Bactériologie / Parasitologie
Examen cytobactériologique des urines (ECBU)
Conditions de prélèvement
Recueillir les urines de la première miction du matin après toilette et désinfection locale avec une solution
antiseptique
(type Dakin). Les premières gouttes d'urine seront éliminées et les 20 à 50 ml suivants seront recueillis
dans un pot
stérile.
Si possible, le prélèvement sera fait avant la mise en route d'un traitement antibiotique ; dans le cas
contraire signaler le
traitement en cours.
Noter le nom et le prénom sur le flacon et le garder au frais avant de l'amener au laboratoire.
Pour réaliser un prélèvement chez le nourrisson, un collecteur stérile pourra être mis en place (poche
stérile
autocollante) ; ne pas le laisser plus d'une demi-heure.
Chez les sujets ayant une sonde urinaire, le prélèvement peut être fait directement par ponction de la
sonde.
Intérêt du test
Cette analyse comporte un examen direct de l'urine au microscope et une mise en culture afin de
rechercher et
d'identifier la présence de germes. L'ECBU permet de rechercher une infection urinaire (cystite,
pyélonéphrite) et
d'identifier le(s) germe(s) en cause. Si un germe est trouvé, un antibiogramme peut alors être réalisé (voir
ce terme)
pour guider le médecin dans sa prescription d'antibiotique.
Résultat normal
Examen cytologique : < 10 éléments / mm3
Examen bactériologique : culture stérile (ou < 103 germes /ml)
Résultats pathologiques
Examen cytologique : Présence de leucocytes parfois très nombreux, altérés
Examen bactériologique : identification d'1 ou plusieurs germes ; quantité > 105/ml
Cystite ou infection urinaire basse à Escherichia coli, Proteus, Staphylococcus saprophyticus…
Pyélonéphrite aiguë avec le même type de germe que dans la cystite
Chez l'homme : Cystite souvent + prostatite aiguë /chronique ; épididymite aiguë (Gonocoque,
Chlamydia)
Chez l'enfant jeune, si les infections urinaires sont récidivantes, rechercher une éventuelle malformation
ou un
reflux urinaire
Examen cyto-bactériologique des urines : ECBU
Définition
L'examen cyto-bactériologique des urines ou ECBU est un prélèvement stérile des urines
dans le
but de réaliser une analyse cytologique et bactériologique.
Cadre législatif
Soin infirmier sur prescription médicale : art. R.4311-7 décret 2004-802 du 29/07/2004.
Indications
Surveillance ou suspicion d'un trouble biologique.
Suspicion d'une infection urinaire.
Bandelette uriniaire réactive positive aux leucocytes.
ECBU chez un patient continent
Matériel
Matériel pour la toilette génito-urinaire :
Savon doux.
Gant de toilette.
Serviette de toilette.
Matériel pour la toilette génito-urinaire antiseptique :
Antiseptique non moussant : polyvidione iodée gynécologique ou chlorexidine aqueuse.
Compresses stériles.
Matériel pour le recueil :
Flacon d'analyse stérile.
Etiquettes laboratoire d'identification patient.
Bons d'analyses laboratoire, avec pochette de transport.
Matériel divers :
Sac à élimination des déchets papier et matériel non contaminé.
Nécessaire à l'hygiène des mains.
Réalisation du soin
Vérifier la prescription médicale.
Vérifier la date de péremption du matériel.
Demander au patient de se laver les mains.
Lui demander de réaliser une toilette génito-urinaire à l'eau et au savon et de bien rincer.
Lui demander de réaliser une toilette génito-urinaire antiseptique avec les compresses stériles
imbibées d'antiseptique, en lui expliquant comment faire :
Demander d'aller du pubis vers l'anus.
Pour les femmes : aller des petites lèvres aux grandes lèvres en s'écartant du méat urinaire.
Pour les hommes : décalotter le gland.
Demander de recueillir le milieu du jet dans le flacon stérile sans mettre les doigts à l'intérieur
de
celui-ci et faire attention à ne pas mettre en contact le flacon avec la région génitale.
Lui demander de se laver les mains.
Vérifier la concordance des étiquettes et de l'identité du patient puis étiqueter le flacon,
remplir les
bons d'analyse et acheminer le flacon au laboratoire d'analyse.
