C- LE TERRITOIRE
Il n’y a pas d’Etat sans territoire. Cet autre élément sociologique s’exprime dans
le principe de territorialité qui veut dire que les gouvernants n’ont de pouvoir qu’à
l’intérieur d’un territoire, d’un espace donné. L’Etat s’aborde donc aussi
géographiquement. Les nationaux ont la plénitude de leurs droits à l’intérieur du
territoire de leur Etat et deviennent des étrangers à l’extérieur de celui-ci. Le
territoire est donc le lieu d’exercice des droits constitutionnels subjectifs. Le territoire
comprend :
- Le territoire terrestre qui renvoie à la surface visible de l’Etat ;
- Le territoire Aérien faisant que l’Etat exerce sa souveraineté dans la partie
aérienne au-dessus du territoire terrestre, maritime et fluviale ;
- Le territoire maritime et fluvial, il s’agit des eaux qui font partie de la
superficie totale de l’Etat et on doit se dire que certains Etats n’ont pas de territoire
maritime du fait de leur positionnement géographique.
PARAGRAPHE II : LES ELEMENTS JURIDIQUES DE L’ETAT
A- LA PERSONNE MORALE
La reconnaissance de l’Etat ne peut se faire en dehors de sa nature. Il est une
personne morale. Cette notion provient de la catégorisation des sujets de droit. On y
retrouve à la base sa personnalité juridique. Celle-ci, signifie que la science juridique
a conféré : des droits et obligations à une personne. Le fait est que les personnes
physiques jouissent toutes de la personnalité juridique. Mais alors il est un construit,
une fiction permettant de conférer la personnalité juridique à des entités diffuses, peu
visibles et difficilement préhensibles ; c’est la catégorie des personnes morales qui ne
sont pas des êtres de chairs. L’Etat est donc une personne morale. À ce titre, son
régime juridique se distingue de celui des personnes physiques. Plus encore, l’Etat est
une personne morale de droit public ce qui veut dire qu’à la différence des personnes
morales de droit privé, L’Etat jouit des prérogatives exorbitantes. Par ailleurs, L’Etat
est juste incarné par ses administrations qui sont des personnes morales de droit public
infra Etatiques et par les personnes physiques appelées à présider aux destinées de
l’Etat. Enfin, il n’y a pas de confusion entre les personnes qui incarnent l’Etat et l’Etat
lui-même. Aussi, les dirigeants de l’Etat ne sont pas l’Etat qui demeure une idée, une
personne morale.
B- LA SOUVERAINETE
Encore appelée SUMA Potesta, elle signifie le pouvoir suprême. C’est un facteur
qui exprime la liberté et l’autodétermination de l’Etat. Un Etat n’en saurait être un en
dehors de la souveraineté. Celle-ci exprime une bonne dépendance d’un Etat vis-à-vis
de quelques puissances étrangères. La souveraineté est consubstantielle à l’existence
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des Etats, et donc elle est présumée et acquise pour les Etats du vieux continent. Elle
est reconnue à partir des indépendances pour les Etats relativement récents. A travers
la souveraineté, il est indiqué une reconnaissance par la communauté internationale de
l’existence d’un Etat.
Dans ses caractéristiques, la souveraineté emporte l’égalité entre Etats, ce qui fait
souvent qu’on invoque l’égalité souveraine pour dire qu’aucun Etat n’est au-dessus
des autres. Dès lors, il y’à égalité entre les Etats. Même la souveraineté postule la
non-ingérence comme pour interdire à un Etat tiers de s’initier dans les affaires
intérieures d’un autre Etat, ou encore de lui donner des leçons. La non-ingérence
renforce l’égalité quoique le droit contemporain admette des ingérences aux fins
humanitaires.
SECTION II : LES FORMES D’ETAT
PARAGRAPHE I : L’ETAT UNITAIRE
A- LE PRINCIPE D’UNITE
L’Etat Unitaire est la forme d’Etat dans laquelle le principe d’unité est intangible.
Celui-ci veut dire non pas qu’il y a homogénéité, mais plutôt que l’Etat est organisée
à partir d’un seul centre d’impulsion qui est l’administration centrale. Le principe
d’unité concerne tous les critères sociojuridiques de l’Etat. Il veut dire que par
essence, le territoire de l’Etat ne saurait être disloqué et aussi que la population est
unie. Car l’Etat unitaire comporte une seule nation et un seul peuple. De même la
personnalité juridique de l’Etat est indivisible et, le gouvernement (ensemble
d’autorités chargés d’administrer l’Etat) n’est pas dédoublé. Enfin, la souveraineté
n’appartient qu’à l’Etat seul.
Au demeurant, le principe d’unité est prolongé par celui de l’indivisibilité de
l’Etat, et surtout du territoire. Les textes constitutionnels des Etats unitaires tels que :
le Gabon, la France, l’Espagne, le Cameroun consacre très souvent ce principe. Au
Cameroun, la loi constitutionnelle du 18 janvier 1996 en son article 1er alinéa 2
dispose : «la République du Cameroun est un Etat unitaire décentralisé. Elle est
une et indivisible... » Ainsi, cette disposition présente la forme de l’Etat et toute
partition n’est pas possible. À la lecture de l’unité et de l’indivisibilité c’est le
séparatisme qui est rejeté au nom de cette forme d’Etat. Le principe d’unité induit
également un droit unique dans l’Etat par ce que tous les citoyens, quelle que soit leur
localisation dans le territoire, seront assujettis aux mêmes règles de droit.
