0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
0 vues29 pages

Résumé Programme

Le document présente un cours sur la littérature française du XVIIIe siècle, axé sur le contexte idéologique et esthétique des Lumières, les transformations sociales et intellectuelles, ainsi que les genres littéraires de l'époque. Il aborde des thèmes tels que la liberté de pensée, la critique des institutions, et l'importance de l'Encyclopédie comme symbole des Lumières. Les séquences incluent des analyses de romans, de théâtre et de la condition des écrivains, tout en soulignant l'impact des évolutions politiques et économiques sur la littérature.

Transféré par

emma
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
0 vues29 pages

Résumé Programme

Le document présente un cours sur la littérature française du XVIIIe siècle, axé sur le contexte idéologique et esthétique des Lumières, les transformations sociales et intellectuelles, ainsi que les genres littéraires de l'époque. Il aborde des thèmes tels que la liberté de pensée, la critique des institutions, et l'importance de l'Encyclopédie comme symbole des Lumières. Les séquences incluent des analyses de romans, de théâtre et de la condition des écrivains, tout en soulignant l'impact des évolutions politiques et économiques sur la littérature.

Transféré par

emma
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Literatura francesa del siglo XVIII (30444)

Grado en Lenguas Modernas

(2025-2026)
Profesora: Irene Aguilá Solana
(iaguila@[Link])

SÉQUENCE 1
Contexte idéologique et esthétique du Siècle des Lumières
1. Que faut-il comprendre par « Lumières » ?
• Kant : « Qu’est-ce que les Lumières ? » (sur Moodle)
• Approche des concepts de base de l’esprit des Lumières: L’individu, la religion,
la science, l’espace public, l’ordre politique, l’universalité, l’héritage d’une
période et d’une pensée (<[Link] dans
Les essentiels de la BnF. Dossier : «L’Esprit des Lumières »)
2. Les transformations de la vie sociale et intellectuelle au XVIIIe siècle
• Mercier : Le Tableau de Paris [Chapitre DCLVIII « Livres »]
2.1. La condition des écrivains
• Voltaire : Article « Gens de lettres » [extraits] (Dictionnaire philosophique)
3. L’Encyclopédie. Chronologie, sources, rédacteurs et objectifs de l’ouvrage
• Tous les savoirs du monde : « La fabrique de l’Encyclopédie »
<[Link]
• Prospectus (1750) de Diderot (sur Moodle)

SÉQUENCE 2
Le roman au XVIIIe siècle
1. Fonction idéologique et sociale. Traits esthétiques.
• Définition de l’article « Roman » : Encyclopédie (t. XIV, 1765)
• 1re préface de La Nouvelle Héloïse (1761) de Rousseau
• Préface des Liaisons dangereuses (1782) de Laclos
• Idée sur les romans (1799) de Sade
2 Aperçu sur les genres narratifs et leurs principaux représentants
2.1. Le roman-mémoires
• Lesage et le roman picaresque : Gil Blas de Santillane [Chapitre VIII]
• Prévost et le roman de l’amour fatal : Manon Lescaut [extraits]
• Marivaux et le roman analyse : La Vie de Marianne {extraits]
• Rousseau et le roman autobiographique : Les Rêveries du promeneur solitaire
[Cinquième promenade]
2.2. Le roman épistolaire
• Montesquieu : Lettres persanes [Lettres LVII et XCIX]
• Laclos : Les Liaisons dangereuses [Lettres I et V]
2.3. Le roman dialogue
• Diderot : Jacques le Fataliste et son maître [extraits]
2.4. Le roman libertin
• Crébillon : Le Sopha [Chapitre I]
• Restif de la Bretonne : Le Paysan perverti [IVe partie, Lettre 92]
• Sade : Les Infortunes de la vertu [extraits]
2.5. Le conte
• Mme Leprince de Beaumont : La Belle et la Bête [extraits]
• Voltaire : Zadig [Chapitre III] ; Micromégas [Chapitres VI et VII] ; Candide
[Chapitre XXX] et L’Ingénu [Chapitre XVI]

SÉQUENCE 3
Le théâtre au XVIIIe siècle
1. Panorama des genres et des formes dramatiques
2. Focus sur :
2.1. Le drame bourgeois : Diderot et Beaumarchais Beaumarchais
Essai sur le genre dramatique sérieux <[Link]
2.2. Le marivaudage. Style précieux et revendication sociale chez Marivaux
<[Link]
3. Quelques considérations sur la dramaturgie au XVIIIe siècle
3.1. Riccoboni : De la réformation du théâtre (1743) [préface (p. XI-XXIII) et ch. V « Du
principal motif de la Réformation du théâtre » (p. 49-58)]
3.2. Mercier : Du théâtre, ou Nouvel essai sur l’art dramatique (1773) [introduction (p.
1-6) et chapitre I « De la fin que doit se proposer l’Art Dramatique » (p. 7-18)]
3.3. Diderot : Paradoxe sur le comédien (1773-1777 [1830])
3.4. Mlle Clairon : Mémoires d’Hyppolite Clairon, et Réflexions sur l’art
dramatique (1798) [« Réflexions sur l’art dramatique » (p. 22-30) et « Talens qu’on peut
acquérir » (p. 62-71)]

TRÈS IMPORTANT :
L’ensemble de lectures obligatoires de cette matière comprend tous les liens, tous les
documents et tous les extraits proposés au programme et pendant les cours. Veuillez bien en
consulter le corpus sur Moodle.
SÉQUENCE 1
Contexte idéologique et esthétique du Siècle des Lumières

Contexte politique
→ Louis XIV / Louis XV / Louis XVI
→ Fin du siècle → Révolution française 1789

Sous Louis XIV


→ Régence du duc d’Orléans
→ Vie mondaine, fêtes, cour plus libre
→ Rôle de Mme de Pompadour (politique, arts, écrivains)

Évolutions économiques
→ Système de John Law (banque, papier-monnaie)
→ Enthousiasme puis crise
→ Économie devient enjeu politique

Littérature
→ Réflexion sur changements politiques et sociaux
→ Après 1789: chute de l’aristocratie, fin de privilèges
→ Littérature = miroir de l’histoire

1.- Que faut-il comprendre par « Lumières » ?

Kant : « Qu’est-ce que les Lumières ? » (sur Moodle)


● Les Lumières = sortir de la minorité (penser par soi-même)
● La minorité vient à la fois des autorités et de la paresse des individus
● La liberté repose sur l’usage personnel de la raison (Sapere aude)
● Critique de la passivité et des institutions qui imposent l’obéissance
● Kant reste marqué par son époque (vision sexiste des femmes)
● La liberté d’expression publique est nécessaire au progrès de la socié

Approche des concepts de base de l’esprit des Lumières : L’individu, la religion, la science,
l’espace public, l’ordre politique, l’universalité, l’héritage d’une période et d’une pensée
(<[Link] dans Les essentiels de la BnF. Dossier : « L’Esprit
des Lumières »)

L’esprit des Lumières


● Autonomie de la pensée → penser par soi-même, refus de l’autorité imposée
● Liberté de conscience → critique de la religion imposée, respect de la foi personnel
● Primauté de la raison et de la science → fondements du savoir
● Centralité de l’individu → en art, en morale et en société
● Pouvoir politique → vient du peuple, société plus laïque
● But de la vie → bonheur sur Terre
● Égalité des droits→ rejet de la torture, de l’exclavage et de la peine de mort
● Ouverture au monde → étude des autres peuples et époques pour comprendre
l’humanité

Science et éducation
● La raison et la science permettent de comprendre et d’améliorer le monde
● Grands progrès scientifiques et inventions (électricité, machine à vapeur, etc.)
● Les savants s’organisent en académies et partagent leurs recherches
● Newton incarne le savant majeur du siècle (attraction universelle)
● Le savoir doit être accessible à tous (livres, journaux, Encyclopédie)
● Volonté de classer et organiser les connaissances
● Importance de l’éducation et de la formation progressive de l’enfant (Rousseau)
● Objectif → progrès de l’humanité et amélioration de la société.

Religion et athéisme
● Défense de la liberté de pensée religieuse et critique du pouvoir excessif de l’Église
● Séparation souhaitée entre religion et État → liberté de croyance individuelle
● Promotion de la tolérance religieuse envers toutes les religions et cultures
● Débats religieuses deviennent politiques → jansénisme critique l’absolutisme
● Meilleure acceptation des juifs et réflexion sur leur intégration
● Utilisation de l’Islam et des religions païennes pour critiquer indirectement l’Église
● Importance du déisme: Dieu créateur, mais qui n’intervient pas dans le monde
● Raison, tolérance et liberté de conscience

Le monde, un et pluriel
● Humanité commune: tous les hommes sont différents, mais appartiennent à une même
humanité → droits universels
● Différences viennent de l’histoire et du milieu
● Recherche de la paix en Europe: rejet des grandes guerres, rôle apaisant du commerce
● Ouverture au monde: voyages réels (explorateurs) et voyages imaginaires pour réfléchir
sur soi
● Nouvelle vision de l’histoire: foi dans le progrès et dans l’amélioration de l’humanité

La ville des Lumières


● Importance des villes: centres économiques et intellectuels
● Espaces de sociabilité et diffusion des savoirs: bibliothèques, salons, cabinets de lecture
● Paris: capitale culturelle et cosmopolite, mélange social important
● Londres: grand port et centre financier majeur
● Venise: ville originale et unique, différent des autres villes européennes

