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Le droit de grève en France a évolué depuis son interdiction en 1791 jusqu'à sa légalisation sous la IIIe République en 1884. La Constitution de la IVe République de 1946 et celle de la Ve République de 1958 ont renforcé les droits sociaux, y compris le droit de grève, tout en établissant des conditions et limitations pour son exercice, notamment pour les fonctionnaires. Des règles spécifiques encadrent le droit de grève dans la fonction publique, incluant des préavis obligatoires et des restrictions pour certains agents afin de garantir la continuité du service public.

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Le droit de grève en France a évolué depuis son interdiction en 1791 jusqu'à sa légalisation sous la IIIe République en 1884. La Constitution de la IVe République de 1946 et celle de la Ve République de 1958 ont renforcé les droits sociaux, y compris le droit de grève, tout en établissant des conditions et limitations pour son exercice, notamment pour les fonctionnaires. Des règles spécifiques encadrent le droit de grève dans la fonction publique, incluant des préavis obligatoires et des restrictions pour certains agents afin de garantir la continuité du service public.

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France: Etat, institutions, société

2025-26
[Link]@[Link]
3ème séance

Histoire
constitutionnelle de
la France:
les principes
Le droit de grève
Le droit de grève en France, une longue histoire
• 14 juin 1791 : dans un souci de cohérence avec le décret d'Allarde qui proclame la liberté
d'entreprendre et interdit les corporations, l'Assemblée constituante française interdit la
reconstitution de toute association professionnelle tant de patrons que de salariés. L'article
second de la loi du député Isaac Le Chapelier énonce: « Les citoyens d'un même état ou
profession, les entrepreneurs, ceux qui ont boutique ouverte ne pourront, lorsqu'ils se trouveront
ensemble, se nommer ni présidents, ni secrétaires, ni syndics, tenir des registres, prendre des
arrêtés ou délibération, former des règlements sur leurs prétendus intérêts communs ». Cette loi
révolutionnaire est bienvenue à l'origine car elle met fin aux dérives corporatistes de l'Ancien
Régime : protection des nantis, entraves à l'épanouissement professionnel des ouvriers et
compagnons. Mais au XIXe siècle, par un effet pervers, elle entravera la création de syndicats.
Elle sera pour cette raison abolie sous la IIIe République, le 21 mars 1884. (source revue
Hérodote)
• 12 avril 1803 : La loi du 22 Germinal an XI réaffirme l’interdiction des rassemblements d’ouvriers
et donc l’illégalité des syndicats. Elle fait aussi de la grève un délit.
• 25 mai 1864 : la loi dont le député républicain Émile Ollivier est le rapporteur, supprime le délit
de coalition tout en maintenant la grève dans d'étroites limites. Il s'agit de ne pas empêcher le
travail des non-grévistes et ne pas commettre d’acte de violences.
• 21 mars 1884 : le droit de réunion ne sera reconnu que vingt ans plus tard, sous la IIIe
République, par la loi Waldeck-Rousseau du 21 mars 1884 qui légalisera les syndicats.
L’esprit de la IVe République
Une république sociale
Les droits sociaux:
• les droits et libertés de l'homme et du citoyen consacrés par
la Déclaration des droits de 1789
• les principes fondamentaux reconnus par les lois de la
République
• les principes politiques, économiques et sociaux
particulièrement nécessaires à notre temps
→ L’État-providence organise le système de protection sociale
(Sécurité sociale ; SMIG, salaire minimum interprofessionnel
garanti, 1950). En 1956, 3e semaine de congés payés.

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Constitution de la IVe République du 27 octobre 1946
PRÉAMBULE
Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d'asservir et de dégrader la
personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion
ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l'homme
et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la
République.
Il proclame, en outre, comme particulièrement nécessaires à notre temps, les principes politiques, économiques et
sociaux ci-après :
• La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme.
• Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur les territoires de la
République.
• Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son
emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances.
• Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l'action syndicale et adhérer au syndicat de son choix.
• Le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui le réglementent.
• Tout travailleur participe, par l'intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail
ainsi qu'à la gestion des entreprises.
• Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un
monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.
• La Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement. (…)
Constitution de la Ve République du 4 octobre 1958
PRÉAMBULE
Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l'homme et aux
principes de la souveraineté nationale tels qu'ils ont été définis par la Déclaration de 1789,
confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946, ainsi qu'aux droits et
devoirs définis dans la Charte de l'environnement de 2004.
En vertu de ces principes et de celui de la libre détermination des peuples, la République offre aux
territoires d'outre-mer qui manifestent la volonté d'y adhérer des institutions nouvelles fondées
sur l'idéal commun de liberté, d'égalité et de fraternité et conçues en vue de leur évolution
démocratique.

