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Analyse

Le document analyse des extraits littéraires mettant en scène des rencontres et des dialogues entre personnages, illustrant des thèmes tels que l'autorité, la froideur, le regret et la passion. Les personnages expriment des émotions variées, allant de l'enthousiasme à la déception, tout en naviguant dans des relations complexes marquées par des obstacles moraux et sociaux. La structure du texte met en avant des mouvements narratifs qui révèlent les dynamiques de pouvoir et les transformations personnelles des protagonistes.

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Analyse

Le document analyse des extraits littéraires mettant en scène des rencontres et des dialogues entre personnages, illustrant des thèmes tels que l'autorité, la froideur, le regret et la passion. Les personnages expriment des émotions variées, allant de l'enthousiasme à la déception, tout en naviguant dans des relations complexes marquées par des obstacles moraux et sociaux. La structure du texte met en avant des mouvements narratifs qui révèlent les dynamiques de pouvoir et les transformations personnelles des protagonistes.

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LL2

MOUVEMENT 1 : La rencontre ratée entre les deux


personnages (l. 1 à 16)
Idée 1 : Enthousiasme et autorité du Baron

●​ Enthousiasme du Baron qui orchestre la scène → « Bonjour, mes enfants ; bonjour, ma


chère Camille, mon cher Perdican ! Embrassez-moi, et embrassez-vous » (l. 1-2)
(rythme binaire + déterminants affectifs + accumulation d'impératifs)
●​ Autorité réaffirmée pour forcer le rapprochement entre les deux jeunes → « Allons,
Camille, embrasse ton cousin » (l. 11) (impératif)
●​ Autorité encore exercée quand la première tentative échoue → « Un compliment vaut un
baiser ; embrasse-la, Perdican » (l. 13) (maxime à valeur générale + impératif)

Idée 2 : Séduction et enthousiasme de Perdican

●​ Enthousiasme exubérant à l'arrivée → « Bonjour, mon père, ma sœur bien-aimée !


Quel bonheur ! que je suis heureux ! » (l. 3) (phrases exclamatives + adresse
affective)
●​ Compliment sur la beauté de Camille → « Comme te voilà grande, Camille ! et belle
comme le jour » (l. 5) (comparaison hyperbolique)
●​ Émerveillement devant la métamorphose de l'enfance à la femme → « Comme te voilà
métamorphosée en femme ! » (l. 7) + « Il me semble que c'est hier que je t'ai vue pas
plus haute que cela » (l. 8) (hyperbole temporelle + nostalgie de l'enfance)
●​ Insistance auprès du père pour faire admirer Camille → « Regardez donc, mon père,
comme Camille est jolie ! » (l. 10) (modalité exclamative + adverbe intensif)

Idée 3 : Froideur et refus de Camille

●​ Salutation glaciale par opposition à l'effusion de Perdican → « Mon père et mon


cousin, je vous salue. » (l. 4)
○​ « mon cousin » répond froidement à « ma sœur bien-aimée » → distance
lexicale qui rétrograde la relation
○​ « vous » au lieu du « tu » → vouvoiement qui ne singularise pas
○​ Phrase courte, terminée par un point (alors que tous les autres parlent par
exclamatives) → rupture de tonalité
●​ Premier refus sec face à l'injonction du Baron → « Excusez-moi. » (l. 12) (phrase
brève qui clôt l'échange)
●​ Sentence morale définitive qui rejette toute familiarité → « L'amitié ni l'amour ne doivent
recevoir que ce qu'ils peuvent rendre » (l. 16) (parallélisme + maxime à valeur
générale qui révèle un personnage déjà réflexif et moraliste)
MOUVEMENT 2 : Le commentaire du Baron et de Maître
Bridaine (l. 17 à fin)
Idée 1 : La déception du Baron

●​ Premier constat désappointé, en aparté avec Bridaine → « Voilà un commencement de


mauvais augure, hé ? » (l. 17) (interjection « hé » qui appelle l'approbation +
euphémisme ironique « mauvais augure »)

Idée 2 : L'ego blessé du Baron

●​ Accumulation d'expressions de blessure → « Je suis choqué — blessé — Cette


réponse m'a déplu » (l. 20) puis « Je suis vexé, piqué » (l. 23) (champ lexical de la
blessure + tirets qui miment l'émotion saccadée)
●​ L'égocentrisme du Baron éclate par la focalisation sur lui-même avec la répétition
des « m' » → « Cela m'est pénible au dernier point. Ce moment, qui devait m'être si
doux » (l. 22) (accumulation des pronoms personnels centrés sur le Baron)

Idée 3 : Ironie et critique du Baron envers Camille

●​ Le Baron reprend ironiquement la phrase de Camille pour la lui reprocher → «


Excusez-moi ! » (l. 21) (reprise ironique + modalité exclamative indignée)
●​ Critique de la pudeur excessive de Camille → « Avez-vous vu qu'elle a fait mine de se
signer ? » (l. 21) (modalité interrogative indignée + critique du geste religieux)
LL5
MOUVEMENT 1 : Les circonstances de la rencontre (l. 1 à
6)
Idée 1 : Un récit rétrospectif marqué par le regret

●​ L'extrait s'ouvre par un récit rétrospectif en focalisation interne qui entremêle


souvenir et distance critique → « J'avais marqué » (plus-que-parfait) puis sa reprise
grandiloquente « que ne le marquais-je un jour plus tôt ! » (tournure exclamative)
●​ Le regret est immédiatement souligné par le conditionnel passé d'irréel → « j'aurais
porté chez mon père toute mon innocence » + interjection « Hélas ! »
●​ L'expression « toute mon innocence » se comprend doublement : par le jeune âge et
par l'absence de péché, alliance qui sous-tend tout le texte

Idée 2 : Un cadre spatio-temporel précis et une scène en apparence banale

●​ Le passage définit un cadre spatio-temporel précis par les noms de villes (« Amiens
», « Arras ») et un champ lexical du temps (« la veille », « le temps », « un jour plus tôt
»)
●​ La scène décrite est banale : un cadre urbain (« hôtellerie », « coche », « voitures »),
une promenade amicale, une scène de rue dont les deux amis sont témoins → « nous
vîmes… nous suivîmes » (passages au passé simple qui dynamisent le récit)

Idée 3 : La curiosité comme motif révélateur

●​ Négation restrictive qui fournit une justification de la scène → « Nous n'avions pas
d'autre motif que la curiosité »
●​ La curiosité n'est pas neutre : dans la Genèse, elle est précisément le motif du péché
originel — premier signe que cette scène, en apparence banale, est lourde de
conséquences morales

Idée 4 : Une apparition isolée qui détache Manon du groupe

●​ D'abord une observation anodine marquée par la tournure impersonnelle et le


déterminant indéfini → « il en sortit quelques femmes, qui se retirèrent aussitôt »
●​ Puis la conjonction de coordination adversative « mais » fait émerger une figure
unique → « Mais il en resta une, fort jeune, qui s'arrêta seule dans la cour »
●​ L'antithèse entre les deux verbes (« se retirèrent » / « s'arrêta ») isole Manon ;
l'adverbe d'intensité « fort » + l'adjectif « seule » créent un effet de singularisation
qui prépare le coup de foudre
MOUVEMENT 2 : Un coup de foudre (l. 7 à 12)
Idée 1 : Manon devient l'objet de toutes les attentions

●​ Aucune description physique précise de Manon, ni mention de son nom : seule


prédomine l'expression lyrique de l'émotion du chevalier → « Elle me parut si
charmante » (adverbe intensif)

Idée 2 : Le souffle de la phrase mime l'enflammement

●​ La construction même de la phrase épouse l'état « enflammé » du narrateur : les mots


se précipitent et s'enchevêtrent (« moi qui… », « ni… »), au point de nécessiter une
incise → « moi, dis-je »
●​ Le complément circonstanciel de conséquence, dont l'importance émotionnelle est
capitale, est relégué en fin de phrase, comme par effet d'attente → « je me trouvai
enflammé tout d'un coup jusqu'au transport » (hyperbole)
●​ L'adjectif métaphorique « enflammé » a une connotation religieuse qui renvoie à
l'enfer, et répond à l'« innocence » perdue évoquée au début

