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Intégrations

Le document présente un cours d'analyse sur l'intégration, incluant des définitions, propriétés et méthodes d'intégration. Il aborde des concepts tels que les sommes de Darboux, les classes de fonctions intégrables, et la valeur moyenne d'une fonction. Des théorèmes et exemples illustrent les principes fondamentaux de l'intégration définie et Riemann.

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COURS D’ANALYSE 2

Dr Kpèbbèwèrè Cédric SOME

3 mai 2023
TABLE DES MATIÈRES

1 Intégration 2
1.1 Intégration définie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.1 Propriétés-définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.2 Classe de fonctions intégrables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.3 Propriétés de l’intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.4 Valeur moyenne d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.5 Intégrale fonction de sa borne supérieures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 Méthodes d’intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.1 Changement de variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.2 Intégration par parties . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.3 Intégration des fonctions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.4 Fonctions rationnelles trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.5 Intégrales de fonctions rationnelles hyperboliques . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.6 Intégrales abéliennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3 Intégrale généralisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.3.1 Généralités : Définition des intégrales généralisées . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.3.2 Etude de convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

1
CHAPITRE 1
INTÉGRATION

1.1 Intégration définie


1.1.1 Propriétés-définitions
Soit f : [a, b] −→ R bornée. Soit σ une subdivision de [a, b] où σ = (a = x0 < x1 < x2 < · · · < xn = b).
On note δ(σ) = sup (xi+1 − xi ).
δ(σ) est appelé le pas de la subdivision et on admet que δ(σ) −→ 0.
n→+∞
Pour tout δ on pose :
n−1
X
S(σ) = (xi+1 − xi ) mi avec mi = min f (x)
xi ≤x≤xi+1
i=0

et
n−1
X
S(σ) = (xi+1 − xi ) Mi avec Mi = max f (x)
xi ≤x≤xi+1
i=0

Définition 1.1.1 S(σ) et S(σ) sont appelés sommes de DARBOUX inférieure et supé-
rieures respectivement.

Remarque 1.1.1 S(σ) et S(σ) sont en fait des aires des rectangles inférieurs et supérieurs mis
en évidence sur le graphe de f .

Propriété 1.1.1 On a les résultats suivants :


(1) Les sommes S(σ) sont croissantes avec n.
(2) Les sommes S(δ) sont décroissantes avec n.
(3) S(σ) ≤ S(σ) pour toute subdivision δ.

Définition 1.1.2 (Critère d’intégralité) Soit f : [a, b] −→ R bornée.


f est intégrable au sens de Riemann sur [a, b] si et seulement si lim [S(σ) − S(σ)] = 0 c’est-à-
δ(σ)→0
dire le nombre de points de la subdivision tend vers l’infini.

2
Proposition 1.1.1 Les suites S(σ) et S(σ) convergent vers une même limite finie appelée inté-
grale définie sur [a, b]. On la note
Z b Z
I (f ) = f (x)dx = f (x)dx
a [a,b]

Preuve :
En effet les suites S(σ) et S(σ) sont adjacentes et convergent vers la même limite.

Remarque 1.1.2 Pour toute subdivision δ, on a : S(σ) ≤ I (f )) ≤ S(σ).


Exemple 1.1.1 1) f (x) = 1, ∀x ∈ [a, b]
On a :
n−1
X Z b
mi = Mi = 1, ∀i et S(σ) = S(σ) = (xi+1 − xi ) = b − a = dx
i=0 a

2) f (x) = x2 , x ∈ [0; 1]
1 2 i 1
 
σ = x0 = 0, x1 = , x1 = , · · · , xi = , xn = 1 c’est-à-dire pour tout 0 ≤ i ≤ n, xi+1 − xi = .
n n n n
Alors
n−1 n−1
X 1 i2
mi avec mi = min f (x) = x2i = 2
X
S(σ) = (xi+1 − xi ) mi =
i=0 n n
xi ≤x≤xi+1
i=0
Donc
n−1
X 1 i2 1 n−1 1 (n − 1) × n × (2n − 1) (n − 1)(2n − 1)
i2 = 3 ×
X
S(σ) = × 2 = 3 =
i=0 n n n i=0 n 6 6n2
Par ailleurs :
n−1 n−1
1 (i + 1)2
max f (x) = x2i+1 =
X X
S(σ) = (xi+1 − xi ) Mi = Mi avec Mi =
i=0 i=0 n xi ≤x≤xi+1 n2
Donc
n−1
1 (i + 1)2 1 n−1 2 1 Xn
n(n + 1)(2n + 1)
k2 =
X X
S(σ) = × 2
= 3
(i + 1) = 3
i=0 n n n i=0 n k=1 6n3
1
On obtient bien : lim S(σ) = lim S(σ) =
n→+∞ n→+∞ 3
Remarque 1.1.3 On a :
n
2 2 2 2 n(n + 1)(2n + 1)
i2 =
X
1 + 2 + 3 + ··· + n =
i=1 6
et n
n2 (n + 1)2
13 + 23 + 33 + · · · + n3 = i3 = (1 + 2 + 3 + · · · + n)2 =
X

i=1 4
Proposition 1.1.2 Soient f : [a, b] −→ R bornée et σ une subdivision de [a, b]. Alors
n−1
X
S(σ) = f (ci )
i=0

avec ci ∈ [xi , xi+1 ] est appelé somme de Riemann et on a


Z b n−1
X
I (f ) = f (x)dx = lim S(σ) = lim f (ci )
a δ(σ)→0 n→+∞
i=0

3
1.1.2 Classe de fonctions intégrables
Théorème 1.1.1 Toute fonction monotone sur [a, b] est Riemann intégrable sur [a, b].
Remarque 1.1.4 Toute fonction bornée ou monotone ou continue sur [a, b] est Riemann intégrable
sur [a, b].

