Analyse
Analyse
● Le passage définit un cadre spatio-temporel précis par les noms de villes (« Amiens
», « Arras ») et un champ lexical du temps (« la veille », « le temps », « un jour plus tôt
»)
● La scène décrite est banale : un cadre urbain (« hôtellerie », « coche », « voitures »),
une promenade amicale, une scène de rue dont les deux amis sont témoins → « nous
vîmes… nous suivîmes » (passages au passé simple qui dynamisent le récit)
● Négation restrictive qui fournit une justification de la scène → « Nous n'avions pas
d'autre motif que la curiosité »
● La curiosité n'est pas neutre : dans la Genèse, elle est précisément le motif du péché
originel — premier signe que cette scène, en apparence banale, est lourde de
conséquences morales
● Avant cette rencontre, DG est marqué par l'indifférence aux femmes et la vertu → «
moi, qui n'avais jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un
peu d'attention » (négations) + « dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue »
(proposition subordonnée relative)
● Après, il est désormais passionné, comme le souligne le contraste avec ses anciens
défauts → « J'avais le défaut d'être excessivement timide et facile à déconcerter »
(adverbe d'intensité + antithèse avec ce qui suit)
● Le bouleversement est tel qu'il prend le pas sur la timidité → « mais loin d'être arrêté
alors par cette faiblesse, je m'avançai vers la maîtresse de mon cœur » (conjonction
adversative + gérondif d'opposition)
● La périphrase « la maîtresse de mon cœur » souligne que le narrateur est désormais
sous la domination d'une femme à laquelle il n'a même pas encore parlé
● D'un côté, la mention de son jeune âge et de sa naïveté → « encore moins âgée que
moi », « elle me répondit ingénument » (adverbe)
● De l'autre, une assurance marquée qui détonne → « sans paraître embarrassée », «
elle était bien plus expérimentée que moi » (comparatif)
● Cet écart attise la curiosité du lecteur pour cette jeune fille ambiguë, dont la complexité
est posée dès la première rencontre
● L'échange s'achève sous la forme d'un discours indirect libre → « C'était malgré elle
qu'on l'envoyait au couvent »
● La vie religieuse est présentée comme le dernier rempart contre le « penchant au
plaisir » de Manon — péché de chair évoqué à demi-mot
● Deux propositions subordonnées successives développent ce thème : la première, « qui
s'était déjà déclaré », laisse sous-entendre un passé sulfureux ; la seconde, « et qui a
causé, dans la suite, tous ses malheurs et les miens », clôt l'extrait de façon
proleptique et tragique → le destin des personnages est scellé dès cette première
rencontre, et la fatalité tragique s'installe
LL6
LL6 analyse :
MOUVEMENT 1 : La prise en otage (lignes 1 à 10)
Idée 1 : Une scène d'évasion qui s'ouvre sur une séquence dialoguée
vivante
● Le récit d'évasion s'ouvre sur un dialogue direct entre le Père Supérieur et Des Grieux,
ce qui produit un effet de réel et rend la scène vivante → « me dit-il », « lui répondis-je »,
« reprit-il », « répliquai-je » (verbes de parole + discours direct)
● Calme de DG, volonté affichée de ne pas tuer le père → « À Dieu ne plaise » (formule
expressive de dénégation)
● Mais il est prêt à tout pour rejoindre Manon et retrouver sa liberté → « je veux être libre,
et j'y suis si résolu » (présent de l'indicatif + adverbe d'intensité « si »)
● Chantage à peine dissimulé qui s'exprime par une structure logique implacable → « si
mon projet manque par votre faute, c'est fait de vous absolument » et « Je n'ai pas
dessein de vous tuer, si vous voulez vivre » (proposition principale + subordonnée de
condition en « si » aux lignes 4 et 6)
● Autorité et ordre qui inversent le rapport de force → « Ouvrez-moi la porte », « Point de
bruit » (impératifs)
● À partir de la ligne 7, le récit progresse grâce à l'obtention des clefs et aux actions qui
s'enchaînent → « J'aperçus », « je les pris », « je le priai », « Il fut obligé » (verbes
d'action au passé simple → actions de premier plan qui font avancer le récit)
