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Dans le chapitre 9, Hélène et Julien confrontent la maire sur l'impact des Nettoyeurs sur la mémoire collective de la ville, Julien choisissant de ne pas accepter un bonheur artificiel en échange de l'oubli. Dans le chapitre 10, Julien active un protocole qui libère les souvenirs de la ville, provoquant la destruction des Nettoyeurs et un réveil collectif. Enfin, dans le chapitre 11, après la libération des souvenirs, Julien et Hélène s'engagent à aider la ville à vivre avec son passé, tandis que Julien se souvient de son père et ressent une nouvelle lumière dans sa vie.

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Dans le chapitre 9, Hélène et Julien confrontent la maire sur l'impact des Nettoyeurs sur la mémoire collective de la ville, Julien choisissant de ne pas accepter un bonheur artificiel en échange de l'oubli. Dans le chapitre 10, Julien active un protocole qui libère les souvenirs de la ville, provoquant la destruction des Nettoyeurs et un réveil collectif. Enfin, dans le chapitre 11, après la libération des souvenirs, Julien et Hélène s'engagent à aider la ville à vivre avec son passé, tandis que Julien se souvient de son père et ressent une nouvelle lumière dans sa vie.

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Chapitre 9 : Le Pacte de l'Amnésie

La maire s’avança lentement sur la passerelle grillagée, le cliquetis de ses talons contrastant
avec le bourdonnement sourd et puissant du Noyau derrière eux. Les quatre Nettoyeurs
restèrent en formation derrière elle, leurs objectifs braqués sur le duo, une lueur rouge
menaçante émanant de leurs optiques.

Hélène fit un pas pour se placer devant Julien, brandissant son registre comme un bouclier
dérisoire.

— Le Directoire a franchi la ligne en envoyant des Nettoyeurs dans ma section, Madame, dit
Hélène, sa voix tremblante mais déterminée. Ces souvenirs sont précieux. Ils sont la vérité de
cette ville.

La maire s'arrêta à quelques mètres d'eux. Un sourire condescendant étira ses lèvres fines.

— « Précieux », dis-tu ? Elle balaya l'immensité du puits d'un geste dédaigneux de la main.
Ce que tu vois ici, Hélène, ce n'est pas de la « vérité ». C'est de la douleur pure. De la
culpabilité. Du désespoir. Nous avons construit cette tour pour soulager l'humanité de son
fardeau le plus lourd. Dis-moi, Julien...

Elle planta son regard glacial dans celui du jeune technicien.

— ...as-tu de meilleurs souvenirs de ta vie depuis sept ans ? N'est-il pas plus simple de vivre
sans la hantise d'un deuil inachevé ? Nous t'avons offert la paix.

Julien serrait la clé de son père si fort que le métal s'enfonçait dans sa paume. La colère qui
bouillonnait en lui depuis sa confrontation avec l'hologramme menaçait d'exploser.

« Vous m'avez volé ma douleur, » cracha-t-il, faisant un pas pour dépasser Hélène. « Et en
faisant ça, vous m'avez volé la possibilité de guérir. Vous ne soulagez pas la douleur, vous la
cachez pour que personne ne puisse apprendre de ses erreurs. Et pendant ce temps, vous
continuez de régner sur une ville de fantômes. »

La maire perdit son sourire. Son visage devint un masque de froideur administrative.

— L'histoire de ton père est une tragédie, c'est vrai, concéda-t-elle, son ton devenant
subitement conciliant. Mais son sacrifice n'a pas été vain. Grâce à lui, le système fonctionne.
Et il peut fonctionner pour toi aussi. »

Elle fit un geste en direction de la console centrale.

— Utilise cette clé, Julien. Mais pas pour tout détruire. Utilise-la pour te connecter. Je peux
ordonner au Noyau de restaurer ton souvenir le plus cher, celui de la dernière soirée que tu
as passée avec ton père, intact et pur. En échange, tu nous remets la clé, tu oublies tout ce
que tu as vu ici, et tu reprends ta vie d'en bas. Une vie de bonheur synthétique, mais sans
douleur. »
Le silence qui suivit fut plus pesant que le rugissement du Noyau. Julien baissa les yeux vers
la clé. Le chantage était diabolique. La perspective de revoir son père, de ressentir à nouveau
son amour, même s'il s'agissait d'un bonheur artificiel, était une tentation immense.

Hélène ne dit rien, mais Julien sentait sa main se resserrer sur son épaule. Elle ne lui donnerait
pas la réponse. Ce choix lui appartenait.

Chapitre 10 : La Chute des Masques


Julien leva les yeux vers la maire. Derrière elle, les Nettoyeurs semblaient s'impatienter, le
liquide étherique dans leurs conduits commençant à bouillonner. Il prit une profonde
inspiration, sentant le poids de la décision appuyer sur ses épaules.

— « Vous m'offrez un bonheur artificiel en échange d'une amnésie volontaire, » dit-il


lentement, sa voix se raffermissant.

— « C'est une offre généreuse, » répondit la maire, un éclair de triomphe dans les yeux.

Julien esquissa un sourire amer.

— « Non. Ce n'est pas de la générosité. C'est de la lâcheté. »

Il se tourna brusquement vers la console, inséra la clé articulée de son père dans la serrure
centrale et la fit tourner d'un quart de tour.

CLIC.

Un mécanisme d'horlogerie complexe se déclencha à l'intérieur du pupitre. Les voyants de la


console passèrent du rouge au doré. Un panneau s'ouvrit, révélant un bouton rouge clignotant.

— « STOPPEZ-LE ! » hurla la maire, sa voix brisant sa façade de politesse.