L’avènement de l’individu
● Valorisation de l’individu: le bonheur personnel devient central, pas seulement le salut
religieux
● Importance des sentiments: reconnaissance des différences entre hommes, femmes,
enfants, riches et pauvres
● Représentation dans les arts: romans et tableaux montrent des personnages ordinaires
● Risque de l’individualisme: si chacun pense seulement à soi, la vie sociale peut s’affaiblir
● Amour et passion: passion plus intense dans la littérature (Manon Lescaut)
● Nature et sciences: Buffon étudie scientifiquement, Rousseau ressent la nature
profondément
● Rôle des artistes et critiques: analyse et commentaire des oeuvres pour mieux
comprendre l’art (Diderot)

L’ordre politique
● Liberté individuelle: le pouvoir sans limites n’est pas légitime (Montesquieu)
● Pouvoir du peuple: idéal d’égalité devant la loi, mais femmes et exclaves exclus
● État au service du bien commun: despotisme éclairé (le roi ou souverain utilise la raison
pour le bien de ses sujets) ou république
● Séparation des pouvoirs: pour éviter la tyrannie (“le pouvoir doit arrêter le pouvoir”,
L’Esprit des Lois, de Montesquieu)
● Exclusion et exclavage: le Code noir réduit l’exclave à un objet; dénonciation par Voltaire
et création de sociétés abolitionnistes (Amis des Noirs)

2.- Les transformations de la vie sociale et intellectuelle au XVIII e siècle


º
Mercier: Le Tableau de Paris [Chapitre DCLVIII « Livres »]
● Paris et les livres: Paris a énormément de livres
● Critique de la masse de livres: Beaucoup de livres sont produits, mais peu sont
réellement utiles
● Possession vs lecture: Avoir une grande bibliothèque ne garantit pas l’intelligence
● Deux types de livres:
- Livres savants mais inutiles
- Livres moraux et utiles, qui enseignent quelque chose de pratique ou moral
→ importance des ouvrages accessibles à tous
● Admiration pour les grands auteurs: Tacite, Bacon, Locke, comme modèles de génie rare
● Critique du “luxe de l’esprit”: Théories et disputes intellectuelles inutiles, qui n’apportent
rien à la vie réelle
● Lecture simple mieux que rien: Même des livres mauvais sont préférables à l’absence de
lecture → citation de Mme de Sévigné
● Critique sociale: Anecdote sur un bibliothécaire analphabète → dénonciation du
népotisme et de la corruption.

2.1. La condition des écrivains


Voltaire: Article « Gens de lettres » [extraits] (Dictionnaire philosophique)
● Critique des institutions: Les écoles religieuses et certaines académies ne transmettent
pas de vraie connaissance, mais seulement des dogmes
● Valorisation des penseurs libres: Les intellectuels qui travaillent seuls sont attaqués
● Opposition au chemin nouveau: Ceux qui innovent sont critiqués et persécutés
(Descartes et Arnauld, par exemple)
● Censure: Empêche la vérité et la pensée
● Flatterie vs vérité: Les écrivains qui flattent les puissants sont récompensés, ceux qui
éduquent ou éclairent sont punis
● Vulnérabilité de l’intellectuel: Aucun soutien social, attaqué dans tous les cas

3.- L’Encyclopédie
Chronologie, sources, rédacteurs et objectifs de l’ouvrage

Tous les savoirs du monde : « La fabrique de l’Encyclopédie »


<[Link]
● Origine et débuts (1746-1751: Projet initial = traduction du dictionnaire de Chambers
→ transformé par Diderot et d’Alembert en Encyclopédie originale (Dictionnaire
raisonné des sciences, des arts et des métiers)
● Censure et interdictions: Église et Jésuites attaquent → interdiction par le roi et mise à
l’Index → manuscrits sauvegardés (Malesherbes) et publication clandestine en Suisse
(1765)
● Sources et contenus: Livres, archives, ouvrages anciens corrigés, sciences (Académie
royale), voyages, observations techniques → encyclopédie collective et variée
● Rédacteurs: Plus de 160 collaborateurs → philosophes (Rousseau, Montesquieu, Voltaire)
peu présents → contribution majeures par Jaucourt, d’Holbach, Goussier.
● Illustrations et planches: Importante pour comprendre le savoir → améliorées par
Goussier
● Organisation et philosophie: Inspirée de Bacon (père de la méthode scientifique moderne
→ observation, expérimentation et l’expérience) → philosophie au centre, expérience
avant religion → articles liés entre eux pour guider le lecteur et contourner la censure
● Objectifs de l’Encyclopédie: Diffuser le savoir, libérer la pensée, révolutionner l’esprit
humain → symbole des Lumières
Prospectus (1750) de Diderot
● Prospectus 1: Objectif général → L’Encyclopédie doit être complète, utile à tous, et
montrer l’évolution des connaissances
● Prospectus 2: Justification → La philosophie et les sciences sont maintenant
suffisamment développées pour créer une encyclopédie; l’anglais Chambers n’était pas
complet
● Prospectus 3: Critique et amélioration → Chaque article doit être relié aux autres; le
plan de Chambers est conservé mais le contenu refait et amélioré
● Prospectus 4: Organisation → “Arbre de connaissances” inspirée de Bacon:
connaissances réparties selon mémoire (histoire), raison (philosophie) et imagination
(poésie); nécessité de spécialistes.
● Prospectus 5: Travail des auteurs → Chaque auteur reste dans son domaine; priorité à la
clarté et à la précision pour le public, pas la gloire personnelle.
● Prospectus 6: Méthode → Présenter les principes clairement, corriger les erreurs,
insister sur l’essentiel et citer des sources fiables.
● Prospectus 7: Contributions extérieures → L’Encyclopédie s’enrichit grâce aux savants,
amateurs et bibliothèques qui partagent manuscrits et documents.
● Prospectus 8: Transmission et arts mécaniques → Préserver le savoir pour les
générations futures; interroger les artisans pour décrire correctement les métiers.
● Prospectus 9: Pratique et précision → Les auteurs testent eux-mêmes certains métiers;
description détaillée des outils, machines et vocabulaire précis; importance des figures
● Prospectus 10: Dessins et apprentissage → Les dessinateurs représentent machines et
outils étape par étape; l’expérience pratique est complétée par l’observation et des
idées rares.
● Prospectus 11: Interconnexion et organisation → Les articles et figures s’expliquent
entre eux; les connaissances sont organisées par mémoire, raison et imagination, et
l’Encyclopédie peut évoluer avec le temps
SÉQUENCE 2
Le roman au XVIIIe siècle

1.- Fonction idéologique et sociale. Traits esthétiques.

• Définition de l’article «Roman»: Encyclopédie (t. XIV, 1765). L. De Jaucourt


1.- Le roman est un récit de fiction, il raconte des aventures inventées, mais peut être une
ouvre noble, une oeuvre avec une grande valeur littéraire:
- Jaucourt considère Télémaque de Fénelon le plus beau roman du monde
2.- Le roman existe depuis l’Antiquité grecque. Le roman n’est pas un genre moderne; il vient
d’une civilisation cultivée
- Auteurs: Diogène, Héliodore
3.- Les romans de chevalerie du Moyen Âge ont devenu excessifs et peu vraisemblables
- Comme Le Roman de Turpin ou les exploits de Charlemagne
4.- Certains romans, comme L’Astrée, sont bien écrits, mais moralement critiquables. Le style
d’Astrée est apprécié, mais critiqué parce qu’il valorise surtout l’amour et la mollesse.
- Les imitateurs d’Astrée, comme Scudéry ou La Calprenède ont dégradé le roman
5.- Certains romans galants déforment l’histoire et les valeurs héroïques
- Comme Le Grand Cyrus ou Clélie de Mlle de Scudéry.
6.- Le roman retrouve sa valeur quand il redevient simple et vrai
- Jaucourt met comme exemple La Princesse de Clèves de Mme de la Fayette.
7.- Le roman peut instruire en plaisant, il est un bon moyen de former la morale du lecteur
- La Nouvelle Héloïse de Rousseau
Jaucourt pense que le roman peut être dangereux, mais aussi utile, puisqu’il touche plus des
lecteurs que les traités de philosophie.

• Première préface de La Nouvelle Héloïse (1761) de Rousseau


- Rousseau pense que le roman doit à la fois plaire et instruire le lecteur
- Il écrit La Nouvelle Héloïse pour lutter contre la corruption morale de son époque
- Pour lui, le roman n’est pas un simple divertissement, mais un moyen d’éduquer les
lecteurs.
- Rousseau explique que la vérité morale du livre est plus importante que le fait que
l’histoire soit vraie ou inventée
- Il pose des questions rhétoriques pour faire réfléchir le lecteur et non pour obtenir des
réponses
- Rousseau entretient volontairement le doute entre la fiction et la réalité pour rendre le
récit plus crédible.
- Il provoque le lecteur en disant que son livre ne s’adresse pas à tout le monde
- Il pense que les romans peuvent être dangereux pour les jeunes filles car ils éveillent les
passions
- Le choix du roman épistolaire permet à chaque personnage d’avoir une voix différente et
rend l’histoire plus vraisemblable.
- Rousseau défend le roman comme un genre utile, même s’il est critiqué à son époque.
- Il signe son oeuvre pour assumer personnellement les idées qu’il exprime.
- Il oppose la ville corrompue à la campagne, qu’il présente comme un lieu de vertu.
- La préface devient aussi un texte personnel dans lequel Rousseau parle de lui-même.

