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Julien et Hélène tentent de sauver une matrice essentielle avant que la structure ne s'effondre, réussissant à échapper à un liquide corrosif. En traversant le Secteur des Échos, ils sont confrontés aux souvenirs des âmes perdues et à la Directrice Générale du Conseil du Directoire, qui tente de leur voler le boîtier. Hélène défend leur histoire face à la menace de l'amnésie proposée par la Directrice.

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Julien et Hélène tentent de sauver une matrice essentielle avant que la structure ne s'effondre, réussissant à échapper à un liquide corrosif. En traversant le Secteur des Échos, ils sont confrontés aux souvenirs des âmes perdues et à la Directrice Générale du Conseil du Directoire, qui tente de leur voler le boîtier. Hélène défend leur histoire face à la menace de l'amnésie proposée par la Directrice.

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Chapitre 6 : L'Éther et le Bronze

Julien s'agrippa à la tresse de câble cuivré. La friction du métal tressé entailla le cuir de ses
gants, lui brlant les paumes, mais il ne lâcha rien. Suspendu au-dessus du bassin où le fluide
vert et corrosif commençait à monter rapidement, il se balança d'avant en arrière, utilisant
l'inertie de son propre corps pour faire osciller la chaîne jusqu'à la sphère de verre.

En bas, Hélène s'activait sur la console murale. Ses doigts volaient sur les leviers en bronze,
tentant de bloquer les vannes d'urgence.

— « Julien ! Tu as moins de trente secondes avant que la structure ne cède ! » cria-t-elle, sa


voix couverte par le rugissement de la vapeur et le hurlement strident de la sirène.

Le liquide vert rongeait déjà les fondations en pierre de la rotonde dans un crépitement
effroyable, libérant des vapeurs denses qui piquant les yeux et la gorge. Julien porta son
passe-partout entre ses dents, saisit sa clé à molette à deux mains et profita du sommet de son
balancier pour frapper de toutes ses forces contre le dôme supérieur de la sphère de verre.

CRAC !

Une toile d'araignée d'infiltrations blanches se dessina sur le verre blindé, mais la paroi ne
céda pas. Julien serra les dents, ravala le goût de suie et d'ozone qui lui brûlait la bouche, et
frappa une seconde fois, exactement au même endroit.

BOOM !

La sphère explosa en mille morceaux. Une vague de liquide bleu et de verre pilé se déversa
dans le vide, frôlant les bottes de Julien. L'épave calcinée du véhicule du Directoire s'affaissa
brusquement, retenue seulement par un dernier câble d'acier.

Dans la secousse, le petit boîtier rectangulaire glissa du siège conducteur et tomba vers le
bassin empoisonné.

— « Non ! » rugit Julien.

Lâchant le câble de cuivre, il se laissa tomber sur le toit tordu de la carcasse en feu. L'impact
lui coupa le souffle, mais dans un réflexe d'équilibriste rodé par des années de maintenance en
hauteur, il tendit le bras vers le vide. Ses doigts gantés se refermèrent sur le boîtier en laiton
au moment précis où celui-ci allait plonger dans le fluide vert.

Le boîtier était chaud, parcouru d'une pulsation dorée et régulière.

— « Je l'ai ! » hurla Julien en se redressant tant bien que mal sur la tôle froissée.

— « Attrape ! » cria Hélène en lui lançant une courroie de sécurité en cuir qu'elle venait
d'arracher à un mécanisme mural.

Julien attrapa la courroie au vol, l'enroula autour de son poignet et sauta dans le vide juste
avant que le dernier câble de l'épave ne rompe. La carcasse de la voiture plongea dans la cuve
d'acide dans un effroyable bouillonnement de fumée toxique.
Hélène tira sur la courroie de toutes ses forces, l'aidant à se hisser sur la corniche supérieure,
hors d'atteinte du liquide corrosif.

Ils s'effondrèrent tous les deux sur le parquet du couloir adjacent, haletants, couverts de
poussière et de suie, alors que la lourde porte blindée de la rotonde se refermait
automatiquement derrière eux, scellant la destruction du secteur.

Julien resta allongé quelques secondes sur le dos, le plafond aux arches de fer forgé
tournoyant au-dessus de sa tête. Dans sa main droite, le boîtier en laiton laissait échapper une
douce lueur dorée, illuminant les paumes de ses gants usés.

