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Cours Dunod Conso

Le chapitre 7 aborde le cadre légal et réglementaire de la consolidation des comptes, en précisant les obligations des sociétés en matière de comptes consolidés selon les directives européennes et le Code de commerce. Il définit également le périmètre de consolidation, les méthodes applicables et les critères de contrôle, tout en soulignant l'importance de présenter des états financiers consolidés pour refléter la réalité financière d'un groupe. Enfin, il mentionne les normes françaises et internationales qui convergent sur les principes de la consolidation.

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Cours Dunod Conso

Le chapitre 7 aborde le cadre légal et réglementaire de la consolidation des comptes, en précisant les obligations des sociétés en matière de comptes consolidés selon les directives européennes et le Code de commerce. Il définit également le périmètre de consolidation, les méthodes applicables et les critères de contrôle, tout en soulignant l'importance de présenter des états financiers consolidés pour refléter la réalité financière d'un groupe. Enfin, il mentionne les normes françaises et internationales qui convergent sur les principes de la consolidation.

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CHAPITRE

7 Cadre légal et
réglementaire, périmètre,
méthodes et processus
de consolidation
PROGRAMME

Compétences visées Notions et contenus


• Maîtriser le cadre réglementaire et Cadre juridique des opérations : choix du
légal de la consolidation des comptes référentiel de consolidation ; critères rendant
(règlements nationaux et normes obligatoire l’établissement de comptes
internationales) consolidés ; nature du contrôle et méthode
• Définir le périmètre de consolidation de consolidation ; pourcentages d’intérêt et
de contrôle ; cas d’exemption, d’exclusion et
autres

LIENS AVEC LE DSCG 3


§ 2.4. Gestion du périmètre de l’entité

PLAN DU CHAPITRE
Cours : 1. Cadre légal et réglementaire de la consolidation • 2. Détermination du périmètre
de consolidation • 3. Méthodes applicables • 4. Pourcentages de contrôle et d’intérêts •
5. Schéma de base du processus de consolidation • 6. Comptes combinés • 7. Consolidations
directe et par paliers
Des savoirs aux compétences : Évaluer les savoirs • Maîtriser les compétences • Préparer
l’épreuve
Synthèse

D ès que des activités industrielles, commerciales ou financières sont exercées par des filiales
d’une société, l’information donnée par les comptes annuels individuels peut s’avérer insuffi-
sante. Il est alors nécessaire de présenter des comptes consolidés donnant une image de la réalité
financière d’un groupe de sociétés.

MOTS-CLÉS
Activité conjointe • Coentreprise • Comptes combinés • Consolidation directe • Consolidation
par paliers • Contrôle • Contrôle conjoint • Contrôle exclusif • Entité associée • Entité ad hoc •
Filiale • Influence notable • Intégration globale • Intégration proportionnelle •
Intérêts minoritaires • Mise en équivalence • Partenariat • Périmètre de consolidation
• Plan comptable de consolidation • Pourcentage de contrôle • Pourcentage d’intérêts •
Société mère
1 Cadre légal et réglementaire de la consolidation
Définition
On appelle « groupe de sociétés » un ensemble de sociétés composé d’une société mère,
de filiales contrôlées exclusivement, de participations dans des coentreprises sous contrôle
conjoint et de participations dans des entités associées dans laquelle la société mère a une
influence notable.

Des textes européens et nationaux fixent le cadre légal et réglementaire de la consolidation.

Partie 3 – Chap 7 – Cadre légal et réglementaire, périmètre, méthodes et processus de consolidation


Définition
La consolidation est le traitement comptable conduisant à l’établissement d’états finan-
ciers permettant de donner une image de l’ensemble constitué par une société mère, ses
filiales et participations.

A Directive 2013/34/UE du 26 juin 2013


Les articles 21 à 29 de cette directive relative aux états financiers annuels, aux états financiers
consolidés et aux rapports y afférents de certaines formes d’entreprises traitent des états finan-
ciers et rapports consolidés. Ils présentent :
– le champ d’application des états financiers et rapports consolidés ;
– l’obligation d’établir des états financiers consolidés ;
– les exemptions de consolidation ;
– l’établissement des états financiers consolidés ;
– les regroupements d’entreprises au sein d’un groupe ;
– la consolidation proportionnelle ;
– l’application de la méthode de mise en équivalence aux entreprises associées ;
– le contenu de l’annexe aux états financiers consolidés ;
– le contenu du rapport consolidé de gestion ;
– l’information consolidée en matière de durabilité.
Cette directive a été complétée notamment par la directive 2022-2464 du 14 décembre 2022
(dite CSRD chapitre 13) relative à la publication d’informations en matière de durabilité par
les entreprises.

B Code de commerce
1. Articles L. 233-16 à L. 233-28
Les articles L. 233‑16 à L. 233‑28 du Code de commerce, notamment amendés par l­ ’ordonnance
2015‑900 du 23 juillet 2015 qui adapte le droit national à la directive européenne du 26 juin
2013, précisent en particulier :
– que les sociétés doivent présenter des comptes consolidés et un rapport sur la gestion du
groupe dès lors qu’elles contrôlent de manière exclusive ou conjointe une ou plusieurs autres
entreprises ;
– ce que l’on entend par contrôle exclusif, contrôle conjoint, influence notable ;

187
– les méthodes de consolidation utilisables : intégration globale, intégration proportionnelle,
mise en équivalence ;
– les cas où une filiale ou une participation peuvent être laissées en dehors de la consolidation ;
– le contenu général des comptes consolidés : bilan, compte de résultat, annexe, et leurs quali-
tés recherchées : régularité, sincérité, image fidèle ;
– les règles générales d’évaluation des éléments consolidés ;
– le contenu du rapport de gestion ;
– l’obligation de contrôle par les commissaires aux comptes.

2. Articles R. 233‑3 à R. 233‑16


Les articles R. 233‑3 à R. 233‑16 du Code de commerce ont été notamment amendés par le
décret 2015‑903 du 23 juillet 2015 qui adapte le droit national à la directive ­européenne du
26 juin 2013.
Ces articles présentent en particulier :
– le processus de consolidation ;
– le traitement de certaines opérations, tels les écarts de première consolidation ;
– la structure du bilan consolidé ;
– la structure du compte de résultat consolidé ;
– les conditions d’exemption d’établissement des comptes consolidés ;
– la taille des critères qui permettent aux petits groupes d’être dispensés de présenter des
comptes consolidés.
Ces tailles sont fixées aux niveaux suivants :
– montant net du chiffre d’affaires : 48 millions d’euros ;
– total du bilan : 24 millions d’euros ;
– nombre moyen de salariés permanents : 250.
Il est à noter qu’à compter du 1er janvier 2025, l’article R 233-16 du Code de commerce sera
abrogé et sera remplacé par les dispositions de l’article D. 230-2 pris en application de l’article
L. 230-2 qui définit les notions de petit groupe, groupe moyen et grand groupe.
Les tailles pour la dispense d’établissement des comptes consolidés sont alors fixées aux niveaux
suivants :
– montant net du chiffre d’affaires : 60 millions d’euros ;
– total du bilan : 30 millions d’euros ;
– nombre moyen de salariés permanents : 250.

C Règlement n° 2020-01 de l’ANC relatif aux comptes


­consolidés
Ce règlement a remplacé pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2021 le règlement
99-02 du CRC sur les comptes consolidés des sociétés commerciales et entreprises publiques. Il
s’applique à toute personne morale tenue d’établir des comptes consolidés ou combinés, y com-
pris aux entreprises du secteur bancaire et du secteur des assurances (régies précédemment par
les règlements 99-07 et 2000-05 du CRC). Ce règlement est organisé en articles comme le PCG
(règlement ANC n° 2013-04) (tab. 7.1).

188
Tableau 7.1. Structure du règlement n° 2020-01 de ANC

Le règlement n° 2020-01 de l’ANC comporte les livres et titres suivants :


• Livre I. Principes généraux relatifs à l’établissement de comptes consolidés ou combinés
1. Principes généraux
2. Premiers comptes consolidés ou combinés
• Livre II. Comptes consolidés
1. Périmètre de consolidation
2. Méthodes de consolidation

Partie 3 – Chap 7 – Cadre légal et réglementaire, périmètre, méthodes et processus de consolidation


3. Entrée d’une entité dans le périmètre de consolidation en une seule opération
4. Autres variations du pourcentage de contrôle ou de détention
5. Autres dispositions pour les intégrations globales
6. Autres méthodes de consolidation
7. Méthodes comptables de groupe
8. Modèles d’états financiers et contenu de l’annexe
• Livre III. Comptes combinés
1. Comptes combinés, dispositions de droit commun
2. Comptes combinés, dispositions spécifiques aux entreprises d’assurance
3. Comptes consolidés ou combinés, dispositions spécifiques aux sociétés coopératives agricoles et
leurs unions

FOCUS Texte intégral règlement 2020-01 de l’ANC du 20 octobre 2020


On trouve ce texte au lien suivant : https:// « Règlement n° 2020-01 du 9 octobre 2020
[Link]/sites/anc/accueil/normes- relatif aux comptes consolidés (version
francaises/[Link]. recueil) ».
Chercher « Comptes consolidés » et trouver

D Règlement européen CE 1606/2002 du 19 juillet 2002


Dédié à l’application des normes comptables internationales, le règlement européen comprend
onze articles, dont :
• L’article 4 ( chapitre 4) prévoit que « pour chaque exercice commençant le 1er ­janvier 2005
ou après cette date, les sociétés régies par le droit national d’un État membre sont tenues de
préparer leurs comptes consolidés conformément aux normes comptables internationales
adoptées dans le cadre de la procédure prévue à l’article 6 si, à la date de clôture de leur bilan,
leurs titres sont admis à la négociation sur le marché réglementé d’un État membre ».
• L’article 5 permet aux États membres d’autoriser les sociétés autres que celles visées à l’ar-
ticle 4 d’établir leurs comptes consolidés conformément aux normes comptables internatio-
nales.
• L’article L. 233‑24 du Code de commerce autorise les sociétés non cotées à opter pour l’éta-
blissement de comptes consolidés conformément aux normes IFRS.

Les normes françaises et internationales convergent sur les principes de la consolidation.


Dans cet ouvrage, nous traiterons à la fois de l’établissement des comptes consolidés
selon les normes nationales et les normes internationales.

189
Exemple
◗ En France, les sociétés dont les titres sont admis à la négociation sur le marché réglementé
doivent, depuis 2005, établir leurs comptes consolidés conformément aux normes internatio-
nales, les autres sociétés pouvant au choix, établir leurs comptes consolidés selon les normes
nationales ou selon les normes internationales. ◗

FOCUS Les différents types de marché boursiers


Il y a lieu de distinguer, sur le plan boursier, souhaitent entrer sur un marché coté avec
plusieurs types de marchés. Sur la place de une certaine souplesse ;
Paris coexistent : – Euronext Access (qui a remplacé le mar-
– Eurolist ou Euronext Paris (qui comprend ché libre depuis 2017), marché d’environ
trois compartiments, A, B et C, selon le poids 200 émetteurs où les sociétés inscrites ont
des entités concernées) qui est un marché des obligations d’information plus légères
réglementé d’environ 800 émetteurs repré- que sur Eurolist ou Euronext Growth.
sentant une capitalisation boursière de plus Seul Eurolist est un marché réglementé avec
de 4 000 Mds €, supervisé par l’AMF ; des obligations très strictes d’information et
– Euronext Growth (qui a remplacé Alternext de transparence pour les sociétés qui y sont
depuis juin 2017), marché d’environ 250 émet- cotées. Ces dernières doivent obligatoirement
teurs représentant une capitalisation de bour- appliquer le règlement européen.
sière d’environ 18 Mds €, dédié aux PME qui

2 Détermination du périmètre de consolidation


Définition
Le périmètre de consolidation est l’ensemble des entreprises prises en considération pour
l’établissement des comptes consolidés par la société consolidante.

Déterminer le périmètre de consolidation d’un groupe, c’est préciser quelles sont les sociétés
consolidables et les sociétés non consolidables.
Les règles édictées par les articles L. 233‑16 à L. 233‑28, R. 233‑3 à R. 233‑16 du Code de com-
merce et par le règlement 2020-01 de l’ANC ne sont pas très différentes des normes comptables
internationales, à l’exception des entités sous contrôle conjoint. Le vocabulaire est cependant par-
fois différent.

A Selon les normes françaises


Pour l’article L. 233‑16 du Code de commerce, les sociétés commerciales doivent établir et
publier chaque année des comptes consolidés « dès lors qu’elles contrôlent de manière exclu-
sive ou conjointe une ou plusieurs autres entreprises ». Il n’y a pas d’obligation de consolidation
pour les sociétés qui ne détiennent que des entreprises dites sous influence notable. L’article
L. 233‑17‑2 précise toutefois que « sont comprises dans la consolidation les filiales ou partici-
pations contrôlées de manière exclusive ou conjointe ou sur lesquelles est exercée une influence
notable ».

190
1. Contrôle exclusif
Règlement 2020-01 de l’ANC, art. 211-3
■ Le contrôle exclusif est le pouvoir de diriger les politiques financière et opérationnelle d’une
entité afin de tirer avantage de ses activités. Il résulte :
– soit de la détention directe ou indirecte de la majorité des droits de vote dans une autre entité ;
– soit de la désignation, pendant deux exercices successifs de la majorité des membres des
organes d’administration, de direction ou de surveillance d’une autre entité ; l’entité consoli-

Partie 3 – Chap 7 – Cadre légal et réglementaire, périmètre, méthodes et processus de consolidation


dante est présumée avoir effectué cette désignation lorsqu’elle a disposé, au cours de cette
période, directement ou indirectement, d’une fraction supérieure à 40 % des droits de vote et
qu’aucun autre associé ou actionnaire ne détenait, directement ou indirectement, une frac-
tion supérieure à la sienne ;
– soit du droit d’exercer une influence dominante sur une entité en vertu d’un contrat ou de
clauses statutaires, lorsque le droit applicable le permet ; l’influence dominante existe dès lors
que, dans les conditions décrites ci-dessus, l’entité consolidante a la possibilité d’utiliser ou
d’orienter l’utilisation des actifs de la même façon qu’elle contrôle ses propres actifs.
Trois types de contrôle exclusif peuvent être distingués :
• Le contrôle exclusif de droit : détention directe ou indirecte de la majorité des droits de vote.
• Le contrôle exclusif de fait : désignation de majorité des membres des organes d’administra-
tion, de direction ou de surveillance ; présomption de contrôle si la détention est supérieure à
40 % des droits de vote.
• Le contrôle exclusif contractuel ou statutaire : droit d’exercer une influence dominante en vertu
d’un contrat ou de clauses statutaires. C’est le cas notamment des entités ad hoc.

Définition
Est dite entité ad hoc une structure juridique distincte, créée spécifiquement pour gérer une
opération ou un groupe d’opérations similaires pour le compte d’une autre entité.

L’entité ad hoc est structurée ou organisée de manière telle que son activité n’est en fait exer-
cée que pour le compte de cette entité, par mise à disposition d’actifs ou fourniture de biens,
de services ou de capitaux. En normes françaises comme en normes internationales, une
entité ad hoc est comprise dans le périmètre de consolidation dès lors qu’une ou plusieurs
entreprises contrôlées ont en substance en vertu de contrats, d’accords, de clauses statu-
taires, le contrôle de ladite entité.

2. Contrôle conjoint
Règlement 2020-01 de l’ANC, art. 211-4
Le contrôle conjoint est le partage du contrôle d’une entité exploitée en commun par un
nombre limité d’associés ou d’actionnaires, de sorte que les politiques financière et opération-
nelle résultent de leur accord.
Deux éléments sont essentiels à l’existence d’un contrôle conjoint :
■ Un nombre limité d’associés ou d’actionnaires partageant le contrôle ; le partage du contrôle sup-
pose qu’aucun associé ou actionnaire n’est susceptible à lui seul de pouvoir exercer un contrôle
exclusif en imposant ses décisions aux autres ; l’existence d’un contrôle conjoint n’exclut pas la
présence d’associés ou d’actionnaires minoritaires ne participant pas au contrôle conjoint ;

191
■ Un accord contractuel qui :
– prévoit l’exercice du contrôle conjoint sur l’activité économique de l’entité exploitée en
commun ;
– établit les décisions qui sont essentielles à la réalisation des objectifs de l’entreprise exploi-
tée en commun et qui nécessitent le consentement de tous les associés ou actionnaires
participant au contrôle conjoint.
Trois conditions s’imposent au contrôle conjoint :
– l’existence d’un contrôle ;
– le partage du contrôle par un nombre limité d’associés ou d’actionnaires ;
– une prise de décision en commun.

3. Influence notable
Règlement 2020-01 de l’ANC, art. 211-5
L’influence notable est le pouvoir de participer aux politiques financière et opérationnelle d’une
entité sans en détenir le contrôle. L’influence notable peut notamment résulter d’une représentation
dans les organes de direction ou de surveillance, de la participation aux décisions stratégiques, de
l’existence d’opérations interentités importantes, de l’échange de personnel de direction, de liens
de dépendance technique. L’influence notable sur les politiques financière et opérationnelle d’une
entreprise est présumée lorsque l’entité consolidante dispose, directement ou indirectement, d’une
fraction au moins égale à 20 % des droits de vote de cette entité.
L’influence notable requiert les conditions suivantes :
– représentation dans les organes de direction ou de surveillance, participation aux décisions
stratégiques, existence d’opérations interentreprises importantes, échange de personnel de
direction, liens de dépendance technique ;
– présomption d’influence notable lorsque l’entité consolidante dispose, directement ou indi-
rectement, d’une fraction au moins égale à 20 % des droits de vote.

4. Exceptions à l’obligation de consolidation


Quelques exceptions à l’obligation de consolidation sont précisées par les articles L. 233‑17,
L. 233‑17‑1 et L. 233‑19 du Code de commerce : elles concernent les sept cas suivants :
• Pour l’obligation de présenter des comptes consolidés :
– les sociétés sous le contrôle d’une entreprise qui les inclut dans ses comptes consolidés et publiés.
Toutefois, l’exemption est subordonnée à la condition qu’un ou p ­ lusieurs actionnaires ou associés
de l’entreprise contrôlée représentant au moins le dixième de son capital social ne s’y opposent pas ;
– les sociétés dont l’ensemble constitué avec les entreprises qu’elle contrôle ne dépasse pas
pendant deux exercices successifs une taille déterminée par référence à deux de trois critères
fixés par décret (chiffre d’affaires, total du bilan, effectif). Le calcul à effectuer pour chaque
critère des seuils d’établissement des comptes consolidés consiste à additionner à partir des
comptes annuels arrêtés, les chiffres de la société mère à ceux des entreprises contrôlées,
c’est-à-dire celles qui se trouvent sous contrôle exclusif ou conjoint ;
– lorsque toutes les sociétés contrôlées, de manière exclusive ou conjointe, présentent, tant indi-
viduellement que collectivement, un intérêt négligeable par rapport à l­’objectif d’image fidèle.
• Pour la possibilité de laisser en dehors de la consolidation une filiale ou une participation :
– lorsque des restrictions sévères et durables remettent en cause substantiellement le contrôle
ou l’influence exercée par la société consolidante sur la filiale ou la participation ou les possi-
bilités de transfert de fonds par la filiale ou la participation ;

192
– lorsque les actions ou parts d’une filiale ou participation ne sont détenues qu’en vue de leur
cession ultérieure ;
– lorsqu’une filiale ou une participation ne représente, seule ou avec d’autres, qu’un intérêt
négligeable par rapport à l’objectif d’image fidèle ;
– lorsque les informations nécessaires à l’établissement des comptes consolidés ne peuvent
être obtenues sans frais excessifs ou dans des délais compatibles.
Le premier cas n’est applicable que par les sociétés qui n’émettent pas des valeurs mobilières admises
aux négociations sur un marché réglementé ou des titres de créances négociables. Le second cas ne
peut s’appliquer dès lors qu’une entreprise liée au groupe est une entité d’intérêt public (établisse-

Partie 3 – Chap 7 – Cadre légal et réglementaire, périmètre, méthodes et processus de consolidation


ment de crédit et société de financement, entreprise d’assurance, entité dont les titres sont admis à
la négociation sur un marché réglementé, entité faisant appel à la générosité publique). Les quatre
derniers cas, qui ne concernent que des filiales ou participations, sont d’application facultative.
Lorsqu’une entreprise est sortie du périmètre de consolidation, ses titres sont comptabilisés en
« Titres de participation » dans les comptes consolidés.

B Selon les normes internationales


Ces règles sont déterminées par les normes :
• IFRS 10, qui précise que « l’objectif de la présente norme est d’établir des principes pour la
présentation et la préparation des états financiers consolidés d’une entité qui contrôle une ou
plusieurs autres entités » (§ 1). Elle appelle « filiale » (annexe A) « une entité contrôlée par
une autre entité (appelée la société mère) ».
• IFRS 11, qui précise également que l’objectif est d’établir des principes pour des entités qui ont
des intérêts dans des opérations contrôlées conjointement (partenariats). Elle distingue deux
types de contrôle conjoint : les activités conjointes (joint-opérations) et les coentreprises
(joint-ventures) (§ 1).
• IAS 28, qui évoque les notions d’entité associée et d’influence notable. Il y a donc lieu, outre la
notion de filiale définie ci-dessus, d’analyser la notion de contrôle, la notion d’entité associée
et d’influence notable, la notion d’activité conjointe, de coentreprise et de contrôle conjoint.

1. La notion de contrôle
Définition
Le contrôle d’une entité faisant l’objet d’un investissement est ainsi défini (IFRS 10 annexe
A) : « Un investisseur contrôle une entité faisant l’objet d’un investissement lorsqu’il est
exposé ou qu’il a droit à des rendements variables en raison de ses liens avec l’entité faisant
l’objet d’un investissement et qu’il a la capacité d’influer sur ces rendements du fait du pou-
voir qu’il détient sur celle-ci. »

Le contrôle comporte trois critères nécessaires caractérisant les liens entre l’entité détentrice pré-
sentant ses comptes consolidés et l’entité détenue susceptible d’être incluse dans le périmètre
de consolidation. Ces trois critères sont le pouvoir, l’exposition à la variabilité des rendements de
l’entité détenue et la capacité d’utiliser le pouvoir pour influencer le montant des rendements :
• Le pouvoir est défini par l’IFRS 10 (§ 10). Un investisseur détient le pouvoir sur une entité
émettrice lorsqu’il a des droits effectifs qui lui confèrent la capacité actuelle de diriger les
activités pertinentes, à savoir les activités qui ont une incidence importante sur les rende-

193
ments de l’entité émettrice. Le pouvoir peut être conféré par les droits de vote ou résulter de
circonstances où les droits de vote ne sont pas déterminants. Le pouvoir par les droits de vote
n’implique pas que la majorité absolue de ceux-ci soit détenue. Une majorité relative est suf-
fisante dans de nombreux cas de figure, par exemple lorsque les autres actionnaires sont très
dispersés et qu’il est peu vraisemblable qu’ils se coalisent pour prendre le pouvoir. En outre,
les droits de vote potentiels peuvent être pris en compte à condition qu’ils soient exerçables
et substantifs. Le pouvoir peut aussi être obtenu par des moyens autres que les droits de vote,
en particulier lorsque ceux-ci ne s’exercent pas sur les activités pertinentes. Il en est ainsi du
droit de désigner et de révoquer la direction générale de la cible, des droits de désigner ou de
révoquer l’entité qui dirige les activités pertinentes de la cible, des droits de décider la cible
à conclure des opérations à l’avantage de l’entité, des droits à prendre des décisions figurant
dans un contrat de direction générale. Il est ainsi notamment dans nombre des entités ad hoc.
Les droits détenus dans une cible doivent être substantiels, c’est-à-dire que l’entité doit être
en mesure de les exercer effectivement. Si l’exercice des droits est soumis à des restrictions
qui sont dissuasives, ces droits seront considérés comme non substantiels.
• Le pouvoir doit aussi permettre d’agir sur le montant des rendements (le terme « rende-
ments » s’entendant de façon large). Ce peut être la perception de dividendes, d’intérêts, de
commissions versés par la cible, l’évolution de la valeur de l’investissement de l’entité dans
la cible, le boni de liquidation de la cible, des avantages auxquels ­l’entité est seule à pouvoir
accéder, tels que les synergies entre les actifs de l’entité et ceux de la cible (réalisation d’éco-
nomies d’échelle, réduction de coûts, etc.). Un ­rendement peut être positif ou négatif. Il faut
que ­l’investisseur puisse exercer son pouvoir issu des liens qu’il a sur une entité pour influer
sur le montant des rendements de cette entité.
• Le troisième pilier de la définition du contrôle repose sur la détermination de la nature du lien
existant entre l’entité qui dispose du pouvoir dans la cible et les résultats de celle-ci. L’entité
qui dispose du pouvoir et agit pour son propre compte détient le contrôle de la cible tandis
que celle qui dispose du pouvoir pour le compte d’un ­mandant ne contrôle pas la cible.

2. Notions d’entité associée et d’influence notable


Définitions
• Une entité associée (IAS 28 § 3) « est une entité dans laquelle l’investisseur (l’entité
détentrice) a une influence notable ».
• L’influence notable est le pouvoir de participer aux décisions relatives aux politiques
financières et opérationnelles de l’entité détenue, sans toutefois exercer un contrôle ou
un contrôle conjoint sur ces politiques.

Si une entité (un investisseur) détient, directement ou indirectement (ex. : par le biais de filiales),
20 % ou davantage des droits de vote dans l’entité détenue, il est présumé avoir une influence
notable, sauf à démontrer clairement que ce n’est pas le cas. Inversement, si l’entité détient,
directement ou indirectement (ex. : par le biais de filiales), moins de 20 % des droits de vote
dans l’entreprise détenue, il est présumé ne pas avoir d’influence notable, sauf à démontrer
clairement que cette influence existe. L’existence d’une participation importante ou majoritaire
d’une autre entité n’exclut pas nécessairement que l’entité ait une influence notable.
L’existence de l’influence notable d’une entité est habituellement mise en évidence par une ou
plusieurs des situations suivantes :
– représentation au Conseil d’administration ou à l’organe de direction équivalent de l’entre-
prise détenue ;

194
– participation au processus d’élaboration des politiques, et notamment participation aux déci-
sions relatives aux dividendes et autres distributions ;
– transactions significatives entre l’investisseur et l’entreprise détenue ;
– échange de personnels dirigeants ;
– fourniture d’informations techniques essentielles.

3. Notions de partenariat, d’activité conjointe, de coentreprise


et de contrôle conjoint

Partie 3 – Chap 7 – Cadre légal et réglementaire, périmètre, méthodes et processus de consolidation


Définitions
• Un partenariat (joint-arrangement) ou accord conjoint est un accord dans lequel deux
parties ou plus exercent un contrôle en commun. L’IFRS 11 distingue deux types de parte-
nariats : l’activité conjointe et la coentreprise.
• Le contrôle conjoint est un partage contractuellement convenu du contrôle exercé sur
une opération, qui n’existe que dans le cas où les décisions concernant les activités perti-
nentes requièrent le consentement unanime des parties partageant le contrôle.
• Une activité conjointe est un partenariat dans lequel les parties qui exercent un contrôle
conjoint sur l’opération ont des droits sur les actifs, et des obligations au titre des passifs,
relatifs à celle-ci.
• Une coentreprise est un partenariat dans lequel les parties qui exercent un contrôle
conjoint sur l’opération ont des droits sur l’actif net de celle-ci.

L’IFRS 11 emprunte beaucoup à l’IFRS 10. Elle partage avec celle-ci les deux notions essentielles
de pouvoir et d’activités pertinentes, ainsi que les liens avec les rendements qui découlent de
ce pouvoir. La différence est que l’exercice de ce pouvoir sur les ­activités pertinentes exige le
consentement unanime des parties signataires de l’accord.

NOTRE CONSEIL

Pour distinguer les activités conjointes et les entités sous contrôle conjoint (coentreprises), indépendam-
ment de la forme juridique, vérifiez si les coentrepreneurs ont des droits sur tout ou partie des actifs et
passifs faisant l’objet de l’accord et des charges ou des produits qui en découlent (pour les activités com-
munes) ou bien s’ils n’ont des droits que sur l’actif résiduel (pour les coentreprises).

Exemple
◗ Les sociétés anonymes Alpha et Bêta ont créé une société à responsabilité limitée Gamma en vue
d’effectuer des opérations en commun et d’y exercer un contrôle conjoint. Elles ont apporté cha-
cune en capital une somme de 100 000 €, à charge pour la société Gamma de réaliser les investis-
sements nécessaires. Il est prévu qu’au moment de la dissolution de la société Gamma, l’actif net
résiduel sera réparti égalitairement entre les deux sociétés constituantes.
Par ailleurs, les sociétés Alpha et Bêta ont créé une société en participation Delta régie par
les articles 1871 à 1873 du Code civil. Cette société n’a pas la personnalité morale et pour son
fonctionnement les sociétés Alpha et Bêta ont fait des apports de biens et d’espèces qu’ils
reprendront lors de la dissolution de la société.
Dans le premier cas, la société Gamma est une coentreprise.
Dans le second cas, la société Delta est une activité conjointe. ◗

195
4. Exceptions à l’obligation de consolidation
Quelques exceptions à l’obligation de consolidation sont précisées par l’IFRS 10.
IFRS 10 § 4
■ « Une société mère n’est pas tenue de présenter des états financiers consolidés si toutes les
conditions suivantes sont remplies :
a) il s’agit d’une filiale entièrement détenue, ou encore d’une filiale partiellement détenue par
une autre entité et tous ses autres propriétaires, y compris ceux qui ne sont généralement
pas habilités à voter, ont été informés que la société mère ne présente pas d’états financiers
consolidés et ne s’y opposent pas ;
b) ses instruments de dette ou de capitaux propres ne sont pas négociés sur un marché organisé
(une bourse des valeurs nationale ou étrangère ou un marché de gré à gré, y compris un mar-
ché local ou régional) ;
c) elle n’a pas déposé, et n’est pas en voie de déposer, ses états financiers auprès d’une autorité
de réglementation des valeurs mobilières ou d’une autre autorité de réglementation, aux fins
d’émettre des instruments d’une catégorie quelconque sur un marché organisé ;
d) sa société mère ultime ou l’une de ses sociétés mères intermédiaires produit des états finan-
ciers consolidés mis à la disposition du public, qui sont conformes aux normes IFRS.

Il ne faut pas intégrer aux états financiers consolidés les régimes d’avantages postérieurs à
l’emploi ou d’autres avantages à long terme pour lesquels s’applique l’IAS 19 « Avantages
du personnel » ( chapitre 6).

L’IFRS 10 ne s’applique pas non plus (IFRS 10 § 4 A) aux régimes d’avantages postérieurs à l’em-
ploi et aux régimes d’avantages à long terme ( chapitre 6), ni aux entités d’inves­tissement, les-
quelles doivent évaluer leurs participations dans des filiales à la juste valeur par le biais du résultat
(IFRS 10 § 31).
Pour qu’une entité soit une entité d’investissement, elle doit comporter les trois caractéris-
tiques suivantes :
– elle doit lever des fonds auprès d’un ou de plusieurs investisseurs afin de leur fournir un service
de gestion d’actifs ;
– elle s’engage auprès des investisseurs à ce que son activité d’investissement ait pour finalité
la réalisation de plus-values, l’obtention de revenus (dividendes ou intérêts) ou les deux à la
fois ;
– elle évalue et apprécie les performances de ses investissements sur la base de leur juste valeur.
Les cas d’exclusion de la consolidation sont extrêmement rares dans l’IFRS 10.
Exemple
◗ Une filiale n’est pas exclue du périmètre de consolidation lorsque ses activités sont dis-
semblables de celles des autres entités du groupe. Si lors de l’acquisition, une filiale (ou une
coentreprise) satisfait aux critères lui permettant d’être classée comme détenue en vue de
la vente selon IFRS 5 « Actifs non courants détenus en vue de la vente et activités abandon-
nées », elle doit être comptabilisée selon cette dernière norme (évaluation au montant le plus
bas entre sa valeur comptable et sa juste valeur diminuée des coûts de vente). ◗

MINI-CAS 2

196
3 Méthodes applicables
A Selon les normes françaises
Le règlement 2020-01 de l’ANC précise (comme l’article L. 233‑18 du Code de commerce)
que les comptes des entités placées sous le contrôle exclusif de ­l’entité consolidante sont
consolidés par intégration globale, les comptes des entités contrôlées conjointement avec
d’autres actionnaires ou associés par l’entité consolidante sont consolidés par intégration
proportionnelle et les comptes des entités sur lesquelles l’entité consolidante exerce une

Partie 3 – Chap 7 – Cadre légal et réglementaire, périmètre, méthodes et processus de consolidation


influence notable le sont par mise en ­équivalence (fig. 7.1).

Contrôle Contrôle Influence


exclusif conjoint notable

Intégration Intégration Mise en


globale proportionnelle équivalence

Figure 7.1. Formes de contrôle et méthodes applicables en consolidation


(normes françaises)

1. Intégration globale
Règlement 2020-01 de l’ANC, art. 221-2
■ L’intégration globale consiste à :
– intégrer dans les comptes de l’entité consolidante les éléments des comptes des entités
consolidées, après retraitements éventuels ;
– répartir les capitaux propres et le résultat entre les intérêts de l’entité consolidante et les
intérêts des autres actionnaires ou associés dits « intérêts minoritaires » ;
– éliminer les opérations et comptes entre l’entité intégrée globalement et les autres ­entités
comprises dans le périmètre de consolidation.

2. Intégration proportionnelle
Règlement 2020-1 de l’ANC, art. 221-3
■ L’intégration proportionnelle consiste à :
– intégrer dans les comptes de l’entité consolidante la fraction représentative de ses intérêts
dans les comptes de l’entité consolidée, après retraitements éventuels ; aucun intérêt mino-
ritaire n’est donc constaté ;
– éliminer les opérations et comptes entre l’entreprise intégrée proportionnellement et les
autres entités comprises dans le périmètre de consolidation.

197
3. Mise en équivalence
Règlement 2020-01 de l’ANC art. 221-4
■ La mise en équivalence appliquée aux titres détenus par les entités sous influence notable
consiste à :
– substituer à la valeur comptable des titres détenus, la quote-part des capitaux propres, y com-
pris le résultat de l’exercice, déterminés conformément aux méthodes comptables appliquées
dans les comptes consolidés ;
– éliminer les opérations et comptes entre l’entité mise en équivalence et les autres entités
comprises dans le périmètre de consolidation.

B Selon les normes internationales


Définies par les normes IFRS 10, IAS 28 et IFRS 11, les méthodes applicables (fig. 7.2) sont :
•La consolidation (proprement dite), pour les filiales.
•La mise en équivalence, pour les entités associées et coentreprises.
•La consolidation partielle, pour les activités conjointes.

Coentreprises
Contrôle Activités
et entités
exclusif conjointes
associées

Consolidation Mise en
Consolidation
partielle équivalence

Figure 7.2. Formes de contrôle et méthodes applicables en consolidation (normes internationales)

1. Consolidation
Définition
La consolidation consiste à combiner les éléments semblables d’actifs, passifs, capitaux
propres, produits, charges et flux de trésorerie de la société mère avec ceux de ses filiales.

Afin que les états financiers consolidés présentent l’information financière du groupe (actifs,
passifs, capitaux propres, produits, charges, flux de trésorerie) comme celle d’une entité éco-
nomique unique, les étapes ci-dessous sont alors suivies (comme dans le cas de l’intégration
globale en normes françaises) :
• Les éléments semblables de la mère et des filiales sont totalisés ligne par ligne.
• La valeur comptable de la participation de la société mère dans chaque filiale et la quote-part
de la société mère dans les capitaux propres de chaque filiale sont ­éliminées.
• Les actifs, passifs, capitaux propres, produits, charges, flux de trésorerie relatifs aux transac-
tions entre entités du groupe sont éliminés.
• Les intérêts minoritaires (appelés « participations ne donnant pas le contrôle ») dans le résul-
tat et l’actif net des filiales consolidées sont identifiés séparément des capitaux propres et du
résultat de la société mère.

198
2. Mise en équivalence
Définition
La méthode de la mise en équivalence consiste à comptabiliser initialement la participation
au coût et à l’ajuster par la suite pour prendre en compte les changements de la quote-part de
l’investis­seur dans l’actif net de l’entité émettrice qui surviennent postérieurement à l­ ’acquisition.

Le résultat net de l’investisseur comprend sa quote-part du résultat net de l’entité émettrice, et


les autres éléments du résultat global de l’investisseur comprennent sa quote-part des autres

Partie 3 – Chap 7 – Cadre légal et réglementaire, périmètre, méthodes et processus de consolidation


éléments du résultat global de l’entité émettrice.

3. Consolidation partielle
Définition
La consolidation partielle est une méthode de comptabilisation selon laquelle la quote-
part d’une activité conjointe dans chacun des actifs, passifs, produits et charges de l’entité
contrôlée conjointement est regroupée, ligne par ligne, avec les éléments similaires dans les
états financiers de l’entité assumant le contrôle conjoint.

IFRS 11 (§ 20)
■ Le coparticipant doit comptabiliser les éléments suivants relativement à ses intérêts dans une
activité conjointe :
– ses actifs, y compris sa quote-part des actifs détenus conjointement, le cas échéant ;
– ses passifs, y compris sa quote-part des passifs assumés conjointement, le cas échéant ;
– les produits qu’il a tirés de la vente de sa quote-part de la production générée par l­’activité
conjointe ;
– sa quote-part des produits tirés de la vente de la production générée par l’activité conjointe ;
– les charges qu’il a engagées, y compris sa quote-part des charges engagées conjointement,
le cas échéant.

4. Comparaison des méthodes de consolidation


Les méthodes des normes IFRS et du règlement 2020-01 de l’ANC ne divergent pas, sauf en
matière ­d’influence notable (tab. 7.2).

Tableau 7.2. Méthodes de consolidation utilisées par les normes IFRS et les normes françaises

Normes IFRS 10,11, IAS 28 Normes françaises 2020-01


Méthode Méthode
Type de contrôle Type de contrôle
de consolidation de consolidation
Contrôle Consolidation Contrôle exclusif Intégration globale
Contrôle conjoint Consolidation partielle Contrôle conjoint, Intégration
activités conjointes coentreprises proportionnelle
Contrôle conjoint Mise en équivalence
coentreprises
Influence notable Mise en équivalence Influence notable Mise en équivalence

MINI-CAS 2 • MINI-CAS 3

199
4 Pourcentages de contrôle et d’intérêts
Définitions
• Le pourcentage de contrôle représente le pourcentage de droits de vote (ou de droits d’exer-
cer une influence dominante en vertu d’un contrat ou de clauses ­statuaires) que peut avoir la
société consolidante, soit directement, soit indirectement sur une filiale ou une participation.
• Le pourcentage d’intérêts représente la quote-part du patrimoine de la filiale ou de la parti-
cipation que possède la société consolidante ; le pourcentage de contrôle et le pourcentage
d’intérêts de la société consolidante sur une filiale ou une participation peuvent être différents.

Le programme de l’UE 4 du DSCG impose de traiter les opérations de consolidation par la


méthode de la consolidation directe.

La détermination de ces pourcentages est utile pour les raisons suivantes :


• Le pourcentage de contrôle permet de déterminer si une société entre dans le périmètre de
consolidation et quelle méthode lui est applicable.
• Le pourcentage d’intérêts permet de déterminer les intérêts majoritaires et minoritaires
directs ou indirects, en particulier dans le cas d’une consolidation directe.
Dans certains cas, le calcul du pourcentage de contrôle et du pourcentage d’intérêts pose des
difficultés.
Exemple 1
◗ Une société A possède 40 % des actions d’une société B dont 20 % du capital est constitué
d’actions à dividende prioritaire sans droit de vote.

Actions
A Autres
de préférence

20 %

40 % 40 %

Le pourcentage d’intérêts de la société consolidante A sur la société B est de 40 % alors que,


du fait de l’existence des actions sans droit de vote, le pourcentage de contrôle de A sur B est
40 %
de = 50 %. ◗
100 % – 20 %
Exemple 2
◗ La société A possède 60 % des actions et droits de vote de B. Par ailleurs la société B a émis
un emprunt à obligations convertibles en actions représentant 20 % du capital. La société A a
souscrit 50 % de ces obligations.
En normes françaises, lorsque des droits de vote potentiels existent, les quotes-parts du résul-
tat ou de variations des capitaux propres attribuées à la société mère et aux intérêts minori-
taires sont déterminées sur la base des pourcentages de participation actuels et ne reflètent

200
pas l’exercice ou la conversion possibles des droits de vote potentiels. Le ­pourcentage de
contrôle de A sur B serait donc de 60 %.
Au contraire, pour le calcul du pourcentage de contrôle en normes IFRS, il faut tenir compte
des droits de vote potentiels attachés aux obligations convertibles en actions : le pourcentage
de contrôle de A sur B est donc de (60 + 20 × 50 %) / (100 + 20) = 58,33 %.
Le pourcentage d’intérêts de A sur B serait de 60 % (en normes françaises, comme en normes
internationales). ◗

Exemple 3

Partie 3 – Chap 7 – Cadre légal et réglementaire, périmètre, méthodes et processus de consolidation


◗ Une société A possède 30 % des actions d’une société B, laquelle possède 60 % des actions
du capital d’une société C : il n’y a pas d’actions sans droit de vote.

30 % 60 %
A B C

Le pourcentage d’intérêts de la société consolidante sur la société C est de 30 % × 60 % = 18 %


alors que le pourcentage du contrôle est nul car la société A ne disposant pas de la détention de
la majorité des droits de vote de B ne peut indirectement contrôler la société C. ◗

Exemple 4
◗ Une société A possède 60 % des actions d’une société B, laquelle possède 30 % des actions
du capital d’une société C : il n’y a pas d’actions sans droit de vote.

60 % 30 %
A B C

Le pourcentage d’intérêts de la société consolidante sur la société C est de 60 % × 30 % = 18 %


alors que le pourcentage de contrôle de la société A sur la société C est de 30 %. En effet, la société
B est contrôlée par la société A (plus de 50 % des droits de vote) et le pourcentage de contrôle
de B sur C est de 30 %. De manière indirecte, en fait, A a une influence sur C au niveau de 30 %. ◗

Exemple 5
◗ Une société A possède 80 % des actions d’une société B, laquelle possède 60 % des actions
d’une société C, laquelle possède 70 % des actions d’une société D, laquelle possède 10 % des
actions de la société B : il n’y a pas d’actions sans droit de vote.
80 % 60 % 70 %
A B C D

10 %

Les pourcentages d’intérêts de A sur B, de A sur C et de A sur D peuvent être déterminés de la


manière suivante :
• b = 0,80 + 0,10 d • b = 83,5 %
• c = 0,60 b • c = 50,1 %
• d = 0,70 c • d = 35,07 % ◗
CAS PRATIQUE 4

201
5 Schéma de base du processus de consolidation
Le processus de consolidation se présente comme suit (fig. 7.3).

NORMES FRANÇAISES

Comptes sociaux Comptes sociaux Comptes sociaux


Comptes sociaux
des filiales des filiales des sociétés sous
de la société mère
(contrôle exclusif) communes influence notable

Retraitement Retraitement Retraitement


de préconsolidation de préconsolidation de préconsolidation
pour homogénéité pour homogénéité pour homogénéité

Cumul des données de base homogénéisées

Retraitement comptes réciproques

Retraitement des titres mis en équivalence

Retraitement des titres intégrés


(globalement et proportionnellement)

Établissement des bilan et compte


de résultat consolidés

202
NORMES INTERNATIONALES (HORS ACTIVITÉS CONJOINTES)

Comptes sociaux
Comptes sociaux Comptes sociaux
des coentreprises
de la société mère des filiales
et entités associées

Retraitement Retraitement

Partie 3 – Chap 7 – Cadre légal et réglementaire, périmètre, méthodes et processus de consolidation


de préconsolidation de préconsolidation
pour homogénéité pour homogénéité

Cumul des données de base homogénéisées

Retraitement comptes réciproques

Retraitement des titres mis en équivalence

Retraitement des titres intégrés

Établissement de l’état de la situation financière


et de l’état du résultat net et autres éléments
du résultat global consolidés

Figure 7.3. Processus d’établissement du bilan et du compte de résultat consolidés

A Saisie des données de base


La consolidation, surtout celle qui s’effectue par intégration (globale ou proportionnelle) néces-
site une information aussi homogène que possible des sociétés à consolider. Ces informations,
généralement fournies sous formes de balances après régularisations d’inventaire (balance
ayant servi à établir les comptes sociaux : bilan et compte de résultat) doivent remplir un certain
nombre de caractéristiques ou sinon être retraitées.
Généralement ( chapitre 11), comme il est nécessaire que les données de chaque filiale, voire
de chaque participation, doivent être homogènes pour être cumulées, les retraitements s’effec-
tuent dans le cadre des opérations de préconsolidation (fig. 7.3), sans détermination des intérêts
minoritaires.

203
1. Caractéristiques des données de base
Les comptes consolidés sont établis à une date qui est généralement la date de clôture des
comptes de l’entité consolidante.
Date d’élaboration. En normes françaises (Code de commerce, art. L. 233‑25), sous réserve
de justifier ce choix dans l’annexe, les comptes consolidés peuvent être établis à une date dif-
férente de celle des comptes annuels de la société consolidante, à condition que cette date
soit retenue par la majorité des entreprises comprises dans la consolidation pour leurs comptes
sociaux.
En normes internationales, selon l’IFRS 10 (§ B 92 et 93), les états financiers de la société mère
et de ses filiales utilisés pour l’établissement des états financiers consolidés doivent être établis
à la même date dite de « reporting ». Lorsque les dates de reporting de la société mère et d’une
filiale sont différentes, la filiale prépare, pour les besoins de la consolidation, des états financiers
supplémentaires à la même date que les états financiers de la société mère, à moins que cela ne
soit impossible à faire.
Homogénéité. Les états financiers consolidés doivent être établis en utilisant des méthodes
comptables uniformes pour des transactions et autres événements semblables dans des cir-
constances similaires. Le principe d’homogénéité à respecter lors de l’élaboration des comptes
consolidés porte à la fois sur l’évaluation et la présentation de l’ensemble des éléments du bilan,
du compte de résultat ainsi que des informations fournies dans l’annexe. Ce principe suppose
que soit défini un plan comptable de consolidation fixant les règles et méthodes d’évaluation
et de classement retenues au niveau des comptes consolidés (ex. : retraitements chapitres 8
et 9).

