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2. l’Inconscient

Le document explore la notion d'inconscient à travers les contributions de philosophes et psychanalystes, notamment Leibniz, Nietzsche et Freud. Il décrit l'évolution de la compréhension de l'inconscient, de ses manifestations dans les rêves et les lapsus, à son rôle central dans la sexualité et la culture. Enfin, il aborde les critiques de l'inconscient, notamment celles de Karl Popper, Alain et Jean-Paul Sartre.

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2. l’Inconscient

Le document explore la notion d'inconscient à travers les contributions de philosophes et psychanalystes, notamment Leibniz, Nietzsche et Freud. Il décrit l'évolution de la compréhension de l'inconscient, de ses manifestations dans les rêves et les lapsus, à son rôle central dans la sexualité et la culture. Enfin, il aborde les critiques de l'inconscient, notamment celles de Karl Popper, Alain et Jean-Paul Sartre.

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Plan

Chapitre 2 - L'inconscient

1 L’inconscient avant Freud : une approche des limites de


la conscience
1. Les limites de la conscience perceptive
Leibniz remarque, en étudiant la perception, que si nous pouvons prendre conscience du
bruit de la mer, c’est que nous avons perçu le bruit de chaque vague qui compose ce son.
Pourtant, la perception en nous de chacune des vagues, était si « petite » en intensité ou si
habituelle en fréquence, que nous n’avons pas pris en conscience ces « petites
perceptions ».

La partie non consciente de la perception progressant de manière continue en intensité va


être aperçue et nous apercevons donc nos petites perceptions quand leur intensité est
devenue suffisante pour éveiller la conscience.

L’inconscient selon Leibniz est donc défini négativement, il n’est que la qualité « non encore
consciente » des phénomènes perceptifs qui progressent vers la conscience et n’ont pas de
rôles perturbateurs ou contraires au fonctionnement conscient.

2. L’origine incertaine des idées conscientes


Nietzsche va plus loin en critiquant au sein du cogito de Descartes, le rôle de la conscience.
Certes, « je pense, j’existe » semble une évidence, pourtant il peut se glisser une erreur de
grammaire dans la formulation de ces deux « je » ; ils ne sont pas strictement équivalents. Si
« je » prends conscience des pensées, il n’est pas évident que ces pensées proviennent d’une
construction du « je ». Il faudrait plutôt dire : « Quelque chose pense, mais que ce quelque
chose soit précisément l’antique et fameux "je", ce n’est à tout le moins qu’une supposition ».

Nietzsche, admet qu’il y a un processus de pensée, mais n’admet ni que le « Je » conscient


soit le sujet qui produit ce processus, ni même qu’il ne puisse y avoir un sujet indépendant
et cause du processus.

Sans poser conceptuellement l’hypothèse de l’inconscient, le soupçon que Nietzsche fait


planer sur la toute-puissance de la conscience préfigure l’inconscient freudien.

2 L’inconscient freudien et la psychanalyse


1. Naissance de l'inconscient freudien
La toute-puissance de la conscience sur le psychisme est remise en cause par l’hypothèse
d’une instance que le médecin Sigmund Freud nomme l’inconscient. Avant lui, des
philosophes ont montré que la conscience n’était pas la seule instance en nous et que son
pouvoir était limité, mais ce n’est qu’à partir des travaux de Freud qu’une véritable instance
concurrente, puissante et dynamique, va semer le doute sur l’identification millénaire du
psychisme et de la conscience.

Freud est d’abord un neurologue qui effectue des recherches pour comprendre une maladie
mentale qui n’est pas liée à une affection du corps : l’hystérie. Ces troubles mentaux, non
somatiques ne peuvent s’expliquer que par un dysfonctionnement psychique.

Freud va montrer que de nombreuses pathologies mentales et autres troubles de la


personnalité (névroses) découlent d’une tension non assumée entre le conscient et
l’inconscient. Ces tensions trouvent une multitude de moyens de se manifester à la surface
de l’activité mentale (lapsus, actes manqués, rêves, voire délires, etc.), mais leur signification
n’est jamais explicite, et demande à être analysée pour que les patients puissent être traités.

