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Cours Sémio Générale

Ce document présente un cours de sémiologie des animaux domestiques, destiné aux futurs vétérinaires, avec des objectifs clairs de collecte et d'analyse des données cliniques. Il aborde des thèmes tels que la définition de la sémiologie, les techniques d'examen, et la symptomatologie, tout en détaillant les moyens de contention et les différentes classifications des symptômes. Le cours couvre également l'importance de la sémiologie dans le diagnostic et le traitement des maladies animales.

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Cours Sémio Générale

Ce document présente un cours de sémiologie des animaux domestiques, destiné aux futurs vétérinaires, avec des objectifs clairs de collecte et d'analyse des données cliniques. Il aborde des thèmes tels que la définition de la sémiologie, les techniques d'examen, et la symptomatologie, tout en détaillant les moyens de contention et les différentes classifications des symptômes. Le cours couvre également l'importance de la sémiologie dans le diagnostic et le traitement des maladies animales.

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REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

Paix - Travail – Patrie Peace - Work - Fatherland


_________ _________
UNIVERSITE DE NGAOUNDERE THE UNIVERSITY OF NGAOUNDERE
_______ _________
ECOLE DES SCIENCES ET DE SCHOOL OF VETERINARY
MEDECINE VETERINAIRES MEDICINE AND SCIENCES

COURS DE SEMIOLOGIE
DES ANIMAUX DOMESTIQUES

Pr Jean-Pierre MINGOAS KILEKOUNG


Ph D, [Link]., DMV
1
Maître de Conférences
OBJECTIFS DU COURS
Au terme de cet enseignement, le futur vétérinaire devra être capable
de:
 collecter et détecter d’une manière logique et structurée, les données
cliniques et paracliniques se rapportant à un cas de maladie;

 s’approprier la démarche conduisant à la détermination de


l’affection ou du processus morbide (maladie) dont souffre l’animal,
afin d’instaurer un traitement.

Ce travail, pour le Vétérinaire, concerne toutes les espèces


domestiques usuelles: CV, Bo, PR, CN, CT, LAP, PC,…

Y compris aussi les NAC (mammifères, oiseaux, batraciens,


reptiles, poissons), faune sauvage, animaux des jardins
zoologiques.
2
PLAN GENERAL DU COURS
INTRODUCTION
- Définition: sémiologie et propédeutique.
- Importance de la sémiologie et de la propédeutique.

SEMIOLOGIE GENERALE
1- Contact avec l’animal et moyens de contention.
2- Symptomatologie et langage médical
3- Anamnèse
4- Examen clinique
Examen général
Examen approfondi
5- Diagnostic et pronostic

3
SEMIOLOGIE SPECIALE
1- Habitus extérieur
2- Thermopathologie
3- Système nerveux
4- Peau et dépendances
5- Œil et dépendances
6- Oreilles et dépendances
7- Goût et odorat
8- Système locomoteur
9- Système digestif
10- Système respiratoire
11- Système circulatoire et hématologie
12- Système urinaire

4
INTRODUCTION
Définitions
 Sémiologie: étude des signes cliniques, des symptômes des maladies
(dictionnaire de la médecine)
= étude des signes mis en évidence par l’examen clinique du patient.
= partie de la médecine qui étudie les signes cliniques.
= étude de l'ensemble des signes apparents
 Propédeutique = ensemble des techniques d’examen qui permettent
de détecter les signes cliniques
Elle nécessite la connaissance de gestes précis et méthodiques,
effectués en fonction des connaissances anatomiques et
physiologiques.
Importance
BASE DE LA CLINIQUE = synthèse des études médicales qui s'occupe des
malades chez lesquels elle cherche à dépister par l'analyse, les signes de la
maladie, à rassembler et synthétiser tous les éléments permettant de poser un
diagnostic à partir duquel sera instauré un traitement rationnel
5
1ère PARTIE: SEMIOLOGIE GENERALE

6
1. Contact avec l’animal et moyens de contention
Contact avec un animal  connaître:
- son comportement
- son anatomie et sa physiologie (cv: ruade, Bo: coup de patte latéral)
 Contention:
Technique d’immobilisation de l’animal,
Permettant d’effectuer ou d’exécuter l’examen
clinique sans risques et sans accidents aussi bien
pour l’animal que pour le clinicien.
 Moyens de contention
- Physiques: manuels ou utilisation des instruments
et/ou des dispositifs particuliers
- Chimiques: utilisation des substances chimiques

7
 Moyens de contention
- Physiques
Manuels: - Bo:     

- Cv: léger coup sec sur la lèvre > ou <,


ou à l’oreille
l’on peut couvrir les yeux ou mettre une sorte
de capuchon permettant de couvrir la tête du cv
 Ceci permet de distraire l’animal pour que
l’attention soit portée ailleurs que sur le
clinicien et la zone à examiner.