MOUVEMENT 2 : Le crime (lignes 11 à 24)
Idée 1 : La fin du trajet et le soulagement subjectif de Des Grieux (l. 11-13)
● Le rythme du récit s'accélère : multiplication des verbes d'action qui donne une
impression d'emballement → « s'empressait d'ouvrir », « entendant », « se lève », « met
la tête à sa porte », « ordonna », « s'élança », « lâchai le coup » (accumulation de
verbes + passé simple + présent de narration aux l. 15-16-17 → récit vivant)
● Le meurtre du domestique est présenté comme la suite logique de circonstances
malheureuses (bruit d'une porte qui éveille le domestique, Père supérieur qui l'appelle à
son secours, DG surpris qui tire) → pas de préméditation
● La phrase énonçant le coup de feu refuse tout lien logique entre la décision et l'acte → «
Je ne le marchandai point ; je lui lâchai le coup au milieu de la poitrine » (deux
propositions juxtaposées en parataxe)
Idée 4 : La mauvaise foi du personnage : DG n'assume pas ses actes : aucun remords pour la
mort de cet innocenT Pire, il manifeste même de la fierté → « dis-je assez fièrement à mon guide » (l. 18) (adverbe
« fièrement » qui révèle l'absence totale de culpabilité)
LL7
MOUVEMENT 1 : Les effets pathétiques de Des Grieux (lignes 1 à 5)
● DG compare le couple qu'il forme avec Manon à celui que son père formait avec sa
mère, suggérant que les sentiments du père étaient tout aussi intenses que les siens →
« Vous l'aimiez si tendrement ! » (adverbe intensif « si »)
● Sentiments évoqués avec une forme de nostalgie → « Hélas ! souvenez-vous de ma
mère » (interjection + thématique du souvenir)
● Il cherche à Inscrire sa relation avec Manon, considérée comme une déchéance,
dans une norme sociale acceptable
● Q1 : Interpelle clairement son père et met en place une analogie entre son
comportement et celui qu'aurait eu son père en pareil cas → « Auriez-vous souffert
qu'on l'eût arrachée de vos bras ? » (conditionnel passé + imparfait du subjonctif =
irréel du passé + vocabulaire fort : « souffert », « arraché »)
● La réponse à cette question rhétorique est explicitée à l'aide d'un langage hyperbolique
→ « vous l'auriez défendue jusqu'à la mort » (hyperbole)
● Q2 et Q3 : Resituent la réflexion dans un contexte plus général ; il ne s'agit plus
simplement de son père ou de lui-même mais de tout individu qui aurait pu connaître
l'amour → « Les autres n'ont-ils pas un cœur comme vous ? Peut-on être barbare après
avoir une fois éprouvé ce que c'est que la tendresse et la douleur ? » (pronoms
indéfinis qui généralisent + champ lexical de l'attachement suggérant l'universalité du
sentiment amoureux)
● Avec l'emploi du mot « barbare », il insinue que condamner son comportement et
ses tentatives pour sauver Manon serait faire preuve d'inhumanité.
● Le discours de DG n'a pas eu l'effet escompté : lui qui voulait apitoyer son père, ne
parvient qu'à exacerber son agacement → tout un champ lexical de l'agacement : «
voix irritée », « échauffe mon indignation », « importune »
● En lieu et place de la pitié, DG a déclenché un sentiment d'indignation : le père perçoit
comme un outrage à la mémoire de son épouse la comparaison que DG a osé faire
entre elle et une fille de mauvaise vie comme Manon
● Il va jusqu'à renverser l'argumentation mise en place par DG : le souvenir de sa mère
n'est pas censé l'inciter à la pitié mais plutôt à la colère ; en pensant à sa mère, DG
devrait au contraire avoir honte de son comportement → « Tes désordres la feraient
mourir de douleur, si elle eût assez vécu pour les voir » (vocabulaire péjoratif «
désordres » + hyperbole « mourir de douleur »)
● Les deux dernières répliques ont une dimension solennelle grâce au parallélisme de
construction → « Adieu, fils ingrat et rebelle ! » / « Adieu, père barbare et dénaturé ! »
● Schéma identique : « Adieu » + nom (apostrophe) + deux adjectifs péjoratifs coordonnés
On voit bien que les deux personnages ont des systèmes de valeurs diamétralement
opposés et inconciliables.
