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Introduction

Le document traite de l'élaboration du budget de l'État, soulignant son importance dans la gestion des finances publiques et la répartition des compétences entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Il décrit les phases de préparation technique par le gouvernement et l'examen parlementaire, mettant en avant le rôle crucial du ministre des Finances et du Parlement dans le processus budgétaire. Enfin, il insiste sur le pouvoir d'autorisation budgétaire du Parlement, qui est essentiel pour garantir la légalité et le contrôle démocratique des finances publiques.

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Introduction

Le document traite de l'élaboration du budget de l'État, soulignant son importance dans la gestion des finances publiques et la répartition des compétences entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Il décrit les phases de préparation technique par le gouvernement et l'examen parlementaire, mettant en avant le rôle crucial du ministre des Finances et du Parlement dans le processus budgétaire. Enfin, il insiste sur le pouvoir d'autorisation budgétaire du Parlement, qui est essentiel pour garantir la légalité et le contrôle démocratique des finances publiques.

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Introduction

<< Moment central de la vie financière de l’État, l'élaboration du budget de l'État relève un
équilibre entre la compétence exclusive et l'intervention démocratique du parlement >>. Cette
importante du budget s'explique par le rôle essentiel qu'il joue dans la gestion des finances
publiques.
Le budget constitue l’acte par lequel sont prévues et autorisées les recettes et les dépenses
publiques pour une période déterminée . En droit public, le budget est juridiquement formalisé
par la loi de finances, qui lui confère une valeur normative .Ce qui met en évidence son double
caractère technique et politique.
Toutefois ,l’élaboration du budget ne se limite pas à une simple opération comptable. Elle
constitue une procédure complexe qui associe à la fois le pouvoir exécutif, chargé de la
préparation du projet, et le pouvoir législatif, compétent pour son adoption. Il convient de
préciser que cette étude porte uniquement sur la phase d’élaboration du budget, c’est-à-dire sa
préparation et son adoption, à l’exclusion de son exécution et de son contrôle.
Ainsi, ce sujet à un doute intérêt. Sur le plan juridique,il permet de comprendre la répartition
des compétences entre les différents autorités publiques, notamment l'exécutif et législatif. Sur
le plan politique , il met en lumière les choix et arbitrages qui traduisent les orientations de
l'État. Dans ce sens,il est nécessaire de s’interroger: quelles sont les différentes procédures de
l' élaboration du budget ?
Pour répondre à cette question, il sera étudié, d’une part, la phase exécutive de la préparation
du budget de l’État (I), et d’autre part, la phase parlementaire de la procédure budgétaire (II).

I- La phase exécutive de la préparation du budget de l'État


Le gouvernement est l'acteur central de la préparation du budget. Elle demande surtout une
préparation technique du budget par administration financière ( A ) et les arbitrages politiques
du gouvernement ( B)

A) La préparation technique du budget par administration financière


L’élaboration du budget de l’État, matérialisée par le projet de loi de finances, débute par une
phase essentiellement administrative et technique placée sous l’autorité du pouvoir exécutif, en
particulier du ministère chargé des Finances. Cette phase préparatoire constitue le socle de la
procédure budgétaire, en ce qu’elle vise à assurer une prévision rigoureuse des recettes
publiques et une évaluation réaliste des dépenses publiques, conformément au principe de
sincérité budgétaire.
D'abord, cette préparation est encadrée par une circulaire budgétaire. Comme le prévoit l'article
55 de la loi organique n 2025-038 relatives à la préparation du projet de loi des finances : <<
sous l'autorité du premier ministre, le ministre chargé des finances publiques prépare le projet
de loi des finances qui sont adoptées en conseil des ministres.
Lors de la préparation du budget, le ministre des Finances d'appui sur des administrations
spécialisées outre la direction du budget, la direction du trésor, la direction de la comptabilité
publique….
Suivant de ce procédure, le ministre des Finances s'adresse à des collègues la circulaire
budgétaire tout en les rappelant la responsabilité de la préparation du budget dans leur
dé[Link] circulaire détermine notamment les priorités nationales, les objectifs
macroéconomiques ainsi que les plafonds de crédits alloués à chaque département ministériel.
Comme l’affirmait Gaston Jèze, « le budget est un acte de prévision et d’autorisation », ce qui
souligne l’importance de cette phase préparatoire dans la construction de l’équilibre financier de
l’État.
Chaque ministère procède alors à l’élaboration de ses propositions budgétaires en fonction de
ses besoins et des politiques publiques qu’il entend mettre en œuvre. À titre d’exemple, le
ministère de la Santé peut solliciter des crédits pour la construction d’infrastructures
hospitalières ou l’acquisition de médicaments, tandis que le ministère de l’Éducation peut
prévoir des dépenses liées à la construction d’écoles ou au recrutement d’enseignants. Ces
propositions sont ensuite centralisées et analysées par les services techniques du ministère des
Finances, qui opèrent un travail de rationalisation budgétaire.
Cependant, les travaux des commissions technique ou d'arbitrage technique sont des étapes
d'analyses et de correction. Cette commussion est composé d'experts financiers qui examine
les propositions des ministres et compare les besoins aux ressources disponibles pour
équilibrer les dépenses. Parmi ces commissions , nous avons notamment institution , sécurité,
diplomatie; affaires économiques et financièrs ; affaires sociales et culturelles.
Il faut savoir qu'en principe un calendrier budgétaire est fixé par les lois organiques relatives à
la loi des finances pour déposer devant le parlement qui impose des délais précis pour la
transmission et l’examen des propositions ministérielles.
Toutefois, préparer sur le plan technique, le budget devient ensuite un objet de décision
politique donnant lieu à des arbitrages gouvernementaux qui traduisent les priorités nationales.

