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Influence+Rendement+Compost1 (1)

Cette étude évalue l'impact de trois doses de compost à partir de déchets ménagers sur le rendement en graines de haricot nain à Butembo, en utilisant un dispositif expérimental en blocs aléatoires. Les résultats montrent des rendements significativement différents selon les traitements, avec des rendements maximaux atteignant 1254,4 kg/ha pour les parcelles enrichies. Cependant, l'efficacité agronomique relative des doses de compost reste inférieure au seuil requis pour être considérée comme efficace.

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Influence+Rendement+Compost1 (1)

Cette étude évalue l'impact de trois doses de compost à partir de déchets ménagers sur le rendement en graines de haricot nain à Butembo, en utilisant un dispositif expérimental en blocs aléatoires. Les résultats montrent des rendements significativement différents selon les traitements, avec des rendements maximaux atteignant 1254,4 kg/ha pour les parcelles enrichies. Cependant, l'efficacité agronomique relative des doses de compost reste inférieure au seuil requis pour être considérée comme efficace.

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Université Catholique du Graben Numéro 22, mai 2023, pp.

143-168
Centre de Recherches Interdisciplinaires du Graben [Link]
Promotion de la matière organique du sol, N° du dépôt légal : 11108–2002–38
Environnement et Économie © 2023, PUG – CRIG

Étude de l’influence du compost issu des déchets ménagers


sur le rendement en graines de haricot (Phaseolus vulgaris
L) en Ville de Butembo
Kambere Siviri Lwanga1, Gilbert Paluku Mutiviti2, Emmanuel Kakule
Vyakuno3, Charles Kambale Valimunzigha4

Résumé
L’objectif de cette étude était d’évaluer les effets de trois doses de
compost issu des déchets ménagers en Ville de Butembo sur le rendement en
graines du haricot nain. Ainsi, quatre essais ont été installés dans quatre
sites (Horizon, ITAV, ULPGL et Wayene) suivant un dispositif expérimental
en trois blocs aléatoires complets. T0 : parcelles témoins non enrichies, T1 =
parcelles enrichies avec 10 t de compost /ha, T2 = parcelles enrichies avec
15 t de compost /ha, T3 = parcelles enrichies avec 20 t de compost/ha et T4
= parcelles enrichies avec 400 kg de NPK 15-15-15/ha. Les données ont été
analysées d’abord au niveau de chaque site en recourant à l’analyse de la
variance à deux facteurs de classification, modèle croisé mixte et en second
lieu, en compilant les données de quatre sites, ces derniers considérés comme
source de variation, nous avons réalisé une analyse de la variance à trois
facteurs de classification modèle hiérarchisé du type IV. Ces analyses
statistiques ont été complétées par l’estimation de l’efficacité agronomique
relative de différentes doses du compost et du fertilisant NPK 15-15-15.

1 Professeur Associé en Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université Catholique du Graben


(Nord-Kivu RDC) : lwsiviri@[Link]
2 Professeur Ordinaire en Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université Catholique du Graben

(Nord-Kivu RDC).
3 Professeur en Faculté des Sciences Agronomiques et des Sciences sociales, Politiques et

Administratives de l’Université Catholique du Graben (Nord-Kivu RDC).


4 Professeur Ordinaire en Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université Catholique du Graben

(Nord-Kivu RDC).

(c) Tous droits réservés Parcours et Initiatives : Revue interdisciplinaire du Graben (PIRIG) 2023
Ce travail est disponible sous la licence Creative Commons Attribution 4.0 International
Parcours et Initiatives, n° 22 – mai 2023

L’analyse de la variance des données du rendement en graines a montré


une différence significative entre les traitements testés et entre les sites
d’essai. Avec une plus petite différence significative de 219,3 kg/ha, les
rendements respectifs de 694,4 kg/ha, 791,4 kg/ha, 1057,6 kg/ha, 1254,4
kg/ha et 1221,1 kg/ha ayant été obtenus pour les traitements T 0, T1, T2, T3 et
T4, les doses moyenne et maximale de compost ont eu le même effet positif
sur le rendement en graines dans les quatre sites. S’agissant des sites, avec
des rendements respectifs de 842,6 kg/ha, 1101,9 kg/ha, 1244,8 kg/ha et
825,8 kg/ha (PPDS= 201,5 kg/ha) pour les sites Horizon, ITAV, ULPGL et
Wayene, les sites ITAV, ULPGL se sont révélés plus favorables à la culture
du haricot nain. Par ailleurs, des valeurs moyennes de l’efficacité
agronomique relative de 12,2 %, 34,3 %, 44,6 % et 43,1 % ont été
enregistrées pour les traitements T1, T2, T3 et T4, des valeurs largement
inférieures au seuil de 75 % requis qu’une dose d’engrais soit considérée
comme agronomiquement efficace.
Abstract
The objective of this study was to evaluate the effects of three doses of
compost from household wastes in the town of Butembo on the seed yield of
dwarf bean. Thus, four trials were installed in four sites (Horizon, ITAV,
ULPGL and Wayene) following a Randomized Completed Blocks Design
with three blocks each comprising five plots corresponding to the five
treatments, T0: non-enriched control plots, T1 = plots enriched with 10 t of
compost/ha, T2 = plots enriched with 15 t of compost/ha, T3 = plots enriched
with 20 t of compost/ha and T4 = plots enriched with 400 kg of NPK 15-15-
15/ha. The data were first analyzed at the level of each site using the analysis
of variance with two classification factors, a mixed crossover model and
secondly, by compiling the data from four sites, we performed a three-way
analysis of variance classification hierarchical type IV model. These
statistical analyses were completed by estimating the relative agronomic
effectiveness of the different doses of compost and NPK 15-15-15 fertilizer.
Analysis of variance of seed yield data showed a significant difference
between treatments tested and between trial sites. With a least significant
difference of 219.3 kg/ha, the respective yields of 694.4 kg/ha, 791.4 kg/ha,
1057.6 kg/ha, 1254.4 kg/ha and 1221.1 kg/ha were obtained for the
treatments T0, T1, T2, T3 and T4. The average and maximum doses of compost
had the same positive effect on seed yield in the four sites. Regarding the
sites, with respective yields of 842.6 kg/ha, 1101.9 kg/ha, 1244.8 kg/ha and
825.8 kg/ha (LSD = 201.5 kg/ha) for Horizon, ITAV, ULPGL and Wayene
sites, the ITAV, ULPGL sites have proven to be more favorable to dwarf bean

