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Naturalisme Def

Le document présente le naturalisme français, un mouvement littéraire et artistique du XIXe siècle, influencé par le positivisme et les théories scientifiques de Darwin et Taine. Il décrit le roman naturaliste, initié par les frères Goncourt et Zola, qui vise à représenter la réalité de manière déterministe, ainsi que l'impact du naturalisme sur la peinture et la société de l'époque. Zola, en tant que figure centrale, explore les dynamiques sociales à travers son cycle des Rougon-Macquart, illustrant les luttes de classes et les déterminismes héréditaires.

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Le document présente le naturalisme français, un mouvement littéraire et artistique du XIXe siècle, influencé par le positivisme et les théories scientifiques de Darwin et Taine. Il décrit le roman naturaliste, initié par les frères Goncourt et Zola, qui vise à représenter la réalité de manière déterministe, ainsi que l'impact du naturalisme sur la peinture et la société de l'époque. Zola, en tant que figure centrale, explore les dynamiques sociales à travers son cycle des Rougon-Macquart, illustrant les luttes de classes et les déterminismes héréditaires.

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FASSONE FRANCESCO

NATURALISME
FRANÇAIS
Année scolaire 2025-2026
Zola | Maupassant | Daudet
INTRODUCTION AU NATURALISME
LES NOUVELLES DÉCOUVERTES
Vers la fin du XIXe siècle, on assiste à un abandon progressif de la poésie et de la dimension émotionnelle du
romantisme, et à l'avènement des expérimentations réalistes, puis naturalistes. Ce mouvement découlait des
théories scientifiques et de la diffusion d'une idéologie positiviste et scientiste, d'une foi aveugle en la science. Le
terme “Positivisme ” est forgé parAuguste Comte , philosophe fondateur du mouvement. Le “stage positif” désignait
un stade de progrès à atteindre pour la société, où tout serait explicable et où la science dominerait.
Charles Darwin , biologiste anglais, publie l'un des textes scientifiques les plus importants de l'histoire, un texte
qui va bouleverser la conception de la nature, de la société et de l'histoire dans le monde entier : “De l'origine des
Espèces” oú il avance l'hypothèse que la nature et l'évolution sont déterminées par des lois naturelles innées ;
ceux qui s'adaptent réussissent, tandis que les inaptes périssent. Cette idée provoque un bouleversement général
de la communauté scientifique; personne n'y avait jamais pensé, et la théorie, bien évidemment, compte autant de
partisans que de détracteurs. Parmi ces partisans figure le psychologue français Claude Bernard , qui teste si ces
théories s'appliquent également à la société actuelle et étudie le phénomène de l'hérédité. Peu de temps après,
l'historienHippolyte Taine commence à publier des écrits où il soutient son idée de déterminisme , affirmant que la
connaissance de la race, des lieux qu'il fréquente, du milieu et de l'époque où vit un personnage permet de
déterminer entièrement sa vie. C’est sur ces bases scientifiques que naquit le naturalisme dans les arts, un
mouvement qui prétend décrire la réalité sous toutes ses facettes en utilisant une méthode scientifique et
déterministe.

LE ROMAN NATURALISTE
Les deux frères Edmond et Jules de Goncourt ont
inauguré la saison du roman naturaliste avec une
documentation
théorie en trois phases : 1 la (« Sur
quoi est écrite l’histoire ? Sur des documents », les
romans doivent être écrits comme s’ils étaient des
documents, car l’histoire est basée sur eux). 2
l'étude des mœurs et des cas (Comme l'a déjà
mentionné Balzac, les romans naturalistes doivent
se concentrer avant tout sur l'étude d'un cas, même
au détriment de l'intrigue) 3 le style artistique (le
style des descriptions est réaliste, il s'apparente à
une peinture impressionniste qui vise à décrire
l'immédiateté du moment, les petits détails, les
grandes lignes générales, les éléments
désordonnés). Outre les frères Goncourt, Émile Zola est considéré comme un pionnier du roman naturaliste. Après
avoir lu Darwin, Bernard et surtout Taine, il était convaincu du déterminisme humain : l’homme est déterminé par
son milieu et son hérédité , ce qui réduit considérablement sa marge de liberté. Pourquoi ne pas appliquer ces
théories au roman? C’est ainsi que naquit le roman naturaliste. Une fois la porte du naturalisme ouverte, certains
écrivains décidèrent de s'y engouffrer et d'écrire selon la même esthétique. Zola mit sa maison de campagne à
Médan à la disposition des jeunes artistes naturalistes, et c'est là qu'il rencontra les deux autres figures majeures
du mouvement, le normand Guy de Maupassant et le provençalAlphonse Daudet . Tous trois poursuivaient des
objectifs différents : tandis que Zola appliquait la méthode déterministe à tout, Maupassant croyait davantage à la

1 LE NATURALISME
perversité humaine qu'au déterminisme, et encore Daudet, qui critique les différents milieux sociaux avec humour
et ironie.

LA PEINTURE NATURALISTE
La peinture et le vernis ont également joué un rôle important dans l'expérience naturaliste. Des peintres tels que
Millet, Courbet, Daumier et Édouard Manet , précurseur des impressionnistes et grand ami de Zola, peignaient selon
les principes du naturalisme. Les impressionnistes, bien que réalistes puisqu'ils peignaient directement la réalité
telle que nous la percevons, s'appuyaient moins sur l'étude et davantage sur l'impression.

