Cours Dunod Conso
Cours Dunod Conso
7 Cadre légal et
réglementaire, périmètre,
méthodes et processus
de consolidation
PROGRAMME
PLAN DU CHAPITRE
Cours : 1. Cadre légal et réglementaire de la consolidation • 2. Détermination du périmètre
de consolidation • 3. Méthodes applicables • 4. Pourcentages de contrôle et d’intérêts •
5. Schéma de base du processus de consolidation • 6. Comptes combinés • 7. Consolidations
directe et par paliers
Des savoirs aux compétences : Évaluer les savoirs • Maîtriser les compétences • Préparer
l’épreuve
Synthèse
D ès que des activités industrielles, commerciales ou financières sont exercées par des filiales
d’une société, l’information donnée par les comptes annuels individuels peut s’avérer insuffi-
sante. Il est alors nécessaire de présenter des comptes consolidés donnant une image de la réalité
financière d’un groupe de sociétés.
MOTS-CLÉS
Activité conjointe • Coentreprise • Comptes combinés • Consolidation directe • Consolidation
par paliers • Contrôle • Contrôle conjoint • Contrôle exclusif • Entité associée • Entité ad hoc •
Filiale • Influence notable • Intégration globale • Intégration proportionnelle •
Intérêts minoritaires • Mise en équivalence • Partenariat • Périmètre de consolidation
• Plan comptable de consolidation • Pourcentage de contrôle • Pourcentage d’intérêts •
Société mère
1 Cadre légal et réglementaire de la consolidation
Définition
On appelle « groupe de sociétés » un ensemble de sociétés composé d’une société mère,
de filiales contrôlées exclusivement, de participations dans des coentreprises sous contrôle
conjoint et de participations dans des entités associées dans laquelle la société mère a une
influence notable.
B Code de commerce
1. Articles L. 233-16 à L. 233-28
Les articles L. 233‑16 à L. 233‑28 du Code de commerce, notamment amendés par l ’ordonnance
2015‑900 du 23 juillet 2015 qui adapte le droit national à la directive européenne du 26 juin
2013, précisent en particulier :
– que les sociétés doivent présenter des comptes consolidés et un rapport sur la gestion du
groupe dès lors qu’elles contrôlent de manière exclusive ou conjointe une ou plusieurs autres
entreprises ;
– ce que l’on entend par contrôle exclusif, contrôle conjoint, influence notable ;
187
– les méthodes de consolidation utilisables : intégration globale, intégration proportionnelle,
mise en équivalence ;
– les cas où une filiale ou une participation peuvent être laissées en dehors de la consolidation ;
– le contenu général des comptes consolidés : bilan, compte de résultat, annexe, et leurs quali-
tés recherchées : régularité, sincérité, image fidèle ;
– les règles générales d’évaluation des éléments consolidés ;
– le contenu du rapport de gestion ;
– l’obligation de contrôle par les commissaires aux comptes.
188
Tableau 7.1. Structure du règlement n° 2020-01 de ANC
189
Exemple
◗ En France, les sociétés dont les titres sont admis à la négociation sur le marché réglementé
doivent, depuis 2005, établir leurs comptes consolidés conformément aux normes internatio-
nales, les autres sociétés pouvant au choix, établir leurs comptes consolidés selon les normes
nationales ou selon les normes internationales. ◗
Déterminer le périmètre de consolidation d’un groupe, c’est préciser quelles sont les sociétés
consolidables et les sociétés non consolidables.
Les règles édictées par les articles L. 233‑16 à L. 233‑28, R. 233‑3 à R. 233‑16 du Code de com-
merce et par le règlement 2020-01 de l’ANC ne sont pas très différentes des normes comptables
internationales, à l’exception des entités sous contrôle conjoint. Le vocabulaire est cependant par-
fois différent.
190
1. Contrôle exclusif
Règlement 2020-01 de l’ANC, art. 211-3
■ Le contrôle exclusif est le pouvoir de diriger les politiques financière et opérationnelle d’une
entité afin de tirer avantage de ses activités. Il résulte :
– soit de la détention directe ou indirecte de la majorité des droits de vote dans une autre entité ;
– soit de la désignation, pendant deux exercices successifs de la majorité des membres des
organes d’administration, de direction ou de surveillance d’une autre entité ; l’entité consoli-
Définition
Est dite entité ad hoc une structure juridique distincte, créée spécifiquement pour gérer une
opération ou un groupe d’opérations similaires pour le compte d’une autre entité.
L’entité ad hoc est structurée ou organisée de manière telle que son activité n’est en fait exer-
cée que pour le compte de cette entité, par mise à disposition d’actifs ou fourniture de biens,
de services ou de capitaux. En normes françaises comme en normes internationales, une
entité ad hoc est comprise dans le périmètre de consolidation dès lors qu’une ou plusieurs
entreprises contrôlées ont en substance en vertu de contrats, d’accords, de clauses statu-
taires, le contrôle de ladite entité.
2. Contrôle conjoint
Règlement 2020-01 de l’ANC, art. 211-4
Le contrôle conjoint est le partage du contrôle d’une entité exploitée en commun par un
nombre limité d’associés ou d’actionnaires, de sorte que les politiques financière et opération-
nelle résultent de leur accord.
Deux éléments sont essentiels à l’existence d’un contrôle conjoint :
■ Un nombre limité d’associés ou d’actionnaires partageant le contrôle ; le partage du contrôle sup-
pose qu’aucun associé ou actionnaire n’est susceptible à lui seul de pouvoir exercer un contrôle
exclusif en imposant ses décisions aux autres ; l’existence d’un contrôle conjoint n’exclut pas la
présence d’associés ou d’actionnaires minoritaires ne participant pas au contrôle conjoint ;
191
■ Un accord contractuel qui :
– prévoit l’exercice du contrôle conjoint sur l’activité économique de l’entité exploitée en
commun ;
– établit les décisions qui sont essentielles à la réalisation des objectifs de l’entreprise exploi-
tée en commun et qui nécessitent le consentement de tous les associés ou actionnaires
participant au contrôle conjoint.
Trois conditions s’imposent au contrôle conjoint :
– l’existence d’un contrôle ;
– le partage du contrôle par un nombre limité d’associés ou d’actionnaires ;
– une prise de décision en commun.
3. Influence notable
Règlement 2020-01 de l’ANC, art. 211-5
L’influence notable est le pouvoir de participer aux politiques financière et opérationnelle d’une
entité sans en détenir le contrôle. L’influence notable peut notamment résulter d’une représentation
dans les organes de direction ou de surveillance, de la participation aux décisions stratégiques, de
l’existence d’opérations interentités importantes, de l’échange de personnel de direction, de liens
de dépendance technique. L’influence notable sur les politiques financière et opérationnelle d’une
entreprise est présumée lorsque l’entité consolidante dispose, directement ou indirectement, d’une
fraction au moins égale à 20 % des droits de vote de cette entité.
L’influence notable requiert les conditions suivantes :
– représentation dans les organes de direction ou de surveillance, participation aux décisions
stratégiques, existence d’opérations interentreprises importantes, échange de personnel de
direction, liens de dépendance technique ;
– présomption d’influence notable lorsque l’entité consolidante dispose, directement ou indi-
rectement, d’une fraction au moins égale à 20 % des droits de vote.
192
– lorsque les actions ou parts d’une filiale ou participation ne sont détenues qu’en vue de leur
cession ultérieure ;
– lorsqu’une filiale ou une participation ne représente, seule ou avec d’autres, qu’un intérêt
négligeable par rapport à l’objectif d’image fidèle ;
– lorsque les informations nécessaires à l’établissement des comptes consolidés ne peuvent
être obtenues sans frais excessifs ou dans des délais compatibles.
Le premier cas n’est applicable que par les sociétés qui n’émettent pas des valeurs mobilières admises
aux négociations sur un marché réglementé ou des titres de créances négociables. Le second cas ne
peut s’appliquer dès lors qu’une entreprise liée au groupe est une entité d’intérêt public (établisse-
1. La notion de contrôle
Définition
Le contrôle d’une entité faisant l’objet d’un investissement est ainsi défini (IFRS 10 annexe
A) : « Un investisseur contrôle une entité faisant l’objet d’un investissement lorsqu’il est
exposé ou qu’il a droit à des rendements variables en raison de ses liens avec l’entité faisant
l’objet d’un investissement et qu’il a la capacité d’influer sur ces rendements du fait du pou-
voir qu’il détient sur celle-ci. »
Le contrôle comporte trois critères nécessaires caractérisant les liens entre l’entité détentrice pré-
sentant ses comptes consolidés et l’entité détenue susceptible d’être incluse dans le périmètre
de consolidation. Ces trois critères sont le pouvoir, l’exposition à la variabilité des rendements de
l’entité détenue et la capacité d’utiliser le pouvoir pour influencer le montant des rendements :
• Le pouvoir est défini par l’IFRS 10 (§ 10). Un investisseur détient le pouvoir sur une entité
émettrice lorsqu’il a des droits effectifs qui lui confèrent la capacité actuelle de diriger les
activités pertinentes, à savoir les activités qui ont une incidence importante sur les rende-
193
ments de l’entité émettrice. Le pouvoir peut être conféré par les droits de vote ou résulter de
circonstances où les droits de vote ne sont pas déterminants. Le pouvoir par les droits de vote
n’implique pas que la majorité absolue de ceux-ci soit détenue. Une majorité relative est suf-
fisante dans de nombreux cas de figure, par exemple lorsque les autres actionnaires sont très
dispersés et qu’il est peu vraisemblable qu’ils se coalisent pour prendre le pouvoir. En outre,
les droits de vote potentiels peuvent être pris en compte à condition qu’ils soient exerçables
et substantifs. Le pouvoir peut aussi être obtenu par des moyens autres que les droits de vote,
en particulier lorsque ceux-ci ne s’exercent pas sur les activités pertinentes. Il en est ainsi du
droit de désigner et de révoquer la direction générale de la cible, des droits de désigner ou de
révoquer l’entité qui dirige les activités pertinentes de la cible, des droits de décider la cible
à conclure des opérations à l’avantage de l’entité, des droits à prendre des décisions figurant
dans un contrat de direction générale. Il est ainsi notamment dans nombre des entités ad hoc.
Les droits détenus dans une cible doivent être substantiels, c’est-à-dire que l’entité doit être
en mesure de les exercer effectivement. Si l’exercice des droits est soumis à des restrictions
qui sont dissuasives, ces droits seront considérés comme non substantiels.
• Le pouvoir doit aussi permettre d’agir sur le montant des rendements (le terme « rende-
ments » s’entendant de façon large). Ce peut être la perception de dividendes, d’intérêts, de
commissions versés par la cible, l’évolution de la valeur de l’investissement de l’entité dans
la cible, le boni de liquidation de la cible, des avantages auxquels l’entité est seule à pouvoir
accéder, tels que les synergies entre les actifs de l’entité et ceux de la cible (réalisation d’éco-
nomies d’échelle, réduction de coûts, etc.). Un rendement peut être positif ou négatif. Il faut
que l’investisseur puisse exercer son pouvoir issu des liens qu’il a sur une entité pour influer
sur le montant des rendements de cette entité.
• Le troisième pilier de la définition du contrôle repose sur la détermination de la nature du lien
existant entre l’entité qui dispose du pouvoir dans la cible et les résultats de celle-ci. L’entité
qui dispose du pouvoir et agit pour son propre compte détient le contrôle de la cible tandis
que celle qui dispose du pouvoir pour le compte d’un mandant ne contrôle pas la cible.
Si une entité (un investisseur) détient, directement ou indirectement (ex. : par le biais de filiales),
20 % ou davantage des droits de vote dans l’entité détenue, il est présumé avoir une influence
notable, sauf à démontrer clairement que ce n’est pas le cas. Inversement, si l’entité détient,
directement ou indirectement (ex. : par le biais de filiales), moins de 20 % des droits de vote
dans l’entreprise détenue, il est présumé ne pas avoir d’influence notable, sauf à démontrer
clairement que cette influence existe. L’existence d’une participation importante ou majoritaire
d’une autre entité n’exclut pas nécessairement que l’entité ait une influence notable.
L’existence de l’influence notable d’une entité est habituellement mise en évidence par une ou
plusieurs des situations suivantes :
– représentation au Conseil d’administration ou à l’organe de direction équivalent de l’entre-
prise détenue ;
194
– participation au processus d’élaboration des politiques, et notamment participation aux déci-
sions relatives aux dividendes et autres distributions ;
– transactions significatives entre l’investisseur et l’entreprise détenue ;
– échange de personnels dirigeants ;
– fourniture d’informations techniques essentielles.
L’IFRS 11 emprunte beaucoup à l’IFRS 10. Elle partage avec celle-ci les deux notions essentielles
de pouvoir et d’activités pertinentes, ainsi que les liens avec les rendements qui découlent de
ce pouvoir. La différence est que l’exercice de ce pouvoir sur les activités pertinentes exige le
consentement unanime des parties signataires de l’accord.
NOTRE CONSEIL
Pour distinguer les activités conjointes et les entités sous contrôle conjoint (coentreprises), indépendam-
ment de la forme juridique, vérifiez si les coentrepreneurs ont des droits sur tout ou partie des actifs et
passifs faisant l’objet de l’accord et des charges ou des produits qui en découlent (pour les activités com-
munes) ou bien s’ils n’ont des droits que sur l’actif résiduel (pour les coentreprises).
Exemple
◗ Les sociétés anonymes Alpha et Bêta ont créé une société à responsabilité limitée Gamma en vue
d’effectuer des opérations en commun et d’y exercer un contrôle conjoint. Elles ont apporté cha-
cune en capital une somme de 100 000 €, à charge pour la société Gamma de réaliser les investis-
sements nécessaires. Il est prévu qu’au moment de la dissolution de la société Gamma, l’actif net
résiduel sera réparti égalitairement entre les deux sociétés constituantes.
Par ailleurs, les sociétés Alpha et Bêta ont créé une société en participation Delta régie par
les articles 1871 à 1873 du Code civil. Cette société n’a pas la personnalité morale et pour son
fonctionnement les sociétés Alpha et Bêta ont fait des apports de biens et d’espèces qu’ils
reprendront lors de la dissolution de la société.
Dans le premier cas, la société Gamma est une coentreprise.
Dans le second cas, la société Delta est une activité conjointe. ◗
195
4. Exceptions à l’obligation de consolidation
Quelques exceptions à l’obligation de consolidation sont précisées par l’IFRS 10.
IFRS 10 § 4
■ « Une société mère n’est pas tenue de présenter des états financiers consolidés si toutes les
conditions suivantes sont remplies :
a) il s’agit d’une filiale entièrement détenue, ou encore d’une filiale partiellement détenue par
une autre entité et tous ses autres propriétaires, y compris ceux qui ne sont généralement
pas habilités à voter, ont été informés que la société mère ne présente pas d’états financiers
consolidés et ne s’y opposent pas ;
b) ses instruments de dette ou de capitaux propres ne sont pas négociés sur un marché organisé
(une bourse des valeurs nationale ou étrangère ou un marché de gré à gré, y compris un mar-
ché local ou régional) ;
c) elle n’a pas déposé, et n’est pas en voie de déposer, ses états financiers auprès d’une autorité
de réglementation des valeurs mobilières ou d’une autre autorité de réglementation, aux fins
d’émettre des instruments d’une catégorie quelconque sur un marché organisé ;
d) sa société mère ultime ou l’une de ses sociétés mères intermédiaires produit des états finan-
ciers consolidés mis à la disposition du public, qui sont conformes aux normes IFRS.
Il ne faut pas intégrer aux états financiers consolidés les régimes d’avantages postérieurs à
l’emploi ou d’autres avantages à long terme pour lesquels s’applique l’IAS 19 « Avantages
du personnel » ( chapitre 6).
L’IFRS 10 ne s’applique pas non plus (IFRS 10 § 4 A) aux régimes d’avantages postérieurs à l’em-
ploi et aux régimes d’avantages à long terme ( chapitre 6), ni aux entités d’investissement, les-
quelles doivent évaluer leurs participations dans des filiales à la juste valeur par le biais du résultat
(IFRS 10 § 31).
Pour qu’une entité soit une entité d’investissement, elle doit comporter les trois caractéris-
tiques suivantes :
– elle doit lever des fonds auprès d’un ou de plusieurs investisseurs afin de leur fournir un service
de gestion d’actifs ;
– elle s’engage auprès des investisseurs à ce que son activité d’investissement ait pour finalité
la réalisation de plus-values, l’obtention de revenus (dividendes ou intérêts) ou les deux à la
fois ;
– elle évalue et apprécie les performances de ses investissements sur la base de leur juste valeur.
Les cas d’exclusion de la consolidation sont extrêmement rares dans l’IFRS 10.
Exemple
◗ Une filiale n’est pas exclue du périmètre de consolidation lorsque ses activités sont dis-
semblables de celles des autres entités du groupe. Si lors de l’acquisition, une filiale (ou une
coentreprise) satisfait aux critères lui permettant d’être classée comme détenue en vue de
la vente selon IFRS 5 « Actifs non courants détenus en vue de la vente et activités abandon-
nées », elle doit être comptabilisée selon cette dernière norme (évaluation au montant le plus
bas entre sa valeur comptable et sa juste valeur diminuée des coûts de vente). ◗
MINI-CAS 2
196
3 Méthodes applicables
A Selon les normes françaises
Le règlement 2020-01 de l’ANC précise (comme l’article L. 233‑18 du Code de commerce)
que les comptes des entités placées sous le contrôle exclusif de l’entité consolidante sont
consolidés par intégration globale, les comptes des entités contrôlées conjointement avec
d’autres actionnaires ou associés par l’entité consolidante sont consolidés par intégration
proportionnelle et les comptes des entités sur lesquelles l’entité consolidante exerce une
1. Intégration globale
Règlement 2020-01 de l’ANC, art. 221-2
■ L’intégration globale consiste à :
– intégrer dans les comptes de l’entité consolidante les éléments des comptes des entités
consolidées, après retraitements éventuels ;
– répartir les capitaux propres et le résultat entre les intérêts de l’entité consolidante et les
intérêts des autres actionnaires ou associés dits « intérêts minoritaires » ;
– éliminer les opérations et comptes entre l’entité intégrée globalement et les autres entités
comprises dans le périmètre de consolidation.
2. Intégration proportionnelle
Règlement 2020-1 de l’ANC, art. 221-3
■ L’intégration proportionnelle consiste à :
– intégrer dans les comptes de l’entité consolidante la fraction représentative de ses intérêts
dans les comptes de l’entité consolidée, après retraitements éventuels ; aucun intérêt mino-
ritaire n’est donc constaté ;
– éliminer les opérations et comptes entre l’entreprise intégrée proportionnellement et les
autres entités comprises dans le périmètre de consolidation.
197
3. Mise en équivalence
Règlement 2020-01 de l’ANC art. 221-4
■ La mise en équivalence appliquée aux titres détenus par les entités sous influence notable
consiste à :
– substituer à la valeur comptable des titres détenus, la quote-part des capitaux propres, y com-
pris le résultat de l’exercice, déterminés conformément aux méthodes comptables appliquées
dans les comptes consolidés ;
– éliminer les opérations et comptes entre l’entité mise en équivalence et les autres entités
comprises dans le périmètre de consolidation.
Coentreprises
Contrôle Activités
et entités
exclusif conjointes
associées
Consolidation Mise en
Consolidation
partielle équivalence
1. Consolidation
Définition
La consolidation consiste à combiner les éléments semblables d’actifs, passifs, capitaux
propres, produits, charges et flux de trésorerie de la société mère avec ceux de ses filiales.
Afin que les états financiers consolidés présentent l’information financière du groupe (actifs,
passifs, capitaux propres, produits, charges, flux de trésorerie) comme celle d’une entité éco-
nomique unique, les étapes ci-dessous sont alors suivies (comme dans le cas de l’intégration
globale en normes françaises) :
• Les éléments semblables de la mère et des filiales sont totalisés ligne par ligne.
• La valeur comptable de la participation de la société mère dans chaque filiale et la quote-part
de la société mère dans les capitaux propres de chaque filiale sont éliminées.
• Les actifs, passifs, capitaux propres, produits, charges, flux de trésorerie relatifs aux transac-
tions entre entités du groupe sont éliminés.
