Polytech Paris-Sud S5 – Sciences de base
Mathématiques 2015/16
Contrôle n◦1
Equations différentielles ordinaires
Durée : 1h30. Aucun document n’est autorisé Le barème est donné à titre indicatif.
Exercice 1.1 : Une équation Périodique
Soit une fonction f : R × R → R de classe C 1 telle pour tout t ∈ R on ait f (t, 1) ≤ 0 et f (t, 0) ≥ 0.
On considère le problème de Cauchy x0 = f (t, x) de condition initiale x(t0 ) = x0 .
1. Enoncer le théorème de Cauchy pour ce problème.
2. a) Montrer que t 7→ 0 est sous-solution et que t 7→ 1 est sur-solution.
b) Conclure sur le domaine de définition de x pour x0 ∈ [0; 1].
3. On suppose de plus que f est T -périodique. On va montrer qu’il existe une solution T -
périodique. On notera φx0 la solution maximale de l’équation différentielle pour la donnée
intiale φx0 (t0 ) = x0 .
a) Montrer que pour x0 ∈ [0; 1], l’application G : x0 7→ G(x0 ) = φx0 (t0 + T ) est continue.
b) En étudiant le signe de x0 7→ G(x0 ) − x0 en 0 et en 1, en déduire qu’il existe x1 ∈ [0; 1]
tel que G(x1 ) − x1 = 0.
c) Montrer que t 7→ φx1 (t) et t 7→ φx1 (t+T ) sont solutions du même problème de Cauchy.
En déduire qu’elles sont égales et donc que t 7→ φx1 (t) est T -périodique.
Correction de l’exercice 1
(10 points)
1. (1 points) La fonction f étant C 1 , il existe une unique solution maximale au problème de
Cauchy : (
x0 = f (t, x)
x(t0 ) = x0
Notons I son domaine de définition.
2. a) (1,5 points) Notons u : t 7→ 0 et v : t 7→ 1. On a, pour tout t ∈ R : u0 (t) = 0 ≤
f (t, u(t)) = f (t, 0) et v 0 (t) = 0 ≥ f (t, v(t)). Donc u est une sous-solution large sur R
et v est une sur-solution large sur R.
b) (1,5 points) Comme 0 ≤ x(t0 ) ≤ 1, on en déduit, pour tout temps t ≥ t0 positif dans I,
0 ≤ x(t) ≤ 1. La solution est donc bornée dans le futur. Par contraposée du théorème
des bouts, elle est donc globale dans le future : [t0 ; ∞[⊂ I.
3. a) (1,5 points) Pour x0 ∈ [0; 1], nous venons de montrer que la solution est définie au moins
sur [t0 ; ∞[ qui contient (t0 + T ). Donc G est bien définie. La continuité de la solution
par rapport à la donnée initiale s’applique et fournit la continuité de x0 7→ φx0 (t0 + T )
(qui est bien définie) et donc la continuité de G.
b) (1,5 points) Comme u est sous-solution et v sur-solution, on a déjà montré que 0 ≤
φx0 (t0 + T ) ≤ 1 pour tout x0 ∈ [0; 1]. Cette inégalité fournit G(0) − 0 ≥ 0 ≥ G(1) − 1.
(1 points) La fonction G étant continue, la fonction x0 7→ G(x0 ) − x0 l’est aussi et le
théorème des valeurs intérmédiaires s’applique. Il fournit l’existence de x1 ∈ [0; 1] tel
que G(x1 ) − x1 = 0.
c) (2 points) Soit w : t 7→ φx1 (t + T ). Calculons sa dérivée, en utilisant le fait que φ0x1 (t) =
f (t, φx1 (t)) :
w0 (t) = φ0x1 (t + T ) = f (t + T, φx1 (t + T )) = f (t + T, w(t)) = f (t, w(t)).
De plus, d’après la question précédente, on a w(t0 ) = φx1 (t0 + T ) = G(x1 ) = x1 =
φx1 (t0 ). Donc w et φx1 sont solution du même problème de Cauchy. Comme on a vu
que sa solution était unique, on en déduit w = φx1 , c’est-à-dire :
∀t ∈ [t0 , ∞[, φx1 (t + T ) = φx1 (t)
On a donc bien montré que φx1 est périodique.
Exercice 1.2 : Croissance logistique avec mortalité On considère le problème de Cauchy
suivant : ( h i
N 0 (t) = αN 1 − N N
K − βN = N α 1 − K −β
(1)
N (0) = N0 ∈ [0; K]
On suppose de plus : α > β > 0.
1. Montrer qu’il existe une unique solution maximale N (t).
2. On cherche à obtenir des bornes sur N (t).
a) Etudier les solutions stationnaires. On notera N1 le seul équilibre non nul (donc la
valeur de la solution stationnaire non nulle).
b) Montrer que t ∈ R 7→ K est une sur-solution.
c) En déduire que la solution est globale.