8
 Moyens de contention

Manuels:
-Cv et Bo: contre les coups de patte, flexion de la patte du côté où se
trouve le clinicien.
- PR: attraper l’animal par une des pattes postérieures et saisir le cou.

Utilisation d’instruments variés:


-cv: une boucle au bout du nez tirée légèrement d’un côté permet de
distraire l’animal
-Bo: "bull holder " = anneau nasal
-Pc: corde ou paire de pinces mouchettes placée sur la mâchoire >
-Cn: muselière
-Perroquet et autres oiseaux ou animaux pouvant piquer ou mordre,
utiliser des gants en cuir

9
 Moyens de contention

Utilisation d’instruments variés:


Parfois animaux réfractaires  utilisation de moyens
spéciaux:

couloirs de contention

10
 Moyens de contention

Utilisation d’instruments variés:


 moyens spéciaux:

11
 Moyens de contention
- Physiques

12
 Moyens de contention
- Physiques

13
 Moyens de contention
- Physiques
- Chimiques: font partie des moyens spéciaux ou exceptionnels.
Utilisés lorsqu’il y a nécessité de tranquilliser l’animal pour examen

Pour cela: administration des sédatifs psychotropes(tranquillisants),


narcotiques ou d’autres drogues (contention chimique)

-Psychotropes: Acépromazine, Chlorpromazine, Acétylpromazine, etc…


-Neuroleptiques: Azapérone. Action neuroleptique chez le cv et le cn.
-Analgésiques: dérivés de la morphine (Etorphine, Fentanyl). Peuvent
provoquer une narcose profonde  nécessité d’immobilisation.
-Analgésiques non narcotiques: Xylazine. le plus souvent utilisé chez les
grands animaux et également chez le chien et le chat,
mais souvent à l’origine de vomissements !!!!

14
2. Symptomatologie et langage médical
 Symptomatologie
Symptôme = toute manifestation par laquelle les processus pathologiques (ou
états morbides) se révèlent. Couramment appelé signe.
Ex.: toux dans la bronchite; diarrhée dans l’entérite.
Syndrome: ensemble de symptômes associés dans certaines maladies.
Ex.: la fièvre est un syndrome qui associe les symptômes d’hyperthermie,
de troubles respiratoires, circulatoires et sécrétoires…
Classification des symptômes
+++ classes en fonction de +++ facteurs:
 Nature
- symptômes matériels = statiques = anatomiques: caractérisés par:
 un trouble physique (fracture)
un trouble chimique (albuminurie)
un trouble morphologique (tumeur), …
Ils forment le domaine de l’anatomie pathologique et s’observent sur le vivant ou sur le
cadavre s’ils laissent des lésions
15
 Nature
- symptômes matériels = statiques = anatomiques
-symptômes fonctionnels = dynamiques = physiologiques: caractérisés par
un trouble de la fonction qui peut être:
 augmentée (polyurie)
Diminuée (oligurie)
Pervertie (hématurie), …
Ils sont du domaine de la physiologie pathologique et ne s’observent que
sur le vivant.
 Siège
- symptômes locaux
- symptômes généraux

- symptômes locaux: altérations locales perceptibles.


Ex.: la plaie, caractérisée par ses dimensions, sa couleur, ses
sécrétions.

16
 Nature
 Siège
- symptômes locaux
- symptômes généraux: se manifestent dans tout l’organisme ou sur une
grande partie de celui-ci ou encore sur une des
grandes fonctions. Ex.: fièvre.
 Ces symptômes font défaut dans les affections légères (rhinite banale)
 Parfois associés aux symptômes locaux graves qui retentissent sur
l’organisme entier (abcès avec fièvre)
 peuvent exister seuls dans certaines maladies à évolution rapide et à
localisations difficiles à déceler (charbon)

 Ordre d’apparition
- symptômes précurseurs
- symptômes primaires
- symptômes secondaires

17
 Nature
 Siège
 Ordre d’apparition
- symptômes précurseurs = prodromiques: se présentent sous forme
d’indisposition, de symptômes vagues ou d’un syndrome banal
généralement constaté au début de nombreuses maladies.
Sont cependant insuffisants pour permettre un diagnostic  symptômes
avant – coureurs ou prémonitoires.
Ex: inappétence, dépression, inrumination, diminution de la
lactation chez la vache laitière.
- symptômes primaires = primitifs: ce sont les premiers qui peuvent
permettre une appréciation diagnostique.
Ex.: la température , la conjonctivite et la toux sont des symptômes
primaires de la maladie de Carré chez le jeune chien.
- symptômes secondaires = tardifs: surviennent vers la fin de la maladie
du fait que les lésions ont mis plus de temps à se former ou alors qu’ils
proviennent des complications
Ex.: encéphalite dans la maladie de Carré; Emphysème dans la
pneumonie du veau.