2. Cumul des données de base


Les données de base (balances) après retraitements et reclassements (dites « écritures de pré-
consolidation ») sont d’abord cumulées (uniquement en ce qui concerne les sociétés consoli-
dées intégrées totalement ou partiellement). Ce cumul peut s’effectuer sous forme de tableaux
ou d’écritures comptables. On peut obtenir une balance cumulée (qui permet d’établir un bilan
cumulé et un compte de résultat cumulé). Les données des sociétés consolidées proportionnel-
lement ne sont prises que pour leur quote-part.

Rendez-vous
MÉTHODE
Préparer un bilan et un compte de résultat consolidés
Il est souhaitable, dans la mesure où l’on désire séparer la préparation du bilan consolidé
de la préparation du résultat consolidé, de ne prendre en compte, pour le bilan que les
comptes de bilan de la balance (avec un compte « Résultat ») et pour le compte résultat
que les comptes de charges et de produits de la balance (avec un compte « Résultat »
représentant le solde). Les deux comptes de « Résultat », celui du bilan et celui du compte
de résultat, doivent être réciproques.

204
B Ajustements, retraitements et éliminations
Après avoir établi un bilan ou un compte de résultat cumulé (ou une balance) il est nécessaire
d’effectuer un certain nombre d’ajustements, de retraitements, d’éliminations de comptes réci-
proques avant d’obtenir les comptes consolidés.
Ces opérations peuvent se réaliser en effectuant de simples additions ou soustractions soit
en enregistrant des écritures comptables. Dans la suite de notre exposé, nous utiliserons la
méthode des écritures comptables.
Dans les écritures comptables, les écritures du bilan, comme précédemment évoqué pour le

Partie 3 – Chap 7 – Cadre légal et réglementaire, périmètre, méthodes et processus de consolidation


cumul des données de base, peuvent être intégrées avec celles du retraitement du compte de
résultat.
Ainsi une dotation complémentaire de 1 000 aux amortissements, opération intéressant à la
fois le bilan et le compte de résultat, serait comptabilisée ainsi :

Dotation aux amortissements des immobilisations 1 000


Amortissement des immobilisations 1 000
Dotation complémentaire

Il est également possible, et c’est la méthode que nous utiliserons par la suite, d’user du compte
« Résultat » comme d’un compte de liaison entre les opérations enregistrées dans un journal
conduisant à l’établissement du bilan consolidé et des opérations enregistrées dans un journal
conduisant à l’établissement du compte de résultat consolidé.

Pour le retraitement du bilan

Résultat 1 000
Amortissement des immobilisations 1 000
Dotation complémentaire

Pour le retraitement du compte de résultat

Dotations aux amortissements des immobilisations 1 000


Résultat 1 000
Dotation complémentaire

205
Rendez-vous
MÉTHODE
Choisir et justifier les écritures comptables
• Nous utilisons systématiquement pour les participations minoritaires le compte
« Intérêts minoritaires sur capital et réserves » pour les éléments concernant le
capital et les réserves et le compte « Intérêts minoritaires sur résultat » pour les
éléments concernant le résultat. Nous aurions pu utiliser plus simplement « Intérêts
minoritaires » et « Résultats minoritaires ».
• Nous distinguons toujours, dans les écritures conduisant au bilan, les « Intérêts
minoritaires sur capital et réserves » et les « Intérêts minoritaires sur résultat ». Nous
ne faisons en revanche pas la distinction dans les écritures conduisant au résultat (la
séparation entre le résultat attribué à la société mère et le résultat attribué aux intérêts
minoritaires pouvant être effectuée à partir des écritures réciproques conduisant au
bilan).
En IFRS, dans l’état de situation financière, l’ensemble des intérêts minoritaires est
inscrit dans le poste « capitaux propres attribuables aux participations ne donnant pas le
contrôle » ( chapitre 4). Même lorsque des opérations seront enregistrées en normes
IFRS, nous utiliserons toujours (par mesure de simplification) le vocable « Intérêts
minoritaires » (sur capital et réserves ou sur le résultat) » plutôt que le vocable « Capitaux
propres (ou résultats) attribuables aux participations ne donnant pas le contrôle ».

Exemple
◗ Exemple simple d’établissement de comptes consolidés
Remarque préliminaire : cet exemple simple vise à offrir une vue d’ensemble des opérations
conduisant à l’établissement d’un bilan et d’un compte de résultat consolidés à partir de comptes
sociaux homogènes ( chapitre 11).
La société Alpha, société anonyme au capital de 10 000 k€ a pris une participation dans les
sociétés Bêta, Gamma et Delta au moment de la constitution desdites sociétés. Compte tenu
de la taille du groupe, elle utilise les règles françaises relatives aux comptes consolidés. Cette
participation est de 75 % dans la société Bêta, de 50 % dans la société Gamma (la société
Alpha partage le contrôle de la société Gamma avec la société Oméga) et de 25 % de la
société Delta. La société Bêta sera intégrée globalement, la société Gamma intégrée propor-
tionnellement et la société Delta mise en équivalence.
Après retraitements d’homogénéité, les bilans et comptes de résultat (extrêmement simpli-
fiés) des sociétés Alpha, Bêta, Gamma et Delta se présentent comme suit (en k€) :

206
Bilan de la société Alpha

Actifs non courants 7 000 Capital 10 000


Titres de participation Bêta 6 000 Réserves 5 000
Titres de participation Gamma 3 000 Résultat 1 000
Titres de participation Delta 1 000 Passifs non courants 3 000
Actifs courants 9 000 Passifs courants 7 000
Total 26 000 Total 26 000

Partie 3 – Chap 7 – Cadre légal et réglementaire, périmètre, méthodes et processus de consolidation


Bilan de la société Bêta

Actifs non courants 10 000 Capital 8 000


Actifs courants 13 000 Réserves 3 000
Résultat 1 000
Passifs non courants 6 000
Passifs courants 5 000
Total 23 000 Total 23 000

Bilan de la société Gamma

Actifs non courants 12 000 Capital 6 000


Actifs courants 9 000 Réserves 4 000
Résultat 1 000
Passifs non courants 5 000
Passifs courants 5 000
Total 21 000 Total 21 000

Bilan de la société Delta

Actifs non courants 10 000 Capital 4 000


Actifs courants 14 000 Réserves 3 000
Résultat 1 000
Passifs non courants 6 000
Passifs courants 10 000
Total 24 000 Total 24 000

Compte de résultat de la société Alpha

Charges d’exploitation 19 000 Produits d’exploitation 20 000


Charges financières 1 300 Produits financiers 1 800
Impôt sur les sociétés 500
Résultat 1 000
Total 21 800 Total 21 800

207
Compte de résultat de la société Bêta

Charges d’exploitation 11 500 Produits d’exploitation 14 000


Charges financières 2 000 Produits financiers 1 000
Impôt sur les sociétés 500
Résultat 1 000
Total 15 000 Total 15 000

Compte de résultat de la société Gamma

Charges d’exploitation 10 400 Produits d’exploitation 12 000


Charges financières 1 600 Produits financiers 1 500
Impôt sur les sociétés 500
Résultat 1 000
Total 13 500 Total 13 500

Compte de résultat de la société Delta

Charges d’exploitation 9 000 Produits d’exploitation 10 000


Charges financières 300 Produits financiers 800
Impôt sur les sociétés 500
Résultat 1 000
Total 10 800 Total 10 800

Pour l’établissement du bilan et du compte de résultat cumulés, il est possible de passer les
écritures suivantes ou de présenter les tableaux suivants :

Établissement du bilan cumulé : écritures

Actifs non courants 7 000


Titres de participation Bêta 6 000
Titres de participation Gamma 3 000
Titres de participation Delta 1 000
Actifs courants 9 000
Capital Alpha 10 000
Réserves Alpha 5 000
Résultat Alpha 1 000
Passifs non courants 3 000
Passifs courants 7 000
Reprise bilan société Alpha

208
Actifs non courants 10 000
Actifs courants 13 000
Capital Bêta 8 000
Réserves Bêta 3 000
Résultat Bêta 1 000
Passifs non courants 6 000
Passifs courants 5 000
Reprise bilan société Bêta

Partie 3 – Chap 7 – Cadre légal et réglementaire, périmètre, méthodes et processus de consolidation


Actifs non courants 6 000
Actifs courants 4 500
Capital Gamma 3 000
Réserves Gamma 2 000
Résultat Gamma 500
Passifs non courants 2 500
Passifs courants 2 500
Reprise bilan société Gamma (à 50 %)

NOTRE CONSEIL
Le PCG (règlement 2014-03 de l’ANC art. 111-1) s’applique en France « à toute personne physique ou morale
soumise à l’obligation légale d’établir des comptes annuels comprenant le bilan, le compte de résultat et une
annexe ». Il comprend une liste de comptes (art. 932-1) avec une numérotation spécifique pour chaque compte.
En comptes consolidés, que ce soit en normes françaises (règlement 2020‑01 de l’ANC) ou en normes interna-
tionales, il n’existe pas de disposition équivalente. La numérotation des comptes utilisés est donc libre. C’est
pourquoi, dans cet ouvrage, pour ce qui concerne les écritures comptables relatives à la consolidation, nous
n’avons pas présenté d’informations relatives à la numérotation de comptes.
Établissement du bilan cumulé : tableau

Société Société Société Totaux (bilan


Alpha Bêta Gamma (50 %) cumulé)

Actifs non courants 7 000 10 000 6 000 23 000


Titres Bêta 6 000 6 000
Titres Gamma 3 000 3 000
Actifs

Titres Delta 1 000 1 000


Actifs courants 9 000 13 000 4 500 26 500

Total 26 000 23 000 10 500 59 500

Capital 10 000 8 000 3 000 21 000


Capitaux propres

Réserves 5 000 3 000 2 000 10 000


et passifs

Résultat 1 000 1 000 500 2 500


Passifs non courants 3 000 6 000 2 500 11 500
Passifs courants 7 000 5 000 2 500 14 500

Total 26 000 23 000 10 500 59 500

209
Établissement du compte de résultat cumulé : écritures

Charges d’exploitation 19 000


Charges financières 1 300
Impôt sur les sociétés 500
Résultat 1 000
Produits d’exploitation 20 000
Produits financiers 1 800
Reprise compte de résultat Alpha

Charges d’exploitation 11 500


Charges financières 2 000
Impôt sur les sociétés 500
Résultat 1 000
Produits d’exploitation 14 000
Produits financiers 1 000
Reprise compte de résultat Bêta

Charges d’exploitation 5 200


Charges financières 800
Impôt sur les sociétés 250
Résultat 500
Produits d’exploitation 6 000
Produits financiers 750
Reprise compte de résultat Gamma (à 50 %)

Établissement du compte de résultat cumulé : tableau

Totaux
Société
Société Société (compte
Gamma
Alpha Bêta de résultat
(50 %)
cumulé)
Charges d’exploitation 19 000 11 500 5 200 35 700
Charges financières 1 300 2 000 800 4 100
Charges

Impôt sur les sociétés 500 500 250 1 250


Résultat 1 000 1 000 500 2 500

Total 21 800 15 000 6 750 43 550


Produits d’exploitation 20 000 14 000 6 000 40 000
Produits

Produits financiers 1 800 1 000 750 3 550

Total 21 800 15 000 6 750 43 550

210
Pour passer du bilan cumulé et du compte de résultat cumulé au bilan et au compte de résul-
tat consolidés, il y a lieu d’enregistrer les écritures suivantes.

Établissement du compte du bilan consolidé : écritures


On passera trois écritures, la première pour éliminer les capitaux propres de Bêta et les répar-
tir entre les capitaux propres revenant à la société mère et ceux revenant aux intérêts minori-
taires, la seconde pour transférer la quote-part de capitaux propres de Gamma comprise dans
le bilan cumulé et de les affecter à Bêta, la troisième pour réévaluer les titres de Delta à la
valeur d’équivalence.

Partie 3 – Chap 7 – Cadre légal et réglementaire, périmètre, méthodes et processus de consolidation


Capital Bêta 8 000
Réserves Bêta 3 000
Résultat Bêta 1 000
Titres de participation Bêta 8 000 × 75 % 6 000
Réserves Alpha 3 000 × 75 % 2 250
Résultat Alpha 1 000 × 75 % 750
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 2 750
(8 000 + 3 000) × 25 %
Intérêts minoritaires sur résultat 1 000 × 25 % 250
Partage Capitaux propres Bêta

Capital Gamma 3 000


Réserves Gamma 2 000
Résultat Gamma 500
Titres de participation Gamma 6 000 × 50 % 3 000
Réserves Alpha 2 000
Résultat Alpha 500
Affection quote-part Gamma à Alpha

Titres Delta mis en équivalence 2 000


(4 000 + 3 000 + 1 000) × 25 %
Titres de participation Delta 4 000 × 25 % 1 000
Réserves Alpha 3 000 × 25 % 750
Résultat Alpha 1 000 × 25 % 250
Mise en équivalence Delta

Établissement du compte de résultat cumulé : écritures


On passera l’écriture suivante :

Résultat 250
Quote-part des résultats des sociétés mises en 250
équivalence
Quote-part résultat société Delta

211
Bilan et compte de résultats consolidés
On obtiendra donc enfin les bilans et compte de résultats consolidés suivants :
Bilan consolidé du groupe Alpha

Actifs non courants (1) 23 000 Capital (3) 10 000


Titres Delta mis en équivalence 2 000 Réserves groupe (4) 10 000
Actif courants (2) 26 500 Résultat groupe (5) 2 500
Intérêts minoritaires (6) 3 000
Passifs non courants (7) 11 500
Passifs courants (8) 14 500

Total 51 500 Total 51 500

(1) 7 000 + 10 000 + 6 000


(2) 9 000 + 13 000 + 4 500
(3) Capital société Alpha
(4) 5 000 + 2 250 + 2 000 + 750
(5) 1 000 + 750 + 500+ 250
(6) sur capital et réserves : 2 750 ; sur résultat : 250 ; total : 2 750 + 250 = 3 000
(7) 3 000 + 6 000 + 2 500
(8) 7 000 + 5 000 + 2 500

Compte de résultat consolidé du groupe Alpha


Charges d’exploitation (1) 35 700 Produits d’exploitation (6) 40 000
(2)
Charges financières 4 100 QP résultat société mise 250
en équivalence
Impôt sur les sociétés (3) 1 250 Produits financiers (7) 3 550
(4)
Résultat groupe 2 500
Résultat minoritaires (5) 250
Total 43 800 Total 43 800
(1) 19 000 + 11 500 + 5 200
(2) 1 300 + 2 000 + 800
(3) 500 + 500 + 250
(4) Voir bilan
(5) Voir note 6 bilan
(6) 20 000 + 14 000 + 6 000
(7) 1 800 + 1 000 + 750

212
6 Comptes combinés
Les entités qui constituent un ensemble, mais dont la cohésion ne résulte pas de liens de partici-
pation (et qui ne sont pas, de ce fait, en mesure d’établir des comptes consolidés), peuvent pré-
parer des comptes combinés afin de présenter les comptes de cet ensemble comme si celui-ci
était formé d’une seule entité.
Des comptes combinés peuvent être établis, notamment dans les situations suivantes :
– entités dirigées par la même personne ou un même groupe de personnes ayant des intérêts
communs ;

Partie 3 – Chap 7 – Cadre légal et réglementaire, périmètre, méthodes et processus de consolidation


– entités dont le propriétaire est la même personne physique ou les membres d’une même
famille ;
– entités des secteurs coopératifs ou mutualistes dans lesquelles les différentes organisations,
non nécessairement liées juridiquement entre elles, forment un ensemble homogène à stra-
tégie et direction communes ;
– entités liées entre elles par un accord de partage de résultat suffisamment contraignant pour
que leurs comptes combinés soient plus représentatifs que les comptes isolés de chaque entité.
À ce jour, seules les entreprises d’assurance et de réassurance (Code des assurances, art. L. 345‑2
al. 3), les coopératives agricoles et leurs unions (Code rural, art. 524‑6-2) et les organismes
nationaux de sécurité sociale qui gèrent un régime obligatoire (Code de la sécurité sociale, art.
L. 114‑6) ont l’obligation d’établir des comptes ­combinés.
Par ailleurs, l’article 141 modifié de la loi 2004‑420 du 15 mai 2001 sur les nouvelles régula-
tions économiques oblige le Gouvernement à déposer tous les ans, en annexe au projet de loi
de finances de l’année, un rapport relatif à l’État actionnaire qui (§ 2) « présente des comptes
combinés de toutes les entités significatives, établissements et sociétés, contrôlées par l’État,
et expose fidèlement la situation financière de l’ensemble de ces entités, y compris les engage-
ments hors bilan, son évolution prévisible, ainsi que les événements importants survenus entre
la date de clôture de l’exercice de combinaison et la date à laquelle les comptes combinés ont
été établis ».

7 Consolidations directe et par paliers


Lorsqu’une société contrôle par l’intermédiaire d’une filiale une sous-filiale, la consolidation
peut s’effectuer selon deux techniques :
– la technique de la consolidation directe ;
– la technique de la consolidation par paliers.
Définitions
• La consolidation directe consiste à déterminer tout de suite au niveau de la sous-filiale les
intérêts qui reviennent à la société mère et aux minoritaires (directs et indirects).
• La consolidation par paliers consiste à déterminer au niveau de la sous-filiale, la part qui
revient à la filiale et aux minoritaires de la sous-filiale, puis de partager l’actif net de la
filiale entre la société mère et les minoritaires de la filiale.

Exemple
◗ Supposons que la société Alpha qui possède 80 % du capital de la société Bêta laquelle pos-
sède 60 % du capital de la société Gamma. Le pourcentage d’intérêts d’Alpha sur Gamma est
de 80 % × 60 % = 48 %.

213
Dans le cadre d’une consolidation directe, l’écriture de retraitement de la société Gamma fera
ressortir 48 % des capitaux propres et du résultat reviennent directement à la société mère
Alpha alors que 52 % des capitaux propres et du résultat reviennent aux intérêts minoritaires.
Dans le cadre d’une consolidation par paliers, la même écriture de retraitement fera d’abord
ressortir que 60 % des capitaux propres et du résultat de la société Gamma reviennent à la
société Bêta (et devront ensuite être répartis entre Alpha et les minoritaires de Bêta) et 40 %
des mêmes capitaux propres et du résultat reviennent aux minoritaires.
Si les capitaux propres (résultat non compris) de Bêta sont de 1 000 000 € et ceux de Gamma
de 800 000 €, si les résultats de Bêta et de Gamma sont respectivement de 100 000 € et de
80 000 € et que les titres aient été acquis respectivement pour 600 000 € et 400 000 €, on
aurait les écritures de consolidation suivantes.

Consolidation directe

Capitaux propres Gamma 800 000


Résultat Gamma 80 000
Titres Gamma 400 000
Capitaux propres Alpha 64 000
800 000 × 48 % – 400 000 × 80 %
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 336 000
800 000 × 52 % – 400 000 × 20 %
Résultat Alpha 80 000 × 48 % 38 400
Intérêts minoritaires sur résultat 80 000 × 52 % 41 600
Consolidation Gamma

Capitaux propres Bêta 1 000 000


Résultat Bêta 100 000
Titres Bêta 600 000
Capitaux propres Alpha 1 000 000 × 80 % – 600 000 200 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 200 000
1 000 000 × 20 %
Résultat Alpha 100 000 × 80 % 80 000
Intérêts minoritaires sur résultat 100 000 × 20 % 20 000
Consolidation Bêta

Dans la consolidation directe, pour déterminer le montant des capitaux propres revenant
directement à la société mère, il convient de multiplier les capitaux propres de la filiale par le
pourcentage d’intérêts de la mère sur ladite filiale et soustraire le produit de la valeur d’acqui-
sition des titres par le pourcentage d’intérêts de la mère sur le propriétaire de ces titres. On
prend le complément pour les intérêts minoritaires. Ainsi, dans cet exemple, pour répartir les
capitaux propres de Gamma, on multiplie les capitaux propres de Gamma par le pourcentage
d’intérêts d’Alpha, la société mère dans Gamma (soit 48 %), et on retire le produit de la valeur
d’acquisition des titres par le pourcentage d’intérêts de la société mère dans la société Bêta
qui possède les titres Gamma (soit 80 %).

214
Comme il n’y a pas d’intérêt du groupe sur Alpha, on a déduit la totalité de la valeur des
titres Bêta possédés par Alpha (soit 100 %).

Consolidation par paliers

Capitaux propres Gamma 800 000


Résultat Gamma 80 000

Partie 3 – Chap 7 – Cadre légal et réglementaire, périmètre, méthodes et processus de consolidation


Titres Gamma 400 000
Capitaux propres Bêta 800 000 × 60 % – 400 000 80 000
Intérêts minoritaires 800 000 × 40 % 320 000
Résultat Bêta 80 000 × 60 % 48 000
Intérêts minoritaires sur résultat 80 000 × 40 % 32 000
Consolidation Gamma

Capitaux propres Bêta 1 000 000 + 80 000 1 080 000


Résultat Bêta 100 000 + 48 000 148 000
Titres Bêta 600 000
Capitaux propres Alpha 1 080 000 × 80 % – 600 000 264 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 216 000
1 080 000 × 20 %
Résultat Alpha 148 000 × 80 % 118 400
Intérêts minoritaires sur résultat 148 000 × 20 % 29 600
Consolidation Bêta

Dans la, consolidation par paliers, les effets de la répartition des capitaux propres de la
sous-filiale (ici société Gamma) sont ajoutés aux capitaux propres à répartir de la filiale (ici
société Bêta) qui sont ensuite répartis entre la société mère (ici société Alpha) et les intérêts
­minoritaires.

Si la méthode de consolidation par paliers est plus facile à appliquer, nous avons toutefois
choisi, dans cet ouvrage, de présenter les opérations de consolidation selon la méthode
directe, plus souvent utilisée en pratique. Le programme de l’UE4 du DSCG impose cette
dernière méthode.

Les deux méthodes donnent bien entendu les mêmes situations consolidées :
• Capitaux propres d’Alpha 264 000
• Intérêts minoritaires sur capital et réserves 536 000
• Résultat d’Alpha 118 400
• Intérêts minoritaires sur résultat 61 600
En matière de consolidation du compte de résultat, les deux méthodes conduisent aux mêmes
écritures. ◗

215
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
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les savoirs les compétences l’épreuve

1 QCM
Pour chacune des questions suivantes, une seule réponse est possible. Justifiez votre choix.
1. Pour l’établissement des comptes consolidés des sociétés françaises cotées à Euronext
Paris et faisant partie du CAC 40, quelles sont les normes comptables applicables ?
a. Les normes IAS 27, IAS 28, IFRS 3, 10, 11 et 12. ∙
b. Toutes les normes IFRS. ∙
c. Les normes IFRS qui ont été approuvées par l’Union européenne. ∙
2. Qu’est-ce que le contrôle selon l’IFRS 10 ?
a. Le fait que les activités de l’entité faisant l’objet d’un investissement ont une incidence
importante sur ses rendements. ∙
b. Le fait qu’un investisseur est exposé ou qu’il a droit
à des rendements variables sur un investissement en raison
de ses liens avec l’entité faisant l’objet d’un investissement,
et qu’il a la capacité d’influer sur ces rendements
du fait du pouvoir qu’il détient sur celle-ci. ∙
c. Le fait qu’un investisseur a des droits effectifs
qui lui confèrent la capacité actuelle de diriger les activités pertinentes. ∙
3. Qu’est-ce que le contrôle conjoint selon l’IAS 28 et l’IFRS 11 ?
a. Le contrôle conjoint est le partage contractuellement convenu
du contrôle exercé sur une entreprise, qui n’existe que dans le cas
où les décisions concernant les activités pertinentes requièrent
le consentement unanime des parties partageant le contrôle. ∙
b. Le contrôle conjoint est une entreprise sur laquelle deux parties
ou plus exercent le partage contractuellement convenu
du contrôle exercé sur une entreprise, qui n’existe que dans le cas
où les décisions concernant les activités pertinentes requièrent
le consentement unanime des parties partageant le contrôle. ∙
c. Le contrôle conjoint est un partenariat dans lequel les parties
qui exercent un contrôle commun sur l’opération
ont des droits sur les actifs, et des obligations au titre des passifs, relatifs à celle-ci. ∙
4. Qu’est-ce que l’influence notable selon l’IAS 28 ?
a. L’influence notable est une méthode comptable qui consiste
à comptabiliser initialement la participation au coût et à l’ajuster
par la suite pour prendre en compte les changements de la quote-part
de l’investisseur dans l’actif net de l’entité émettrice qui surviennent postérieurement à
l’acquisition. ∙
b. L’influence notable est un partenariat dans lequel les parties qui exercent un contrôle
conjoint sur l’entreprise ont des droits sur l’actif net de celle-ci. ∙

216
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

c. L’influence notable est le pouvoir de participer aux décisions relatives


aux politiques financières et opérationnelles de l’entité émettrice, sans toutefois
exercer un contrôle ou un contrôle conjoint sur ces politiques. ∙
5. En quoi les comptes combinés consistent-ils ?
a. Des comptes semblables aux comptes consolidés, établis par des entités
ayant le pouvoir de participer aux politiques financière et opérationnelle
d’autres entités sans en détenir le contrôle. ∙
b. Des comptes semblables aux comptes consolidés, établis par des entités partageant
le contrôle d’entités exploitées en commun par un nombre limité d’associés
ou d’actionnaires, de sorte que les politiques financière et opérationnelle résultent
de leur accord. ∙
c. Des comptes semblables aux comptes consolidés, établis par des entités
pouvant être liées par des relations économiques de natures diverses,
sans que leur intégration résulte de liens de participation organisant des relations
entre l’entité consolidante et l’entité contrôlée ou sous influence notable.  ∙
6. La société Alpha possède 80 % du capital de Bêta, laquelle possède 60 % du capital
de Gamma, qui elle-même possède 10 % du capital d’Alpha. Quel est le pourcentage
d’intérêts d’Alpha sur Gamma ?
a. 94,54 %. ∙ b. 75,63 %. ∙ c. 45,38 %. ∙

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les savoirs les compétences l’épreuve

2 Mini-cas : détermination du périmètre de consolidation ★★★

Compétence visée Définir le périmètre de consolidation

1. La société Alice possède 42 % des actions d’une société Béa dont 20 % du capital est
constitué d’actions à dividende prioritaire sans droit de vote, 50 % des actions d’une
société Cléa (dont la société X possède également 50 %), 30 % d’une société Diana et
10 % d’une société Éléa. La société Béa possède 70 % des actions de la société Fiona et
la société Diana possède 90 % des actions de la société Garance.
Quelles sont les sociétés qui entrent dans le périmètre de consolidation du Groupe Alice ?
2. La société Alpha, cotée sur Euronext Growth, contrôle les sociétés Bêta, Gamma,
Delta et Epsilon au sens de l’article L. 233-16 du Code de commerce. Elle établit et publie
des comptes consolidés de manière volontaire dans la mesure où elle peut se prévaloir
de l’exemption prévue par les articles L. 233-17 et R. 233-16 ou D 230-2 du Code
de commerce.
La situation se présentait ainsi à la clôture de chacun des exercices suivants :
Au 31/12/N-3 : aucun franchissement de seuil ;
Au 31/12/N-2 : aucun franchissement de seuil ;

217
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

Au 31/12/N-1 : franchissement de 2 des 3 seuils de l’article R. 233-16 précité.


Les sociétés Gamma et Delta vont être absorbées par la société Alpha au cours de l’exercice N.
En excluant les sociétés Gamma et Delta du périmètre, le groupe formé par la société Alpha, les
sociétés Bêta et Epsilon ne dépasse plus, au 31/12/N-1, deux des trois seuils : pour le total du
bilan, pour le chiffre d’affaires, pour l’effectif de salariés.
Quelles sociétés doivent être prises en compte pour déterminer s’il existe une obligation d’éta-
blissement et de publication de comptes consolidés dans l’hypothèse d’une restructuration d’un
groupe ?

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les savoirs les compétences l’épreuve

3 Cas pratique : périmètre de consolidation ★★★ 45 min

Compétence visée Définir le périmètre de consolidation


Vous êtes appelé à analyser le périmètre de consolidation du groupe Alpha.
Le groupe Alpha est une société cotée à Euronext Paris. Il est composé de 10 filiales (au sens
large), chacune spécialisée dans un domaine d’activité.
La filiale Bêta est spécialisée dans le domaine de l’hydraulique ; son capital appartient à 80 % à
la société Alpha.
La filiale Gamma est spécialisée dans le domaine de l’électricité industrielle : son capital appar-
tient à 30 % à la société Alpha et 15 % à la société Bêta. 40 % des actions de la société sont à
vote double dont 30 % appartiennent à la société Alpha.
La filiale Delta spécialisée dans le domaine de la maintenance industrielle : son capital appar-
tient pour 25 % à la société Alpha. La société Epsilon en possède 60 % du capital. Il n’a pas
d’actions à vote double ni d’actions sans droit de vote.
La filiale Dzêta est spécialisée dans le domaine de l’automatisme : cette société est contrôlée
conjointement par la société Alpha et la société Epsilon qui possèdent chacune 50 % du capital.
La filiale Éta est spécialisée dans le domaine du pneumatique ; son capital appartient à 45 % à la
société Bêta. 20 % des actions (dont aucune n’appartient à Bêta) de la société sont des actions
de préférence sans droit de vote.
La filiale Thêta est spécialisée dans le domaine de la tuyauterie industrielle : son capital appar-
tient à 80 % à la société Bêta et à 5 % à la société Iota. Il n’y a pas d’actions à droit de vote
double ni d’actions sans droit de vote.
La filiale Kappa est spécialisée dans le domaine de la construction métallique : son capital appar-
tient à 60 % à la société Thêta. Il n’y a pas d’actions à droit de vote double ni d’actions sans droit
de vote.
La filiale Lambda est spécialisée dans le domaine du contrôle métallurgique : son capital appar-
tient à 55 % à la société Kappa Il n’y a pas d’actions à droit de vote double ni ­d’actions sans droit
de vote.

218
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

La filiale Iota est spécialisée dans le domaine de l’usinage de précision : son capital appartient
à 80 % à la société Lambda. Il n’y a pas d’actions à droit de vote double ni d’actions sans droit
de vote.
La filiale Mu est une société de services spécialisée dans le domaine de la recherche de finan-
cement d’entreprises de la métallurgie : elle est indépendante (théoriquement) des sociétés du
groupe Alpha mais les contrats qu’elle a signés ne lui permettent que de travailler avec les filiales
du groupe dont elle assume la recherche de financement auprès des institutions bancaires.

Pour éviter de présenter plusieurs solutions, il est toujours demandé aux candidats
de traiter les opérations de consolidation par la méthode de la consolidation directe.

Travail à faire
1. Présentez l’organigramme du groupe.
2. Dans un tableau, déterminez :
– les pourcentages de contrôle ;
– les pourcentages d’intérêt des propriétaires dans chacune des sociétés du groupe ;
– les pourcentages des participations ne donnant pas le contrôle dans chacune des sociétés du
groupe.
3. Déterminez les méthodes à suivre pour la présentation des comptes consolidés.

219
SYNTHÈSE
SYNTHÈSE
Cadre légal et réglementaire, périmètre,
­méthodes et processus de consolidation

Hiérarchie des normes

Directive européenne :
2013/34/UE du 26 juin 2013

Textes de loi codifiés :


C. com., art. L. 233-16 à L. 233-28

Textes réglementaires européens :


CE 1606/2002

Textes réglementaires français :


• C. Com., art. R. 233-3 à R. 233-16,
art. D. 230-2
• Règlement 2020-01 de l’ANC

Méthodes de consolidation

Normes
Normes françaises
internationales

• Contrôle exclusif :
• Contrôle :
consolidation par
consolidation par
intégration globale
intégration globale
• Contrôle conjoint :
• Contrôle conjoint
consolidation par
(coentreprises)
intégration proportionnelle
et influence notable :
• Influence notable :
mise en équivalence
mise en équivalence

220
Processus de consolidation et traitement des comptes combinés

Retraitement :
des comptes
Reprise
réciproques,
des comptes Retraitement Établissement
des écarts
sociaux de Addition du bilan et
d’évaluation et
de la société préconsolidation des données du compte
d’acquisition ;
mère et pour homogénéisées de résultat
des titres mis
des filiales homogénéité consolidés
en équivalence ;
intégrées
des titres
intégrés

Consolidation directe et consolidation par paliers

Consolidation par paliers


Consolidation directe
Détermination, au niveau
Détermination immédiate,
de la sous-filiale, de la part revenant
au niveau de la sous-filiale,
à la filiale et aux minoritaires
des intérêts revenant à la société
de la sous-filiale, suivie du partage
mère et aux minoritaires
de l’actif net de la filiale entre
(directs et indirects)
la société mère et les minoritaires

221
CHAPITRE
8 Retraitements
de préconsolidation
en normes françaises
PROGRAMME

Compétences visées Notions et contenus


• Maîtriser le processus d’élaboration Retraitement de consolidation :
d’une consolidation homogénéisation des méthodes
• Déterminer l’impact des retraitements de comptabilisation et de présentation
en fonction de la réglementation et/
de consolidation
ou du manuel de consolidation du groupe ;
• Enregistrer les opérations
élimination des opérations passées
de consolidation
pour la seule application des législations
fiscales ; conversion de comptes établis
en devises.

PLAN DU CHAPITRE
Cours : 1. Méthodes comptables du groupe • 2. Retraitements obligatoires
• 3. Retraitements optionnels
Des savoirs aux compétences : Évaluer les savoirs • Maîtriser les compétences • Préparer
l’épreuve
Synthèse

Q uels sont les retraitements à apporter aux comptes sociaux établis conformément au
PCG pour les rendre conformes aux dispositions du règlement 2020-01 de l’Autorité des
normes comptables ?
Aux retraitements obligatoires, comme le retraitement des provisions réglementées s’opposent
les retraitements optionnels.

MOTS-CLÉS
Actif d’impôt différé • Écart de conversion • Frais d’émission • Impôt différé • Impôt
exigible • Location-financement • Méthodes comptables de groupe • Monnaie étrangère
• Passif d’impôt différé • Prestation de retraite • Prime de remboursement • Provisions
réglementées • Subvention d’investissement
1 Méthodes comptables du groupe
Définition
Les méthodes comptables du groupe visent à donner une représentation homogène de
l’ensemble formé par les entités incluses dans le périmètre de consolidation en tenant
compte des caractéristiques propres à la consolidation et des objectifs d’informations
financières propres aux comptes consolidés.

Les méthodes comptables du groupe correspondent aux méthodes comptables définies par les
règlements de l’ANC applicables aux comptes individuels, sous réserve :
– des méthodes comptables rendues obligatoires par le règlement 2020-01 nonobstant le fait

Partie 3 – Chap 8 – Retraitements de préconsolidation en normes françaises


qu’elles puissent être optionnelles pour les comptes individuels ;
– du choix effectué, par le groupe, de méthodes comptables alternatives lorsqu’un choix
de méthode comptable est prévu par les règlements de l’ANC applicables aux comptes
­individuels ;
– des méthodes comptables optionnelles prévues par le règlement 2020-01.
Lorsqu’un choix de méthodes comptables est prévu par les règlements de l’ANC applicables
aux comptes individuels, le groupe peut retenir, pour l’élaboration de ses comptes consolidés,
une méthode comptable différente de celle adoptée par les entités consolidées ou par l’entité
consolidante, sous réserve des méthodes obligatoires prévues par le règlement 2020-01.

2 Retraitements obligatoires
Les méthodes comptables d’application obligatoire dans les comptes consolidés présentées
dans le règlement 2020-01 de l’ANC concernent les points suivants.

A Constitution ou reprise de provisions réglementées


Définition
Les provisions réglementées sont des « provisions ne correspondant pas à l’objet normal
d’une provision et comptabilisées en application de dispositions légales ».

Ces provisions n’ont pas un caractère économique bien prononcé et sont dans les comptes indi-
viduels une entorse au principe de prééminence de la réalité financière sur l’apparence juridique.
Aussi, elles doivent être éliminées dans le cadre du retraitement vers les normes françaises
(comme vers les normes internationales) applicables aux comptes consolidés.
Exemple
◗ Le bilan (comptes sociaux) de la société Bêta présente au 31 décembre N une rubrique « Pro-
visions réglementées » relative à une provision de hausse de prix de 12 000 €. Cette provision
a été dotée au cours de l’exercice N de 4 800 €, une reprise sur provision antérieure ayant été
effectuée en N à hauteur de 1 800 €.
Les écritures de retraitement suivantes devront être comptabilisées.
On annulera le compte de provisions réglementées en le débitant de 12 000 €. On constatera
une dette d’impôt différé (voir le paragraphe H), égal à 25 % de cette provision qui, lorsqu’elle

223
sera reprise, donnera lieu à une imposition de 12 000 × 25 % = 3 000 € et on répartira le mon-
tant net entre la partie qui revient à l’exercice (soit 4 800 de dotations – 1 800 de reprise) ×
75 % = 2 250 et la partie qui revient aux exercices précédents (soit 12 000 × 75 % – 2 250 =
6 750 € (ou 12 000 – 4 800 + 1 800) × 75 = 6 750 €).

Écritures pour le bilan

Provisions réglementées 12 000


Dettes d’impôt différé 12 000 × 25 % 3 000
Réserves (12 000 – 4 800 + 1 800) × 75 % 6 750
Résultat (4 800 – 1 800) × 75 % 2 250
Reprise des provisions réglementées

Écritures pour le compte de résultat

Impôt sur les bénéfices 750


Reprise sur provisions réglementées 1 800
Résultat 2 250
Dotations aux provisions réglementées 4 800
Annulation des provisions réglementées

B Constatation ou reprise d’amortissements dérogatoires


Comme pour les provisions réglementées, il y a lieu de retraiter la constatation ou la reprise
d’amortissements dérogatoires lorsqu’une entreprise applique un système d’amortissement
dégressif prévu par la législation fiscale, tout en estimant nécessaire de conserver comptable-
ment un mode d’amortissement linéaire.

C Comptabilisation en résultat de l’impact des changements


de méthodes
Conformément à l’article 122-3 du PCG, « l’impact du changement déterminé à l’ouverture,
après effet d’impôt, est imputé en “report à nouveau” dès l’ouverture de l’exercice sauf si, en
raison de l’application de règles fiscales, l’entité est amenée à le comptabiliser dans le résultat
de l’exercice. Dans ce dernier cas, l’impact net d’impôt est comptabilisé en dehors du résultat
courant. »
Dans les comptes consolidés, l’impact du changement déterminé à l’ouverture, après effet d’im-
pôt, est toujours imputé en « report à nouveau » à l’ouverture de l’exercice.
Si le changement de méthode a été comptabilisé dans les comptes sociaux dans le résultat, il y a
lieu d’effectuer le retraitement nécessaire afin d’éliminer l’incidence d’une écriture passée pour
la seule application des législations fiscales.

224
D Inscription au bilan des contrats de crédit-bail et assimilés
L’article 272-2 du règlement 2020-01 de l’ANC stipule que : « Les contrats de crédit-bail et les
contrats assimilés sont comptabilisés :
– chez le preneur : au bilan sous forme d’une immobilisation et d’un emprunt correspondant ;
au compte de résultat, sous forme d’une dotation aux amortissements et d’une charge finan-
cière ;
– chez le bailleur : sous forme de prêts.
Les contrats assimilés aux crédits-baux présentent les caractéristiques suivantes :
– le contrat prévoit le transfert de propriété au terme de la durée du bail sur option et ce trans-
fert paraît hautement probable à la date de conclusion du bail ;
– la durée du bail recouvre l’essentiel de la durée de vie du bien dans les conditions d’utilisation

Partie 3 – Chap 8 – Retraitements de préconsolidation en normes françaises


du preneur ;
– la valeur actualisée des paiements minimaux est proche de la valeur vénale du bien loué à la
date de conclusion du bail. »
Exemple
◗ Le 1er janvier N–1, la société Kappa avait acquis une installation complexe spécialisée d’une
valeur de 200 000 € et financée par un contrat de crédit-bail mobilier :
• durée estimée de l’installation : 10 ans (valeur résiduelle nulle) ;
• durée du contrat de crédit-bail : 7 ans ;
• montant de chacune des trimestrialités (la première étant payable le 1er janvier N–1) :
10 000 € ;
• prix d’achat résiduel (payable le 31 décembre N+5) : 15 400 €.

Le taux d’impôt sur les sociétés est de 25 %. Il est d’abord nécessaire de déterminer le taux
d’actualisation (taux trimestriel i) de l’emprunt correspondant au contrat de crédit-bail.
–28
On peut écrire que 200 000 = 10 000 × 1 – (1 + i) (1 + i) + 15 400 (1 + i)–28
i
On trouvera i = 3 %.
À partir de ce taux, on présentera un tableau d’amortissement de l’emprunt correspondant à
cette opération de crédit-bail.

Échéances Reste à rembourser Intérêts Capital Redevance


1er janvier N–1 200 000 0 10 000 10 000
1er avril N–1 190 000 5 700 4 300 10 000
1er juillet N–1 185 700 5 571 4 429 10 000
1er octobre N–1 181 271 5 438 4 562 10 000
1er janvier N 176 709 5 301 4 699 10 000
1er avril N 172 001 5 160 4 840 10 000
1er juillet N 167 170 5 015 4 985 10 000
1er octobre N 162 185 4 866 5 134 10 000
1er janvier N+1 157 051 4 712 5 288 10 000
41 763 48 237 90 000

225
• Charges imputables à l’exercice N : 5 160 + 5 015 + 4 866 + 4 712 = 19 753
• Charges imputables aux exercices précédents : 41 763 – 19 753 = 22 010
Les écritures comptables de retraitement seront les suivantes :

Pour le bilan

Installations techniques, matériels et outillages 200 000


en location-financement
Dettes de location-financement 200 000
Immobilisation de l’installation industrielle acquise
en crédit-bail

Le détail des amortissements et charges financières peut s’analyser ainsi :

Résultat 200 000 × 10 % × 75 % 15 000


Réserves 15 000
Impôts différés 40 000 × 25 % 10 000
Amortissements des installations techniques, 40 000
matériels et outillage en location-financement
Amortissement de l’installation 200 000 × 10 % × 2

Compte de liaison redevances 80 000


Impôts différés 80 000 × 25 % 20 000
Résultat 40 000 × 75 % 30 000
Réserves 40 000 × 75 % 30 000
Annulation des redevances 10 000 × 8

Résultat 19 753 × 75 % 14 815


Réserves 22 010 × 75 % 16 507
Impôts différés 41 763 × 25 % 10 441
Dettes de location-financement 200 000 – 157 051 42 949
Compte de liaison redevances 80 000
Intérêts courus 4 712
Assimilation de la redevance à un remboursement
de capital et à un emprunt

On utilisera un compte dit « Compte de liaison redevances » pour faciliter la lecture


de l’écriture comptable correspondante (compte soldé après les deux corrections).

226
Pour le compte de résultat

Dotations aux amortissements des immobilisations 20 000


Impôts sur les bénéfices 20 000 × 25 % 5 000
Résultat 15 000
Amortissements

Résultat 30 000
Impôts sur les bénéfices 40 000 × 25 % 10 000
Redevances de crédit-bail 40 000
Annulation de la redevance

Partie 3 – Chap 8 – Retraitements de préconsolidation en normes françaises


Charges d’intérêts 19 753
Impôts sur les bénéfices 19 753 × 25 % 4 938
Résultat 14 815
Intérêts

Lorsqu’un bien mobilier ou immobilier est cédé à un tiers avant d’être repris en location sous
forme de crédit-bail ou de contrat assimilé, la cession (cession bail) est réputée ne pas avoir eu
lieu et le cédant- preneur :
– élimine le résultat de la cession figurant à son compte de résultat ;
– reconstitue à l’actif du bilan la valeur brute et les amortissements cumulés du bien cédé à la
date de cession ;
– continue d’amortir le bien cédé dans les mêmes conditions qu’avant la cession, sur la base de
sa durée d’utilisation ou sur la durée du contrat si celle-ci est plus courte ;
– constate au passif une dette à hauteur du prix de cession perçu ;
– enregistre ultérieurement les flux relatifs à la dette. En cas de moins- value, l’immo­bilisation
est dépréciée si sa valeur actuelle est inférieure à sa valeur nette comptable.

E Comptabilisation des coûts d’emprunt


Conformément à l’article 272-4 du règlement 2020-01, le coût d’un emprunt doit être réparti sur la
durée de l’emprunt d’une manière appropriée aux modalités de remboursement.
Ce coût inclut :
– les frais d’émission ;
– les primes d’émission ;
– les primes de remboursement.
Exemple
◗ La société Alpha a émis en janvier N–3 un emprunt-obligation de 10 000 obligations de nomi-
nal 100 € émis à 96 €, les frais d’émission étant de 1 € par obligation et remboursables à
105 € en fin de chaque exercice. Le taux d’intérêt servi est de 2,1 %. Les obligations sont rem-
boursables par annuités constantes sur une durée de 20 ans le 31 décembre de chacune des
années. Le taux d’intérêt effectif de l’emprunt est de 2,72 %.
Fin N, il reste 8 304 obligations vivantes, l’annuité réelle de l’année N se composant de
18 356,10 € d’intérêts et de 45 885 € de remboursement en capital (soit 437 obligations).