On cherche désormais à montrer que si la donnée initiale est non nulle, lim N (t) = N1 .
t→∞
3. On commence par étudier le cas N0 ∈]0; N1 ].
a) Etudier le signe de la dérivée. Quel est le sens de variation de N ?
b) En déduire une minoration de N puis une une sous-solution non nulle M (t) de donnée
initiale M (0) = N0 .
c) Montrer que lim M (t) = N1 . Que peut-on alors dire pour N (t) quand t → ∞ ?
t→∞
4. Passons au cas N0 ∈]N1 ; K].
a) Quel est le sens de variation de N ? En déduire une majoration de N puis une une
sur-solution L(t) non constante et de donnée initiale M (0) = N0 .
b) Montrer que lim L(t) = N1 . Que peut-on alors dire pour N (t) quand t → ∞ ?
t→∞
Correction de l’exercice 2
(14,5 points)
h i
x
1. (1 points) La fonction f : t, x 7→ x α 1 − K − β est polynomiale donc C 1 . Le théorème de
Cauchy-Lipschitz s’applique donc et il existe une unique solution maximale.
h
x
2. a) (1,5 points) On cherche les zéros en x de f : t, x 7→ x α 1 − K − β . On trouve que
x
f (t, x) = 0∀t ∈ R est équivalent à x = 0 ou α 1 − K − β = 0. La seconde équation
x β β
fournit 1 − K = α ie x = K(1 − α ).
β
Les équilibres sont donc N (t) = 0 et N (t) = N1 = K(1 − α ) > 0.
b) (1 points) Posons u : t 7→ K. On calcule :
h K i
f (t, u(t)) = K α 1 − − β = −βK < 0 = u0 (t).
K
Donc K est sur-solution sur R.
c) (1,5 points) Comme N0 ∈ [0; K] et que u : t 7→ K est sur-solution, alors on en déduit
N (t) ≤ K pour tout t ≥ 0 dans le domaine de définition de N . De plus 0 est solution
stationnaire et la donnée initiale est positive. Donc par unicité de la solution, on en
déduit N (t) ≥ 0 pour tout temps positif dans le domaine.
Finalement, N est bornée dans le future par 0 et K donc la solution est globale de
dans le future : elle est définie (au moins) sur [0; K].
3. a) (1,5 points) Comme 0 et N1 sont solutions stationnaires, par unicité des solutions, on
en déduit que N0 ∈ [0; N1 ] implique N (t) ∈ [0; N1 ] pour tout t ≥ 0. Il vient donc :
N N1
α 1− −β ≥α 1− − β = 0.
K K
h i
N
Dès lors N α 1 − K − β est un produit de termes positifs et N est croissante car de
dérivée positive.
b) (0,5 points) Comme N est croissante, on a nécessaire N (t) ≥ N0 pour t ≥ 0.
(0,5 points) Dès lors on en déduit, comme N (t) ∈ [0; N1 ] :
N h N i h N i
N 0 (t) = αN 1 − − βN = N α 1 − − β ≥ N0 α 1 − −β .
K K K
(0,5 points) Considérons la fonction M solution maximale du problème de Cauchy :
( h i
M 0 (t) = N0 α 1 − M
K −β
M (0) = N0 ∈ [0; K]
Le théorème de Cauchy-Lipschitz s’applique bien, donc M est bien définie. De plus
comme N (t) ≥ N0 , c’est une sous-solution.
(1,5 points) Calculons M .
h M i
M 0 (t) = N0 α 1 − − β = −λM (t) + N0 (α − β)
K
avec λ = N0 α/K.
La solution de l’équation sans second membre y 0 = −λy est donnée par y(t) = y0 e−λt .
Pour revenir à l’équation de départ, on utilise la variation de la constante : On cherche
une solution de la forme M (t) = f (t)e−λt . Pour cela dérivons cette expression et
comparons avec l’équation différentielle :
M 0 (t) = f 0 (t)e−λt − λf (t)e−λt
= f 0 (t)e−λt − λM (t)
= −λM (t) + N0 (α − β)
On en déduit :
f 0 (t) = N0 (α − β)eλt
Puis en intégrant :
N0 (α − β) λt
f (t) − f (0) = (e − 1)
λ
K
= N0 (α − β) × (eλt − 1)
N0 α
K(α − β) λt
= (e − 1)
α
f (t) = f (0) + N1 (eλt − 1)
Finalement, on obtient f (0) = M (0) = N0 puis :
M (t) = f (t)e−λt = (N0 − N1 )e−λt + N1
c) (0,5 points) Comme u(0) = N0 = N (0) et que M est sous-solution, on en déduit
N (t) ≥ u(t) pour tout t ≥ 0.
(0,5 points) On sait déjà que N (t) ≥ u(t) avec lim u(t) = N1 .
t→+∞
(0,5 points) De plus, on a aussi vu que N (t) ≤ N1 , on a déduit, par passage à la limite
dans les inégalités que lim N (t) = N1 .
t→+∞
4. a) (1 points) Cette fois-ci, on a N0 ∈ [N1 ; K] qui implique N (t) ∈ [N1 ; K] pour tout t ≥ 0
(car t 7→ K est sur-solution et N1 est solution stationnaire), puis :
N N1
α 1− −β ≤α 1− − β = 0.
K K
On en déduit N 0 (t) ≤ 0 puis N (t) décroissante.
(1,5 points) Comme N est décroissante, on N (t) ≤ N0 puis
h N i h N i
N 0 (t) = N α 1 − − β ≤ N0 α 1 − −β .
K K
La fonction M introduite à la question précédente est désormais une sur-solution. On
prend donc L(t) = M (t).
b) (1 points) Cette fois-ci, comme L est sur-solution et L(0) = N0 = N (0), on en déduit
L(t) ≥ N (t) pour tout t ≥ 0. Par ailleurs, on a déjà N (t) ≥ N1 pour t ≥ 0 et
donc N1 ≤ N (t) ≤ L(t). Comme L(t) converge vers N1 en t → ∞, on en déduit
lim N (t) = N1 par passage à la limite dans l’inégalité.
t→+∞