• Les intérêts minoritaires (appelés « participations ne donnant pas le contrôle ») dans le résul-
tat et l’actif net des filiales consolidées sont identifiés séparément des capitaux propres et du
résultat de la société mère.
198
2. Mise en équivalence
Définition
La méthode de la mise en équivalence consiste à comptabiliser initialement la participation
au coût et à l’ajuster par la suite pour prendre en compte les changements de la quote-part de
l’investisseur dans l’actif net de l’entité émettrice qui surviennent postérieurement à l ’acquisition.
3. Consolidation partielle
Définition
La consolidation partielle est une méthode de comptabilisation selon laquelle la quote-
part d’une activité conjointe dans chacun des actifs, passifs, produits et charges de l’entité
contrôlée conjointement est regroupée, ligne par ligne, avec les éléments similaires dans les
états financiers de l’entité assumant le contrôle conjoint.
IFRS 11 (§ 20)
■ Le coparticipant doit comptabiliser les éléments suivants relativement à ses intérêts dans une
activité conjointe :
– ses actifs, y compris sa quote-part des actifs détenus conjointement, le cas échéant ;
– ses passifs, y compris sa quote-part des passifs assumés conjointement, le cas échéant ;
– les produits qu’il a tirés de la vente de sa quote-part de la production générée par l’activité
conjointe ;
– sa quote-part des produits tirés de la vente de la production générée par l’activité conjointe ;
– les charges qu’il a engagées, y compris sa quote-part des charges engagées conjointement,
le cas échéant.
Tableau 7.2. Méthodes de consolidation utilisées par les normes IFRS et les normes françaises
MINI-CAS 2 • MINI-CAS 3
199
4 Pourcentages de contrôle et d’intérêts
Définitions
• Le pourcentage de contrôle représente le pourcentage de droits de vote (ou de droits d’exer-
cer une influence dominante en vertu d’un contrat ou de clauses statuaires) que peut avoir la
société consolidante, soit directement, soit indirectement sur une filiale ou une participation.
• Le pourcentage d’intérêts représente la quote-part du patrimoine de la filiale ou de la parti-
cipation que possède la société consolidante ; le pourcentage de contrôle et le pourcentage
d’intérêts de la société consolidante sur une filiale ou une participation peuvent être différents.
Actions
A Autres
de préférence
20 %
40 % 40 %
200
pas l’exercice ou la conversion possibles des droits de vote potentiels. Le pourcentage de
contrôle de A sur B serait donc de 60 %.
Au contraire, pour le calcul du pourcentage de contrôle en normes IFRS, il faut tenir compte
des droits de vote potentiels attachés aux obligations convertibles en actions : le pourcentage
de contrôle de A sur B est donc de (60 + 20 × 50 %) / (100 + 20) = 58,33 %.
Le pourcentage d’intérêts de A sur B serait de 60 % (en normes françaises, comme en normes
internationales). ◗
Exemple 3
30 % 60 %
A B C
Exemple 4
◗ Une société A possède 60 % des actions d’une société B, laquelle possède 30 % des actions
du capital d’une société C : il n’y a pas d’actions sans droit de vote.
60 % 30 %
A B C
Exemple 5
◗ Une société A possède 80 % des actions d’une société B, laquelle possède 60 % des actions
d’une société C, laquelle possède 70 % des actions d’une société D, laquelle possède 10 % des
actions de la société B : il n’y a pas d’actions sans droit de vote.
80 % 60 % 70 %
A B C D
10 %
201
5 Schéma de base du processus de consolidation
Le processus de consolidation se présente comme suit (fig. 7.3).
NORMES FRANÇAISES
202
NORMES INTERNATIONALES (HORS ACTIVITÉS CONJOINTES)
Comptes sociaux
Comptes sociaux Comptes sociaux
des coentreprises
de la société mère des filiales
et entités associées
Retraitement Retraitement
203
1. Caractéristiques des données de base
Les comptes consolidés sont établis à une date qui est généralement la date de clôture des
comptes de l’entité consolidante.
Date d’élaboration. En normes françaises (Code de commerce, art. L. 233‑25), sous réserve
de justifier ce choix dans l’annexe, les comptes consolidés peuvent être établis à une date dif-
férente de celle des comptes annuels de la société consolidante, à condition que cette date
soit retenue par la majorité des entreprises comprises dans la consolidation pour leurs comptes
sociaux.
En normes internationales, selon l’IFRS 10 (§ B 92 et 93), les états financiers de la société mère
et de ses filiales utilisés pour l’établissement des états financiers consolidés doivent être établis
à la même date dite de « reporting ». Lorsque les dates de reporting de la société mère et d’une
filiale sont différentes, la filiale prépare, pour les besoins de la consolidation, des états financiers
supplémentaires à la même date que les états financiers de la société mère, à moins que cela ne
soit impossible à faire.
Homogénéité. Les états financiers consolidés doivent être établis en utilisant des méthodes
comptables uniformes pour des transactions et autres événements semblables dans des cir-
constances similaires. Le principe d’homogénéité à respecter lors de l’élaboration des comptes
consolidés porte à la fois sur l’évaluation et la présentation de l’ensemble des éléments du bilan,
du compte de résultat ainsi que des informations fournies dans l’annexe. Ce principe suppose
que soit défini un plan comptable de consolidation fixant les règles et méthodes d’évaluation
et de classement retenues au niveau des comptes consolidés (ex. : retraitements chapitres 8
et 9).
Rendez-vous
MÉTHODE
Préparer un bilan et un compte de résultat consolidés
Il est souhaitable, dans la mesure où l’on désire séparer la préparation du bilan consolidé
de la préparation du résultat consolidé, de ne prendre en compte, pour le bilan que les
comptes de bilan de la balance (avec un compte « Résultat ») et pour le compte résultat
que les comptes de charges et de produits de la balance (avec un compte « Résultat »
représentant le solde). Les deux comptes de « Résultat », celui du bilan et celui du compte
de résultat, doivent être réciproques.
204
B Ajustements, retraitements et éliminations
Après avoir établi un bilan ou un compte de résultat cumulé (ou une balance) il est nécessaire
d’effectuer un certain nombre d’ajustements, de retraitements, d’éliminations de comptes réci-
proques avant d’obtenir les comptes consolidés.
Ces opérations peuvent se réaliser en effectuant de simples additions ou soustractions soit
en enregistrant des écritures comptables. Dans la suite de notre exposé, nous utiliserons la
méthode des écritures comptables.
Dans les écritures comptables, les écritures du bilan, comme précédemment évoqué pour le
Il est également possible, et c’est la méthode que nous utiliserons par la suite, d’user du compte
« Résultat » comme d’un compte de liaison entre les opérations enregistrées dans un journal
conduisant à l’établissement du bilan consolidé et des opérations enregistrées dans un journal
conduisant à l’établissement du compte de résultat consolidé.
Résultat 1 000
Amortissement des immobilisations 1 000
Dotation complémentaire
205
Rendez-vous
MÉTHODE
Choisir et justifier les écritures comptables
• Nous utilisons systématiquement pour les participations minoritaires le compte
« Intérêts minoritaires sur capital et réserves » pour les éléments concernant le
capital et les réserves et le compte « Intérêts minoritaires sur résultat » pour les
éléments concernant le résultat. Nous aurions pu utiliser plus simplement « Intérêts
minoritaires » et « Résultats minoritaires ».
• Nous distinguons toujours, dans les écritures conduisant au bilan, les « Intérêts
minoritaires sur capital et réserves » et les « Intérêts minoritaires sur résultat ». Nous
ne faisons en revanche pas la distinction dans les écritures conduisant au résultat (la
séparation entre le résultat attribué à la société mère et le résultat attribué aux intérêts
minoritaires pouvant être effectuée à partir des écritures réciproques conduisant au
bilan).
En IFRS, dans l’état de situation financière, l’ensemble des intérêts minoritaires est
inscrit dans le poste « capitaux propres attribuables aux participations ne donnant pas le
contrôle » ( chapitre 4). Même lorsque des opérations seront enregistrées en normes
IFRS, nous utiliserons toujours (par mesure de simplification) le vocable « Intérêts
minoritaires » (sur capital et réserves ou sur le résultat) » plutôt que le vocable « Capitaux
propres (ou résultats) attribuables aux participations ne donnant pas le contrôle ».
Exemple
◗ Exemple simple d’établissement de comptes consolidés
Remarque préliminaire : cet exemple simple vise à offrir une vue d’ensemble des opérations
conduisant à l’établissement d’un bilan et d’un compte de résultat consolidés à partir de comptes
sociaux homogènes ( chapitre 11).
La société Alpha, société anonyme au capital de 10 000 k€ a pris une participation dans les
sociétés Bêta, Gamma et Delta au moment de la constitution desdites sociétés. Compte tenu
de la taille du groupe, elle utilise les règles françaises relatives aux comptes consolidés. Cette
participation est de 75 % dans la société Bêta, de 50 % dans la société Gamma (la société
Alpha partage le contrôle de la société Gamma avec la société Oméga) et de 25 % de la
société Delta. La société Bêta sera intégrée globalement, la société Gamma intégrée propor-
tionnellement et la société Delta mise en équivalence.
Après retraitements d’homogénéité, les bilans et comptes de résultat (extrêmement simpli-
fiés) des sociétés Alpha, Bêta, Gamma et Delta se présentent comme suit (en k€) :
206
Bilan de la société Alpha
207
Compte de résultat de la société Bêta
Pour l’établissement du bilan et du compte de résultat cumulés, il est possible de passer les
écritures suivantes ou de présenter les tableaux suivants :
208
Actifs non courants 10 000
Actifs courants 13 000
Capital Bêta 8 000
Réserves Bêta 3 000
Résultat Bêta 1 000
Passifs non courants 6 000
Passifs courants 5 000
Reprise bilan société Bêta
NOTRE CONSEIL
Le PCG (règlement 2014-03 de l’ANC art. 111-1) s’applique en France « à toute personne physique ou morale
soumise à l’obligation légale d’établir des comptes annuels comprenant le bilan, le compte de résultat et une
annexe ». Il comprend une liste de comptes (art. 932-1) avec une numérotation spécifique pour chaque compte.
En comptes consolidés, que ce soit en normes françaises (règlement 2020‑01 de l’ANC) ou en normes interna-
tionales, il n’existe pas de disposition équivalente. La numérotation des comptes utilisés est donc libre. C’est
pourquoi, dans cet ouvrage, pour ce qui concerne les écritures comptables relatives à la consolidation, nous
n’avons pas présenté d’informations relatives à la numérotation de comptes.
Établissement du bilan cumulé : tableau
209
Établissement du compte de résultat cumulé : écritures
Totaux
Société
Société Société (compte
Gamma
Alpha Bêta de résultat
(50 %)
cumulé)
Charges d’exploitation 19 000 11 500 5 200 35 700
Charges financières 1 300 2 000 800 4 100
Charges
210
Pour passer du bilan cumulé et du compte de résultat cumulé au bilan et au compte de résul-
tat consolidés, il y a lieu d’enregistrer les écritures suivantes.
Résultat 250
Quote-part des résultats des sociétés mises en 250
équivalence
Quote-part résultat société Delta
211
Bilan et compte de résultats consolidés
On obtiendra donc enfin les bilans et compte de résultats consolidés suivants :
Bilan consolidé du groupe Alpha
212
6 Comptes combinés
Les entités qui constituent un ensemble, mais dont la cohésion ne résulte pas de liens de partici-
pation (et qui ne sont pas, de ce fait, en mesure d’établir des comptes consolidés), peuvent pré-
parer des comptes combinés afin de présenter les comptes de cet ensemble comme si celui-ci
était formé d’une seule entité.
Des comptes combinés peuvent être établis, notamment dans les situations suivantes :
– entités dirigées par la même personne ou un même groupe de personnes ayant des intérêts
communs ;
Exemple
◗ Supposons que la société Alpha qui possède 80 % du capital de la société Bêta laquelle pos-
sède 60 % du capital de la société Gamma. Le pourcentage d’intérêts d’Alpha sur Gamma est
de 80 % × 60 % = 48 %.
213
Dans le cadre d’une consolidation directe, l’écriture de retraitement de la société Gamma fera
ressortir 48 % des capitaux propres et du résultat reviennent directement à la société mère
Alpha alors que 52 % des capitaux propres et du résultat reviennent aux intérêts minoritaires.
Dans le cadre d’une consolidation par paliers, la même écriture de retraitement fera d’abord
ressortir que 60 % des capitaux propres et du résultat de la société Gamma reviennent à la
société Bêta (et devront ensuite être répartis entre Alpha et les minoritaires de Bêta) et 40 %
des mêmes capitaux propres et du résultat reviennent aux minoritaires.
Si les capitaux propres (résultat non compris) de Bêta sont de 1 000 000 € et ceux de Gamma
de 800 000 €, si les résultats de Bêta et de Gamma sont respectivement de 100 000 € et de
80 000 € et que les titres aient été acquis respectivement pour 600 000 € et 400 000 €, on
aurait les écritures de consolidation suivantes.
Consolidation directe
Dans la consolidation directe, pour déterminer le montant des capitaux propres revenant
directement à la société mère, il convient de multiplier les capitaux propres de la filiale par le
pourcentage d’intérêts de la mère sur ladite filiale et soustraire le produit de la valeur d’acqui-
sition des titres par le pourcentage d’intérêts de la mère sur le propriétaire de ces titres. On
prend le complément pour les intérêts minoritaires. Ainsi, dans cet exemple, pour répartir les
capitaux propres de Gamma, on multiplie les capitaux propres de Gamma par le pourcentage
d’intérêts d’Alpha, la société mère dans Gamma (soit 48 %), et on retire le produit de la valeur
d’acquisition des titres par le pourcentage d’intérêts de la société mère dans la société Bêta
qui possède les titres Gamma (soit 80 %).
214
Comme il n’y a pas d’intérêt du groupe sur Alpha, on a déduit la totalité de la valeur des
titres Bêta possédés par Alpha (soit 100 %).
Dans la, consolidation par paliers, les effets de la répartition des capitaux propres de la
sous-filiale (ici société Gamma) sont ajoutés aux capitaux propres à répartir de la filiale (ici
société Bêta) qui sont ensuite répartis entre la société mère (ici société Alpha) et les intérêts
minoritaires.
Si la méthode de consolidation par paliers est plus facile à appliquer, nous avons toutefois
choisi, dans cet ouvrage, de présenter les opérations de consolidation selon la méthode
directe, plus souvent utilisée en pratique. Le programme de l’UE4 du DSCG impose cette
dernière méthode.
Les deux méthodes donnent bien entendu les mêmes situations consolidées :
• Capitaux propres d’Alpha 264 000
• Intérêts minoritaires sur capital et réserves 536 000
• Résultat d’Alpha 118 400
• Intérêts minoritaires sur résultat 61 600
En matière de consolidation du compte de résultat, les deux méthodes conduisent aux mêmes
écritures. ◗
215
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Évaluer Maîtriser Préparer
les savoirs les compétences l’épreuve
1 QCM
Pour chacune des questions suivantes, une seule réponse est possible. Justifiez votre choix.
1. Pour l’établissement des comptes consolidés des sociétés françaises cotées à Euronext
Paris et faisant partie du CAC 40, quelles sont les normes comptables applicables ?
a. Les normes IAS 27, IAS 28, IFRS 3, 10, 11 et 12. ∙
b. Toutes les normes IFRS. ∙
c. Les normes IFRS qui ont été approuvées par l’Union européenne. ∙
2. Qu’est-ce que le contrôle selon l’IFRS 10 ?
a. Le fait que les activités de l’entité faisant l’objet d’un investissement ont une incidence
importante sur ses rendements. ∙
b. Le fait qu’un investisseur est exposé ou qu’il a droit
à des rendements variables sur un investissement en raison
de ses liens avec l’entité faisant l’objet d’un investissement,
et qu’il a la capacité d’influer sur ces rendements
du fait du pouvoir qu’il détient sur celle-ci. ∙
c. Le fait qu’un investisseur a des droits effectifs
qui lui confèrent la capacité actuelle de diriger les activités pertinentes. ∙
3. Qu’est-ce que le contrôle conjoint selon l’IAS 28 et l’IFRS 11 ?
a. Le contrôle conjoint est le partage contractuellement convenu
du contrôle exercé sur une entreprise, qui n’existe que dans le cas
où les décisions concernant les activités pertinentes requièrent
le consentement unanime des parties partageant le contrôle. ∙
b. Le contrôle conjoint est une entreprise sur laquelle deux parties
ou plus exercent le partage contractuellement convenu
du contrôle exercé sur une entreprise, qui n’existe que dans le cas
où les décisions concernant les activités pertinentes requièrent
le consentement unanime des parties partageant le contrôle. ∙
c. Le contrôle conjoint est un partenariat dans lequel les parties
qui exercent un contrôle commun sur l’opération
ont des droits sur les actifs, et des obligations au titre des passifs, relatifs à celle-ci. ∙
4. Qu’est-ce que l’influence notable selon l’IAS 28 ?
a. L’influence notable est une méthode comptable qui consiste
à comptabiliser initialement la participation au coût et à l’ajuster
par la suite pour prendre en compte les changements de la quote-part
de l’investisseur dans l’actif net de l’entité émettrice qui surviennent postérieurement à
l’acquisition. ∙
b. L’influence notable est un partenariat dans lequel les parties qui exercent un contrôle
conjoint sur l’entreprise ont des droits sur l’actif net de celle-ci. ∙
216
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
1. La société Alice possède 42 % des actions d’une société Béa dont 20 % du capital est
constitué d’actions à dividende prioritaire sans droit de vote, 50 % des actions d’une
société Cléa (dont la société X possède également 50 %), 30 % d’une société Diana et
10 % d’une société Éléa. La société Béa possède 70 % des actions de la société Fiona et
la société Diana possède 90 % des actions de la société Garance.
Quelles sont les sociétés qui entrent dans le périmètre de consolidation du Groupe Alice ?
2. La société Alpha, cotée sur Euronext Growth, contrôle les sociétés Bêta, Gamma,
Delta et Epsilon au sens de l’article L. 233-16 du Code de commerce. Elle établit et publie
des comptes consolidés de manière volontaire dans la mesure où elle peut se prévaloir
de l’exemption prévue par les articles L. 233-17 et R. 233-16 ou D 230-2 du Code
de commerce.
La situation se présentait ainsi à la clôture de chacun des exercices suivants :
Au 31/12/N-3 : aucun franchissement de seuil ;
Au 31/12/N-2 : aucun franchissement de seuil ;
217
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
218
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
La filiale Iota est spécialisée dans le domaine de l’usinage de précision : son capital appartient
à 80 % à la société Lambda. Il n’y a pas d’actions à droit de vote double ni d’actions sans droit
de vote.
La filiale Mu est une société de services spécialisée dans le domaine de la recherche de finan-
cement d’entreprises de la métallurgie : elle est indépendante (théoriquement) des sociétés du
groupe Alpha mais les contrats qu’elle a signés ne lui permettent que de travailler avec les filiales
du groupe dont elle assume la recherche de financement auprès des institutions bancaires.
Pour éviter de présenter plusieurs solutions, il est toujours demandé aux candidats
de traiter les opérations de consolidation par la méthode de la consolidation directe.
Travail à faire
1. Présentez l’organigramme du groupe.
2. Dans un tableau, déterminez :
– les pourcentages de contrôle ;
– les pourcentages d’intérêt des propriétaires dans chacune des sociétés du groupe ;
– les pourcentages des participations ne donnant pas le contrôle dans chacune des sociétés du
groupe.