Idée 3 : Une transformation totale de la personnalité de Des Grieux

●​ Avant cette rencontre, DG est marqué par l'indifférence aux femmes et la vertu → «
moi, qui n'avais jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un
peu d'attention » (négations) + « dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue »
(proposition subordonnée relative)
●​ Après, il est désormais passionné, comme le souligne le contraste avec ses anciens
défauts → « J'avais le défaut d'être excessivement timide et facile à déconcerter »
(adverbe d'intensité + antithèse avec ce qui suit)

Idée 4 : Une audace nouvelle

●​ Le bouleversement est tel qu'il prend le pas sur la timidité → « mais loin d'être arrêté
alors par cette faiblesse, je m'avançai vers la maîtresse de mon cœur » (conjonction
adversative + gérondif d'opposition)
●​ La périphrase « la maîtresse de mon cœur » souligne que le narrateur est désormais
sous la domination d'une femme à laquelle il n'a même pas encore parlé

MOUVEMENT 3 : Les premiers échanges de paroles —


une rencontre déterminante (l. 12 à fin)
Idée 1 : Un dialogue elliptique en discours indirect

●​ La conversation est rapportée de façon elliptique → « elle reçut mes politesses »


(l'échange n'est pas reproduit textuellement)
●​ Le discours indirect prédomine → « je lui demandai », « elle me répondit » → permet
de retranscrire la scène avec distance tout en attisant la curiosité du lecteur
●​ L'audace du chevalier se traduit par les questions indirectes

Idée 2 : Un portrait ambivalent de Manon

●​ D'un côté, la mention de son jeune âge et de sa naïveté → « encore moins âgée que
moi », « elle me répondit ingénument » (adverbe)
●​ De l'autre, une assurance marquée qui détonne → « sans paraître embarrassée », «
elle était bien plus expérimentée que moi » (comparatif)
●​ Cet écart attise la curiosité du lecteur pour cette jeune fille ambiguë, dont la complexité
est posée dès la première rencontre

Idée 3 : Le couvent comme obstacle — un coup mortel

●​ La réponse de Manon est rapportée par une proposition subordonnée conjonctive →


« qu'elle y était envoyée par ses parents pour être religieuse » : la tournure passive
rappelle la soumission des femmes à un ordre familial
●​ L'effet sur DG est d'autant plus fort qu'il nomme pour la première fois le sentiment qui
l'envahit → « L'amour me rendait déjà si éclairé »
●​ Le projet du noviciat est reçu avec une intensité hyperbolique → « un coup mortel
pour mes désirs » (hyperbole)
●​ Contre la naissance des sentiments s'érige donc un obstacle : celui d'une morale
religieuse mortifère, incompatible avec le cœur

Idée 4 : Un destin scellé d'avance — la prolepse tragique

●​ L'échange s'achève sous la forme d'un discours indirect libre → « C'était malgré elle
qu'on l'envoyait au couvent »
●​ La vie religieuse est présentée comme le dernier rempart contre le « penchant au
plaisir » de Manon — péché de chair évoqué à demi-mot
●​ Deux propositions subordonnées successives développent ce thème : la première, « qui
s'était déjà déclaré », laisse sous-entendre un passé sulfureux ; la seconde, « et qui a
causé, dans la suite, tous ses malheurs et les miens », clôt l'extrait de façon
proleptique et tragique → le destin des personnages est scellé dès cette première
rencontre, et la fatalité tragique s'installe
LL6
LL6 analyse :
MOUVEMENT 1 : La prise en otage (lignes 1 à 10)
Idée 1 : Une scène d'évasion qui s'ouvre sur une séquence dialoguée
vivante

●​ Le récit d'évasion s'ouvre sur un dialogue direct entre le Père Supérieur et Des Grieux,
ce qui produit un effet de réel et rend la scène vivante → « me dit-il », « lui répondis-je »,
« reprit-il », « répliquai-je » (verbes de parole + discours direct)

Idée 2 : La lourde charge émotionnelle du Père Supérieur (l. 1-2 et 4-6)

●​ Surprise du père face à l'apparition du pistolet → « Un pistolet ! » (phrase exclamative)


●​ Indignation devant l'ingratitude apparente de Des Grieux → « Quoi ! mon fils, vous
voulez m'ôter la vie, pour reconnaître la considération que j'ai eue pour vous ? »
(interjection « Quoi ! » + question rhétorique)
●​ Peur visible du père → « reprit-il d'un air pâle et effrayé », « que vous ai-je fait ? quelle
raison avez-vous de vouloir ma mort ? » (adjectifs descriptifs « pâle et effrayé » +
interrogations en cascade)

Idée 3 : Le sang-froid de Des Grieux et son chantage à peine dissimulé (l.


2-7)

●​ Calme de DG, volonté affichée de ne pas tuer le père → « À Dieu ne plaise » (formule
expressive de dénégation)
●​ Mais il est prêt à tout pour rejoindre Manon et retrouver sa liberté → « je veux être libre,
et j'y suis si résolu » (présent de l'indicatif + adverbe d'intensité « si »)
●​ Chantage à peine dissimulé qui s'exprime par une structure logique implacable → « si
mon projet manque par votre faute, c'est fait de vous absolument » et « Je n'ai pas
dessein de vous tuer, si vous voulez vivre » (proposition principale + subordonnée de
condition en « si » aux lignes 4 et 6)
●​ Autorité et ordre qui inversent le rapport de force → « Ouvrez-moi la porte », « Point de
bruit » (impératifs)

Idée 4 : Un récit dynamique qui mêle dialogue et narration (l. 7-10)

●​ À partir de la ligne 7, le récit progresse grâce à l'obtention des clefs et aux actions qui
s'enchaînent → « J'aperçus », « je les pris », « je le priai », « Il fut obligé » (verbes
d'action au passé simple → actions de premier plan qui font avancer le récit)
MOUVEMENT 2 : Le crime (lignes 11 à 24)
Idée 1 : La fin du trajet et le soulagement subjectif de Des Grieux (l. 11-13)

●​ Subjectivité de la durée chez un DG impatient et tendu vers la liberté → « Enfin nous


arrivâmes » + « Je me croyais déjà libre » (adverbes « enfin », « déjà »)
●​ Une mise en scène quasi visuelle, presque cinématographique → « j'étais derrière le
Père, avec ma chandelle dans une main et mon pistolet dans l'autre » (l. 12)
(description scénique)

Idée 2 : Une nouvelle péripétie — l'arrivée du domestique (l. 13-17)

●​ Le rythme du récit s'accélère : multiplication des verbes d'action qui donne une
impression d'emballement → « s'empressait d'ouvrir », « entendant », « se lève », « met
la tête à sa porte », « ordonna », « s'élança », « lâchai le coup » (accumulation de
verbes + passé simple + présent de narration aux l. 15-16-17 → récit vivant)
●​ Le meurtre du domestique est présenté comme la suite logique de circonstances
malheureuses (bruit d'une porte qui éveille le domestique, Père supérieur qui l'appelle à
son secours, DG surpris qui tire) → pas de préméditation
●​ La phrase énonçant le coup de feu refuse tout lien logique entre la décision et l'acte → «
Je ne le marchandai point ; je lui lâchai le coup au milieu de la poitrine » (deux
propositions juxtaposées en parataxe)

Idée 3 : La justification du crime — Des Grieux rejette toute responsabilité


(l. 15-23)

●​ Rejet de la responsabilité sur le Père Supérieur, présenté comme imprudent et


manquant de discernement → « Le bon Père le crut apparemment capable de
m'arrêter. Il lui ordonna, avec beaucoup d'imprudence, de venir à son secours »
(adverbe « apparemment » + CC de manière péjoratif)
●​ Réaffirmé au discours direct → « Voilà de quoi vous êtes cause, mon Père » (l. 18)
(discours direct accusateur)
●​ Rejet de la responsabilité sur le domestique, présenté comme un personnage immoral
→ « C'était un puissant coquin » (l. 16) (le mot « coquin » a un sens fort au XVIIIᵉ siècle
= personne immorale + hyperbole avec l'adjectif « puissant »)
●​ Rejet de la responsabilité sur Lescaut, qui lui aurait apporté un pistolet chargé → «
C'est votre faute, lui dis-je ; pourquoi me l'apportiez-vous chargé ? » (l. 22) (discours
direct accusateur + interrogation rhétorique)