18
 Nature
 Siège
 Ordre d’apparition
 Importance
- symptômes essentiels
- symptômes principaux
- symptômes accessoires
- symptômes accidentels
- symptômes essentiels = constants: sont inséparables du trouble
existant. Ex.: fièvre dans toute infection aigue.
- symptômes principaux: dépendent du trouble principal. Occupent le 1er
rang par leur gravité et leur importance. Ex.: toux, jetage et
dyspnée dans une bronchiolite.
- symptômes accessoires = contingents: ne sont pas nécessaires. Leur
absence ne change pas l’aspect de la maladie. Leur présence peut
cependant rendre les symptômes principaux plus explicites. Ex.:
glucosurie et pica dans la rage.

19
 Nature
 Siège
 Ordre d’apparition
 Importance
- symptômes essentiels
- symptômes principaux
- symptômes accessoires
- symptômes accidentels = épiphénomènes: n’ont aucun lien avec la
maladie courante. Ils sont dus à des causes accidentelles, des
circonstances étrangères, fortuites. Ex.: fracture d’un membre
chez un chien souffrant d’une virose.
 Durée
- symptômes permanents
- symptômes passagers
- symptômes rémittents
- symptômes intermittents

20
 Nature
 Siège
 Ordre d’apparition
 Importance
 Durée

- symptômes permanents: existent pendant toute la durée de la maladie.


Ex.: fièvre dans la pneumonie franche du cheval.

- symptômes passagers = temporaires = éphémères: existent à un


moment de la maladie puis disparaissent. Ex.: fièvre au début de
la pleurésie du cheval qui disparait dès qu’il y a épanchement.

- symptômes rémittents: permanents et varient d’intensité au cours de la


maladie. Ex.: fièvre rémittente dans la suppuration.

- symptômes intermittents: existent dans certaines maladies,


disparaissent complètement et réapparaissent ensuite. Ex.: fièvre
dans la brucellose.
21
 Nature
 Siège
 Ordre d’apparition
 Importance
 Durée
 Relations avec la lésion
- symptômes idiopathiques
- symptômes sympathiques
- symptômes idiopathiques: dépendent directement de l’organe dans
lequel ils se manifestent. Ex.: l’hématémèse dans l’ulcère de
l’estomac du porc.
-symptômes sympathiques = consensuels = réflexes: dépendent d’une
lésion dans un organe différent de celui où ils se manifestent. Ex.:
vomissement hémorragique dans l’urémie leptospirienne
aigue du chien.
 Signification diagnostique
- symptômes pathognomoniques
- symptômes positifs
- symptômes négatifs

22
 Nature
 Siège
 Ordre d’apparition
 Importance
 Durée
 Relations avec la lésion
 Signification diagnostique

- symptômes pathognomoniques: imposent un diagnostic toujours le


même. Ex.: crépitation osseuse: signe pathognomonique
d’une fracture.

- symptômes positifs: ceux qui affirment une maladie. Cas de la plupart


des symptômes.

- symptômes négatifs: ceux qui excluent une maladie. Ex.: dans la


syncope, le pouls est un symptôme négatif de
la mort.

23
 Nature
 Siège
 Ordre d’apparition
 Importance
 Durée
 Relations avec la lésion
 Signification diagnostique
 Mode de perception

- symptômes subjectifs: perçus par le malade. En médecine humaine, le


malade peut les signaler au Médecin. En médecine vétérinaire,
beaucoup de ces symptômes échappent s’ils ne sont pas révélés par
certaines manifestations bien nettes comme la douleur, la soif, la
faim, la photophobie, …

- symptômes objectifs: constatés par le praticien, soit par la vue: rougeur,


tuméfaction, écoulement, marasme, obésité, …, par l’ouïe: les
bruits respiratoires; par palpation: douleur, crépitation; par
l’odorat: carie, gangrène, …

24
 Nature
 Siège
 Ordre d’apparition
 Importance
 Durée
 Relations avec la lésion
 Signification diagnostique
 Mode de perception
 Moyens de reconnaissance

- symptômes anamnestiques : constatés par l’entourage du malade et


rapportés au Praticien (Clinicien)

- symptômes actuels: constatés par le Vétérinaire au cours de l’exploration


du malade.