Hélène se releva péniblement, réajustant son manteau d'archiviste déchiré à l'épaule et


remettant en place son grand registre qui, par un miracle inexplicable, était resté intact sous
son armure de laiton.

— « Tu as failli y laisser la peau, » dit-elle, un brin de stupeur et un immense respect


traversant son regard gris. « Mais tu as la matrice originelle. »

Julien s'assit, observant le boîtier. Sur sa face supérieure, six encoches circulaires
correspondaient exactement aux six tiges articulées de son passe-partout de bronze.

— « Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » demanda-t-il, la voix rauque. « La rotonde est


détruite, le système sait qu'on est là... »

— « Maintenant, nous allons au Cœur, » répondit Hélène en désignant l'obscurité au fond du


couloir principal. « C'est là que réside le Noyau Central. Si nous y insérons cette matrice, ce
ne sont pas seulement tes souvenirs que tu vas libérer, Julien... C'est la mémoire de toute la
ville. »

Chapitre 7 : La Passerelle des Murmures


Pour atteindre le Noyau Central, il fallait traverser le Secteur des Échos.

À mesure que Julien et Hélène s'enfonçaient dans cette nouvelle section du 74ᵉ étage,
l'architecture de la galerie changeait radicalement. Le parquet de chêne cédait la place à des
passerelles suspendues en caillebotis d'acier, jetées au-dessus d'un gouffre insondable d'où
montait une brume dorée et luminescente.

Ce n'était plus le silence qui régnait ici, mais un murmure continu, une symphonie de millions
de voix entremêlées.

« Je n'aurais jamais dû la laisser partir... »

« Pardonne-moi, je n'avais pas le choix... »

« N'oublie pas qui nous étions avant la grande purge... »


Ces phrases volaient dans l'air sous forme de petites étincelles de lumière, frôlant le visage de
Julien à chacun de ses pas. Chaque étincelle portait en elle une émotion brute : la morsure
d'un regret, la douceur d'un baiser d'adieu, la colère d'une injustice oubliée.

— « Ne les écoute pas trop intensément, » prévint Hélène en marchant d'un pas rapide sur le
caillebotis qui résonnait sous leurs bottes. « Ce sont les souvenirs d'amour et de deuil qui
n'ont pas encore été classés dans les portes. Si tu te laisses porter par la tristesse des autres,
ton propre esprit finira par s'y dissoudre. »

Julien serra le boîtier en laiton contre sa poitrine. La tentation était forte de s'arrêter, de tendre
la main vers ces lueurs pour ressentir cette humanité que le Directoire s'efforçait d'éradiquer
d'en bas. Mais il savait que le temps jouait contre eux.

Soudain, une vibration sourde parcourut la passerelle métallique.

Devant eux, à l'autre bout de la structure suspendue, une haute figure en costume sombre
émergea du brouillard doré. Elle était escortée par deux Nettoyeurs à l'armure d'acier noir,
leurs objectifs photographiques braqués droit devant eux, projetant leurs faisceaux rouges sur
le grillage.

La femme au centre du groupe s'arrêta. Ses cheveux bruns étaient tirés en un chignon strict,
son visage dénué de la moindre ride, et ses yeux affichaient une froideur absolue.

Julien se figea. Il reconnut immédiatement cette silhouette qu'il voyait chaque soir sur les
écrans géants de la ville.

La Directrice Générale du Conseil du Directoire en personne.

— « Hélène... » dit la Directrice d'une voix calme, presque dénuée d'inflexion, qui couvrit
sans effort le murmure des souvenirs. « Tu continues d'entretenir ce sanctuaire de la
souffrance. Et toi, jeune Gallo... Tu portes le même regard absurde que ton père avant sa fin.
»

Hélène fit un pas en avant, masquant Julien de son corps, son grand registre serré contre elle.

— « Ce sanctuaire n'est pas la souffrance, Madame la Directrice, » répliqua Hélène d'une


voix ferme qui ne trembla pas. « C'est notre histoire. Et vous n'avez plus le droit de la garder
sous clé. »

La Directrice esquissa un fin sourire dépourvu de toute chaleur.

— « L'histoire n'est qu'un poids mort qui empêche les hommes d'avancer, » répondit-elle en
levant légèrement la main. « Donnez-moi ce boîtier, Julien. Et je vous promets une amnésie
douce. Vous n'aurez plus jamais à souffrir de la perte de votre père. »

On continue avec le Chapitre 8 pour assister au dénouement de cette confrontation ?

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