1.1.3 Propriétés de l’intégrale


Z b n o
1) I(f ) = f (x)dx = Air(D) où D = (x, y) ∈ R a ≤ x ≤ b; f (a) ≤ y ≤ f (b)
a
2) Relation de Charles :
Z b Z c Z b
∀c ∈ [a, b], f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx
a a c

En particulier si a = b, on a
Z a Z c Z b
I (f ) = f (x)dx = 0 et f (x)dx = − f (x)dx
a a c

3) Linéarité de l’intégrale : si f et g sont intégrables sur [a, b] et si λ ∈ R alors f + g et λf sont


intégrables sur [a, b] et on a :
Z b Z b Z b Z b Z b
(f + g) (x)dx = f (x)dx + g(x)dx et (λf ) (x)dx = λ f (x)dx
a a a a a

On note R[a, b] = {f : [a, b] −→ R, Riemann intégrable}c’est-à-dire R[a, b] est l’ensemble des fonc-
tions définie de [a, b] vers R qui sont Riemann intégrables sur [a, b].
Rb
4) Signe de l’intégrale : Si f ≥ 0 sur [a, b] alors a f (x)dx ≥ 0.

Z b Z b
5) Si ∀x ∈ [a, b], f (x) ≤ g(x) alors f (x)dx ≤ g(x)dx.
a a
Z b Z b
6) f (x)dx ≤ f (x) dx.
a a

1.1.4 Valeur moyenne d’une fonction


Définition 1.1.3 Soit f ∈ R[a, b]. On appelle valeur moyenne de f sur [a, b] le scalaire :
1 Zb
µ= f (x)dx
b−a a
Remarque 1.1.5 La moyenne µ de f peut encore s’obtenir comme suit :
1 Zb f (x1 ) + f (x2 ) + · · · + f (xn )
µ= f (x)dx = lim
b−a a n→+∞ n
c’est-à-dire
1 n−1 n
! !
1 Zb X b−a 1X b−a
µ= f (x)dx = lim f a+ i = lim f a+ i
b−a a n→+∞ n i=0 n n→+∞ n i=1 n

4
Exemple 1.1.2 On considère la somme définie par la suite (un )n≥1 suivante :
n
X 1
un =
k=1 n + k

La suite (un )n≥1 est convergente car elle est croissante et majorée par 2. On a :
n n n
X 1 1X 1 1X 1
un = = k = f ( nk ) où f (x) =
k=1 n + k n k=1 1 + n
n k=1 1+x
k
Comme 1 ≤ k ≤ n alors 0 < ≤ 1. Ainsi en prenant : a = 0, b − a = 1 on a b = 1 et :
n
n
1X k
Z 1
1
lim un = lim f(n) = dx = ln 2
n→+∞ n→+∞ n
k=1 0 1+x

Théorème 1.1.2 (Formule de la moyenne) Soit f : [a, b] −→ R continue. Alors il existe


c ∈ [a, b] tel que
1 Zb
f (c) = f (x)dx
b−a a
Preuve : f étant continue sur le compact [a, b] alors f atteint ses bornes sur [a, b]. Par conséquent
il existe deux réels m, M tels que
∀x ∈ [a, b], m ≤ f (x) ≤ M
Par intégration sur [a, b], on a :
Z b Z b Z b Z b
m dx ≤ f (x)dx ≤ M dx ⇐⇒ m(b − a) ≤ f (x)dx ≤ M (b − a)
a a a a

c’est-à-dire
1 Zb
m≤ f (x)dx ≤ M
b−a a
Comme ([a, b]) ⊂ [m, M ] alors d’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe c ∈ [a, b] tel
que
1 Zb
f (c) = f (x)dx
b−a a

Définition 1.1.4 Soit f ∈ R[a, b]. On appelle valeur efficace de la fonction f , le réel
s
1 Zb
fef f = (f (x))2 dx
b−a a
. fef f est utilisée pour l’étude de certains phénomènes physiques.
Exemple 1.1.3 Soit I = I0 sin(ωt + ϕ), le courant sinusoïdal. L’intensité efficace est :
1ZT 2 2 I 2 Z T 1 − cos(2ωt + ϕ) I2
2
Ief f = I0 sin (ωt + ϕ)dt = 0 dt = 0 avec T, la période du signal.
T 0 T 0 2 2
Ainsi
2 I0
Ief f = √
2

5
1.1.5 Intégrale fonction de sa borne supérieures
Définition 1.1.5 Soit f ∈ R[a, b], alors pour tout x ∈ [a, b], f ∈ R[a, x]. On considère la fonction

F : [a, b] −→ R Z x
(1.1)
x 7−→ F (x) = f (t)dt.
a

Alors : F est la primitive de f sur [a, b] qui s’annule en a, t est appelé variable d’intégration
(muette) et x la borne d’intégration.

Théorème 1.1.3 (Fondamental) Soit f : [a, b] −→ R et F une fonction définie par (1.1).
Alors :
1) Si f est intégrable sur [a, b] alors F est continue sur [a, b].
2) f continue sur [a, b] =⇒ F est dérivable sur [a, b] et ∀x ∈ [a, b], F 0 (x) = f (x).

