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LMDI_explication

La méthode LMDI (Logarithmic Mean Divisia Index) est une technique de décomposition d'index qui permet d'analyser l'évolution d'une grandeur globale en isolant la contribution de chaque facteur. Elle se distingue par sa capacité à fournir une décomposition parfaite sans résidu inexpliqué, et peut être exprimée sous forme additive ou multiplicative. La méthode est adaptable à divers domaines et utilise la moyenne logarithmique pour garantir une attribution précise des variations observées.

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La méthode LMDI (Logarithmic Mean Divisia Index) est une technique de décomposition d'index qui permet d'analyser l'évolution d'une grandeur globale en isolant la contribution de chaque facteur. Elle se distingue par sa capacité à fournir une décomposition parfaite sans résidu inexpliqué, et peut être exprimée sous forme additive ou multiplicative. La méthode est adaptable à divers domaines et utilise la moyenne logarithmique pour garantir une attribution précise des variations observées.

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La méthode LMDI (Logarithmic Mean Divisia Index)

Principe, logique, avantages et formulations mathématiques

Qu’est-ce que la LMDI ?


La LMDI, pour Logarithmic Mean Divisia Index, est une méthode de décomposition
d’index. Une méthode de décomposition d’index sert à répondre à une question simple
en apparence mais souvent complexe à traiter : lorsqu’une grandeur globale évolue
dans le temps, quelle part de cette évolution revient à chacun des facteurs qui la
composent ?
Elle appartient à la famille des méthodes dites de Divisia, aux côtés de l’AMDI. Cette
famille se distingue d’une autre famille de méthodes, dites basées sur Laspeyres
(Laspeyres, Paasche, Fisher modifié, Shapley/Sun), par la façon dont elle pondère
les contributions de chaque catégorie dans le calcul.

La logique de la décomposition
L’idée de départ est la suivante. On observe une grandeur globale 𝑉 , qui résulte de la
somme de plusieurs catégories 𝑖 (des secteurs économiques, des zones géographiques,
des types de consommateurs, etc.) :

𝑉 = ∑ 𝑉𝑖
𝑖

Chaque valeur de catégorie 𝑉𝑖 est elle-même le produit de plusieurs variables explica-


tives :

𝑉𝑖 = 𝑥1,𝑖 𝑥2,𝑖 … 𝑥𝑛,𝑖

Concrètement, cela veut dire qu’on choisit d’écrire la grandeur qui nous intéresse
comme le produit de plusieurs facteurs plus simples, propres à chaque catégorie.
C’est ce choix d’écriture qui va permettre, ensuite, d’isoler la contribution de chaque
facteur à la variation totale.
Prenons l’exemple de l’énergie, traité dans le document source. La consommation
totale d’énergie 𝐸 se décompose ainsi :

1
𝑄𝑖 𝐸𝑖
𝐸 = ∑ 𝐸𝑖 = ∑ 𝑄 = ∑ 𝑄 𝑆𝑖 𝐼𝑖
𝑖 𝑖
𝑄 𝑄𝑖 𝑖

où :
• 𝐸 est la consommation totale d’énergie ;
• 𝑄 est le niveau total de l’activité (par exemple le PIB) ;
• 𝐸𝑖 est la consommation d’énergie du secteur 𝑖 ;
• 𝑄𝑖 est le niveau d’activité du secteur 𝑖 ;
• 𝑆𝑖 = 𝑄𝑖 /𝑄 est la part d’activité du secteur 𝑖 dans l’activité totale ;
• 𝐼𝑖 = 𝐸𝑖 /𝑄𝑖 est l’intensité énergétique du secteur 𝑖, c’est-à-dire l’énergie con-
sommée par unité d’activité produite.
L’écriture 𝐸 = ∑𝑖 𝑄 𝑆𝑖 𝐼𝑖 n’apporte rien de nouveau en soi : c’est une identité mathé-
matique, toujours vraie. Sa seule utilité est de faire apparaître, pour chaque secteur,
trois facteurs distincts (l’activité globale, la structure, l’intensité) dont on va ensuite
pouvoir mesurer séparément l’effet sur la variation de 𝐸 .

