MMATH 4
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Patrick Vaudon
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Les principes de la physique
quantique
Patrick VAUDON
Xlim - Université de Limoges – France
1
Table des matières
2
I – Introduction
La physique quantique est devenue une des branches les plus actives de la recherche
physique moderne. Les avancées dans la compréhension du monde de l’infiniment petit
permettent de grands progrès dans l’assemblage des grains de matière, dans la découverte de
leur constitution ; et des réalisations spectaculaires dans la miniaturisation de nombreux
dispositifs.
Les idées qui ont jalonné cette aventure ne datent pas d’hier. Le concept d’atome a
pour origine les réflexions des philosophes grecs qui imaginaient que la matière était un
assemblage de grains indivisibles, d’où la racine de ce terme (atomos en grec = qu’on ne peut
pas couper).
Ces idées sont restées plusieurs siècles sans intérêt apparent. La physique s’est
développée lentement, et il n’était nullement nécessaire de faire appel à ces notions pour
avancer dans la compréhension du monde qui nous entoure.
Le véritable point de départ de la physique quantique moderne sera imaginé par Max
PLANCK. Le terme « imaginé » n’est pas surjoué, tant la nouvelle conception de la physique
qui en découle est éloignée de tout ce que l’on connait à ce moment-là.
Alors que la théorie de James Clerk MAXWELL montre sans ambiguïté possible que
la lumière est une onde (donc un phénomène continu), l’analyse et la modélisation du
rayonnement d’un corps noir montrent que les échanges d’énergie entre la lumière et la
matière s’effectuent de manière discontinue. En d’autres termes, ces échanges s’effectuent
sous la forme de grains d’énergie : la lumière serait donc constituée de microparticules qu’on
appellera quanta de lumière, puis photons. La physique quantique est née.
Cette propriété a l’air tellement artificielle que même Max PLANCK a du mal à y
croire : il ne poussera guère plus loin ses investigations à ce sujet.
C’est Albert EINSTEIN qui va en révéler le véritable intérêt en montrant que l’effet
photoélectrique ne peut pas être expliqué autrement que par des échanges d’énergie quantifiés.
3
Au début du 20éme siècle, les physiciens tentent de comprendre pourquoi le
rayonnement émis par des atomes de gaz excités s’effectue à des fréquences discrètes. Niels
BOHR propose alors un modèle atomique dans lequel les électrons ont des trajectoires
circulaires quantifiées autour du noyau. En s’appuyant sur la découverte de Max PLANCK, il
parvient à expliquer les fréquences discrètes de lumière observées expérimentalement.
Sensiblement dans la même période (1920-1930), Max BORN montre que la fonction
d’onde qui est associée à une particule quantique est en accord avec la probabilité de présence
de cette particule dans toutes les expériences où sont combinés les effets ondulatoires et les
effets particulaires.
En associant ces informations, Niels BOHR imagine une théorie dans laquelle un objet
quantique est à la fois une onde et une particule, mais dans laquelle les deux propriétés ne
peuvent être observées simultanément : c’est le principe de complémentarité.
Le fait que les particules quantiques semblent insaisissables, et qu’on ne puisse en
connaître que des informations probabilistes le pousse à postuler que la physique quantique
est intrinsèquement probabiliste. Il s’ensuit que, de son point de vue, l’histoire de la physique
quantique est achevée puisqu’on ne pourra jamais obtenir plus d’information que les
probabilités associées à la fonction d’onde qui décrit la particule.
Paul DIRAC atteint la notoriété en établissant l’équation qui porte son nom, et en
montrant qu’on peut en déduire l’existence d’antiparticules. Il utilise ses grandes compétences
mathématiques pour théoriser une physique quantique qui repose sur le socle probabiliste
défendu par Niels BOHR, alors installé à Copenhague. Dès lors, cette vision de la physique,
élaborée autour de lui par quelques physiciens d’exception, sera désignée par « Ecole de
Copenhague ».