● Le père pointe chez son fils un manquement à l'ordre social : son ingratitude et sa
rébellion l'amènent à transgresser les règles et à refuser d'obéir aux injonctions
paternelles → « ingrat et rebelle ». Des Grieux est, pour son père, coupable d'être en
marge de la société
● Des Grieux, quant à lui, met en avant une attitude contre-nature et renvoie ainsi son
père aux marges de l'humanité → « barbare et dénaturé »
LL10
MOUVEMENT 1 : Les enfants de la rue
Vers 1 à 6
Idée directrice : Rimbaud présente d’abord les enfants comme des êtres misérables, presque
animalisés, fascinés par le pain qu’ils ne pourront pas manger.
● Les enfants sont associés à l’obscurité, tandis que le lieu est marqué par la lumière.
→ « Noirs dans la neige » / « brume… s’allume »
→ antithèses, qui créent une opposition entre lumière et obscurité.
● La noirceur des enfants révèle leur misère, alors que le soupirail apparaît comme une
source lumineuse.
→ « Au grand soupirail qui s’allume »
→ champ lexical de la lumière.
● Les enfants sont d’abord présentés de manière presque animale, avant même que leur
identité soit révélée.
→ « Leurs culs en rond »
→ vocabulaire familier, qui donne l’impression d’observer des animaux.
● Leur identité n’est révélée qu’au vers 4.
→ « À genoux, cinq petits, – misère ! – »
→ révélation retardée, qui crée un effet d’attente.
● La posture « à genoux » peut avoir plusieurs sens : adoration devant le boulanger, poids
de la misère, ou attitude de prière.
→ « À genoux »
→ posture symbolique.
● Rimbaud intervient directement pour exprimer son émotion et sa révolte.
→ « – misère ! – »
→ exclamation mise en relief par les tirets.
● Le boulanger est présenté dans l'action, en pleine vitalité, qui s'oppose à l'immobilité des
enfants → « tourne », « enfourne » (verbes d'action)
● Il est dépeint comme sympathique → « au gras sourire » (l'adjectif « gras » évoque
l'abondance)
● Son chant accompagne harmonieusement la fabrication du pain → « Chante un vieil air
» (référence musicale), renforcée par un alexandrin caché sur deux vers (12 syllabes)
● Mais malgré cette image agréable, le boulanger reste opposé aux enfants : lui possède
ce dont ils rêvent, le pain
● Le four est associé à une lumière presque merveilleuse → « Dans un trou clair »
(oxymore) qui suggère que le four donne accès à une forme de paradis — paradis
inaccessible aux enfants, qui ne peuvent qu'observer
● La vue est sollicitée → « Regardent », « Ils voient » (verbes de perception)
● L'ouïe également → « Ils écoutent le bon pain cuire » (verbe de perception) ; le bruit
du pain est mimé par les sonorités → « écoutent / cuire » (allitération en [k])
● Le pain qui sort du four est valorisé comme un bijou → « Façonné, pétillant et jaune »
(énumération qui l'apparente à un objet précieux)
● Les enfants sont figés devant le spectacle → « pas un ne bouge » (négation) qui
montre à la fois l'hypnose et le froid
● Ils cherchent la chaleur du four pour se protéger du climat glacial → « souffle », «
soupirail rouge », « chaud » (champ lexical de la chaleur)
● Le four prend une dimension maternelle et réconfortante → « Chaud comme un sein
» (comparaison) qui suggère le besoin d'être nourri et protégé
● Le four prend une dimension symbolique, semble donner la vie → « Quand ce trou
chaud souffle la vie » (proposition circonstancielle de temps + métaphore) — mais
les enfants ne peuvent pas atteindre cette vie, ils sont symboliquement privés de chaleur
et de vie
● Les enfants ressentent un bonheur intense à la vue du pain → « Ils ont leur âme si ravie
» (hyperbole)
● Mais le poème crée un retour brutal à la réalité sociale → « Sous leurs haillons »
(CC de lieu qui rappelle leur pauvreté)
● Leur bonheur est exprimé comme une vie par procuration → « Ils se ressentent si bien
vivre » (allitération en [s] qui traduit ce bonheur fragile)
● Joie illusoire dénoncée par le poète → « Les pauvres petits pleins de givre » (adjectif
modalisateur « pauvres »)
● Les enfants sont de nouveau animalisés et enfermés → « petits museaux roses »
(vocabulaire animalier) + « grillage », « entre les trous » (champ lexical de
l'enfermement) → la grille est à la fois matérielle et symbolique : elle rend le pain
inaccessible