3. Déterminez les méthodes à suivre pour la présentation des comptes consolidés.
219
SYNTHÈSE
SYNTHÈSE
Cadre légal et réglementaire, périmètre,
méthodes et processus de consolidation
Directive européenne :
2013/34/UE du 26 juin 2013
Méthodes de consolidation
Normes
Normes françaises
internationales
• Contrôle exclusif :
• Contrôle :
consolidation par
consolidation par
intégration globale
intégration globale
• Contrôle conjoint :
• Contrôle conjoint
consolidation par
(coentreprises)
intégration proportionnelle
et influence notable :
• Influence notable :
mise en équivalence
mise en équivalence
220
Processus de consolidation et traitement des comptes combinés
Retraitement :
des comptes
Reprise
réciproques,
des comptes Retraitement Établissement
des écarts
sociaux de Addition du bilan et
d’évaluation et
de la société préconsolidation des données du compte
d’acquisition ;
mère et pour homogénéisées de résultat
des titres mis
des filiales homogénéité consolidés
en équivalence ;
intégrées
des titres
intégrés
221
CHAPITRE
8 Retraitements
de préconsolidation
en normes françaises
PROGRAMME
PLAN DU CHAPITRE
Cours : 1. Méthodes comptables du groupe • 2. Retraitements obligatoires
• 3. Retraitements optionnels
Des savoirs aux compétences : Évaluer les savoirs • Maîtriser les compétences • Préparer
l’épreuve
Synthèse
Q uels sont les retraitements à apporter aux comptes sociaux établis conformément au
PCG pour les rendre conformes aux dispositions du règlement 2020-01 de l’Autorité des
normes comptables ?
Aux retraitements obligatoires, comme le retraitement des provisions réglementées s’opposent
les retraitements optionnels.
MOTS-CLÉS
Actif d’impôt différé • Écart de conversion • Frais d’émission • Impôt différé • Impôt
exigible • Location-financement • Méthodes comptables de groupe • Monnaie étrangère
• Passif d’impôt différé • Prestation de retraite • Prime de remboursement • Provisions
réglementées • Subvention d’investissement
1 Méthodes comptables du groupe
Définition
Les méthodes comptables du groupe visent à donner une représentation homogène de
l’ensemble formé par les entités incluses dans le périmètre de consolidation en tenant
compte des caractéristiques propres à la consolidation et des objectifs d’informations
financières propres aux comptes consolidés.
Les méthodes comptables du groupe correspondent aux méthodes comptables définies par les
règlements de l’ANC applicables aux comptes individuels, sous réserve :
– des méthodes comptables rendues obligatoires par le règlement 2020-01 nonobstant le fait
2 Retraitements obligatoires
Les méthodes comptables d’application obligatoire dans les comptes consolidés présentées
dans le règlement 2020-01 de l’ANC concernent les points suivants.
Ces provisions n’ont pas un caractère économique bien prononcé et sont dans les comptes indi-
viduels une entorse au principe de prééminence de la réalité financière sur l’apparence juridique.
Aussi, elles doivent être éliminées dans le cadre du retraitement vers les normes françaises
(comme vers les normes internationales) applicables aux comptes consolidés.
Exemple
◗ Le bilan (comptes sociaux) de la société Bêta présente au 31 décembre N une rubrique « Pro-
visions réglementées » relative à une provision de hausse de prix de 12 000 €. Cette provision
a été dotée au cours de l’exercice N de 4 800 €, une reprise sur provision antérieure ayant été
effectuée en N à hauteur de 1 800 €.
Les écritures de retraitement suivantes devront être comptabilisées.
On annulera le compte de provisions réglementées en le débitant de 12 000 €. On constatera
une dette d’impôt différé (voir le paragraphe H), égal à 25 % de cette provision qui, lorsqu’elle
223
sera reprise, donnera lieu à une imposition de 12 000 × 25 % = 3 000 € et on répartira le mon-
tant net entre la partie qui revient à l’exercice (soit 4 800 de dotations – 1 800 de reprise) ×
75 % = 2 250 et la partie qui revient aux exercices précédents (soit 12 000 × 75 % – 2 250 =
6 750 € (ou 12 000 – 4 800 + 1 800) × 75 = 6 750 €).
224
D Inscription au bilan des contrats de crédit-bail et assimilés
L’article 272-2 du règlement 2020-01 de l’ANC stipule que : « Les contrats de crédit-bail et les
contrats assimilés sont comptabilisés :
– chez le preneur : au bilan sous forme d’une immobilisation et d’un emprunt correspondant ;
au compte de résultat, sous forme d’une dotation aux amortissements et d’une charge finan-
cière ;
– chez le bailleur : sous forme de prêts.
Les contrats assimilés aux crédits-baux présentent les caractéristiques suivantes :
– le contrat prévoit le transfert de propriété au terme de la durée du bail sur option et ce trans-
fert paraît hautement probable à la date de conclusion du bail ;
– la durée du bail recouvre l’essentiel de la durée de vie du bien dans les conditions d’utilisation
Le taux d’impôt sur les sociétés est de 25 %. Il est d’abord nécessaire de déterminer le taux
d’actualisation (taux trimestriel i) de l’emprunt correspondant au contrat de crédit-bail.
–28
On peut écrire que 200 000 = 10 000 × 1 – (1 + i) (1 + i) + 15 400 (1 + i)–28
i
On trouvera i = 3 %.
À partir de ce taux, on présentera un tableau d’amortissement de l’emprunt correspondant à
cette opération de crédit-bail.
225
• Charges imputables à l’exercice N : 5 160 + 5 015 + 4 866 + 4 712 = 19 753
• Charges imputables aux exercices précédents : 41 763 – 19 753 = 22 010
Les écritures comptables de retraitement seront les suivantes :
Pour le bilan
226
Pour le compte de résultat
Résultat 30 000
Impôts sur les bénéfices 40 000 × 25 % 10 000
Redevances de crédit-bail 40 000
Annulation de la redevance
Lorsqu’un bien mobilier ou immobilier est cédé à un tiers avant d’être repris en location sous
forme de crédit-bail ou de contrat assimilé, la cession (cession bail) est réputée ne pas avoir eu
lieu et le cédant- preneur :
– élimine le résultat de la cession figurant à son compte de résultat ;
– reconstitue à l’actif du bilan la valeur brute et les amortissements cumulés du bien cédé à la
date de cession ;
– continue d’amortir le bien cédé dans les mêmes conditions qu’avant la cession, sur la base de
sa durée d’utilisation ou sur la durée du contrat si celle-ci est plus courte ;
– constate au passif une dette à hauteur du prix de cession perçu ;
– enregistre ultérieurement les flux relatifs à la dette. En cas de moins- value, l’immobilisation
est dépréciée si sa valeur actuelle est inférieure à sa valeur nette comptable.
227
Dans les comptes individuels, les frais d’émission et le compte « Prime de remboursement des
obligations » ont été amortis linéairement sur 20 ans.
Dans les comptes sociaux au 31 décembre N, on aurait les comptes suivants :
• 163 Emprunts obligataires 8 304 × 105 = 871 920
• 169 Prime de remboursement des obligations : 10 000 × (105 – 96) × 6/10 = 54 000
• 4816 Frais d’émission des emprunts 10 000 × 1 × 6/10 = 6 000
• 6611 Intérêts des emprunts (8 304 + 437) × 2,10 = 18 356,10
• 6812 Dotations aux amortissements des charges à répartir 10 000 × 1 × 1/10 = 1 000
• 6861 Dotations aux amortissements des primes de remboursement des obligations 10 000
× (105 – 96) × 1/10 = 9 000
On passera les écritures suivantes pour effectuer les retraitements nécessaires :
Pour le bilan
L’avis IR3 joint à l’article 272-4 du règlement ANC 2020-01 précise que les coûts d’emprunt
peuvent être étalés de manière actuarielle ou linéaire, ou selon toute autre méthode jugée
plus pertinente, en cohérence avec le profil d’amortissement de l’emprunt. L’exemple
présenté ci-contre étale les coûts d’emprunt de manière actuarielle (en utilisant un taux
d’intérêt effectif, comme dans les normes internationales). Dans le cas d’un étalement
linéaire, il n’aurait pas été nécessaire d’effectuer un retraitement, les coûts d’emprunt
étant amortis linéairement sur 20 ans.
228
Pour le compte de résultat
Pour le bilan
229
Pour le compte de résultat
Résultat 1 500
Impôt sur les bénéfices 10 000 × 20 % × 25 % 500
Dotations aux amortissements des immobilisations 2 000
incorporelles 10 000 × 20 %
Retraitement des amortissements des frais de constitution
Pour le bilan
230
Pour le compte de résultat
Exemple
◗ La société Alpha a fait l’acquisition, dans une tour du quartier de la Défense, en janvier N–6
Pour le bilan
Constructions 60 000
Réserves 60 000 × 75 % 45 000
Impôts différés 15 000
Prise en compte des droits de mutation dans la construction
231
H Impôt sur le résultat
Le règlement 2020-01 de l’ANC relatif aux comptes consolidés (art. 272-7 à 272-14) impose
de prendre en compte la totalité des impôts différés à l’exception des impôts différés actif,
sauf si leur récupération ne dépend pas des résultats futurs ou s’il est probable que l’entre-
prise pourra les récupérer grâce à l’existence d’un bénéfice imposable attendu au cours de
cette période.
Définitions
• L’impôt exigible est le montant des impôts sur le bénéfice payables au titre du bénéfice
imposable d’une période.
• Les passifs d’impôt différé sont les montants d’impôts sur le résultat payables au cours
de périodes futures au titre de différences temporaires imposables.
• Les actifs d’impôt différé sont les montants d’impôts sur le résultat recouvrables au
cours de périodes futures au titre de différences temporaires déductibles, du report en
avant de pertes fiscales non utilisées ou de crédits d’impôt non utilisés.
Une différence temporaire apparaît dès lors que la valeur comptable d’un actif ou d’un passif est
différente de sa valeur fiscale :
• Comme cas de différences temporaires, sources d’imposition future et donc de passifs d’im-
pôts différés, on peut citer en particulier :
– les produits dont l’imposition est différée, comme les produits financiers courus qui ne
seront imposables qu’une fois échus ;
– les dépenses immobilisées immédiatement déductibles au plan fiscal mais dont la prise en
charge comptable sera étalée ou reportée ;
– les actifs qui, lors de leur cession ou de leur utilisation, ne donneront lieu qu’à des déduc-
tions fiscales inférieures à leur valeur comptable ; il en est ainsi notamment des actifs qui,
lors d’une prise de contrôle, sont entrés à l’actif consolidé pour une valeur supérieure à la
valeur qui, au plan fiscal, donne lieu à déduction soit lors de la cession de l’actif, soit lors
de son utilisation au rythme des amortissements (« valeur fiscale » de l’actif inférieure à sa
« valeur comptable »).
Il est à noter (règlement ANC 2023-02 modifiant le règlement 2020-01) que l’entité
ne doit pas comptabiliser d’actifs et de passifs d’impôts différés en application des
règles instaurant un impôt mondial minimum de 15 % à la charge des groupes inter-
nationaux (dites règles Pilier 2).
Cette disposition s’applique également aux impôts différés comptabilisés confor-
mément aux normes internationales.
• Comme cas de différences temporaires, sources de déductions futures et donc d’actifs d’im-
pôts différés, on peut citer en particulier les charges comptables qui ne seront déductibles
fiscalement qu’ultérieurement, telles les dotations à des provisions qui ne seront déductibles
que lors de la survenance de la charge ou du risque provisionné (en France, la provision pour
indemnité de départ en retraite par exemple).
232
Exemple
◗ La société Delta a constaté un bénéfice comptable de 435 000 €, un bénéfice fiscal de
480 000 € et un impôt sur les bénéfices (calculé au taux de 25 %) de 120 000 €.
Le passage du bénéfice comptable au bénéfice fiscal (tableau 2058 A) comprend les éléments
suivants :
• Bénéfice comptable 435 000
Réintégrations
• Impôt sur les bénéfices 120 000
• Charges comptabilisées en N mais déductibles en N+1 24 000
• Provision pour impôt sur plus-values d’expropriation 15 000
159 000
Si la société Delta n’avait pas comptabilisé de provision et si elle n’avait bénéficié d’aucun
report d’impôt, le bénéfice fiscal aurait été de 435 000 + 120 000 + 15 000 = 570 000 et
l’impôt aurait été de 142 500 €, soit 120 000 + 15 000 + 7 500. ◗
233
I Comptes d’entreprise en monnaie étrangère
Selon les dispositions du règlement 2020-01 de l’ANC sur les comptes consolidés, pour déter-
miner le mode de conversion des comptes d’une entreprise consolidée établissant ses comptes
en monnaie étrangère, il convient, en déterminant quelle est sa monnaie de fonctionnement,
de déterminer son degré d’autonomie par rapport à l’entreprise consolidante.
234
Tableau 8.1. Synthèse des retraitements des conversions de comptes en monnaie étrangère
dans le règlement 2020-01 de l’ANC
Conversion monétaire
Résultat (et compte Taux moyen Taux historique (en principe) ou taux moyen
de résultat) (sauf amortissements et dépréciations sur
Exemple
◗ La société Epsilon a une participation de 70 % dans une société américaine, la société Oméga
Corporation Elle doit consolider celle-ci par intégration globale. Le bilan et le compte de
résultat de la société Oméga Corporation (établis en k$) sont les suivants :
Bilan au 31 décembre N (en k$)
(a) acquises le 1er juillet N–2 ; (b) participation d’Epsilon souscrite au moment de la constitution le 1er janvier
N–2 ; (c) résultats N–2 (200) et N–1 (400)
235
Compte de résultat exercice N (en k$)
Si l’on suppose que la filiale Oméga Corporation est une filiale autonome, il y a lieu d’utiliser
la méthode du cours de clôture et l’on passera les écritures suivantes (en k€)
236
Pour l’établissement du compte de résultat
237
3 Retraitements optionnels
Les retraitements optionnels peuvent avoir deux origines diverses :
– les retraitements alternatifs liés à l’existence dans le PCG de méthodes de référence ou de
méthodes alternatives ;
– les retraitements spécifiés par le règlement 2020-01.
En cas d’acquisition d’une entité ( chapitre 10), les provisions pour engagements
de retraite et avantages similaires afférant à l’entité acquise sont comptabilisées même
dans le cas où le groupe acquéreur n’aurait pas opté pour la comptabilisation de ces
engagements.
238
Exemple
◗ La société Iota attribue à chaque salarié une indemnité de départ à la retraite mais n’a pas
mis en place dans ses comptes sociaux un système de comptabilisation de provision pour
pensions et obligations similaires. La durée résiduelle moyenne d’activité des salariés de l’en-
treprise est estimée à 15 ans.
Au 31 décembre N–1, les droits des salariés peuvent être estimés à 174 000 €.
Au 31 décembre N, ces droits peuvent être estimés à 184 000 €.
Dans le cadre du retraitement des comptes sociaux vers les comptes consolidés de la société
Iota, on passera les écritures de retraitement suivantes (en considérant un impôt différé cal-
culé au taux de 25 %).
Pour le bilan
239
• Quote-part imputable en N : 240 000 / 400 000 = 60 %
• Quote-part imputable en N+1 : 40 000 / 400 000 = 10 %
Pour passer de la méthode d’achèvement du PCG à la méthode à l’avancement on passera les
écritures suivantes (au 31 décembre N) :
Pour le bilan
31.12.N
Clients, facture à établir 500 000 × 90 % × 120 % 540 000
État, TVA sur facture à établir 90 000
500 000 × 90 % × 20 %
Stock de produits 120 000 + 240 000 360 000
Impôts différés 100 000 × 90 % × 25 % 22 500
Réserves 100 000 × 30 % × 75 % 22 500
Résultat 100 000 × 60 % × 75 % 45 000
Retraitement contrat à long terme
240
B Retraitements spécifiés par le règlement 2020-01 de l’ANC
Les autres traitements optionnels sont définis par le règlement 2020-01 (art. 273-1 à 273-3). Ils
concernent les points suivants :
• Les emprunts non remboursables. Lorsque des capitaux sont reçus en application de contrats
d’émission ne prévoyant ni de remboursement à l’initiative du prêteur, ni de rémunération
obligatoire en cas d’absence ou d’insuffisance de bénéfice, ceux-ci peuvent être inscrits au
bilan consolidé en « capitaux propres ».
• Les réévaluations. Il est possible, en cas de forte inflation, d’effectuer cette réévaluation seu-
lement au niveau des comptes consolidés. En cas de réévaluation dans une entité, il convient
soit de l’éliminer dans les comptes consolidés, soit de pratiquer la réévaluation pour l’en-
semble du groupe.
• L’évaluation des éléments fongibles (ou éléments interchangeables) en considérant que le
241
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Évaluer Maîtriser Préparer
les savoirs les compétences l’épreuve
1 QCM
Pour chacune des questions suivantes, une seule réponse est possible. Justifiez votre choix.
1. Dans les comptes consolidés établis conformément au règlement ANC 2020-01,
les impôts différés :
a. devraient être comptabilisés au passif et à l’actif dans tous les cas. ∙
b. devraient être comptabilisés au passif dans tous les cas
et à l’actif simplement si leur récupération est probable. ∙
c. devraient être comptabilisés mais compensés entre actif et passif. ∙
2. Dans les comptes consolidés établis conformément au règlement ANC 2020-01,
les frais de développement :
a. sont toujours comptabilisés à l’actif du bilan. ∙
b. sont comptabilisés en charges. ∙
c. ne sont comptabilisés à l’actif du bilan que s’ils se rapportent à des projets
nettement individualisés, ayant de sérieuses chances
de réussite technique et de rentabilité commerciale. ∙
3. Dans les comptes consolidés établis conformément au règlement ANC 2020-01,
les contrats de crédit-bail et assimilés :
a. devraient être constatés sous forme d’une forme
d’une immobilisation corporelle et d’un emprunt correspondant. ∙
b. devraient être comptabilisés conformément au PCG. ∙
c. devraient faire l’objet d’une comptabilisation
d’un actif correspondant aux droits d’utilisation et d’un passif locatif. ∙
4. Dans les comptes consolidés établis conformément au règlement ANC 2020-01,
les droits de mutation, honoraires, commission ou frais d’actes sur acquisition
d’immobilisations corporelles :
a. devraient toujours être comptabilisés en charges. ∙
b. devraient être rattachés en totalité au coût d’acquisition. ∙
c. devraient être rattachés en partie (pour la partie non amortie)
au coût d’acquisition. ∙
5. Dans les comptes consolidés établis conformément au règlement ANC 2020-01,
les frais d’émission d’un emprunt :
a. devraient être portés en diminution de l’emprunt. ∙
b. devraient être amortis sur une durée de cinq ans. ∙
c. devraient être amortis sur la durée de vie de l’emprunt. ∙
6. Dans les comptes consolidés établis conformément au règlement ANC 2020-01,
les comptes des entités ayant une autonomie économique et financière
devraient être convertis :
a. selon la méthode du cours historique pour tous les éléments. ∙
242
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
b. selon la méthode du cours de clôture pour tous les éléments d’actif et de passif,
monétaires ou non monétaires et du cours moyen de la période pour les produits
et charges. ∙
c. selon la méthode du cours de clôture pour tous les éléments d’actif
et de passif ainsi que les produits et charges. ∙
243
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
i
On trouve i = 1,943 % ce qui donne un taux annuel de 1,019434 – 1 = 8 %.
Présentez au 31 décembre N les écritures de retraitement de consolidation dans la société Jacques
(bilan et compte de résultat) de la machine-outil « acquise » par ladite société. On prendra un taux
d’impôt de 25 %.
244
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Bilan
63 000 63 000
Compte de résultat
63 000 63 000
Les immobilisations corporelles ont été acquises le 1er janvier N–1, les stocks au cours de l’exer-
cice N. Le résultat de l’année N–1 était de 10 000 milliers de $ (soit 7 947 k€ en valeur histo-
rique) et la distribution effectuée en janvier N a été de 6 000 milliers de $.
Le solde des éléments monétaires du bilan au 31 décembre N–1 se traduisait par un excédent de
l’actif sur le passif de 7 000 milliers de dollars.
245
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Il est demandé de consolider la société Star dans le bilan et le compte de résultat de la société
Estrella en sachant que le cours du dollar au 31 décembre N est de 1,20 $ pour 1 €, au 1er janvier
N–1 de 1,28, au 1er janvier N de 1,26 et en moyenne au cours de l’exercice N–1 de 1,27 et au cours
de l’exercice N de 1,23.
Travail à faire
1. Présentez les opérations de retraitement de la filiale étrangère selon la méthode du cours his-
torique.
2. Présentez les opérations de retraitement de la filiale étrangère selon la méthode du cours de
clôture.
