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Introduction

Ce document traite de la problématique de la présomption d'innocence en République Démocratique du Congo, en mettant en lumière les abus de la presse qui préjugent de la culpabilité des individus accusés avant un jugement. Il souligne l'importance de protéger ce principe fondamental, reconnu par la constitution, et propose des méthodes et techniques de recherche pour analyser le comportement des médias congolais. L'étude vise à comprendre les implications de ces dérives médiatiques et à suggérer des solutions pour respecter le droit à la présomption d'innocence.

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Introduction

Ce document traite de la problématique de la présomption d'innocence en République Démocratique du Congo, en mettant en lumière les abus de la presse qui préjugent de la culpabilité des individus accusés avant un jugement. Il souligne l'importance de protéger ce principe fondamental, reconnu par la constitution, et propose des méthodes et techniques de recherche pour analyser le comportement des médias congolais. L'étude vise à comprendre les implications de ces dérives médiatiques et à suggérer des solutions pour respecter le droit à la présomption d'innocence.

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1

INTRODUCTION

La présente introduction pose la problématique d’étude (01), propose l’hypothèse


(02), justifie le choix du sujet (03), dégage l’intérêt de l’étude (04), identifie les méthodes et
techniques de recherche (05), détermine la délimitation de l’étude(06), et annonce la
subdivision (07).

01. Problématique

Les activités de la presse ont un lien étroit avec les droits de l’homme. Par ses
missions et prérogatives, la presse qui se veut d’ailleurs à l’instar de trois pouvoirs
traditionnels que sont le législatif, l’exécutif ainsi que le judicaire, comme le quatrième
pouvoir quoique s’inscrivant dans la logique extra juridique, c’est-à-dire factuelle ; est le plus
souvent butée à énerver ses droits qu’elle entend protéger : il en est ainsi de la présomption
d’innocence.

En effet , en dépit du fait que le principe de la présomption d’innocence a acquis


la valeur constitutionnelle dans notre pays, il est fréquemment constaté que dans l’exercice de
leurs missions , les journalistes et autres professionnels des medias publient les identités , les
vidéos, les photos de personnes mises en examen par les autorités judiciaires et tiennent , en
outre des propos présentant des suspects comme auteurs des infractions pour lesquels ils sont
poursuivis , mieux coupables . Ceci sous l’œil impuissant du pouvoir public.

La société étant le centre des valeurs (la vie, la propriété et tant d’autres), les
valeurs sans lesquelles aucune société ne peut survivre. D’où, il est impérieux de les protéger,
et toutes ces valeurs sont protégées par le Droit pénal. Ce dernier peut être compris comme la
conséquence de la violation de la loi pénale par commission de l’infraction faite par le
délinquant qui s’expose à la sanction moyennant une preuve1.

En lisant minutieusement cette définition, nous comprenons que le droit pénal ne


peut intervenir qu’après le procès pénal. Le procès pénal vient donc mobiliser le droit pénal,
c’est un moment qui vient s’intercaler entre la commission de l’infraction et la sanction ; donc
il se met au milieu de deux pour dire au droit pénal que l’auteur de l’infraction demeure
présumé innocent avant le jugement définitif.

1
S. BOKOLOMBE BATULI, Cours de droit pénal général, G2 Droit, 2020-2021, p. 2.
2

La procédure pénale obéit à certains principes sacrosaints dont la présomption


d’innocence2. Ce principe tel que prévu par la Déclaration universelle des droits de l’homme
du 10 décembre 1948 disposant que : « toute personne accusée d’un acte délictueux est
présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un
procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées » 3.

Au niveau interne, ce principe de la présomption d’innocence a acquis la valeur


constitutionnelle. Il est de ce fait porté par l’article 17 in fine de la Constitution du 18 février
2006 telle que modifiée à ce jour, disposant : « toute personne accusée d’une infraction est
présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie par un jugement définitif »4.