• Préface des Liaisons dangereuses (1782) de Laclos


● Roman libertin et analyse sociale: Laclos écrit un roman libertin qui explore la séduction
et les relations amoureuses, mais de manière subtile et calculée, pour analyser et
critiquer la corruption de la noblesse
● Apparence de véracité: Laclos crée l’apparence de véracité en faisant croire que les
lettres sont réelles et en se présentant comme un simple rédacteur, ce qui rend l’histoire
plus captivante.
● Anonymat et référence à Rousseau: Laclos signe anonymement (“M.C…. de L….”) pour
éviter la censure et cite Rousseau pour donner de la légitimité à son recueil de lettres.
● Ironie et critique de la société: Laclos utilise l’ironie pour dénoncer l’hypocrisie et la
corruption des hommes et des femmes de son époque.
● Le roman a une fonction morale: il montre comment des personnes sans scrupules
manipulent les autres et avertit surtout les mères et les jeunes filles des dangers de la
séduction
● Le roman a une fonction morale: il montre comment des personnes sans scrupules
manipulent les autres et averti surtout les mères et les jeunes filles des dangers de la
séduction.
● Le roman épistolaire permet de montrer plusieurs points de vue et plusieurs
personnages, chaque lettre ayant un style différent pour rendre l’histoire plus réaliste.
● Laclos imagine une lectrice idéale, en pensant que le livre sera utile aux mères, elles
pourront le donner à leurs filles pour les préparer à la vie adulte, et il conseille que les
jeunes filles inexpérimentées ne le lisent pas.

Idée sur les romans (1799) de Sade


Dans Idée sur les romans, Sade veut défendre le roman, un genre souvent critiqué à son époque.
Pour cela, il se pose trois questions: son origine, son évolution et les règles pour bien écrire, afin
de montrer que le roman est un genre sérieux et utile.
1.- D’où vient le mot “roman”?
● Le mot “roman” vient de la langue romane, après la chute de l’Empire romain.
● Cette langue est issue du latin mêlé aux langues locales
● Les récits écrits dans cette langue ont été appelés des romans.
● Le roman est lié à une langue vivante et populaire, et non à la culture savante.
2.- Quelle est l’origine et l’histoire du roman?
● Le roman est une forme naturelle et universelle de l’imagination humaine
● Il existe partout où les hommes inventent des dieux, des héros et des passions.
● Il naît de deux grandes sources:
- La religion (récits merveilleux et superstitieux)
- L’amour (récits sensibles et passionnés).
● Sade critique les romans du Moyen Âge, qu’il juge longs et remplis de superstition.
● Il admire les romans plus modernes, plus réalistes et courts, comme ceux de Cervantes,
Scarron, Prévost ou Rousseau.
● L’histoire du roman montre une évolution vers l’analyse du coeur humain
3.- Quelles sont les règles pour écrire un bon roman?
● Le roman doit montrer l’homme réel, avec ses passions et ses défauts
● Il est plus utile que l’histoire, car il révèle la vérité intérieure des individus
● Un bon roman doit:
- être vraisemblable
- maintenir l’intérêt du lecteur
- avoir des épisodes bien liés
- proposer une morale naturelle
- se terminer de façon logique
● Sade refuse d’embellir le vice: il veut que le lecteur déteste le crime
● Le roman est un outil moral et psychologique, s’il est bien construit.

2.- Aperçu sur les genres narratifs et leurs principaux représentants


Au XVIII s., les romans sont très aimés par les femmes et les jeunes. Ils servent à apprendre des
leçons sur l’amour et la morale. La femme devient plus importante dans les histoires et n’est
plus seulement un bel objet. Certains romans montrent la femme dans les histoires et n’est plus
forte ou plus centrale que l’homme. Des auteurs comme B. de Saint-Pierre préparent le chemin
pour le Romantisme. Les romans font aussi ressentir la solitude, le désespoir et l’abandon.

2.1.- Le roman-mémoires
• Lesage et le roman picaresque: Gil Blas de Santillane [Chapitre VIII]
● Gil Blas de Santillane est un roman picaresque. Il raconte la formation d’un jeune héros
naïf à travers des aventures souvent dangereuses L’extrait montre le premier vol de Gil
Blas sur les grandes routes, une étape importante de son apprentissage.
● Le récit est écrit à la première personne “je”. Cette forme donne une impression de
réalité et de témoignage personnel. Elle était très utilisée au XVIII siècle dans les roman-
mémoires. Les références à un vol antérieur et les lieux précis (Ponferrada, León)
renforcent la vraisemblance.
● L’Espagne est présentée comme un pays peu sûr pour les voyageurs. Les routes sont
infestées de bandits, ce qui correspond aux préjugés de voyageurs étrangers. Cette vision
reflète aussi la misère sociale et la pénurie de l’époque.
● Gil Blas vole en menaçant avec une arme. Le vol est ironique: il montre du respect au
religieux (“mon père”) avant de le voler. Le moine se révèle plus rusé que prévu: la
bourse ne contient pas d’or. Le voleur devient trompé, comme dans les farces du Moyen
Âge.
● Gil Blas est jeune, peu sûr de lui et mal à l’aise. Il ressent un conflit entre la vertu et la
survie. Il vole par peur et par nécessité, non par plaisir. Ce conflit montre la perte
progressive de son innocence.
● La bande de voleurs est hiérarchisée (capitaine, lieutenant, membres). Gil Blas est en
position inférieur et doit faire ses preuves. Les voleurs se moquent de lui après l’échec du
butin. Leur rire cruel montre leur immoralité et leur absence de compassion.

• Prévost et le roman de l’amour fatal: Manon Lescaut


● Le récit est raconté à la première personne par des Grieux. Le “je” donne une impression
de vérité et rapproche le texte du roman-mémoire. Le lecteur suit directement les
pensées et les émotions du narrateur.
● Le passage illustre le thème principal du roman: l’amour fatal. C’est un amour total,
irrésistible et destructeur. plus fort que la raison. L’amour conduit les personnages à la
souffrance et à la perte.
● Saint-Sulpice symbolise la religion, la foi et la vertu. Des Grieux s’y réfugie pour fuir ses
passions et changer de vie. Paris, au contraire, représente le vice, le plaisir et la
tentation. Le retour de Manon provoque la chute morale de Des Grieux.
● Des Grieux appartient à une famille aisée. Manon est pauvre, proche du monde
marginal. Ce contraste explique l’attrait de Manon pour l’argent et la vie facile. Son frère
libertin l’encourage à prendre un amant pour vivre confortablement.
● Manon mène une vie débauchée et infidèle. Lors de la rencontre, elle joue un rôle
théâtral. Elle pleure, se montre timide, puis passionnée: crescendo émotionnel. Elle
apparaît comme un ange repentant, mais cette image est trompeuse. Malgré ses 18 ans,
elle maîtrise le pouvoir de la séduction.
● Des Grieux est profondément bouleversé et effrayé par son amour. Sa peur est liée à une
vision janséniste: la passion est une faute. Il sait qu’il risque de perdre sa fortune et sa
réputation. Pourtant, il cède: l’amour est plus fort que la raison.
● Les amants partent pour l’Amérique pour recommencer une nouvelle vie. Ce départ est
lié à leur marginalité (embarquement des prostituées). L’Amérique est vue comme un
lieu sauvage, symbole de renouveau. Mais cet espoir est une illusion: l’exil ne les sauve
pas.

• Marivaux et roman analyse: La Vie de Marianne


● Marivaux donne la parole à une femme narratrice, ce qui est nouveau au XVIII siècle.
Marianne pense et parle librement, sans dépendre d’un homme. Son nom dans le titre
souligne son importance et son autonomie.
● Le récit est écrit à la première personne. Cela rapproche le texte du roman-mémoire. Le
“je” donne une impression de sincérité et de vérité.
● Paris est une ville qui fait rêver les personnes venues de province, pourtant, Mariane y
ressent une profonde solitude. La foule et le bruit renforcent son mal-être. Elle se sent
perdue et désorientée “comme dans un désert”. Elle pense que la nature lui aurait offert
plus de repères (points d’appui) que la ville.
● En observant les autres, Marianne prend conscience de sa marginalité. Les autres ont
une maison et une place dans la société, elle non. Cette comparaison renforce son
sentiment d’exclusion
● Marianne n’a ni famille ni abri. Elle possède seulement un peu d’argent, insuffisant pour
durer. Cette précarité provoque une angoisse profonde.
● Marianne analyse ses émotions avec lucidité. Elle maîtrise sa douleur et ne pleure pas
encore. Elle adopte une attitude pragmatique, observant sa souffrance sans s’y
abandonner.
● Marianne conserve une espérance. Elle croit que le Ciel peut la secourir. Cette référence
montre sa foi chrétienne.
● Marianne est belle, mais les compliments ne lui font plus plaisir. Son cœur est fermé. Elle
se replie sur elle-même pour se protéger. Cette attitude révèle à la fois sa tristesse et sa
force intérieure

• Rousseau et le roman autobiographique: Les Rêveries du promeneur solitaire [Cinquième


promenade]
● Les Rêveries du promeneur solitaire est le dernier livre de Rousseau, publié après sa mort.
Ce roman est composé de 10 promenades qui servent de cadre à ses réflexions et
observations. Rousseau l’a écrit à la fin de sa vie, après s’être retiré du monde,
notamment à cause de la “lapidation” à Môtiers, qui symbolise son exclusion et sa
persécution.
● Rousseau se sent rejeté par la société et préfère la solitude. Il a un caractère sensible et
instable, il donne une grande importance aux sentiments et à la sincérité. L’île de Saint-
Pierre symbolise à la fois un refuge réel et un isolement métaphorique.
● La nature est un lieu de refuge, de sérénité et d’harmonie. La vie simple des habitants
reflète le modèle du “bon sauvage”: honnêteté, modestie, travail agricole, absence
d’artifice. L’eau et le paysage servent de métaphores: calme du lac vs agitation du
torrent, flux de la vie et instabilité du monde.
● Les promenades sont des errances qui déclenchent la réflexion et la rêverie. La rêverie
est un journal intime qui fixe le temps et les émotions, et permet de préserver les
souvenirs; parfois, elle atteint un état proche de l’extase mystique “douces extases”.
● L’oisiveté et les occupations simples contribuent à la sérénité. Rousseau utilise ce temps
sur l’île pour observer et étudier les plantes. Il note chaque plante et la décrit en détail,
créant une sorte d’herbier. Cette activité combine science et plaisir, et devient un moyen
de réflexion et de méditation dans la nature. Se promener, écouter les vagues et
herboriser participent ainsi à son bonheur et à son équilibre intérieur.
● Le vrai bonheur vient de l’harmonie intérieure et de la simplicité, non des plaisirs rapides
ou matériels. Le détachement matériel et la vie modeste renforcent la liberté et le bien-
être.
● Rousseau montre que le bonheur durable dépend de soi-même et non des autres: «De
quoi jouit-on dans une pareille situation? […]». L’isolement et la contemplation
permettent d’atteindre la paix intérieure, même face à des situations imprévues ou
défavorables.
● L'œuvre illustre que la solitude, la nature, la simplicité et la rêverie permettent
d’atteindre un bonheur profond. L’île de Saint-Pierre symbolise cet isolement choisi et
l’indépendance face à la société.