B. Les arbitrages politiques du gouvernement


À l’issue de la phase de préparation technique, le projet de loi de finances entre dans une
dimension résolument politique, marquée par le rôle du ministre des Finances en tant que
ministre des équilibres, et l’intervention du premier ministre en tant ministre responsable pour
déterminer et conduire la politique de la nation.
La tâche d'arbitrage du ministre des Finances est difficile, car il doit accepter toutes les
propositions des dépenses de ses collègues. Chaque ministre explique des propositions des
dépenses devant le chef de l'exécutif. C'est là que le premier ministre intervient et rend des
arbitres sur les désaccords pouvant opposer le ministre des Finances et les ministres
dépensiers. Ces derniers participent à la préparation du budget en tant que demandeur des
cédits .
En principe, si l’administration financière assure une évaluation rationnelle des besoins et des
ressources, il appartient au pouvoir exécutif de procéder aux arbitrages budgétaires, c’est-à-dire
d’opérer des choix entre différentes priorités nationales, conformément à son programme
politique.
Ces arbitrages sont généralement conduits sous l’autorité du Premier ministre, voire du chef de
l’État, et consistent à répartir les ressources publiques entre les différents ministères en fonction
des orientations stratégiques du gouvernement. Il s’agit ici d’une traduction concrète de la
fonction gouvernementale définie par l'article 76 de la Constitution du 22 juillet 2023, selon
laquelle le gouvernement « détermine et conduit la politique de la Nation ».
Ainsi, le budget devient un véritable instrument de mise en œuvre des politiques publiques.
Concrètement, ces choix peuvent conduire à privilégier certains secteurs jugés prioritaires. Par
exemple, un gouvernement peut décider d’augmenter significativement les crédits alloués à la
défense afin de renforcer la sécurité, tout en réduisant certaines dépenses administratives
considérées comme moins essentielles. De même, dans un contexte de crise économique ou
sanitaire, des moyens accrus peuvent être orientés vers le secteur de la santé ou les politiques
sociales.
Comme l’a souligné Joseph Schumpeter, « le budget est le miroir de la société », en ce qu’il
reflète les choix économiques et sociaux d’un gouvernement à un moment donné. Donc, on
peut affirmer que la décision budgetaire est au cœur de la décision politique.
Une fois ces arbitrages effectués, le projet de budget est adopté en Conseil des ministres, ce
qui lui confère un caractère officiel. Il devient alors un projet de loi de finances prêt à être
déposé devant le Parlement. Cette adoption marque l’aboutissement de la phase exécutive de
la procédure budgétaire et ouvre la voie à l’intervention du pouvoir législatif.
Par contre ,après avoir été élaboré et arrêté par le pouvoir exécutif, on entend la procédure
budgétaire devant le parlement.