La présomption d’innocence est donc un droit fondamental qui protège les


individus accusés d’une infraction jusqu’à ce qu’ils soient déclarés coupables par un tribunal
compétent. En droit positif congolais, le principe de la présomption d’innocence est reconnu
car, prévu par la constitution congolaise mais difficilement respecté. Ce principe rencontre
plusieurs difficultés dont notamment les médias.

Cependant, le visage négatif doublé de mauvaise interprétation que les médias


congolais font des affaires pénales relatives aux accusations des personnes impliquées nous
poussent à nous interroger sur le respect du principe de la présomption d’innocence dans un
Etat démocratique comme le nôtre.

Notre constitution en vigueur prévoit et consacre une grande importance à des


libertés individuelles et leur a réservé tout un chapitre allant de l’article 11 à l’article 33. C’est
dans ce sens même que le professeur MBATA enseigne avec raison que la constitution du 18
février 2006 susvisée se rapproche de plus en plus du constitutionnalisme.

Ainsi, la liberté est donc reconnue comme droit de tout citoyen congolais, l’Etat
assure son respect qui est même érigé en une obligation.

La problématique qui se pose est celle de savoir comment et à quel moment la


personne présumée innocente d’une infraction peut répondre de ses actes alors que le droit

2
JM TASOKI MANZELE, Procédure pénale congolaise, éd., l’Harmattan, Paris, 2016, p.18.
3
Article 11 paragraphe 1er de la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10/12/1948, adoptée à Paris au
palais de Chaillot résolution 217 A (III).
4
Article 17 de la Constitution du 18/02/2006 précité
3

procédural pénal pose un principe selon lequel « l’auteur de l’infraction ne subit la peine que
lorsqu’il a été condamné, jugé par l’instance judiciaire compétente 5».

L’article 16 de la constitution précitée parle du caractère sacré de la personne


humaine et l’Etat se donne l’obligation de la respecter et de la protéger. Dans ce même angle
d’idées, l’article 24 de la même constitution dispose que : « Toute personne a droit à
l’information, à la liberté de la presse, la liberté d’information et d’émission par la radio et
la télévision, la presse écrite où tout autre moyen de communication sont garantis sous
réserve du respect de l’ordre public, de bonnes mœurs et des droits d’autrui… »6

L’article 23 de la même constitution ajoute tout en garantissant toujours cette


liberté d’expression disposant que « toute personne a droit à la liberté d’expression »7. Ce
droit implique la liberté d’exprimer ses opinions ou ses convictions, notamment par la parole,
l’écrit et l’image, sous réserve de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs. Aux termes
de ces dispositions, le principe de la présomption d’innocence et celui de la liberté des médias
tirent leur fondement juridique dans notre constitution. Le problème que pose notre étude est
celui de connaitre l’attitude des médias congolais face à une personne accusée d’une
infraction.

Ainsi, conviendrait-il dans le cadre de la présente étude de se poser la question de


savoir, la publicité que font les médias congolais à l’encontre des personnes accusées
d’infractions respect-elle le principe de la présomption d’innocence ? Au demeurant et à la
négative, quelle solution préconisée pour remédier à la situation ?

Ces questions ont fait objet des réponses provisoires au niveau de l’hypothèse.
02. L’hypothèse du travail

La liberté d’expression de la presse en soi telle que garantie par la constitution ne


viole pas le principe de la présomption d’innocence. Mais certains comportements des acteurs
de la presse en droit congolais vont à l’encontre du principe de la présomption d’innocence.