Idée 4 : La mauvaise foi du personnage : DG n'assume pas ses actes : aucun remords pour la
mort de cet innocenT Pire, il manifeste même de la fierté → « dis-je assez fièrement à mon guide » (l. 18) (adverbe
« fièrement » qui révèle l'absence totale de culpabilité)
LL7
MOUVEMENT 1 : Les effets pathétiques de Des Grieux (lignes 1 à 5)

Idée 1 : Une posture physique de supplication

●​ Précipitation soulignée par une allitération → « Je me jetai à ses genoux »


●​ Recherche du contact physique pour émouvoir → « en les embrassant » + « ne vous
endurcissez donc pas contre mes pleurs »
●​ L'évocation des « pleurs » vient redoubler dans le dialogue les pleurs réels de DG

Idée 2 : Plainte et déploration

●​ Plainte exprimée par une interjection forte → « Ah ! » (interjection)


●​ Recherche d'une forme de tendresse en jouant sur le sens du devoir paternel → « s'il
vous en reste encore » (le « en » fait référence à la « bonté excessive »)
●​ Rappel insistant du lien de parenté → « Songez que je suis votre fils » + verbe «
endurcir »

⚡ La position physique de DG et le rappel qu'il est son « fils » relèvent de la


soumission. La multiplication des effets et la surenchère dans le pathétique
revêtent une dimension théâtrale

Idée 3 : L'évocation nostalgique de la mère pour peindre le père à son image

●​ DG compare le couple qu'il forme avec Manon à celui que son père formait avec sa
mère, suggérant que les sentiments du père étaient tout aussi intenses que les siens →
« Vous l'aimiez si tendrement ! » (adverbe intensif « si »)
●​ Sentiments évoqués avec une forme de nostalgie → « Hélas ! souvenez-vous de ma
mère » (interjection + thématique du souvenir)
●​ Il cherche à Inscrire sa relation avec Manon, considérée comme une déchéance,
dans une norme sociale acceptable

Idée 4 : Trois questions rhétoriques pour dramatiser le propos

DG utilise trois questions rhétoriques qui dessinent un rythme ternaire et contribuent à


dramatiser son propos, toujours plus emphatique.

●​ Q1 : Interpelle clairement son père et met en place une analogie entre son
comportement et celui qu'aurait eu son père en pareil cas → « Auriez-vous souffert
qu'on l'eût arrachée de vos bras ? » (conditionnel passé + imparfait du subjonctif =
irréel du passé + vocabulaire fort : « souffert », « arraché »)
●​ La réponse à cette question rhétorique est explicitée à l'aide d'un langage hyperbolique
→ « vous l'auriez défendue jusqu'à la mort » (hyperbole)
●​ Q2 et Q3 : Resituent la réflexion dans un contexte plus général ; il ne s'agit plus
simplement de son père ou de lui-même mais de tout individu qui aurait pu connaître
l'amour → « Les autres n'ont-ils pas un cœur comme vous ? Peut-on être barbare après
avoir une fois éprouvé ce que c'est que la tendresse et la douleur ? » (pronoms
indéfinis qui généralisent + champ lexical de l'attachement suggérant l'universalité du
sentiment amoureux)
●​ Avec l'emploi du mot « barbare », il insinue que condamner son comportement et
ses tentatives pour sauver Manon serait faire preuve d'inhumanité.

MOUVEMENT 2 : L'assurance et l'agacement d'un père (lignes 6 à 10, jusqu'à « inflexible


»)

Idée 1 : Un père autoritaire qui impose sa parole

●​ Modalité impérative qui fait apparaître le père comme particulièrement autoritaire → «


Ne me parle pas davantage de ta mère », « Finissons cet entretien », « je t'ordonne de
me suivre » (verbes à l'impératif + verbes exprimant l'ordre)
●​ Parataxe qui efface les liens logiques au profit d'une simple juxtaposition → « Je
retourne au logis, je t'ordonne de me suivre » (parataxe)
●​ En lui intimant l'ordre de le « suivre » et de rentrer au « logis », le père infantilise DG
qu'il traite comme un enfant désobéissant

Idée 2 : L'agacement et l'indignation du père

●​ Le discours de DG n'a pas eu l'effet escompté : lui qui voulait apitoyer son père, ne
parvient qu'à exacerber son agacement → tout un champ lexical de l'agacement : «
voix irritée », « échauffe mon indignation », « importune »
●​ En lieu et place de la pitié, DG a déclenché un sentiment d'indignation : le père perçoit
comme un outrage à la mémoire de son épouse la comparaison que DG a osé faire
entre elle et une fille de mauvaise vie comme Manon
●​ Il va jusqu'à renverser l'argumentation mise en place par DG : le souvenir de sa mère
n'est pas censé l'inciter à la pitié mais plutôt à la colère ; en pensant à sa mère, DG
devrait au contraire avoir honte de son comportement → « Tes désordres la feraient
mourir de douleur, si elle eût assez vécu pour les voir » (vocabulaire péjoratif «
désordres » + hyperbole « mourir de douleur »)

Idée 3 : Le constat d'échec de Des Grieux

●​ Cette phrase transcrit la réaction de DG face au discours de son père : on y retrouve


toutes les caractéristiques du discours qu'il vient d'avoir → « Le ton dur et sec avec
lequel il m'intima cet ordre » (ton « dur et sec » + champ lexical de l'ordre)
●​ Phrase désabusée qui marque le constat d'échec de DG → « me fit trop comprendre
que son cœur était inflexible »
MOUVEMENT 3 : Une séparation grandiloquente (lignes 10 à 18)

Idée 1 : Une dernière supplique sous forme de menace voilée

●​ DG annonce sa propre mort comme conséquence de la dureté paternelle → « Il est


impossible que je vous suive. Il ne l'est pas moins que je vive, après la dureté avec
laquelle vous me traitez » (parallélisme + vocabulaire fort)
●​ Cette annonce recèle une sorte de menace puisque le père de DG ne sera plus là
désormais pour le tirer d'affaires → « Ma mort, que vous apprendrez bientôt, ajoutai-je
tristement, vous fera peut-être reprendre pour moi des sentiments de père » (chantage
affectif)

Idée 2 : Une dimension solennelle des deux dernières répliques

●​ Les deux dernières répliques ont une dimension solennelle grâce au parallélisme de
construction → « Adieu, fils ingrat et rebelle ! » / « Adieu, père barbare et dénaturé ! »
●​ Schéma identique : « Adieu » + nom (apostrophe) + deux adjectifs péjoratifs coordonnés

Idée 3 : Deux systèmes de valeurs diamétralement opposés

On voit bien que les deux personnages ont des systèmes de valeurs diamétralement
opposés et inconciliables.

●​ Le père pointe chez son fils un manquement à l'ordre social : son ingratitude et sa
rébellion l'amènent à transgresser les règles et à refuser d'obéir aux injonctions
paternelles → « ingrat et rebelle ». Des Grieux est, pour son père, coupable d'être en
marge de la société
●​ Des Grieux, quant à lui, met en avant une attitude contre-nature et renvoie ainsi son
père aux marges de l'humanité → « barbare et dénaturé »
LL10
MOUVEMENT 1 : Les enfants de la rue
Vers 1 à 6

Idée directrice : Rimbaud présente d’abord les enfants comme des êtres misérables, presque
animalisés, fascinés par le pain qu’ils ne pourront pas manger.

Idée 1 : Un contraste saisissant entre les enfants et le lieu

●​ Les enfants sont associés à l’obscurité, tandis que le lieu est marqué par la lumière.​
→ « Noirs dans la neige » / « brume… s’allume »​
→ antithèses, qui créent une opposition entre lumière et obscurité.
●​ La noirceur des enfants révèle leur misère, alors que le soupirail apparaît comme une
source lumineuse.​
→ « Au grand soupirail qui s’allume »​
→ champ lexical de la lumière.

Idée 2 : Une première animalisation des enfants

●​ Les enfants sont d’abord présentés de manière presque animale, avant même que leur
identité soit révélée.​
→ « Leurs culs en rond »​
→ vocabulaire familier, qui donne l’impression d’observer des animaux.
●​ Leur identité n’est révélée qu’au vers 4.​
→ « À genoux, cinq petits, – misère ! – »​
→ révélation retardée, qui crée un effet d’attente.

Idée 3 : Une posture ambiguë et pathétique

●​ La posture « à genoux » peut avoir plusieurs sens : adoration devant le boulanger, poids
de la misère, ou attitude de prière.​
→ « À genoux »​
→ posture symbolique.
●​ Rimbaud intervient directement pour exprimer son émotion et sa révolte.​
→ « – misère ! – »​
→ exclamation mise en relief par les tirets.