25
 Symptomatologie
 Langage médical
En médecine  vocabulaire spécial pour désigner les maladies et leurs
manifestations. On peut distinguer:
- une nomenclature scientifique
- des nomenclatures profanes.
- Nomenclature scientifique: elle utilise:
- des noms propres: maladie de Carré, de Johne, de Basedow, etc…
- des pays ou des localités où la maladie a été constatée pour la première
fois: maladie de Teschen, de Borna, le mal
napolitain ou français (syphilis), maladie de
Newcastle…
- les couleurs des humeurs: charbon, ou des tissus: jaunisse.
- le symptôme dominant: avortement épizootique.
- des analogies variables: cancer, choléra,…

26
 Symptomatologie
 Langage médical
- Nomenclature scientifique
- des noms propres
- des pays ou des localités
- les couleurs des humeurs
- le symptôme dominant
- des analogies variables
- le siège et la nature du mal: la plus moderne et la plus générale.
Utilise le latin ou le grec pour former les
mots, constitués en général d’un radical
qui est le nom de l’organe atteint et
d’une terminaison ou suffixe qui
spécifie la variété de lésion. On ajoute
même le pus souvent un préfixe.
 l’inflammation: suffixe ite: glossite, gastrite, entérite, bronchite,
néphrite, cystite, métrite, myocardite, phlébite, péritonite, …
27
 Symptomatologie
 Langage médical
- Nomenclature scientifique
- des noms propres
- des pays ou des localités
- les couleurs des humeurs
- le symptôme dominant
- des analogies variables
- le siège et la nature du mal
la douleur: suffixe algie ou dynie: gastralgie, névralgie, pleurodynie, …
 l’hémorragie: suffixe rhagie: entérorhagie, métrorrhagie, …
 les écoulements: suffixe rhée: otorrhée, leucorrhée, …

28
 Symptomatologie
 Langage médical
- Nomenclature scientifique
- le siège et la nature du mal
 l’inflammation
 la douleur
 l’hémorragie
 les écoulements
 les paralysies: suffixe plégie: hémiplégie, paraplégie, …
 les altérations du sang: suffixe émie: urémie, anémie,
hémoglobinémie, bactériémie, septicémie,
toxémie,…
 les altérations urinaires: suffixe urie: polyurie, oligurie, albuminurie
pyurie, acétonurie, …

29
 Symptomatologie
 Langage médical
- Nomenclature scientifique
- le siège et la nature du mal
 l’inflammation
 la douleur
 l’hémorragie
 les écoulements
 les paralysies
 les altérations du sang
 les altérations urinaires
 les syndromes généraux: suffixe pathie: gastropathie, cardiopathie.
Ou le suffixe ose: néphrose, névrose, encéphalose.
Ou le suffixe ase: lithiase, helminthiase, otocariase, …
Suffixe ome réservé à l’oncologie: sarcome, fibrome, carcinome, …

30
 Symptomatologie
 Langage médical
- Nomenclature scientifique
Elle peut préciser le trouble ou l’altération pathologique: gastrite
hémorragique, néphrite purulente, cystite calculeuse, endocardite
rhumatismale, …
- Nomenclatures profanes
varient à l’infini suivant les contrées, les localités. Le Clinicien établi
dans une localité aura intérêt à connaître ce langage, puisqu’il base en
partie son diagnostic sur les renseignements qui lui sont fournis par le
propriétaire de l’animal.

31
2. Symptomatologie et langage médical
3. Anamnèse ou commémoratifs
= Histoire de la maladie :
Ensemble des renseignements fournis par le propriétaire au cours de son
interrogatoire sur les circonstances qui ont précédées la maladie et son
début chez l’animal.
Les éléments obtenus sont dits anamnestiques ou commémoratifs.
Doivent cependant être contrôlés par l’examen objectif du malade!!!

Ecouter: avec patience, neutralité et discernement -


Deux moyens possibilité de renseignements incomplets, erronés
et même mensongers!!!
essentiels
Interroger: peut être le meilleur moyen!!_ Traiter le propriétaire
avec diplomatie et tact
Interrogatoire court, précis, en termes simples. Proscrire les
termes classiques pour le praticien. Ex.: défécation, miction,
asthénie, ….