144
Étude de l’influence du compost issu des déchets ménagers sur le rendement…

cultivation. In addition, average values of relative agronomic efficiency of


12.2 %, 34.3 %, 44.6 % and 43.1 % were recorded for treatments T1, T2, T3
and T4, values that are much lower than the 75 % threshold required for a
dose of fertilizer to be considered agronomically effective.

1. Introduction

De nos jours, la production agricole en général et celle du haricot en


particulier, sont limitées par l’appauvrissement et la dégradation des sols,
accentués par l’apport inadéquat et non raisonné des matières fertilisantes
(VALIMUNZIGHA et al., 2019). En outre, la mauvaise gestion, la non-
maîtrise des intrants organiques et la combinaison non optimale des
engrais chimiques et organiques constituent des facteurs limitants
importants de l’augmentation des rendements agricoles (SAÏDOU et al.,
2003).
La pression démographique dans les zones urbaines couplée aux
besoins croissants en légumes dans plusieurs villes de la République
Démocratique du Congo a entraîné la promotion d’une agriculture urbaine
et péri-urbaine et le développement d’une agriculture sédentarisée
permettant de réduire la pression sur les zones rurales (OGNALAGA et al.,
2015). Dès lors, l’amélioration quantitative et qualitative des productions
agricoles ne peut plus être basée sur l’augmentation des surfaces
emblavées, moins sur une agriculture itinérante, mais plutôt sur
l’augmentation des rendements par unité de surface (OGNALAGA et al.,
2015). Cela exige donc une meilleure connaissance des propriétés
édaphiques et surtout une maîtrise des paramètres de fertilité et de la
fertilisation des sols (KONÉ et al., 2010).
L’augmentation des rendements par unité de surface exige une adoption
par les agriculteurs d’un apport systémique, approprié et raisonné des
fertilisants, c'est-à-dire, l’utilisation adéquate des engrais à des doses
raisonnables (SAÏDOU et al., 2003 ; OLANIYI, 2010 ; OGNALAGA et al.,

145
Parcours et Initiatives, n° 22 – mai 2023

2015). La fumure minérale seule n’offre pas toujours des perspectives


satisfaisantes pour l’agriculture urbaine et péri-urbaine caractérisée par des
petits jardins maraichers (KONÉ et al., 2009) , et surtout si elle est
appliquée sur des sols ferralitiques reconnus pour leur pauvreté en azote et
en phosphore (BIAOU et al., 2017). La principale cause de la réticence aux
engrais chimiques par les petits exploitants agricoles est le coût élevé de
ces engrais ainsi que leur contribution médiocre dans le maintien de la
composition de la matière organique du sol. Dans un tel cas, le recours à
l’usage du compost et autres fumures organiques est vivement souhaité.
Une bonne pratique agricole qui implique l’apport des substances
organiques, tels que les engrais et/ou amendements organiques, les résidus
de récolte ou différents types de composts, pourrait améliorer la fertilité et
la qualité des sols marginalisés (WEBER et al., 2007). En effet, les matières
organiques, à l’instar de divers composts, améliorent la structure des sols,
augmentent la capacité de rétention en eau et des nutriments du sol,
réduisent les risques de pollution, stimulent l’activité microbienne et
augmentent le rendement des cultures (CRICHTON et al., 2000 ; LAOS et
al., 2000 ; DOUGLAS et al., 2003 ; KOWALJOW et MAZZARINO, 2007). De
plus, les sources d'engrais organiques possédant un rapport C/N en dessous
de 20 contiennent une concentration élevée de nutriments (CHAVES et al.,
2007 ; TOGNETTI et al., 2008) et possèdent des potentiels d'immobilisation
de l'azote (DE NEVE et al., 2004).
Au regard de tous ces avantages qu’offre le compost, le choix de la
culture reste aussi un facteur déterminant dans la valorisation des déchets
ménagers dans l’agriculture urbaine et péri-urbaine. Dans le contexte de
notre investigation, le choix a été porté sur la culture du haricot commun
(Phaseolus vulgaris). Le haricot constitue une des cultures essentielles
dans l’alimentation des populations de l’Afrique centrale et orientale où
les populations vivent dans une pauvreté extrême (BAUDOIN et al. 2001 ;
NYABYENDA, 2014). Du point de vue nutritionnel, le haricot est un aliment

