imposer un devoir de mentir.
Mais le paradoxe est que c’est justement à travers ce mensonge que l’homme parvient au
« sentiment de la vérité », qu’il s’élève à une certaine idée de ce que signifie « dire le vrai ».
3 La vérité comme problème
1. Vérité et subjectivité
L’idéal de vérité se heurte à de nombreuses objections, dont celle de la subjectivité. Puisque
je ne peux pas sortir de moi-même, comment puis-je m’assurer que ce que je considère
comme vrai n’est pas largement influencé par ma propre constitution subjective ?
Le scepticisme modéré de Hume s’appuie sur le constat que toutes nos connaissances sont
en réalité des perceptions. Ainsi, il faut redéfinir ce que l’on appelle vérité : ce n’est pas
connaître réellement ce que sont les choses, mais adapter nos jugements à ce que nous
avons l’habitude d’observer. En d’autres termes, ne pas prétendre connaître la réalité brute,
mais la réalité telle que nous pouvons l’observer, ce qui fait une grande différence.
La vérité peut aussi être définie comme une simple validité logique : ce n’est plus une
conformité à une essence ou à une réalité, mais la cohérence d'un certain système de
pensée. La vérité, c’est un ensemble rigoureux réunissant un principe ou une hypothèse et ce
qui en est déduit.
2. La vérité et la liberté
On peut penser que détenir la vérité garantit la liberté, parce qu’elle nous délivre de
l’illusion. Mais les critères retenus pour juger de cette vérité sont parfois contestables.
C’est le cas du critère de clarté ou d’évidence. En effet, considérer qu’une vérité se manifeste
à nous sous le jour d’une évidence irrésistible, c’est courir le risque d’être passif face à la
vérité. La vérité, paradoxalement, peut éteindre le souci d’analyse ou l’esprit critique. C’est
l’une des raisons pour lesquelles Leibniz préfère la notion d’examen analytique à celle
d’évidence.
Ainsi, mieux vaut tolérer les erreurs de la raison plutôt que de transmettre des vérités
considérées comme acquises et évidentes. C’est donc par essai et erreur, plutôt que par
l’assimilation directe et passive d’une vérité « définitive » que l’on progressera dans le sens du
savoir, et pas de la simple opinion.
3. La vérité en mouvement
L’esprit critique, l’erreur, l’approximation et le dialogue sont aussi fondamentaux dans le
développement de l’intelligence que la vérité elle-même. Pour certains auteurs, il est même
possible que la vérité ne se manifeste pas sous la forme d’évidences figées, mais que la
contradiction en fasse essentiellement partie.
Hegel a insisté sur la nature dialectique du vrai : on ne peut saisir de vérité si l’on ne prend
pas en compte « la patience du concept », c’est-à-dire l’enchaînement de vérités et de contre-
vérités qui ont structuré notre rapport au réel. La vérité ne peut pas se passer de l’histoire du
processus qui conduit à elle : la partialité, la contradiction et l’incomplétude sont des
éléments sans lesquels on ne peut pas saisir le vrai.
Dans le même esprit, Bergson insiste sur le caractère non-exact de la vérité : notre
intelligence est conceptuelle, elle fonctionne en appliquant des concepts généraux à la
complexité du réel. Mais il y a des réalités peu adaptées aux concepts, qui ne peuvent se
saisir qu’à travers d’autres formes de discours, comme la métaphore. Dans ce cas, il arrive
qu’une image ou une métaphore soient plus fidèles à la vérité des choses que n’importe
quel discours qui viserait l’exactitude.
James, qui représente l’école américaine de la psychologie fonctionnelle, remarque que la
vérité est difficile à définir et propose de cesser de l’aborder à travers l’adéquation du mot et
de la chose. La vérité est un fait qui se produit, un événement pour une idée. Une idée est
donc vraie en fonction de l’utilité qu’elle produit. L’idée vraie introduit un bénéfice (utilité)
dans la succession de nos idées ou des faits que nous analysons. Il s’agit donc d’une
approche pragmatique de la vérité, qui n’existe pas de tout temps et sans considération des
circonstances. Au contraire, la vérité se trouve confirmée par son efficacité, au moment où
elle s’applique à la pratique, dans les circonstances particulières de notre vie.