Dans la pratique, les médias congolais abusent de cette liberté et prennent la


place des cours et tribunaux en préjugeant sur les affaires judiciaires. Ces acteurs de la presse
ne respectent pas le principe de la présomption d’innocence telle que prévue par les différents
textes juridiques en vigueur car ils publient des informations qui pouvaient préjuger de la
5
E.J. LUZOLO BAMBI LESSA, Cours de procédure pénale, G2 Droit, UNIKIN, 2006-2007, p. 2.
6
Article 24 de la constitution du 18/02/2006 telle que modifié et révisé à ce jour.
7
Art. 23 de la constitution du 18/02/2006 telle que modifié et révisé à ce jour.
4

culpabilité de l’accusé et emporter la conviction du juge avant qu’il n’ait été jugé
équitablement.

Il existe plusieurs situations où la liberté de la presse entre en conflit avec le


principe de la présomption d’innocence, par exemple lorsque des médias congolais publient
des informations inexactes ou diffamatoires qui portent atteinte à la réputation des individus
avant même qu’ils aient eu la possibilité de se défendre en justice.

Le législateur congolais devrait prendre de dispositions allant dans le sens de


protéger toutes les victimes de ce non-respect de la présomption d’innocence et les cours et
tribunaux à leurs tours, punir sérieusement les auteurs des abus de la presse.

L’hypothèse étant proposée, à présent, justifions le choix du sujet.


03. Choix du sujet

Le choix de notre sujet se justifie du fait que dans la pratique, les acteurs de la
presse en République démocratique du Congo abusent souvent de la liberté qui leurs sont
confiées notamment par la constitution tout en préjugeant sur les affaires criminelles en cours
cela ne rend pas service aux juges, tout au long de ce travail, nous allons proposer quelques
pistes des solutions.
Quand n’est –il alors de son intérêt ?

04. Intérêt du sujet

Cette étude s'inscrit dans une approche scientifique qui a pour objectif
d'approfondir la compréhension du principe de la présomption d'innocence et d'en examiner
les implications dans le contexte congolais. Elle met en exergue l'importance de cette
recherche en ce qu'elle offre un éclairage sur une problématique contemporaine, à savoir les
dérives constatées dans le traitement médiatique des affaires judiciaires.

L'analyse se concentre à la fois sur les bases et l'étendue de la présomption


d'innocence, ainsi que sur les pratiques de certains acteurs de la presse congolaise. Elle a pour
but de démontrer que ces derniers, en préjugeant des faits et en présentant des individus
accusés comme coupables avant qu'une décision judiciaire définitive ne soit rendue, portent
atteinte à ce principe fondamental, en violation des exigences juridiques et déontologiques.

Ceci étant dit, place maintenant aux méthodes et techniques de recherche.


5

05. Méthodes et techniques de recherche

Les techniques de recherche seront analysées en seconde position (B), à priori,


parlons des méthodes de recherche (A).
A. Méthodes de recherche

Une méthode de recherches en droit est une voie à suivre pour arriver à un résultat
scientifique donnant des précisions à ce sujet , P. Oriane l’explique comme étant « la
discipline portant sur l’étude et l’apprentissage des techniques destinés à rechercher ,
référencer , lire , comprendre et utiliser les sources du droit , puis , sur le fondement de ces
sources , à composer et rédiger une étude juridique ».8

Il convient dès lors de retenir que la méthode de recherches en droit est conçue
comme un cheminement ou un enchainement raisonné de moyens en vue d’une fin, plus
précisément comme la voie à suivre pour parvenir à un résultat.9

Dans le cadre de notre travail, nous utiliserons deux méthodes à savoir : la


méthode exégétique (1) et la méthode empirique (2).
1. La méthode exégétique

La recherche en droit tient dès lors dans la lecture des lois puisque le droit positif
s’identifie tout entier à elles. Les textes avant tout.

L’esprit du législateur est un guide si sûr que nous devons souvent le faire
prévaloir sur les termes en c sens que nous ne devons pas admettre toutes les conséquences
autorisées par la lettre de la loi, ni, surtout, rejeter toutes celles qui n’en résultent pas
clairement et nécessairement.10

La méthode exégétique est définie comme celle qui consiste à interpréter les
textes des lois auxquelles nous ferons recours pour mieux procéder dans l’élaboration de notre
travail.