2.2.- Le roman épistolaire


Un roman épistolaire raconte l’histoire à travers de lettres des personnages, révélant leurs
pensées et émotions comme un journal intime. Ces lettres sont souvent inventées par l’auteur,
mais les sujets peuvent être vrais ou inspirés de faits réels et d’écrits antérieurs. Montesquieu,
par exemple, crée dialogues et personnages pour rendre le récit vivant, mélangeant fiction et
réalité.

• Montesquieu: Lettres persanes [Lettre LVII]. Lettre LVII. Usbek à Rhédi, à Venise
● Regard extérieur et ironique: Grâce aux personnages persans (Usbek, Rica, Rhédi),
Montesquieu observe la société française à distance et avec ironie.
● Roman épistolaire et stratégie contre la censure: Les lettres fictives permettent à
Montesquieu d’exprimer ses idées critiques tout en se protégeant de la censure;
l’anonymat renforce cette stratégie.
● Critique de la religion et de l’hypocrisie religieuse: La lettre dénonce les abus et
contradictions des religieux, notamment leur non-respect des voeux.
● Satire par le parallélisme: Comparaison entre libertins /filles de jouet, et dévots / dervis,
pour montrer une même forme d’hypocrisie morale.
● Usage de termes étrangers: Le mot “dervis” permet de critiquer indirectement les
prêtres chrétiens.
● Critique des casuistes: Ils transforment la religion en un système de calcul moral,
justifiant les fautes par des raisonnements compliqués.
● Dénonciation des abus de pouvoir: Confesseurs et médecins exploitent les hommes pour
l’argent ou l’influence.
● Rôle du langage: le discours religieux peut transformer le mal en bien par des subtilités
verbales.
● Ironie finale: La comparaison avec le roi souligne l’injustice et l’impunité dont
bénéficient les religieux.
● Silence d’Usbek: Son départ sans réponse montre son choc et son désaccord.
● Illusion du réel: L’usage du calendrier musulman renforce le réalisme de la lettre et
l’illusion d’authenticité.

• Montesquieu: Lettres persanes [Lettre XCIX]. Lettre XCIX. Rica à Rhedi, à Venise
● Rica est moqueur et joyeux, son nom vient du verbe “ricaner” (rire). Il est plus jeune et
adopte un ton gai, contrairement à Usbek, qui écrit aussi à Rhédi dans d’autres lettres et
a une vision plus sérieuse et critique. Rica s’adresse à son ami Rhédi, ce qui explique le
ton libre, familier et moqueur pour critiquer les Français.
● La mode change très vite chez les Français. Rica utilise des hyperboles pour exagérer ces
changements, comme par exemple, une femme qui quitte Paris pour six mois en revient
“antique”, ce qui montre la différnce entre ville (Paris, centre de la mode) et campagne
(retardataire).
● Les changements sont extrêmes et ridicules, Rica raconte que le fils ne reconnaît plus sa
mère sur un portrait (“quelque Américaine”). Rica fait référence aux coiffures très hautes
(Mlle de Fontanges, favorite du roi) et à l’adaptation des portes par les architectes;
même les hommes sont concernés par la mode (talons).
● Les mouches: grains de beauté artificiels, formes variées (étoiles, demi-lunes),
emplacement codifié. Le maquillage (blanc et rouge) évoqu les “peaux rouges” et était
toxique (plomb). La mode transforme le corps (robes très larges) et le visage (fausse
dents) des femmes, détails superficiels et passagers, et en même temps exagérés ou
artificiels.
● La mode illustre un phénomène plus large: les Français changent leurs manières de vivre
selon ce que le roi fait; et ils procèdent par imitation: ce que le roi fait est reproduit par la
cour, puis par toute la société. L’âme du souverain est un “moule” qui influence tous les
comportements.
● Montesquieu utilise de la caricature et de l’hyperbole pour critiquer et satiriser. Le texte
donne l’impression d’une lettre écrite par un musulman: usage du calendrier hégérien.

Laclos: Les Liaisons dangereuses [Lettres I et V]


Laclos n’a pas écrit beaucoup d’ouvrages: seulement trois ou quatre. Il était militaire et il a aussi
écrit un essai intitulé De l’éducation des femmes, cet essai permet de mieux comprendre Les
liaisons dangereuses. Dans ce roman, Laclos veut avertir le lecteur des dangers cachés dans les
relations humaines, surtout dans les relations amoureuses et sociales.
Dans le roman, les relations fonctionnent comme un jeu dangereux. Il existe une opposition
claire entre les libertins et leurs victimes. Les libertins se sentent supérieurs aux autres et
considèrent les personnes honnêtes comme des jouets ou des proies. Pour eux, séduire,
tromper et faire souffrir fait partie d’un jeu.
Les deux principes libertins sont la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont. Ils
appartiennent à l’aristocratie et maîtrisent parfaitement l’art de la manipulation. Ils inventent
des intrigues, mentent et utilisent les sentiments des autres pour arriver à leurs fins. Cependant,
ce jeu est dangereux, car ils finissent aussi par se piéger l’un l’autre.
Face à eux, on trouve les victimes, personnes qui sont plus sincères et plus naïves. Parmi elles,
on peut citer Madame de Tourvel, Cécile Volanges et le chevalier Danceny. Ces personnages
croient à l’amour et à la fidélité, mais ils ne savent pas se défendre contre la manipulation des
libertins.
Ainsi, Laclos montre qu’il n’existe aucune liaison sans danger. Toutes les relations peuvent
devenir violentes ou destructrices lorsqu’elles sont fondées sur le mensonge et le pouvoir. À
travers ce roman épistolaire, où chaque personnage s’exprime par des lettres, Laclos fait
entendre des voix différentes selon l’âge, le sexe et la condition sociale, et il critique une
société dominée par l’aristocratie libertine, opposée à la bourgeoisie honnête et naïve.

• Laclos: Les Liaisons dangereuses [Lettre I. Cécile Volanges à Sophie Carnay, aux Ursulines de…
● Laclos critique l’éducation des jeunes filles. Dans Les liaisons dangereuses, il veut
montrer les dangers cachés dans les relations humaines, surtout amoureuses et sociales.
● Le couvent comme lieu d’éducation des filles. Les filles sont envoyées au couvent
(Ursulines), contrairement aux garçons. Cécile y a passé “quatre ans”, ce qui montre une
éducation fermée et séparée du monde.
● Une éducation fondée sur l’ordre et la discipline. La vie de Cécile est organisée par des
horaires précis, au couvent comme chez sa mère. Cette organisation montre un contrôle
constant du comportement des jeunes filles.
● Une relation intime et confiante entre Cécile et Sophie. Le tutoiement et les marques
d’affection créent un ton de confidence. Le lettre ressemble à une conversation privée
entre amies.
● Une éducation limitée aux arts d’agrément: musique, dessin et lectures contrôlées, une
éducation vise à plaire, pas à former intellectuellement.
● La naïveté et l’immaturité de Cécile: elle s’émerveille de détails matériels simples. Elle
découvre le monde avec un regard enfantin.
● L’ignorance des décisions des adultes: Cécile ne sait rien de son futur mariage. Elle subit
les événements sans explication, ce qui la rend passive et vulnérable.
● L’épisode du cordonnier: symbole de sa naïveté. Cécile confond un cordonnier avec son
futur mari. Cette scène comique révèle son ignorance des codes sociaux.
● Une lettre qui annonce le destin de Cécile, naïve, sincère et fragile. Elle est destinée à
devenir une victime du jeu dangereux des relations humaines. Idée centrale du roman: il
n’existe aucune liaison sans danger.

• Laclos: Les Liaisons dangereuses [Lettre V: La Marquise de Merteuil au Vicomte de Valmont]


La Lettre V de “Les Liaisons dangereuses” de Laclos est écrite par la marquise d Merteuil au
vicomte de Valmont. Dans cette lettre, la marquise montre le libertinage cruel, basé sur le
mensonge, la manipulation et le mépris de la vertu. Elle fait aussi comprendre que les relations
entre les personnages sont dangereuses, ce qui explique le titre du roman.
1. Un ton gentil en apparence, mais trompeur: La marquise commence la lettre avec un ton
qui semble amical et protecteur. Elle prétend vouloir aider Valmont, mais en réalité elle
cherche à la contrôler. Le vouvoiement montre une distance et une forme de
supériorité. La lettre n’est donc pas sincère: c’est un moyen de manipulation.
2. Une critique violente de la Présidente de Tourvel: Merteuil se moque de l’apparence
physique de la Présidente et la présente comme ridicule. Elle critique aussi sa pudeur et
sa religion. Pour la marquise, la vertu et la foi empêchent le plaisir et rendent les femmes
ennuyeuses.
3. Les femmes mariées et le plaisir des libertins: La Présidente de Tourvel est mariée et très
vertueuse. Pour Merteuil et Valmont, le bout du libertinage n’est pas seulement de
séduire, mais surtout de jouer avec quelqu’un d’innocent et de sincère pour le faire
souffrir. Comme La Présidente est pieuse et réservée, elle ne se laissera pas facilement
manipuler et ne souffrira pas beaucoup. Cela rend le “jeu” moins amusant pour les
libertins. Elle est donc moins un vrai défi que d’autres femmes naïves ou innocentes.
4. Le plaisir de faire souffrir les autres: Merteuil avoue qu’elle aime voir les autres souffrir
en amour. Elle parle avec légèreté du désespoir amoureux et annonce la destruction de
l’innocence de Cécile et de Danceny. Cela montre la cruauté du libertinage.
5. Une critique de la société aristocratique: Derrière le langage élégant et poli, se cachent
la méchanceté et l’hypocrisie. Laclos montre que lorsque l’amour devient un jeu de
pouvoir, il devient dangereux.

