Cours 12
Cours 12
Mohamed LAMNII
Table des Matières
où det (Ai ) désigne le déterminant de la matrice obtenue en remplaçant la ieme colonne de A par le
vecteur b.
0 −1
2 1
x1 = =1
1 −1
1 1
1 0
1 2
x2 = = 1.
1 −1
1 1
Résoudre
4x1 + 15x2 + 3x3 − 17x4 = −18
L1
+13x2 + 5x3 + 4x4 = 0 L2
S′ :
−2x3 + 5x4 = 8 L3
7x4 = 14 L4
4 15 3 −17 x1 −18
0 13 5 4 x2
0
(S)
0 0 −2
=
5 x3 8
0 0 0 7 x4 14
bn
xn =
un,n
Pour i = n − 1 à 1
xi = bi
Pour j = i + 1 à n
xi = xi − ui j x j
Fin pour j
xi
xi =
uii
Fin pour i
R 1-) La matrice U est dite triangulaire supérieure. Elle est inversible si tous les termes diagonaux
sont non nuls et
detU = u11 × u22 × · · · × unn
2-) La matrice triangulaire inférieure se traite de façon similaire.
3-) le nombre d’opérations nécéssaires est :
n(n−1)
2 multiplications, n(n−1)
2 additions et n divisions soit au total n2 opérations
(1)
(1)
3x1 + 5x2 + 2x3 = 8
L1 ← L1 3x1 + 5x2 + 2x3 = 8
L1 ← L1
(1) (1)
Etape1 : 0 + 8x2 + 2x3 = −7 L2 ← L2 Etape2 : 0 + 8x2 + 2x3 = −7 L2 ← L2
(1) (2) (1) (1)
0 − 8x2 + 4x3 = 10 L3 ← L3 − 2L1 0 + 0 + 6x3 = 3 L3 ← L3 + L2
D’où :
1
x3 =
2
x2 = (−7 − 2x3 ) /8 = −1
x1 = (8 − 2x3 − 5x2 ) /3 = 4
■
1.1 Méthodes directes de résolution de AX = B 7
Donc
(1) (0) (0)
ai j = ai j − mi1 a1 j pour i, j = 2, 3, · · · ; n
(1) (0) (0)
bi = bi − mi1 b1 pour i = 2, 3, · · · ; n
(1)
(1) ai2 (1)
Etape2 : A nouveau, on suppose a22 ̸= 0 et on pose mi2 = (1) On remplace la ligne Li par
a22
(2) (1) (1)
Li ← Li − mi2 L2 pour i = 3, · · · , n
(2) (1) (1)
ai j = ai j − mi2 a2 j pour i, j = 3, · · · , n
et
(2) (1) (1)
bi = bi − mi2 b2 pour i = 3, · · · , n
On obtient alors le système (S2 ) suivant :
(0) (0) (0) (0) (0)
a11 x1 + a12 x2 + a13 x3 + · · · + a1n xn = b1
0 + a(1) x + a(1) x + · · · + a(1) x (1)
22 2 23 3 2n n = b2
(S2 ) : .. .. ..
. . .
(2) (2) (2)
0 + 0 + an3 x3 + · · · + ann xn = bn
(k−1)
En supposant qu’à chaque étape on a akk ̸= 0, on poursuit la la transformation jusq’à l’obtention
d’un système triangulaire
(0) (0) (0) (0)
a11 x1 + a12 x2 + · · · + a1n xn = b1
(1) (1) (1)
0 + a22 x2 + · · · + a2n xn
= b2
(Sn−1 ) : .. .. ..
. . .
(n−1) (n−1)
0 + 0 + 0 + · · · + 0 + ann xn = bn
Ecriture matricielle :
8 Chapitre 1. Résolution numérique de systèmes linéaires AX = B
(0) (0) (0) (0)
a11 a12 · · · · · · a1n b1
··· ··· ··· ··· ··· ···
ètape 0 : A(0) = A =
··· ··· ··· ··· ··· ···
(0) (0) (0)
a1n · · · · · · · · · ann bn
(0) (0) (0) (0)
a11 a12 · · · · · · a1n b1
0 a(1) (1)
· · · · · · a2n b2
(1)
22
ètape 1 : A(1) = ..
0 ··· ··· ··· ··· .
(1) (1) (1)
0 an2 ··· ··· ann bn
(0) (0) (0) (0)
a a12 · · · ··· a1n b1
11 (1) (1) (1)
a22 · · · ···
0 a2n b2
ètape n-1 : A(n−1) = ..