146
Étude de l’influence du compost issu des déchets ménagers sur le rendement…

important et constitue 65 % de l’apport protéique dans l’alimentation


humaine et 32 % des calories. Il apporte également du fer, du zinc, des
fibres et des carbohydrates lents (CIAT, 2014). Il occupe à cet effet, une
place de choix du fait qu’il constitue une importante source de protéines et
d’énergie pour les hommes dans les pays en développement où l’accès aux
protéines d’origine animale est difficile.
La teneur en lysine des graines de haricot demeure relativement
importante ; de ce fait, le haricot améliore la qualité des régimes
alimentaires en base des amylacées comme les céréales. Cependant, les
graines de haricots sont déficientes en méthionine trouvée en quantité
satisfaisante dans les céréales. De ce fait, les céréales et les haricots
contribuent de manière plus complémentaire à la valeur nutritive du régime
alimentaire des peuples de plusieurs régions du monde (VANDERBORGHT
et BAUDOIN, 1998), plus particulièrement ceux du Kivu montagneux
(NYABYENDA, 2014).
Du point de vue économique, le haricot représente une source notable
de revenus de divers foyers ruraux des hautes montagnes du Kivu. Malgré
l’importance du haricot en tant que denrée alimentaire de choix et source
de revenus, les agriculteurs congolais ne parviennent pas à satisfaire la
demande des populations. Le rendement du haricot commun demeure
faible et instable, il oscille en moyenne entre 400 et 800 kg/ha
(BOUWMEESTER et al., 2009). Pourtant les résultats de recherche ont
montré que plus de 2000 à 3000 kg de haricots nains et de 4000 à 6000 kg
de haricots volubiles peuvent être produits par hectare (KANYENGA et al.,
2016).
Parmi les causes de cette baisse de rendement dans le Kivu (Nord-Kivu,
Sud-Kivu et le Maniema) et dans la plupart des provinces de la République
Démocratique du Congo, on peut citer : les méfaits des aléas climatiques,
particulièrement les effets dépressifs de la sécheresse résultant du manque
et/ou de la mauvaise répartition des pluies durant le cycle végétatif,

147
Parcours et Initiatives, n° 22 – mai 2023

l’infertilité des sols, l’insuffisance alors de diffusion des variétés


améliorées, le non-respect de principales opérations de l’itinéraire
technique de la culture du haricot commun. Sous les tropiques cependant,
le haricot est fréquemment cultivé sur des sols marginaux qui ont dans la
plupart des cas une forte acidité, une faible capacité d’échange cationique
et une forte désaturation.
Par ailleurs, des éléments tels que le phosphore, calcium, molybdène,
cobalt, bore, cuivre et zinc sont soit déficients soit convertis en une forme
inassimilable pour la plante, alors que très indispensables pour assurer le
potentiel d’assimilation symbiotique de la légumineuse et, par conséquent,
une production élevée et stable en gousses et en graines (BAUDOIN et al.,
2001). Ces conditions marginales dans les régions tropicales expliquent en
partie les rendements faibles et instables qui y sont observés (NZUNGIZE,
2012; MIKLAS et al., 2006, KANYENGA et al., 2016).
Des études menées sur l’influence de la fertilisation minérale en culture
de haricot commun ont pour la plupart révélé des augmentations sensibles
de rendement allant jusqu’à 100 % en utilisant divers fertilisants (BAERT,
1988). Dans le même contexte, SEBAHUTU (1988) a constaté que les
variétés de haricot réagissaient différemment par rapport à la fertilisation
minérale au Rwanda. Des études menées par MBUKULA et al. (2018) au
Congo Central ont montré un accroissement de 102 % du rendement en
graines de haricot lorsque la dose de 60N-60P2O5-60K2O y est appliquée.
Par ailleurs, à Kashusha dans le Sud-Kivu, MUKE et al. (2019) ont
remarqué une amélioration du rendement en graines de haricot par rapport
au traitement témoin (parcelles non fertilisées) de 67, 58 et 51 %
respectivement quand les parcelles sont fertilisées par le NPK, DAP et le
fumier local. Bien que les engrais chimiques offrent des résultats
satisfaisants, ils ne sont pas facilement acceptés par un grand nombre
d’agriculteurs au Nord-Kivu. Ainsi, le recours aux fertilisants organiques

148
Étude de l’influence du compost issu des déchets ménagers sur le rendement…

paraît comme une alternative pour l’amélioration du rendement en graines


de haricot.
Plusieurs travaux ont été effectués pour déterminer la dose d’azote à
apporter à la plante. Entre 1978 et 1980, 16 et 15 sites d’essais ont été
réalisés respectivement dans les cultures de pois et de haricot au Canada
par CHAMBERLAND. CHAMBERLAND (1982) conclut que l’apport en azote
doit se situer entre 15 et 30 kg N/ha pour la culture de haricot. À l’aide de
la méthode Cate-Nelson, CHAMBERLAND (1982) a fixé des niveaux de
concentration critiques de P et de K dans le sol qui sont de 60-88 kg/ha
pour le phosphore et de 95-204 kg/ha pour le potassium, puis a déterminé
trois niveaux de fertilité qualifiés de pauvre, moyen et riche de part et
d’autre des valeurs critiques d’analyse de sol.
Lors de ses études, CHAMBERLAND (1982) a trouvé une réponse
marquée aux différentes doses de P dans la culture de haricot seulement en
sols dits « pauvres » en phosphore. Dans ces sols, la quantité d’engrais
phosphatés recommandable pourrait dépasser les 60 kg P2O5/ha. Dans la
catégorie des sols moyens, il recommanda une dose de 20 kg/ha de P2O5.
Il n’observa aucune réponse à l’ajout de P dans les sols dits riches. Alors,
il recommanda d’ajouter seulement la quantité de P exportée par les
récoltes qui était 0,45 kg par tonne pour le haricot. Il recommanda aussi un
maximum de 40 kg K2O/ha dans les sols pauvres et, pour les sols moyens
et riches une dose de 20 kg K2O devait suffire.
Enfin, la quantité de K exportée par le haricot serait de l’ordre de 3,2
kg de K par tonne de graines de haricot. Ainsi, DESLAURIERS (2014)
fixe les besoins en phosphore chez le haricot de 0 à 120 kg/ha selon que le
sol est riche ou pauvre en cet élément. Lors de ses études, DUPRIEZ (2009)
a constaté que pour les variétés ayant des besoins moins importants en
éléments nutritifs comme le haricot, petit pois, radis, fraise, plantes à
fleurs, la dose de 1 à 2 kg/m2 soit 10 à 20 t/ha de compost est satisfaisante.