Preuve :
1) Soit x0 ∈ [a, b]. On a,
Z x Z x0 Z x
∀x ∈ [a, b], F (x) − F (x0 ) = f (t)dt − f (t)dt = f (t)dt.
a a x0

Donc Z x
|F (x) − F (x0 )| ≤ |f (t)| dt ≤ M |x − x0 | avec M = sup |f (t)|.
x0 a≤t≤b

Alors,
lim F (x) = F (x0 ).
x→x0

Donc F est continue en tout point x0 de [a, b].

2) Comme f est continue sur [a, b] alors la formule de la moyenne nous dit que

∃c ∈ (x0 , x) | F (x) − F (x0 ) = (x − x0 )f (c),

c’est-à-dire
F (x) − F (x0 )
= f (c)
x − x0
et comme,
lim f (c) = f (x0 ),
x→x0

alors
F (x) − F (x0 )
lim = f (x0 ) = F 0 (x0 ).
x→x0 x − x0
Donc
F 0 (x0 ) = f (x0 ).
Ainsi,
∀x ∈ [a, b], F 0 (x) = f (x).

6
Remarque 1.1.6 F est une primitive de f sur [a, b] si et seulement si ∀x ∈ [a, b], F 0 (x) = f (x).
Proposition 1.1.3 Si F et G sont deux primitives de f sur [a, b], alors
G(x) = F (x) + k, ∀x ∈ [a, b]. (1.2)
Remarque 1.1.7 Si F est une primitive de f sur [a, b], alors
Z x
F (x) = f (t)dt + k
a

Si x = a alors F (a) = k d’où


Z x Z b
F (x) = F (a) + f (t)dt ⇐⇒ f (t)dt = F (b) − F (a)
a a

Notation : Z b
f (t)dt = [F (x)]ba = F (b) − F (a)
a

Exercice 1.1.1 Soit f : R −→ R une fonction continue, u, v : R −→ R deux fonctions dérivables.


Montrer que
Z v(x)
ϕ(x) = f (t)dt
u(x)

est dérivable sur R et calculer sa dérivée ϕ0 (x), ∀x ∈ R.


Exercice 1.1.2 Calculer la dérivée de
Z 2
F (x) = sin tdt.
x

Proposition 1.1.4 (Intégrale de Schwarz) Soit f, g ∈ R[a, b]. Alors :


Z b Z b !1 Z b !1
2 2
2 2
f (x)g(x)dx ≤ (f (x)) dx (g(x)) dx (1.3)
a a a

Preuve :
f, g ∈ R[a, b] =⇒ (f + tg)2 ∈ R[a, b], ∀t ∈ R. On a :
Z b Z b Z b Z b
2 2 2
0≤ (f + tg) (x)dx = f (x)dx + 2t f (x)g(x)dx + t g 2 (x)dx = C + Bt + At2
a a a a
avec Z b Z b Z b
2
A= f (x)dx , B=2 f (x)g(x)dx , C= g 2 (x)dx
a a a
Donc
At2 + Bt + C ≥ 0 , ∀t ∈ R
=⇒ ∆ = B 2 − 4AC ≤ 0
Z b !2 Z b Z b
2
=⇒ 4 f (x)g(x)dx ≤4 f (x)dx × g 2 (x)dx
a a a
s
Z b Z b Z b
=⇒ f (x)g(x)dx ≤ f 2 (x)dx × g 2 (x)dx
a a a

7
1.2 Méthodes d’intégration
1.2.1 Changement de variable
On désire calculer l’intégrale : Z b
I= f (x)dx
a
Soit ϕ : [a, b] −→ (ϕ(a), ϕ(b)) une fonction bijective, dérivable.
On pose :

x = ϕ(t). (1.4)

Donc

dx = ϕ0 (t)dt. (1.5)

Supposons que ϕ est une strictement croissante sur [a, b]. Alors

a ≤ x ≤ b ⇐⇒ ϕ(a) ≤ ϕ(t) ≤ ϕ(b) (1.6)

et l’intégrale ci-dessus se calcule comme suit :


Z ϕ(b)
I= f (ϕ(t)) ϕ0 (t)dt (1.7)
ϕ(a)

Exemple 1.2.1 Déterminer toutes les fonctions F définies par :


Z
dx
F (x) = , a>0
x2 + a2
Posons
x = at.
Alors
dx = adt.
Et Z
adt 1 Z dt 1
F (x) = = = arctan t + c , c ∈ R.
a2 t2 + a2 a t2 + 1 a
Donc
1 x
 
∀x ∈ R, F (x) = arctan + c, c ∈ R.
a a
Exercice 1.2.1 Calculer
Z 2
dx
.
0 4 + x2
Remarque 1.2.1 Attention aux bornes d’intégration.

