Reproduction Humaine
Reproduction Humaine
Cours
L'homme est classé dans l'embranchement des Vertébrés, classe des Mammifères et ordre des
Primates. La reproduction chez les Primates est une reproduction sexuée avec sexes séparés
(nécessitant la recherche du partenaire), fécondation interne (organes d'accouplement) et
viviparité (gestation placentaire) suivie d'un allaitement (glandes mammaires) et d'un soin
aux jeunes maintenu pendant une assez longue période.
Nous avons présenté la vie comme un travail. Maintenant nous la voyons sous l'aspect de la
reproduction le travail de reproduction. Ce travail conduit à un don. Les parents donnent la
vie à leur enfant. On parle aussi de transmission de la vie dans la mesure où les parents
transmettent quelque chose qui ne leur appartient pas. Ces notions relèvent sans aucun doute
plus de l'éthique que de la biologie et le choix des termes est important. Nous nous intéressons
à une fin (d'où la nécessité de parler d'éthique): la fin de la reproduction est bien de donner la
vie à des enfants, de les élever et de perpétuer ainsi l'espèce. Il s'agit bien d'une fin biologique.
L'ensemble des structures, des organes, des régulations, concourent de façon coordonnée à
une fin biologique : la reproduction. Donc, il est important de souligner que le travail de
reproduction, met en jeu non seulement la capacité pour la femme à être fécondée mais aussi à
mener à bien la gestation, l'allaitement puis les soins au(x) jeune(s).... La fonction de
reproduction ne se limite pas à la fécondation, ni même à la gestation... (si chez de nombreux
mammifères le soin aux jeunes est essentiel à la fonction de reproduction, combien plus la
famille devrait être protégée chez l'homme...). Notre étude n'atteindra pas le domaine
éthologique alors qu'il est évidemment essentiel pour ce travail que l'individu ne réalise pas
tout seul...
L'acquisition de la capacité à se reproduire est qualifiée de puberté (du latin pubes, le poil).
Elle correspond à une maturité structurale et fonctionnelle des organes de la reproduction
(organes génitaux) et s'accompagne de signes extérieurs (caractères sexuels secondaires)
notamment l'apparition d'une pilosité (du latin pilus, le poil, le cheveu) aux niveau de
certaines zones de la peau.
Cette partie sera pour nous l'occasion d'aborder les systèmes de régulations physiologiques
que nous ne pouvons pas détailler dans chacune des parties de notre étude. La plupart des
idées présentées ici sont reprises du chapitre du cours de terminale sur la physiologie humaine
de la reproduction. Par contre, il est regrettable que certains manuels, comme
malheureusement le Tavernier (chapitre 1 de la partie 2, p 134), n'échappent pas au
réductionnisme ambiant et présente la reproduction comme un phénomène basé avant tout sur
la transmission des caractères héréditaires placés de façon à mon avis "archaïque" dans un très
hypothétique "programme génétique". Nous reviendrons sur cette partie en fin de chapitre
mais il me semble important de présenter d'abord la reproduction comme un travail coordonné
de très nombreux organes et plus encore de la coopération entre deux individus de sexe
différents à une même fin biologique.
les voies génitales : un vagin (impair), avec les structures annexes correspondant à la
partie la plus externe du tractus génital : la vulve (fermée partiellement par l'hymen),
le périnée, les grandes et les petites lèvres, le clitoris): l'organe de l'accouplement,
l'utérus (impair mais terminé par deux cornes utérines paires) : l'organe de la nidation
et de la gestation, les oviductes ou trompes de Faloppe (pairs et terminés chacun par
un pavillon) : organes de la fécondation
les glandes génitales : les ovaires : organes de la gamétogénèse (production des
gamètes), les mamelles (seins) : organes de la lactation, des glandes annexes associées
aux voies génitales : les glandes de Bartholin.
Les organes génitaux externes (vulve) de la femme.
Les voies génitales féminines en coupe frontale (partie gauche) et en vue externe (partie
droite).
Les glandes de Bartholin débouchent à l'extrémité vaginale, avant le repli des petites lèvres,
non représenté ici.
Coupe sagittale du bassin féminin très schématique. Vous noterez la position de l'utérus, col
orienté vers l'arrière, et des ovaires latéraux, coiffés par les pavillons dans leur partie
antérieure.
Les ovaires sont irrigués par une artère qui pénètre entre les follicules et se ramifie. Mais les
capillaires ne dépassent pas la lame basale des follicules. De nombreuses expériences de
greffe ont permis de mettre en évidence la sécrétion par les follicules en croissance de
nombreux facteurs chimiques (VEGF, TGFalpha...) qui stimulent la multiplication et la
croissance des cellules endothéliales et donc favorisent la revascularisation des ovaires
greffés.
L'innervation ovarienne (essentiellement sympathique) se développe en même temps que la
vascularisation et les cordons nerveux suivent les vaisseaux sanguins (dont elles innervent les
fibres lisses) jusqu'aux cellules de la thèque externe des follicules. De nombreux
neuromédiateurs ont été isolés de l'ovaire (NAdr, dopamine, substance P, VIP, NO...) et
interviennent soit dans l'expulsion des ovocytes, soit dans le débit sanguin et donc,
indirectement, dans la croissance des follicules.
L'ovulation est un phénomène rapide (quelques minutes) et libère habituellement un ovocyte
secondaire de façon alternée entre l'ovaire droit et gauche chez la femme (le taux d'ovulation ,
nombre d'ovocytes libérés en même temps est habituellement de 1 chez la vache, 2 chez la
brebis, 8 à 30 chez la truie et 6 à 17 chez la ratte). La libération simultanée de deux ovocytes
par l'un ou les deux ovaires chez la femme peut conduire à la gestation de (faux) jumeaux.
L'ovulation est "spontanée" chez la femme dans le sens où elle ne semble pas être
habituellement "provoquée" comme c'est le cas par exemple chez la chatte (la lapine, la
femelle du vison, de l'écureuil...) à la suite d'une stimulation lors de l'accouplement. Mais il
est connu qu'un stress, un accident, une émotion... peuvent provoquer l'ovulation chez la
femme. Il semble que l'ovaire présente des contractions musculaires qui assurent l'expulsion
de l'ovocyte secondaire entouré de ses cellules folliculaires formant le cumulus oophorus et
accompagné du liquide folliculaire (liquor folliculi), lors de la rupture du follicule mûr
(follicule de De Graaf) qui fait saillie à la surface de l'ovaire (son diamètre atteint 2 cm pour
un ovaire d'un diamètre maximal de 3 cm). La commande de ces contractions pourrait être
d'origine nerveuse mais aussi simplement causée par la baisse de pression dans la cavité
folliculaire (voir plus bas). L'ovulation s'accompagne parfois de légers saignements. Après
l'ovulation le follicule rompu se referme et se transforme en corps jaune par une croissance
des vaisseaux sanguins qui colonisent la granulosa dans laquelle les cellules folliculaires se
transforment en cellules lutéales sécrétrices (luteus = jaune en latin). Un caillot sanguin
persiste au centre du corps jaune. Le corps jaune se forme en quelques heures, fonctionne une
quinzaine de jours puis régresse rapidement en absence de fécondation (corps jaune cyclique
ou provisoire), il perd sa couleur et se transforme en masse fibreuse, le corps blanc, qui
disparaîtra, ne laissant la place qu'à une cicatrice à la surface de l'ovaire. En cas de
fécondation le corps jaune se développe et devient corps jaune gestatif qui persiste pendant
presque toute la durée de la grossesse. Le cycle ovarien est donc long (5 mois minimum,
l'ovulation intervenant au début de la dernière quinzaine), alterné et chevauchant (entre les
deux ovaires, séparé par 28 jours en moyenne de décalage, ce qui permet un fonctionnement
cyclique avec une ovulation chez une femme tous les 28 jours). On a l'habitude de parler d'un
cycle sexuel de 28 jours mais c'est celui de l'utérus qui commande l'événement le plus
marquant : l'apparition des règles qui revient effectivement tous les 28 jours en moyenne
(cette durée varie selon les femmes et au cours de leur vie ; on a observé que les cycles les
plus longs correspondent aux femmes les plus jeunes (entre 25 et 43 jours entre 13 et 17 ans)
et les cycles les plus courts aux femmes les plus âgées (entre 24 et 32 jours à partir de 40 ans).