Ce que la décomposition permet de faire


Une fois cette écriture posée, l’objectif de la LMDI est double :
Identifier les paramètres qui influencent la variation d’une grandeur. Dans l’exemple
de l’énergie, on cherche à savoir si la hausse de 𝐸 vient plutôt d’une économie qui
produit davantage, d’un déplacement de l’activité vers des secteurs plus ou moins
énergivores, ou d’une amélioration ou dégradation de l’efficacité énergétique.
Quantifier et expliquer les effets de ces paramètres. Il ne suffit pas de dire qu’un
facteur joue un rôle : la LMDI donne une valeur numérique précise à la contribution
de chaque facteur, de sorte que la somme (ou le produit) de ces contributions redonne
exactement la variation totale observée.
Dans le cas de l’énergie, la variation totale Δ𝐸𝑡𝑜𝑡 se décompose ainsi en trois effets :
L’effet d’activité Δ𝐸𝑎𝑐𝑡 correspond à la variation associée à la variation du niveau
d’activité global. C’est la part de la hausse (ou de la baisse) de consommation qui
s’explique simplement par le fait que l’économie produit plus ou moins.
L’effet de structure Δ𝐸𝑠𝑡𝑟 correspond à la variation associée à une modification de
la composition de l’activité par sous-catégorie. C’est la part qui s’explique par le fait
que l’activité s’est déplacée vers des secteurs plus ou moins gourmands en énergie,
indépendamment de tout gain d’efficacité.
L’effet d’intensité Δ𝐸𝑖𝑛𝑡 correspond à la variation associée aux changements
d’intensité énergétique des sous-catégories. C’est la part qui s’explique par une
amélioration ou une dégradation de l’efficacité énergétique à l’intérieur de chaque
secteur.

2
Pourquoi cette méthode plutôt qu’une autre
Le document met en avant quatre avantages de la LMDI.
Elle offre une décomposition parfaite : contrairement à d’autres méthodes de décom-
position, la somme (ou le produit) des effets calculés redonne exactement la variation
totale observée, sans terme résiduel inexpliqué. C’est le point le plus important, et il
mérite qu’on s’y attarde plus loin.
Elle est d’une facilité d’interprétation raisonnable : chaque effet correspond à un
facteur économique ou physique clairement identifiable.
Elle est adaptable : le nombre de catégories et de variables n’est pas figé, la méthode
se transpose à des domaines très différents de l’énergie.
Elle est d’un usage relativement simple une fois la structure de décomposition posée :
les formules, bien que denses, s’appliquent de façon mécanique à partir des données.

Les deux formulations mathématiques


La LMDI se décline en deux variantes selon la manière dont on souhaite exprimer la
décomposition : en différence (additive) ou en rapport (multiplicative).

La décomposition additive
Dans cette version, on cherche à décomposer la variation totale, exprimée comme une
différence entre l’état final et l’état initial :

Δ𝑉𝑡𝑜𝑡 = 𝑉 𝑇 − 𝑉 0 = Δ𝑉𝑥1 + Δ𝑉𝑥2 + ⋯ + Δ𝑉𝑥𝑛

La contribution de chaque variable 𝑥𝑘 est donnée par :

𝑉𝑖𝑇 − 𝑉𝑖0 𝑥𝑇𝑘,𝑖


Δ𝑉𝑥𝑘 = ∑ ln( )
𝑖
ln 𝑉𝑖𝑇 − ln 𝑉𝑖0 𝑥0𝑘,𝑖

Dans le cas de l’énergie, cela donne concrètement les trois effets suivants :

𝐸𝑖𝑇 − 𝐸𝑖0 𝑄𝑇
Δ𝐸𝑎𝑐𝑡 =∑ ln( 0 )
𝑖
ln 𝐸𝑖𝑇 − ln 𝐸𝑖0 𝑄

𝐸𝑖𝑇 − 𝐸𝑖0 𝑆𝑖𝑇


Δ𝐸𝑠𝑡𝑟 = ∑ ln( )
𝑖
ln 𝐸𝑖𝑇 − ln 𝐸𝑖0 𝑆𝑖0

𝐸𝑖𝑇 − 𝐸𝑖0 𝐼𝑖𝑇


Δ𝐸𝑖𝑛𝑡 = ∑ ln( )
𝑖
ln 𝐸𝑖𝑇 − ln 𝐸𝑖0 𝐼𝑖0

3
La décomposition multiplicative
Dans cette version, on cherche à décomposer la variation totale exprimée comme un
rapport entre l’état final et l’état initial :

𝑉𝑇
𝐷𝑡𝑜𝑡 = = 𝐷𝑥1 𝐷𝑥2 ⋯ 𝐷𝑥𝑛
𝑉0
La contribution de chaque variable 𝑥𝑘 est donnée par :

(𝑉𝑖𝑇 − 𝑉𝑖0 )/(ln 𝑉𝑖𝑇 − ln 𝑉𝑖0 ) 𝑥𝑇𝑘,𝑖


𝐷𝑥𝑘 = exp(∑ 𝑇 0 )/(ln 𝑉 𝑇 − ln 𝑉 0 )
ln( 0 ))
𝑖
(𝑉 − 𝑉 𝑥𝑘,𝑖

Et de façon équivalente pour l’énergie, avec 𝐷𝑎𝑐𝑡 , 𝐷𝑠𝑡𝑟 et 𝐷𝑖𝑛𝑡 construits sur le même
modèle.