227
Dans les comptes individuels, les frais d’émission et le compte « Prime de remboursement des
obligations » ont été amortis linéairement sur 20 ans.
Dans les comptes sociaux au 31 décembre N, on aurait les comptes suivants :
• 163 Emprunts obligataires 8 304 × 105 = 871 920
• 169 Prime de remboursement des obligations : 10 000 × (105 – 96) × 6/10 = 54 000
• 4816 Frais d’émission des emprunts 10 000 × 1 × 6/10 = 6 000
• 6611 Intérêts des emprunts (8 304 + 437) × 2,10 = 18 356,10
• 6812 Dotations aux amortissements des charges à répartir 10 000 × 1 × 1/10 = 1 000
• 6861 Dotations aux amortissements des primes de remboursement des obligations 10 000
× (105 – 96) × 1/10 = 9 000
On passera les écritures suivantes pour effectuer les retraitements nécessaires :

Pour le bilan

Emprunt obligataire 100 000


Frais d’émission des emprunts 10 000
Primes de remboursement des obligations 90 000
Annulation à l’origine des frais d’émission et des primes de
remboursement du capital 10 000 + 90 000

Frais d’émission des emprunts 10 000 × 4/10 4 000


Primes de remboursement des obligations 90 000 × 4/10 36 000
Impôts différés (4 000 + 36 000) × 25 % 10 000
Résultat Alpha (10 000/10 + 90 000/10) × 75 % 7 500
Réserves Alpha (10 000/10 + 90 000/10) × 3 × 75 % 22 500
Annulation des amortissements

Résultat Alpha 437 × (1 + 9) × 75 % 3 277


Réserves Alpha (10 000 – 8 304 – 437) × (1 + 9) × 75 % 9 443
Impôts différés (10 000 – 8 304) × (1 + 9) × 25 % 4 240
Emprunt obligataire (10 000 – 8 304) × (1 + 9) 16 960
Imputation des frais d’émission et des primes de
remboursement
Solde du compte 10 000 × 105 – 100 000 – (10 000 – 8 304)
× 105 + 16 960 = 788 880 soit 8 304 × (96 – 1)

L’avis IR3 joint à l’article 272-4 du règlement ANC 2020-01 précise que les coûts d’emprunt
peuvent être étalés de manière actuarielle ou linéaire, ou selon toute autre méthode jugée
plus pertinente, en cohérence avec le profil d’amortissement de l’emprunt. L’exemple
présenté ci-contre étale les coûts d’emprunt de manière actuarielle (en utilisant un taux
d’intérêt effectif, comme dans les normes internationales). Dans le cas d’un étalement
linéaire, il n’aurait pas été nécessaire d’effectuer un retraitement, les coûts d’emprunt
étant amortis linéairement sur 20 ans.

228
Pour le compte de résultat

Résultat 7 500 – 3 277 4 223


Intérêts des emprunts 437 × (1 + 9) 4 370
Impôts sur les bénéfices [(10 000/10 + 90 000/10) – 437 × 1 407
(1 + 9)] × 25 %
Dotations aux amortissements des charges à répartir 1 000
Dotations aux amortissements des primes 9 000
de remboursement des obligations
Régularisation des frais d’émission et des primes
de remboursement : amortissements considérés comme
intérêts d’emprunt (en plus de l’intérêt nominal déjà

Partie 3 – Chap 8 – Retraitements de préconsolidation en normes françaises


comptabilisé)

F Comptabilisation en charges des frais d’établissement


Conformément au règlement 2020-01 (art 272-5), les frais de constitution, de transformation,
de premier établissement doivent être comptabilisés en compte de résultat de l’exercice au
cours duquel ils ont été encourus.
Il est à noter que le règlement 2020-01 n’évoque pas les frais d’augmentation de capital et
d’opérations diverses (fusions, scissions, transformations), lesquels peuvent être imputés sur les
primes d’émission et de fusion (art. 212-9 du PCG).
Exemple
◗ La société Lambda a été constituée en janvier N –2. Les frais de constitution, soit 10 000 € ont
été comptabilisés dans le compte 2011 Frais de constitution, un amortissement étant prévu
en 5 ans. On passera les écritures de retraitement suivantes :

Pour le bilan

Réserves Lambda 10 000 × 75 % 7 500


Impôts différés 10 000 × 25 % 2 500
Frais de constitution 10 000
Enregistrement en charges des frais de constitution

Amortissement des frais de constitution 6 000


10 000 × 20 % × 3
Impôts différés 10 000 × 20 % × 3 × 25 % 1 500
Réserves Lambda 10 000 × 20 % × 2 × 75 % 3 000
Résultat Lambda 10 000 × 20 % × 75 % 1 500
Retraitement des amortissements des frais de constitution

229
Pour le compte de résultat

Résultat 1 500
Impôt sur les bénéfices 10 000 × 20 % × 25 % 500
Dotations aux amortissements des immobilisations 2 000
incorporelles 10 000 × 20 %
Retraitement des amortissements des frais de constitution

G Comptabilisation à l’actif de certains coûts


Les coûts suivants sont comptabilisés à l’actif dès lors qu’ils respectent les critères établis par le
PCG et notamment :
– les frais de développement selon les conditions de l’article 212-3 ;
– les frais de création de sites Internet visés à l’article 612-1 ;
– les droits de mutation, honoraires ou commissions et frais d’actes liés à l’acquisition d’un actif
visés aux articles 213-8, 213-22, 221-1 et 222-1.
Exemple
◗ Pour la fabrication d’une machine-outil spécifique commercialisable en N+1, la société Alpha
a dépensé en N–1 une somme de 50 000 € et en N une somme de 80 000 € de coûts de déve-
loppement comptabilisés en charges.
Par ailleurs, elle a dépensé en N une somme de 40 000 €, comptabilisée en charges, pour créer
un site Internet de vente de ses produits qui sera opérationnel en N+1 et qui fin N présente de
sérieuses chances de réussite technique et générera des avantages économiques futurs.
Dans les comptes consolidés, ces dépenses doivent obligatoirement, puisque les conditions
des articles 212-3 et 612-1 du PCG sont remplies, être comptabilisés à l’actif.
Pour passer du PCG au 2020-01, on comptabilisera les opérations suivantes (l’amortissement
des frais de développement et du site Internet ne commencera à courir qu’à compter de N+1) :

Pour le bilan

Immobilisations incorporelles – Frais de développement 130 000


50 000 + 80 000
Impôts différés 130 000 × 25 % 32 500
Réserves 50 000 × 75 % 37 500
Résultat 80 000 × 75 % 60 000
Activation des frais de développement

Immobilisations incorporelles – Sites Internet 40 000


Impôts différés 40 000 × 25 % 10 000
Résultat 40 000 × 75 % 30 000
Activation des dépenses de création de site Internet

230
Pour le compte de résultat

Résultat 120 000 × 75 % 90 000


Impôt sur les bénéfices 120 000 × 25 % 30 000
Production immobilisée – Immobilisations 120 000
incorporelles
Activation des frais de développement et de dépense
de création du site Internet 80 000 + 40 000

Exemple
◗ La société Alpha a fait l’acquisition, dans une tour du quartier de la Défense, en janvier N–6

Partie 3 – Chap 8 – Retraitements de préconsolidation en normes françaises


d’un local à usage de bureaux. Ce local a été comptabilisé dans le compte 213 « Construc-
tion » pour 800 000 €. Les droits de mutation, honoraires ou commissions et frais d’actes, liés
à l’acquisition se sont élevés à 60 000 € et ont été comptabilisés en charges. Cet immeuble
s’amortit linéairement en 40 ans (valeur résiduelle : 200 000 €).
Le passage des comptes du PCG au règlement ANC 2020-01 impliquera les écritures s­ uivantes
(au 31 décembre N) :

Pour le bilan

Constructions 60 000
Réserves 60 000 × 75 % 45 000
Impôts différés 15 000
Prise en compte des droits de mutation dans la construction

Résultat 60 000 / 40 × 75 % 1 125


Réserves 60 000 / 40 × 6 × 75 % 6 750
Impôts différés 60 000 / 40 × 7 × 25 % 2 625
Amortissement de la construction 60 000 / 40 × 7 10 500
Retraitement des amortissements correspondants

Pour le compte de résultat

Dotations aux amortissements des immobilisations 1 500


Impôts sur les bénéfices 375
Résultat 1 125
Retraitement amortissement

231
H Impôt sur le résultat
Le règlement 2020-01 de l’ANC relatif aux comptes consolidés (art. 272-7 à 272-14) impose
de prendre en compte la totalité des impôts différés à l’exception des impôts différés actif,
sauf si leur récupération ne dépend pas des résultats futurs ou s’il est probable que l’entre-
prise pourra les récupérer grâce à l’existence d’un bénéfice imposable attendu au cours de
cette période.
Définitions
• L’impôt exigible est le montant des impôts sur le bénéfice payables au titre du bénéfice
imposable d’une période.
• Les passifs d’impôt différé sont les montants d’impôts sur le résultat payables au cours
de périodes futures au titre de différences temporaires imposables.
• Les actifs d’impôt différé sont les montants d’impôts sur le résultat recouvrables au
cours de périodes futures au titre de différences temporaires déductibles, du report en
avant de pertes fiscales non utilisées ou de crédits d’impôt non utilisés.

Une différence temporaire apparaît dès lors que la valeur comptable d’un actif ou d’un passif est
différente de sa valeur fiscale :
• Comme cas de différences temporaires, sources d’imposition future et donc de passifs d’im-
pôts différés, on peut citer en particulier :
– les produits dont l’imposition est différée, comme les produits financiers courus qui ne
seront imposables qu’une fois échus ;
– les dépenses immobilisées immédiatement déductibles au plan fiscal mais dont la prise en
charge comptable sera étalée ou reportée ;
– les actifs qui, lors de leur cession ou de leur utilisation, ne donneront lieu qu’à des déduc-
tions fiscales inférieures à leur valeur comptable ; il en est ainsi notamment des actifs qui,
lors d’une prise de contrôle, sont entrés à l’actif consolidé pour une valeur supérieure à la
valeur qui, au plan fiscal, donne lieu à déduction soit lors de la cession de l’actif, soit lors
de son utilisation au rythme des amortissements (« valeur fiscale » de l’actif inférieure à sa
« valeur comptable »).

Il est à noter (règlement ANC 2023-02 modifiant le règlement 2020-01) que l’entité
ne doit pas comptabiliser d’actifs et de passifs d’impôts différés en application des
règles instaurant un impôt mondial minimum de 15 % à la charge des groupes inter-
nationaux (dites règles Pilier 2).
Cette disposition s’applique également aux impôts différés comptabilisés confor-
mément aux normes internationales.

• Comme cas de différences temporaires, sources de déductions futures et donc d’actifs d’im-
pôts différés, on peut citer en particulier les charges comptables qui ne seront déductibles
fiscalement qu’ultérieurement, telles les dotations à des provisions qui ne seront déductibles
que lors de la survenance de la charge ou du risque provisionné (en France, la provision pour
indemnité de départ en retraite par exemple).

232
Exemple
◗ La société Delta a constaté un bénéfice comptable de 435 000 €, un bénéfice fiscal de
480 000 € et un impôt sur les bénéfices (calculé au taux de 25 %) de 120 000 €.
Le passage du bénéfice comptable au bénéfice fiscal (tableau 2058 A) comprend les éléments
suivants :
• Bénéfice comptable 435 000
Réintégrations
• Impôt sur les bénéfices 120 000
• Charges comptabilisées en N mais déductibles en N+1 24 000
• Provision pour impôt sur plus-values d’expropriation 15 000
 159 000

Partie 3 – Chap 8 – Retraitements de préconsolidation en normes françaises


Déductions
• Charges comptabilisées en N–1 mais déductibles en N 54 000
• Plus-values d’expropriation reportées 60 000
 114 000
Bénéfice fiscal : 435 000 + 159 000 – 114 000 = 480 000
Seuls ont été comptabilisés l’impôt exigible et la provision pour impôt.
Pour que les comptes soient établis conformément au règlement 2020-01 de l’ANC (voire
conformément aux normes IFRS), on passera les écritures suivantes :
Pour le bilan

Impôts différés (créance) 24 000 × 25 % 6 000


Provisions pour impôt 15 000
Résultat (54 000 – 24 000) × 25 % 7 500
Réserves 54 000 × 25 % 13 500
Impôts différés (dette) 60 000 × 25 % 15 000
Retraitement des impôts différés

Pour le compte de résultat

Charge d’impôt différé (54 000 + 60 000) × 25 % 28 500


Résultat 7 500
Dotations aux provisions pour impôts 15 000
Produit d’impôt différé 24 000 × 25 % 6 000
Retraitement des impôts différés

Si la société Delta n’avait pas comptabilisé de provision et si elle n’avait bénéficié d’aucun
report d’impôt, le bénéfice fiscal aurait été de 435 000 + 120 000 + 15 000 = 570 000 et
l’impôt aurait été de 142 500 €, soit 120 000 + 15 000 + 7 500. ◗

233
I Comptes d’entreprise en monnaie étrangère
Selon les dispositions du règlement 2020-01 de l’ANC sur les comptes consolidés, pour déter-
miner le mode de conversion des comptes d’une entreprise consolidée établissant ses comptes
en monnaie étrangère, il convient, en déterminant quelle est sa monnaie de fonctionnement,
de déterminer son degré d’autonomie par rapport à l’entreprise consolidante.

1. Cas d’une entité autonome


À l’exception du cas des entreprises étrangères situées dans un pays à forte inflation, pour
lequel un traitement particulier est prévu par les articles 272-22 et 272-23 du règlement
2020-01, la conversion des comptes d’une entité étrangère autonome, c’est-à-dire dont la
monnaie de fonctionnement est la monnaie locale, s’effectue selon la méthode du cours de
clôture. Selon cette méthode, la conversion des comptes des entreprises étrangères est opé-
rée de la manière suivante (tab. 8.1) :
• Tous les éléments d’actif et de passif, monétaires ou non monétaires, sont convertis au cours
de change en vigueur à la date de clôture de l’exercice.
• Les produits et les charges (y compris les dotations aux amortissements et provisions) sont
convertis au cours moyen de la période.
Les écarts de conversion constatés, tant sur les éléments du bilan d’ouverture que sur le
résultat, sont portés, pour la part revenant à l’entreprise consolidante, dans ses capitaux
propres au poste « Écarts de conversion » et pour la part des tiers au poste « Intérêts mino-
ritaires ».

2. Cas d’une entité non autonome


Une entité étrangère est considérée comme non autonome lorsque son exploitation fait partie
intégrante des activités d’une autre entité. Il en est ainsi :
– lorsque la monnaie nationale de l’entité consolidante est prépondérante sur le plan des opé-
rations ou du financement de l’entité étrangère ;
– lorsque l’entité étrangère a des liens commerciaux ou financiers prépondérants avec l’entité
consolidante.
Lorsque l’exploitation de l’entité consolidée fait partie intégrante des activités d’une entité non
autonome qui établit ses comptes dans une autre monnaie, c’est en principe la monnaie dont
elle dépend qui est la monnaie de fonctionnement de l’entité.
Dans ce cas, la conversion des comptes est faite selon la méthode du cours historique.
Selon cette méthode, la conversion s’effectue de la manière suivante (tab. 8.1) :
• Les éléments non monétaires, y compris les capitaux propres, sont convertis au cours histo-
rique, c’est-à-dire au cours de change à la date de l’entrée des éléments dans l’actif et le passif
consolidés.
• Les éléments monétaires sont convertis au cours de change à la date de clôture de l’exercice.
• Les produits et les charges sont, en principe, convertis au cours de change en vigueur à la date
où ils sont constatés ; en pratique, ils sont convertis à un cours moyen de période (mensuel,
trimestriel, semestriel, voire annuel). Toutefois les amortissements ou dépréciations sur des
éléments d’actif convertis au cours historique sont eux-mêmes convertis à ce cours histo-
rique.
Les écarts de conversion résultant de l’application de cette méthode, tant sur les éléments
monétaires qui figurent au bilan que sur les éléments du compte de résultat, sont inscrits au
compte de résultat consolidé en « Charges et produits financiers ».

234
Tableau 8.1. Synthèse des retraitements des conversions de comptes en monnaie étrangère
dans le règlement 2020-01 de l’ANC

Entités ayant une autonomie Entités n’ayant pas une autonomie


économique et financière économique et financière
(filiale autonome) (filiale non autonome)

Conversion monétaire

Capitaux propres Taux historique Taux historique

Résultat (et compte Taux moyen Taux historique (en principe) ou taux moyen
de résultat) (sauf amortissements et dépréciations sur

Partie 3 – Chap 8 – Retraitements de préconsolidation en normes françaises


des éléments convertis au cours historique)

Autres postes Taux de clôture Taux historique (à l’exception des éléments


monétaires, ou des éléments ramenés
à leur valeur actuelle par le biais d’une
dépréciation, convertis au taux de clôture)

Affectation des écarts de conversion

Écart sur situation Capitaux propres Résultat


nette d’ouverture

Écart sur résultat Néant Résultat

Exemple
◗ La société Epsilon a une participation de 70 % dans une société américaine, la société Oméga
Corporation Elle doit consolider celle-ci par intégration globale. Le bilan et le compte de
résultat de la société Oméga Corporation (établis en k$) sont les suivants :
Bilan au 31 décembre N (en k$)

Immobilisations (a) 5 000 1 000 4 000 Capital (b) 3 000


Stocks 1 000 200 800 Réserves (c) 600
Créances 2 000 2 000 Résultat 400
Disponibilités 200 Dettes 3 000

Totaux 7 000 Totaux 7 000

(a) acquises le 1er juillet N–2 ; (b) participation d’Epsilon souscrite au moment de la constitution le 1er janvier
N–2 ; (c) résultats N–2 (200) et N–1 (400)

235
Compte de résultat exercice N (en k$)

Achats 4 000 Produits 6 900


Variation de stocks – 100
Autres charges 2 000
Dotations aux amortissements 400
Dotations aux dépréciations des stocks 200
Résultat net 400

Totaux 6 900 Totaux 6 900

Le cours du dollar a varié depuis N–2 de la manière suivante (en $ pour 1 €) :


• 1er janvier N–2 1,20
er
• 1 juillet N–2 1,25
• 31 décembre N–2 1,28
• 31 décembre N–1 1,32
• 31 décembre N 1,40
Les cours moyens de chaque exercice sont estimés à :
• N–2 1,24
• N–1 1,30
• N 1,36

Si l’on suppose que la filiale Oméga Corporation est une filiale autonome, il y a lieu d’uti­liser
la méthode du cours de clôture et l’on passera les écritures suivantes (en k€)

Pour l’établissement du bilan

Immobilisations 5 000 / 1,40 3 571


Stocks 1 000 / 1,40 714
Créances 2 000 / 1,40 1 429
Liquidités 200 / 1,40 143
Écart de conversion (par différence) 406
Capital 3 000 / 1,20 2 500
Réserves 200 / 1,24 + 400 / 1,30 469
Résultat 400 / 1,36 294
Amortissements 1 000 / 1,40 714
Dépréciation des stocks 200 / 1,40 143
Dettes 3 000 / 1,40 2 143
Conversion des postes du bilan de la société Oméga
Corporation

236
Pour l’établissement du compte de résultat

Achats 4 000 / 1,36 2 941


Autres charges 2 000 / 1,36 1 471
Dotations aux amortissements 400 / 1,36 294
Dotations aux dépréciations des stocks 200 / 1,36 147
Résultat 294
Variation de stocks 100 / 1,36 74
Produits 6 900 / 1,36 5 073
Conversion des postes du compte de résultat de la société
Oméga Corporation

Partie 3 – Chap 8 – Retraitements de préconsolidation en normes françaises


Si l’on suppose que la filiale Oméga Corporation est une filiale non autonome, il y a lieu d’utiliser
la méthode du cours historique et l’on passera les écritures suivantes (en k€), en considérant que
(par mesure de simplification) les réserves déterminées selon le cours historique sont égales aux
réserves déterminées selon le cours de clôture (ce qui n’est pas toujours vrai).
Pour l’établissement du bilan

Immobilisations 5 000 / 1,25 4 000


Stocks 1 000 / 1,40 (ramenés à leur valeur actuelle) 714
Créances 2 000 / 1,40 1 429
Liquidités 200 / 1,40 143
Capital 3 000 / 1,20 2 500
Réserves 200 / 1,24 + 400 / 1,30 469
Résultat (par différence) 231
Amortissements 1 000 / 1,25 800
Dépréciation des stocks 200 / 1,40 143
Dettes 3 000 / 1,40 2 143
Conversion des postes du bilan de la société Oméga
Corporation

Pour l’établissement du compte de résultat

Achats 4 000 / 1,36 2 941


Autres charges 2 000 / 1,36 1 471
Dotations aux amortissements 400 / 1,25 320
Dotations aux dépréciations des stocks 200 / 1,40 144
Écart de conversion 9
Résultat 231
Variation de stocks 1 000 / 1,36 – 900 (stock initial) / 1,30 43
Produits 6 900 / 1,36 5 073
Conversion des postes du compte de résultat de la société
Oméga Corporation

MINI-CAS 3 • CAS PRATIQUE 5

237
3 Retraitements optionnels
Les retraitements optionnels peuvent avoir deux origines diverses :
– les retraitements alternatifs liés à l’existence dans le PCG de méthodes de référence ou de
méthodes alternatives ;
– les retraitements spécifiés par le règlement 2020-01.

A Retraitements liés à l’existence dans le PCG de méthodes


de référence ou de méthodes alternatives
Lorsque plusieurs traitements sont autorisés par le PCG, celui-ci distingue, parmi les méthodes
comptables, les méthodes de référence et les autres méthodes (PCG, art. 121‑5).
La plupart des méthodes de référence du PCG sont rendues obligatoires par le règlement 2020-
01. Seul le provisionnement des engagements en matière de pensions et obligations similaires
est à retenir comme traitement alternatif.
Parmi les autres méthodes alternatives présentées dans le PCG (art. 121-5 additif IR2),
plusieurs d’entre elles sont également considérées par le règlement 2020-01 comme des
méthodes obligatoires.
Doivent donc être considérés comme d’autres méthodes alternatives à retraiter par le règlement
2020-01 le provisionnement des engagements en matière de retraite et de prestations assimilées, les
contrats à long terme, les coûts d’emprunt engagés pour ­financer l’acquisition ou la production d’un
actif éligible et les dépenses de programmes pluri­annuels de gros entretien ou de grandes révisions.
L’évaluation par équivalence de certains titres de participation ( chapitre 11) n’est pas concernée
par les comptes consolidés.

1. Prestations de retraite et engagements assimilés


Selon les dispositions de l’alinéa 3 de l’article L. 123‑13 du Code de commerce :
« Le montant des engagements de l’entreprise en matière de pension, de compléments de
retraite, d’indemnités et d’allocations en raison du départ à la retraite ou avantages similaires des
membres ou associés de son personnel et de ses mandataires sociaux est indiqué dans l­’annexe.
Par ailleurs, les entreprises peuvent décider d’inscrire au bilan, sous forme de provision, le mon-
tant correspondant à tout ou partie de ces engagements ».
L’article 324‑1 du PCG, reprenant les termes du Code de commerce, précise toutefois que :
« La constatation de provisions pour la totalité des engagements à l’égard des membres du per-
sonnel actif et retraité, conduisant à une meilleure information financière, est considérée comme
la méthode de référence ».
L’entité peut décider, en ne provisionnant pas les coûts des prestations de retraite et prestations
assimilées dans les comptes sociaux, de les présenter différemment dans les comptes consolidés.
Il y a aura donc lieu, dans ce cas, de présenter des écritures de retraitement.

En cas d’acquisition d’une entité ( chapitre 10), les provisions pour engagements
de retraite et avantages similaires afférant à l’entité acquise sont comptabilisées même
dans le cas où le groupe acquéreur n’aurait pas opté pour la comptabilisation de ces
engagements.

238
Exemple
◗ La société Iota attribue à chaque salarié une indemnité de départ à la retraite mais n’a pas
mis en place dans ses comptes sociaux un système de comptabilisation de provision pour
pensions et obligations similaires. La durée résiduelle moyenne d’activité des salariés de l’en-
treprise est estimée à 15 ans.
Au 31 décembre N–1, les droits des salariés peuvent être estimés à 174 000 €.
Au 31 décembre N, ces droits peuvent être estimés à 184 000 €.
Dans le cadre du retraitement des comptes sociaux vers les comptes consolidés de la société
Iota, on passera les écritures de retraitement suivantes (en considérant un impôt différé cal-
culé au taux de 25 %).

Pour le bilan

Partie 3 – Chap 8 – Retraitements de préconsolidation en normes françaises


31.12.N
Résultat (184 000 – 174 000) × 75 % 7 500
Réserves 174 000 × 75 % 130 500
Impôts différés 184 000 × 25 % 46 000
Provisions pour pensions et obligations similaires 184 000
Provisions

Pour le compte de résultat


31.12.N
Dotations aux provisions d’exploitation 10 000
Résultat 7 500
Impôts sur les bénéfices 10 000 × 25 % 2 500
Provisions N : 184 000 – 174 000

2. Contrats à long terme


L’article 622-2 du PCG autorise la comptabilisation des contrats à long terme selon la méthode
à l’achèvement ou selon la méthode à l’avancement, sans considérer (art. 121-5 additif R2) que
cette méthode est préférentielle.
Exemple
◗ La société Sigma a conclu un contrat à long terme avec la société Omicron. Les travaux ont
démarré en N–1 et ne seront terminés qu’en N+1. Elle comptabilise ses produits à l’achèvement.
Les éléments suivants vous sont donnés :
• Valeur de négociation du contrat : 500 000 €
• Dépenses enregistrées en N–1 : 120 000 €
• Dépenses enregistrées en N : 240 000 €
• Dépenses prévues en N+1 : 40 000 €
Le coût global de ce contrat est estimé à 120 000 + 240 000 + 40 000 = 400 000 € et le
résultat espéré est donc de 500 000 – 400 000 = 100 000 € à répartir sur N–1, N et N+1 dans
le cadre d’un contrat comptabilisé à l’avancement.
• Quote-part imputable en N–1 : 120 000 / 400 000 = 30 %

239
• Quote-part imputable en N : 240 000 / 400 000 = 60 %
• Quote-part imputable en N+1 : 40 000 / 400 000 = 10 %
Pour passer de la méthode d’achèvement du PCG à la méthode à l’avancement on passera les
écritures suivantes (au 31 décembre N) :

Pour le bilan
31.12.N
Clients, facture à établir 500 000 × 90 % × 120 % 540 000
État, TVA sur facture à établir 90 000
500 000 × 90 % × 20 %
Stock de produits 120 000 + 240 000 360 000
Impôts différés 100 000 × 90 % × 25 % 22 500
Réserves 100 000 × 30 % × 75 % 22 500
Résultat 100 000 × 60 % × 75 % 45 000
Retraitement contrat à long terme

Pour le compte de résultat



Résultat 45 000
Impôt sur les bénéfices 15 000
Variation de stock de travaux en cours 240 000
Travaux 500 000 × 60 % 300 000
Retraitement contrat à long terme

3. Coûts des emprunts


Le PCG autorise le fait que les coûts d’emprunt ayant permis de financer des actifs éligibles,
c’est-à-dire des actifs qui exigent une longue période de préparation ou de construction
avant de pouvoir être utilisés ou vendus (immobilisations et stocks notamment), puissent
être intégrés dans le coût de ces actifs. En normes internationales, conformément à IAS 23,
cette intégration est obligatoire ( chapitre 9). Un retraitement peut donc être effectué
si l’entité désire, dans ses comptes consolidés, intégrer les coûts d’emprunt dans la valeur
de l’immobilisation ou du stock concerné alors qu’elle n’a pas retenu cette option dans les
comptes sociaux.

4. Dépenses de gros entretien ou de grandes révisions


L’article 214-10 du PCG permet de constater sous forme de provisions les dépenses d’entre-
tien faisant l’objet de programmes pluriannuels de gros entretien ou de grandes révisions. Elles
peuvent aussi être comptabilisées comme un composant distinct de l’immobilisation concer-
née, la méthode de comptabilisation par composants excluant la constatation de provisions. En
normes internationales ( chapitre 9), la comptabilisation comme composant de l’immobilisa-
tion est obligatoire. Un retraitement peut être effectué si l’entité a constaté, dans ses comptes
sociaux, des provisions pour gros entretien ou grandes révisions.

240
B Retraitements spécifiés par le règlement 2020-01 de l’ANC
Les autres traitements optionnels sont définis par le règlement 2020-01 (art. 273-1 à 273-3). Ils
concernent les points suivants :
• Les emprunts non remboursables. Lorsque des capitaux sont reçus en application de contrats
d’émission ne prévoyant ni de remboursement à l’initiative du prêteur, ni de rémunération
obligatoire en cas d’absence ou d’insuffisance de bénéfice, ceux-ci peuvent être inscrits au
bilan consolidé en « capitaux propres ».
• Les réévaluations. Il est possible, en cas de forte inflation, d’effectuer cette réévaluation seu-
lement au niveau des comptes consolidés. En cas de réévaluation dans une entité, il convient
soit de l’éliminer dans les comptes consolidés, soit de pratiquer la réévaluation pour l’en-
semble du groupe.
• L’évaluation des éléments fongibles (ou éléments interchangeables) en considérant que le

Partie 3 – Chap 8 – Retraitements de préconsolidation en normes françaises


premier bien sorti est le dernier bien entré : l’application de cette méthode d’évaluation peut
être limitée à certaines branches d’activité ou à certaines zones géographiques ; les modalités
de regroupement de ces éléments en catégories sont indiquées et justifiées dans l’annexe.

C Retraitement des subventions d’investissement


Le règlement 99-02 du CRC évoquait, parmi les cas d’élimination sur les comptes consolidés
de l’incidence sur les comptes des écritures passées pour la seule application des législations
fiscales, la reprise de subventions d’investissements en résultat. Cette disposition, peu claire,
avait fait l’objet d’interprétations différentes. Elle ne figure plus dans le règlement 2020-01
de l’ANC. Les subventions d’investissements doivent rester comptabilisées dans les comptes
consolidés conformément au PCG. La recommandation 2022-02 de l’ANC, portant sur les
modalités de première application du règlement ANC 2020-01, précise que les subventions
d’investissement peuvent être comptabilisées au choix du groupe soit immédiatement en
résultat de l’exercice d’octroi, soit en capitaux propres avec reprise au compte de résultat
selon les modalités prévues par le PCG (art. 312-1). La méthode choisie par le groupe devra
être appliquée de manière homogène à l’ensemble des entités incluses dans le périmètre de
consolidation, indépendamment de la méthode que celles-ci retiennent pour établir leurs
propres comptes individuels.
MINI-CAS 4

241
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
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les savoirs les compétences l’épreuve

1 QCM
Pour chacune des questions suivantes, une seule réponse est possible. Justifiez votre choix.
1. Dans les comptes consolidés établis conformément au règlement ANC 2020-01,
les impôts différés :
a. devraient être comptabilisés au passif et à l’actif dans tous les cas. ∙
b. devraient être comptabilisés au passif dans tous les cas
et à l’actif simplement si leur récupération est probable. ∙
c. devraient être comptabilisés mais compensés entre actif et passif. ∙
2. Dans les comptes consolidés établis conformément au règlement ANC 2020-01,
les frais de développement :
a. sont toujours comptabilisés à l’actif du bilan. ∙
b. sont comptabilisés en charges. ∙
c. ne sont comptabilisés à l’actif du bilan que s’ils se rapportent à des projets
nettement individualisés, ayant de sérieuses chances
de réussite technique et de rentabilité commerciale. ∙
3. Dans les comptes consolidés établis conformément au règlement ANC 2020-01,
les contrats de crédit-bail et assimilés :
a. devraient être constatés sous forme d’une forme
d’une immobilisation corporelle et d’un emprunt correspondant. ∙
b. devraient être comptabilisés conformément au PCG. ∙
c. devraient faire l’objet d’une comptabilisation
d’un actif correspondant aux droits d’utilisation et d’un passif locatif. ∙
4. Dans les comptes consolidés établis conformément au règlement ANC 2020-01,
les droits de mutation, honoraires, commission ou frais d’actes sur acquisition
d’immobilisations corporelles :
a. devraient toujours être comptabilisés en charges. ∙
b. devraient être rattachés en totalité au coût d’acquisition. ∙
c. devraient être rattachés en partie (pour la partie non amortie)
au coût d’acquisition. ∙
5. Dans les comptes consolidés établis conformément au règlement ANC 2020-01,
les frais d’émission d’un emprunt :
a. devraient être portés en diminution de l’emprunt. ∙
b. devraient être amortis sur une durée de cinq ans. ∙
c. devraient être amortis sur la durée de vie de l’emprunt. ∙
6. Dans les comptes consolidés établis conformément au règlement ANC 2020-01,
les comptes des entités ayant une autonomie économique et financière
devraient être convertis :
a. selon la méthode du cours historique pour tous les éléments. ∙

242
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

b. selon la méthode du cours de clôture pour tous les éléments d’actif et de passif,
monétaires ou non monétaires et du cours moyen de la période pour les produits
et charges. ∙
c. selon la méthode du cours de clôture pour tous les éléments d’actif
et de passif ainsi que les produits et charges. ∙

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les savoirs les compétences l’épreuve

2 Mini-cas : provisions réglementées ★★★

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
Vous êtes appelé à effectuer le retraitement des comptes sociaux des sociétés du groupe
Auguste. Ce groupe comprend quatre sociétés, la société mère Auguste, la société Benoît, inté-
grée globalement, la société Charles, intégrée proportionnellement à 50 % et la société Daniel
mise en équivalence.
Les comptes d’amortissements dérogatoires de ces sociétés au 31 décembre N sont analysés
dans le tableau suivant :
Comptes de provisions réglementées des sociétés du groupe Auguste au 31 décembre N

Sociétés Société Société Société Société


Provisions réglementées Auguste Benoît Charles Daniel

Amortissements dérogatoires 30 000 54 000 42 000 24 000

Dotations de l’exercice 12 000 42 000 24 000 18 000

Reprises de l’exercice 24 000 30 000 18 000 12 000

Le taux de l’impôt sur les bénéfices est de 25 %.


Présentez au 31 décembre N les écritures de redressement nécessaires dans le cadre de la consolida-
tion (écritures nécessaires pour l’établissement du bilan et du compte de ­résultat).

243
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

3 Mini-cas : contrat de crédit-bail ★★★

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
La société Jacques utilise depuis le 1er juillet N–1, une machine-outil dont le financement est
assuré, grâce à un contrat de crédit-bail mobilier, par la société Crédit-bail. La valeur d’acqui-
sition de ce matériel était estimée alors à 64 520 €. La durée du contrat est de six années. La
redevance trimestrielle (payée en début de chaque trimestre) est de 3 000 € et le prix de l’op-
tion d’achat de l’actif à la fin du contrat le 30 juin N+5 est de 10 000 €.
En fait ce matériel a une durée d’utilisation prévue de 10 ans, sa valeur résiduelle à l’issue de ces
dix ans pouvant être estimée à 4 520 €.
Le taux d’actualisation retenu pour la comptabilisation du contrat de location est déterminé
comme suit :
Soit i le taux trimestriel d’actualisation.
–24
On pourra écrire que : 64 520 = 3 000 × 1 – (1 + i) × (1 + i) + 10 000 × (1 + i)
–24

i
On trouve i = 1,943 % ce qui donne un taux annuel de 1,019434 – 1 = 8 %.
Présentez au 31 décembre N les écritures de retraitement de consolidation dans la société Jacques
(bilan et compte de résultat) de la machine-outil « acquise » par ladite société. On prendra un taux
d’impôt de 25 %.

4 Mini-cas : opérations à long terme ★★★

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
La société Laïka a conclu un contrat à long terme avec la société Grandma. Les travaux ont
démarré en N–1 et ne seront terminés qu’en N+1. Elle comptabilise ses produits à l’achèvement.
Les éléments suivants vous sont donnés :
• Valeur de négociation du contrat : 100 000 €
• Dépenses enregistrées en N–1 : 20 000 €
• Dépenses enregistrées en N : 48 000 €
• Dépenses prévues en N+1 12 000 €
Présentez au 31 décembre N les écritures de retraitement permettant de passer de la méthode
d’achèvement du PCG à la méthode à l’avancement.

244
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

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les savoirs les compétences l’épreuve

5 Cas pratique : entreprises étrangères ★★★ 30 min

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
La société Estrella, dont le siège social est à Paris, a participé le 1er janvier N–1 à la constitution
de la Société Star, société au capital de 30 millions de $ dont le siège est à Atlanta. Elle a acquis
70 % du capital pour le prix de 16 406 000 €.
Au 31 décembre N, le bilan et le compte de résultat de la société Star se présentent ainsi
(en ­milliers de $).

Bilan

Immobilisations corporelles 20 000 Capital 30 000


Stocks 18 000 Réserves 4 000
Créances 17 000 Résultat 8 000
Liquidités 8 000 Emprunts 12 000

Autres dettes 9 000

63 000 63 000

Compte de résultat

Achats 40 000 Ventes 63 000


(Variation de stock) – 10 000
Autres charges 14 000
Amortissements 5 000
Impôts 6 000
Résultat 8 000

63 000 63 000

Les immobilisations corporelles ont été acquises le 1er janvier N–1, les stocks au cours de l’exer-
cice N. Le résultat de l’année N–1 était de 10 000 milliers de $ (soit 7 947 k€ en valeur histo-
rique) et la distribution effectuée en janvier N a été de 6 000 milliers de $.
Le solde des éléments monétaires du bilan au 31 décembre N–1 se traduisait par un excédent de
l’actif sur le passif de 7 000 milliers de dollars.

245
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

Il est demandé de consolider la société Star dans le bilan et le compte de résultat de la société
Estrella en sachant que le cours du dollar au 31 décembre N est de 1,20 $ pour 1 €, au 1er janvier
N–1 de 1,28, au 1er janvier N de 1,26 et en moyenne au cours de l’exercice N–1 de 1,27 et au cours
de l’exercice N de 1,23.

Travail à faire
1. Présentez les opérations de retraitement de la filiale étrangère selon la méthode du cours his-
torique.
2. Présentez les opérations de retraitement de la filiale étrangère selon la méthode du cours de
clôture.

246
SYNTHÈSE
Retraitements de préconsolidation
en normes françaises

Retraitements obligatoires
• Élimination de l’incidence des écritures passées pour la seule application des
législations fiscales : constatation ou reprise d’amortissements dérogatoires,
constitution ou reprise de provisions réglementées, comptabilisation en résultat
de l’impact des changements de méthodes
Corrections imposées

• Inscription au bilan des contrats de crédit-bail et des contrats similaires


• Comptabilisation des frais d’émission d’emprunts, des primes d’émission et de
remboursement des emprunts obligataires
• Comptabilisation des frais d’établissement en charges
• Comptabilisation à l’actif de certains coûts (coûts de développement,
sites Internet, frais d’acquisition des immobilisations)
• Prise en compte de tous les passifs d’impôts différés et, si leur récupération est
probable, des actifs d’impôts différés
• Conversion des comptes d’entreprise établissant leurs comptes en monnaie
étrangère

Retraitements optionnels
• Provisionnement des coûts des prestations de retraite et prestations
méthodes autorisées
référence et autres

assimilées
Méthodes de

par le PCG

• Comptabilisation selon la méthode de l’avancement des opérations


partiellement achevées à la clôture de l’exercice
• Coûts d’emprunt engagés pour financer l’acquisition ou la production
d’un actif éligible
• Dépenses de gros entretien ou de grandes révisions

• Inscription dans le bilan consolidé en capitaux propres des emprunts non


règlement relatif aux
comptes consolidés
Autres optionnelles

remboursables
spécifiées par le

• Réévaluation des actifs au niveau des seuls comptes consolidés


ou, si une entité du groupe a procédé à une réévaluation dans ses
comptes individuels, soit élimination dans les comptes consolidés, soit
réévaluation pour l’ensemble du groupe
• Évaluation des éléments fongibles en considérant que le premier bien
sorti est le dernier bien entré

247
CHAPITRE
9 Retraitements
de préconsolidation
en normes internationales

PROGRAMME

Compétences visées Notion et contenu


• Maîtriser le processus d’élaboration Retraitement de consolidation :
d’une consolidation homogénéisation des méthodes
• Déterminer l’impact des retraitements de comptabilisation et de présentation
en fonction de la réglementation et/ou
de consolidation
du manuel de consolidation du groupe ;
• Enregistrer les opérations
élimination des opérations passées
de consolidation
pour la seule application des législations
fiscales ; conversion de comptes établis
en devises.

PLAN DU CHAPITRE
Cours : 1. Les immobilisations • 2. Les locations • 3. Les stocks • 4. Les dépréciations
• 5. Les instruments financiers • 6. Les provisions • 7. Les avantages du personnel
• 8. Les produits des activités ordinaires • 9. L’impôt sur le résultat • 10. Les variations
du cours des monnaies • 11. Les changements de méthode, d’estimation et les corrections
d’erreurs
Des savoirs aux compétences : Évaluer les savoirs • Maîtriser les compétences • Préparer
l’épreuve
Synthèse

Q uels sont les retraitements à effectuer pour rendre les comptes sociaux établis selon le
PCG conformes aux IFRS ? Ces retraitements sont nombreux : ils peuvent concerner tous
les postes du bilan et du compte de résultat. Ils peuvent cependant être réduits si l’entité a
retenu, pour ses comptes sociaux, des options proches des IFRS.

MOTS-CLÉS
Avantage du personnel • Changement de méthode • Changement d’estimation •
Erreurs • Fiscalité différée • Fiscalité latente • Immobilisation corporelle • Immobilisation
incorporelle • Impôt sur le résultat • Instrument financier • Location • Monnaie
de présentation • Monnaie fonctionnelle • Préconsolidation • Provision • Stock
1 Les immobilisations
A Le retraitement des immobilisations corporelles
proprement dites
Trois divergences méritent d’être mentionnées entre IAS 16 et le PCG :
• L’option ouverte par l’article 213‑8 du PCG de comptabiliser en charges dans les comptes
individuels, les droits de mutation, honoraires ou commissions et frais d’actes, liés à
­l’acquisition : en normes IFRS, comme en comptes consolidés établis selon les normes
françaises, ils doivent obligatoirement être rattachés au coût d’acquisition de l’immobi­
lisation ( chapitre 8).

Partie 3 – Chap 9 – Retraitements de préconsolidation en normes internationales


• La possibilité offerte par l’article 214‑10 du PCG de constater sous forme de provisions les
dépenses d’entretien faisant l’objet de programmes pluriannuels de gros entretien ou de
grandes révisions qui dans les normes IFRS sont obligatoirement comptabilisés comme un
composant de l’immobilisation.
• Le fait qu’en IFRS, le coût d’acquisition d’une immobilisation est un prix comptant, ce qui, en
cas de crédit long fournisseurs peut nécessiter une actualisation alors que cette actualisation
n’est pas envisagée par le PCG ( chapitre 5).