Exemple 1.2.2 Déterminer les fonctions F définies par :


Z
dx
F (x) = , a > 0 avec a 6= x.
a2 − x2

8
Posons
x = au.
Alors
dx = adu.
Et ainsi :
Z
adu 1Z dt 1
F (x) = = = argth(u) + c , c ∈ R.
a −a u
2 2 2 a 1−u 2 a
Donc :
1 x 1 x+a
   
F (x) = argth +c= ln + c , ∀x ∈] − a, a[, (c ∈ R).
a a 2a −x + a
Remarque 1.2.2 Voir un cours d’Analyse 1 pour les écritures logarithmiques des fonctions hy-
perboliques réciproques. On a :
1 1+x
 
argth(x) = ln , ∀x ∈] − 1, 1[.
2 1−x
Autre méthode :
1
L’expression littérale de la décomposition en éléments simples de est :
a2 − x2
1 1 α β
= = + .
a2 −x 2 (a − x)(a + x) a−x a+x
Déterminons α et β.
Pour ce faire multiplions l’égalité ci-dessus par a − x. On a alors :
1 β(a − x) 1 1
=α+ =⇒ α = lim = .
a+x a+x x→a a+x 2a
De même :
1 α(a − x) 1 1
= + β =⇒ β = lim = .
a−x a−x x→−a a − x 2a
Donc
1 1
!
1 Z 1 1 1
Z  
2a 2a
F (x) = + dx = + dx = (− ln |a − x| + ln |a + x|) + c
a−x a+x 2a a−x a+x 2a
c’est-à-dire
1 a+x
F (x) = ln + c, ∀x ∈ R \ {a}
2a a−x
Exercice 1.2.2 Calculer de deux manières :
Z 3
2 dx
.
0 3 − x2

Exemple 1.2.3 Déterminer les fonctions (toutes les primitives de 1 − x2 ) définies par :
Z √
F (x) = 1 − x2 dx

9
On pose :
π π
 
x = sin t, t ∈ − ;
2 2
Donc
t = arcsin x, x ∈ [−1; 1].
x = sin t =⇒ dx = cos tdt.
Et,
√ q √ π π
 
2
1 − = 1 − sin t =
x2 t = cos t car cos t ≥ 0, ∀t ∈ − ;
cos2 .
2 2
Z Z
1 + cos 2t t 1 t 1
F (x) = cos2 tdt = dt = + sin 2t + c = + sin t cos t + c, c ∈ R.
2 2 4 2 2
Donc
1 1 √
F (x) = arcsin x + x 1 − x2 + c, ∀x ∈ [−1, 1] c ∈ R.
2 2
Exercice 1.2.3 Calculer Z 1√ Z √3 √
1 − x2 dx ; 3 − x2 dx.
0 0

1.2.2 Intégration par parties


Théorème 1.2.1 Soient u et v deux fonctions dérivables sur [a, b]. Alors
Z b Z b
0
uv = [uv]ba − u0 v.
a a

Exercice 1.2.4 Déterminer par des intégrations par parties les primitives
Z
F (x) = ln xdx

Exercice 1.2.5 Déterminer par des intégrations par parties les primitives
Z
F (x) = arctan xdx.

1.2.3 Intégration des fonctions rationnelles


P (x)
Soit f (x) = avec deg P < deg Q.
Q(x)
Si deg P ≤ deg Q, on décompose f en éléments simples, comme suit :
n m
Ai ai x + b i
avec Ai , ai , bi , xi , λi ∈ R, n, m, αi , βi ∈ N∗ (tous constants).
X X
f (x) = E(x)+ α
+ 2 βi
i=1 (x − xi )
2
i=1 (x + λi )
i

E est un polynôme et deg E = deg P − deg Q. f est dite propre si et seulement si deg P < deg Q.

Exercice 1.2.6 Déterminer Z


x4
F (x) = dx.
(x + 1)(x2 + 1)

10
x4
Décomposons f (x) = en éléments simples. On a :
(x + 1)(x2 + 1)
x4 1
f (x) = 2
=x−1+ .
(x + 1)(x + 1) (x + 1)(x2 + 1)
Posons
1
R(x) = .
(x + 1)(x2 + 1)
Décomposons R en éléments simples. On a :
c ax + b
R(x) = + 2 ; a, b, c ∈ R.
x+1 x +1
Déterminer enfin les réels a, b, c. On a alors
!
Z
c ax + b
F (x) = x−1+ + 2 dx.
x+1 x +1
Exercice 1.2.7 Déterminer
x4
F (x) = 4
x −1
On trouve
1 x−1 1
F (x) = x + ln − arctan x + c , c ∈ R.
4 x+1 2

1.2.4 Fonctions rationnelles trigonométriques


On souhaite déterminer les fonctions F définies par :
Z
F (x) = R(cos x, sin x)dx. (1.8)

où R est une fonction rationnelle en cos(x) ou sin(x).


Pour cela, on effectue le changement de variable :
x
 
t = tan avec |x| < π. (1.9)
2
Donc
1 
dt = 1 + t2 dx
2
soit
2dt
dx = . (1.10)
1 + t2
Par ailleurs on obtient de (1.9) par calculs les relations suivantes :
2t 1 − t2
sin x = , cos x = . (1.11)
1 + t2 1 + t2
Par suite (1.8) devient
!
Z
1 − t2 2t 2dt
F (x) = R1 ; × . (1.12)
1 + t2 1 + t2 1 + t2
Cas particuliers :

11
1. Si R est paire alors on pose t = sin x ou t = tan x.
2. Si R est impaire, alors, on pose t = cos x.