LA SITUATION SOCIALE
Le réalisme, le positivisme, le
naturalisme et le scientisme se
développèrent au cœur de la révolution
industrielle
, et la société s'habitue à un
mode de fonctionnement toujours plus
efficace, plus rentable et plus rapide. Les
conditions de travail était déplorables, le
syndicalisme et le socialisme
émergèrent pour défendre les droits des
travailleurs. Les syndicats jouaient un
rôle non seulement politique, mais aussi
de défense des travailleurs. Marx publie
ses œuvres, notamment Le Capital,
coécrit avec Engels et traduit
directement en français, et le terme prolétariat est créé, désignant ceux qui ne possédaient rien d'autre que leurs
prole
fils (la ). On commence à parler de lutte des classes et de révolution violente. De nombreux utopistes , tels
que Claude-Henri de Saint-Simon, Joseph Proudhon , François-Noël Babeuf et Charles Fourier, se mirent à écrire en
France, exposant différentes formes de socialisme et s'inspirant des idéologies de la Commune, de Rousseau et de
la gauche hégélienne.

2 LE NATURALISME
VIE ET ŒUVRES
ÉMILE ZOLA
Émile Édouard Charles Antoine Zola est né à Paris en 1840, il est
considéré comme le chef de file du roman naturaliste et compte
parmi les écrivains français les plus lus et traduits au monde.
Enfant, en raison du travail de son père comme architecte de
l'état, il déménage avec sa famille à Aix-en-Provence . À l'école, il
fait la connaissance du scientifique Jean-Baptiste Baille et du
peintre postimpressionniste Paul Cézanne , qui lui transmirent
tous deux leur amour pour la science et la peinture. Dès son plus
jeune âge, il développe également un intérêt pour la littérature, et
il était habile à tel point qu'à 15 ans, il écrit un premier roman sur
les croisades, Émile quitte Aix et retourne à Paris, où il poursuit
ses études. Il mène une vie de bohème, rencontre de nombreux
intellectuels, se lie d'amitié avec Édouard Manet et Stéphane
Mallarmé, et rend visite à Camille Pissarro, Auguste Renoir et
Alfred Sisley en compagnie de Cé[Link] trouve du travail comme
journaliste , écrivant pour La Cloche et Le Figaro, et rédigeant des
articles s'opposant à Napoléon III. Quant à la littérature, grâce à
ses voyages journalistiques, il a rencontré les frères Goncourt,
Gustave Flaubert,Alphonse Daudet, Guy de Maupassant et
Joris-Karl Huysmans. Zola publie son premier roman naturaliste,
La Fortune des Rougon , puis L'Assommoir, qui a un succès sans précédent, et grâce à cela il continue à travailler
sur le cycle des Rougon-Macquart. Durant cette période, il s'est consacré à la rédaction d'articles sur l'affaire
Dreyfus, notamment son célèbre J'accuse. Durant ses dernières années, il entreprit la rédaction d'un nouveau
cycle, Les Quatre Évangiles, dont seuls deux furent publiés. En 1902, Zola et sa femme furent étouffés
par des
opposants politiques à travers une cheminée obstruée.

LES ROUGON-MACQUART
Cet immense cycle de vingt romans , tous consacrés à une seule famille, repose sur les théories du déterminisme
de Taine. Ces deux branches d'une même famille mettent en scène des personnages issus de tous les milieux et
de toutes les classes sociales. Tout commence avec Adélaïde Fouque, la tante Dide, qui épouse le simple mais
honnête villageois Rougon (le nom n'est jamais mentionné), tout en entretenant une liaison avec le contrebandier
alcoolique Jean Macquart. Ainsi, on distingue une branche légitime et une branche illégitime de la famille. La
branche Rougon se caractérise par l'honnêteté et, surtout, par l'ambition , transmise à tous ses membres comme
une caractéristique génétique (un élément déterministe lié à l'hérédité darwinienne évoquée précédemment). À
l'inverse, la branche bâtarde Macquart hérite de l'alcoolisme
. Enfin, les deux branches héritent de la folie de la
tante Dide, atteinte d'une Tare que Zola nomme faileur originelle. Zola avait reconstitué, selon un tableau de
Punnett, l'équilibre entre les trois personnages, comme s'il s'agissait de génies, en évaluant la part de folie,
d'ambition et d'alcoolisme de chacun. Pour Zola, la société se divise en quatre milieux : le peuple, la bourgeoisie, les
marchands et le grand monde, et un monde à part qui comprend le clergé et les artistes. L'auteur, à l'instar d'un bon
journaliste, documente de première main ces différentes classes sociales, des magistrats aux artistes en passant
par les mineurs et les prostitué[Link] sous-titre du cycle est Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le
Second Empire, typique de la mode naturaliste ; il prétend décrire une famille entière, sous l'empire de Napoléon III,

3 LE NATURALISME
depuis son coup d'État jusqu'à la défaite de Sedan. Il a pour ambition de peindre une fresque magistrale de la
société française de l'époque. Naturellement, la différence de milieux s'accompagne de différences linguistiques:
jargons, patois, mots vulgaires et provinciaux, ou encore termes soutenus et courtois, selon le contexte

Les 20 romans sont: (Les plus importants ont un diamant ◆, les essentiels ont une étoile ★)

1 La fortune des Rougons ◆


2 La Curée
3 Le ventre de Paris ◆
4 La conquête des Plassans
5 La faute de l'abbé Mouret
6 Son Excellence Eugène Rougon ◆
7L'Assommoir ★
8 Une page d'amour
9Nana ★
10 Pot-Bouille
11 Au bonheur des dames ◆
12 La joie de vivre
13 Germinal★
14 L'Œuvre