246
SYNTHÈSE
Retraitements de préconsolidation
en normes françaises
Retraitements obligatoires
• Élimination de l’incidence des écritures passées pour la seule application des
législations fiscales : constatation ou reprise d’amortissements dérogatoires,
constitution ou reprise de provisions réglementées, comptabilisation en résultat
de l’impact des changements de méthodes
Corrections imposées
Retraitements optionnels
• Provisionnement des coûts des prestations de retraite et prestations
méthodes autorisées
référence et autres
assimilées
Méthodes de
par le PCG
remboursables
spécifiées par le
247
CHAPITRE
9 Retraitements
de préconsolidation
en normes internationales
PROGRAMME
PLAN DU CHAPITRE
Cours : 1. Les immobilisations • 2. Les locations • 3. Les stocks • 4. Les dépréciations
• 5. Les instruments financiers • 6. Les provisions • 7. Les avantages du personnel
• 8. Les produits des activités ordinaires • 9. L’impôt sur le résultat • 10. Les variations
du cours des monnaies • 11. Les changements de méthode, d’estimation et les corrections
d’erreurs
Des savoirs aux compétences : Évaluer les savoirs • Maîtriser les compétences • Préparer
l’épreuve
Synthèse
Q uels sont les retraitements à effectuer pour rendre les comptes sociaux établis selon le
PCG conformes aux IFRS ? Ces retraitements sont nombreux : ils peuvent concerner tous
les postes du bilan et du compte de résultat. Ils peuvent cependant être réduits si l’entité a
retenu, pour ses comptes sociaux, des options proches des IFRS.
MOTS-CLÉS
Avantage du personnel • Changement de méthode • Changement d’estimation •
Erreurs • Fiscalité différée • Fiscalité latente • Immobilisation corporelle • Immobilisation
incorporelle • Impôt sur le résultat • Instrument financier • Location • Monnaie
de présentation • Monnaie fonctionnelle • Préconsolidation • Provision • Stock
1 Les immobilisations
A Le retraitement des immobilisations corporelles
proprement dites
Trois divergences méritent d’être mentionnées entre IAS 16 et le PCG :
• L’option ouverte par l’article 213‑8 du PCG de comptabiliser en charges dans les comptes
individuels, les droits de mutation, honoraires ou commissions et frais d’actes, liés à
l’acquisition : en normes IFRS, comme en comptes consolidés établis selon les normes
françaises, ils doivent obligatoirement être rattachés au coût d’acquisition de l’immobi
lisation ( chapitre 8).
Par ailleurs, IAS 20 « Comptabilisation des subventions publiques et informations à fournir sur
l’aide publique » autorise de déduire la subvention de la valeur de l’actif ( chapitre 5).
Des retraitements sont donc nécessaires pour passer du PCG aux normes IFRS.
Exemple
◗ La société Alpha, propriétaire d’un ensemble à usage de bureau, qu’elle amortit en 50 ans,
doit effectuer tous les cinq ans des travaux de révision et de d’entretien des installations élec
triques. Le coût moyen de ces révisions est estimé à 90 000 € en N–6 et chaque année une
provision pour gros entretien de 18 000 € est comptabilisée. En N–1, une première révision
a été constatée dont le coût s’est élevé à 87 000 € comptabilisés en charges. La provision
constatée de N–6 à N–2 a été reprise.
Alors qu’en PCG, il est possible de comptabiliser une provision, en IFRS les dépenses d’entre
tien faisant l’objet de programmes pluriannuels de gros entretien ou de grandes révisions
doivent être comptabilisés comme un composant, lequel s’impute sur le prix de la structure
de l’ensemble.
Le passage des comptes du PCG aux comptes IFRS implique les écritures suivantes :
Pour le bilan
249
Constructions – composant grosses réparations 90 000
Constructions – composant structure 90 000
Imputation du composant grosses réparations
sur la structure
Résultat 13 500
Impôts sur les bénéfices 4 500
Dotations aux provisions d’exploitation 18 000
Annulation provision
250
Résultat 1 350
Impôts sur les bénéfices 450
Dotation aux amortissements des immobilisations 1 800
90 000 × 2 %
Correction dotation amortissement N sur la structure
251
Terrain 920 000 – 500 000 420 000
Constructions 1 170 000 – (1 200 000 – 72 000) 42 000
Impôts différés (420 000 + 42 000) × 25 % 115 500
Réserves {2 000 000 – 500 000 – [1 200 000 – 270 000
(1 200 000 –600 000) × 5/50]} × 75 %
Résultat [(920 000 – 815 000) – (1 185 000 – 76 500
1 170 000) + 600 000 × 1/50 (amortissements
repris)] × 75 %
Retraitement immeuble de placement
Résultat 9 000
Impôts sur les bénéfices 3 000
Dotations aux amortissements des immobilisations 12 000
Annulation de la dotation (1 200 000 – 600 000) × 1/50
Résultat 67 500
Impôt sur les bénéfices 22 500
Résultat provenant de la variation de juste valeur des 90 000
immeubles de placement 105 000 – 15 000
Plus-value sur terrain : 920 000 – 815 000 = 105 000
Moins-value sur construction
1 185 000 – 1 170 000 = 15 000
252
Pour le bilan
Résultat 9 000
Impôt sur les bénéfices 3 000
Charges financières 12 000
Intérêts des emprunts, retraitement des immobilisations
NOTRE CONSEIL
Si une société possède à son actif des biens liés à des activités abandonnées ou destinées à être cédées, vous
devez veiller à ce que leur évaluation soit corrigée pour tenir compte de la norme IFRS 5.
253
E Le retraitement des immobilisations incorporelles
Deux divergences méritent d’être mentionnées entre l’IAS 38 et le PCG en matière :
– d’évaluation du coût d’entrée de l’immobilisation : droit de mutation comme pour les immo
bilisations corporelles ;
– d’activation optionnelle des frais de développement (PCG, article 212‑3, al. 2).
Exemple
◗ La société Delta a dépensé respectivement en N–1 et N 24 000 € et 18 000 € pour le déve
loppement d’un nouveau produit appelé à être commercialisé en N+1. Ces dépenses ont été
comptabilisées en charges.
Pour passer du PCG aux normes IFRS, on comptabilisera les opérations suivantes (l’amortissement
des frais de développement ne commencera à courir qu’à compter de la fabrication du produit) :
Pour le bilan
Résultat 13 500
Impôt sur les bénéfices 4 500
Production immobilisée – Immobilisations incorporelles 18 000
Activation des frais de développement
Les normes IAS 16 et IAS 38 autorisent la réévaluation des immobilisations corporelles et incor
porelles. Le PCG quant à lui n’autorise que la réévaluation des immobilisations corporelles et
financières (art. 214‑27).
Les normes IFRS ne reconnaissent pas comme immobilisations incorporelles les é léments clas
sés par le PCG en « frais d’établissement ». Ceux-ci doivent être comptabilisés en charges et,
pour ce qui concerne les frais d’augmentation de capital, en diminution des primes d’émission.
Dans le Plan comptable général (article 212‑9) :
• Les frais de constitution, de transformation, de premier établissement, peuvent être inscrits
à l’actif comme frais d’établissement. Leur inscription en compte de résultat constitue néan
moins la méthode de référence.
• Les frais d’augmentation de capital, de fusion et de scission peuvent être inscrits à l’actif en
frais d’établissement. Leur imputation sur les primes d’émission et de fusion constitue néan
moins la méthode de référence ; en cas d’insuffisance, ces frais sont comptabilisés en charges.
Si l’entité a choisi de faire figurer les frais correspondants en frais d’établissement, un retraite
ment pour passer du PCG aux normes IFRS s’impose.
254
Exemple
◗ La société Epsilon a été constituée le 1er janvier N–2. En N–2 ont été dépensées des frais de
constitution pour 12 000 € et des frais de premier établissement pour 30 000 €. Ces frais
ont été comptabilisés en frais d’établissement. Par ailleurs en janvier N, la société Epsilon a
procédé à une augmentation de capital. Les frais d’augmentation de capital se sont élevés à
24 000 € et ont été comptabilisés en frais d’établissement.
La société Epsilon amortit ses frais d’établissement sur cinq ans.
Pour passer du PCG aux normes IFRS, il y a lieu de passer les écritures suivantes :
Pour le bilan
Résultat 9 900
Impôt sur les bénéfices 3 300
Dotations aux amortissements des immobilisations 13 200
incorporelles (12 000 + 30 000 + 24 000) / 5
Retraitement des amortissements de frais d’établissement
255
Si l’on retient en IFRS la méthode des produits différés, il y a aura lieu de transférer les comptes
de subventions dans des comptes de produits constatés d’avance.
Exemple
◗ La société Gamma a reçu en janvier N–3 une subvention d’investissement de 50 000 € en
vue de financer partiellement un matériel amortissable (linéairement) en dix ans. Dans les
comptes au 31 décembre tenus conformément au PCG, on trouve les postes suivants au
31 décembre N :
• 131 Subventions d’investissement octroyées (créditeur) 50 000
• 139 Subventions d’investissement inscrites au compte de résultat (débiteur) 20 000
• 747 Quote-part de subventions d’investissement virée au résultat
de l’exercice (créditeur) 5 000
On passera les écritures suivantes :
Pour le bilan
2 Les locations
Conformément à l’article 212‑5 du PCG, « le titulaire d’un contrat de crédit-bail comptabilise
en charges les sommes dues au titre de la période de location. À la levée de l’option d’achat,
le titulaire d’un contrat de crédit-bail inscrit l’immobilisation à l’actif de son bilan pour un
montant établi conformément aux règles applicables en matière de détermination de la
valeur d’entrée ».
Dans l’IFRS 16 (à l’exception des biens de faible valeur ou des contrats de location de faible
durée, inférieure ou égale à un an), à la date de prise d’effet du contrat, le preneur doit comp
tabiliser un actif au titre du droit d’utilisation et un passif locatif. Il faut noter que le concept de
location utilisé par l’IAS 16 dans la comptabilisation du preneur est plus large que le concept de
location-financement utilisé dans la comptabilisation du bailleur, lequel correspond au concept
de crédit-bail utilisé par le PCG et le règlement 2020‑01 de l’ANC ( chapitre 8). Il impose de
comptabiliser à l’actif toutes les formes de location, y compris celles qualifiées de « location
simple » dans la comptabilisation du bailleur ( chapitre 5)
Des retraitements sont donc nécessaires pour passer d’une comptabilisation d’un actif
« acquis » avec un contrat de crédit-bail (correspondant au contrat de location tel qu’il est
défini par l’IFRS 16) selon les règles du PCG aux règles définies par les normes IFRS.
256
Exemple
◗ Supposons que la société Alpha ait pris en location à compter du 1er janvier N pour une durée de
9 ans non renouvelable un immeuble à usage de bureau valorisé à 500 000 €. Le loyer (trimes
triel) est fixé à 10 000 € hors taxes et est payable en débit de chaque trimestre. L’évaluation des
droits se fera au taux de 6 % l’an soit un taux trimestriel équivalent de 1,467 %. Le droit d’utili
sation est estimé à 10 000 × (1 – 1,01467–36)/ 0,01467 × 1,01467 = 282 213 €.
Pour l’année N, on pourra établir le tableau suivant permettant de dégager les intérêts :
On passera alors les écritures de retraitement suivantes (en utilisant un compte de liaison que
nous appelons « locations ») :
Pour le bilan
31.12.N
Droit d’utilisation d’un immeuble en location 282 213
Obligation d’effectuer des paiements locatifs 282 213
Contrat de location d’immeuble à usage de bureaux
257
Pour le compte de résultat
Résultat 30 000
Impôts sur les bénéfices 10 000
Locations immobilières 40 000
Annulation des loyers
CAS PRATIQUE 6
3 Les stocks
Dans leur ensemble, les principes du Plan comptable général sont très proches de ceux de la norme
IAS 2 sur les stocks. Cependant des divergences peuvent apparaître dans l’évaluation, compte tenu
de certaines options autorisées par le Plan comptable général. Ainsi, les amortissements de frais
de développement peuvent ne pas être pris en compte dans l’évaluation des stocks en PCG si le
choix a été pris par l’entité de les laisser en charges. Il peut y avoir aussi des divergences en ce qui
concerne les dépréciations constatées (le PCG renvoie aux règles générales de l’article 214‑1, alors
que la norme IAS 2 stipule que « les stocks doivent être évalués au plus faible du coût et de la
valeur nette de réalisation »).
4 Les dépréciations
Les dépréciations d’actifs (instruments financiers, notamment titres et créances, immobilisa
tions corporelles et incorporelles) sont traitées dans les normes IFRS par :
– l’IAS 36 « Dépréciations d’actif »,
– l’IFRS 9 (§ 5.5) pour les instruments financiers ;
– l’IAS 2 (§ 9, 28 et s.) pour les stocks.
La norme IAS 36 précise notamment qu’« une entité doit apprécier à chaque date de reporting
s’il existe un quelconque indice qu’un actif peut avoir subi une perte de valeur. S’il existe un tel
indice, l’entité doit estimer la valeur recouvrable de l’actif ».
Dans le PCG, cette obligation existe également (article 214‑16). À l’exception des instruments
financiers (IFRS 9), n’y a en principe pas de divergence entre le PCG et les normes IFRS.
258
5 Les instruments financiers
L’IFRS 9 « Instruments financiers » distingue ( chapitre 5) :
– les actifs et passifs financiers évalués au coût amorti ;
– les actifs financiers évalués à la juste valeur par le biais des autres éléments du résultat global ;
– les actifs et passifs financiers évalués à la juste valeur par le biais du résultat net.
À ces catégories, s’ajoutent les actifs et passifs financiers utilisés comme instruments de cou
verture. Comptabilisés conformément au PCG, les actifs et passifs financiers doivent être retrai
tés lorsque les comptes consolidés sont établis conformément aux IFRS.
259
En normes internationales, conformément à l’IFRS 9 les comptes de titres immobilisés
étant tenus au coût amorti, on passera, au 31 décembre N, les écritures de retraitement
suivantes :
Pour le bilan
31.12.N
Titres immobilisés – obligations IFRS au coût amorti 98 938
Titres immobilisés – obligations PCG 98 000
Impôts différés (98 938 – 98 000) × 25 % 234
Résultat (6 312 – 6 000) × 75 % 234
Réserves [333 + (6 293 – 6 000)] × 75 % 470
Retraitement obligations
260
On peut ainsi établir le tableau de l’emprunt comme suit (le coût amorti étant fin N–2 égal à
1 000 × 95 – 2 858 = 92 142 €) :
Remboursement Remboursement
Dates Intérêts à 5 % Coût amorti
intérêts capital
31.12.N–2 92 142
31.12.N–1 4 607 3 300 4 070 89 379
31.12.N 4 469 3 178 4 180 86 490
Pour les fins d’année suivantes, le coût amorti est égal au coût amorti de l’année précédente
majoré de l’intérêt de 5 % et diminué des remboursements (intérêts + capital).
Pour le bilan
261
Pour le compte de résultat
Lors de leur comptabilisation initiale, les actifs financiers devant être évalués à la juste
valeur par le biais des autres éléments du résultat global sont évalués à leur juste valeur
majorée des coûts de transaction directement attribuables à l’acquisition de cet actif
financier. Lors d’évaluations ultérieures, ils sont évalués à la juste valeur.
262
On passera l’écriture suivante en tenant compte des impôts différés :
Pour le bilan (il n’y a pas d’écriture pour le compte de résultat)
Pour le bilan
263
Pour le compte de résultat
Résultat 450
Impôt sur les bénéfices 150
Autres produits financiers 600 – 150 450
Frais sur titres 15 000 × 1 % 150
Effet de l’ajustement à la juste valeur des valeurs mobilières
Dans les comptes consolidés tenus selon le référentiel national, les frais d’acquisition
doivent être constatés dans le coût d’acquisition (articles 221‑1, 222‑1 et 213‑8 du PCG).
264
Pour le compte de résultat
6 Les provisions
Depuis le règlement CRC 2000‑06 sur les passifs, le traitement comptable des provisions est
convergent avec l’IAS 37. Quelques exceptions cependant subsistent.
Exemple
◗ Les provisions pour gros entretiens ou grandes révisions ne sont pas admises en IFRS. ◗
En IFRS, lorsque l’effet valeur-temps de l’argent est significatif, le montant de la provision doit
être la valeur actuelle des dépenses attendues que l’on pense nécessaires pour régler l’obligation
(IAS 37.45). Les provisions ne sont pas actualisées en règles françaises, pour des raisons essen
tiellement fiscales. Certaines évaluations de provisions peuvent aussi être différentes en IFRS et
en normes françaises.
Exemple
◗ La société Alpha lors de l’acquisition en N–5 d’une usine sur le site de B. a constaté une pro
vision pour démantèlement de 1 000 000 €. La durée d’usage de cette usine est de 20 ans.
En normes IFRS, avec un taux d’actualisation de 5 %, la provision serait fin N–1 de
1 000 000 × 1,05–15 = 481 017 ; elle serait à la fin N de 1 000 000 × 1,05–14 = 505 068.
265
On passerait donc les écritures suivantes :
Pour le bilan
Les provisions réglementées sont traitées de la même manière que dans le cas de
retraitement de préconsolidation en normes françaises.
NOTRE CONSEIL
Lorsque les engagements de retraite (et les avantages liés) ne sont pas comptabilisés dans les comptes
individuels des entités ou lorsque l’entité n’applique pas la méthode actuarielle issue de la recomman‑
dation de l’ANC, vous devez retraiter les engagements de retraite et assimilés pour les rendre conformes
aux IFRS.
Exemple
◗ La société Gamma a mis en place un régime de retraite à prestations définies. Elle verse des
cotisations à des fonds (qui placent le produit des cotisations en actifs immobiliers et actifs
financiers), les fonds assumant le versement chaque année des prestations destinées au per
sonnel retraité. En cas d’insuffisance de ressources des fonds, la société Gamma s’est engagée
à couvrir la différence.
Les différentes données relatives au régime de retraite à prestations définies vous sont four
nies dans le tableau ci-après.
266
Régimes de retraite
Données
à prestations définies
Pour le calcul du rendement des actifs du régime, IAS 19 (§ 125) prévoit de prendre en compte
un intérêt calculé sur la juste valeur en début d’exercice (pour être cohérent avec le coût
financier imputé, et compenser ainsi cet intérêt et éviter ainsi une certaine volatilité des résul
tats). Ce taux est de 6 %.
Dans les comptes sociaux de la société Gamma, seul a été comptabilisé (en charges) le règle
ment des cotisations au fonds de pension.
Les bilans au 31 décembre N–1 et au 31 décembre N et le compte de résultat de l’année N en
normes IFRS pourront être ainsi établis :
En fin d’exercice
Retraité
267
On passera donc les écritures suivantes :
Pour le bilan
Dans le cas où il n’y aurait pas d’actifs (fonds de pension) du régime associé, la valeur actualisée
des obligations au bilan en début d’exercice serait de 20 100 000 € et celle en fin d’exercice de
21 000 000 €. La société aurait décaissé le montant des prestations servies soit 1 900 000 €
et on aurait passé les écritures de retraitement suivantes :
Pour le bilan
268
Impôts différés 900 000 × 25 % 225 000
Résultat 900 000 × 75 % 675 000
Dettes provisionnées pour avantages postérieurs à 900 000
l’emploi
Évolution provision pour retraite 21 000 000 – 20 100 000
Dans cet exemple nous n’avons pas tenu compte des coûts des services passés et des écarts
actuariels (pour éviter une complexité certaine). ◗
269
Exemple
◗ La société Omicron a effectué une vente (à l’exportation) de produits de 48 000 € hors taxes
(valeur du produit en stock 42 000 €) comptabilisable en norme IFRS mais non comptabili
sable en normes françaises. On passera les écritures de retraitement suivantes :
Pour le bilan
Clients 48 000
Stock de produits 42 000
Résultat (48 000 – 42 000) × 75 % 4 500
Dettes d’impôt différé (48 000 – 42 000) × 25 % 1 500
Retraitement ventes
À la différence des normes internationales, le référentiel français ne fait pas référence à la juste
valeur, hormis dans le cadre des échanges de biens pour l’évaluation des produits (l’article 213‑3
du PCG fait référence en fait à la valeur vénale). Il en résulte que certaines transactions faisant
intervenir des délais de règlement relativement longs, ayant une incidence sur la juste valeur
de la contrepartie à recevoir, seront comptabilisées pour des montants différents dans les deux
référentiels. Alors qu’en IFRS, le produit à comptabiliser correspondra au montant actualisé de
la contrepartie attendue à l’échéance il sera égal au montant nominal de cette même contre
partie selon les règles françaises.