Idée 4 : La fascination des enfants pour le pain

●​ Les enfants sont fascinés par ce qu’ils voient à travers le soupirail.​


→ « Regardent »​
→ verbe de perception.
●​ Le pain est mis en attente par l’enjambement : l’objet désiré apparaît seulement au vers
suivant.​
→ « Regardent le boulanger faire / Le lourd pain blond… »​
→ enjambement, qui crée une attente.
●​ Le boulanger et le pain sont associés à l’abondance, en opposition avec la misère des
enfants.​
→ « Le lourd pain blond », « fort bras »​
→ adjectifs synonymes de profusion.

MOUVEMENT 2 : La fabrication du pain (vers 7 à 19)


Idée directrice : La fabrication du pain devient un spectacle visuel, sonore et
presque merveilleux, qui hypnotise les enfants affamés.

Idée 1 : Le boulanger, personnage agréable mais inaccessible

●​ Le boulanger est présenté dans l'action, en pleine vitalité, qui s'oppose à l'immobilité des
enfants → « tourne », « enfourne » (verbes d'action)
●​ Il est dépeint comme sympathique → « au gras sourire » (l'adjectif « gras » évoque
l'abondance)
●​ Son chant accompagne harmonieusement la fabrication du pain → « Chante un vieil air
» (référence musicale), renforcée par un alexandrin caché sur deux vers (12 syllabes)
●​ Mais malgré cette image agréable, le boulanger reste opposé aux enfants : lui possède
ce dont ils rêvent, le pain

Idée 2 : Un spectacle qui convoque tous les sens et donne accès à un


paradis inaccessible

●​ Le four est associé à une lumière presque merveilleuse → « Dans un trou clair »
(oxymore) qui suggère que le four donne accès à une forme de paradis — paradis
inaccessible aux enfants, qui ne peuvent qu'observer
●​ La vue est sollicitée → « Regardent », « Ils voient » (verbes de perception)
●​ L'ouïe également → « Ils écoutent le bon pain cuire » (verbe de perception) ; le bruit
du pain est mimé par les sonorités → « écoutent / cuire » (allitération en [k])
●​ Le pain qui sort du four est valorisé comme un bijou → « Façonné, pétillant et jaune »
(énumération qui l'apparente à un objet précieux)

Idée 3 : Des enfants immobiles, ensorcelés et transis par le froid

●​ Les enfants sont figés devant le spectacle → « pas un ne bouge » (négation) qui
montre à la fois l'hypnose et le froid
●​ Ils cherchent la chaleur du four pour se protéger du climat glacial → « souffle », «
soupirail rouge », « chaud » (champ lexical de la chaleur)
●​ Le four prend une dimension maternelle et réconfortante → « Chaud comme un sein
» (comparaison) qui suggère le besoin d'être nourri et protégé

MOUVEMENT 3 : La dénonciation de la misère (vers 20 à


36)
Idée directrice : Rimbaud révèle progressivement que la joie des enfants est
illusoire : ils restent exclus du pain, enfermés dehors, abandonnés par la société et
même par la religion.

Idée 1 : Une joie illusoire qui révèle la misère

●​ Le four prend une dimension symbolique, semble donner la vie → « Quand ce trou
chaud souffle la vie » (proposition circonstancielle de temps + métaphore) — mais
les enfants ne peuvent pas atteindre cette vie, ils sont symboliquement privés de chaleur
et de vie
●​ Les enfants ressentent un bonheur intense à la vue du pain → « Ils ont leur âme si ravie
» (hyperbole)
●​ Mais le poème crée un retour brutal à la réalité sociale → « Sous leurs haillons »
(CC de lieu qui rappelle leur pauvreté)
●​ Leur bonheur est exprimé comme une vie par procuration → « Ils se ressentent si bien
vivre » (allitération en [s] qui traduit ce bonheur fragile)
●​ Joie illusoire dénoncée par le poète → « Les pauvres petits pleins de givre » (adjectif
modalisateur « pauvres »)
●​ Les enfants sont de nouveau animalisés et enfermés → « petits museaux roses »
(vocabulaire animalier) + « grillage », « entre les trous » (champ lexical de
l'enfermement) → la grille est à la fois matérielle et symbolique : elle rend le pain
inaccessible

Idée 2 : Une prière sans réponse — la religion sourde à la détresse

●​ Les enfants, désirant goûter ce pain, semblent s'en remettre à Dieu → « mais bien bas,
– comme une prière… » (comparaison) ; leur posture renforce cette impression de
supplication → « Repliés » (participe passé suggérant la prosternation)
●​ La lumière paraît divine → « Du ciel rouvert » (référence au ciel) qui pourrait laisser
croire que Dieu va leur venir en aide
●​ Mais Rimbaud montre que la religion reste sourde à leur détresse sociale : les prières
des enfants restent sans réponse
●​ Pire, pendant qu'ils prient, leurs vêtements usés se déchirent → « ils crèvent leur
culotte » (ironie grinçante qui montre que la prière n'apporte aucune aide)
●​ Rimbaud accentue leur jeunesse pour éveiller la compassion → « lange blanc »
(substantif normalement réservé aux nourrissons) + « tremblotte » (verbe d'action qui
exprime leur détresse
LL11
MOUVEMENT 1 : Entrer en bohème — la pauvreté
revendiquée comme condition poétique (vers 1 à 4)
Idée directrice : Rimbaud présente la bohème comme un choix de vie poétique : la
misère matérielle devient une source d'inspiration.

Idée 1 : Une errance autobiographique et lyrique

●​ Le poème s'ouvre sur une marche sans but précis, qui semble durer → « Je m'en allais
» (verbe de mouvement à l'imparfait qui suggère une errance prolongée)
●​ Le poème prend une dimension personnelle → « Je » (pronom personnel de la 1ʳᵉ
personne qui affirme la dimension autobiographique et lyrique du texte)

Idée 2 : Une pauvreté assumée et transfigurée

●​ Le corps du poète est associé à la pauvreté → « les poings dans mes poches crevées »
(image du dénuement matériel) — cette misère n'est pas présentée comme une
plainte : elle est assumée, presque exhibée
●​ Le vêtement pauvre est transformé en élément poétique → « Mon paletot aussi
devenait idéal » (contraste entre le vêtement banal et le terme valorisant + opposition
entre réalité matérielle et élévation poétique)
●​ Rimbaud renverse les valeurs : ce qui est pauvre devient noble, ce qui est misérable
devient poétique

Idée 3 : Un poète fidèle à la Muse et porté par le rêve

●​ La marche prend une dimension symbolique → « J'allais sous le ciel » (image de l'infini
et de l'inspiration)
●​ Le poète s'inscrit dans la tradition poétique → « Muse ! » (apostrophe qui rappelle
l'inspiration poétique)
●​ Il se présente comme le serviteur fidèle de la poésie → « j'étais ton féal » (vocabulaire
féodal : il est le vassal fidèle de la Muse)
●​ Tonalité joyeuse et presque enfantine, qui ouvre un espace d'imagination illimitée → «
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées ! » (exclamation familière + champ
lexical du rêve)

⚡ Mini-bilan : dans ces quatre premiers vers, Rimbaud affirme que la pauvreté et
l'errance ne sont pas des obstacles : elles deviennent les conditions mêmes de
l'inspiration poétique
MOUVEMENT 2 : Le poète-voyageur — errance,
imagination et cosmisation du monde (vers 5 à 8)
Idée directrice : L'errance du poète se transforme en voyage poétique et cosmique :
le monde entier devient matière à poésie.