● Les enfants, désirant goûter ce pain, semblent s'en remettre à Dieu → « mais bien bas,
– comme une prière… » (comparaison) ; leur posture renforce cette impression de
supplication → « Repliés » (participe passé suggérant la prosternation)
● La lumière paraît divine → « Du ciel rouvert » (référence au ciel) qui pourrait laisser
croire que Dieu va leur venir en aide
● Mais Rimbaud montre que la religion reste sourde à leur détresse sociale : les prières
des enfants restent sans réponse
● Pire, pendant qu'ils prient, leurs vêtements usés se déchirent → « ils crèvent leur
culotte » (ironie grinçante qui montre que la prière n'apporte aucune aide)
● Rimbaud accentue leur jeunesse pour éveiller la compassion → « lange blanc »
(substantif normalement réservé aux nourrissons) + « tremblotte » (verbe d'action qui
exprime leur détresse
LL11
MOUVEMENT 1 : Entrer en bohème — la pauvreté
revendiquée comme condition poétique (vers 1 à 4)
Idée directrice : Rimbaud présente la bohème comme un choix de vie poétique : la
misère matérielle devient une source d'inspiration.
● Le poème s'ouvre sur une marche sans but précis, qui semble durer → « Je m'en allais
» (verbe de mouvement à l'imparfait qui suggère une errance prolongée)
● Le poème prend une dimension personnelle → « Je » (pronom personnel de la 1ʳᵉ
personne qui affirme la dimension autobiographique et lyrique du texte)
● Le corps du poète est associé à la pauvreté → « les poings dans mes poches crevées »
(image du dénuement matériel) — cette misère n'est pas présentée comme une
plainte : elle est assumée, presque exhibée
● Le vêtement pauvre est transformé en élément poétique → « Mon paletot aussi
devenait idéal » (contraste entre le vêtement banal et le terme valorisant + opposition
entre réalité matérielle et élévation poétique)
● Rimbaud renverse les valeurs : ce qui est pauvre devient noble, ce qui est misérable
devient poétique
● La marche prend une dimension symbolique → « J'allais sous le ciel » (image de l'infini
et de l'inspiration)
● Le poète s'inscrit dans la tradition poétique → « Muse ! » (apostrophe qui rappelle
l'inspiration poétique)
● Il se présente comme le serviteur fidèle de la poésie → « j'étais ton féal » (vocabulaire
féodal : il est le vassal fidèle de la Muse)
● Tonalité joyeuse et presque enfantine, qui ouvre un espace d'imagination illimitée → «
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées ! » (exclamation familière + champ
lexical du rêve)
⚡ Mini-bilan : dans ces quatre premiers vers, Rimbaud affirme que la pauvreté et
l'errance ne sont pas des obstacles : elles deviennent les conditions mêmes de
l'inspiration poétique
MOUVEMENT 2 : Le poète-voyageur — errance,
imagination et cosmisation du monde (vers 5 à 8)
Idée directrice : L'errance du poète se transforme en voyage poétique et cosmique :
le monde entier devient matière à poésie.
● L'extrême pauvreté est accentuée → « Mon unique culotte avait un large trou »
(adjectif « unique » + détail trivial qui insiste sur le dénuement)
● Pourtant, cette pauvreté n'entraîne aucune plainte : le vers est prosaïque, presque
souriant
● L'auberge du poète n'est plus terrestre, mais céleste → « Mon auberge était à la
Grande-Ourse » (image cosmique qui remplace l'abri matériel par une constellation)
● Le poète n'appartient plus au monde social, mais au cosmos
● Les étoiles deviennent sensibles et sonores → « Mes étoiles au ciel avaient un doux
frou-frou » (personnification + onomatopée qui donne une voix au ciel)
● Le poète perçoit une harmonie invisible aux autres : le monde devient musique
● Le geste trivial devient poétique → « Comme des lyres, je tirais les élastiques »
(comparaison qui transforme les élastiques des souliers en instruments de musique)
● Les souliers usés deviennent presque vivants → « mes souliers blessés »
(personnification qui rappelle la souffrance physique) — mais cette douleur est
intégrée au processus créateur
● L'image finale rapproche le pied et le cœur → « un pied près de mon cœur ! » (image
finale symbolique qui associe la marche, le corps et la sensibilité)
● La poésie naît donc du corps éprouvé, au plus près du cœur
⚡ Mini-bilan : le poème s'achève sur une fusion totale entre la vie, le corps et la
poésie : la bohème devient chant.