Exemple
◗ La société Omicron a vendu (à l’exportation) le 1er décembre N un lot de 105 000 € de produits
qui ne seront payés que le 1er décembre N+1. Si l’on prend un taux d’actualisation de 5 %, la
juste valeur de ce lot de produits est de 105 000 × (1,05)–1 = 100 000 €. Au 31 décembre N,
l’intérêt couru sur le crédit accordé au client (calculé au taux mensuel équivalent au taux
annuel de 5 %) est de 100 000 × (1,05)–1/12 – 100 000, soit 407 €.
On passera les écritures de retraitement suivantes :
Pour le bilan
270
Pour le compte de résultat
Le PCG autorise deux méthodes de comptabilisation de contrats à long terme s’étalant dans le
temps : la méthode à l’avancement (méthode de référence, art. 622‑7) et la méthode à l’achè
271
Définitions
• Une fiscalité différée est une fiscalité liée aux opérations pour lesquelles le fait généra
teur de l’accroissement ou l’allégement futur de l’impôt est intervenu mais dont l’effet se
manifestera à une date future déterminée ou indéterminée mais certaine.
• Une fiscalité latente est une fiscalité différée à caractère éventuel.
De par son champ d’application, l’IAS 12 est impactée par plusieurs normes du référentiel
IFRS. Dans ce chapitre, nous avons constaté soit des créances, soit des dettes d’impôt
différé liées aux différents retraitements évoqués.
Exemple
◗ Tous les effets d’impôt liés aux transactions et autres événements comptabilisés dans le
compte de résultat sont également comptabilisés dans ce même compte. ◗
Si le recouvrement futur de la valeur comptable d’un actif ou d’un passif est susceptible d’aug
menter ou de diminuer les paiements futurs d’impôt en raison de leur base fiscale différente,
l’IAS 12 impose la comptabilisation d’un impôt différé (ex. : réévaluation effectuée en franchise
d’impôt).
MINI-CAS 3
272
Exemple
◗ Pour une entreprise française, la monnaie fonctionnelle est l’euro et toute autre monnaie est
une monnaie étrangère. ◗
L’IAS 21 traite également de la monnaie de présentation.
Définition
La monnaie de présentation est définie par l’IAS 21 comme « la monnaie utilisée pour la
présentation des états financiers ».
La monnaie de présentation peut être la monnaie fonctionnelle mais, dans certains cas, une
monnaie étrangère (ex. : entreprise française, filiale d’un groupe américain, qui tiendrait ses
NOTRE CONSEIL
Notez qu’en matière de transactions étrangères, la méthode préconisée par le § 300 du règlement 99‑02 du
CRC ou l’article 272-17 du règlement 2020-01 de l’ANC ( chapitre 8) pour ce qui concerne le taux de clôture
conduit au même retraitement.
Dans le cas d’entités à la monnaie hyperinflationniste, les états financiers des dites entités
doivent être libellés dans l’unité de mesure qui a cours à la date de clôture. Tous les montants
(actifs, passifs, éléments de capitaux propres, charges et produits, y compris ceux fournis à titre
comparatifs) seront ensuite convertis dans la monnaie de présentation au cours de clôture de
la date du dernier bilan.
273
– au passif du bilan pour les différences correspondant à un gain latent (compte 477 « Diffé
rences de conversion – Passif »).
Les pertes de change latentes entraînent à due concurrence la constitution d’une provision pour
risques, sous réserve des dispositions particulières permettant de limiter cette provision.
La notion de « différence de conversion » n’existant pas en IFRS, des retraitements doivent être
effectués.
Exemple
◗ Les comptes individuels de la société Lambda font ressortir au 31 décembre N des écarts de
conversion actif de 12 000 € et des écarts de conversion passif de 6 000 €. Au 31 décembre
N–1, ces écarts étaient respectivement de 9 000 € et de 4 500 €. Les écarts de conversion actif
ont fait l’objet de provisions.
On passera les écritures suivantes de retraitement :
Pour le bilan
Résultat 3 000
Réserves 9 000
Différences de conversion actif 12 000
Annulation de l’écart de conversion actif
Résultat 1 500
Gains de change 1 500
Annulation de l’écart de conversion passif
274
Résultat 3 000
Dotations aux provisions financières 3 000
Annulation de la provision pour risques de change
Dans le retraitement, nous n’avons pas fait intervenir d’impôts différés, car les impôts sur
différences de change sont, dans le système français, exigibles ou déductibles de suite et
nous avons considéré que la comptabilisation dans les comptes individuels était faite selon la
méthode de l’impôt exigible. ◗
Compte de résultat
Achats 60 000 Ventes 100 000
(Variation de stock) – 15 000
Autres charges 29 000
Amortissements 6 000
Impôts 8 000
Résultat 12 000
100 000 100 000
Les immobilisations corporelles ont été acquises le 1er janvier N–1, les stocks au cours de
l’exercice N. Le résultat de l’année N–1 était de 15 000 milliers de $ et la distribution effectuée
en janvier N a été de 12 000 milliers de $.
Il est demandé de consolider la société Oméga dans le bilan et le compte de résultat de la
société Alpha en sachant que le cours du $ au 31 décembre N est de 1 € = 1,20 $, au 1er janvier
N–1 de 1 € = 1,28 $, au 1er janvier N de 1 € = 1,26 $ et, en moyenne, au cours de l’exercice N–1
de 1 € = 1,27 $ et au cours de l’exercice N de 1 € = 1,24 $.
275
Écriture de cumul du bilan (au taux de clôture)
Il y a lieu de distinguer (dans le bilan), un écart de conversion afin de tenir compte de la déter
mination du résultat au taux moyen.
Puis, il va falloir déterminer (toujours dans le bilan) un écart de conversion pour ramener le
capital de la filiale à sa valeur historique (à 1 € = 1,28 $), ainsi que les réserves (bénéfices N–1
à 1 € = 1,27 $).
276
Dans le cas (assez rare) dans lequel l’entité étrangère n’est pas autonome (conversion d’une
activité à l’étranger : cas d’une filiale vendant uniquement des biens importés de l’entité conso
lidante et remettant à celle-ci les produits correspondants, par exemple), la méthode présentée
ci-dessus n’est pas applicable directement. Les opérations correspondant à l’activité doivent
d’abord être converties au fur et à mesure (soit à un cours historique) dans la monnaie fonction
nelle à laquelle elle rattachée l’entité consolidante avant d’être éventuellement converties dans
la monnaie de présentation des comptes du groupe, si celle-ci est différente de la monnaie fonc
tionnelle de l’entité consolidante. La méthode utilisée est similaire à celle utilisée en normes
françaises pour les entités non-autonomes ( chapitre 8).
277
Exemple
◗ La société Lambda avait oublié de comptabiliser en N–1 une vente de marchandises à
l’exportation au Brésil : le montant de la vente était de 100 000 €, le stock comptabilisé en fin
d’exercice était de 70 000 €. La correction d’erreur a été constatée dans les comptes sociaux
de la société Lambda de l’année N. Pour passer aux normes IFRS, il y a lieu de constater les
opérations suivantes :
Pour le bilan
278
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
1 QCM
Pour chacune des questions suivantes, une seule réponse est possible. Justifiez votre choix.
1. Que devez-vous faire si vous avez comptabilisé en provisions les dépenses d’entretien
d’un matériel de production faisant l’objet de programmes pluriannuels
de gros entretien ou de grandes révisions ?
a. Les comptabiliser en charges. ∙
b. Les considérer comme un composant du matériel de production. ∙
c. Les laisser dans un compte de provisions de remise en état. ∙
2. Dans les comptes sociaux, l’entité a comptabilisé en charges les frais de développement
de projets nettement individualisés. Que doit-elle faire dans ses comptes consolidés
établis conformément aux IFRS ?
a. Elle doit maintenir les frais de développement dans les charges. ∙
b. Elle peut les comptabiliser en immobilisations incorporelles. ∙
c. Elle doit les comptabiliser en immobilisations incorporelles. ∙
3. Conformément à l’article 212‑5 du PCG, l’entité titulaire d’un contrat de crédit-bail a
comptabilisé en charges les sommes dues au titre de la période de location.
Que doit-elle faire si elle présente des comptes consolidés établis conformément
aux IFRS ?
a. Les inscrire à l’actif du bilan pour une valeur correspondant au droit d’utilisation,
amortir ce droit, et constater un passif locatif évalué à la valeur actualisée
du montant des loyers à payer. ∙
b. Les inscrire à l’actif pour leur valeur après amortissement chez le crédit-bailleur. ∙
c. Les laisser en charges. ∙
4. Comment un emprunt obligataire doit-il être évalué, au moment de son émission, en IFRS ?
a. À sa valeur de remboursement. ∙
b. À sa juste valeur. ∙
c. À sa valeur d’émission, minorée des coûts de transaction directement
attribuables à l’émission de l’emprunt. ∙
5. Comment un ensemble d’actions acquis pour l’entité
dans le cadre d’un placement à long terme doit-il être évalué en IFRS ?
a. Au coût amorti. ∙
b. À la juste valeur par le biais des autres éléments du résultat global. ∙
c. À la juste valeur par le biais du résultat net. ∙
6. Comment les écarts de change résultant de la conversion de filiales étrangères
sont-ils comptabilisés en IFRS ?
a. Ils doivent être comptabilisés en tant que composante distincte des capitaux propres. ∙
b. Ils doivent être comptabilisés en charges ou en produits financiers. ∙
c. Ils doivent être constatés dans un compte de « Report à nouveau ». ∙
279
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
La SA Ernest Business a mis en place un régime post-emploi, concernant les indemnités de fin de
carrière versées lors du départ à la retraite des salariés.
La SA Ernest Business, conformément à l’article L. 123-13 al. 3 du Code de commerce, ne
comptabilise pas au bilan, dans ses comptes sociaux, ses engagements en matière de pen
sion, de compléments de retraite, d’indemnités et d’allocations en raison du départ à la
retraite ou avantages similaires des membres ou associés de son personnel et de ses man
dataires sociaux.
La SA Ernest Business devant établir des comptes consolidés en normes IFRS, présentez les écritures
à comptabiliser en N concernant les obligations relatives aux indemnités de départ à la retraite.
On tiendra compte d’un impôt différé de 25 %.
Indemnités de départ
Données
à la retraite
Les charges actuarielles d’expérience représentent les effets des différences entre les hypothèses actuarielles
antérieures et ce qui s’est effectivement produit.
280
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
La société Clarisse est une société anonyme soumise à l’impôt sur les sociétés. Elle fait partie du
groupe Clément, lequel établit des comptes consolidés en normes internationales.
Pour la détermination du résultat fiscal N de la société Clarisse, les éléments suivants ont été
pris en compte (en euros) :
Résultat comptable normes françaises PCG 311 125
Réintégrations fiscales
Impôt sur les sociétés exigible comptabilisé 138 875
Contribution de solidarité (C3S) N 12 000
Contribution effort de construction N non déductible immédiatement 8 500
Taxes sur véhicules de tourisme 15 000
Amortissements non déductibles sur véhicules de tourisme 8 000
Jetons de présence non déductibles 7 000
Intérêts de comptes courants d’associés non déductibles 6 500
Amende pour infraction 1 500
Perte de change inscrite au compte 476 3 600
Provisions pour pensions et obligations similaires 80 000
Participation aux résultats N 16 000
Dépenses somptuaires liées à la chasse 3 000
Réintégration de la quote-part de plus-value de fusion (CGI, art. 210 A) 30 000
Dépréciation du fonds de commerce non déductible 14 000
Réévaluation libre d’actifs corporels 42 000
385 975
Déductions fiscales
Contribution de solidarité (C3S) N–1 11 000
Contribution à l’effort de construction N–1 non déduite immédiatement 6 000
Participation aux résultats N–1 14 000
Profit de change inscrit dans le compte 477 2 000
Dotation aux provisions pour pertes de change 3 600
Plus-value dégagée lors de l’expropriation 15 000
Reprise de la réévaluation libre 10 000
61 600
Comptabilisez, au 31 décembre N, tout impôt différé sur les sociétés (taux de 25 %).
281
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
• Les terrains ont été acquis en N–3 : les droits d’enregistrement soit 11 600 € et les frais de
notaire soit 4 600 € ont été portés en charges.
• Les bâtiments, construits en N–3 s’amortissent en 20 ans, avec une valeur résiduelle de
90 000 €. Il aurait fallu distinguer la toiture, sans valeur résiduelle d’une durée de 15 ans et
la structure du bâtiment d’une durée de 30 ans. En fait la durée de 20 ans a été calculée pour
tenir compte des valeurs respectives du gros œuvre et de la structure et faire en sorte que la
dotation globale soit la même sur 20 ans.
• Installations générales, agencements, aménagements des constructions : ils s’amortissent en
15 ans (valeur résiduelle nulle).
282
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
• Les travaux d’installation, agencements et aménagements des constructions ont fait l’objet
de la part de la Région d’une subvention de 20 % (soit 54 000 €) comptabilisées dans le 131 du
PCG « Subventions d’équipement ». Pour l’établissement des comptes consolidés en normes
internationales, la société Nicolas a choisi de comptabiliser cette subvention conformément
au § 27 de la norme IAS 20 présenté avec le § 26 en annexe.
• Le matériel industriel s’amortit en 10 ans (amortissement dégressif, coefficient 2,25, avec diffé
rence entre amortissements dégressif et linéaire porté en amortissements dérogatoires) avec une
valeur résiduelle de 60 000 €. Des provisions de gros entretien pour une révision globale au bout
de 5 ans sont comptabilisées chaque année pour 12 000 € depuis l’acquisition. Depuis l’acquisition,
aucune grosse révision provisionnée n’a été effectuée.
• Au moment de l’acquisition le matériel transport avait une durée de vie est estimée à 8 ans
(avec une valeur résiduelle de 20 000 €). Au 31 décembre N sa valeur a été estimée à 100 000 €.
• Les comptes « Matériel de bureau et informatique » et « Mobilier » ne font pas l’objet d’ob
servations particulières pour ce travail.
Travail à faire
Dans le cadre d’une consolidation en IFRS, présentez les écritures de retraitement de préconsoli-
dation des immobilisations corporelles pour l’année N de la société Nicolas. On prendra un taux
d’impôt sur les sociétés de 25 %.
IAS 20 § 26 et 27
Annexe
283
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Travail à faire
Dans le cadre d’une consolidation en IFRS, présentez les écritures de préconsolidation de retraite-
ment des immobilisations incorporelles pour l’année N de la société Nicolas. On retiendra un taux
d’impôt sur les sociétés de 25 %.
284
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Travail à faire
1. Présentez, dans le journal de la société Félix (comptes tenus conformément au PCG), les écri-
tures comptables aux dates suivantes : 1er janvier N, 1er avril N, 31 décembre N+14, 31 décembre
N+15, 31 décembre N+17.
2. Vérifiez le taux effectif applicable à ce contrat qui s’élève à 8,6 %.
3. Présentez le tableau d’amortissement de l’emprunt pour les années N et N+1.
4. Présentez dans le journal de la société Félix (comptes tenus conformément aux IFRS), les écri-
tures comptables aux dates suivantes : 1er janvier N, 1er avril N, 31 décembre N, 31 décembre
N+14, 31 décembre N+15, 31 décembre N+17.
5. Présentez les écritures de retraitement (bilan et résultat) dans le cadre de la consolidation pour
l’année N.
285
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Travail à faire
1. Présentez dans les comptes sociaux de la société Tanguy les écritures au 1er juillet N,
au 31 décembre N et au 1er juillet N+1. Les frais d’emprunt seront répartis sur la durée de l’em-
prunt.
2. Établissez un tableau d’amortissement de l’emprunt et déterminez, pour chaque échéance,
le coût amorti (conformément à l’IFRS 9 citée en annexe). On appliquera un taux effectif
de 6 %.
3. Présentez, en normes IFRS, les écritures au 1er juillet N et au 31 décembre N.
4. Indiquez les retraitements nécessaires pour effectuer la consolidation des comptes du groupe
Tanguy au 31 décembre N.
Le coût amorti d’un actif ou d’un passif est le montant auquel est évalué l’actif ou
le passif financier lors de sa comptabilisation initiale, diminué des remboursements
en principal, majoré ou diminué de l’amortissement cumulé calculé par la méthode
du taux d’intérêt effectif, de toute différence entre ce montant initial et le montant
à l’échéance, et diminué de toute réduction (opérée directement ou par le biais d’un
compte de correction de valeur) pour dépréciation ou irrécouvrabilité.
286
SYNTHÈSE
Retraitements de préconsolidation
en normes internationales
Retraitements à effectuer
• Droits de mutation, honoraires ou commissions et frais d’actes, liés
à l’acquisition
Immobilisations
– Actif locatif = Passif locatif + Coûts directs initiaux engagés par le preneur
• Pour chaque période comptable :
Charges = Amortissement + Charge financière
Dépréciations
287
Retraitements à effectuer
Divergence totale le PCG et les IFRS qui distinguent les cas suivants
Instruments financiers
288
CHAPITRE
10 Comptes réciproques
et résultats internes, écarts
d’évaluation et d’acquisition
PROGRAMME
PLAN DU CHAPITRE
Cours : 1. Les comptes réciproques • 2. La dépréciation des titres, créances et provisions sur
d’autres entités consolidées • 3. Les dividendes • 4. Les stocks acquis à l’intérieur du groupe
• 5. Les immobilisations acquises à l’intérieur du groupe • 6. Les titres d’autocontrôle
• 7. Les écarts d’évaluation et d’acquisition
Des savoirs aux compétences : Évaluer les savoirs • Maîtriser les compétences
• Préparer l’épreuve
Synthèse
A près avoir retraité, dans des opérations dites de préconsolidation – en vue de les rendre homo-
gènes –, les comptes des différentes unités faisant partie des différentes entités comprises
dans le périmètre de consolidation, le consolideur est en mesure d’établir des comptes cumulés.
Ces derniers ne sont pas des comptes consolidés. En effet, ils n’ont pas éliminé les opérations
internes au groupe, ni retraité les écarts constatés lors de la première consolidation, ni éliminé les
montants liés aux participations. Il y a donc lieu d’effectuer ces opérations de consolidation avant
d’établir les documents de synthèse consolidés.
MOTS-CLÉS
Autocontrôle • Compte réciproque • Dividende • Écart d’acquisition • Écart d’évaluation
• Goodwill • Immobilisation • Regroupement d’entreprises • Résultat interne • Stock
1 Les comptes réciproques
Que ce soit au niveau du bilan ou au niveau du compte de résultat, du fait d’opérations internes
au groupe (prêts, cessions de produits), des comptes réciproques apparaissent :
• Au niveau du bilan, clients et fournisseurs, pour des créances d’une société sur l’autre, prêts et
emprunts, autres débiteurs et autres créditeurs, comptes courants, effets à recevoir et effets
à payer.
• Au niveau du compte de résultat, achats et ventes, charges financières et produits financier,
subventions accordées et subventions obtenues.
Il faut faire disparaître de la balance cumulée (ou du bilan et du compte de résultat cumulés) les
montants correspondants en soldant les comptes correspondants. Le montant à éliminer est
fonction de la méthode de consolidation utilisée (tab. 10.1).
Exemple
◗ La société Bêta est une filiale de la société Alpha. La société Alpha a facturé à la société Bêta
une somme de 120 000 € TTC correspondant à une livraison de marchandises. Au 31 décembre
N, le bilan d’Alpha comporte un poste Client Bêta débiteur de 120 000 € et le bilan de Bêta
comporte un poste Fournisseur Alpha créditeur de 120 000 €.
Par ailleurs, la société Alpha a enregistré 500 000 € de ventes de produits à la société Bêta.