Dans le cadre de notre travail, la méthode exégétique nous a permis de mieux


connaitre et de comprendre la portée légale de la présomption d’innocence.

8
P. ORIANE, « La méthodologie juridique en Belgique », in Revue RRJ, 1990/4, pp.743-755.
9
J.L., BERGEL, Méthodologie juridique, 3ème éd. Coll. Thémis Droit privé, Paris, 2018, p.17.
10
P. DUBOUCHET, « L’école de l’exégèse et la science du droit », in Revue jur, n°2, 1986, p.212
6

2. La méthode empirique

La méthode empirique est définie comme celle qui consiste à faire des
observations, des recherches en vue d’en tirer une expérience irréfutable.

Dans le cadre de notre travail, la méthode empirique nous a permis de descendre


sur le terrain afin d’observer le comportement des certains acteurs de la presse face au
principe de la présomption d’innocence.
Parlons à présent des techniques utilisées.

B. Techniques de recherche

Toutes ces méthodes doivent être renforcées par des techniques de recherche.
Dans le cadre de notre étude, nous utiliserons deux techniques de recherche à savoir : la
technique documentaire (1) et la technique d’interview (2).

1. La technique documentaire

La technique documentaire est définie comme celle qui consiste en une fouille
systématique de tout ce qui est écrit ayant une liaison avec le domaine de recherche. Il s’agit
des ouvrages, des mémoires, des rapports, et les notes des cours ainsi que les sites web, etc.11

Pour le professeur EDDY MWANZO, la technique documentaire est celle qui


consiste à la consultation des textes , documents , journaux , films , ou tout ce qui d’une façon
ou d’une autre constitue le support permettant de rendre compte d’un phénomène social. 12

2. La technique d’interview

La technique d’interview est celle qui consiste à interroger des individus pour
recueillir des informations, des opinions sur un sujet spécifique.

L’interview est le type particulier d’entretien que le chercheur a avec les individus
dont on attend des informations en rapport avec le phénomène qu’il étudie13.
Dans le cadre de notre étude, la technique d’interview nous a permis d’interroger
certains acteurs de la presse sur la question de la présomption d’innocence.

A présent parlons de la délimitation du sujet.

06. Délimitation du sujet


11
M. GRAWITZ, Méthodes des sciences sociales, 4eme éd., Dalloz, Paris, 1979, p. 571.
12
E. MWANZO, Méthodologie juridique, éd., juce, Kinshasa, 2016 – 2017, p. 76
13
E. MWANZO , opcit
7

Evitant ce que d’aucuns considèrent comme chaos original, la rédaction de ce


travail ne saurait aborder tout à la fois, voilà pourquoi notre étude est délimitée dans l’espace
(A) et dans le temps (B).

A. Dans l’espace

Dans le cadre de notre travail, il sera question de brosser la notion de la


présomption d’innocence face à certains comportements des acteurs de la presse en
République Démocratique du Congo (RDC) qu’en droit positif congolais mais une étude
comparative sera menée pour mieux comprendre la question sous examen.

De ce fait, nous allons comparer cette notion en droit congolais et dans d’autres
législations notamment dans la législation française et belge, voir aussi les comportements des
acteurs de la presse face à ce principe de la présomption d’innocence en droit congolais tout
comme en droit français et belge.

B. Dans le temps

Notre étude s’étend d’une période allant de 2006, année au cours de laquelle, la
constitution qui fixe les principes fondamentaux en la matière a été élaborée à ce jour.

07. Subdivision du travail

Ce présent travail comprendra deux chapitres (2) subdivisés en deux sections par
chapitres.
Le premier portera sur la notion générale de la présomption d’innocence et celle
de la liberté de la presse (1) et le second portera sur l’examen pratique de la liberté de presse
face au principe de la présomption d’innocence (2).

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