0 0 ··· ··· ··· .
(n−1) (n−1)
0 0 ··· 0 ann bn
Matrices élementaires de Gauss
(k−1) (k−1)
R Le procédé suppose que tous les akk ̸= 0. Si à une étape k on a akk = 0 et s’il ya au moins
(k−1)
un des aik ̸= 0 ( i = k + 1, · · · .n ) on permute les lignes k et i et on continue.
Sinon ça voudrait dire que la matrice A n’est pas inversible.
R Ik,I A échange les lignes k et I de A alors que AIk,I échange les colonnes k et I de A. On a encore
−1 ⊤.
Ik,I = Ik,I = Ik,l
1 2 3 9 8 7
Définition 1.1 Une matrice de permutation est un produit de matrices élémentaires de permuta-
tion.
10 Chapitre 1. Résolution numérique de systèmes linéaires AX = B
10−10 x1 + x2 = 1
x1 − x2 = 0
méthode de Gauss donne des résultats différents selon qu’on l’applique avec ou sans pivot.
(1)
a21 1
m21 = = = 1010
(1)
a11 10−10
10−10 x1 + x2 = 1
(
et (S2 )
−1 − 1010 x2 = −1010
1010
qui donne pour solution approchée x2 = 1+1010
≃ 1 et x1 ≃ 0.
ii) Si on adopte la stratégie du pivot partiel qui consiste à mettre en première ligne celle dont le
coefficient de x1 est le plus grand en module alors on permute les lignes pour obtenir le système
x1 − x2 = 0
(S1 )
10−10 x1 + x2 = 1
10−10
Pour lequel m21 = 1 = 10−10 et qui conduit à la solution approchée : x2 ≃ 1 et x1 = x2 ≃ 1. ■
A travers cet exemple simple, on voit donc le problème que peut poser un pivot trop petit (a
cause des erreurs d’arrondi). Pour éviter de diviser par des pivots trop petits pouvant conduire à des
solutions absurdes, on peut adopter automatiquement une stratégie du pivot
- Stratégie du pivot partiel (La méthode de Gauss avec pivot partiel) : A chaque étape k : on
(k)
choisit akk tel que :
(k) (k)
akk = max aik .
i≥k
(k)
On permute alors les lignes d’indices i et k pour amener en position de pivot l’élément aik .
Matriciellement, cette opération revient à multiplier la matrice A(k) par une matrice de permutation
Ikl avant d’appliquer l’élimination de Gauss.
La méthode de Gauss avec pivot partiel s’écrit donc :
où les Mi sont des matrices élémentaires de Gauss et les Iki des matrices de permutation pour i ≥ k.
Si à une étape k on n’a pas besoin de pivoter, l’écriture reste valable avec Iki = I où I désigne la
matrice identité.
1.1 Méthodes directes de résolution de AX = B 11
(k)
- Stratégie du pivot total (La méthode de Gauss avec pivot total) : A chaque étape k, on prend akk tel
que :
(k) (k)
akk = max ai j
i≥k
j≥k
On effectue alors des permutations de lignes et de colonnes pour amener en position de pivot
l’élément akij . Ce qui reviendrait à multiplier la matrice A(k) par deux matrices de permutation P et Q,
l’une à droite pour permuter les lignes et l’autre à gauche pour permuter les colonnes.
A(2) = M1 I1i A(1) I1 j
.. ..
.=.
A(n) = Mn−1 In−1i · · · M1 I1i A(1) I1 j · · · In−1 j
1.1.4 Factorisation LU
(k−1)
Théorème 1.1 Si tous les akk ̸ 0 alors la matrice A peut-etre décomposée sous la forme
=
A = LU où U = A(n−1) est une matrice triangulaire supérieure et
Preuve :
(1) Mk est inversible car det Mk = 1 pour k = 1, · · · , n − 1
(2) Mk−1 est de la forme de Mk en changeant les les termes −mik en mik , i = k + 1, · · · , n
(3) (Mn−1 Mn−2 · · · M1 )−1 = M1−1 M2−1 · · · Mn−1
−1
soient inversibles, alors il existe une matrice triangulaire inférieure L avec lii = 1 et une matrice
12 Chapitre 1. Résolution numérique de systèmes linéaires AX = B
triangulaire supérieure U telles que A = LU. De plus, cette factorisation est unique.