Exemples
Exemples
La vérité peut aussi être interrogée en matière de justice : il est important de distinguer la
sincérité d’un témoin (qui dit vrai) de la vérité d’un témoignage (qui décrit ce qui s’est
réellement produit). Un témoin peut raconter sincèrement une scène, mais se tromper quant à
ce qu’il pense avoir vu ou entendu.
Le roman prend la forme d’un récit qui suppose des péripéties pour garder son intérêt et
conserver sa tension dramatique. Le mensonge, qu’il soit par calcul d’intérêts, par omission, ou
par humanité est un outil fréquent pour produire ces rebondissements. On trouve dans le roman
toutes les figures du mensonge.
L'Adversaire d'Emmanuel Carrère est un exemple parmi d'autres qu'il est possible d'exploiter à
ce propos. Ce roman relate l'affaire Romand. En 1993, Jean-Claude Romand tue sa femme, ses
enfants et ses parents, après avoir fait croire à tout son entourage, pendant de nombreuses
années, qu'il était médecin. Emmanuel Carrère décrit un personnage chez lequel le mensonge
n’a pas pour fonction de cacher une vérité inavouable. Derrière le masque, c’est un vide
terrifiant pour ceux qui le contemplent, un gouffre, que l’auteur tente de cerner par son écriture.
À l’âge de la communication et de la mondialisation de l’information, il est désormais possible
pour chaque utilisateur d’internet de consulter et de diffuser une information – vérifiée ou non –
librement. La notion de vérité, quête centrale de la philosophie, se trouve interrogée sous une
forme moderne par les fake news et autres théories du complot qui lui préfèrent souvent une
idéologie ou une adhésion facile, dont la mécanique repose sur la sollicitation des sentiments.
Le mythe de la caverne est une allégorie développée dans le livre VII de La République de
Platon. Socrate discute avec Glaucon et lui demande d’imaginer l’intérieur d’une caverne. Dans
cette caverne, des prisonniers sont enfermés sans pouvoir voir la lumière du soleil. Ils ne
peuvent ainsi distinguer que les ombres des choses réelles. Cette allégorie peut être lue à
différents niveaux :
Elle peut être une critique de l’illusion que constituent nos opinions
Elle représente surtout l’état d’enfermement de notre âme dans le corps et la différence
entre le sensible et l’intelligible.
Quelques exemples d'illusions d’optique connues :
l’illusion de Müller-Lyer
l’échiquier d’Adelson
le canard-lapin
la jeune fille et la vieille femme
Chacune de ces illusions démontre à sa manière que ce qui nous semble être une évidence
sensible est en réalité le résultat d’une activité de notre esprit, qui interprète et compare des
données sensibles malgré notre volonté.
Dans le film The Truman Show, réalisé par Peter Weir en 1998, le personnage principal, Truman
Burbank, est le héros d’une télé-réalité depuis sa naissance. Toute sa vie est filmée et il est le
seul à ignorer l’existence de cette télé-réalité. Les membres de sa famille, ses collègues et ses
voisins sont des acteurs. La ville dans laquelle il réside est un décor de cinéma. La vie de
Truman est à la fois réelle (Truman existe) et artificielle (il croit vivre une vie ordinaire, mais
toute sa vie est scénarisée en amont par les producteurs de l’émission de télé-réalité dont il est
le héros). Truman est secrètement amoureux de Lauren, qui cherche à lui révéler la vérité, à
savoir que sa vie n’est pas telle qu’il l' imagine. Truman doit ainsi faire un chemin critique pour
déchirer le voile des apparences, et parvenir à déjouer le mensonge dans lequel il a grandi. La
fin du film montre que la vérité demande parfois de risquer sa vie.
Glossaire
Glossaire
Épistémologie
Cette discipline se rapporte à la connaissance, au savoir.
Exemple : l’épistémologie des sciences s’intéresse à la méthode scientifique, notamment aux
moyens d’accéder au savoir.