Comprendre le cœur de la formule : la moyenne logarith-


mique pondérée
C’est le point le plus délicat du document, donc il mérite d’être détaillé.
Dans les deux formulations, on retrouve systématiquement un terme de la forme :

𝑉𝑖𝑇 − 𝑉𝑖0
𝐿(𝑉𝑖𝑇 , 𝑉𝑖0 ) =
ln 𝑉𝑖𝑇 − ln 𝑉𝑖0

Ce terme s’appelle la moyenne logarithmique de 𝑉𝑖𝑇 et 𝑉𝑖0 . Ce n’est ni une moyenne


arithmétique classique, ni une moyenne géométrique : c’est une quantité comprise
entre les deux, construite précisément pour que la décomposition tombe juste, sans
résidu.
Pour comprendre pourquoi une pondération est nécessaire, il faut revenir au prob-
lème que la LMDI cherche à résoudre. Si l’on voulait simplement répartir la variation
totale entre les facteurs de façon naïve, en calculant l’effet de chaque facteur toutes
choses égales par ailleurs, on obtiendrait une somme d’effets qui ne redonne pas ex-
actement la variation totale observée : il resterait un terme croisé, un résidu, qui ne
s’explique par aucun facteur pris isolément. C’est le défaut classique des méthodes
de décomposition plus simples, comme Laspeyres.
La moyenne logarithmique est le poids mathématique qui élimine exactement ce
résidu. Elle joue un double rôle : elle convertit une variation exprimée en loga-
rithmes (pratique pour séparer un produit de facteurs en somme de termes, grâce
aux propriétés du logarithme) en une variation exprimée dans l’unité d’origine de 𝑉𝑖 ,
et elle attribue à chaque catégorie 𝑖 un poids qui dépend de son propre poids relatif
dans la grandeur totale. Une catégorie dont la valeur a beaucoup varié, ou qui pèse

4
beaucoup dans le total, se voit accorder un poids plus important dans le calcul de
chaque effet.
C’est cette propriété technique, plus que la formule elle-même, qui explique pourquoi
la LMDI est qualifiée de décomposition parfaite : le choix de ce poids précis n’est pas
arbitraire, il est le seul qui garantisse mathématiquement que la somme des effets ad-
ditifs redonne exactement 𝑉 𝑇 −𝑉 0 , et que le produit des effets multiplicatifs redonne
exactement 𝑉 𝑇 /𝑉 0 .

Pourquoi la version multiplicative utilise un exponentiel


La version multiplicative peut surprendre par la présence d’une fonction exponen-
tielle autour de chaque terme, là où la version additive n’en a pas. La raison est
directe. Dans la version additive, l’effet d’un facteur est une différence, exprimée
dans la même unité que 𝑉 : les effets s’additionnent naturellement. Dans la version
multiplicative, l’effet d’un facteur est un facteur multiplicatif, sans unité : les effets
se multiplient. Or, l’intérieur de la formule est construit à partir d’une somme de log-
arithmes, pour les mêmes raisons de pondération que dans la version additive. Pour
repasser d’une somme de logarithmes à un produit de facteurs, il faut appliquer une
exponentielle, puisque l’exponentielle transforme une somme en produit. C’est pure-
ment une conséquence des propriétés du logarithme et de l’exponentielle, et non une
complexité supplémentaire de la méthode.

En résumé
La LMDI part d’une identité mathématique qui écrit une grandeur globale comme une
somme, sur plusieurs catégories, d’un produit de facteurs explicatifs. Elle attribue
ensuite à chaque facteur une part précise de la variation totale observée, grâce à un
poids particulier, la moyenne logarithmique, qui garantit qu’aucune part de la varia-
tion ne reste inexpliquée. Deux écritures existent, selon qu’on préfère exprimer les
effets comme des différences (additive) ou comme des rapports (multiplicative), mais
elles portent la même logique. La méthode n’est pas propre à l’énergie : le choix
des facteurs et des catégories dépend uniquement du sujet étudié et des données
disponibles, ce qui la rend transposable à d’autres cas, comme celui de la consomma-
tion électrique de Madagascar qui fera l’objet du prochain travail.

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