Les écritures de retraitement suivantes doivent être comptabilisées :
31.12.N
Fournisseurs 120 000
Clients 120 000
Créances et dettes réciproques
d°
Ventes 500 000
Achats 500 000
Produits et charges réciproques
Lorsque l’une des deux sociétés a été intégrée proportionnellement, la compensation n’est
limitée à la quote-part intégrée. ◗
MINI-CAS 2
290
2 La dépréciation des titres, créances et provisions
sur d’autres entités consolidées
Lorsque ces comptes réciproques ont fait l’objet de dépréciations, celles-ci doivent être annu-
lées, les incidences fiscales devant suivre le même effet.
L’élimination des dépréciations doit s’effectuer de la manière suivante :
– la fraction provenant des dépréciations des exercices antérieurs est comprise dans les
réserves ;
– la variation de l’exercice est inscrite au résultat.
Résultat 45 000
Dotations aux dépréciations de l’actif circulant 45 000
Annulation de la provision client du Bêta
291
3 Les dividendes
Les dividendes de la filiale touchés par la société mère sont en fait des résultats d’exercices
précédents qui doivent être considérés comme des réserves consolidées : il est nécessaire de les
virer à ce compte.
Les dividendes n’étant pas imposés (régime des sociétés mères et des filiales, seuls les frais
engagés pour toucher ces dividendes et estimés à 5 % de ceux-ci n’étant pas déductibles), il n’y
a pas lieu en général de tenir compte d’une fiscalité incidente.
Exemple
◗ La société Gamma, filiale à 60 % de la société Alpha, a versé à cette dernière au cours de
l’exercice N, 60 000 € de dividendes au titre de l’exercice N–1. Les écritures de retraitement
suivantes devront être comptabilisées.
Écriture pour le bilan
292
Exemple
◗ La société Sigma vend habituellement à sa société mère, la société Alpha, titulaire de 60 % du
capital de Sigma, des marchandises avec un taux de marge moyen de 20 %. Au 31 décembre
N, le stock de ces marchandises dans le bilan d’Alpha est de 60 000 € alors qu’il était de
36 000 € au 31 décembre N–1.
Les écritures de retraitement suivantes devront être comptabilisées. On utilisera la méthode
de consolidation directe qui fait remonter les résultats des exercices antérieurs (réserves) ou
de l’exercice (résultats) au niveau de la société mère. Il est à noter que le profit de stocks est
Résultat 1 200
Impôt sur les bénéfices 1 200
Impôt payé d’avance sur profit interne sur stock
293
Les intérêts minoritaires sur capital et réserves, ou « participations ne donnant pas le
contrôle », sont classés au bilan sur une seule ligne. Dans le compte de résultat, le résultat
revenant aux intérêts minoritaires est renseigné séparément du résultat revenant au
groupe. Il est donc nécessaire soit dans les écritures conduisant au bilan consolidé, soit
dans celles conduisant au compte de résultat consolidé de séparer les intérêts minoritaires
conduisant au résultat des autres intérêts minoritaires sur capital et réserves.
• Pour la cession :
Écritures pour le bilan
294
Écritures pour le compte de résultat
• Pour l’amortissement :
Écritures pour le bilan
Résultat 2 000
Dotations aux amortissements des immobilisations 2 000
Annulation complément d’amortissement
295
6 Les titres d’autocontrôle
Lorsque des actions ou des droits de vote d’une société sont possédés par une ou plusieurs socié-
tés dont elle détient directement ou indirectement le contrôle, il y a autocontrôle et (dans le
droit français, notamment article L. 233‑31 du Code de commerce) les droits de vote attachés
à ces actions ou ces droits de vote ne peuvent être exercés à l’assemblée générale de la société.
Dans le cadre de la présentation des comptes consolidés ces titres doivent être annulés.
Exemple
◗ Supposons que la société Alpha possède 60 % du capital de la société Bêta, laquelle possède
70 % du capital de la société Gamma. Cette dernière, contrôlée par la société Alpha pos-
sède 10 % du capital de la société Alpha. Les titres Alpha possédés par Gamma devront être
annulés. Si ces titres ont été acquis 50 000 € pour 2 000 actions de nominal 10 €, on passera
l’écriture suivante :
Définitions
• L’écart d’évaluation désigne la différence entre la valeur d’entrée dans le bilan consolidé
d’un élément et la valeur comptable du même élément dans l’entreprise contrôlée.
• L’écart d’acquisition désigne la différence entre le coût d’acquisition des titres et l’évalua-
tion totale des actifs et passifs identifiés à la date d’acquisition.
296
A Les écarts d’évaluation
1. Selon les normes françaises
Principes d’évaluation des actifs et des passifs identifiables. En normes françaises, les écarts
d’évaluation doivent porter sur des actifs et passifs identifiables, inscrits au bilan consolidé à
leur valeur d’entrée déterminée en fonction de l’usage prévu par l’entreprise consolidante.
Ce principe peut conduire à la comptabilisation, par l’entité consolidante, de certains actifs
et passifs que l’entité acquise n’avait pas précédemment comptabilisés dans ses comptes
Pour le règlement 2020-01 (art. 232-1), l’évaluation de la valeur d’entrée d’un actif tient compte
de l’utilisation envisagée par l’acquéreur. La valeur d’entrée correspond au prix que l’entité acqué-
reuse aurait accepté de payer si elle avait acquis les actifs et passifs identifiés séparément. La
valeur d’entrée des actifs destinés à être cédés est déterminée sur la base du prix de cession pro-
bable minoré des frais de cession.
Détermination des écarts d’évaluation. L’écart d’évaluation entre la valeur comptable
consolidée d’un élément d’actif ou de passif et sa valeur fiscale génère un impôt différé. Par
exception à cette règle, ne doivent pas être pris en compte les passifs d’impôts différés pro-
venant de la comptabilisation des écarts d’évaluation portant sur des actifs incorporels géné-
ralement non amortis ne pouvant être cédés séparément de l’entreprise acquise (règlement
2020-01, art 272-10).
297
Bilan société Bêta au 31 décembre N–4 (en k€)
52 000 48 000
37 000 22 000
Passifs courants
Fournisseurs et autres créditeurs 8 000
Actifs non nécessaires 1 000 Emprunts à court terme 5 000
à l’exploitation
Partie à court terme 2 000
des emprunts à long terme
Impôts exigibles 2 000
Instruments financiers à terme 1 000
– Passif
Provisions à court terme 2 000
20 000
Le 1er janvier N–3 au moment de l’acquisition de la société Bêta, il y a lieu de tenir compte de
plus-values sur :
• Constructions pour 4 000 000 € (amortissement en 20 ans).
• Terrains d’exploitation pour 1 500 000 €.
• Terrains non nécessaires à l’exploitation et destinés à être cédés : 900 000 €.
• Brevets pour 6 000 000 € (amortissements en 10 ans).
• Stocks pour 2 000 000 €.
298
Les frais de restructuration arrêtés au 1er janvier N–3 de la filiale sont estimés à 3 000 000 €.
Des actifs éventuels (frais de recherche non immobilisés pouvant être brevetés et exploités)
sont estimés à 1 000 000 € (amortissables en 5 ans).
Pour les autres éléments de l’actif et du passif, les valeurs nettes comptables sont représen-
tatives de la juste valeur.
Le taux d’impôt à prendre en compte est de 25 %
La juste valeur nette des actifs et passifs identifiables de cette société peut se déterminer
comme suit (en milliers d’euros) :
299
1. Les normes françaises
En comptabilité, notamment française, le goodwill peut être comptabilisé, selon le cas, dans
le fonds commercial (comptes individuels) ou dans l’écart d’acquisition (comptes consolidés) :
• Écart d’acquisition positif. Il est inscrit à l’actif immobilisé et généralement amorti sur
une durée qui doit refléter, aussi raisonnablement que possible, les hypothèses retenues
et les objectifs fixés et documentés lors de l’acquisition. L’article R. 233‑5 du Code de
commerce précise que « l’écart d’acquisition comptabilisé à l’actif est rapporté au résul-
tat sur sa durée d’utilisation. Dans des cas exceptionnels, lorsque sa durée d’utilisation
ne peut être déterminée de façon fiable, il est amorti sur une période de dix ans. Que
sa durée d’utilisation soit limitée ou non, l’écart d’acquisition comptabilisé à l’actif fait
l’objet d’une dépréciation lorsque sa valeur d’inventaire est inférieure à sa valeur comp-
table si l’on prévoit que la perte de valeur sera durable. Ces dépréciations ne sont jamais
reprises » (fig. 10.1).
L’écart d’acquisition ne concerne pas les minoritaires dans le règlement 2020-01 de l’ANC
(à la différence de la norme IFRS 3 dans la méthode du « full goodwill »).
oui
non
300
• Ne doivent pas être pris en compte les passifs d’impôts différés provenant de la comptabi-
lisation d’écarts d’acquisition puisque leur amortissement n’est pas déductible fiscalement
(règlement 2020-01, art. 272-10).
L’acquéreur doit (IFRS 3, § 32) constater le goodwill à la date d’acquisition comme la différence
(excédent) entre :
– le total de la valeur de la contrepartie transférée et de la part revenant aux intérêts
minoritaires, appelée par la norme « participation ne donnant pas le contrôle dans
l’entreprise » ;
– le montant net des actifs et passifs identifiables constatés.
La norme IFRS 3 (§ 19) autorise l’évaluation des intérêts minoritaires :
– soit leur quote-part dans l’actif net identifiable de l’entité acquise ;
– soit à la juste valeur.
Si les intérêts minoritaires sont évalués à la juste valeur, il y a lieu de comptabiliser la quote-part
de goodwill revenant aux intérêts minoritaires.
Compte tenu de cette possibilité offerte par le § 19 de la norme IFRS 3, deux méthodes d’éva-
luation et de comptabilisation du goodwill peuvent être envisagées :
– une évaluation affectée simplement à l’acquéreur (méthode dite du « purchase goodwill »
ou du goodwill partiel) ;
– une évaluation affectée à la fois à l’acquéreur et aux intérêts minoritaires (méthode dite du
« full goodwill » ou du goodwill total ou complet).
Il est à noter que s’il avérait que le goodwill serait négatif, la norme IFRS 3 (§ 32) considère que
l’acquisition a été faite à des conditions avantageuses et que l’acquéreur a fait « une bonne
affaire » (bargain purchase), cette bonne affaire devant être comptabilisée dans le résultat de
l’exercice.
301
Exemple (suite)
◗ Reprenons le cas de la société Bêta dont la société Alpha a pris le contrôle en N–3. Les titres
avaient été acquis 36 000 000 €. On peut ainsi calculer le goodwill :
• Valeur d’acquisition des titres : 36 000 000
• Quote-part des actifs et passifs identifiables revenant à Alpha :
57 300 000 × 60 % = – 34 380 000
Goodwill 1 620 000 ◗
Le goodwill peut être positif ou négatif. S’il est positif, il correspond à la quote-part des immobili-
sations incorporelles non identifiables acquises par l’acquéreur (le fonds commercial par exemple)
ou /et à la prime payée en contrepartie des avantages que procure la prise de contrôle : élimination
d’une entreprise concurrente, assurance d’un approvisionnement ou d’un débouché, amélioration
des conditions de production, expansion à l’étranger. Après sa première comptabilisation, le good-
will positif doit faire l’objet d’un test de dépréciation (impairment test), conformément à l’IAS 36.
La comptabilisation du goodwill n’engendre pas d’impôt différé (IAS 12 § 21).
302
Goodwill 1 700 000
Ce goodwill serait partagé entre goodwill revenant aux majoritaires (1 620 000 €)
(comme ci-avant) et goodwill revenant aux minoritaires (80 000 €), soit 23 000 000
– 57 300 000 × 40 %. ◗
5. La dépréciation du goodwill en normes internationales
Pour les besoins des tests de dépréciation, à compter de la date d’acquisition, le goodwill acquis
dans un regroupement d’entreprises, doit être affecté à chacune des unités génératrices de tré-
sorerie de l’acquéreur ou à chacun des groupes d’unités génératrices de trésorerie susceptibles
303
C La comptabilisation des écarts d’évaluation et d’acquisition
Les écarts d’évaluation et les écarts d’acquisition doivent être comptabilisés en tenant compte
de toutes incidences survenues depuis la prise de contrôle de l’entité.
L’article 272-10 du règlement 2020-01, qui autorise à ne pas prendre en compte des passifs
d’impôts différés pour ce qui concerne la comptabilisation des écarts d’évaluation portant
sur des actifs incorporels généralement non amortis ne pouvant être cédés séparément de
l’entité acquise ne pourra s’appliquer aux marques de la société Gamma.
304
Écritures pour le bilan
31.12.N
Marques 120 000
Terrains 80 000
Constructions 200 000
Impôts différés (120 000 + 80 000 + 200 000) × 25 % 100 000
Réserves Alpha : 240 000
120 000 + 80 000 + 200 000 – 100 000 = 300 000 × 80 %
305
NOTRE CONSEIL
Au moment de la prise de participation, mieux vaut imputer les écarts d’évaluation et d’acquisition positifs
directement dans les comptes de capitaux propres. On peut considérer que les plus-values constatées sur
éléments identifiables ou non identifiables reviennent à la société mère et aux intérêts minoritaires pour la
part qui les concerne. Les écarts d’acquisition négatifs, sont ici considérés, à l’instar du référentiel international,
comme une acquisition avantageuse directement imputable sur les titres de participation en ajustant la valeur
de ceux-ci à une valeur d’acquisition ne tenant pas compte de cet avantage.
D’autres modes d’imputation peuvent cependant être utilisés. Ils conduisent à des retraitements différents des
titres de participation des entités intégrées ( chapitre 11).
Résultat 3 500
Reprise sur provisions pour risques et charges 3 500
Amortissement de l’écart d’acquisition négatif au
31 décembre N
En normes françaises, l’écart d’acquisition doit être comptabilisé séparément quel que
soit le type de lien entre la société consolidante et la participation. L’article 262‑2
du règlement 2020-01 de l’ANC relatifs à la première consolidation par mise en
équivalence précise que « l’écart qui en résulte est un écart d’acquisition présenté
selon les mêmes modalités que les écarts d’acquisition définis dans le cadre de
l’intégration globale ». La norme IAS 28 (§ 32) précise, au contraire, que « le goodwill
lié à une entreprise associée ou à une coentreprise est inclus dans la valeur comptable
de la participation ». Les écarts d’évaluation des titres mis en équivalence ne font
pas l’objet d’une comptabilisation particulière mais sont pris en compte dans la
détermination de la valeur d’équivalence.
306
2. La comptabilisation en normes internationales
Comptabilisation des écarts d’évaluation. Tous les écarts d’évaluation et d’amortissement
doivent être comptabilisés.
Exemple (suite)
◗ Reprenons l’exemple de la prise de contrôle de la société Bêta par la société Alpha laquelle a
pris le contrôle le 1er janvier N–3, en faisant l’acquisition de 60 % de son capital, de la société
Bêta.
307
Les écritures d’amortissement de ces immobilisations (excepté si elles ont été cédées) seront
les suivantes (en milliers d’euros) :
Pour le bilan
308
Exemple (suite)
◗ En reprenant le cas de la société Bêta et en supposant que le goodwill soit de 1 620 000 €, on
passerait l’écriture suivante (en milliers d’euros) :
Après cette opération le compte « Titre de participation (Bêta) » est devenu débiteur de
34 000 000 + 380 000 = 34 380 000 soit 57 300 000 × 60 %. ◗
309
NOTRE CONSEIL
Si la prise de contrôle avait été effectuée au cours de l’exercice N, dans les écritures pour le bilan, on aurait
crédité le compte « Résultat société Alpha » et, dans les écritures pour le compte de résultat, on aurait crédité
un compte « Profits venant d’acquisition à des conditions avantageuses ».
Exemple (suite)
◗ Supposons qu’en N–1, le goodwill global (« full goodwill ») dégagé à l’acquisition de la société
Bêta, soit 2 700 000 € (soit 1 620 000 selon la méthode dite du « goodwill partiel ») se soit
déprécié de 2 000 000 €. On aurait constaté cette dépréciation dans le résultat de la
société Alpha en cas de goodwill partiel ou 60 % de la dépréciation dans le résultat de
la société Alpha et 40 % dans le revenant aux intérêts minoritaires en cas de goodwill
total). Au moment de l’établissement des comptes consolidés de l’année N, cette déprécia-
tion s’imputera sur les réserves.
Selon la méthode du « goodwill partiel », on aurait passé, dans les écritures de consolidation
fin N, l’écriture suivante (en milliers d’euros) :
Selon la méthode du « goodwill total », on aurait passé, dans les écritures de consolidation à
la fin N, l’écriture suivante :
310
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
1 QCM
Pour chacune des questions suivantes, une seule réponse est possible. Justifiez votre choix.
1. La société Alpha a pris, à parité avec la société Oméga, une participation dans la société
Delta pour y assumer un contrôle conjoint. Au 31 décembre N, vous constatez dans le bilan
d’Alpha un poste Delta débiteur de 40 000 € et dans le bilan de Gamma un poste Fournis-
seur Alpha créditeur de 40 000 €. Dans le cadre de la consolidation en normes françaises, de
quelle somme faut-il compenser les comptes Fournisseur Alpha et Client Delta ?
a. 40 000 €. ∙
b. 20 000 €. ∙
c. 0 €. ∙
2. La société Alpha effectue régulièrement avec sa filiale Epsilon (dont elle possède 60 %
du capital) des opérations d’exploitation. La société Epsilon vend à Alpha des matières
premières qui seront transformées par la société Alpha. La marge d’Epsilon sur la vente
de ces matières premières est de 20 %. Au 31 décembre N, dans le bilan d’Alpha,
les stocks de ces matières premières ont été évalués à 250 000 €. Ils étaient de 200 000 €
au 1er janvier N. Sachant que le taux d’impôt sur les sociétés est de 25 %, que l’on utilise
la méthode de consolidation directe, de quel montant le résultat consolidé d’Alpha
doit-il être diminué ?
a. 10 000 €. ∙
b. 7 500 €. ∙
c. 4 500 €. ∙
3. La société Alpha a vendu à sa filiale Epsilon (dont elle possède 60 % du capital)
pour 300 000 € un ensemble immobilier acquis 200 000 € (dont 50 000 €
pour le terrain) et amorti de 60 000 €. De combien, dans le retraitement des comptes
pour la consolidation doit-elle diminuer son résultat (taux d’impôt sur les bénéfices :
25 %) ?
a. 160 000 €. ∙
b. 120 000 €. ∙
c. 72 000 €. ∙
4. La société Alpha prend le contrôle de la société Bêta en faisant l’acquisition de 51 %
des actions du capital de cette société. Comment, dans les états financiers consolidés
de la société Alpha, doivent être présentés les terrains et constructions de la société Bêta
(selon IFRS 3) ?
a. À la valeur comptable qu’ils ont dans les comptes de la société Bêta. ∙
b. À leur juste valeur (valeur de marché) dans les comptes de la société Bêta. ∙
c. À la valeur comptable qu’ils ont dans les comptes de la société Bêta majorée de 51 %
de la différence entre la juste valeur (valeur de marché) et la valeur comptable. ∙
5. La société Alpha vient de prendre le contrôle de la société Gamma en faisant l’acquisition
pour 8 100 k€ de 60 % du capital de cette société. Les actifs identifiables de la société
311
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
312
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
313
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Travail à faire :
1. Présenter les écritures d’intégration de la société Bêta au 1er janvier N–3 en imaginant deux
hypothèses de valorisation du goodwill (goodwill partiel et goodwill total).
2. Présenter les écritures concernant les écarts d’évaluation et le goodwill dans le cadre de la
consolidation des comptes du groupe Alpha au 31 décembre N (goodwill total).
53 000 48 000
37 000 22 000
Passifs courants
20 000
314
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES
Annexe 2
Les titres Bêta été acquis pour 39 000 000 €. La valeur unitaire des titres des minoritaires
de la société Bêta sont estimés à 95 % de la valeur des titres acquis par la société Alpha.
Le 1er janvier N–3 au moment de l’acquisition de la société Bêta, il y a lieu de tenir
compte de plus-values sur :
– constructions pour 4 000 000 € (amortissement en 20 ans) ;
– terrains pour 2 000 000 € (dont 500 000 € pour la juste valeur nette de frais de cession
de terrains non nécessaires à l’exploitation et destinés à être cédés) ;
– brevets pour 6 000 000 € (amortissements en 10 ans) ;
– stocks pour 2 000 000 €.