Ainsi la phase préovulatoire est appelée phase folliculaire et dure pas en fait 14 jours mais
plus de 4 mois et demi pendant laquelle de nombreux follicules commencent une maturation.
Par contre la phase post-ovulatoire ou lutéale ou encore lutéinique, dure effectivement environ
13-14 jours si l'on considère uniquement la période de fonctionnement du corps jaune.
Le cycle ovarien pour un ovaire chevauche celui d'un autre ovaire et correspond non pas à
l'évolution d'un seul follicule comme on peut le supposer à partir de ce schéma mais de
plusieurs centaines de follicules primordiaux (600 ?) qui donneront au plus 1 unique follicule
mûr ovulant (sauf dans certains cas d'obtention de jumeaux) puis un corps jaune qui finit par
devenir follicule blanc cicatriciel.
Une représentation des cycles des deux ovaires (droit OD et gauche OG).
Pour le cycle ovarien : Fp = follicule primordial, FI = follicule primaire, FII = follicule
secondaire, FIII = follicule tertiaire (ou Fc = follicule cavitaire), Fm = FdFG = follicule mûr
ou de De Graaf, CJ = corps jaune, CJc = corps blanc ou corps jaune cicatriciel.
Pour le cycle utérin : R = règles, PP = phase proliférative de la muqueuse utérine, PS = phase
sécrétoire de la muqueuse utérine. Ces cycles théoriques sont présentées pour un
fonctionnement exactement alternatif des deux ovaires et des cycles utérins réguliers de 28
jours exactement, ainsi que pour un temps de passage Fp à Fm (ovulation) de 5 fois 28 jours.
des voies génitales, communes (urètre) dans la partie terminale pénienne (externe)
avec les voies urinaires, au sein d'un organe copulateur impair, le pénis. Les voies
génitales internes se séparent d'avec les voies urinaires au niveau de la prostate et se
continuent par deux spermiductes (canaux déférents) aboutissant à l'épididyme
coiffant chaque testicule.
L'épididyme est le lieu d'acquisition de la fécondance des spermatozoïdes et de leur
aptitude à la mobilité (ils ne seront mobiles qu'après l'éjaculation). Le temps de transit
dans l'épididyme est de l'ordre de 10 jours.
Les canaux déférents sont essentiellement un réservoir (d'une contenance supérieure à
plusieurs éjaculats) mais ils peuvent éliminer les spermatozoïdes non utilisés par
phagocytose ou par élimination dans les urines. Les spermatozoïdes y conservent leur
pouvoir fécondant pendant au moins trois semaines. Les canaux déférents sont
innervés au niveau de leurs muscles lisses.
les glandes de le gamétogenèse sont les testicules (gonades masculines pairs) situés à
l'extérieur de l'organisme dans les bourses. Les glandes annexes sécrétant la majeure
partie du liquide séminal (sperme) sont la prostate (deux demi-glandes regroupées en
un organe impair), les vésicules séminales, les glandes bulbo-urétrales, et
éventuellement l'épididyme qui a à la fois un rôle de stockage et de maturation des
spermatozoïdes.
Chez l'homme comme chez de nombreux mammifères, les testicules migrent avant la
naissance, depuis une position embryonnaire voisine du rein, vers une position à l'extérieur de
l'abdomen, dans des poches cutanées (les sacs scrotaux) qui, avec les fibres élastiques et
musculaires lisses du derme (muscle dartos) et les muscles lisses étirés provenant de la cavité
abdominale (muscle crémaster du grec kremastêr = suspenseur), forment les bourses. Le
maintien du testicule et de l'épididyme à une température inférieure de 4 à 6°C à celle du
corps est indispensable chez l'homme pour le bon déroulement de la méiose et la conservation
des spermatozoïdes. La cryptorchidie (maintien des testicules en position haute, intra-
abdominale) entraîne une stérilité définitive et doit donc être opérée rapidement chez le jeune
enfant. Le maintien de la température basse au niveau du testicule résulte de l'arrangement
vasculaire (on parle d'échangeur thermique) au niveau du testicule (la contraction du dartos
réduit la surface du testicule), de la position du testicule par rapport à l'abdomen (la
contraction des cremaster vient placer les testicules contre la paroi abdominale), et d'une
régulation circulatoire (si la température scrotale est élevée artificiellement le rythme
respiratoire s'accélère).
Du point de vue des cellules sexuelles, les cellules primordiales germinales d'origine
endodermique, appelées gonocytes se divisent activement par mitose entre le 3ème et le 5ème
mois après la fécondation et donnent naissance aux ovogonies (groupées par paquets et reliées
par des ponts cytoplasmiques). Commence alors une phase d'accroissement pendant laquelle
les ovogonies se séparent, s'entourent de quelques cellules folliculaires aplaties, se chargent
de réserves, augmentent de diamètre jusqu'à atteindre environ 50 µm, et présentent un certain
nombre de modifications au niveau du noyau car les chromosomes deviennent visibles
(condensation de l'ADN). Certaines ovogonies sont clairement au stade leptotène de la
prophase méiotique, on dit qu'ils sont entrés en méiose. On observe de tels stades chez la
femme à partir de la 7ème semaine de vie fœtale jusqu'à la naissance, soit environ 20 jours
après le début de différenciation sexuelle de l'ovaire en gonade féminine. Puis les
chromosomes (qui sont arrivés au stade diplotène) se décondensent. On note que cette
maturation se fait toujours avec un pic d'oestradiol chez tous les Mammifères étudiés, mais
aussi chez des Reptiles et des Oiseaux. Ces gonocytes sont alors devenus des ovocytes I (il
faut veiller à conserver le terme d'ovocyte primaire, souvent masqué par le chiffre I que l'on
énonce "un" parfois un peu rapidement; le terme d'ovocyte secondaire faisant référence à un
ovocyte qui est issu d'une division de l'ovocyte primaire et qui est présent chez l'homme mais
pas chez tous les animaux, bien évidemment) dont le stock est donc déterminé à la naissance.