32
L’interrogatoire: étape-clé dans l’établissement de la relation
propriétaire-Vétérinaire. Il vise:
- l’identification du malade: espèce, race, âge, sexe (signalement de
l’animal), caractère, utilisation, alimentation, logement
(environnement de l’animal), antécédents pathologiques et même
héréditaires
- le motif de la consultation
- les circonstances et la date du début de la maladie en visant
notamment l’étiologie probable, les possibilités de contagion (y-a-
t-il eu transport, déplacement, achat, contact direct ou indirect
avec un animal malade); début lent ou subit?
- les symptômes présentés et leur évolution jusqu’au moment de la
consultation; la maladie a-t-elle progressée ou est restée
stationnaire?
- le traitement éventuel: l’animal a-t-il été traité? Quel TT? Quels
résultats?

33
4. Examen clinique
= examen objectif du malade. Doit être complet. Il comporte:
- l’examen général ou superficiel = vue d’ensemble
- l’examen approfondi ou détaillé (des divers appareils et régions)
Examen général
 Commence par une observation à distance de l’animal en même temps
que se fait le recueil des commémoratifs
- à distance: d’un coup d’œil rapide, le Vétérinaire pourra déterminer:
l’aspect extérieur, le faciès, l’attitude, le tempérament, le poids,
l’état de nutrition (embonpoint), la taille, …
couleur de la crête, état des plumes, de l’œil chez les oiseaux.

 Puis on se rapproche de l’animal pour la prise des paramètres quantitatifs


- rapproché: il s’agit de déterminer l’état de quelques grandes fonctions:
thermorégulation (prise de température = 1ère intention), circulation
centrale (prise du pouls), circulation périphérique (couleur des muqueuses:
oculaire, buccale, vulvaire, préputiale), fonctionnement du cœur (fréquence
cardiaque), la respiration (fréquence et type de respiration)
34
Examen général
- à distance
- rapproché

 Muqueuses: peuvent présenter des décolorations:


-blanches, pâles  circulation périphérique, anémie
-rougeâtres  congestion
-jaunes  ictère

 Pli de peau: état ou non de déshydratation extracellulaire de


l’animal. Un pli de peau persistant et un œil enfoncé
sont le signe d’une déshydratation plus ou moins
marquée selon l’importance de ces signes

 Exploration de la température périphérique en tâtant les oreilles,


les cornes, le mufle, le groin, la truffe.

 Exploration des principaux réflexes : pincement du garrot


(bovins); du rein (cheval)
35
Examen général
- à distance
- rapproché

Prise du pouls: artère fémorale


36
Examen général
- à distance
- rapproché

Rythme respiratoire par palpation de la région


costale ventrale

37
Examen général
Examen approfondi = Systématique ou détaillé
= examen appareil par appareil.

Le clinicien fera appel à ses connaissances anatomiques, physiologiques et


pathologiques.
Il devra opérer calmement, avec soin et manipuler les patients avec douceur,
fermeté et prudence, en prenant toutes les précautions pour éviter des
accidents pour lui-même, pour l’animal et pour ceux qui l’aident et
l’entourent.

Ex.: app. digestif:


appréciation de l’ensemble des viscères intra-abdominaux.
Examiner les autres appareils (respiratoire, cardio-vasculaire, génital, urinaire,
tégumentaire, …) et spécialement l’appareil présumé siège de la maladie déterminé
lors de l’anamnèse (faim, soif, défécation,…) ou au cours de l’inspection.
Mais examen obligatoire de tous les autres appareils.

38
L’examen d’un appareil comprend les étapes suivantes:
- inspection
- palpation
- pression
- percussion (pour les organes cavitaires)
- auscultation
- succussion
- mobilisation (appareil locomoteur)
- examens complémentaires

Inspection
=exploration par la vue. Permet de constater l’absence ou la présence d’un élément.
Permet de noter des modifications macroscopiques et un
dysfonctionnement de l'appareil atteint
Le sujet est examiné soit au repos (anatomique), soit en mouvement (fonctionnel):
cas des boiteries, de l’exploration du cœur , de l’appareil respiratoire, …
L’efficacité de l’inspection varie avec le degré d’entraînement l'animal et du
praticien.

39
Inspection

Etat de dénutrition
chez une vache locale
40
Inspection

41
Inspection

42
Inspection

43
Inspection

44
Inspection
Palpation et pression
= exploration par le toucher.
Technique permettant de mettre en évidence une tuméfaction, une
déformation, une zone de chaleur, une anomalie de consistance... ainsi que
l'existence d'une éventuelle sensibilité à la pression
Palpation: application méthodique et légère de la main ou des doigts sur une partie
du corps accessible.
Pression: palpation énergique.