4 LE NATURALISME
15 La Terre
16 Le Rêve
17 La Bête humaine
18 L'argent
19 La Débâcle
20 Le Docteur Pascal ◆

Zola suggère de les lire tous dans cet ordre, ou selon l'ordre thématique qu'il privilégi : 1 6 2 18 16 4 10 11 5 8 3
12 7 14 17 13 9 15 19 et 20

LA FORTUNE DES ROUGON


C’est le roman qui inaugure le cycle, il a une
fonction “génétique” en ce sens qu’il montre la
naissance du cycle, l’histoire de fond que nous
avons déjà mentionnée ci-dessus. Les
protagonistes sont Pierre Rougon , fils légitime
d'Adélaïde et de Rougon, et son épouse, Félicité.
Pierre est obsédé par l'idée de devenir riche,
célèbre et influent. Il profite des émeutes
républicaines pour se rallier aux bonapartistes au
dernier moment et remporter la victoire, accédant
ainsi au pouvoir. L'histoire de Silvère Mouret,
membre de la famille mixte et fils d'un Macquart, se
déroule en parallèle. Il va avec les républicains et
est fusillé. C'est un roman qui porte encore une
empreinte très politique, une marque laissée par
Zola qui ne s'exerçait encore qu'au journalisme.

LE VENTRE DE PARIS
Halles
L'action se déroule aux , le principal marché
[Link] Quenu Macquart , revenu
clandestinement à Paris après avoir été exilé pour
ses convictions républicaines, est accueilli par son
demi-frère. Un conflit éclate entre les marchands
corpulents et satisfaits d'eux-mêmes et les marchands minces et idéalistes. Il finit par être arrêté. La Tare de la
Tante Dide se manifeste ici comme une incapacité baudelairienne à s'adapter.

SON EXCELLENCE EUGÈNE ROUGON


Le roman se concentre sur les plus hautes sphères du pouvoir, et plus particulièrement sur la carrière d' Eugène
Rougon qui, grâce à son habileté et à sa ruse, accède à la présidence du Conseil d'État. Au début du roman, Eugène
est en conflit avec l'empereur et doit démissionner. Son alliée et adversaire, Clorinde Balbi
, une Italienne, est à la
fois ambivalente et fataliste. Elle tombe amoureuse d'Eugène, mais il la repousse, parce que leurs fortes
personnalités seraient un frein pour tous deux. Il lui propose alors d'épouser Delestang, un homme riche mais
facilement manipulable, et se contenterait d'épouser une inconnue pour ne pas entraver leur quête commune de
pouvoir. Un coup d'État est fomenté contre l'empereur, mais aucun des deux n'y participe. Le coup d'État échoue et
Eugène est nommé ministre de l'Intérieur. Fort de son nouveau pouvoir, il favorise ses amis et punit ses ennemis.

5 LE NATURALISME
Delestang est également élu ministre de l'Agriculture. Les amis d'Eugène, de plus en plus avides de pouvoir qu'il ne
peut lui accorder, l'abandonnent peu à peu. Parallèlement, des scandales de corruption éclatent, précisément pour
cette raison. Rougon démissionne alors, mais l'empereur le réintègre comme ministre sans portefeuille
, ce qui lui
confère un pouvoir illimité sur la presse et lui permet d'écraser la résistance.

L'ASSOMMOIR ★
La protagoniste est Gervaise Macquart , une jeune blanchisseuse arrivée à Paris depuis la Provence avec son amant
Lantier et leurs deux enfants. Après avoir été abandonnée par Lantier, Gervaise tente de se racheter par le travail
Coupeau
acharné et l’honnêteté. Elle épouse , un couvreur sérieux et travailleur, et grâce à ses économies elle
parvient à réaliser son rêve d’ouvrir sa propre blanchisserie. À ce moment-là, la vie de Gervaise semble suivre une
trajectoire ascendante, marquée par une dignité bourgeoise conquise au prix de grands efforts. Cependant,
l’équilibre se brise lorsque Coupeau tombe d’un toit pendant son travail. La longue convalescence l’entraîne dans
l’oisiveté puis dans l’alcoolisme. “L’Assommoir” du titre est précisément le nom du cabaret du père Colombe, où
l’alambic devient le symbole d’un piège sans issue. La déchéance de Coupeau entraîne toute la famille dans sa
chute : les finances s’épuisent, la propreté laisse place à la saleté et Gervaise, accablée par les épreuves et par le
retour manipulateur de son ancien amant Lantier, cède à son tour au vice de l’alcool et à l’indolence. Zola utilise
une technique narrative novatrice pour l’époque, en adoptant le style indirect libre et en empruntant le lexique
argotique des ouvriers afin de plonger le lecteur dans la réalité brutale des faubourgs. Il n’y a aucune intention
moralisatrice ou sentimentale ; l’auteur applique le déterminisme scientifique pour montrer comment l’hérédité
biologique et le milieu social condamnent inexorablement l’individu. La fin est d’un pessimisme radical. Après avoir
Nana
perdu la boutique, la dignité et même l’affection de sa fille Anna, la future , qui commence sa vie de
prostituée, Gervaise meurt de faim et de misère dans un réduit sous l’escalier, seule et oubliée de tous. L’œuvre
n’est pas seulement le portrait d’une défaite individuelle, mais un acte d’accusation contre une société qui produit
l’exclusion, transformant le progrès industriel en une machine qui broie la vie des plus faibles.