Exercice 1.2.8 Déterminer les fonctions F définies par :


Z
dx
F (x) = , x ∈ R.
1 + sin2 x
1
Indication : R(x) = est paire.
1 + sin2 x
Exercice 1.2.9 Déterminer Z
cos x + sin x
F (x) = dx.
1 + sin2 x
cos x + sin x
Indication : R(x) = , n’est ni paire, ni impaire. On poser alors t = tan( x2 ).
1 + sin2 x

1.2.5 Intégrales de fonctions rationnelles hyperboliques


On désire déterminer les fonctions définies par :
Z
F (x) = R(chx, shx)dx (1.13)

où x 7−→ R(x) est une fonction rationnelle.


On pose dans ce cas :
x
 
t = th . (1.14)
2
Alors
x = 2argth(t),
donc
2dt
dx = . (1.15)
1 − t2
On obtient de (1.14), les expressions de ch(x) et sh(x) en fonction de t comme suit :

2t 1 + t2
sh(x) = ; ch(x) = . (1.16)
1 + t2 1 − t2
Exercice 1.2.10 Déterminer :
Z
dx Z
dx
F (x) = ; G(x) =
shx chx

12
1.2.6 Intégrales abéliennes
Définition 1.2.1 On appelle intégrale d’Abel attachée à la courbe (C) d’équation y = f (x), l’inté-
grale Z
I = R(x, y)dx
où R est une fonction rationnelle de variables x et y.

Remarque 1.2.3 Si x et y sont fonctions d’un paramètre t alors


Z
I= R(x(t), y(t))x0 (t)dt

Les intégrales abéliennes sont regroupées en familles à savoir intégrales abéliennes de première espèce
et les intégrales abéliennes de deuxième espèce.

v
u
ax +b
Intégrales abéliennes de 1ère espèce y =
u
n
t , n∈N
cx + d
Dans ce cas il suffit d’exprimer x en fonction de y.
Z s
x
Exemple 1.2.4 Déterminer les fonctions I données par : I(x) = dx.
1−x
Posons : s
x
y= , ∀x ∈ [0, 1[.
1−x
Alors
x
y2 = , 0 ≤ x < 1.
1−x
On obtient :
y2
x= , y ≥ 0.
1 + y2
Donc
2y
dx = dy.
(1 + y 2 )2
Et
" #
Z
2y 2 Z
dy Z
dy 1 1 y
I(x) = 2 2
dy = 2 2
−2 2 2
= 2 arctan y − 2 arctan y + × +c
(1 + y ) 1+y (1 + y ) 2 2 1 + y2
q  q
x
I(x) = arctan 1−x
− x(1 − x) + c , ∀x ∈ [0, 1[, (c ∈ R).

13

Intégrales abéliennes de 2e espèce y = ax2 + bx + c , a 6= 0
C’est l’équation d’une demi-conique à centre et d’axe (Ox). La forme canonique de ax2 + bx + c
conduit à
q
y= aX 2 + γ (1.17)


b
X =x+ (1.18)
2a
donc

dx = dX. (1.19)

y= aX 2 + γ ⇐⇒ y 2 − aX 2 = γ, y ≥ 0 et deux cas sont possibles.

Premier cas : a > 0


La conique est une demi-hyperbole que l’on peut paramétrer au moyen des fonctions hyper-
boliques. On pose selon le cas :

X = ch(t) ou X = sh(t)

et utiliser la relation ch2 t − sh2 t = 1.

Deuxième cas : a < 0


La conique est une demi-ellipse dont on peut paramétrer au moyen des fonctions circulaires
ou trigonométriques. On pose alors

X = sin t ou X = cos t

et utiliser la relation cos2 t + sin2 t = 1.

Exercice 1.2.11 Déterminer Z √


F (x) = 1 − x2 dx.

1.3 Intégrale généralisée


Les intégrales de Riemann étudiées dans les sections précédentes concernent des fonctions dé-
finies et bornées sur un intervalle fermé borné [a, b]. Il est utile de généraliser cette notion au cas
de fonctions définies sur un intervalle quelconque, sauf peut-être en un nombre fini de points et de
plus ne sont pas des fonctions nécessairement bornées. L’intégrale généralisée (ou impropre)
est une extension de l’intégrale usuelle (de Riemann) définie par une :
1. fonction non bornée sur un intervalle borné ;
2. fonction bornée sur un intervalle non borné.
Nous nous placerons dans le contexte où I est un intervalle non compact et f : I −→R est une
fonction quelconque.

14
1.3.1 Généralités : Définition des intégrales généralisées
Définition 1.3.1 On dit que f est localement intégrable sur I si f est Riemann intégrable sur
tout intervalle compact [a, b] inclus dans I .
Exemple 1.3.1 Toute fonction continue, ou continue par morceaux est localement Riemann-
intégrable.
Dans toute la suite, les fonctions considérées seront localement intégrables, et on suppose que pour
deux nombres réels tels que a < b, I soit un :
– intervalle borné :
– I = [a, b[ ; c’est-à-dire la fonction f n’est pas définie en b c’est le cas où la courbe de la
fonction f admet une asymptote verticale au point d’abscisse b ;
– I]a, b] ; c’est-à-dire f n’est pas définie en a) ; c’est le cas où la courbe de la fonction f
admet une asymptote verticale au point d’abscisse a ;
– intervalle non borné : I = [a, +∞[ ou I =] − ∞, b].
Définition 1.3.2
Soit f : I = [a, b[−→ R une fonction localement intégrable avec b ∈ R ou b = +∞.
Posons
Z x
ϕ(x) = f (t)dt, ∀x ∈ I. (1.20)
a
Z b
(a) f (t)dt est appelée intégrale généralisée ou intégrale impropre de f .
a
Z b
(b) si lim− ψ(x) = ` existe et est finie (` ∈ R) et ; on dit que f (t)dt est convergente et on écrit
x→b a
Z b
tout simplement f (t)dt = `.
a
(c) si lim− ψ(x) = ` n’existe pas ou vau l’infini (` ∈ R) et on écrit tout simplement ; on dit que
Z bx→b
f (t)dt est divergente.
a