149
Parcours et Initiatives, n° 22 – mai 2023

C’est dans cette logique que s’inscrit ce travail traitant de l’influence


du compost issu de déchets ménagers sur le rendement en graines de
haricot dans quatre zones agroécologiques de Butembo. Ainsi, ce travail
visait l’objectif d’évaluer les effets du compost sur le rendement et
l’efficacité agronomique relative pour la culture de haricot nain en Ville
de Butembo. Afin de baliser le chemin conduisant vers l’élaboration d’une
méthodologie pouvant répondre à la problématique reprise ci-dessus, nous
avons avancé anticipativement en guise d’hypothèse la réponse suivante à
la question soulevée ci-haut :
✓ La plus forte dose de compost produit à partir des déchets ménagers
à Butembo pourrait entraîner un rendement similaire à celui de l’engrais
NPK 15-15-15 et une efficacité agronomique relative similaire à celui de
l’engrais NPK 15-15-15 et supérieure à 75 % pour la culture de haricot,
car elle agirait comme amendement organique susceptible d’influer
positivement sur les propriétés physique, chimique et biologique des sols.

2. Matériels et méthodes
2.1. Site expérimental
Les essais expérimentaux ont été réalisés en Ville de Butembo dans 4
zones agro écologiques notamment : le sud-ouest de la Ville (site
Horizon/UCG, 29°15’42,57’’E, 0°7’42,04’’N, 1838 m), le sud-est (site
ULPGL, 29°18’20,66’’E, 0°5’40,96’’N, 1756 m), le nord-est (site
Wayene, 29°19’48,78’’E, 0°9’14,60’’N, 1741 m) et le centre-ville (site
ITAV, 29°16’59,45’’E, 0°7’50,16’’N, 1765 m). Tous les sites étaient
précédemment occupés par une courte jachère d’intercampagne et
n’avaient jamais subi de traitements d’engrais dans le passé. La figure 1
ci-dessous visualise les sites expérimentaux.

150
Étude de l’influence du compost issu des déchets ménagers sur le rendement…

Les analyses chimiques, physiques et biologiques de sols à une


profondeur de 25 cm de sites expérimentaux ont révélé ce qui suit (Siviri,
2011) :

Figure 1. Visualisation des 4 sites expérimentaux en ville de Butembo

151
Parcours et Initiatives, n° 22 – mai 2023

Tableau 1. Résultats des analyses physiques, chimiques et biologiques du


sol de Butembo dans les quatre sites expérimentaux.
Caractéristique
Horizon ITAV ULPGL Wayene
pH-H2O 6,3 5,2 5,1 4,5
pH-KCl 5,4 4,2 4 4
[Link] (g/Kg) 58 27 23 27
Humus (%) 11,5 5,3 4,7 5,5
N total (%) 0,46 0,28 0,24 0,24
C/N 13 11 10 12
P disponible (mg/100g) 2 1 1 1
Ca échangeable 258 68 62 12
Mg échangeable 53 13 19 3
K échangeable 65 4 9 7
Na échangeable 2 2 2 2
Concentration Saline 84 88 40 56
NaCl (mg/100g) 4,7 4,8 4,8 4,8
Indice de battance 0,31 0,33 0,56 0,33
**Mn (mg/Kg) 1059 387 28 68
**Fe (mg/Kg) 853 285 427 224
**Zn (mg/Kg) - - - -
**Cu (mg/Kg) - - - -
Pb (mg/Kg) 22,4 13 13,8 17,4
Ni - - - -
Cd < 1,5 < 1,5 < 1,5 < 1,5
Hg - - - -
Respiration (mg de 2,09 1,12 0,95 1,08
CO2/g de sol)
% Argile 44,1 33,8 34 34,6
% Limon fin et grossier 37,5 23,7 35,9 23,1
% Sable fin et grossier 18,4 42,5 30,1 42,4
Texture Argileuse Limon Limon Limon
argileuse argileuse argileuse

152
Étude de l’influence du compost issu des déchets ménagers sur le rendement…

Les conditions climatiques qui prévalaient lors de la conduite des essais


sont présentées dans le tableau 2 ci-après.