Évidence
Une évidence est une vérité qui s’impose parce que nous en avons une conception claire et
distincte. Descartes en faisait un critère de la vérité, mais elle n’est recevable que dans le
domaine de la logique. Il est ainsi évident qu’une figure à trois côtés dispose de trois angles.
Réalité
La réalité, c’est l’ensemble des choses qui existent. Lorsqu’on l’oppose à l’apparence, on
suppose que cette réalité est peut-être différente de celle que nous percevons, c’est-à-dire qu’il
y aurait d’un côté les choses telles qu’elles sont réellement, et de l’autre notre perception des
choses. Nous pouvons, par le savoir, corriger certaines apparences : ainsi, lorsque qu’un train se
met en marche à côté du nôtre, qui est à l’arrêt, nous pouvons avoir l’impression que c’est nous
qui bougeons, mais nous savons qu’il ne s’agit que d’une illusion de mouvement.
La question qui se pose est double : y a-t-il une réalité au-delà des apparences ? Si oui,
pouvons-nous accéder à cette réalité ou ne pouvons-nous que remplacer une apparence par
une autre ?
Relativisme
Ce terme qualifie toute pensée qui affirme l’impossibilité de parvenir à une vérité unique ou
même l’inexistence de cette vérité. Le relativisme est souvent une procédure paresseuse qui se
contente de renvoyer aux us et coutumes ou aux opinions.
Véracité
Il s’agit de propos conformes à la vérité. Ce terme s’applique au registre du discours. La
véracité d’un témoignage signifie que ce dernier n’est pas mensonger ou trompeur ; il est alors
qualifié de « véridique ».
Vérité
Au sens large, la vérité signifie la conformité entre le discours et le réel, c’est-à-dire entre les
mots et les choses. Pour savoir si nous disons vrai, il faut donc comparer un discours au réel.
Exemple : si nous disons « X a tué Y », nous disons vrai à la condition que notre croyance (celle
que nous avons exprimée dans la phrase précédente) corresponde à la réalité, c’est-à-dire que X
ait effectivement tué Y. La définition de la vérité comme conformité peut toutefois poser
problème, car c’est notre propre connaissance qui est l’outil de comparaison de notre
connaissance du réel.
La vérité prend des sens différents suivant son domaine d’application. Elle peut être synonyme
d’authenticité (ce tableau est un vrai tableau de Raphaël), d’honnêteté (par opposition au
mensonge ou à la tromperie), d’exactitude (par opposition à l’erreur), ou de cohérence (dans un
système logique).
Repères
Repères
Abstrait / Concret
L’abstrait, c’est ce qui ne caractérise rien de particulier : un théorème mathématique est
abstrait, dans la mesure où il est valide quelles que soient les circonstances.
Les concepts sont abstraits, car ils sont des idées sur lesquelles nous pouvons réfléchir sans
les appliquer immédiatement au monde réel.
Un exemple n’est jamais abstrait.
À l’inverse, l’application d’une théorie physique est concrète, elle porte sur des objets
particuliers.
Objectif / Subjectif / Intersubjectif
Ce qui est objectif ne dépend d’aucun sujet, et est considéré indépendamment du point de
vue d’où l’on se place.
Ce qui est subjectif est propre à un sujet, une personne. Par exemple, on considère souvent
les faits comme objectifs, c’est-à-dire qu’ils ne dépendraient pas de nous. Pourtant, les faits
sont toujours choisis et interprétés, et s’ils sont en apparence objectifs, ils sont peut-être en
réalité subjectifs.
L’intersubjectivité est l’état le plus proche de l’objectivité que nous puissions atteindre. Elle
consiste en la conjonction de plusieurs subjectivités dans la formation d’un jugement.
Croire / Savoir
Croire, c’est penser que quelque chose est vrai, ou que quelque chose existe. Lorsqu’on le
sait, par définition, on cesse de le croire : le savoir remplace la croyance.
Le savoir est un ensemble de connaissances. Pourtant, le savoir n’est pas toujours bâti sur des
bases incontestables. Dans ce cas, il ne devient que l’accumulation de croyances que nous
prenons, avec le temps, pour des connaissances.