Exemple 1.3.2
Z 1
1
1. √ dx converge. En effet :
0 1 − x2
Z α
1
ϕ(α) = √ = [arctan(x)]α0 = arctan α − arctan 0 = arctan(α)
0 1 − x2
Z 1
π
f (x)dx = lim+ ϕ(α) = lim ϕ(α) = lim arctan(α) = ∈ R.
0 α→1 α→1 α→1 2
Z x
dx
2. I = dx est divergente.
1 (x − 2)2
Soit x ∈]1, 2[. Alors :
x
Z x
dt −1 1

ϕ(x) = = = − 1, 1 < x < 2.
1 (t − 2) 2 t−2 1 2−x
=⇒ lim− ϕ(x) = +∞ ∈ / R.
x→2

15
De façon analogue, on a la définition suivante.

Définition 1.3.3
Soit f : I =]a, b] −→ R une fonction localement intégrable avec a ∈ R ou a = −∞.
Posons
Z b
ψ(x) = f (t)dt, ∀x ∈ I. (1.21)
x
Z b
(a) f (t)dt est appelée intégrale généralisée ou intégrale impropre de f .
a
Z b
(b) si lim+ ϕ(x) = L existe et est finie (L ∈ R) ; on dit que f (t)dt est convergente et on note
x→a a
Z b
f (t)dt = L.
a

Z b
(c) Dans le cas contraire, on dit que f (t)dt est divergente.
a

Exemple 1.3.3
Z 1
dt
1. J = diverge.
0 t
On a : J = lim+ ψ(x) = lim+ [ln(t)]1x = lim+ (− ln x) = +∞.
x→0 x→0 x→0
Z 1
dt
2. K = √ est convergente.
0 t
En effet : √ !
h √ i1 1− β 1
t
K = lim+ ψ(β) = lim+ 2
= lim+ = ∈ R.
β→0 β→0 β β→0 2 2

Remarque 1.3.1 L’intervalle IZ peut respecter à la fois les conditions des définitions 1.3.2 et 1.3.3.
b
Dans ce cas, la convergence de f (t)dt se fait par un double calcul de limites :
a

Z b Z x !  Z x 
f (t)dt = lim+ lim− f (t)dt = lim− lim+ f (t)dt
a x→a y→b y y→b x→a y

Définition 1.3.4 (Convergence Absolue)


Soit f : I =]a, b] −→ R une fonction localement intégrable.
Z x Z b
Lorsque l’intégrale |f (t)| dt convergente ; on dit que l’intégrale f (t)dt est absolument conver-
a a
gente.

Définition 1.3.5 (Convergence d’une fonction à valeurs complexes)


Soit f : I =]a, b] −→ C une fonction localement intégrable.

16
Z b Z b
– On dit que l’intégrale f (t)dt est convergente si et seulement si les deux intégrales R (f (t)) dt
Z b a a

et I (f (t)) dt sont convergentes et alors


a
Z b Z b Z b
f (t)dt = R (f (t)) dt + i I (f (t)) dt (1.22)
a a a
où R désigne la partieZ réelle et J la partie imaginaire.
b Z b
– On dit que l’intégrale f (t)dt converge absolument si et seulement si |f (t)| dt est conver-
a a
gente.

1.3.2 Etude de convergence


Critère de Cauchy pour les intégrales généralisées
Théorème 1.3.1 (Critère de Cauchy)
Soit f : I = [a, b[−→ R une fonction localement intégrable.
Z b
l’intégrale f (t)dt est convergente si et seulement si f vérifie la condition suivante dite critère
a
de Cauchy :
Z x2
∀ε > 0, ∃c ∈ I; ∀x1 , x2 ∈ [c, b[, f (t)dt ≤ ε. (1.23)
x1

Preuve :
(i) Condition nécessaire.
Z b
Supposons que f (t)dt est convergente c’est-à-dire lim− ϕ(x) = ` ∈ R .
a x→b
ε
Par définition de la limite, pour tout ε > 0, il existe c < b tel que |f (x) − `| ≤ , ∀x ∈ [c, b[.
2
Donc
Z x2
ε ε
f (t)dt = |ϕ(x2 ) − ϕ(x1 )| = |ϕ(x2 ) − I| + |I − ϕ(x1 )| ≤ + , ∀x1 , x2 ∈ [c, b[.
x1 2 2
(ii) Condition suffisante.
Supposons que la condition de Cauchy soit vérifiée.
Choisissons une suite (xn )n une suite d’éléments de [c, b[ telle que lim xn = b.
n→+∞
Alors la suite de fonctions ϕ(xn ) est de Cauchy, donc convergente. Notons
I = lim ε(xn ).
n→+∞
Z x0
00 ε 0
Alors, ε > 0, ∃c ∈ [c, b[ tel que |ϕ(x ) − ϕ(x )| = f (t)dt ≤ , ∀x00 , x0 ∈ [c, b[ et
2 x00
ε
∃N ∈ N; ∀n ≥ N, |ϕ(xn ) − I| ≤ .
2
Ainsi, pour n ≥ N tel que xn ∈ [c, b[, on a :
ε ε
|ϕ(x) − I| ≤ |ϕ(x) − ϕ(xn )| + |ϕ(xn ) − I| ≤ + = ε
2 2
Ce la signifie que lim− ϕ(x) = I.
x→b