On estime à près de 7 millions le nombre de gonocytes qui donneront environ 1 à 2 millions
d'ovocytes I à la naissance, et on pense qu'il ne reste plus qu'environ 300.000 ovocytes I dans
les deux ovaires à l'âge de 7 ans (au moment de la puberté), tous les autres ovocytes ayant
dégénéré. On pense qu'après les quelques 300 ovulations d'une femme au cours de sa vie
sexuelle (entre la puberté et la ménopause), il y a épuisement du stock d'ovocytes, ce qui fait
quelques 600 à 1000 ovocytes I au total impliqués dans chaque phénomène de maturation
conduisant à l'ovulation. On considère que l'arrêt du fonctionnement ovarien coïncide avec
l'épuisement du stock d'ovocytes (la femme a un épuisement très précoce par rapport à
d'autres Mammifères pour lesquels celui-ci arrive en fin de vie). Du point de vue du stade
méiotique, on dit souvent que l'ovocyte I semble a commencé la première division de méiose,
mais en fait l'ovocyte I n'est pas bloqué en prophase de 1ère division mais à un stade de
décondensation qui fait suite à une maturation sexuelle et qui est similaire au stade G2
(interphase, après duplication de l'ADN) mais avec un début de condensation de l'ADN
(source : Biologie moléculaire de la cellule, 3ème éd., p 1020). Dans ce cas la méiose de
commencerait que quelques jours ou quelques dizaines d'heures avant l'ovulation
(actuellement on parle de déblocage de la méiose ou reprise de la méiose, 12 h avant
l'ovulation...). Les phénomènes cellulaires qui interviennent lors des étapes qui se déroulent
pendant la longue phase de repos et de dégénérescence (on parle d'atrésie (du grec a : privatif
et trêsis : perforation) folliculaire : disparition des cellules folliculaires et de l'ovocyte sans
ovulation) ont des déterminismes encore mal connus (1 ovocyte I sur 20 en "réchappe"... et 1
ovocyte présent à la naissance sera ovulé sur 7.000 ). Les mécanismes cellulaires de l'atrésie
restent très discutés. Ils sont rapprochés de l'apoptose (du grec apo : loin et piptein : tomber),
mécanisme de dégradation enzymatique de l'ADN, car des cellules de follicules atrésiques
présentent une transformation du noyau en une masse compacte de chromatine (cellule dite
pycnotique, du grec puknos : compact). De nombreux facteurs chimiques ont été invoqués
ainsi que la vascularisation du follicule.
Comparaison entre les temps de maturation de la cellule sexuelle et la durée des deux divisions (appelées mitoses
ici)
qui lui succèdent chez quelques organismes.
C'est pendant cette longue période que l'on place l'hypothétique crossing-over (voir à ce sujet le cours de
terminale). Si l'on se réfère à ce qui se passe lors de la division qui suit cette période de maturation sexuelle, il y
a toujours séparation des chromosomes homologues et non des chromatides... pourquoi ne pas alors invoquer les
fameux complexes synaptonémaux et les chiasma qui en résultent (?) pour justifier que dans la mitose qui lui fait
suite, les chromatides de chaque chromosome restent aisément accolées alors que les chromosomes homologues
sont tirés chacun d'un côté de la cellule ou de l'autre. La mitose qui fait suite à une maturation sexuelle, que l'on
peut qualifier de mitose sexuelle sépare donc les homologues et non les chromatides de chaque chromosome. Si
les cellules filles en restent là et ne se divisent plus on a des cellules à n chromosomes mais avec une quantité
d'ADN identique à celle de la cellule de départ (classiquement notée Q). Un argument important dans cette
interprétation est que lors de cette division il n'y a pas de division des centrioles, comme pour toutes les mitoses
des plantes. Ce phénomène est aussi retrouvé dans les activations parthénogénétiques des ovocytes de
mammifères qui se divisent sans centriole, même si les centrioles semblent se former de novo, après plusieurs
divisions de segmentation (source: La reproduction des vertébrés, Masson, 1998, p 190).
La division suivante peut donc se faire directement sans passer par une interphase avec notamment une phase S
de synthèse. Une des clés de la division cellulaire est sans aucun doute dans la formation et la duplication des
centrosomes (voir paragraphe précédent). On sait provoquer chez l'oursin des bourgeonnements de la cellule qui
contiennent des centrosomes mais pas de noyau (Biologie moléculaire de la cellule, 3ème éd., p 914). La mitose
intervenant à la suite de la mitose sexuelle et non précédée par une interphase pourrait donc séparer les
chromatides de chaque chromosomes pour obtenir ainsi des cellules haploïdes avec une quantité d'ADN de Q/2.
Cette interprétation de la maturation sexuelle des cellules dites "germinales" et des éventuelles mitoses qui
suivent remet aussi en cause la notion de lignée germinale et somatique qu'il serait tout aussi intéressant de
bousculer un peu.
Lors de la folliculogénèse, on pourra noter que les cellules de la granulosa forment une
population homogène, reliées par des jonctions perméables (gap-junctions). La granulosa est
séparée de la thèque interne par une lame basale (composée essentiellement de fibronectine)
que ne pénètrent ni les capillaires sanguins, ni les fibres nerveuses. (Cette disposition est à
rapprocher de la structure du testicule avec les cellules de Sertoli et germinales d'un côté et les cellules de Leydig
de l'autre de la lame basale..). A maturité, un follicule féminin mesure 15 à 20 mm et contient près
de 5 millions de cellules folliculaires.
On en arrive en effet au problème central en biologie de la formation de l'œuf (car c'est bien
lui qui va déterminer le développement embryonnaire).
Durant l'ovogenèse, la phase de maturation de l'œuf qui comprend la maturation sexuelle au
sens employé ci-dessus, ne présuppose pas des éventuelles divisions qui lui font suite. On
observe en effet que l'œuf (mature donc libéré par la gonade) peut être, selon les groupes
animaux, à différents stades de division et donc, vis-à-vis de son matériel génétique, peut être
diploïde (la quantité d'ADN est de 2Q par rapport à la quantité d'ADN d'une ovogonie et le
nombre de chromosomes est de 2n (l'étoile de mer ou l'Ascaris par exemple), l'œuf peut aussi
être bloqué en métaphase chromosomique d'une première division (Insectes ou Prochordés))
ou haploïde (à la suite d'une déroulement complet d'une division, la plupart du temps très
inégale donnant un globule polaire et un ovocyte secondaire qui possède n chromosomes avec
une quantité d'ADN Q) avec début d'une nouvelle division (et blocage en métaphase
"chromosomique" comme les Vertébrés) ou déroulement complet comme l'oursin (n
chromosomes avec Q/2 d'ADN).