L’exigence freudienne, scientifique et à visée thérapeutique, est de prendre en compte et de


rendre raison de la totalité des comportements psychiques normaux ou pathologiques. Pour
ce faire, il doit émettre l’hypothèse d’un fonctionnement psychique reposant sur le conflit
entre la conscience et une autre instance dynamique et potentiellement
perturbatrice : l’inconscient.

2. De l’hypothèse légitime et nécessaire à la modélisation


L’hypothèse de l’inconscient psychique, c’est-à-dire conçu comme instance psychique
indépendante de la conscience, est contestée par de nombreux médecins et philosophes.
Freud se défend des critiques que sa théorie affronte en présentant l’Inconscient comme une
« hypothèse nécessaire et légitime ».

Elle lui semble nécessaire puisqu’elle permet de comprendre ce qui, sans elle, reste dénué
de sens : les rêves, les actes manqués, certaines maladies mentales, les lapsus, etc. Par
ailleurs, elle lui semble légitime, car elle permet d’établir des thérapeutiques qui parviennent
à soulager ou à soigner certaines pathologies. Ces voies thérapeutiques ne sont pas
médicamenteuses et sont élaborées tout au long de la vie et de la carrière de Freud. Elles
reposent sur une tentative pour lever la résistance à l’expression de l’inconscient, et prennent
la forme de l’hypnose, de l’analyse des rêves, ou encore de l’association libre.

Freud fournira deux modèles successifs de l’appareil psychique, il les nomme lui-même la
première et la seconde topiques.
La première topique : trois instances psychiques sont ici posées : la conscience, le
préconscient et l'inconscient. L’inconscient regroupe les traumas, les désirs refoulés, et tout
ce que la conscience ne peut plus convoquer sous la forme de souvenirs. Le préconscient
est composé des souvenirs qui peuvent constamment revenir à la conscience. La
conscience est une attention à la vie intérieure et extérieure du sujet.
La seconde topique : deux instances sont en conflit, la troisième émerge de cet
antagonisme. Le Ça (siège des pulsions de jouissance : Eros, et des pulsions de mort :
Thanatos) est limité par le Surmoi (siège des tabous et des interdits moraux). Ces deux
instances en grande partie inconscientes et en conflit doivent être conciliées, ce qui génère
la troisième instance : Le Moi. Le Moi est pris entre le conflit des deux autres instances
psychiques et les exigences de la vie extérieure du sujet, il doit donc servir trois maîtres.

3. Les manifestations primaires de l’inconscient


Selon Freud, le rêve « est la voie royale vers l’inconscient ». Pendant les phases de sommeil,
une partie de la résistance à l’expression de l’inconscient est levée. Cette résistance
partiellement levée permet l’expression d’un désir que la vie éveillée n’aurait pas toléré et qui
serait resté inconscient et refoulé.

Mais le rêve est codé, il est l’expression « déguisée d’un désir refoulé ». Il faut procéder à son
décodage, à son interprétation. Le rêve, dont nous faisons le récit une fois réveillé, n’est
qu’un contenu manifeste dont il faut parvenir à trouver le sens masqué, le contenu latent.
Freud analyse donc le fonctionnement du rêve pour comprendre ce qu’il cache. Or, un rêve
procède par trois opérations que l’auteur nomme « le travail du rêve ». Le rêve condense (il
associe plusieurs personnes en une seule, par exemple), le rêve déplace ( je pense rêver de
ma montre, mais le rêve désigne mon père qui m’a légué cette montre), et enfin le rêve
symbolise (par exemple, un escalier est un symbole phallique, monter/descendre un escalier
désigne symboliquement les rapports sexuels).

L’interprétation des rêves suppose de comprendre la façon dont un sujet singulier bien connu
du psychanalyste, car il est son patient, peut utiliser ces processus de déguisement. Il n’est
donc pas possible de systématiser l’interprétation des rêves.

Les lapsus, et actes manqués sont un autre exemple de la manifestation de l’inconscient


dans la vie éveillée. Le lapsus consistant à remplacer dans une phrase un mot par un autre de
sonorité proche. Le mot remplaçant celui que nous sommes censés prononcer évoque
souvent un désir ou une pulsion, il a donc une connotation belliqueuse ou érotique. On peut
citer le lapsus du député Robert-André Vivien qui souhaitait inviter ses collègues à durcir leur
texte à propos d’une loi contre la pornographie et qui déclara qu’il leur fallait « durcir leur
sexe ».