Par ailleurs, IAS 20 « Comptabilisation des subventions publiques et informations à fournir sur
l’aide publique » autorise de déduire la subvention de la valeur de l’actif ( chapitre 5).
Des retraitements sont donc nécessaires pour passer du PCG aux normes IFRS.
Exemple
◗ La société Alpha, propriétaire d’un ensemble à usage de bureau, qu’elle amortit en 50 ans,
doit effectuer tous les cinq ans des travaux de révision et de d’entretien des installations élec­
triques. Le coût moyen de ces révisions est estimé à 90 000 € en N–6 et chaque année une
provision pour gros entretien de 18 000 € est comptabilisée. En N–1, une première révision
a été constatée dont le coût s’est élevé à 87 000 € comptabilisés en charges. La provision
constatée de N–6 à N–2 a été reprise.
Alors qu’en PCG, il est possible de comptabiliser une provision, en IFRS les dépenses d’entre­
tien faisant l’objet de programmes pluriannuels de gros entretien ou de grandes révisions
doivent être comptabilisés comme un composant, lequel s’impute sur le prix de la structure
de l’ensemble.
Le passage des comptes du PCG aux comptes IFRS implique les écritures suivantes :

Pour le bilan

Provisions pour gros entretien ou grandes révisions 36 000


Impôts différés 36 000 × 25 % 9 000
Réserves 18 000 × 75 % 13 500
Résultat 18 000 × 75 % 13 500
Annulation provision N–1 et N

249
Constructions – composant grosses réparations 90 000
Constructions – composant structure 90 000
Imputation du composant grosses réparations
sur la structure

Réserves 90 000 × 75 % 67 500


Impôts différés 90 000 × 25 % 22 500
Amortissement – composant grosses réparations 90 000
Amortissement du composant de N–6 à N–2

Amortissement – composant structure 90 000 × 2 % × 7 12 600


Réserves 90 000 × 2 % × 6 × 75 % 8 100
Résultat 90 000 × 2 % × 75 % 1 350
Impôts différés 12 600 × 25 % 3 150
Correction de l’amortissement de N–6 à N effectué sur la
structure

Amortissement – composant grosses réparations 90 000


Constructions – composant grosses réparations 90 000
Sortie du composant grosses réparations amorti et
remplacé en N–1

Constructions – composant grosses réparations 87 000


Impôts différés 87 000 × 25 % 21 750
Réserves 87 000 × 75 % 65 250
Constatation comme composant de la grosse réparation
(imputé sur le résultat N–1)

Impôts différés 87 000 × 2/5 × 25 % 8 700


Résultat 87 000 × 1/5 × 75 % 13 050
Réserves 87 000 × 1/5 × 75 % 13 050
Amortissement constructions – composant grosses 34 800
réparations
87 000 × 2/5
Amortissement en N–1 et N de la grosse réparation

Pour le compte de résultat

Résultat 13 500
Impôts sur les bénéfices 4 500
Dotations aux provisions d’exploitation 18 000
Annulation provision

250
Résultat 1 350
Impôts sur les bénéfices 450
Dotation aux amortissements des immobilisations 1 800
90 000 × 2 %
Correction dotation amortissement N sur la structure

Dotations aux amortissements des immobilisations 17 400


87 000 × 1/5
Impôts sur les bénéfices 4 350
Résultat 13 050

Partie 3 – Chap 9 – Retraitements de préconsolidation en normes internationales


Amortissement du composant

B Les règles applicables aux immeubles de placement


La notion d’immeubles de placement n’existe pas dans le PCG. Les immeubles de place­ment
sont comptabilisés comme des autres immobilisations corporelles. En normes IFRS, ils ont fait
l’objet d’une norme particulière, la norme IAS 40 qui prévoit deux méthodes d’évaluation :
– la méthode du coût, semblable à celle de l’IAS 16, ou à celle du PCG, avec quelques diffé­
rences, (voir ci-dessus) ;
– la méthode de la juste valeur, le profit ou la perte résultant d’une variation de la juste valeur
d’un immeuble de placement devant être comptabilisé en résultat dans la période au cours de
laquelle il se produit.
Des retraitements sont donc nécessaires dans ce dernier cas.
Exemple
◗ La société Bêta a fait l’acquisition pour placement financier en janvier N–6 d’un terrain et
d’une construction d’une valeur respective de 500 000 € et 1 200 000 €. La construction
est amortissable en 50 ans, avec une valeur résiduelle fixée à 600 000 €. La société Bêta a
décidé de présenter cet immeuble dans les comptes consolidés en utilisant la méthode de
la juste valeur de l’IAS 40. Au 31 décembre N–1, la valeur de l’ensemble immobilier est de
2 000 000 € (dont 815 000 pour le terrain) ; au 31 décembre N, elle est de 2 090 000 € (dont
920 000 pour le terrain et 1 170 000 pour la construction). Les opérations de retraitement de
cet immeuble seront les suivantes :
Pour le bilan

Amortissement de la construction 72 000


(1 200 000 – 600 000) × 6/50
Construction 72 000
Pour ramener à la valeur nette comptable

251
Terrain 920 000 – 500 000 420 000
Constructions 1 170 000 – (1 200 000 – 72 000) 42 000
Impôts différés (420 000 + 42 000) × 25 % 115 500
Réserves {2 000 000 – 500 000 – [1 200 000 – 270 000
(1 200 000 –600 000) × 5/50]} × 75 %
Résultat [(920 000 – 815 000) – (1 185 000 – 76 500
1 170 000) + 600 000 × 1/50 (amortissements
repris)] × 75 %
Retraitement immeuble de placement

Pour le compte de résultat

Résultat 9 000
Impôts sur les bénéfices 3 000
Dotations aux amortissements des immobilisations 12 000
Annulation de la dotation (1 200 000 – 600 000) × 1/50

Résultat 67 500
Impôt sur les bénéfices 22 500
Résultat provenant de la variation de juste valeur des 90 000
immeubles de placement 105 000 – 15 000
Plus-value sur terrain : 920 000 – 815 000 = 105 000
Moins-value sur construction
1 185 000 – 1 170 000 = 15 000

C Le coût des emprunts


La norme IAS 23 stipule que les coûts d’emprunt ayant permis de financer des actifs qualifiés,
c’est-à-dire des actifs qui exigent une longue période de préparation ou de construction avant
de pouvoir être utilisés ou vendus (immobilisations et stocks notamment), doivent être intégrés
dans le coût de ces actifs. Le PCG autorise également cette intégration sans la rendre obliga­
toire. Un retraitement est donc nécessaire si l’entité n’a pas intégré dans ses comptes sociaux
les coûts de ses emprunts liés à ses actifs.
Exemple
◗ La société Gamma a fait construire en N–1 et N un immeuble à usage de bureaux. Cet
immeuble a été évalué et comptabilisé pour 1 200 000 € et a été amorti en N de 60 000 €. Les
coûts des emprunts relatifs à cet immeuble ont été dans les comptes sociaux ­comptabilisés
en charges, respectivement pour 36 000 € et 12 000 €. Pour passer du PCG aux IFRS, il y a lieu
de constater les écritures suivantes :

252
Pour le bilan

Constructions 36 000 + 12 000 48 000


Réserves 36 000 × 75 % 27 000
Résultat 12 000×75 % 9 000
Impôts différés (36 000 + 12 000) × 25 % 12 000
Intérêts des emprunts, retraitement des immobilisations

Résultat 2 400 × 75 % 1 800


Impôts différés 2 400 × 25 % 600

Partie 3 – Chap 9 – Retraitements de préconsolidation en normes internationales


Amortissements des constructions 48 000 × 60 000 2 400
/ 1 200 000
Intérêts des emprunts, retraitement des amortissements

Pour le compte de résultat

Résultat 9 000
Impôt sur les bénéfices 3 000
Charges financières 12 000
Intérêts des emprunts, retraitement des immobilisations

Dotations aux amortissements des immobilisations 2 400


Impôt sur les bénéfices 600
Résultat 1 800
Intérêts des emprunts, retraitement des amortissements

D Les activités abandonnées ou destinées à être cédées


La notion d’activités abandonnées ou destinées à être cédées n’existe pas dans le PCG. L’IFRS 5
précise qu’une entité doit évaluer un actif non courant (ou un groupe destiné à être cédé) classé
comme détenu en vue de la vente au montant le plus bas entre sa valeur comptable et sa juste
valeur diminuée des coûts de la vente. Ces actifs ne peuvent plus faire l’objet d’amortissements,
mais la constatation de dépréciations est possible.
Le bilan et le compte de résultat doivent distinguer clairement les actifs, passifs, charges et
produits liés à des activités abandonnées ou destinées à être cédées.

NOTRE CONSEIL

Si une société possède à son actif des biens liés à des activités abandonnées ou destinées à être cédées, vous
devez veiller à ce que leur évaluation soit corrigée pour tenir compte de la norme IFRS 5.

253
E Le retraitement des immobilisations incorporelles
Deux divergences méritent d’être mentionnées entre l’IAS 38 et le PCG en matière :
– d’évaluation du coût d’entrée de l’immobilisation : droit de mutation comme pour les immo­
bilisations corporelles ;
– d’activation optionnelle des frais de développement (PCG, article 212‑3, al. 2).
Exemple
◗ La société Delta a dépensé respectivement en N–1 et N 24 000 € et 18 000 € pour le déve­
loppement d’un nouveau produit appelé à être commercialisé en N+1. Ces dépenses ont été
comptabilisées en charges.
Pour passer du PCG aux normes IFRS, on comptabilisera les opérations suivantes (l’amortissement
des frais de développement ne commencera à courir qu’à compter de la fabrication du produit) :

Pour le bilan

Immobilisations incorporelles – Frais de développement 42 000


Impôts différés 42 000×25 % 10 500
Réserves 24 000×75 % 18 000
Résultat 18 000×75 % 13 500
Activation des frais de développement

Pour le compte de résultat

Résultat 13 500
Impôt sur les bénéfices 4 500
Production immobilisée – Immobilisations incorporelles 18 000
Activation des frais de développement

Les normes IAS 16 et IAS 38 autorisent la réévaluation des immobilisations corporelles et incor­
porelles. Le PCG quant à lui n’autorise que la réévaluation des immobilisations corporelles et
financières (art. 214‑27).
Les normes IFRS ne reconnaissent pas comme immobilisations incorporelles les é­ léments clas­
sés par le PCG en « frais d’établissement ». Ceux-ci doivent être compta­bilisés en charges et,
pour ce qui concerne les frais d’augmentation de capital, en ­diminution des primes d’émission.
Dans le Plan comptable général (article 212‑9) :
• Les frais de constitution, de transformation, de premier établissement, peuvent être inscrits
à l’actif comme frais d’établissement. Leur inscription en compte de résultat constitue néan­
moins la méthode de référence.
• Les frais d’augmentation de capital, de fusion et de scission peuvent être inscrits à l’actif en
frais d’établissement. Leur imputation sur les primes d’émission et de fusion constitue néan­
moins la méthode de référence ; en cas d’insuffisance, ces frais sont comptabilisés en charges.
Si l’entité a choisi de faire figurer les frais correspondants en frais d’établissement, un retraite­
ment pour passer du PCG aux normes IFRS s’impose.

254
Exemple
◗ La société Epsilon a été constituée le 1er janvier N–2. En N–2 ont été dépensées des frais de
constitution pour 12 000 € et des frais de premier établissement pour 30 000 €. Ces frais
ont été comptabilisés en frais d’établissement. Par ailleurs en janvier N, la société Epsilon a
procédé à une augmentation de capital. Les frais d’augmentation de capital se sont élevés à
24 000 € et ont été comptabilisés en frais d’établissement.
La société Epsilon amortit ses frais d’établissement sur cinq ans.
Pour passer du PCG aux normes IFRS, il y a lieu de passer les écritures suivantes :

Pour le bilan

Partie 3 – Chap 9 – Retraitements de préconsolidation en normes internationales


Amortissement des frais de constitution 12 000 × 3/5 7 200
Amortissement des frais de premier établissement 18 000
30 000 × 3/5
Amortissement des frais d’augmentation de capital 4 800
24 000 × 1/5
Prime d’émission 24 000 × 75 % 18 000
Impôts différés (12 000 – 7 200 + 30 000 – 18 000 9 000
+ 24 000 – 4 800) × 25 %
Réserves (12 000 – 12 000×2/5 + 30 000 – 30 000 18 900
× 2/5) × 75 %
Frais de constitution 12 000
Frais de premier établissement 30 000
Frais d’augmentation de capital 24 000
Résultat (12 000 + 30 000 + 24 000) / 5 × 75 % 9 900
Retraitement des frais d’établissement

Pour le compte de résultat

Résultat 9 900
Impôt sur les bénéfices 3 300
Dotations aux amortissements des immobilisations 13 200
incorporelles (12 000 + 30 000 + 24 000) / 5
Retraitement des amortissements de frais d’établissement

CAS PRATIQUE 4 • CAS PRATIQUE 5

F Le retraitement des subventions d’investissement


L’IAS 20 § 24 précise que les subventions liées à des actifs doivent être présentées dans l’état
de situation financière soit en produits différés, soit en déduisant la subvention pour arriver à la
valeur comptable de l’actif. Dans les comptes individuels (PCG, art. 312-1), les subventions d’in­
vestissement sont inscrites dans les capitaux propres.

255
Si l’on retient en IFRS la méthode des produits différés, il y a aura lieu de transférer les comptes
de subventions dans des comptes de produits constatés d’avance.
Exemple
◗ La société Gamma a reçu en janvier N–3 une subvention d’investissement de 50 000 € en
vue de financer partiellement un matériel amortissable (linéairement) en dix ans. Dans les
comptes au 31 décembre tenus conformément au PCG, on trouve les postes suivants au
31 décembre N :
• 131 Subventions d’investissement octroyées (créditeur) 50 000
• 139 Subventions d’investissement inscrites au compte de résultat (débiteur) 20 000
• 747 Quote-part de subventions d’investissement virée au résultat
de l’exercice (créditeur) 5 000
On passera les écritures suivantes :

Pour le bilan

Subventions d’investissement octroyées 50 000


Subventions d’investissement inscrites au compte 20 000
de résultat
Produits constatés d’avance 30 000
Retraitement des subventions d’investissement

2 Les locations
Conformément à l’article 212‑5 du PCG, « le titulaire d’un contrat de crédit-bail ­comptabilise
en charges les sommes dues au titre de la période de location. À la levée de l’option d’achat,
le titulaire d’un contrat de crédit-bail inscrit l’immobilisation à l’actif de son bilan pour un
montant établi conformément aux règles applicables en matière de détermination de la
valeur d’entrée ».
Dans l’IFRS 16 (à l’exception des biens de faible valeur ou des contrats de location de faible
durée, inférieure ou égale à un an), à la date de prise d’effet du contrat, le ­preneur doit comp­
tabiliser un actif au titre du droit d’utilisation et un passif locatif. Il faut noter que le concept de
location utilisé par l’IAS 16 dans la comptabilisation du preneur est plus large que le concept de
location-financement utilisé dans la compta­bilisation du bailleur, lequel correspond au concept
de crédit-bail utilisé par le PCG et le règlement 2020‑01 de l’ANC ( chapitre 8). Il impose de
comptabiliser à l’actif toutes les formes de location, y compris celles qualifiées de « location
simple » dans la comptabilisation du bailleur ( chapitre 5)
Des retraitements sont donc nécessaires pour passer d’une comptabilisation d’un actif
« acquis » avec un contrat de crédit-bail (correspondant au contrat de location tel qu’il est
défini par l’IFRS 16) selon les règles du PCG aux règles définies par les normes IFRS.

256
Exemple
◗ Supposons que la société Alpha ait pris en location à compter du 1er janvier N pour une durée de
9 ans non renouvelable un immeuble à usage de bureau valorisé à 500 000 €. Le loyer (trimes­
triel) est fixé à 10 000 € hors taxes et est payable en débit de chaque trimestre. L’évaluation des
droits se fera au taux de 6 % l’an soit un taux trimestriel équivalent de 1,467 %. Le droit d’utili­
sation est estimé à 10 000 × (1 – 1,01467–36)/ 0,01467 × 1,01467 = 282 213 €.
Pour l’année N, on pourra établir le tableau suivant permettant de dégager les intérêts :

Reste Remboursement Montant


Dates Intérêts payés
à rembourser effectué du paiement
1.1.N 282 213 – 10 000 10 000

Partie 3 – Chap 9 – Retraitements de préconsolidation en normes internationales


1.4.N 272 213 3 993 6 007 10 000
1.7.N 266 206 3 905 6 095 10 000
1.10 N 260 111 3 816 6 184 10 000
1.1.N+1 253 927 3 725
15 439 28 286 40 000

On passera alors les écritures de retraitement suivantes (en utilisant un compte de liaison que
nous appelons « locations ») :

Pour le bilan
31.12.N
Droit d’utilisation d’un immeuble en location 282 213
Obligation d’effectuer des paiements locatifs 282 213
Contrat de location d’immeuble à usage de bureaux

Résultat 31 357 × 75 % 23 518


Impôts différés 31 357 × 25 % 7 839
Amortissements du droit d’utilisation d’un immeuble 31 357
en location
Amortissement du droit d’utilisation 282 213 / 9

Compte de liaison locations 40 000


Impôts différés 40 000 × 25 % 10 000
Résultat 40 000 × 75 % 30 000
Annulation des charges de location 10 000 × 4

Résultat 15 439 × 75 % 11 579


Impôts différés 15 439 × 25 % 3 860
Obligation d’effectuer des paiements locatifs 28 286
Compte de liaison locations 40 000
Intérêts courus 3 725
Assimilation de la location à un remboursement de capital
et à un emprunt

257
Pour le compte de résultat

Dotations aux amortissements des immobilisations 31 357


Impôts sur les bénéfices 7 839
Résultat 23 518
Amortissements

Résultat 30 000
Impôts sur les bénéfices 10 000
Locations immobilières 40 000
Annulation des loyers

Charges d’intérêts 15 439


Impôts sur les bénéfices 3 860
Résultat 11 579
Intérêts

CAS PRATIQUE 6

3 Les stocks
Dans leur ensemble, les principes du Plan comptable général sont très proches de ceux de la norme
IAS 2 sur les stocks. Cependant des divergences peuvent apparaître dans l’évaluation, compte tenu
de certaines options autorisées par le Plan comptable général. Ainsi, les amortissements de frais
de développement peuvent ne pas être pris en compte dans l’évaluation des stocks en PCG si le
choix a été pris par l’entité de les laisser en charges. Il peut y avoir aussi des divergences en ce qui
concerne les dépréciations constatées (le PCG renvoie aux règles générales de l’article 214‑1, alors
que la norme IAS 2 stipule que « les stocks doivent être évalués au plus faible du coût et de la
valeur nette de réalisation »).

4 Les dépréciations
Les dépréciations d’actifs (instruments financiers, notamment titres et créances, immobilisa­
tions corporelles et incorporelles) sont traitées dans les normes IFRS par :
– l’IAS 36 « Dépréciations d’actif »,
– l’IFRS 9 (§ 5.5) pour les instruments financiers ;
– l’IAS 2 (§ 9, 28 et s.) pour les stocks.
La norme IAS 36 précise notamment qu’« une entité doit apprécier à chaque date de reporting
s’il existe un quelconque indice qu’un actif peut avoir subi une perte de valeur. S’il existe un tel
indice, l’entité doit estimer la valeur recouvrable de l’actif ».
Dans le PCG, cette obligation existe également (article 214‑16). À l’exception des instruments
financiers (IFRS 9), n’y a en principe pas de divergence entre le PCG et les normes IFRS.

258
5 Les instruments financiers
L’IFRS 9 « Instruments financiers » distingue ( chapitre 5) :
– les actifs et passifs financiers évalués au coût amorti ;
– les actifs financiers évalués à la juste valeur par le biais des autres éléments du résultat global ;
– les actifs et passifs financiers évalués à la juste valeur par le biais du résultat net.
À ces catégories, s’ajoutent les actifs et passifs financiers utilisés comme instruments de cou­
verture. Comptabilisés conformément au PCG, les actifs et passifs financiers doivent être retrai­
tés lorsque les comptes consolidés sont établis conformément aux IFRS.

A Les actifs financiers évalués au coût amorti

Partie 3 – Chap 9 – Retraitements de préconsolidation en normes internationales


Lors de la comptabilisation initiale, l’entité doit évaluer l’actif financier à sa juste valeur (
chapitre 5), majorée des coûts de transaction directement attribuables à ­l’acquisition de l’ac­
tif financier.
Lors des comptabilisations ultérieures, l’actif financier est évalué au coût amorti.
Exemple
◗ La société Gamma a fait l’acquisition, le 1er janvier N–1, de 100 obligations remboursables en
bloc dans 5 ans au nominal de 1 000 € et émises à 980 €. Le taux de ces obligations est de
6 % l’an et la société Gamma désire les garder jusqu’à l’échéance. Les frais d’acquisition de ces
obligations sont de 333 € hors taxes.
Au 1er janvier N–1, la société Gamma a comptabilisé ces obligations (comptes individuels
PCG) au débit du compte 2721 « Titres immobilisés – obligations » pour 98 000 €, les frais
d’acquisition (qui auraient pu être intégrés au coût d’acquisition) au compte 6271 « Frais sur
titres ». Au 31 décembre N–1 et au 31 décembre N, elle a comptabilisé 100 × 1 000 × 6 %
= 6 000 € de produits financiers.
Le taux effectif de ce placement est le taux i pour lequel :
1 – (1 + i)–5
(980 × 100 + 333) = 6 000 × + 100 000 × (1 + i)–5
i
On trouve i = 6,4 %. On peut ainsi établir le tableau de l’emprunt comme suit :
Remboursement
Dates Intérêts à 6,4 % Coût amorti
intérêts
1.1.N–1 98 333
31.12.N–1 6 293 6 000 98 626
31.12.N 6 312 6 000 98 938
31.12.N+1 6 332 6 000 99 270
31.12.N+2 6 353 6 000 99 623
31.12.N+3 6 337 6 000 100 000

259
En normes internationales, conformément à l’IFRS 9 les comptes de titres immobilisés
étant tenus au coût amorti, on passera, au 31 décembre N, les écritures de retraitement
suivantes :

Pour le bilan
31.12.N
Titres immobilisés – obligations IFRS au coût amorti 98 938
Titres immobilisés – obligations PCG 98 000
Impôts différés (98 938 – 98 000) × 25 % 234
Résultat (6 312 – 6 000) × 75 % 234
Réserves [333 + (6 293 – 6 000)] × 75 % 470
Retraitement obligations

Pour le compte de résultat


31.12.N
Résultat 234
Impôt sur les bénéfices 78
Revenus des titres immobilisés 6 312 – 6 000 312
Retraitement obligations

B Les passifs financiers évalués au coût amorti


Lors de la comptabilisation initiale, l’entité doit évaluer le passif financier à sa juste valeur,
minorée des coûts de transaction directement attribuables à l’émission du passif financier. Lors
de comptabilisations ultérieures, le passif financier est évalué au coût amorti.
Exemple
◗ La société Delta a émis le 31 décembre N–2 un emprunt de 1 000 obligations de nominal
100 € au taux de 3,3 % sur 20 ans, la valeur de remboursement des obligations étant de 110 €,
alors que la valeur d’émission était de 95 €. Les frais d’émission étaient de 2 858 €.
3,3 % × 100
Par rapport à la valeur de remboursement, le taux de l’emprunt est de = 3 %.
110
0,03
L’annuité constante de remboursement est 110 × 1 000 × = 7 393,73 €.
1 – 1,03–20
–20
Le taux effectif est le taux i pour lequel (95 × 1 000 – 2 858) = 7 393,73 1 – (1 + i)
On trouve i = 5 % (voir calcul du taux effectif chapitre 5). i

260
On peut ainsi établir le tableau de l’emprunt comme suit (le coût amorti étant fin N–2 égal à
1 000 × 95 – 2 858 = 92 142 €) :

Remboursement Remboursement
Dates Intérêts à 5 % Coût amorti
intérêts capital

31.12.N–2 92 142
31.12.N–1 4 607 3 300 4 070 89 379
31.12.N 4 469 3 178 4 180 86 490

Pour les fins d’année suivantes, le coût amorti est égal au coût amorti de l’année précédente
majoré de l’intérêt de 5 % et diminué des remboursements (intérêts + capital).

Partie 3 – Chap 9 – Retraitements de préconsolidation en normes internationales


Dans les comptes sociaux de la société Delta (tenus conformément au PCG), au 31 décembre
N, on aurait les éléments suivants :
• Compte 163 « Emprunt obligataires » : 1 000 × 110 – 4 070 – 4 180 = 101 750 ou (1 000 – 37
– 38 = 925) × 110.
• Compte 169 « Prime de remboursement des obligations » : 1 000 × (110 – 95) × 18/20
(amortissement en 20 ans) = 13 500.
• Compte 4816 « Frais d’émission des emprunts » : 2 858 × 18/20 (amortissement en vingt
ans) = 2 572.
• Compte 6616 « Intérêts des emprunts et dettes assimilées » : 3 178.
• Compte 6812 « Dotations aux amortissements des charges à répartir » :
2 858 × 1/20 = 143.
• Compte 6861 « Dotations aux amortissements des primes de remboursement des obliga­
tions » : 1 000 × (110 – 95) × 1/20 = 750.
On passera donc les écritures de retraitement suivantes :

Pour le bilan

Emprunts obligataires (PCG) 101 750


Impôts différés (13 500 + 2 572 + 86 490 – 203
101 750) × 25 %
Résultat (4 469 – 3 178 – 143 – 750) × 75 % 299
Réserves (4 607 – 3 300 – 143 – 750) × 75 % 310
Primes de remboursement des obligations 13 500
Frais d’émission des emprunts 2 572
Emprunts obligataires au coût amorti (IFRS) 86 490
Retraitement emprunt

261
Pour le compte de résultat

Intérêts des emprunts et dettes 4 469 – 3 178 1 291


Résultat 299
Impôts sur les bénéfices (1 291 – 143 – 750) × 25 % 99
Dotations aux amortissements des charges à répartir 143
Dotations aux amortissements des primes 750
de remboursement
Retraitement emprunt

Se pose également le problème des titres hybrides (ou composés).


Exemple
◗ Les obligations convertibles en actions doivent être considérées à la fois par des parts respec­
tives comme des dettes et des capitaux propres. Il y a lieu de séparer la composante « capi­
taux propres » de la composante « dette ». ◗

C Les actifs financiers évalués à la juste valeur


par le biais des autres éléments du résultat global
Lors de la comptabilisation initiale, l’entité doit évaluer l’actif financier à sa juste valeur, majo­
rée des coûts de transaction directement attribuables à l’acquisition ou à l’émission de l’actif ou
du passif financier.
Lors des comptabilisations ultérieures, l’entité doit constater les variations de juste valeur
dans les autres éléments du résultat global.
Exemple
◗ La société Thêta a fait l’acquisition le 1er janvier N de 100 actions de la société Sigma. Ces titres sont
appelés être gardés comme placement à long terme. Ils doivent être classés en actifs financiers éva­
lués à la juste valeur par le biais des autres éléments du résultat global. Les titres ont été acquis au
cours de 200 €, les frais d’acquisition se sont élevés à 0,5 % du coût d’acquisition et ont été compris
dans les comptes sociaux de la société Thêta dans le coût d’acquisition.
Au 31 décembre N, la juste valeur de ces titres est de 210 € par titre. Une plus-value latente
doit donc (en normes IFRS) être constatée : elle est de
100 × [210 – (200 + 200 × 0,5 %)] = 900 €.

Lors de leur comptabilisation initiale, les actifs financiers devant être évalués à la juste
valeur par le biais des autres éléments du résultat global sont évalués à leur juste valeur
majorée des coûts de transaction directement attribuables à l’acquisition de cet actif
financier. Lors d’évaluations ultérieures, ils sont évalués à la juste valeur.

262
On passera l’écriture suivante en tenant compte des impôts différés :
Pour le bilan (il n’y a pas d’écriture pour le compte de résultat)

Instruments financiers à la juste valeur par le biais 21 000


des autres éléments du résultat global IFRS 210 × 100
Titres immobilisés – Actions PCG 20 100
100 × 200 = 20 000 + 20 000 × 0,5 %
Impôts différés 900 × 25 % 225
Écarts d’évaluation sur instruments financiers 675
à la juste valeur par le biais des autres éléments du
résultat global 900 × 75 %

Partie 3 – Chap 9 – Retraitements de préconsolidation en normes internationales


Retraitement action

D Les actifs financiers évalués à la juste valeur


par le biais du résultat net
Lors de la comptabilisation initiale, l’entité doit évaluer l’actif financier à sa juste valeur. Si la
juste valeur de l’actif financier lors de la comptabilisation initiale diffère du prix de transaction,
l’entité doit comptabiliser la différence entre la juste valeur à la date de la comptabilisation
initiale et le prix de transaction comme un profit ou une perte en résultat net. Lors de compta­
bilisations ultérieures, l’entité doit constater les variations de juste valeur dans le résultat net
de la période.
Exemple
◗ La société Delta a fait l’acquisition, le 1er juillet N, de 300 actions Lambda (société cotée en
Bourse) au cours de 50 €. Les frais d’acquisition se montent à 1 %. Au 31 décembre N, le cours
de l’action Lambda est de 52 €.
Dans les comptes individuels (tenus conformément à l’article 222‑1 du PCG), ont été débi­
tés les comptes 50 « Valeurs mobilières de placement » pour 15 000 € et 6271 « Frais sur
titres » pour 150 € (mais il était possible de comptabiliser, solution moins intéressante fis­
calement, l’acquisition dans le compte « Valeurs mobilières de placement » pour 15 150 €).
Au 31 décembre N, aucune écriture n’a été constatée et les plus-values latentes sur les titres
n’ont pas été comptabilisées.
Il y a lieu donc de constater des écritures de retraitement (pour le bilan et le compte de résul­
tat) de ces titres :

Pour le bilan

Actifs financiers à la juste valeur par le biais du résultat 15 600


net 300 × 52
Valeurs mobilières de placement 300 × 500 15 000
Résultat (300 × 2) × 75 % 450
Impôts différés (300 × 2) × 25 % 150
Retraitement titres de placement

263
Pour le compte de résultat

Résultat 450
Impôt sur les bénéfices 150
Autres produits financiers 600 – 150 450
Frais sur titres 15 000 × 1 % 150
Effet de l’ajustement à la juste valeur des valeurs mobilières

Dans les comptes consolidés tenus selon le référentiel national, les frais d’acquisition
doivent être constatés dans le coût d’acquisition (articles 221‑1, 222‑1 et 213‑8 du PCG).

E Les passifs financiers évalués à la juste valeur


par le biais du résultat net
Lors de la comptabilisation initiale, l’entité doit aussi évaluer le passif financier à sa juste valeur.
Si la juste valeur du passif financier lors de la comptabilisation initiale diffère du prix de transac­
tion, l’entité doit comptabiliser la différence entre la juste valeur à la date de la comptabilisation
initiale et le prix de transaction comme un profit ou une perte en résultat net. Lors de compta­
bilisations ultérieures, l’entité doit constater les variations de juste valeur dans le résultat net
de la période.
Exemple
◗ Dans les comptes sociaux d’une banque on trouve un compte intitulé « Titres du marché interban­
caire et titres de créances négociables ». Les intérêts courus à verser attachés à ces titres sont por­
tés dans un compte de dettes rattachées en contrepartie du compte de résultat. Au 31 décembre
N, dans les comptes sociaux on trouve au passif du bilan une somme 81 057 k€ pour le montant
de la dette brute et de 1 020 k€ pour le compte rattaché « Intérêts courus ». Dans les comptes
consolidés, il est convenu d’enregistrer à la juste valeur ce passif. L’estimation est de 83 520 k€. Il y
a donc lieu de constater des écritures de retraitement (pour le bilan et le compte de résultat) de ces
titres (on prendra un taux d’impôt de 25 %).
Pour le bilan

Titres du marché interbancaire et titres de créances 81 057


négociables
Intérêts courus 1 020
Résultat (83 520 – 81 057 – 1 020) × 75 % 1 082
Impôts différés (83 520 – 81 057 – 1 020) × 25 % 361
Titres du marché interbancaire et titres de créances 83 520
négociables à la juste valeur par le biais du résultat
net (IFRS)
Retraitement titres du marché bancaire et titres
de créances négociables

264
Pour le compte de résultat

Pertes nettes sur instruments financiers à la juste valeur 1 443


Résultat 1 082
Impôt sur les bénéfices 361
Effet de l’ajustement à la juste valeur du retraitement
des titres du marché bancaire et des titres de créances
négociables

Partie 3 – Chap 9 – Retraitements de préconsolidation en normes internationales


F La classification liée à la comptabilité de couverture
L’IFRS 9 distingue les éléments couverts et les instruments de couverture ( chapitre 5) Elle dis­
tingue aussi entre l’élément couvert et l’élément de couverture trois relations de couverture :
– la couverture de juste valeur ;
– la couverture de flux de trésorerie ;
– la couverture d’un investissement net dans une activité à l’étranger.
Des retraitements sont donc nécessaires pour passer du PCG aux normes IFRS.
CAS PRATIQUE 7

6 Les provisions
Depuis le règlement CRC 2000‑06 sur les passifs, le traitement comptable des provisions est
convergent avec l’IAS 37. Quelques exceptions cependant subsistent.
Exemple
◗ Les provisions pour gros entretiens ou grandes révisions ne sont pas admises en IFRS. ◗

En IFRS, lorsque l’effet valeur-temps de l’argent est significatif, le montant de la provision doit
être la valeur actuelle des dépenses attendues que l’on pense nécessaires pour régler l’obligation
(IAS 37.45). Les provisions ne sont pas actualisées en règles françaises, pour des raisons essen­
tiellement fiscales. Certaines évaluations de provisions peuvent aussi être différentes en IFRS et
en normes françaises.
Exemple
◗ La société Alpha lors de l’acquisition en N–5 d’une usine sur le site de B. a constaté une pro­
vision pour démantèlement de 1 000 000 €. La durée d’usage de cette usine est de 20 ans.
En normes IFRS, avec un taux d’actualisation de 5 %, la provision serait fin N–1 de
1 000 000 × 1,05–15 = 481 017 ; elle serait à la fin N de 1 000 000 × 1,05–14 = 505 068.

265
On passerait donc les écritures suivantes :

Pour le bilan

Provisions pour démantèlement 1 000 000 – 505 068 494 932


Résultat (505 068 – 481 017) × 75 % 18 038
Impôts différés 494 932 × 25 % 123 734
Réserves (1 000 000 – 481 017) × 75 % 389 236
Retraitement provision pour démantèlement

Pour le compte de résultat

Charges financières 481 017 × 5 % 24 051


Résultat 24 051 × 75 % 18 038
Impôts sur les bénéfices 6 013
Retraitement provision pour démantèlement

Les provisions réglementées sont traitées de la même manière que dans le cas de
retraitement de préconsolidation en normes françaises.

7 Les avantages du personnel


S’il n’existe pas de divergence significative entre les normes IFRS et les règles françaises en ce qui
concerne les avantages du personnel à court terme ( chapitre 6) et les régimes à cotisations
définies, il n’en est pas de même des avantages postérieurs à l’emploi concernant les régimes
à prestations définies. Ils portent essentiellement sur les indemnités de départ en retraite et
les régimes de retraite complémentaires ou de couverture de prestations maladie des retraités
gérés par les entités.

NOTRE CONSEIL

Lorsque les engagements de retraite (et les avantages liés) ne sont pas comptabilisés dans les comptes
individuels des entités ou lorsque l’entité n’applique pas la méthode actuarielle issue de la recomman‑
dation de l’ANC, vous devez retraiter les engagements de retraite et assimilés pour les rendre conformes
aux IFRS.

Exemple
◗ La société Gamma a mis en place un régime de retraite à prestations définies. Elle verse des
cotisations à des fonds (qui placent le produit des cotisations en actifs immobiliers et actifs
financiers), les fonds assumant le versement chaque année des prestations destinées au per­
sonnel retraité. En cas d’insuffisance de ressources des fonds, la société Gamma s’est engagée
à couvrir la différence.
Les différentes données relatives au régime de retraite à prestations définies vous sont four­
nies dans le tableau ci-après.

266
Régimes de retraite
Données
à prestations définies

Cotisations versées en N 1 300 000


Prestations servies en N 1 900 000
Obligations à l’ouverture de l’exercice 20 100 000
Coût des services rendus durant l’exercice N 1 600 000
Coût financier de l’exercice 1 200 000
Obligations à la clôture de l’exercice 20 100 000 + 1 600 000 21 000 000
+ 1 200 000 – 1 900 000
Rendement des actifs du régime associé 900 000

Partie 3 – Chap 9 – Retraitements de préconsolidation en normes internationales


Juste valeur des actifs des régimes associés début N 15 000 000
Juste valeur des actifs des régimes associés fin N 15 300 000

Pour le calcul du rendement des actifs du régime, IAS 19 (§ 125) prévoit de prendre en compte
un intérêt calculé sur la juste valeur en début d’exercice (pour être cohérent avec le coût
financier imputé, et compenser ainsi cet intérêt et éviter ainsi une certaine volatilité des résul­
tats). Ce taux est de 6 %.
Dans les comptes sociaux de la société Gamma, seul a été comptabilisé (en charges) le règle­
ment des cotisations au fonds de pension.
Les bilans au 31 décembre N–1 et au 31 décembre N et le compte de résultat de l’année N en
normes IFRS pourront être ainsi établis :

Bilan en début d’exercice


Retraité

Valeur actualisée des obligations 20 100 000


Juste valeur des actifs du régime – 15 000 000
5 100 000

En fin d’exercice
Retraité

Valeur actualisée des obligations 21 000 000


Juste valeur des actifs du régime – 15 300 000
5 700 000

Compte de résultat net


Retraité

Coût des services rendus 1 600 000


Coût financier 1 200 000
Rendement des actifs du régime 15 000 000 × 6 % – 900 000
1 900 000

267
On passera donc les écritures suivantes :
Pour le bilan

Réserves (ou report à nouveau) 5 100 000 × 75 % 3 825 000


Impôts différés 1 275 000
Dettes provisionnées pour avantages postérieurs à 5 100 000
l’emploi
Reconstitution « provision pour retraite » en début
d’exercice

Résultat (1 900 000 – 1 300 000) × 75 % 450 000


Impôts différés 150 000
Dettes provisionnées pour avantages postérieurs à 600 000
l’emploi
5 700 000 – 5 100 000
Évolution provision pour retraite

Pour le compte de résultat

Charges de personnel (coût des services rendus) 1 600 000


Charges financières (coût financier) 1 200 000
Produits financiers (rendement des actifs du régime) 900 000
Charges de personnel (cotisations) Cotisations 1 300 000
constatées en charges
Résultat 450 000
Impôt sur les bénéfices 150 000
Opérations de l’exercice

Dans le cas où il n’y aurait pas d’actifs (fonds de pension) du régime associé, la valeur actualisée
des obligations au bilan en début d’exercice serait de 20 100 000 € et celle en fin d’exercice de
21 000 000 €. La société aurait décaissé le montant des prestations servies soit 1 900 000 €
et on aurait passé les écritures de retraitement suivantes :

Pour le bilan

Réserves (ou report à nouveau) 20 100 000 × 75 % 15 075 000


Impôts différés 5 025 000
Dettes provisionnées pour avantages postérieurs à 20 100 000
l’emploi
Reconstitution « provision pour retraite » en début
d’exercice

268
Impôts différés 900 000 × 25 % 225 000
Résultat 900 000 × 75 % 675 000
Dettes provisionnées pour avantages postérieurs à 900 000
l’emploi
Évolution provision pour retraite 21 000 000 – 20 100 000

Pour le compte de résultat

Charges de personnel (coût des services rendus) 1 600 000

Partie 3 – Chap 9 – Retraitements de préconsolidation en normes internationales


Charges financières (coût financier) 1 200 000
Charges de personnel (prestations constatées 1 900 000
en charges)
Résultat 675 000
Impôt sur les bénéfices 225 000
Opérations de l’exercice

Dans cet exemple nous n’avons pas tenu compte des coûts des services passés et des écarts
actuariels (pour éviter une complexité certaine). ◗

Il n’existe en France aucune règle spécifique de comptabilisation des stock-options. Ce n’est


qu’au moment de l’exercice de l’option qu’une augmentation de capital, une attribution d’ac­
tions rachetées ou une remise de liquidités équivalente peut être comptabilisée. Au contraire,
l’application de la norme IFRS 2 implique, pour l’attribution de stock-options, la comptabilisa­
tion d’une charge (de personnel) dès la date d’octroi. Cette charge est évaluée à la juste valeur
de l’option attribuée ( chapitre 6).
MINI-CAS 2

8 Les produits des activités ordinaires


Les divergences entre le PCG et l’IFRS 15 portent essentiellement sur :
– les dates de comptabilisation des produits ;
– la possibilité de prendre en compte l’actualisation ;
– les contrats à long terme relatifs aux contrats de construction et aux prestations de services
(prestations remplies progressivement).
L’IFRS 15 indique que « l’entité doit comptabiliser des produits des activités ordinaires lors­
qu’elle a rempli (ou à mesure qu’elle remplit) une obligation de prestation en fournissant au
client le bien ou service promis (c’est-à-dire en transférant un actif). Un actif est transféré
lorsque le client en a obtenu (ou à mesure qu’il en obtient) le contrôle. » Le référentiel fran­
çais s’attache plutôt au transfert de propriété qu’au contrôle. Des divergences peuvent ainsi
être constatées.

269
Exemple
◗ La société Omicron a effectué une vente (à l’exportation) de produits de 48 000 € hors taxes
(valeur du produit en stock 42 000 €) comptabilisable en norme IFRS mais non comptabili­
sable en normes françaises. On passera les écritures de retraitement suivantes :
Pour le bilan

Clients 48 000
Stock de produits 42 000
Résultat (48 000 – 42 000) × 75 % 4 500
Dettes d’impôt différé (48 000 – 42 000) × 25 % 1 500
Retraitement ventes

Pour le compte de résultat

Variation de stock – Production stockée 42 000


Impôt sur les bénéfices 1 500
Résultat 4 500
Ventes de produits 48 000
Retraitement ventes

À la différence des normes internationales, le référentiel français ne fait pas référence à la juste
valeur, hormis dans le cadre des échanges de biens pour l’évaluation des produits (l’article 213‑3
du PCG fait référence en fait à la valeur vénale). Il en résulte que certaines transactions faisant
intervenir des délais de règlement relativement longs, ayant une incidence sur la juste valeur
de la contrepartie à recevoir, seront comptabilisées pour des montants différents dans les deux
référentiels. Alors qu’en IFRS, le produit à comptabiliser correspondra au montant actualisé de
la contrepartie attendue à l’échéance il sera égal au montant nominal de cette même contre­
partie selon les règles françaises.
Exemple
◗ La société Omicron a vendu (à l’exportation) le 1er décembre N un lot de 105 000 € de produits
qui ne seront payés que le 1er décembre N+1. Si l’on prend un taux d’actualisation de 5 %, la
juste valeur de ce lot de produits est de 105 000 × (1,05)–1 = 100 000 €. Au 31 décembre N,
l’intérêt couru sur le crédit accordé au client (calculé au taux mensuel équivalent au taux
annuel de 5 %) est de 100 000 × (1,05)–1/12 – 100 000, soit 407 €.
On passera les écritures de retraitement suivantes :

Pour le bilan

Résultat 4 593 × 75 % 3 445


Impôts différés 1 148
Clients 105 000 – 100 407 4 593
Retraitement vente

270
Pour le compte de résultat

Ventes de produits 105 000 – 100 000 5 000


Autres produits financiers 407
Impôts sur les bénéfices 1 148
Résultat 3 445
Retraitement vente

Le PCG autorise deux méthodes de comptabilisation de contrats à long terme s’étalant dans le
temps : la méthode à l’avancement (méthode de référence, art. 622‑7) et la méthode à l’achè­

Partie 3 – Chap 9 – Retraitements de préconsolidation en normes internationales


vement. L’IFRS 15, de son côté précise (§ 39) que « Pour chaque obligation de prestation remplie
progressivement, l’entité doit comptabiliser les produits des activités ordinaires progressive­
ment, en évaluant à cette fin la mesure dans laquelle l’obligation est remplie (le degré d’avan­
cement) ». Un retraitement est alors nécessaire (semblable à celui effectué dans le cadre des
opérations de préconsolidation en normes françaises chapitre 8).
La notion de résultat extraordinaire n’existant plus en IFRS (depuis la révision de 2002-
2003), il est nécessaire de reclasser les produits et charges directement liés à un événement
majeur et inhabituel, comptabilisés en résultat exceptionnel (conformément au règlement
2022-06 de l’ANC modifiant le PCG) dans les comptes sociaux, dans des comptes de pro­
duits et charges courants des activités poursuivies ou des activités abandonnées, selon le
cas ( chapitre 4).
Exemples
◗ Les charges correspondant aux cessions d’éléments d’actif (moins-values), aux dons, libérali­
tés, créances irrécouvrables, pénalités, amendes, malis provenant de clause ­d’indexation, etc.,
les produits provenant de la cession d’éléments d’actif (plus-values), les libéralités reçues, les
rentrées sur créances amorties, etc. sont à classer dans les charges et produits conduisant au
résultat courant. ◗

9 L’impôt sur le résultat


A Le principe
La norme IAS 12 « Impôt sur le résultat » impose de comptabiliser tous les actifs et passifs
d’impôt différé.

Il est à noter que le règlement 2022-06 de l’ANC, applicable obligatoirement à compter


du 1er janvier 2025, modifiant le PCG, a reclassé en autres charges et produits courants
les charges et produits qualifiés d’exceptionnels dans le PCG applicable actuellement,
à l’exception des produits et charges directement liés à un événement majeur et inhabituel.

271
Définitions
• Une fiscalité différée est une fiscalité liée aux opérations pour lesquelles le fait généra­
teur de l’accroissement ou l’allégement futur de l’impôt est intervenu mais dont l’effet se
manifestera à une date future déterminée ou indéterminée mais ­certaine.
• Une fiscalité latente est une fiscalité différée à caractère éventuel.

La comptabilisation initiale d’un goodwill ou d’un actif/passif non lié à regroupement


d’entreprise et n’affectant ni le bénéfice comptable, ni le bénéfice imposable échappe à
l’obligation de comptabilisation au titre des impôts différés.

B La comptabilisation des impôts différés


La comptabilisation des impôts différés dans les comptes individuels n’est pas interdite par le
PCG, mais très rare en pratique. En effet, le PCG ne fait référence qu’à l’impôt exigible. Toute­
fois, dans certains cas, pour respecter le principe de prudence, certains passifs d’impôts différés
peuvent faire l’objet de provisions (compte 155 « Provisions pour impôt »).
L’IAS 12 impose à une entité de comptabiliser les conséquences fiscales des transactions et
autres événements de la même façon qu’elle comptabilise les transactions et évènements eux-
mêmes.

De par son champ d’application, l’IAS 12 est impactée par plusieurs normes du référentiel
IFRS. Dans ce chapitre, nous avons constaté soit des créances, soit des dettes d’impôt
différé liées aux différents retraitements évoqués.

Exemple
◗ Tous les effets d’impôt liés aux transactions et autres événements comptabilisés dans le
compte de résultat sont également comptabilisés dans ce même compte. ◗
Si le recouvrement futur de la valeur comptable d’un actif ou d’un passif est susceptible d’aug­
menter ou de diminuer les paiements futurs d’impôt en raison de leur base fiscale différente,
l’IAS 12 impose la comptabilisation d’un impôt différé (ex. : réévaluation effectuée en franchise
d’impôt).

MINI-CAS 3

10 Les variations du cours des monnaies


La norme IAS 21 « Effets des variations des cours des monnaies étrangères » traite deux types
de problèmes :
– la présentation des transactions en monnaie étrangère dans la monnaie fonctionnelle ;
– l’utilisation d’une monnaie de présentation autre que la monnaie fonctionnelle.
Définition
La monnaie fonctionnelle est définie par l’IAS 21 comme « la monnaie de l’environnement
économique principal dans lequel opère l’entité » alors qu’une monnaie étrangère est « une
monnaie différente de la monnaie fonctionnelle de l’entité ».

272
Exemple
◗ Pour une entreprise française, la monnaie fonctionnelle est l’euro et toute autre monnaie est
une monnaie étrangère. ◗
L’IAS 21 traite également de la monnaie de présentation.
Définition
La monnaie de présentation est définie par l’IAS 21 comme « la monnaie utilisée pour la
présentation des états financiers ».