Le deuxième point important concerne les caractéristiques cytologiques de la cellule œuf
(désormais au sens de cellule sexuelle femelle mature). Sa taille (en fait son volume) tout
d'abord et ses réserves qui sont liées à ce paramètre. Un cellule embryonnaire typique
humaine a un diamètre d'une dizaine de micromètres alors que la cellule œuf en mesure
typiquement 120 (le rapport entre le volume de ces deux cellules supposées sphériques est de
1/1000 car je n'ose rappeler que le volume augmente avec le cube du rayon de la sphère). On
a un rapport assez équivalent pour l'œuf d'oursin (Echinodermes) ou de Cnidaire. Une cellule
embryonnaire d'amphibien ne semble pas être fondamentalement de taille différente à celle
d'un embryon humain et donc voisine d'une à quelques dizaines de micromètres alors que la
cellule œuf d'amphibien atteint de un à quelques millimètres (ce qui fait un rapport de volume
de l'ordre de 1/8000). On a un rapport voisin pour les Annélides, les Mollusques
Lamellibranches, les Agnathes.... Les œufs de très grande taille (oiseaux, reptiles,
Céphalopodes, Sélaciens, Monotrèmes...) atteignent quelques centimètres pour une cellule
embryonnaire de quelques centaines de micromètres tout au plus, ce qui fait un rapport
volumique de plus de 1/ 1.000.000 (quoique l'on s'éloigne de plus en plus du modèle
sphérique). Pour les arthropodes (dont les insectes), l'œuf, franchement allongé et atteignant
quelques millimètres, semble présenter un rapport voisin de celui des amphibiens. Cet
accroissement volumique peut être relié directement à la quantité de réserves. Les catégories
cités plus haut correspondent aux classiques œufs alécithes, oligolécithes, hétérolécithes,
télolécithes et centrolécithes qui font aussi référence à la position du noyau de l'œuf dans la
cellule géante. Ces catégories, très perfectibles, sont essentielles pour comprendre les
premières étapes du développement embryonnaire. On citera par exemple les cocons des
Plathelminthes qui contiennent une œuf entouré de cellules vitellines complètes... et qui ne
rentrent pas dans ce cadre trop étroit.
On en arrive donc aux phénomènes chromosomiques qui se déroulent lors de l'ovogenèse. Si
l'on considère l'augmentation de volume de la cellule, il semble indubitable qu'il doit y avoir
une expression extrêmement performante de l'information génétique (partiellement bien sûr)
au cours de cette période, ne serait-ce que pour synthétiser les innombrables réserves. On
doit bien sûr prendre en compte l'apport extracellulaire (la synthèse du vitellus est
classiquement localisée au foie chez les oiseaux par exemple, puis celui-ci passe dans le sang
pour gagner les ovaires). Il ne faut pas non plus négliger le rôle des cellules folliculaires ou
d'autres cellules qui peuvent avoir un rôle nourricier pour l'œuf en cours de croissance. Mais
on explique aisément par cet énorme besoin de synthèse les fréquentes polyploïdies observées.
Il est aussi connu (Biologie moléculaire de la cellule, 3ème éd., p 1024) que le nombres des
gènes codant pour des ARN ribosomiaux augmente fortement (jusqu'à plusieurs millions de
copies de ces gènes pour les amphibiens par exemple alors qu'une cellule embryonnaire
typique n'en contient que quelques centaines). On notera aussi l'interprétation que l'on fait
des chromosomes en écouvillon de nombreux ovocytes en cours de maturation, les boucles
d'ADN déroulé correspondant peut-être à des sites en cours de transcription.
En résumé, chez la femme le gamète femelle ou cellule œuf, est un ovocyte secondaire
(ovocyte II) (bloqué en métaphase de deuxième division de méiose, accolé à un globule
polaire (GP1), entouré d'une membrane pellucide et de nombreuses cellules folliculaires
(formant le cumulus oophorus).
Les testicules humains peuvent être décrits comme comprenant deux compartiments séparés
par une membrane basale (voir schéma dans la partie suivante) et entourés par une tunique
fibreuse (l'albuginée) formée de cellules conjonctives et de cellules musculaires lisses,
l'ensemble étant richement irrigué:
Des précisions (issus de Reproduction des vertébrés, Masson, 1998) un essai de présentation globale:
Une comparaison vraiment intéressante...
à gauche un tube séminifère, à droite un follicule secondaire TRÈS SCHÉMATISES...
(voir le texte ci-dessous pour des explications plus détaillées)
Remarque : les hormones stéroïdes sont dérivées du cholestérol et sont synthétisées par les
cellules qualifiées de stéroïdogènes notamment grâce à leur équipement en récepteur au
cholestérol circulant (sous forme de lipoprotéines) et d'enzymes assurant la synthèse
mitochondriale des stéroïdes (les chaînes de synthèse fonctionnent notamment grâce à des
cytochromes spécifiques). Les gonadotropines stimulent à la fois la synthèse des stéroïdes et
des cytochromes. Progestérone, testostérone et estradiol ont des récepteurs nucléaires
spécifiques (activant directement certains gènes...) dans de nombreux neurones, cellules
hypophysaires, des voies génitales et du foie. Mais les stéroïdes agissent aussi à des niveaux
non génomiques (estradiol par exemple sur les récepteurs du GABA ou les récepteurs des
opiacés...).D'une façon très générale les stéroïdes agissent sur la multiplication des cellules,
leur différenciation fonctionnelle et leurs activités de synthèse.
Sous l'action des gonadotropines (LH et FSH) les follicules sécrètent de nombreuses protéines
dont certaines ont des actions autocrines (stimulation de la cellule sécrétrice elle-même),
d'autres paracrines (stimulation des cellules voisines sans transport par le sang), d'autres
enfin endocrines (sécrétion d'hormones), notamment ceux agissant sur la sécrétion des
gonadotropines par l'antehypophyse. On peut citer les facteurs de croissance de la famille des
TGF-ß (activines-inhibines, follistatine), les facteurs de la famille des IGFs (Insuline-like-
Growth Factor), les facteurs de la famille des EGFs (Epidermal Growth Factor).
Le blocage de la méiose persiste tant que l'ovocyte n'a pas accumulé de réserves (80% de sa
taille finale chez les Mammifères). Alors, si l'ovocyte est cultivé isolément, il reprend
spontanément sa méiose. On a donc recherche un facteur d'inhibition, qui reste inconnu à ce
jour. Certains auteurs pensent donc qu'il n'existe pas. La séparation de l'ovocyte d'avec ses
cellules folliculaires (qui sont très étroitement liées à l'ovocyte car des "pieds " pénètrent la
partie périphérique du cytoplasme, isolée bien sûr par la membrane plasmique), fait intervenir
dans tous les cas de profonds remaniements cytologiques. La reprise de méiose est toujours
marquée par un pic de Ca2+, comme la fécondation.
On a mis aussi en évidence un facteur de nature chimique encore inconnu qui semble être
indispensable à la décondensation du noyau du spermatozoïde qui a fécondé l'ovocyte. Ce
facteur (MPGF = male pronucleus growth factor) est sécrété par les cellules de la granulosa,
est diffusible et est accumulé dans le cytoplasme de l'ovocyte....
L'ovulation semble être d'abord sous contrôle d'une élévation du niveau plasmatique
d'estradiol (pour les Mammifères) qui provoque la décharge de GnRH responsable de la
décharge des gonadotropines hypophysaires.
Il semble que ce soit la quantité de gonadotropines disponibles par rapport au besoin des
follicules en croissance qui détermine pour une espèce son taux d'ovulation.