4. Le rôle central de la sexualité psychique


L’inconscient freudien est mû par la libido, c’est-à-dire par l'énergie sexuelle. La sexualité
freudienne n’est pas limitée à la sexualité génitale (liée aux organes sexuels) bien au
contraire, il s’agit essentiellement d’une sexualité non génitale, d’un appétit de jouissance
polymorphe. Le Ça est donc essentiellement à la recherche de sa satisfaction, il est régi par le
seul principe de plaisir. Dès la naissance, il existe donc une sexualité infantile.

L’enfant passe par différents stades dans la constitution de son appareil psychique, au sein
de laquelle le complexe d’Œdipe est un moment essentiel. Il se déroule entre 3 et 5 ans. Le
complexe se caractérise par une attirance pour le parent de sexe opposé et par une hostilité
envers le parent de même sexe. Des sentiments complexes (amour, haine, culpabilité, désir)
envers ses deux parents vont structurer progressivement le psychisme de l’enfant. Tout
homme connaît ce complexe, mais « l’effroi » qu’il peut représenter serait la cause de certains
troubles mentaux ultérieurs, dont l’hystérie.

5. L'analyse des comportements sociaux


Par une extrapolation qui peut sembler ambitieuse, Freud applique sa compréhension de
l’appareil psychique de l’homme à la vie collective et sociale, il couche donc la société sur
son divan car il lui semble que certains comportement culturels relèvent des mécanismes
psychiques qu’il a fait émerger dans le cadre de sa pratique médicale.

L’art peut ainsi être analysé comme le lieu de la sublimation des pulsions des artistes. Les
pulsions se trouveraient acceptées socialement et non refoulées, car le prétexte de la beauté
qui constitue l’effort esthétique, permettrait de « déguiser » la pulsion primaire qui donne
lieu à la création. Dans son analyse du Moïse de Michel-Ange, ou dans Un souvenir
d’enfance de Léonard de Vinci, Freud va ainsi interpréter les œuvres comme étant
l’expression empêchée de l’homosexualité du peintre dans le second cas, et comme étant
l’expression du dépassement de l’hostilité de Michel-Ange envers le pape Jules II, dans le
premier cas.

La religion, judéo-chrétienne, fait aussi l’objet d’une extrapolation à partir de l’analyse des
névroses. Selon Freud, la religion est une « névrose obsessionnelle universelle ». Pour
l’enfant, le père est une image de la loi, de l’ordre, il est menaçant et castrateur, mais il est
aussi sécurisant et une figure de la protection. Cette ambivalence du père se retrouve en
« Dieu, le père éternel », à la fois menace et amour. Face à la désaide, à l’abandon, l’humanité
se cherche un père protecteur, et génère la religion par un travail de culture « Kulturarbeit ».
Il s’agit donc de construire une illusion qui repousse les pulsions primitives et témoigne du
désir d’être aimé/aidé face à l’adversité de la nature, et à la certitude de la mort.

Il semble à Freud que la consolation religieuse a eu son utilité, mais qu’elle a « fait son
temps ». La maturité scientifique de l’humanité devrait nous permettre de nous passer de tous
ces rites compulsifs « infantiles et narcotiques » qui sont censés nous tenir éloignés de nos
angoisses névrotiques.

3 L'inconscient après Freud

1. Le rôle du moi
Bruno Bettelheim analyse les contes de fées pour montrer qu’ils évoquent de manière
détournée et codée, les peurs essentielles de l’enfant : son intégration dans le monde des
adultes, sa compréhension de la sexualité, de la violence, etc.

En ce faisant, les contes préparent l’enfant à comprendre son évolution psychique et donne
au moi un rôle régulateur. Le moi se trouve donc dans la position d’un décideur, d’un arbitre
des instances psychiques, alors que Freud ne le concevait que comme le siège du conflit de
ces instances.

2. L’inconscient et le langage
Jacques Lacan ne situe pas la voie d’accès royale à l’inconscient dans le rêve, mais dans le
langage lui-même. En déclarant « l’inconscient est structuré comme un langage » il invite à
penser le psychique suivant la structure d’un signe linguistique comprenant un signifié, un
signifiant et désignant un référent. Le signifiant dans la psychanalyse lacanienne est une trace
dans notre inconscient (une image, une sensation tactile, une odeur) qui renvoie à un signifié
du domaine de l’imaginaire (l’amour ou le désir, la crainte, etc.). Ce que nous avons vécu,
parfois avant l’acquisition du langage, est le référent du signe psychanalytique.