Idée 1 : Une pauvreté concrète mais souriante

●​ L'extrême pauvreté est accentuée → « Mon unique culotte avait un large trou »
(adjectif « unique » + détail trivial qui insiste sur le dénuement)
●​ Pourtant, cette pauvreté n'entraîne aucune plainte : le vers est prosaïque, presque
souriant

Idée 2 : Le poète-Petit Poucet qui sème des rimes

●​ Rimbaud se compare à un personnage de conte → « Petit-Poucet rêveur » (référence


au conte qui donne une dimension enfantine et mythique à son errance)
●​ Mais Rimbaud détourne le conte : il ne sème pas des cailloux, il sème des rimes → «
j'égrenais dans ma course / Des rimes. » (verbe « égrener » qui transforme la marche
en acte poétique)
●​ Le mot « rimes » est isolé et mis en valeur → « Des rimes. » (rejet qui fait des rimes le
véritable fil conducteur du voyage)

Idée 3 : Une cosmisation et une musicalisation du monde

●​ L'auberge du poète n'est plus terrestre, mais céleste → « Mon auberge était à la
Grande-Ourse » (image cosmique qui remplace l'abri matériel par une constellation)
●​ Le poète n'appartient plus au monde social, mais au cosmos
●​ Les étoiles deviennent sensibles et sonores → « Mes étoiles au ciel avaient un doux
frou-frou » (personnification + onomatopée qui donne une voix au ciel)
●​ Le poète perçoit une harmonie invisible aux autres : le monde devient musique

⚡ Mini-bilan : Rimbaud transforme son errance en expérience cosmique : il n'a


pas d'auberge réelle, mais il possède le ciel, les étoiles et les rimes.

MOUVEMENT 3 : De la sensation à la musique — le corps


comme instrument poétique (vers 9 à 14)
Idée directrice : La poésie naît du corps, de la sensation et de la pauvreté
transfigurée en musique.

Idée 1 : Une posture marginale et une expérience sensorielle de la nature


●​ Le poète reste à l'écart du monde → « assis au bord des routes » (posture marginale
qui devient un point d'observation privilégié)
●​ Atmosphère douce et mélancolique → « Ces bons soirs de septembre » (mois de
transition)
●​ Sensation physique précise → « je sentais des gouttes / De rosée à mon front »
(sensation tactile qui lie la nature au corps) — le front est symbolique : c'est le lieu de
la pensée et de l'inspiration
●​ La rosée remplace le vin → « comme un vin de vigueur » (comparaison qui associe
la nature à l'ivresse poétique) : la poésie naît d'un contact direct avec le monde

Idée 2 : Une création poétique qui naît spontanément

●​ Le réel bascule vers l'imaginaire → « ombres fantastiques » (champ lexical de


l'imaginaire qui brouille la frontière entre réel et vision)

Idée 3 : La pauvreté transformée en musique — fusion finale du corps et de


la poésie

●​ Le geste trivial devient poétique → « Comme des lyres, je tirais les élastiques »
(comparaison qui transforme les élastiques des souliers en instruments de musique)
●​ Les souliers usés deviennent presque vivants → « mes souliers blessés »
(personnification qui rappelle la souffrance physique) — mais cette douleur est
intégrée au processus créateur
●​ L'image finale rapproche le pied et le cœur → « un pied près de mon cœur ! » (image
finale symbolique qui associe la marche, le corps et la sensibilité)
●​ La poésie naît donc du corps éprouvé, au plus près du cœur

⚡ Mini-bilan : le poème s'achève sur une fusion totale entre la vie, le corps et la
poésie : la bohème devient chant.
LL12
MOUVEMENT 1 : Autoportrait du poète en adolescent voyageur (v. 1 à 10)

Idée 1 : Un récit autobiographique rétrospectif

●​ Récit rétrospectif, plongée dans le passé → « En ce temps-là » (CCT) + imparfait


●​ Marques de la première personne → « je », « mon », « ma », « seize ans » (PP +
déterminants possessifs)
●​ Formulation originale du v. 1 : le poète emploie cette période de la vie comme si c'était
un lieu, comme un pays que l'on traverse → « en mon adolescence »

Idée 2 : La fougue de l'adolescent en quête de découverte (v. 1-5)

●​ Volonté marquée de s'éloigner de son enfance dans les 3 premiers vers → négation au
v. 2 renforcée par « déjà » (paradoxe) ; longueur du v. 2 qui exprime ce désir
●​ Énergie de l'adolescent → « 16 000 lieues » (hyperbole) + jeu sur « lieu »/« lieue »
(antanaclase), volonté marquée par les noms à la rime ; « lieue » évoque l'univers du
conte (Chat botté)
●​ Atmosphère onirique au v. 4 → longue périphrase désignant Moscou qui évoque les
contes des 1001 nuits + symbolique du chiffre 7
●​ Reprise en chiasme au v. 5 par négation → curiosité sans borne, volonté de
découvrir le monde

Idée 3 : Une vitalité passionnée et moderne (v. 6-8)

●​ Cause introduite par « car » au v. 6 + hyperbole + adjectifs intensifs « si » → vitalité


de la période adolescente
●​ Champ lexical du feu : « ardente », « brûlait », « rouge », « soleil » → PASSION, qui
rejoint le pseudonyme de l'auteur (« braise », « cendres »)
●​ Enjambement entre v. 6-7 + longueur du v. 7 → énergie insatiable de l'adolescent
●​ Deux comparaisons au v. 7 : cœur comparé au temple antique d'Éphèse et à la Place
Rouge → MODERNITÉ : noble et prosaïque côte à côte, SIMULTANÉISME
(mouvement pictural traduit en littérature)

Idée 4 : Une auto-dépréciation finale (v. 9-10)

●​ Fougue mais aussi jugement négatif → « mauvais poète » : jugement sur la fougue de
l'adolescence qui empêche de « creuser »
●​ Le dernier vers de 11 syllabes, comme un alexandrin amputé, mime la fragilité,
l'inconstance du poète qui ne va pas « jusqu'au bout »

MOUVEMENT 2 : Un adolescent insatiable dans l'attente du départ (v. 11 à 22)


Idée 1 : Un tableau onirique et savoureux de Moscou (v. 11-13)

●​ Image surprenante, univers de pâtisserie → « Le Kremlin était comme un immense


gâteau tartare croustillé d'or » (comparaison) → poète vorace, insatiable
●​ Univers du conte (// Hansel et Gretel) → auto-dérision : le poète se moque de son
imaginaire enfantin

Idée 2 : L'amour de l'histoire et la soif de découverte (v. 14-16)

●​ Amour pour le passé à travers le « vieux moine » qui rappelle « les voies anciennes »
●​ La « Légende de Novgorod » est un poème russe épique mais aussi le nom du
premier recueil de Cendrars → volonté de découvrir ce pays + le poète forge sa
propre légende
●​ « J'avais soif » : au premier degré dénuement, mais aussi soif de découvertes, appétit
de l'adolescent
●​ Au v. 16 : référence possible aux collections mésopotamiennes du musée
Pouchkine → « caractères cunéiformes »

Idée 3 : Le désir de liberté et l'envol poétique (v. 17-18)

●​ Mélange du prosaïque (« pigeons ») et du sacré (« Saint-Esprit ») → le poète se


compare aux oiseaux : désir de liberté, volonté de s'envoler par le voyage qui approche
●​ Mais aussi envol par la poésie : la comparaison à l'albatros renvoie au célèbre
poème de Baudelaire dans lequel le poète s'identifie à cet oiseau marin, inadapté pour
vivre sur terre
●​ Au v. 18, « mes mains » représentent donc la création poétique, la liberté d'écriture, la
quête de liberté par le voyage et l'écriture

Idée 4 : Un effet de rétrécissement avant le grand départ (v. 19-22)

●​ Les quatre derniers vers produisent un effet de rétrécissement → sentiment d'urgence


avant le grand départ
●​ Répétition du déterminant indéfini « dernier » → importance de ce voyage initiatique
LL13
MOUVEMENT 1 : Une plainte désespérée (l. 1 à 10)
Idée 1 : Une lettre d'amour qui exprime la force du lien

●​ Adresse répétée à Aza, marquée par l'affection → « Aza ! mon cher Aza ! »
(déterminant démonstratif + adjectif affectif) + « chère âme de ma vie » (l. 8) + « ta
tendre Zilia » (adjectifs affectifs en regard)

Idée 2 : Une plainte amoureuse à tonalité élégiaque

●​ Riche champ lexical de la douleur qui parcourt tout l'extrait → « les cris », « ma
douleur, mes craintes, mon désespoir », « maux », « malheur », « les cris de mon
désespoir », « douleur », « nature gémissante » (champ lexical + gradation)
●​ Métaphore du cri intéressante : montre que Zilia est réduite au silence, et que la lettre
est son seul moyen d'exprimer sa douleur
●​ Lourde charge émotionnelle → phrases exclamatives + interjection « hélas »