17
Corollaire 1.3.1 Soit f : I = [a, b[−→ R une fonction localement intégrable.
Z b Z b
Si l’intégrale f (t)dt est absolument convergente alors f (t)dt est convergente.
a a

Preuve :
Elle résulte immédiatement du critère de Cauchy et de l’inégalité triangulaire suivante :
Z x2 Z x2
f (t)dt ≤ |f (t)|dt.
x1 x1

Définition 1.3.6 On dit que deux intégrales sont de même nature si elles sont soit toutes les deux
convergentes, soit toutes les deux divergentes.

Cas des fonctions positives


Théorème 1.3.2 Soit f : I = [a, b[−→ R+ une fonction localement intégrable.
Z b
l’intégrale f (t)dt est convergente si et seulement si l’ensemble
a
Z x 
f (t)dt ; x ∈ [a, b[
a
Z x
est majorée c’est-à-dire il existe une constante réelle positive M telle que f (t)dt ≤ M, ∀x ∈ [a, b[.
a
Si tel est le cas, on a :
Z b Z x Z x
f (t)dt = sup f (t)dt = lim f (t)dt (1.24)
a x∈[a,b[ a x→b a

Preuve : ϕ(x) = ax f (t)dt est une fonction croissante, donc lim ϕ(x) existe toujours ; si elle est
R
x→b
finie l’intégrale est convergente ; sinon elle est égale à +∞.

Critère de comparaison.
Définition 1.3.7 (Rappel sur les notations de Landau.)
Soient f : I = [a, b[−→ R et g : I = [a, b[−→ R deux fonctions.
– On dit que f = O (g) au voisinage de b s’il existe c ∈ I et α ∈ R+ tel que

|f (x)| ≤ α|g(x)|, ∀x ∈ I.

Lorsque b = +∞ cela signifie que ∀x ≥ c, |f (x)| ≤ α|g(x)|.


– On dit que f = O (g) au voisinage de b si f orallε > 0 s’il existe c ∈ I tel que

|f (x)| ≤ ε|g(x)|, ∀x ∈ I.

– On dit que f ∼ f au voisinage de b ⇐⇒ f −g = o(g) au voisinage de b (ou ⇐⇒ f −g = o(f )


au voisinage de b)

18
Théorème 1.3.3 Soient f et g deux fonctions localement intégrables de[a, b[ dans R .
On suppose qu’il existe c ∈ [a, b[ tel que ∀t ∈ [c, b[, 0 ≤ f (t) ≤ g(t). Alors
Z b
Rb
(i) g(t)dt convergente =⇒ a f (t)dt convergente.
a
Z b
Rb
(ii) f (t)dt divergente =⇒ a f (t)dt divergente.
a

surR [a, c[, il suffit d’étudier la convergence de cb f (t)dt et de


R
Preuve
Rb
: f et g étant intégrables
Rb b
c g(t)dt. Sachant que 0 ≤ c f (t)dt ≤ c g(t)dt, alors a conclusion résulte du théorème 1.3.2

Corollaire 1.3.2 Soient f et g deux fonctions localement intégrables de[a, b[ dans R .


On suppose qu’il existe d ∈ [a, b[ tel que f et g soient positives sur [d, b[ et f (t) = O(g) au voisinage
de b. Alors
Z b
Rb
(i) g(t)dt convergente =⇒ a f (t)dt convergente.
a
Z b
Rb
(ii) f (t)dt divergente =⇒ a f (t)dt divergente.
a

Corollaire 1.3.3 Soient f et g deux fonctions localement intégrables de[a, b[ dans R .


On suppose que
(i) ∃d ∈ [a, b[ tel que g(t) ≥ 0, ∀t ∈ [d, b[
(ii) ∃λ 6= 0 tel que f (t) ∼ g au voisinage de b.
Z b Z b
Alors g(t)dt et f (t)dt sont de même nature.
a a

Quelques fonctions de référence.


Z +∞
dt
Lemme 1.3.1 Soient a > 0 et α ∈ R deux réels. L’intégrale converge si et seulement si
a tα
α > 1.
 Z x " #x
dt 1 1 1 1
 

= = − α−1 , si α 6= 0


α (−α + 1)tα−1 α−1

Preuve : ∀x ∈ [a, +∞[, ϕ(x) = a t a
1−α x a .


ln x − ln a, si α = 1


Le résultat s’ensuit immédiatement.
Z b
dt
Lemme 1.3.2 Pour −∞ < a < b < +∞ et α ∈ R, l’intégrale converge si et seulement
a (b − t)α
si α < 1.

Preuve: Pour tous a, b ∈ R,


" on a : #x !
Z x
 dt 1 1 1 1
α = = α−1 − , si α 6= 0


α−1
a (b − t) α−1 (b − a)α−1

ϕ(x) = (α − 1) (b − t) a (b − x) .


ln (b − a) − ln (b − x) , si α = 1


d’où le résultat.