Ce qui importe, ici, c’est la structure, plus que le contenu de l’inconscient.

3. L’inconscient collectif
Pour Carl Gustav Jung, la priorité n’est plus donnée à la vie psychique individuelle, mais à la
vie collective. La vie individuelle prend place dans des structures ou des mécanismes plus
larges qui permettent d’émettre l’hypothèse d’un inconscient collectif. Il est structuré par des
archétypes dont chaque culture donne une traduction imagée présente dans les
représentations artistiques ou les récits.

Selon Jung, cet inconscient collectif n’est pas acquis par une éducation, seule sa traduction
en images archétypales est l’objet d’une acquisition culturelle. L’inconscient collectif est donc
inné, commun à toute l’humanité, et à l’œuvre dans les manifestations culturelles
universelles, comme la religion.

4 La critique de l’inconscient psychique

1. La critique de la scientificité
La scientificité d’une théorie est établie par son degré de falsifiabilité d’après Karl Popper. Or
la falsifiabilité est le fait de pouvoir fournir une expérience susceptible de mettre en doute, ou
en tort, une théorie.

L’hypothèse de l’inconscient ne permet pas de fournir une telle expérience cruciale, Popper
refuse donc à la psychanalyse la qualité de science. .

2. La clause morale
Alain remarque que l’hypothèse d’un inconscient qui prend le contrôle du moi, au moins
partiellement, pose un problème moral : comment serais-je encore responsable moralement
de mes actes et de mes sentiments s’ils sont déterminés par une instance psychique que ma
volonté ne contrôle pas ?

Il accepte un inconscient du corps, c’est-à-dire qu’il reconnaît que notre physiologie et que
nos réflexes ne sont pas sous le contrôle de la volonté. Par contre, nos pensées, nos
sentiments, nos actes ne sont aucunement soumis à cet « animal redoutable », à « ce
mauvais ange », qu’est pour lui l’inconscient psychique freudien.

3. La censure et la mauvaise foi


Jean-Paul Sartre revendique une psychanalyse, mais existentialiste, concurrente à celle de
Freud, et sans inconscient. C’est donc l’existence de l’inconscient qui est la cible de Sartre,
ce qui peut apparaître paradoxal dans le cadre d’une psychanalyse.

Selon Sartre, l’hypothèse de l’inconscient maintient une contradiction. Au moment du


refoulement, la censure fait preuve de mauvaise foi. En effet, pour rejeter dans un prétendu
inconscient une pensée inacceptable, il faut la voir, la juger comme inacceptable, la rejeter et
résister à son retour. Une pensée ne serait donc jamais « inconsciente » si la conscience ne
refusait pas de voir qu’elle a opéré consciemment le rejet vers l’inconscient.

La censure est donc de mauvaise foi, le refoulement étant conscient il est un « refusement »,
et l’inconscient n’est pas une instance psychique. Faire une psychanalyse existentialiste
consiste donc à lever toute mauvaise foi, ce qui est possible si le sujet accepte de s’étudier
comme s’il était un autre.
Exemples

Exemples

Le conte des Trois petits cochons enseigne à l'enfant qu'il doit édifier sa personnalité en se
protégeant des pulsions dévorantes : tous les personnages du conte sont une seule et même
personne. Les trois petits cochons symbolisent trois stades de l’évolution psychique : tout
d’abord domine le principe de plaisir qui cède aussi peu que possible au principe de réalité.

La maison en paille représente cette concession minimale au réel ;


la maison en bois est un pas en avant vers la prise en compte de ces impératifs du réel ;
et enfin la troisième maison solide, construite en matériaux résistants, suppose qu’on soit
capable de différer la satisfaction du plaisir et de se projeter dans le temps (elle nécessite du
temps de travail pour être construite).

Cette évolution est aussi la conquête de la temporalité chez l’individu, qui passe de l’immédiat
à l’aptitude à se projeter dans un futur assez éloigné.

