Thermodynamique Appliquée :
MACHINES THERMIQUES
Objectifs
A la fin de ce chapitre, l'étudiant doit être capable de
Présenter les propriétés cycles théoriques des machines thermiques
Connaître les cycles théoriques des moteurs
Calculer les rendements des moteurs
Connaître les cycles théoriques des moteurs classiques
Calculer les rendements des moteurs classiques
Connaître le principe de fonctionnement des moteurs à essence et diesel
Connaître les paramètres technologiques du moteur
Connaître le principe de fonctionnement des machines transformatrices cas du compresseur
Introduction
Une machine thermique est constituée d’un ensemble d’organes dans lesquels circule en général un
fluide (liquide, gaz ou vapeur). Ce fluide, dit fluide moteur, est le support des transformations et
échanges énergétiques (travaux, chaleur) au sein de la machine et/ou entre la machine et son
extérieur. Les organes sont destinés faire circuler le du fluide (pompes, compresseurs), à lui transférer
ou emprunter de la chaleur (échangeur), du travail utile (turbine, compresseurs, moteurs rotatifs ou
alternatif). Chacun de ces organes possèdes donc une (ou plusieurs) entrée de fluide, une (ou plusieurs)
sotie de fluide. Dans certains cas, il y a plusieurs fluides moteurs (combustible + comburant par
exemple) et la machine comporte également des dispositifs ouverts pour leur injection et mélange.
On distingue :
Les machines transformatrices (pompes, compresseurs)
Les machines motrices (à sources internes et externes) dont le rôle sont de produire du travail
en dépensant de la chaleur,
Les machines réceptrices (à sources externes) qui, en dépensant du travail produisent un effet
thermique,
Nous nous limiterons à l’étude des machines dont le fluide moteur est inerte chimiquement, le circuit
du fluide peut-être fermé (centrale thermique à vapeur d’eau par exemple) ou ouvert (propulseur). On
ne confondra pas le circuit du fluide moteur et le cycle thermodynamique de la machine. Celle-ci est
en générale composée d’organes ouverts (échangeurs, pompes, compresseurs, turbines….).
VI.1 Rappels Thermodynamiques :
Travail extérieur (W) et travail moteur (Wn)
dW PdV
C’est le travail extérieur total fourni au fluide dans une transformation élémentaire réversible.
Lorsque le fluide évolue en régime permanent en traversant une machine le travail moteur s’obtient
à partir de : W Wm (PV )
où (PV ) est le travail de transvasement. Seul le travail moteur ou utile intéresse le technicien.
Wm W (PV )
dWm VdP dH
H est l’enthalpie massique.
Transformations adiabatiques réversibles d’un gaz
1 1
r1T1 P2 P
W
1
P2V 2 P1V1 1 CvT1 2 1
1 1 P1 1
P
Transformation polytropique réversible d’un gaz parfait
W
1
P2V 2 P1V1
n 1
Wm
n
P2V2 P1V1
n 1
PdV VdP dP dV
La chaleur mis en jeu est : dQ avec n
1 P V
Pour un moteur la quantité de chaleur reçue ou cédé par le gaz à l’intérieur du cylindre d’un moteur :
n n
dQ PdV dW n constante polytropique :
1 1
Application du second principe de la thermodynamique
Le premier principe a établi une équivalence quantitative entre les échanges d’énergie, qu’ils se fassent
sous forme de travail ou de chaleur. Si on s’arrêtait là, il serait théoriquement possible d’extraire de
l’énergie à volonté de notre environnement. Les océans, l’air, les sols pourraient être des sources
inépuisables d’énergie. En fait, il existe des différences profondes, non seulement entre travail et
chaleur, mais également entre deux mêmes quantités de chaleur provenant de sources de
températures différentes. C’est de cette différence que rend compte le second principe.
Notions de Sources de chaleur et Thermostats.
Les sources de chaleur quelconque dont les températures sont maintenues constantes par un dispositif
de régulation constituent des thermostats. Par exemple : l’air atmosphérique, l’eau d’un lac (cors de
grande extension) un mélange eau-glace, de l’azote liquide à pression atmosphérique (utilisant des
changements de phase),
Lorsque les transformations d’un système s’effectuent en recevant de la chaleur de 0, 1, 2 ou plusieurs
thermostats, elles sont dites respectivement : adiabatique, monotherme, ditherme ou polytherme.
VI.2 Machines thermiques :
Machines à cycle Monotherme :
Enoncé de Kelvin du second principe :
Un système fermé décrivant un cycle monotherme ne peut que recevoir un travail positif ou nul, soit
W 0.