LL12
MOUVEMENT 1 : Autoportrait du poète en adolescent voyageur (v. 1 à 10)
● Volonté marquée de s'éloigner de son enfance dans les 3 premiers vers → négation au
v. 2 renforcée par « déjà » (paradoxe) ; longueur du v. 2 qui exprime ce désir
● Énergie de l'adolescent → « 16 000 lieues » (hyperbole) + jeu sur « lieu »/« lieue »
(antanaclase), volonté marquée par les noms à la rime ; « lieue » évoque l'univers du
conte (Chat botté)
● Atmosphère onirique au v. 4 → longue périphrase désignant Moscou qui évoque les
contes des 1001 nuits + symbolique du chiffre 7
● Reprise en chiasme au v. 5 par négation → curiosité sans borne, volonté de
découvrir le monde
● Fougue mais aussi jugement négatif → « mauvais poète » : jugement sur la fougue de
l'adolescence qui empêche de « creuser »
● Le dernier vers de 11 syllabes, comme un alexandrin amputé, mime la fragilité,
l'inconstance du poète qui ne va pas « jusqu'au bout »
● Amour pour le passé à travers le « vieux moine » qui rappelle « les voies anciennes »
● La « Légende de Novgorod » est un poème russe épique mais aussi le nom du
premier recueil de Cendrars → volonté de découvrir ce pays + le poète forge sa
propre légende
● « J'avais soif » : au premier degré dénuement, mais aussi soif de découvertes, appétit
de l'adolescent
● Au v. 16 : référence possible aux collections mésopotamiennes du musée
Pouchkine → « caractères cunéiformes »
● Adresse répétée à Aza, marquée par l'affection → « Aza ! mon cher Aza ! »
(déterminant démonstratif + adjectif affectif) + « chère âme de ma vie » (l. 8) + « ta
tendre Zilia » (adjectifs affectifs en regard)
● Riche champ lexical de la douleur qui parcourt tout l'extrait → « les cris », « ma
douleur, mes craintes, mon désespoir », « maux », « malheur », « les cris de mon
désespoir », « douleur », « nature gémissante » (champ lexical + gradation)
● Métaphore du cri intéressante : montre que Zilia est réduite au silence, et que la lettre
est son seul moyen d'exprimer sa douleur
● Lourde charge émotionnelle → phrases exclamatives + interjection « hélas »
● Séparation d'avec son amour, distance exprimée poétiquement → « tels qu'une vapeur
du matin, s'exhalent et sont dissipés avant d'arriver jusqu'à toi » (image poétique)
● Appels sans réponse → anaphore « en vain je t'appelle… en vain j'attends » →
personnage victime du destin, tonalité tragique
● Inquiétude pour lui, envisagement du pire → anaphore de l'adverbe « peut-être » (l. 3-4)
+ hyperboles « les plus affreux », « surpassent » + négation exceptive (l. 7)
● Envisagement de la mort → « Cruelle alternative ! mortelle inquiétude ! » + « Ton
courage t'a-t-il été funeste ou inutile ? » (deux questions + style élevé + vocabulaire
tragique)
● Captivité déjà évoquée au début de la lettre → « les chaînes de mon esclavage » (l. 3)
(périphrase), précisée ensuite par → « m'ont enlevée » puis « étroite captivité »
(hyperbole)
● Mais ce qui fait avant tout souffrir Zilia, c'est son ignorance, le fait de ne pas savoir, ne
pas comprendre → « retenue dans une étroite captivité, privée de toute communication,
ignorant la Langue de ces hommes féroces » (rythme ternaire) puis « je n'éprouve que