2.3.- Le roman dialogue


Le roman-dialogue est un type de récit où l’histoire se construit à travers les échanges entre les
personnages, plutôt que par une narration classique. Dans ce genre, le dialogue permet de
révéler le caractère des personnages, leurs idées, et leurs réflexions sur le monde.
• Diderot: Jacques le Fataliste et son maître [extraits]
● Un roman original dès l’incipit. Le roman Jacques le Fataliste a été publié après la mort
de Diderot. Cet extrait correspond à l’incipit. C’est un roman très original par sa forme, sa
réflexion philosophique et sa relation directe avec l’auteur. Diderot ne respecte pas les
règles du roman traditionnel.
● Un roman fondé sur le dialogue. La narration repose surtout sur le dialogue entre
Jacques et son maître. Le récit prend la forme d’une conversation et d’un échange
d’idées. Cela rend le texte vivant et proche du théâtre. Le dialogue permet aussi de
montrer les différences entre les deux personnages.
● L’auteur comme troisième personnage. Dès le début, l’auteur intervient directement
dans le récit. Il devient un personnage omniscient qui s’adresse au lecteur, pose des
questions et refuse de donner certaines informations. Cela crée un rapport de
supériorité entre l’auteur et le lecteur et pousse ce dernier à réfléchir.
● Le roman parle de lui-même et de sa propre construction. Le narrateur commente sa
façon de raconter, montre qu’il peut modifier l’histoire et jouer avec l’ordre du récit,
métatexte. Le texte ne raconte pas seulement une histoire, il réfléchit aussi à la manière
de raconter une histoire.
● Le roman pose des questions philosophiques importantes, notamment sur le destin et la
liberté. Deux points de vue s’opposent à travers Jacques et son maître. Le roman ne
donne pas de réponse claire et oblige le lecteur à réfléchir par lui-même.
● Le récit montre une vision du monde où tout semble écrit d’avance, mais où les
événements s’enchaînent aussi par des causes et des conséquences. Le hasard et la
nécessité coexistent, ce qui reflète la complexité de la vie humaine.
● Diderot mélange réflexion philosophique, dialogue et jeu avec le lecteur. Le récit est
souvent interrompu et remis en question. Le roman se moque des formes traditionnelles
et devient une parodie du roman classique.

2.4.- Le roman libertin


Le roman libertin se développe dans le contexte des Lumières. Il met en scène des personnages
qui cherchent le plaisir, la séduction et la liberté de mœurs. Ce type de roman critique les valeurs
morales traditionnelles, notamment le mariage, la religion et les règles sociales, souvent à
travers l’ironie et la provocation.
Le roman libertin accorde une place importante au désir, au corps et aux relations amoureuses. Il
ne s’agit pas seulement de raconter des histoires d’amour, mais aussi de faire réfléchir le lecteur
sur la nature humaine et l’hypocrisie de la société. Le ton est souvent léger, ironique ou
satirique.
Les libertins sont aussi roués (rusés), ils vivent selon leurs désirs et transgressent les règles, ils
savent comment manipuler ou se débrouiller pour obtenir ce qu’ils veulent.
Dans ce courant s’inscrit Le Sopha de Crébillon fils, roman qui utilise le libertinage pour critiquer
la société et les comportements humains, tout en jouant avec les codes du récit et de la
narration. Crébillon père écrivait pour la scène, dans le registre tragique et moral, tandis que le
fils écrit pour la littérature libertine, critique la société et les mœurs avec humour et ironie.

• Crébillon: Le Sopha [Chapitre I]


● Un roman libertin du XVIII siècle: Le Sopha est un roman qui mélange humour, ironie et
critique de la morale et de la société.
● Originalité de l’ouverture: Le chapitre I commence in media res par un dialogue vivant
entre le Sultan et Amanzéi. Le titrage des chapitres et le dialogue constant innovent et
dynamisent le récit.
● Critique de la morale. Le Sultan rejette explicitement les discours moralisateurs. Le
roman dénonce la fausse vertu et l’hypocrisie sociale.
● Liberté de pensée et critique religieuse. La divergence religieuse (Brahma / Islam) est
traitée avec humour, montrant que la religion est une opinion et non une vérité absolue
→ esprit libertin et tolérance.
● Dénonciation des apparences: Les personnages réputés vertueux sont souvent
hypocrites. Crébillon critique une société fondée sur une morale de façade.
● Rôle central de sopha: Objet du quotidien devenu lieu d’observation érotique et intime.
Il symbolise le libertinage et l’accès aux secrets des individus.
● Métempsycose: Passage de l’âme d’un corps à un autre. Elle permet à Amanzéi
d’observer les vices humaines et de critiquer la société.
● Le cadre oriental: Le décor oriental sert à critiquer la société française sans la nommer
directement.
● Ce chapitre montre les caractéristiques du roman libertin: humour, critique morale,
liberté de pensée et recherche du plaisir
• Restif de la Bretonne: Le Paysan perverti [IV partie, Lettre 92]
● Restif de la Bretonne est un auteur très prolifique du XVIII siècle, il a publié plus de 200
œuvres. Le Paysan perverti est une œuvre autobiographique, il s’inspire de sa propre vie,
comme le montre sa phrase “je suis en livre vivant”. Dans ce texte, le personnage
d’Edmond parle à la première personne et raconte son expérience personnelle de Paris.
● Le texte oppose la campagne, vue comme plus simple et plus rare, à Paris, présentée
comme corrompue. Le titre Le Paysan perverti montre que le paysan perd son innocence
en venant vivre en ville.
● Les gens de la campagne sont souvent considérés comme naïfs et innocents (par
exemple dans La Vie de Marianne de Marivaux). Edmond représente ce paysan
transformé par la ville.
● Edmond écrit à ses parents une lettre intime avec respect et reconnaissance. Il leur
souhaite une longue vie afin qu’ils puissent continuer à protéger la famille. Cela montre
son attachement aux valeurs familiales.
● Paris est décrite comme une ville sale, dangereuse et mal organisée. Les pauvres sont en
danger et ignorés, tandis que les riches libertins vivent dans le confort. Le texte dénonce
l’injustice sociale et l’indifférence des puissants.
● Le peuple parisien est peint comme un peuple indifférent et immoral, cette indifférence
favorise les crimes et les vices. Les Parisiens sont pressés, égoïstes et peu solidaires, ils
courent derrière les plaisirs futiles et libertins.
● Même si R. de la Bretonne critique Paris, il reste attiré par la ville. Comme Rousseau, il
regrette la pureté de la campagne, mais contrairement à Rousseau, il est attaché à la
ville. Il aime bien observer les côtés sombres de Paris, cela explique le surnom de l’auteur
“l’hibou spectateur”.
● À travers Edmond, Restif propose une critique de la société parisienne: saleté, inégalité,
perte de l’humanité et corruption morale. Le texte mêle autobiographie, observation
sociale et réflexion morale.

• Sade: Les Infortunes de la vertu [extrait]


● Pendant longtemps, on a cru que les récits de Sade reflétaient sa propre vie. La violence
extrême des libertins (comme Dalville) a conduit les lecteurs à penser que l’auteur
pratiquait lui-même ce qu’il écrivait, ce qui explique la publication anonyme de plusieurs
œuvres.
● Les scènes de violence, comme le fouet infligé à Justine, sont poussées à un tel degré
d’excès qu’elles montrent clairement une démarche de fiction et non un témoignage
personnel. Le mot sadisme apparaîtra d’ailleurs bien après Sade, au XIX siècle.
● Sade, même s’il appartient à l’aristocratie, dénonce les abus de sa classe. Dalville incarne
le pouvoir de l’argent et de la richesse, résumé par l’idée que “le plus riche est le plus
fort”.
● Les longues années de prison de Sade et sa souffrance se reflètent dans l'œuvre à travers
de lieux clos et oppressants. Justine est condamnée à l’enfermement et privée de liberté
(“elle ne reverrai jamais le ciel”).
● Le titre Les infortunes de la vertu montre que les malheurs de Justine sont la
conséquence directe de sa morale chrétienne. Sa bonté et sa pitié ne sont jamais
récompensées.
● Justine incarne la vertu et la soumission morale, tandis que Juliett représente le
libertinage pragmatique qui mène à la réussite sociale.
● Le château isolé et inquiétant crée un espace “locus horribilis” propice à la violence,
coupé du monde et de toute loi morale.
● Sophie (Justine) est la victime naïve, tandis que Dalville incarne le libertin-boureau,
symbole de la domination et de la cruauté.
● Dalville justifie ses actes par une prétendue loi naturelle, opposant forts et faibles, en
rupture avec la pensée de Rousseau.
● Le fouet, ancien instrument pédagogique, est utilisé pour dénoncer une éducation
fondée sur la violence et l’humiliation.
● Justine ne tire aucune leçon de son expérience et reste fidèle à une morale dogmatique,
contrairement à Juliette.
● Justine se réfugie dans une église pendant un orage et une foudre traverse son corps, de
la bouche au vagin, symbolisant que même Dieu ne protège pas la vertu et que la
souffrance est inévitable pour les innocents.
● Sade présente l’homme comme naturellement cruel, trouvant du plaisir dans la
souffrance d’autrui.

