📖 Titre : Les Lignes de nos Silences
🎭 Les Personnages
• Éléonore (28 ans) : Restauratrice d'œuvres d'art discrète et passionnée, elle vient de se
faire plaquer et s'exile dans un petit village breton pour rénover une chapelle oubliée.
• Julien (32 ans) : Ébéniste solitaire au passé mystérieux, bourru au premier abord,
mais doté d'une sensibilité rare. Il travaille sur le même chantier qu'Éléonore.
📍 Le Décor
• Saint-Malo et ses environs, entre falaises escarpées, brume marine, pluie battante et
chaleur d'un feu de cheminée.
Chapitre 1 : L'Odeur du Bois et du Sel
La pluie bretonne ne tombait pas : elle s'imposait. Elle fouettait les vitraux poussiéreux de la
chapelle Saint-Théodore avec une régularité presque musicale.
Éléonore ajusta son écharpe en laine épaisse et poussa la lourde porte en chêne. L'air intérieur
était un mélange saisissant d'humidité, de pierre séculaire et d'une odeur beaucoup plus
chaude... une odeur de cire d'abeille et de bois fraîchement poncé.
— Il n'y a pas de visite aujourd'hui, lança une voix grave depuis le chœur de l'édifice.
Éléonore sursauta, faisant faillir tomber sa mallette de pinceaux. Du haut d'un échafaudage de
fortune, un homme la regardait. Il portait un pull en maille sombre trempé aux épaules, des
mains tachées de vernis, et un regard gris comme la mer d'Iroise un jour de tempête.
— Je ne suis pas une touriste, répondit-elle en remettant une mèche de cheveux trempée
derrière son oreille. Je suis Éléonore Vance. La conservatrice envoyée par la mairie pour les
fresques du XVIe siècle.
L'homme descendit l'échelle avec une aisance déconcertante. Il était grand, les traits taillés à
la serpe, une barbe de quelques jours soulignant une mâchoire contractée. Il s'arrêta à deux
mètres d'elle, essuyant ses mains sur un chiffon.
— Julien, dit-il simplement. L'ébéniste. On m'avait dit que vous arriviez lundi prochain.
— La météo s'annonçait mauvaise. J'ai préféré prendre de l'avance, répliqua-t-elle en balayant
la nef du regard. Et apparemment, j'ai bien fait. Le toit fuit juste au-dessus du panneau latéral
gauche.
Julien croisa les bras, visiblement peu habitué à ce qu'on lui fasse des remarques sur son
chantier.
— C'est bâché depuis ce matin, Mademoiselle Vance. Rien ne touchera vos précieuses
peintures.
Un silence tendu s'installa, rompu seulement par le grondement du tonnerre au-dessus de leurs
têtes. Éléonore le fixa. Elle était venue chercher la solitude et la paix dans ce coin perdu de
Bretagne pour oublier Paris, son ex-fiancé et la trahison qui avait volé deux ans de sa vie.
Tomber sur un artisan au caractère de chien n'était pas au programme.
Pourtant, en croisant le regard de Julien, elle y vit une lueur qu'elle connaissait bien : celle des
gens qui portent une blessure qu'ils essaient de cacher au reste du monde.
— Bien, dit-elle en posant enfin son matériel sur un banc de pierre. Dans ce cas... au travail.
Si ce style et cette ambiance te plaisent, quel genre de rebondissement aimerais-tu voir dans le
Chapitre 2 ? (Par exemple : une découverte mystérieuse cachée dans la chapelle, ou une
soirée forcée en tête-à-tête à cause de la tempête ?)