Des techniques de perfusion d'ovaires mûrs de Mammifères in vitro ont permis de préciser les
déterminismes de l'ovulation : la première étape est la dissociation des cellules folliculaires
essentiellement sous l'action de la FSH qui provoque une sécrétion d'acide hyaluronique par
les cellules de la granulosa, libérant ainsi l'ovocyte dans l'antrum. Le gonflement du follicule
est rendu possible par la dissociation des fibres de collagène des membranes externes de
l'ovaire (albuginée) et de la thèque externe. La rupture du follicule semble résulter non d'une
augmentation de la pression dans la cavité folliculaire mais d'un amincissement et d'une
dissociation des cellules de la paroi du follicule au niveau de l'apex, zone protubérante du
follicule mûr. Quelques heures avant l'ovulation on observe une vasoconstriction générale de
l'ovaire qui provoque la mort des cellules épithéliales au niveau de l'apex. C'est la dégradation
des cellules épithéliales (enzymes lytiques libérées...) qui provoquerait la rupture de
l'albuginée et des thèques sous-jacentes. On observe alors une fuite de liquide folliculaire qui
fait baisser la pression hydrostatique du follicule et c'est cette dernière qui provoquerait
l'expulsion complète de l'ovocyte et des cellules périovocytaires (formant la corona radiata)
par une contraction de l'ovaire. L'ovulation est actuellement considérée comme un mécanisme
relevant de la réaction inflammatoire localisée. En effet, on y retrouve tous les facteurs
chimiques (histamine, prostaglandines, bradykinine...) entraînant une augmentation du flux
sanguin (le volume de sang de l'ovaire est multiplié par sept après la décharge ovulante chez
la ratte), une augmentation de la perméabilité vasculaire, arrivée de nombreux phagocytes....
Cette compréhension est évidemment à la base des connaissances sur les mécanismes de
régulation artificielle par l'homme des ovulations...
On peut qualifier le corps jaune de glande endocrine éphémère, plus ou moins structurée
(l'expression est tirée du Reproduction des vertébrés, p 120, références citées en début de page) . Chez les Primates le corps jaune
a pour fonction essentielle de synthétiser des hormones stéroïdes, essentiellement la
progestérone, mais aussi de nombreuses hormones ou facteurs de croissance peptidiques
(ocytocine, relaxine, IGFs, inhibines, prostaglandines...). Le corps jaune inhibe aussi la
folliculogénèse. Le développement du corps jaune n'est pas du à une multiplication cellulaire
mais à l'hypertrophie des cellules de la granulosa dont le contenu en ADN augmente et qui
deviennent polyploïdes. Les cellules de la thèque interne (chez la femme et le singe rhésus)
restent groupées en îlots ou en travées associées à du tissu conjonctif et forment des septa
entre les amas de cellules lutéales. C'est la LH qui semble contrôler le maintien du corps jaune
chez la femme. La régression intervient en absence de fécondation au bout d'environ 2
semaines. On a isolé un facteur de régression du corps jaune : facteur de lutéolyse (du groupe
des prostaglandines) chez la brebis. Toutes les expériences tentant de démontrer le rôle des
hormones lutéotropes (LH) sur la lutéolyse se sont soldées par des échecs et l'on pense
maintenant que celle-ci est bien sous la dépendance d'un facteur sécrété par l'utérus, sauf chez
la femme et les Primates, chez lesquels l'hystérectomie (ablation de l'utérus) est sans effet. La
question est donc encore ouverte. Des facteurs embryonnaires bloquant la lutéolyse en cas de
gestation ont été isolés chez des Primates : le plus connu est l'hCG (human chorionic
gonadotropin), sécrété par le trophoblaste (partie la plus externe de l'embryon en cours de
développement qui participera notamment à la formation du placenta). Il est sécrété en grande
quantité pendant les deux premiers mois de vie embryonnaire, il inhibe la lutéolyse, stimule
les sécrétions stéroïdiennes (progestérone surtout) du corps jaune gestatif et du placenta et
stimule l'hypertrophie et la relaxation des cellules musculaires du myomètre utérin et des
vaisseaux. Le corps jaune persiste chez les Primates pendant toute la durée de la gestation.
En résumé :
Le point de vue fondamental : chez tous les vertébrés la régulation du fonctionnement des
gonades (ovaires et testicules) par le système nerveux central se fait par l'intermédiaire
d'une glande endocrine interposée entre la gonade et le SNC : l'hypophyse. Cette régulation
se fait bien sûr en synergie avec la fonction endocrine propre des gonades qui intervient sur
leur propre développement et sur les autres organes de la reproduction. Ce qui peut être
illustré par ce petit schéma :
Les relations entre le SNC et les gonades : un glande s'interpose : l'hypophyse...
on peut donc considérer le système hypophyse-gonades comme un tout...
Tous les mécanismes intervenant dans la mise en place de la fonction gonadique comme
dans sa modulation en fonction de paramètres environnementaux ou internes semblent
aboutir en fin de compte à une accélération / ralentissement de la fréquence ou à une
augmentation / diminution de l'amplitude de la libération hypophysaire des hormones
gonadotropes.
Des dosages de GnRH réalisés chez le macaque rhésus mettent en évidence à 14 mois (stade
impubère) des taux extrêmement faibles (quelques unités en pg/mL pour une durée
d'enregistrement de 10 minutes) et continus pendant la journée. Vers 25 mois (stade
prépubertaire) des pics (de plusieurs dizaines de pg/mL pendant 10 min) apparaissent le matin
très tôt, en fin d'après midi et la nuit. A 38 mois (puberté) des pics de l'ordre de la dizaine de
pg/mL sont enregistrés de façon assez peu régulière, environ toutes les deux heures et avec
des maxima le soir et la nuit.
MAIS... ce n'est pas encore si clair... voici quelques éléments d'études plus récentes:
le GnRH est un décapeptide dont les 9 formes isolées différent par un à cinq aa chez différents vertébrés. Il est
sécrété par des neurones de l'aire préoptique et de l'hypothalamus médian, mais d'autres neurones du cerveau
semblent aussi pouvoir le sécréter. La sécrétion est pulsatile mais tous les facteurs de l'environnement
(éclairement, température...) et les facteurs sexuels internes (hormones sexuelles...) agissent aussi sur la
pulsatilité de la libération de GnRH. La puberté correspond à une augmentation de fréquence des pulses alors
que la gestation ou l'allaitement correspondent à une baisse de fréquence. Le "générateur de pulses" n'a pas été
identifié et l'on pense pouvoir invoquer une sécrétion rythmique autonome et une système de synchronisation.
Mais ceux-ci restent à découvrir... Le GnRH se fixe a un récepteur membranaire de type glycoprotéine à la
surface des cellules gonadotropes. Le complexe hormone-récepteur est endocyté après micro-agrégation
(regroupement des récepteurs deux par deux) et le GnRH est libéré dans la cellule. Il semble agir au niveau du
cytoplasme et du noyau et provoque rapidement une libération des gonadotropines et à plus long terme une
stimulation de la synthèse des gonadotropines (par l'AMPc). La sécrétion pulsatile des hormones gonadotropes
semble résulter directement de la sécrétion pulsatile du GnRH.
Chez tous les vertébrés des deux sexes la castration est suivie d'une augmentation de la fréquence et de
l'amplitude des pulses de GnRH entraînant une élévation des niveaux plasmatiques des gonadotropines.
L'administration des stéroïdes sexuels entraîne un retour plus ou moins complet vers les niveaux bas observés
avant la castration.
Chez la femme, la fréquence des pulses est plus élevée dans la première partie du cycle sexuel (phase
folliculaire) que dans la seconde (phase lutéale). On a isolé des récepteurs aux stéroïdes sexuels au niveau des
cellules hypophysaires mais par contre les neurones à GnRH n'en possèdent pas (l'action des stéroïdes sexuels
pourrait se faire par l'intermédiaire d'autres neurones sensibles qui stimuleraient ensuite les neurones à GnRH
par leurs neuromédiateurs). Par contre, in vivo, et chez tous les vertébrés étudiés, on a mis en évidence une
diminution du contenu en GnRH des neurones hypophysaires à chaque fois que la concentration en
gonadotropines augmente (castration, décharge ovulante, variations saisonnières...). D'une façon générale on
peut dire que les neuromodulateurs de la libération de GnRH agissent soit en dépolarisant fortement la
membrane, ce qui provoque la libération de GnRH, soit en la dépolarisant faiblement, ce qui favorise mais ne
provoque pas cette libération, soit enfin en hyperpolarisant la membrane, ce qui inhibe la libération de GnRH.