La monnaie de présentation peut être la monnaie fonctionnelle mais, dans certains cas, une
monnaie étrangère (ex. : entreprise française, filiale d’un groupe américain, qui tiendrait ses

Partie 3 – Chap 9 – Retraitements de préconsolidation en normes internationales


comptes en dollars). Les transactions en monnaie étrangère et la conversion des comptes éta­
blis en monnaie étrangère sont traitées comme suit (tab. 9.1).

Tableau 9.1. Transactions en monnaies étrangères et conversion de comptes en monnaies


étrangères selon la norme IAS 21

Utilisation d’une monnaie de présentation autre


Méthode IAS 21
que la monnaie fonctionnelle

Transactions monétaires Cours de clôture


Conversions monétaires
• Capitaux propres • Taux historique
• Résultat (et compte de résultat) • Taux moyen
• Autres postes • Taux de clôture
Affectations des écarts de conversion
• Écart sur situation nette d’ouverture • Capitaux propres
• Écart sur résultat • Néant

NOTRE CONSEIL
Notez qu’en matière de transactions étrangères, la méthode préconisée par le § 300 du règlement 99‑02 du
CRC ou l’article 272-17 du règlement 2020-01 de l’ANC ( chapitre 8) pour ce qui concerne le taux de clôture
conduit au même retraitement.

Dans le cas d’entités à la monnaie hyperinflationniste, les états financiers des dites entités
doivent être libellés dans l’unité de mesure qui a cours à la date de clôture. Tous les montants
(actifs, passifs, éléments de capitaux propres, charges et produits, y compris ceux fournis à titre
comparatifs) seront ensuite convertis dans la monnaie de présentation au cours de clôture de
la date du dernier bilan.

A Les transactions en monnaie étrangère


Dans les comptes sociaux, l’article 420‑5 du PCG précise que les différences de conversion
des actifs et passifs monétaires libellés en devises sont inscrites à des comptes transitoires, en
attente de régularisations ultérieures :
– à l’actif du bilan pour les différences correspondant à une perte latente (compte 476 « Diffé­
rences de conversion – Actif ») ;

273
– au passif du bilan pour les différences correspondant à un gain latent (compte 477 « Diffé­
rences de conversion – Passif »).
Les pertes de change latentes entraînent à due concurrence la constitution d’une provision pour
risques, sous réserve des dispositions particulières permettant de limiter cette provision.
La notion de « différence de conversion » n’existant pas en IFRS, des retraitements doivent être
effectués.
Exemple
◗ Les comptes individuels de la société Lambda font ressortir au 31 décembre N des écarts de
conversion actif de 12 000 € et des écarts de conversion passif de 6 000 €. Au 31 décembre
N–1, ces écarts étaient respectivement de 9 000 € et de 4 500 €. Les écarts de conversion actif
ont fait l’objet de provisions.
On passera les écritures suivantes de retraitement :
Pour le bilan

Résultat 3 000
Réserves 9 000
Différences de conversion actif 12 000
Annulation de l’écart de conversion actif

Différences de conversion passif 6 000


Résultat 1 500
Réserves 4 500
Annulation de l’écart de conversion passif

Provisions pour pertes de change 12 000


Résultat 3 000
Réserves 9 000
Annulation de la provision pour risques de change

Pour le compte de résultat

Pertes de change 3 000


Résultat 3 000
Annulation de l’écart de conversion passif

Résultat 1 500
Gains de change 1 500
Annulation de l’écart de conversion passif

274
Résultat 3 000
Dotations aux provisions financières 3 000
Annulation de la provision pour risques de change

Dans le retraitement, nous n’avons pas fait intervenir d’impôts différés, car les impôts sur
différences de change sont, dans le système français, exigibles ou déductibles de suite et
nous avons considéré que la comptabilisation dans les comptes individuels était faite selon la
méthode de l’impôt exigible. ◗

Partie 3 – Chap 9 – Retraitements de préconsolidation en normes internationales


B Les conversions de comptes en monnaie étrangère
Exemple
◗ La société Alpha dont le siège social est à Paris a participé, le 1er janvier N–1, à la constitution de
la société Oméga, société au capital de 45 millions de $ dont le siège est à Atlanta. Elle a acquis
70 % du capital pour le prix de 24 609 k€ (cours du $ au moment de l’opération 1 € = 1,28 $).
Au 31 décembre N, le bilan et le compte de résultat de la société Oméga se présentent ainsi
(en milliers de $).
Bilan
Immobilisations corporelles 30 000 Capital 45 000
Stocks 27 000 Réserves 3 000
Créances 24 000 Résultat 12 000
Liquidités 12 000 Emprunts 18 000
Autres dettes 15 000
93 000 93 000

Compte de résultat
Achats 60 000 Ventes 100 000
(Variation de stock) – 15 000
Autres charges 29 000
Amortissements 6 000
Impôts 8 000
Résultat 12 000
100 000 100 000

Les immobilisations corporelles ont été acquises le 1er janvier N–1, les stocks au cours de
l’exercice N. Le résultat de l’année N–1 était de 15 000 milliers de $ et la distribution effectuée
en janvier N a été de 12 000 milliers de $.
Il est demandé de consolider la société Oméga dans le bilan et le compte de résultat de la
société Alpha en sachant que le cours du $ au 31 décembre N est de 1 € = 1,20 $, au 1er janvier
N–1 de 1 € = 1,28 $, au 1er janvier N de 1 € = 1,26 $ et, en moyenne, au cours de l’exercice N–1
de 1 € = 1,27 $ et au cours de l’exercice N de 1 € = 1,24 $.

275
Écriture de cumul du bilan (au taux de clôture)

Immobilisations corporelles 30 000 / 1,20 25 000


Stocks 27 000 / 1,20 22 500
Créances 24 000 / 1,20 20 000
Liquidités 12 000 / 1,20 10 000
Capital Oméga 45 000 / 1,20 37 500
Réserves Oméga 3 000 / 1,20 2 500
Résultat Oméga 12 000 / 1,20 10 000
Emprunt 18 000 / 1,20 15 000
Autres dettes 15 000 / 1,20 12 500
Cumul bilan

Écriture de cumul du compte de résultat (au taux moyen)

Achats 60 000 / 1,24 48 387


Variation de stock –15 000 / 1,24 – 12 097
Autres charges 29 000 /1,24 23 387
Amortissements 6 000 / 1,24 4 839
Impôts 8 000 / 1,24 6 452
Résultat 12 000 / 1,24 9 677
Ventes 100 000 / 1,24 80 645
Cumul charges et produits

Il y a lieu de distinguer (dans le bilan), un écart de conversion afin de tenir compte de la déter­
mination du résultat au taux moyen.

Résultat Oméga 10 000 – 9 677 323


Écart de conversion 323
Virement : 12 000 /1,20 – 12 000 / 1,24

Puis, il va falloir déterminer (toujours dans le bilan) un écart de conversion pour ramener le
capital de la filiale à sa valeur historique (à 1 € = 1,28 $), ainsi que les réserves (bénéfices N–1
à 1 € = 1,27 $).

Capital Oméga 37 500 – 45 000 / 1,28 2 344


Réserves Oméga 2 500 – 3 000 /1,27 138
Écart de conversion 2 482
Écart de conversion

276
Dans le cas (assez rare) dans lequel l’entité étrangère n’est pas autonome (conversion d’une
activité à l’étranger : cas d’une filiale vendant uniquement des biens importés de l’entité conso­
lidante et remettant à celle-ci les produits correspondants, par exemple), la méthode présentée
ci-dessus n’est pas applicable directement. Les opérations correspondant à l’activité doivent
d’abord être converties au fur et à mesure (soit à un cours historique) dans la monnaie fonction­
nelle à laquelle elle rattachée l’entité consolidante avant d’être éventuellement converties dans
la monnaie de présentation des comptes du groupe, si celle-ci est différente de la monnaie fonc­
tionnelle de l’entité consolidante. La méthode utilisée est similaire à celle utilisée en normes
françaises pour les entités non-autonomes ( chapitre 8).

11 Les changements de méthode, d’estimation

Partie 3 – Chap 9 – Retraitements de préconsolidation en normes internationales


et les corrections d’erreurs
A Les changements de méthode comptable
Selon l’IAS 8, lorsqu’une entité change de méthodes comptables lors de la ­première application
d’une norme ou d’une interprétation qui ne prévoit pas de dispo­sitions ­transitoires spécifiques
applicables à ce changement, ou décide de changer de méthodes comptables, elle doit appliquer
ce changement de manière rétrospective. La méthode de l’IASB ne diffère pas fondamentale­
ment de la méthode préconisée par le PCG (article 122‑2) qui précise que « lors de change‑
ments de méthodes comptables, ­l’effet, après impôt, de la nouvelle méthode est calculé de
façon rétrospective, comme si celle-ci avait toujours été appliquée ».

B Les changements d’estimation comptable


Selon l’IAS 8, l’effet d’un changement d’estimation comptable être comptabilisé de manière
prospective et inclus dans la détermination du résultat de la période du changement, si le chan­
gement n’affecte que cette période ou de la période du changement et des périodes ultérieures,
si celles-ci sont également concernées par ce changement. Le PCG de son côté précise que « les
changements d’estimation et de modalités d’application n’ont qu’un effet sur l’exercice en cours
et les exercices futurs ». Il n’y a donc pas de divergence fondamentale à ce niveau.

C Les corrections d’erreurs


Comme pour les changements de méthodes comptables, pour l’IAS 8, une erreur d’une période
antérieure doit être corrigée par retraitement rétrospectif. Selon l’article 122‑6 du PCG, « les
corrections résultant d’erreurs, d’omissions matérielles, d’interprétations erronées ou de l’adop­
tion d’une méthode comptable non admise, sont comptabilisées dans le résultat de l’exercice au
cours duquel elles sont constatées ». Il y a donc divergence entre méthode PCG et normes IFRS
et un retraitement est nécessaire.

277
Exemple
◗ La société Lambda avait oublié de comptabiliser en N–1 une vente de marchandises à
­l’exportation au Brésil : le montant de la vente était de 100 000 €, le stock comptabilisé en fin
d’exercice était de 70 000 €. La correction d’erreur a été constatée dans les comptes sociaux
de la société Lambda de l’année N. Pour passer aux normes IFRS, il y a lieu de constater les
opérations suivantes :

Pour le bilan

Résultat (100 000 – 70 000) × 75 % 22 500


Réserves 22 500
Retraitement erreur sur vente

Pour le compte de résultat

Ventes de marchandises 100 000


Variation de stock de marchandises 70 000
Impôt sur les bénéfices 7 500
Résultat 22 500
Retraitement d’erreur sur vente

278
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

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les savoirs les compétences l’épreuve

1 QCM
Pour chacune des questions suivantes, une seule réponse est possible. Justifiez votre choix.
1. Que devez-vous faire si vous avez comptabilisé en provisions les dépenses d’entretien
d’un matériel de production faisant l’objet de programmes pluriannuels
de gros entretien ou de grandes révisions ?
a. Les comptabiliser en charges. ∙
b. Les considérer comme un composant du matériel de production. ∙
c. Les laisser dans un compte de provisions de remise en état. ∙
2. Dans les comptes sociaux, l’entité a comptabilisé en charges les frais de développement
de projets nettement individualisés. Que doit-elle faire dans ses comptes consolidés
établis conformément aux IFRS ?
a. Elle doit maintenir les frais de développement dans les charges. ∙
b. Elle peut les comptabiliser en immobilisations incorporelles. ∙
c. Elle doit les comptabiliser en immobilisations incorporelles. ∙
3. Conformément à l’article 212‑5 du PCG, l’entité titulaire d’un contrat de crédit-bail a
comptabilisé en charges les sommes dues au titre de la période de location.
Que doit-elle faire si elle présente des comptes consolidés établis conformément
aux IFRS ?
a. Les inscrire à l’actif du bilan pour une valeur correspondant au droit d’utilisation,
amortir ce droit, et constater un passif locatif évalué à la valeur actualisée
du montant des loyers à payer. ∙
b. Les inscrire à l’actif pour leur valeur après amortissement chez le crédit-bailleur. ∙
c. Les laisser en charges. ∙
4. Comment un emprunt obligataire doit-il être évalué, au moment de son émission, en IFRS ?
a. À sa valeur de remboursement. ∙
b. À sa juste valeur. ∙
c. À sa valeur d’émission, minorée des coûts de transaction directement
attribuables à l’émission de l’emprunt. ∙
5. Comment un ensemble d’actions acquis pour l’entité
dans le cadre d’un placement à long terme doit-il être évalué en IFRS ?
a. Au coût amorti. ∙
b. À la juste valeur par le biais des autres éléments du résultat global. ∙
c. À la juste valeur par le biais du résultat net. ∙
6. Comment les écarts de change résultant de la conversion de filiales étrangères
sont-ils comptabilisés en IFRS ?
a. Ils doivent être comptabilisés en tant que composante distincte des capitaux propres. ∙
b. Ils doivent être comptabilisés en charges ou en produits financiers. ∙
c. Ils doivent être constatés dans un compte de « Report à nouveau ». ∙

279
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

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les savoirs les compétences l’épreuve

2 Mini-cas : avantages du personnel ★★★

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation

La SA Ernest Business a mis en place un régime post-emploi, concernant les indemnités de fin de
carrière versées lors du départ à la retraite des salariés.
La SA Ernest Business, conformément à l’article L. 123-13 al. 3 du Code de commerce, ne
comptabilise pas au bilan, dans ses comptes sociaux, ses engagements en matière de pen­
sion, de compléments de retraite, d’indemnités et d’allocations en raison du départ à la
retraite ou avantages similaires des membres ou associés de son personnel et de ses man­
dataires sociaux.
La SA Ernest Business devant établir des comptes consolidés en normes IFRS, présentez les écritures
à comptabiliser en N concernant les obligations relatives aux indemnités de départ à la retraite.
On tiendra compte d’un impôt différé de 25 %.

Données relatives aux avantages postérieurs à l’emploi année N


Annexe 1

Indemnités de départ
Données
à la retraite

Obligations à l’ouverture 2 787 000

Coût des services rendus 433 000

Coût de l’actualisation 168 000

Prestations servies durant l’exercice 183 000

Gains sur services passés constatés dans l’exercice 24 000

Obligations à la clôture 3 120 000

Gains actuariels dus à un changement d’hypothèses 72 000

Charges actuarielles d’expérience 11 000

Gains actuariels non comptabilisés début N 124 500

Les charges actuarielles d’expérience représentent les effets des différences entre les hypothèses actuarielles
antérieures et ce qui s’est effectivement produit.

280
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

3 Mini-cas : impôt différé ★★★

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation

La société Clarisse est une société anonyme soumise à l’impôt sur les sociétés. Elle fait partie du
groupe Clément, lequel établit des comptes consolidés en normes internationales.
Pour la détermination du résultat fiscal N de la société Clarisse, les éléments suivants ont été
pris en compte (en euros) :
Résultat comptable normes françaises PCG 311 125
Réintégrations fiscales
Impôt sur les sociétés exigible comptabilisé  138 875
Contribution de solidarité (C3S) N 12 000
Contribution effort de construction N non déductible immédiatement 8 500
Taxes sur véhicules de tourisme 15 000
Amortissements non déductibles sur véhicules de tourisme 8 000
Jetons de présence non déductibles 7 000
Intérêts de comptes courants d’associés non déductibles  6 500
Amende pour infraction 1 500
Perte de change inscrite au compte 476 3 600
Provisions pour pensions et obligations similaires 80 000
Participation aux résultats N 16 000
Dépenses somptuaires liées à la chasse  3 000
Réintégration de la quote-part de plus-value de fusion (CGI, art. 210 A) 30 000
Dépréciation du fonds de commerce non déductible  14 000
Réévaluation libre d’actifs corporels  42 000
 385 975
Déductions fiscales
Contribution de solidarité (C3S) N–1 11 000
Contribution à l’effort de construction N–1 non déduite immédiatement 6 000
Participation aux résultats N–1 14 000
Profit de change inscrit dans le compte 477  2 000
Dotation aux provisions pour pertes de change 3 600
Plus-value dégagée lors de l’expropriation  15 000
Reprise de la réévaluation libre 10 000
 61 600
Comptabilisez, au 31 décembre N, tout impôt différé sur les sociétés (taux de 25 %).

281
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

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les savoirs les compétences l’épreuve

4 Cas pratique : immobilisations corporelles ★★★ 60 min

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
La balance des immobilisations corporelles de la société Nicolas au 31 décembre N, après inven­
taire, se présente comme suit (voir page suivante) :

N° Montant Soldes débiteurs Soldes créditeurs

211 Terrains 200 000


2131 Bâtiments 600 000
2135 Installations générales, agencements, 270 000
aménagements des constructions
2154 Matériel industriel 300 000
2182 Matériel de transport 180 000
2183 Matériel de bureau et informatique 80 000
2184 Mobilier 45 000
28131 Amortissements bâtiments 89 250
28135 Amortissements installations générales, 63 000
agencements, aménagements des constructions
28154 Amortissements de matériel industriel 72 000
28182 Amortissements du matériel de transport 60 000
28183 Amortissements du matériel de bureau 45 000
et informatique
28184 Amortissements du mobilier 12 000
29182 Dépréciation du matériel de transport 20 000

• Les terrains ont été acquis en N–3 : les droits d’enregistrement soit 11 600 € et les frais de
notaire soit 4 600 € ont été portés en charges.
• Les bâtiments, construits en N–3 s’amortissent en 20 ans, avec une valeur résiduelle de
90 000 €. Il aurait fallu distinguer la toiture, sans valeur résiduelle d’une durée de 15 ans et
la structure du bâtiment d’une durée de 30 ans. En fait la durée de 20 ans a été calculée pour
tenir compte des valeurs respectives du gros œuvre et de la ­structure et faire en sorte que la
dotation globale soit la même sur 20 ans.
• Installations générales, agencements, aménagements des constructions : ils s’amortissent en
15 ans (valeur résiduelle nulle).

282
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

• Les travaux d’installation, agencements et aménagements des constructions ont fait l’objet
de la part de la Région d’une subvention de 20 % (soit 54 000 €) comptabilisées dans le 131 du
PCG « Subventions d’équipement ». Pour l’établissement des comptes consolidés en normes
internationales, la société Nicolas a choisi de comptabiliser cette subvention conformément
au § 27 de la norme IAS 20 présenté avec le § 26 en annexe.
• Le matériel industriel s’amortit en 10 ans (amortissement dégressif, coefficient 2,25, avec diffé­
rence entre amortissements dégressif et linéaire porté en amortissements dérogatoires) avec une
valeur résiduelle de 60 000 €. Des provisions de gros entretien pour une révision globale au bout
de 5 ans sont comptabilisées chaque année pour 12 000 € depuis l’acquisition. Depuis l’acquisition,
aucune grosse révision provisionnée n’a été effectuée.
• Au moment de l’acquisition le matériel transport avait une durée de vie est estimée à 8 ans
(avec une valeur résiduelle de 20 000 €). Au 31 décembre N sa valeur a été estimée à 100 000 €.
• Les comptes « Matériel de bureau et informatique » et « Mobilier » ne font pas l­’objet d’ob­
servations particulières pour ce travail.

Travail à faire
Dans le cadre d’une consolidation en IFRS, présentez les écritures de retraitement de préconsoli-
dation des immobilisations corporelles pour l’année N de la société Nicolas. On prendra un taux
d’impôt sur les sociétés de 25 %.

IAS 20 § 26 et 27
Annexe

26 Une méthode présente la subvention en produits différés comptabilisés en résultat


sur une base systématique sur la durée d’utilité de l’actif.
27 L’autre méthode déduit la subvention en calculant la valeur comptable de l’actif. La
subvention est comptabilisée en résultat sur la durée d’utilité de l’actif amortissable par
l’intermédiaire d’une réduction de la charge d’amortissement

283
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

5 Cas pratique : immobilisations incorporelles ★★★ 45 min

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
La balance des immobilisations incorporelles de la société Nicolas au 31 décembre N, après
inventaire, se présente comme suit :

N° Montant Soldes débiteurs Soldes créditeurs

2012 Frais de premier établissement 45 000


2013 Frais d’augmentation de capital 30 000
205 Concessions et droits similaires, brevets, 120 000
licences, marques, procédés, logiciels, droits
et valeurs similaires
28012 Amortissements frais de premier 36 000
établissement
28013 Amortissements frais d’augmentation 12 000
de capital
2805 Amortissements concessions et droits 24 000
similaires, brevets, licences, marques,
procédés, logiciels, droits et valeurs similaires

• Les frais de premier établissement et les frais d’augmentation de capital s’amortissent en


5 ans.
• Des frais de développement engagés en N–1 et N n’ont pas été immobilisés. Ils s’élevaient
à 54 000 € pour N–2 et à 30 000 € pour N. Ils auraient dû s’amortir en 5 ans, à compter du
début de l’exercice suivant celui de la dépense.
• Des brevets ont été acquis en janvier N–2. La somme immobilisée correspond à celle qui a été
versée à cette date. Chaque année, durant 15 ans, la société Nicolas versera une redevance de
1 % calculée sur le chiffre d’affaires généré par ce brevet : cette redevance a été de 12 000 €
en N–2, 13 000 € en N–1, 14 000 € en N. Compte tenu de l’évolution du chiffre d’affaires, on
considère qu’elle augmentera de 1 000 € par an. S’il est nécessaire d’actualiser ces flux de
trésorerie, on prendra un taux de 4 %.

Travail à faire
Dans le cadre d’une consolidation en IFRS, présentez les écritures de préconsolidation de retraite-
ment des immobilisations incorporelles pour l’année N de la société Nicolas. On retiendra un taux
d’impôt sur les sociétés de 25 %.

284
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

6 Cas pratique : contrats de location ★★★ 60 min

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
Le 1er janvier N, la société Félix, qui vient de se constituer (capital 500 000 €), signe un contrat
de crédit-bail immobilier aux conditions suivantes :
• Valeur du terrain : 400 000 €.
• Valeur d’origine de la construction : 3 000 000 €.
• Frais d’acquisition : 153 000 €.
• Durée d’usage de la construction : 20 ans (valeur résiduelle estimée au bout de 20 ans :
1 000 000 €).
• Durée du contrat : 15 ans.
• Prix de levée de l’option en fin de contrat (31 décembre N+14) : 250 000 € (amortissement
fiscal de la construction sur 5 ans à compter la levée de l’option) payable le 1er janvier N+15.
• Redevance trimestrielle payable au début du terme : 100 000 €.
Le 31 décembre N+17, la société cède l’ensemble immobilier pour un prix de 1 900 000 €, dont
700 000 € pour le terrain.
Remarques :
• Le taux d’IS est de 25 %.
• Le taux de TVA sur les redevances de crédit-bail est de 20 %.
• On ne tiendra pas compte de l’effet fiscal dû à l’application de l’article 239 sexies I du CGI
(réintégration lors de la cession d’une plus-value égale à la différence entre la valeur de l’im­
meuble lors de la signature du contrat diminuée des amortissements qui auraient été prati­
qués si l’entité en était propriétaire et la valeur de rachat).

Travail à faire
1. Présentez, dans le journal de la société Félix (comptes tenus conformément au PCG), les écri-
tures comptables aux dates suivantes : 1er janvier N, 1er avril N, 31 décembre N+14, 31 décembre
N+15, 31 décembre N+17.
2. Vérifiez le taux effectif applicable à ce contrat qui s’élève à 8,6 %.
3. Présentez le tableau d’amortissement de l’emprunt pour les années N et N+1.
4. Présentez dans le journal de la société Félix (comptes tenus conformément aux IFRS), les écri-
tures comptables aux dates suivantes : 1er janvier N, 1er avril N, 31 décembre N, 31 décembre
N+14, 31 décembre N+15, 31 décembre N+17.
5. Présentez les écritures de retraitement (bilan et résultat) dans le cadre de la consolidation pour
l’année N.

285
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

7 Cas pratique : emprunt obligataire ★★★ 60 min

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
La société Tanguy, société faisant appel public à l’épargne sur un marché réglementé, a émis le
1er juillet N un emprunt obligataire de 10 000 obligations de 100 € au nominal au taux de 5 %
émises à 96 €. Les frais d’émission se sont élevés à 6 830 € (TVA 20 % en plus). Le rembourse­
ment s’opère par annuités constantes sur 10 ans.

Travail à faire
1. Présentez dans les comptes sociaux de la société Tanguy les écritures au 1er juillet N,
au 31 décembre N et au 1er juillet N+1. Les frais d’emprunt seront répartis sur la durée de l’em-
prunt.
2. Établissez un tableau d’amortissement de l’emprunt et déterminez, pour chaque échéance,
le coût amorti (conformément à l’IFRS 9 citée en annexe). On appliquera un taux effectif
de 6 %.
3. Présentez, en normes IFRS, les écritures au 1er juillet N et au 31 décembre N.
4. Indiquez les retraitements nécessaires pour effectuer la consolidation des comptes du groupe
Tanguy au 31 décembre N.

Coût amorti d’un actif financier ou du passif financier (extrait de l’IFRS 9)


Annexe

Le coût amorti d’un actif ou d’un passif est le montant auquel est évalué l’actif ou
le passif financier lors de sa comptabilisation initiale, diminué des remboursements
en principal, majoré ou diminué de l’amortissement cumulé calculé par la méthode
du taux d’intérêt effectif, de toute différence entre ce montant initial et le montant
à l’échéance, et diminué de toute réduction (opérée directement ou par le biais d’un
compte de correction de valeur) pour dépréciation ou irrécouvrabilité.

286
SYNTHÈSE
Retraitements de préconsolidation
en normes internationales

Retraitements à effectuer
• Droits de mutation, honoraires ou commissions et frais d’actes, liés
à l’acquisition
Immobilisations

• Provisions et dépenses d’entretien faisant l’objet de programmes pluriannuels


de gros entretien ou de grandes révisions
• Immeubles de placement et actifs non courants classés comme détenus en vue
de la vente
• Coûts des emprunts
• Activation des frais de développement

• Opposition totale de méthode entre PCG (comptabilisation en charges les


sommes dues au titre de la période de location) et l’IFRS 16 (comptabilisation
d’un actif au titre du droit d’utilisation et d’un passif locatif) :
– Passif locatif = Valeur actualisée du montant des loyers dus non encore ­versés
Locations

– Actif locatif = Passif locatif + Coûts directs initiaux engagés par le preneur
• Pour chaque période comptable :
Charges = Amortissement + Charge financière
Dépréciations

À l’exception des instruments


Stocks

Divergences possibles (mais rares) en financiers (IFRS 9), absence


matière d’évaluation de divergences (en principe)
entre PCG et IFRS
Impôt sur le résultat

• Provisions pour gros entretien ou Prise en compte de la


Provisions

grandes révisions totalité des impôts différés à


• Non-actualisation des provisions à l’exception, en principe, des
long terme en règles françaises impôts actifs

287
Retraitements à effectuer
Divergence totale le PCG et les IFRS qui distinguent les cas suivants
Instruments financiers

et les instruments de couverture :


– actifs financiers évalués au coût amorti
– passifs financiers évalués au coût amorti
– actifs financiers évalués à la juste valeur par le biais des autres éléments
du résultat global
– actifs financiers évalués à la juste valeur par le biais du résultat net
– passifs financiers évalués à la juste valeur par le biais du résultat net
du personnel

• Constatation sous forme de provisions des avantages postérieurs à l’emploi


Avantages

concernant les régimes à prestations définies


• Retraitements spécifiques des paiements fondés sur des actions
(stock-options)
Produits des activités
ordinaires

Possibilité de prendre en compte l’actualisation, sauf contrats à long terme


(méthode dite « à l’avancement »)
Variations des cours

• Comptabilisation des transactions en devises en charges ou produits


monétaires

• Conversions de comptes établis en devises : comptabilisation au taux de clôture


(actifs/passifs), au taux moyen (charges/produits), au taux historique (capitaux
propres), en capitaux propres (écarts de change)
Changements
de méthode

Traitement rétrospectif des corrections d’erreurs d’une période antérieure

288
CHAPITRE
10 Comptes réciproques
et résultats internes, écarts
d’évaluation et d’acquisition

PROGRAMME

Compétences visées Notions et contenus


• Maîtriser le processus d’élaboration Retraitements de consolidation :
d’une consolidation – élimination des comptes réciproques
• Déterminer l’impact des retraitements et des résultats internes ;
de consolidation – traitement des écarts d’évaluation
• Enregistrer les opérations et d’acquisition : détermination à l’entrée
de consolidation et postérieurement à l’entrée.

PLAN DU CHAPITRE
Cours : 1. Les comptes réciproques • 2. La dépréciation des titres, créances et provisions sur
d’autres entités consolidées • 3. Les dividendes • 4. Les stocks acquis à l’intérieur du groupe
• 5. Les immobilisations acquises à l’intérieur du groupe • 6. Les titres d’autocontrôle
• 7. Les écarts d’évaluation et d’acquisition
Des savoirs aux compétences : Évaluer les savoirs • Maîtriser les compétences
• Préparer l’épreuve
Synthèse

A près avoir retraité, dans des opérations dites de préconsolidation – en vue de les rendre homo-
gènes –, les comptes des différentes unités faisant partie des différentes entités comprises
dans le périmètre de consolidation, le consolideur est en mesure d’établir des comptes cumulés.
Ces derniers ne sont pas des comptes consolidés. En effet, ils n’ont pas éliminé les opérations
internes au groupe, ni retraité les écarts constatés lors de la première consolidation, ni éliminé les
montants liés aux participations. Il y a donc lieu d’effectuer ces opérations de consolidation avant
d’établir les documents de synthèse consolidés.

MOTS-CLÉS
Autocontrôle • Compte réciproque • Dividende • Écart d’acquisition • Écart d’évaluation
• Goodwill • Immobilisation • Regroupement d’entreprises • Résultat interne • Stock
1 Les comptes réciproques
Que ce soit au niveau du bilan ou au niveau du compte de résultat, du fait d’opérations internes
au groupe (prêts, cessions de produits), des comptes réciproques apparaissent :
• Au niveau du bilan, clients et fournisseurs, pour des créances d’une société sur l’autre, prêts et
emprunts, autres débiteurs et autres créditeurs, comptes courants, effets à recevoir et effets
à payer.
• Au niveau du compte de résultat, achats et ventes, charges financières et produits financier,
subventions accordées et subventions obtenues.
Il faut faire disparaître de la balance cumulée (ou du bilan et du compte de résultat cumulés) les
montants correspondants en soldant les comptes correspondants. Le montant à éliminer est
fonction de la méthode de consolidation utilisée (tab. 10.1).

Tableau 10.1. Montants à éliminer en fonction de la méthode de consolidation

Entreprises concernées Montant de la créance/


Entreprise consolidante Entreprise consolidée dette à éliminer

Intégration globale Intégration globale Totalité

Intégration globale Intégration proportionnelle Montant le plus faible

Intégration proportionnelle Intégration proportionnelle Montant le plus faible

Exemple
◗ La société Bêta est une filiale de la société Alpha. La société Alpha a facturé à la société Bêta
une somme de 120 000 € TTC correspondant à une livraison de marchandises. Au 31 décembre
N, le bilan d’Alpha comporte un poste Client Bêta débiteur de 120 000 € et le bilan de Bêta
comporte un poste Fournisseur Alpha créditeur de 120 000 €.
Par ailleurs, la société Alpha a enregistré 500 000 € de ventes de produits à la société Bêta.
Les écritures de retraitement suivantes doivent être comptabilisées :

31.12.N
Fournisseurs 120 000
Clients 120 000
Créances et dettes réciproques

Ventes 500 000
Achats 500 000
Produits et charges réciproques

Lorsque l’une des deux sociétés a été intégrée proportionnellement, la compensation n’est
limitée à la quote-part intégrée. ◗

MINI-CAS 2

290
2 La dépréciation des titres, créances et provisions
sur d’autres entités consolidées
Lorsque ces comptes réciproques ont fait l’objet de dépréciations, celles-ci doivent être annu-
lées, les incidences fiscales devant suivre le même effet.
L’élimination des dépréciations doit s’effectuer de la manière suivante :
– la fraction provenant des dépréciations des exercices antérieurs est comprise dans les
réserves ;
– la variation de l’exercice est inscrite au résultat.

Partie 3 – Chap 10 – Comptes réciproques et résultats internes, écarts d’évaluation et d’acquisition


Le montant à éliminer est fonction de la méthode de consolidation appliquée (élimination par-
tielle en cas d’intégration proportionnelle).
Exemple
◗ La société Bêta, filiale de la société Alpha, étant en difficulté, cette dernière a constaté une
dépréciation de 75 000 € (dont 30 000 en N–1) sur sa créance sur Bêta. La créance étant
­compensée (voir l’exemple ci-avant), il faudra passer les écritures suivantes.
Écritures pour le bilan

Dépréciation des comptes clients 75 000


Résultat Alpha (pour l’exercice) 45 000
Réserves Alpha (pour l’exercice précédent) 30 000
Annulation de la dépréciation sur créance du client Rosette

Résultat Alpha (pour l’exercice) 11 250


Réserves Alpha (pour l’exercice précédent) 7 500
Impôts différés 18 750
Dette d’impôt différée sur dépréciation (taux 25 %)

Écritures pour le compte de résultat

Résultat 45 000
Dotations aux dépréciations de l’actif circulant 45 000
Annulation de la provision client du Bêta

Impôts sur les bénéfices 11 250


Résultat 11 250
Impôt différé

291
3 Les dividendes
Les dividendes de la filiale touchés par la société mère sont en fait des résultats d’exercices
précédents qui doivent être considérés comme des réserves consolidées : il est nécessaire de les
virer à ce compte.
Les dividendes n’étant pas imposés (régime des sociétés mères et des filiales, seuls les frais
engagés pour toucher ces dividendes et estimés à 5 % de ceux-ci n’étant pas déductibles), il n’y
a pas lieu en général de tenir compte d’une fiscalité incidente.
Exemple
◗ La société Gamma, filiale à 60 % de la société Alpha, a versé à cette dernière au cours de
l’exercice N, 60 000 € de dividendes au titre de l’exercice N–1. Les écritures de retraitement
suivantes devront être comptabilisées.
Écriture pour le bilan

Résultat Alpha 60 000


Réserves Alpha 60 000
Dividendes de Gamma

Écriture pour le compte de résultat

Produits financiers 60 000


Résultat 60 000
Dividendes de Gamma

4 Les stocks acquis à l’intérieur du groupe


Lorsqu’une entreprise intégrée vend à une autre entreprise intégrée des stocks (produits ou
marchandises), elle réalise un bénéfice (généralement) interne sur la cession de ces produits.
Ce bénéfice vient cependant en diminution du résultat réalisé par la seconde entreprise lorsque
celle-ci revend (après éventuellement transformation) le produit à l’extérieur, si bien que le
total des bénéfices réalisés par ces deux entreprises est indifférent quel que soit le prix de ces-
sion interne.
Lorsque la seconde entreprise, n’a pas revendu le produit, les comptes cumulés dégagent sur le
stock un résultat interne qu’il faut régulariser. On tiendra compte d’un impôt payé d’avance sur
ce résultat interne.

292
Exemple
◗ La société Sigma vend habituellement à sa société mère, la société Alpha, titulaire de 60 % du
capital de Sigma, des marchandises avec un taux de marge moyen de 20 %. Au 31 décembre
N, le stock de ces marchandises dans le bilan d’Alpha est de 60 000 € alors qu’il était de
36 000 € au 31 décembre N–1.
Les écritures de retraitement suivantes devront être comptabilisées. On utilisera la méthode
de consolidation directe qui fait remonter les résultats des exercices antérieurs (réserves) ou
de l’exercice (résultats) au niveau de la société mère. Il est à noter que le profit de stocks est

Partie 3 – Chap 10 – Comptes réciproques et résultats internes, écarts d’évaluation et d’acquisition


ici réalisé par la filiale Alpha.

Écritures pour le bilan

Résultat Alpha (pour l’exercice sur la variation de stock) 2 880


24 000 × 20 % × 60 %
Réserves Alpha (pour les exercices précédents) 4 320
36 000 × 20 %×60 %
Intérêts minoritaires sur résultat 1 920
24 000 × 20 % × 40 %
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 2 880
36 000 × 20 %×40 %
Stock de marchandises 12 000
Annulation profit interne sur stock : 60 000 × 20 %

Impôts différés 3 000


Résultat Alpha 720
Réserves Alpha 1 080
Intérêts minoritaires sur résultat 480
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 720
Impôt payé d’avance sur profit interne (à 25 %)

Écritures pour le compte de résultat

Variation de stock de marchandises 4 800


Résultat 4 800
Annulation profit interne sur stock

Résultat 1 200
Impôt sur les bénéfices 1 200
Impôt payé d’avance sur profit interne sur stock

293
Les intérêts minoritaires sur capital et réserves, ou « participations ne donnant pas le
contrôle », sont classés au bilan sur une seule ligne. Dans le compte de résultat, le résultat
revenant aux intérêts minoritaires est renseigné séparément du résultat revenant au
groupe. Il est donc nécessaire soit dans les écritures conduisant au bilan consolidé, soit
dans celles conduisant au compte de résultat consolidé de séparer les intérêts minoritaires
conduisant au résultat des autres intérêts minoritaires sur capital et réserves.

5 Les immobilisations acquises à l’intérieur du groupe


Lorsqu’une société intégrée vend à une autre société intégrée une immobilisation, elle réalise
généralement une plus-value de cession qu’on peut qualifier d’interne (et qui sera imposée). La
société acquéreuse peut cependant constater un amortissement plus important (si l’immobili-
sation est amortissable).
Les plus-values dégagées sur des immobilisations cédées à l’intérieur du groupe ainsi que les
suppléments d’amortissement constatés doivent être annulés.
Exemple
◗ La société Gamma a revendu au début de l’exercice N à sa société mère, la société Alpha un
matériel acquis 60 000 €, au début de l’exercice N–4 et amortissable linéairement en 10 ans
(valeur résiduelle nulle). Ce matériel a été repris par la société Alpha pour 48 000 € et la
société Alpha l’a amorti en N de 8 000 € (amortissement prévu en 6 ans).
La participation d’Alpha sur Gamma est de 60 %.
La plus-value réalisée par la société Gamma sur la société Alpha est de :

• Prix de cession : 48 000


• Valeur nette comptable : 60 000 – 4 × 6 000 =  36 000
12 000
Cette plus-value reviendra à Alpha pour 60 % soit pour 7 200 € et aux intérêts minoritaires
pour 40 % soit 4 800 €.
Les écritures de retraitement suivantes devront être comptabilisées. Le différentiel d’amortisse-
ment a été constaté par la société mère Alpha.

• Pour la cession :
Écritures pour le bilan

Résultat Alpha 12 000 × 60 % 7 200


Intérêts minoritaires sur résultat 12 000 × 40 % 4 800
Matériels (60 000 – 48 000) 12 000
Amortissement du matériel 24 000
Annulation profit interne sur cession

Impôts différés 3 000


Résultat Alpha 1 800
Intérêts minoritaires sur résultat 1 200
Impôt payé d’avance (au taux de 25 %)

294
Écritures pour le compte de résultat

Produits des cessions d’immobilisations corporelles 48 000


et incorporelles
Valeur comptable des immobilisations corporelles 36 000
et incorporelles cédées
Résultat 12 000
Annulation profit interne sur cession

Partie 3 – Chap 10 – Comptes réciproques et résultats internes, écarts d’évaluation et d’acquisition


Résultat 3 000
Impôt sur les bénéfices 3 000
Impôt payé d’avance

• Pour l’amortissement :
Écritures pour le bilan

Amortissement du matériel 2 000


Résultat Alpha 2 000
Annulation complément d’amortissement
8 000 – 6 000

Résultat Alpha 500


Impôts différés 500
Incidence fiscale à 25 % de l’annulation du complément
d’amortissement.

Écritures pour le compte de résultat

Résultat 2 000
Dotations aux amortissements des immobilisations 2 000
Annulation complément d’amortissement

Impôt sur les bénéfices 500


Résultat 500
Incidence fiscale de l’annulation du complément
d’amortissement

MINI-CAS 3 • CAS PRATIQUE 6

295
6 Les titres d’autocontrôle
Lorsque des actions ou des droits de vote d’une société sont possédés par une ou plusieurs socié-
tés dont elle détient directement ou indirectement le contrôle, il y a autocontrôle et (dans le
droit français, notamment article L. 233‑31 du Code de commerce) les droits de vote attachés
à ces actions ou ces droits de vote ne peuvent être exercés à l’assemblée générale de la société.
Dans le cadre de la présentation des comptes consolidés ces titres doivent être annulés.
Exemple
◗ Supposons que la société Alpha possède 60 % du capital de la société Bêta, laquelle possède
70 % du capital de la société Gamma. Cette dernière, contrôlée par la société Alpha pos-
sède 10 % du capital de la société Alpha. Les titres Alpha possédés par Gamma devront être
annulés. Si ces titres ont été acquis 50 000 € pour 2 000 actions de nominal 10 €, on passera
l’écriture suivante :

Capital Alpha 2 000 × 10 20 000


Réserves Alpha 30 000
Titres de participation (ou titres immobilisés ou titres 50 000
de placement, selon le cas) Alpha
Élimination titres d’autocontrôle

7 Les écarts d’évaluation et d’acquisition


Le terme d’écart de première consolidation est cité par l’article R. 233‑5 du Code de commerce,
lequel précise que « l’écart de première consolidation d’une société est réparti dans les postes
appropriés du bilan consolidé ; la partie non affectée de cet écart est inscrite au poste “écart
d’acquisition” à l’actif ou au passif du bilan consolidé ».
Le concept d’écart de première consolidation recouvre les écarts d’évaluation et les écarts d’ac-
quisition. L’écart d’acquisition est appelé goodwill en normes internationales.

Définitions
• L’écart d’évaluation désigne la différence entre la valeur d’entrée dans le bilan consolidé
d’un élément et la valeur comptable du même élément dans l’entreprise contrôlée.
• L’écart d’acquisition désigne la différence entre le coût d’acquisition des titres et l’évalua-
tion totale des actifs et passifs identifiés à la date d’acquisition.

L’article R. 233‑5 du Code de commerce et le règlement 2020-01 de l’ANC ne ­comportent pas de


divergences fondamentales par rapport aux règles IFRS pour ce qui concerne les écarts d’évalua-
tion (à l’exception de la non prise en compte des impôts différés provenant de l’évaluation d’ac-
tifs incorporels non amortissables ne pouvant être cédés séparément). En revanche, les écarts
d’acquisition sont traités différemment.

296
A Les écarts d’évaluation
1. Selon les normes françaises
Principes d’évaluation des actifs et des passifs identifiables. En normes françaises, les écarts
d’évaluation doivent porter sur des actifs et passifs identifiables, inscrits au bilan consolidé à
leur valeur d’entrée déterminée en fonction de l’usage prévu par l’entreprise consolidante.
Ce principe peut conduire à la comptabilisation, par l’entité consolidante, de certains actifs
et passifs que l’entité acquise n’avait pas précédemment comptabilisés dans ses comptes

Partie 3 – Chap 10 – Comptes réciproques et résultats internes, écarts d’évaluation et d’acquisition


individuels.
Quant aux provisions pour engagements de retraite et avantages similaires afférant à l’entité
acquise, elles sont comptabilisées même dans le cas où le groupe acquéreur n’a pas opté pour la
comptabilisation de ces engagements.
Exemples
◗ • Brevets, marques acquis ou créés en interne par l’entité acquise.
• Relations contractuelles avec les clients de l’entité acquise.
• Projets de développement en cours.
• Provisions pour coût de restructuration. ◗

Pour le règlement 2020-01 (art. 232-1), l’évaluation de la valeur d’entrée d’un actif tient compte
de l’utilisation envisagée par l’acquéreur. La valeur d’entrée correspond au prix que l’entité acqué-
reuse aurait accepté de payer si elle avait acquis les actifs et passifs identifiés séparément. La
valeur d’entrée des actifs destinés à être cédés est déterminée sur la base du prix de cession pro-
bable minoré des frais de cession.
Détermination des écarts d’évaluation. L’écart d’évaluation entre la valeur comptable
consolidée d’un élément d’actif ou de passif et sa valeur fiscale génère un impôt différé. Par
exception à cette règle, ne doivent pas être pris en compte les passifs d’impôts différés pro-
venant de la comptabilisation des écarts d’évaluation portant sur des actifs incorporels géné-
ralement non amortis ne pouvant être cédés séparément de l’entreprise acquise (règlement
2020-01, art 272-10).

2. Selon les normes internationales


La norme IFRS 3 (§ 18) précise que « l’acquéreur doit évaluer les actifs identifiables acquis et les
passifs repris à leur juste valeur à la date d’acquisition ».
Certains passifs éventuels doivent aussi être évalués et constatés en provisions. Ainsi, contrai-
rement à IAS 37 « Provisions, passifs et actifs éventuels », l’acquéreur doit comptabiliser un
passif éventuel repris à l’occasion d’un regroupement d’entreprises à la date d’acquisition
même s’il n’est pas probable qu’une sortie de ressources représentatives d’avantages écono-
miques soit nécessaire pour éteindre l’obligation (IFRS 3, § 23) : ceci concerne notamment les
passifs éventuels de restructuration.
Exemple
◗ La société Alpha a pris le contrôle le 1er janvier N–3, en faisant l’acquisition de 60 % de son
capital, de la société Bêta. Le bilan au 31 décembre N–4 de la société Bêta vous est présenté
ci-dessus (retraité et présenté conformément aux IFRS).