Cette vision associe l’état quantique d’une particule à un vecteur d’état appartenant à
un espace vectoriel de fonctions appelé espace de HILBERT. Une des propriétés qui découle
théoriquement de cette association est le principe de superposition : un vecteur d’état peut être
décomposé sur une base sous la forme d’une somme infinie de vecteurs d’états. Puisqu’un
vecteur d’état représente l’état d’une particule quantique, il s’ensuit, dans l’interprétation de
l’Ecole de Copenhague, qu’une particule quantique peut représenter une infinité d’états
quantiques. Même si aucun argument n’est présenté pour justifier ou autoriser ce passage
purement théorique entre math et physique, cette représentation est encore aujourd’hui
adoptée par une large partie des physiciens.
4
On fait le constat que la vision de l’Ecole de Copenhague repose sur un certain nombre
principes qui ont été introduit de manière ad hoc pour rendre compte des observations
expérimentales.
Un principe est une propriété physique non démontrée, mais qui semble en accord avec
tout ce que l’on connaît, et tout ce que l’on peut en déduire. Cette propriété doit être la plus
simple et la plus générale possible. Un exemple typique en physique est le principe de
conservation de l’énergie : il est admis que l’énergie ne peut être ni créée, ni détruite, mais
seulement transformée sous différentes formes. Aucune expérience n’est venue contredire ce
principe à ce jour.
A la base d’une théorie mathématique (on parle alors plutôt de postulat), ou physique,
il n’est pas rare que l’on soit obligé d’admettre une propriété.
On peut citer l’exemple mathématique du postulat d’EUCLIDE : par un point pris hors
d’une droite, on ne peut faire passer qu’une seule parallèle à cette droite. Une fois le postulat
posé, l’ensemble de la géométrie euclidienne peut être démontrée de manière rigoureuse.
La vitesse de la lumière est une constante qui ne dépend pas du référentiel galiléen
dans laquelle elle est mesurée : ce principe est admis car aucune expérience ne l’a mise en
cause à ce jour.
Puisqu’il n’est pas démontré, un principe peut être choisi ad hoc pour coller à une
propriété dont on ne connaît pas l’origine. A l’inverse, on peut le renier lorsqu’on constate
qu’il est en désaccord avec la physique expérimentale.
Un exemple resté célèbre est celui de Niels BOHR mettant en cause le principe de
conservation de l’énergie dans la désintégration des rayons bêta. Il faudra toute la conviction
de physiciens renommés (Wolfgan PAULI, Enrico FERMI, Francis PERRIN ….) pour le
convaincre que ce principe n’est pas remis en cause : l’énergie manquante doit être attribuée
à une nouvelle particule, le neutrino.
Quelle que soit la théorie qu’on développe, on conçoit dès lors qu’un principe est un
maillon faible, et qu’il faut impérativement en minimiser le nombre. Une théorie bâtie sur une
collection de principes ne peut pas prétendre à une validité élargie. C’est un des reproches que
l’on peut faire à l’Ecole de Copenhague dans sa représentation de la physique quantique : pour
faire coller la théorie développée au mieux avec les résultats expérimentaux, Niels BOHR a
multiplié les affirmations de principe : principe d’incertitude, principe de complémentarité,
principe de superposition, principe d’effondrement de la fonction d’onde.
5
de certains phénomènes, et il est cependant nécessaire de les faire apparaître et de les prendre
en compte dans la théorie.
Alors que par définition un principe ne doit pas être contestable dans les conséquences
qu’il implique, nous allons montrer que plusieurs d’entre eux conduisent à des affirmations
très discutables et qui semblent incompatibles avec la réalité expérimentale.
6
II – Le principe d’indétermination
II - 1 La notion d’opérateur
Il est apparu très tôt que les équations qui permettaient d’appréhender la physique
quantique étaient d’une nature différente des équations de la physique classique. On peut s’en
convaincre sur un exemple simple.
L’équation d’onde issue des équations de MAXWELL s’écrit par exemple pour le
potentiel scalaire ϕ :
2
2 (II-1)
ct 0
2
2 m02c2
2 (II-2)
ct
2
2
E 2 p 2 c 2 m 02 c 4 (II-3)
Il apparaît alors opportun de considérer les termes des équations quantiques comme
des opérateurs qui s’appliquent à la fonction d’onde (ψ). On peut ainsi définir un opérateur
(noté avec un chapeau) position, impulsion, énergie, …. :
x̂ x
p̂ j (II-4)
x
Ê j
t
Si on considère maintenant que les grandeurs de la physique classique sont les valeurs
propres de ces opérateurs, ce qui implique que la fonction d’onde ψ est un « vecteur » propre
de ces opérateurs, on peut écrire :
7
x̂ x
p̂ p (II-5)
Ê E
Les quantités à droite du signe égal sont devenues des multiplications ordinaires. Ce
formalisme permet d’établir un lien entre les équations de la physique quantique, et les
équations de la physique classique. Sur l’exemple de l’équation classique de conservation de
l’énergie, on obtient l’équation quantique de KLEIN-GORDON.