Tableau 2. Données météorologiques dans les deux stations météorologiques de la


Ville de Butembo au moment de l’expérimentation.
Station ITAV Aérodrome Ruwenda
s
Mois Nov. Déc. Jan. Fév. Nov. Déc. Janv. Fév.
2019 2019 2020 2020 2019 2019 2020 2020
P (mm) 126,40 106,50 61,00 73,80 126,4 106,5 102,6 105
Tmax 24,50 23,94 24,26 23,70 25,0 24,5 24 24
(°C)
Tmin 14,66 14,42 13,82 13,87 14,6 13,7 14,6 13,2
(°C)
Tmoy 19,60 18,68 19,04 18,80 19,80 19,1 19,3 18,6
(°C)
H (%) 86,76 87,55 89,13 87,49 88,8 87,7 79 79
Jours 15 16 7 12 10 12 10 18
de
pluies
Noté : P : Précipitations, Tmax, Tmin Tmoy sont respectivement la température
maximale, la température minimale et la température moyenne et enfin H est
l’humidité relative de l’air.

2.2. Matériel

Le matériel végétal utilisé dans notre expérimentation a été fourni par


le Centre de Recherche Agronomique et Vétérinaire du Graben
(CERAVEG) de l’Université Catholique du Graben (UCG) ; il était
constitué de la semence du haricot nain (Phaseolus vulgaris). D’autres
matériels biologiques et non biologiques étaient constitués du compost en
base de divers déchets ménagers (déchets urbains) qui a servi pour bien
déterminer les doses séquentielles expérimentées, l’engrais minéral NPK
15-15-15, le GPS (marque Garmin) pour la géolocalisation des sites

153
Parcours et Initiatives, n° 22 – mai 2023

expérimentaux, le pied à coulisse pour mesurer le diamètre au collet des


plants de haricot.

2.3. Méthodes
2.3.1. Planification des essais
Les essais ont été installés suivant un dispositif expérimental en trois
blocs aléatoires complets (DAGNELIE, 2012). Tous les objets placés en
expérience étaient présents dans chacun des blocs, le nombre de parcelles
par bloc étant au moins égal au nombre d’objets (5). La répartition des
objets au sein de différents blocs et de différents sites se faisait de façon
complètement aléatoire et indépendamment d’un bloc à l’autre et d’un site
à un autre.
Chaque bloc était donc subdivisé à cinq parcelles correspondant aux
cinq traitements, à savoir T0 : traitement témoin (parcelle non fertilisée) ;
T1 : parcelle enrichie avec 10 t de compost/ha ; T2 : parcelle enrichie avec
15 t de compost/ha ; T3 : parcelle enrichie avec 20 t de compost/ha et T4 :
parcelle enrichie avec du NPK 15-15-15 à la dose de 400 kg/ha. Les
dimensions des parcelles expérimentales étaient de 3m*3m soit 9 m²
séparées au sein d’un même bloc par une distance de 0,5 m. Quant aux
blocs, ils étaient séparés entre eux par une distance d’un mètre.
2.3.2. Conduite des essais
La conduite des essais a consisté globalement à la préparation du champ
(déchaumage, labour à plus au moins 30 cm de profondeur et hersage),
l’épandage des matières fertilisantes, le semis, le paillage, l’entretien de la
culture et la récolte. Le semis s’est effectué en dates du 6, 7, 8 et 9
novembre 2019 respectivement dans le site de l’ULPGL, Wayene, de
l’ITAV et de l’Horizon après épandage des matières fertilisantes, aux
écartements de 30 cm*30 cm dans tous les quatre sites d’essai en raison de
4 graines par poquet.

154
Étude de l’influence du compost issu des déchets ménagers sur le rendement…

Le démariage est intervenu 2 semaines après le semis en réduisant le


nombre de plants à deux par poquets suivant que la plantule était
vigoureuse ou malingre. Le premier sarclo-buttage effectué manuellement
à l’aide d’une houe est intervenu quatre semaines après le semis dans les
quatre sites expérimentaux et le deuxième au début de la floraison soit 6
semaines après le semis. La récolte des graines de haricot a été réalisée
manuellement 3 mois après le semis.
2.3.3. Paramètres mesurés et/ou observés
Les paramètres observés ont été les suivants : (i) le taux de levée (%) a
été estimé par le rapport entre le nombre de plantules levées et celui de
graines semées multiplié par 100 ; (ii) la hauteur des plants (cm) mesurée
au début de la floraison à partir du collet (surface du sol) au sommet de la
plante (bourgeon terminal) ; (iii) le nombre de feuilles a été compté au
même moment que l’estimation de la hauteur ; (iv) le nombre de fleurs
initié par plant estimé par comptage de fleurs effectué chaque semaine
depuis l’apparition de premières fleurs à la maturité ; (v) le nombre de
gousses par plante a été estimé en comptant toutes les gousses produites
par plante ; (vi) le taux de nouaison (%) a été estimé par le rapport du
nombre de gousses et de fleurs initié par plante multiplié par 100 ; (vii) le
poids de 1000 graines (g) et (viii) le rendement en graines de haricot
obtenu en pesant toutes les graines récoltées par parcelle expérimentale
hormis celle de la bordure (soit une parcelle utile de 2,4 m x 2,4 m ou 5,76
m² de surface), puis extrapolé à l’hectare (t/ha). L’efficacité agronomique
relative (EAR) a été estimée selon la méthode proposée par MOREL et
FARDEAU (1991) et adaptée par KONE et al. (2010) et MUKE et al. (2019),
comme suit :
𝑌1 − 𝑌0
𝐸𝐴𝑅 (%) = × 100
𝑌1
Noté : 𝑌1 est le rendement produit dans la parcelle traitée, 𝑌0 est le
rendement produit dans la parcelle non traitée et (𝑌1 − 𝑌0 ) est le rendement

155
Parcours et Initiatives, n° 22 – mai 2023

supplémentaire dû à l’efficacité agronomique relative (EAR) de l’engrais.