Idée 3 : Les multiples sources de cette souffrance

●​ Séparation d'avec son amour, distance exprimée poétiquement → « tels qu'une vapeur
du matin, s'exhalent et sont dissipés avant d'arriver jusqu'à toi » (image poétique)
●​ Appels sans réponse → anaphore « en vain je t'appelle… en vain j'attends » →
personnage victime du destin, tonalité tragique
●​ Inquiétude pour lui, envisagement du pire → anaphore de l'adverbe « peut-être » (l. 3-4)
+ hyperboles « les plus affreux », « surpassent » + négation exceptive (l. 7)
●​ Envisagement de la mort → « Cruelle alternative ! mortelle inquiétude ! » + « Ton
courage t'a-t-il été funeste ou inutile ? » (deux questions + style élevé + vocabulaire
tragique)

MOUVEMENT 2 : Un événement effroyable (l. 11 à 16)


Idée 1 : Une analepse qui révèle l'origine du malheur

●​ L'événement : invasion de la « ville du Soleil » par les conquistadors européens —


véritable massacre, pillage, et enlèvement de Zilia
●​ ANALEPSE (retour en arrière) qui permet au lecteur de comprendre l'origine du malheur
de la narratrice et d'éprouver de l'empathie pour elle

Idée 2 : Un moment tragique solennellement présenté

●​ Événement qualifié de « terrible » et « d'horreur » → « Depuis le moment terrible…


depuis le moment d'horreur » (anaphore + champ lexical du tragique)
●​ Zilia voudrait nier l'existence de ce moment → « (qui aurait dû être arraché de la chaîne
du temps, et replongé dans les idées éternelles) » (parenthèse + conditionnel passé à
valeur d'irréel du passé)

Idée 3 : Les conséquences de l'événement

●​ Captivité déjà évoquée au début de la lettre → « les chaînes de mon esclavage » (l. 3)
(périphrase), précisée ensuite par → « m'ont enlevée » puis « étroite captivité »
(hyperbole)
●​ Mais ce qui fait avant tout souffrir Zilia, c'est son ignorance, le fait de ne pas savoir, ne
pas comprendre → « retenue dans une étroite captivité, privée de toute communication,
ignorant la Langue de ces hommes féroces » (rythme ternaire) puis « je n'éprouve que
les effets du malheur, sans pouvoir en découvrir la cause » → se dessine dès cette
première lettre une personnalité intelligente, douée de réflexion et d'entendement
●​ Thème de l'obscurité → « abîme d'obscurité », « nuits les plus effrayantes » : noir réel
dans lequel elle est enfermée, mais surtout nuit de l'ignorance par opposition aux
lumières de la raison → passage fortement inspiré de l'esprit des Lumières

MOUVEMENT 3 : Des ravisseurs dépourvus d'humanité (l.


17 à 23)
Idée 1 : Un peuple violent et insensible

●​ Peuple extrêmement violent → « fureur », « hommes féroces » (champ lexical de la


violence)
●​ Insensibilité totale aux plaintes de Zilia → « Loin d'être touchés de mes plaintes, mes
ravisseurs ne le sont pas même de mes larmes ; sourds à mon langage, ils n'entendent
pas mieux les cris de mon désespoir » (parallélisme + accumulation)

Idée 2 : Une inversion des valeurs et un raisonnement inductif

●​ Le pathétique se teinte de polémique : peuple barbare, non civilisé → « nation barbare


» (l. 7), « sauvages impies » (l. 17), « les barbares d'Yalpor » (champ lexical de la
barbarie)
●​ INVERSION DES VALEURS : les conquistadors sont perçus comme des sauvages,
sans civilisation — soit de la manière dont eux-mêmes percevaient les peuples
étrangers
●​ Deux questions rhétoriques universalisantes → « Quel est le peuple assez féroce
pour n'être point ému aux signes de la douleur ? Quel désert aride a vu naître des
humains insensibles à la voix de la nature gémissante ? » (questions rhétoriques)
●​ Raisonnement inductif : en décrivant les conquistadors comme des « barbares
d'Yalpor, fiers de la puissance d'exterminer », Zilia en fait des symboles de cruauté et
d'immoralité → « la cruauté est le seul guide de leurs actions »
Idée 3 : Un incipit qui cherche à persuader le lecteur

●​ L'incipit fait appel aux sentiments du lecteur : narratrice esseulée, sans aucune
nouvelle de celui qu'elle aime → empathie pour le personnage de Zilia
LL14
MOUVEMENT 1 : Découverte émerveillée du carrosse (l. 1 à 14)

Idée 1 : Une description par périphrases qui révèle le regard étranger

●​ Plusieurs périphrases caractérisent le carrosse → « une petite chambre où l'on ne peut


se tenir debout sans incommodité » (l. 2), « ce petit endroit agréablement meublé » (l.
3), « cette machine ou cette cabane » (l. 6), « cette machine suspendue assez près de
la terre » (l. 9-10) (périphrases)
●​ L'abondance des périphrases témoigne du regard étranger de Zilia qui n'a jamais vu de
voiture de ce type. Elle ne sait comment la nommer et passe par de nombreux détours
pour qualifier cet objet inconnu
●​ Ce passage participe d'un plaisir de lecture : le lecteur voit le monde avec les yeux de
Zilia, cherchant ce qu'elle décrit

Idée 2 : Un parcours d'émotions, de l'aise à l'admiration

●​ Sentiment d'aise vis-à-vis du carrosse → « nous y fûmes assis fort à l'aise » (l. 2-3)
●​ Incompréhension et surprise quand le véhicule commence à bouger (l. 5)
●​ Peur très vive → « la frayeur me saisit » (l. 8) — découle de la surprise puisque Zilia ne
connaît pas ce moyen de locomotion et pense même se trouver dans une petite
chambre
●​ L'admiration succède à la peur → « un génie plus qu'humain » (l. 11) qui qualifie
l'intelligence de ceux qui ont inventé telle machine (comparatif intensif)

Idée 3 : Le rôle d'initiateur de Déterville

●​ Déterville joue le rôle d'initiateur : c'est lui qui fait monter Zilia à bord → « il m'aida à
monter un pas assez haut » (l. 1)
●​ Il la rassure en l'observant attentivement → « attentif à mes moindres inquiétudes » (l. 8)
●​ Il lui explique le fonctionnement du carrosse → « Déterville me fit aussi voir que
plusieurs Hamas d'une espèce qui nous est inconnue marchaient devant nous et nous
traînaient après eux » (l. 11-12)
●​ Il se montre patient et à l'écoute

Idée 4 : Un regard à la fois admiratif et lucide sur la France

●​ Zilia modalise fortement son propos pour faire un portrait élogieux de la France → «
prodiges » (l. 6), « merveilleuse machine » (l. 15) (termes intensifs proches de la
merveille)
●​ La France est admirée pour ses inventions techniques en termes hyperboliques → « un
génie plus qu'humain » (comparatif) + « inventer des choses si utiles et si singulières
» (adverbes intensifs)
●​ Mais le rêve n'est pas total : une ombre plane à l'arrière-plan → « il faut aussi qu'il y ait
dans cette nation quelques défauts qui modèrent sa puissance, puisqu'elle n'est pas la
maîtresse du monde entier » (l. 13-14) → la jeune femme n'est pas dupe, elle sait
que la nation cache des défauts → elle fait preuve de raisonnement

MOUVEMENT 2 : Voyage et paysages : les joies de la découverte (l. 15 à 25)

Idée 1 : Des techniques narratives qui embarquent le lecteur

●​ Des lignes 15 à 18, Zilia réalise un sommaire en résumant quatre jours de voyage → «
Il y a quatre jours qu'enfermés dans cette merveilleuse machine nous n'en sortons que
la nuit pour reprendre du repos dans la première habitation qui se rencontre » (l. 15-16)
→ ce procédé permet d'accélérer le rythme du récit et d'éviter les répétitions, car les
quatre jours se ressemblent fortement
●​ Le verbe « sortons » (l. 15) est un présent à valeur d'habitude → ce temps produit
chez le lecteur l'impression de faire partie du voyage de Zilia, embarqué dans le
quotidien et l'actualité de son périple

Idée 2 : Une joie hyperbolique et lyrique de la découverte

●​ Zilia exprime sa joie sous la forme de l'aveu → « malgré mes tendres inquiétudes j'ai
goûté pendant ce voyage des plaisirs qui m'étaient inconnus » (l. 16)
●​ Joie exprimée par des hyperboles → « tout ce que je vois me ravit et m'enchante » (l.
19)
●​ Sens de la vue particulièrement mis en avant, à rattacher au parcours → « vois », «
regards attentifs », « les yeux », « admirables », « vue » (champ lexical de la vue)
●​ Diversité et variété des paysages traduites par des pluriels et des hyperboles → «
campagnes immenses » (l. 20), « variété infinie d'objets admirables » + énumération
(l. 20)