E 2 p 2c2 m02c4
2 2
2
(II-6)
m0c
ct x
2 2
Les valeurs propres représentent des grandeurs physiques et sont donc réelles (et non
complexes). Pour que cette propriété soit assurée, les opérateurs doivent être hermitiens : ils
sont alors qualifiés d’ « observables ».
II - 2 Approche probabiliste
La fonction d’onde ψ dépend d’une manière générale de sa position x et du temps t :
on la note ψ(x,t). Il s’agit d’une grandeur complexe.
Pour un opérateur hermitien Â, on peut alors définir une valeur moyenne spatiale par
la relation :
 * ( x, t ) Â( x, t ) dx (II-8)
On définit la valeur moyenne des opérateurs position et impulsion par les relations :
x̂ * ( x, t )x̂( x, t ) dx x ( x, t ) dx 0
2
(II-9)
( x, t )
p̂ * ( x, t )p̂( x, t ) dx j ( x, t ) dx 0
2
x
2 *
2
x̂ ( x, t ) x̂ ( x, t ) dx x 2 ( x, t ) dx
2
(II-10)
2
*
2
p̂ ( x, t ) p̂ ( x, t ) dx ( x, t ) 2 ( x, t )dx
2 2 *
x
On ne laisse pas en général cette dernière intégrale sous cette forme. On procède à une
intégration par partie pour obtenir :
x
2 * ( x, t ) * ( x, t ) ( x, t )
x x x
*
( x , t ) x 2 ( x , t ) dx ( x , t ) dx (II-13)
x
Le terme entre crochets est nul, car pour que la fonction ψ soit de carré sommable
(l’intégrale du carré entre moins l’infini et plus l’infini vaut 1), cette fonction tend
nécessairement vers 0 à l’infini. Il reste :
* ( x, t ) ( x, t )
p̂ 2 2 x
x
dx (II-14)
9
f .g f gdx
*
g.f g*f dx
(II-16)
f f f dx f dx
2 * 2
g 2 g*gdx g 2dx
Avec ces définitions, l’espace de fonctions devient un espace vectoriel normé aux
propriétés analogues à un espace vectoriel classique. En particulier, le théorème de CAUCHY-
SCHWARZ s’écrit :
f .g f g
2 2 2
(II-17)
f ( x, t ) x( x, t )
( x, t ) (II-18)
g( x, t )
x
On obtient :
f xx, t dx x̂
2 2 2
(II-19)
* ( x, t ) ( x, t ) p̂ 2
g dx
2
x x 2
( x, t )
f .g x (x, t )
*
dx
x
(II-20)
* ( x, t )
g.f x( x , t ) dx
x
Ces deux nombres complexes sont conjugués. On peut déterminer leur partie réelle en
effectuant la somme :
f .g g.f 1 x * (x, t ) (x, t ) (x, t ) (x, t ) dx
*
Ref .g
1
(II-21)
2 2 x x
On note que :
x
( x, t )
2
x
( x , t ) ( x , t ) ( x , t )
* * (x, t )
x
* ( x , t )
(x, t )
x
(II-22)
10
Ref .g
1
( x, t ) dx
2
x (II-23)
2 x
2 ( x, t ) x
x dx x (x, t) x (x, t)dx
2 2
x (II-24)
A droite de l’égalité, le premier terme est nul pour les mêmes raisons que
précédemment, tandis que l’intégrale qui représente la probabilité de présence dans tout
l’espace est égale à 1.
Ref .g f .g f g
2 2 2 2
2 (II-25)
1 1
2 x̂ p̂
2 2
2
II - 3 Interprétation de Copenhague
L’Ecole de Copenhague voit dans ce principe une caractéristique fondamentale de la
physique quantique : puisqu’on ne peut pas connaître avec précision la position et la vitesse
d’une particule, il est impossible de connaître sa trajectoire.