Preuve :
On a A1 = a11 comme det(A1) ̸= 0 =⇒ a11 ̸= 0 a11 non nul, donc on peut appliquer la méthode
d’élimination de Gauss sans pivot on obtient
Supposons que nous ayons pu appliquer la méthode de Gauss sans pivot jusqu’à l’étape k c.à. d
P1 = P2 = · · · Pk−1 = I il s’ensuit que
i=1
A(k) = Mk−1 Mk−2 · · · M1 A = ∏ Mi A.
i=k−1
(k) (k)
Par un produit par blocs on obtient : Ak = Gk Ak et donc det(Ak ) = det(Ak ) car det(Gk ) = 1.
D’où
(1) (k)
a11 × · · · × akk = det (Ak ) .
(k)
Comme det (Ak ) ̸= 0 =⇒ akk ̸= 0 Donc nous pouvons appliquer la méthode d’élimination de Gauss
sans pivot à l’étape k (Pk = I) Ce qui implique qu’on peut prendre P1 = · · · = Pn−1 = I Et avoir
MA = U et donc A = M −1U
Unicité
Supposons qu’il existe L1 , L2 ,U1 et U2 telles que A = L1U1 = L2U2 , comme L2 et U1 sont inversibles
alors L2−1 L1 = U2U1−1 .
Mais le premier membre de cette égalité est une matrice triangulaire inférieure à diagonale unité et
le second membre est une matrice triangulaire supérieure. Donc on a L2−1 L1 = U2U1−1 = I. On a de
meme L1−1 L2 = U1−1U2 = I ; d’où I1 = L2 et U1 = U2 .
■ Exemple 1.4
−x1 + x2 + 2x3 = 2
Résoudre (S′ ) :
3x1 − x2 + x3 = 6
−x1 + 3x2 + 4x3 = 4
−1 1 2 −1 1 2
(1)
Donc A = 3 −1 1 =⇒ A = 0 2 7
−1 3 4 0 2 2
1 0 0 1 0 0
−1
on a M1 = 3 1 0 , =⇒ M1 =
−3 1 0
−1 0 1 1 0 1
1.1 Méthodes directes de résolution de AX = B 13
1 0 0 1 0 0
On a M2 = 0 1 0 , =⇒ M2−1 = 0 1 0
0 −1 1 0 1 1
−1 1 2 1 0 0
Donc U = M2 M1 A = 0 2 7 et L = M1−1 M2−1 = −3 1 0
0 0 −5 1 1 1
Résoudre AX = B revient à résoudre LUX = B qu’on résoud en 2 étapes :
(1) LY = B donne y1 = 2; y2 = 6 + 3y1 = 12 et y3 = 4 − y1 − y2 = −10
(2) UX = Y donne x3 = −10
−5 = 2; x2 =
12−14
2 = −1 ;
x1 = −(2 − 4 + 1) = 1
Définition 1.3 Le produit scalaire canonique sur Rn est défini comme l’application
⟨., .⟩ : Rn × Rn → R
n
(u, v) 7→ ∑ ui vi
i=1
n
∑ ui vi = ⟨u, v⟩ = ⟨v, u⟩ = vt u = ut v
i=1
Définition 1.4 Une matrice A est dite définie positive, (resp. semi définie positive) si pour tout
x ∈ Rn∗ , on a ⟨Ax, x⟩ > 0, (resp. ⟨Ax, x⟩ ≥ 0).
Propriétés
- Une matrice définie positive est inversible ;
- Si A est inversible, alors At A est symétrique et définie positive ;
- Si A est définie positive, alors toutes les sous-matrices Ak d’ordre k(k ≤ n) sont définies positives.
En particulier tous les éléments diagonaux sont positifs.
Preuve :
Remarquons d’abord que si A est définie positive, alors toutes les sous-matrices d’ordre k sont
inversibles. Le théorème 1.2 permet d’affirmer l’existence de deux matrices L et U telles que A = LU.
Ce que nous cherchons ici c’est de factoriser en utilisant une seule matrice L.
√ √
Raisonnons par récurrence sur k. Si k = 1, A = a11 > 0 donc a11 = a11 · a11 .
14 Chapitre 1. Résolution numérique de systèmes linéaires AX = B
Supposons qu’on ait pu factoriser pour toute matrice d’ordre k − 1 c.à.d Ak−1 = Lk−1 Ltk−1 .