B- LA STRUCTURE DE L’ETAT UNITAIRE
L’Etat unitaire comporte une organisation spécifique. À titre d’organisation, on
s’intéresse aux administrations territoriales chargé de gérer l’Etat. Ces formes
d’organisations sont la déconcentration et la décentralisation.
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- La déconcentration : il s’agit de l’organisation administrative par laquelle,
l’ensemble des pouvoirs relèvent d’une administration centrale qui a constitué des
relais au niveau local. On constate donc l’existence d’une administration centrale
incarné par la Présidence de la République, le Premier ministère, les Ministères et
leur prolongement par les administrations locales que sont les services du
Gouverneur, les délégations régionales, les services du préfet, les délégations
départementales, les services du sous- préfet et les délégations d’arrondissement.
Avec la déconcentration, c’est le même marteau qui frappe car toutes ces
administrations sont liées par la même personnalité juridique qui est celle de l’Etat.
Les autorités administratives locales ne sont pas autonomes, parce qu’il existe un
principe hiérarchique qui confère un pouvoir d’instruction des supérieurs sur les
subordonnés.
- La décentralisation : dans l’Etat unitaire elle signifie dans son aspect
territorial et géographique le transfert de compétences et de ressources aux
collectivités territoriales décentralisées. Ces collectivités sont des personnes
morales de droit public infra-Etatiques créées principalement par la même
constitution et organisés dans le détail par les lois. Ces collectivités publiques ont des
personnalités juridiques séparées de celle de l’Etat, et l’administration de l’Etat exerce
sur elles un contrôle de tutelle. Ceci permet non pas de donner des instructions, mais
néanmoins d’annuler des actes illégaux pris par les autorités de ces collectivités. Au
Cameroun, les collectivités territoriales décentralisées sont les régions, les
communautés urbaines, et les communes.
PARAGRAPHE II : LES ETATS COMPOSÉS
A-L’ETAT FEDERAL
Cette forme d’Etat correspond à une macrostructure (Etat fédéral) qui
comprend des microstructures (Etats fédérés). Cette forme d’Etat est complexe dans la
mesure où il y a une démultiplication des centres d’impulsion de la décision politique.
Les Etats fédérés peuvent s’appeler comme telles ou revêtir d’autres appellations
(cantons suisses, Londres). L’Etat fédéral est donc la superstructure qui va générer des
Etats fédérés dans les textes constitutionnels. Le processus est de repartir les
compétences. En général, l’Etat fédéral conservera les fonctions régaliennes (l’armée,
la diplomatie, l’émission et le contrôle de la monnaie...). Par contre, les Etats fédérés
reçoivent des compétences dites secondaires et souvent énumérés dans la Constitution.
L’Etat fédéral détient un pouvoir de contrôle normalement juridictionnel sur les actes
des Etats fédérés. Ces derniers bénéficient quand même de l’autonomie.
En réalité, on y recense :
- Le principe d’autonomie qui signifie que chaque Etat fédéré a une personnalité
juridique, décide de son organisation interne et de la configuration de ses institutions.
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D’ailleurs, chaque Etat fédéré a sa propre Constitution.
- Le principe de superposition qui veut dire que l’Etat fédéral est au-dessus des
Etats fédérés. Il y a une hiérarchie des normes de sorte que malgré l’autonomie des
Etats fédérés, ceux-ci ne peuvent produire des normes juridiques où un droit de l’Etat
fédéré supérieur au droit de l’Etat fédéral.
- Le principe de participation évoque l’implication des Etats fédérés au
fonctionnement et à la prise des décisions au niveau national: c’est l’exemple de la
participation des Etats fédérés qui sont représentés dans une chambre du parlement
(qui est bicaméral) et cette chambre défend leur intérêt. On observe alors que les
institutions de l’Etat fédéral font l’objet de reproduction par les Etats
fédérés. Il en est ainsi de l’exécutif de l’Etat fédéré, parce que chaque
Etat fédéré est géré par un pouvoir exécutif. Le parlement fédéral est
également reproduit dans les Etats fédérés De même, le pouvoir
judiciaire fédéral connait une réplique au niveau des Etats fédérés.
Les Etats fédéraux se constituent par association (agrégation) ou
dissociation (séparation, ségrégation). L’association provient de ce que 02
Etats normalement unitaires et initialement séparés décident en
commun de se réunir au sein d’un Etat fédéré. Pour la dissociation
c’est l’exemple d’un Etat unitaire qui finit par éclater et ses
composantes internes vont décider de devenir des Etats fédérés
en s’unissant sous la coupole d’un Etat fédéral.
B- LA CONFEDERATION D’ETATS
De nos jours, l’Etat confédéral a disparu car même la confédération Suisse est
en réalité un Etat fédéral. Il s’agit donc d’un modèle suranné. Dans sa description
l’Etat confédéral est une association d’Etat unis par un traité international. Chaque
Etat de l’Union maintien son organisation interne, sa Constitution et sa souveraineté.
La confédération va simplement permettre une mise en commun de politiques et de
projets en partage entre Etats de la confédération. Et à tout moment, chaque Etat peut
décider de sortir de la confédération, la représentation moderne de la confédération
d’Etats est la communauté des Etats à l’exemple de l’Union Européenne ou encore de
la CEMAC.
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