NANA ★
Anna Coupeau, Nana
L'histoire est celle d' dite , qui passe de prostituée à
femme fatale. Tout au long du récit, Nana tente de racheter ses origines
modestes et de gagner le respect de la haute société. Elle acquiert une
grande popularité grâce à un spectacle où elle mise sur son physique ,
malgré son incapacité à chanter ou à danser. Nana dilapide l'argent de ses
amants et amantes, mais en réalité, elle les déteste tous ; certains se
suicident, d'autres se disputent avec leurs épouses, d'autres encore sont
arrêtés ; c'est comme si elle leur portait malheur. À la fin de l'histoire, sa
fille unique, Louisette, meurt de la variole, contaminant Nana qui succombe
également à ses blessures. Plusieurs de ses amants, par exemple
finissent mal: Philippe Hugon est emprisonné pour avoir volé dans l'armée
afin de lui prêter de l'argent, Vandoeuvres s'immole par le feu après qu'elle
l'a ruiné, Muffat est un flagorneur qui se soumet à tous ses caprices.

AU BONHEUR DES DAMES


modernes
C'est l'un des romans les plus réussis et de la série, et l'un des rares à se vendre régulièrement
Denise Baudu Macquart
individuellement. L'héroïne, , entre au service du grand magasin « Les Dames' Paradise »,
dirigé par son cousin,Octave Mouret (fils d'un Rougon et d'une Mouret). Originaire d'un milieu modeste et naïf,
Denise est désorientée par la publicité agressive et la foule. Octave, séducteur, grand capitaliste et entrepreneur,

6 LE NATURALISME
mais aussi coureur de jupons, commence à la remarquer et la forme aux ficelles du métier. Denise s'épanouit et
gagne en compétence, tout en s'efforçant de modérer les méthodes de vente et la publicité parfois agressive du
grand magasin. Finalement, Octave tombe véritablement amoureux d'elle et ils se marient. La Tare de Tante Dide se
révèle ici en Octave, névrosé , mais qui se sent chez lui dans cette société ultra-rapide, agressive et compulsive. Le
grand magasin n'est que le reflet de ses vices ; au lieu de séduire les femmes, il séduit les clients, accumulant
toujours plus de marchandises qu'il peut ensuite revendre. La névrose n'est pas nécessairement destructrice, mais
se canalise dans le commerce. Quant à l'ambition des Rougon, elle se manifeste dans les stratégies marketing de
Denise, qui devient une vendeuse habile et s'impose comme ses ancêtres ont réussi à accéder au pouvoir
politique. Il est important de noter que la marchandise est décrite avec une ambiguïté presque érotique et un style
excessivement baroque.

GERMINAL ★
C'est le livre le plus célèbre de Zola ; son
Les Affamés
titre aurait pu être “ ”, “La
Beurre-Assiette” ou“ Le Moisson rouge”.
Pour l'écrire, Zola, qui avait déjà connu la
pauvreté durant son enfance à Aix, mais
afin d'écrire avec plus de réalisme, se
descendant dans la
rendit sur le terrain,
mine et y passant des mois. Le livre est
inspiré par une grave explosion à la mine
d'Anzin, dans le nord du pays, la même
année, on aura un décret, la loi
Waldeck-Rousseau , qui autorise les
syndicats. Nombreux furent ceux qui
jugèrent indigne la méthode de travail de
Zola, cette approche quasi scientifique
de ses recherches, mais il persévéra, prenant des notes sur les aspects les plus techniques. Avec toutes ces
notes, il écrit undossier préparatoire, peut-être même trop détaillé, contenant plus du double du nombre de pages
du produit final. Ces dossiers possèdent leur propre topologie, leur propre géologie, une certitude quant à ce qu'il
voulait accomplir dans le roman. La seule hésitation, comme nous l'avons dit, concerne le titre. En consultant le
dictionnaire Larousse, il trouve le terme Germinal , qui désigne la renaissance de forces nouvelles, la germination
des fleurs, et qui est aussi un mois du calendrier révolutionnaire, correspondant au début du printemps
(précisément au moment où les fleurs germaient et où la nature renaissait).Germinal nous plonge dans l'univers
des mineurs de Merchiennes , petite ville du nord de la France. Étienne Lantier, fils de Gervaise de l'Assommoir,
arrive à la mine pour y travailler. Logé chez lesMaheu , il tombe amoureux de leur fille Catherine, fiancée à Chaval,
lui aussi mineur. Alors que l'on parle de baisser les salaires déjà misérables des mineurs, la grève éclate. Étienne
prend la tête du mouvement et la grève se poursuit. Naturellement, les grévistes ne sont pas payés et, avec leurs
maigres ressources, certains cèdent et reprennent le travail, acceptant le salaire réduit, y compris Chaval. Ceux
Du pain ! Du pain
qui restent, de plus en plus furieux, crient “ !” et détruisent tout sur leur passage. Maigrat, un
épicier, est pris dans la foule et meurt et des femmes à qui il refusait souvent de faire crédit mutilent son cadavre.
Les gendarmes arrivent et tirent sur la foule. Après ce massacre, les mineurs reprennent le travail, mais un
anarchiste, Souvarine, sabote les infrastructures. Étienne, Catherine et Chaval se retrouvent piégés dans la mine.
Les deux rivaux s'affrontent en duel ; Étienne l'emporte et tue Chaval, mais Catherine meurt. Étienne est renvoyé à
Paris. Voici un extrait de la Partie V, Chapitre 5:

7 LE NATURALISME
RÉVOLTE, OU UNE MASSE AFFAMÉE, Partie V, Ch. 5
Mme Hennebeau¹, très pâle, prise d'une colère contre ces gens qui gâtaient un de ses plaisirs, se tenait en
arrière, avec un regard oblique et répugné ; tandis que Lucie et Jeanne, malgré leur tremblement, avaient
mis un œil à une fente, désireuses de ne rien perdre du spectacle.
Le roulement de tonnerre approchait, la terre fut ébranlée, et Jeanlin galopa le premier, soufflant dans sa
corne.
– Prenez vos flacons, la sueur du peuple qui passe ! murmura Négrel, qui, malgré ses convictions
républicaines, aimait à plaisanter la canaille avec les dames.
Mais son mot spirituel fut emporté dans l'ouragan des gestes et des cris. Les femmes avaient paru, près
d'un millier de femmes, aux cheveux épars, dépeignés par la course, aux guenilles montrant la peau nue,
des nudités de femelles² lasses d'enfanter des meurt-de-faim. Quelques-unes tenaient leur petit entre les
bras, le soulevaient, l'agitaient, ainsi qu'un drapeau de deuil et de vengeance. D'autres, plus jeunes, avec
des gorges gonflées de guerrières, brandissaient des bâtons ; tandis que les vieilles, affreuses, hurlaient si
fort, que les cordes de leurs cous décharnés semblaient se rompre.
Et les hommes déboulèrent ensuite, deux mille furieux, des galibots, des haveurs, des raccommodeurs, une
masse compacte qui roulait d'un seul bloc, serrée, confondue, au point qu'on ne distinguait ni les culottes
déteintes, ni les tricots de laine en loques, effacés dans la même uniformité terreuse. Les yeux brûlaient, on
voyait seulement les trous des bouches noires, chantant la Marseillaise, dont les strophes se perdaient en
un mugissement confus, accompagné par le claquement des sabots sur la terre dure. Au-dessus des têtes,
parmi le hérissement des barres de fer, une hache passa, portée toute droite ; et cette hache unique, qui
était comme l'étendard de la bande avait, dans le ciel clair, le profil aigu d'un couperet de guillotine.
– Quels visages atroces ! balbutia Mme Hennebeau.
Négrel dit entre ses dents :
– Le diable m'emporte si j'en reconnais un seul ! D'où sortent-ils donc, ces bandits-là ?
Et, en effet, la colère, la faim, ces deux mois de souffrance et cette débandade enragée au travers des
fosses, avaient allongé en mâchoires de bêtes fauves les faces placides des houilleurs de Montsou. A ce
moment, le soleil se couchait, les derniers rayons, d'un pourpre sombre, ensanglantaient la plaine. Alors, la
route sembla charrier du sang, les femmes, les hommes continuaient à galoper, saignants comme des
bouchers en pleine tuerie.
– Oh ! superbe ! dirent à demi-voix Lucie et Jeanne, remuées dans leur goût d'artistes par cette belle
horreur.
Elles s'effrayaient pourtant, elles reculèrent près de Mme Hennebeau, qui s'était appuyée sur une auge³.
L'idée qu'il suffisait d'un regard, entre les planches de cette porte disjointe, pour qu'on les massacrât, la
glaçait. Négrel se sentait blêmir, lui aussi, très brave d'ordinaire, saisi là d'une épouvante supérieure à sa
volonté, une de ces épouvantes qui soufflent de l'inconnu. Dans le foin, Cécile ne bougeait plus. Et les
autres, malgré leur désir de détourner les yeux, ne le pouvaient pas, regardaient quand même.
■ C'était la vision rouge de la révolution qui les emporterait tous, fatalement, par une soirée sanglante de
cette fin de siècle. Oui, un soir, le peuple lâché, débridé, galoperait ainsi sur les chemins ; et il ruissellerait
du sang des bourgeois. Il promènerait des têtes, il sèmerait l'or des coffres éventrés. Les femmes
hurleraient, les hommes auraient ces mâchoires de loups, ouvertes pour mordre. Oui, ce seraient les
mêmes guenilles, le même tonnerre de gros sabots, la même cohue effroyable, de peau sale, d'haleine
empestée, balayant le vieux monde, sous leur poussée débordante de barbares. Des incendies
flamberaient, on ne laisserait pas debout une pierre des villes, on retournerait à la vie sauvage dans les bois,
après le grand rut, la grande ripaille, où les pauvres, en une nuit, efflanqueraient les femmes et videraient
les caves des riches. Il n'y aurait plus rien, plus un sou des fortunes, plus un titre des situations acquises,
jusqu'au jour où une nouvelle terre repousserait peut-être. Oui, c'étaient ces choses qui passaient sur la route,
comme une force de la nature, et ils en recevaient le vent terrible au visage.
Un grand cri s'éleva, domina la Marseillaise:
– Du pain ! du pain ! du pain !