Soit Ak une matrice d’ordre k et posons :
a1k
Ak−1 v
Ak = avec v = ... .
vt akk
ak−1k
i) L’équation 1.2 permet alors de résoudre un système et d’obtenir la solution qui est
√ le vecteur l.
ii) L’équation 1.3 permet d’obtenir la dernière inconnue du problème, à savoir lkk = akk − l t l et on
peut choisir lkk > 0.
Détermination pratique de L
n n
On a A = LLt donc ai j = ∑ lip ltp j = ∑ lip l j p .
p=1 p=1
j
Comme L est triangulaire inferieure on a : ai j = ∑ lip l j p avec i ≥ j.
p=1
La 1 re colonne (
a11 = l112
La kième colonne
k k−1
∑ lkp = lkk2 + ∑ lkp2
akk =
p=1 p=1
k
aik =
∑ lip lkp pour i = k + 1, · · · , n
p=1
1.2 Méthodes itératives 15
v
k−1
u
u
∑ lkp2
l kk = t akk −
p=1
=⇒ k−1
aik − ∑ lip Ikp
p=1
lik = pour i = k + 1, · · · , n
lkk
♢ L est une matrice triangulaire inférieure stricte (avec des zéros sur la diagonale) contenant
les éléments sous la diagonale de A,
♢ U est une matrice triangulaire supérieure stricte (avec des zéros sur la diagonale) contenant
les éléments au-dessus de la diagonale de A.
- Méthode de Jacobi : M = D, N = L +U.
- Méthode de Gauss-Seidel : M = D − L, N = U.
- Méthode de relaxation : A = A(ω) = M(ω) − N(ω), avec M(ω) = ω1 D − L, N(ω) = 1−ω ω D +U où
ω est un scalaire.
Définition 1.5 Une méthode de type (1.2.2) est dite convergente si pour tout x(0) initial on a :
lim x(k) = x
k→∞
x = Tx+c
e(k) = x(k) − x
Méthode de Jacobi :
Si A = (ai j ) la méthode de Jacobi consiste à choisir ; M = D = diag (aii ) et N = L +U = (−ai j )i,̸= j
le schéma itératif est comme suit :
Méthode de Gauss-Seidel :
Pour cette méthode, les matrices M et N sont données par :
1.2 Méthodes itératives 17
(D − L)x(k+1) = Ux(k) + b
ou encore
x(k+1) = (D − L)−1Ux(k) + (D − L)−1 b
en explicitant (1.2.3) on obtient :
(k+1) (k) (k)
a11 x1 = −a12 x2 − · · · − a1n xn + b1
(k+1) (k+1) (k) (k)
a22 x2 = −a21 x1 − a23 x3 − · · · − a2n xn + b2
.. .. ..
. . .
(k+1) (k+1) (k+1) (k) (k)
aii xi = −ai1 x1 · · · − aii−1 xi−1 − aii+1 xi+1 − · · · − ain xn + b2
.. .. ..
. . .
(k+1) (k+1) (k+1)
ann xn = −an1 x1 − · · · − ann−1 xn−1 + bn
ou encore (
x(0)
(k+1) (k+1) (k)
xi = − a1ii ∑i−1 a x
j=1 i j j + ∑n
a x
j=i+1 i j j − bi , i = 1, . . . , n
Théorème 1.4 Si A est une matrice carrée à diagonale strictement dominante en lignes alors la
méthode de Jacobi converge.
Preuve :
Si A est une matrice carrée à diagonale strictement dominante en lignes alors on a : ∑ j=n
j=1, j̸=i ai j <
j=n
1
|aii | , 1 ≤ i ≤ n(∗) ou encore :
∑ j=1, j̸=i ai j < 1, 1 ≤ i ≤ n.
|aii |
−a
Par ailleurs TJ = D−1 (L +U) = (ti j ) avec ti j = aiii j si i ̸= j et tii = 0
j=n j=n
1
∥TJ ∥∞ = max ∑ ti j = max ∑ ai j < 1 ■
1≤i≤n j=1 1≤i≤n |aii |
j=1, j̸=i
Exercice
Montrer un résultat analogue avec preuve similaire si A est strictement dominante en colonnes.