Les données intermédiaires ont été collectées sur un échantillon de 10
plantes se trouvant au centre de chaque parcelle expérimentale.
2.3.4. Analyse statistique des données
Pour apprécier l’effet des traitements testés sur les paramètres de
croissance et du rendement en graines, nous avons estimé que les données
collectées doivent être soumises à l’analyse de la variance suivant deux
étapes. Dans un premier temps, la situation de chaque site a été présentée
séparément en adoptant donc l’analyse de la variance à deux facteurs de
classification, modèle croisé mixte, où les traitements (doses de compost
et de NPK) constituent le facteur fixe et les blocs, le facteur aléatoire. En
second lieu, le facteur site est intervenu en utilisant l’analyse de la variance
à trois facteurs de classification, modèle hiérarchisé de type IV, où le
facteur traitement (doses de compost et de NPK) croise les facteurs sites
et les blocs, mais les blocs sont subordonnés aux sites. L’analyse
statistique des données a été réalisée à l’aide du logiciel SAS version 8.2
dans laquelle nous avons utilisé préférentiellement le test de Ficher au seuil
α = 5 %. La comparaison multiple des moyennes a été effectuée par le test
t de Student.

3. Résultats
3.1. Performances agronomiques de haricot sous l’effet de
différentes doses de compost
Les résultats présentés dans le tableau 3 ci-dessous indiquent qu’en
considérant les données compilées de quatre sites d’essai, les traitements,
les sites et les blocs dans les sites se sont révélés significativement
différents entre eux pour tous les paramètres étudiés, sauf pour le nombre
de feuilles par plant et le taux de nouaison où aucun effet significatif des
traitements ne s’est dégagé. Autrement dit, quels que soient les sites, les

156
Étude de l’influence du compost issu des déchets ménagers sur le rendement…

traitements n’ont pas eu d’effets similaires sur la croissance en hauteur des


plants, le nombre de fleur par plant, le nombre de gousses par plante, le
poids de mille graines et le rendement en graines de haricot et quels soient
les traitements, les sites n’ont pas eu d’effets identiques sur tous les
paramètres. La différence significative entre les blocs dans les sites
signifierait que les sols dans les quatre sites d’essai étaient hétérogènes.
L’interaction entre les traitements et les sites ne s’est pas révélée
significative pour tous les paramètres à l’exception du nombre de fleurs
par plant, alors que celle entre les traitements et les blocs dans les sites l’a
été pour tous les paramètres étudiés.
Tenant compte des données compilées de quatre sites, les valeurs
moyennes de tous les paramètres présentées dans le tableau 3 ci-dessous
indiquent que la dose de 400 kg de NPK 15-15-15/ha (T4) a eu une plus
grande influence positive sur ces paramètres. En outre, des effets positifs
sur tous les paramètres étudiés ont été enregistrés avec l’application des
doses croissantes du compost comparativement au témoin. Ces résultats
seraient liés à la plus forte teneur d’éléments nutritifs apportés par le NPK
et des teneurs modérées, mais croissantes avec l’augmentation de la dose
du compost.
Quant aux effets de quatre sites, considérant les données compilées de
cinq traitements, les sites sont classés dans l’ordre décroissant de grandeur
de leur influence sur la hauteur des plants de haricot nain, le nombre de
feuilles par plant et le poids de mille graines de la manière suivante :
ULPGL> ITAV = Horizon > Wayene. Une classification presque similaire
a été enregistrée pour le nombre de fleurs par plant et le nombre de gousses
par plant. Ce classement s’expliquerait bien par la variation des conditions
plus écologiques à l’échelle locale liées ainsi donc à l’hétérogénéité du sol
et aux microclimats qui prévalaient dans chacun de quatre sites au moment
de l’expérimentation. La comparaison multiple de diverses valeurs
moyennes du rendement en graines montre que les deux plus grandes doses

157
Parcours et Initiatives, n° 22 – mai 2023

de compost et la dose de l’engrais NPK ont été les meilleures. Il apparaît


aussi que les sites ULPGL et ITAV ont été plus favorables à la production
des graines de haricot nain comparativement aux deux autres sites Horizon
et Wayene.

Tableau 3. Effets des différentes doses de compost et du NPK 15-15-15 sur tous les
paramètres étudiés.

Traitements HP NFlP NFrP NGP TN PMG RG


T0 22,6c 8,2 5,8b 3,8 b 62,5 467,2c 694,4b
T1 24,0bc 8,6 5,9b 4,3 ab 71,2 476,3bc 791,4b
T2 25,8ab 8,6 7,2a 5,1 a 71,8 488,3a 1057,6a
T3 26,6ab 8,8 7,6a 5,1 a 68,8 485,3ab 1254,4a
T4 28,5a 8,5 8,2a 5,0 a 65,9 483,9ab 1221,1a
PPDS 2,77 - 1,06 0,95 - 11,83 219,3
Sites
Horizon 24,5b 8,9b 6,1 c 4,7b 73,5a 479,9b 842,6b
ITAV 24,4b 8,5b 7,4 b 4,9ab 64,1bc 481,8b 1101,9a
ULPGL 35,1a 9,8a 10,3 6,2a 62,7c 489,4a 1244,8a
a