Cette affirmation repose sur le fait qu’une particule de fonction d’onde ψ possède, à
chaque instant t, une certaine distribution de position et de vitesse dans l’espace : c’est
l’hypothèse sous-jacente à tout le traitement qui a été effectué ci-dessus.
On conclut alors le raisonnement en disant qu’il existe une relation entre l’écart type
de la distribution de position et l’écart type de la distribution des vitesses. Cette relation
montre que ces deux écarts types ne sont pas indépendants, et que plus l’un est grand, plus
l’autre est petit.
Le souci d’une telle affirmation provient du fait qu’elle repose entièrement sur une
hypothèse non démontrée : aucune expérience de physique ne peut mettre en évidence, à un
instant donné, une distribution des positions d’une particule dans l’espace, ou une distribution
des vitesses de cette même particule dans l’espace. Quelle que soit la manière dont on pourrait
l’envisager, cette hypothèse n’a aucun sens physique.
Dès lors, l’affirmation suivant laquelle la trajectoire d’une particule quantique ne peut
pas être définie est fortement mise en doute.
11
II - 4 Les observations expérimentales
On peut vérifier de manière extrêmement précise que les calculs de trajectoire que l’on
calcule avec la physique traditionnelle sont en accord avec la trajectoire observée.
Les exemples sont nombreux où les trajectoires doivent être impérativement d’une
grande précision.
Il n’y a dans ces exemples aucune place pour une incertitude de position et de vitesse
lorsque la particule évolue sur sa trajectoire.
0 0
1 sin(k x x ) cos(k t x t ) j m0c 2 sin(k x x ) sin( k t x t )
(II-26)
2 ck x cos(k x x ) sin(k t x t )
3 0
Avec :
12
kt
c
x t ct (II-27)
2 m0c2 2 ck x 2
Les amplitudes des fonctions sinusoïdales ont une interprétation intuitive :
0 0
1 c
x t
j m 0c 2
(II-29)
2 c
x
3 0
2 2
2
m c
2 2 0 (II-30)
x t x
On peut donc lui appliquer sans restriction le raisonnement qui conduit au principe
d’indétermination de HEISENBERG à l’aide des opérateurs position et impulsion puisque ces
derniers permettent de retrouver l’équation de conservation de l’énergie rappelée également
pour mémoire :
13
Pour un mode stationnaire fondamental, dont l’énergie est confinée entre –λx/2 et
+λx/2, on peut poser :
( x, t ) sin( x ) sin(k t x t )
x
(II-32)
( x, t )
cos( x ) sin(k t x t )
x x x
Si on admet que la répartition d’énergie au sein d’une particule quantique est régie par
l’équation de DIRAC, alors on doit admettre que les concentrations en énergie de masse et
énergie impulsionnelle sont réparties dans l’espace et ne sont pas localisées au même endroit.
La conséquence en est que lorsqu’on descend au niveau quantique, on doit être prudent
lorsqu’on qu’on utilise les lois utilisées pour prédire les effets macroscopiques. En mécanique
du point, tous les types d’énergie sont par hypothèse concentrés au même point, ce qui n’est
plus le cas en mécanique quantique.
Dans le domaine macroscopique, la taille très petite des particules quantiques permet
de considérer que toute l’interaction a lieu de manière ponctuelle. Mais si on veut traiter
l’interaction entre deux particules quantiques de manière fine, alors on ne peut plus négliger
le fait qu’au sein de la particule, les concentrations en énergie de masse et énergie
impulsionnelle ne sont pas localisées au même endroit.
Hormis cette hypothèse, rien dans les éléments de démonstration qui ont été avancés,
ne permet d’affirmer que pour une particule isolée, il soit impossible d’accéder simultanément
à sa position et sa vitesse avec une grande précision. L’interprétation issue des solutions
exactes à l’équation de DIRAC semble confirmer ce point de vue, en donnant un autre sens
physique au principe de HEISENBERG.
II - 6 La boite à photons
Cette expérience fut proposée par EINSTEIN lors du congrès de Solvay pour tenter de
mettre en défaut le principe d’incertitude. Elle est suffisamment décrite dans la littérature pour
ne pas avoir à la présenter en détail dans ce document.