Théorème 1.5
Si A est une matrice carrée à diagonale strictement dominante en lignes alors la méthode de
Gauss-Seidel converge
Preuve :
on montre que ∥TGS ∥∞ = (D − L)−1U ∞
< 1 en passant par :
∥T x∥∞
∥T ∥∞ = max
x̸=0 ∥x∥∞
18 Chapitre 1. Résolution numérique de systèmes linéaires AX = B
On pose y = T x = (D − L)−1Ux
qui donne (D − L)y = Ux et Dy = Ly +Ux ou encore y = D−1 Ly + D−1Ux
Soit k l’indice tel que |yk | = max |yi | = ∥y∥∞ = ∥T x∥∞
1≤i≤n
j=k−1 j=n
D−1 L D−1U
On a yk = ∑ y +
kj j ∑ x
kj j
j=1 j=k+1
j=k−1 j=n
ak j ak j
d’où |yk | ≤ ∑ ∥y∥∞ + ∑ ∥x∥∞
j=1 |akk | j=k+1 |akk |
!
j=k−1 j=n
ak j ∥y∥∞ ak j
et : 1− ∑ ∥x∥ ≤ ∑
j=1 |akk | j=k+1 |akk |
∞
j=n
ak j
∑
∥y∥∞ j=k+1 |akk |
soit enfin : ∥x∥∞ ≤
j=k−1
<1 ■
ak j
1−
∑ |akk |
j=1
Méthode de relaxation
Si on considère des matrices M et N dépendantes d’un paramètre ω on obtient :
A = M(ω) − N(ω)
1 1−ω
avec M(ω) = D − L et N(ω) = D +U
ω ω
−1 −1
1 1−ω 1
T (ω) = D−L D +U et c(ω) = D−L b
ω ω ω
−1
T (ω) = I − ωD−1 L (1 − ω)I + ωD−1U
Théorème 1.6
Condition nécessaire de convergence de la méthode de relaxation : 0 < ω < 2
Preuve : −1
1 1−ω
T (ω) = D−L D +U
ω ω
Si les valeurs propres de T (ω) sont notées λi (ω) on a :
1−w
n
det ω D +U
det(T (ω)) = ∏ λi (ω) = = (1 − ω)n .
det ω1 D − L
i=1
Définition 2.2
Soit g une fonction k-Lipschitzienne sur [a, b]. La fonction g est dite contractante de rapport de
contraction k si k ∈]0, 1[.
Exercice
Montrer que la La fonction g(x) = 31 cos(x) est Lipschitzienne et déterminer le rappport k.
Définition 2.3 Soit g une fonction définie sur un intervalle [a, b] de R à valeurs dans R la fonction
g est dite uniformément continue sur [a, b] si : ∀ε ≥ 0, ∃η tel que ∀x et y de [a, b] vérifiant
|y − x| ≤ η, on ait |g(y) − g(x)| ≤ ε
R Toute fonction Lipschitzienne sur [a, b] est unfiormément continue sur [a, b].
1 1
f (b) = f (a) + (b − a) f ′ (a) + . . . (b − a)n f (n) (a) + (b − a)n+1 f (n+1) (c)
n! (n + 1)!
Définition 2.4
Soit θ un réel et f une fonction définie sur un intervalle I de R et à valeurs dans R. θ est dit zéro
de f si f (θ ) = 0
Définition 2.5
Soit θ un réel et g une fonction définie sur un intervalle I de R et à valeurs dans R.
θ est dit point fixe de g si g(θ ) = θ .
Lemme 2.7
Soit I un intervalle de R et f une fonction définie sur I et à valeurs dans R. Alors la recherche
des zéros de f est équivalente à la recherche des points fixes de la fonction g définie sur I par :
g(x) = x − f (x)
Preuve :
En effet, si f (θ ) = 0 alors g(θ ) = θ − f (θ ) = θ et inversement, si g(θ ) = θ alors f (θ ) = θ −g(θ ) =
θ − θ = 0. ■
2.2 Méthode du point fixe 21
Lemme 2.8
Soit g une fonction de classe C1 sur [a, b]. S’il existe un réel k ≥ 0 tel que : |g′ (x)| ≤ k ∀x ∈ [a, b]
alors la fonction g est k − Lipschitzienne sur [a, b].
Preuve :
Il suffit d’appliquer le théorème des accroissements finis à la fonction g sur [x, y] avec x ≤ y. Donc
il existe c ∈]x, y [ tel que : g(y) − g(x) = (y − x)g′ (c) et comme on a : |g′ (c)| ≤ k, il s’ensuit que :
|g(y) − g(x)| ≤ k|x − y| ■
Définition 2.6
Soit (un ) une suite admettant pour limite θ . On appelle erreur de la nème étape le réel défini par
en = un − θ
Définition 2.7
On dit que la convergence de (un ) vers θ est d’order p si :
|en+1 |
lim p = C où p et C sont des réels > 0
n→∞ |en |
Si p = 1 (avec C < 1) la convergence est dite linéaire
Si p = 2 on dit que la convergence est quadratique.