Wayene 18,1c 6,8c 3,9d 2,8c 71,8ab 469,9c 825,8b


PPDS 3,01 0,56 1,09 1,05 8,07 7,41 201,5
P-Value Traitements 0,002 0,1220 0,001 0,019 0,191 0,007 0,001
P-Value Sites 0,001 0,001 0,001 0,001 0,034 0,002 0,003
P-Value Blocs (Sites) 0,001 0,001 0,001 0,001 0,052 - -
P-Value Traitements*sites 0,232 0,547 0,001 0,331 0,089 0,716 0,337
P-Value Traitements* blocs 0,001 0,001 0,001 0,001 0,001 - -
(sites)
Noté : PPDS = plus petite différence significative, HP = hauteur du plant, NFlP = nombre
de feuilles par plant, NFrP = nombre de fleurs par plant, NGP = nombre de gousses par
plant, TN = taux de nouaison, PMG = poids de mille graines et RG = rendement en graines

158
Étude de l’influence du compost issu des déchets ménagers sur le rendement…

3.2. Efficacité agronomique relative des fertilisants


Les résultats consignés dans le tableau 4 montrent des valeurs de
l’efficacité agronomique relative qui est définie comme la valeur
amendante d’un fertilisant pour les quatre traitements testés largement
inférieures à 75 %, un pourcentage exigé pour qu‘un fertilisant soit
considéré comme efficace sur le plan agronomique.

Tableau 4. Efficacité Agronomique relative de différents fertilisants utilisés

Sites Horizon ITAV ULPGL Wayene


Traitements
T0 - - - -
T1 -14,0 -36,4 51,3 5,8
T2 5,4 33,3 53,2 31,0
T3 35,8 33,9 57,8 48,3
T4 32,2 37,5 54,9 45,6

4. Discussion
La comparaison multiple des valeurs moyennes de la hauteur des plants,
quels que soient les sites et quels soient les traitements (tableau 3), montre
que les doses de compost de 15 t/ha et 20 t/ha ainsi que la dose de 400
kg/ha d’engrais NPK 15-15-15 ont influencé positivement, de manière
significative, la hauteur des plants de haricot. Ces résultats semblent avoir
un soubassement en ce sens qu’à un certain seuil de dose de compost, ce
dernier, tout en améliorant les propriétés physiques du sol, libère une
certaine quantité d’éléments nutritifs, parmi lesquels l’azote, à la suite du
processus de minéralisation graduelle.
En outre, l’engrais NPK 15-15-15 étant riche en azote, il est logique
qu’il agisse positivement sur la croissance en hauteur des plants de haricot.
Nos résultats ne s’écartent pas de ceux d’un bon nombre d’auteurs qui ont

159
Parcours et Initiatives, n° 22 – mai 2023

souligné le rôle impératif de l’azote dans plusieurs processus métaboliques


de la plante, notamment le transport, la biosynthèse, la transmission et
aussi la régulation de l’information génétique, réponse plus favorable aux
facteurs environnementaux (CHRISTIAN, 2004, LIMAMI et AMEZIANE,
1997, WITHAN et DELVIN, 1983).
Les résultats de la comparaison multiple des valeurs moyennes du
nombre de fleurs et de gousses (tableau 3) initiées par plant de haricot
quels que soient les sites et quels que soient les traitements prouvent que
les parcelles fertilisées respectivement par le NPK, la dose maximale et la
dose moyenne de compost ont donné des valeurs moyennes
significativement supérieures à celles des plantes croissant dans les
parcelles traitées avec la dose minimale de compost et les parcelles non
fertilisées. Ces résultats s’accordent avec ceux de LAUPRETRE et BENOIT
(1989) qui ont démontré que les nombres de fleurs et de gousses initiées
par plante sont influencés par le rythme d’alimentation hydrique, minérale
et de la disponibilité de ces deux composantes. Ceci justifierait l’allure de
nos résultats.
Les résultats de l’analyse de la variance des données compilées du taux
de nouaison, quels que soient les traitements et quels que soient les sites
n’ont indiqué aucune différence significative entre les traitements testés
(tableau 3). Il se pourrait que la formation des gousses soit un processus
qui varie fortement avec le régime hydrique de la plante. En effet, dans
leur étude portant sur l’influence de diverses doses d’engrais minéraux et
de fréquences d’arrosage sur le rendement en graines du haricot commun
(Phaseolus vulgaris), MBUKALA et ses collaborateurs en 2018 ont
remarqué que le taux d’avortement de fleurs diminue de 36 % lorsque
l’irrigation est appliquée du semis au début de la maturation
comparativement aux parcelles témoins (sans arrosage régulier). Ainsi,
dans le cadre du présent travail, les plantes qui évoluaient dans les