19
Règles d’absolue convergence
Proposition 1.3.1 Soit f : [a, +∞[ une application localement intégrable.
Z +∞
(i) S’il existe α et c 6= 0 tels que, au voisinage de +∞, f (t) ∼ ctα , alors l’intégrale f (t)dt
a
est absolument convergente si α > 1 et diverge si α ≤ 1.
Z +∞
(ii) s’il existe un réel α > 1 tel que au voisinage de ∞, f (t) = O (t−α ), alors l’intégrale f (t)dt
a
est absolument convergente.
Z +∞
α
(iii) s’il existe un réel α ≤ 1 tel que lim inf t f (t) > 0, alors l’intégrale f (t)dt est divergente.
a

Proposition 1.3.2 Soit f : [a, b[ une application localement intégrable avec −∞ < a < b < +∞.
Z b
(i) S’il existe α et c 6= 0 tels que, au voisinage de b, f (t) ∼ c(b − t)α , alors l’intégrale f (t)dt
a
est absolument convergente si α < 1 et diverge si α ≥ 1.
(ii) s’il existe un réel α < 1 tel que au voisinage de b, f (t) = O ((b − t)−α ), alors l’intégrale
Z b
f (t)dt est absolument convergente.
a
Z b
(iii) s’il existe un réel α ≥ 1 tel que lim inf tα f (t) > 0, alors l’intégrale f (t)dt est divergente.
t→b a

Exemple 1.3.4
Z +∞
1. Etudions la convergence de t−α cos (λt) dt, α, λ ∈ R et α > 1.
π Z +∞
On a : |t−α cos (λt) | ≤ t−α et comme α > 1 alors t−α dt est convergente.
Z +∞ π
−α
Par suite t cos (λt) dt converge absolument.
π
Z 1
dt
2. L’intégrale généralisée √ est convergente absolument.
0 1 − t3
En effet :

1 1 1 1 1 1 1 1
∀t ∈]0, 1[, √ = q = √ √ ∼ √ √ = √ (1 − t) 2
1 − t3 (1 − t)(1 + t + t2 ) 1 − t 1 + t + t2 t→1 3 1 − t 3

D’où le résultat (d’après la proposition 1.3.2).

20
Règle d’Abel
Le théorème suivant est utiliser pour étudier la convergence d’une intégrale généralisée qui n’est
pas absolument convergente.

Théorème 1.3.4 Soient f : [a, b[−→ R et g : [a, b[−→ C deux applications localement intégrables
avec b ∈ R ∪ +∞.
On fait les hypothèses suivantes :
(i) f est réelle positive, décroissante, et lim f (x) = 0.
x→+∞
Z u
(ii) ∃K ∈ R+ tel que g(t)dt ≤ K, ∀u ∈ [a, b[.
a
Z b
Alors f (t)g(t)dt est convergente.
a

Preuve : Supposons que f soit continûment dérivable.


On a :
Z u
|ϕ(u)| = g(t)dt ≤ K, ∀u ∈ [a, b[.
a

Comme f est décroissante,alors f 0 (u) ≤ 0, ∀u ∈ [a, b[. On a :


Z v Z v
f (t)g(t)dt = f (v)ϕ(v) − f (u)ϕ(u) − f 0 (t)ϕ(t)dt, ∀a < u < v < b.
u u

Donc
Z v Z v
f (t)g(t)dt ≤ |f (v)ϕ(v)| + |f (u)ϕ(u)| + f 0 (t)ϕ(t)dt
u u
Z v
≤ f (v)|ϕ(v)| + f (u)|ϕ(u)| + (−f 0 (t)) |ϕ(t)|dt
u
 Z v 
0
≤ K f (u) + f (v) + f (t)dt
u
≤ K (f (u) + f (v) − f (v) + f (u)) = 2Kf (u) −→ 0
u→b

Z b
Par suite f (t)g(t)dt converge car elle vérifie le critère de Cauchy.
a

Z +∞
Exemple 1.3.5 Etudions la convergence de t−α cos(t)dt pour α > 0.
1

Deux cas sont à considérer.


Premier cas : α > 1. Z +∞
Pour tout t ∈ R , |t−α cos(t)| ≤ t−α . Et comme t−α dt converge pour α > 1 alors
Z +∞ 1

t−α cos(t)dt est absolument convergente.


1

21
Deuxième cas : 0 < αZ ≤ 1.
+∞
Alors t−α cos(t)dt est convergente mais pas absolument convergente.
1
Montrons la convergence simple par la règle d’Abel.
Posons pour cela
f (t) = t−α et g(t) = cos(t), ∀t > 1.
Z u
cos(t)dt = | cos u − cos 1| ≤ | sin u| + | sin 1| ≤ 2, ∀u > 1.
1 Z +∞
Pour montrer la non-convergence absolue de t−α cos(t)dt c’est-à-dire la divergence de
Z +∞ 1
−α
t | cos(t)|dt, on peut utiliser l’inégalité
1

1  −α 
t−α | cos(t)| ≥ t−α cos2 (t) = t + t−α cos(2t)
Z +∞ Z +∞
2
Z +∞
=⇒ t−α | cos(t)|dt ≥ t−α dt + t−α cos(t)dt
1 1 1
Z +∞ Z +∞ Z +∞
−α −α
t cos(2t)dt converge pour par analogie avec t cos(t)dt mais t−α dt diverge
1 1
Z +∞ 1
−α
pour 0 < α ≤ 1. On déduit par comparaison que t cos(t)dt diverge.
1

Remarque 1.3.2 Une intégrale généralisée convergente, mais pas absolument convergente, est
dite aussi semi-convergente.

22

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