Toucher: mode de palpation destiné aux organes contenus dans des cavités
naturelles (rectum, vagin, bouche, cavités nasales) ou artificielles
(fistules) donnant accès aux doigts ou à la main.
Ex.: toucher rectal= fouiller rectal chez les grands animaux.
Technique d’exécution: la palpation doit être méthodique et menée avec douceur
(main de velours) pour ne pas perturber l’animal, ce qui
aboutirait à des réponses erronées.
La palpation doit commencer préférentiellement par les
r égions saines, puis progressivement intéresser les régions
suspectes ou malades.
45
Inspection
Palpation et pression
Technique d’exécution:
Peut être pratiquée avec un ou plusieurs doigts, une ou deux mains ou alors avec le
poing fermé

46
Inspection
Palpation et pression
Technique d’exécution:
Lors des opérations de palpation, de pression, de fouiller ou du toucher, la
connaissance parfaite de la topographie, de la forme, des dimensions, des rapports
des organes à l’état sain peut remplacer la vue jusqu’à un certain niveau pour
dépister les anomalies de situation, de forme, de rapports et de nombre de divers
organes.
Renseignements fournis par la palpation et la pression:

La température: perception des augmentations de T° locale (inflammation,


congestion active, …) ou générale (fièvre) et aussi des baisses de T° locale
(congestion passive, œdème, gangrène, …), ou alors générales (hypothermie).

L’état de consistance:
dure, peut indiquer un corps solide (ex. consistance pierreuse  calcul;
consistance ligneuse  tumeur)
Molle: présence d’un tissu mou ou d’un liquide (sang, exsudat, transsudat)

47
Inspection
Palpation et pression
Renseignements fournis par la palpation et la pression:
La température:
L’état de consistance:
dure,
Molle: cas de l’œdème: sous la pression du doigt, le liquide fuit doucement,
puis revient lentement occuper sa position initiale, de sorte que
l’empreinte digitale persiste un certain temps comme si elle avait été
faite dans une pâte ou dans de la cire molle (signe du godet)

La mobilité:
normale entre la peau et les muscles, la peau et un groupe ganglionnaire,
une glande et les tissus environnants.
Anormale: luxation, fracture, diminution des mouvements(ankylose,
contracture, rétraction).

La crépitation: grincement particulier perçu ou entendu qui se produit dans une


région du corps. Au niveau d’un os  fracture; articulation 
arthrite; dans une cavité  calculose.
48
Inspection
Palpation et pression
Renseignements fournis par la palpation et la pression:
La température:
L’état de consistance:
La mobilité
La crépitation:
L’état pulsatile: la palpation peut permettre de prendre le pouls dans certaines
parties superficielles ou explorables par le fouiller rectal.
Elle peut aussi permettre de différencier l’état congestif de
l’hémorragie. En cas de congestion active, il y a disparition de la
rougeur sous la pression du doigt, alors que la coloration ne change
pas en cas d’hémorragie.
La douleur: revêt toute l’importance de la palpation du fait que l’animal est dénué
de parole et par conséquent n’extériorise pas toujours la douleur de
façon visible. Il faudrait donc la provoquer et observer les réflexes de
défense.

49
Inspection
Palpation et pression
Renseignements fournis par la palpation et la pression:
La température:
L’état de consistance:
La mobilité
La crépitation:
L’état pulsatile
*Mensuration: destinée à apprécier les dimensions, le poids, la capacité , … de
certains phénomènes pathologiques. En clinique, on utilise généralement la
mensuration approximative en comparaison avec des objets de dimensions connues.
Ex.: trajet de la longueur d’un doigt; tumeur du volume d’un grain de mil, d’un pois
ou d’un œuf de poule, de la tête d’un enfant; dépilation de la dimension d’une pièce
de 100 francs, …

50
L’examen d’un appareil
Inspection
Palpation et pression
Percussion
Il s’agit de frapper plus ou moins fortement les parties à examiner de manière que
leur ébranlement produise des vibrations susceptibles de renseigner sur leur
sonorité, leur résistance et leur sensibilité.
Elle nécessite un long apprentissage clinique.
Elle est interdigitale ou instrumentale.
Dans la percussion de la cage thoracique par exemple, procéder par bandes
verticales d’abord, puis horizontales;
Les mouvements de choc doivent être égaux et réguliers dans
leur force et leur fréquence.
Doit se faire dans un environnement silencieux et de préférence
dans un local pas trop spacieux.
La percussion interdigitée est surtout conseillée chez les petits
animaux.

51
L’examen d’un appareil
Inspection
Palpation et pression
Percussion

Percussion interdigitale
chez les petits animaux

Percussion instrumentale
chez les grands animaux
(marteau plessimétrique) 52
L’examen d’un appareil
Inspection
Palpation et pression
Percussion
Résultats: principalement trois sons: la sonorité; la matité; la submatité.