Au 31 décembre N–1, la filiale Bêta (assimilée à une unité génératrice de trésorerie) est
estimée à 55 millions d’€ (dont 50 millions d’€ pour les actifs identifiables non courants,
40 millions pour les actifs courants, 25 millions pour les passifs non courants et 20
millions pour les passifs courants).
Au 31 décembre N, elle est estimée à 40 millions d’€ (dont 45 millions d’€ pour les actifs
identifiables non courants, 35 millions pour les actifs courants, 22 millions pour les
passifs non courants et 24 millions pour les passifs courants).
Le taux d’impôt à prendre en compte est de 25 %
315
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Travail à faire
Présentez les écritures de régularisation nécessaires pour la consolidation (bilan et compte de
résultat) en utilisant la méthode de consolidation directe (taux de l’impôt sur les bénéfices : 25 %).
316
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Travail à faire
1. Déterminez les écarts d’évaluation.
2. Calculez le goodwill en utilisant la méthode du goodwill partiel.
3. Analysez la répartition du goodwill partiel en unités génératrices de trésorerie au 1er janvier N–2,
au 31 décembre N–1 et au 31 décembre N.
4. Présentez les écritures de régularisation nécessaires pour la consolidation au 31 décembre N
(bilan et compte de résultat) en utilisant la méthode de consolidation directe.
317
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Travail à faire
À la date du 1er janvier N (en prenant en compte un taux d’impôt différé de 25 %) :
1. Présentez en normes françaises les écritures de consolidation de la participation.
2. Présentez en normes IFRS les écritures de consolidation de la participation. Précisez, à chaque
fois, comment sera traité à l’avenir le goodwill dégagé.
318
SYNTHÈSE
Comptes réciproques et résultats internes,
écarts d’évaluation et d’acquisition
319
CHAPITRE
11 Traitement des titres
mis en équivalence
et des titres des entités
intégrées
PROGRAMME
PLAN DU CHAPITRE
Cours : 1. Les méthodes de consolidation applicables • 2. Le traitement des titres mis en
équivalence • 3. Le traitement des titres des entités intégrées globalement • 4. Le traitement
des titres des entités intégrées proportionnellement
Des savoirs aux compétences : Évaluer les savoirs • Maîtriser les compétences • Préparer
l’épreuve
Synthèse
A près avoir retraité les capitaux propres des sociétés consolidées au cours d’opérations dites
de préconsolidation, en vue de les rendre homogènes, d’éliminer les opérations internes au
groupe et de retraiter les écarts constatés lors de la première consolidation, il convient de les
répartir entre les capitaux propres de la société mère et les intérêts minoritaires sur capital et
réserves. Ce partage s’accompagne de l’élimination des titres de participation.
MOTS-CLÉS
Consolidation • Coût d’acquisition d’une entité • Goodwill • Intégration globale
• Intégration proportionnelle • Pourcentage de participation • Titre de participation
• Titre mis en équivalence
1 Les méthodes de consolidation applicables
Selon la relation de la société mère avec les entreprises faisant partie du groupe, on peut déter-
miner les méthodes de consolidation applicables (tab. 11.1).
Partie 3 – Chap 11 – Traitement des titres mis en équivalence et des titres des entités intégrées
Contrôle conjoint Intégration proportionnelle Mise en équivalence (consolidation
partielle dans le cas de partenariat
sous forme d’activité conjointe)
321
Pour le bilan
Résultat 30 000
Quote-part dans les résultats des entreprises mises 30 000
en équivalence
Mise en équivalence d’une participation
322
Pour le bilan
Partie 3 – Chap 11 – Traitement des titres mis en équivalence et des titres des entités intégrées
40 340 × 40 %
Résultat Bêta (100 000 – 16 152
120 000 × 4 % × 75 % × 30 % –40 000 × 5 %
= 26 920 × 60 %
Intérêts minoritaires sur résultat 26 920 × 40 % 10 768
Mise en équivalence d’une participation
Si l’on appliquait les normes françaises, « Titres Gamma mis en équivalence » serait
débité de 328 260 € et « Écart d’acquisition sur titres mis en équivalence » de 34 000 €,
conformément à l’article 262-2 du règlement 2020-01 de l’ANC.
Résultat 26 920
Quote-part dans les résultats des entreprises mises 26 920
en équivalence
Mise en équivalence d’une participation
Exemple
◗ Les droits d’enregistrement, les honoraires versés aux consultants et experts externes partici-
pant à l’opération d’acquisition, à l’exception des frais d’émission de titres qui sont imputables
nets d’impôts sur les capitaux propres, sont autant de coûts directs intégrés aux titres de
participation. ◗
323
Cette disposition s’explique par le fait que si une entité comptabilise dans ses comptes annuels
ses frais d’acquisition, elle a la possibilité (selon l’article 209 VII du CGI) d’effectuer un amortis-
sement en 5 ans (constaté comme amortissement dérogatoire). En IFRS, aucune précision n’est
donnée (notamment du fait que cette disposition fiscale n’existe pas dans tous les pays).
L’écart d’acquisition est présenté selon les mêmes modalités que dans le cadre de
l’intégration globale (règlements ANC 2020-01 art. 262-2). Il n’est donc pas compris dans
la valeur d’équivalence.
324
A Le cas de la consolidation d’une filiale de premier niveau
Exemple
◗ Supposons que la société Alpha ait acquis, pour 600 000 €, 60 % du capital de la société Bêta.
L’actif de la société Bêta est de 1 800 000 € et s’analyse ainsi :
• Capital 1 000 000
• Réserves 500 000
• Résultat 300 000
Le partage de cet actif net entre le groupe (Alpha) et les intérêts minoritaires sur capital,
Partie 3 – Chap 11 – Traitement des titres mis en équivalence et des titres des entités intégrées
réserves et résultat peut s’analyser dans le tableau suivant :
Il est à noter que cette opération n’a aucune incidence sur le résultat. On a en fait débité
un compte de Résultat de 300 000 € et crédité deux comptes de Résultat pour un total de
300 000 € (180 000 € et 120 000 €). ◗
325
B Le cas de la consolidation d’une sous-filiale
Exemple
◗ La société mère Alpha détient 70 % du capital de la société Bêta laquelle détient 60 % du capi-
tal de la société Gamma. Le pourcentage d’intérêts d’Alpha sur Gamma est de 70 % × 60 %
= 42 %. Les titres Bêta achetés par Alpha et les titres Gamma achetés par Bêta ont été acquis
pour respectivement 4 200 000 € et 1 200 000 €. Des écarts d’acquisition ont été constatés
sur ces titres pour respectivement 300 000 € et 180 000 € et ont été imputés sur les capitaux
propres des parties prenantes ( chapitre 10).
Au 31 décembre N, la situation nette de Bêta est de 8 500 000 € dont 5 000 000 € pour le
capital, 2 800 000 € pour les réserves et 700 000 € pour le résultat.
Au 31 décembre N, la situation nette de Gamma est de 2 500 000 € dont 1 500 000 € pour le
capital 800 000 € pour les réserves et 200 000 € pour le résultat.
On aura pour la consolidation au 31 décembre N les écritures suivantes (écritures décompo-
sées pour le bilan) :
326
C Le cas de la consolidation de participations circulaires
Dans ce cas, seule la consolidation directe est possible.
Exemple (suite)
◗ Reprenons le cas précédent.
Au 31 décembre N les capitaux propres d’Alpha sont de 15 000 000 €, dont 8 000 000 € pour
le capital, 6 000 000 € pour les réserves et 1 000 000 € pour le résultat.
Vous apprenez que la société Gamma a acquis 5 % du capital d’Alpha pour 1 300 000 € (sans
écart d’acquisition).
Partie 3 – Chap 11 – Traitement des titres mis en équivalence et des titres des entités intégrées
Pour déterminer les pourcentages d’intérêt, il y a lieu de poser un système d’équations
( chapitre 4).
Soit a, b et c les pourcentages d’intérêt du groupe Alpha sur les sociétés Alpha, Bêta et Gamma.
On peut écrire que :
• a = 0,95 + 0,05 c • b = 0,70 a • c = 0,60 b
On trouvera :
• a = 0,9704, soit 97,04 % • b = 0, 6793, soit 67,93 % • c = 0,4076, soit 40,76 %
327
Capital Gamma 1 500 000
Réserves Gamma 800 000
Résultat Gamma 200 000
Titres de participation Gamma 1 200 000 – 180 000 1 020 000
Réserves Alpha (1 500 000 + 800 000) × 40,76 % – 244 594
1 020 000 × 67,93 %
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 1 035 406
(1 500 000 + 800 000) × 59,24 % –
1 020 000 × 32,07 %
Résultat Alpha 200 000 × 40,76 % 81 520
Intérêts minoritaires sur résultat 200 000 × 59,24 % 118 480
Consolidation Gamma
MINI-CAS 4
NOTRE CONSEIL
Dans le cadre des normes IFRS, en principe pour les entités sous contrôle conjoint, vous devez recourir à la
méthode de mise en équivalence présentée ci-dessus. Toutefois, pour des activités conjointes ( chapitre 7),
lorsque certains actifs ont été acquis en commun, une consolidation partielle (souvent proportionnelle) peut
être envisagée.
328
A Le cas d’une entité sous contrôle conjoint d’une société mère
Exemple
◗ Supposons que la société Alpha qui possède 50 % du capital de la société Delta partage le
contrôle (à parité de droits de vote) de la société Delta avec la société Omicron (qui possède,
quant à elle, 50 % de la société Delta).
Au moment de la sommation, 50 % des valeurs du capital, des réserves et des résultats de la
société Delta sont compris dans le bilan cumulé.
Partie 3 – Chap 11 – Traitement des titres mis en équivalence et des titres des entités intégrées
Groupe Alpha Groupe Omicron
Postes Total
50 % 50 %
329
Théoriquement, le pourcentage d’intérêts d’Alpha sur Lambda est de 42 % × 50 % = 21 %,
mais comme on ne reprendra du fait de l’intégration proportionnelle, que 50 % des
actifs et passifs de Lambda, sur la partie reprise, le pourcentage d’intérêts sera en réalité
de 42 %.
On présentera donc pour la consolidation du bilan, au 31 décembre N, l’écriture suivante :
MINI-CAS 3
330
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Évaluer Maîtriser Préparer
les savoirs les compétences l’épreuve
1 QCM
Pour chacune des questions suivantes, une seule réponse est possible. Justifiez votre choix.
La société Alpha a pris une participation de 80 % dans la société Bêta, laquelle a pris une parti-
cipation de 60 % dans la société Gamma, de 50 % (contrôle conjoint) dans la société Delta, de
30 % dans la société Epsilon, de 10 % dans la société Lambda. La société Gamma a pris, de son
côté une participation de 75 % dans la société Sigma. Toutes ces participations ont été prises
après la création des différentes sociétés alors que les capitaux mis en réserves représentaient
20 % du capital émis.
Les bilans (après écritures de préconsolidation) vous sont fournis ci-après (comptes de capitaux
propres seulement, en milliers d’euros).
Total Capitaux propres 27 000 16 000 18 000 10 800 6 000 7 800 10 400
331
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
b. ∙
c. ∙
332
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
b. ∙
c. ∙
333
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
b. ∙
c. ∙
334
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
b. ∙
c. ∙
335
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
La SA Apollinaire a acquis en N–5 une participation de 80 % pour 500 000 € dans la société
Béranger. Cette dernière société a acquis en N–4 une participation de 60 % pour 300 000 €
dans la société Constantin, de 50 % dans la société Donald (en commun avec la société Zita
– contrôle conjoint) pour 200 000 € et de 30 % dans la société Emma pour 90 000 €. La
société Constantin a acquis en N–3 une participation de 70 % pour 70 000 € dans la société
Florentin.
Après retraitements dits « de préconsolidation », les bilans au 31 décembre N des sociétés
Donald, Emma et Florentin sont les suivants :
Présentez le traitement dans les comptes consolidés du groupe Apollinaire des capitaux propres
des sociétés Donald, Emma et Florentin (normes françaises).
336
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Major
Caporal
Général
Dettes 25 000
337
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Les provisions réglementées concernent les provisions pour hausse de prix et des amortisse-
ments dérogatoires. Le taux de l’impôt sur les sociétés est de 25 %.
Au 1er janvier N–2, la valeur comptable des terrains et des constructions (amortissables en
20 ans) était inférieure respectivement de 2 000 € et 6 000 € à leur valeur actuelle.
Au 1er janvier N–1, la valeur comptable des terrains et des constructions (amortissables en
20 ans) était inférieure respectivement de 3 600 € et 8 400 € à leur valeur actuelle.
Les écarts d’acquisition constatés sur l’achat des titres Chloé seront dépréciés chaque année de
10 % (sous forme d’amortissement).
La société Anaëlle n’est pas cotée et utilise le référentiel national pour l’établissement de ses
comptes consolidés.
Travail à faire
1. Présentez les écritures de mise en équivalence des titres de la société Chloé dans les comptes
consolidés (bilan) N du groupe Anaëlle.
2. Présentez les écritures de mise en équivalence des titres de la société Chloé dans les comptes
consolidés (compte de résultat) N du groupe Anaëlle.
3. Présentez les écritures de retraitement des dividendes versés par la société Chloé en N.
338
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Travail à faire
1. Distinguez parmi ces deux partenariats celui qui relève d’une activité conjointe de celui qui
relève d’une coentreprise.
2. Présentez, au 31 décembre N, les écritures de consolidation des partenariats (bilan et compte de
résultat) dans la société Noémie.
339
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Bilan
Disponibilités 14 000
Compte de résultat
Résultat 30 000
Bilan
Stocks 50 000
Disponibilités 11 000
340
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
•••
Compte de résultat
Résultat 24 000
341
SYNTHÈSE
Traitement des titres mis en équivalence
et des titres des entités intégrées
342
CHAPITRE
12 Changements
de périmètre et
documents de synthèse
PROGRAMME
PLAN DU CHAPITRE
Cours : 1. L’augmentation du pourcentage d’intérêts dans une entreprise intégrée
globalement • 2. L’augmentation du pourcentage d’intérêts dans une entreprise
précédemment consolidée par équivalence • 3. La déconsolidation suivant une cession
de titres • 4. Les documents de synthèse consolidés • 5. L’organisation pratique de la
consolidation
Des savoirs aux compétences : Évaluer les savoirs • Maîtriser les compétences • Préparer
l’épreuve
Synthèse
U ne fois les variations des pourcentages d’intérêt et du périmètre de consolidation cernées, com-
ment sont présentés les documents de synthèse en normes françaises et en normes internatio-
nales ? Se pose aussi la question de l’organisation pratique de la consolidation.
MOTS-CLÉS
Acquisition de titres • Annexe • Augmentation de capital • Bilan • Déconsolidation • Compte
de résultat • État de la situation financière • État du résultat net et des autres éléments
du résultat global • État des flux de trésorerie • État des variations des capitaux propres
• Intégration globale • Liasse de consolidation • Mise en équivalence
1 L’augmentation du pourcentage d’intérêts
dans une entreprise intégrée globalement
L’acquisition de titres complémentaires par des tiers extérieurs au groupe modifie le pourcen-
tage d’intérêts ( chapitre 7). Il peut aussi modifier pourcentage de contrôle de la société mère
sur l’entreprise acquise.
Deux cas peuvent être envisagés :
• L’acquisition de titres d’une filiale (société intégrée globalement).
• L’augmentation de capital à laquelle la société mère participe.
A L’acquisition de titres
Lorsqu’une entité qui détient le contrôle d’une autre entité, acquiert des titres de ladite société,
les écarts d’évaluation et d’acquisition nouvellement calculés ne sont pas pris en compte
dans l’opération (sauf dépréciation). En effet, l’évaluation de la société acquise doit être faite
( chapitre 10) à la date d’acquisition. Or, cette date d’acquisition est la date à laquelle l’acqué-
reur obtient le contrôle de l’entité acquise.
Exemple
◗ La société mère Alpha a acquis les titres suivants de la société Bêta :
• Le premier lot a été acquis au début de l’exercice N–2 : 60 % pour 660 000 €. Les capitaux
propres de Bêta étaient alors de 800 000 € (actifs 2 000 000, passifs exigibles 1 200 000),
des terrains avaient été réestimés de 80 000 €.
• Le second lot (20 % pour 244 000 €) a été acquis au milieu de l’exercice N alors que les capi-
taux propres étaient de 950 000 € (dont 50 000 de résultat de l’exercice, 2 500 000 d’actifs
et 1 550 000 de passifs exigibles), la valeur des terrains réestimés de 120 000 €.
Au moment de l’acquisition du premier lot, l’écart d’acquisition constaté sur société Bêta
s’élève à 660 000 – (800 000 + 80 000 × 75 %) × 60 % = 144 000 €.
Au moment de l’acquisition du second lot, il a lieu de ne pas remettre en cause les évalua-
tions des actifs et passifs identifiés, déterminées à la date de la prise de contrôle (règle-
ment 2020-01 de l’ANC, art. 242-1). L’écart d’acquisition sera donc de 244 000 – (950 000
+ 80 000 × 75 %) × 20 %, soit 42 000 €.
On considérera que la durée d’utilisation de l’écart d’acquisition n’est pas limitée et que ce
dernier n’a pas fait l’objet d’un indice de perte de valeur.
En normes françaises, on passerait les écritures de consolidation suivantes :
Après la première acquisition
1.1.N–2
Actifs Bêta 2 000 000
Capital et Réserves Bêta 800 000
Passifs Bêta 1 200 000
Reprise des actifs et passifs Bêta
344
d°
Actifs Bêta 80 000
Réserves Alpha 80 000 × 75 % × 60 % 36 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 24 000
80 000 × 75 % × 40 %
Passifs Bêta (impôts différés) 80 000 × 25 % 20 000
Écart d’évaluation
d°
Écart d’acquisition sur Bêta 144 000 +42 000 186 000
Réserves Alpha 186 000
Écart d’acquisition
345
d°
Capital et Réserves Bêta 950 000 – 50 000 900 000
Résultat Bêta 50 000
Titres de participation Bêta (chez Alpha) 904 000
660 000 + 244 000
Capital et Réserves Alpha 900 000 × 80 % – 904 000 – 184 000
Résultat Alpha 50 000 × 80 % 40 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 180 000
900 000 × 20 %
Intérêts minoritaires sur résultat 50 000 × 20 % 10 000
Répartition des capitaux propres Bêta
Le calcul du goodwill peut s’effectuer sur la totalité des droits des majoritaires
et des minoritaires (full goodwill) et lors de la première acquisition : la valeur
de la société Bêta est alors de 660 000 / 0,60, soit 1 100 000 €, et le goodwill
s’élève à 1 100 000 – (800 000 + 80 000 × 75 %), soit 220 000 €. L’acquisition
du second lot aurait dû se faire à (1 010 000 + 220 000) × 20 %, soit 246 000 €
(et non à 250 000 €) au lieu de 244 000 €.
B L’augmentation de capital
Ne peuvent participer à une augmentation de capital que les titulaires d’un droit préférentiel de
souscription (DPS) :
• Si une société qui assume le contrôle d’une autre société, veut augmenter son taux de partici-
pation dans le capital de cette autre société, elle doit acquérir des DPS.
• Si, au contraire, elle accepte de diminuer son taux de participation dans le capital de cette
autre société, elle pourra vendre des droits de souscription.
346
1. L’augmentation du taux de participation
Exemple
◗ La société Gamma avait pris en N–3 une participation de 60 % du capital, soit 15 000 actions
de nominal à 30 € dans la société Delta, société au capital de 750 000 € (25 000 actions de
30 €). La valeur des titres acquis était alors de 600 000 €.
Le 1er janvier N, la société Delta a augmenté son capital par l’émission de 12 500 actions de
nominal 30 € émises à 42 €. Au 31 décembre N–1, à partir des données des comptes consolidés,
la valeur de la participation de Gamma dans Delta est estimée à 720 000 € soit 48 € par action.