les effets du malheur, sans pouvoir en découvrir la cause » → se dessine dès cette
première lettre une personnalité intelligente, douée de réflexion et d'entendement
● Thème de l'obscurité → « abîme d'obscurité », « nuits les plus effrayantes » : noir réel
dans lequel elle est enfermée, mais surtout nuit de l'ignorance par opposition aux
lumières de la raison → passage fortement inspiré de l'esprit des Lumières
● L'incipit fait appel aux sentiments du lecteur : narratrice esseulée, sans aucune
nouvelle de celui qu'elle aime → empathie pour le personnage de Zilia
LL14
MOUVEMENT 1 : Découverte émerveillée du carrosse (l. 1 à 14)
● Sentiment d'aise vis-à-vis du carrosse → « nous y fûmes assis fort à l'aise » (l. 2-3)
● Incompréhension et surprise quand le véhicule commence à bouger (l. 5)
● Peur très vive → « la frayeur me saisit » (l. 8) — découle de la surprise puisque Zilia ne
connaît pas ce moyen de locomotion et pense même se trouver dans une petite
chambre
● L'admiration succède à la peur → « un génie plus qu'humain » (l. 11) qui qualifie
l'intelligence de ceux qui ont inventé telle machine (comparatif intensif)
● Déterville joue le rôle d'initiateur : c'est lui qui fait monter Zilia à bord → « il m'aida à
monter un pas assez haut » (l. 1)
● Il la rassure en l'observant attentivement → « attentif à mes moindres inquiétudes » (l. 8)
● Il lui explique le fonctionnement du carrosse → « Déterville me fit aussi voir que
plusieurs Hamas d'une espèce qui nous est inconnue marchaient devant nous et nous
traînaient après eux » (l. 11-12)
● Il se montre patient et à l'écoute
● Zilia modalise fortement son propos pour faire un portrait élogieux de la France → «
prodiges » (l. 6), « merveilleuse machine » (l. 15) (termes intensifs proches de la
merveille)
● La France est admirée pour ses inventions techniques en termes hyperboliques → « un
génie plus qu'humain » (comparatif) + « inventer des choses si utiles et si singulières
» (adverbes intensifs)
● Mais le rêve n'est pas total : une ombre plane à l'arrière-plan → « il faut aussi qu'il y ait
dans cette nation quelques défauts qui modèrent sa puissance, puisqu'elle n'est pas la
maîtresse du monde entier » (l. 13-14) → la jeune femme n'est pas dupe, elle sait
que la nation cache des défauts → elle fait preuve de raisonnement
● Des lignes 15 à 18, Zilia réalise un sommaire en résumant quatre jours de voyage → «
Il y a quatre jours qu'enfermés dans cette merveilleuse machine nous n'en sortons que
la nuit pour reprendre du repos dans la première habitation qui se rencontre » (l. 15-16)
→ ce procédé permet d'accélérer le rythme du récit et d'éviter les répétitions, car les
quatre jours se ressemblent fortement
● Le verbe « sortons » (l. 15) est un présent à valeur d'habitude → ce temps produit
chez le lecteur l'impression de faire partie du voyage de Zilia, embarqué dans le
quotidien et l'actualité de son périple
● Zilia exprime sa joie sous la forme de l'aveu → « malgré mes tendres inquiétudes j'ai
goûté pendant ce voyage des plaisirs qui m'étaient inconnus » (l. 16)
● Joie exprimée par des hyperboles → « tout ce que je vois me ravit et m'enchante » (l.