2.5.- Le conte
Le conte
Le conte est un genre littéraire qui mêle narration court, aventures extraordinaires et
personnages souvent typés. Il permet de transmettre des leçons morales, philosophiques ou
critiques de la société à travers des histoires accessibles et imaginatives. Dans La Belle et la bête
de Mme Leprince de Beaumont, le conte met en avant la vertu et la morale à travers des
épreuves symboliques. Les oeuvres de Voltaire utilisent le conte et la fable pour satiriser la
société, critiquer les injustices et réfléchir sur la condition humaine, en mêlant humour, ironie
et réflexion philosophique.

• Mme Leprince de Beaumont: La Belle et la Bête [extraits]


● Le conte est destiné aux jeunes filles au XVIII siècle. Il met l’accent sur la vertu et la
bonté intérieure, supérieures à la beauté ou à l’esprit.
● La Belle prend conscience de son erreur et du chagrin qu’elle cause à la Bête («Ne suis-je
pas bien méchante…»). Cette réflexion illustre la pédagogie affective du XVIII siècle, qui
forme le cœur pour guider la raison.
● Mme Leprince de Beaumont est institutrice expérimentée. Très tôt, elle cherche à
apporter une nouvelle perspective à l’enseignement. Elle travaille pour gagner sa vie
dans des familles aristocratiques à Londres et surmonte un premier mariage
malheureux. Elle crée Le Nouveau Magasin des Enfants, recueil de contes pédagogiques
et moraux. Elle se met dans la peau de la gouvernante Mlle Bonne pour transmettre ses
leçons.
● Le rêve prémonitoire (élément merveilleux) de la Belle («couchée sur l’herbe et prête à
mourir…») la pousse à réfléchir. Le château et le jardin fleuri créent un cadre magnifique
mais menaçant, symbole de l’épreuve morale. La Belle agit avec courage et compassion
en sauvant la Bête («elle prit de l’eau dans le canal, et lui en jeta sur la tête»)
● Importance d’apprendre de ses erreurs et de se corriger. La destinée des filles est
souvent le mariage, et il faut accepter le châtiment ou la punition pour progresser. La fée
transforme les sœurs méchantes en statues, mais leur donne la possibilité de changer
(«vous ne pourrez revenir… qu’au moment où vous reconnaîtrez vos fautes»).
● Le bonheur naît d’un amour basé sur la vertu plutôt que sur l’apparence physique. La
récompense finale (le prince réapparaît à la place de la Bête, château illuminé, famille
réunie) symbolise le triomphe de la vertu.
● Le conte transmet des valeurs familiales et éducatives, importantes dans la bourgeoisie
du XVIII siècle. Utilisation de ressorts pathétiques (larmes, frayeur, corps inanimé) pour
marquer l’impact moral sur le lecteur.
● La vertu et la bonté intérieure priment sur l’apparence. La pédagogie affective et
l’enseignement moral du XVIII siècle sont illustrés par le repentir et la récompense de la
Belle. Le conte s’inscrit dans la tradition du conte merveilleux.

Voltaire: Zadig [Chapitre III] ; Micromégas [Chapitres VI et VII] ; Candide [Chapitre XXX] et
L’Ingénu [Chapitre XVI]
Voltaire est un écrivain et philosophe du XVIIIe siècle, figure majeure des Lumières. Il est
profondément marqué par le tremblement de terre de Lisbonne, qui le pousse à s’interroger
sur l’existence du mal et à remettre en cause l’idée que tout serait voulu par Dieu.
Il défend des valeurs essentielles comme la raison, la tolérance et la justice, et lutte contre le
fanatisme religieux et les abus de pouvoir. À cause de ses critiques, Voltaire a souvent des
problèmes avec l’autorité et est même emprisonné à la Bastille, ce qui renforce son combat
contre l’arbitraire.
Pour critiquer la société sans être censuré, Voltaire utilise des contes philosophiques et des
cadres exotiques, inspirés notamment des Mille et Une Nuits. Ces récits lui permettent de
montrer une justice injuste, où l’on peut accuser quelqu’un sans preuves, comme avec les
lettres de cachet.
Voltaire ne se contente pas d’écrire: il s’engage concrètement en défendant des innocents
condamnés à tort, comme dans les affaires Calas et Sirven. Enfin, il évoque parfois sa vie
personnelle, notamment ses relations amoureuses difficiles, qu’il exprime avec ironie, par
exemple avec l’image de la “lune de miel et la lune d’absinthe”.

Zadig [Chapitre III]


● Zadig est un conte philosophique qui permet à Voltaire de réfléchir au bonheur, à la
raison et à la justice. Dans le chapitre “La chienne et le cheval”, Zadig est accusé
injustement à cause de son intelligence, ce qui montre l’injustice du monde.
● L’image de la “lune de miel” et de la “lune d’absinthe” oppose le bonheur à l’amertume.
Elle montre que le bonheur conjugal est court et fragile. Pour Zadig (et pour Voltaire), les
femmes sont difficiles à vivre, ce qui renvoie à la vie personnelle de Voltaire, notamment
à sa relation compliquée avec Émilie du Châtelet.
● Déçu par l’amour, Zadig cherche le bonheur dans l’étude de la nature. La nature est
présentée comme un refuge paisible, opposé à une société dangereuse et injuste.
L’observation des animaux et des plantes montre l’importance de la raison et de la
science, valeurs centrales des Lumières. Ce passage peut être vu comme un clin d’oeil à
Rousseau, admiré pour son sens de l’observation.
● Zadig possède une sagacité exceptionnelle. Il décrit la chienne et le cheval sans les avoir
vus, uniquement grâce aux indices. Ce raisonnement par observation annonce un avant-
goût du roman policier, fondé sur la logique et la déduction.
● Le parallélisme entre la chienne de la reine et le cheval du roi est exagéré et ridicule,
leur disparition provoque une mobilisation excessive. L’expression “la chienne de la
reine” a une valeur ironique et péjorative, qui rabaisse symboliquement le pouvoir, la
chienne un animal ordinaire et la reine qui représente le pouvoir royal. Voltaire se sert de
l’ironie pour critiquer les figures d’autorité.
● Zadig est accusé et condamné sans preuves, uniquement sur des soupçons. La peine est
absurde et disproportionnée, ce qui montre l’ironie de la justice. Le discours élogieux de
Zadig envers les juges est en réalité une moquerie qui souligne leur incompétence.
● Cette critique de la justice renvoie à la réalité du XVIII siècle, marquée par les lettres de
cachet. Voltaire a lui-même été emprisonné à la Bastille et a combattu les erreurs
judiciaires (affaires Calas et Sirven). Le cadre exotique (Babylone) permet de critiquer la
société française sans censure, dans la tradition des Mille et Une Nuits.
● Être intelligent et raisonnable est dangereux dans un monde injuste. À travers Zadig,
Voltaire montre que le bonheur est toujours menacé par l’arbitraire du pouvoir. Le texte
défend les valeurs fondamentales des Lumières: raison, justice, tolérance.

Micromégas [Chapitre V, “Ce qui leur arriva avec les hommes”], et VII, “Conversation avec les
hommes”]
● Voltaire est un philosophe et écrivain du XVIII siècle, représentant des Lumières. Il défend
la raison, la tolérance et la justice. Il critique le fanatisme religieux et l’orgueil humain.
Le conte philosophique lui permet de transmettre ses idées sans être censuré.
● Le titre Micromégas repose sur une opposition (“micro” / ”méga”). Tout dépend du
point de vue: ce qui est grand pour certains est petit pour d’autres. Les hommes sont
appelés “atomes”, “insectes”, “mites”, ce qui montre qu’ils sont très petits. Micromégas
et le nain de Saturne incarnent des échelles différentes, Micromégas est immense et le
nain est plus petit que lui, mais les deux restent gigantesques par rapport aux hommes.
Cette relativité remet en cause l’importance que les hommes se donnent.
● Les hommes se croient importants et supérieurs. Vus par les géants, ils sont minuscules
et presque invisibles. Voltaire montre que l’homme n’est pas le centre de l’univers. Le
texte invite à l’humilité face à l’infiniment grand et l’infiniment petit.
● Voltaire valorise l’observation avant le raisonnement abstrait. Micromégas refuse de
juger sans examiner. Les instruments scientifiques (microscope, mesures, calculs) sont
mis en avant. Les références à des savants qui étudient les insectes, comme Réaumur et
Swammerdam, donnent un aspect sérieux au récit. La science permet de mieux
comprendre le monde et de relativiser la place de l’homme.
● Voltaire utilise l’ironie pour se moquer des faux savants. Les philosophes ne sont pas
d’accord sur la nature de l’âme. Certains répètent des théories qu’ils ne comprennent
pas. Le dogmatisme et le savoir prétentieux sont critiqués. Le philosophe inspiré de
Locke est valorisé pour son doute et sa modestie.
● Les hommes sont présentés comme violents et malheureux. Les guerres sont menées
pour des raisons absurdes et dérisoires. Voltaire critique les conflits politiques et
religieux. Il dénonce ceux qui provoquent les guerres sans y participer.
● L’homme croit tout comprendre, mais ses connaissances sont limitées. La scène du livre
blanc symbolis l’ignorance humane. Le rire des géants souligne le ridicule de l’orgueil
humain. Voltaire invite à reconnaître les limites de la raison humaine.
● Micromégas propose une réflexion sur la place de l’homme dans l’univers. Le conte
critique l’orgueil, le dogmatisme et la violence humaine. Il invite à la raison, à l’humilité
et à l’esprit critique. Ces valeurs sont au cœur de la pensée des Lumières.

