Séance n°4
Thème : le redressement judiciaire et la liquidation des biens : les
conditions d’ouverture
Exercice n°1: Contrôle et approfondissement de connaissances
A- Questions théoriques
1. Définissez les vocables suivants :
Actif disponible : L'actif disponible désigne l'ensemble des liquidités et valeurs
immédiatement mobilisables dont dispose le débiteur pour faire face à ses
dettes.
Passif exigible : désigne l'ensemble des dettes certaines, liquides et dont le
terme est échu, que les créanciers peuvent réclamer immédiatement au débiteur.
Réserve de crédit : Aux termes de l'article 25 alinéa 2 de l'AUPCAP, la réserve
de crédit désigne les facilités de crédit dont bénéficie encore le débiteur de la
part de ses partenaires financiers et qui lui permettent de faire face à son passif
exigible malgré l'insuffisance de son actif disponible immédiat.
la cessation des paiements : Selon l'article 25 alinéa 2 de l'AUPCAP, la
cessation des paiements est définie comme :
« l'état où le débiteur se trouve dans l'impossibilité de faire face à son passif exigible
avec son actif disponible, à l'exclusion des situations où les réserves de crédit ou les
délais de paiement dont le débiteur bénéficie de la part de ses créanciers lui
permettent de faire face à son passif exigible. »
Difficultés irrémédiablement compromises : désigne la situation du débiteur dont le
redressement est définitivement impossible, c'est-à-dire une situation dans
laquelle aucun plan de redressement sérieux et crédible ne peut être envisagé.
, redressement judiciaire : Aux termes de l'article 2 alinéa 3 de l'AUPCAP, le
redressement judiciaire est :
« une procédure collective destinée au sauvetage de l'entreprise débitrice en cessation
des paiements mais dont la situation n'est pas irrémédiablement compromise, et à
l'apurement de son passif au moyen d'un concordat de redressement. »
Liquidation des biens : Aux termes de l'article 2 alinéa 4 de l'AUPCAP, la
liquidation des biens est :
« une procédure collective destinée à la réalisation de l'actif de l'entreprise débitrice
en cessation des paiements dont la situation est irrémédiablement compromise pour
apurer son passif. »
Concordat de redressement judiciaire : Le concordat de redressement judiciaire est
l'accord homologué par la juridiction compétente par lequel le débiteur en
redressement judiciaire s'engage, avec ses créanciers, à apurer son passif selon des
modalités définies. Conformément à l'article 27 de l'AUPCAP, il doit notamment
préciser les modalités de continuation de l'entreprise, les délais et remises consentis,
les garanties offertes, les perspectives d'emploi et, le cas échéant, le remplacement des
dirigeants.
2. Comment détermine-t-on la cessation des paiements de l’entreprise débitrice ?
Actif disponible inferieur au passif exigible et aucune réserve de crédit.
3. A quelles conditions la juridiction compétente ouvre-t-elle le redressement
judiciaire ?
Conformément à l'article 33 alinéa 2 de l'AUPCAP, la juridiction
compétente prononce l'ouverture du redressement judiciaire lorsque deux
conditions alternatives sont réunies, après avoir préalablement constaté la
cessation des paiements :
Condition préalable : la cessation des paiements doit être constatée au
sens de l'article 25.
Condition principale (alternative) :
Soit le débiteur a proposé un concordat sérieux au sens de l'article 27, ou
qu'un tel concordat a des chances sérieuses d'être obtenu ;
Soit une cession globale est envisageable.
4. Dans quelles conditions prononce-elle la liquidation des biens ?
La liquidation des biens est prononcée dans deux hypothèses prévues par l'article 33
de l'AUPCAP :
1re hypothèse — À l'ouverture : lorsque, après constatation de la cessation des
paiements, la juridiction constate qu'aucun concordat sérieux n'est proposé ni
envisageable, et qu'aucune cession globale n'est possible. La situation est alors jugée
irrémédiablement compromise.
2e hypothèse — En cours de procédure : lorsque le redressement judiciaire est
converti en liquidation des biens parce que les conditions du redressement ne sont plus
remplies, notamment :
• L'échec du concordat de redressement
• L'expiration du délai de 6 mois (prorogeable une fois) sans que les conditions
du redressement soient satisfaites
La décision de liquidation fixe un délai maximum de 18 mois pour la clôture de la
procédure, prorogeable une seule fois de 6 mois.
5. Quelles sont les qualités d’un concordat sérieux ?
l'article 27 de l'AUPCAP. Un concordat est considéré comme sérieux lorsqu'il
démontre des perspectives réelles et crédibles de redressement de l'entreprise.
6. Présentez brièvement les différents organes du redressement judiciaire ou de la
liquidation des biens ?
Nous avons les organes judiciaires et les organes non judiciaire
Les organes judiciaires
A- Juge-commissaire (Articles 39 et 40)
Désigné par la juridiction compétente dès la décision d'ouverture, le juge-commissaire
est l'organe de surveillance et de direction de la procédure. Il veille au
déroulement régulier et rapide de la procédure, à la protection des intérêts
en présence et à l'atteinte des objectifs poursuivis. Il peut entendre toute personne
utile, obtenir communication de tout document financier ou bancaire, et contrôle les
activités du syndic auquel il adresse un rapport tous les 3 mois.