La tragédie a pour fonction de faire saillir les drames que peut engendrer l’existence humaine.
La conscience que possèdent les hommes leur permet de revenir et de penser leurs pensées et
leurs actes, y compris, et peut-être surtout, ceux qui leur échappent.

On peut ici faire référence à Œdipe roi de Sophocle, tragédie qui évoque l’histoire d’Œdipe et
qui forme le modèle à partir duquel Freud élabore le complexe d’Œdipe, modèle qui permet de
comprendre qu’un certain nombre de choses sur nous-mêmes nous échappent.

Hamlet, de Shakespeare, rejoue le complexe d’Œdipe et retrace également le drame qui se


joue à l’intérieur des individus et les tiraillements auxquels ils doivent faire face.

Un grand nombre d'œuvres littéraires ou artistiques permettent de nous faire réfléchir sur ce
que les rêves disent de nous et de notre inconscient.

Ainsi, Le rêve de Marc Chagall représente un lapin – qui ressemble étrangement à un âne –
portant sur son dos une femme à moitié dénudée. Le paysage en arrière-fond semble renversé :
la lune est en bas du tableau et le sol en haut, le lapin semble marcher « sur » le ciel. La
dimension onirique est aussi marquée par les couleurs : le sol est jaune, le lapin est rouge. Le
spectateur se trouve ainsi plongé dans un univers où les régles érigées par la raison et la
société sont abolies.

Le manifeste du surréalisme d'André Breton est un texte qui rend hommage aux pouvoirs de
l'imagination, définit le surréalisme et prône l'écriture automatique. Cette dernière consiste à
écrire de manière instantanée toutes les pensées qui nous viennent à l'esprit, sans les trier, afin
de laisser notre inconscient s'exprimer librement. André Breton accorde également une place
importante au rêve, moyen privilégié pour accéder à une vérité sur soi-même.
Glossaire

Glossaire

L'angoisse

L’angoisse est un signal face à un désir venant du Ça que le Moi ressent comme une menace
pour sa propre conservation.

Le Ça

Il s’agit de l’instance qui contient toutes les pulsions. Il est primitif, inconscient, amoral et
irrationnel.

L'inconscient

L’inconscient désigne la dimension psychique constituée des contenus refoulés. Il est


inaccessible à la conscience. Il a une autonomie propre, une force. Il n’est pas une absence de
conscience.

La libido

La pulsion de vie, Eros, dispose d’une énergie variable suivant les individus. Cette énergie est la
libido.

Le Moi

Le Moi est une différenciation du Ça sous l’effet de la pression extérieure ; il est partiellement
conscient. Il s’oppose au Ça et s’efforce d’être moral et rationnel ; il est tendu entre le principe
de plaisir et le principe de réalité.

La pulsion

Cette « poussée » psychique trouve sa source dans le corps et cherche à obtenir satisfaction.
Selon Freud, il existe des pulsions de vie (Eros) et des pulsions de mort (Thanatos).
Le refoulement

Ce terme désigne l’action psychique par laquelle l’accès à la conscience est interdit à un
élément pulsionnel dérangeant qui a été repoussé hors de la conscience.

La résistance

Ce processus psychique empêche le retour à la conscience d’un savoir que le patient a enfoui
mais qu’il doit reconnaître, puis dépasser, pour s’en libérer.

La sexualité

Elle ne désigne pas uniquement les activités des organes sexuels. La sexualité est, chez
l’enfant, une recherche de satisfaction de la libido par des moyens qui caractérisent les
différentes phases : orale, anale, phallique. Le narcissisme est, par exemple, la forme la plus
poussée de la libido placée sur le Moi.

Le Surmoi

Cette instance qui surveille le Moi apparaît au moment du complexe d’Œdipe par intériorisation
des interdits parentaux. Il est à l’origine du sentiment de culpabilité. Il est en grande partie
inconscient.

Une topique

Une topique est une représentation spatiale de l’appareil psychique. La première topique est
composée de la conscience, du préconscient et de l’inconscient. La seconde est constituée par
le Ça, le Moi et le Surmoi.
Repères

Repères

En acte / En puissance

Est en acte l’action que nous réalisons ou que nous avons réalisée : elle est effective.

Est en puissance l’action que nous avons la force ou la compétence de réaliser mais que nous
ne menons pas pour l’instant : elle est possible.