160
Étude de l’influence du compost issu des déchets ménagers sur le rendement…

conditions naturelles dans chacun de quatre sites d’essais auraient profité


de la même façon des pluies enregistrées pendant la période d’essai.
Les résultats de la comparaison multiple des valeurs moyennes du poids
de 1000 graines et du rendement en graines (tableau 3) révèlent que les
deux plus grandes doses de compost et la dose de l’engrais NPK ont eu
une influence positive significativement supérieure à celle de deux autres
traitements restants (la plus petite dose de compost et la parcelle témoin
non fertilisée). Ces résultats seraient dus à la richesse en éléments
fertilisants surtout le phosphore dans les engrais testés. Le phosphore est
connu comme étant un facteur limitant dans la production des
légumineuses en graines et joue un rôle essentiel dans l’initiation des
gousses. Sa déficience dans un fertilisant ou dans le sol réduit sensiblement
le nombre de gousses initié par plant et par ricochet, elle baisse
significativement le rendement en graines (MAHAMOOD et al., 2009).
En outre, le phosphore intervient dans l’activité biologique de la
fixation de l’azote chez les légumineuses. Sa déficience affecte le
processus de la fixation biologique de l’azote qui influence positivement
la croissance et le rendement en graines de légumineuses en graines
(MUFIND et al., 2017 ; MUKE et al., 2019). Ceci explique en partie, le
rendement en graines élevé dans les parcelles traitées par les deux fortes
doses de compost et par le NPK 15-15-15.
En effet, l’analyse chimique du compost faisant l’objet de cette étude
avait une teneur en phosphore esquivant à 1,83 %, certes une faible teneur
comparativement à celle se trouvant dans le NPK 15-15-15. Or, si ce
compost se minéralisait spontanément, les 15 tonnes et les 20 tonnes
épandues par hectare dans le cadre de cette étude libèreraient dans le sol
respectivement 274,5 kg et 366 kg de phosphore par hectare, ce qui est de
loin supérieur à la quantité de phosphore 60 kg qu’apportent les 400 kg de
NPK 15-15-15 épandus dans le sol. Ces quantités seraient, peut-être même
excessives au point de provoquer des déséquilibres avec d’autres éléments

161
Parcours et Initiatives, n° 22 – mai 2023

susceptibles de provoquer leur blocage. Il est vrai que la minéralisation du


compost est lente et dépend de la forte activité microbiologique dans le sol
laquelle est soumise aussi à l’influence des facteurs de l’environnement,
tels que l’humidité et la température.
Dans le cas de la zone de Butembo, la température étant relativement
fraîche n’aurait pas entraîné une minéralisation en cascade au point de
provoquer l’excès du phosphore dans le sol. Les rendements moyens en
graines obtenus pendant nos divers essais nous poussent plus à confirmer
partiellement la première partie de l’hypothèse qui préconisait que « la
plus forte dose de compost produit à partir des déchets ménagers à
Butembo pourrait entraîner un rendement similaire à celui de l’engrais
NPK 15-15-15 et une efficacité agronomique relative similaire à celui de
l’engrais et supérieure à 75 % pour la culture de haricot nain, car elle agirait
comme amendement organique susceptible d’influer positivement sur les
propriétés physique, chimique et biologique des sols ».
Les valeurs de l’efficacité agronomique relative enregistrées à la fin de
la récolte du haricot (tableau 4) pour tous les traitements testés et dans les
quatre sites d’essai ont été relativement faibles et même en deçà du seuil
de 75 % recommandé pour qu’un engrais ou une dose d’engrais soit
considérée comme efficace sur le plan agronomique. Autrement dit, pour
la culture du haricot nain en milieu de Butembo et durant la saison de nos
essais, l’emploi de différentes formulations utilisées dans la présente étude
se justifie moins.
Toutefois, cette efficacité peut évoluer au cours des saisons suivant les
conditions qui prévalent au moment de la culture. En plus, malgré la
faiblesse de l’EAR trouvée dans le cadre de la culture du haricot nain, la
matière organique qui ne se minéralise que très lentement, peut donc avoir
des effets résiduaires bénéfiques au-delà de notre saison culturale. Au
regard des résultats de l’efficacité agronomique relative obtenus dans cette
étude, nous sommes en position d’infirmer la deuxième hypothèse de ce

162
Étude de l’influence du compost issu des déchets ménagers sur le rendement…

travail qui stipulait que : « la plus forte dose de compost produit à partir
des déchets ménagers à Butembo pourrait entraîner un rendement similaire
à celui de l’engrais NPK 15-15-15 et une efficacité agronomique relative
similaire à celui de l’engrais et supérieure à 75 % pour la culture de haricot
nain, car elle agirait comme amendement organique susceptible d’influer
positivement sur les propriétés physique, chimique et biologique des
sols ».
Conclusion
Ce travail a été initié en vue d’évaluer les effets du compost sur le
rendement et l’efficacité agronomique relative pour la culture de haricot
nain en Ville de Butembo. Eu égard aux résultats obtenus, les différents
paramètres estimés s’érigent en deux groupes distincts dont le premier
constitué de paramètres insensibles aux traitements testés (nombre de
feuilles, nombre de fleurs initiées par pied, taux de nouaison) et le second
composé de paramètres sensibles aux traitements testés (hauteur des
plants, nombre de gousses par plant, poids de 1000 graines, rendement en
graines).
Pour les paramètres sensibles aux traitements testés, il a été aussi
remarqué des effets positifs significatifs des doses séquentielles de
compost au point de rivaliser avec la dose d’engrais NPK. Tel est le cas
pour le rendement en graines pour lequel les doses moyenne et maximale
du compost ont alors donné des rendements en graines similaires à celui
obtenu avec l’application de l’engrais NPK. Concernant l’efficacité
agronomique relative, aucun des traitements testés ni les trois doses
séquentielles du compost, ni la dose de NPK n’ont été proches de la limite
de 75 % exigée.
Faut-il bannir l’utilisation du compost ou de l’engrais NPK dans la
culture du haricot en milieu de Butembo ? Loin de là, au contraire, le
mieux serait de répéter dans le temps l’usage de ces intrants pour bénéficier

163
Parcours et Initiatives, n° 22 – mai 2023

de leurs effets résiduels dans le sol, surtout pour le cas du compost produit
à partir des déchets organiques ménagers qui, s’ils ne sont pas pris en
charge, resteront, une menace, donc une nuisance voire un danger…pour
l’homme dans son environnement.
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