Définition 2.8 On dira que le réel δ est une approximation du réel α avec la precision ε si :
|α − δ | ≤ ε
En particulier, on dira que le terme un0 d’une suite (un ) approche la limite θ avec précision ε si
|un0 − θ | ≤ ε.
1
■ Exemple 2.2 la suite (un ) =
n tend vers zéro quand n tend vers l’infini. Si on veut une précision
ε = 10−1 , il suffit de prendre n0 tel que n10 ≤ 10−1 ou encore n0 ≥ 10 mais si on exige une precision
de 10−5 alors on doit prendre n0 tel que n10 ≤ 10−5 c.a.d n0 ≥ 105 ■
R
Il est important de saisir la notion de vitesse de convergence. Par exemple, les suites 1n , n12 , n14
convergent vers zéro quand n tend vers l’infini mais la vitesse de convergence diffère d’une
suite à l’autre.
Théorème 2.9 Soit g une fonction k-contractante sur [a, b] et à valeurs dans [a, b], et (un ) la suite
récurrente définie par : u0 ∈ [a, b], u0 donné et un+1 = g (un ) pour tout n ≥ 0
Alors :
1- la suite ( un ) converge vers un réel θ
2- la fonction g admet un point fixe unique
kn
3- Pour tout n ∈ N∗ on a : |un − θ | ≤ 1−k |u1 − u0 |
Preuve :
Tout d’abord, comme u0 ∈ [a, b] et que g : [a, b] → [a, b], on a un ∈ [a, b] pour tout n ∈ N. Ensuite, le
fait que g soit une fonction k-contractante implique que :
1−k
|un+p − un | ≤ kn ≤ε
|u1 − u0 |
La suite ( un ) est donc de Cauchy et par conséquent elle converge vers une limite θ . Comme la
fonction g est continue sur [a, b], que un+1 = g (un ) et que
un ∈ [a, b]∀n ∈ N
kn
|θ − un | ≤ |u1 − u0 | ∀n ∈ N∗ ■
1−k
2.2 Méthode du point fixe 23
Preuve :
l’objectif est de montrer qu’il existe un intervalle Iε = [θ − ε, θ + ε] tel que pour tout u0 ∈ Iε , la
suite un = g (un−1 ) est définie et converge vers θ , qui est l’unique solution de g(x) = x dans Iε .
g′ (x) − g′ (θ ) < η
1−|g′ (θ )|
Choisissons η = 2 . Alors, pour tout x ∈ Iε , on a :
1 − |g′ (θ )| 1 + |g′ (θ )|
g′ (x) ≤ g′ (θ ) + η < g′ (θ ) + = <1
2 2
Ainsi, |g′ (x)| < 1 pour tout x ∈ Iε .
D’après l’inégalité des accroissements finis, pour tout x, y ∈ Iε , il existe c entre x et y tel que :
Donc, g(x) ∈ Iε , et g est stable sur Iε . Par application du théoreme 2.9 on trouve le resultat.
R
- Si |g′ (θ )| = 1, la suite peut converger ou diverger
- Si |g′ (θ )| ≥ 1 et si la suite possède une infinité de termes différents de θ , alors la suite ne
peut converger.
En effet, si on suppose que la suite converge vers θ on obtient :
un+1 − θ = (un − θ ) g′ (cn ) avec cn compris entre un et θ et de là on aboutit à une contradiction
en supposant que un est assez proche de θ de telle sorte que :
Théorème 2.11 Si la suite récurrente définie par : u0 ∈ [a, b], u0 donné et un+1 = g (un ) , ∀n ≥ 0,
converge linéairement vers θ et si g est de classe C1 sur [a, b], alors C = limn→∞ |e|en+1
n|
|
= |g′ (θ )|.