Les quatre Nettoyeurs se ruèrent en avant sur la passerelle, leurs piques métalliques cliquetant
sur le grillage.

— « Couvre-moi ! » cria Hélène à Julien.

Elle s'élança vers le premier Nettoyeur, brandissant son registre comme un gourdin. Dans un
geste de désespoir, elle frappa l'objectif central de la créature de toutes ses forces. Le verre
vola en éclats, libérant un jet de vapeur d'éther qui brûla les circuits de la machine. Le
Nettoyeur s'effondra au sol dans un crépitement d'étincelles.

Pendant ce temps, Julien s'acharnait sur le bouton rouge. Il ne réagissait pas. La console
exigeait un code. Il chercha désespérément une indication sur le pupitre. Rien.

— « Le code, Julien ! Pense au code ! » cria Hélène, qui tentait de repousser un deuxième
Nettoyeur avec l'extincteur qu'elle avait récupéré plus tôt.
Un troisième Nettoyeur contourna Hélène et se jeta sur Julien, son optique rouge pulsant
violemment, son faisceau de scanner déjà activé.

Julien se rappela l'hologramme de son père. Le pendentif en forme de boussole. Les aiguilles
qui tournaient.

— « La boussole ! » réalisa-t-il.

Il se souvint des chiffres que son père lui avait appris à lire sur le cadran de la boussole quand
il était enfant. Il entra rapidement les coordonnées de la dernière position connue de son père
avant l'accident.

BEEP.

Un écran s'alluma sur la console, affichant un message :

« ACCÈS CONFIRMÉ. PROTOCOLE DE LIBÉRATION DE LA MÉMOIRE


COLLECTIVE ACTIVÉ. »

Le Noyau Central changea de régime. Sa rotation s'accéléra, son bourdonnement devint un


rugissement assourdissant. L'énergie dorée en son centre commença à pulser, envoyant des
ondes de choc à travers tout le puits.

Les Nettoyeurs s'arrêtèrent net, leurs capteurs saturés par l'afflux d'énergie. Ils commencèrent
à grésiller et à vaciller sur leurs pattes mécaniques.

La maire recula, le visage déformé par la panique.

— « Vous allez tout détruire ! » cria-t-elle. « La ville ne s'en remettra jamais ! »

— « La ville va enfin commencer à vivre, » répondit Julien, alors qu'une explosion d'énergie
dorée s'échappait du Noyau, inondant la pièce d'une lumière aveuglante.

Chapitre 11 : Le Grand Éveil


L'énergie dorée balaya la passerelle, jetant Julien et Hélène au sol. La maire fut projetée
contre le mur, son tailleur noir se déchirant sous l'impact. Les Nettoyeurs furent désintégrés
dans une explosion d'éther et de métal.

Puis, le silence revint. Un silence d'une pureté cristalline.

Julien ouvrit les yeux. La lumière aveuglante s'était estompée, remplacée par une douce lueur
dorée qui émanait du Noyau Central. Mais le Noyau ne tournait plus. Les disques de verre
s'étaient arrêtés, figés dans une position de repos.

Hélène se releva lentement à ses côtés, son visage illuminé par la lumière dorée. Elle tenait
toujours son registre, mais il semblait moins lourd, moins oppressant.

— « On a réussi, » murmura-t-elle, les larmes aux yeux.


Julien se tourna vers le puits. Les millions d'alvéoles lumineuses s'étaient éteintes, mais les
sphères de verre à l'intérieur commençaient à s'ouvrir l'une après l'autre, libérant les souvenirs
qu'elles contenaient.

Il regarda vers le haut. Le conduit de ventilation par lequel ils étaient arrivés était devenu un
puits de lumière. Il pouvait apercevoir le ciel à travers l'ouverture, et il n'était plus étouffé par
le brouillard. La pluie avait cessé.

Au même moment, une rumeur monta d'en bas. Une rumeur composée de milliers de voix, de
rires, de pleurs. La rumeur d'une ville qui se réveillait d'un long sommeil, d'une ville qui
retrouvait sa mémoire.

Julien ferma les yeux et se laissa envahir par la sensation. Il se souvint de la dernière soirée
passée avec son père, de son sourire, de son amour. Mais il se souvint aussi de la douleur de
sa perte, de la colère, de la tristesse. Et pour la première fois depuis sept ans, cette douleur ne
le hantait plus. Elle faisait simplement partie de son histoire.

Il rouvrit les yeux et regarda Hélène.

— « Et maintenant ? » demanda-t-il.

Hélène lui rendit son sourire.

— « Maintenant, on va aider la ville à apprendre à vivre avec son passé. »

La maire s'était relevée, mais elle ne dit rien. Elle regardait le Noyau éteint, le visage dénué de
toute expression. Son règne était terminé.

Julien et Hélène quittèrent la Salle du Noyau et se dirigèrent vers l'ascenseur B3. Julien inséra
son passe-partout et appuya sur le bouton 74. L'ascenseur se mit en marche, descendant
doucement vers la réalité d'en bas.

Lorsqu'ils sortirent dans le hall principal, la tour Aetheris n'était plus la même. Les murs
étaient plus brillants, l'air plus léger. Les gens qui traversaient le hall ne se contentaient plus
d'éviter les regards, ils se parlaient, ils partageaient leurs histoires.

Julien sortit de la tour et regarda vers le ciel. La pluie avait cessé, le brouillard s'était dissipé.
Pour la première fois depuis sept ans, le soleil brillait sur la métropole futuriste.

« Bonjour, papa, » murmura Julien, sentant le petit pendentif en forme de boussole chauffer
contre sa poitrine. « On a réussi. »

Ceci conclut l'histoire de L'Ombre du 74ᵉ Étage. Comment trouves-tu cette fin ?

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