Noter sur les bons d'analyse la température du patient, son traitement antibiotique, autres
informations importantes.
ECBU chez un patient incontient
Matériel
Matériel pour effectuer un sondage intermittent.
Matériel pour le recueil :
Flacon d'analyse stérile.
Etiquettes laboratoire d'identification patient.
Bons d'analyses laboratoire, avec pochette de transport.
Réalisation du soin
Vérifier la prescription médicale.
Installer le matériel après vérification des dates de péremptions et de l'intégrité des
emballages.
Informer le patient du soin.
Effectuer un sondage intermittent.
Recueillir le milieu du jet dans le flacon stérile en faisant attention à ne pas mettre en contact
le
flacon avec la région génitale.
Réinstaller le patient, jeter le matériel, éliminer le reste des urines.
Effectuer un lavage simple des mains ou effectuer un traitement hygiénique des mains par
frictions
avec une solution hydro-alcoolique : hygiène des mains.
Vérifier la concordance des étiquettes et de l'identité du patient puis étiqueter le flacon,
remplir les
bons d'analyse et acheminer le flacon au laboratoire d'analyse.
Noter sur les bons d'analyse la température du patient, son traitement antibiotique, autre
informations
importantes.
ECBU chez un patient sondé
Matériel
Monovette pour ECBU ou seringue stérile 10 mL (prévoir alors un flacon d'analyse stérile).
Aiguille pompeuse (rose : 18 Gauge).
Compresses stériles.
Antiseptique : polyvidione iodée ou chlorexidine.
Pince kocher (clamp).
Compresse non stérile.
Gants non stériles à usage unique.
Sac à élimination des déchets.
Conteneur à déchets contaminés piquants et tranchants.
Désinfectant de surface et chiffonnette.
Nécessaire à l'hygiène des mains.
Réalisation du soin
Vérifier la prescription médicale.
Informer le patient du soin.
Clamper la sonde au-dessus du site de ponction : ne pas clamper directement la sonde, mettre
une
compresse entre le clamp et la sonde pour ne pas abîmer la sonde.
Installer le matériel après vérification des dates de péremptions et de l'intégrité des
emballages.
Effectuer un lavage simple des mains ou effectuer un traitement hygiénique des mains par
frictions
avec une solution hydro-alcoolique : hygiène des mains.
Installer le matériel, adapter l'aiguille à la monovette ou à la seringue en fonction du matériel
choisi.
Mettre les gants non stériles.
Désinfecter le site de ponction avec une compresse stérile imbibée d'antiseptique.
Prélever les urines à travers le site de ponction avec la monovette ou la seringue.
Dans le cas d'un prélèvement à la seringue, transvaser les urines dans le flacon stérile.
Cette étape augmente les risques de contamination lors du transfert c'est pourquoi il est
préférable d'utiliser la monovette qui permet d'effectuer directement le recueil.
Jeter le matériel.
Effectuer un lavage simple des mains ou effectuer un traitement hygiénique des mains par
frictions
avec une solution hydro-alcoolique : hygiène des mains.
Vérifier la concordance des étiquettes et de l'identité du patient puis étiqueter le flacon,
remplir les
bons d'analyse et acheminer le flacon au laboratoire d'analyse.
Noter sur les bons d'analyse la température du patient, son traitement antibiotique, autres
informations importantes.
Risques et complications
Contamination bactérienne du prélèvement :
Respecter rigoureusement les règles d'antisepsie et de recueil.
Si impossibilité d'acheminer immédiatement le recueil au laboratoire d'analyse, conserver le
recueil
au réfrigérateur à + 4° pour éviter la prolifération des germes.
Coproculture = Examen bactériologique des selles
Conditions de prélèvement
Prélèvement de selles réalisé dans un récipient stérile ; 1 échantillon est suffisant.
Transporter le prélèvement rapidement au laboratoire (ou le garder au frais en attendant).
Signaler l'existence d'un traitement antibiotique éventuel.
Intérêt de l'examen
La coproculture à visée bactériologique permet de rechercher et d'identifier des germes pathologiques qui
sont
normalement absents : salmonelles, Shigelles, Campylobacter, certains Escherichia coli, Vibrio cholerae…
Ces germes
peuvent être responsables de diarrhées et d'infections digestives.