8 LE NATURALISME
1 Mme Hennebeau est la femme du patron de la mine, elle est ici parce que elle n’avais pas rien d'autre à faire,
donc elle promene avec Négrel, le surintendent. Ils sont des bourgeoises que par hasard se retrouvent face a face
avec la masse affamée, et ils essayent de se coucher
2 la femelle est la femme des animaux
3 un petit bassin où l'on se lavait les pieds, ou les légumes (trogolo)
Dans ce passage, Zola compare la masse à un animal, elle a des mâchoires de loup, la révolte libère véritablement
la bête humaine, les bêtes sont des animaux indomptés, la foule ne peut donc pas être apprivoisée par la raison.
Le texte se divise en deux parties. Jusqu'à la ligne 30 (où apparaît le symbole ■), il décrit l'action : les
personnages, la situation et les verbes sont au présent ou au passé récent. La couleur dominante est le beige, le
brun, couleur des guérilleros délavée, mais aussi couleur de la terre, du sol qu'ils travaillent, et qui fait que tous
ceux qui la portent se confonde dans le paysage. Dans la foule, l'homme se fond dans le groupe et devient quelque
chose de plus grand que lui, comme un poisson dans un banc. De plus, pour accentuer la comparaison entre la foule
et les animaux, le pelage de ces derniers est souvent brun. Dans la seconde partie, se dégage un sentiment de
prophétie, de rêve ; les temps sont futurs, mais certains, prophétiques. La couleur dominante est le rouge, couleur
de la révolution, du sang, de la violence et de la réforme, ainsi que celle du soleil couchant.
Il existe une série de lexiques liés à la Révolution française, les masses sont comparées à ceux qui avons protesté
aux portes du roi, nous avons aussi la guillotine, la Marseillaise, etc.
Les enfants jouent un rôle central. Dès les premières lignes, on assiste à une transformation : ils l’agitent comme
un drapeau, puis cela devient un bâton, puis une hache, et enfin la lame de la guillotine. Cela symbolise la foi en
une révolution vengeresse que les nouvelles générations perpétueront.

LE DOCTEUR PASCAL
Ce roman est le dernier de la série et met en scène le docteur Pascal Rougon , fils direct de Pierre Rougon. Médecin
lui aussi, il étudie l'hérédité, à l'instar de Zola, et utilise sa famille comme sujet d'étude. Il est amoureux de sa
nièce, Clotilde. Pascal est sur le point d'achever ses recherches lorsqu'il tombe malade. Clotilde détruit toutes ses
notes à ce sujet, car elle ne veut pas que la vérité éclate. À la fin du roman, Clotilde découvre qu'elle est enceinte,
symbolisant la répétition des événements. Et avec ça on termine la saga des Rougon-Macquart.

ZOLA ET L'AFFAIRE DREYFUS


En 1894, Madame Bastian, une femme de ménage âgée
travaillant à l'ambassade d'Allemagne, découvre dans les
ordures un bordereau contenant des plans secrets français
destinés à des fonctionnaires allemands. Parmi les suspects
potentiels on a lebouc émissaire Alfred
idéal : le capitaine
Dreyfus , Juif d'origine alsacienne, et donc déjà plus proche
des Allemands de par sa naissance. Lors de son procès, il
tente de se défendre avec ses avocats, mais des dossiers
remplis de preuves (qui se révéleraient, bien plus tard, vides )
sont utilisés contre lui. Le capitaine est alors publiquement
rétrogradé, son sabre d'officier (un grand honneur pour un
capitaine) est brisé, et il estexilé sur l'île du Diable, en
Guyane française, une île déserte où il ne vivait personne
sinon lui et ses [Link] ce temps, en France, son
frère Mathieu contacte divers intellectuels pour qu'ils
examinent l'affaire et remarquent éventuellement des
éléments suspects susceptibles d'innocenter son frère

9 LE NATURALISME
Après cet événement, la France se divisa entre les dreyfusards (ceux qui étaient favorables à l'acquittement, parmi
lesquels des personnalités célèbres comme Marcel Proust, Pierre Waldeck-Rousseau, Claude Monet, Camille
Pissarro et surtout Émile Zola) et les antidreyfusards (ceux qui s'y opposent et qui considéraient la raison d'État
supérieure à la justice individuelle, parmi lesquels Jules Verne, Paul Cézanne, Edgar Degas, Auguste Renoir et
Caran d'Ache)

HISTOIRE DE L'ANTISÉMITISME
Parmi les détracteurs de Dreyfus, on trouve également des
figures antisémites qui accusent le capitaine uniquement parce
qu'il est juif, ce qui fut pourtant un facteur important dans toute
cette affaire. Historiquement, les Juifs en Europe (en particulier
les Ashkénazes , ou Juifs yiddish, dont Dreyfus est membre) ont
été persécutés pour avoir été accusés d'usure. De fait, de
nombreuses familles juives en Europe et aux États-Unis ont
amassé une fortune considérable, telles que les Rothschild , les
Rockefeller et les Warburg. L'histoire de l'antisémitisme est
longue et complexe, mais pour répondre à cette question,
proposons une définition sommaire.L'antisémitisme est
l'hostilité envers les Juifs et leurs traditions. Le terme
“sémitique” ou “sémite” signifie qu'ils parlent une langue de
Sem et désigne notamment les Arabes, les Juifs et les
Akkadiens. Les premiers préjugés sont apparus en Égypte, lors
de l'Exode en 1200 avant JC. Les Juifs, peuple nomade, étaient
traités pire que des esclaves et persécutés. Ils étaient
détestés car leur religion était particulariste , c'est-à-dire la
croyance qu'ils étaient le seul peuple élu de Dieu.
L'antisémitisme s'est répandu en Europe lorsque les Juifs,
transitant par la Grèce ou Gibraltar, sont arrivés et se sont installés, créant des quartiers (les ghettos juifs) et
perpétuant leurs traditions, très étrangères aux Européens .On dit que l'antisémitisme naît des angoisses et des
peurs engendrées par la différence. À l'époque du positivisme certains intellectuels ont appliqué les théories de
Darwin aux différentes “races humaines”, notamment Arthur de Gobineau, qui divisait l'humanité en trois races et
considérait le métissage comme un mal absolu; Houston Stewart Chamberlain , promoteur d'un racisme actif et
antisémite, croyait que les Juifs étaient le principal ennemi de la pureté aryenne (un concept qu'il reprendra plus
tard sous le régime nazi) ; et Julius Evola
, (Il s'agit de l'homme représenté dans la photo.) partisan d'un racisme
spirituel, classait systématiquement les Juifs comme rivaux de la pureté (ce qui influencera des philosophes tels
que Giovanni Gentile et même les futuristes). Ainsi naquit le premier symptôme de l'idéologie nazie et du
raciologie.