La sonorité: lorsque les parties percutées contiennent des gaz, il se produit un son
composé d’intensité et de timbre considérables, se prolongeant pendant un certain
temps: c’est le son clair. Il peut être:
pulmonaire ou pulmonal: s’obtient en percutant le poumon normal. Il
provient de l’air alvéolaire, du tissu pulmonaire très élastique et de la cage
thoracique qui vibrent simultanément. Ces vibrations sont de longue durée.
Tympanique: lorsque les vibrations sont de courte durée. Peut être aigu ou
grave selon les dimensions de l’organe percuté.

La matité: lorsque les parties percutées sont privées d’air comme les solides et les
liquides, on obtient un son mat qui est sans timbre, sans résonnance et de courte
durée. Il est comme étouffé et s’éteint si tôt produit. Il est parfois qualifié de son
fémoral parce que ressemblant à celui produit en percutant les grosses masses
musculaires entourant le fémur = matité absolue.
53
L’examen d’un appareil
Inspection
Palpation et pression
Percussion
Résultats
La sonorité
La matité:
- constatée normalement au niveau du foie, du cœur chez certains
animaux, mais surtout au niveau des grosses masses musculaires.
- constatée d’une manière anormale dans certains organes qui
habituellement contiennent de l’air et qui n’en contiennent plus.
C’est le cas lors d’induration pulmonaire, d’épanchement cavitaire
(pleural, péricardique, péritonéal), de réplétion d’un sinus,…
La percussion ne permet pas de déceler les matités profondes.

54
L’examen d’un appareil
Inspection
Palpation et pression
Percussion
Résultats
La sonorité
La matité
La submatité:
Son intermédiaire entre la sonorité et la matité. Résulte:
- parfois de l’épaisseur plus grande du tissu recouvrant l’organe sonore
- de la pauvreté de la région examinée en gaz
- de la raréfaction des gaz dans une partie normalement sonore.
On peut déceler la submatité dans les cas suivants:
- poumon normal avec cavité thoracique épaisse;
- bords des poumons (normalement);
- induration partielle du tissu pulmonaire (bronchopneumonie, pneumonie
lobulaire, nodule tumoraux ou divers tubercules…)

55
L’examen d’un appareil
Inspection
Palpation et pression
Percussion
Résultats
La sonorité
La matité
La submatité

La percussion modérée des régions saines ne provoque aucune douleur.


Cependant lors d’état pathologique  manifestation de douleur  état
pathologique sous-jacent comme lors de pleurésie, péritonite, fractures des côtes, …
L’animal peut manifester la douleur en se retirant, en poussant des plaintes ou des
cris, ou alors en se défendant.
Dans certains cas, la percussion peut provoquer le réflexe de toux (lors de pleurésie
ou en début de bronchite)
La percussion peut être appliquée à tous les organes, mais en particulier la poitrine,
l’abdomen, les sinus, les sabots, les ligaments, les os, le cerveau, …

56
L’examen d’un appareil
Inspection
Palpation et pression
Percussion
Auscultation
= exploration par l’oreille pour recueillir des bruits produits chez un animal par
certains organes afin de déceler d’éventuelles altérations pathologiques.
Elle peut être médiate ou immédiate.

Immédiate: application directe de l’oreille sur la partie à ausculter ou avec


interposition d’une serviette par mesure d’hygiène. Elle donne très peu de résultats
du fait du bruit des poils et de la position inconfortable du praticien.

Médiate: utilise le stéthoscope. Peut intéresser tous les organes, mais en


particulier: l’appareil respiratoire, l’appareil circulatoire et accessoirement les
organes digestifs et locomoteurs, …
Les bruits perçus sont normaux et anormaux (cf sémiologie systématique).
L’auscultation peut aussi se faire à distance; bruits d’intensité suffisante, cris,
borborygmes, respiration bruyante, …

57
L’examen d’un appareil
Inspection
Palpation et pression
Percussion
Auscultation

Auscultation du rumen

58
L’examen d’un appareil
Inspection
Palpation et pression
Percussion
Auscultation
Succussion
Consiste à imprimer à une partie du corps des secousses brusques ou assez fortes.
Réservée exclusivement à l’exploration de l’abdomen.
Permet de mettre en évidence:

-des bruits de glou-glou ou de clapotement traduisant la présence d’un liquide


(entérite paratuberculeuse, colibacillose intestinale du veau);

-une sensation de déplacement d’un solide ou de ballottement, consistant à


percevoir un corps qui se déplace, fuit sous la main et revient.
Par exemple: chez les grands animaux, le poing fermé déprime le ventre d’un
mouvement brusque (choc direct) puis reste appliqué sur la paroi de façon ferme,
afin de percevoir le choc en retour créé éventuellement par le fœtus ou une
tuméfaction.
-une sensation de déplacement de liquide (fluctuation large, flot ascitique)
59
L’examen d’un appareil
Inspection
Palpation et pression
Percussion
Auscultation
Succussion
Mobilisation (cf.: système locomoteur)