14
Et (II-33)
2
E mc 2 (II-34)
Il semble donc qu’on puisse mesurer avec une très grande précision à la fois E et t.
Dans sa réponse, BOHR produit une démonstration qui montre que la relation
d’incertitude (II-33) est bien vérifiée.
Cet épisode est considéré encore aujourd’hui (2025) par de nombreux physiciens
comme un élément qui a définitivement validé la notion d’incertitude quantique.
Et pourtant …..
Lorsqu’EINSTEIN propose de mesurer le poids d’un photon enfermé dans une boite,
on peut supposer qu’il n’a pas pris le temps de cerner toutes les difficultés d’une telle
entreprise.
Si on admet, dans une hypothèse simplificatrice, que le photon fait des aller-retours
entre le haut et le bas de la boite, c’est la différence entre les impulsions du photon sur ces
parois qui va être un indicateur du poids. Puisque le poids prend une valeur unique, c’est donc
la moyenne de ces impulsions qui va déterminer la grandeur recherchée.
Si on ouvre la porte au photon sur la paroi du haut à un instant précis, il est impossible
de savoir exactement quand il va sortir de la boite puisqu’il est sur le trajet de bas en haut.
Sans faire intervenir aucunement la physique quantique, il y a donc une incertitude sur son
instant de sortie de la boite.
xp (II-35)
2
p mgt (II-36)
L’effet gravitationnel se traduit par une variation du temps donnée par la relativité
générale (au premier ordre) :
15
t x
g 2 (II-37)
t c
t c 2
p mg
x g (II-38)
xp mc 2 t Et
xp Et (II-39)
2
Il n’est nullement besoin de faire appel à la relativité générale pour arriver à une telle
conclusion. Si on suppose le déplacement Δx suffisamment petit pour que le champ de
gravitation g soit considéré comme constant (c’est l’hypothèse qui est admise dans le
raisonnement ci-dessus), alors on peut écrire en désignant par F la force de gravitation qui met
la boite en mouvement :
Ce constat a été effectué par d’autres physiciens depuis longtemps. On trouvera dans
le texte de JAYNES la description suivante sur la manière dont BOHR organise ses
arguments :
«But when we examine Bohr's arguments, we found a common logical structure; always they
start by postulating that the available measurement apparatus is subject to his "uncertainty"
limitations; and then by using only classical physics (essentially, only Liouville's theorem)
they come to the conclusion that such an apparatus could not be used for Einstein's purpose.
Bohr's foregone conclusion is always assured by his initial postulate, which simply appears
out of nowhere.”
II - 7 Conclusion
Il est impossible d’imaginer qu’EINSTEIN n’est pas perçu la faiblesse, pour ne pas
dire plus, de l’argumentation de BOHR. Pour autant, il ne reviendra pas sur cette discussion,
ce qui laisse supposer qu’après réflexion, il a jugé que son expérience de pensée présentait
elle aussi des éléments très discutables et que toute poursuite de ce débat serait stérile.
16
On trouvera dans la publication de SCHMIDT d’autres éléments de réflexions à ce
sujet, et une analyse relativement critique dans le papier de TORRE, DALEO et GARCIA-
MATA.
Pour les physiciens qui ont pris le temps de l’analyse et de la réflexion à ce sujet, on
est très loin de la conclusion : « EINSTEIN a perdu et BOHR a gagné ». L’expérience
proposée par EINSTEIN et la réponse apportée par BOHR ne permettent pas d’établir une
conclusion sur la validité du principe d’indétermination.
L’approche énergétique qui est proposé ci-dessus est de toute autre nature : elle montre
que ce principe s’applique aux objets quantiques qui répondent aux exigences de l’équation
de DIRAC, mais elle ne permet à priori aucune extrapolation aux objets macroscopiques.
17
III – Le principe de complémentarité
Devant l’impossibilité d’expliquer un tel phénomène, BOHR l’a inclus dans sa théorie
sous la forme d’un principe ; le principe de complémentarité. Un objet quantique est une onde
ou une particule, mais pas les deux à la fois.