19)
● Sens de la vue particulièrement mis en avant, à rattacher au parcours → « vois », «
regards attentifs », « les yeux », « admirables », « vue » (champ lexical de la vue)
● Diversité et variété des paysages traduites par des pluriels et des hyperboles → «
campagnes immenses » (l. 20), « variété infinie d'objets admirables » + énumération
(l. 20)
● Aux lignes 18-19, Zilia fait référence à son passé → « Renfermée dans le Temple dès
ma plus tendre enfance, je ne connaissais pas les beautés de l'univers »
● Ce passage permet d'expliquer aux lecteurs pourquoi Zilia apprécie tant ce voyage : les
paysages paraissent d'autant plus immenses à quelqu'un qui a grandi enfermée
● À la fin du texte, Zilia adopte une posture plus réflexive en adoptant un style moraliste
→ utilisation du pronom indéfini « on » + présent de vérité générale (« flatte », l. 23) →
donne une forme d'universalité à son propos
● Elle relève une forme de paradoxe : l'homme, en découvrant l'immensité du monde, se
croit tout-puissant, proche du Créateur, alors que ce spectacle devrait lui rappeler sa
petitesse face à la grandeur du divin
LL15
MOUVEMENT 1 : Une prise de conscience amère (l. 1 à 3)
Idée 1 : L'amorce de la lettre exprime la désillusion
● Le premier mouvement introduit le ton sérieux et grave qui sera celui de Zilia pendant
toute la lettre. Aucune valorisation de la société française n'est laissée entrevoir
● Discours marqué par la négativité → « elles ne sont guère moins cruelles » (négation
grammaticale) + « inconnus », « inconséquent » (négations lexicales)
● Zilia compare ses peines amoureuses avec les peines découlant de son observation de
la société française → « tout occupée des peines de mon cœur, je ne t'ai point parlé de
celles de mon esprit, cependant elles ne sont guère moins cruelles » (comparaison)
● Reformulation : Zilia souffre tant du chagrin associé à sa séparation amoureuse que de
l'amertume et de la rage suscitées par un système absurde et insensé
● Zilia décrit la société française de façon verticale, du haut vers le bas : élite qui détient
le pouvoir → noblesse → bourgeoisie → personnes confrontées à l'extrême pauvreté
● Cette présentation mime une SOCIÉTÉ PYRAMIDALE, HIÉRARCHISÉE et
INÉGALITAIRE
● Les tournures exclamatives apportent une tonalité pathétique → « Mais hélas ! » (l.
22), « Ô ciel ! » (l. 24)
● La fin de la lettre est marquée par une forte expressivité de Zilia, ce qui permet aux
lecteurs de partager sa souffrance
LL8
MOUVEMENT 1 : Difformité et laideur du bossu
Lignes 1 à 3
Idée directrice : le texte commence par un portrait physique de Quasimodo, marqué par la
laideur et la démesure, mais déjà nuancé par des comparaisons valorisantes.
Mini-bilan : il s’agit donc d’un portrait nuancé : Quasimodo est physiquement difforme, mais
cette laideur est compensée par une force presque noble.
MOUVEMENT 2 : Une étreinte entre deux êtres que tout
oppose
Lignes 3 à 10
Idée directrice : Hugo met en scène une opposition forte entre Quasimodo et Esméralda, mais
cette opposition révèle paradoxalement la tendresse et la grandeur morale du bossu.
● Quasimodo est présenté comme robuste, rude et massif, tandis qu’Esméralda apparaît
fragile et délicate.
→ « mains calleuses », « poitrine anguleuse » / « draperie blanche »
→ antithèse entre rudesse et fragilité.
● Esméralda est décrite comme un être précieux.
→ « une chose délicate, exquise et précieuse »
→ présentatif + rythme ternaire, qui souligne sa fragilité et sa valeur.
● L’opposition entre la délicatesse d’Esméralda et la grossièreté de Quasimodo est
renforcée.
→ « faite pour d’autres mains que les siennes »
→ comparatif d’opposition.
Mini-bilan : dans ce mouvement, Quasimodo reste un être marginal et difforme, mais l’amour
qu’il porte à Esméralda le transforme en figure tendre, protectrice et profondément humaine.
Idée directrice : Quasimodo, d’abord rejeté par la société, devient une figure héroïque et
sublime grâce à son geste de sauvetage.
● Le public, venu au départ pour assister à l’exécution, est bouleversé par l’héroïsme de
Quasimodo.
→ « les femmes riaient et pleuraient »
→ conjonction “et” + imparfait à valeur durative, qui montre une émotion intense et
prolongée.
● La foule semble subjuguée, presque dans un délire mystique.
→ « la foule trépignait d’enthousiasme »
→ verbe d’action, qui traduit l’admiration collective.
Mini-bilan : Quasimodo devient ici une figure sublime : sa marginalité, loin de l’abaisser,
devient la source de sa grandeur héroïque.
MOUVEMENT 4 : La glorification des personnages
Dernier paragraphe
● Hugo fait de Quasimodo et d’Esméralda deux symboles de résistance juste face à une
société injuste.
→ « les deux misères extrêmes de la nature et de la société qui se touchaient et qui
s’entr’aidaient »
→ allégorie, qui transforme les personnages en symboles.
● La fin du passage affirme la grandeur morale des plus faibles.
→ Quasimodo et Esméralda représentent deux formes de marginalité qui s’unissent
contre l’oppression.
→ interprétation globale : les exclus deviennent moralement supérieurs à la société
qui les rejette.