Exemple : vous lisez ce texte en acte et vous pouvez le commenter en puissance.

Exemple / Preuve

Un exemple permet d’illustrer ou d’éclairer une idée, mais c’est un cas dont on ne peut faire
une généralité. Il existe toujours un contre-exemple à un exemple.

Au contraire, une preuve est une affirmation justifiée, par la démonstration ou par
l’expérimentation, et qui vaut pour tous les cas de l’idée concernée.

Exemple : il existe des patients soignés par la psychanalyse et d’autres qui n’ont pas pu l’être.
Ce sont des exemples contradictoires, dont on ne peut pas faire une preuve pour affirmer ou
infirmer la scientificité de cette discipline.

Hypothèse / Conséquence / Conclusion

Une hypothèse est la réponse par anticipation à un problème ; elle demande à être validée ou
infirmée par une expérience ou une démonstration.

Une conséquence est une proposition évidemment vraie dès lors que l’on admet certaines
prémisses et que notre hypothèse est valide.

Une conclusion est une pro- position que l’on tire suite à un raisonnement ou en observant
les conséquences pratiques d’une expérimentation.

Exemple : l’hypothèse que l’hystérie n’est pas un trouble somatique a pour conséquence
d’inviter Charcot à pratiquer l’hypnose, qui fait disparaître les symptômes provisoirement, et
dont la conclusion est que l’hystérie est une affection qui n’est pas somatique (liée au corps).
Médiat / Immédiat

Le médiat est l’intermédiaire entre deux choses, alors que l’immédiat est donné sans
intermédiaire.

Origine / Fondement

L’origine est ce qui est premier dans le temps (accidentel) ; c’est l’ensemble des causes
objectives qui ont permis à un phénomène d’apparaître.

Le fondement représente la raison d’être ultime (essentiel) qui légitime le phénomène.


Biographies

Biographies

Frise interactive

Évènements :

94 Avant JC - 56 Lucrèce
Avant JC
Lucrèce est un poète et philosophe latin du Ier siècle av. J.-C.
Profondément marqué par l'épicurisme, il pense que l'homme,
comme chaque élément de l'univers, est composé d'atomes qui se
disperseront au moment de la mort. Son poème De natura rerum
nous apprend ainsi à dépasser les superstitions religieuses et à ne
pas craindre la mort puisque nous ne serons plus là pour la vivre.
Accepter la mort permet d'accéder à l'ataraxie, l'absence de
troubles de l'âme.

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980 - 1037 Avicenne

Avicenne, ou Ibn Sinâ en persan, est un philosophe et médecin


persan du XIe siècle. Influencé par la pensée d'Aristote et d’Al-
Farabi, il conçoit Dieu comme cause première, essence nécessaire,
à la source de toute existence. La création consiste alors dans
l’acte même de la pensée divine se pensant elle-même.

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1856 - 1939 Sigmund Freud

Père de la psychanalyse, Sigmund Freud a vécu au XIXe siècle.


Freud considère que les troubles hystériques ont une origine
sexuelle et inconsciente. En 1900, il publie L’interprétation des
rêves, considéré comme l’ouvrage fondateur de la psychanalyse.
Freud découvre que la réalité psychique inconsciente est
extrêmement fantasmatique et a pourtant une importance décisive
dans la construction du sujet. Il fait le lien entre la sexualité
infantile et le rêve : les deux sont l’expression de désirs refoulés.
Les « matériaux » de nos rêves seraient ainsi issus des désirs
refoulés de notre prime enfance (entre un et trois ans) dont nous
n’avons évidemment pas gardé le souvenir.

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1902 - 1994 Karl Popper


Karl Popper est un philosophe autrichien du XXe siècle, spécialisé
en philosophie des sciences. Il est essentiellement connu pour sa
théorie de l’infalsifiabilité ou de l’irréfutabilité, qui lui permet de
différencier ce qui relève de la science ou non. Ainsi, une théorie
est scientifique si de cette théorie, il est possible de déduire des
expériences qui pourraient éventuellement la réfuter. Les sciences
humaines, notamment la psychanalyse, ne sont donc pas des
sciences, car elles ne sont pas réfutables, aucune expérience ne
permet d’en établir ni la fausseté, ni la vérité.

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