D’après le premier principe, on a au cours d’un cycle (Q+W)cycle = 0 alors Q cycle 0
En langage courant, on dit que le système ne peut que « recevoir du travail » et fournir de la chaleur.
Si la transformation monotherme est réversible, dans un sens on a W 0 et en sens inverse W’ = -
W 0 est alors Wcycle = Qcycle =0
Le contenu physique de l’énoncé de Kelvin découle directement de la nécessité expérimentale pour un
moteur thermique d’utiliser au moins deux sources de chaleur et de l’impossibilité de réaliser un
« mouvement perpétuel » effectué par un moteur n’utilisant qu’une source de chaleur (atmosphérique
par exemple).
Il ne peut donc exister une machine thermique fonctionnant avec une seule source de chaleur
(décrivant alors un cycle monotherme)
Machines à cycles dithermes :
Lorsqu’un système décrit un cycle ditherme, il reçoit du 1er thermostat la quantité de chaleur Q1 et du
second la quantité de chaleur Q2. Si la source 1 sera dite source chaude et la source 2 source froide.
De plus, le système peut recevoir de l’extérieur le travail W.
Ces trois quantités sont d’après le 1er principe reliés par la relation W + Q1 + Q2 = 0
Tenant compte des signes de W, Q1 et Q2, trois (3) machines classiques sont possibles :
Milieu
Extérieur
W
Machine thermique
Q1 Q2
Source chaude Source froide
W Q1 Q2 Interdiction ou Application - Physique
+ + - Chauffage ou Réfrigération
+ - + Pompe à chaleur : chauffage ou réfrigération
- + - Moteur thermique
Rendement d’une machine ditherme
Le rendement est défini comme le rapport positif = Recette/dépense. C’est une notion pratique
mesurant le rapport de la grandeur énergétique que l’on désire obtenir à celle que l’on a dépensée.
Celle dépensée peut alors être fournit par une source inépuisable. Il en résulte que, pour certaines
machines, le rendement peut être supérieur à 1. Dans ce cas, le rendement est appelé Coefficient de
Performance (COP).
Rendement d’une machine de CARNOT
Une machine de Carnot est une machine idéale fonctionnant avec des transformations cycliques
réversibles
Théorème de Carnot : Le rendement ‘une machine ditherme faisant décrire un cycle réversible à un
système quelconque S est supérieur ou égal au rendement d’une machine utilisant les deux mêmes
thermostats et faisant décrire à un système S’ un cycle quelconque.
Dans le cas où le cycle décrit par S’ est aussi réversible, les rendement des deux machines sont égaux.
'
Si S et S’ sont réversibles alors '
VI.3 Machines motrices (à combustion interne)
Le rôle d’un moteur thermique est de fournir du travail au milieu extérieur (W 0) en empruntant une
quantité de chaleur Q1 de la source chaude (Q1 > 0) et en restituant obligatoirement une quantité de
chaleur (Q2 > 0). Il est impossible d’avoir Q2=0, sinon on reviendrait à la machine thermique
monotherme qui ne peut fonctionner.
W
Q1
Milieu
Extérieur
W <0
Or : Q1 +Q2 + W =0 Q1 > 0, Q2 > 0 et W < 0
Moteur
thermique
(Q1 Q2 ) Q
Q1 Q2 alors : 1 2
>0 <0 Q1 Q1
Source chaude Source froide
Cas d’un moteur idéal de Carnot :
Soit un cycle moteur composé de :
-Deux transformations réversibles isothermes
-Deux transformations réversible adiabatiques
B
T1 , Q1
Isotherme
C
dQ=0
1
Adiabtique
dQ=0
A
Isotherme Adiabatique
D
T2 , Q2
V
W Q
C 1 2
Q1 Q1
Q1 Q2 Q T
Pour ce cycle réversible, nous avons : S 0 et 2 2
T1 T2 Q1 T1
Si le fluide moteur est un gaz parfait, alors pour les isothermes, on a pour:
V
Isotherme (B,C) Q1 nRT1Ln C ;
VB
V
Isotherme (D,A) Q2 nRT2 Ln A
VD
Sur les transformations adiabatiques (A,B) et (C,D) on peut écrire :
V V Q T
T1VB 1 T2VA 1 et T2VD 1 T1VC 1 alors B A et 1 1
VC VD Q 2 T2
De plus :
1
1 1 1
T P
T1PB
T2 PA
1 A a0
T2 PB
PB
a0 est le taux de compression.
PA
1
C 1 a0