J'ACCUSE…!
Zola a joué un rôle déterminant dans l'affaire Dreyfus. Il a mené des recherches approfondies, interrogé des
personnalités importantes et enquêté minutieusement, n'hésitant pas à s'impliquer personnellement. Finalement,
après des mois d'investigation, il a publié son célèbre article, “J'accuse… !”, dans le journal radical L'Aurore
. La une
du 13 janvier 1898, avec son titre percutant qui attire immédiatement l'attention, et l'emploi d'un langage
interrogatif contribuent à maintenir un ton accusateur et direct. Dans la première partie de l'article, il accuse
unilatéralement tous ceux qui ont participé à l'affaire, en particulier ces graphologues qui avaient falsifié l'écriture
du capitaine; dans la seconde, il décrit sa démarche d'enquête, en citant précisément les recherches qu'il a

10 LE NATURALISME
menées. Il emploie une rhétorique très complexe et persuasive .Il affirme vouloir faire éclater la vérité sur cette
affaire et, pour ce faire, il recourt à l'expression “les lumières"4, empruntée à Voltaire et à son ouvrage sur l'affaire
Calas (un homme d'affaires protestant, Jean Calas, avait été accusé d'avoir tué son fils pour l'empêcher de se
convertir au catholicisme). On peut voir ainsi combien la religion a toujours servi comme prétexte pour la violence.
Finalement, grâce à Zola, l'affaire fut rouverte etle véritable instigateur fut découvert : le commandant Ferdinand
Walsin Esterhazy. La comparaison d'une de ses lettres (la petite bleue) révéla une écriture identique. Mais le
commandant avait déjà fui en Angleterre. Dreyfus fut réhabilité en 1906 et combattit même dans l'armée française
durant la Première Guerre mondiale. Malheureusement, Zola meure sans voir les fruits de ses travaux, asphyxié par
ses adversaires politiques.

11 LE NATURALISME
GUY VIEDEET ŒUVRES
MAUPASSANT
Maupassant naquit à Miromesnil, en Normandie, un lieu auquel il resta
attaché toute sa vie. Grâce à ses excellents résultats scolaires, il est
envoyé étudier à Rouen. Il y commença à fréquenter Gustav Flaubert , un
ami de la famille, et ils écrivirent ensemble des nouvelles. Après avoir
obtenu son diplôme, Maupassant part étudier à Paris. En 1870, il est
envoyé en guerre contre la Prusse, et cette expérience le marque
profondément; à son retour, il devient ministre de la Marine et amasse
une fortune considérable et il mène une vie de [Link] le présenta
à Émile Zola, et il fut frappé par ce personnage. Il assiste à toutes les
réunions de Médan et participe à la rédaction des Soirées de Médan ,
publiant son premier grand roman, “ Boule de Suif ”. Le style de
Maupassant s'inspire du réalisme et du naturalisme. D'abord, Flaubert
s'affranchit de toute étude scientifiqu ; ensuite, avec Zola, il s'intéresse
à l'actualité et s'appuie sur les notions d'hérédité et de déterminisme.
Les personnages de Maupassant sont qualifiés de ” parvenu ”, c'est-à-dire
des individus qui accèdent rapidement à une position sociale élevée,
mais qui (un peu à l'image de Maupassant, n'acquièrent ni les bonnes
manières ni l'étiquette.)
Le succès de son premier roman l'a conduit à d'autres romans célèbres, tels que “ Bel-Ami Pierre et Jean
” et “ ”, dans
lesquels il s'intéresse, d'une manière beaucoup plus pessimiste que Zola, aux personnages égoïstes, hypocrites,
stupides, cruels et sadiques.
L'un de ses romans, comme beaucoup de ses nouvelles, peut être qualifié d'horreur, tel que “ Le Horla
” où il explore
des thèmes qu'il définit lui-même, empruntés à Poe: l'obsession, le macabre et la neurasthénie, ainsi que le
problème des sosies allemands, les doppelgänger. Il écrit quelques textes en prose, Contes de Normandie et
dialecte normand
d'ailleurs, en . Il meurt à Paris en 1893.

BEL-AMI
George Duroy, sous-officier rentré en France après des années de guerre en Algérie, est sans le sou. Pourtant,
tellement habitué au luxe, il ne sait plus quoi faire. Il rencontre par hasard Charles Forestier, un de ses camarades,
qui est maintenant rédacteur en chef d'un journal célèbre, “La vie française. Il devient ainsi éditeur de journaux
politiques, notamment sur l'Algérie, où il avait séjourné. Duroy use de son charme et, pour gravir les échelons
sociaux, il courtise les femmes. Il séduit même la femme de Forestier et, à la mort de ce dernier, l'épouse.
Parallèlement, il entretient une liaison avec la femme de Walter, le rédacteur en chef du journal. Il quitte sa femme
et épouse non pas celle de Walter, mais sa fille. Il mène alors une vie paisible, riche et célèbre.