La société Gamma décide de souscrire 9 000 actions nouvelles portant sa participation ainsi
15 000 × 9 000
à = 64 %. Pour cela, elle utilise ses 15 000 droits de souscription et acquiert
347
On peut ainsi constater que les capitaux propres revenant à Gamma n’ont pas évolué, ce qui
se comprend car il n’y a pas eu de bénéfices nouveaux engendrés par la seule augmentation
de capital. En revanche, les droits des intérêts minoritaires sont passés de 480 000 à 621 000,
soit une augmentation de 141 000 € égale à la différence entre le prix d’émission des titres
souscrit par les minoritaires (3 500 × 42 = 147 000 €) et le prix de cession des droits préféren-
tiels de souscription (3 000 × 2 = 6 000). ◗
Avec 846 000 = 600 000 + 6 000 × 42 – 3 000 × 2 et avec 759 000 = 480 000 + 6 500 ×
42 + 3 000 × 2 ◗
MINI-CAS 2
348
Exemple (suite)
◗ Reprenons le premier exemple présenté ci-dessus et supposons que l’entreprise Alpha a
d’abord fait l’acquisition au début de l’exercice N–2 de 20 % du capital de la société Bêta pour
215 000 € puis au milieu de l’année N, 50 % du capital pour 650 000 €.
Au moment de la première acquisition, les capitaux propres de Bêta étaient de 800 000 €
(actifs 1 200 000, passifs exigibles 1 200 000 €) et au moment de la seconde acquisition les
capitaux propres de Bêta étaient de 950 000 € (dont 50 000 de résultat de l’exercice, actifs
2 500 000, passifs exigibles 1 550 000 €).
Vous observez que des écarts d’évaluation ont été constatés en N–2 et N : en N–2 : des ter-
rains avaient été réestimés de 80 000 € et en N de 120 000 €.
On considérera également que durée d’utilisation de l’écart d’acquisition est non limitée et
que ce dernier n’a pas fait l’objet d’un indice de perte de valeur.
349
1.7.N
Actifs Bêta 2 500 000
Capital et Réserves Bêta 900 000
Résultats Bêta 50 000
Passifs Bêta 1 550 000
Reprise actifs et passifs Bêta
d°
1.7.N
Écart d’acquisition sur Bêta 173 000
650 000 – 1 040 000 × 50 % + 43 000
Réserves d’Alpha 173 000
Écart d’acquisition sur nouveaux titres
d°
Capital et réserves de Bêta 900 000
Résultat de Bêta 50 000
Titres de participation Bêta (chez Alpha) 865 000
215 000 + 650 000
Réserves d’Alpha 900 000 × 70 % – 885 000 (1) – 235 000
Résultat d’Alpha 50 000 × 70 % (2) 35 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 900 000 270 000
× 30 %
Intérêts minoritaires sur résultat 50 000 × 30 % 15 000
Répartition des capitaux propres de Bêta
(1) Compte tenu du fait que nous avons pris la valeur d’acquisition des titres en N–2 (215 000 €), la différence s’inscrit
dans un compte de réserves (conformément à l’article 241‑1 règlement 2020‑01 de l’ANC).
(2) Le résultat peut également être directement porté en réserves.
En normes IFRS
Le calcul de la valeur d’équivalence s’effectue de la même manière que dans le cadre des normes
françaises, mais l’écart d’acquisition ne se comptabilise pas dans un compte particulier et est
intégré à la valeur d’équivalence qui serait donc de 214 000 + 43 000 = 257 000 €.
D’autre part, conformément à l’IFRS 3 § 42, il y a lieu réévaluer la participation détenue précé-
demment dans l’entreprise acquise à la juste valeur à la date d’acquisition et de comptabiliser
l’éventuel profit ou perte en résultat.
La valeur du premier lot serait donc 650 000 × 20/ 50 = 260 000 au lieu de 257 000 € soit
une plus-value de 3 000 €. On passerait alors l’écriture suivante (en considérant sur cette
réévaluation un impôt latent de 25 %).
350
1.7.N
Titre de participation Bêta (chez Alpha) 260 000
Titres mis en équivalence Bêta (chez Alpha) 257 000
Résultats Alpha 3 000 × 75 % 2 250
Passifs Alpha (impôts différés) 750
Retraitement valeur d’acquisition premier lot de titres
Écart d’acquisition sur Bêta (650 000 + 260 000) 182 000
– (1 040 000 × 70 %)
Réserves Alpha 182 000
Écart d’acquisition
d°
Si l’on avait utilisé la méthode du full goodwill, seule l’avant-dernière écriture aurait été modi-
fiée, le goodwill total aurait été de 182 000 × 100 / 70 = 260 000 € et aurait été imputé sur
les capitaux propres d’Alpha pour 260 000 × 70 % = 182 000 € et sur les intérêts minoritaires
sur capital et réserves pour 260 000 × 30 % = 78 000 €. ◗
MINI-CAS 3
351
3 La déconsolidation suivant une cession de titres
A Les cessions externes de titres acquis
Lors de la cession de titres de sociétés faisant partie d’un groupe, le résultat de cession doit dis-
tinguer, moyennant les retraitements nécessaires :
– le résultat d’opérations antérieures à la consolidation ;
– le résultat proprement dit de la cession.
1. La cession totale
La sortie du périmètre de consolidation, ou déconsolidation, de l’entreprise cédée s’effectue
à la date du transfert de contrôle à l’entreprise acquéreuse. Le compte de résultat consolidé
retrace les produits réalisés et les charges supportées par l’entreprise cédée jusqu’à la date de
transfert du contrôle.
La plus-value ou moins-value de cession se calcule à partir de la dernière valeur en consolidation
de l’entreprise comprenant le résultat jusqu’à la date de cession, l’écart d’acquisition résiduel non
amorti et, le cas échéant, l’écart de conversion inscrit dans les capitaux propres, part du groupe.
2. La cession partielle
Dans le cas d’une entreprise restant consolidée mais par mise en équivalence, la prise en compte
du résultat de cession s’effectue de la même manière que dans le cas d’une cession partielle
d’entreprise restant consolidée par intégration globale. Les actifs et passifs cessent d’être inté-
grés aux dates et selon les mêmes modalités que la cession globale.
Exemple
◗ La société Alpha avait acquis en janvier N–3 60 % du capital de la société Bêta pour 6 000 000 €.
Un écart d’évaluation sur les capitaux de Bêta avait alors été estimé à 3 000 000 € et un écart
d’acquisition non amortissable avait alors été constaté pour 2 000 000 €.
La société Alpha vend sa participation dans Bêta en juillet N pour 7 500 000 €. Aucun impôt
sur les bénéfices n’a été constaté (taux IS = 0 % sur les plus-values à long terme sur cessions
de participations).
Dans les comptes sociaux de la société Alpha sont alors enregistrées les deux écritures
suivantes :
1.7.N
462 Créances sur cession d’immobilisations 7 500 000
7671 Produits des cessions d’immobilisations financières 7 500 000
Cession de la participation Bêta
d°
Un résultat comptable de 1 500 000 € est alors enregistré. Ce résultat sera repris dans les
opérations de cumul des comptes sociaux dans le cadre de la consolidation.
352
Au moment de la cession, soit le 1er juillet N, le montant des capitaux propres retraités selon
les méthodes de consolidation dans la société Bêta (y compris les écarts d’évaluation non
amortis et l’écart d’acquisition) étaient les suivants (en milliers d’euros) :
• Capital 6 000 000
• Réserves 5 000 000
• Résultat 400 000
11 400 000
La valeur consolidée des titres Bêta, égale à la quote-part des capitaux propres de Bêta était
donc au moment de la cession de la participation de : 11 400 000 × 60 % = 6 840 000 €.
Le résultat sur la cession n’est donc en fait que de 7 500 000 – 6 840 000 = 660 000 €.
Si la cession avait été faite en début d’exercice, le résultat eût été différent : la valeur consoli-
Une cession partielle d’une participation peut aussi conduire à une modification du
périmètre de consolidation. Ainsi, si une société A possède 60 % du capital de B et cède
la moitié de ses titres, le solde de la participation (30 % du capital de B) devra être
« consolidé » par la méthode de mise en équivalence (alors que précédemment elle
était intégrée à la société A). Si la participation devient inférieure à 20 % du capital de
B, elle ne peut plus être consolidée (ou mise en équivalence) et doit être comptabilisée
comme un actif financier (au coût ou à la juste valeur selon le référentiel).
353
4 Les documents de synthèse consolidés
A Les normes françaises
Selon le règlement 2020-01 de l’ANC, les documents de synthèse consolidés comprennent obliga-
toirement le bilan, le compte de résultat et une annexe.
Ce règlement impose des modèles d’états financiers prescriptifs qui n’autorisent pas d’ajouts ou
de modifications alors que le PCG le permet dans les circonstances décrites à son article 810-3.
1. Le bilan consolidé
Le bilan consolidé est présenté sous forme de tableau. Il est établi avant répartition (ou éven-
tuellement avant et après répartition) (tab. 12.1).
354
2. Le compte de résultat consolidé
Le compte de résultat consolidé est présenté sous forme de liste selon un classement des pro-
duits et des charges soit par destination (tab. 12.2), soit par nature (tab. 12.3).
La participation des salariés aux résultats comptabilisée dans un compte spécifique par le PCG
(compte 691) doit être reclassée en charges de personnel.
Chiffre d’affaires
355
Tableau 12.3. Modèle de compte de résultat règlement 2020‑01 (classement des charges
et produits par nature)
Chiffre d’affaires
Autres produits d’exploitation
Achats consommés
Charges de personnel (y compris la participation des salariés)
Autres charges d’exploitation
Impôts et taxes
Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions
(hors amortissement et dépréciation des écarts d’acquisition)
Résultat d’exploitation avant dotations aux amortissements
et dépréciation des écarts d’acquisition
3. L’annexe consolidée
L’annexe doit comporter toute information de caractère significatif permettant aux utilisateurs
des comptes consolidés de porter une appréciation sur le patrimoine, la situation financière et le
résultat de l’ensemble constitué par les entreprises comprises dans la consolidation. L’information
porte au minimum sur l’exercice écoulé et sur le précédent.
On trouvera dans cette annexe les rubriques suivantes :
– référentiel comptable principales méthodes comptables du groupe ;
– informations relatives au périmètre de consolidation ;
– information sectorielle ;
– autres informations (événements postérieurs, parties liées, dirigeants, effectifs, honoraires
des commissaires aux comptes) ;
– explications des postes du bilan et du compte de résultat et des engagements reçus et donnés ;
– état des flux de trésorerie.
Les éléments figurant après le résultat d’exploitation, avant dotations aux amortissements
et dépréciation des écarts d’acquisition, sont identiques à ceux du modèle avec classement
des charges et produits par destination.
356
5 L’organisation pratique de la consolidation
A Les principes d’organisation de la consolidation
Les opérations conduisant à la présentation des comptes consolidés peuvent être organisées de
différentes manières. Généralement, les comptes consolidés sont établis à partir des comptes
sociaux des diverses sociétés du groupes mais les travaux de consolidation peuvent être répartis
entre les services comptables des filiales et le service de consolidation de la société mère.
La participation des services comptables des filiales consiste essentiellement en l’établissement
d’un document appelé généralement « liasse de consolidation » selon des modalités définies
par le service de consolidation de la société mère :
Cette liasse de consolidation comprendra généralement :
357
B Les procédures associées aux comptes consolidés
Les procédures à mettre en place pour établir les comptes consolidés concernent à la fois les
entités consolidées et le service de consolidation de l’entité consolidante (tab. 12.4).
358
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Évaluer Maîtriser Préparer
les savoirs les compétences l’épreuve
1 QCM
Pour chacune des questions suivantes, une seule réponse est possible. Justifiez votre choix.
1. Dans quel cas peut-on considérer qu’il n’y a pas augmentation du pourcentage
de participation dans une entreprise intégrée globalement ?
a. En cas d’acquisition de titres. ∙
b. En cas d’augmentation de capital avec acquisition de droits préférentiels
de souscription. ∙
c. En cas d’augmentation de capital avec cession d’un certain nombre de droits
de souscription. ∙
2. Dans quel cas peut considérer qu’il y a intégration globale d’une entreprise
précédemment consolidée par mise en équivalence ?
a. Lorsque l’on est passé d’une influence notable à un contrôle exclusif. ∙
b. Lorsque l’on est passé d’une influence notable à un contrôle conjoint. ∙
c. Lorsque, en normes françaises, on est passé d’un contrôle
conjoint à un contrôle exclusif. ∙
3. La société Alpha a une participation de 25 % dans la société Bêta. Elle fait l’acquisition
un an plus tard de 45 % de titres Bêta pour avoir une participation de 70 %.
Comment doit-on traiter, à la seconde acquisition, les écarts d’évaluation constatés
lors de la première acquisition ?
a. Ils sont ajoutés aux écarts d’évaluation constatés lors de la seconde acquisition. ∙
b. Ils ne sont pas modifiés. ∙
c. Ils sont remplacés par ceux constatés lors de la seconde acquisition. ∙
4. La société Alpha a une participation de 55 % dans la société Bêta. Elle fait l’acquisition
un an plus tard de 15 % de titres Bêta pour avoir une participation de 70 %. Comment
droit-on traiter, à la seconde acquisition, les écarts d’évaluation constatés
lors de la première acquisition ?
a. Ils sont ajoutés aux écarts d’évaluation constatés lors de la seconde acquisition. ∙
b. Ils ne sont pas modifiés. ∙
c. Ils sont remplacés par ceux constatés lors de la seconde acquisition. ∙
5. Dans la norme IAS 1 relative à la présentation des états financiers, est-il impossible ?
a. De compenser un actif ou un passif. ∙
b. De regrouper des éléments non significatifs de nature et de fonction similaires. ∙
c. De présenter des états financiers selon une méthode de comptabilité de trésorerie. ∙
6. Quelle ligne ne doit pas figurer dans la section « autres éléments du résultat global »
de l’état du résultat net et des autres éléments du résultat global ?
a. Les différences de change liées aux conversions des états financiers
des activités à l’étranger. ∙
b. Les profits sur réévaluations des immobilisations corporelles et incorporelles. ∙
c. Les profits sur cessions des immobilisations corporelles et incorporelles. ∙
359
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Bilan de Rap
360
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Bilan de Lady
Au milieu de l’exercice N+1, la société Darling acquiert 20 % des titres Lady pour 310 000 €. Le
résultat de Lady à cette date est de 50 000 € (produits 500 000, charges 450 000).
Les bilans de Darling et de Lady sont les suivants fin N+1.
Bilan de Darling
Bilan de Lady
361
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Le résultat de Darling se compose de 600 000 € de produits et 560 000 € de charges et le résul-
tat de Lady de 3 000 000 € de produits et 2 700 000 € de charges.
1. Calculez l’écart d’acquisition sur titres Lady au début N–1.
2. Présentez le bilan consolidé fin N.
3. Calculez l’écart d’acquisition sur titres Lady acquis au milieu de N+1.
4. Présentez les écritures de consolidation fin N+1.
5. Présentez le bilan consolidé fin N+1.
6. Présentez le compte de résultat consolidé fin N+1.
Bilan de Bourdon
362
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Travail à faire
1. Présentez l’état du résultat net consolidé du groupe Hector pour l’année N.
2. Présentez l’état du résultat net et des gains et pertes comptabilisés directement en capitaux
propres consolidés du groupe Hector pour l’année N.
363
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
N° Soldes Soldes
Intitulés des comptes
comptes débiteurs créditeurs
101 Capital 700 000
1041 Prime d’émission 175 000
106 Réserves 481 400
1071 Écart d’évaluation sur instruments financiers 31 600
1078 Écart de conversion 12 600
108 Intérêts minoritaires (capital et réserves) 254 400
109 Actions propres 100 000
120 Résultat de l’exercice (groupe) 160 000
128 Résultat de l’exercice (minoritaires) 80 000
100 000 1 895 000
N° Soldes Soldes
Intitulés des comptes
comptes débiteurs créditeurs
120 Résultat de l’exercice (groupe) 160 000
128 Résultat de l’exercice (minoritaires) 80 000
601 Achats de matières premières 3 000 000
6031 Variation de stock de matières premières 30 000
6091 Rabais, remises et ristournes obtenus sur achats 20 000
610 Services extérieurs 140 000
620 Autres services extérieurs 200 000
630 Impôts, taxes et versements assimilés 90 000
641 Rémunérations du personnel 750 000
645 Charges de sécurité sociale et de prévoyance 300 000
648 Autres charges de personnel 80 000
650 Autres charges de gestion courante 30 000
657 Valeurs comptables des immobilisations 60 000
incorporelles et corporelles cédées
661 Charges d’intérêts 30 000
666 Pertes de change 15 000
364
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
N° Soldes Soldes
Intitulés des comptes
comptes débiteurs créditeurs
668 Autres charges financières 5 000
68111 Dotations aux amortissements 20 000
des immobilisations incorporelles
68112 Dotations aux amortissements 100 000
des immobilisations corporelles
6815 Dotations aux provisions d’exploitation 20 000
68161 Dotations aux dépréciations du goodwill 40 000
(écart d’acquisition)
68162 Dotations aux dépréciations des immobilisations 5 000
corporelles
6817 Dotations aux dépréciations de l’actif circulant 10 000
695 Impôts sur les bénéfices 70 000
698 Charges d’impôt différé 15 000
699 Produits d’impôt différé 5 000
701 Ventes de produits finis 5 000 000
71355 Variation de stocks produits finis 20 000
721 Production immobilisée (immobilisations 20 000
incorporelles)
750 Autres produits de gestion courante 15 000
755 Résultat des sociétés mises en équivalence 40 000
757 Produits des cessions d’immobilisations 75 000
incorporelles et corporelles
7621 Revenus des titres immobilisés 5 000
7626 Revenus des prêts 5 000
764 Revenus des valeurs mobilières de placement 10 000
766 Gains de change 5 000
768 Autres produits financiers 10 000
Totaux 5 240 000 5 240 000
365
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Informations complémentaires
Annexe 3
366
DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES
Travail à faire
Analysez ces opérations et présenter les écritures de consolidation nécessaires au 31 décembre N
(normes IFRS, comptes sociaux en PCG).
367
SYNTHÈSE
Changements de périmètre et documents
de synthèse
368
PARTIE 3 : CAS DE SYNTHÈSE
COMPTES DE GROUPE
En janvier N–3, la SA Alpha, cotée sur Euronext Growth, a pris une participation de 30 % du
capital, pour 200 000 €, dans la SA Bêta. En janvier N, Alpha a repris une nouvelle participation
dans la même société pour 230 000 €.
La société Alpha avait également pris une participation, en janvier N–2, de 25 % dans la
société Gamma pour 160 000 €.
La société Bêta a été constituée en N–5 avec un capital de 500 000 €. Elle avait pris, en jan-
vier N–4, une participation de 40 % dans la SA Delta pour 150 000 €. La société Delta est une
société au capital de 300 000 €, créée en N–6, dont 30 % du capital est constitué d’actions à
dividendes prioritaires sans droit de vote.
La société Bêta a par ailleurs créé, en janvier N–4 avec la société Oméga, une société à contrôle
conjoint, la SA Epsilon au capital de 200 000 € dont elle possède 50 % des actions.
L’ensemble des sociétés du groupe ont programmé la clôture de leurs exercices au 31 décembre
de chaque année. On prendra un taux d’impôt sur les sociétés de 25 %.
Travail à faire
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PARTIE 3 : CAS DE SYNTHÈSE
31.12.N–5 31.12.N
31.12.N–3 31.12.N
31.12.N–5 31.12.N
1.1.N–4 31.12.N
Réserves – 30 000
Résultat – 20 000
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PARTIE 3 : CAS DE SYNTHÈSE
er
Le 1 janvier N–1, la société Alpha a « acquis » grâce à une opération de crédit-bail
immobilier un immeuble à usage de bureaux d’une valeur estimée de – 600 000 €. Cet
immeuble serait amortissable en 50 ans et sa valeur résiduelle est estimée à 200 000 €.
La redevance payée chaque début de trimestre est de 20 000 € Le taux annuel équivalent
est de 6,136 %.
Au moment de l’acquisition des titres de participation par les sociétés du groupe, il a été
dégagé des plus-values latentes sur constructions amortissables en 20 ans :
– constructions Bêta en janvier N–3 : 40 000 € ;
– constructions Bêta en janvier N : 60 000 € ;
– constructions Gamma en janvier N–2 : 20 000 €.
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