La GnRH stimule l'expression de ses propres récepteurs (on parle d'up-regulation). L'administration continue de
GnRH provoque chez l'homme une désensibilisation par diminution du nombre de récepteurs (down-regulation).
D'autre part il existe des contrôles en retour ou rétrocontrôles de l'ovaire sur l'antehypophyse
et sur l'hypothalamus. On pense que les œstrogènes, en dessous d'un certain seuil inhiberaient
la sécrétion des hormones antehypophysaires (rétrocontrôle négatif), alors qu'au-dessus de ce
seuil, elles les stimuleraient (rétrocontrôle positif). La progestérone semble inhiber la
sécrétion d'hormones antehypophysaires de type LH et FSH... Il existe d'autres hormones
(inhibine par exemple) qui ont été isolées de l'ovaire. Il existe aussi des facteurs chimiques
agissant à courte distance comme dans le système immunitaire...
L'action des stéroïdes sexuels au niveau des cellules hypophysaires (rétrocontrôle) semble se
faire notamment par diminution du nombre de récepteurs à la GnRH. Mais, in vivo comme in
vitro, l'estradiol semble avoir un effet biphasique : après avoir inhibé la réponse des cellules
hypophysaires à la GnRH, il l'augmente. La progestérone semble ne pas avoir d'effet propre
sur l'hypophyse, la synthèse de ses récepteurs dépendant de l'estradiol.
Les nombreux facteurs cités plus haut exercent aussi des rétrocontrôles variées soit sur les
neurones à GnRH soit sur l'hypophyse...
La décharge ovulante de GnRH ne peut se produire que si le système nerveux central et
l'hypophyse ont été soumis à l'action de l'estradiol, à un niveau suffisamment élevé et pendant
un temps minimum. Chez les Mammifères, la présence d'un niveau élevé de progestérone
empêche une décharge ovulante de se produire (cette propriété est utilisé dans la conception
des contraceptifs chimiques de type dérivés progestatifs). Chez la femelle de Primate normale
la décharge ovulante de LH se produit après la décharge de GnRH si les cellules
hypophysaires on été soumises à de fortes concentrations d'estradiol. Si l'on remplace l'action
de l'hypothalamus (chez un animal opéré) par une injection pulsatile de faible taux de GnRH
on observe par contre une libération importante de LH (et FSH) du fait de l'élévation du taux
d'estradiol sécrété par les follicules en croissance sans qu'il soit nécessaire d'administrer une
forte dose de GnRH. Il y a donc aussi une sensibilité directe de l'hypophyse à l'estradiol.
Mais la fécondation peut aussi être étudiée au niveau des organes (voir chapitre précédent).
En effet, la fécondation humaine ne peut avoir lieu que en un certain point des trompes, à
l'aide d'organes copulateurs (pénis et vagin) au fonctionnement réglé et coordonné. On a
récemment mis en évidence chez des mammifères (?) l'importance de la température au
niveau des cormes utérines et du début des trompes. Les spermatozoïdes seraient attirés par la
chaleur de la zone de fécondation (39°C par rapport aux 37°C de l'utérus). Ce thermotactisme
(un tactisme est un déplacement orienté, ici par la température) reste mystérieux. Un
chimiotactisme (attraction chimique) prendrait le relais au voisinage de l'ovocyte qui
sécréterait des substances attractives (voir Des spermatozoïdes sensibles à la température, Pour la Science, 305, mars 2003, p
15).
Enfin, la fécondation, étudiée au niveau des individus, est réalisée entre sexes séparés,
pendant le périodes et aux âges d'activité sexuelle. Au niveau des populations, elle dépend
plus de caractères éthiques, économiques, familiaux....
Tous ces paramètres ont parfois tendance à être volontairement écartés car ils peuvent paraître
non nécessaires à certains. En effet, la fécondation in vitro permet d'obtenir un zygote. Mais le
zygote n'est rien s'il ne se divise pas pour donner un massif embryonnaire. De même
l'embryon n'est rien s'il ne s'implante pas dans un utérus.... Le travail de reproduction est
global et finalisé ou il n'est que manipulation technique du vivant.
III. L'hérédité
L'hérédité est une question qui DOIT être approfondie mais qui débouche sur des théories.
Pour tous ceux qui le souhaitent je vous conseille de consulter les pages sur l'hérédité du site
lié à celui-ci.
La réponse quasi automatique fait référence à un imaginaire social très fort : le patrimoine
héréditaire... pour simplifier : les gènes. Je vous invite à lire le livre de Dorothy NELKIN et
Susan LINDEE (1998, Belin, Coll. Débats ): La mystique de l'ADN. (ou au moins l'article
du magazine "La Recherche" qui y fait référence : Du gène comme icône culturelle, Dorothy
Nelkin et M. Susan Lindee, La Recherche, 311, juillet-août 1998, 98-101).
En effet, si l'on vous questionne, vous finirez bien par revenir sur votre première réponse et
dire qu'effectivement les gènes, ou plus exactement les chromosomes, ne sont bien sûr pas les
seuls éléments matériels transmis sur lesquels l'hérédité peut se fonder : le cytoplasme et
l'environnement cellulaire sont certes tout aussi importants. Mais quand il s'agit de proposer
une théorie vous vous trouvez devant l'unique théorie chromosomique de l'hérédité, la seule
qui soit enseignée dans le secondaire. Le concept de programme génétique repose lui aussi
totalement sur des positions philosophiques issues des découvertes de Morgan (voir histoire
de la génétique). D'autres théories sont en train de se faire une place dans les milieux
scientifiques et philosophiques mais ce sont des phénomènes assez lents. Je vous ai parlé de la
théorie de Rosine Chandebois qui est à mon avis très intéressante mais il y en a certainement
d'autres que je ne connais pas.
Que doit-on, que peut-on enseigner à l'école élémentaire sur l'hérédité ? Le premier élément
est de se garder soigneusement de présenter les caractères de l'homme (couleur des
yeux, taille....) comme des caractères mendéliens (voir les éléments de réflexion toujours
dans la même page sur la génétique pour ceux qui sont intéressés). La deuxième précaution
est de bien présenter l'hérédité comme un phénomène biologique global (travail de
reproduction) et non une simple transmission mécanique, matérielle, de particules
déterminées. La part de l'inné et de l'acquis, devrait pouvoir être présentée de façon
encourageante pour l'enfant, même s'il n'y a pas de réel support biologique à telle ou telle
théorie : les capacités de chacun sont différentes mais tout enfant à un patrimoine moyen
suffisant qui, mis à profit au bon moment de son développement, est susceptible de lui
permettre de s'épanouir au sein de la société. On peut aussi dire que chacun a un point fort qui
doit être valorisé.