Il) La phase parlementaire de la procédure budgétaire


L'avant projet loi des finances doit être présenté au parlement par le gouvernement afin de
permettre à la représentation nationale de se prononcer en toute connaissance de cause. Ce
document budgétaire doit être examiné et voté par le parlement (A) avant d'être autorisé (B)

A.L'examen et le vote de la loi des finances par le parlement


Après son élaboration par le pouvoir exécutif, le projet de loi de finances est soumis au
Parlement, qui intervient dans le cadre de la procédure législative financière afin d’en assurer le
contrôle démocratique. Cette phase constitue une exigence fondamentale de l’État de droit,
dans la mesure où elle garantit le principe du consentement à l’impôt, selon lequel les
représentants de la Nation doivent autoriser les prélèvements obligatoires et l’affectation des
ressources publiques.
Le projet de loi de finances est tout d’abord examiné par la commission des finances, organe
spécialisé du Parlement chargé d’analyser en détail les prévisions de recettes et les
autorisations de dépenses. Article 123 de la constitution du 22 juillet 2023: Tout projet ou toute
proposition de loi est examiné successivement par les deux (02) Chambres du Parlement en
vue de l'adoption d'un texte identique.
La discussion des projets de loi porte, devant la première Chambre saisie, sur le texte présenté
par le Gouvernement.

Le texte est ensuite discuté en séance plénière, où les députés débattent des choix budgétaires
opérés par le gouvernement. Ce débat parlementaire permet une confrontation des visions
politiques et assure la transparence de la gestion des finances publiques. Les parlementaires
disposent, à cette occasion, du droit de proposer des amendements, c’est-à-dire des
modifications du projet de budget. Comme le prévoit l'article 123bde la nouvelle constitution :<<
ce l'Assemblée nationale peut prendre, soit le texte élaboré par la commission mixte, soit le
texte voté par elle, modifié, le cas échéant, par un ou plusieurs des amendements adoptés par
le Sénat>> . Mais , il a des exceptions, les amendements ne doivent pas entraîner une
diminution des ressources publiques ni une aggravation des charges sans compensation.
À titre d’exemple, un parlementaire peut proposer une augmentation des crédits destinés aux
infrastructures rurales ou aux programmes sociaux, afin de mieux répondre aux besoins de
certaines populations.
Article 57 : Le projet de loi de finances de l’année est déposé sur le bureau du Parlement, au
plus tard, le jour de l’ouverture
de la session ordinaire précédant la période budgétaire.
Lorsque le projet de loi de finances a été déposé dans les
délais sur le Bureau du Parlement, il doit être adopté, au
plus tard, à la date de clôture de cette session ordinaire
précédant la période budgétaire.
Si le Parlement ne s’est pas prononcé avant l’ouverture de
la période budgétaire ou s’il ne vote pas le budget, le
Gouvernement renvoie le projet de budget dans les quinze
(15) jours au Parlement, convoqué à cet effet en session
extraordinaire. Le Parlement doit alors statuer dans les huit
(08) jours. Si cette par le Gouvernement,
conformément à l’article 125 de la Constitution, sur la base
des recettes de l’exercice précédent et après avis de la Cour des comptes
Ainsi, l’examen et le vote du budget participent pleinement à l’équilibre des pouvoirs et au
contrôle de l’action gouvernementale.
Par ailleurs, Une fois votée, la loi de finances est autorisé.

B. Le pouvoir d’autorisation budgétaire du Parlement


Le vote de la loi de finances par le Parlement ne se limite pas à une simple approbation
politique du budget ; il constitue surtout un acte juridique fondamental qui confère au budget sa
valeur contraignante. En effet, par ce vote, le Parlement exerce son pouvoir d’autorisation
budgétaire, lequel est l’expression du principe démocratique du consentement à l’impôt.
Ce pouvoir signifie que le gouvernement ne peut ni percevoir les recettes publiques, notamment
les impôts, ni engager des dépenses publiques sans l’autorisation préalable du Parlement.
Ainsi, la loi de finances devient l’acte juridique qui encadre strictement l’action financière de
l’État. Comme l’affirmait Jean Bodin, « il n’est de souveraineté sans pouvoir de lever l’impôt »,
ce qui montre que l’autorisation budgétaire est au cœur de la souveraineté nationale.
En pratique, cette autorisation permet à l’État de mobiliser les ressources nécessaires au
financement des services publics essentiels tels que l’éducation, la santé ou les infrastructures.
Par exemple, sans vote du budget, le gouvernement ne pourrait ni recruter des enseignants, ni
financer la construction d’hôpitaux, ni assurer le fonctionnement des administrations publiques.
Il y a risque de fonctionnement des services publics
Toutefois, afin d’éviter une paralysie de l’État en cas de retard dans l’adoption du budget, des
mécanismes provisoires peuvent être mis en place, permettant la continuité des services
publics sur la base des crédits reconduits. Cela démontre l’importance de la stabilité budgétaire
dans le fonctionnement de l’État.
Ainsi, le pouvoir d’autorisation budgétaire confère au Parlement un rôle central dans la
régulation de la vie financière de l’État, en garantissant à la fois la légalité des opérations
financières et le contrôle démocratique des finances publiques.

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