ARTICLE PREMIER.
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité
devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte
toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.
La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions
électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales.
Le droit de grève en entreprise
Pour être valable, la grève doit réunir les 3 conditions suivantes : [Link]
• Un arrêt total du travail
• Une concertation des salariés, donc une volonté collective (l'appel d'un syndicat à faire grève
n'est pas nécessaire)
• Des revendications professionnelles (revendications salariales, portant sur les conditions de
travail ou la défense de l'emploi par exemple)
Si ces 3 conditions ne sont pas réunies, il n'y a pas exercice normal du droit de grève mais
mouvement illicite. C'est le cas notamment :
Des grèves perlées (travail effectué au ralenti ou dans des conditions volontairement défectueuses)
Des grèves limitées à une obligation particulière du contrat de travail des salariés (sur les heures
d'astreinte par exemple)
D'actions successives menant au blocage de l'entreprise sans arrêt collectif et concerté du travail
Des grèves fondées uniquement sur des motifs politiques
Le salarié participant à un mouvement illicite n'est pas protégé par le droit de grève. Il risque une
sanction disciplinaire et peut être licencié sans que l'employeur ait à prouver une faute lourde.
Les évolutions pour les fonctionnaires
• Pendant longtemps, les fonctionnaires n’ont pas eu le droit de faire
grève. Cela semblait incompatible avec les nécessités du service public
et la sauvegarde de l'ordre public et de l'autorité de l'État (CE, 7 août
1909, Winkell).

• Par la décision Dehaene (CE, 7 juillet 1950), le Conseil d'État juge qu'en
l'absence de loi applicable, il appartient aux chefs de service de
réglementer le droit de grève des fonctionnaires et d'organiser la
nécessaire conciliation entre ce droit et la continuité du service public,
que, par une décision du 25 juillet 1979, le Conseil constitutionnel a
élevée au rang de principe de valeur constitutionnelle.
Le droit de grève dans la fonction publique
[Link]

Le droit de grève est reconnu aux agents publics (sauf exceptions) avec certaines limitations possibles.
• Modalités
Art. L.521-2 à L.521-6 du code du travail
dépôt obligatoire d'un préavis par un ou plusieurs syndicats représentatifs 5 jours francs au moins avant le
début de la grève,
le préavis doit préciser les motifs de la grève, fixer le lieu, la date et l'heure de début ainsi que la durée de
la grève envisagée
pendant la durée du préavis les parties sont tenues de négocier ;
interdiction des grèves perlées ou tournantes
le non respect de ces dispositions peut entraîner des sanctions à l'encontre des grévistes.
• Limitations
En application de la jurisprudence du Conseil d'Etat, 2 grandes catégories d'agents peuvent se voir ordonner
de demeurer à leur poste en cas de grève :
les personnels d'autorité qui participent à l'action gouvernementale
les agents assurant le fonctionnement des services indispensables à l'action gouvernementale, à la garantie
de la sécurité physique des personnes ou à la conservation des installations et du matériel.
Les limitations du droit de grève (mise en place d'un service minimum) sont effectuées par le pouvoir
règlementaire sous le contrôle du juge administratif.
Les interdictions de faire grève

Certains agents publics n’ont pas le droit de faire grève :


• les personnels des services actifs de la police nationale,
• les membres des compagnies républicaines de sécurité (CRS),
• les magistrats judiciaires,
• les militaires,
• les personnels des services extérieurs de l'administration pénitentiaire,
• les personnels des transmissions du Ministère de l'Intérieur.
Le service minimum
• Certains agents doivent assurer un service minimum (par exemple, les
agents hospitaliers).
• Dans les écoles maternelles et élémentaires, si l'enseignant est absent,
un service d'accueil des élèves doit être mis en place par la commune
ou les services de l'Éducation nationale, depuis 2007.
• En cas de grève portant gravement atteinte à la continuité du service
public ou aux besoins de la population, certains agents peuvent être
réquisitionnés. La réquisition peut être décidée par les ministres, les
préfets ou les directeurs des structures répondant à un besoin
essentiel.
• La loi n°2007-1224 du 21 août 2007 « sur le dialogue social et la
continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de
voyageurs »
La définition d’un service minimum pour certains services publics
territoriaux en cas de grève
L’autorité territoriale et les organisations syndicales peuvent engager des
négociations en vue de la signature d’un accord visant à assurer la continuité
des services publics de collecte et de traitement des déchets des ménages,
de transport public de personnes, d’aide aux personnes âgées et handicapées,
d’accueil des enfants de moins de trois ans, d’accueil périscolaire, de
restauration collective et scolaire dont l’interruption en cas de grève des
agents publics participant directement à leur exécution contreviendrait au
respect de l’ordre public, notamment à la salubrité publique, ou aux besoins
essentiels des usagers de ces services.

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