Une question liée de façon étroite à l'hérédité est celle de la définition du sexe. Sans aborder
de front la question en prenant l'exemple de l'homme, on peut se contenter de présenter la
séquence acceptée actuellement par l'ensemble de la communauté scientifique : le sexe
génétique ou chromosomique est définit par une paire de gonosomes (hétérochromosomes
c'est-à-dire non homologues sur toute leur longueur) : XX chez la femme et XY chez
l'homme. Ce sexe génétique est à l'origine du déterminisme du sexe phénotypique ou
somatique sur lequel repose la morphologie de l'individu (organes sexuels externes et
internes (dimorphisme sexuel), caractères sexuels secondaires...voire le comportement). Ce
passage du sexe génétique au sexe phénotypique est le résultat d'interactions hormonales (et
autres médiations et contacts) complexes mis en place chez l'embryon puis le fœtus et passe
par un stade intermédiaire qui est le sexe gonadique ou gamétique qui contrôle le type de
gamètes produits.
Cependant tout n'est pas simple : si l'on regarde d'un peu plus près les chromosomes sexuels
ont peut être surpris des résultats obtenus qui sont loin d'être simple à interpréter. En voici
quelques-uns juste pour vous surprendre:
on connaît des cas (rares) d'inversions sexuelles chez l'homme : le sexe phénotypique
est opposée au sexe génétique normalement attendu après l'analyse du caryotype. On
explique par exemple le syndrome du testicule féminisant chez l'homme de sexe mâle
mais de phénotype féminin par mutation d'un codon du gène codant pour le récepteur
aux androgènes (ce qui conduit à rendre insensibles à la 5 DHT (métabolite,
biologiquement actif, de la testostérone) les cellules cibles des testicules, du tractus
génital, du système nerveux....).
Par contre il existe de réelles applications médicales : soigner des déficiences ou des
incapacités à la reproduction sont bien des actes médicaux, mais je n'ai aucune compétence
pour les enseigner. On notera qu'ils relèvent aussi de l'éthique, comme tout acte de l'homme.
Le désir d'enfant, légitime, de certains couples, est poussé à un tel paroxysme que l'enfant est
instrumentalisé, n'étant plus que l'objet du désir de ses parents. Dans ce domaine encore la
psychologie, la sociologie avec son volet économique essentiel et toujours l'éthique sont les
sciences adéquates, certainement pas la biologie qui n'a pas grand chose à voir avec les
techniques comme la FIVETE (fécondation in vitro et transfert d'embryon).
Comme vous pouvez être interrogés sur ces questions voici quelques éléments de réponse
issus de "La reproduction des vertébrés" (Masson, 1998).
Remarque:
Un petit article récent d'Israël Nisland (Eugénisme et diagnostic ; Quels sont les objectifs réels
de l'échographie des femmes enceintes ? Pour la Science, 269, mars 2000, p8) met le doigt sur
la finalité des examens échographiques.
« La loi française admet aujourd'hui deux types d'avortement : l'interruption volontaire de grossesse, qui se
pratique jusqu'à la douzième semaine de grossesse, sans justification de la femme, et l'avortement médical
prescrit par les médecins à partir d'échographies ou d'analyses. Dans ce cas, un médecin est conduit à proposer
un avortement si l'atteinte foetale est très grave ou si la grossesse met la vie de la mère en danger. L'avortement
médical est ainsi une forme d'euthanasie active.
Or les progrès récents ou prévus du dépistage prénatal et la prolongation du délai légal d'avortement nous
mènent vers une situation où un eugénisme institutionnalisé serait possible : les femmes sauraient, avant la fin
du délai légal d'interruption volontaire de grossesse, que leur enfant a une anomalie même légère - par exemple,
une fente labiale ou un doigt en moins - et elles décideraient une interruption volontaire de grossesse sur la base
des informations données par le médecin. Examinons pourquoi cette situation serait grave.
Jusqu'en 1998, les avortements thérapeutiques de grossesse étaient prescrits par les seuls échographistes, qui
étaient alertés par des observations effectuées au cours de l'échographie de dépistage prénatal. Une remarque
du médecin à sa patiente transformait parfois une grossesse désirée en un désir d'avortement, et les médecins
étaient alors poussés par les femmes à des attitudes contre leur avis et contre leur conscience. La situation était
aggravée par le risque de poursuites judiciaires par des parents, lorsque le pronostic de la maladie de l'enfant
avait été [Link]é par le médecin : il est arrivé que des médecins, craignant ces poursuites, accèdent à la
demande d'interruption médicale de la grossesse alors que celle-ci pouvait être évitée.
La loi de 1994, suivie de décrets en 1998, impose aujourd'hui que les dossiers d'avortement médical ne se
décident plus dans le cabinet de l'échographiste, entre le seul médecin et sa patiente. Quand un avortement
médical est demandé, le dossier médical est soumis à un «centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal», où
une commission pluridisciplinaire accepte ou refuse l'avortement. Ces centres sont composés d'échographistes,
de généticiens, de médecins des diverses disciplines, de psychiatres... Les dossiers sont discutés publiquement et
collectivement.
Ainsi, les échographistes échappent aux pressions des patients et sont protégés du risque médico.légal : les juges
n'ont plus la possibilité de les condamner injustement pour des fautes qu'ils n'ont pas commises. Doit-on
rappeler que la médecine a une obligation de moyens, et non de résultats ? Qu'elle doit soigner, mais ne peut
pas toujours guérir ?
Ces centres doivent aujourd'hui prendre des décisions sur des bases claires, mais ce serait une erreur qu'ils en
viennent à décider ce qui est normal et ce qui ne l'est pas. L'institutionnalisation d'une norme fait évidemment
peur, car elle pourrait conduire à un eugénisme d'état. En outre, que cherche-t-on à voir lors de l'examen ? Le
diagnostic prénatal n'a toujours pas d'objectifs bien définis. Je maintiens que dépister l'absence d'un doigt à
une main n'apporte rien à la grossesse : l'enfant qui naîtra ne sera pas moins homme. La médecine n'a pas
décidé ce qui est grave et ce qui ne l'est pas, et la technique médicale a progressé plus vite que la réflexion sur
l'utilisation de cette technique.
Pis encore, les progrès de l'échographie relancent les risques de dérive. Aujourd'hui, les échographies vaginales
en trois dimensions dépistent d'éventuelles anomalies avant le délai légal d'interruption volontaire de grossesse
: les femmes risquent de décider de telles interruptions de grossesse sur la foi d'échographies, comme avant que
ne soient créés les centres de diagnostic.
De surcroît, des discussions sont en cours pour repousser la date légale d'interruption volontaire de grossesse.
Si l'on décidait finalement un allongement du délai, je proposerais de repousser aussi la date d'échographie de
grossesse (aujourd'hui fixée à 13 semaines de grossesse).
Revenons à la question centrale : « À quoi sert le diagnostic prénatal ? ». Selon moi, ce dépistage n'a de sens
que s'il engendre une modification de la conduite obstétricale : il faut dépister les malformations létales ou
très graves, afin de traiter in utero celles qui peuvent l'être, ou opérer à la naissance et sauver l'enfant. L'acte
thérapeutique modifie la répartition des gènes dans la population, mais ce « dysgénisme actif » est vieux comme
la médecine : la césarienne est un tel dysgénisme. Ce dysgénisme relève bien de la mission médicale : soigner.