Ces expériences reposent sur des gouttelettes qui rebondissent sur un bain d’huile
vibrant. Il en résulte une symbiose entre la gouttelette assimilée à une particule, et l’onde
qu’elle génère en rebondissant sur le bain d’huile. L’interaction régulière entre la gouttelette
et l’onde qui lui est associée lorsqu’elle traverse une ou deux fentes est analysée en détail dans
cette publication de COUDER et FORT.
18
Si on admet comme base ce résultat acquis, alors on peut formuler l’hypothèse
hautement probable que ce sont des phénomènes analogues qui sont à l’origine de la
diffraction et interférence des particules quantiques. On en déduit alors qu’il existe
nécessairement, au niveau quantique, une interaction entre l’énergie de masse qui représente
l’aspect corpusculaire, et l’énergie ondulatoire qui lui est associée.
0 0
1 sin(k x x ) cos(k t x t ) j m0c 2 sin(k x x ) sin(k t x t )
(III-1)
2 ck x cos(k x x ) sin(k t x t )
3 0
S’il existe quelque chose dans cette solution qui traduit une interaction entre l’énergie
de masse et l’énergie ondulatoire, ce ne peut être que dans la composante ψ1 :
1 sin(k x x) cos(t ) j m0c2 sin(k x x) sin(t ) (III-3)
1 sin(k x x) (III-4)
1 j m0c2 sin(k x x) (III-5)
Cette alternance temporelle entre les deux représentations énergétiques a lieu, pour
une particule au repos, à une pulsation ω telle que :
19
m0c2 (III-5)
Suivant cette interprétation, l’objet quantique est bien tantôt onde, tantôt particule, et
même un mélange des deux durant la phase d’alternance entre ces deux états. Il peut donc
présenter des propriétés ondulatoire et/ou particulaire suivant l’interaction qu’il va avoir avec
son environnement.
20
IV – Le principe de superposition
Sur ces espaces, une base peut être définie à partir de vecteurs linéairement
indépendants, et il s’ensuit que tout vecteur de l’espace peut être décomposé sur cette base.
En dimension 3, on peut illustrer cette propriété par la relation :
V 1e1 2e2 3e3 (IV-1)
Les αi représentent les coordonnées du vecteur dans la base choisie. Dans une base
orthonormée, ces coordonnées s’obtiennent par la relation :
i [Link] (IV-2)
On peut se faire une idée de l’intérêt d’une telle généralisation sur un exemple
couramment utilisé en physique : le développement en séries de FOURIER.
1 T
f .g
T 0
f ( t )g* ( t )dt (IV-3)
21
2
en ( t ) exp jn t (IV-4)
T
1 T 1 T 2 2 1 T
T 0 T 0 T 0
en en .en
2
e n ( t )e*
n ( t )dt exp jn t exp jn t dt 1dt 1 (IV-5)
T T
1 T 1 T 2 2
e n .e m exp jn t exp jm t dt
*
e n ( t ) e m ( t ) dt
T 0 T 0
T T
(IV-6)
2
e n .e m exp jn m t dt 0
1 T
T 0
T
On en déduit que la base en est une base orthonormée de l’espace de HILBERT des T-
fonctions périodiques, c’est à dire que toute fonction f de cet espace peut être développé dans
cette base sous la forme :
2 2 2 2
j t 2j t 3j t nj t
f ( t ) 0 1e T
2e T
3e T
..... n e T
..... (IV-7)
1 T 1 T 2
n f .en
T 0
f ( t )e*n ( t )dt f ( t ) exp jn t dt
T 0 T
(IV-8)
Pour un signal périodique f(t), sa norme au carré (f.f) fournit une grandeur
proportionnelle à la valeur moyenne de son énergie. En remplaçant f(t) par son développement
sur la base en, on en déduit le théorème de PARSEVAL. Tous les vecteurs de bases étant
orthogonaux entre eux et normés, on obtient :
1 T
f f .f f ( t )f * ( t )dt 02 12 22 .... 2n ... 2n
2
(IV-9)
T 0
n
De ce théorème, on déduit deux remarques importantes qui vont être exploitées par la
suite :
- L’énergie totale d’un signal est égale à la somme des énergies de chacune de ses
composantes, ce qui correspond au respect du postulat de conservation de
l’énergie.