24 Chapitre 2. Résolution de l’équation f (x) = 0
Preuve :
Il suffit d’appliquer le théorème des accroissements finis : |en+1 | = |un+1 − θ | = |g (un ) − g(θ )| =
|(un − θ ) g′ (cn )| et de là on obtient
|en+1 |
lim = lim g′ (cn ) = g′ (θ )
n→∞ |en | n→∞
R On veut résoudre numériquement l’équation f (x) = 0. On constate qu’il existe plusieurs façon
d’écrire cette équation sous la forme d’un problème de point fixe c’est-à-dire sous la forme
g(x) = x. Par exemple on à les trois écritures suivantes :
x2 − 2x − 3 =0
=⇒ x2 = 2x + 3
√
=⇒ g1 (x) = ± 2x + 3
x2 − 2x − 3 = 0 =⇒ 2x = x2 − 3
x2 − 3
=⇒ x = g2 (x) =
2
2 2
x − 2x − 3 = 0 =⇒ x = 2x + 3
2x + 3
=⇒ x = g3 (x) =
x
Les trois équations admettent pour points fixes -1 et 3 . Pour la convergence locale ou globale
il faut étudier |g′i (x)| , |g′i (−1)| et |g′i (3)| i = 1, 2, 3
L’idée consiste à remplacer la fonction f par la droite tangente à sa courbe aux point (xi , f (xi )) ,
l’intersection de cette droite avec l’axe (ox) détermine le point xi+1 .
Preuve :
Considérons le cas f (a) · f (b) < 0, f ′ (x) < 0 et f ′′ (x) < 0 D’après i) et ii), il existe une solution
θ ∈ [a, b] tel que f (θ ) D’autre part
f (θ ) − f (xn ) 1 ′′
2 f (c)
xn+1 − θ = xn − θ + = (xn − θ ) avec xn ≤ c ≤ θ
f ′ (xn ) 2 f ′ (xn )
2.3 Méthode de Newton 25
Par conséquent, le signe de xn+1 − θ est celui de f ′′ (c) f ′ (xn ). Si f ′ (x) < 0 et f ′′ (x) < 0 alors
xn+1 ≥ θ pour tout n ≥ 0, (xn ) est donc minorée par θ à partir de x1 Pour montrer que la suite (xn )
est décroissante, on distingue deux cas :
(1) Si x0 > θ
Comme f ′ (x) < 0 =⇒ f est décroissante sur [a, b] =⇒ f (x) ≥ 0 ∀x ∈ [a, θ ] et f (x) ≤ 0 ∀x ∈
[θ , b] car f (a). f (b) < 0
Donc f (x0 ) ≤ 0 =⇒ ff′(x 0) f (x0 )
(x0 ) ≥ 0 =⇒ x1 = x0 − f ′ (x0 ) ≤ x0
=⇒ θ ≤ x1 ≤ x0
Par récurrence on montre que xn+1 ≤ xn pour tout n ≥ 0
(2) Si x0 < θ
Comme f ′ (x) < 0 =⇒ f est décroissante sur [a, b] =⇒ f (x) ≥ 0 ∀x ∈ [a, θ ] et f (x) ≤ 0 ∀x ∈
[θ , b] car f (a). f (b) < 0 Donc f (x0 ) ≥ 0 =⇒ ff′(x 0) f (x0 )
(x0 ) ≤ 0 =⇒ x1 = x0 − f ′ (x0 ) ≥ x0 Or xn+1 ≥ θ ∀n ≥
0 =⇒ x1 ≥ θ Donc f (x1 ) ≤ 0 =⇒ ff′(x 1) f (x1 )
(x1 ) ≥ 0 =⇒ x2 = x1 − f ′ (x1 ) ≤ x1 =⇒ θ ≤ x2 ≤ x1 Par récurrence
on montre que xn+1 ≤ xn pour tout n ≥ 1
Donc xn est une suite décroissante et minorée =⇒ xn est convergente vers l’unique solution θ de
f (x) = 0 dans [a, b] ■
ek+1 f ′′ (θ )
Par passage à la limite on trouve : lim = .
k→+∞ e2
k 2 f ′ (θ )
La méthode de Newton a donc, une convergence d’ordre 2 ou de convergence quadratique.
26 Chapitre 2. Résolution de l’équation f (x) = 0
■ Exemple 2.3 On se propose de calculer une racine de la fonction f (x) = x2 − 4 dans l’intervalle [
0,52].
f est continue sur [0, 52] et on a f (0) = −4 et f (52) = 2700
Nous allons utiliser la méthode de Newton pour calculer une estimation de cette racine avec x0 = 52
k xk−1 f (xk−1 ) xk f (xk ) err k
1 52 2700 26 674 26
2 26 674.0015 13.0960 167.5063 12.9424
3 13.0960 167.5063 6.7007 40.8999 6.3953
4 6.7007 40.8999 3.6488 9.3141 3.0519
5 3.6488 9.3141 2.3725 1.6289 1.2763
6 2.3725 1.6289 2.0292 0.1178 0.3433
7 2.0292 0.1178 2.0002 0.0008 0.0290
■
b0 −a0
Aprés cette étape la longueur de [a1 , b1 ] est égale à 2 = b−a 2
Etape 2
on recommence le procédé de l’étape 1 .