Au contraire, l'eugénisme national est dangereux : les médecins n'ont pas oublié que certains des leurs, tels
Alexis Carrel ou Charles Richet, préconisaient de tuer les voleurs, les handicapés, d'organiser la société pour
l'es gens sains et non, clamaient-ils, pour des individus malades.
La technique peut être perfectionnée, mais les médecins doivent se demander à quoi ils servent. L'éthique doit
précéder la technique ; on doit réfléchir pour savoir comment on la met en oeuvre et, même, si on la met en
oeuvre. Jamais je n'admettrai le point de vue des techniciens qui veulent faire de belles images sans réfléchir
aux conséquences de leurs actes. Les échographistes doivent être des médecins, pas des manipulateurs : science
sans conscience... Et le foetus n'est pas un produit de transformation ; c'est un être humain. J'appelle au débat. »
Israël NISAND est obstétricien au Centre hospltalo-universitaire de Strasbourg, qui abrite le
Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal d'Alsace.
V. Ethique de la reproduction.
Pour une définition de l'éthique je renvoie au cours de spécialité de terminale.
L'éthique est la science des actes humains (science de l'agir) considérés selon leur orientation
à la fin dernière de l'homme (moralité). La moralité d'un acte humain est son orientation à
la fin dernière de l'homme.
Un contragestatif abortif (pilule RU 486) est clairement contraire à l'éthique, non pas
de la fonction reproductrice mais de la vie elle-même , car il tue un embryon vivant et
le respect de la vie est le premier devoir de conscience de l'homme (voir cours de
spécialité ).
Un contraceptif chimique, de type pilule microdosée par exemple, qui modifie
essentiellement les cycles sexuels hormonaux féminins, s'il est utilisé pour empêcher
une fécondation au cours d'un acte reproducteur, est clairement utilisé afin de
détourner un acte de sa fin première. A ce titre l'utilisation d'un préservatif possède la
même qualification éthique. La fin de l'acte sexuel "protégé" étant alors la recherche
du plaisir sexuel (mais certainement pas la seule... on arrive ici dans des domaines très
intimes de la conscience humaine où la qualification morale d'un acte dépend
beaucoup de la connaissance de la loi naturelle et des fins réelles de cet acte... il est
clair que l'on sort du domaine de ce cours).
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Que veut dire une substance informative ? Que signifie une information dans le vivant ?
Je vous renvoi aux pages sur le vivant . En quelques mots, on se réfère ici au travail du vivant
qui peut être décrit en termes de matière, d'énergie et d'information (ou d'ordre). Toute
information n'est pas supportée par une molécule (on peut très bien parler de l'information
spatiale (position, environnement d'une cellule) ou temporelle (histoire d'une cellule) ou
encore d'information de température, de pression ou de toute autre paramètre qu'il est
quasiment impossible de relier à une ou à un ensemble de molécules, du fait de la complexité
des déterminismes). Si l'on établit d'intéressantes comparaisons avec les théories de l'information, je crois
avoir entendu une phrase qui avait attiré mon attention : "le message c'est le média". Si l'on reprend aussi
l'étymologie du terme communiquer (du latin communicare : mettre en relation, mettre en commun, partager,
participer à ...) ou du verbe informer (du latin informare : façonner, former, mais aussi, enseigner, instruire, ou
encore, former une idée, former un concept de l'esprit, concevoir...). Le terme média est aussi intéressant : il
vient semble-t-il de l'américain mass-media (masse-media) forgé à partir du latin media (en bas latin, mediatio
signifie le moyen et vient de l'adjectif medius, a, um : du milieu, moyen ou médiocre ; et du nom medium,ii : le
milieu, l'espace intermédiaire, ce qui est du domaine commun, public..). Une molécule informative est
considérée comme telle parce qu'on lui attribue un certain effet, une finalité. Son message c'est son être,
c'est elle-même...(je me souviens de discussion de spécialistes de l'information qui insistaient pour faire
comprendre à leurs étudiants-présentateurs publics que ce qui compte ce n'est pas le message c'est leur être, leur
personnalité...).
Une substance informative est émise (libérée), transmise (transportée), reçue (réception) et
doit être suivie d'un effet .
Tout médiateur pour pouvoir agir implique la présence de récepteurs plus ou moins
spécifiques sur les cellules cibles.
On distingue alors :
- les neuromédiateurs : synthétisés par des neurones, libérés sous contrôle nerveux (PA) au
niveau des extrémités axonales la plupart du temps synaptiques
- les hormones ou médiateurs endocrines : synthétisés et sécrétés par des cellules
endocrines en permanence, libérés dans le milieu intérieur et donc circulants à un certain taux.
- les médiateurs paracrines : substance chimique à diffusion locale, dans le milieu
extracellulaire et rapidement inactivé
- les médiateurs autocrines : stimulent à la fois la cellule sécrétrice et les cellules
avoisinantes par effet paracrine.
Une classification des substances chimiques informatives ou MEDIATEURS par fonction
(les hormones sont les médiateurs endocrines)
Tous les grandes fonctions ou, en utilisant le vocabulaire qui m'est cher, toutes les expressions
du travail du vivant sont donc sous le contrôle nerveux (contrôle rapide et intégré au niveau
des centres en fonction des signaux sensitifs reçus, ce sont eux qui réalisent essentiellement
l'adaptation de l'organisme au milieu : le contrôle nerveux AU NIVEAU CELLULAIRE se
faisant par libération d'un neuromédiateur). Le contrôle nerveux s'exerce sur de nombreux
organes présentant une fonction endocrine, lui-même ayant une fonction endocrine. La
fonction endocrine n'étant qu'un aspect des communications chimiques dans l'organisme, que
l'on peut donc regrouper sous le terme de communication par médiateurs.
Le système immunitaire est de plus en plus considéré comme l'élément essentiel interne,
tourné vers l'intérieur, c'est-à-dire vers la défense interne mais aussi le contrôle de toutes les
fonctions internes. A chaque fois que l'on s'intéresse aux médiateurs au niveau d'une fonction
(l'exemple du programme était la fonction ovarienne), on retrouve les médiateurs
immunitaires. Le système immunitaire, au sens le plus large, comprenant des organes, des
cellules et surtout le MILIEU INTÉRIEUR, semble être un bon candidat pour remplacer la
notion de système endocrine. Il y a encore certainement beaucoup de travail à faire mais on
peut déjà comprendre comment les relations entre populations cellulaires, au cours de
l'embryogenèse, comme plus tard chez l'organisme adulte, passent par des mécanismes que
l'on a souvent considéré comme faisant partie d'un système de défense mais que l'on pourrait
voir comme un système de contrôle, d'intégration, réalisé par des médiateurs mais aussi par
des contacts cellulaires. La fonction endocrine ne serait plus qu'un des aspects de la
communication entre cellules réalisée notamment à l'aide des médiateurs. De la même façon
que pour le système nerveux, on peut donc dire :
Remarque:
cette conception n'a rien d'original, j'en suis conscient : ce n'est qu'une formulation d'idées que
l'on retrouve dans de nombreux supports pédagogiques. Je voudrais citer par exemple la
cassette vidéo de chez Nathan: Sciences de la Vie d'Eric Périlleux : Le système immunitaire et
la communication entre cellules. Ce film n'est pas un modèle de pédagogie à mon avis, loin
s'en faut, mais la notion que je présente ici y est sous-jacente et il y a de nombreuses
séquences filmées (longues) tout à fait exploitables dans le sens que je propose.
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