CONTES DE NORMANDIE ET D'AILLEURS


C’est un recueil de nouvelles de Guy de Maupassant qui explore principalement la vie rurale en Normandie, ses
traditions, seslégendes et ses habitants , avec un style réaliste, ironique et parfois fantastique. À travers ces
récits, Maupassant peint avec précision les passions humaines, les superstitions populaires et les contrastes
sociaux. En réalité, on ne sait pas si les légendes sont réelles ou non, ou seulement quelques-unes, la plus célèbre
est celle de Saint Michel. La langue utilisée par Maupassant n’est pas la pure langue normande , mais le français
normand, clairement dialectale, mais pas la langue de la tradition

12 LE NATURALISME
VIE ET ŒUVRES
ALPHONSE DAUDET
Alphonse Daudet est né à Nîmes en 1840 dans une famille provençale de la
bourgeoisie ouvrière. Très jeune, il monte à Paris où il commence comme
journaliste, poète et secrétaire du Duc de Morny . qui le permis d'entrer dans
les milieux littéraires parisiens lui permet de fréquenter plusieurs grandes
figures du siècle et d'écrire et publier sans coût.
Parmi ses œuvres les plus célèbres figurent “ Lettres de mon moulin ” et
Tartarin de Tarascon
“ ”
Daudet a des relations étroites avec Émile Zola, qu’il fréquente dans les
célèbres cercles littéraires réunissant également Gustave Flaubert et les
frères Goncourt. Bien qu’associé au naturalisme, Daudet resta plus
sentimental et impressionniste que Zola.
L’influence provençale fut essentielle dans son œuvre, notamment après sa
rencontre avec Frédéric Mistral , figure majeure de la renaissance littéraire
provençale. Ses textes recréent une Provence idéalisée, chantante et
populaire. Il meurt à Paris en 1897, à l’âge de 57 ans, après de longues
années de souffrance causées principalement par la syphilis

LETTRES DE MON MOULIN


C’est une œuvre de célébration vers la Provence, il s’agit d’un recueil de courtes histoires situées surtout en
Provence. Le narrateur, une troubadour (un poète et musicien provençal du Moyen Âge, souvent accompagné
d’instruments comme le luth) installé dans un ancien moulin, raconte des scènes de la vie rurale et des anecdotes
tantôt comiques, tantôt tragiques. Certains de ces récits sont repris directement des contes provençaux des
troubadours, tandis que d’autres sont inventés par Daudet lui-même.

LE SÒLEVE CHANTANTE

La lune s’était levée derrière les pins maigres, et sa lumière froide coulait entre les branches comme une eau pâle.
Le bûcheron avançait sans bruit, les épaules tendues, l'hache serrée contre sa main calleuse. Il avait le souffle
court, non de fatigue, mais de cette peur confuse que donnent les forêts quand elles semblent respirer.​
Le chant se fit plus net.​
Ce n’était plus un simple murmure de vent ni le cri d’un oiseau nocturne. C’était une voix humaine, jeune, claire,
d’une pureté étrange qui déchirait le silence comme une étoffe trop fine. Il s’arrêta net, le cœur battant.

— Le Sòleve¹… pense-t-il… Oùpeye²…

Et, dans un élan brusque, presque furieux, il se glissa entre les fourrés, brisant des rameaux secs, jusqu’à une
clairière étroite où l’herbe semblait plus claire sous la lune.​
Là, il leva sa hache​
Mais le geste demeura suspendu.​
Au centre de la clairière, une jeune fille était assise sur une pierre blanche. Elle chantait, la tête légèrement
renversée, les mains posées sur ses genoux comme si elle eût oublié le monde entier. Sa robe sombre absorbait la
lumière, mais son visage, lui, paraissait éclairé de l’intérieur, comme si la lune s’y était réfugiée.​
À ses pieds, un manteau brodé, des gants fins, et, contre un tronc, un cheval sellé attendait, immobile.​
Le bûcheron recula d’un pas. Une branche craqua sous sa botte.

13 LE NATURALISME
Le chant s’interrompit.​
La jeune fille tourna lentement la tête vers lui. Ses yeux ne contenaient ni peur ni colère, seulement une surprise
douce, presque amusée.

— Qui êtes-vous ? dit-elle simplement.

Il ne répondit pas. L’hache lui échappa des mains et tomba dans l’herbe avec un bruit sourd.​
Alors seulement il reconnut, dans ce calme et cette dignité tranquille, les armoiries cousues au manteau, et la
haute naissance qu’il avait osé troubler.​
La fille du Seigneur de Baux³ se leva, épousseta sa robe, et regarda autour d’elle la forêt comme si elle en était
l’hôte légitime.

— O sénher… j’avais cru ce lieu désert… ajouta-t-elle d’une voix basse.

1 Le Sòleve est une espèce de fée dans la tradition provençal médiévale, ça démontre la recherche precise de
Daudet​
2 Une exclamation comme “O Dieu”, Accidenti​
3 Les Baux (Les Baux-de-Provence) sont une puissante famille féodale de la Provence médiévale. Le Seigneur de
Baux était donc une figure récurrente dans la littérature provençale pour désigner un seigneur local, un petit duc à
la foi religieuse et à la dignité douteuse.

14 LE NATURALISME

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