Candide [Chapitre XXX]


● Pangloss, philosophe et précepteur de Candide, incarne l’optimisme de Leibniz (“tout est
pour le mieux”). Le dialogue avec le derviche montre l’inutilité des raisonnements
abstraits face aux souffrances humaines. Voltaire remet en cause une philosophie
déconnectée de la réalité.
● Le derviche refuse de parler du mal et de l’ordre du monde. Cette attitude souligne que
spéculer n’apporte ni solutions ni bonheur.
● Le vieillard turc représente l’idéal voltairien: une vie simple, autonome et laborieuse. Le
travail protège de “l’ennui, du vice et du besoin”. Il incarne une sagesse pratique,
opposée à la philosophie abstraite.
● “Il faut cultiver notre jardin” signifie:
- se concentrer sur ce qui dépend de nous
- privilégier l’action concrète à la théorie,
- trouver le bonheur dans un travail utile et modeste
● Tous les personnages travaillent et trouvent leur place. Le bonheur collectif naît de
l’effort individuel et de la coopération.
● Voltaire est déiste: il croit en Dieu, mais affirme la responsabilité humaine. Il défend les
valeurs des Lumières: raison, action, humilité, utilité sociale.
● Voltaire montre que le bonheur ne se trouve ni dans les discours philosophiques ni dans
l’optimisme aveugle, mais dans le travail concret, la vie simple et l’engagement.

L’ingénu [Chapitre XVI]


● Voltaire critique la religion, la justice et le pouvoir politique. Il oppose la pureté du bon
sauvage (Canada) à la corruption de la civilisation européenne (Paris, Versailles)
● Saint-Yves doit choisir entre deux malheurs:
- laisser mourir l’ingénu en prison
- ou se sacrifier et perdre son honneur pour le sauver
Ce choix est un dilemme cornélien
● Saint-Yves est présentée comme pure et honnête. Elle est victime d’un système injuste
qui détruit les individus innocents.
● Le Père Tout-à-tous, devise jésuite «être tout à tous», utilise la casuistique pour justifier
un acte immoral. Il affirme que la fin justifie les moyens. Voltaire montre le danger d’une
morale religieuse déformée.
● Le jésuite se montre sévère avec les faibles mais indulgent avec les puissants. Son
changement de discours face au nom de Saint-Pouange révèle son hypocrisie.
● Saint-Pouange est protégé grâce à ses relations avec le pouvoir. Versailles représente le
sommet de la corruption. L’Église est soumise au pouvoir politique.
● La référence au Père de la Chaise, personnage réel, rend le récit plus crédible. Elle
permet à Voltaire de critiquer directement l’Église et le pouvoir.
● L’Ingénu, (huron) venu du Canada, est naturellement bon et honnête. Voltaire montre
que les vrais “sauvages” sont les Européens corrompus.
● La nature (Canada, Bretagne) protège et préserve la morale. La civilisation (Paris,
Versailles) corrompt et détruit les individus.
● Le texte défend la raison, la morale naturelle et la justice, idées des Lumières. Il dénonce
les abus de pouvoir et l’hypocrisie religieuse.
SÉQUENCE 3
LE THÉÂTRE AU XVIII SIÈCLE

1.- Panorama des genres et des formes dramatiques


Au XVIIIᵉ siècle, le théâtre connaît une profonde transformation sous l’influence des Lumières.
Les dramaturges remettent en question les règles héritées du classicisme et revendiquent un
art plus proche de la réalité sociale, capable d’instruire, d’émouvoir et de faire réfléchir le
public. De nouveaux genres apparaissent, tels que le drame bourgeois théorisé par Diderot,
tandis que la comédie, notamment chez Marivaux et Beaumarchais, devient un moyen
privilégié de critique sociale. Les réflexions de Riccoboni, Mercier, Diderot ou encore Mlle
Clairon témoignent de cette volonté de réformer la dramaturgie, le jeu des acteurs et la
fonction même du théâtre, désormais conçu comme un instrument moral, social et politique.

2.- Focus sur:

2.1.- Le drame bourgeois: Diderot et Beaumarchais


● Le drame bourgeois apparaît au XVIII siècle, pendant le siècle des Lumières, et s’adresse
surtout à un public bourgeois. Il représente des situations quotidiennes et des
personnages ordinaires, contrairement à la tragédie centrée sur les rois et les héros.
● Son objectif principal est d’émouvoir le spectateur afin de l’amener à réfléchir
moralement sur la société.
● Selon Félix Gaiffe, le drame bourgeois propose un tableau émouvant et moral du milieu
bourgeois, dans des lieux familiers, et valorise des vertus comme le travail, l’honnêteté,
la paix et la sérénité, tout en critiquant l’aristocratie, jugée corrompue et oisive.
● Les deux figures majeures du genre sont Diderot et Beaumarchais:
- Diderot est le théoricien de la vie réelle, où les gestes, décors et émotions jouent
un rôle essentiel, comme dans Le Fils naturel ou Le Père de famille
- Beaumarchais met en scène les valeurs bourgeoises (famille, travail, commerce)
dans ses drames (Eugénie, Les Deux amis) et critique les inégalités sociales dans
ses comédies.
● Le drame bourgeois se distingue de la tragédie par sa vision de la famille: il valorise le
renforcement des liens familiaux, l’amour, la confiance et le pardon, faisant de la famille
bourgeoise un modèle moral.
● Les personnages sont des gens ordinaires (parents, enfants, commerçants). Les enfants
incarnent l’innocence et renforcent l’émotion. L’aristocratie est surtout présente pour
être critiquée.
● Sur le plan stylistique, le drame bourgeois rompt avec l’artificialité classique: le langage
est plus simple, les dialogues plus vifs, et la mise en scène plus réaliste.
● Les thèmes principaux sont sociaux et moraux: éloge du travail et du commerce, défense
du mariage et de la famille, opposition ville corrompue / campagne vertueuse,
compassion pour les opprimés.
● Le drame bourgeois cherche à provoquer une catharsis, c’est-à-dire une purification
morale du spectateur par l’émotion.
● À la fin du XVIII siècle, le genre décline à cause de la répétition des intrigues et du
manque de prestige face à la tragédie, avant d’être remplacé par le mélodrame.

Beaumarchais: Préface d’Eugénie: “Essai sur le genre dramatique sérieux”


[Link]
● Beaumarchais défend le drame sérieux ou drame bourgeois, un genre théâtral
intermédiaire entre la tragédie et la comédie
● Ce genre met en scène des personnages ordinaires et contemporains, surtout bourgeois,
confrontés à des conflits familiaux et moraux proches de la réalité du spectateur.
● Il critique la tragédie héroïque, trop éloignée du public et dominée par la fatalité, ainsi
que la comédie, dont le rire est jugé moralement inefficace.
● Le drame sérieux vise l’attendrissement: l’émotion et les larmes amènent le spectateur à
se reconnaître, à réfléchir et à s’améliorer moralement.
● Le public est présenté comme le véritable juge du théâtre, et Beaumarchais rejette les
règles rigides qui limitent l’innovation et le génie.
● Le drame bourgeois valorise les valeurs de la bourgeoisie (famille, travail, vertu,
honnêteté) et critique les abus de la noblesse.
● Beaumarchais reconnaît Diderot comme le fondateur et le modèle du genre, tout en
admettant les limites de sa propre œuvre.
● Il défend l’usage de la prose, plus naturelle que les vers, pour renforcer le réalisme et
l’émotion.
● Le drame sérieux est présenté comme un genre légitime, moralement utile et adapté à
la société du XVIII siècle.

2.2.- Le marivaudage. Style précieux et revendication sociale chez Marivaux


<[Link]
● Marivaux, auteur majeur du XVIII siècle: Peu d’informations sur sa vie, mais il est
reconnu comme journaliste, romancier et surtout dramaturge. Il observe le monde avec
lucidité.
● Le marivaudage: Concept central de son théâtre, désignant un jeu subtil de séduction à
travers le langage et la conversation. Il se manifeste par des dialogues vifs, courts,
dynamiques, et des répliques raffinées.
● Romans et reconnaissance: Ses romans, notamment La Vie de Marianne, ont eu un
grand succès en France et à l’étranger, mêlant réflexion morale et critique sociale.
● Thème principal: l’amour. Contrairement à Molière, Marivaux s’intéresse aux débuts de
la passion, à ses imprévus, à la sincérité et à la compatibilité des partenaires. Le hasard
et les retournements de situation jouent un rôle important.
● Personnages et rôles sociaux:
- les femmes sont lucides et supérieures dans l’analyse des sentiments,
- les hommes peuvent être vantards ou ridicules,
- les valets, comme Arlequin, servent de confidents et interviennent dans la
psychologie amoureuses
- travestissements et quiproquos révèlent les sentiments véritables et
transcendent les apparences sociales.
● Style et langage:
- Invente ou popularise des termes pour décrire la passion (tomber amoureux,
étourdir, transport)
- Abus des adverbes en -ment pour souligner la précision et le raffinement
stylistique.
● Seconde préciosité et critique sociale:
- Héritage de la préciosité du XVII siècle
- Revendication de la liberté des jeunes dans l’amour et le mariage.
- Critique subtile des rapports sociaux (maîtres/valets), avec renversement
temporaire des rôles dans L’Île des esclaves.
● Influences théâtrales: Comédie italienne et Molière, apportant souplesse, spontanéité et
vivacité au théâtre.
● Impact et originalité: Le marivaudage combine style précieux, comédie, réflexion sociale
et finesse stylistique. Il explore la complexité de l’amour et des hiérarchies sociales tout
en divertissant le spectateur, laissant une influence durable sur le théâtre et la littérature
du XVIII siècle.