Idée 3 : Une enfance enfermée qui explique l'émerveillement

●​ Aux lignes 18-19, Zilia fait référence à son passé → « Renfermée dans le Temple dès
ma plus tendre enfance, je ne connaissais pas les beautés de l'univers »
●​ Ce passage permet d'expliquer aux lecteurs pourquoi Zilia apprécie tant ce voyage : les
paysages paraissent d'autant plus immenses à quelqu'un qui a grandi enfermée

Idée 4 : Une posture moraliste finale

●​ À la fin du texte, Zilia adopte une posture plus réflexive en adoptant un style moraliste
→ utilisation du pronom indéfini « on » + présent de vérité générale (« flatte », l. 23) →
donne une forme d'universalité à son propos
●​ Elle relève une forme de paradoxe : l'homme, en découvrant l'immensité du monde, se
croit tout-puissant, proche du Créateur, alors que ce spectacle devrait lui rappeler sa
petitesse face à la grandeur du divin
LL15
MOUVEMENT 1 : Une prise de conscience amère (l. 1 à 3)
Idée 1 : L'amorce de la lettre exprime la désillusion

●​ Le premier mouvement introduit le ton sérieux et grave qui sera celui de Zilia pendant
toute la lettre. Aucune valorisation de la société française n'est laissée entrevoir
●​ Discours marqué par la négativité → « elles ne sont guère moins cruelles » (négation
grammaticale) + « inconnus », « inconséquent » (négations lexicales)

Idée 2 : Une comparaison entre peines du cœur et peines de l'esprit

●​ Zilia compare ses peines amoureuses avec les peines découlant de son observation de
la société française → « tout occupée des peines de mon cœur, je ne t'ai point parlé de
celles de mon esprit, cependant elles ne sont guère moins cruelles » (comparaison)
●​ Reformulation : Zilia souffre tant du chagrin associé à sa séparation amoureuse que de
l'amertume et de la rage suscitées par un système absurde et insensé

MOUVEMENT 2 : Une société misérable (l. 4 à 13)


Idée 1 : Une analyse pyramidale, hiérarchisée et inégalitaire

●​ Zilia décrit la société française de façon verticale, du haut vers le bas : élite qui détient
le pouvoir → noblesse → bourgeoisie → personnes confrontées à l'extrême pauvreté
●​ Cette présentation mime une SOCIÉTÉ PYRAMIDALE, HIÉRARCHISÉE et
INÉGALITAIRE

Idée 2 : Le portrait critique de chaque strate

●​ Les défaillances du gouvernement (l. 3-7) → Zilia oppose le système français au


système inca. Le Capa Inca a des responsabilités envers ses sujets, alors que le
souverain français exploite son peuple → « le Capa Inca est obligé de pourvoir à la
subsistance de ses peuples, en Europe les Souverains ne tirent la leur que des travaux
de leurs sujets » (opposition + attribut « défectueux ») ; conclusion par « aussi » : la
misère engendre les troubles sociaux
●​ Une noblesse miséreuse qui sauve les apparences (l. 8-9) → discours construit sur
une antithèse entre « magnificence apparente » et « misère réelle » → Graffigny
pointe un système qui s'essouffle, la noblesse de sang s'appauvrit
●​ Une bourgeoisie sans valeur morale (l. 10-11) → Zilia a peu de considération pour
cette classe qu'elle appelle « le commun des hommes » → la litote « la mauvaise foi est
le moindre des crimes » dénonce une course sans limite à l'enrichissement personnel
●​ L'indigence totale des plus pauvres (l. 12-13) → société inhumaine → « si bornée »
(hyperbole) + CC de conséquence ; les plus démunis sont exposés à la mort → « ces
malheureux ont-ils suffisamment pour s'y empêcher de mourir » (toute la violence du
système).

MOUVEMENT 3 : Un système économique absurde et


injuste (l. 14 à 21)
Idée 1 : L'omniprésence de l'argent dans la société française

●​ Champ lexical de l'économie qui parcourt le passage → « or », « acquérir », «


donnée », « posséder », « bien », « libéralité » → l'argent prend une importance
croissante

Idée 2 : Une double critique du système économique

●​ Critique de la propriété, opposée à l'ordre naturel des choses → « il est impossible


d'acquérir une portion de cette terre que la nature a donnée à tous les hommes » (l.
14-15) ; antithèse entre « une portion » et « tous » qui véhicule l'idée naturelle du
partage. Idée que l'inégalité est contre-nature, très importante à la fin du XVIIIe siècle.
Le parallélisme atteste que la propriété est une condition sine qua non d'évolution
dans la société : les pauvres sont bloqués et condamnés à rester pauvres
●​ Critique de la personne du souverain → toute libéralité doit passer par lui, et sa
bourse ne s'ouvre pas facilement. Zilia compare le « si petit nombre » de sujets qui
bénéficient des « libéralités » à la majorité du peuple écrasée par la pauvreté (jeu
d'oppositions et de comparaisons) → un système malade qui court à sa perte, où
le bonheur est réservé à quelques privilégiés. Conséquence : un peuple condamné à
vivre dans la misère et la honte, sans pouvoir y échapper par la mort (suicide interdit par
la religion)

Idée 3 : Une société folle et immorale

●​ Graffigny dénonce une société caractérisée par la folie et l'immoralité → «


inconséquence », « impatiente », « insensée », « folie », « ignominie » (lexique de
la déraison et de l'immoralité)

MOUVEMENT 4 : L'émoi de Zilia (l. 21 à 25)


Idée 1 : La pitié et l'indignation face au système
●​ Zilia ressent à la fois une forte empathie envers les plus démunis et de la colère envers
le système → « La connaissance de ces tristes vérités n'excita d'abord dans mon cœur
que de la pitié pour les misérables et de l'indignation contre les Lois »

Idée 2 : La honte d'appartenir à cette société méprisée

●​ Zilia ressent de la honte : alors qu'elle examinait la société avec un regard de


surplomb, elle se rend compte qu'elle en fait inextricablement partie → « la manière
méprisante dont j'entendis parler de ceux qui ne sont pas riches me fit faire de cruelles
réflexions sur moi-même ! »
●​ Brutale prise de conscience : Zilia réalise qu'elle appartient à ceux qui se trouvent
dans « l'impossibilité de vivre sans honte » → « je n'ai ni or, ni terres, ni adresse »
(triple négation de la propriété)

Idée 3 : Une tonalité pathétique

●​ Les tournures exclamatives apportent une tonalité pathétique → « Mais hélas ! » (l.
22), « Ô ciel ! » (l. 24)
●​ La fin de la lettre est marquée par une forte expressivité de Zilia, ce qui permet aux
lecteurs de partager sa souffrance
LL8
MOUVEMENT 1 : Difformité et laideur du bossu
Lignes 1 à 3

Idée directrice : le texte commence par un portrait physique de Quasimodo, marqué par la
laideur et la démesure, mais déjà nuancé par des comparaisons valorisantes.

Idée 1 : Un portrait statique

●​ Le narrateur arrête l’action pour procéder à une description du personnage.​


→ « Quasimodo s’était arrêté »​
→ verbe au plus-que-parfait, qui marque l’arrêt du personnage et permet le portrait.

Idée 2 : Une laideur liée à la démesure

●​ La laideur de Quasimodo tient d’abord à la disproportion de son corps.​


→ « ses larges pieds », « sa grosse tête »​
→ adjectifs épithètes intensifs qui soulignent la démesure.
●​ Sa difformité est aussi marquée par l’absence de cou.​
→ « pas de cou »​
→ négation, qui insiste sur l’anomalie physique.

Idée 3 : Un portrait négatif contrebalancé par des comparaisons


valorisantes

●​ Les comparaisons soulignent la force de Quasimodo et compensent les éléments


physiques repoussants en les associant à des éléments nobles.​
→ « aussi solides […] que les lourds piliers romans »​
→ comparaison, qui associe ses pieds à la solidité de l’église.
●​ Sa tête est comparée à celle d’un lion, ce qui valorise sa puissance.​
→ « comme celle des lions »​
→ comparaison.
●​ Sa chevelure est rapprochée de la crinière du lion.​
→ « qui eux aussi ont une crinière »​
→ image valorisante, car le lion symbolise la force, la puissance, la royauté et le bien.