Etape k
A chaque étape k du procédé, soit on tombe sur un ck = θ soit on diminue la longueur de l’intervalle
de moitié.
Théorème 2.13 Les ak , bk et ck satisfont les propriétés suivantes :
(1) [ak+1 , bk+1 ] ⊂ [ak , bk ]
2.5 Méthode de dichotomie 27
Preuve :
1)- Pour k ≥ 0 on a ck = ak +b 2
k
et [ak+1 , bk+1 ] = [ak , ck ] ou [ak+1 , bk+1 ] = [ck , bk ] .
Donc [ak+1 , bk+1 ] ⊂ [ak , bk ]
2)- On a par construction bk+1 − ak+1 = bk −a 2 , montrons par récurrence que : bk − ak =
k b−a
2k
Pour k = 0 la relation est vérifiée
Si on suppose que la relation est vraie à l’ordre k bk − ak = b−a
2k
alors on a :
1 1 b−a b−a
bk+1 − ak+1 = (bk − ak ) = = k+1
2 2 2k 2
et comme 2b−a
k+1 −−−−→ 0 on déduit que limk→∞ ck = θ ■
n−→+∞
■
28 Chapitre 2. Résolution de l’équation f (x) = 0
!
TABLE 2.1 – Méthode de dichotomie pour f (x) = x2 − 4 sur [0, 3] (précision 10−3 )
k ak f (ak ) bk f (bk ) ck f (ck ) errk
0 0.0000 -4.0000 3.0000 5.0000 1.5000 -1.7500 3.0000
1 1.5000 -1.7500 3.0000 5.0000 2.2500 1.0625 1.5000
2 1.5000 -1.7500 2.2500 1.0625 1.8750 -0.4844 0.7500
3 1.8750 -0.4844 2.2500 1.0625 2.0625 0.2539 0.3750
4 1.8750 -0.4844 2.0625 0.2539 1.9688 -0.1230 0.1875
5 1.9688 -0.1230 2.0625 0.2539 2.0156 0.0627 0.0938
6 1.9688 -0.1230 2.0156 0.0627 1.9922 -0.0311 0.0469
7 1.9922 -0.0311 2.0156 0.0627 2.0039 0.0157 0.0234
8 1.9922 -0.0311 2.0039 0.0157 1.9980 -0.0078 0.0059
9 1.9980 -0.0078 2.0039 0.0157 2.0010 0.0039 0.0029
y − f (xk ) x − xk
= .
f (xk ) − f (xk−1 ) xk − xk−1
En effet : On a
f (xn ) (xn − xn−1 ) f (xn ) (en − en−1 )
xn+1 = xn − ⇔ en+1 = en − ,
f (xn ) − f (xn−1 ) f (xn ) − f (xn−1 )
f ′′ (θ ) 2
f (θ + δ ) = f (θ ) + f ′ (θ ) δ + δ +...
2
On remplace δ , par en et en−1 et on remplace dans la secante. Il s’en suit :
f ′′ (θ ) en en−1
en+1 ≃
2 f ′ (θ )
en+1 ≃ Cenp
Un calcul simple montre que p est la solution positive de :
√
2 1+ 5
p − p−1 = 0 ⇒ p = (le nombre d’or)
2
De 1 < p < 2, on déduit que la convergence n’est pas linéaire et elle a’est pas quadratique. On
parle de convergence superlinéaire
x−a y − f (a)
=
b−a f (b) − f (a)
Elle coupe l’axe des abscisses au point : Mk (ck , 0) où :
ak − bk
ck = ak − f (ak )
f (ak ) − f (bk )
En suite on procède comme dans le cas de dichotomie en testant : Si f (ak ) f (ck ) < 0 alors
θ ∈ [ak , ck ] on pose alors ak+1 = ak et bk+1 = ck Si f (bk ) f (ck ) < 0 alors θ ∈ [ck , bk ] on pose
alors ak+1 = ck et bk+1 = bk puis on cherche à nouveau la droite passanrt par (ak+1 , f (ak+1 )) et
(bk+1 , f (bk+1 ))