3.- Quelques considérations sur la dramaturgie au XVIII e siècle


Au XVIII siècle, la dramaturgie se renouvelle. Riccoboni (De la réformation du théâtre) prône un
théâtre naturel, centré sur les passions. Mercier (Du théâtre, ou Nouvel essai sur l’art
dramatique) insiste sur vraisemblance, morale et observation sociale. Diderot (Paradoxe sur le
comédien) valorise la maîtrise de l’acteur et l’expression sincère des sentiments. Mlle Clairon
(Mémoires et Réflexions sur l’art dramatique) souligne discipline, précision des gestes et
sensibilité. Ces auteurs convergent vers un théâtre réaliste, moral et psychologiquement
convaincant.

3.1. Riccoboni: De la réformation du théâtre (1743) [Préface (p. XI-XXIII) et Ch. V «Du principal
motif de la Réformation du théâtre» (p. 49-58)]
https: //[Link]/ark: /12148/bpt6k12800834?rk=85837;2

Préface De la réformation du théâtre


● La préface (1743) est dédiée à Elisabeth Première de Russie, ce qui donne à l’ouvrage un
prestige officiel et une portée ambitieuse.
● Riccoboni, Italien installé à Paris, acteur pendant 40 ans, marié à une comédienne (Mme
Riccoboni, future écrivaine), s’appuie sur son expérience scénique pour parler du
théâtre avec autorité.
● Il adopte une captio benevolentie et une modestie apparente, se disant ni savant ni
homme de lettres, tout en rappelant son long parcours d’acteur et d’auteur dramatique.
● Il dénonce les défauts dramatiques et critiques du théâtre, ainsi que la mauvaise
réputation des comédiens, dans un contexte où le rire est parfois perçu comme
immoral, voire diabolique.
● Désormais retiré de la scène, Riccoboni se sent libre d’exprimer ses idées et d’écrire un
véritable traité de réforme du théâtre.
● En s’appuyant sur saint Thomas d’Aquin et saint Antonin, il affirme que le théâtre doit
respecter les bonnes mœurs, tout en constatant que peu de pièces répondent encore à
ces exigences.
● Il reconnaît que le théâtre peut produire un mal moral, mais estime qu’il est possible de
le corriger par des règles, des méthodes et une sélection raisonnée des œuvres.
● L’objectif final est de rendre la comédie utile aux mœurs par une moralisation du
théâtre, tout en défendant la profession de comédien et la valeur sociale de l’art
dramatique.

Chapître V «Du principal motif de la Réformation du théâtre»


● Riccoboni considère l’éducation comme un enjeu (sujet) fondamental pour la société et
l’État (res publica). Former de bons citoyens est indispensable au bon fonctionnement de
la République.
● L’auteur rejette l’idée que l’homme naît bon ou mauvais. Selon lui, la morale se
construit par l’éducation, les exemples et les préceptes ou principes.
Les parents se préoccupent davantage des apparences, des bonnes manières et de la politesse
que de la formation morale. Cette éducation superficielle conduit à la corruption progressive
des jeunes, surtout à l’adolescence.
● Les spectacles publics, en particulier le théâtre, exposent les enfants à des scènes
d’amour, à des paroles et images licencieuses qui marquent durablement leur esprit.
● Trop jeunes pour comprendre l’intrigue ou la morale des pièces, les enfants mémorisent
surtout ce qu’il y a de choquant ou de dangereux, ils retiennent le vice plutôt que la
leçon morale.
● En emmenant leurs enfants au théâtre, les parents donnent un mauvais exemple. Les
enfants imitent les adultes et considèrent le théâtre comme moralement acceptable.
● La présence de personnes âgés, nobles ou respectées au théâtre renforce l’idée que ces
spectacles sont légitimes et sans danger.
● La réforme du théâtre est indispensable pour protéger la jeunesse, préserver la
modestie des femmes et respecter la sensibilité des honnêtes gens.
● Pour Riccoboni, le théâtre doit lutter contre les vices, encourager les vertus et servir le
bien de la société, il doit avoir une fonction morale.
3.2.- Mercier : Du théâtre, ou Nouvel essai sur l’art dramatique (1773) [introduction (p. 1-6) et
chapitre I « De la fin que doit se proposer l’Art Dramatique » (p. 7-18)]

Introduction Du théâtre, ou Nouvel essai sur l’art dramatique (1773), de Mercier


● Le théâtre est un mensonge, mais ce mensonge doit rapprocher le spectateur de la
vérité et du bien.
● Le spectacle comme “tableau”, comme une image saisissante d’un moment de la vie
humaine, accessible au plus grand nombre.
● Finalité morale du théâtre: émouvoir le spectateur vers le bien, corriger les défauts et
renforcer la vertu.
● Être un écrivain utile: l’écrivain idéal agit sur les mœurs et améliore les citoyens.
● Le théâtre comme école morale: présente l’homme à l’homme, développe la raison, la
sensibilité et la compassion, et corrige les comportements sans humilier.
● Mercier admire l’art dramatique. Le théâtre est un art séduisant, ingénieux, héritage des
Anciens, mais il faut le perfectionner.
● Possibilité d’améliorer le théâtre. Créer de nouveaux genres pour toucher plus de
spectateurs et produire des effets moraux plus forts.
● Théâtre et société. La salle de spectacle est un lieu de rassemblement social et moral. Le
théâtre est un outil de cohésion et de transformation sociale.
● Défense contre les critiques → Les abus du théâtre existent, mais ils sont corrigeables.
Le théâtre est nécessaire dans une société imparfaite.
● Objectif global → éduquer, corriger, moraliser, perfectionner le spectateur et
rapprocher les hommes par l’art dramatique (vision optimiste par rapport à Riccoboni)

Chapitre I Du théâtre, ou Nouvel essai sur l’art dramatique (1773), de Mercier


● But du théâtre: émouvoir et éduquer. Le théâtre n’est pas seulement pour amuser: il
réveille la sensibilité, développe la pitié et la vertu, et enseigne à respecter les autres.
● Apprentissage par l’expérience, pas par la théorie. Les spectateurs apprennent par les
impressions et les émotions, pas par des maximes abstraites. La souffrance vécue au
théâtre rend l’homme capable de comprendre celle des autres.
● Les passions et le cœur sensible. Mercier critique l’idée que la sensibilité rend
vulnérable. Au contraire, la dureté du cœur crée des passions dangereuses comme la
haine et l’envie.
● Le nouveau genre: le drame. Le drame combine le meilleur de la tragédie et de la
comédie: touchant, utile et proche de la vie réelle, avec des personnages variés, et un
but moral fort.
● Méthode et vision du théâtre. Mercier veut analyser la tragédie et la comédie pour
montrer les limites des genres traditionnels et proposer un théâtre qui éduque,
transforme et rapproche les hommes.
3.3.- Diderot : Paradoxe sur le comédien (1773-1777 [1830])
● Le paradoxe de Diderot → Le meilleur acteur ne ressent pas vraiment les émotions qu’il
joue.
● Le jeu repose sur l’étude, pas sur l’émotion → L’acteur apprend son texte, ses gestes et
sa voix par cœur et les répète précisément.
● Illusion pour le spectateur → Le spectateur est ému, mais l’acteur reste maître de lui-
même.
● Contrôle et régularité → Comme tout est préparé, l’acteur peut toujours jouer de la
même manière, sans improvisation.
● Référence à la tragédie classique → Diderot cite Racine et Voltaire pour montrer un jeu
tragique très codifié (gestes, voix, larmes)

3.4.- Mlle Clairon: Mémoires d’Hyppolite Clairon, et Réflexions sur l’art dramatique (1798)
[«Réflexions sur l’art dramatique» (p. 22-30) et «Talens qu’on peut acquérir» (p. 62-71)]
● Texte autobiographique et théorique, écrit par Mlle Clairon, actrice tragédienne. C’est
une réflexion fondée sur la pratique, pas sur la théorie abstraite. Le style est simple,
personnel et sincère.
● Le théâtre repose sur le corps, la voix et le geste. Mlle Clairon pense qu’écrire est
presque aussi difficile que jouer. Elle écrit ces mémoires par devoir et amitié.
● Un comédien doit se connaître soi-même avant de devenir acteur. La voix est
essentielle: forte, sonore, nuancée, sans défauts (grasseyement, accent, zézaiement).
Mlle Clairon affirme que “se faire entendre est la première obligation du comédien”. Elle
cite Voltaire et Racine comme références majeures de la tragédie.
● Le théâtre n’est pas naturel. Il faut oublier sa propre personne, étudier le personnage et
l'œuvre entière et répéter beaucoup. Le jeu “naturel” est en réalité le fruit de l’art et du
travail, idée proche de la pensée de Diderot.
● Le métier d’acteur exige une bonne santé physique et une force morale et émotionnelle,
car les répétitions, représentations et voyages sont fatigants. Elle dit que la tragédie est
plus éprouvante que la comédie. Il faut une “force plus qu’humaine”.
● En outre, les comédiens doivent acquérir différents talents: danse (démarche noble et
naturelle), dessin (attitudes, costumes), musique (moduler la voix), langue (pureté,
précision, sans fautes), histoire, géographie, littérature (comprendre les œuvres).
● Mlle Clairon défend le métier d’acteur, qui est injustement méprisé. Les acteurs doivent
être respectés. Clairon critique le système de jugement des œuvres. Elle défend la
compétence et l’expérience des comédiens.

TRÈS IMPORTANT :
L’ensemble de lectures obligatoires de cette matière comprend tous les liens, tous les
documents et tous les extraits proposés au programme et pendant les cours. Veuillez bien en
consulter le corpus sur Moodle.

Vous aimerez peut-être aussi