- Les coefficients αn tendent « rapidement » vers 0 lorsque n tend vers l’infini.
22
IV - 2 Application à la fonction d’onde
Pour théoriser la physique quantique, DIRAC va s’appuyer directement sur la notion
d’espace de HILBERT. Un état quantique est représenté par une fonction d’onde qui contient,
sans les expliciter, tous les paramètres suffisants pour caractériser cet état. Il crée à cet effet
une notation spécifique qui permet une écriture simplifiée des différentes opérations
réalisables sur un espace de HILBERT (Voir publication). Au lieu de placer une flèche sur la
fonction d’onde ψ, il la représente par le symbole suivant appelé « ket » :
(IV-10)
Dans cet espace de HILBERT, tout état quantique se décompose sur une base infinie,
à l’aide de coefficients adéquats, à l’image de ce qui a été présenté pour les séries de
FOURIER.
Pour que cette décomposition soit cohérente avec la notion de mesure (voir paragraphe
ci-dessous), les états qui apparaissent dans la décomposition doivent être des états propres de
la particule (Voir les relations (II-5)). Les propriétés des espaces hermitiens font que
l’ensemble des vecteurs propres détermine une base orthogonale de l’espace (Voir chapitre II
pour plus de détails).
Concrètement, dans l’expérience des fentes d’YOUNG, à la sortie des fentes ; la
particule est censées pouvoir se matérialiser dans n’importe quelle direction (avec une certaine
probabilité), ce qui implique que l’infinité des états quantiques de base occupe tout l’espace.
Et pourtant ….
Si on admet cette décomposition alors on doit admettre, comme dans les séries de
FOURIER, que l’énergie totale de la particule est égale à la somme infinie des énergies de
chacune de ses composantes, ce qui va imposer aux coefficients αi de tendre rapidement vers
0. Nier cette propriété, c’est renoncer au principe de conservation de l’énergie.
Il ne subsistera alors dans la somme ci-dessus que quelques termes significatifs, dont
l’énergie sera très variable, et de toute façon inférieure à celle de la particule initiale.
Sans des propriétés énergétiques stables, on voit mal par exemple, comment l’infinité
de ces états quantiques va permettre les échanges basiques nécessaires aux calculs
informatiques.
23
IV - 3 Le principe d’effondrement de la fonction d’onde
Dans la vision de l’Ecole de Copenhague, avant la mesure, la particule est dans un état
quantique indéterminé, mais appartenant à la somme (IV-11).
Mais rien n’est impossible aux physiciens. Il suffit de supposer que la fonction d’onde
avant mesure subit un effondrement qui la réduit à la fonction d’onde après mesure. Il suffit
donc d’ajouter un nouveau principe, celui de l’effondrement de la fonction d’onde.
En affirmant que les vecteurs de bases sont constitués par l’ensemble des états propres
associés à la particule, on garantit à coup sûr que la projection va déterminer un résultat de
mesure. Il est difficile de ne pas voir dans ce raisonnement une forme de tautologie dans
laquelle on s’assure de la conclusion que l’on souhaite en l’introduisant dans les hypothèses
de départ.
Pour décrire l’expérience des fentes d’YOUNG, il n’est nul besoin d’imaginer un
espace dans lequel la particule est partout à la fois (derrière la fente) et qui va se matérialiser
par l’effondrement de la fonction d’onde lors d’une opération de mesure. L’expérience des
gouttelettes marcheuses nous apporte la preuve indiscutable que la physique classique
macroscopique est parfaitement suffisante pour décrire le phénomène.
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V – Le principe de non-localité
Les chapitres précédents ont montré combien les principes ad hoc proposé pour décrire
les phénomènes quantiques qui semblent échapper à la physique classique étaient fragiles.
Mais il apparaît que le théorème de BELL lui-même est d’une extrême fragilité, autant
dans sa partie purement mathématique que dans son interprétation physique des variables
cachées. On trouvera sur ces derniers points des analyses critiques très avancées dans les
travaux de JAYNES et KRACKLAUER.
Malgré le récent prix Nobel attribué à ASPECT, CLAUSER et ZEILINGER pour leur
travaux sur sur cette thématique, il subsiste de très forts doutes sur la réalité de phénomènes
non locaux.