Mini-bilan : il s’agit donc d’un portrait nuancé : Quasimodo est physiquement difforme, mais
cette laideur est compensée par une force presque noble.
MOUVEMENT 2 : Une étreinte entre deux êtres que tout
oppose
Lignes 3 à 10

Idée directrice : Hugo met en scène une opposition forte entre Quasimodo et Esméralda, mais
cette opposition révèle paradoxalement la tendresse et la grandeur morale du bossu.

Idée 1 : Des antithèses entre Quasimodo et Esméralda

●​ Quasimodo est présenté comme robuste, rude et massif, tandis qu’Esméralda apparaît
fragile et délicate.​
→ « mains calleuses », « poitrine anguleuse » / « draperie blanche »​
→ antithèse entre rudesse et fragilité.
●​ Esméralda est décrite comme un être précieux.​
→ « une chose délicate, exquise et précieuse »​
→ présentatif + rythme ternaire, qui souligne sa fragilité et sa valeur.
●​ L’opposition entre la délicatesse d’Esméralda et la grossièreté de Quasimodo est
renforcée.​
→ « faite pour d’autres mains que les siennes »​
→ comparatif d’opposition.

Idée 2 : Malgré l’opposition, l’amour est sensible dans la scène

●​ Quasimodo fait preuve de soin, d’attention et de précaution.​


→ « avec tant de précaution que… »​
→ tournure hyperbolique, qui insiste sur sa délicatesse.
●​ Sa timidité et sa dévotion apparaissent dans sa peur de blesser Esméralda.​
→ « craindre de la briser », « n’oser la toucher »​
→ négations, qui montrent sa retenue.

Idée 3 : Une étreinte soudaine qui révèle la force de l’amour

●​ La force de l’amour est suggérée par la soudaineté du geste.​


→ « tout à coup »​
→ adverbe, qui marque la rupture.
●​ Quasimodo protège Esméralda comme un bien précieux.​
→ « comme son bien, comme son trésor, comme eût fait la mère de cette enfant »​
→ trois comparaisons + anaphore de “comme”.
●​ Le thème de l’étreinte traduit un désir de possession, mais aussi de protection.​
→ « portait », « tenait », « serrait »​
→ accumulation de verbes, qui montre le rapprochement physique.
●​ La dernière comparaison transforme le désir physique en amour désintéressé.​
→ « comme eût fait la mère de cette enfant »​
→ comparaison maternelle, qui donne à l’amour de Quasimodo une dimension pure
et protectrice.

Idée 4 : Quasimodo est transfiguré par l’amour

●​ Son œil révèle des sentiments intenses.​


→ « l’inondait de tendresse, de douleur et de pitié »​
→ verbe métaphorique + rythme ternaire.
●​ Son œil devient soudainement vivant et puissant.​
→ « subitement plein d’éclairs »​
→ adverbe + métaphore, qui montre la colère contre ceux qui veulent exécuter
Esméralda.
●​ L’expression rappelle pourtant sa difformité.​
→ « son œil de gnome »​
→ métonymie, le gnome étant un petit personnage de conte, laid et difforme.

Mini-bilan : dans ce mouvement, Quasimodo reste un être marginal et difforme, mais l’amour
qu’il porte à Esméralda le transforme en figure tendre, protectrice et profondément humaine.

MOUVEMENT 3 : L’héroïsme de Quasimodo


Lignes 10 à 16

Idée directrice : Quasimodo, d’abord rejeté par la société, devient une figure héroïque et
sublime grâce à son geste de sauvetage.

Idée 1 : La réaction admirative du public

●​ Le public, venu au départ pour assister à l’exécution, est bouleversé par l’héroïsme de
Quasimodo.​
→ « les femmes riaient et pleuraient »​
→ conjonction “et” + imparfait à valeur durative, qui montre une émotion intense et
prolongée.
●​ La foule semble subjuguée, presque dans un délire mystique.​
→ « la foule trépignait d’enthousiasme »​
→ verbe d’action, qui traduit l’admiration collective.

Idée 2 : La beauté révélée de Quasimodo

●​ La beauté de Quasimodo apparaît d’abord à travers le regard de la foule.​


→ « car en ce moment-là Quasimodo avait vraiment sa beauté »​
→ conjonction “car”, qui introduit l’explication.
●​ Le narrateur valide cette beauté intérieure.​
→ « vraiment »​
→ modalisateur, qui marque l’intervention du narrateur.
●​ Cette beauté est unique, propre à Quasimodo.​
→ « sa beauté »​
→ déterminant possessif.
●​ La grandeur de Quasimodo est soulignée par une phrase longue et éloquente.​
→ longue phrase qui commence par « Il était beau, lui… »​
→ période, qui donne une ampleur héroïque au personnage.

Idée 3 : L’opposition entre beauté intérieure et rejet social

●​ Hugo rappelle que Quasimodo est rejeté par la société.​


→ « cet orphelin, cet enfant trouvé, ce rebut »​
→ procédé de dislocation + trois groupes nominaux péjoratifs.
●​ Le mot « rebut » insiste sur son exclusion.​
→ « ce rebut »​
→ substantif péjoratif, qui désigne ce que la société rejette.

Idée 4 : La marginalité donne force et grandeur au personnage

●​ Quasimodo apparaît comme un être puissant.​


→ « auguste et fort », « si puissamment »​
→ adjectifs mélioratifs + adverbe d’intensité.
●​ Sa force apparaît dans les verbes d’action.​
→ « regardait », « avait arraché »​
→ verbes d’action, qui montrent son héroïsme.
●​ Sa puissance est visible dans la syntaxe : il affronte toute la société.​
→ « il regardait en face » suivi de nombreux compléments : « cette société », « cette
justice humaine », « tous ces tigres », « ces sbires », « ces juges », « ces bourreaux », «
toute cette force du roi »​
→ accumulation / gradation ascendante, qui montre l’ampleur de ses ennemis.
●​ Hugo dénonce une justice inhumaine et violente.​
→ « sa proie », « ces tigres forcés de mâcher à vide », « bourreaux »​
→ métaphores animales, qui transforment la justice en force prédatrice.
●​ La petitesse sociale de Quasimodo contraste avec sa victoire.​
→ « lui infime » / « toute cette force du roi »​
→ opposition, qui rend son exploit encore plus sublime.
●​ Quasimodo est rejeté par les hommes, mais protégé par Dieu.​
→ « avec la force de Dieu »​
→ référence religieuse, qui donne une dimension sacrée à son geste.

Mini-bilan : Quasimodo devient ici une figure sublime : sa marginalité, loin de l’abaisser,
devient la source de sa grandeur héroïque.
MOUVEMENT 4 : La glorification des personnages
Dernier paragraphe

Idée directrice : Hugo transforme Quasimodo et Esméralda en symboles pathétiques et


glorieux de la résistance des faibles face à une société injuste.

Idée 1 : L’intervention du narrateur souligne le pathétique

●​ Le narrateur insiste sur l’émotion provoquée par la scène.​


→ « une chose touchante »​
→ adjectif évaluatif, qui marque l’intervention du narrateur.
●​ Deux êtres que tout oppose sont rapprochés.​
→ « un être si difforme » / « un être si malheureux »​
→ chiasme, qui rapproche la laideur de Quasimodo et le malheur d’Esméralda.
●​ Les personnages ne sont plus désignés par leur nom, mais par leurs souffrances.​
→ « une chose touchante », « un être si malheureux », « les deux misères »​
→ tonalité pathétique, qui fait de Quasimodo et Esméralda deux figures de souffrance.

Idée 2 : Une allégorie finale glorifiante

●​ Hugo fait de Quasimodo et d’Esméralda deux symboles de résistance juste face à une
société injuste.​
→ « les deux misères extrêmes de la nature et de la société qui se touchaient et qui
s’entr’aidaient »​
→ allégorie, qui transforme les personnages en symboles.
●​ La fin du passage affirme la grandeur morale des plus faibles.​
→ Quasimodo et Esméralda représentent deux formes de marginalité qui s’unissent
contre l’oppression.​
→ interprétation globale : les exclus deviennent moralement supérieurs à la société
qui les rejette.

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