B- Le ministère public (Article 47)
Le ministère public est un organe de contrôle et d'information. Il est tenu
informé du déroulement de la procédure par le juge-commissaire et peut requérir
communication de tout acte, livre ou document relatif à la procédure. Il communique
au juge-commissaire, d'office ou sur demande, tout renseignement utile, y compris
ceux issus d'une procédure pénale concernant le débiteur.
Les organes non-judiciaires
A- Le syndic (Articles 41 à 46)
Le syndic est le mandataire judiciaire chargé de la gestion opérationnelle de la
procédure sous le contrôle du juge-commissaire. Selon qu'il intervient dans un
redressement judiciaire ou une liquidation des biens, il assiste ou représente le
débiteur, réalise l'actif, vérifie les créances et procède aux répartitions. Il remet un
rapport écrit au juge-commissaire au moins une fois tous les deux mois. Il est
responsable des fautes commises dans l'exercice de sa mission.
B- Les contrôleurs (Article 48)
Les contrôleurs sont des créanciers non-salariés désignés par le juge-
commissaire en vue de surveiller les opérations du syndic et de défendre les intérêts
collectifs des créanciers. Leur nombre est compris entre 1 et 5. Leur nomination est
obligatoire lorsque des créanciers représentant au moins un tiers du total des
créances en font la demande dans le mois suivant la décision d'ouverture. Lorsque
l'entreprise compte plus de 10 salariés, un représentant du personnel est également
associé au contrôle.
Séance n°5
Thème : le redressement judiciaire et la liquidation des biens : les effets à
l’égard du débiteur
Exercice n°1: Contrôle et approfondissement de connaissances
A- Définition des vocables
Définissez les vocables suivants :
Acte conservatoire : un acte juridique accompli dans le but de sauvegarder un droit
ou un bien menacé de disparition ou de dégradation, sans en modifier la
substance ni engager durablement le patrimoine. Il a un caractère d'urgence et de
nécessité.
Acte d’administration : un acte juridique de gestion normale et ordinaire d'un
patrimoine, qui n'en modifie pas la substance. Il tend à faire fructifier les biens sans
les aliéner ni les grever durablement.
Acte de disposition : L'acte de disposition est un acte juridique qui modifie
substantiellement la composition du patrimoine en faisant sortir un bien, en
le grevant d'une charge réelle ou en engageant durablement le débiteur.
Acte de gestion courante : un acte accompli dans le cadre normal et habituel de
l'exploitation d'une entreprise, correspondant aux opérations régulières et
prévisibles liées à l'activité professionnelle du débiteur.
Inopposabilité de plein droit : L'inopposabilité de plein droit est une sanction
automatique qui frappe certains actes accomplis par le débiteur pendant la période
suspecte. Elle opère sans qu'il soit nécessaire de saisir le juge art 68
Inopposabilité facultative : également appelée inopposabilité par action en
justice, est une sanction qui frappe certains actes de la période suspecte, mais qui
n'est pas automatique. Elle suppose une décision judiciaire ART 69
Assistance : est le régime dans lequel le débiteur conserve l'administration et la
gestion de ses biens, mais doit être accompagné du syndic pour accomplir
certains actes.,
Représentation : La représentation est le régime dans lequel le débiteur est dessaisi
de l'administration et de la gestion de ses biens, lesquelles sont entièrement
confiées au syndic qui agit en son nom et pour son compte.
B- Questionnaires
1) Quels sont les critères de délimitation de la période suspecte ?
Au regard de l’article 67, la période suspecte comment a compter à partie de la date de
la cessation des paiements et prend fin à la date décision d’ouverture du redressement
judiciaire ou de la liquidation des biens.
2) Quel est le sort des actes passés par le débiteur pendant la période suspecte ?
Les actes passés par le débiteur pendant la période suspecte sont inopposables
de plein droit à la masse des créanciers
3) Le redressement judiciaire et la liquidation des biens emportent-ils des effets
identiques à l’égard du débiteur ? Justifiez votre réponse.
Elles n’emportent pas les mêmes effets. Car En redressement judiciaire, l'article
52 de l'AUPCAP instaure un régime d'assistance obligatoire : le débiteur conserve
un rôle actif dans la gestion de son entreprise mais ne peut accomplir les actes
d'administration et de disposition qu'avec l'approbation du syndic. Il peut toutefois
agir seul pour les actes conservatoires et les actes de gestion courante. À l'issue de la
procédure, il recouvre la libre administration de ses biens dès l'homologation
du concordat (article 136).
En liquidation des biens, l'article 53 de l'AUPCAP instaure un régime de
dessaisissement complet : le débiteur est totalement écarté de la gestion de son
patrimoine. Le syndic agit seul en sa représentation. De plus, si le débiteur est une
personne morale, la liquidation emporte de plein droit sa dissolution. La procédure
aboutit à la réalisation totale de l'actif sans que le débiteur ne recouvre quoi que ce soit.
4) Quelles sont les missions du syndic dans une procédure de redressement
judiciaire et de liquidation des biens ?