Si un tel phénomène existe, alors il devient d’un intérêt fondamental d’en comprendre
le fonctionnement pour progresser dans sa compréhension. On imagine assez bien les
possibilités extraordinaires qui pourraient être associées à la maîtrise de cette propriété.
Il est impossible de progresser dans cette compréhension par la théorie, car la physique
classique qui procède par utilisation et résolution d’équations différentielles est impuissante à
fournir une quelconque explication.
Par contre, on peut imaginer de multiples expériences qui vont permettre de cerner le
phénomène. Dans l’observation de deux particules intriquées on peut :
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pour la physique. Toujours, ils se satisfont d’une vérification du théorème de BELL, dont on
est à peu près certain qu’il ne permet pas de conclure à une physique non locale. Tout se passe
comme s’il existait une crainte réelle que les expériences proposées ne montrent aucun effet
sur la particule jumelle, et amènent ainsi des questionnements qui mettraient en difficulté la
philosophie de l’Ecole de Copenhague, sauf à y répondre par un autre principe…..
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VI – Conclusion
Les physiciens qui ont procédé de la sorte ne doivent pas être blâmés : c’est une
manière quasi nécessaire de procéder pour progresser dans la connaissance scientifique
lorsqu’on se trouve à la limite de la connaissance. Les avancées qu’ils ont permises grâce à
cette volonté d’aller de l’avant sont impressionnantes et inestimables.
Là où leur attitude est plus discutable, c’est d’avoir volontairement figé le cadre
quantique dans les principes qu’ils ont posés, en fermant la porte à toute ouverture permettant
de progresser dans la compréhension de la physique à l’origine de ces principes. Une attitude
moins discutable aurait consisté à dire « Nous admettons provisoirement comme principe telle
manière de justifier théoriquement certains résultats quantiques, jusqu’à ce que les progrès de
la science nous en fournisse une explication plus satisfaisante »
Au lieu de cela, les physiciens qui défendaient la recherche d’une compréhension plus
réaliste des phénomènes se sont trouvés marginalisés, taxés d’immobilisme et d’un esprit
fermé et rétrograde.
Traduction en français :
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« La philosophie - ou religion - tranquillisante de Heisenberg-Bohr est si délicatement conçue
que, pour l'instant, elle fournit au vrai croyant un doux oreiller dont il ne peut être facilement
réveillé. »
Albert Einstein, lettre à Schrödinger du 31 mai 1928. Cité dans le livre d'Arthur Fine « The
Shaky Game », University of Chicago Press, 1988, p.18.
Sur un autre volet de la physique quantique, il n’est pas discutable que le modèle
standard construit sur l’invariance de la fonction d’onde par symétrie (voir ce document pour
plus de détails) est d’une grande rigueur scientifique, et qu’il est à ce jour le meilleur modèle
permettant d’expliquer la composition des particules. Or ce modèle est fondé sur l’utilisation
d’un formalisme différentiel totalement incompatible avec la notion de non localité défendue
par l’Ecole de Copenhague.
En juxtaposant les principes et les ajustant au mieux pour tenter de les rendre
cohérents, l’Ecole de Copenhague a construit une physique « incompréhensible » (dixit
FEYNMANN). Pour autant cela n’a pas empêché des progrès important dans plusieurs
domaines, comme par exemple l’électrodynamique quantique ou le modèle standard. Mais les
progrès dans ces domaines ont été réalisés sans utilisation des principes de BOHR.
Il est apparent que le socle sur lequel repose la théorie défendue par l’Ecole de
Copenhague est incertain et sujet à caution. Il est bien plus satisfaisant pour l’esprit de se
donner un seul principe, celui de conservation de l’énergie. Sur la base de ce principe,
l’analyse et l’interprétation énergétique de solutions exactes à l’équation de DIRAC permet,
semble-t-il, de fournir des explications cohérentes à l’essentiel des « mystères » quantiques.
Les échanges d’énergie décrits par le Lagrangien de DIRAC sont à la base de théories aussi
puissantes que l’électrodynamique quantique, ou le modèle standard. Le chemin indiqué par
ces résultats semble infiniment plus sûr que les principes de l’Ecole de Copenhague.
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Bibliographie
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Philosophical Society. 1939;35(3):416-418. doi:10.1017/S0305004100021162
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