297
Bilan société Bêta au 31 décembre N–4 (en k€)

Actifs non courants Capitaux propres

Immobilisations corporelles 40 000 Capital émis 20 000


Immobilisations incorporelles 9 000 Autres réserves 8 000
Autres titres immobilisés 1 000 Bénéfices mis en réserve 14 000
Autres immo. fin. 2 000 Résultat de l’exercice 6 000

52 000 48 000

Actifs courants Passifs non courants

Stocks 15 000 Emprunts à long terme 12 000


Créances clients 12 000 Impôts différés 4 000
Autres actifs courants 6 000 Provisions à long terme 1 000
Instruments de trésorerie actif 2 000 Avantages au personnel 5 000
Trésorerie et équivalents 2 000

37 000 22 000

Passifs courants
Fournisseurs et autres créditeurs 8 000
Actifs non nécessaires 1 000 Emprunts à court terme 5 000
à l’exploitation
Partie à court terme 2 000
des emprunts à long terme
Impôts exigibles 2 000
Instruments financiers à terme 1 000
– Passif
Provisions à court terme 2 000

20 000

Total 90 000 Total 90 000

Le 1er janvier N–3 au moment de l’acquisition de la société Bêta, il y a lieu de tenir compte de
plus-values sur :
• Constructions pour 4 000 000 € (amortissement en 20 ans).
• Terrains d’exploitation pour 1 500 000 €.
• Terrains non nécessaires à l’exploitation et destinés à être cédés : 900 000 €.
• Brevets pour 6 000 000 € (amortissements en 10 ans).
• Stocks pour 2 000 000 €.

298
Les frais de restructuration arrêtés au 1er janvier N–3 de la filiale sont estimés à 3 000 000 €.
Des actifs éventuels (frais de recherche non immobilisés pouvant être brevetés et exploités)
sont estimés à 1 000 000 € (amortissables en 5 ans).
Pour les autres éléments de l’actif et du passif, les valeurs nettes comptables sont représen-
tatives de la juste valeur.
Le taux d’impôt à prendre en compte est de 25 %
La juste valeur nette des actifs et passifs identifiables de cette société peut se déterminer
comme suit (en milliers d’euros) :

Partie 3 – Chap 10 – Comptes réciproques et résultats internes, écarts d’évaluation et d’acquisition


Actifs
• Immobilisations corporelles : 40 000 + 4 000 + 1 500 = 45 500
• Immobilisations incorporelles : 9 000 + 6 000 + 1 000 = 16 000
• Autres titres immobilisés 1 000
• Autres immobilisations financières 2 000
• Stocks : 15 000 + 2 000 = 17 000
• Créances clients 12 000
• Autres actifs courants 6 000
• Instruments financiers à terme actif 2 000
• Trésorerie et équivalents 2 000
• Actifs non nécessaires à l’exploitation : 1 000 + 900 = 1 900
 105 400
Passifs
• Emprunts à long terme 12 000
• Impôts différés existants 4 000
• Impôts différés liés à l’évaluation
• (4 000 + 1 500 + 900 + 6 000 + 2 000 + 1 000 – 3 000) × 25 % = 3 100
• Provisions à long terme : 1 000 + 3 000 4 000
• Avantages au personnel 5 000
• Fournisseurs et autres créditeurs 8 000
• Emprunts à court terme 5 000
• Partie à court terme des emprunts à long terme 2 000
• Impôts exigibles 2 000
• Instruments financiers à terme passif 1 000
• Provisions à court terme 2 000
 48 100
Montant net : 105 400 – 48 100 = 57 300

B Les écarts d’acquisition (goodwill)


Le terme « goodwill » a été traduit en français par « survaleur », notamment dans le glossaire
des termes économiques et financiers du ministère de l’Économie et des Finances.
Définition
Le goodwill est la différence positive, entre la valeur globale d’un ensemble acquis et la
somme des éléments qui composent cet ensemble.

299
1. Les normes françaises
En comptabilité, notamment française, le goodwill peut être comptabilisé, selon le cas, dans
le fonds commercial (comptes individuels) ou dans l’écart d’acquisition (comptes consolidés) :
• Écart d’acquisition positif. Il est inscrit à l’actif immobilisé et généralement amorti sur
une durée qui doit refléter, aussi raisonnablement que possible, les hypothèses retenues
et les objectifs fixés et documentés lors de l’acquisition. L’article R. 233‑5 du Code de
commerce précise que « l’écart d’acquisition comptabilisé à l’actif est rapporté au résul-
tat sur sa durée d’utilisation. Dans des cas exceptionnels, lorsque sa durée d’utilisation
ne peut être déterminée de façon fiable, il est amorti sur une période de dix ans. Que
sa durée d’utilisation soit limitée ou non, l’écart d’acquisition comptabilisé à l’actif fait
l’objet d’une dépréciation lorsque sa valeur d’inventaire est inférieure à sa valeur comp-
table si l’on prévoit que la perte de valeur sera durable. Ces dépréciations ne sont jamais
reprises » (fig. 10.1).

L’écart d’acquisition ne concerne pas les minoritaires dans le règlement 2020-01 de l’ANC
(à la différence de la norme IFRS 3 dans la méthode du « full goodwill »).

Règlement 2020-01 (art. 231-11)


■ Lorsqu’il n’y a pas de limite prévisible à la durée pendant laquelle l’écart d’acquisition procu-
rera des avantages économiques au groupe, ce dernier n’est pas amorti.

Durée non Test


Absence
d’utilisation de dépréciation
d’amortissement
limitée ? annuel obligatoire

oui

Limite non Amortissement non


Dépréciation ?
prévisible ? en 10 ans

oui oui oui

Amortissement Indice Dotation


sur la durée de perte aux
d’utilisation de valeur ? dépréciations

non

Figure 10.1. Traitement de l’écart d’acquisition positif en normes françaises

300
• Ne doivent pas être pris en compte les passifs d’impôts différés provenant de la comptabi-
lisation d’écarts d’acquisition puisque leur amortissement n’est pas déductible fiscalement
(règlement 2020-01, art. 272-10).

• Écart d’acquisition négatif. Un écart d’acquisition négatif correspond généralement soit


à une plus-value potentielle du fait d’une acquisition effectuée dans des conditions avan-
tageuses, soit à une rentabilité insuffisante de l’entreprise acquise. Sauf cas exceptionnels
dûment justifiés dans l’annexe, la constatation d’écarts d’évaluation positifs ne doit pas avoir
pour conséquence de faire apparaître un écart d’acquisition négatif. L’excédent négatif éven-

Partie 3 – Chap 10 – Comptes réciproques et résultats internes, écarts d’évaluation et d’acquisition


tuel est rapporté au résultat sur une durée qui doit refléter les hypothèses retenues et les
objectifs fixés lors de l’acquisition.

2. Le goodwill en normes internationales


Définition
La norme IFRS 3 définit le goodwill comme un actif représentant les avantages écono-
miques futurs résultant des autres actifs acquis lors d’un regroupement d’entreprises qui ne
sont pas identifiés individuellement et comptabilisés séparément.

L’acquéreur doit (IFRS 3, § 32) constater le goodwill à la date d’acquisition comme la différence
(excédent) entre :
– le total de la valeur de la contrepartie transférée et de la part revenant aux intérêts
minoritaires, appelée par la norme « participation ne donnant pas le contrôle dans
­l’entreprise » ;
– le montant net des actifs et passifs identifiables constatés.
La norme IFRS 3 (§ 19) autorise l’évaluation des intérêts minoritaires :
– soit leur quote-part dans l’actif net identifiable de l’entité acquise ;
– soit à la juste valeur.
Si les intérêts minoritaires sont évalués à la juste valeur, il y a lieu de comptabiliser la quote-part
de goodwill revenant aux intérêts minoritaires.
Compte tenu de cette possibilité offerte par le § 19 de la norme IFRS 3, deux méthodes d’éva-
luation et de comptabilisation du goodwill peuvent être envisagées :
– une évaluation affectée simplement à l’acquéreur (méthode dite du « purchase goodwill »
ou du goodwill partiel) ;
– une évaluation affectée à la fois à l’acquéreur et aux intérêts minoritaires (méthode dite du
« full goodwill » ou du goodwill total ou complet).
Il est à noter que s’il avérait que le goodwill serait négatif, la norme IFRS 3 (§ 32) considère que
l’acquisition a été faite à des conditions avantageuses et que l’acquéreur a fait « une bonne
affaire » (bargain purchase), cette bonne affaire devant être comptabilisée dans le résultat de
l’exercice.

3. L’évaluation à la date d’acquisition selon la méthode du « purchase


goodwill » (ou « goodwill partiel ») en normes internationales
Le goodwill doit être évalué comme étant l’excédent du coût du regroupement d’entreprises sur
la part d’intérêt de l’acquéreur dans la juste valeur nette des actifs, passifs et passifs éventuels
identifiables repris.

301
Exemple (suite)
◗ Reprenons le cas de la société Bêta dont la société Alpha a pris le contrôle en N–3. Les titres
avaient été acquis 36 000 000 €. On peut ainsi calculer le goodwill :
• Valeur d’acquisition des titres : 36 000 000
• Quote-part des actifs et passifs identifiables revenant à Alpha :
57 300 000 × 60 % = – 34 380 000
Goodwill  1 620 000 ◗
Le goodwill peut être positif ou négatif. S’il est positif, il correspond à la quote-part des immobili-
sations incorporelles non identifiables acquises par l’acquéreur (le fonds commercial par exemple)
ou /et à la prime payée en contrepartie des avantages que procure la prise de contrôle : élimination
d’une entreprise concurrente, assurance d’un approvisionnement ou d’un débouché, amélioration
des conditions de production, expansion à l’étranger. Après sa première comptabilisation, le good-
will positif doit faire l’objet d’un test de dépréciation (impairment test), conformément à l’IAS 36.
La comptabilisation du goodwill n’engendre pas d’impôt différé (IAS 12 § 21).

4. L’évaluation à la date d’acquisition selon la méthode


du « full goodwill » (ou « goodwill total ») en normes internationales
L’acquéreur doit évaluer la juste valeur de l’entité acquise, dans sa totalité, à la date d’acquisi-
tion. Elle dégagera un goodwill égal à la différence entre la juste valeur de l’entité acquise et la
juste valeur des actifs, passifs et passifs éventuels identifiables.
La juste valeur de l’entité acquise est la valeur de l’entité qui a servi de base à l’évaluation des
titres de participation acquis. Cette évaluation est effectuée en principe, selon la norme, par
« extrapolation » du prix payé pour le pourcentage acquis ou, si ce prix ne représente pas la
juste valeur du pourcentage d’intérêts acquis, en utilisant d’autres méthodes d’évaluation. Les
coûts liés à l’acquisition (honoraires versés à des intermédiaires, aux consultants, conseils juri-
diques, à des évaluateurs, etc.) sont exclus du coût d’acquisition de la cible et sont générale-
ment à évaluer en charges de l’exercice d’acquisition.
Exemple (suite)
◗ Supposons que les titres Bêta acquis par la société Alpha dans l’exemple ci-avant soient éva-
lués à 36 millions d’euros. La valeur de la société Bêta pourrait se déduire de cette valeur de la
manière suivante : 36 000 000 / 60 % = 60 000 000 €.
Le « full goodwill » serait donc égal à :
• Valeur globale de l’entité 60 000 000
• Valeur globale des actifs et passifs identifiables – 57 300 000
Goodwill 2 700 000
Ce goodwill se répartira entre les majoritaires : 2 700 000 × 60 % = 1 620 000 et les minori-
taires : 2 700 000 × 40 % = 1 080 000
Dans le cas où on considèrerait que les valeurs des participations des majoritaires et des minori-
taires ne soient pas équivalentes, par exemple 36 000 000 € pour les 60 % de titres détenus par
les majoritaires et 23 000 000 € (au lieu de 24 000 000 € comme ci-avant) par les minoritaires.
Le « full goodwill » serait donc égal à :
• Valeur globale de l’entité 36 000 000 + 23 000 000 59 000 000
• Valeur globale des actifs et passifs identifiables – 57 300 000

302
Goodwill 1 700 000
Ce goodwill serait partagé entre goodwill revenant aux majoritaires (1 620 000 €)
(comme ci-avant) et goodwill revenant aux minoritaires (80 000 €), soit 23 000 000
– 57 300 000 × 40 %. ◗
5. La dépréciation du goodwill en normes internationales
Pour les besoins des tests de dépréciation, à compter de la date d’acquisition, le goodwill acquis
dans un regroupement d’entreprises, doit être affecté à chacune des unités génératrices de tré-
sorerie de l’acquéreur ou à chacun des groupes d’unités génératrices de trésorerie susceptibles

Partie 3 – Chap 10 – Comptes réciproques et résultats internes, écarts d’évaluation et d’acquisition


de bénéficier des synergies du regroupement d’entreprises, que d’autres actifs ou passifs de l’en-
treprise acquise soient ou non affectés à ces unités ou groupes d’unités ( chapitre 5).

6. L’évaluation du profit provenant de l’acquisition en normes


internationales
Le goodwill négatif (ou badwill) correspond, pour la part revenant à l’acquéreur, soit à une pré-
vision de perte ou de défaut de rendement soit, le cas échéant, à une plus-value potentielle du
fait d’une acquisition effectuée dans des conditions avantageuses.
Si l’intérêt de l’acquéreur dans la juste valeur des actifs, passifs et passifs éventuels identifiables
dépasse le coût du regroupement d’entreprises, l’acquéreur doit comptabiliser immédiatement
en résultat l’excédent apparaissant après la révision.
Toutefois, préalablement, le § 36 de la norme IFRS 3 stipule qu’ « avant de comptabiliser un profit
sur une acquisition à des conditions avantageuses, l’acquéreur doit réexaminer s’il a correctement
identifié tous les actifs acquis et tous les passifs repris ; il doit également comptabiliser tous les
actifs ou passifs additionnels identifiés lors de ce réexamen ».
Exemple (suite)
◗ Reprenons le cas de la société Bêta dont la société Alpha a pris le contrôle en N–3 en faisant
l’acquisition de 60 % du capital pour 36 000 000 €. Nous avons vu que dans ce cas le good-
will est positif et s’élève à 1 620 000 €. Si les titres avaient été acquis pour 34 000 000 €, on
aurait un goodwill négatif de 57 300 000 × 60 % – 34 000 000 = 380 000 €, lequel aurait été
comptabilisé dans le compte de résultat de la société Alpha. ◗

FOCUS Termes analogues au goodwill


• Fonds commercial (JO du 22 septembre et incorporels qui appartiennent à un com-
2000) (en anglais « goodwill »). Éléments merçant ou à un industriel et qui lui per-
incorporels qui ne font pas l’objet d’une mettent d’exercer sa profession. En droit,
évaluation et d’une comptabilisation sépa- le fonds de commerce est considéré comme
rées au bilan, et qui concourent au main- un bien unitaire incorporel, soumis à un
tien et au développement du potentiel d’ac- régime particulier.
tivité de l’entreprise. Attention : le fonds • Survaleur (JO du 7 septembre 2007)
commercial ne doit pas être confondu avec (en anglais « goodwill »). Différence
le fonds de commerce. positive entre la valeur d’une entreprise
• Fonds de commerce (base termino- sur le marché et la valeur comptable de
logique du Conseil international de la son actif net, telle qu’elle ressort du bilan
langue française) (en anglais « good- au moment d’une acquisition ou d’une
will »). Ensemble des éléments corporels fusion.

303
C La comptabilisation des écarts d’évaluation et d’acquisition
Les écarts d’évaluation et les écarts d’acquisition doivent être comptabilisés en tenant compte
de toutes incidences survenues depuis la prise de contrôle de l’entité.

1. La comptabilisation en normes françaises


Écarts d’évaluation. Les écarts d’évaluation sont enregistrés au débit (ou au crédit) du compte
d’actif (ou de passif) correspondant à la date de prise de contrôle. La contrepartie est enregistrée
en impôt différé et en capitaux propres (résultat de l’exercice de la prise de contrôle, réserves
pour les exercices suivants). Ces écarts d’évaluation sont amortis sur la durée restant à courir
des immobilisations correspondantes.
Écart d’acquisition positif. Les écarts d’acquisition positifs sont constatés à l’actif dans un
compte spécifique « Écart d’acquisition » qui sera placé dans le bilan au niveau des immobilisa-
tions incorporelles.
Écart d’acquisition négatif. Les écarts d’acquisition négatifs sont portés en provisions pour
risques et rapporté chaque année au résultat sur une durée qui doit refléter les hypothèses rete-
nues et les objectifs fixés lors de l’acquisition.
Amortissement et dépréciation de l’écart d’acquisition. En l’absence de limite prévisible, on ne
constatera pas d’amortissement. En présence d’une limite prévisible, on amortira sur la durée pré-
vue, ou si celle-ci ne peut être déterminée sur une valeur fiable sur une durée de 10 ans. En pré-
sence d’un indice de perte de valeur, une dépréciation (qui ne peut être reprise) sera constatée.
Exemple
◗ La société Alpha a pris, le 1er juillet N, le contrôle des sociétés Gamma et Delta en faisant res-
pectivement l’acquisition de 80 % et de 60 % du capital de ces deux sociétés pour 1 200 000 €
et 800 000 €.
Au moment de la prise de contrôle, les capitaux propres de ces deux sociétés (après retraite-
ments éventuels comme ceux des provisions réglementées) s’élevaient respectivement à :
• Pour la société Gamma à : 1 000 000 €
• Pour la société Delta à : 1 450 000 €
Les actifs identifiables de la société Gamma dégageaient une plus-value latente de :
• Sur les marques : 120 000 €
• Sur les terrains : 80 000 €
• Sur des constructions amortissables en 20 ans : 200 000 €
Les marques peuvent être cédées séparément de la société acquise.
Les écarts d’acquisition s’amortissent en 10 ans et le taux de l’impôt sur les sociétés à prendre
en compte pour le calcul des impôts différés est de 25 %.
Pour l’établissement du bilan consolidé du groupe Alpha au 31 décembre N, on passera, pour
ce qui concerne les écarts de première consolidation (écarts d’acquisition et écart d’évalua-
tion), en utilisant le référentiel du règlement 2020-01 de l’ANC, les écritures s­ uivantes :

L’article 272-10 du règlement 2020-01, qui autorise à ne pas prendre en compte des passifs
d’impôts différés pour ce qui concerne la comptabilisation des écarts d’évaluation portant
sur des actifs incorporels généralement non amortis ne pouvant être cédés séparément de
l’entité acquise ne pourra s’appliquer aux marques de la société Gamma.

304
Écritures pour le bilan
31.12.N
Marques 120 000
Terrains 80 000
Constructions 200 000
Impôts différés (120 000 + 80 000 + 200 000) × 25 % 100 000
Réserves Alpha : 240 000
120 000 + 80 000 + 200 000 – 100 000 = 300 000 × 80 %

Partie 3 – Chap 10 – Comptes réciproques et résultats internes, écarts d’évaluation et d’acquisition


Intérêts minoritaires sur capital et réserves 60 000
300 000 × 20 %
Écart d’évaluation au 1er juillet N

Résultat Alpha (5 000 – 1 250) × 80 % 3 000


Intérêts minoritaires sur résultat (5 000 – 1 250) × 20 % 750
Impôts différés 5 000 × 25 % 1 250
Constructions 200 000 / 20 × 6/12 5 000
Amortissement au 31 décembre N de l’écart d’évaluation

Écart d’acquisition 160 000


Réserves Alpha 160 000
Écart d’acquisition positif au 1er juillet N société Gamma :
1 200 000 – (1 000 000 + 300 000) × 75 %

Résultat Alpha 8 000


Écart d’acquisition 8 000
Amortissement de l’écart d’acquisition au 31 décembre N :
160 000 × 10 % × 6/12

Titres de participation Delta 70 000


Provisions pour risques 70 000
Écart d’acquisition négatif au 1er juillet N société Delta :
1 450 000 × 60 % – 800 000

Provisions pour risques 3 500


Résultat Alpha 3 500
Amortissement de l’écart d’acquisition négatif au
31 décembre N : 70 000 × 10 % × 6/12

305
NOTRE CONSEIL

Au moment de la prise de participation, mieux vaut imputer les écarts d’évaluation et d’acquisition positifs
directement dans les comptes de capitaux propres. On peut considérer que les plus-values constatées sur
éléments identifiables ou non identifiables reviennent à la société mère et aux intérêts minoritaires pour la
part qui les concerne. Les écarts d’acquisition négatifs, sont ici considérés, à l’instar du référentiel international,
comme une acquisition avantageuse directement imputable sur les titres de participation en ajustant la valeur
de ceux-ci à une valeur d’acquisition ne tenant pas compte de cet avantage.
D’autres modes d’imputation peuvent cependant être utilisés. Ils conduisent à des retraitements différents des
titres de participation des entités intégrées ( chapitre 11).

Écritures pour le compte de résultat

Dotations aux amortissements des immobilisations 5 000


Impôt sur les bénéfices 1 250
Résultat 3 750
Amortissement au 31 décembre N de l’écart
d’évaluation

Dotations aux amortissements des écarts 8 000


d’acquisition
Résultat 8 000
Amortissement de l’écart d’acquisition positif au
31 décembre N

Résultat 3 500
Reprise sur provisions pour risques et charges 3 500
Amortissement de l’écart d’acquisition négatif au
31 décembre N

En normes françaises, l’écart d’acquisition doit être comptabilisé séparément quel que
soit le type de lien entre la société consolidante et la participation. L’article 262‑2
du règlement 2020-01 de l’ANC relatifs à la première consolidation par mise en
équivalence précise que « l’écart qui en résulte est un écart d’acquisition présenté
selon les mêmes modalités que les écarts d’acquisition définis dans le cadre de
l’intégration globale ». La norme IAS 28 (§ 32) précise, au contraire, que « le goodwill
lié à une entreprise associée ou à une coentreprise est inclus dans la valeur comptable
de la participation ». Les écarts d’évaluation des titres mis en équivalence ne font
pas l’objet d’une comptabilisation particulière mais sont pris en compte dans la
détermination de la valeur d’équivalence.

306
2. La comptabilisation en normes internationales
Comptabilisation des écarts d’évaluation. Tous les écarts d’évaluation et d’amortissement
doivent être comptabilisés.
Exemple (suite)
◗ Reprenons l’exemple de la prise de contrôle de la société Bêta par la société Alpha laquelle a
pris le contrôle le 1er janvier N–3, en faisant l’acquisition de 60 % de son capital, de la société
Bêta.

Partie 3 – Chap 10 – Comptes réciproques et résultats internes, écarts d’évaluation et d’acquisition


Les écarts d’évaluation constatés sont les suivants (en milliers d’euros) :
• Immobilisations corporelles : 4 000 + 1 500 = 5 500
• Immobilisations incorporelles : 6 000 + 1 000 = 7 000
• Stocks : 2 000
• Actifs non nécessaires à l’exploitation :   900
 15 400
À déduire :
• Impôts différés liés à l’évaluation
(4 000 + 1 500 + 900 + 6 000 + 2 000 + 1 000 – 3 000) × 25 % = – 3 100
• Provisions à long terme – 3 000
 6 100
On passera l’écriture suivante (pour le bilan, en milliers d’euros) :

Terrains d’exploitation 1 500


Constructions 4 000
Brevets 6 000
Frais de recherche immobilisés 1 000
Stocks 2 000
Terrains destinés à être cédés 900
Dettes d’impôts différé 3 100
Provisions pour restructuration 3 000
Réserves Alpha (15 400 − 6 100) × 60 % 5 580
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 3 720
(15 400 − 6 100) × 40 %
Écarts d’évaluation au 1er janvier N–3

307
Les écritures d’amortissement de ces immobilisations (excepté si elles ont été cédées) seront
les suivantes (en milliers d’euros) :

Pour le bilan

Résultat Alpha (4 000 / 20 + 6 000 / 10 + 1 000 / 450


5) × 75 % × 60 %
Intérêts minoritaires sur résultat (4 000 / 20 + 6 000 / 300
10 + 1 000 / 5) × 75 % × 40 %
Réserves Alpha 4 000 / 20 + 6 000 / 10 + 1 000 / 1 350
5) × 3 × 75 % × 60 %
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 4 000 / 900
20 + 6 000 / 10 + 1 000 / 5) × 3 × 75 % × 40 %
Impôts différés (800 + 2 400 + 800) × 25 % 1 000
Amortissement des constructions 4 000 × 4/20 800
Amortissement des brevets 6 000 × 4/10 2 400
Amortissement des frais de recherche immobilisés 800
1 000 × 4/5
Amortissement des écarts d’évaluation

Pour le compte de résultat

Dotations aux amortissements des immobilisations 1 000


(4 000 / 20 + 6 000 / 10 + 1 000 / 5)
Résultat 750
Impôts sur les bénéfices 250
Amortissement des écarts d’évaluation

Comptabilisation du goodwill positif. Deux méthodes se présentent :


• Avec la méthode du « purchase goodwill », l’écart d’acquisition est affecté aux capitaux
propres de l’entité faisant l’acquisition (« réserves » si l’acquisition est effectuée lors d’un
exercice précédent ou « résultat » si l’acquisition est effectuée sur l’exercice en cours) ; le
goodwill représente la plus-value sur les éléments non identifiables acquis.

308
Exemple (suite)
◗ En reprenant le cas de la société Bêta et en supposant que le goodwill soit de 1 620 000 €, on
passerait l’écriture suivante (en milliers d’euros) :

Goodwill Bêta 1 620


Réserves Alpha 1 620
Goodwill

Partie 3 – Chap 10 – Comptes réciproques et résultats internes, écarts d’évaluation et d’acquisition


• Avec la méthode du « full goodwill », l’écart d’acquisition est réparti entre l’entreprise
acquéreuse (il est affecté à un poste de capitaux propres) et les intérêts minoritaires (appelés,
par la norme IFRS 3, « Participations ne donnant pas le contrôle »).
Exemple (suite)
◗ En reprenant le cas de la société Bêta et en supposant que le goodwill soit de 2 700 000 €, on
passerait l’écriture suivante (en milliers d’euros) :

Goodwill Bêta 2 700


Réserves Alpha 2 700 × 60 % 1 620
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 1 080
2 700 × 40 %
Goodwill

Comptabilisation du goodwill négatif. La norme IFRS 3 ne prévoit qu’une seule méthode


(§ 34), le gain étant attribué à l’acquéreur. Le goodwill négatif, ou profit provenant de l’acquisi-
tion, est imputé dans le résultat de l’exercice de la société acquéreuse (passé, entre-temps, dans
les capitaux propres).
Exemple (suite)
◗ Reprenons le cas de la société Bêta analysé ci-dessous et supposons que l’on ait une valeur
d’acquisition des titres de 34 000 000 €, une valeur des actifs et passifs identifiables de
57 300 000 €, le goodwill est négatif pour 57 300 000 × 60 % – 34 000 000 = 380 000 €.
Il y aurait donc lieu de comptabiliser en N–3 un produit de 380 000 € dans le résul-
tat de l’acquéreuse Alpha (soit les réserves de N). On passerait alors l’écriture suivante
(en ­milliers d’euros) :

Titres de participation 380


Réserves société Alpha 380
Goodwill négatif

Après cette opération le compte « Titre de participation (Bêta) » est devenu débiteur de
34 000 000 + 380 000 = 34 380 000 soit 57 300 000 × 60 %. ◗

309
NOTRE CONSEIL

Si la prise de contrôle avait été effectuée au cours de l’exercice N, dans les écritures pour le bilan, on aurait
crédité le compte « Résultat société Alpha » et, dans les écritures pour le compte de résultat, on aurait crédité
un compte « Profits venant d’acquisition à des conditions avantageuses ».

Comptabilisation de la dépréciation du goodwill positif. La comptabilisation de la dépréciation


du goodwill est classique. La dépréciation a à la fois un effet sur les intérêts de la société acqué-
reuse et sur ceux des intérêts minoritaires. Comme pour l’analyse du goodwill, deux méthodes
sont concevables.

Une dépréciation du goodwill positif n’a pas d’effet fiscal.

Exemple (suite)
◗ Supposons qu’en N–1, le goodwill global (« full goodwill ») dégagé à l’acquisition de la société
Bêta, soit 2 700 000 € (soit 1 620 000 selon la méthode dite du « goodwill ­partiel ») se soit
déprécié de 2 000 000 €. On aurait constaté cette dépréciation dans le résultat de la
société Alpha en cas de goodwill partiel ou 60 % de la dépréciation dans le résultat de
la société Alpha et 40 % dans le revenant aux intérêts minoritaires en cas de goodwill
total). Au moment de l’établissement des comptes consolidés de l’année N, cette déprécia-
tion s’imputera sur les réserves.
Selon la méthode du « goodwill partiel », on aurait passé, dans les écritures de consolidation
fin N, l’écriture suivante (en milliers d’euros) :

Réserves Alpha 1 200


Goodwill 1 200
Dépréciation du goodwill 2 000 × 60 %

Selon la méthode du « goodwill total », on aurait passé, dans les écritures de consolidation à
la fin N, l’écriture suivante :

Réserves Alpha 1 200


Intérêts minoritaires sur capital et réserves 800
Goodwill 2 000
Dépréciation du goodwill 2 000

MINI-CAS 4 • MINI-CAS 5 • CAS PRATIQUE 7 • CAS PRATIQUE 8

310
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

Évaluer Maîtriser Préparer


les savoirs les compétences l’épreuve

1 QCM
Pour chacune des questions suivantes, une seule réponse est possible. Justifiez votre choix.
1. La société Alpha a pris, à parité avec la société Oméga, une participation dans la société
Delta pour y assumer un contrôle conjoint. Au 31 décembre N, vous constatez dans le bilan
d’Alpha un poste Delta débiteur de 40 000 € et dans le bilan de Gamma un poste Fournis-
seur Alpha créditeur de 40 000 €. Dans le cadre de la consolidation en normes françaises, de
quelle somme faut-il compenser les comptes Fournisseur Alpha et Client Delta ?
a. 40 000 €. ∙
b. 20 000 €. ∙
c. 0 €. ∙
2. La société Alpha effectue régulièrement avec sa filiale Epsilon (dont elle possède 60 %
du capital) des opérations d’exploitation. La société Epsilon vend à Alpha des matières
premières qui seront transformées par la société Alpha. La marge d’Epsilon sur la vente
de ces matières premières est de 20 %. Au 31 décembre N, dans le bilan d’Alpha,
les stocks de ces matières premières ont été évalués à 250 000 €. Ils étaient de 200 000 €
au 1er janvier N. Sachant que le taux d’impôt sur les sociétés est de 25 %, que l’on utilise
la méthode de consolidation directe, de quel montant le résultat consolidé d’Alpha
doit-il être diminué ?
a. 10 000 €. ∙
b. 7 500 €. ∙
c. 4 500 €. ∙
3. La société Alpha a vendu à sa filiale Epsilon (dont elle possède 60 % du capital)
pour 300 000 € un ensemble immobilier acquis 200 000 € (dont 50 000 €
pour le terrain) et amorti de 60 000 €. De combien, dans le retraitement des comptes
pour la consolidation doit-elle diminuer son résultat (taux d’impôt sur les bénéfices :
25 %) ?
a. 160 000 €. ∙
b. 120 000 €. ∙
c. 72 000 €. ∙
4. La société Alpha prend le contrôle de la société Bêta en faisant l’acquisition de 51 %
des actions du capital de cette société. Comment, dans les états financiers consolidés
de la société Alpha, doivent être présentés les terrains et constructions de la société Bêta
(selon IFRS 3) ?
a. À la valeur comptable qu’ils ont dans les comptes de la société Bêta. ∙
b. À leur juste valeur (valeur de marché) dans les comptes de la société Bêta. ∙
c. À la valeur comptable qu’ils ont dans les comptes de la société Bêta majorée de 51 %
de la différence entre la juste valeur (valeur de marché) et la valeur comptable. ∙
5. La société Alpha vient de prendre le contrôle de la société Gamma en faisant l’acquisition
pour 8 100 k€ de 60 % du capital de cette société. Les actifs identifiables de la société

311
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

Gamma sont évalués à 20 000 k€ et les passifs identifiables à 13 000 k€.


Quel est le montant du goodwill (méthode
du « purchase goodwill »), le taux d’impôt sur les sociétés étant de 25 % ?
a. 1 100 k€. ∙
b. 3 900 k€. ∙
c. 2 600 k€. ∙
6. Comment, en normes françaises, l’écart d’acquisition se déprécie-t-il lorsqu’il a durée
limitée mais que cette durée ne peut pas être déterminée de manière fiable ?
a. Linéairement, sur 10 ans. ∙
b. Linéairement, sur 5 ans. ∙
c. Il ne s’amortit pas et on détermine annuellement la valeur du goodwill
et l’on constate chaque année une dépréciation. ∙

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les savoirs les compétences l’épreuve

2 Mini-cas : comptes réciproques ★★★

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
La société Bêta, filiale à 80 % de la société Alpha vend des marchandises à la société mère Alpha.
Au cours de l’année N ces ventes se sont élevées à 3 000 000 € hors taxes avec une marge de
20 %. Le stock de ces marchandises chez Alpha était de 300 000 € au 1er janvier N, il n’est que
de 250 000 € au 31 décembre N. Au 31 décembre N, Alpha doit encore 240 000 € TTC à Bêta.
Quelles écritures de consolidation (bilan) en consolidation directe ont été constatées au
31 décembre N ? Taux de l’impôt 25 %.

3 Mini-cas : cession interne d’une immobilisation ★★★

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation.


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation.
• Enregistrer les opérations de consolidation.
La société Zoom a vendu le 1er avril N, un ensemble immobilier pour 500 000 € (dont 100 000 €
pour le terrain) à la société Break, sa filiale dont elle possède 80 % du capital. Cet ensemble avait
été acquis par la société Zoom en avril N–6 pour 400 000 € (dont 75 000 € pour le terrain). La
société Zoom avait amorti la construction au taux de 4 % l’an (avec prise en compte d’une valeur
résiduelle de 40 000 €). La société Break a décidé d’amortir la construction au taux de 5 % l’an
(avec également prise en compte d’une valeur résiduelle de d’une valeur résiduelle de 40 000 €).
Quelles écritures de consolidation (bilan) ont été constatées au 31 décembre N ?

312
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

4 Mini-cas : écarts de première consolidation (normes françaises) ★★★

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
Dans son bilan au 31 décembre N, la société Garden a inscrit un poste « titres de participation
Jet » (société anonyme au capital de 1 600 000 €) pour 1 168 000 €, pour un ensemble de 8 000
actions.
La société Garden avait souscrit en N–6, au moment de la création de la société Jet, 4 000
titres à 100 € (soit 40 % du capital). En janvier N–3, elle avait acquis 4 000 titres de la même
société Jet auprès d’autres actionnaires pour 768 000 € hors frais d’acquisition (soit à 192 €
par action). Les frais d’acquisition de ces titres, soit 12 000 €, ont été comptabilisés en charges
au compte 6271 : « Frais sur titres (achat, vente, garde) ». À cette date, la situation nette de
la société Jet comportait les postes ­suivants :
• Capital 1 000 000 €
• Réserves 400 000 €
• Amortissements dérogatoires 180 000 €
Le prix d’acquisition de ces titres tenait compte d’une plus-value de 180 000 € sur une construc-
tion amortissable en 20 ans, d’une plus-value de 200 000 € sur un fonds commercial non
amortissable et d’un écart d’acquisition, dont, à partir de l’analyse documentée sur les aspects
techniques économiques et juridiques, la durée d’utilisation est limitée, mais ne peut être déter-
minée de manière fiable.
Quelles écritures de consolidation en normes françaises la société Garden a-t‑elle comptabilisées
au bilan le 31 décembre N ?

5 Mini-cas : Goodwill partiel et goodwill total


(normes internationales) ★★★
Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation.
• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation.
• Enregistrer les opérations de consolidation.
La société Alpha a pris le contrôle le 1er janvier N–3, en faisant l’acquisition de 60 % de la société
Bêta. Le bilan au 31 décembre N–4 de la société Bêta vous est fourni en annexe 1. Un certain
nombre d’informations complémentaires vous est donné en annexe 2.

313
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

Travail à faire :
1. Présenter les écritures d’intégration de la société Bêta au 1er janvier N–3 en imaginant deux
hypothèses de valorisation du goodwill (goodwill partiel et goodwill total).
2. Présenter les écritures concernant les écarts d’évaluation et le goodwill dans le cadre de la
consolidation des comptes du groupe Alpha au 31 décembre N (goodwill total).

BILAN SOCIÉTÉ BÊTA AU 31 DÉCEMBRE N–4 (en milliers d’€)


Annexe 1

Actifs non courants Capitaux propres

Immobilisations corporelles 30 000 Capital émis 20 000


Immobilisations incorporelles 10 000 Réserves 22 000
Actifs financiers 13 000 Résultat de l’exercice 6 000

53 000 48 000

Actifs courants Passifs non courants

Stocks 15 000 Emprunts à long terme 12 000


Créances clients 12 000 Impôts différés 4 000
Autres actifs courants 6 000 Provisions à long terme 1 000
Trésorerie et équivalents 4 000 Avantages au personnel 5 000

37 000 22 000

Passifs courants

Fournisseurs et autres 8 000


créditeurs
Emprunts à court terme 7 000
Impôts exigibles 2 000
Provisions à court terme 3 000

20 000

Total 90 000 Total 90 000

314
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES
Annexe 2

Les titres Bêta été acquis pour 39 000 000 €. La valeur unitaire des titres des minoritaires
de la société Bêta sont estimés à 95 % de la valeur des titres acquis par la société Alpha.
Le 1er janvier N–3 au moment de l’acquisition de la société Bêta, il y a lieu de tenir
compte de plus-values sur :
– constructions pour 4 000 000 € (amortissement en 20 ans) ;
– terrains pour 2 000 000 € (dont 500 000 € pour la juste valeur nette de frais de cession
de terrains non nécessaires à l’exploitation et destinés à être cédés) ;
– brevets pour 6 000 000 € (amortissements en 10 ans) ;
– stocks pour 2 000 000 €.
Au 31 décembre N–1, la filiale Bêta (assimilée à une unité génératrice de trésorerie) est
estimée à 55 millions d’€ (dont 50 millions d’€ pour les actifs identifiables non courants,
40 millions pour les actifs courants, 25 millions pour les passifs non courants et 20
millions pour les passifs courants).
Au 31 décembre N, elle est estimée à 40 millions d’€ (dont 45 millions d’€ pour les actifs
identifiables non courants, 35 millions pour les actifs courants, 22 millions pour les
passifs non courants et 24 millions pour les passifs courants).
Le taux d’impôt à prendre en compte est de 25 %

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les savoirs les compétences l’épreuve

6 Cas pratique : comptes réciproques et résultats internes ★★★  30 min

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation.


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation.
• Enregistrer les opérations de consolidation.
Vous êtes appelé(e) à participer aux travaux de consolidation du groupe Camille pour ­l’année N. La
société mère Camille possède une participation de 60 % du capital et des droits de vote dans la
société Denise, laquelle possède également une participation de 75 % du capital et des droits de
vote dans la société Estelle. Vous avez relevé les éléments suivants :
• La société Camille a livré, au cours de l’année N, 1 000 000 € de produits à la société Estelle. La
marge moyenne sur ces produits est de 20 %. Au 1er janvier N, le stock de ces produits dans la
société Estelle était de 150 000 €, au 31 décembre N, il est de 210 000 €.
• Au 31 décembre N, la créance de Camille sur Estelle est de 240 000 € TTC : la société Estelle
étant en difficulté en fin d’année, la société Camille a constaté sur sa créance une déprécia-
tion pour créances douteuses de 15 000 €.

315
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

• En N, la société Estelle a distribué 30 000 € de dividendes et la société Denise a distribué


60 000 € de dividendes.
• La société Camille a prêté, en juillet N–2 une somme de 500 000 €, au taux de 3 % à sa filiale
Denise, somme remboursable en juillet N+ 2. Les intérêts sont payés le 30 juin de chaque
année.
• La société Estelle a vendu le 1er avril N, un ensemble immobilier pour 1 000 000 € (dont
200 000 € pour le terrain) à la société Denise. Cet ensemble avait été acquis par la société
Estelle en avril N–6 pour 800 000 € (dont 150 000 € pour le terrain). La société avait amorti
la construction au taux de 4 % l’an (avec prise en compte d’une valeur résiduelle de 80 000 €).
La société Denise a décidé d’amortir la construction au taux de 5 % l’an (elle prend également
en compte une valeur ­résiduelle de 80 000 €).

Travail à faire
Présentez les écritures de régularisation nécessaires pour la consolidation (bilan et compte de
résultat) en utilisant la méthode de consolidation directe (taux de l’impôt sur les bénéfices : 25 %).

7 Cas pratique : écarts de première consolidation en normes


internationales ★★★  60 min

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
La société Mayaki a fait l’acquisition le 1er janvier N–1 de 60 % du capital de la société Moov pour
un montant de 3 600 000 €.
Au 1er janvier N–1, les capitaux propres de la société Moov étaient de 4 000 000 € ; ils étaient
au 1er juillet N de 5 200 000 €.
Au 1er janvier N–1, il fallait tenir compte, au moment de la prise de contrôle, d’une plus-value latente
sur des terrains estimée à 300 000 € et d’une plus-value latente sur constructions amortissables en
20 ans de 900 000 €. Le taux de l’impôt sur les sociétés est de 25 %.
Les bilans au 31 décembre N des sociétés Mayaki et Moov retraités pour tenir compte des
normes IFRS vous sont fournis ci-après :

Bilan société Mayaki au 31 décembre N


Titres Moov 3 600 000 Capital 5 000 000
Autres actifs 15 000 000 Réserves 2 800 000
Résultat 400 000
Dettes 10 400 000
Total 18 600 000 Total 18 600 000

316
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

Bilan société Moov au 31 décembre N


Actifs 11 800 000 Capital 3 000 000
Réserves 2 100 000
Résultat 200 000
Dettes 6 500 000
Total 11 800 000 Total 11 800 000

L’activité de la société Moov peut être analysée en trois secteurs :


• Secteur 1 : produits laitiers • Secteur 2 : boissons • Secteur 3 : biscuits
Les terrains et constructions réévalués en N–1 concernaient l’activité « produits laitiers ». En
N–1 et N, les produits laitiers représentaient 50 % de l’activité de Moov, les boissons 30 % et les
biscuits 20 %. Le goodwill dégagé à cette période avait été réparti entre les trois unités généra-
trices de trésorerie au prorata de l’activité.
Les actifs de la société Moov (en valeur nette comptable) peuvent être affectés comme suit (au
31 décembre N) :
• Activité « produits laitiers » : 5 800 000 €
• Activité « boissons » : 3 600 000 €
• Activité « biscuits » : 2 400 000 €
Les actifs correspondants étaient respectivement au 31 décembre N–1 de 5 700 000, 3 500 000
et 2 500 000 €. Ces actifs pourraient être cédés (en valeur de liquidation et quelle que soit la
date) pour respectivement 5 000 000 €, 3 000 000 € et 2 000 000 €. On escompte qu’ils déga-
geront des flux de trésorerie estimés (au 31 décembre N) respectivement à 600 000, 420 000 et
180 000 € par an (à actualiser au taux de 6 % l’an durant 10 ans). Au 31 décembre N–1, cet
espoir était estimé à un niveau plus élevé soit r­ espectivement à 660 000, 460 000 et 240 000 €
par an.

Travail à faire
1. Déterminez les écarts d’évaluation.
2. Calculez le goodwill en utilisant la méthode du goodwill partiel.
3. Analysez la répartition du goodwill partiel en unités génératrices de trésorerie au 1er ­janvier N–2,
au 31 décembre N–1 et au 31 décembre N.
4. Présentez les écritures de régularisation nécessaires pour la consolidation au 31 décembre N
(bilan et compte de résultat) en utilisant la méthode de consolidation directe.

317
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

8 Cas pratique : goodwill négatif ★★★  45 min

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
La société Rodolphe, société anonyme au capital de 500 000 €, a pris le 1er janvier N une
participation de 60 % dans la société Roland, société anonyme au capital de 300 000 €. Au
moment de la prise de la participation, les capitaux propres de la société Roland étaient de
450 000 €. Cependant, un immeuble, acquis en janvier N–6 pour 600 000 € (dont 100 000
pour le terrain), amortissable en 30 ans (avec une valeur résiduelle pour la construction de
110 000 €) était estimé au 1er janvier N à 630 000 € (dont 120 000 pour le terrain). D’autre
part, un brevet, inscrit au bilan acquis 120 000 € en janvier N–4 est amortissable en 15 ans a
été estimé, en tenant compte des flux de trésorerie futurs espérés (il n’y a pas de marché actif
pour ce type de brevet) à 130 000 €. La participation a été acquise pour 250 000 € (plus frais
d’acquisition 5 000 €).

Travail à faire
À la date du 1er janvier N (en prenant en compte un taux d’impôt différé de 25 %) :
1. Présentez en normes françaises les écritures de consolidation de la participation.
2. Présentez en normes IFRS les écritures de consolidation de la participation. Précisez, à chaque
fois, comment sera traité à l’avenir le goodwill dégagé.

318
SYNTHÈSE
Comptes réciproques et résultats internes,
écarts d’évaluation et d’acquisition

Élimination des comptes réciproques et des résultats internes

• Retranchement des résultats


internes de cession entre entreprises
intégrées et des amortissements
d’immobilisations
• Annulation des titres d’autocontrôle

Dividendes de la filiale touchés


par la société mère (résultats
d’exercices précédents) :
virement vers le compte
de réserves

Élimination de la balance cumulée


par le solde des comptes réciproques
correspondants (comptes clients
et fournisseurs, emprunts et prêts,
achats et ventes, charges
et produits financiers)

Traitement des écarts de première consolidation

Écart de première consolidation

Écart d’acquisition (goodwill)


Écart d’évaluation • Différence entre le coût d’acquisition
Différence entre la valeur d’entrée des titres et l’évaluation totale des actifs et
dans le bilan consolidé (l’acquéreur des passifs identifiés à la date d’acquisition
doit évaluer les actifs identifiables acquis selon les méthodes du goodwill partiel
et les passifs repris à leur juste valeur ou total
à la date d’acquisition) et la valeur comptable • Amortissement ou dépréciation
du même élément dans l’entreprise contrôlée dans les règles françaises vs dépréciation
uniquement dans les règles internationales

319
CHAPITRE
11 Traitement des titres
mis en équivalence
et des titres des entités
intégrées
PROGRAMME

Compétences visées Notion et contenu


• Maîtriser le processus d’élaboration Retraitements de consolidation :
d’une consolidation partage des capitaux propres
• Déterminer l’impact des retraitements de filiales directes et indirectes
selon les méthodes de consolidation
de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation

PLAN DU CHAPITRE
Cours : 1. Les méthodes de consolidation applicables • 2. Le traitement des titres mis en
équivalence • 3. Le traitement des titres des entités intégrées globalement • 4. Le traitement
des titres des entités intégrées proportionnellement
Des savoirs aux compétences : Évaluer les savoirs • Maîtriser les compétences • Préparer
l’épreuve
Synthèse

A près avoir retraité les capitaux propres des sociétés consolidées au cours d’opérations dites
de préconsolidation, en vue de les rendre homogènes, d’éliminer les opérations internes au
groupe et de retraiter les écarts constatés lors de la première consolidation, il convient de les
répartir entre les capitaux propres de la société mère et les intérêts minoritaires sur capital et
réserves. Ce partage s’accompagne de l’élimination des titres de participation.