Vrai / Probable / Certain
Une proposition est probable lorsque l’on trouve des éléments qui la confortent sans que l’on
puisse faire la preuve de son bien-fondé.
Exemple : il est probable que nous atteindrons l’âge moyen d’espérance de vie dans notre
société.
Le vrai est la qualité d’une proposition conforme à la réalité ou cohérente avec des règles
logiques.
La certitude, c’est la conscience de connaître la vérité.
Exemple : nous sommes certains que nous sommes nés, car il est vrai que celui qui vit
actuellement est né ; or nous vivons.
Biographies
Biographies
Périodes :
1500 - 1600
1600 - 1700
1700 - 1800
1800 - 1900
1900 - 2000
Évènements :
1561 - 1626 Francis Bacon
Francis Bacon est un philosophe des XVIe -XVII e siècles, considéré
comme le père de l'empirisme. Remplaçant la sacralité du savoir
par la valorisation de l'idée de progrès, il cherche à débarrasser la
science des fausses sciences, cette purge étant possible par
l'expérience. Contre l'idée d'une vérité devant être recherchée
pour elle-même, la connaissance doit être, selon lui, au service de
l'amélioration de la vie des hommes. La science n'est donc pas une
fin en soi, la connaissance est un moyen de retrouver le pouvoir
que nous avions sur la nature, perdu à cause du péché originel.
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1638 - 1715 Nicolas Malebranche
Philosophe du XVIIe sècle, Malebranche estime que l'homme tire
sa lumière non pas de lui-même, mais de Dieu, qui est la Raison
universelle. En effet, nous ne voyons les choses extérieures que
par l’idée de ces choses et cette idée nous vient de Dieu. Les
objets matériels sont eux-mêmes invisibles : ce sont les idées de
ces objets qui nous les rendent visibles. Il met aussi en garde quant
à la confusion entre les « idées » et nos « sentiments » : ce n’est pas
en « sentant » les choses que nous pouvons les connaître. Par
opposition à Descartes, Malebranche soutient que la conscience de
soi n’est pas une connaissance immédiate de soi. Je ne peux pas
me connaître moi-même car je ne peux pas avoir d’idée de mon
âme qui est naturellement unie à Dieu, et non au corps.
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1685 - 1753 George Berkeley
Philosophe et évêque du XVIIIe siècle, George Berkeley est avant
tout célèbre pour sa théorie de la perception : ce qui existe, ce sont
les choses que nous percevons. Il n’existe pas d’au-delà de la
perception. Berkeley s’oppose ainsi au scepticisme en proposant
de se fier à la perception, plutôt que de la mettre en doute, position
originale dans l'histoire de la philosophie. Immatéraliste, Berkeley
estime également que ce que nous voyons, nous le voyons par
Dieu qui est à l'intérieur de nous.
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1798 - 1857 Auguste Comte
Philosophe du XIXe siècle et théoricien de la connaissance,
Auguste Comte est surtout le fondateur du positivisme.
S'interrogeant sur les moyens d'atteindre l'objectivité, Comte croit
dans le progrès possible des sciences et considère que la vérité est
accessible, car celle-ci n'est plus considérée comme un absolu. Son
positivisme est relativiste, parce qu’il comprend la nécessité de
méthodes particulières et propres à chaque science. Il valorise par
ailleurs l'expérience mais, contre un empirisme radical, il estime
que toute expérience doit se faire par l’intermédiaire d’une théorie.
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1842 - 1910 William James
William James est un médecin, psychologue et philosophe du XIXe
siècle. S'intéressant aux conséquences pratiques de nos actes, il
défend une philosophie ouverte à l'expérience, même s'il ne
rejette pas toute théorie pour autant. Il s'interroge surtout sur la
question de la liberté, non résolue par la psychologie, et s'oppose
au déterminisme. Il estime par ailleurs, contre la pensée dualiste,
que ceveau et raison sont intrinsèquement liés : il n'y a pas d'abord
une émotion, puis un mouvement dans le cerveau, ni l'inverse.
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