Examens complémentaires
Ils viennent en complément de l’observation clinique

Au terme de l’examen clinique, le Praticien peut tirer une conclusion clinique qui,
dans certains cas devrait être confortée par des examens complémentaires
(épreuves fonctionnelles, biologie clinique, imagerie médicale,
anatomopathologie,…)

60
4. Examen clinique
5. Diagnostic et Pronostic
Diagnostic = art de reconnaître (de déceler) les maladies et de les différencier entre
elles.
Divers types de diagnostic:

- symptomatique: basé sur la simple constatation des symptômes. Ex.: colique,


ictère, urémie, … peut s’avérer incomplet!!!!

-anatomique: permet de déterminer les troubles matériels ou morphologiques.


Vise à déterminer le siège exact de la lésion (réversible ou non), sa nature et ses
complications éventuelles.
Ainsi lors d’urémie, le Clinicien pensera au rein ou à la prostate et lors d’ictère il
peut explorer le foie, …
Cependant le diagnostic anatomique peut être impossible dans le cas où certains
processus pathologiques évoluent sans support organique. Ex. des coliques
fonctionnelles neuro-végétatives chez le cheval.

61
Diagnostic
- symptomatique
-anatomique
-étiologique
Détermination de la cause ou des causes de la maladie. Fait intervenir très souvent
Le laboratoire.
Par exemple, on dira que l’ictère (diagnostic symptomatique) d’origine
hépatique (diagnostic anatomique) est du à une leptospire (diagnostic
étiologique).
Ou encore, l’urémie d’origine rénale est due à un calcul du bassinet.
Ou alors que le météorisme est dû à l’hypertrophie des ganglions médiastinaux
tuberculeux.

62
Circonstances pouvant compliquer ou faciliter le diagnostic

-l’organe atteint: hypophyse, surrénales,…

-la maladie elle-même; certaines peuvent avoir une symptomatologie et une


évolution plus ou moins caractéristiques: pyomètre, tétanies,…

-le stade d’évolution de la maladie: péricardite traumatique avec ou sans œdèmes.

-la forme de la maladie: fruste, classique, aigue, subaigüe, anormale:


leptospirose.

-la présence ou l’absence de certaines manifestations ou complications pouvant


masquer plus ou moins l’affection principale.

-la connaissance ou l’ignorance de certains renseignements: antécédents


héréditaires, risque de contamination, transports,…
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Erreurs de diagnostic
Peuvent provenir: de l’ignorance, d’un examen défectueux ou des erreurs de
jugement.

-Ignorance: méconnaissance des règles fondamentales du diagnostic  fautes


lourdes. Par exemple: confusion entre ascite et gestation; entre hernie et abcès.

-Examen défectueux: peut dériver de la paresse naturelle, des mauvaises habitudes


(un vieux chien qui tousse souffre du cœur donc il faut lui administrer la digitaline),
des mauvaises méthodes et conditions d’examen.

-Erreurs de jugement: peuvent provenir des idées fixes, préconçues, à un faux


raisonnement, à une crainte de prise des responsabilités, …

Diagnostic: importance capitale!!!! Conditionne le TT et le pronostic!!!!

64
5. Diagnostic et Pronostic
Diagnostic
Pronostic
Jugement porté d’avance sur l’évolution , la durée et l’issue de la maladie.
Il s’agit d’apprécier la gravité ou la bénignité de la maladie.
En médecine vétérinaire, le pronostic est médical et économique.
« les animaux n’ont de valeur que par les services qu’ils rendent ou par l’agrément
qu’ils procurent. Leur vie est une ruine ou une charge du moment qu’ils deviennent
inutiles ou dangereux (tuberculose) »
Le pronostic peut être favorable, défavorable ou réservé.
-Favorable: lorsque la guérison peut survenir dans de bonne conditions
économiques;
-Défavorable ou fâcheux quand la maladie est reconnue comme incurable (cancer
de l’œsophage par exemple) ou lorsque l’issue fatale est presque certaine ou encore
Quand la guérison ne peut survenir que dans des conditions économiques trop
onéreuses (fracture d’un membre chez le cheval, gale démodectique chez le chien)

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Diagnostic
Pronostic
-Favorable
-Défavorable
-Réservé ou douteux: lorsque les éléments recueillis sont trop vagues ou
insuffisants pour une appréciation ferme.

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