MOTS-CLÉS
Consolidation • Coût d’acquisition d’une entité • Goodwill • Intégration globale
• Intégration proportionnelle • Pourcentage de participation • Titre de participation
• Titre mis en équivalence
1 Les méthodes de consolidation applicables
Selon la relation de la société mère avec les entreprises faisant partie du groupe, on peut déter-
miner les méthodes de consolidation applicables (tab. 11.1).

Tableau 11.1. Méthodes de consolidation applicables

Relation Règles françaises Normes IFRS

Contrôle exclusif Intégration globale Consolidation

Partie 3 – Chap 11 – Traitement des titres mis en équivalence et des titres des entités intégrées
Contrôle conjoint Intégration proportionnelle Mise en équivalence (consolidation
partielle dans le cas de partenariat
sous forme d’activité conjointe)

Influence notable Mise en équivalence Mise en équivalence

2 Le traitement des titres mis en équivalence

A Les règles de base


Les règles de base consistent à réévaluer les titres mis en équivalence ( chapitre 7) dans les
comptes consolidés à la quote-part de l’actif net comptable de la participation. Les plus-values
dégagées sont alors portées en réserves ou dans un compte de résultat spécifique.
Dans le cadre d’entités mises en équivalence, pour les opérations n’ayant aucune incidence sur
les résultats (voir ci-après), les comptes d’actif et de passif et les comptes de produits et charges
réciproques ne doivent pas être retraités, les comptes correspondants des entités mises en équi-
valence n’étant pas intégrés.
Exemple
◗ La société Bêta, filiale de la société Alpha (qui possède 60 % de son capital) a pris une parti-
cipation de 30 % lors de la constitution de la société Gamma. Le prix d’acquisition des titres
était de 180 000 €.
Les capitaux propres de la société Gamma s’analysent ainsi au 31 décembre N :

• Capital 600 000


• Réserves 300 000
• Résultat 100 000
 1 000 000
La valeur d’équivalence des titres Gamma possédés par la société Bêta s’élève à
1 000 000 × 30 % = 300 000 €.
Les écritures de retraitement suivantes devront être comptabilisées.

321
Pour le bilan

Titres Gamma mis en équivalence 300 000


Titres de participation Gamma 180 000
Réserves Alpha 300 000 × 30 % × 60 % 54 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 36 000
300 000 × 30 % × 40 %
Résultat Alpha 100 000 × 30 %× 60 % 18 000
Intérêts minoritaires sur résultat 100 000 × 30 %× 12 000
40 %
Mise en équivalence d’une participation

Pour le compte de résultat

Résultat 30 000
Quote-part dans les résultats des entreprises mises 30 000
en équivalence
Mise en équivalence d’une participation

Si, au lieu de prendre la participation de 30 % dans la société Gamma au moment de la


constitution, supposons que la société Bêta avait pris cette participation en janvier N–2 après
alors que les capitaux propres de Gamma étaient de 745 000 € (capital 600 000 € ; réserves
145 000 €) et que des écarts d’évaluation sur terrains d’une part de 20 000 € et sur construc-
tions amortissables en 25 ans de 120 000 € avaient été dégagés. La participation avait alors
été acquise pour 295 000 €.
Au moment de la prise de contrôle, il y avait lieu de constater les écarts d’évaluation suivants :
• Sur terrains : 20 000
• Sur constructions 120 000
• Impôts différés : (20 000 + 120 000) × 25 % = – 35 000
 105 000
En tenant compte de ces écarts d’évaluation, les capitaux propres de Gamma s’élevaient à
745 000 + 105 000 = 850 000 € et l’écart d’acquisition sur titres acquis s’élevait à 295 000 –
850 000 × 30 % = 40 000 €. En supposant que cet écart se soit déprécié de 5 % par an depuis
la prise de contrôle, on aurait au 31 décembre N, la valeur d’équivalence suivante :
• Capitaux propres comptables de Gamma 1 000 000
• Écart d’évaluation 105 000
• Amortissement de l’écart d’évaluation : 120 000 × 4 % × 3 × 75 % = – 10 800
 1 094 200
• Quote-part revenant à Bêta : 1 094 200 × 30 % = 328 260
• Écart d’acquisition net : 40 000 – 40 000 × 5 % × 3 = 34 000
 362 260
Aucune écriture n’ayant été passée (notamment lors de la prise en compte de l’écart d’éva-
luation et de l’écart d’acquisition, contrairement au cas des entreprises intégrées), on passera
alors les écritures suivantes :

322
Pour le bilan

Titres Gamma mis en équivalence 362 260


Titres de participation Gamma 295 000
Réserves Alpha 24 204
(300 000 – 145 000 –
120 000 × 4 % × 2 × 75 %) × 30 % – 40 000 × 5 %×
2 = 40 340 × 60 %
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 16 136

Partie 3 – Chap 11 – Traitement des titres mis en équivalence et des titres des entités intégrées
40 340 × 40 %
Résultat Bêta (100 000 – 16 152
120 000 × 4 % × 75 % × 30 % –40 000 × 5 %
= 26 920 × 60 %
Intérêts minoritaires sur résultat 26 920 × 40 % 10 768
Mise en équivalence d’une participation

Si l’on appliquait les normes françaises, « Titres Gamma mis en équivalence » serait
débité de 328 260 € et « Écart d’acquisition sur titres mis en équivalence » de 34 000 €,
conformément à l’article 262-2 du règlement 2020-01 de l’ANC.

Pour le compte de résultat

Résultat 26 920
Quote-part dans les résultats des entreprises mises 26 920
en équivalence
Mise en équivalence d’une participation

B La mise en équivalence en normes françaises


1. Le coût d’acquisition
Définition
Aux termes du règlement ANC 2020-01 art. 231-1, le coût d’acquisition d’une entité
est égal au montant de la rémunération remise au vendeur par l’acquéreur majoré de
tous les autres coûts directement imputables à l’acquisition nets de l’économie d’impôt
­correspondante.

Exemple
◗ Les droits d’enregistrement, les honoraires versés aux consultants et experts externes partici-
pant à l’opération d’acquisition, à l’exception des frais d’émission de titres qui sont imputables
nets d’impôts sur les capitaux propres, sont autant de coûts directs intégrés aux titres de
participation. ◗

323
Cette disposition s’explique par le fait que si une entité comptabilise dans ses comptes annuels
ses frais d’acquisition, elle a la possibilité (selon l’article 209 VII du CGI) d’effectuer un amortis-
sement en 5 ans (constaté comme amortissement dérogatoire). En IFRS, aucune précision n’est
donnée (notamment du fait que cette disposition fiscale n’existe pas dans tous les pays).

2. Les éléments à éliminer


Sont éliminés, à hauteur du pourcentage de participation détenu par le groupe dans le capital
de l’entreprise mise en équivalence :
– les résultats compris dans les stocks ;
– les immobilisations et autres actifs ;
– les résultats provenant d’opérations entre cette entreprise et celles dont les comptes sont
intégrés globalement.
Si les opérations ont été effectuées avec une entreprise intégrée proportionnellement ou mise
en équivalence, l’élimination s’effectue à hauteur du produit des pourcentages des deux parti-
cipations.
Les dotations aux comptes de dépréciation des titres de participation constituées par l’entre-
prise détentrice des titres, en raison de pertes subies par les entreprises dont les titres sont mis
en équivalence, sont éliminées en totalité.

L’écart d’acquisition est présenté selon les mêmes modalités que dans le cadre de
l’intégration globale (règlements ANC 2020-01 art. 262-2). Il n’est donc pas compris dans
la valeur d’équivalence.

3. L’évaluation dans les comptes sociaux


Dans les comptes sociaux des sociétés établissant des comptes consolidés, il est possible d’éva-
luer les titres des sociétés contrôlées de manière exclusive par équivalence (Code de commerce,
art. L. 232-5 ; PCG, art. 221-4).

C La mise en équivalence en normes internationales


En normes internationales, le goodwill lié à une entreprise associée est compris dans la valeur
comptable de la participation (IAS 28 § 32).
Comme pour la mise en équivalence en normes françaises, les résultats internes provenant de tran-
sactions (ventes de stocks, d’immobilisations, etc.) entre les entités dont les titres sont mis en équi-
valence (entités associées et coentreprises sous contrôle ­commun) et les entités dont les titres sont
intégrés sont éliminés à hauteur de la participation (IAS 28 § 28).
MINI-CAS 2 • CAS PRATIQUE 5 • CAS PRATIQUE 6

3 Le traitement des titres des entités intégrées


globalement
L’intégration globale concerne aussi (selon le vocabulaire de l’IASB) la consolidation propre-
ment dite. Il ne s’intéresse qu’aux comptes de bilan.
La règle de base consiste à séparer les droits sur une filiale revenant au groupe de ceux revenant
aux intérêts minoritaires sur capital, réserves et résultats. Cette opération ne change rien à la
manière dont le résultat de l’ensemble consolidé a été obtenu (il s’agit, en fait, d’une simple
ventilation).

324
A Le cas de la consolidation d’une filiale de premier niveau
Exemple
◗ Supposons que la société Alpha ait acquis, pour 600 000 €, 60 % du capital de la société Bêta.
L’actif de la société Bêta est de 1 800 000 € et s’analyse ainsi :
• Capital 1 000 000
• Réserves 500 000
• Résultat 300 000
Le partage de cet actif net entre le groupe (Alpha) et les intérêts minoritaires sur capital,

Partie 3 – Chap 11 – Traitement des titres mis en équivalence et des titres des entités intégrées
réserves et résultat peut s’analyser dans le tableau suivant :

Groupe Alpha Minoritaires


Postes Total
60 % 40 %

Capital 1 000 000 600 000 400 000

Réserves 500 000 300 000 200 000

Résultats 300 000 180 000 120 000

1 800 000 1 080 000 720 000

Écriture comptable (pour le bilan)

Capital Bêta 1 000 000


Réserves Bêta 500 000
Résultats Bêta 300 000
Titres de participation Bêta 600 000
Réserves Alpha 300 000
Résultat Alpha 180 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 600 000
400 000 + 200 000
Intérêts minoritaires sur résultat 120 000
Intégration Bêta

Il est à noter que cette opération n’a aucune incidence sur le résultat. On a en fait débité
un compte de Résultat de 300 000 € et crédité deux comptes de Résultat pour un total de
300 000 € (180 000 € et 120 000 €). ◗

325
B Le cas de la consolidation d’une sous-filiale
Exemple
◗ La société mère Alpha détient 70 % du capital de la société Bêta laquelle détient 60 % du capi-
tal de la société Gamma. Le pourcentage d’intérêts d’Alpha sur Gamma est de 70 % × 60 %
= 42 %. Les titres Bêta achetés par Alpha et les titres Gamma achetés par Bêta ont été acquis
pour respectivement 4 200 000 € et 1 200 000 €. Des écarts d’acquisition ont été constatés
sur ces titres pour respectivement 300 000 € et 180 000 € et ont été imputés sur les capitaux
propres des parties prenantes ( chapitre 10).
Au 31 décembre N, la situation nette de Bêta est de 8 500 000 € dont 5 000 000 € pour le
capital, 2 800 000 € pour les réserves et 700 000 € pour le résultat.
Au 31 décembre N, la situation nette de Gamma est de 2 500 000 € dont 1 500 000 € pour le
capital 800 000 € pour les réserves et 200 000 € pour le résultat.
On aura pour la consolidation au 31 décembre N les écritures suivantes (écritures décompo-
sées pour le bilan) :

Capital Bêta 5 000 000


Réserves Bêta 2 800 000
Résultat Bêta 700 000
Titres de participation 4 200 000
Réserves Alpha (5 000 000 + 2 800 000) × 70 % 1 260 000
– 4 200 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 2 340 000
(5 000 000 + 2 800 000) × 30 %
Résultat Alpha 700 000 × 70 % 490 000
Intérêts minoritaires sur résultat 700 000 × 30 % 210 000
Consolidation Bêta

Capital Gamma 1 500 000


Réserves Gamma 800 000
Résultat Gamma 200 000
Titres de participation 1 200 000
Réserves Alpha (1 500 000 + 800 000) × 42 % – 126 000
1 200 000 × 70 %
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 974 000
(1 500 000 + 800 000) × 58 % – 1 200 000 × 30 %
Résultat Alpha 200 000 × 42 % 84 000
Intérêts minoritaires sur résultat 200 000 × 58 % 116 000
Consolidation Gamma

326
C Le cas de la consolidation de participations circulaires
Dans ce cas, seule la consolidation directe est possible.
Exemple (suite)
◗ Reprenons le cas précédent.
Au 31 décembre N les capitaux propres d’Alpha sont de 15 000 000 €, dont 8 000 000 € pour
le capital, 6 000 000 € pour les réserves et 1 000 000 € pour le résultat.
Vous apprenez que la société Gamma a acquis 5 % du capital d’Alpha pour 1 300 000 € (sans
écart d’acquisition).

Partie 3 – Chap 11 – Traitement des titres mis en équivalence et des titres des entités intégrées
Pour déterminer les pourcentages d’intérêt, il y a lieu de poser un système d’équations
( chapitre 4).
Soit a, b et c les pourcentages d’intérêt du groupe Alpha sur les sociétés Alpha, Bêta et Gamma.
On peut écrire que :
• a = 0,95 + 0,05 c • b = 0,70 a • c = 0,60 b
On trouvera :
• a = 0,9704, soit 97,04 % • b = 0, 6793, soit 67,93 % • c = 0,4076, soit 40,76 %

On aura pour la consolidation au 31 décembre N les écritures suivantes (écritures décompo-


sées pour le bilan) :

Capital Alpha 8 000 000


Réserves Alpha 6 000 000
Résultat Alpha 1 000 000
Titres de participation Alpha 1 300 000
Capital Alpha 8 000 000
Réserves Alpha (8 000 000 + 6 000 000) × 97,04 % – 5 055 720
1 300 000 × 40,76 % – 8 000 000 (capital)
Intérêts minoritaires sur capital et réserves – 355 720
(8 000 000 + 6 000 000) × 2,96 % –
1 300 000 × 59,24 %
Résultat Alpha 1 000 000 × 97,04 % 970 400
Intérêts minoritaires sur résultat 1 000 000 × 2,96 % 26 400
Consolidation Alpha

Capital Bêta 5 000 000


Réserves Bêta 2 800 000
Résultat Bêta 700 000
Titres de participation Bêta 4 200 000 – 300 000 3 900 000
Réserves Alpha (5 000 000 + 2 800 000) × 67,93 % – 1 513 980
3 900 000 × 97,04 %
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 2 386 020
(5 000 000 + 2 800 000) × 32,07 % –
3 900 000 × 2,96 %
Résultat Alpha 700 000 × 67,93 % 475 510
Intérêts minoritaires sur résultat 700 000 × 32,07 % 224 490
Consolidation Bêta

327
Capital Gamma 1 500 000
Réserves Gamma 800 000
Résultat Gamma 200 000
Titres de participation Gamma 1 200 000 – 180 000 1 020 000
Réserves Alpha (1 500 000 + 800 000) × 40,76 % – 244 594
1 020 000 × 67,93 %
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 1 035 406
(1 500 000 + 800 000) × 59,24 % –
1 020 000 × 32,07 %
Résultat Alpha 200 000 × 40,76 % 81 520
Intérêts minoritaires sur résultat 200 000 × 59,24 % 118 480
Consolidation Gamma

Pour présenter les écritures de consolidation directe et déterminer la quote-part de réserves


de la mère et des minoritaires, il y a lieu, pour chaque société, de prendre les pourcentages
d’intérêt relatifs sur les capitaux propres et de déduire les pourcentages ­d’intérêts du proprié-
taire sur les titres possédés. Ainsi pour la consolidation de Gamma on répartira les capitaux
propres en fonction des pourcentages d’intérêts de Gamma et des minoritaires (40,76 % et
59,24 %) et on déduira les pourcentages d’intérêts de Bêta sur les titres Gamma (soit, respec-
tivement, 67,93 % et 32,07 %). ◗

MINI-CAS 4

4 Le traitement des titres des entités intégrées


proportionnellement
Ce retraitement, appelé intégration proportionnelle par le règlement 2020-01 de l’ANC
( chapitre 7) et qui concerne les entités sous contrôle conjoint (ou coentreprises) s’effec­tue
comme dans le cas d’une société intégrée globalement. Cependant, les intérêts minoritaires
n’apparaissent pas puisque seule la quote-part des actifs et des passifs de la société intégrée
revenant au groupe est comprise dans le total du bilan cumulé.
Il convient de distinguer la consolidation d’une entité sous contrôle conjoint d’une société
mère (premier niveau) de la consolidation d’une entité sous contrôle conjoint d’une filiale de la
société mère (second niveau ou niveau supérieur).

NOTRE CONSEIL

Dans le cadre des normes IFRS, en principe pour les entités sous contrôle conjoint, vous devez recourir à la
méthode de mise en équivalence présentée ci-dessus. Toutefois, pour des activités conjointes ( chapitre 7),
lorsque certains actifs ont été acquis en commun, une consolidation partielle (souvent proportionnelle) peut
être envisagée.

328
A Le cas d’une entité sous contrôle conjoint d’une société mère
Exemple
◗ Supposons que la société Alpha qui possède 50 % du capital de la société Delta partage le
contrôle (à parité de droits de vote) de la société Delta avec la société Omicron (qui possède,
quant à elle, 50 % de la société Delta).
Au moment de la sommation, 50 % des valeurs du capital, des réserves et des résultats de la
société Delta sont compris dans le bilan cumulé.

Partie 3 – Chap 11 – Traitement des titres mis en équivalence et des titres des entités intégrées
Groupe Alpha Groupe Omicron
Postes Total
50 % 50 %

Capital 600 000 300 000 300 000

Réserves 400 000 200 000 200 000

Résultats 200 000 100 000 100 000

Total 1 200 000 600 000 600 000

Écriture comptable (pour le bilan)

Capital Delta 300 000


Réserves Delta 200 000
Résultats Delta 100 000
Titres de participation Delta 300 000
Réserves Alpha 200 000
Résultat Alpha 100 000
Intégration Delta

B Le cas d’une entité sous contrôle conjoint d’une filiale


de la société mère
Exemple
◗ La société mère Alpha détient 70 % du capital de la société Bêta laquelle détient 60 % du capi-
tal de la société Gamma. Le pourcentage d’intérêts d’Alpha sur Gamma est de 70 % × 60 %
= 42 %. La société Gamma a pris une participation de 50 % à égalité avec une autre société
pour effectuer un contrôle conjoint dans la société Lambda. Cette participation a été acquise
550 000 € sans écart d’acquisition. Au 31 décembre N, la situation nette de Lambda est de
1 500 000 €, dont 1 000 000 € pour le capital, 400 000 € pour les réserves et 100 000 € pour
le résultat.

329
Théoriquement, le pourcentage d’intérêts d’Alpha sur Lambda est de 42 % × 50 % = 21 %,
mais comme on ne reprendra du fait de l’intégration proportionnelle, que 50 % des
actifs et passifs de Lambda, sur la partie reprise, le pourcentage d’intérêts sera en réalité
de 42 %.
On présentera donc pour la consolidation du bilan, au 31 décembre N, l’écriture suivante :

Capital Lambda 1 000 000 × 50 % 500 000


Réserves Lambda 400 000 × 50 % 200 000
Résultat Lambda 100 000 × 50 % 50 000
Titres de participation 550 000
Réserves Alpha (1 000 000 + 400 000) × 21 % 63 000
– 550 000 × 42 %
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 87 000
(1 000 000 + 400 000) × (50 % – 21 %)
– 550 000 × 58 %
Résultat Alpha 100 000 × 21 % 21 000
Intérêts minoritaires sur résultat 100 000 29 000
× (50 % – 21 %)
Consolidation Lambda

MINI-CAS 3

330
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
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les savoirs les compétences l’épreuve

1 QCM
Pour chacune des questions suivantes, une seule réponse est possible. Justifiez votre choix.
La société Alpha a pris une participation de 80 % dans la société Bêta, laquelle a pris une parti-
cipation de 60 % dans la société Gamma, de 50 % (contrôle conjoint) dans la société Delta, de
30 % dans la société Epsilon, de 10 % dans la société Lambda. La société Gamma a pris, de son
côté une participation de 75 % dans la société Sigma. Toutes ces participations ont été prises
après la création des différentes sociétés alors que les capitaux mis en réserves représentaient
20 % du capital émis.
Les bilans (après écritures de préconsolidation) vous sont fournis ci-après (comptes de capitaux
propres seulement, en milliers d’euros).

Postes Alpha Bêta Gamma Delta Epsilon Lambda Sigma

Capital 10 000 8 000 6 000 5 000 3 000 4 000 5 000

Réserves 14 000 6 000 8 000 4 000 2 000 2 600 3 000

Résultats 3 000 2 000 4 000 1 800 1 000 1 200 2 400

Total Capitaux propres 27 000 16 000 18 000 10 800 6 000 7 800 10 400

1. Comment se compose l’ensemble à consolider (normes françaises) ?


a. Intégration globale : Alpha, Bêta, Gamma, Delta, Sigma ; Mise en équivalence :
Epsilon, Lambda. ∙
b. Intégration globale : Alpha, Bêta, Gamma, Sigma ; Intégration proportionnelle :
Delta ; Mise en équivalence : Epsilon ; Non consolidable : Lambda. ∙
c. Intégration globale : Alpha, Bêta, Gamma, Sigma ; Intégration proportionnelle :
Delta, Epsilon ; Non consolidable : Lambda. ∙
2. Comment se compose l’ensemble à consolider (normes internationales) ?
a. Intégration globale : Alpha, Bêta, Gamma, Sigma ; Mise en équivalence :
Delta, Epsilon ; Non consolidable : Lambda. ∙
b. Intégration globale : Alpha, Bêta, Gamma, Sigma ; Intégration proportionnelle :
Delta ; Mise en équivalence : Epsilon ; Non consolidable : Lambda. ∙
c. Intégration globale : Alpha, Bêta, Gamma, Sigma ; Mise en équivalence :
Delta, Epsilon, Lambda. ∙

331
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

3. Comment est enregistrée l’écriture de consolidation de partage des capitaux propres


de la société Bêta (consolidation directe) ?
a. ∙

Capital Bêta 8 000


Réserves Bêta 6 000
Résultats Bêta 2 000
Titres de participation Bêta 7 680
Réserves Alpha 3 520
Résultats Alpha 1 600
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 2 800
Intérêts minoritaires sur résultat 400
Consolidation Bêta

b. ∙

Capital Bêta 8 000


Réserves Bêta 6 000
Résultats Bêta 2 000
Titres de participation Bêta 6 400
Réserves Alpha 4 800
Résultats Alpha 1 600
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 2 800
Intérêts minoritaires sur résultat 400
Consolidation Bêta

c. ∙

Capital Bêta 8 000


Réserves Bêta 12 900
Résultats Bêta 6 680
Titres de participation Bêta 7 680
Réserves Alpha 9 040
Résultats Alpha 5 344
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 4 180
Intérêts minoritaires sur résultat 1 336
Consolidation Bêta

332
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

4. Comment est enregistrée l’écriture de consolidation de partage des capitaux propres


de la société Gamma (consolidation directe) ?
a. ∙

Capital Gamma 6 000


Réserves Gamma 8 000
Résultats Gamma 4 000
Titres de participation Gamma 4 320
Réserves Alpha 3 544
Résultats Alpha 2 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 6 136
Intérêts minoritaires sur résultat 2 000
Consolidation Gamma

b. ∙

Capital Gamma 6 000


Réserves Gamma 9 500
Résultats Gamma 5 800
Titres de participation Gamma 4 320
Réserves Bêta 4 980
Résultats Bêta 3 480
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 6 200
Intérêts minoritaires sur résultat 2 320
Consolidation Gamma

c. ∙

Capital Gamma 6 000


Réserves Gamma 8 000
Résultats Gamma 4 000
Titres de participation Gamma 4 320
Réserves Alpha 3 264
Résultats Alpha 1 920
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 6 416
Intérêts minoritaires sur résultat 2 080
Consolidation Gamma

333
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

5. Comment est enregistrée l’écriture de consolidation de partage des capitaux propres


de la société Delta (consolidation directe) (normes françaises) ?
a. ∙

Capital Delta 2 500


Réserves Delta 2 000
Résultats Delta 900
Titres de participation Delta 3 000
Réserves Bêta 1 500
Résultats Bêta 900
Consolidation Delta

b. ∙

Capital Delta 2 500


Réserves Delta 2 000
Résultats Delta 900
Titres de participation Delta 3 000
Réserves Alpha 600
Résultats Alpha 720
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 900
Intérêts minoritaires sur résultat 180
Consolidation Delta

c. ∙

Capital Delta 2 500


Réserves Delta 2 000
Résultats Delta 900
Titres de participation Delta 3 000
Réserves Alpha 1 200
Résultats Alpha 720
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 300
Intérêts minoritaires sur résultat 180
Consolidation Delta

334
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

6. Comment est enregistrée l’écriture de consolidation de partage des capitaux propres


de la société Epsilon (consolidation directe) ?
a. ∙

Titres mis en équivalence 1 800


Titres Epsilon 1 080
Réserves Alpha 244
Résultat Alpha 240
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 176
Intérêts minoritaires sur résultat 60
Consolidation Epsilon

b. ∙

Titres mis en équivalence 1 800


Titres Epsilon 1 080
Réserves Alpha 336
Résultat Alpha 240
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 84
Intérêts minoritaires sur résultat 60
Consolidation Epsilon

c. ∙

Titres mis en équivalence 1 800


Titres Epsilon 1 080
Réserves Bêta 420
Résultat Bêta 300
Consolidation Epsilon

335
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

Évaluer Maîtriser Préparer


les savoirs les compétences l’épreuve

2 Mini-cas : formes de mises en d’équivalence ★★★

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
Votre maître de stage vous demande de lui expliquer, dans un rapport, en quoi consistent
les méthodes de mises en équivalence figurant dans l’article 221‑4 du Plan comptable géné-
ral, dans le règlement 2020-01 de l’ANC relatif aux comptes consolidés et dans la norme
IAS 28 de l’IASB.
Après avoir présenté les textes correspondants, vous analyserez les divergences d’application de la
méthode de mise en équivalence selon les textes applicables.

3 Mini-cas : consolidation de sociétés intégrées ou mises


en équivalence ★★★

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation

La SA Apollinaire a acquis en N–5 une participation de 80 % pour 500 000 € dans la société
Béranger. Cette dernière société a acquis en N–4 une participation de 60 % pour 300 000 €
dans la société Constantin, de 50 % dans la société Donald (en commun avec la société Zita
– contrôle conjoint) pour 200 000 € et de 30 % dans la société Emma pour 90 000 €. La
société Constantin a acquis en N–3 une participation de 70 % pour 70 000 € dans la société
Florentin.
Après retraitements dits « de préconsolidation », les bilans au 31 décembre N des s­ociétés
Donald, Emma et Florentin sont les suivants :

Sociétés Donald Emma Florentin

Capital 360 000 200 000 100 000

Réserves 240 000 180 000 60 000

Résultat 80 000 40 000 20 000

Total 680 000 420 000 180 000

Présentez le traitement dans les comptes consolidés du groupe Apollinaire des capitaux propres
des sociétés Donald, Emma et Florentin (normes françaises).

336
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

4 Mini-cas : consolidation de sociétés ayant des participations


circulaires ★★★

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
Vous êtes amené à effectuer la consolidation des sociétés du Groupe Major. La société Major
possède 80 % du capital de Caporal. Caporal possède 60 % du capital de Général. Général pos-
sède 10 % du capital de Major.
Après avoir présenté les écritures de consolidation du groupe Major (les écritures conduisant au
bilan cumulé ne sont pas demandées), il vous est demandé d’en établir le bilan consolidé.

Synthèse de bilans des sociétés Major, Caporal et Général (en k€)


Annexe

Major

Actif immobilisé 250 000 Capital 200 000

Titres de participation 80 000 Réserves 90 000

Actif circulant 125 000 Résultat 15 000

Dettes 150 000

Total 455 000 Total 455 000

Caporal

Actif immobilisé 180 000 Capital 100 000

Titres de participation 30 000 Réserves 50 000

Actif circulant 70 000 Résultat 10 000

Dettes 120 000

Total 280 000 Total 280 000

Général

Actif immobilisé 40 000 Capital 50 000

Titres de participation 25 000 Réserves 20 000

Actif circulant 35 000 Résultat 5 000

Dettes 25 000

Total 100 000 Total 100 000

337
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

Évaluer Maîtriser Préparer


les savoirs les compétences l’épreuve

5 Cas pratique : mise en équivalence ★★★  60 min

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
La société Anaëlle, fabricante de produits surgelés, a constitué avec la société Béa, d’abord, puis
avec la société Chloé, un groupe industriel.
Le 1er janvier N–2, la société Anaëlle avait pris une participation de 90 % dans la société Béa. Un an
plus tard, elle prenait une participation de 20 % dans la société Chloé pour 50 000 €. Le 1er janvier
N–1, la société Béa prenait une participation de 10 % dans la société Chloé pour 28 000 €.
Les bilans au 31 décembre N–3, 31 décembre N–2, 31 décembre N–1 et 31 décembre N (avant
affectation des résultats) de la société Chloé dégageaient les capitaux propres suivants :

31.12.N–3 31.12.N–2 31.12.N–1 31.12.N

Capital 100 000 100 000 100 000 100 000

Réserves 60 000 62 000 68 000 76 000

Résultats 9 000 13 000 20 000 24 000

Provisions réglementées 36 000 40 000 48 000 44 000

Les provisions réglementées concernent les provisions pour hausse de prix et des amortisse-
ments dérogatoires. Le taux de l’impôt sur les sociétés est de 25 %.
Au 1er janvier N–2, la valeur comptable des terrains et des constructions (amortissables en
20 ans) était inférieure respectivement de 2 000 € et 6 000 € à leur valeur actuelle.
Au 1er janvier N–1, la valeur comptable des terrains et des constructions (amortissables en
20 ans) était inférieure respectivement de 3 600 € et 8 400 € à leur valeur actuelle.
Les écarts d’acquisition constatés sur l’achat des titres Chloé seront dépréciés chaque année de
10 % (sous forme d’amortissement).
La société Anaëlle n’est pas cotée et utilise le référentiel national pour l’établissement de ses
comptes consolidés.

Travail à faire
1. Présentez les écritures de mise en équivalence des titres de la société Chloé dans les comptes
consolidés (bilan) N du groupe Anaëlle.
2. Présentez les écritures de mise en équivalence des titres de la société Chloé dans les comptes
consolidés (compte de résultat) N du groupe Anaëlle.
3. Présentez les écritures de retraitement des dividendes versés par la société Chloé en N.

338
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

6 Cas pratique : partenariats ★★★  60 min

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
La société Noémie est une société anonyme cotée en Bourse et présente ses comptes consoli-
dés conformément aux IFRS.
La société Noémie a engagé un partenariat en N avec la société Oriane pour deux types d’opé-
rations :
1. Elle a d’abord créé un partenariat sous forme de SARL (la SARL Patrice) au capital de
120 000 € dans laquelle chaque partie détient une part d’intérêt de 50 %.
2. Elle a aussi créé un partenariat sous forme de SAS (la SAS Ryan) au capital de 100 000 € dans
laquelle chacune des sociétés a apporté un actif et un passif. Dans leur accord contractuel,
les deux parties ont modifié les caractéristiques de l’entité constituée en société de sorte
que chacune d’elles a des intérêts dans les actifs de l’entité et est responsable des passifs de
l’entité dans des proportions définies. Ainsi, il est prévu que les actifs apportés reviendront
à la société qui a effectué ces apports, en tenant compte de leur amortissement, pour les
immobilisations, et que les passifs apportés reviendront aussi, en équivalence, à la société
qui les a apportés. Les compléments d’actif et de passif, les produits et les charges (hors
amortissements) seront répartis en fonction des ventes réalisées par chacune des sociétés
participantes.
Le bilan et le compte de résultat de la SARL Patrice (résumés) vous sont présentés dans l’an-
nexe 1. Le bilan et le compte de résultat de la SAS Ryan (résumés) vous sont ­présentés dans
l’annexe 2. Les apports sont détaillés dans l’annexe 3.

Travail à faire
1. Distinguez parmi ces deux partenariats celui qui relève d’une activité conjointe de celui qui
relève d’une coentreprise.
2. Présentez, au 31 décembre N, les écritures de consolidation des partenariats (bilan et compte de
résultat) dans la société Noémie.

339
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

Bilan et compte de résultat de la SARL Patrice au 31.12.N


Annexe 1

Bilan

Matériel Industriel 120 000 Capital 120 000

Matériel de bureau et informatique 20 000 Résultat 30 000

Mobilier 16 000 Dettes financières 60 000

Stocks 60 000 Dettes d’exploitation 68 000

Créances d’exploitation 50 000

Disponibilités 14 000

Total 280 000 Total 280 000

Compte de résultat

Achats consommés 180 000 Ventes 300 000

Charges d’exploitation 54 000

Dotations aux amortissements 26 000

Impôt sur les bénéfices 10 000

Résultat 30 000

Total 300 000 Total 300 000

Bilan et compte de résultat de la SAS Ryan au 31.12.N


Annexe 2

Bilan

Matériel Industriel 49 000 Capital 100 000

Matériel de bureau et informatique 14 400 Résultat 24 000

Mobilier 12 600 Dettes d’exploitation 28 000

Stocks 50 000

Créances d’exploitation 15 000

Disponibilités 11 000

Total 152 000 Total 152 000

340
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

•••
Compte de résultat

Achats consommés 120 000 Ventes par Noémie 120 000

Charges d’exploitation 36 000 Ventes par Oriane 80 000

Dotations aux amortissements 12 000

Impôt sur les bénéfices 8 000

Résultat 24 000

Total 200 000 Total 200 000

Apports de la SA Noémie et de la SA Oriane à la SAS Ryan au 1er janvier N


Annexe 3

Éléments SA Norbert SA Olivier

Matériel Industriel 24 000 32 000

Matériel de bureau et informatique 10 000 8 000

Mobilier 7 000 7 000

Stocks 12 000 9 000

Créances d’exploitation 8 000 5 000

Disponibilités 3 000 2 000

Dettes d’exploitation – 14 000 – 13 000

Total 50 000 50 000

Le matériel industriel s’amortit en 8 ans, le matériel de bureau et informatique en 5 ans et


le mobilier en 10 ans (sans valeur résiduelle).

341
SYNTHÈSE
Traitement des titres mis en équivalence
et des titres des entités intégrées

• Les titres mis en équivalence sont réévalués


dans les comptes consolidés à la quote-part
de l’actif net comptable de la participation
Titres mis en équivalence • Les plus-values dégagées sont portées
en réserves ou dans un compte de résultat
spécifique

Après cumul des comptes, les capitaux propres


des filiales sont ventilés entre les droits
Titres intégrés globalement revenant au groupe et ceux revenant
aux minoritaires

La quote-part des actifs et passifs de la société


intégrée revenant au groupe est comprise
Titres intégrés proportionnellement
dans le total du bilan cumulé

342
CHAPITRE
12 Changements
de périmètre et
documents de synthèse

PROGRAMME

Compétences visées Notions et contenus


• Maîtriser le processus d’élaboration • Retraitements de consolidation :
d’une consolidation variations du pourcentage d’intérêts
• Déterminer l’impact des retraitements et du périmètre de consolidation
de consolidation • Bilan, compte de résultat / état
• Enregistrer les opérations du résultat global, annexe, tableau
des variations des capitaux propres,
de consolidation
tableau des flux de trésorerie
• Élaborer les documents de synthèse
spécifiques aux comptes consolidés

LIENS AVEC LE DSCG 2


§ 2.1. Analyse financière des comptes consolidés

PLAN DU CHAPITRE
Cours : 1. L’augmentation du pourcentage d’intérêts dans une entreprise intégrée
globalement • 2. L’augmentation du pourcentage d’intérêts dans une entreprise
précédemment consolidée par équivalence • 3. La déconsolidation suivant une cession
de titres • 4. Les documents de synthèse consolidés • 5. L’organisation pratique de la
consolidation
Des savoirs aux compétences : Évaluer les savoirs • Maîtriser les compétences • Préparer
l’épreuve
Synthèse

U ne fois les variations des pourcentages d’intérêt et du périmètre de consolidation cernées, com-
ment sont présentés les documents de synthèse en normes françaises et en normes internatio-
nales ? Se pose aussi la question de l’organisation pratique de la consolidation.

MOTS-CLÉS
Acquisition de titres • Annexe • Augmentation de capital • Bilan • Déconsolidation • Compte
de résultat • État de la situation financière • État du résultat net et des autres éléments
du résultat global • État des flux de trésorerie • État des variations des capitaux propres
• Intégration globale • Liasse de consolidation • Mise en équivalence
1 L’augmentation du pourcentage d’intérêts
dans une entreprise intégrée globalement
L’acquisition de titres complémentaires par des tiers extérieurs au groupe modifie le pourcen-
tage d’intérêts ( chapitre 7). Il peut aussi modifier pourcentage de contrôle de la société mère
sur l’entreprise acquise.
Deux cas peuvent être envisagés :
• L’acquisition de titres d’une filiale (société intégrée globalement).
• L’augmentation de capital à laquelle la société mère participe.

A L’acquisition de titres
Lorsqu’une entité qui détient le contrôle d’une autre entité, acquiert des titres de ladite société,
les écarts d’évaluation et d’acquisition nouvellement calculés ne sont pas pris en compte
dans l’opération (sauf dépréciation). En effet, l’évaluation de la société acquise doit être faite
(  ­chapitre 10) à la date d’acquisition. Or, cette date d’acquisition est la date à laquelle l’acqué-
reur obtient le contrôle de l’entité acquise.
Exemple
◗ La société mère Alpha a acquis les titres suivants de la société Bêta :
• Le premier lot a été acquis au début de l’exercice N–2 : 60 % pour 660 000 €. Les capitaux
propres de Bêta étaient alors de 800 000 € (actifs 2 000 000, passifs exigibles 1 200 000),
des terrains avaient été réestimés de 80 000 €.
• Le second lot (20 % pour 244 000 €) a été acquis au milieu de l’exercice N alors que les capi-
taux propres étaient de 950 000 € (dont 50 000 de résultat de l’exercice, 2 500 000 d’actifs
et 1 550 000 de passifs exigibles), la valeur des terrains réestimés de 120 000 €.
Au moment de l’acquisition du premier lot, l’écart d’acquisition constaté sur société Bêta
s’élève à 660 000 – (800 000 + 80 000 × 75 %) × 60 % = 144 000 €.
Au moment de l’acquisition du second lot, il a lieu de ne pas remettre en cause les évalua-
tions des actifs et passifs identifiés, déterminées à la date de la prise de contrôle (règle-
ment 2020-01 de l’ANC, art. 242-1). L’écart d’acquisition sera donc de 244 000 – (950 000
+ 80 000 × 75 %) × 20 %, soit 42 000 €.
On considérera que la durée d’utilisation de l’écart d’acquisition n’est pas limitée et que ce
dernier n’a pas fait l’objet d’un indice de perte de valeur.
En normes françaises, on passerait les écritures de consolidation suivantes :
Après la première acquisition
1.1.N–2
Actifs Bêta 2 000 000
Capital et Réserves Bêta 800 000
Passifs Bêta 1 200 000
Reprise des actifs et passifs Bêta

344

Actifs Bêta 80 000
Réserves Alpha 80 000 × 75 % × 60 % 36 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 24 000
80 000 × 75 % × 40 %
Passifs Bêta (impôts différés) 80 000 × 25 % 20 000
Écart d’évaluation

Écart d’acquisition sur Bêta 144 000


Réserves Alpha 144 000
Écart d’acquisition

Partie 3 – Chap 12 – Changements de périmètre et documents de synthèse


Capitaux et Réserves Bêta 800 000
Titres de participation Bêta (chez Alpha) 660 000
Réserves Alpha 800 000 × 60 % – 660 000 – 180 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 320 000
800 000 × 40 %
Répartition des capitaux propres Bêta

Après la seconde acquisition


1.7.N
Actifs Bêta 2 500 000
Capital et Réserves Bêta 900 000
Résultats Bêta 50 000
Passifs Bêta 1 550 000
Reprise des actifs et passifs Bêta

Actifs Bêta 80 000


Réserves Alpha 80 000 × 75 % × 80 % 48 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 12 000
80 000 × 75 % × 20 %
Passifs Bêta (impôts différés) 80 000 × 25 % 20 000
Écart d’évaluation sur terrains

Écart d’acquisition sur Bêta 144 000 +42 000 186 000
Réserves Alpha 186 000
Écart d’acquisition

345

Capital et Réserves Bêta 950 000 – 50 000 900 000
Résultat Bêta 50 000
Titres de participation Bêta (chez Alpha) 904 000
660 000 + 244 000
Capital et Réserves Alpha 900 000 × 80 % – 904 000 – 184 000
Résultat Alpha 50 000 × 80 % 40 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 180 000
900 000 × 20 %
Intérêts minoritaires sur résultat 50 000 × 20 % 10 000
Répartition des capitaux propres Bêta

En normes internationales, conformément au § 96 B de l’IFRS 10, la valeur comptable de la


seconde acquisition doit être ajustée ; la différence entre le montant ajusté et la valeur de la
contrepartie versée, comptabilisée en résultat. Pour ne pas modifier la répartition du goodwill
dans la nouvelle participation de 20 %, il aura fallu acquérir ces titres au prix de (950 000
+ 80 000 × 75 %) + 20 % + 144 000 × 20/60 = 250 000 €. Le prix d’acquisition étant de
244 000 €, les titres acquis sont réévalués de 6 000 €.
On peut tenir compte d’un impôt différé au taux de 25 % sur cette réévaluation et passer
l’écriture suivante (goodwill partiel).

Titres de participation Bêta (chez Alpha) 6 000


Résultats Alpha 6 000 × 75 % 4 500
Passifs Alpha (Impôts différés) 1 500
Retraitement valeur d’acquisition deuxième lot de titres

Les écritures relatives à la détermination de l’écart d’acquisition (goodwill) et à la répartition


des capitaux propres de Bêta présentées ci-dessus seront adaptées en conséquence. ◗

Le calcul du goodwill peut s’effectuer sur la totalité des droits des majoritaires
et des minoritaires (full goodwill) et lors de la première acquisition : la valeur
de la société Bêta est alors de 660 000 / 0,60, soit 1 100 000 €, et le goodwill
s’élève à 1 100 000 – (800 000 + 80 000 × 75 %), soit 220 000 €. L’acquisition
du second lot aurait dû se faire à (1 010 000 + 220 000) × 20 %, soit 246 000 €
(et non à 250 000 €) au lieu de 244 000 €.

B L’augmentation de capital
Ne peuvent participer à une augmentation de capital que les titulaires d’un droit préférentiel de
souscription (DPS) :
• Si une société qui assume le contrôle d’une autre société, veut augmenter son taux de partici-
pation dans le capital de cette autre société, elle doit acquérir des DPS.
• Si, au contraire, elle accepte de diminuer son taux de participation dans le capital de cette
autre société, elle pourra vendre des droits de souscription.

346
1. L’augmentation du taux de participation
Exemple
◗ La société Gamma avait pris en N–3 une participation de 60 % du capital, soit 15 000 actions
de nominal à 30 € dans la société Delta, société au capital de 750 000 € (25 000 actions de
30 €). La valeur des titres acquis était alors de 600 000 €.
Le 1er janvier N, la société Delta a augmenté son capital par l’émission de 12 500 actions de
nominal 30 € émises à 42 €. Au 31 décembre N–1, à partir des données des comptes consolidés,
la valeur de la participation de Gamma dans Delta est estimée à 720 000 € soit 48 € par action.
La société Gamma décide de souscrire 9 000 actions nouvelles portant sa participation ainsi
15 000 × 9 000
à = 64 %. Pour cela, elle utilise ses 15 000 droits de souscription et acquiert

Partie 3 – Chap 12 – Changements de périmètre et documents de synthèse


25 000 × 12 500
3 000 droits (deux droits pour une action nouvelle) auprès des actionnaires minoritaires de
Delta. Ces droits sont négociés à leur valeur théorique soit
48 × 25 000 + 42 × 12 500
48 – = 2 €.
25 000 + 12 500
La situation nette consolidée de Delta (capitaux propres revenant à la société mère + intérêts
minoritaires) était avant l’augmentation de capital de 25 000 × 48 = 1 200 000 € et l’on avait
comptabilisé l’écriture de répartition suivante (comptes de capitaux propres non analysés)

Capitaux propres Delta 1 200 000


Titres de participation 600 000
Capitaux propres Gamma 120 000
1 200 000 × 60 % – 600 000
Intérêts minoritaires 1 200 000 × 40 % 480 000
Intégration Delta

La situation nette consolidée de Delta sera après l’augmentation de capital :


• Situation initiale 1 200 000
• Augmentation de capital : 12 500 × 42 = 525 000
 1 725 000
Les titres de participation Delta dans les comptes sociaux de la société Gamma sont évalués
au niveau suivant : 600 000 + 42 × 9 000 + 2 × 3 000 = 984 000 €.
On passerait alors l’écriture de consolidation suivante :

Capitaux propres Delta 1 725 000


Titres de participation 984 000
Capitaux propres Gamma 120 000
1 725 000 × 64 % – 984 000
Intérêts minoritaires 1 725 000 × 36 % 621 000
Intégration Delta

347
On peut ainsi constater que les capitaux propres revenant à Gamma n’ont pas évolué, ce qui
se comprend car il n’y a pas eu de bénéfices nouveaux engendrés par la seule augmentation
de capital. En revanche, les droits des intérêts minoritaires sont passés de 480 000 à 621 000,
soit une augmentation de 141 000 € égale à la différence entre le prix d’émission des titres
souscrit par les minoritaires (3 500 × 42 = 147 000 €) et le prix de cession des droits préféren-
tiels de souscription (3 000 × 2 = 6 000). ◗

Si le prix d’acquisition des droits de souscription avait été différent de la valeur


théorique, il aurait été nécessaire d’effectuer une régularisation pour retrouver l’équilibre
précédemment présenté.