Résultat normal
Présence d'une flore saprophyte normale
Résultats pathologiques
Infections digestives et diarrhées aiguës mettant en cause les germes cités précédemment ou des virus
(Rotavirus) ou
encore des parasites (voir "Examen parasitologique des selles"). Ils peuvent provenir d'une infection
alimentaire, d'un
problème d'hygiène en particulier après séjour en pays tropical.
Hémoculture
Conditions de prélèvement
Prélèvement de sang pour mise en culture et recherche de germes :
Il sera effectué si possible avant la mise en place d'un traitement antibiotique. Il s'agit d'un prélèvement
de sang veineux
réalisé en général au pli du coude ; le volume prélevé est immédiatement injecté dans des flacons pour
hémoculture. En
général, 3 prélèvements, espacés de 3 ou 4 heures, sont effectués, si possible au moment des pics de
température ou au
contraire d'hypothermie.
Intérêt de l'examen
L'hémoculture consiste à mettre en culture un prélèvement de sang afin d'identifier un ou plusieurs
germes. La présence
de germes dans une hémoculture (et donc dans le sang du patient) signifie qu'il existe chez le patient une
bactériémie ;
lorsque celle-ci s'accompagne d'un syndrome infectieux, on parle de septicémie dont la forme la plus
grave est le choc
septique. L'hémoculture permet donc de poser un diagnostic de septicémie, d'identifier le(s) germe(s)
responsable(s) et
de réaliser un antibiogramme (voir ce terme) pour orienter le médecin dans la prescription d'un traitement
antibiotique
efficace.
Résultat normal
Culture stérile
Résultats pathologiques
Isolement répété du même germe : septicémie dont le point de départ infectieux pourra être précisé par
le
germe identifié, le contexte clinique : infection pulmonaire, endocardite, pyélonéphrite, infection après
intervention chirurgicale, morsures ou griffures animales, infection nosocomiale acquise à l'hôpital.
Isolement de germes différents : il faudra alors évoquer un terrain particulier (cirrhose, problème
immunitaire)
ou un foyer infectieux (digestif : sigmoïdite / cutané : escarre, plaies diverses).
Examen parasitologique des selles
Conditions de prélèvement
La totalité des selles émise en une fois sera recueillie dans un pot stérile rapidement amené au laboratoire
(ou conservé
au frais).
Dans certains cas, il pourra s'avérer nécessaire de renouveler le prélèvement.
Intérêt de l'analyse
L'examen parasitologique des selles permet de diagnostiquer des parasitoses intestinales. Celles-ci sont
responsables de
diarrhées accompagnées d'autres symptômes qui varient selon les parasites en cause. L'examen consiste
à rechercher
directement le parasite par observation au microscope (après des traitements particuliers effectués sur le
prélèvement).
De très nombreux agents différents peuvent être en cause (agents transmis par l'alimentation et les mains
souillées, suite
à un voyage en zone d'endémie ou non, émergence chez les sujets immunodéprimés de parasites dits
opportunistes car
non pathogènes chez les sujets en bonne santé).
Résultats
Recherche négative : il peut être opportun de répéter cette recherche si l'on suspecte vraiment une
parasitose
car certains parasites ne sont émis dans les selles que par intermittence.
Mise en évidence de kystes d'amibes : certains ne sont pas pathogènes (kystes d'Entamoeba coli ) ; leur
présence est simplement signalée.
Kystes d'amibes pathogènes indiquant une amibiase colique ; des examens complémentaires pourront
alors être
nécessaires.
Oxyurose : parasitose fréquente surtout chez l'enfant. Le diagnostic peut être posé à partir d'un
prélèvement de
selles mais également par un "scotch test" : un ruban de scotch doit être appliqué le matin avant la
toilette sur
la marge anale puis collé sur une lame de verre adressée au laboratoire.
Oeufs d'ascaris mis en évidence à l'examen des selles
Oeufs de trichocéphale
Oeufs d'Hymenolepis
Oeufs d'ankylostomes (origine tropicale)
Larves d'anguillule (nécessite alors un deuxième prélèvement pour coproculture) (origine tropicale)
Anneaux de Taenia (agent du "ver solitaire"
Kystes de Giardia
Cryptosporidies
Autres coccidioses
Microsporidioses