StatPrepa
Réussir, un exercice à la fois
Devoirs de maison - Année 2026
Mathématiques
DEVOIR DE MAISON
Niveau / Filière : ISE - Option Maths Durée : 2 semaines Date : 3 août 2026
Consignes
Thème : Transformation d’Euler et accélération de la convergence. Dans ce problème, R désigne
l’ensemble des réels, R+ l’ensemble des réels positifs et R∗+ l’ensemble des réels strictement positifs.
La notation N désigne l’ensemble des entiers naturels et N∗ l’ensemble des entiers naturels non
nuls.
Les candidats vérifieront la convergence des séries qu’ils rencontrent, même si cela
n’est pas explicitement demandé.
PROBLÈME
On note E l’espace vectoriel des suites réelles. On note u = (un )n∈N une suite réelle de terme
général un . On considère l’endomorphisme ∆ de E qui à toute suite u = (un )n∈N associe la suite
de terme général (∆u)n = un+1 − un , n ∈ N.
n n!
On pose, pour k et n dans N, = si n ≥ k. On convient que 0! = 1 et que
k k!(n − k)!
n
= 0 si k > n.
k
Première partie : suites complètement monotones
Pour tout p ∈ N∗ , on note ∆p le p-ième itéré de ∆ défini par ∆p = ∆ ◦ ∆p−1 , et par
convention, ∆0 est l’identité de E.
On dit qu’une suite (un )n∈N est complètement monotone si pour tous entiers naturels p et
n on a
(−1)p (∆p u)n > 0.
1. Soit f une fonction sur R+ à valeurs réelles et indéfiniment dérivable. On considère la
suite de terme général un = f (n).
(a) Montrer que pour tout entier p ≥ 1 et tout entier n, il existe un réel x dans l’intervalle
]n, n + p[ tel que
(∆p u)n = f (p) (x).
On pourra raisonner par récurrence en considérant la fonction g(x) = f (x+1)−f (x)
et la suite de terme général vn = g(n).
1
(b) On considère la suite de terme général an = . Montrer que (an )n∈N est complè-
n+1
tement monotone.
1
2. (a) Démontrer que pour tout p ≥ 1, on a
p
p
X
p−k p
(∆ u)n = (−1) un+k .
k=0
k
(b) Soit b ∈ ]0, 1[. On considère la suite de terme général bn = bn . Calculer (∆p b)n pour
tous les entiers naturels n et p et en déduire que (bn )n∈N est complètement monotone.
Soit ω une fonction continue et positive sur [0, 1], non identiquement nulle. Jusqu’à la fin
de la première partie, on considère la suite de terme général
Z 1
un = tn ω(t) dt.
0
3. (a) Montrer que la série de terme général (−1)k uk converge et que
+∞ Z 1
X
k ω(t)
(−1) uk = dt.
k=0 0 1+t
(b) Montrer que la suite (un )n∈N est complètement monotone.
(c) Démontrer que
+∞ +∞ 1 p
1−t
Z
X
k 1X
(−1) uk = ω(t) dt.
k=0
2 p=0 0 2
(d) En déduire que l’on a
+∞ +∞
X X (−1)p
(−1)k uk = (∆p u)0 .
k=0 p=0
2p+1
4. Déduire des questions précédentes que
+∞ +∞
X (−1)n X 1
ln 2 = = .
n=0
n+1 p=0
(p + 1)2p+1
5. On pose
n 1 k
1−t
Z
1X
En = ω(t) dt.
2 k=0 0 2
(a) Montrer que
n
X (−1)p
En = (∆p u)0 .
p=0
2p+1
+∞
X S
(b) On pose S = (−1)k uk . Montrer que |S − En | ≤ .
k=0
2n+1
2
Deuxième partie : Transformée d’Euler
Dans cette partie, on se donne une suite (un )n∈N telle que la série de terme général (−1)n un
soit convergente, et l’on note S sa somme. On ne suppose aucune autre propriété parti-
culière de cette suite (un )n∈N . Le but est de démontrer que
+∞ +∞
X
k
X (−1)p
S= (−1) uk = (∆p u)0 .
k=0 p=0
2p+1
X (−1)p X
On dit que la série (∆p u)0 est la transformée d’Euler de la série (−1)k uk .
2p+1
6. (a) Montrer que pour tout p ∈ N, on a lim (∆p u)n = 0.
n→∞
p
1 X p
(b) Montrer que pour toute suite (rn )n∈N de limite nulle, on a lim p rk = 0.
p→∞ 2 k
k=0
7. (a) Montrer que pour tout n ∈ N, on a
+∞
(−1)p (−1)p+1 p+1
X
p
un = (∆ u)n − (∆ u)n .
p=0
2p 2p+1
(b) Montrer que pour tout p ∈ N, on a
+∞
(−1)p p (−1)p p (−1)p+1 p+1
X
p+1
(∆ u)0 = (−1)n (∆ u)n − (∆ u)n .
2 n=0
2p 2p+1
n
X (−1)p
8. (a) On pose En = (∆p u)0 . Montrer que
p=0
2p+1
n+1 X !
1 X n+1 k
En − S = − n+1 (−1) uk .
2 p=0
p k≥p
(b) Conclure.
Troisième partie : une amélioration de la méthode
Dans cette partie, comme dans la question 3, on se donne une fonction ω continue et positive
Z 1
sur [0, 1], non identiquement nulle. On considère la suite de terme général un = tn ω(t) dt et
0
on pose
+∞
X
S= (−1)k uk .
k=0
On se donne aussi une suite de polynômes à coefficients réels (Pn )n∈N telle que pour tout n,
Pn (−1) 6= 0. Pour tout n ∈ N, on pose
Z 1
1 Pn (−1) − Pn (t)
Tn = ω(t) dt.
Pn (−1) 0 1+t
Z 1
Pn (t)
9. (a) Montrer que S − Tn = ω(t) dt.
0 Pn (−1)(1 + t)
3
SMn
(b) En déduire que |S − Tn | ≤ où Mn = supt∈[0,1] |Pn (t)|.
|Pn (−1)|
10. Dans cette question, on choisit comme suite de polynômes Pn (x) = (1 − x)n . Donner une
majoration explicite de |S − Tn |, en fonction de S et n.
11. Dans cette question, on choisit comme suite de polynômes Pn (x) = (1 − 2x)n . Donner
une majoration explicite de |S − Tn |, en fonction de S et n.
12. (a) Démontrer l’existence et l’unicité d’une suite de polynômes (Pn )n∈N vérifiant les
conditions suivantes : pour tout n ∈ N, pour tout t ∈ R,
deg Pn = n, Pn (sin2 t) = cos(2nt).
(b) Calculer Pn (−1) pour tout n ∈ N.
(c) Donner une majoration explicite de |S − Tn |.
Quatrième partie : comparaison des méthodes sur un exemple
+∞ n n
1 X X X 1
Dans cette partie, un = ,S= (−1)k uk , Sn = (−1)k uk , En = k+1
et
n+1 k=0 k=0 k=0
(k + 1)2
1
Pn (−1) − Pn (t)
Z
1
Tn = dt,
Pn (−1) 0 1+t
où les Pn sont les polynômes de la question 12.
13. Donner un équivalent de S − Sn et de S − En . Comparez la vitesse de convergence de Tn
avec celle de Sn et En . Donner un équivalent de S − Tn .
« L’art de l’analyse est de remplacer un problème par un autre plus simple. »