2. La diminution du taux de participation


Exemple (suite)
◗ Reprenons l’exemple ci-dessus et considérons que la société Gamma n’a souscrit que
6 000 nouveaux titres. Son taux de participation après l’augmentation de capital sera de
15 000 × 6 000
= 56 % et elle pourrait vendre 3 000 droits de souscription.
25 000 × 12 500
En suivant le raisonnement précédent, on aurait, après l’augmentation de capital, l’écriture sui-
vante :

Capitaux propres Delta 1 725 000


Titres de participation 846 000
Capitaux propres Gamma 1 725 000 × 56 % 120 000
– 846 000
Intérêts minoritaires 1 725 000 × 44 % 759 000
Intégration Delta

Avec 846 000 = 600 000 + 6 000 × 42 – 3 000 × 2 et avec 759 000 = 480 000 + 6 500 ×
42 + 3 000 × 2 ◗

MINI-CAS 2

2 L’augmentation du pourcentage d’intérêts


dans une entreprise précédemment consolidée
par équivalence
Dans le cadre de l’acquisition de titres d’une société associée, c’est au moment où la société
acquéreuse prend le contrôle de ladite société que la juste valeur doit être constatée. Il en est
de même, dans le cadre des normes internationales, pour les coentreprises.
L’article 241-1 du règlement 2020-01 de l’ANC précise par ailleurs que l’écart de réévaluation
éventuel par rapport à la quote-part de capitaux propres antérieurement consolidée par mise en
équivalence est porté directement dans les réserves consolidées.

348
Exemple (suite)
◗ Reprenons le premier exemple présenté ci-dessus et supposons que l’entreprise Alpha a
d’abord fait l’acquisition au début de l’exercice N–2 de 20 % du capital de la société Bêta pour
215 000 € puis au milieu de l’année N, 50 % du capital pour 650 000 €.
Au moment de la première acquisition, les capitaux propres de Bêta étaient de 800 000 €
(actifs 1 200 000, passifs exigibles 1 200 000 €) et au moment de la seconde acquisition les
capitaux propres de Bêta étaient de 950 000 € (dont 50 000 de résultat de l’exercice, actifs
2 500 000, passifs exigibles 1 550 000 €).
Vous observez que des écarts d’évaluation ont été constatés en N–2 et N : en N–2 : des ter-
rains avaient été réestimés de 80 000 € et en N de 120 000 €.
On considérera également que durée d’utilisation de l’écart d’acquisition est non limitée et
que ce dernier n’a pas fait l’objet d’un indice de perte de valeur.

Partie 3 – Chap 12 – Changements de périmètre et documents de synthèse


En normes françaises
Juste avant l’acquisition du second lot, la société Bêta est mise en équivalence et pour l’éta-
blissement d’un bilan consolidé (ce serait un bilan intermédiaire) au 30 juin N, on aurait une
évaluation des titres suivante :
• Prix d’acquisition des titres 215 000
• Écart d’acquisition déduit (inscrit dans un compte spécifique)
215 000 – [800 000 + (80 000 + 75 %)] × 20 % – 43 000
• Quote-part de l’évolution des capitaux propres
du 1er janvier N–2 au 30 juin N : (950 000 – 800 000) × 20 % = 30 000
• Plus-value sur terrains 80 000 × 75 % × 20 % 12 000
 214 000
L’écriture de mise en équivalence au 30 juin N aurait été la suivante :
30.6.N
Titres mis en équivalence Bêta (chez Alpha) 214 000
Écart d’acquisition titres Bêta 43 000
Titres de participation Bêta (chez Alpha) coût 215 000
d’acquisition
Réserves Alpha (950 000 – 50 000 – 800 000 32 000
+ 80 000 × 75 %) × 20 %
Résultat Alpha 50 000 × 20 % 10 000
Mise en équivalence

Au moment de la prise de contrôle, les actifs et passifs identifiables seront donc de


2 500 000 + 120 000 (écart d’évaluation) – 1 550 000 – 30 000 (impôt différé sur écart d’éva-
luation) = 1 040 000 €.
Au 1er juillet N, on passerait (si l’on établissait les comptes consolidés du groupe à cette date),
les écritures suivantes (pour le bilan) :

349
1.7.N
Actifs Bêta 2 500 000
Capital et Réserves Bêta 900 000
Résultats Bêta 50 000
Passifs Bêta 1 550 000
Reprise actifs et passifs Bêta

Actifs Bêta 120 000


Réserves Alpha 120 000 × 75 % × 70 % 63 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 27 000
120 000 × 75 %×30 %
Passifs Bêta (impôts différés) 120 000 × 25 % 30 000
Écart d’évaluation

1.7.N
Écart d’acquisition sur Bêta 173 000
650 000 – 1 040 000 × 50 % + 43 000
Réserves d’Alpha 173 000
Écart d’acquisition sur nouveaux titres

Capital et réserves de Bêta 900 000
Résultat de Bêta 50 000
Titres de participation Bêta (chez Alpha) 865 000
215 000 + 650 000
Réserves d’Alpha 900 000 × 70 % – 885 000 (1) – 235 000
Résultat d’Alpha 50 000 × 70 % (2) 35 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 900 000 270 000
× 30 %
Intérêts minoritaires sur résultat 50 000 × 30 % 15 000
Répartition des capitaux propres de Bêta

(1) Compte tenu du fait que nous avons pris la valeur d’acquisition des titres en N–2 (215 000 €), la différence s’inscrit
dans un compte de réserves (conformément à l’article 241‑1 règlement 2020‑01 de l’ANC).
(2) Le résultat peut également être directement porté en réserves.

En normes IFRS
Le calcul de la valeur d’équivalence s’effectue de la même manière que dans le cadre des normes
françaises, mais l’écart d’acquisition ne se comptabilise pas dans un compte particulier et est
intégré à la valeur d’équivalence qui serait donc de 214 000 + 43 000 = 257 000 €.
D’autre part, conformément à l’IFRS 3 § 42, il y a lieu réévaluer la participation détenue précé-
demment dans l’entreprise acquise à la juste valeur à la date d’acquisition et de comptabiliser
l’éventuel profit ou perte en résultat.
La valeur du premier lot serait donc 650 000 × 20/ 50 = 260 000 au lieu de 257 000 € soit
une plus-value de 3 000 €. On passerait alors l’écriture suivante (en considérant sur cette
réévaluation un impôt latent de 25 %).

350
1.7.N
Titre de participation Bêta (chez Alpha) 260 000
Titres mis en équivalence Bêta (chez Alpha) 257 000
Résultats Alpha 3 000 × 75 % 2 250
Passifs Alpha (impôts différés) 750
Retraitement valeur d’acquisition premier lot de titres

On passerait alors les écritures de consolidation suivante (pour le bilan) :


1.7.N
Actifs Bêta 2 500 000
Capital et Réserves Bêta 900 000

Partie 3 – Chap 12 – Changements de périmètre et documents de synthèse


Résultats Bêta 50 000
Passifs Bêta 1 550 000
Reprise des actifs et passifs Bêta

Actifs Bêta 120 000
Réserves Alpha 120 000 × 75 % × 70 % 63 000
Intérêts minoritaires 120 000 × 75 % × 30 % 27 000
Passifs Bêta (impôts différés) 120 000 × 25 % 30 000
Écart d’évaluation

Écart d’acquisition sur Bêta (650 000 + 260 000) 182 000
– (1 040 000 × 70 %)
Réserves Alpha 182 000
Écart d’acquisition

Capital et Réserves Bêta 900 000


Résultat Bêta 50 000
Titres de participation Bêta (chez Alpha) 910 000
650 000 + 260 000
Réserves Alpha 900 000 × 70 % – 910 000 – 280 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 270 000
900 000 × 30 %
Résultat Alpha 50 000 × 70 % 35 000
Intérêts minoritaires sur le résultat 50 000 × 30 % 15 000
Répartition des capitaux propres Bêta

Si l’on avait utilisé la méthode du full goodwill, seule l’avant-dernière écriture aurait été modi-
fiée, le goodwill total aurait été de 182 000 × 100 / 70 = 260 000 € et aurait été imputé sur
les capitaux propres d’Alpha pour 260 000 × 70 % = 182 000 € et sur les intérêts minoritaires
sur capital et réserves pour 260 000 × 30 % = 78 000 €. ◗

MINI-CAS 3

351
3 La déconsolidation suivant une cession de titres
A Les cessions externes de titres acquis
Lors de la cession de titres de sociétés faisant partie d’un groupe, le résultat de cession doit dis-
tinguer, moyennant les retraitements nécessaires :
– le résultat d’opérations antérieures à la consolidation ;
– le résultat proprement dit de la cession.

1. La cession totale
La sortie du périmètre de consolidation, ou déconsolidation, de l’entreprise cédée s’effectue
à la date du transfert de contrôle à l’entreprise acquéreuse. Le compte de résultat consolidé
retrace les produits réalisés et les charges supportées par l’entreprise cédée jusqu’à la date de
transfert du contrôle.
La plus-value ou moins-value de cession se calcule à partir de la dernière valeur en consolidation
de l’entreprise comprenant le résultat jusqu’à la date de cession, l’écart d’acquisition résiduel non
amorti et, le cas échéant, l’écart de conversion inscrit dans les capitaux propres, part du groupe.

2. La cession partielle
Dans le cas d’une entreprise restant consolidée mais par mise en équivalence, la prise en compte
du résultat de cession s’effectue de la même manière que dans le cas d’une cession partielle
d’entreprise restant consolidée par intégration globale. Les actifs et passifs cessent d’être inté-
grés aux dates et selon les mêmes modalités que la cession globale.
Exemple
◗ La société Alpha avait acquis en janvier N–3 60 % du capital de la société Bêta pour 6 000 000 €.
Un écart d’évaluation sur les capitaux de Bêta avait alors été estimé à 3 000 000 € et un écart
d’acquisition non amortissable avait alors été constaté pour 2 000 000 €.
La société Alpha vend sa participation dans Bêta en juillet N pour 7 500 000 €. Aucun impôt
sur les bénéfices n’a été constaté (taux IS = 0 % sur les plus-values à long terme sur cessions
de participations).
Dans les comptes sociaux de la société Alpha sont alors enregistrées les deux écritures
suivantes :
1.7.N
462 Créances sur cession d’immobilisations 7 500 000
7671 Produits des cessions d’immobilisations financières 7 500 000
Cession de la participation Bêta

6671 Valeur comptable des immobilisations financières cédées 6 000 000


261 Titres de participation 6 000 000
Valeur comptable

Un résultat comptable de 1 500 000 € est alors enregistré. Ce résultat sera repris dans les
opérations de cumul des comptes sociaux dans le cadre de la consolidation.

352
Au moment de la cession, soit le 1er juillet N, le montant des capitaux propres retraités selon
les méthodes de consolidation dans la société Bêta (y compris les écarts d’évaluation non
amortis et l’écart d’acquisition) étaient les suivants (en milliers d’euros) :
• Capital 6 000 000
• Réserves 5 000 000
• Résultat 400 000
 11 400 000
La valeur consolidée des titres Bêta, égale à la quote-part des capitaux propres de Bêta était
donc au moment de la cession de la participation de : 11 400 000 × 60 % = 6 840 000 €.
Le résultat sur la cession n’est donc en fait que de 7 500 000 – 6 840 000 = 660 000 €.
Si la cession avait été faite en début d’exercice, le résultat eût été différent : la valeur consoli-

Partie 3 – Chap 12 – Changements de périmètre et documents de synthèse


dée des titres Bêta aurait été de (6 000 000 + 5 000 000) × 60 % = 6 600 000 € et le résultat
sur cession eût été de 7 500 000 – 6 600 000 = 900 000 €.
La différence entre les deux valeurs soit 900 000 – 660 000 = 240 000 € provient de la quote-
part du résultat de l’exercice de la société Bêta soit 400 000 × 60 % = 240 000 €.
On pourra passer les écritures suivantes :
Pour le bilan

Résultat Alpha 600 000


Réserves Alpha 600 000
(1 500 000 – 900 000)

Pour compte de résultat

Produits des cessions d’immobilisations financières 7 500 000


Valeur comptable des immobilisations financières cédées 6 000 000
Résultat sur cession de participations 660 000
Quote-part de résultat de sociétés cédées 240 000
Résultat 600 000
Analyse du résultat de la cession

Une cession partielle d’une participation peut aussi conduire à une modification du
périmètre de consolidation. Ainsi, si une société A possède 60 % du capital de B et cède
la moitié de ses titres, le solde de la participation (30 % du capital de B) devra être
« consolidé » par la méthode de mise en équivalence (alors que précédemment elle
était intégrée à la société A). Si la participation devient inférieure à 20 % du capital de
B, elle ne peut plus être consolidée (ou mise en équivalence) et doit être comptabilisée
comme un actif financier (au coût ou à la juste valeur selon le référentiel).

B Les cessions internes de titres


Les cessions internes de participations doivent être neutralisées au niveau de la consolidation,
de la même façon que les cessions de stocks ou d’immobilisations.
MINI-CAS 4

353
4 Les documents de synthèse consolidés
A Les normes françaises
Selon le règlement 2020-01 de l’ANC, les documents de synthèse consolidés ­comprennent obliga-
toirement le bilan, le compte de résultat et une annexe.
Ce règlement impose des modèles d’états financiers prescriptifs qui n’autorisent pas d’ajouts ou
de modifications alors que le PCG le permet dans les circonstances décrites à son article 810-3.

1. Le bilan consolidé
Le bilan consolidé est présenté sous forme de tableau. Il est établi avant répartition (ou éven-
tuellement avant et après répartition) (tab. 12.1).

Tableau 12.1 Modèle de bilan règlement 2020-01

Exercice Exercice Exercice Exercice


Actif Passif
N N–1 N N–1
Actif immobilisé Capitaux propres
Immobilisations incorporelles (Part du groupe)
dont écarts d’acquisition Capital (1)
Primes (1)
Immobilisations corporelles Réserves et résultat
consolidés (2)
Immobilisations financières Autres (3)
Titres mis en équivalence
Actif circulant Intérêts minoritaires
Stocks et en-cours Provisions
Clients et comptes rattachés
Autres créances et comptes Dettes
de régularisation (4)
Valeurs mobilières Emprunts et dettes
de placement financières
Disponibilités Fournisseurs et comptes
rattachés
Autres dettes et comptes
de régularisation (5)

Total de l’actif Total du passif


(1) de la société mère consolidante.
(2) dont résultat net de l’exercice.
(3) à détailler dans le tableau de variation des capitaux propres consolidés (part du groupe).
(4) dont impôts différés actif
(5) dont impôts différés passif

354
2. Le compte de résultat consolidé
Le compte de résultat consolidé est présenté sous forme de liste selon un classement des pro-
duits et des charges soit par destination (tab. 12.2), soit par nature (tab. 12.3).
La participation des salariés aux résultats comptabilisée dans un compte spécifique par le PCG
(compte 691) doit être reclassée en charges de personnel.

Tableau 12.2. Modèle de compte de résultat consolidé selon le règlement ANC 2020-01


(classement des charges et produits par destination)

Exercice N Exercice N–1

Chiffre d’affaires

Partie 3 – Chap 12 – Changements de périmètre et documents de synthèse


Coût des ventes
Charges commerciales
Charges administratives
Autres charges et produits d’exploitation
Résultat d’exploitation avant dotations aux amortissements et
dépréciation des écarts d’acquisition
Dotations aux amortissements et dépréciations des écarts
d’acquisition
Résultat d’exploitation après dotations aux amortissements et
dépréciation des écarts d’acquisition
Charges et produits financiers
Charges et produits exceptionnels
Impôts sur les résultats
Résultat net des entreprises intégrées
Quote-part dans les résultats des entreprises mises en équivalence
Dotations aux amortissements des écarts d’acquisition
Résultat net de l’ensemble consolidé
Intérêts minoritaires
Résultat net (part du groupe)
Résultat par action
Résultat dilué par action

355
Tableau 12.3. Modèle de compte de résultat règlement 2020‑01 (classement des charges
et produits par nature)

Exercice N Exercice N–1

Chiffre d’affaires
Autres produits d’exploitation

Achats consommés
Charges de personnel (y compris la participation des salariés)
Autres charges d’exploitation
Impôts et taxes
Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions
(hors amortissement et dépréciation des écarts d’acquisition)
Résultat d’exploitation avant dotations aux amortissements
et dépréciation des écarts d’acquisition

3. L’annexe consolidée
L’annexe doit comporter toute information de caractère significatif permettant aux ­utilisateurs
des comptes consolidés de porter une appréciation sur le patrimoine, la situation financière et le
résultat de l’ensemble constitué par les entreprises comprises dans la consolidation. L’information
porte au minimum sur l’exercice écoulé et sur le précédent.
On trouvera dans cette annexe les rubriques suivantes :
– référentiel comptable principales méthodes comptables du groupe ;
– informations relatives au périmètre de consolidation ;
– information sectorielle ;
– autres informations (événements postérieurs, parties liées, dirigeants, effectifs, honoraires
des commissaires aux comptes) ;
– explications des postes du bilan et du compte de résultat et des engagements reçus et donnés ;
– état des flux de trésorerie.
Les éléments figurant après le résultat d’exploitation, avant dotations aux amortissements
et dépréciation des écarts d’acquisition, sont identiques à ceux du modèle avec classement
des charges et produits par destination.

B Les normes internationales


Les documents de synthèse consolidés ou normes internationales ( chapitre 4) ­comprennent :
– un état de la situation financière (ou bilan) ;
– un état du résultat net et des autres éléments du résultat global ;
– un état des flux de trésorerie ;
– un état de la variation des capitaux propres ;
– des notes (annexes).
CAS PRATIQUE 5

356
5 L’organisation pratique de la consolidation
A Les principes d’organisation de la consolidation
Les opérations conduisant à la présentation des comptes consolidés peuvent être organisées de
différentes manières. Généralement, les comptes consolidés sont établis à partir des comptes
sociaux des diverses sociétés du groupes mais les travaux de consolidation peuvent être répartis
entre les services comptables des filiales et le service de consolidation de la société mère.
La participation des services comptables des filiales consiste essentiellement en l’établissement
d’un document appelé généralement « liasse de consolidation » selon des modalités définies
par le service de consolidation de la société mère :
Cette liasse de consolidation comprendra généralement :

Partie 3 – Chap 12 – Changements de périmètre et documents de synthèse


• États de la liasse fiscale : bilan, compte de résultat (ou balance après inventaire).
• État des opérations inter-sociétés consolidées :
– comptes réciproques : actif et passif ;
– comptes réciproques : charges et produits ;
– résultats compris dans les stocks ;
– dividendes distribués et reçus (ou à recevoir) ;
– comptes non réciproques : dépréciations, provisions pour risques et charges.
• Mouvements patrimoniaux (pour la préparation du tableau de flux de trésorerie et de l’an-
nexe).
• Informations diverses :
– analyse du chiffre d’affaires ;
– analyse des effectifs moyens ;
– engagements financiers ;
– détermination du résultat fiscal.
Le service de consolidation de la société mère se charge généralement :
• D’assurer le lien avec les services comptables des filiales (en établissant en particulier un
manuel de la consolidation).
• De préparer la consolidation (détermination du périmètre de consolidation, envoi de docu-
ments aux filiales) ;
• D’effectuer des travaux de préconsolidation (retraitements, conversions monétaires,
contrôle des liasses de consolidation).
• D’effectuer les travaux de consolidation :
– calcul des pourcentages d’intérêt ;
– cumul des comptes de bilan et de résultat ;
– élimination des comptes et opérations réciproques ;
– traitement des titres de participation et partage des capitaux propres ;
– établissement des états financiers consolidés.
• D’assumer les relations avec les CAC ( chapitre 13).

357
B Les procédures associées aux comptes consolidés
Les procédures à mettre en place pour établir les comptes consolidés concernent à la fois les
entités consolidées et le service de consolidation de l’entité consolidante (tab. 12.4).

Tableau 12.4. Procédures applicables aux entités consolidée et consolidante

Entité consolidée Entité consolidante

• Plan comptable commun à l’ensemble du groupe • Méthodes de consolidation ;


(pour simplifier les retraitements) ; • Règles de consolidation (positions prises
• Règles d’évaluations ; sur les retraitements et sur l’élimination de
• Établissement de la liasse de consolidation ; profits internes) ;
• Calendrier des opérations. • Enregistrement des liasses de consolidation ;
• Contrôle des données saisies ;
• Relations avec l’audit externe et interne ;
• Organisation du service ;
• Moyens informatiques et techniques ;
• Règles de présentation des comptes
consolidés publiés.

358
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
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les savoirs les compétences l’épreuve

1 QCM
Pour chacune des questions suivantes, une seule réponse est possible. Justifiez votre choix.
1. Dans quel cas peut-on considérer qu’il n’y a pas augmentation du pourcentage
de participation dans une entreprise intégrée globalement ?
a. En cas d’acquisition de titres. ∙
b. En cas d’augmentation de capital avec acquisition de droits préférentiels
de souscription. ∙
c. En cas d’augmentation de capital avec cession d’un certain nombre de droits
de souscription. ∙
2. Dans quel cas peut considérer qu’il y a intégration globale d’une entreprise
précédemment consolidée par mise en équivalence ?
a. Lorsque l’on est passé d’une influence notable à un contrôle exclusif. ∙
b. Lorsque l’on est passé d’une influence notable à un contrôle conjoint. ∙
c. Lorsque, en normes françaises, on est passé d’un contrôle
conjoint à un contrôle exclusif. ∙
3. La société Alpha a une participation de 25 % dans la société Bêta. Elle fait l’acquisition
un an plus tard de 45 % de titres Bêta pour avoir une participation de 70 %.
Comment doit-on traiter, à la seconde acquisition, les écarts d’évaluation constatés
lors de la première acquisition ?
a. Ils sont ajoutés aux écarts d’évaluation constatés lors de la seconde acquisition. ∙
b. Ils ne sont pas modifiés. ∙
c. Ils sont remplacés par ceux constatés lors de la seconde acquisition. ∙
4. La société Alpha a une participation de 55 % dans la société Bêta. Elle fait l’acquisition
un an plus tard de 15 % de titres Bêta pour avoir une participation de 70 %. Comment
droit-on traiter, à la seconde acquisition, les écarts d’évaluation constatés
lors de la première acquisition ?
a. Ils sont ajoutés aux écarts d’évaluation constatés lors de la seconde acquisition. ∙
b. Ils ne sont pas modifiés. ∙
c. Ils sont remplacés par ceux constatés lors de la seconde acquisition. ∙
5. Dans la norme IAS 1 relative à la présentation des états financiers, est-il impossible ?
a. De compenser un actif ou un passif. ∙
b. De regrouper des éléments non significatifs de nature et de fonction similaires. ∙
c. De présenter des états financiers selon une méthode de comptabilité de trésorerie. ∙
6. Quelle ligne ne doit pas figurer dans la section « autres éléments du résultat global »
de l’état du résultat net et des autres éléments du résultat global ?
a. Les différences de change liées aux conversions des états financiers
des activités à l’étranger. ∙
b. Les profits sur réévaluations des immobilisations corporelles et incorporelles. ∙
c. Les profits sur cessions des immobilisations corporelles et incorporelles. ∙

359
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

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les savoirs les compétences l’épreuve

2 Mini-cas : augmentation du pourcentage d’intérêts dans une entreprise


intégrée globalement (normes françaises) ★★★

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
La société mère Jazz a acquis les titres suivants de la société Rap.
• Premier lot. Au début de l’exercice N, 70 % du capital pour 520 000 €. Les capitaux propres
de Rap étaient alors de 500 000 €. Des écarts d’évaluation ont été constatés sur des terrains
pour 120 000 € et sur des constructions pour 80 000 € (amortissables en 8 ans soit 10 000 €
par an). Les écarts d’acquisition s’amortiront en 5 ans.
• Second lot. Au milieu de l’exercice N+2, 20 % du capital pour 201 000 € alors que les capi-
taux propres de Rap s’élèvent à 780 000 € (Capital : 400 000 + Réserves : 300 000 + Résul-
tat : 80 000).
Les bilans à la fin de N+2 sont les suivants :
Bilan de Jazz

Titres Rap 721 000 Capital 800 000


Autres actifs (net) 279 000 Réserves 180 000
Résultat 20 000
1 000 000 1 000 000

Bilan de Rap

Actifs (nets) 830 000 Capital 400 000


Réserves 300 000
Résultat 130 000
830 000 830 000

1. Déterminez l’écart d’acquisition du lot 1.


2. Déterminez l’écart d’acquisition du lot 2.
3. Présentez les écritures de consolidation fin N+2.
4. Présentez le bilan consolidé fin N+2.
5. Présentez le compte de résultat consolidé fin N+2, sachant pour la société Jazz les produits
s’élèvent à 520 000 € et pour la société Rap les produits s’élèvent à 630 000 €. Tenez compte
d’un impôt sur le résultat de 25 %.

360
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

3 Mini-cas : intégration globale d’une entreprise précédemment


consolidée par équivalence (normes françaises) ★★★

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
La société Darling a acquis, début N–1, 40 % des titres de la société Lady pour 450 000 € alors que
les capitaux propres de Lady étaient de 1 100 000 €. Il n’y a pas d’écart d’évaluation. Les écarts
d’acquisition s’amortissent en 10 ans. La société Lady est mise en équivalence.
À la fin de l’année N, les bilans des sociétés Darling et Lady sont les suivants :
Bilan de Darling

Titres Lady 450 000 Capital 600 000


Autres actifs (net) 550 000 Réserves 340 000
Résultat 60 000
1 000 000 1 000 000

Bilan de Lady

Actifs (net) 1 400 000 Capital 1 000 000


Réserves 300 000
Résultat 100 000
1 400 000 1 400 000

Au milieu de l’exercice N+1, la société Darling acquiert 20 % des titres Lady pour 310 000 €. Le
résultat de Lady à cette date est de 50 000 € (produits 500 000, charges 450 000).
Les bilans de Darling et de Lady sont les suivants fin N+1.
Bilan de Darling

Titres Lady 760 000 Capital 600 000


Autres actifs (net) 240 000 Réserves 360 000
Résultat 40 000
1 000 000 1 000 000

Bilan de Lady

Actifs (net) 1 700 000 Capital 1 000 000


Réserves 400 000
Résultat 300 000
1 700 000 1 700 000

361
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

Le résultat de Darling se compose de 600 000 € de produits et 560 000 € de charges et le résul-
tat de Lady de 3 000 000 € de produits et 2 700 000 € de charges.
1. Calculez l’écart d’acquisition sur titres Lady au début N–1.
2. Présentez le bilan consolidé fin N.
3. Calculez l’écart d’acquisition sur titres Lady acquis au milieu de N+1.
4. Présentez les écritures de consolidation fin N+1.
5. Présentez le bilan consolidé fin N+1.
6. Présentez le compte de résultat consolidé fin N+1.

4 Mini-cas : déconsolidation faisant suite à une cession de titres (normes


françaises) ★★★

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
La société Abeille avait acquis, au début de l’exercice N–1, 60 % des titres de la société Bêta pour
480 000 €. Les capitaux propres de la société Bourdon étaient alors de 700 000 €. Il n’y avait
aucun écart d’évaluation. L’écart éventuel d’acquisition s’amortira en cinq ans.
Au milieu de l’exercice N+1, la société Abeille cède 40 % des titres Bourdon pour 440 000 € (rame-
nant sa participation à 20 %), alors que les bilans et les comptes de résultat sont les suivants :
Bilan d’Abeille

Titres F 480 000 Capital 600 000


Autres actifs (net) 520 000 Réserves 350 000
Résultat 50 000
1 000 000 1 000 000

Bilan de Bourdon

Actifs (net) 1 010 000 Capital 500 000


Réserves 450 000
Résultat 60 000
1 010 000 1 010 000

Compte de résultat d’Abeille

Charges 480 000 Produits 530 000


Résultat 50 000
530 000 530 000

362
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

Compte de résultat de Bourdon

Charges 740 000 Produits 800 000


Résultat 60 000
800 000 800 000

1. Présentez le bilan consolidé du groupe au 30 juin N+1 (avant cession).


2. Déterminez le résultat individuel de cession et présenter dans les comptes sociaux les écritures
correspondantes.
3. Déterminez le résultat consolidé de cession.
4. Déterminez la valeur d’équivalence des titres Bourdon.
5. Présentez les écritures de consolidation au 30 juin N (bilan et compte de résultat).
6. Présentez le bilan consolidé au 30 juin.

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les savoirs les compétences l’épreuve

5 Cas pratique : établissement d’un état du résultat net


et des autres éléments du résultat global ★★★ 45 min

Compétence visée Élaborer les documents de synthèse spécifiques aux comptes


consolidés
Vous êtes amené à présenter les comptes consolidés du groupe Hector. Vous avez déjà établi
l’état de situation financière.
La société Hector avait pris le 1er juillet N–5 une participation de 70 % du capital dans la société
Achille, laquelle a pris une participation le 1er juillet N–4 de 60 % dans la société Hélène, société
sise en Norvège.
Les balances du bilan et du compte de résultat (ayant servi à établir les comptes consolidés) (en
milliers d’euros) au 31 décembre N du groupe Hector ainsi que diverses informations complémen-
taires vous sont fournies dans les annexes. Les balances et les informations complémentaires ont été
établies en utilisant des numéros de comptes inspirés du PCG.

Travail à faire
1. Présentez l’état du résultat net consolidé du groupe Hector pour l’année N.
2. Présentez l’état du résultat net et des gains et pertes comptabilisés directement en ­capitaux
propres consolidés du groupe Hector pour l’année N.

363
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

Balance des comptes de bilan au 31 décembre N (extrait)


Annexe 1

N° Soldes Soldes
Intitulés des comptes
comptes débiteurs créditeurs
101 Capital 700 000
1041 Prime d’émission 175 000
106 Réserves 481 400
1071 Écart d’évaluation sur instruments financiers 31 600
1078 Écart de conversion 12 600
108 Intérêts minoritaires (capital et réserves) 254 400
109 Actions propres 100 000
120 Résultat de l’exercice (groupe) 160 000
128 Résultat de l’exercice (minoritaires) 80 000
100 000 1 895 000

Balance des comptes de résultat au 31 décembre N


Annexe 2

N° Soldes Soldes
Intitulés des comptes
comptes débiteurs créditeurs
120 Résultat de l’exercice (groupe) 160 000
128 Résultat de l’exercice (minoritaires) 80 000
601 Achats de matières premières 3 000 000
6031 Variation de stock de matières premières 30 000
6091 Rabais, remises et ristournes obtenus sur achats 20 000
610 Services extérieurs 140 000
620 Autres services extérieurs 200 000
630 Impôts, taxes et versements assimilés 90 000
641 Rémunérations du personnel 750 000
645 Charges de sécurité sociale et de prévoyance 300 000
648 Autres charges de personnel 80 000
650 Autres charges de gestion courante 30 000
657 Valeurs comptables des immobilisations 60 000
incorporelles et corporelles cédées
661 Charges d’intérêts 30 000
666 Pertes de change 15 000

364
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

N° Soldes Soldes
Intitulés des comptes
comptes débiteurs créditeurs
668 Autres charges financières 5 000
68111 Dotations aux amortissements 20 000
des immobilisations incorporelles
68112 Dotations aux amortissements 100 000
des immobilisations corporelles
6815 Dotations aux provisions d’exploitation 20 000
68161 Dotations aux dépréciations du goodwill 40 000
(écart d’acquisition)
68162 Dotations aux dépréciations des immobilisations 5 000
corporelles
6817 Dotations aux dépréciations de l’actif circulant 10 000
695 Impôts sur les bénéfices 70 000
698 Charges d’impôt différé 15 000
699 Produits d’impôt différé 5 000
701 Ventes de produits finis 5 000 000
71355 Variation de stocks produits finis 20 000
721 Production immobilisée (immobilisations 20 000
incorporelles)
750 Autres produits de gestion courante 15 000
755 Résultat des sociétés mises en équivalence 40 000
757 Produits des cessions d’immobilisations 75 000
incorporelles et corporelles
7621 Revenus des titres immobilisés 5 000
7626 Revenus des prêts 5 000
764 Revenus des valeurs mobilières de placement 10 000
766 Gains de change 5 000
768 Autres produits financiers 10 000
Totaux 5 240 000 5 240 000

365
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

Informations complémentaires
Annexe 3

En fin d’exercice, la société Hector a constaté une plus-value latente complémentaire de


15 000 k€ sur des instruments financiers évalués à la juste valeur par le biais des autres
éléments du résultat global en titres immobilisés. Elle avait comptabilisé les opérations
suivantes :

271 Titres immobilisés 15 000


1071 Écart d’évaluation sur instruments financiers 15 000
Écart d’évaluation

1071 Écart d’évaluation sur instruments financiers 3 750


1687 Impôts différés 3 750
15 000 × 25 %

Au moment de la conversion des actifs et passifs de la société Hélène, société norvégienne,


il a été dégagé au 31 décembre N, un écart de conversion (gain de change) de 30 000 k€.
Cet écart était de 20 000 k€ au 31 décembre N–1. Cet écart revient aux majoritaires pour
42 % (70 % × 60 %) et aux minoritaires pour 58 %.

6 Cas pratique : Changement de périmètre de consolidation


(normes internationales) ★★★  60 min

Compétences visées • Maîtriser le processus d’élaboration d’une consolidation


• Déterminer l’impact des retraitements de consolidation
• Enregistrer les opérations de consolidation
La société André, qui doit établir des comptes consolidés au 31 décembre N, a été créée en N–5 et
a réalisé les opérations suivantes qui ont modifié son périmètre de ­consolidation.
1. Augmentation du pourcentage dans une entreprise intégrée globalement
La société André avait acquis les titres suivants de la société Bernard :
– un premier lot a été acquis au début de l’exercice N–2 : 60 % pour 3 000 000 €. Les capi-
taux propres de Bernard étaient alors de 4 000 000 €, des terrains avaient été réestimés de
200 000 € et des constructions amortissables en 20 ans de 600 000 € ;
– un second lot (20 % pour 1 200 000 €) a été acquis au début de l’exercice N alors que les
capitaux propres étaient de 4 800 000 €, la valeur des terrains réestimés de 250 000 €, les
constructions de 700 000 €.
Au 31 décembre N, les capitaux propres de Bernard étaient de 5 400 000 €.

366
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

2. Intégration globale d’une entreprise précédemment consolidée par mise en é­ quivalence


La société André a fait l’acquisition en janvier N–3 de 30 % du capital de la société ­Christian
pour 900 000 € puis à la fin de l’année N, de 50 % du capital de Christian pour 2 000 000 €.
Les capitaux propres de Christian étaient au début de N–3 de 2 400 000 €, des terrains avaient
été réestimés de 200 000 € et des constructions amortissables en 20 ans de 400 000 €.
À la fin de l’année N, les capitaux propres de Christian étaient de 3 000 000 €, la valeur des
terrains réestimés de 250 000 € et les constructions réestimés de 500 000 €.
3. Augmentation de capital et diminution du pourcentage d’intérêt
La société André avait pris en N–3 une participation de 60 % du capital, soit 30 000 actions
de nominal à 50 € dans la société Denis, société au capital de 2 500 000 € (50 000 actions de
50 €). La valeur des titres acquis était alors de 2 100 000 €. Le 1er ­janvier N, la société Denis
a augmenté son capital par émission de 30 000 actions de nominal 50 € émises à 70 €. Au
31 décembre N, à partir des données des comptes consolidés, la valeur de la participation
d’André dans Denis est estimée à 2 400 000 € soit 80 € par action. La société André décide
de souscrire 24 000 actions nouvelles portant sa participation ainsi à
30 000 + 24 000
50 000 + 30 000
= 67,5 %. Pour cela, elle utilise ses 30 000 droits de souscription et acquiert 10 000 droits
(cinq droits pour trois actions nouvelles) supplémentaires auprès des action-
naires minoritaires de Christian. Ces droits sont négociés à leur valeur théorique soit
80 × 50 000 + 70 × 30 000
80 – = 3,75 €.
50 000 + 30 000
4. Déconsolidation suite à la cession de titres
La société André avait acquis en mars N–3 50 % du capital de la société Étienne pour 3 000 000 €.
Un écart d’évaluation sur les capitaux de Étienne avait alors été estimé à 2 000 000 € et un
écart d’acquisition avait alors été constaté pour 1 500 000 €.
La société André vend sa participation dans Étienne en septembre N pour 4 000 000 €.
Au moment de la cession, soit le 1er septembre N, le montant des capitaux propres retraités
selon les méthodes de consolidation dans la société Étienne (y compris les écarts d’évaluation
non amortis et l’écart d’acquisition) étaient les suivants :
Capital 4 000 000
Réserves 3 000 000
Résultat 400 000
7 400 000

Travail à faire
Analysez ces opérations et présenter les écritures de consolidation nécessaires au 31 décembre N
(normes IFRS, comptes sociaux en PCG).

367
SYNTHÈSE
Changements de périmètre et documents
de synthèse

Variation du pourcentage d’intérêts et du périmètre de consolidation


Analyse des opérations

• Types d’opération : acquisition de titres et augmentation de


capital (avec augmentation ou diminution du taux d’intérêt)
Augmentation
• Principe : les acquisitions complémentaires de titres ne remettent
du pourcentage
pas en cause les évaluations des actifs et passifs identifiés,
d’intérêts dans déterminées à la date de la prise de contrôle (dite date d’acquisition)
une entreprise • Spécificités : selon les normes internationales, nouveau calcul
intégrée des écarts d’acquisition et alignement des valeurs en proportion
globalement de la valorisation à la date d’acquisition ; selon les normes
françaises, addition des écarts d’acquisition

• Type d’opération : acquisition de titres d’une entité


Intégration précédemment évaluée par équivalence
globale dans • Principe : la date à laquelle les valeurs des actifs et des passifs
une entreprise identifiés, voire les écarts d’acquisition (en normes internationales),
précédemment ne peuvent plus être remis en cause est la date de prise de contrôle
consolidée par • Spécificités : selon les normes françaises, présentation séparée
équivalence des écarts d’acquisition ; selon les normes internationales,
intégration dans la valeur d’équivalence

• Types d’opération : cessions externes et internes


• Principe : divergence entre le résultat dégagé dans les comptes
Déconsolidation sociaux et le résultat dégagé dans les comptes consolidés
suivant une
• Spécificités : pour les cessions externes, distinction entre cessions
cession de titres totales et partielles ; neutralisation des profits sur certaines
cessions internes (ex. : cessions de stocks et d’immobilisations)

Documents de synthèse consolidés


Normes françaises Normes internationales

Références Règlement ANC 2020-01 IAS 1 § 10

• Bilan consolidé • État de la situation financière à la fin de la période


• Compte de résultat • État du résultat net et des autres éléments
consolidé du résultat global pour la période
États • Annexe consolidée • État des variations des capitaux propres
• Tableau des flux de trésorerie
• Notes résumant les principales méthodes
comptables et autres explications

368
PARTIE 3 : CAS DE SYNTHÈSE
COMPTES DE GROUPE

En janvier N–3, la SA Alpha, cotée sur Euronext Growth, a pris une participation de 30 % du
capital, pour 200 000 €, dans la SA Bêta. En janvier N, Alpha a repris une nouvelle participation
dans la même société pour 230 000 €.
La société Alpha avait également pris une participation, en janvier N–2, de 25 % dans la
société Gamma pour 160 000 €.
La société Bêta a été constituée en N–5 avec un capital de 500 000 €. Elle avait pris, en jan-
vier N–4, une participation de 40 % dans la SA Delta pour 150 000 €. La société Delta est une
société au capital de 300 000 €, créée en N–6, dont 30 % du capital est constitué d’actions à
dividendes prioritaires sans droit de vote.
La société Bêta a par ailleurs créé, en janvier N–4 avec la société Oméga, une société à contrôle
conjoint, la SA Epsilon au capital de 200 000 € dont elle possède 50 % des actions.
L’ensemble des sociétés du groupe ont programmé la clôture de leurs exercices au 31 décembre
de chaque année. On prendra un taux d’impôt sur les sociétés de 25 %.
Travail à faire

1. Précisez la composition des entités faisant partie du périmètre de consolidation de la société


Alpha au 31 décembre N–1, puis au 31 décembre N.
2. Présentez, au 31 décembre N, un tableau concernant l’ensemble des sociétés du groupe, en
précisant pour chacune d’entre elles le pourcentage de contrôle de la société Alpha, le pour‑
centage d’intérêts de la société Alpha, et les méthodes de consolidation retenues, le groupe
Alpha ayant opté pour la présentation de ses comptes consolidés conformément au règle‑
ment 2020‑01 de l’ANC. Indiquez quels auraient été les pourcentages d’intérêts si la société
Delta avait pris une participation de 5 % dans la société Alpha en N–4 pour 50 000 €.
3. En vous référant à l’annexe 2, présentez les opérations de préconsolidation du bilan et du
compte de résultat de la société Alpha.
4. En vous référant à l’annexe 3, présentez les opérations de consolidation du bilan et du compte
de résultat du groupe.
5. En vous référant à l’annexe 4, présentez les opérations de consolidation des écarts de première
consolidation au bilan des sociétés Bêta, Gamma, Delta, le groupe amortissant ses écarts d’ac‑
quisition en 10 ans.
6. En vous référant à l’annexe 1, présentez les écritures d’élimination ou de retraitement des titres
de participation des sociétés Bêta, Gamma, Delta et Epsilon.
7. Présentez les opérations de consolidation du compte de résultat de la société Gamma dans le
groupe.
8. En supposant que la société Alpha ait opté pour des comptes consolidés en normes internatio‑
nales, indiquez en quelques lignes les divergences essentielles que ce choix implique, dans les opé‑
rations analysées ci-avant, par rapport aux règles é­ dictées par le règlement 2020‑01 de l’ANC.
Vous définirez d’abord les concepts de monnaie étrangère, de monnaie fonctionnelle et de mon‑
naie de présentation.

369
PARTIE 3 : CAS DE SYNTHÈSE

Extrait du bilan de la société Alpha


Annexe 1

31.12.N–5 31.12.N

Capital 1 000 000 1 000 000

Réserves 120 000 360 000

Résultat 30 000 40 000

Extrait du bilan de la société Bêta

31.12.N–4 31.12.N–1 31.12.N

Capital 500 000 500 000 500 000

Réserves 50 000 80 000 150 000

Résultat 20 000 20 000 30 000

Extrait du bilan de la société Gamma

31.12.N–3 31.12.N

Capital 500 000 500 000

Réserves 40 000 180 000

Résultat 20 000 40 000

Extrait du bilan de la société Delta

31.12.N–5 31.12.N

Capital 300 000 300 000

Réserves 80 000 240 000

Résultat 40 000 60 000

Extrait du bilan de la société Epsilon

1.1.N–4 31.12.N

Capital 200 000 200 000

Réserves – 30 000

Résultat – 20 000

370
PARTIE 3 : CAS DE SYNTHÈSE

Opération de crédit-bail effectuée par la société Alpha


Annexe 2

er
Le 1 janvier N–1, la société Alpha a « acquis » grâce à une opération de crédit-bail
immobilier un immeuble à usage de bureaux d’une valeur estimée de – 600 000 €. Cet
immeuble serait amortissable en 50 ans et sa valeur résiduelle est estimée à 200 000 €.
La redevance payée chaque début de trimestre est de 20 000 € Le taux annuel équivalent
est de 6,136 %.

Opérations réalisées entre sociétés du groupe


Annexe 3

La société Bêta vend régulièrement des produits à la société Alpha. Au 31 décembre N,


la société Alpha a un stock provenant de la société Bêta estimé à 30 000 €. La marge
de Bêta sur ces produits est de 20 % du prix de vente. Ce stock était de 25 000 € au
31 décembre N–1. Au 31 décembre N, la société Alpha doit encore 50 000 € à la société
Bêta.
Par ailleurs, le 1er juillet N–1, la société Bêta avait fait l’acquisition auprès de la société
Alpha d’un matériel spécifique pour 120 000 €. Ce matériel avait été acquis par la
société Alpha, le 1er juillet N–5, pour 150 000 €. L’amortissement (sans valeur résiduelle)
était prévu en 10 ans. La société Bêta amortira le matériel acquis en 6 ans (sans valeur
résiduelle).

Détermination des écarts de première consolidation


Annexe 4

Au moment de l’acquisition des titres de participation par les sociétés du groupe, il a été
dégagé des plus-values latentes sur constructions amortissables en 20 ans :
– constructions Bêta en janvier N–3 : 40 000 € ;
– constructions Bêta en janvier N : 60 000 € ;
– constructions Gamma en janvier N–2 : 20 000 €.

371

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